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Économie

Introduction générale

I) À la recherche de la croissance

A) L'analyse économique de la croissance

Pour F. Perroux la croissance économique correspond à une << augmentation soutenue sur une période longue du revenu national >> , il s'agit donc d'une augmentation de la richesse créé sur un territoire qui posera la question de sa répartition. C'est pourquoi Perroux différencie la notion de croissance et de développement. Effectivement le développement est une notion plus large qui englobe un aspect social relatif à la notion de justice sociale. La croissance adopte une vision purement quantitative de la richesse alors que le développement introduit une dimension qualitative.

1)

Le PIB comme indicateur de la croissance

L'objectif du PIB est d'évaluer la valeur des biens et des services produits sur un territoire et ce quelque soir la nationalité des agents économiques. En règle générale, on distingue trois manières de calculer le PIB ( Produit Intérieur Brut ).

- En adoptant une optique production et en se plaçant du côté de l'homme. Ici, le PIB représente la somme de toutes les valeurs ajoutées produites sur le territoire. Il s'agit donc d'un surplus de richesse qui provient de la différence entre la valeur de ce qui a été produit et les consommations intermédiaires. C'est ensuite ce surplus qui fera l'objet d'une redistribution entre tout ce qui ont contribué à la création de cette richesse.

- En adoptant une optique revenu. On se place ici du côté de la demande puisqu'il s'agit ici de la répartition primaire puisque chaque contributeur perçoit un revenu qui correspond au montant de sa contribution. Cette répartition obéit à un principe de justice commutative ( << a chacun selon son dû >> ). Cette répartition résulte des

relations contractuelles entre les individus ( contrat de travail, de prêt

).

- En adoptant une optique dépense. Ici on définit les composantes du PIB en définissant comment ce surplus de production a été dépensé. Ici on fait directement référence au moteur de la croissance que sont l'investissement, la consommation et les exportations.

Cette croissance se construit autour d'un indicateur construit en 1934 par Kuznets. Il part du constat qu'il existe une relation entre la croissance économique et la distribution des revenus. Et par conséquent, le niveau d'inégalité qui existe dans un pays. Il met en avant deux conclusions principales :

Plus la croissance augmente, plus le pays se développe. Il y a donc un lien entre le niveau de pauvreté et la croissance économique. C'est cette première conclusion qui pose un lien entre croissance eco et le bien être de la population. L'exemple des trente Glorieuses, est souvent utilisé pour illustrer l'impact de la croissance sur le niveau de vie des individus. Statistiquement, la croissance, entre 1945 et 1975, est en moyenne de + 5% par an. Cette croissance a eu un impact sur le niveau de. Je des individus à travers des améliorations qualitatives comme l'augmentation du pouvoir d'achat, l'allongement de la durée de vie, la hausse du taux de l'âge de scolarisation ou la démocratisation de l'accès à un système de santé. C'est d'ailleurs sur ce principe que les programmes de l'ONU de lutte contre la pauvreté se construisent. La croissance favorise la démocratisation de l'accès au progrès technique.

La croissance agit sur les inégalités sociales. Sur le court terme, la croissance augmente les inégalités sociales. Ceci s'explique par une faible diffusion du progrès technique. A court terme il s'agit de rentabiliser un investissement, ce qui se concrétise par des prix élèves. Pour Kuznets, sur le long terme, la croissance s'accompagne d'une réduction des égalités et ceci s'explique par une diffusion plus large du PT et par une augmentation de la concurrence qui favorise la baisse des prix. Ces deux stades se retrouvent dans la courbe en U inversée. Dans cette deuxième phase, cela correspond à un progrès social. Ceci s'illustre par l'idée de Mendras : << moyennisation de la société >>. La croissance ne supprimé pas les inégalités sociales, elle les réduit grâce à l'apparition d'une classe moyenne. Il s'agit d'une couche sociale intermédiaire qui bénéficie d'une homogénéisation des modes de consommation. Ceci étant la conséquence directe de la démocratisation du PT ( cela se traduit par le fordisme = comptabilité entre production de masse et consommation de masse). Ce phénomène se retrouve dans la toupie de Mendras qui divise la société en 3 classes sociales. Plus la classe intermédiaire est importante et plus la hausse de la hausse de la croissance a contribuer à réduire les inégalités sociales.

Ainsi il y a croissance lorsqu'il y a augmentation de la richesse produite. Lorsque celle ci contribue positivement au bien être des individus, il y a développement. Lorsque ce taux de croissance devient négatif, on dit qu'il y a récession économique. Ce critère qu'est le PIB connaît cependant certaines limites même si, sur le plan international, tout les pays sauf un ont adoptés cet indicateur pour définir les objectifs de politique économique. En outre, il existe des différences statistiques dans le calcul même du PIB. Ex : Depuis 2013, les États Unis ont retirer les dépenses d'investissement des consommations intermédiaires. PIB = production réalisée - le coût de cette production. Il existe une différence de calcul entre Eurostat ( institut européen ) et l'INSEE. Depuis le 15 mai 2014, Eurostat a proposé de nouvelles méthodes comptable qui permet d'intégrer dans le PIB certaines activités illégales comme le trafique de drogue et de prostitution. D'ailleurs certaines activités sont légales dans certains pays comme au Pays Bas. La Belgique, l'Italie, l'Espagne ont adoptés ces nouvelles règles. L'argument français est que certaines de ces activités ne résultent pas d'un accord mutuel consentant > argument qui permet à l'INSEE de refuser cette harmonisation comptable. On estime que ces activités représentent 10% du PIB. Il existe aussi d'autres limites qui plaident en faveur soit d'une réforme du PIB, soit en faveur de l'utilisation d'autres indicateurs. Il existe ainsi plusieurs limites :

- Le PIB ne comptabilise pas toutes les activités économiques ainsi en est-il les activités souterraines ou des activités domestiques. A. Sauvy affirme ainsi << il suffit d'épouser sa cuisinière pour faire baisser le PIB >>. Autrement dit, le PIB ne prend pas en considération l'auto production ou la production domestique. Celle ci avait été estimée à 35% de la richesse nationale en 2009 par la commission Stiglitz.

- Le PIB ne tient pas compte des externalités c.-à-d. un effet indésirable qui ne peut être détaché de l'activité principale. Ex : La pollution. Elle peut se déclinée de deux manières.

Un effet Kobé. Il peut être traduit par << vive les catastrophes >>. En effet, lorsqu'une catastrophe naturelle ou industrielle se produit, il y a un effet positif sur le PIB du fait des activités de reconstruction ou de dépollution. Le PIB ne prend pas en compte ces externalités négatives qui conduisent à une dégradation ou à une destruction.

Le << standard de l'aspirine >> de Léopold Kohr. Il s'agit ici des externalités négatives observables sur le plan sanitaire. Dans une société où la productivité du travail

augmente, on augmente les risques psycho-sociaux ( migraines, stress ) ce qui dope l'industrie pharmaceutique.

Ces deux effets insistent sur les aspects environnementaux et sociaux de la croissance. La croissance n'aboutit pas forcément à un développement.

-

Le PIB ne prend pas en considération toutes les activités bénévoles qui représentent des services non marchands. Or depuis des dizaines d'années, il existe de nouvelles pratiques de consommation et de production qui ne se retrouvent pas dans le PIB. C'est ce que l'on appelle la consommation collaborative. Ces nouvelles pratiques de consommation font référence à une économie collaborative où on retrouve le Troc, la production partagée ou la consommation partagée. Il existe aujourd'hui deux pistes pour interpréter le développement de cette nouvelle forme de consommation où le consommateur devient également producteur ou fournisseur.

Il s'agit d'un refus de la société de consommation, d'une volonté d'inscrire la production à un territoire comme par ex le succès du slogan " small is beautiful " ou " consommons local " où le succès se retrouve essentiellement dans l'agriculture.

Ces nouvelles pratiques peuvent s'expliquer par une volonté de maintenir son pouvoir d'achat. C'est par exemple le succès du bon coin. C'est la raison pour laquelle le PIB est de plus en plus contesté.

2)

La répartition des fruits de la croissance

Il semble que la relation de Kuznets ne s'observe pas durablement dans les pays industrialisés. En effet, plusieurs auteurs dont Piketty montrent le retour des inégalités sociales dans les pays industrialisés. Il existerait ainsi un décrochage entre la croissance et le bien être de la population. Ce décrochage peut s'expliquer par le retour de la pauvreté salariale ou << trappe à pauvreté >>. C'est ce que Paugam observe auprès des jeunes et qu'il a nommé la pauvreté intégrée. Il fait ici directement référence à deux éléments. D'une part, l'augmentation de la précarité au travail qui détériore l'évolution du pouvoir d'achat. Il y a ici le fait que l'emploi ne permet pas de sortir de la pauvreté. C'est un renversement des modèles d'analyse de la pauvreté puisque durant les 30 Glorieuses, le fait d'obtenir un emploi permettait l'ascension sociale. La pauvreté ne pouvait être que choisie. Aujourd'hui dans un contexte où le chômage est durable et avoisine les 10%, l'emploi n'est pas le garant d'une ascension sociale. La pauvreté est alors subie. Il existe une pauvreté disqualifiante chez les jeunes qui souffre d'une insertion sur le marche du travail plus précaire et plus difficile. La pauvreté est dite disqualifiante car elle résulte d'une dévalorisation des diplômes. Or traditionnellement, le diplôme et/ou l'expérience est un facteur qui révèle la productivité future de l'individu. Pour Paugam, les jeunes ont un niveau de diplôme plus élevé que les générations présentes mais avec des salaires et des perspectives de carrière plus faibles. C'est la raison pour laquelle, pour R.Castel, il existe << une nouvelle question sociale >> car cette pauvreté disqualifiante aboutie à une désaffiliation sociale. Les difficultés d'insertion sur le marche du travail se répercutent sur le plan social ( accès à un logement, accès à une protection sociale immédiate ou future, accès au crédits etc ). Castel reprend l'argument économique de Paugam que les jeunes ont du mal à s'intégrer au travail. Et cela se répercute sur le plan social. Pour Castel, cette désaffiliation sociale est dotant plus observable dans un contexte où les États providence sont en crise ( financière ). Effectivement, dès 1893, Durkheim établissait une différence entre la solidarité organique et la solidarité mécanique. Dans les sociétés peu développées où il n'existe pas ou peu de

protection sociale, la solidarité s'organise autour d'une communauté ( la famille, le groupe, le village ) : c'est la solidarité mécanique. Avec l'industrialisation des sociétés, tout les pays ont développés un système de protection sociale qui visait à protéger les individus à

travers le droit social ou encore à travers des assurances contre les risques sociaux ( la maladie, la vieillesse, la pauvreté, le chômage ). Pour Durkheim, cette industrialisation s'est accompagnée d'une urbanisation et d'une individualisation des destins. Les systèmes de protection sociale constituent une solidarité organique autour de l'Etat qui compense la baisse de la solidarité mécanique, autrement dis, pendant les 30 Glorieuses, cette solidarité organique et ces États providence ont permis de compenser les risques sociaux. La croissance s'est accompagner du développement social. Aujourd'hui, le surendettement des États pose la question du financement de cette protection sociale. Pour Piketty, cette difficulté de financement entraîne moins de protection sociale et de ce fait à la fois un retour de la pauvreté salariale et des inégalités sociales. D'autres auteurs comme Stiglitz posent la question de la contribution du commerce extérieures développement d'un pays. Pour lui le commerce extérieur est un jeu à somme nulle car à toute balance commerciale excédentaire ( différence entre importation et exportation ) contribue négativement à la croissance économique et être à l'origine de ce que Bhagwati appelle << une croissance appauvrissante >>. Les deux auteurs font référence à un modèle de production basée sur la compétitivité prix. Cette dernière contraint les entreprises à réduire leur coût de production et leur coût salarié. Stiglitz dénonce le modèle du low cost qui conduit à une croissance appauvrissante. C'est la raison, pour laquelle d'autres indicateurs sont proposés comme par ex :

- L'IDH construit par A. Sen et qui prend en compte le niveau de scolarisation, l'espérance de vie à la naissance et le PIB par habitant. En fonction des indicateurs retenus, les pays se situent à des niveaux de dvlpt différents. L'objectif étant de ne pas se focaliser sur la seule création de richesse.

- Il existe aussi l'indice de santé sociale ISS élaboré par Miringoff qui va plus loin que l'IDH en complétant le PIB avec la pauvreté infantile, l'accès à un système de sécurité sociale, le suicide des jeunes, l'accès à un logement ou encore la pauvreté des plus de 65 ans. Aujourd'hui on considère que l'ISS est un indicateur plus pertinent que l'IDH car il reflète les grands problèmes sociaux contemporains.

- D'autres indicateurs comme l'IPV ( indicateur de Progrès Véritable ) cherchent une nouvelle définition du PIB en intégrant au calcul de celui ci les activités bénévoles et domestiques et en diminuant du PIB les dommages environnementaux et sociaux ( chômage, accident du travail ou coût de la criminalité ).

chômage, accident du travail ou coût de la criminalité ). - Certains indicateurs se focalisent sur

- Certains indicateurs se focalisent sur les dommages environnementaux. C'est l'empreinte écologique qui fait référence aux conséquences du mode de production sur la planète. Cette empreinte écologique se traduit en quantité d'hectares, de terres fertiles disponibles et qui sont nécessaires pour satisfaire un certain mode de vie. C'est dans ce sens la que l'on considère souvent qu'à partir de la mi-août, la planète est consommée à crédit. Il y a donc épuisement des ressources naturelles. Le stock restant ne suffit pas pour assurer sa régénération naturelle. C'est dans ce contexte qu'apparaît la notion de développement durable c.-à-d. d'un développement qui permet la satisfaction des besoins de la génération présente sans compromettre celle des générations futures. Il s'agit donc de réconcilier l'économique avec le social et l'environnemental.

La satisfaction de la contrainte économique se traduit par la recherche de la croissance. La contrainte environnementale vise le respect de l'environnement. Toutes question est de savoir si la croissance est compatible ou non avec la protection de l'environnement. La croissance est alors durable ou soutenable. Le choix de l'adjectif n'est paqueter. La notion de croissance durable fait référence à la capacité de restauration de la nature suite à une pollution. Il s'agit de savoir si l'environnement est un stock ou un flux. La différence est fondamentale car un flux se régénère et un stock s'épuise. Si l'environnement se définit autour de la notion de stock, cela signifie qu'au delà d'un certain seuil la pollution est irréversible.

La contrainte sociale fait référence à la fois au droit des salariés et à l'existence d'un système de protection sociale. L'économie circulaire se veut être une rupture dans les modes de production. Elle cherche à sortir d'un schéma linéaire extraire > produire > consommer > jeter en agissant à la fois en amont et en aval du processus de production.

L'objectif global est de valoriser les déchets ou les produits en fin de vie de telle manière

à les transformer en nouvelles matières premières. Il s'agit donc de circuler afin de

limiter les prélèvements dans les stocks de ressources naturelles. Il s'agit donc de favoriser une eco-conception du produit en pensant la fin de vie dès la conception. C'est le principe du C2C " cradle to cradle " ( du berceau au berceau ). Le produit en fin de vie

redevient matière première, il s'agit d'utiliser plus rationnellement les ressources

naturelles en évitant le gaspillage à travers les trois aires étant le réduction à la source, la réutilisation et le recyclage. C'est un mouvement né dès 1970, et que P. Connett résume sous la formule " zéro waste ". Pour J. Rifkin, cette économie circulaire peut être

à l'origine de la troisième révolution industrielle en alliant deux éléments : les énergies

renouvelables et les NTIC ( Nouvelles Techniques de l'Information et de la Communication ). Elle se traduit par une écologie industrielle territoriale EIT. Les entreprises trouvent leur compétitivité grâce à une réduction des coûts des matières premières et d'une mutualisation des infrastructures. Cependant cette thèse de la croissance verte place l'innovation au cœur du dispositif de la croissance. Les pollutions passées pourront êtres réduites grâce au progrès scientifique.

Cet optimisme crée un lien entre la croissance et la préservation de l'environnement. Dans un premier stade, la croissance augment le niveau de pollution, c'est la première et la deuxième révolution industrielle, puis, deuxième stade, les progrès de la science permettent de construire des modes de production moins polluants ( chimie verte, biocarburants etc ). On retrouve cette relation dans la courbe en U inversée de Grossman et Krueger.

Il existe cependant quelque limites à cet objectif dans la science que l'on retrouve dans le paradoxe de Hardin que l'on appelle plus souvent la tragédie des communs. Il y a cette idée que les ressources naturelles représente un bien collectif inscrit dans le code civil comme << un bien sans maître utile à tous >>. Or la caractéristique du bien collectif est d'être en libre accès et pour Hardin cette gratuité conduit inévitablement à son épuisement.

B) La croissance conduit-elle au développement ?

1)

La recherche de la croissance est un objet partagé par l'ensemble des pays industrialisés. Elle est recherchée car elle est, selon A.Sauvy, << la route bénie >> en raison du développement qu'elle permet. En effet, lorsque le revenu national augmente elle est propice à la répartition ce qui s'appelle << les fruits de la croissance >>. En ce sens, accroître la richesse signifie :

- Augmenter la part versée aux salariés. Le pouvoir d'achat augmente et favorise une augmentation de la consommation. C'est un cercle vertueux puisque cette dernière accroît les débouchés des entreprises. La croissance et auto entretenue, le niveau de vie ou PIB/hab augmente.

- Augmenter la part réservée au profit. Celle-ci pouvant soit se traduire par des dividendes, soit par une augmentation de l'investissement du fait d'une plantation de l'auto financement des entreprises.

- Accroître le rôle de l'Etat dans l'économie en sachant qu'il peut se décliner de deux manières :

Les effets positifs de la croissance

Affirmer un rôle économique à l'État. Il devient producteur ou investisseurs, autrement dit davantage de croissance signifie davantage d'impôts permettant

de financer les services publics.

D'autre part, l'État passe d'un État gendarme à un État providence puisque les fonctions régaliennes traditionnelles sont complétées par une fonction sociale via la protection sociale. En France, les 30 glorieuses, où la croissance s'est accompagnée d'un développement de l'État. D'ailleurs pour Wagner, plus le PIB augmente plus le niveau des dépenses publiques augmente. Cela explique l'avènement des systèmes de protection sociale qui se démocratise mais aussi par l'allongement de la durée de scolarisation des jeunes générations. C'est la raison pour laquelle un manque de croissance pose la question de l'évolution du pouvoir d'achat du chômage et du financement de l'État.

En outre, il reste la question de la répartition de ces fruits de la croissance.

2)

La répartition primaire des revenus découle d'une répartition spontanée telle qu'elle découle des relations contractuelles entre les différents agents économiques. Cependant cette répartition primaire peut être contestée pour deux raisons :

- Dans la partition primaire c'est le principe de la justice commutative. Chacun perçoit à hauteur de sa contribution. Au contraire, toutes personnes n'ayant pas contribué à cette création de richesse est exclue de la répartition primaire.

- Lors de cette répartition primaire il existe des conflits d'intérêts entre les différentes parties prenantes; exemple: les salariés militent en faveur d'une hausse des salaires alors que l'État cherche à augmenter les impôts pour financer son déficit.

Il existe d'autres indicateurs

La répartition secondaire ou redistribution sociale vise à redéfinir les règles de partage de la croissance en raison de la contestation du principe même de justice communicative. Cette dernière peut être à l'origine d'inégalités sociales et c'est la raison pour laquelle on va privilégier la justice redistributive ( << à chacun selon son besoin >> ). Cette répartition secondaire obéit à un objectif de justice sociale qui s'inscrit dans le cas de l'État- providence qui tente de réduire la pauvreté et de lutter contre les inégalités. C'est en cela que la croissance favorise l'avènement de l'Etat providence puisqu'elle lui procure les moyens de financer de nouvelles fonctions. Toutefois, l'articulation de la justice sociale reste encore peu consensuelle.

Comment définir ce qui est injuste ? Cette question se traduit dans les modalités de la redistribution. fait-il privilégier l'égalité ou, comme le propose Rawls, l'équité ( la discrimination positive ) ? En outre, quelle est la voie que doit poursuivre la redistribution ( horizontale et verticale ) ? La redistribution horizontale suit le principe de transférer du pouvoir d'achat des actifs vers les inactifs. La redistribution verticale fait référence aux inégalités de revenus qui sont réduites grâce à l'impôt progressif. Concernant l'organisation de la production sociale, il existe deux grandes traditions : le modèle professionnel de Bismark et le modèle de Beveridge. Par voie de conséquences, lorsque la croissance ralentit, la question de la répartition juste ou injuste devient de plus en plus contraignante. À partir des années 80, les États- providences connaissent, au sens de Fitoussi, une triple crise.

Crise de financement : provient d'un décalage entre l'évolution des recettes publiques et l'évolution des dépenses publiques. Effet de ciseaux qui a fait apparaître un déficit public durable. Celui-ci s'explique d'une part par une augmentation des dépenses publiques. Apparition d'un chômage durable et massif > chômage structurel. Il se différencie d'un chômage conjoncturel car pour faire baisser ce dernier il suffit d'avoir de la croissance ( la production entraîne des embauches ). Le chômage structurel pose le problème de l'adéquation des compétences entre des chômeurs et les offres d'emploi disponible. Il peut y avoir chômage paradoxal car il existe des offres d'emplois non pourvues. Ce chômage structurel et un chômage de long terme.

- Démocratisation de l'accès à un système de santé.

- Allongement de la durée de vie qui soulève la question du financement des retraites.

- Ralentissement de la hausse des recettes publiques du fait de la hausse du chômage et d'une baisse de la croissance.

Cette crise de financement relève les limites de l'État-providence. Il s'agit aussi de trouver de nouvelles voies de financement; ex: dans les années 80, la France a introduit la CSG Contribution Sociale Généralisée dont objet à terme était de remplacer la cotisation maladive. La différence entre cotisations et la CSG réside dans son assiette de calcul. En effet la cotisation se limite aux salaires alors que la CSG se base à la fois sur le revenu du travail et du patrimoine. Ce transfert de financement fait progressivement passer le modèle français bismarkien vers un modèle de type Beveridge. Allemagne, loi Harts, début des années 2000.

Crise d'efficacité : le rôle de l'Etat providence est de réduire les inégalités sociales et la pauvreté. Or depuis 2000, Piketty insiste sur le retour de la pauvreté salariale ( <<trappe à pauvreté >> ) et des inégalités sociales. Dès lors, il s'agit de modifier les règles de fonctionnement de manière à satisfaire les objectifs. On passe de la philosophie du Welfare à la philosophie du Workfare.

Le Welfare désigne un État qui propose des prestation sociales à l'ensemble des citoyens; ex : médical, medicaid introduits en 1965 aux États Unis. Il s'agit d'un minimum vieillesse et d'une couverture maladie réservée aux plus démunies; ex : 1988 > RMI et 1999 > CMU. Le principe du Workfare introduit des contreparties aux prestations sociales. Il affirme des droits mais aussi des obligations aux bénéficiaires; ex : en France, le chômeur à droit à une indemnité mais il s'engage à ne pas refuser plus de 3 offres d'emplois.

Dans ce système, l'Etat met en place un système de contrôle de l'efficacité des prestations sociales. C'est ce qu'on appelle l'activation des dépenses publiques.

Crise de légitimité : celle ci se traduit de deux manières.

- L'acceptabilité sociale des impôts est de + en + contestée. Cela se retrouve dans la fameuse phrase de Laffer : << trop d'impôts tue l'impôt >>. Dans cette zone où l'impôt n'est pas efficace, Laffer propose de réduire l'impôt afin d'augmenter les recettes publiques car selon lui plus l'impôt augmente, plus l'acceptabilité sociale de l'impôt diminue. Elle se traduit alors par plusieurs effets notamment l'évasion fiscale.

- Dénonciation d'une trappe à chômage : Théorie de Job Search > le chômage est volontaire.

Cette crise est d'autant plus profonde pour Rawls que << le voile d'ignorance à été rompu>>.

La question du retour de la croissance pose la question du retour du plein emploi et du financement. Effectivement, lorsque la croissance est faible et que les déficits publics s'accumulent = effet boule de neige. Or pour de financer, l'Etat peut :

- Augmenter les prélèvements obligatoires

- Augmenter les cotisations sociales >> augmenter les impôts

- Diminuer les dépenses publiques

Dans certains pays, les États peuvent se financer directement auprès de la banque centrale. Politique << quantitative easy >> en s'endettant auprès de la banque > monétisation de la dette puisque la banque centrale créé de la monnaie pour financer l'Etat. Dans la zone euro, les États ne peuvent se financer directement auprès de la Banque Centrale Européenne car selon le traité de Maastricht, la BCE est indépendante aux États, aux pouvoirs politiques. La BCE décide de la politique monétaire sans concertation avec les politiques budgétaires des États. Les États de la zone Euro peuvent s'endetter mais non pas auprès de la BCE mais en s'adressant aux marchés financiers. Cependant lorsque l'Etat s'adresse aux marchés financiers, il existe des effets pervers > l'effet d'éviction : lorsque le besoin de financement d'un État augmente, il récupère une partie croissante de l'épargne disponible. La part qui reste pour le financement des investissements privés diminue. On dis qu'il y a éviction du financement privé par le financement public. Conséquences : augmentation du coût de la dette lorsque la croissance est faible, ce coût de la dette augmente le déficit public ce qui augmente les besoins de financement de l'Etat. La loi d'Okun considère qu'il faut au moins 1,5% de croissance. En fait le taux de croissance doit être comparer à la productivité du travail. Lorsque la production augmente plus vite que le PIB il y a destruction d'emploi. Dans ce cas, il est nécessaire de disposer d'un système de reconversion des compétences des secteurs qui détruisent des emplois vers des secteurs créateurs d'emploi. Théorie du déversement de Sauvy. En outre, la création doit être mise en relation avec la démographie. Il faut que l'augmentation des emplois soit supérieure à l'augmentation de la population actives ( ou entrées sur le marché du travail ).

II ) L'économie , une histoire de cycles ?

A) L'analyse économique des fluctuations économiques

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, une période de forte croissance succède à la crise des années 30. Cette période, Fourastié l'a surnommée << les 30 Glorieuses >> puisqu'en moyenne le taux de croissance annuel du PIB approchait les 5 %. Mais cette période de prospérité prend fin dans les années 70 pour laisser place à une phase de ralentissement de la croissance. Aujourd'hui il semblerait qu'en Europe certains États aient atteints ce que Ricardo appelait << les castationnaires >> . L'origine de la croissance, tout comme sa stabilité dans le temps, a fait l'objet de nombreuses hypothèse dans la théorie économique car ce qui caractérise l'économie c'est la présence de cycles plus ou moins longs. C'est pourquoi un cycle se caractérise par une alternance de phases de croissance ou d'expansion et de phases de dépression. L'état de crise désigne en réalité une phase de transition entre une période de croissance et une période de récession.

1)

Rostow : les 5 étapes dans l'évolution économique d'un pays

C'est en 1961 que Rostow récence différentes étapes dans le développement d'un pays. Selon lui, il existe un schéma linéaire que connaissent tout les pays à un moment ou un autre de leur histoire économique. La première étape correspond à ce qu'il appelle << la société traditionnelle >>. L'activité agricole domine, il y a absence de progrès technique. De plus, l'organisation du corps social est déterminée par la structure de la propriété foncière. C'est une société auto suffisante où la croissance ne se fait que de manière extensive, par exemple par une lise en culture de nouvelles terres. La seconde étape est appelée << la préparation au décollage >>. Il s'agit d'une phase de transition durant laquelle le développement des échanges, tout comme le développement de l'épargne, permettent des mutations sectorielles. Il y a des gains de productivité dans le secteur agricole, ce qui provoque deux effets : d'une part cette épargne, issue du secteur agricole, va pouvoir financer la naissance de l'industrie et la construction d'infrastructure et, d'autre part, ces gains entraînent un surplus de main d'œuvre qui sera employé dans le secteur industriel. On retrouve ici la thèse du déversement de Sauvy, dans le sens où les mutations sectorielles provoquent à la fois une destruction d'emploi dans le secteur agricole et une création d'emploi dans le secteur industriel. La troisième phase, appelée << phase du décollage >> ou du << take-off >>, est une phase crucial dans le développement économique. Le secteur secondaire devient prépondérant, il y a une croissance auto entretenue grâce à un investissement financé par une épargne disponible. La quatrième phase est qualifiée de marge vers la maturité. Le système de production se caractérise à la fois par une forte diversification des produits, mais aussi par une production de masse. Le progrès technique est le moteur de la croissance, il fait apparaître de nouvelles industries. La cinquième étape correspond à l'ère de la consommations de masse. Le progrès technique se démocratise, on assiste à l'avènement d'une société tertiaire. L'état voit ses fonctions s'élargirent avec le développement des fonctions de redistribution sociale. En définitive, le mode de Rostow met en avant le lien entre la croissance d'un pays et la croissance du PIB/hab. Selon lui, le développement suppose à la fois une approche quantitative et des améliorations qualitatives des conditions de vie de la population. Cette idée sera d'ailleurs reprise par des indicateurs alternatifs au PIB comme l'IDH ou l'ISS.

2)

Le cycle économique peut revêtir des formes diverses : le cycle long de Kondratieff, le

cycle des affaires de Juglar, le cycle court de Kitchin Il existe une certaine dynamique dans la croissance qui se caractérise par des fluctuations plus ou moins longues . On différencie anise plusieurs types de cycle comme :

- le cycle de Kondratieff. Il met en avant des cycles longs d'environs 50 à 60 ans où la phase d'expansion ( environ 20 ans ) se caractérise à la fois par une hausse du PIB, une inflation et une création nette d'emploi. Cette phase de prospérité correspond souvent à une phase à la fois de croissance intensive ( niveau d'investissement élevé ) et une phase de croissance extensive ( hausse de la quantité produite ). À cette phase de croissance s'ensuit une phase de dépression ( destruction d'emploi, baisse de la production, déflation ). Toutefois, entre ces deux périodes se situe une phase de récession économique dont la durée dépend de la capacité ou non à réguler la crise.

- Clément Juglar met en avant des cycles d'une durée moyenne de 10 ans qu'il appelle << cycle d'affaire >>. Selon lui, chaque cycle correspond à 4 phases successives :

expansion dans laquelle le crédit joue une rôle important puisqu'il finance à la fois les investissements et la consommation > crise qui se manifeste par l'éclatement d'une bulle induite par un accès à un crédit peu coûteux. Il y a des crises boursières, immobilières qui peuvent entraîner des faillites d'ordre privé > dépression ou on observe simultanément une baisse du PIB et une déflation. Celle ci étant d'autant plus longue que les destructions d'emplois, induites par la deuxième phase, sont nombreuses > reprise d'autant plus rapide qu'il existe une capacité d'autofinancement des firmes pour leur plan d'investissement. Elle sera d'autant plus rapide que les secteurs économiques ont confiance dans le retour de la croissance. En outre, Juglar montre qu'un cycle affecte l'ensemble des secteurs et qu'il se transmet au niveau international par le biais des échange commerciaux.

- Kitchin met en avant des cycles très courts d'une durée d'environ 4 ans qu'il appelle cycle mineur en opposition aux cycles majeurs ou cycles d'affaire de Juglar. Selon lui, il existe des cycles qui correspondent aux stratégies de production des firmes, autrement dit, un cycle est influencé par les variations de stock. En période de croissance, les entreprises ont tendance à produire à un niveau supérieur par rapport aux débouchés. Cette création de stock à un impact positif sur l'activité et de ce fait sur l'emploi. Lorsque progressivement le marché est saturé, les entreprises réduisent non seulement leur production mais procédé également au déstockage ce qui provoque un ralentissement économique et de ce fait une récession.

En réalité, ces trois types de cycle s'observent simultanément puisque un cycle Kondratieff englobe généralement 6 cycles Juglar, lesquels comprennent chacun 3 cycles Kitchin. Il reste néanmoins la question de l'origine du cycle. D'où vient le retour de la croissance et qu'est ce qui provoque une crise économique ?

B)

Le cycle, une régularité dans l'évolution économique

1)

Schumpeter : les cycles longs correspondent à des cycles d'innovation

Schumpeter est l'un des fondateurs de l'école autrichienne née dans la deuxième moitié du vingtième siècle. Cette école, à laquelle Von Hayek appartient également, affirme la primauté de l'individu sur la société, affiche une confiance dans les libertés individuelles et souligne le rôle crucial d'un agent en particulier : l'entrepreneur. En ce sens, l'innovation est la principal force motrice de la croissance, elle est à l'origine du développement du capitalisme. Pour Schumpeter, les innovations apparaissent par grappe, ce qui explique le

caractère cyclique de la croissance. Ces innovations correspondent à un nouveau produit, une nouvelle méthode de production ou de transport, un nouveau marché ou une nouvelle organisation industrielle. En d'autres termes, l'innovation révolutionné de l'intérieur, le

système de production. C'est ici qu'il développe la notion de destruction créatrice pour mettre en avant la dynamique du capitalisme. Le progrès technique rend obsolète le produit d'avant. La nouvelle méthode d'organisation du travail rend l'ancienne obsolète. Pourtant, si pour Schumpeter, l'innovation constitue le principal moteur de la croissance, il s'inquiète également du développement du capitalisme puisqu'en 1942, il écrit << le capitalisme peut- il survivre ? Non je ne le crois pas >>. Pour appuyer cette conclusion, il met en avant deux argument :

- L'innovation permet à l'entrepreneur d'écouler une produit à un prix plus élevé. Il se situe sur un marche attractif où la perspective de profit élevé attiré des imitateurs. Or plus la capacité d'imiter cette innovation est rapide et plus l'entrepreneur initial voit ses propres profits diminués. Ceci se traduit par une baisse de la prise de risque et par une baisse de la capacité à innover.

- Pour Schumpeter, l'entrepreneur est attracteur marginal dans la société qui recherche le risque. Il existe cependant un paradoxe. Si le succès de l'innovation est avéré, l'entreprise voit sa taille augmentée. L'entrepreneur doit se transformé en gestionnaire. Or, selon Schumpeter, la personnalité de ces deux acteurs diffère radicalement. Lorsque l'entrepreneur se transforme en gestionnaire, il réduit la prise de risque et, de ce fait, la propension à innover. En outre, la taille de la firme empêche la prise de risque. Autrement dit, pour Schumpeter, l'apparition de grandes firmes industrielles devient un obstacle au développement du capitalisme. C'est la raison pour laquelle Schumpeter rejoint Ricardo dans l'idée qu'à long terme une économie mature tend inévitablement vers un état stationnaire. La question de l'origine du cycle invite ainsi à faire une différence entre une crise cyclique et une crise structurelle. Une crise cyclique se réfère à ce processus de destruction créatrice où il suffit d'innover pour relancer la croissance. Dès lors, il est question de restaurer l'attractivité de l'investissement, par exemple en agissant sur les coût de production des entreprises. La crise structurelle est une crise plus profonde, une crise du système économique. Elle fait référence au passage d'un système de production à un autre système de production. Ainsi, la fin des Trente Glorieuses se caractérise à la fois par une crise des débouchés du fait d'une saturation de la demande mais aussi d'une transformation radicale de la société. En effet, lors des 30 Glorieuses, les gains de productivité étaient largement compensés par une hausse des salaires ce qui contribua à la fois à une hausse de l'inflation mais aussi à une répartition de la valeur ajoutée au profit des salariés. C'est l'avènement du fordisme. La crise des années 80 se caractérise à la fois par une crise du fordisme où les gains de productivité étaient supérieurs aux hausses de salaires mais aussi par une triple crise des États providence.

2)

Les 30 glorieuses apparaissent comme une période exceptionnelle dans l'histoire économique. Elle allie prospérité et bien être de la population. Pourtant, cette période prend fin au cours du premier choc pétrolier de 1973. En réalité, les cycles économiques peuvent êtres comparés au stratégie d'activité des firmes et c'est la raison pour laquelle au cours du XXe siècle, il est possible de montrer le lien entre le mode de production et les cycles économiques. On est ainsi passer des 30 Glorieuses au 30 Piteuses puis au 30 Frileuses.

Une petite histoire du XXe siècle : du fordisme au toyotisme

Les 30 Glorieuses : la croissance économique est alimentée par les besoins de la reconstruction ce qui entraîne simultanément un investissement industriel élevé et une consommation croissante des ménages. En effet, l'investissement industriel est à la fois porté par une innovation des firmes mais aussi par de grands projets industriels publics ( comme dans l'aviation, les transports ferroviaires ou les infrastructures ). Dans le même temps, la consommation est nourrit par un plein emploi et par la volonté des

ménages d'accéder au progrès technique ( démocratisation des biens d'equipement ). En conséquences, la demande est supérieure à l'offre. Aussi, dans un tel contexte, l'enjeu principal des entreprises n'est pas tant de trouver des débouchés mais, au contraire, d'accéder à des ressources nécessaires pour produire et donc satisfaire la demande. Cela signifie que les entreprises sont en compétition pour l'acquisition des ressources naturelles, des matières premières et pour s'approprier un main d'œuvre qualifiée. À l'inverse, sur le marche des biens et des services, la concurrence est faible en raison de l'importance de la demande. Les entreprises vont donc déployer des capacités de production importante t'es, privilégier la production de masse afin d'obtenir des économies d'échelles et une standardisation des produits. Ces économies d'échelle assurent au firmes une domination par les coûts. L'entreprise propose donc une offre plus abordable que celle de ces concurrents puisqu'elle bénéficie d'un avantage assuré par une stratégie de volume. Durant cette période, les gains de productivité bénéficient largement aux salariés puisque ces hausses de salaires sont supérieures au gain de productivité. La production de masse permet donc une consommation de masse. Cette période se caractérise par le fordisme et ceux à travers deux points différents. D'une part, au niveau des entreprise donc au niveau économique. Les stratégies industrielles permettent d'employer le surplus de main d'œuvre issu des réformes agricoles. La théorie du déversement de Sauvy s'observe pleinement ce qui provoque une hausse du pouvoir d'achat. En outre, les méthodes de production issues du taylorisme s'accompagne d'une redistribution des gains de productivité aux salariés. En d'autres termes, les formes d'emplois se construisent autour du CDI avec une perspective d'ascension sociale. D'autre part, sur le plan macro-économique, la croissance s'accompagne d'un avènement des États providence qui assure à la fois une cohésion sociale autour de la protection sociale mais aussi à travers une politique industrielle du fait de l'intervention économique de l'Etat. Cette force publique est financée par la croissance et par la hausse du niveau de vie des individus. Cependant le choc pétrolier de 1973 marque la fin du cycle des 30 Glorieuses, les 30 Piteuses lui succède.

30

Glorieuses > J. Fourastié 1945/1973

30

Piteuses > N. Baverez 1974/2004

Les 30 Piteuses se caractérisent par une saturation des marchés. Il y a donc renversement du rapport entre l'offre et la demande puisque les entreprises se retrouvent avec des capacités de production excédentaires et des marchés de plus en plus saturés. De ce fait, lorsque l'offre est supérieure à la demande, l'investissement diminue, le potentiel de la croissance se ralentit. Dès lors, les stratégies des entreprises se concentrent sur leur capacité à augmenter leur part de marché. La préoccupation majeure des firmes est de trouver une valeur ajoutée ( au sens de Chandler ) c.-à-d. un avantage concurrentiel qui permet à l'entreprise de se différencier de ces concurrents, et pour lequel le consommateur est prêt à payer plus cher. On passe ainsi d'une stratégie de domination par les coûts à une stratégie de différenciation. De ce fait, cette différenciation peut être à la fois intraseque et extraseque. Intraseque dès lors qu'elle porte sur les technologies ( innovation, design ) ou extraseque dès lors qu'elle s'appuie sur la notoriété, l'image ou le réseau de distribution. Cette stratégie de différenciation permet à l'entreprise de maintenir des prix élevés en dépit de la concurrence. De plus, le progrès technique assure le succès de ce type de stratégie tout en assurant un renouvellement accéléré de la demande. Durant cette période, il s'agit de réduire la durée de vie des produits. Ce renouvellement de la demande est accéléré, c'est ce qu'on appelle l'obsolescence programmée. Le principe de la destruction créatrice de Schumpeter trouve ici son plein épanouissement. Toutefois, l'émergence, dans les

années 90, des pays de production à bas coûts transforme les stratégies des entreprises. La contrainte de compétitivité accentue la stratégie de sophistication des produits mais sous un angle différent. Il s'agit de maintenir des cours compétitifs pour faire face à cette nouvelle concurrence. Au sein des entreprises, cela se traduit par une nouvelle façon de gérer la main d'œuvre. C'est l'apparition du toyotisme, ce qui se traduit de deux manières. D'une part, les entreprises tendent de réduire leurs coûts en externalisant une partie de leur production. C'est l'apparition de firmes réseau avec au

centre une grande entreprise et autour d'elle l'apparition et la multiplication de la sous- traitance. Cette sous traitance est parfois délocalisée, on assiste ainsi à un vaste mouvement de désindustrialisation dans les pays développés. D'autre part, ce toyotisme se traduit également par l'apparition d'un nouveau modèle d'emplois qui met en concurrence le CDI et l'emploi précaire. Il existe alors une dualité sur le marche du travail du fait de la coexistence entre un secteur qui est protégé ( les bénéficiaires d'un

CDI continuent leur ascension sociale grâce à un État providence construit sur ce

modèle. À l'opposé, le développement des formes particulières d'emploi vont faire apparaître une << trappe à pauvreté >> et par conséquent un retour des inégalités sociales. Il existe ainsi, sur le marche du travail, un " halo du chômage " c.-à-d. un volet régulateur caractéristique du toyotisme. Les entreprises construisent leur anticipation d'embauche sur des perspectives de débouchés. Si ces dernières sont aléatoires, les

entreprises vont favorisées la sous traitance, l'externalisation de la main d'œuvre en ayant recours au travail temporaire. Cette période se concentre donc sur une offre de

plus en plus mondialisée face à une demande saturée. Cependant, le ralentissement de

la demande, simultanément à celle de la croissance, provoque une triple crise des États

providence. La baisse du pouvoir d'achat modifie les stratégies des entreprises et on voit se développer un nouveau modèle de production qui se base sur une stratégie " low

cost ". Celle ci semble constitué le nouveau modèle économique des 30 Frileuses.

Les 30 Frileuses. Elle est à la fin une réponse à la sur-sophistication du produit et a la recherche d'un prix le plus faible possible, permettant l'accès à la société de consommation. En effet, la multiplication de produits à faibles prix permet de compenser la perte de pouvoir d'achat induite par le développement de la précarité salariale. Cette demande de low cost de la part des consommateurs traduit également une volonté de se tourner vers des produits plus basiques, moins sophistiqués. Le produit se caractérise alors par sa fonction principale. On dit que c'est l'avènement de l'économie de la fonctionnalité qui remet en cause à la fois le stratégies des entreprises et les modes de croissance des pays occidentaux. Dans ce nouveau cycle, on interroge le progrès technique sur son utilité et on s'interroge sur les conséquences des modes de croissance précédents. Ce sont des questions liées au développement durable, au lien entre la croissance économique, le bien être de la population et l'impact environnemental qui semblent êtres à l'origine d'un nouveau cycle que Legendre à appelé les 30 Frileuses. En réalité cette période marque également une rupture entre les sociétés occidentales et les pays émergents d'Asie et d'Amerique du sud, et ce à la

fois au niveau de la consommation que de la production. Ce basculement se traduit en

particulier par l'émergence d'une classe moyenne ( dont les deux tiers en Chine et Inde ) sont les besoins en bien de consommation sont relativement différents de la classe moyenne occidentale. D'autres part, ces stratégies de low cost sont également compatibles avec les mutations actuelles de l'environnement économique. Elle est en face avec les contrainte du développement durable et la marefaction de certaines ressources naturelles. Dès lors stratégie du low cost est compatible avec l'économie

circulaire. Effectivement cette nouvelle stratégie peut apparaître comme une solution face à une augmentation des matières premières puisqu'elle vise à reconstruire le produit autour d'un besoin fondamental.

CH 1 : L'ÉCOLE LIBÉRALE

Jusqu'au XVIe siècle, la reflection en économie est peu développée, l'objectif étant surtout de trouver un système économique compatible avec les doctrines religieuses. C'est la raison pour laquelle, avant le XVIe siècle, les conceptions économiques dénoncent l'accumulation des richesses et le prêt à intérêt. Le XVIe siècle marque une rupture. Cela s'explique par un contexte doublement favorable d'une part du fait des expéditions maritimes et de la découverte de nouveaux territoires et, d'autre part, par l'émergence des États nations. Un courant économique nait : c'est le Mercantilisme. Cette doctrine est favorable au développement des marchés donc des marchants et du commerce. Trois aspects sont caractéristiques de cette doctrine :

L'industrialisation qui permet de produire davantage et de conquérir de nouveaux marchés.

Les marchés extérieures deviennent sources d'enrichissement potentiel pour un pays car toutes exportations à pour contrepartie une entrée d'or ou de monnaie.

L'acceptation du profit privé et la possibilité d'accroître la puissance d'un pays à travers l'accumulation d'or et de devises.

La principale figure du mercantilisme est Colbert puisqu'il permet à Louis XIV de transformer la France en puissance internationale. Le Colbertisme se traduit aussi par l'idée de faire de l'Etat un acteur économique à part entière. L'Etat nation a la responsabilité de développer le commerce tant sur le plan intérieur que sur le plan international. L'Etat par ses actions peut développer la richesse nationale. L'apparition de cette doctrine s'effectue aussi dans un contexte particulier. Le développement urbain provoque une forte demande de consommation et l'apparition des premières sociétés de capitaux est propice à l'acceptation de l'idée d'enrichissement. L'Etat se fait donc à la fois entrepreneur et il devient symbole de l'intérêt général. L'Etat doit défendre les intérêts de la nation. Sur le plan économique, cela se traduit par la protection de l'industrie national ( quotas, taxes ). Il y a cette idée que la balance commerciale peut contribuer à l'enrichissement. Il suffit que son solde soit excédentaire ( exportations supérieures aux importations ). Cette approche du commerce internationale repose sur l'idée que le jeu international est à somme nulle. C'est d'ailleurs l'application de la partie double en comptabilité générale. Dès lors, si les importations se traduisent par une fuite des capitaux, il est nécessaire que les exportations doivent êtres à un niveau suffisant pour payer les importations. Il est donc important que les excédants commerciaux garantissent les réserves financières suffisantes pour enrichir le PIB. L'acceptation de l'idée du commerce et du profit transforme la doctrine économique. Aujourd'hui, le mercantilisme connaît un regain de popularité puisque face à une croissance interne ralentie, il y a cette idée que la balance commerciale peut contribué au retour de la croissance. Cela se traduit par l'idée que le redressement productif de la France passe par la ré-industrialisation ( << la France est un État mais aussi une usine >> Colbert ) mais aussi par une reconquête de la compétitivité des firmes nationales. L'Etat aurait ici un rôle à jouer en réduisant les charges des firmes exportatrices et/ou en les insistant à investir ( exemple du CICE ). C'est dans ce contexte que l'école libérale va émergée. Elle va s'interroger sur e rôle de l'Etat dans l'enrichissement du pays et de l'impact du commerce international. Les premières critiques proviennent de certains philosophes comme Locke ou Hume qui font valoir l'idée que le commerce n'est pas un jeu à somme nulle mais au contraire un jeu à somme positive. En outre, Adam Smith dénonce le mercantilisme dans le sens où si la richesse du pays dépend directement du commerce international alors << le mercantilisme est une

économie au service du prince >>. L'Etat est le représentant de l'intérêt général. Si il restreint les importations en augmentant les taxes ou les droits de douanes, il accroît certe sa richesse mais il tend aussi << à un fiscalisme >> ( notion de Bastiat ). Rappelons toutefois qu'au XXe siècle, les thèses mercantilistes seront reprise par Keynes qui voit dans le commerce international à la fois une hausse des débouchés potentiels mais aussi un moyen d'agir sur la politique monétaire ce qui augmente une entrée d'or et de devise qui augment l'offre de monnaie nationale et le taux d'intérêt baisse > relance l'investissement .

I) L'avènement des libertés individuelles

L'école libérale se construit tout au long du XVIIe et du XVIIIe siècle. Elle sera fortement influencée par les philosophes de Lumières. C'est la raison pour laquelle l'école libérale établit un lien entre libertés individuelles et économiques, entre le libéralisme politique et le capitalisme. C'est pourquoi 3 éléments fondent cette pensée libérale : la souveraineté de l'individu, l'Etat de droit et la liberté des moderne.

A) La souveraineté de l'individu

La philosophie influence fortement la conception de l'individu. Pour Spinoza, chaque individu recherche ce qui lui est le plus utile. Il est souverain de son propre bien être. Pour

Kant, l'homme est capable de maîtriser sa passion car il est un être raisonnable. Ce principe de la raison suppose que l'individu est rationnel, qu'il est conscient de ces propres besoins, il est donc le meilleur juge concernant la conduite de sa vie. Ce principe de raison est un élément essentiel dans la doctrine libérale. L'individu doit rester un être libre de ses choix. Il est souverain dans la définition des actes à mener. Cela se traduit par l'idée qu'il est possible de faire confiance à l'homme dans la conduite des affaires. C'est une conception optimisme de la nature humaine qui s'oppose a celle de Hobbes ( << l'homme est un loup pour l'homme >> ). Cette approche sera reprise par Smith qui distingue deux sentiments contradictoires dans la nature humaine. Il y a chez l'homme à la fois des sentiments égoïstes et des sentiments altruistes. Or pour Smith, l'homme recherche la vie en société. Il existe donc une disposition naturelle à la compassion, à la bienveillance. L'homme est un être moral. Une économie du don peut donc coexister avec une économie de marché. L'homme est prêt à sacrifier son intérêt particulier dès lors que l'harmonie sociale est en jeu. Cette idée su comportement altruiste de générosité, de charité pose la question de la gratuite du comportement, elle fait encore aujourd'hui l'objet de multiple travaux puisqu'on observe ce paradoxe dans une société capitaliste : le principe des donations sans contrepartie, le bénévolat existent.

B) L'Etat de droit

Il doit y avoir un équilibre entre les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires. Pour Montesquieu, << le pouvoir arrête le pouvoir >> et c'est en cela que l'Etat doit être sobre. Il doit respecté les libertés individuelles à savoir la propriété privée et la liberté du commerce. L'état bénéficié d'une délégation du pouvoir mais cette délégation de la souveraineté individuelle ne peut être que momentanée et consentie par la population et avoir pour ambition de garantir la sécurité de tous. Pour Rueff, cette violence légale de l'Etat permet de contenir la violence individuelle car << que la police ou la justice s'épanouissent, il n'y a ni échange, ni don, ni prêt, ni salariat mais seulement violence et arbitraire du plus fort >>. C'est pourquoi l'intervention de l'Etat, dans le domaine économique doit être limitée. Cependant cela ne signifie pas inexistante.

À ce titre, pour Smith, l'Etat à trois fonctions :

- il doit assurer la défense nationale vis à vis des puissances étrangères, il doit protéger la population c'est donc le rôle de l'armée et de la police.

- L'Etat doit protéger les individus de l'injustice. Il a donc le devoir d'administrer la justice.

- Dans certains cas, l'Etat doit être producteur des lors que des biens ou services sont nécessaires à la nation mais il n'assure pas une rentabilité suffisante pour que leur production soit prise en charge par le secteur privé. L'Etat développe des biens publics. Cette idée de Smith, autour du bien public, se définit autour de deux aspects. Effectivement un service public se caractérise par son aspect de non rivalité ( pas de concurrence dans l'usage ) et par son caractère non exclusif ( l'usage par une personne n'exclut pas une autre personne ). Cette notion de biens publics se retrouve dans le code civil à travers la notion de << res communis >> ( art 714 du C.civ ). Il existe des biens sans maîtres communs à tous. En outre, la question de la production public se retrouvera également, au XXe siècle, chez les économistes néoclassiques de l'école du bien être à tracer la notion de externalités. Il sera du rôle de l'Etat de réduire les externalités négatives ( Pollueur Payeur de Pigou OU J.Tirole qui dis que les entreprises qui licencient beaucoup provoque + de externalités négatives ). Il faut que les taux tiennent compte des comportements des acteurs économiques. L'Etat doit favoriser les externalités positives ( le financement des études par l'Etat permet aux entreprises d'avoir des gains de productivité. Il fait donc favoriser la démocratisation de la scolarisation ).

En d'autres termes, ces 3 fonctions fondent l'Etat gendarme. Il a pour rôle d'assurer un cadre politique stable propice à l'épanouissement de l'économie de marché.

C) La liberté des modernes

La liberté individuelle assure la stabilité de l'ordre sociale d'ailleurs pour Kant, la pluralité des expressions aboutit à la définition de ce qui est le mieux pour la nation. C'est en cela que l'école libérale introduit une différence fondamentale entre l'Etat et la société civile. Elle est représentée par la totalité des citoyens qui se construit de façon autonome puisqu'elle se base sur la volonté et les intérêts propres des citoyens. L'Etat au contraire est un acteur économique avec ses intérêt propres. Il y a donc une différence entre l'intérêt général et l'intérêt collectif. L'intérêt collectif émane de la société civile. Elle est la sommes des intérêts individuels alors que l'intérêt général est définit par l'Etat selon sa propose subjectivité. On retrouve d'ailleurs cette différence chez Rousseau qui distingue la volonté générale et la volonté de tous. La volonté générale résulte de la loi donc de l'Etat. Au contraire, la volonté de tous résulte de la société civile. Elle se traduit sur le plan économique par la main invisible d'Adam Smith. C'est l'idée que la somme des intérêts individuels contribué à l'intérêt de la société autrement dit, lorsque chaque individus cherchent à satisfaire son intérêt particulier, il satisfait en même temps l'intérêt particulier d'un autre agent économique. Cependant l'application de ce principe de main invisible suppose que l'individu soit conscient et libre dans ses choix. Et c'est en cela que la troisième fonction de l'Etat gendarme est la condition indispensable pour l'expression des libertés individuelles. Pour que l'individu soit à même d'agir de façon rationnelle et en pleine conscience encore faut-il qu'il dispose des infos nécessaires à son choix. La transparence des infos est ainsi possible grâce à la concurrence. Pour Bastiat, le principe de la libre concurrence est l'outil qui permet d'exprimer son libre arbitre donc ses libertés individuelles. En réalité, cette distinction entre l'Etat et la société civile fait naître la question de la définition à donner à l'intérêt de la nation qui, entre l'Etat et l'individu ou entre la loi et le contrat, définit ce qui est le plus juste pour la nation.

II)

Sur le plan économique, trois principes directeurs

A) L'accumulation de capital est source de richesse

Pour l'école libérale, l'origine de la croissance est la production. Celle ci n'est cependant possible que si il y a investissement. Or pour financer l'investissement encore faut-il disposer d'une épargne suffisante. Ainsi pour JS Mill << l'industrie est limitée par le capital >>. Le niveau d'épargne conditionne le niveau d'accumulation du capital donc la croissance. Or si l'épargne est rare, les taux d'intérêts augmentent ce qui réduit l'attractivité des investissements. Il faut donc favorise l'épargne afin de faciliter le financement de l'économie. Pour Malthus, << un homme économe est un bien facteur public >>. Cette approche se traduit par une priorité de l'offre dans le processus de la croissance. Si la croissance est faible c'est parce que l'investissement est suffisant. Il faut donc relancer l'investissement productif en augmentant la productivité des projets. Cela se traduit par une baisse des charges des entreprises. Cela signifie que l'économie est financée par l'épargne. Pour faciliter la rencontre entre les élégants et les investisseurs, la création de marchés financier doit être favorisée. Cela se traduit par une libre circulation des capitaux. L'épargne se dirige vers les produits ou projets d'investissements les plus rentables. En cas de crise économique, lorsque le taux de croissance est faible, il s'agit de restaurer la compétitivité des entreprises nationales et/ou inciter a investir sur le territoire

national.

B) La loi des débouchés de JB Say

L'offre crée sa propose demande. Autrement dit, dès lors qu'il y a production, il y a redistribution des revenus sous forme de salaire,de profit. Ces revenus sont ensuite dépensés sous forme de biens de consommation soit sous forme de biens

d'investissement. Le revenu d'épargne sert à financer l'investissement. Il ne peut donc pas

y avoir de crise durable puisque toute offre sera égalé à une demande. Un décalage entre

l'offre et la demande à court terme sera résolu par l'ajustement des prix. Si l'offre est inférieure à la demande, les prix augmente, l'investissement est plus attractif, il y aura donc hausse de la production et inverse.

La croissance s'auto-entretien et ce d'autant plus que pour JB Say << il n'y a aucune limite

à l'appétit de la consommation >>. Il y a toujours un besoin à satisfaire.

Cette idée de croissance infinie est cependant critiquée par un libéral plus pessimiste :

Malthus. Pour lui, la crise est possible. Il peut par exemple avoir un excès d'épargne qui ne trouve pas d'investisseur ou, au contraire, cette sur abondance de l'épargne peut entraîner un risque de sur accumulation du capital dans des secteurs très risqués. Malthus prend également un autre exemple pour renverser l'origine du cycle. Ce n'est pas l'offre qui créer sa propose demande mais au contraire la demande constitue l'offre ( idée de la

théorie économique de Keynes ). Pour illustrer sa thèse, Malthus compare l'évolution de la production avec l'évolution démographique. Ainsi l'augmentation de la population aliment une nouvelle demande donc une hausse de la production.

Il y a cependant deux limites :

- lorsque l'offre est inférieure à la demande, les prix augmentent. Lorsque ce déséquilibre est durable cela provoque de fortes inégalités dans l'accès à la production. Il y a donc une croissance non soutenable d'un point de vue social.

- La hausse de la production est limitée par la disponibilité de ressources naturelles. Le processus de production n'est donc pas infini du fait de l'épuisement des ressources naturelles. C'est la raison pour laquelle, la hausse le de population, la démographie, doit être compatible avec le potentiel de production. Ces test de Malthus ont connus un regain dans les années 70, dans le rapport Meadows intitulé " halte à la croissance " ou encore dans les programmes de lutte contre la pauvreté de l'ONU. Aujourd'hui, ces thèses alimentent le courant de la décroissance économique qui met en avant

l'incompatibilité entre la croissance et la protection de l'environnement. Pour que la loi des débouchés puisse se réaliser, JB Say fait valoir le rôle important que joue l'épargne. Mais pour que les individus augmentent leur épargne, encore faut-il qu'elle garde sa valeur. C'est pourquoi la monnaie doit être neutre don pour JB Say << la monnaie n'est qu'un voile >>, elle ne doit pas influencer les individus. Cette neutralité monétaire signifie qu'une monnaie doit être stable, forte. Elle ne doit pas être manipulée par la banque centrale. C'est pourquoi << monnaie forte >> signifie que l'inflation est faible car seule une stabilité des prix assure une stabilité du pouvoir d'achat dans le temps.

C) Le principe de libre concurrence duquel découle l'ouverture des frontières

Le principe de la libre concurrence se justifie de deux manières. D'une part la concurrence inscrite à investir car l'investissement permet un monopole temporaire à l'innovateur donc des profits + élevés. D'autre part, la concurrence favorise la baisse des prix et libère ainsi du pouvoir d'achat. Cette libre concurrence se traduit également sur le plan international. C'est le principe du laisser passer car l'ouverture des frontières accentué à la fois la concurrence et favorise des échanges avantageux. Thés de Ricardo selon laquelle chaque pays à intérêt à se spécialiser dans une production où elle dispose d'un avantage et au bout du compte cette

spécialisation internationale qui aboutit à une mondiale supérieure à un prix plus faible. C'est en cela que le libre échange est avantageux.

CH 2 : La contestation du capitalisme

Cette critique prend naissance dès le début du XIXème et donnera naissance aux écoles du socialisme. En réalité, elles se définissent surtout comme une réaction à la révolution industrielle qui transforme les relations entre les individus et la production. L’analyse porte essentiellement autour des conséquences sociales du capitalisme c’est en cela que ces écoles se révèlent très pessimistes sur le devenir du capitalisme et s’oppose à l’optimisme de l’école libérale et ce tant sur la nature humaine que sur la capacité à assurer une élévation du niveau de vie des individus. C’est pourquoi, Marx s’inscrit dans la continuité de l’école libérale mais aboutit à des conclusions radicalement différentes quant au devenir de la société. Il partage certaines idées des libéraux pessimistes (comme Malthus, Ricardo). En effet, il conteste de façon radicale, la loi des débouchés de JB Say : pour lui, la crise est endogène dans le système de production lui-même, le capitalisme aboutit inévitablement à une crise des débouchés. Il reprend l’idée de l’Etat stationnaire de Ricardo à travers la notion de baisse tendancielle des taux de profits. En effet,

selon lui, le capitalisme s’autodétruit en raison d’une crise de l’offre. Il aboutit inévitablement à une crise du système. Historiquement, les écoles du socialisme se construisent dans un contexte social particulier. Dès la fin du XVIIIème, on assiste à des révoltes d’ouvriers qui assimilent la division du travail à une destruction du travail en tant que tel ; c’est le mouvement des luddistes nés en Angleterre ou la Révolution industrielle provoque une forte paupérisation du salariat. Les Luddistes détruisent l’outil de travail, car pour eux, la mécanisation conduit inévitablement à une destruction de l’emploi. C’est la raison pour laquelle, l’approche socialiste accompagne cette mutation du travail. Au départ le travail est source d’épanouissement et d’insertion de l’individu dans la société ;

progressivement, la division du travail et par conséquent l’industrialisation

entre le travail et l’individu. Pour Marx, la division du travail créée un lien de subordination entre un salarié et son supérieur. 3 conséquences :

- Le salarié est rendu étranger au produit de son travail car la production appartient à l’entreprise.

- Le salarié est rendu étranger à l’activité de production puisqu’il ne décide plus de son organisation du travail.

modifie la relation

- Le salarié est rendu étranger à son être propre puisqu’il vend sa force de travail, ici le travail devient une marchandise comme une autre qui s’échange sur un marché du travail.

C’est la raison pour laquelle la principale question réside dans le lien entre un système de production et le bien être des salariés. L’objectif sera de construire un mode de production alternatif dans lequel l’individu « serait pêcheur le matin, chasseur l’après-midi et critique littéraire le soir » Marx. Il s’agit donc de trouver un mode de production alternatif à la division du travail. Cependant, les écoles socialistes proposent plusieurs alternatives, il y aura ici une césure entre les écoles Marxistes et les écoles socialistes utopiques qui proposent des systèmes coopératifs ou mutualistes. Cette grande césure s’observe surtout sur la place octroyée à l’état, centralisateur pour les premiers ou décentralisateur voir néant pour les seconds.

I) Karl Marx

A) Le matérialisme historique

Pour Marx, l’histoire s’explique par la structure de production. L’économie est la principale source d’inspiration pour comprendre l’évolution de l’histoire d’un pays. Il va donc analyser le mode de production (le lien entre le capital et le travail) et les rapports de production (le degré de mécanisation ou comment s’articule les relations entre l’homme et le capital). L’approche marxiste, est une critique radicale de la division du travail. Pour lui, les individus ne sont pas libres ; il réfute ainsi les principes fondateurs de l’école libérale que sont la liberté et l’égalité. C’est la raison pour laquelle une organisation basée sur la main invisible ne fera que refléter les rapports sociaux entre les individus. Les rapports économiques ne sont que le reflet des rapports sociaux. Pour illustrer ce phénomène, Marx reprend une idée essentielle de Smith, celle de la valeur travail. Une marchandise n’a de la valeur que parce qu’elle incorpore du travail. Cependant, la mécanisation transforme la valeur de cette marchandise. Marx introduit une différence entre le travail abstrait (le travail mort) et qui correspond à la dépense en facteur capital (les machines) et

le travail vivant qui correspond à la force du travail du salarié. Plus l’entreprise substitue du facteur capital au facteur travail, plus la part du salarié dans la valeur totale de la marchandise diminue.

Or, cet élément intervient dans une production de masse donc une production

que Marx appelle la plus-value, il y a gain de productivité mais ils ne sont pas restitué aux salariés. Cette plus-value est à l’origine de la future crise du système capitaliste. En effet, le progrès technique réduit de la marchandise puisqu’il y a une baisse de la part de la valeur travail incorporé dans la production. Il y a donc baisse des salaires. Pour Marx, il y a ici la première contradiction dans le système capitalisme puisque d’un côté il y a augmentation de la production et de l’autre baisse du pouvoir d’achat. Il y a crise des débouchés. Dans cette perspective, les entreprises ont tendance à vouloir préserver leurs taux de profits en substituant du facteur capital au facteur travail. Mais cette substitution provoque une augmentation du chômage (une armée industrielle de réserve = Marx) ces chômeurs entreront ensuite en concurrence sur le marché du travail ce qui provoque une baisse des prétentions salariales aggravant ainsi la crise des débouchés. Inévitablement pour Marx, elle aboutit à une crise de surproduction c’est en cela que la loi des débouchés de Say est pour lui totalement erronée.

il se créé alors ce

B) La fin du capitalisme en 4 temps Pour Marx, le capitalisme n’est qu’une étape, elle prend naissance avec :

- Avec la propriété privée mais celle-ci n’aboutit pas à une harmonie sociale puisque les inégalités sociales vont être renforcées par les inégalités éco. Il y a dans cette phase une opposition croissante entre les intérêts des capitalistes et des salariés.

- Elle fait référence à l’industrialisation des sociétés. Les modes de production se construisent autour de la division du travail afin d’augmenter la productivité. Pour l’école libérale, l’augmentation de l’offre de produit conduit à une baisse du prix. Il y a donc diffusion du progrès technique. Pour Marx les gains de productivité ne sont pas restitués au salarié, il y a hausse du profit qui se traduit soit par une hausse des investissements de proximité (hausse de l’automatisation) soit par une augmentation des dividendes. Pour Veblen, cette hausse des

revenus des actionnaires ne permet pas de compenser la baisse des revenus des salariés. On trouve ici l’origine de la crise des débouchés.

- Elle fait référence au comportement des entreprises face à une baisse de la demande et par conséquent une baisse potentiel de leurs profits. Elles vont accentuer la concentration du capital par le billet de fusion acquisition qui permettent de développer des économies d’échelles donc de limiter la baisse tendancielle des taux de profits. Pour Marx, la concurrence aboutit à une concentration du capital via la concentration de quelques oligopoles. Durant cette troisième étape le capitalisme devient monopolistique.

- Durant la 4ème étape la crise de surproduction est inévitable. Elle provoque des faillites et donc une hausse du chômage. Ici l’état stationnaire est inévitable puisque crise des débouchés et crise de l’offre se conjuguent. Pour Lénine c’est la phase ultime du capitalisme ou les rapports de production aboutissent inévitablement à une crise du système en tant que tel. En d’autres termes, on passe progressivement d’une crise dans le système à une crise du système en tant que tel. L’approche marxiste nous permet d'établir une théorie du cycle économique.

Dans la phase d’expansion l’accumulation du capital est forte puisqu’elle

risque de sur accumulation du capital, lorsque le couts du capital (taux d’intérêt) est faible. La crise du début du 21ème siècle peut s’inscrire dans cette analyse puisque l’accès à une source de financement peu couteuse peut créer des bulles spéculatives comme se fut le cas lors de la crise des subprimes aux États Unis ou encore dans l’immobilier en Espagne ou encore sur le plan industriel en Chine. La suraccumulation du capital intervient au niveau mondial via les échanges commerciaux. Une suraccumulation nationale (sur investissment) peut être résolu en exportant les surplus de stocks. Autrement dit, la baisse tendanicelle des taux de profits peut être compensée par des exportations, par un accès au crédit et/ou par des fusions aquisitions. C’est la raison pour laquelle cette question de l’évolution du capittalisme interviznt plus spécifiquement aujourd’hui dans les pays industrialisés dans lesquels les taux de croissance se réduisent. Ce lien entre capitalisme et paupérisation de la société se retrouve chez des auteurs aussi différents que Marx, Ricardo ou JS Mill, qui appartiennent à des écoles de pensée opposées. Dès lors la question du système de production en construction durant ces 30 frileuses pose la question des liens entre l’homme et le travail. D’ailleurs pour J.Rifkin la forme du capitalisme de demain se définit autour de 2 pôles : d’une part une décentralisation éco ou le consommateur devient producteur et acteur des rapports de production et d’autre part à travers l’avènement d’un éco sociale et solidaire dans laquelle la consommation collaborative va se développement. À ce titre le sociologue R Castel l’économie de la connaissance induite par les TIC modifient la notion de valeur du travail. De plus en plus la connaissance se traduit par des échanges gratuits autrement dit la place du travail relève davantage de l’épanouissement de l’individu que de la contribution à la création d’une marchandise. Il reste que le diagnostic de Marx peut être mobilisé pour expliquer la situation actuelle à l’échelle mondiale. La baisse progressive du pouvoir d’achat a été compensée par une hausse du taux de l’endettement sans pour autant assurer durablement des débouchés aux entreprises. A.Gramsci insiste sur le rôle des états providences dans la médiation de la crise du système capitaliste. En réalité il dénonce le fordisme qui permet de compenser le pouvoir d’achat grâce à des prestations sociales. Il rejoint ici la critique radicale de l’état en tant que régulateur économique. L’état n’est pas garant de l’intérêt général ; il ne fait que refléter les intérêts de ce qu’il appelle la classe dominante. Il dénonce alors les aides sociales qui permettent de transformer le salarier en consommateur.

il y a cependant un

II) Les socialistes utopistes Ils prolongent la critique radicale de l’état en proposant des modes de production construit par l’individu lui-même.

A) Le courant anarchiste Proudhon écrit « qu’est-ce que la propriété ? ». Il concentre son analyse sur la division du travail et la subordination qu’elle induit entre deux individus. Pour lui, elle est à l’origine d’une perte de liberté, d’une délégation d’un pouvoir de décision et c’est la raison pour laquelle, il va s’opposer à toute forme d’autorité. Pour lui, le vrai travail doit s’inscrire dans le cadre d’un système d’auto

gestion ou les individus coopèrent librement. La grande différence entre les socialistes utopiques et le courant marxiste réside dans l’approche de l’état. Pour cette école anarchiste, l’état n’est pas neutre, il ne doit pas intervenir dans la société, ceci se retrouve dans le slogan de Kropotkine « ni dieu ni maître » mais ceci n’est possible qu’avec une conception positive de la nature humaine dans le sens ou il développe une attitude naturelle à la coopération. Sur le plan économique, cela se traduit par le fédéralisme, un rejet de l’état central et par des formes de production tel que les coopératives ou la règle de décision se résume « un homme égal une voix » (et ce par opposition aux sociétés des capitaux où le système de décision est une action égale une voix).

B) Différents courants Pour certains anarchistes tel que Fourier, la production s’opère à travers des mutuelles ou des coopératives. Il s’agit de produire le plus localement possible en restaurant un lien entre le producteur et le consommateur. Il propose ainsi un système de phalanstère qui assure la subsistance d’un groupe au niveau local. Fourier a inspiré avec Comme le mouvement des AMAP, ou celui des « do it yourself » ou « small is beautiful ». ici on retrouve cette éco collaborative où le consommateur recherche des échanges hors du secteur marchand. Pour Proudhon le contrat social est avant tout « un accord de l’homme avec l’homme ». cette approche s’oppose à une construction industrielle de la société. A côté de cela il existe un autre courant souvent nommé les individualistes libertaires qui vont plus loin dans la critique du capitalisme. On retrouve des auteurs comme J.Ellul, P.Ariès, S.Latouche, I.Illitch qui proposent une alternative à la société de consommation. C’est la thèse de la décroissance qui invite le consommateur à penser le produit non pas autour de la propriété mais au contraire autour de la notion d’utilité.

CH 3 : Keynes ou l'apparition des hétérodoxes

Le courant hétérodoxe s'oppose au courant libéral et ce à travers 3 points essentiels :

- Il ne croit pas en la loi des débouchés de JB Say, autrement dis il ne suffit pas de créer une offre pour susciter des débouchés possibles. La crise est possible, elle est même la généralité dans un système capitaliste autrement dit, l'économie est instable par excellence. Elle se caractérise par ses fluctuations.

- Les hétérodoxes récusent le principe de la main invisible, il ne suffit pas d'assurer la flexibilité sur le marché pour aboutir à un équilibre. Par conséquent, la seule loi de l'offre et de la demande ne suffit pas pour réguler une économie.

- Les hétérodoxes introduisent une différence entre la sphère réelle ( la production ) et la sphère financière ( rôle de la monnaie ). Keynes parle d'une économie monétaire de la production pour contester le principe libéral de neutralité de la monnaie. En effet, JB Say affirmait << la monnaie est un voile >> , elle n'influence pas les décisions d'épargne ou d'investissements. Les hétérodoxes s'opposent radicalement à cette conception. La monnaie, et par conséquent la politique monétaire, influence le volume de production.

Effectivement, pour Keynes, l'économie se subdivise en trois acteurs hiérarchisés que sont les banques, les entreprises et les ménages. Les banques ont un rôle fondamental à jouer car elle finance le circuit économique. Elle octroie des crédits c.-à-d. des avances nécessaires à la mise en place des plans de production. En effet, lorsque les entreprises décident de leur production, elles se basent sur des anticipations futures et ne disposent pas forcément des fonds financiers suffisants. La réalisation des plans de financement n'est donc possible qu'au moyen de crédits bancaires. C'est ici une grande différence par rapport au libéraux où l'économie se finance par l'Etat. Le circuit libéral repose un les marchés financiers. Ainsi, en accord avec JS Mill, << l'industrie est limitée par le capital >>. Le niveau d'épargne conditionne le volume de production. Keynes se place au contraire dans une économie d'endettement ou le circuit est financé par le

billet du crédit. Les ménages vendent leur force de travail en contre partie d'un salaire, ce dernier est ensuite dépensé soit par la biais de la consommation, soit par l'achat de titres ou d'actions d'entreprises ou autres placement auprès des banques. Ces salaires sont versé avant que l'entreprise ne perçoive ses propres recettes. C'est de la que vient la notion d'économie monétaire de production puisque la création monétaire précède la production et la production précède la constitution de profit. Dans le schéma keynésien nul besoin d'épargne puisque le rôle des banques est primordial. En décidant oui ou non d'octroyer des crédits, elles influencent le volume de production donc le niveau d'emploi et la distribution des revenus. Dans le schéma keynésien, la séquence des flux est donc la suivante : distribution des crédits, investissements, distribution des revenus ( pour les ménages sous forme de salaires et pour les actionnaires sous forme de dividendes et pour l'entreprises sous forme de profit. La conséquence de cet enchaînement est que la monnaie est endogène, interne au circuit économique, alors que pour l'école libérale la monnaie est exogène ( sa quantité résulte d'une decision de la banque centrale ). Ici, la monnaie dépend directement de la production anticipée par les entrepreneurs, elle est une avance faite aux entreprises pour couvrir leur besoin de financement. C'est donc un renversement total de l'approche libérale puisque c'est l'investissement qui créer l'épargne.

I) Une analyse hétérodoxe de la croissance

Pour les keynésiens, les fluctuations économiques sont la règle. D'ailleurs la croissance n'a pour origine que la demande. C'est la raison pour laquelle l'approche keynésienne se concentre sur la demande pour expliquer toute crise économique. Toutes variations de la demande se répercute immédiatement sur l'emploi et non pas sur les prix. Ici encore, Keynes s'oppose à l'école libérale puisque pour cette dernière tout déséquilibre entre l'offre et la demande se résout grâce à une variation des prix. Pour Keynes, les prix sont fixent à cours terme, l'ajustement se fait par les quantités. Les prix, tout colle les salaires sont plus lents à s'ajuster. Pour expliquer les fluctuations économiques, Keynes introduit le temps. Tout est affaire d'anticipation puisque celles ci conditionne les comportements du présent. Les keynésiens vont développés la notion de << prophéties autoréalisatrices >> pour démontrer l'influence du futur sur le présent. Un agent optimiste privilégie la prise de risque ainsi l'entrepreneur investit, le ménage consomme. Cet optimisme est donc à l'origine d'une croissance économique. A contrario, un agent pessimiste à peur du futur, fuit le risque autrement dit, l'entreprise limite l'investissement, le ménage développe une épargne de précaution, les anticipations pessimistes provoquent un ralentissement de la croissance. Sur le plan macroéconomique, plan général, les anticipations ( les prophéties ) se réalisent. Keynes place ces anticipations ( ce qu'il appelle les " esprits animaux " ) sont au cœur de la dynamique économique. Elles expliquent les variations de la demande. C'est la raison pour laquelle l'économie est foncièrement instable. En 1947, Harrod et Domar diront que << l'économie évolué sur le fil d'un rasoir >> et démontrent ainsi qu'une croissance équilibrée repose sur des hypothèse fortes. En effet, il n'y a aucune raison que l'augmentation de l'investissement c.-à-d. l'augmentation des capacités de productions aboutisse à une augmentation égale de la demande. Les ménages peuvent se constituer une épargne que Keynes caractérise comme << une fuite au circuit économique >>.

A) La demande effective et la loi des débouchés de JB Say Keynes place le rôle de la demande au centre du circuit. Cette hypothèse ( la demande est le principal moteur de la croissance ) s'oppose à l'école libérale dans le sens où se sont les anticipations des débouchés ( et non pas l'épargne ) qui influencent le volume d'emploi. C'est la raison pour laquelle la demande effective se définit collé une demande anticipée par l'entrepreneur. Elle est la somme entre la consommation des ménages, l'investissement et les exportations. Lorsque l'incertitude est forte, les entreprises préfèrent ne pas prendre de risques, ou plus exactement, elles préfèrent produire moins quitte à subir des manques à gagner plutôt que de disposer de capacités de productions excédentaires. Ces anticipations pessimistes se traduisent par des plans d'investissement minimums : l'entreprise préfère perdre des clients plutôt que d'avoir des capacités de productions excédentaires. Ce pessimisme à des conséquences sur le marchés du travail puisque si l'entreprise minimise les plans d'investissement, elle revoit à la baisse les

plans d'embauche. Le chômage est donc involontaire, il est subit par les ménages. La demande effective a donc des conséquences sur le volume d'emploi. Dans ce contexte, le comportement des banques n'est pas neutre. Lorsque les incertitudes sont fortes, les banques hésitent à accorder des crédits aux entreprises qui ne disposent donc pas des moyens de financement pour réaliser leurs anticipations. De plus, dans ce contexte d'incertitude, les entreprises les plus fragiles sont facilement rachetés par d'autres entreprises, ce qui conduit à une concentration du capital, à des plans de restructuration et donc à des licenciements. C'est la raison pour laquelle la crise est inéluctable dans une société capitaliste. Keynes introduira le principe de la régulation conjoncturelle de l'économie par le gouvernement, ce qui se traduit par une politique budgétaire et une politique monétaire. La seule loi de l'offre et de la demande ne permet pas de restaurer l'équilibre. L'Etat a un rôle à jouer dans le domaine économique. Lorsque Keynes conteste cette loi des débouchés, et par conséquent le principe de la main invisible, il révolutionne la façon de penser l'économie. Effectivement, pour l'école libérale, la somme des intérêts individuels conduit inévitablement à l'harmonie social. En fait, pour Keynes, il n'est pas possible d'agréger la somme des comportements pour comprendre l'évolution d'indicateurs nationaux. Lorsqu'ils placent les anticipations au cœur du comportement des agents économiques, il souligne le caractère fragile de l'hypothèse de rationalité des individus. Keynes considère que la rationalité est limitée car l'individu ne dispose pas de toutes les informations, il n'est pas forcément libre dans ses choix. Il rejète l'individualisme méthodologique qui définit l'individu comme un agent rationnel et calculateur. Au contraire, l'individu est influencé et influençable par son environnement, il est motivé par des << esprits animaux >> ( pour les philosophes, passion que l'on retrouve chez Hume ). Cela se traduit dans la prise de risque chez l'entrepreneur qui est également au cœur de la dynamique économique chez Schumpeter.

B) L'économie, une affaire de psychologie Keynes intervient au début du XXe siècle, dans un contexte bien particulier. Sur le plan économique, il analyse le devenir de la démocratie dans une société capitaliste. Pour lui, elle est d'autant plus fragile que le principe du circuit économique réside dans son instabilité. Le capitalisme par essence évolué par cycle, les fluctuations sont la règle. En outre, il analyse et conclu sur le caractère financièrement insupportable de ce traité. C'est pourquoi, il s'inscrit dans l'histoire de la pensée économique en étant favorable au libéralisme politique de l'école libérale et d'autres part, au caractère instable du capitalisme que l'on retrouve dans les écoles socialistes. Keynes propose alors une autre voie, celle de la réforme pour sauver le système capitaliste qui selon lui est le seul système compatible avec les libertés individuelles. Il voit donc dans le gouvernement un acteur principal dans la régulation du capitalisme. Il va proposer une main visible ( celle de l'Etat ) pour compenser les défaillances de la main invisible. En outre, Keynes élabore sa théorie dans un contexte intellectuel particulier. Le début du XXe siècle voit apparaître une nouvelle discipline : la psychologie et la psychanalyse. Keynes est alors fortement influencé par ces théories et en particulier la théorie de la foule de Le Bon. Il y a cette idée que l'individu évolué dans un contexte holiste. Il est fortement influencé par l'opinion et le comportement des autres agents économiques. L'individu imite ses congénères liées et influencées pars celle des autres. Il y a ici une limite forte à l'hypothèse de rationalité du comportement. Il existe des anticipations collectives qui provoquent des comportements spéculatifs et/ou des mouvements de panique. Ces anticipations sont à l'origine des comportements économiques. L'économie est avant tout << une affaire de psychologie >>. C'est la raison pour laquelle il faut agir sur les anticipations. C'est en cela que l'Etat a un rôle majeur dans le domaine économique, en cas de crise. L'Etat doit rendre les anticipations optimistes et c'est la raison pour laquelle ils se doit d'agir à la fois sur le plan budgétaire et sur le plan monétaire. Cependant cela ne doit être organisé qu'en cas de crise. Pour Keynes, lorsqu'une nation est en cycle de croissance, elle soit se constitué des excédants budgétaires et faire face à une récession future. L'approche de Keynes est conjoncturelle, l'intervention de l'Etat dépend directement de l'évolution du PIB d'un pays.

II) La révolution keynésienne : une intervention économique de l'Etat

A) La défense d'un déficit budgétaire

Pour expliquer le chômage, les libéraux observent le marche du travail et conclus à une absence de flexibilité par les prix et par l'existence des aides sociales. Le chômage ne peut être que volontaire.

- Sur le plan collectif, la fixité des salaires est le résultat d'une convention sociale qui dépend de la législation sociale, de la puissance des syndicats donc de la capacité à négocier les salaires.

- Sur le plan individuel, la théorie du Job Search insiste sur le lien entre la durée de recherche d'un emploi et le niveau des prestations sociales. Plus ce dernier est élevé, plus le salaire de réservation est important, et plus longue sera la recherche d'un emploi. En définitive, le chômage ne peut être que volontaire.

Keynes estime que cette explication est insuffisante et met en avant la notion d'équilibre de sous emploi. Il peut y avoir un chômage important et sous production en même temps et c'est la où une action sur les anticipations peut modifier la trajectoire du PIB. Pour Keynes, si il y a chômage, c'est parce qu'il n'y a pas assez de demande effective. En d'autres termes, un niveau d'investissement insuffisant, une consommation des ménages trop faible et des exportations ralenties. Keynes va donc proposer plusieurs outils pour agir sur cette demande anticipée, il va démontrer qu'une politique de déficit budgétaire peut être raisonnable en cas de crise économique.

La politique fiscale. Elle n'est pas neutre puisqu'elle agit directement sur le revenu disponible des ménages. Keynes est ainsi influencé d'une part par Ricardo et d'autre part par Marx. La distribution des revenus provoque des comportements économiques différents. Keynes introduit alors la notion de propension marginale à consommer pour expliquer comment la politique fiscale peut agir à court terme sur la croissance. La propension marginale à consommer indique l'arbitrage d'un ménage entre la consommation et l'Etat. Cette propension marginale à consommer n'est pas identiquement repartie au sein de la population. Elle est dotant plus forte que les revenus du ménage sont faibles. Autrement dit, la politique fiscale doit se concentrer sur les revenus les plus faibles. Il introduit ici le principe de la progressivité des aides sociales, autrement dit des aides sociales sous condition de ressources. La probabilité d'avoir un effet positif sur la croissance est dotant plus forte que les aides sociales se concentrent sur les individus ayant la plus forte propension à consommer. Keynes invite ici à réfléchir sur l'efficacité économique d'une mesure.

La politique budgétaire. Elle doit être extensive en période de récession, pour Keynes. On parlera de politique budgétaire discrétionnaire pour faire référence à cette stratégie de déficit public. En effet, l'Etat peut agir sur la demande effective en relançant l'investissement et la consommation. On dit que le budget de l'Etat est un instrument contra cyclique puisqu'il a comme objectif de réguler les cycles. En période de récession, l'Etat augmente les dépenses, en période de croissance, il cumule des excédants. C'est ce qu'on appelle aussi une politique de stop and go.

Remarque : si Keynes envisage la possibilité d'un déficit budgétaire par la réduction des impôts, il considère toute fois que l'efficacité économique de cette stratégie est limitée. Il ne suffit pas, pour Keynes de réduire le coût du travail pour inciter les entreprises à embaucher. Selon lui, le principal déterminant est la demande effective. Il faut donc agir directement sur leurs débouchés en proposant des perspectives d'investissements et/ou de consommation. En outre, l'efficacité d'une baisse d'impôt pour les ménages est efficace lorsque les ménages payent des impôts. Or ces derniers ont également la propension marginale à épargner la plus forte. La mesure est donc peut efficace.

Keynes met en avant le principe du multiplicateur qui permet un cercle vertueux. Une dépense publique initiale entraîne des dépenses privés c.-à-d. de l'investissement chez les entreprises et de la consommation chez les ménages. C'est la raison pour laquelle le facteur psychologique est important. L'optimisme de l'Etat se traduit par des dépenses supplémentaires. L'Etat démontre ainsi que cette dépense publique va entraîner ou provoquer de la croissance et que celle ci lui fournira les recettes publiques supplémentaires pour financer le déficit initial. L'Etat démontre qu'il

croit au retour de la croissance. À ce titre, Keynes ne se préoccupe pas du financement à court terme du déficit. Pour lui, si il y a croissance, il y a augmentation des recettes publiques :

- Une hausse de la consommation se traduit par une hausse de la TVA.

- Une hausse du pouvoir d'achat se traduit par une hausse de l'impôt sur le revenu.

- Une hausse de la production se traduit par une hausse des profits et donc les entreprises paye plus d'impôts sur les sociétés.

- Une hausse des embauches se traduit par une hausse des cotisations sociales.

Il existe toutes fois certaines hypothèses qui peuvent fragiliser l'efficacité du schéma keynésien.

-

Une hausse de la production n'aboutit pas forcément à une hausse des embauches. Keynes fait référence à des investissements en capacité alors que l'entreprise peut très bien augmenter sa production via des gains de productivité et/ou une substitution capital/ travail ( mécanisation, informatisation ).

-

Une hausse du pouvoir d'achat ne signifie pas hausse de la consommation et ce d'autant plus dans un contexte de crise économique. Les ménages peuvent êtes inciter à développer une épargne de précaution. Il peut également s'agir d'une épargne liée à des anticipations adaptatives : les individus anticipent la future hausse d'impôt destinée à financer le déficit initial. L'efficacité du lien pouvoir d'achat/consommation est directement liée à la confiance des ménages en l'Etat. Lorsque cette confiance est faible, les ménages ne croient pas en la capacité de l'Etat à provoquer un surcroît de croissance. Ils anticipent le futur déficit via une augmentation de leur épargne.

-

Une hausse de la consommation n'entraîne pas forcément une hausse de la production des entreprises nationales. L'efficacité de la relance par la consommation dépend directement de la propension à consommer ( on la veut la plus forte possible ) mais aussi de la propension marginale à importer ( on la veut la plus faible ). L'efficacité est donc d'autant plus côté dans une économie fermée.

B)

La coordination des politiques économiques

Keynes introduit l'intervention de l'Etat dans le cadre d'une crise économique. Cette intervention plaide en faveur d'une socialisation de l'investissement autrement dis, lorsque les anticipations sont pessimistes, l'action publique est légitime pour relancer une demande insuffisante. L'investissement public est envisagé à des fins contra cycliques puisque l'Etat augmente ses dépenses publiques lorsque la croissance est ralentie puis assenit ses finances lorsque la reprise est de retour. C'est donc une politique du stop and go à travers une politique de grands travaux. Pour Keynes, l'investissement est une forme de demande puisqu'elle relance les débouchés des entreprises. Cette politique prend la forme de grands travaux qui sont supposés avoir un effet d'entraînement également appelé effet multiplicateur. En réalité, lorsque Keynes pense la politique de déficit public, il insiste sur la nécessaire complémentarité entre politiques budgétaires et politiques monétaires. En effet, à la différence des libéraux, Keynes envisage un financement de l'économie basé sur l'endettement. C'est en cela que politique budgétaire et politique monétaire doivent êtres coordonnées. La politique monétaire désigne l'ensemble des actions menées par la banque centrale, elle concerne donc tant la masse monétaire que le taux d'intérêt. Ainsi lorsque Keynes plaide en faveur d'une augmentation du déficit public, il suggère d'agir à la fois sur la consommation et sur l'investissement. Ceci suppose deux choses :

La consommation doit être encouragée, l'épargne est considérée comme une fuite qui réduit l'efficacité du multiplicateur. C'est la raison pour laquelle le taux d'intérêt doit être faible, la politique de la banque centrale doit alors agir dans ce sens pour maximiser la relance par la consommation.

La question du financement de la dépense publique supplémentaire. Si l'Etat augmente les impôts, il réduit le pouvoir d'achat et de se fait l'efficacité de la relance. Keynes propose donc de monétiser la dette, ce qui signifie que la banque centrale augmente la masse monétaire et contribue ainsi au financement de l'Etat.

Keynes s'oppose alors à l'indépendance de la banque centrale. Il faut coordonner politique budgétaire et politique monétaire. C'est en cela qu'il réfute le principe de neutralité monétaire de JB Say ( la monnaie n'est qu'un voile ). Au contraire pour Keynes la monnaie n'est pas neutre. Elle est une arme économique. L'économie monétaire ( la finance ) influence l'économie réelle ( la production, la consommation ). D'ailleurs lorsque la banque centrale décide d'augmenter la masse monétaire,le agit sur la valeur de la monnaie nationale. Une création monétaire aboutit à une baisse de la monnaie nationale ( dépréciation ). Celle ci amélioré la compétitivité prix des produits nationaux, les exportations sont moins chères. Il y a donc une action sur les débouchés potentielles des firmes nationales qui augmentent leur production et leurs investissement. Aujourd'hui, cette question de la non neutralité monétaire reste ouverte puisque la stratégie de la banque centrale européenne repose sur une politique de l'euro fort. Il y a l'idée qu'une monnaie fort est synonyme d'une monnaie stable. Cette stabilité lui assure une crédibilité donc de la confiance de la part des agents économiques. D'autres pays,comme les États Unis et la Chine, agissent sur la valeur de leur monnaie via une politique monétaire expansive. Une monnaie faible favorise une hausse de la production nationale. Dans le cadre européen, l'indépendance de la banque centrale européenne ne permet pas aux États de financer un déficit public par la création monétaire. En conséquence de quoi, pour se financer les États n'ont pour alternative que d'augmenter les impôts et/ou d'émettre des bons du trésor ( endettement de l'Etat auprès des particuliers : les épargnants ). On se retrouve ici au cœur d'une querelle théorique qui oppose la Currency School et la Banking School. Il s'agit en fait de deux formes de financement de l'économie. Dans la Currency School, on retrouve cette idée que << l'industrie est limitée par le capital >> de JS Mill, autrement dit l'épargne finance les projets d'investissement. Le niveau d'épargne conditionne le volume des investissements. On se situe ici dans le cadre des marchés financiers où les épargnants échangent avec des investisseurs : une partie de l'épargne en contre partie d'une rémunération, d'une action ou d'une obligation. Lorsque l'épargne est inférieure à l'investissement, le taux d'intérêt va augmenter. Il s'agit ici du taux d'intérêt de long terme. Dans le cadre de la Banking School, il s'agit de s'affranchir de la contrainte liée au niveau d'épargne en proposant une émission de monnaie qui ne soit pas directement liée à un niveau d'épargne. Il s'agit d'une économie d'endettement où les banques ont le pouvoir d'accorder des crédits non pas en fonction des dépôts disponibles mais en s'adressant directement à la banque centrale. Celle ci a le pouvoir de création monétaire sans contre partie. On dit qu'il y a une création ex-mihilo de la monnaie. Dans cette économie de l'endettement, les banques définissent le principe suivant : << les crédits font les dépôts >>. Keynes s'inscrit pleinement dans cette économie de l'endettement puisque pour être efficace la consommation doit être facilitée par une politique monétaire. C'est pourquoi une politique de déficit budgétaire implique une politique monétaire assouplie ( expansive ). La banque centrale peut alors agir :

- Soit directement en augmentant la quantité de monnaie en circulation ce qui entraîne de façon conjointe une dépréciation de la monnaie nationale et une facilitation du crédit.

- Soit indirectement par le biais du taux d'intérêt ( le taux d'intérêt de la banque centrale = taux directeur qui est un taux à court terme ). En effet, une baisse du taux d'intérêt agit sur la rentabilité des projets d'investissement. Cette baisse améliore ce que Keynes appelle l'efficacité marginale du capital. Cette hausse va encouragée la réalisation de nouveaux plans d'investissement qui deviennent rentables. Par ailleurs, la baisse du taux d'intérêt réduit l'attractivité de l'épargne et contribue à augmenter les dépenses de consommation.

En définitive, ce que Keynes propose est de mener de façon conjointe la politique monétaire et la politique budgétaire. On parle d'un policy-mix. Concernant le caractère soutenable de la dette, Keynes écrit << à long terme, nous sommes tous morts >>. Autrement dit, la dette n'est pas un poids pour la société puisqu'il suffit de manipuler la quantité de monnaie en circulation pour financer l'Etat. En outre, Keynes envisage le cas où cette augmentation des crédits disponibles aboutie à une hausse de l'inflation mais pour lui, l'inflation peut être envisagée de façon positive dans le sens où l'inflation réduit la valeur réelle de la dette. Elle réduit donc le poids financier transmis aux générations futures. L'inflation est un moyen d'effacer la dette. De plus, pour Keynes, les variables monétaires influencent les variables réelles.

Autrement dit, l'investisseur prend en considération on seulement l'efficacité marginale du capital mais également le taux d'intérêt réel. Ce dernier correspond à la différence entre le taux d'intérêt et le taux d'inflation. Ainsi, lorsque le taux d'intérêt est inférieur au taux d'inflation, on dit que les taux d'intérêts réels sont négatifs. Un investisseur à tout intérêt à réaliser son investissement et à le financer par crédit. Aujourd'hui, dans la zone euro, les faibles taux d'inflation réduisent l'attractivité des investissements puisque les taux d'intérêts réels sont positifs. Pour Keynes, l'inflation est préférable à la déflation. C'est la raison pour laquelle, la banque centrale devrait avoir pour objectif le plein emploi. Aujourd'hui, la question de l'opportunité d'une relance keynésienne fait débat dans la zone euro. En effet, si dans les années 70, la relance keynésienne a été efficace et a été l'un des moteurs des trente Glorieuses, elle est aujourd'hui limitée par certains aspects. Pour Krugman, il existe deux principaux freins en Europe :

- Le premier fait référence à l'indépendance de la banque centrale. En effet, à la différence de la FED ( banque centrale américaine ), la BCE n'a comme objectif que la lutte contre l'inflation et la stabilité de l'euro. Ces objectifs sont d'ailleurs inscrits dans le traité de Maastricht ( 1992 :

signature ). Ces objectifs assurent la crédibilité de la politique monétaire mais la contraignent à une politique monétaire restrictive autrement dit, un euro fort signifie contrôle de la masse monétaire et par effet d'entraînement taux d'intérêt plus élevé. Cette indépendance contraints également les États à recourir à d'autres moyens de financement que la monétisation. L'Etat doit s'adresser aux marchés financiers c.-à-d. aux épargnants nationaux et internationaux. Or pour rassurer ses épargnants, Krugman insiste sur le rôle que joue les agences de notations. Celles ci, en accordant une note à un pays, visent à agir sur la prime de risque exigée par les épargnants. Au contraire au États Unis, il existe un dispositif qu'on appelle le QE ( Quantitative Easy ) qui permet aux États de se financer directement auprès de la banque centrale via une augmentation de la masse monétaire. Pour Krugman, cette facilité de se financer laisse une plus grande latitude dans la définition du caractère soutenable de la dette publique.

- Krugman met en avant la propension à importer. Celle ci est plus forte que dans les trente Glorieuses. L'efficacité de la relance keynésienne est donc plus faible dans des économies ouvertes puisqu'une partie de la consommation se traduit par des importations. On dit que la relance est exportée. À ce titre, la construction européenne a réduit l'opportunité d'une relance keynésienne puisque le traité de Rome ( 1957 ) se construit autour d'une liberté de circulation des marchandises, des personnes et du capital. Une relance keynésienne doit être coordonnée au niveau européen. Si un seul pays développe une stratégie de déficit budgétaire, il court le risque de voir apparaître un double déficit : une aggravation de la dette publique et une augmentation du déficit de la balance commerciale.

En outre, Krugman insiste sur la difficulté à préserver l'indépendance de la banque centrale dans un contexte mondialisé. On retrouve ces éléments dans le triangle d'incompatibilité de Mundell et Fleming qui met en avant l'impossibilité pour un État d'atteindre les trois objectifs suivants :

- La stabilité d'une monnaie dans un régime de change fixe.

- L'autonomie de la politique monétaire.

- La libre circulation des capitaux.

Ainsi lorsque la banque centrale décide de réduire son taux d'intérêt pour relancer les crédits, donc l'investissement et la consommation, elle continue également à la fuite des capitaux. En effet, l'épargne disponible se dirige vers les endroits où les taux d'intérêts sont les plus attractifs. Dès lors, cette fuite des capitaux se traduit par une vente de la monnaie nationale et une demande de devise; il y a donc baisse de la valeur de la monnaie nationale qui remet en cause le principe de la stabilité de la monnaie. Il en est de même lorsque le solde de la balance commerciale est déficitaire. Des importations supérieures aux exportations se traduisent par une fuite des capitaux. La seule possibilité dans ce cas pour assurer la stabilité de la monnaie est que la banque centrale dispose de réserves de devises suffisantes pour satisfaire les demandes de conversion mais cale n'est possible que si la banque centrale à accumuler des réserves de devise grâce à une balance commerciale excédentaire. Il y a donc incompatibilité entre les trois objectifs ce qui contribue, pour

Krugman, à une fragilité de la zone euro. Néanmoins, il ne suffit pas toujours de mener une politique monétaire expansive pour relancer la croissance. C'est le cas du Japon qui depuis les années 90 se situe dans un état stationnaire où la croissance est proche de 0 avec un risque de déflation important. La banque centrale a réduit les taux d'intérêt qui sont proches de 0. La dette publique atteint les 200% du PIB. Toutefois, la relance de la consommation et de l'investissement ne s'observe pas. On dit que le pays se situe << dans une trappe à iniliquidité >> puisque même un taux d'intérêt nul n'insiste pas les agents à réduire leur épargne ou à accroître leur crédit. Autrement dit, une seule action sur la demande ne suffit pas à relancer la croissance. Il y a, dans les sociétés contemporaines, selon Malinvaud, un mélange entre chômage keynésien et chômage libéral. Pour être efficace, il faut donc agir conjointement sur les facteurs de la demande ( perspective de débouchés ) et de l'offre ( attractivité de l'investissement.

Conclusion :

Selon la théorie de la productivité différentielle, il existe une différence entre un service public et un service marchand. D'ailleurs, déjà Smith admettait la nécessaire production de biens utiles à la collectivité et ce malgré la faible rentabilité de ce service. Autrement dit, il existe de services publics, une production non marchandé qui nécessite davantage de main d'œuvre et où la substitution capital/travail est plus difficile à mettre en œuvre. Le différencier de productivité entre le public et le privé est ainsi un facteur explicatif de la hausse de la dépense publique. Pour Musgrave, en 1959, l'Etat à trois fonctions principales.

- La fonction d'affectation ou d'allocation des ressources qui fait directement référence à une production non marchande et/ou à une régulation des externalités. L'Etat doit réguler les externalités. Ainsi pour la théorie de la croissance endogène, les infrastructures publiques permettent à l'économie marchande d'être plus productive. Il y a donc des externalités positives difficilement mesurables mais qui justifie un certain niveau de dépense publique; ex : une population qui est mieux instruite ou en bonne santé va être plus productive. Ces gains de productivité bénéficié au secteur marchand qui n'a pas forcément contribué à cette instruction. De la même manière l'Etat devra limiter les externalités négatives par exemple par le biais du principe de pollueur payeur de Pigou.

- Une fonction de régulation de la conjoncture économique. Nous retrouvons ici le principe de la relance économique de Keynes. Cette intervention est conjoncturelle dans le sens où le budget de l'Etat est utilisé de manière contra cyclique ( une hausse des dépenses en cas de crise ou de ralentissement ).

- L'Etat peut influencer la distribution des revenus et des patrimoines. Il poursuit alors un objectif de justice sociale dont la définition diffère selon les pays. On retrouve ici la notion d'Etat providence qui s'affranchit de la conception libérale d'un État gendarme. L'Etat ne se limite plus au simple fonction de la police, de l'armée et de la justice.

Historiquement, différentes formes d'Etat providence se sont mis en place même si initialement deux grandes traditions peuvent êtres mises en avant. Tout d'abord un système bismarckien qui se construit à la fin du XIXe autour des assurances sociales. F.Ewald démontre que la protection sociale des salariés est intimement liée à l'industrialisation des sociétés. A ce titre, les accidents du travail y trouve une place toute particulière. Elle modifie également la définition de la responsabilité telle qu'elle est traditionnellement posée dans le code civil. En effet, on passe d'une responsabilité individuelle à une responsabilité collective, partagée entre l'employeur et le salarié ( un régime sans fautes ). Les assurances sociales se définissent ainsi. Il s'agit d'une compensation vis à vis de certains risques sociaux comme la maladie et le chômage, la vieillesse. D'ailleurs, le compromis fordisme des trente Glorieuses contient en son sein l'idée que les assurances sociales représentent un complément en nature du salaire. Pour Ewald, la généralisation des assurances sociales a contribué à l'acceptabilité des risques sociaux induits par l'industrialisation. Il y a donc compensation en cas de réalisation d'un risque.

Le modèle de Beveridge au contraire définit une autre forme d'Etat providence. Dès 1942, Beveridge propose une conception universelle des droits sociaux. C'est le principe des trois U :

Universalité, Uniformité et Unité. ( Universalité : le droit social repose sur la citoyenneté ;Uniformité fait référence à une égalité et Unité fait référence à un état centralisé qui devient le représentant de l'intérêt général ). Il y a dans l'idée de Beveridge un système basé sur la solidarité nationale que l'on retrouve dans l'idée du Welfare State ( que l'on oppose au principe du Worfare dans lequel il existe une réciprocité entre le droit et le bénéficiaire ).

Recherche d'une justice sociale. Elle est d'autant plus forte que la construction des États providence a accompagné l'industrialisation des sociétés. En effet, durant la deuxième révolution industrielle, on voit apparaître une trappe à pauvreté. C'est pourquoi la recherche de la justice sociale permet de répondre au problème de la paupérisation d'une partie de la société. Il reste néanmoins à définir le contenu de la justice sociale autrement dit, toutes les inégalités sont- elles forcément injustes ? Pour Hayek, la justice sociale est une construction politique. Elle vise l'égalité afin de construire une société plus juste. Il existe cependant plusieurs définitions de l'égalité. L'école libérale met en avant le principe de l'égalité en droit, de l'égalité devant la loi. C'est d'ailleurs cette égalité qui est reprise dans la déclaration universelle des droits de l'Homme. On oppose souvent à cette égalité en droit, une égalité matérielle. Autrement dit, l'égalité en droit est avant tout une égalité de moyen alors que l'égalité matérielle fait référence à une égalité de résultat. L'égalité devant la loi s'articule autour d'un principe universel alors que l'égalité matérielle implique ce que J. Rawls appelle un principe de différence qui se traduit par la mise en place de mesure inégalitaire en vue d'obtenir l'égalité ( discrimination positive ). Pour Tocqueville, il existe dans les sociétés démocratiques un paradoxe puisque plus les inégalités se réduisent, et plus le sentiment d'injustice augmente. Il y a en outre un difficile arbitrage entre la liberté et l'égalité puisque lorsque l'Etat recherche un égalité entre les individus cela se traduit souvent par une restriction des libertés individuelles. Or pour obtenir cette égalité, l'Etat se comporte comme << un tirant bien veillant >>. Les individus acceptent de restreindre une partie de leur liberté individuelle au profit de la collectivité. Cependant Tocqueville insiste sur le caractère contingent de cette acceptation du principe de délégation des pouvoirs. Pour lui, il existe des États qui privilégient la liberté individuelle alors que d'autres privilégient le principe d'égalité.

CH 4 : L'école néoclassique

Les néoclassiques interviennent au XXe siècle et renouvellent la pensée libérale. Ils critiquent vivement la révolution keynésienne en affirmant le principe de libre concurrence comme étant le moyen le plus efficace de réguler l'économie. Au final, la querelle théorique porte essentiellement sur le rôle de l'Etat et l'efficacité économique d'une éventuelle intervention. Cependant, l'école néoclassique regroupe des courants très divers comme l'ultra libéralisme qui se situe très proche du courant anarchiste mais aussi l'école du bien être qui est favorable à une intervention de l'Etat. En d'autres termes, s'il s'agit de dénoncer une intervention économique de l'Etat, l'école néoclassique réaffirmé dans sa grande majorité la nécessité d'un État minimal. L'état doit alors assurer toute les conditions pour que les libertés individuelles et libertés économiques puissent s'épanouir. C'est en cela que l'école de la croissance endogène ( avec des tuteurs comme Romer et Lucas ) affirme la nécessité de dépense publique structurelle en matière d'éducation et de recherche.

A) Les justifications d'un État minimal

Les néoclassiques reprennent le principe de l'Etat gendarme des libéraux car celui ci apparaît comme un agent nécessaire au bon fonctionnement d'une économie de marché. C'est en cela que l'intervention de l'Etat se justifie par trois arguments :

- L'Etat doit remédier aux imperfections du marché en produisant des biens utiles à la collectivité mais insuffisamment rentable pour être prise en charge par le secteur privé.

- L'Etat doit assurer la pérennité du principe de la concurrence grâce à une politique anti trust de contrôle des monopoles et de déréglementation.

- L'Etat doit veiller à la paix sociale en garantissant à chaque individus un minimum de ressources. C'est ce qu'on retrouve chez Beveridge à travers la notion d'universalité des prestations sociales.

1)

Il existe deux types de défaillances qui démontrent l'inefficacité de la main invisible d'Adam Smith. Il s'agit d'une part des effets externes et d'autres part des biens publics. La fonction externe a été mise en avant dans les années 20 par des auteurs comme Pigou ou Marshall. L'effet externe ou externalités est une situation où le comportement d'un agent affecte le bien être d'un autre agent sans que cette interaction ne transite par le marché. L'externalité n'apparaît pas dans le mécanisme de prix. Il y a donc une distorsion dans la répartition des droits de propriété puisque l'agent responsable de l'externalité n'est pas responsabilisé dans son comportement. Or l'efficacité du marché de la main invisible repose sur le principe de propriété privé. Le prix reflète la vraie valeur de l'échange. Les externalités remettent en cause ce principe d'appropriation ainsi, dans le cas d'une externalité positive, un agent voit son utilité augmentée alors qu'il n'a pas contribué financièrement à celle ci. Dès lors, il s'agit de restaurer ce principe de propriété en internalisant les coûts externes de manière à restaurer la relation entre prix et valeur de l'échange. Ainsi Meade et Pigou réaffirment la nécessaire intervention de l'Etat pour réguler ces externalités. Il s'agit par exemple de créer une taxe sur le pollueur de manière à faire révéler le vrai coût des émissions polluantes. Théoriquement cette taxe devrait être égale au coût ( environnemental et sanitaire ) de cette externalité. L'idée de ce principe du pollueur payeur est d'agir indirectement sur le comportement des agents puisqu'il ne s'agit pas d'interdire une substance mais d'influencer les comportements à travers le mécanisme du prix. Un prix élevé détourne l'agent de l'activité polluante au profit d'une activité qui l'est moins. Concernant les externalités positives, il s'agit au contraire de les subventionner de manière à inciter les agents à développer ce type d'activité. Quoi qu'il en soit, ce type de solution réaffirme la décentralisation des choix puisque au final l'individu reste libre dans son comportement. L'Etat ne faut que orienter le choix à travers un prix plus transparent. Sur le plan méthodologique, il existe cependant différents problèmes d'application. Si le prix doit intégrer le coût de cette externalité, il n'en reste pas moins d'évaluer la vraie valeur de la taxe. Théoriquement, la taxe est égale au coût social de l'externalité. C'est la raison pour laquelle ce principe d'internaliser les externalités restent difficile à mettre en place. Elle se traduit souvent par une décision unilatérale de l'Etat. C'est la raison pour laquelle Coase propose en 1960 le principe des droits à polluer. Il suffit que l'Etat attribue la ressource qui est à l'origine des externalités aux différents acteurs qui ensuite se les échangent sur un marché. C'est ce principe que l'on retrouve dans le protocole de Kyoto signe en 1997 ou encore dans la Clear Air Act aux États Unis crée en 1990. C'est un système qui repose sur des permis négociables dans le sens ou chaque détenteurs est permis d'être doté de droit ou de permis, définit sur la base d'émissions passées. Ces permis sont alors utilisés ou revendus sur un marché. L'objectif de ce dispositif est d'insister les pollueurs à investir dans des processus de production moins polluants afin de leur permettre de revendre le surplus de permis. C'est la raison pour laquelle, ces permis sont dis négociables. Ils réaffirment le principe du marché. Il existe une deuxième défaillance du marché dans le cadre des biens collectifs. D'ailleurs, Adam Smith insistait déjà sur la nécessité d'une intervention publique de l'Etat en matière d'infrastructure et d'instruction publique. Il s'agit de biens collectifs Dans le sens où l'usage du bien par un agent n'exclut pas l'usage simultané par d'autres agents. Il y a indivisibilité de l'usage. Or pour Samuelson le libre jeu du marché conduit à une situation optimale puisque chaque individus à tout intérêt à se comporter en passager clandestin. Il prend usage du bien sans pour autant contribuer financièrement à la production de ce bien. C'est la raison pour laquelle l'Etat doit intervenir en prélevant un impôt pour le financer. Dans ce cadre la les pouvoirs publics disposent d’un monopole même si le principe du monopole public est parfois contesté par d'autres néoclassiques. Ainsi pour l'école du Public Choise ( Buchanan, Tullock ), l'efficacité de la production publique reste très faible en raison de l'apparition d'une rente du monopole. Celle ci réduit l'initiation à innover et conduit parfois à un prix élevé.

Il revient à l'Etat de remédier aux défaillances du marché

2) Il revient à l'Etat de veiller à la concurrence du marche

L'Etat doit ici favoriser la concurrence car le prix issu de la concurrence est inférieur au prix du monopoleur. Par conséquent, la quantité offerte en concurrence est supérieure à celle produite par le monopole. En réalité, il s'agit simplement d'un transfert de surplus de prix du producteur vers le consommateur. Le principe de concurrence est donc favorable au consommateur en terme de prix et incite les firmes à renouveler leur offre par le billet d'investissement . L'Etat doit mener une politique de la concurrence en contrôlant la concentration des marchés et au besoin démanteler les monopoles publics. On retrouve ces principes de concurrence dès la fin du XIXe aux États Unis dans l'acte fondateur Sherman Act ou en 1957 dans le traité de Rome qui met en avant la notion d' << abus de position dominante >> et qui condamne les ententes entre firmes ce principe est d'ailleurs réaffirmé en 1980 par les libéraux de l'école de Chicago qui insiste sur les bienfaits de la déréglementation des marchés. Cette école à fortement influencé les stratégies de déréglementation aux États Unis, au Royaume Uni mais aussi en Europe.

B) Les néoclassiques, un renouvellement de la pensée classique

Il existe des points communs entre l'école libérale et l'école néoclassique puisqu'elle fonde leur approche autour des principes du libéralisme politique et par conséquent de la primauté des libertés individuelles, de la libre concurrence et des principes économiques qui en découlent comme la loi des débouchés et la neutralité de la monnaie. Il s'agit avant tout de décentralisé le niveau de décision au niveau de l'individu. Il existe cependant certains points de rupture.

- Le passage d'une valeur objective à une valeur subjective. Pour les classiques, le travail définit la valeur des choses. Plus une marchandise incorpore une quantité de travail importante, plus sa valeur est élevée. D'ailleurs Marx reprend cette approche puisque sa définition de la plus value se concentre autour de la non restitution des gains de productivité du travail aux salariés. Pour les néoclassiques, la valeur d'une marchandise ne dépend pas du travail mais de son utilité. On passe ainsi d'une approche objective à une approche subjective de la valeur des marchandises puisque l'utilité est le résultat d'une perception par les individus. L'approche n'est plus fondée sur les facteurs d'offre ( coût de production ) du fait du facteur travail mais se concentre sur la demande ( l'intensité de la satisfaction ressentie par le consommateur ). Cette transformation du raisonnement implique d'une part l'incorporation des théories de psychologie en économie. On parlera du subjectivisme autrichien et d'autre part ce qui importe ce n'est pas l'utilité totale d'une consommation mais au contraire l'utilité du bien supplémentaire consommé. Le raisonnement est dis marginaliste puisque c'est l'utilité marginale qui détermine le comportement de l'agent économique.

- Les néoclassiques transforment le statut de l'économie. Au préalable, l'économie était politique dans le sens où il s'agissait de fournir les meilleurs politiques économiques permettant d'assoir la puissance d'un État. Les néoclassiques transforment cette politique en science économique. Il y a donc cette idée de trouver des mesures universelles permettant de s'appliquer à toutes les situations. L'approche devient alors statique puisqu'il s'agit de définir les conditions permettant d'atteindre un équilibre général. C'est ainsi que Walras modélise cet équilibre général : il est atteint lorsque sur chaque marché, l'offre est égalé à la demande. Or comme les marchés sont inter-dépendants, il est nécessaire de laisser le principe de la concurrence réguler l'ensemble des marchés. Ainsi l'équilibre sera atteint par tâtonnement puisque au fur et à mesure les prix s'adaptent aux quantités. Pareto modifie la conception de l'équilibre en introduisant la notion de optimum. L'équilibre est une situation purement économique alors que l'optimum cherche à prendre en compte le caractère social de l'équilibre. L'équilibre économique peut aboutir à une situation socialement injuste. C'est la raison pour laquelle il propose d'introduire l'Etat par le biais d'une fonction de redistribution des richesses pour rendre compatible l'équilibre avec l'optimum. C'est pourquoi il définit l'optimum comme une situation où il n'est plus possible de modifier le bien être d'un individu sans détériorer le bien être d'un autre individu. Cependant, Pareto considère que la définition du contenu de cette répartition ne relève pas des prérogatives de l'économie. Il crée ainsi une césure entre l'économie qui doit définir les meilleurs façons d'allouer les ressources disponibles alors que le politique se doit de définir ce qui est le plus juste ou acceptable d'un point de vue social.