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Claude Massé

DICTIONNAIRE DELA CIVILISATION GRECQUE

Note liminaire

Civilisation vient du latin civis, ci toyen. En grec, citoyen se dit politès. celui qui appartient à la polis. à la cité, d'où vient le terme « politique », Ces t assez dire que la civilisation grecque est d'abord civilisation de la cité, c ivilisation politique. D'où le choix déli- béré des entrées de ce dictionnaire, axées d'abord sur ce qui faisait la spécificité de la civilisation grecque, ce tte dimensio n politique qui se retrouve non seule- ment au niveau événementiel, mais tout autant sur le plan religieux, artistiq ue, et dans les différe nts domaines de la vie de la pensée, Quand Aristote définissait l'homme grec comme un zoon politikoll. un « animal politique », c'est bie n cette réalité qu'il exprimai t. Civilisation de la cité donc en premier lieu, Mais aussi, du fait de nos sources et de cette primauté du politique, civilisation d'une cité qui pendant deux siè· cles a tenu la première place bien qu'elle ne soit

parmi les centaines de cités qui composaie nt le

monde grec, à savoir Athènes, Certes, la domination

exercée par Athènes sur ce monde grec est relative·

ment tardive , puisqu'elle

qu'u ne

débute à l'aube du V" siècle,

NOTE LiMINAIRE

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L'épopée, la pensée philosophique et scientifique sont nées en Ionie, dans celle Grèce d'Asie où s'était d'abord produit le réveil de la c ivilisation après les

« siècles obscurs », L' époque dite « archaïque » con-

nut un brillant essor de l'art et de la poésie auss i bien dans la Grèce d'Occident née de l'expansion des V11I"- VII',. siècles que dans les îles de l'Egée, Mais c'est à

Athènes que fut établie la démocrati e, ce régime poli-

tique original dont nous nous réclamons encore, même si notre démocratie est différente de celle des Athéniens, El c 'est Athènes qui devint le centre incon - testé de la vie littéraire et artistique et du mouvement des idées dans les deux siècles d' apogée de la civili- sation grecque, D 'où la place privilégiée qu'elle occupe dans cet ouvrage, choix délibéré qui récuse par avance l'accusation « d' athénocentrisme », C'est aussi pourquoi la périod e qui suit les conquêtes d 'A lexandre a été volontairement limitée à un bref

développement. Certes, les cités g recques

à exister, théoriquement indépendantes, et leurs insti-

tutions sont so uvent mieux connues que pour la péri-

ode

hégémonique, elle demeure le foyer d ' une importante

activilé

ailleurs que s'é labore une nouvelle civilisalion, dans

les ca pitales de ces royaumes

d ' Alexandre, à Alexandrie, il Antioche, il Pe rgame,

Une civilisation où se conjuguent l'apport hellénique

continuent

précédente,

Et

si Athènes

n 'est

plus une ci té

désormais

la conquête

philoso phique.

Pourtant

c' est

nés de

NOTE LIMINAIRE

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et celui des c ivilisations orientales, et que depuis l'historien allemand Gustav Droysen 011 appelle « hel- lénistique ».

Une parUe des arUcles de cet ouvrage a déjà été publiée

sous le tUre La démocrarie grecque (Le monde de MA Éd ., Paris. 1986.

),

Intmductioll

La civilisation grecque s'est épanouie entre le vlI r et le IV" siècle avant J.-C. sur une vaste aire géo- graphique allant des colonnes d·Hercule (détroit de Gibraltar) aux rives du Pont-Euxin (mer Noire) . Le cadre de celle civilisation a été celle forme politique spécifique qu·on appelle la Cité (polis). Elle subsiste certes après le IV" siècle, mais comme une survivance dans un monde dominé par les grands états mo- narchiques nés de la conquête d'Alexandre, où se développe une civilisation dans laquelle l"hérilage hellénique se mêle aux apports des civilisations orien- tales et qu·on appelle la civilisation hellénistique. On situe généralement l"arrivée des Grecs - c'est- à-dire de gens parlant une langue qui deviendra le g rec - au début du second millénaire avant J -C. On sait peu de choses en dépit des progrès constants de la recherche archéologique, sur les établissements humains qui précédèrent celle arrivée des Grecs et sur les conséquences qu· eut sur la civilisation matérielle la pénétration de nouveaux arrivants. Mais, à partir du x V" siècle, se développe une civilisation qu· on appelle mycénienne, du nom du principal centre où elle allait

INrRODUCTlON

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atteindre son apogée : le site de Mycènes dans le Péloponnèse, On sail que c'est en cherchant les traces des héros d' Homère que ["Allemand Schliemann fi t entreprendre des fouilles qui allaient révéler l'exis- te nce d'un palais de vastes dimensions, cependant que les tombes livra ient un riche matériel où abondaient en particulier des objets d'or, Ils témoignaient de l' im- portance des souverains qui régnaient sur l'Acropole de Mycènes, cependan t que la présence dans les tombes d 'objets d'importation laissait deviner des relations entre ce monde mycénien et ["Orient médi- terranéen, Les progrès de ["archéologie et le déchiffrement des tablettes d'argile trouvées dans les ruines des palais mycéniens permettent aujourd 'hui d 'entrevoir, malgré les nombreux problèmes qui subsistent, ce qu'étaient ces états mycéniens qui co nnurent leur apogée e ntre le x V" et le X!!" siècle avant J" c' : des états centralisés autour d'u n palais où se co ncentra ient non seulement l'autorité politique, militaire, religieuse, mais aussi les activités économiques, cependant que s 'accumu- laient dans les magasins du palais les redevances acqu ittées par les populations des campagnes qui en dépendaient. On a souvent comparé la structure des états mycéniens à celle de certains états de l'Orient ancien, en dépit des différences d'échelle considérables, De fail on y retrouve ["existence d'une bureaucratie de scribes chargée de te nir à jour les archives et la

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comptabilité du palais, d'une classe de guerriers pro- fessionnels, d' une paysannerie dépendante, même si cette paysannerie se distinguait, au sein des comm u- IJautés villageoises, des esclaves du palais et des dieux, Ce monde mycénien, dont nous sommes incapables de reconstituer l'histoire de façon précise, puisque les documents écrits que nous possédons sont esse ntielle- ment des co mptes rédigés à la veille de la disparition

des pal a is, s'effo ndre brusquement à l' a ube du xI I" siè -

cie avant J Les modernes o nt avancé diverses

hypothèses pour rendre compte de cet effondrement:

arrivée de nouveaux envahisseurs qui

Doriens qui dans la tradition grecque se rendirent maîtres du Péloponnèse au lendemain de la guerre de Troie; troubles intérieurs don t les traces lointaines se

retrouveraient dans certains épisodes mythiques ; voire catastrophe naturelle qui aurait affecté pri nci · paIement le Péloponnèse, Sans exclure en effet que de nouveaux arrivants aient pu provoquer ici ou là des incend ies et des destructions, il faut se garder d'une explicationlrOp sché matique, Et ce d'autant plus que certains pala is ne furent pas détruits e n même temps que les autres, celui d'Athènes en particulier, et que l'on tend aujourd'h ui à nuancer l'importance de la

catastrophe et

IOUS les sites

la disparition

seraie nt ces

c'

de

de

mycéniens, La période de qUaire siècles, qui sépare la fin des palais mycéniens de la renaissance de la c ivilisation

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grecque à l'aube du VIII" siècle, et que les archéo- logues appellent les « âges obscurs », se révèle en effet beaucoup plus complexe que celle appellation le laisse rait suppose r, Cerles, il y a bien disparition de l'usage de l'écriture, abandon de nombreux sites, appauvrissement de la civilisatio n matérielle, Mais, au fur et 11 mesure que se multiplient les fouilles, on découvre que les ruplUres sont moins catégoriques qu'on l'avai t cru d'abord, que la civilisation mycéni- enne ne disparaît pas brutalement du jour au le nde-

main,

incitent 11 une appréciation plus nuancée des siècles obscurs, On savait déjà que c'est alors que des popu- lations grecques émigrèrent vers les îles et les côtes d'Asie Mineure, On pense de plus en plus aujourd'hui que la tradition qui faisait parlir une partie d'entre eux d'Athènes n'était pas « infondée » et que l'Attique était demeurée pendant ces quatre siècles un centre relativement actif. Enfin, on tend 11 faire remonter a u IX" siècle la renaissance d'où devait sortir le monde grec de la période historique, C'est alors en effe t que commencent 11 réapparaître de nombreux sites abandonnés ou dont la population s ' était considérable ment réduite, Souvent ces regrou- pements se font autour d'une tombe monumentale o u d ' un sanctu aire, Mais Irès vite s'affirme une structure " urbaine » différente de la structure palatiale mycéni- enne et qui va caractériser pendant les siècles suivants

qui

qu' on

retrouve

la

trace

de

continuités

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cette forme nouvelle d' état , la cité, qu'o n peut dé finir co mme un centre urba in, généralement voisin de la mer, contrôla nt un terrilOire plus ou moins vaste partagé entre les membres de la communauté civique, C'est cette fonne d'état que les Grecs allaie nt bien- tôt diffuser dans tout le bassin méditerranéen avec le vaste mouvement d'expansion qui commence vers le milieu du VIII' siècle e t q u 'on ap pelle la colonisation g recque, Suscitée e n premier lieu par le besoin de terre, conséquence de l' explosion démogra ph iq ue, mais aussi par le souc i de se procure r des b ie ns dont la Grèce était dépourvue, essentiellement des métaux comme le fer ou l'étain, cette expansion des Grecs se traduisit en effet par la fondation d'établissements qui étaient des cités autonomes, indépendantes de leur cité mère (métropole) d'o ù éta ie nt partis les prem iers colons, Les fouilles qu i ont été menées sur le s ite de certains de ces établisseme nts penllettent de mieux co mprendre la na ture de la c ité g recque, On a pu met - tre en év idence l'importance du ce ntre urbain comme lieu où sur l' emplacement la issé libre de toute con- struction (la future agora) se lenaiem les assemb lées qui prenaient les décisions communes, On a pu éga le- ment reconstituer le découpage du territoire , de la chora, partagé e ntre les co lo ns , peu l- être de manière égalitaire e n certains endroits, Le mouvement d'expansio n alla it se poursuivre jusque vers le milieu du VI siècle, E n moins de deux

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siècles, un chapelet de ci tés grecques jalonnait les côtes de la Méditerranée depuis l'Espagne jusqu'aux rives de la mer Noire : elles étaient particulièrement nombreuses en Italie du Sud, en Sicile et dans le nord de l'Egée, Mais on en trouvait aussi en Gaule (Mar- seille) , en Corse (Alalia) , et même sur la côte africaine où des Grecs venus de Thera (Santorin) avaie nt fondé Cyrène en Libye, cependant que d'autres Grecs, origi- naires essentiellement des îles et des cités d'Asie

Mineure, s ' étaien t établis à Naucratis,

Ces deux siècles étaient aussi le théâtre de profonds bouleversements, Certains affectaient la vie écono- mique : le développement des échanges et du com- merce maritime, les progrès de l'artisanat urbain et l'invention de la monnaie , même si à l'origi ne elle répondait à des préoccupations autres, O' autres étaient liés aux transformations des pratiques de la

guerre avec l'adoption de

la phalange hoplitique , et

par voie de conséquence à l'accès à la fonction guer- rière, au départ réservée à une aristocratie militaire, de couches de plus e n plus étendues de la population civique, O'aUires enfin d écoulaient d'une c rise

agraire à laquelle la colonisation avai t apporté une solution partielle, Cette crise agra ire allait déclencher dans certaines cités des troubles qui donneraient nais- sance à un pouvoir personnel, la tyrannie, le tyran se rendant maître de la cité en promettant une nouvelle

su r un bras du delta du Nil.

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répartition des terres aux dépens de ceux, la minorité, qui en détenaient la plus grande part" Cepe ndant qu"ailleurs, la tyrannie était évitée - ou différée co mme il Athè nes - par un effort de mise en place d'une législa tion destinée à pallier les inégalités en créant des lois communes pour tous et des institutions propres à les faire respecter.

Les tyrannies durèrent plus ou moins

longtem ps,

mais finirent par di s par aître à la fin du VI ' s iècle ,

dis que se mettaient en place des institutions qui dif- féraient d" u ne cité il l"autre" mais n"en présentaient pas moins des traits communs : des magistratures électives et souvent annuelles, un ou plusieurs con - seils, chargés de soumettre les décisions communes à une assem blée des membres de la co mmun auté civique, qui tantôt se contentait de les approuver, tan- tôt, comme à Athènes après les réformes de Clisthène, pouvait les discuter et les amender. C'est ce monde de cités libres et autonomes qui allait au début du \/ siècle affronter la menace perse" Les guerres médiques co nsti tuent un moment essentiel dans l"histoire du monde grec" Car c" est de cet affron - tement q u" allai l naître l" hégémon ie athénienne et

ceUe civilisation classique qui lui est étroitement

associée" Depuis le milieu du VI' siècle, les Perses

ava ie nt entrepris de soumettre

à leur domination les

tan -

pays s 'étendalll du plateau de I"Iran aux rives de la Méditerranée" La Mésopotamie, I"Asie Mineure, puis

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l'Égyple tombèrent entre leurs mains, et aussi les cités grecques d'Asie qui avaient brillé d'un vif éclat pen- dant deux siècles et vu naître la pensée scientifique et philosophique, À l'aube du V' siècle, certaines de ces cités, dont Mile t. se révoltèrent e t firent appel a ux Grecs d'Europe, Seuls les Athéniens répondirem à l'appel et participèrent de ce fait à la prise et à l'in- ce nd ie d'une des capitales royales, Sardes, Victoire sans lendemain, mais dont Darius aurait pris prétexte pour lancer en 490 une expédition contre Athènes, Expédit ion qui s ' acheva par un désastre pour le corps expéditionnaire perse face aux hoplites athé nie ns dans la pl aine de Marathon, Darius mort, son fils Xerxès reprit le projet, mais sur une bien plus vaste échelle, doublant l'expédition maritime d' une gigantesque armée de fantassins recrutée dans to utes les provi nces de l'empire, C'est cette armée qui franchit le défilé des Thennopyles et s'empara de l'Acropole d'Athènes que ses habitants avaient abandonnée sur les conseils de Thémistocle, Celui- ci avait quelques années au par-

avant doté la cité d'une flotte de guerre et c 'est cette flotte qu i écrasa la flOite perse dans la rade de

Salamine e n 480, contraignant l'ennemi à battre

en

retra ite sous les yeux de Xerxès. L'année suivante, les Grecs, sous le commandement du roi Spartiale Pau-

sanias, étaient vainqueurs il Platées des contingents perses demeurés en Grèce. Pour la plupart d'entre eux, et singulièrement pour les Spartiates hostiles aux

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expéditions maritimes, la guerre était terminée, Mais les Athéniens ne l'entendaient pas ainsi , et, ayant con- stitué avec les Grecs des îles et du nord de J'Egée une alliance, la ligue de Délos, ils entreprire nt de libérer du j o ug perse les cités grecques d'Asie et de les faire entrer dans leur alliance, C" est de celle alliance qu'al- lait naître l'empire athénie n, Pre nant en charge la défense commune, les Athéniens exigèrent des alliés le pa ieme nt d'un tribut annuel qui alimentaille trésor de la ligue, d'abord déposé à Délos, puis à Athènes à partir de 454, Ce tribut allait certes servir à maintenir une flotte importante, mais il permit aussi à Périclès, devenu l' homme politique le plus influent d'A thèn es, de faire de la cité, et surtout de son Acropole, une merveille d'architect ure, cependant qu'Athènes deve, nait un centre de vie intellectuelle et artistique vers lequel co nvergea ie nt savan ts, philosophes, artistes de

tout le monde grec. Mais

revers , Athènes exigeait de plus en plus de ses all iés,

cette grand eur avait so n

et pour ce ux qui se montraient récalcitrants, n'hésitait pas à recourir à la force pour les maintenir dans J'al ,

étaient établi es sur

le territoire des cités all iées, et on distribuait aux sol,

dats de ces garnisons des lots de terre pris sur ce ter, ritoire, Des magistrats athéniens exerçaie m une s urveillance étroite sur la vie politique des cités de l'empire, et parlOut Ath ènes favorisait l'établissement de régimes démocratiques à l'image du sien, Dans le

liance, Des

garn iso ns athén ie nnes

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célèbre dIscours que lUI prête ThucydIde, PérIclès jus- Ufial! cette hégé monIe par la supérIorI té du système athénIen: « En résumé, j'ose le dIre , notre cl!é, dans son ensemble, est pour la Grèce une Vlvallle leçon JO . Ce dIscours. PérIclès le prononçal! alors que , depuIs un an, Athènes et ses aillées affrontaIent la llgue des états péloponnéslens réunIs autour de Sparte. La guerre du Pé loponnèse qUI débute en 431 allalt détruIre cette hégémonIe en apparence Invulnérable. PérIclès aval! souhalté la guerre. la prévoyant courte et VICtO- rIeuse, elle allal! être longue et dlfficlle. SI, long- temps, les Athé nIe ns demeurèrent maîtres de la mer. lis ne purent empêc her les Lacédé moniens et leurs aillés d ' enva hi r chaque an née le territoire de l'Afrique, accumulant les destructions. Une paix con- clue e n 421 ml! provisoirement un terme aux opéra- tions, mais la guerre reprit après que les Athéniens eurent e ntrepris la désastreuse expédition de Sicile. Cette fois. grâce aux subsides perses, les Pélopon- nésiens avaient pu rasse mbler une flotte capable de

s ' opposer à la flotte athénienne, et c'est sur mer que

les Athéniens subiren t la défaile qui entraîna la chute

de le ur empire. Déjà une première fois, au lendemain

du désastre de SIcile, les adversaIres de la démocratie

pouvoir pe nd ant quelques mois

s ' étaient emparés du

en 411. MaIs les démocrales, et singullèrement les soldais et les marins de la flo tte, avaient fait échouer

la lentaUve. Une seconde fois en 404. alors que la

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flotte lacédémonienne campait devant le Pirée, les oli- garques s'emparèrent de la cité et y firent régner la terreur pendant plusieurs mois, Mais là encore les démocrates réussirent à les chasser de la cité et à rétablir le régime démocratique, Mais c'en était fini de l'équilibre qui au \! siècle av ait permis l'épanouissement de la cul ture et de la civilisation grecques, L'h égémonie Sparti ate , née de la victoire remportée en 40 5, ne dura que quelques années, et grâce surtout à l'appui du ro i des Perses devenu l'arbitre des querelles entre cités grecques, Athènes réussit en 378 à reconstituer une nouvelle alliance maritime, e n s'e ngageant à ne pas recourir aux pratiques qu i avaient transformé son hégémonie en une au torité mal supportée, Mais les difficultés financières auxquelles la cité devait faire face la con - traignirent vite à retomber dans les mêmes excès et l'alliance s'effondra en 355, Ailleurs, les cités étaient en proie à des luttes intestines opposant partout démocrates et oligarques, pauvres et riches, Et c'est cette Grèce affaiblie où aucune cité ne parvenait à établir son hégémonie, qui allait devoir affronter la puissance macédonienne, à partir du moment où Philippe Il devenu roi en 359 entreprit de placer une partie de la Grèce sous so n contrôle et de j ouer le rôle d'arbilre des affaires grecq ues, À Athènes, Démos- thène eut conscience du danger, mais, en dépit de ses mises en garde, ne parvint que trop tard à unir les

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Grecs

dans

une

coalition

antimacédonienne.

La

défaite

de

Chéronée

en

338,

l"alliance conclue

à

Corinthe entre Philippe et les Grecs avec pour objec- tif la conquête de l'Asie Mineure, puis la réalisation

de

cette conquête, et au -de là, par Alexandre. le s uc-

cesseur de Philippe, allaient bouleverser l'équilibre du monde grec. Quand Alexan dre meurt en 323,

Athènes tente une dernière fois de soulever les Grecs contre la Macédoine, Mais ce tte ultime tentative à

laquell e Démosthène part ic ipa se solda par un nouvel échec et \'installation d'une garn ison macédonienne

au Pirée tan dis que la démocratie était abolie pour faire pl ace à un régim e censitaire, Désormais le vieux monde g rec avait cessé d'être le

ce ntre de la politique égéenne, et les

seraient plus que des comparses dans les luttes poli- tiques o pposant entre eux les royaumes nés de l"em- pire d'Alexandre, Quant à la vie c ultu relle et artistique, c'est d 'abord dans les capitales de ces nou- veaux états qu'elle s'épanouirait, une vie culturelle

soucieuse de se rattacher à la tradition

à laque lle manquerait ce qu i avait caractérisé le

monde grec à l'époq ue classique , cette dimension politique inséparable de la vie de la cité.

états grecs ne

grecq ue, mais

Liste des entrées et de leurs corrélats

ACEs/LA5

Lysandre - Sparte.

Architecture. Urbanisme.

A LCÉE

Grèce d·Asie - Lesbos - Littérature- Musique - Poésie - Sapho.

ALCIBIADE

Andocide - Péloponnèse (Guerre du) - Thrasybule.

ALCMI!oNIDES

Clisthène - Pisistrate.

ALEXANDRE

Hellénistique (Civilisation) - Lamiaque (Guerre) - Monarchie - Philippe Il.

ANlXXlDE

Alcibiade - Péloponnèse (Guerre du).

APlIRODI"Œ

Dieux - Mythologie.

APOllON

Delphes - Dieux - Musique - Oracles- Sanctuaires.

A PPROCHES ACTUELLES DE L ·HISTOIRE GRECQUE

ARCHI1ECTlJRE,

URBANISME

Agora - Grèce d· Asie - Phidias.

ARCHONTES

Dokimasie - Thesmothètes.

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LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

ARÉORICE

Atrides - Boulé - Ephiake - Eschyle - Eupatrides - Harpale (Affaire d") - Justice.

ARGINUSES (PRa;ts DES) Eisangelie - Théramène.

A RGONAlfrES

Héros et cycles héroïques - Mythologie.

ARI5TlDE

Thémistocle.

ARI5TOP/lM·E

Cleon - Comédie - Littérature - Sophistes - Théâtre - Thesmophories.

ARI5TOTE

Littérature - Métèques - Philosophie - Stasis.

ARMÉE

ephébie - Guerre - Hoplites - Stratèges.

A SRISIE

AmÉNA

ephébie - Guerre - Hoplites - Stratèges. A SRISIE AmÉNA ATlA/1E Féminine (Condition) - Périclès. Atrides

ATlA/1E

Féminine (Condition) - Périclès.

Atrides - Dieux - Mythologie- Religion civique.

Clisthène - Démosthène - Diplomatie- ~cclesia - Eubule - Isocrate - Lycurgue - Misthophorie - Péloponnèse (Guerre du) - Pénètes- Pentacosiomédimnes -Périclès - Pirée- Pisistrate - Plousioi -Protagoras- Religion civique - Socrate - Solon - Sparte - Sykophantes - Thucydide - Zeugires.

Cité - Justice - Politeia.

LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

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A'IRIDES

Aréopage - Athéna - Héros et cycles héroïques - Schliemann - Troie (Guerre de).

B

ANAUSOI

Demiourgoi.

B

ANQUES/BAf/OUlfi:RS

Commerce - ~conomie - Mormaie.

B

ARBARES

Médiques (Guerres) - Hérodote.

BIBLlomfQuE

Littérature - Philosophie.

BOULt

Aréopage - Dokimasie - ~cclesia - Justice - Pryranes.

CALL1S1RATOS

D ·A LPlIlD.'IA

Confédération maritime (Seconde) - Eisphora - Symmories.

CHABRIAS

Stratèges.

Iphicrate - Stratèges - Timothée.

Iphicrate - Stratèges - Timothée.

CnERoNÉE (BATAIllE DE) Démosthène - Philippe Il .

CHIOS

Confédération maritime (Seconde) Délos (Ligue de) - Démocratie.

CHOREClfi:

Comédie - Liturgies.

OMON

Impérialisme - Périclès - Thésée.

Cm'

Atimie - Démocratie - ~cclesia - Evergérisme - Graphe para nomôn - Hippeis -Liberté (Eleutheria) - Métèques - Misthophorie - Monarchie - Nomos - Ostracisme -

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LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

CLEON

CLERouQUlES

CLlSTHP.NE

CoLONISATION GRECQUE

Pénètes - Périclès - Polis - Politeia - Politès - Prytanes - Zeugiles.

Aristophane - Démagogues- Hyperboles - Péloponnèse (Guerre du).

Confédération maritime (Seconde) - Délos (Ligue &) - Péridès.

Alcméonides

Onhagorides - Patrios polireia - Tribu.

Cyrène - Grèce d ·Occidenr- Marseill e -Sicile - Syracuse.

- Athènes - Dème -

COMEDIE

Aristophane - Chorégie - LiUérature - Ménandre - Théâtre.

COMMERCE

BanquelBanquiers -

Economie -

Emporoi - Monnaie - Naukleroi.

CONFEDERAnoN MARm.ltE

(SECONDl!.j

Callistratos d ·Alphidna - Chios- Clérouquies - Impérialisme.

CORUffHE

Cypsélides.

CRI,Œ

Evans.

Oligarchie - Théramène- Trente.

Oligarchie - Théramène- Trente.

CrpsÉUDES

Corimhe - Hérodore - Orthagorides -Tyrannie

CrRENE

Colonisation grecque.

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LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

D EI.OS (LIGUE DE)

Chios - Clérouquies - Impérialisme.

DELPUES Apollon - Dieux - Orades - Religion civique - Sanctuaires.

D EMAGOGUES

Cleon - Hyperboles - Orateurs.

 

Clisthène

D

EMFrER

Religion civique - Thesmophories.

D

EMIOURGOI

BanaU50i - Economie.

D

EMOCRA TIE

Alcibiade - Chios - Cité - Démos - Ecclesia - ~galité- Esclavage - ~vergérisme-Graphe para nomôn - Impérialisme - Liberté - Marine - Métèques - Misthophorie - Oligarchie - Oligarque (le Vieil) ~ Ostracisme - Péloponnèse (Guerre du) -Pénères- Péridès - Platon - Polis - Politès- Protagoras - Socrate - Solon - Sykophantes - Theorikon - Thésée - Trente -Tyrannie.

Démocratie - Écdesia - Ostracisme - Pénètes - Politès - Solon· Teocorikon- Tyrannie.

D~.MOS

D EMOsrENE

DENIS L ·A NCIEN

Athènes - Chéronée (Bataille de) - Eschine - Harpale (Affaire d·) - Hypéride - Littérature - Orateurs- Philippe Il -Theorikon .

Grè<:e d ·Occident - Syracuse.

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LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

D IEUX

Aphrodite - Apollon - Athéna - Delphes - Déméter - Dionysos - Epidallre - Fêtes - Héra - Héraclès- Héros et cycles héroïques - Homère - Mythologie - Religion civique - Religion domestique - Zeus.

DIOGENE

Philosophie.

DIONYSOS

Dieux - Mythologie - Religion civique -Théatre - Théorikon.

DIPLOMAT1E

Athènes.

DoKl.\/ASIE

Archome - Boulé - Thesmothètes.

Premiers temps de la Grèce - Spilrte.

Premiers temps de la Grèce - Spilrte.

Famille - Féminine (Condition) - Mariage.

Athènes - Boulé - Cité - Démos - Orateurs - Prytanes.

Athènes - Boulé - Cité - Démos - Orateurs - Prytanes.

JJCONOMIE

BanquelBanquiers - Commerce - Demiourgoi - Eisphora - Emporoi - Esclavage - Fiscalité - Georgoi - Kapeloi -Métèques - Monnaie - Nauk.ieroi -Oikos - Pirée - Prêts maritimes - Symmories - Théorikon.

JJDUCATION

Famille - Musique - Pédérastie- Sapho.

Démocratie - Esclavage.

Démocratie - Esclavage.

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LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

EISANGEUE

Arginuses {Procès des}.

E15PHORA

Callistratos d·Alphidm - Economie -Fiscalité - Plousioi - Symmories.

EMPOROI

Commerce - Economie - Naukieroi - Pirée - Prêts maritimes.

EPlIHBLE

Armée - Hoplites.

EPHIALTE

Aréopage " Périclès.

EPICLERE

Famille - Féminine {Condition}.

PPIDAURE

Dieux - Médecine hipJXlCratique

-

Sanctuaires

EscHllNE

Démosthène - Littérature - Orateurs -Philippe I l.

E CHYLE

Aréopilge - Euripide - Littérature

- Mythologie - Sophocle - Théâtre - Tragédie.

EscLAVAGE Démocratie - Ecooomie - Êgalité

E

UBULE

E

UPATRIDES

- Famille - Hectémores - Hétaïres - Pénètes.

Athènes - Laurion - Théorikon - Xénophon.

- Pénètes. Athènes - Laurion - Théorikon - Xénophon. EURIPIDE Eschyle - Littérature - Mythologie -Sophocle

EURIPIDE Eschyle - Littérature - Mythologie -Sophocle - Théâtre - Trngédie.

25

LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

EVANS

Crète - Premiers temps de la Grèce.

EVERGÉ11S.lfE

Cité - Démocratie.

FAMILLE

Dot - Éducation - Esclavage - Famille -Féminine (Condition) - Génos- Mariage - Mort - Phratries.

FÉMININE (CONDlTIOII~

Aspasie - Dor - Épiclère - Famille - Hétaïres - Mariage - Oikos.

FhFs

Dieux - Sanctuaires - Théâtre - Théorikon - Thesmophories.

FISCALm!.

Economie - Eisphora - Liturgies - Symmories.

FUSTEL DE COULANGES

GENOS

GEORGOI

GRAPHE RIRA NO.lION

GF$CE D ·A SIE

GRÈCE D ·OcCIDENT

GUERRE

Famille - Phratries - Tribu.

Économie - Hectémores - Solon.

Cité- Démocratie - Justice - Nomos- Ostracisme - Thesmothètes.

Alcée - Architecture. Urbanisme - Homère - Philosophie - Poésie · Sapho - Thaïes - Tyrannie.

Colonisation grecque - Denys r Ancien -Marseille - Sicile - Syracuse - Tyrannie.

Hoplites - Lamiaque (Guerre) - Marine - Médiques (Guerres). Péloponnèse (Guerre du) - Stratèges -

26

LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

Thu cydide -Troie (Guerre de) - Xénophon.

H ARMODIOS

Er ARISTOGrro.v

Tyrannie.

H

ARPALE (AFFAIRE D J

Aréopage - Démosthè ne - Hypéride

H

ECATÉE

Grèce d· Asie - Hérodote - Phil osophie.

H

EC1Él fORES

Esclavage - Georgoi - Solon.

H

ELIEE

Justice.

H

EllÉNISTIQUE

(CiVIL15ATlON)

Alexandre.

Dieux - Héraclès - Mythologie - Zeus.

H<~

H

ERACLEs

Dieux - Héra - Héros - Mythologie -Zeus.

H

ERODaTE

Barbares - Cypsélides - Hécatée- Histoire - Littérature - Modiques (Guerres).

H

EROS Er

CYCLES HERoTQUES

Atrides - Héraclès - Hésiode - Littérature - Mythologie - Œdipe - Thésée - Troie (Guerre de).

H

EsJODE

Mythologie - Poésie.

H

ETATRES

Esclaves - Féminine (Condition).

27

LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

H tTAlRIES

Oligarchie - Quatre Cents.

HIPPElS

Cité.

HlsrolRE

Hérodote - Littérature - Thucydide- Xénophon.

H

OMt!RE

Grèce d· Asie - Littérature - Premiers temps de la Grèce - Troie (Guerre de).

H

OPU1FS

Armée - Ephébie - Guerre - Solon -Spane - Théramène - Zeugites.

H

YPERBOL05

Cleon - Démagogues - Ostracisme.

HYPÉRIDE

Démosthène - Harpale (Affaire d·) - Littérature - Orateurs.

IMPtRIALl5ME

Cimon - Confédération maritime (Seconde) - Délos (Ligue de) - Démocratie - Isocrate - Thucydide- Thrasybule.

If'HICRA"Œ

Charès - Stratèges - TImothée.

15ÉE

Littérature - Orateurs.

ISOCRATE

Athènes - Impérialisme - Littérature - Panhellénisme - Patries polireia - Philippe II - Stasis.

JUSTICE

Aréopage - Boulé - Graphe para nOITlÔn- Héliée - Nomos - Ostracisme- Selon - Sykophantes -Thesmothètes.

28

LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

KA PELOI

LAMIAQUE (GUERRE)

LAURION

LIBERTE (ÉLEUfIlERIA)

t.cDnDmie.

Alexandre - Démosthène - Hypéride - Phocion.

Eubule - Xénophon.

Cité - Démocratie - Polis - Politeia.

L fT1"ERATVRE Alcée - Aristophane - Aristote- Bibliothèque - Comédie - Démosthène - Eschine - Eschyle - Euripide- Hérodote -Hésiode - Histoire - Homère - Hypéride - Isée - Isocratc - Lycurgue - Lysias -Ménandre . Philosophie - Pindare - Platon - Poésie - Sapho - Sophocle - Théâtre- Théophraste - Thucydide - Tragédie- Xénophon.

L I1T.JRGIES

Chorégie - Fiscalité - Plousioi - Trierarchie.

LYGURGUE

Athènes - Littérature.

LYCURGUE DE SrnRTE

Sparte.

LYSANDRE

Agésilas - Péloponnèse (Guerre du) - Sparte - Thrasybule.

LYSLAS

Littérature - Métèques - Orateurs - Thrasybule - Trente.

M

ACElXJlNE

Alexand re - Philippe Il .

M

ARATHON

Modiques (Guerres) - Milciade.

LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

29

M

ARIAGE

Dot - Famille - Féminins (Condition) - Oikos - Religion domestique.

M

ARINE

Arginuses (procès des) - Démocratie- Guerre - Naucraries - Nau kieroi - Pirée -Prêts maritimes - Salamine - Thémistocle.

M

ARSEILLE

Colonisation grecque - Grèce d·Occident.

MEDECINE

Epidaure - Philosophie -

HIPPOCRAl1QUE

Science.

M

mlQUES (GUERRES)

Barbares - Guerre - Marathon - Miltiade - Salamine · Thémistocle.

M

ENANDRE

Comédie - Littérature - Théâtre.

MEmQUES

Aristote - Cité - Démocratie - Economie - Lysias.

MlL nADE

Marathon - Médiques (Guerres) - Stratèges.

M I5THOPI/ORIE

Athènes - Cité - Démocratie- Pénètes -Périclès - Théorikon.

MONARCHIE Alexandre - Cité - Sparte - Tyrannie.

M ONNAlE

MORT

Banque/Banquiers - Commert:e- hconomie.

Famille - Mythologie - Religion domestique.

30

LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

M USIQUE

Alcée - ApollDn - Éducation - Pindare -Platon - Poésie - Pythagore - Sapho -Tragédie.

MYTHOLOGIE

Aphrodite - Apollon - Argonautes - Atrides - Delphes - Déméter - Dieux- Dionysos - Eschyle - Euripide - Héra - Héraclès - Héros et cycles héroïques- Hésiode - Homère - Œdipe - Pindare- Religion civique - Religion domestique - Sophocle - Thésée - Théâtre - Troie (Guerre de) - Zeus

NAUCRARIES

Marine.

NAUKLEROI

Commerce - Economie - Emporoi - Marine - Pirée - Prêl5 maritimes.

NiCIAS

Laurion - Péloponnèse (Guerre du).

NO.I/OS

Cité - Graphe para nomôn - Justice - Politeia - Politès - Thesmothètes.

ŒDIPE

Héros et cycles héroi·ques - Mythologie - Sophocle - Tragédie.

OIKOS

Économie - Famille - Féminine (Condition) -Mariage.

OUCARCHIE

Cririas - Démocratie - Hétairies - Oligarque (Le Vieil) - Patrios politeia - Plousioi - Polis - Politeia - Polîtes - Quatre Cents - Sparre - Trente.

OUCARQUE (LE VIEIL)

Démocratie - Oligarchie.

OLrMPE

Religion civique - Sanctuaires.

J1

LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

ORACLES

ApoHon - Delphes - Hypéride - Religion civique - Sanctuaires - Zeus.

ORA"ŒURS

Athènes - Boulé - Cité - Démagogues- Démocratie - Démosthène - Écclesia - Eschine - [sée - Lysias - Prytanes- Sophistes.

OR11i4GORlDfi"S

Clistène - Cypsélides - Tyrannie.

OSTRATlS.\fE

Cité - Démocratie - Démoo -

Graphe para nomÔll -Hyperboles

 

Justice -Politeia -Polîtes - Tyrannie.

-

PANHELLÉNlS.\fE

Isocrate.

PArRlOS PoLfTElA

Clisthène· Isocrate - Oligarchie - Politeia - Solon.

PEDÉRASTJE

Alcibiade - Ëducation - Pla ton - Sapho - Sparte.

PEINTURE

PÉLOPONEsE

Alcibiade - Andocide - Athènes -

(GUERRE DU)

Cleon - Démocratie - Lysandre- Nicias - Périclès - Sparte - Théramène

PÉNt"Œs

PENTACOSIOMED!.IfNfi"S

PFRICLEs

- Thucydide.

Athènes - Cité - Démocratie - Démoo- Esclavage - Misthophorie - Plousioi - Théorikon.

Athènes - Solon.

Aspasie - Athènes - Cimon -

32

LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

Clérouquies - Démocratie - DémDS- Ephialte -MisthDphorie - Péloponnèse (Guerre du) - Phidias - Pirée - Religion civique -Thucydide.

PHIDIAS

Architecture. Urbanisme - Péricles.

PHILIPPE li

Alexandre - Chéronée (Bataille de) - Démosthène - Eschine - lsocrate- Macédoine.

PHILOSOPIIŒ

Aristote - Bibliothèque - Diogène - Grèced· Asie - Hécatée - Histoire - Littérature - Médecinehippocratique - Platon -Pythagore - Science - Socrnte - Sophistes - Thaies - Théophraste.

PI/OC/ON

Lamiaque (Guerre) - Stratèges.

PURATRlliS

Famille - GémIS.

PLVDARE

Littérature - Musique - Mythologie - Poésie.

Athènes - Economie - Emporoi - Marine- Naukieroi - Périclès - Prêts maritimes.

Athènes - Economie - Emporoi - Marine- Naukieroi - Périclès - Prêts maritimes.

PISTlSRA"Œ

Alcméonides - Athènes - Miltiade - Solon - Tyrannie.

PLATON

Démocratie - Littérature - Musique - Philosophie - Protagoras - Socrate - Sophistes - Stasis.

PLOUSIOI

Athènes - Eisphora - Liturgies -

JJ

LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

Oligarchie - Pénètes - Prêts maritimes - Triérarcltie.

POÉSIE

Alcée - Grèce d 'Asie - Hésiode - Homère - Littérature - Musi que - Pindare - Saplto - Tragédie,

Cité - Démocratie - Liberté (Eleutlteria) - Oligarcltie - Politeia - Politès - Prytanes -

Cité - Démocratie - Liberté (Eleutlteria) - Oligarcltie - Politeia - Politès - Prytanes - Zeugites.

POLfTElA

Atimie - Cité - Liberté (Eleutlteria) - Nomos - Oligarcltie - Ostracisme- Patries politeia - Polis - Politès- Tyrannie,

POLrrts

Cité - Démocratie - Démos - Nomos - Oligarchie - Polis - Politeia.

PRAXrrELE

Phidias.

PREMIERS TEMPS DE LA GRECE

Evans - Homère - Schliemann - Troie (Guerre de).

PRD's MARfTMES

t:oonomie - Emporoi - Marine - Naukleroi - Pirée - Plousioi.

PROTAGORAS

Athènes - Démocratie - Platon - Sophistes.

PRYTANES

Boule - Cité - ecdesia - Polis.

PYrAGORE

Musique - Philosophie - Science.

QUATRE CENTS

Démos - Hétairies - Oligarchie- Théramène - Thrasybule - Trente.

34

LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

R EL I GION CIVI QUE

RELIGION ooMESnQuE

Athéna - Delphes - Déméter - Dieux - Dionysos - Mythologie - Olympie - Oracles - Périclès - Religion domestique -Sanctuaires - Zeus.

Dieux - Mariage - Mort - Mythologie - Religion civique.

SALAMINE

Marine - Médiques {Guerres) - Thémistocle.

SANClVAlRE

Apollon - Delphes - Epidaure - Fêtes

-

Olympie - Religion civique.

SAPHO

Alcée - hducation - Grèce d ·Asie- Littérature - Musique - Pédérastie - Poésie.

ScHLIEMANN

Atrides - Héros et cycles héroïques - Premiers temps de la Grèce - Troie (Guerre de) .

SCIENCE

Médecine hippocratiquc - Philosophie -Pythagore - Thalès.

SICILE

Colonisation grecque - Denys 1·Ancien -Grèce d ·Occident - Syracuse - Tyrannie.

SOCRATE

Athènes - Démocratie- Philosophie -Platon - Xénophon.

Athènes - Démocratie- Philosophie -Platon - Xénophon. Athènes - Démocratie - Démos - Georgoi - Hectémores

Athènes - Démocratie - Démos -

Georgoi - Hectémores - Hoplites

- Justice -Patries politeia -

Pentaoosiomédinmes -Pisistrate Stasis.

35

LlsrE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElArS

SoPHISTES

Aristophane - Orateurs- Philosophie -Platon - Protagoras - Socrate.

Eschyle - Euripide - Littérature- Mythologie - Œdipe - Théâtre- Tragédie.

Eschyle - Euripide - Littérature- Mythologie - Œdipe - Théâtre- Tragédie.

Agésilas - Athènes - Doriens- Hoplites - Lycurgue de Spane - Lysandre - Oligarchie- Péloponnèse

Agésilas - Athènes - Doriens- Hoplites - Lycurgue de Spane - Lysandre - Oligarchie- Péloponnèse (Guerre du).

STASIS

Aristote - [socrate - Platon - Solon.

STRATECf!S

Armée - Chabrias - Charès - Cleon - Guerre - lphicrate - Miltiade - Péloponnèse (Guerre du) - Phocion - Timothée.

SYKOPHMrIFS

Athènes - Démocratie - Eisangelie - Justice.

SYM.\fORlf!S

Callistratos d ·Alphidllil - Eisphora- Fiscalité - Triérarchie.

SYRACUSE

Colonisation grecque - Denys r Ancien - Grèce d·Occident - Sicile.

TAlf/Al

Délos (Ligue de) - Mistophorie.

Grèce d· Asie - Philosophie - Science.

Grèce d· Asie - Philosophie - Science.

THEATRE

Aristophane - Comédie - Dionysos - Eschyle - Euripide - Fêles - Héros et cycles héroi:ques - Ménandre- Mythologie - Sophocle - Tragédie.

36

LISTE DES ENTREES ET DE LEURS CORR(U,TS

THÈBES

THEMlSfOCLE

Aristide - Démocratie - Marine - Médiques (Guerres) - Salamine.

THf;;oPHRASJE

Littérature - PhiloMlphie.

THEORlKON

Démocratie - Démos - Démosthène - DionyMls - Eubule - Fêtes- Misthophorie - Pénètes - Théâtre.

Arginuses (Procès des) - Critias- Hoplites - Péloponnèse (Guerre du) - Quatre Cents - Trente.

- Péloponnèse (Guerre du) - Quatre Cents - Trente. Cinton - Démocratie - Héros et cycles

Cinton - Démocratie - Héros et cycles héroïques - Mythologie.

THESMOPHORIES

Aristophane - Déméter - Fêtes.

THESManltrES

Archontes - Dokimasie - Graphe para nomôn - Justice - Nomos.

THRASYBULE

Alcibiade - Démocratie - Impérialisme -Lysandre - Lysias - Quatre Cents - Trente.

THUCYDIDE

Athènes - Guerre - Histoire - Impérialisme - Littérature - Péloponnèse (Guerre du) - Périclès- Tyrannie.

Charès - Iphicrate - Stratèges.

TRAGEDIE

DionyMls - Eschyle - Euripide - Héros et cycles héroiques - Littérature

J7

LISTE DES EIlTREES ET DE LEURS CORRElATS

TRAVAIL

TRBvŒ

TRIBU

TRlERARClllE

TROIE (GUERRE DE)

T YRANNJIE

Vt"ŒAfEN[

X ENOPJION

ZEucrrES

- Musique - Poésie - Sophocle- Théâtre.

Démocratie - Démas - Economie -

Esd3v3ge.

Criri3S - Démocr3tie - Lysandre - Olig3rchie - Quatre Cents - Théramène - Thrasybule.

Clisthène · Cénos.

t:conomie - Liturgies - Marine - Stratèges - Symmories.

Atrides - Héros et cycles héroïques- Homère - Mythologie - Premier.> temps de la Grèce - Schliemann.

Cypsélides - Démocratie - Démos - Grèce d· Asie - Grèce d·Occident- Harmodios et Aristogiron - Monarchie - OrthiIgorides - Pi5istrare- Politeia - Sicile - Thucydide.

Eubule . Guerre - Histoire - l Littérature - Socrate.

3urion -

Athènes - Cire - Hoplites - Polis.

Dieux - Fêtes - Héra - Héraclès - Mythologie - Oracles - Religion civique - Silllctuaires.

CHRONOLOGIE

38

 

Faits politiques

   

Faits de civilisation

 

Le reste du monde méditerranéen

   

v.2150-1680

Moyen Empire thébain en Égypte

v.

2000

Installation des Hittites en Anatolie Règne d 'Hammurabi en Mésopotamie. Les Assyriens maîtres de Mari

Fin XIX" s.

v.

1600 -1400

Apogée de la Crête minoenne

v.

1600-1400

Apogée de la civilisation minoenne

v.

1580-1320

XVIII ' dynastie: Aménophis IV (Akhenaton). Exode des Hébreux vers la Palestine Règne de Ramsês II

v.

1400-1200

Apogée de la Grèce mycénienne ., Siècles obscurs"

v.

1400-1200

Apogée de la civilisation mycénienne

v.1298-1232

Déb. XII' s.- fin lX"s.

v.

1200-800

Déclin de la civilisation matérielle

v.

1230

Attaque des« peuples de la mer » David el Salomon. Hiram de Tyr

Déb. VIIf s .

« Naissance

de la cité

Fin lX" s.

Élaboration de l'alphabet

Fin du 1" millénaire

grecque Milieu VIII' s. Début de la coloni -

,Cff

 

776

Fondation des jeux olympiques Rédaction des poèmes homériques

Fin lX" s.

Fondation

de Carthage

 

sation grecque

 

v.

757

Fondation de Cûmes en Campagnie

Stt. moitié du WIf s.

754-753

Fondation de

Rome

v.

740-720

Première guerre de Messénie

   

v.

733

Fondation de Syracuse

v.

708

Fondation de Tarente

Fin VIII' li.

La Théogonie. Les Travaux et les jours d'Hésiode

v.

7I5

Début du royaume mède

v.660

Fondation de Bysance

l in moitié du wl' s.

Début du monnayage en

v.

668--626

Règne d' Assurbanipal XXVI' dynastie saïte

v.

milieu VII' s. Début de la tyrannie des

Gck,

663-625

 

Cypsélides

   

v, 630 Fondation de Cyrène, Tentative de Cylon à Athènes

 

626- 539

Royaunte néo-babylonien

v, 6U

Lois de Dracon Z' guerre de Messénie l' guerre sacree Fondation de Marseille

 

v, 640-620

v, 600-590

v,600

v,

6oo

Consrtuction

de

l' Héraïon

605- 562

Règne de Nabuchodonosor

   

d'Olympie

 

594-593

Archontat de Solon à Athènes

 

597

Prise de Jérusalem par Nabuchodonosor Règne de Crésus en Lydie

561 -560

Début de la tyrannie de Pisistrate à Athènes

560- 546

 

v,

550

Construction de r Artémision d'Ephèse

Milieu

Réfonnes de SeIVius TullillS à Rome Règne de CyrllS

 

vI' s,

 

v, 559-530

533

Début de la tyrannie de Polycrate

, s m,,,

539

Prise de Babylone par Cyrus

 

v, 525

Début de la céramique attique à figures rouges Eschyle Pindare

SZ5

Conquête de l'Égypte par Cambyse

v, 524-446

522- 486

Règne de

Darius

51.

Assassinat d'Hipparque

v,5 18·438

 

510

Chute d'Hippias, tyran d'Athènes

 

508

Réforme de CHsthène

509

Début de la RépubHque romaine

.99

Début de la révolte de l'Ionie Prise de Milet par les Perses

v, 496·406

Sophocle Début de la construction du temple d'Alphaia à Egine Phl)'llichos fait représenter la

 

.94

v, 495

 

.93

Prise de MI/el

 

491-490

Première guerre médique, Marathon

v, 490-430

Phidias

 

v, 485

Premiers concours de comédie Hérodote

486-465

Règne de Xerxès

.83

Construction d'une flotte de guerre à Athènes

v, 484-430

 

481-479

l' guerre médique Salamine" Gelon bat les Cartha- ginois à Himère Victoire des Grecs à Platées Fondation de la llgue de Délos

v.

480-406

Euripide

 

480

 

479

478-477

477-476

Statues de Tyrannoctones par Crltios

414

Hiéron bat les Étrusques à Cûmes

 

412

Ostracisme de Thémistocle

412

Les Perses d"Éschyle

467

Victoire de Cimon à l"Eurymé-

v.

469-399

Socrate

do.

 

464

Soulèvement des hUotes de Messénie Réforme d"Éphlalte

462-461

461

Ostracisme de Cimon; début de la carrière de Périclès

v.

460-

dêb" IV' s"

Thucydide

454

Tramfen du trésor de la llgue de Délos à Athènes "l.' guerre sacrée Paix de Callias entre Athênes et les Perses Paix « de trente ans JO entre Athènes et Sparte Fondation de lbouriol en Italle du Sud

v.

459-380

458

Lysias

r Oreslle d"Éschyle

449-447

v"450-385

Aristophane

450

loi des Douze Tables

489/448

   

447·438

Construction du Parthénon

446/445

 

444/443

441

Anllgone de Sophocle

438

AtMna Panhenos de Phidias Constrctlon des Propylées Isocrate

 

437-432

'"

Décret de Mégare

436-338

431

Début de la guerre du Pélopon-

431

Médéed 'Euriplde

"'"

 

CHRONOLOGIE

41

430

~Id~mle de « peste ,. li Athènes art de PérIclès

   

'"

'"

HIppolyte d'Euripide

 

v.

428· 354

Y.

427· 347

Platon

'"

Défaite des athénIens li Delion Paix de NicIas Expêdluon de Sicile RéVolution oligarchique des Quatre CenIS li Athènes Retour d'Alcibiade li Athènes Bataille des ArgInuses Défalle de la noue athénienne

425

Les Achamlen5 d' AristophalM!

4ZI

 

415·413

411

407

40.

Ol1'Sie d'Euripide

'06

 

'"

40'

Les GœooufJ/es d' Aritaphane

 
 
 

Algas· Potamas Tyrannie de Denys li Syracuse Tyrannie des Trenle li Athènes Archontat d'EuclIde Retraite des Dix Mille

li

 

405-367

40H03

4001402

401-400

399

Procès et mort de Socr.!te

394

Victoire de Ûloon li Cnide

 

390

Sac de Rome par les Gaulois

386

Paix du Roi

387

Fondation de rAcad~mle par Platon Aristote Démœthène

   
 

384-322

384-322

380

Panégyrique d'Isocrate

3781377

Seconde Ûln f~{'ratlon maritime d'Athènes Epaminondas valqueur des Spar- !lates li Leuctres Bataille de ManUnée : 100ft d'Epamioondas

 

371

364

Aphrodite de Cnide de Praxitèle

367

 
 

,."",

36ll

Début de la construction du temple d'Athéna Alea li Tégée

Plébiscite llclnlo-scxtlen ou - vrant le consulat aux pl~bêlens

359

Avènement de Philippe en Macé- doine loi de Périandre sur la triérarchie Guerre des alliés

   

357

357-355

356

Début de la troisième guerre

354

Intervention de Ph!lippe en Thessalie

353

Début de la constriction du Mausolée d' Halicarnasse

 

351

Première Philippique de

Démosthène

349-348

Siège el prise d'Olynthe par

349-348

Les Olyn/Jermes de Démosthène

Philippe

 

346

Paix de Philocratès

347

Mort de Platon

 

346-345

Ar/émis Brauronla de Praxitèle

340

Début de la quatrième guerre

 

341

Première guerre samnite

339

"""Prise d'Elatée par Philippe

 

338

Défaite des Grecs 11. Chéronée

337

Formation de la ligue de Corinthe

336

Assassinat de Philippe: avffie- ment d'Alexandre

335

Destruction de Thèbes

339

Sur la couronne de Démosthène

324

Affaire d' Harpale

 

323

Mon d'Alexandre: début de la

guerre lamiaque

322

Mon de Démosthène.

Antipatros Impose à Athènes lII\e garnison macédonnienne et

lII\e colIStitution censitaire

AGES/lAS

43

AGÉSILAS

L'un des plus célèbres rois de Sparte. Il succéda en 400 à Agisii de la dynastie des Eurypontides. Sparte était alors au sommet de sa puissance, au lendemain de la guerre du Péloponnèse dont elle était sortie vic- torieuse. C'est l'artisan de la victoire, le navarque Lysandre, qui contribua à imposer Agésilas contre l'héritier nonnal d'Agis, Leotychidas, accusant ce dernier d'être en réalité le fils illégiti me de l'Athé nie n Alcibiade. Agésilas s'illustra d' abord en Asie où il mena en 396 et 395 une série de campagnes victo- rieuses. Rappelé en 394 en Europe, où Sparte se heur- tait à une coalition conduite par son ancienne alliée Corinthe, il remporta contre les coalisés la victoire de Coronée et contribua à renforcer l'hégémonie de Sparte que sanctionna en 386 la paix du Roi. Malgré des campagnes actives contre les Béotiens, il ne put empêcher le Théba in Épaminondas d'écraser en 37 1 l'armée Spartiate à Leuctres, Après celle défaite , on le trouve, à la tête de mercenaires, au serv ice du satrape Ariobarzane en 364 et du pharaon Nectanebo en 36 1, C'est à son retour d'É gypte qu'il mourut en 360, L'historien athénien Xénophon, qui fUi son ami, a

AGtSiLAS

laissé de lu i

vera in Idéal. respectueux des lois de la cité. Pounant, son long règne qui débute alors que la puissance de Span e est à son apogée, et s ' achève quand la ci tê, ruinée et vaincue, dépouillée de la Messénie , entre

dans la vo ie du déclin, velles q ui annonce nt la

classique. Car. si Agésilas n'est que r un des deux rois de spane, Il n' en mè ne pas moi ns une politique per- sonnelle, comparable en cela à ces chefs de merce- na ires qui , un peu partout , dans un monde grec troubl é par des luites Intestines. c herchent à s' emparer du pouvoir dans le urs ci tés, et n' hésitent pas. pour trou -

traduit bien les réalités nou - fin de la civilisation grecque

un Éloge qu i le présente comme le sou-

ver de quoi payer leurs mercenaires, à se mettre au service de souverains étrangers. En ce la , le règne d ' Agésilas est révélateur de la crise que traverse le

monde des cités grecques au IV' s ièc le.

(J

G. L

Cawkwe ll , «Agesilaos and Sparta

1976, pp. 62-84.

C .Q.

Il .s.26.

P. Canledge. AgesJ/aos and thé Crlsfs ofSpaf1a. Londres.

1987. CD.

Hamilton, Agl/aus and the FaJ/uœ of Spartan

Hegemony. Comell Vniv. Press. 1991.

r:ir

Lysandre , Sparte.

AGORA

45

AGORA

L'agora était la place où à l'origine se tenaient les assemblées du démos, Elle est déjà mentionnée dans

les poèmes homériques, mais les assemblées y sont informelles et sans pouvoir réel. Dès la fondation des premières cités coloniales, à partir du milieu du VIII" siècle, un emplacement est réservé pour la future agora, C'est là que se croisent les artères principales délimitant le plan de la ville, C'est là aussi qu'est sou- vent située la tombe du fondateur, objet d 'un culte héroïque, Le cas d'Athènes est un peu particulier, L'agora y joue ce rôle de lieu des assemblées infor- melles du démos jusqu ' au début du V' siècle, Mais avec le triomphe de la démocratie, l'agora change de caractère, les assemblées désormais périodiques se tenant sur la coll ine de la Pnyx, L'agora demeurait néanmoins le centre civique par excellence , et c'est à proximité que s'élevait le bouleuterion. lieu des réu- nions du Conseil. la tholos où siégeaient les prytanes et différents temples et autels dédiés aux divinités protectrices de la cité, Mais l'agora était aussi deve- nue le lieu où s'opéraiem les échanges, et sous les

portiques qui la bordaient

leios) s 'ouvraient des boutiques où les Alhéniens

(Stoa Poikilè , Stoa Basi-

MelE

aimaient s'attarder pour discuter les décisions récentes,

deme urait le centre de la vie politique, À l'époque hellé nis -

tique, et singulièrement dans les cités grecques d'Asie Mineure, mais aussi à Athènes grâce à la générosité des souverains allalides, les agorai sont dotées de por- tiq ues et d ' un décor monumental qu i illustrent la poli-

tique de prestige des so uvera ins,

De ce fait, J'agora civique et du débat

111 R. Martin , Recherches sur J'Agora grecq ue , Paris. 1951 ,

qr

Architecture. Urbanisme,

ALCÉE

Alcée éta it onglllaire de l'île de Lesbos, une des grandes îles de l' Egée, Il serait né vers 640 dans une

moment, Lesbos était le théâtre fois sociale et politique comme

dans le reste du monde grec, agitation qui aboutit à l 'établissement de la tyran nie d'un certain Melanchros vers 612. À ce Melanchros succéda à la suite d'un coup de main Myrsilos. Puis, après une nouvelle période de troubles, Piltacos s'empara du pouvoir et avec le titre d' aesymnète gouverna Mytilène, la principale cité de l' île, pendant dix ans. Alcée semble avoir été mèlé à ces troub les, avoir e n

fa mille noble, À ce d'une agitatio n à la

ALCtE

47

particulier pris part au complot visant à renverser Myrsilos. L·échec du complot le conduisit à s·exiler une première fois. Il dut de nouveau s·exiler après

l·arrivée au pouvoir de Pillacos . Il rentra néanmoins à Lesbos, et c·estlà qu ï l mourut , assez âgé . C"est grâce aux fragments de ses poèmes qui nous sont parvenus que 1· on peUl très approximativement

reconstituer celle vie. En etTet, ce qu i distingue

la

poés ie d ·Alcée de ce lle de ses contemporains, et

le

rapproche au contraire d e sa compatriote Sapho. c· est

le choix de l"expression de ses

à travers un langage simple , en

lyrique, composée de strophes courtes de quatre vers syllabiques et chantée avec acco mpag nement d·un

instrument appelé barbitos, sorte de lyre allongée. L·œuvre d·Alcée était considérable et variée. Elle connut de son vivant et après sa mort une grande renommée, singulièrement à Athènes, puis à Alexandrie et à Rome. Les fragments q ui sont par- venus jusqu·à nous comportem des hymnes en l·honneur des dieux. des poèmes « séditieux », des poèmes d'amour et des poèmes qu·on chantait dans les banquets.

senti ments personnels dial ecte éolien. poésie

~ A.R. Burn . The Lyric Age ofCœece. Londres. 2ed

1967.

J. Svenbro. La parole et le marbre: aux origines de la poétique grecque. Lund. 1976.

t:dition des poèmes d·Alcée. établis et traduits par Th . Reinach. Paris. Belles Lettres, 3" éd.• 1966.

ALCIBlAD~

Grèce

d'Asie.

r:ir Sapho,

Lesbos.

Littérature.

Musique.

Poésie.

ALCIBIADE

Alcibiade est l'un des hommes politiques les plus importants de l'histoire de la démocratie athénienne , Né vers le milieu du V" siècle, il eut pour tuteur Périclès, et se trouva de ce fait très jeune, voué il la carrière politique, Ce n 'est pourtant qu'après la con -

clusion de la paix de Nicias, en 421 , qu'il commença il faire parler de lui. Persuadé que la paix n'était qu'une trêve, il se heurta très vite il Nicias, son aîné, et singuliè reme nt lorsqu'en 41 5 i l inci ta les Athé nie ns il répondre favorablement il l' appel des gens de Ségeste en Sicile et il envoyer une expédition dans la

g rande île,

posa alors il Nicias, Jeune, fougueux, sachant utiliser les arguments s usce ptib les de séduire le démas, il sut convaincre l'assemblée, qui vota le principe de l'ex- pédition dont il reçut le commandement avec Nicias et Lamachos. Il n'allait pas pouvoir cependant la mener il bien, car, compromis dans l'affaire des Herm ès et accusé d'avoi r participé à des parodies des mystères d'Eleusis, il fut rappelé et préféra s'e nfuir. Il

séjourna quelques années à Sparte, alors de nouveau

Thucyd ide a reconstitué le débat qui l'op-

ALC!B!ADt:

49

en guerre contre Athènes, et c 'est lu i qui aurait sug- géré aux Spartiates le coup de main sur la for teresse de Décélie qu i allait avoir pour Athènes des con- séquences désastreuses. Mais, accusé d 'entretenir des relations coupab les avec la fe mme du roi Spartiate Agis, il s' enfu it à nouveau et trou va asile auprès du satrape perse Tissapherne, C'est en promettant une aide financière de celui-ci qu'il tenta de rentre r à Athènes. Mais les oligarques s'étan t em parés du pou-

tourna vers les chefs démocrates

voir dans la c ité , il se

qui commandaient la flotte révoltée à Samos, Ceux-ci le firent élire stratège par les marins et les soldats, et, tandis qu'à Athènes la démocratie éta it restaurée,

Alcibiade, à la tête de la flotte athénie nne remporta une série de succès militaires, ce qui lu i valut de pou- voir rentrer triompha le ment à Athènes, Doté d' un commandement exceptionnel, il repartit pour l'Asie, mais, son armée ayant subi en son absence une défaite

à Notion, il pré féra s'enfuir de nouveau pour éviter une mise en accusation à son retour. Il mourut e n 404 ,

en Phrygie , assassiné , peut-être à l' ins tigation

des oli -

garqu es, de nouveau maîtres d 'Athènes, Alcibiade est un personnage particuliè rement inté- ressant dans le contexte de la démocratie athénienne, Fille ul de Pé riclès , il étail toul naturellement appe lé à j o uer le rôle d'un c hef démocratique, Fidè le d iscip le de Socrate, qu i admirait sa beauté el so n imelligence,

il avait été mis en garde par ce lu i-ci comre les excès

ALCIBlAD~

50

auxquels pouvait se livrer une foule ignorante. Appar- tenant à la jeunesse dorée d·Alhènes. il avait suivi les leçons des sophistes et adhéré au scepticisme de cer- tains d'entre eux, concernant en particulier les prati- ques religieuses . Il n'est pas étonnant dès lors qu 'il se soiltrouvé impliqué dans l'affaire de la mutilation des Hermès, qu"il ait comploté avec Tissapherne le ren- verseme nt de la démocratie et avec les chefs démo- crates contribué à sa restauration. Sa séduction physique s 'exerçait sur les hommes autant que sur les femmes. On l'aimait ou on le détestait, passionné- ment. Et, encore vingt ans après sa mOrl, on ne pou- va it évoquer sa mémoire de façon indifférente. Plutarque. dans sa Vie d'Alcibiade, a recueHli toutes les anecdotes que la postérité devait accumuler sur ce personnage hors du commun.

[J j. Hatzfeld. Alcibiade. ÉlUde sur l 'hlstolre d'Athènes à la fin du V siècle, Paris. 1940. M.-F. Mac Gregor. The Genius of Alcibiades. Phœnix. 19. 1965. pp. 21 sqq.

r:r

Andocide. Péloponnèse (Guerre du). Thrasybule.

ALeA/tON/DES

51

ALCMÉONIDES

Les Alcméonid es sont une grande famille athénienne

dont les membres jouèrent un rôle particulièrement important dans l'histoire d 'A thènes à la fin du VII" et au vI' siècle, Le premier Alcméonide do nt l' histoire a conservé le nom fut Mégaclès, qui, étan t archonte au

mome nt où un jeune aristocrate, Cylon, avait ten té de

s' emparer de l'Acropole avec l'aide de son parent le tyran de Mégare, a ppe la le peuple aux armes et fi t échouer la lentative. Mégaclès fit meUre à mort Cylon et ses partisans qui avaient cherc hé asile auprès des temples. ce qui entraîna la condamnation pour sacrilège de tous les membres de la famille qui durent s'exiler.

Néanmoins , ils purent peu après rentrer à At hè nes. puisqu'on trouve Alcméon, le fils de Mégaclès. à la tête du contingent athénien pendant la pre mière guerre sacrée. C' est cet Alcméon également qui reconstitua

la fortune familiale en gagnant les bonnes grâces du roi de Lyd ie . Le ms d ' Alcméon. qui s' appelait Méga- dès comme so n grand -père, fu t l'a dversaire de P isistrate. Il avai t épousé la fille du tyran de Sicyone, Clisthène, au ternle d'un concours qui dura une année. Il e n e ut plusieurs e nfa nts, dont une fille qui fut l'épouse de Pisistrare pendant la brève période de son premier retour au pouvoir, et un ms qui fut le célèbre

réformateur Clisthène. le fonda teur

de la démocratie

ALCMtONIDES

52

athénienne. Une nièce de Clisthène qui portait le nom de sa g rand -mère Agaristè. la fille du tyran de Sicyone. fut la mère de Périclès. Bien qu 'a pp artena nt 11 la p lus vieille aristocratie athénienne. les Alcméonides se voulaient tradition- nellement « patrons du démas ». Leurs adversaires ne manq uère nt pas de ressortir co ntre eux la vieille « malédiction ». liée au sacrilège commis par Méga- clès l' Ancien, lorsqu ' il avait fait exécuter Cylo n et ses partisans. C'est ai nsi que les Alcméonides durent s 'exiler sous ce prétexte après le renversement de la tyrannie d ' Hippias, do nt ils avaient été les artisans, et au lende- main des réformes de Clisthène. Et ce fut l'action du démas qui leur permit de rentrer 11 Athènes. À la veille de la guerre du Péloponnèse encore, les Spartiates n'hésitèrent pas 11 rappeler la vieille oK malédiction » 11 propos de Périclès, don t la mè re était une Alcméo nide. Au Iv" siècle, ils ne semblent plus jouer un rôle importa nt en tant que tels.

111 P. Lévêque et P. Vidal-Naquet , Cl/sthène rA/hén/en. Paris, 1964, pp. 32-62.

r:ir

Clisthène. Pisistrate.

ALEXANDRE

53

ALEXANDRE

Alexandre est incontestablement l'une des figures

de la civilisatio n

les plus importantes de l'histoire

grecque. Se présentant comme l'héritier de l'hellé- nisme classique, il fit entrer par ses conquêtes l'Orient méditerranéen dans \. aire culturelle grecque. Mais en même temps, son règne symbolise la rupture entre la civilisation grecque classique et celle du monde qui allait naître de ces conquêtes, le monde hellénistique. Alexandre succède en 336 à son père Philippe. assassiné dans des conditions mystérieuses. Philippe avait l'année précéden te, à la suite de la victoire rem- portée en 338 à Chéronée sur les Grecs unis autour d'Athènes. rassemblé des délégués venus de toutes les parties du monde grec, pour leur imposer son alliance au sein de la ligue de Corin the. et la reconnaissance de son hégémonie dans la lutte quïl entendait mener contre l'empire perse. Alexandre, acclamé par l'armée selon la tradition macédonienne, entreprit donc de réaliser le projet élaboré par Phi lippe. Auparavant toutefois, il prit soin d'assurer ses arrières, d'une part

en me nant campagne contre les populations voisines des frontières nord de la Macédoine, afin de les sou- mettre, d'autre part en écrasant le soulèvement des Thé bai ns contre la garnison macédonienne q ui, depuis Chéronée, occupait la forteresse de la Cadmée.

ALEXANDRE

54

La campagne d'Asie fut menée avec une extrême rapidilé. Vainqueur à la bataille du Granique en juin 334. Alexandre s'empara de Sardes et obtint sans

peine le ralliement des cités grecques de la côte occi- dentale de l' Asie Mineure. Vainqueur l'année suivante

11 Issos de l'armée de Darius, Alexandre poursuivit sa

marche vers le sud, s' emparant en particulier des ports de la côte syro-phénicienne et privant ainsi le roi de ses points d'appui maritimes. Désormais, le but initial de la campagne était large- ment dépassé. La conquête de I"Egypte se fit presque sans coup férir, mais surtout fournit à Alexandre l"oc- casion de fonder une ville portant son nom, et qui allait devenir la cité la plus puissante du monde hellénis- tique. C 'est alors également qu'il se rendit dans l' oasis de Siwa où il fut salué par l'oracle comme fils de Zeus Ammon. On peut évidemment s'interroger sur les mobiles d' Alexandre, se demander s' il était réellement convaincu de son origine divine ou s'il avait calculé les avantages qu'il pourrait tirer de la prédiction de l"oracle. Quoi qu'il en soit. c'est désormais la con- quête de tout l"empire perse qu'il se propose comme but. Revenu en Asie, il écrase à Arbèles l'armée du roi

11 l"automne 331 puis s · empare des capitales royales.

Babylone. Suse, Persépolis. Peu après, Darius en fuite était assassiné par l'un de ses satrapes. Maître des trésors achéménides, Alexandre désor- mais se veU! l"héritier du roi des Perses, non sans se

ALEXANDRE

55

heurter à l' hostilité de certains de ses compagnons (co nspiration de Phi lotas) , Il prend alors la route des satrapies supérieures de l'empire, franchit l'Hindou Kouch au printemps 329 et commence celle aventure fabuleuse qui allait le conduire jusqu'aux abords du Gange, Aventure entrecoupée de moments difficiles dus à la fois à la résistance des populations locales, aux obstacles présentés par le pays lui-même, au mécontentement de ses compagnons, C'est d 'ailleurs le refus de ceux-ci de le suivre qui l'empêcha de par- venir jusqu ' au Gange et le contraignit à prendre le chemin du retour, Un retour qui fut égalemen t difficile et s'acheva à Babylone au début de l'année 323, Quelques mois plus tard , Alexandre mourait subite- ment, laissant son œuvre inachevée, Ce bref résumé a laissé de côté tous les prob lè mes que pose l' homme Alexandre, ses buts, ses ambitions, Très vite , il devint un personnage quasi légendaire, et les sources qui nous font connaître son extraordinaire épopée se ressentent de celte légende, Sa valeur mili- taire, ses ca pacités de stratège, comme sa cruauté et ses ambitions ne font aucun doute, Mais plus délicate est l'appréciation de sa politique, Car le système qu'il mit en place s'effondra aussitôt après sa morl. et se révèle par là même extrêmement fragile, Il semble qu 'il ait au début, par principe ou par nécessité, tenté

d 'associer

plaçant ou les maintenant à la tête des satrapies con-

les nobles iraniens à son elllreprise, les

ALEXANDRE

56

quises. Mais lorsque certaines de ces salrap ies se rebellèrent. alors qu'Alexandre revenai! vers la Babylome et que le brui! de sa mort avait couru, il remplaça les Iraniens par des Macédoniens fidèles. Mais c'est aussi à ce moment-là qu ' eurent lieu les fameuses « noces de Suse ». où furent célébrés les mariages entre soldats macédoniens et femmes

yeux de certains modernes

lraduisenl chez Alexandre la volonté de surmonter le vieil antagonisme entre Grecs et barbares. La fonda- lion de nombreuses colonies militaires, d'abord des- linées à assurer les arrières de l 'armée d'Alexandre, allait être un des principaux facteurs de diffusion de I"hellénisme dans le monde oriental. En définitive, et quels que soient les sentiments qui l'animaient et que nous ne connaîtrons jamais, l' aven- ture d' Alexandre allait entraîner de profonds boule- versements dans le monde méditerranéen oriental. élargissant démesurément le vieux monde grec, mais surtout créant un pouvoir de type nouveau, cette monarchie qui deviendra dans les états qui se constituèrent après un demi-siècle de luttes en tre les successeurs d'Alexandre, la forme politique carac- téristique de l'époque hellénistique.

iraniennes, et qui

aux

CI P. Briant , Alexandre le Grand, 3' éd

Paris . 1986.

J.G Droysen. Alexandre le Grand. Bruxelles. 1991. P. Goukowsky , «Alexandre et la conquête de rOrient ( 336-323) ~, dans Lemollde grec e l I·Oriem. l.1l . 3' éd. ,

ANDOCID~

57

Paris, 1990, pp. 245-333.

- , «Recherches récentes sur Alexandre le Grand ~, R.E.G , 96, 1983, pp. 225-241.

r:Jr

Hellénistique (Civilisation). Lamiaque (Guerre). Monarchie. Philippe II.

ANDOCIDE

L' un des plus anciens

parmi les orateurs attiques

dont nous possédons les discours. Il naquit vers 440 dans une famille qui s'était déjà distinguée par plusieurs de ses membres, lesquels avaient rempli des charges officielles dans la cité. Lui-même fit son entrée dans I"histoire en figurant au nombre des jeunes gens accusés d'avoir participé à la mutilation des Hemlès et à des parodies des Mystères d 'Eleusis, la veille du départ de la flotte pour la Sicile e n 415. Pour sauver son père Leogoras qui figurait aussi au nombre des accusés. Andocide non seulement avoua. mais livra un certain nombre de noms, ce qui lui valU!

d 'avoir la vie sauve. Il préféra toutefois quitter Athènes. et semble avoir mené pendant quelques années la vie d'un commerçant se livrant au commerce maritime.

Dans l'espoir de

Athènes, il aurait ainsi

fourni à bas prix du bois à la flotte athénienne can- tonnée à Samos. Mais ce ne fut qu'après 403. lorsque la démocratie restaurée eut proclamé une amnistie,

re ntrer à

ANrKXlDE

58

qu'il put rentrer 11 Athènes. II lui fallut alors se défendre dans un procès où fut de nouveau évoquée l"affaire des Mystères. mais qu'il semble avoir gagné, puisqu'on le retrouve en 392 parmi les ambassadeurs chargés de négocier la paix avec Sparte. En dépit du discours qu' il prononça à cette occasion et qui nous a été conselVé, il ne réussit pas à convaincre les Athéniens et, un procès lui ayant été intenté par Callistratos, il préféra s'exiler 11 nouveau. Les dis- cours d'Andocide sont pour l'historien qui veut com- prendre le fonctionnement de la vie politique 11 Athènes dans les dernières années du V siècle et au début du TV siècle une source très précieuse. Non seulement parce qu'ils nous font connaître un certain nombre de dispositions législatives que nous ignoreri- ons sans cela, mais aussi parce qu'ils nous permettent de nous faire une idée de ce qu 'était alors l"opinion

cet égard, le discours Sur les

publique 11 Athènes. À

Myslères qu'il prononça 11 l"occasion du procès d'impiété qui lui fut intenté en 399. et le discours Sur la paix de 392/1 sont d'un très grand intérêt.

[J G

Dalmeyda . Notice 11 l'édition des Discours d · Ando·

cide. Collection des Universités de France. Paris 1" éd

Qr

1930.

Alcibiade. Péloponnèse (Guerre du).

APHRODlrE

59

APHRODITE

Dans le panthéon olympien, elle est la déesse de l'amour, Sur son origine, deux traditions coexistent. Tantôt, elle naît des bourses d'Ouranos, jetées dans la mer après que Cronos avait émasculé son père: c'est Aphrodite sortant de l'écume de l'Océan, telle que souvent les artistes l'ont représentée, Tantôt au con- traire, elle est la fille de Zeus et de Dionè, comme dans L'Iliade, où elle adopte le parti des Troyens et combat auprès de son protégé Énée, Elle y est égale- ment l'épouse d' Héphaïstos qu'elle trompe avec Arès, le brutal dieu de la guerre, Selon certaines traditions Énée serail le fruit de ces amours adultères, Déesse de l'amour charnel et donc de la fécondité, Aphrodite est présente dans le rituel du mariage. Mais elle est également vénérée par les courtisanes, Sous l'épithète de Niképhoros, elle préside à la victoire, et de sa naissance marine. elle garde un lien étroit avec le monde de la mer, Son culte était particulièrement répandu en Asie Mineure, à Chypre où avait lieu chaque année une grande procession en son honneur, et dans la plupart des îles de l'Égée, À Athènes, sous l'épithète de Pandemos, elle avait un sanctuaire sur la pente méridiona le de l 'Acropole, et un autre sanctu- aire en Afrique, au ca p Kolias, Mais c'est surtout à Corinthe que son culte était développé, C'est là que

APOLLON

60

les servantes de la déesse se livraiem à la prostitution sacrée. Souvent représentée. surtout à partir du !Vsiè- cle, elle sera assimilée à la Vénus romaine.

(JI

r:ir

L. Séchan. P. Lévêque. Les grandes divinités d e la Grè{:e. Paris. 1966. pp. 367-390.

Dieux. Mythologie .

APOLLON

Apollon est fils de Zeus et de Leda. Il naquit dans l'île de Délos, mais c' est Delphes qui allait devenir le centre principal de son culte. Pour se rendre maître du sanctuaire, Apollon dut tuer le monstre qui en était le gardien, puis, après s ' être purifié il consacra un trépied , Cest sur ce trépied qu'était juchée ta Pythie, la prêtresse chargée de transmettre les oracles du dieu. Apotton est souvent représe nté dans la mythologie comme un dieu cruet qui se vengeait de ceux qui por-

taient atteinte à sa dignité, tel le satyre Marsyas qui avai t prétendu être meilleur musicien que lui. La lyre est en effet un de ses attributs, et il est d 'abord te dieu de t'inspiration poétique. Il il pour compagnes tes Muses qui vivent au pied du mont Parnasse. Il est

égatement r archer qui

d ' Asclépios , il est comme son fils un dieu guérisseur. Il est aussi le purificateur, celui qui absout te meurtrier de son crime, comme le rappette L 'Oœstie d 'Eschyle,

Père

protège les troupeaux.

APPROCHES A C TUELLE S DE L'HISroI RE GRECQUE

61

puisque c' est de lu i que le parricide Oreste obtient son pardon, Enfin, en tant que Phoibos il se confond par- fois avec Helios, le Soleil, dont il a l'éclat. Delphes et Délos étaie nt des sanct ua ires panhel- lé niques où se rassemblaient des fidèles venus de tout le monde grec. Des j eux en l'honneur d' Apollon,les jeux pythiques, se déroulaient à Delphes tous les qua- tre ans, Les oracles du dieu jouèrent un rôle co nsidé- rable en Asie Mineure, à Didymes, près de M ilet et à Claros où il était associé à sa sœur Artémis,

~ L. Séchan , P. Lévêque . Les g randes divinités de la Grèc e,

r:ïr

Paris, 1966, pp. 201-226.

Delphes. Dieux, Musique. Orades, Sanctuaires,

APPROCHES ACTUELLES DE L 'HISTOIRE GRECQUE

L'Histoire grecque connaît depuis quelques années

un renouvelleme nt qui s'inscrit dans l'ensemble des

orien tations

L'histo ire économique un peu reléguée au second plan depuis le début du siècle, était revenue en force durant les deux premières décennies qui suivirent la deuxi- ème guerre mondiale, Cet intérêt s'expliquait par une double raison, D ' une part l'influe nce alors très grande du marxisme sur nombre d'historiens en Occident: ce

actuelles

de

la

recherche e n

Histoire,

62

APPROCHES ACTUELLES DE L'HISTOIRE GRECQUE

qui se traduisal! dans le domaine de l'histoire grecque par la publication d'ouvrages, soit consacrés à l'éco- nomie elle-même et à son influence sur la société

g recq ue, soit et plus encore à la place que tenal! le tra- vail des esclaves dans cette économie, D'autre part, le réveil de la polémique sur les caractères de l'é- conomie antique en général, et grecque en particulier, polémique opposant « modernistes » et « primi- ti vistes », Ce réveil étal! dû en grande partie aux

travaux

publiait en 1973 sous le titre The Ancient EcoTlomyun ouvrage qui allait susciter de nombreux débats et des prises de posl!ion souvent catégoriques, Le ralentissement de la guerre froide allal! cepen- dant bientôt se traduire par un moindre in térêt pour l'histoire économique , Les historie ns de la Grèce antique amorça ient avec un certain retard le tournant pris par « l'école des Anna/es », qui privilégial! désor- mais l'histoire des mentalités, Dans le domaine de l'histoire grecque, c'est e n France surtout qu'allaient se développer, autour du Centre de recherches com- parées sur les sociétés anciennes, animé par J ,-p,

Vernant, des recherches portant en particulier sur les mythes, e n tant qu'expression de la manière dont la société grecque se pensal! elle-même, mais aussi sur les différents aspects de l'imaginaire de cette société, Une relecture des textes (poèmes homériques, Tra- giques, historiens, etc,), le recours nuancé à la méthode

du grand historien angla is Moses Finley, qui

63

APPROCHES ACTUELLES DE L'HISroIRE GRECQUE

structuraliste, permettaient de dégager les systèmes de représentation qui fonctio nnaie nt au sein d u monde grec. Bientôt des recherches analogues, se réclama n t de or l'école française » , é t aient entre pri ses en Angleterre, en Italie, aux États-Unis. Et de nou- velles grilles de lecture étaient également élaborées pour l'analyse des images, en particulier des peintures de vases. Ces recherches fondées sur la sémantique des texles et des documents iconographiques étaient également menées dans une perspective anthropologique, La lec- ture des mythes devait beaucoup aux travaux des anthropologues, en particulier de Cl. Lévi-Strauss, La dimension anthropologique s"affirmait surtout dans les recherches axées sur les pratiques sociales, les fêtes, les banquets, les pratiques funéraires, etc. et apparaissant presque simultanément en France, aux États-U nis, en Italie, des recherches sur la condition féminine, le mariage, la vie sexuelle, C'est su rtout au début des années quatre-vingt que celle voie allait être explorée avec la publication d'un grand nombre d 'é- tudes, générales ou de détail. abordant tous les aspects de celle face souve nt cachée de l'histoire grecque, en particulier sur l'homosexualité et la pédérastie, dont on parlait encore à mots couverts quelques décennies plus tôt. Aujourd'h ui, il semble que commence à s'opérer un retour vers l ' histoire politique, Mais il ne s "agit pas

64

APPROCHES ACTUELLES D E L 'HISTOIRE GRECQUE

d'un retour à l'histoire « événementielle » , Il s'agit plutôt de s'interroger sur le fonctionnement des dif- férents systèmes politiques qu'a connus le monde grec, et singulièrement sur le fonctionnement de la démocratie alhénienne, en particulier le degré réel de la participation de la masse du démos aux prises de décisions politiques. Sur ce plan aussi Moses Finley avait ouvert la voie en publiant en 1983, trois ans avant sa mort , un livre intitulé Politics in the Ancient IMJr1d, dans lequel il examinait les conditions dans lesquelles s'établissaient les rapports entre dirigeants et dirigés, les conditions de l'acceptation par les seconds de l'autorité des premiers, les intérêts qui étaient en jeu dans les conflits politiques et ce qu'il fallait bien appeler l'idéologie qui permettait au sys· tème de fonctionner, Depuis, se sont multipliées les publications sur des sujets comme « Masse et Elite dans l'Athènes démocratique », « De la souveraineté populaire à la souvera ineté de la loi », « Démocratie et participation à Athènes », etc. Nombre de ces travaux ont été publiés en Angleterre et aux États·

Unis,

France . Il est clair que ce sont les problèmes que posent aux hommes d'aujourd'hui le fonctionnement de la démocralie contemporaine qui expliquent cet intérêt des historiens spécialistes de la Grèce antique pour le politique et ses différents aspects, Ce qui prouve que l'historien n 'est pas enfermé dans sa tour

Des recherches analogues se poursuivent en

65

ARCHITECTURE, URBANISME

d 'ivoire et qu'i l pose toujours au passé les que lui suggère le monde dans leque l il vit.

questions

() (Les ouvrages de Moses Finley ont tous été traduits en français : c'est sous leur litre français qu'ils sont cités) M,I. Finley, L'économie anUque, Paris, 1975,

- , L 'InvenUon de la polillque, Paris, 1985,

j, p, Vernant. Mythe

]985,

el

pensée chez les Gœcs, Paris , 2" éd"

p, Vidal-Naquet. Le c hasseur noir, Paris , 2" éd" 1983,

- , La d émocra Ue grecque vue d 'ailleurs. Paris. 1990 ,

j. P. Vernant , P. Vidal-Naquet. La Grè:ce anc1enne.

]. Du mythe à la raison, Paris. 1990. 2, L'espace el le temps. Paris. 1991 , M. Ostwald, From popular Soverelgnly co che Soverelgmy

of Law. Berkeley-Los Angeles. 1986.

R.K. Sinclair. Democracy and Participation ln Athens.

Cambridge. 1988.

j. Ober, Mass .1nd Elite ln Démocratie Alhens. Princeton ,

]989.

ARCHITECTURE URBANISA1E

Le monde grec avait connu à l' époque mycénienne un dévelo ppemen t architectura l, do nt les ru ines des palais et les grandes to mbes à coupoles révèlent l' im- portance . Avec les « Ages sombres ». il y eut une qu as i-dis pa riti on de l ' arch ilecture e n pierre, et c ' est seule me nt à pa rtir d u VII' siècle q u'elle fait sa réap-

66

ARCHITEC TURE, URBANISME

parition. A lors en effet. la pierre taillée se substitue au bois , à la bri que , à la terre cuite, et permet de donner aux monuments une ampleur et une majesté nouvelle. Le temple. d'abord constitué par une simple salle rec-

tangulaire , le naos, qu i

précédée d'un porche ou pronaos à deux colonnes,

s' entoure bientôt d'une colonnade extérie ure: ainsi le

célèbre temple de Samos, élevé vers 560 par l"arc hi- tecte Rhoikos comportait-il un double péristyle de 8 colonnes sur 18, tandis que le naos était précédé par un porche reposant su r 4 colonnes. Très vite, un troisième élément du plan fit son apparition, à l"ar- rière du naos. C'est vers la fin du v u' siècle que se précisèrent les deux ordres arc hitecturaux, le dorique et I·io niq ue. Les premiers temples doriques furent élevés e n Grèce continentale: ains i, le temple d'Héra à Olympie, où les élé ments de bois se combinen t encore avec la

pierre, aussi bi en sur la co lo nnade que sur la fr ise où alterne nt des métopes en terre cuite ou en pierre el des triglyphes en bois ; ainsi. le premier temple d'Athéna

à Delphes, où l'on trouve la prem ière colonne dorique

co mpl ète en pierre, relativement élancée et couronnée par un cha pi teau à l'échiné très apla tie. L' ordre ionique, lu i, s'élabore d'abord dans les îles et sur les côtes

d ' Asie Mineu re, el révèle, dès ses premières man ifes-

La

lali ons .

colonne est élancée. can ne lée, surmon tée d'un chap i-

abritait la statue de la divinité,

une

plus

grand e

habileté

technique .

67

ARCHITECTURE. URBANISME

teau à volutes. Très vite, les caractères des deux ordres

vont se préciser. Le dorique s'épanouit

ment en Grèce d'Occident. Le temple d'Artémis à Corcyre (Corfou) présente tous les traits de la grande architecture dorique: colonnes trapues surmontées d ' un ch apiteau à large échine, frise constituée par une alternance de métopes presque carrées et de triglyphes placés dans le prolongement des colonnes. Le péristyle comporte généralement 6 colonnes en façade et 15 colonnes sur les côtés, la hauteur de la colonne par rapport au diamètre de base est de 4 ,511. Cependant, au fur et à mesure que les sculpteurs acquièrent une plus grande maîtrise du matéria u, la frise s'enrichit d'un décor plus raffiné, les triglyphes sont en forte saillie par rapport aux métopes, le rap- port entre la hauteur de la colonne et le diamètre de base augmente, donnant à l'édifice une plus grande légèreté. Dans l'ordre ionique, c'est également le décor sculpté qui prend de plus en plus d'importance. Cela se manifeste en particulier sur les bases des colonnes, cependant que le chapiteau à volutes est parfois remplacé par un chapiteau à pa lmes, comme au trésor des Marseillais à Delphes. La frise sculptée continue se généralise, le péristyle se dédouble, comme à l'Heraion de Samos. Dès la fin du vI" siècle, les caractères des deux ordres sont donc bien définis. Et déjà se font jour des tenta- tives de recherche pour associer les deux slyles dans

principale-

68

ARCHITEC TURE, URBANISME

un même édifice, le dorique à l' extérieur, l'i onique à l'intérie ur, comme au temple d'Athé na à Paestum, co mme au Parthé non, où l' arch itecte Ic tinos employa l'ordre ionique po ur l'aménagement intérie ur d ' un tem ple dorique do nt le péristyle com prenait 8 colonnes en façade et 17 sur les côtés. Ces deux ordres allaien t se maintenir pendant toute la pér iode cl a ss iqu e, l ' évolution a morcé e 11 la fin de l'époque arc haïque vers un enric hissement du décor, et un affinement de la co lonnade se po ursuivant. Au Iv" siècle a pparut le c hap iteau corinthien, décoré de feuilles d 'acanthe et do nt les quatre faces étaient iden- tiques, ce qui permetta it de réso udre le problème des colonnes d'angle dans l'ordre ionique. Mais surtout les architectes sure nt introduire des modifications comme par exemple celle qui consista à courber légèrement les degrés du soubasseme nt afin de cor· riger l' horizontalité excessive. Il ne faut pas oublier enfin que nombre de ces tem ples n 'étaient pas seule· ment ornés d'un décor sculpté, mais que ce décor était peint. Les temples sont les monuments les mieux connus et les plus typiq ues de l'architecture grecque. On ne saurait néanmoins oublier les édifices civiques comme les salles de co nseil (bouleuterion), les pry. tanées, les enceintes monumentales. L' importance de ces monuments civils croît à partir de la fin du vI" siè· cle, e n liaison avec l'évolution interne des cités et

69

ARCHITECTURE, URBANISME

l'affirmalion de la communauté c IvIque. L'Agora d'Athènes par exem ple s'e nto ura de portiques (slOai),

dont la fameuse Sloa Poikilè, ornée de peintures dues au peintre Polygnote, C'est s urtout à partir du V- siè - cle que se manifeste le souci d'organiser l'espace architectural. L'Acropole d'Athènes est un exemple de cette volon té de ne plus traiter le monument isolé- ment - ici le temple de la divinité poliade - mais de l'inscrire dans un ensemble ordonné. C'est aussi à ce moment que naît l'urbanisme dont le premier

théoricien

Athè nes pour tracer

fut

le

Milésien

Hippodamos

appelé

à

le plan du Pirée, Donnant une jus-

tification théorique au découpage expérimenté dès le VI I" siècle dans les fondations c o loniales, il préconisait un plan en damier, découpant des ilôts réguliers regroupés en grandes zones fonctionnelles : ainsi au Pirée distinguait-on le port de commerce avec des portiques sous lesquels s'ouvraie nt des entrepôts et des boutiques, et le port de guerre avec les loges des navires et où allait être construit au IV- siècle l'Arse nal dû à l'architecte Philon. À Milet, l'agora centrale j o uait le rôle de charnière entre les différenlS quartiers de la cité, le Gymnase, le Delphinion, le bouJemerio/J, les entrepôts du port et le sanctuaire d'Athéna. Mais c ' est à Priène surtout que l'on a pu reconstituer un

plan urbain à la fois très régulier et animé par l'étage- ment en terrasse des différents niveaux, C'est au IV" siècle également que se développe l'architecture mili-

ARCHONTES

70

taire caractérisée par ces fortifications jalonnées de tours souvent carrées, et percées de portes et de pas- sages en chicane. Et c'est aussi alors que les théâtres en pierre remplacent les gradins de bois qui en tenaient lieu au siècle précédent. À Priène, à Epidaure. à Athènes, on édifie des théâtres qui s ·inscrivent dans le paysage cependant que leur structure se diversifie afin d'améliorer l·acoustique. Ainsi l"architecture grecque évolue-t-elle dans le sens d·une plus grande intégration des monuments à une structure d'ensemble du paysage urbain, où espaces et volumes se combinent dans un rapport har- monieux et qui annonce les grandes réalisations d·ur- banisme de 1· époque hellénistique.

[J R. Martin. Manuel d·arr:hlteclUœ grecque, I. Paris , 1965.

- , L ·Urbanlsme dans la Grèce anUque. Paris. 2' éd .,

1974.

J.P. Adam, L ·arr:hllecture milItaIre grecque. Paris, 1982.

Cir

Agora. Grèce d ·Asie. Phidias.

ARCHONTES

Les archontes sont dans toutes les cités grecques les magistrats investis d·une charge, d'une archè, dont la durée peut être plus ou moins longue. À Athènes, r ar-

chontal,

aux

dires

d·Aristote dans

la

Constitution

ARCHONTES

71

d'Athènes , sera it né de la fragmentation du pouvoIr royal prlmltlf e ntre trOIS magIstrats, l'archonte, le roI et le polémarque, À l'archonte revenait le soIn de ren- dre la justice, le roI présIdait aux sacrjfjces, le polé- marque dlrtgealt les opérations mlHtalres, D'abord

élus 11 VIe, les trois magIstra t s q UI portaIent collective-

d'arc ho ntes, auraient été ensuite élus puis annuellement. Et , 11 une certaIne

date que l'auteur de la Constitution d'Athènes ne pré- cise pas, o n leur auraIt adjoint six thesmothètes, ce qui portait il neufle collège des archontes, auxquels, après la réforme de Clisthène, aurait été ajou té un secré- taire, pour aligner l'archontat sur les autres collèges de magistrats, En 487/6, o n aurait, toujours selon l' au- teur de la Constiwtion d 'Athènes, substitué le tirage au sort il l'élection. Toutefois, on ne rIrait pas au sort les archontes pamli tous les citoyens, mais seulement parmi ceux qui appartenaient aux trois premIères classes du cens et dont la liste, établie pour c haque tribu, s 'élevait il cinq cents noms envIron, Cette sub- stitution du tirage au son il l'élection, en même temps que l 'élargissement du recrutement aux citoye ns de la troisième classe , contrI buèrent il la démocratisation de

ment le nom pour dix ans,

cette fonction qui avai t un caractère plus honorifique que véritablemem politique. Entre les archontes, li y avait une spécialisation des fonctions, L 'archonte éponyme donnait so n nom 11 l'année, présidait certaines cérémonIes religIeuses, et

ARCHONTES

72

instruisait les actions judiciaires qui étaient ensuile portées devant le tribunal de l'Héliée. L'archonte-roi présidait aux sacrifices et à toute la vie religieuse de la cilé ; il instruisait en outre les procès de caractère sacré. Le polémarque avait depuis les guerres médiques perdu ses anciennes fonctions militaires. L'essentiel de son activité concernait les étrangers résidant dans la cité et il présidait à ce titre le tribunal du Palladion. Quant aux thesmothètes, ils étaient chargés chaque année de procéder à un examen des lois, mais le pou- voir de les supprimer ou de les modifier revenait à la commission des nomothètes depuis la fin du V'" siècle. Les archontes avaient donc une autorité surtout morale. De fait, si au début de l"histoire d'Athènes, c'est en occupant la fonction d'archonte que des hommes comme Solon purent jouer un rôle important, avec l'affermissement de la démocratie. ce sont surtout les stratèges puis les orateurs qui occupent le devant de la scène politique. Les listes d'archontes qui nous sont parvenues contiennent bien des noms obscurs. On peut supposer aussi que I·octroi. à partir de la fin du V' siè- cle. d'un salaire de quatre oboles par jour aux archotlles a permis à des Athéniens de condition mod- este d'accéder à celle charge, qui n"en conservait pas moins un certain prestige. À leur sortie de charge, les archotlles devenaient de droil membres de l ' Aréopage. On trouve des archontes ailleurs qu'à Athènes. Mais on sail peu de choses les concernant.

AREOAIGE

73

[1

C. Hignell, A HlsfOry oF lhe Alhenlan Constitution la lhe

End oFlhe Flflh CenlUry

Oxford , 1952, pp. 33-46.

r:ir

Dokimasie. Thesmoth.ètes,

ARÉOPAGE

L' Aréopage lirait son nom de la colline dédiée au

dieu Arès sur laq ue lle siégeall le co nseil qui assistai t le roi dans l'Athènes de l'époque archaïque, Quand l'arc hon tat devint une magistra ture an nuelle , le con- seil de l'Aréopage acc ueill lltous les archontes sortis de c harge, Une trad iti on don t Plutarque se fall l'écho en attribuallla création 11 Solo n , En fait, il s emble qu e le conseil existait bien avant l'époque du législateur qui se co nte nta sans dou te d ' en préciser les attri- butions, La création par Clisthène d ' un seco nd con- seil, la bou/è des Cinq Cents, puis, en 461 , les mesures prises par Éphialte, privèrent le co nseil de l'Aréopage d'une grande partie de ses attributions, Dans]" Athènes démocratiq ue du V et du [V' siècle, l'Aréopage n'interve nait plus guère dans la vie poli- tique de la cité, Ses fonctions , essentielleme nt jud i- c i aires , étaien t li mit ées 11 la co nn a i s san ce des meurtre s prémédités, des blessures fai tes avec l'inte ntion de donner la morl. des tentatives d'incendie et d'em poi- sonnement. Mais si son rôle était devenu relativement

AfROPAGf

74

seconda ire par rapport il cel ui que remplissaient la

boulè, l'ecclesia ou l 'Héliée, nombreux étaient les

Athénie ns qu i conservaie nt une révérence certai ne il

l' e ncontre de l'ancien conseil. Il sem ble bien que, il plusieurs re prises, da ns des situations difficiles,

l' Aréo page

qu'il ait été tenu pour gardien de la constitution et des lo is, Ainsi , si l'on en croi t Aristote , il aurait été doté

de pouvoirs exceptio nnels au temps des guerres médiques, De même, après la restauration démocra- tique de 403 , il fut que lque temps c hargé d'assurer le respect des lois. On le voi t de nouveau interve nir lorsqu 'o n 3 43 il cassa l' élection , faite par l'assem - blée , d' Eschine comme représentant de la c ité auprès du conseil amphictyonique de Delphes qui adminis· trait le sanctu aire. En lui préférant Hypéride en un moment oû la tension entre Athènes et Philip pe était grande, le co nseil de l'Aréopage, tout en restant dans les limites de ses attributions - il s'agissait d ' une question qui relevait du domaine religieux - n'en prenait pas moins parti. Il semble d'ailleurs qu' après la défaite de C héro née, l'Aréopage ait été de nouveau investi de la mission d'assurer la sa uvegarde des insU· lUtions, Un décret pris en 33716 prévoyait en effe t des sanctions contre les Aréopagites qui accepteraielll de siéger au cas oû la démocratie serait re nversée, Une telle disposition révèle e n mème temps que, comme en témoigne le discours d'Isocrate intitulé Aréopa-

ait été investi de pouvoirs plus étend us et

AEROAIGE

75

gitique, les adversaires de la démocratie tenaient

l'Aréo page pour le seul conseil valable et étaient prêts

à e n faire l'organe esse ntiel du gouvernement de la

cité, L' Aéropage allait e ncore jouer un rôle important dans une affaire qui se place dans les dernières années de l'indépendance athénienne, C'est en effet à lui que fut confiée l'instruction de ce qu' on a appelé l'affaire d 'Harpale et qui eut à juger les Athéniens qui y étaient impliq ués. Cet Harpale éta it le trésorier d'Alexandre. Il s'é tait e nfui. emportant avec lui une partie de l'ar- gent dont il avai t la garde, et s'était réfugié à Athènes. Quand il dut s' enfuir à nouveau, une partie de son tré- sor avait disparu et l'on soupçonna certains politi- ciens, dont Démosthène, de n'être pas étrangers à celte disparition. Or c'est Démosthène lui-m ême qui demanda à être jugé par l' Aréopage. Après la chute de la démocratie, en 322, les pouvoirs de l'Aréopage se trouvèrent renforcés dans une cité qui ne devait plus retrouver sa grandeur passée.

[J C. Hignelt, A HlslOry of the Athenlan Conslllullon

, pp.

74-85. R. Wallace , Thé Areopagos Council, Baltimore ,

r:]r

]988.

Atrides. Boulè. Ephialte. Eschyle. Eupatrides. Harpale (Affaire d·) . Justice.

ARGINUSES (Procès des)

76

ARGINUSES (procès des)

Les îles Arginuses sont des petites îles au large de Mytilène, dans l'île de Lesbos, Elles furent en 406 avant j .-c' au centre d'une bataille navale très dure

qui opposa la flotte athénienne à la flotte pélopon- nésienne. L'île de Lesbos faisait partie de l'empire athénien, et depuis la répression de la tentative des Mytiléniens de sortir de l'alliance en 427, elle était un des points d'ancrage de la flotte athénienne. Au prin- temps 406, la flotte Spartiate, sous le commandement

de Callicratid as, vint assiéger

envoyèrent aussitôt une flotte de secours pour tenter de débloquer l'île, Pour ce faire, on avait mobilisé tous les hommes en âge de servir, y compris des esclaves auxquels on avait promis la liberté, Après de durs combats, au cours desquels ils perdirent vingt- cinq navires sur les cent cinquante rassemblés devant Lesbos, les Athéniens demeurèrem maîtres du terrain,

Mais les équipages des vingt- cinq navires coulés ne purent être sauvés, une tempête s'étant brusquement levée, Aussi lorsqu 'ils rentrèrent à Athènes, les stratèges qui commandaient aux Arginuses se trou- vèrent-ils mis en accusation, C'était là une pratique qui n'était pas nouvelle, puisque, dans la démocratie

Lesbos, Les Athéniens

ARGINUSES (Proces des)

77

athénienne, tout détenteur d'une charge étailtenu de rendre compte de la mission qui lui avail été confiée, Mais le procès des Arginuses allait se dérouler dans des conditions particulièrement dramatiques, en un moment où Athè nes, dont le terrilOire était régulière-

ment ravagé par les incursions des Lacédémoniens et l'activ ité minière interrompue depuis que, à la suite de l'occupation de la forteresse de Décélie par les Spartiates, vingt mille esclaves s'étaient enfuis, voy- ait en outre la menace lacédémonienne se préciser sur ses positions égéennes, Xénophon nous a laissé dans les Helléniques un récit étonnammen t vivant du

déroulement de l'affaire, Les stratèges

avaien t été

invités à s'expliquer devant l'assemblée, sans qu'au- cune décision ne soit prise, Une seconde assemblée, ré unie peu après, eut à se prononcer su r la motion d'un certain Callixenos, ainsi rédigée: « Attendu que les accusateurs des stratèges aussi bien que la défense de ce ux- ci ont été entendus à la précédente assemblée , on décide qu'un scrutin par oui ou par non aura lieu pour tous les Athéniens répartis par tribus ; dans chaque tribu on placera deux urnes, et à chaque tribu le hérault annoncera que ceux qui jugen t que les stratèges so nt coupables de n' avo ir pas recueilli les vainqueurs du combat naval doivent déposer leur j eton dans la première; ceux qui sont d'avis contraire dans la seco nde, S'ils sont déclarés coupables , la peine sera la mort, ils seront livrés aux Onze, leurs

ARGINUSES (Procès des)

78

biens confisqués, la déesse percevra la dîme » (Helléniques, l , 7, 9 sqq.). Cétai t là une procédu re exceplionnelle, et à la limite illégale, car les stratèges auraient dû être jugés séparément et non en bloc. Cest ce que firent valoir certains, mais ils se heuflèrent à la foule déchaînée, qui menaça de les mettre aussi en accusation. La motion de Callixenos fut donc mise aux voix par les prytanes, le seul Socrate s·étant abstenu. Et les stratèges furent con- damnés à mort et exécutés. Parmi eux se trouvait Périclès le jeune, le fils que le grand stratège avait eu d'Aspasie. Le procès des Arginuses devait servir d·argument à ceux qui voyaient dans I"évolution de la démocratie à la fin du V siècle une menace pour la cité. Il est vrai que la toute-puissance du démos s·était manifestée avec une vigueur particulière. Mais plus encore peut- être , ce qu·on se plaisai t à souligner, c·était la versa - lité de ce démos, et comment il pouvait être le jouet des démagogues. Xénophon prétend que les Athé- niens ne tardèrent pas à regretter leur faiblesse et con- damnèrent à mort Callixenos et ses complices. Préalablement, il avait insisté sur les manœuvres aux - quelles s·étaient livrés certains adversaires des stratèges, profitant de ce que I"on était au moment de la fête des Apatouries qui comportait un jour de deuil, pour remplir I"assemblée de gens vêtus de noir et le crâne rasé quïls faisaient passer pour des parents des

ARGONAUTES

79

morts. La conclusion tout naturellement étail qu· on ne pouvait aband onner à un peuple aussi influençable le pouvoir de décider des affaires de la cité. Moins de

deux ann ées après ce procès.

les Athéniens vaincus

étaient contraints d·accepter le renversement de la dé-

mocratie.

CI Xéno phon, Les Helléniques, texte établi et traduit par

1. Ha tzfeld, Pari s. 1954.

Cl. Massé, Les procès politiques et la cr ise de la démocra-

tie athénienne. Dialogues d"Hlslolœ ancienne. 1. 1974 ,

pp. 207-237.

r:ir

Eisangelie. Théramène.

ARGONAUTES

La geste des Argonautes est un des réci ts les plus

célèbres de la mythologie grecque. Ce récit nous a été transmis par un aute ur alexandr in du ![[ ' s iècle avant

J.-c

tiques.

Jason. le héros du poème et de l"aventure. était fils du roi de Iolcos, en Thessalie, Aeson. Celui- ci ava il été c hassé du pouvoir par son demi-frère Pélias. Devenu ad ulte, après avoir reçu les leçons du centaure Chiron, Jason vint réclamer à son oncle le pouvoi r dont son père avait été dépossédé. Mais Pélias exigea

au teur d·un long poème intitulé les ArgolJau-

ARGONA U TE S

BD

d'abord du jeune homme quïllui rapporte la toison d'or d'un bélier qui était gardé dans la lointai ne Colchide par un dragon monstrueux, Pour ce faire, Jason fit donc construire un navire rapide, l'Argo, et fit appel à tout ce que la Grèce comptait de héros pour se joindre à lui dans l'aventure. Les Argonautes par- tirent sous la protection d'Athéna et durent affronter de nombreuses épreuves avant de parvenir en Colchide, Là, J ason réussit à sédui re la fille du roi du pays, la magicienne Médée, qui l'aida à vaincre le dragon qui gardai t la précieuse toison, et repartit avec lui, non sans avoi r auparavant tué son frère lancé à leur poursuite, Ce crime provoqua la colère de Zeus et le retour des Argonautes fut semé de nombreuses embûches. Les aventures de Jason ne se terminèrent pas avec la conquête de la Toison d'Or. Revenu à lolcos, il lui fal- lut se débarrasser de Pélias, ce à quoi il palVint grâce à Médée, qui convainquit les filles du roi de faire bouillir leur père dans un chaudron pour lui con- server sa jeunesse, Comme dans de nombreux mythes, on retrouve ici le thème du sacrifice « cor-

romp u ,. et de formes

dont le mythe rend compte e n les dénonçant. Chassés dïolcos après ce crime, Jason el Médée se réfugièrent avec leurs enfants à Corinthe, Mais là, Jason s'éprit de la fille du roi du pays et songea à répudier son épouse qui pour se venger n'hésita pas à tuer ses propres

primitives de cannibalisme,

AR/ST/OE

81

en fan ts. Le crime de Médée est le sujet d ' une célèbre tragédie d 'Euripide, La geste des Argonau tes re lève plus du roman

du mythe propreme nt dit, même si

l' o n y retrouve des thè mes mythiques comme les épreuves Initiatiques et si de nombreux héros s 'y trou- vent mêlés. Il n·est pas exclu par ailleurs que cenalns ép isodes de l 'expédition des Argonautes s'expllquent