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Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme

d’ingénieur d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Sujet : Dégradation des grands collecteurs


d’assainissement et techniques non destructives de
leur réhabilitation

Encadré par : Réalisé par :

 Mr. PONCET Eric (BEAm)  Mme BOUTADGHART Maryem


 Mr. EL AGAL Tahar (TecoD)  Mlle CHERRADI Majda
 Mr. ASMLAL Lmahfoud (EHTP)
3ème IVE, EHTP

Juin 2012
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Résumé :
Même si les investissements liés au développement de l’urbanisation et des
équipements sont colossaux, la maîtrise du vieillissement et de la défaillance des
infrastructures urbaines est restée négligée jusqu’à une période récente.

Pour remédier aux désordres constatés sur les collecteurs d’assainissement, deux
solutions sont possibles: le remplacement de l’ouvrage défectueux ou sa réhabilitation.
Toutes deux ont leur place dans un processus de remise en état, mais la réhabilitation
constitue la solution techniquement et économiquement adaptée.

Dans notre projet, nous allons mettre les lumières sur les défaillances des collecteurs
d’assainissement visitables et sur les différentes techniques de leur réhabilitation.

Pour ce, nous avons réparti ce projet, intitulé « dégradation des grands collecteurs
d’assainissement et techniques non destructives de leur réhabilitation », en deux grands
chapitres. Le premier consiste en une synthèse bibliographique qui traite les points suivants :

1. l’importance et le rôle que jouent les réseaux d’assainissement dans le


développement de l’urbanisation et la réduction des pollutions ;
2. la situation du secteur d’assainissement au Maroc et les efforts déployés par l’Etat
pour rattraper le retard accumulé dans sa gestion ;
3. les causes et les conséquences de la dégradation des grands collecteurs ;
4. les techniques d’auscultation et de réhabilitation du patrimoine assainissement.

La gestion patrimoniale des réseaux d’assainissement permet d’agir à bon escient, au


bon endroit et au bon moment, afin de prolonger la durée de vie des infrastructures en
améliorant leurs performances. Et ainsi, transmettre aux générations futures des ouvrages en
bon état et une base de données riche et fiable sur leur situation.

C’est dans ce cadre que s’inscrit le deuxième chapitre de notre travail, qui se voit un
guide pratique dans le domaine de la gestion et la maintenance des réseaux d’assainissement.
Pour le développer, il nous a été confié de :

1. élaborer une méthodologie d’évaluation et de priorisation des collecteurs


d’assainissement en dégradation.
2. appliquer cette méthodologie sur 11,5km, soient 6 collecteurs de réseaux de la ville
de Marrakech ;
3. diagnostiquer les collecteurs en question et préconiser des solutions de
réhabilitation techniquement et financièrement adaptées à chaque cas;
4. en fin, vérifier les sections des tronçons réhabilités des différents collecteurs, par un
calcul hydraulique et estimé le budget nécessaire pour la réalisation des travaux.

Ainsi, notre mémoire, réalisé sur la base de ce fil conducteur, se veut une référence
bibliographique et pratique pour la réalisation de tout projet d’évaluation et de réhabilitation
des dégradations d’un réseau d’assainissement visitable.

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d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Dédicace :

Nous dédions ce travail


A nos parents pour leur amour, leur affection, leur
soutien et leurs sacrifices pour notre éducation et notre
formation,
A nos chères frères et sœurs
A toutes nos familles
A tous nos amis et nos collègues
A tous ceux qui nous aiment

Majda CHERRADI
Maryem BOUTADGHART

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d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Remerciements :

Nous tenons à remercier dans un premier temps, toute l’équipe pédagogique de l’Ecole
Hassania des travaux publics, et tous les intervenants professionnels responsables de la
formation à l’école.

Nos vifs remerciements à Monsieur Tahar EL AGAL et Monsieur Eric PONCET, nos
encadrants externes, ils nous ont fait l’honneur d’accorder et d’encadrer notre travail de fin
d’études. Nous tenons à leur exprimer notre profonde reconnaissance pour leur disponibilité,
leurs conseils toujours pertinents et pour leurs soucis permanent quant à l’avancement et la
qualité de notre travail.

La réussite de notre projet tient aussi à notre encadrant interne, Monsieur Lmahfoud
ASMLAL, qui n’a ménagé aucun effort pour nous permettre de mener à bien notre travail,
ainsi que pour tous les conseils qu’il nous a prodigués tout au long de notre PFE, nous le
remercions chaleureusement pour sa disponibilité, ses recommandations et ses conseils
précieux.

Nous exprimons par la même occasion notre gratitude à Monsieur Julien BOISSON et son
équipe de l’agence sud pour le temps qu’ils nous ont accordé et pour leurs précieux conseils,
ainsi qu’à Monsieur Mohsine LAMZANI et tout le personnel de l’usine de BEAm à Ain Atiq
pour leurs explications très utiles. Nous remercions aussi tous les employés de BEAm qui
nous ont accueillis dans leur bureau tout au long de notre stage.

Nous tenons à remercier également tous les membres du jury pour leur bienveillance à
vouloir évaluer notre travail.

La liste n’est pas exhaustive. Que toutes les personnes ayant participé de près ou de loin à
l’établissement de ce travail, en soient remerciées.

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Sommaire :
Première partie : partie théorique

I. L’assainissement liquide : ................................................................................................. 14


1. Bref historique : ............................................................................................................ 14
2. Objectifs : ...................................................................................................................... 15
3. Critères de Choix d’un système d’assainissement : ...................................................... 15
4. Types des systèmes de collecte : ................................................................................... 15
4.1. Réseau unitaire : ..................................................................................................... 15
4.2. Réseau séparatif : ................................................................................................... 16
4.3. Réseau pseudo-séparatif ou mixte : ....................................................................... 17
5. Caractérisation des effluents urbains : .......................................................................... 17
5.1. Les matières en suspension (MES) ........................................................................ 18
5.2. Les composés oxydables (DCO) ............................................................................ 18
5.3. Les composés biodégradables (DBO) .................................................................... 18
5.4. L’azote (NGL et NK) ............................................................................................. 18
5.5. Le phosphore .......................................................................................................... 19
5.6. Ordre de grandeur pour les eaux résiduaires urbaines : ......................................... 19
5.7. Ordre de grandeur pour les eaux pluviales : .......................................................... 19
6. Matériaux des canalisations d’assainissement : ............................................................ 19
6.1. Amiante-ciment : ................................................................................................... 20
6.2. Béton non armé : .................................................................................................... 20
6.3. Béton armé préfabriqué :........................................................................................ 20
6.4. Tuyaux CAO .......................................................................................................... 21
6.5. Tuyaux PRV : ........................................................................................................ 21
6.6. Tuyaux PVC : ........................................................................................................ 22
6.7. Tuyaux en fibre-ciment : ........................................................................................ 22
7. Calcul des diamètres : ................................................................................................... 23
7.1. Diamètres des conduites : ...................................................................................... 23
7.2. Conditions de fonctionnement d’un réseau :.......................................................... 23
II. Le secteur d’assainissement au Maroc : ........................................................................ 24
1. Le mode d’assainissement :........................................................................................... 24
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2. Le type d’assainissement :............................................................................................. 24


3. Le raccordement au réseau d’assainissement : .............................................................. 24
4. Linéaire du réseau : ....................................................................................................... 25
5. L’état des réseaux d’assainissement :............................................................................ 25
6. Gestion de l’assainissement liquide au Maroc : ............................................................ 25
7. Le Programme National d’Assainissement (PNA) : .................................................... 26
7.1. Constats et situation actuelle :................................................................................ 26
7.2. Contexte général : .................................................................................................. 26
7.3. Quelques avancés : ................................................................................................. 26
7.4. Objectifs : ............................................................................................................... 26
7.5. Cible du programme : ............................................................................................ 27
7.6. Consistance du programme : .................................................................................. 27
7.7. Coût du programme : ............................................................................................. 27
7.8. Mise en œuvre et mesures d’accompagnement : ................................................... 27
III. Gestion du patrimoine et contraintes d’exploitation : ................................................... 27
1. Gestion patrimoniale des systèmes d’assainissement : ................................................. 28
1.1. Les enjeux : ............................................................................................................ 28
1.2. Consistance : .......................................................................................................... 28
1.3. Les avantages de la gestion patrimoniale pour la collectivité ................................ 28
1.4. Démarche d’une gestion patrimoniale : ................................................................. 29
2. La maintenance des réseaux d’assainissement: ............................................................. 29
2.1. L'entretien des équipements et le contrôle du service : .......................................... 29
2.2. Méthodes actuelles de maintenance des RAU (Réseaux d’Assainissement
Urbains) : .......................................................................................................................... 30
3. Diagnostic du réseau : ................................................................................................... 32
3.1. Le pré-diagnostic : ................................................................................................. 33
3.2. Diagnostic classique du réseau d’assainissement : ................................................ 33
3.3. Le concept de diagnostic permanent ...................................................................... 34
3.4. Le rôle des SIG dans la gestion du patrimoine assainissement : ........................... 36
IV. Les causes de dégradation des ouvrages d’assainissement : ......................................... 36
1. Risques géotechniques et hydrogéologiques : ............................................................... 36
1.1. Entrainement de fines : .......................................................................................... 36
1.2. Tassement: ............................................................................................................. 37

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1.3. Dissolution : ........................................................................................................... 38


1.4. L’effondrement dû au vide :................................................................................... 38
1.5. Gonflement-retrait : ............................................................................................... 39
1.6. Glissement de terrains : .......................................................................................... 40
1.7. L’éboulement rocheux : ......................................................................................... 40
2. Risques hydrauliques (liés à l’effluent) :....................................................................... 40
2.1. Action mécanique et physico-chimique de l’effluent ............................................ 40
2.2. Action hydraulique : .............................................................................................. 42
3. Risques structurels : ...................................................................................................... 42
3.1. Les charges statiques et dynamiques : ................................................................... 42
3.2. Maintenance : ......................................................................................................... 43
3.3. Construction : ......................................................................................................... 43
4. Risques d’impact du milieu : ......................................................................................... 43
4.1. Interaction avec les usages de surfaces : ................................................................ 43
V. Les défaillances possibles d’un réseau d’assainissement :............................................ 44
1. Les cassures / Les fissures :........................................................................................... 44
1.1. Définitions : ........................................................................................................... 44
1.2. Conséquences : ....................................................................................................... 45
2. L’effondrement : ........................................................................................................... 45
3. Les déformations : ......................................................................................................... 45
3.1. L’affaissement : ..................................................................................................... 46
3.2. L’ovalisation : ........................................................................................................ 46
4. Les défauts d’étanchéité : .............................................................................................. 46
4.1. L’infiltration :......................................................................................................... 46
4.2. L’exfiltration : ........................................................................................................ 46
4.3. Suintement : ........................................................................................................... 47
4.4. Concrétion : ............................................................................................................ 47
4.5. L’usure : ................................................................................................................. 47
4.6. Dégradation du béton en milieu riche en hydrogène sulfuré : ............................... 48
5. Les anomalies ponctuelles :........................................................................................... 48
5.1. Les intrusions : ....................................................................................................... 49
5.2. Raccordement défectueux : .................................................................................... 49

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5.3. Perforation : ........................................................................................................... 49


5.4. Poinçonnement :..................................................................................................... 49
5.5. Assemblage défectueux : ....................................................................................... 49
6. Les dégradations de parements : ................................................................................... 50
6.1. Faïençage : ............................................................................................................. 50
6.2. Usure du revêtement : ............................................................................................ 50
VI. Les techniques d’auscultation des réseaux : .................................................................. 50
1. Le curage des réseaux : ................................................................................................. 50
2. Auscultation visuelle : ................................................................................................... 51
2.1. Inspection visuelle des ouvrages visitables : ......................................................... 51
2.2. Inspection télévisée (ITV) des ouvrages non visitables ......................................... 51
3. L’auscultation géométrique : ......................................................................................... 52
3.1. L’inclinomètre pour ouvrages non visitables de diamètre supérieur à 250 mm: ... 52
3.2. Le capteur d’orientation pour ouvrages non visitables de diamètre supérieur à 100
mm : 52
3.3. Le relevé topographique pour tout type d’ouvrages: ............................................. 52
3.4. Le sonar pour réseaux visitables ou non : .............................................................. 52
4. Auscultation géotechnique : .......................................................................................... 53
4.1. Le géo-radar pour réseaux visitables ou non : ....................................................... 53
4.2. La sonde gamma : .................................................................................................. 53
4.3. L’impédance mécanique : ...................................................................................... 54
4.4. Les mesures électriques en courant quasi-continu : ............................................... 54
5. Auscultation mécanique : .............................................................................................. 54
5.1. Essai MAC : ........................................................................................................... 54
5.2. Essai DYNARAD : ................................................................................................ 55
6. Autres tests : .................................................................................................................. 55
6.1. Test d’étanchéité : .................................................................................................. 55
6.2. Paramètres physico-chimiques : ............................................................................ 56
6.3. Mesures des débits ................................................................................................. 56
6.4. Conformité des branchements : ............................................................................. 56
VII. Techniques de réhabilitation : ....................................................................................... 57
1. Généralités :................................................................................................................... 57
2. Les échelles de réhabilitation : ...................................................................................... 57

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3. Chemisage : ................................................................................................................... 58
3.1. Chemisage par coques CCV : ................................................................................ 58
3.2. Chemisage par coques PRV : ................................................................................. 65
3.3. Chemisage par béton projeté :................................................................................ 67
4. Tubage : ......................................................................................................................... 67
4.1. Capacité de débit : .................................................................................................. 67
4.2. Les charges : .......................................................................................................... 67
4.3. Les joints : .............................................................................................................. 68
4.4. Le coulis : ............................................................................................................... 68
4.5. Tronçons en tranchée : ........................................................................................... 68
5. Le gainage : ................................................................................................................... 69
5.1. Gainage continu : ................................................................................................... 69
5.2. Gainage partiel : ..................................................................................................... 71
5.3. Le gainage des branchements : .............................................................................. 72
6. La réhabilitation des regards : ....................................................................................... 72
Deuxième partie : partie pratique

VIII. Sécurité, hygiène et santé au travail : ........................................................................ 76


1. Généralités et enjeux : ................................................................................................... 76
2. Terminologie et définitions : ......................................................................................... 76
3. Principaux types de risques en travail : ........................................................................ 77
3.1. Risque chimique : .................................................................................................. 77
3.2. Risque biologique : ................................................................................................ 77
3.3. Risque d’asphyxie : ................................................................................................ 78
4. Le travail en milieux confinés : ..................................................................................... 79
4.1. Les endroits à risque en assainissement : ............................................................... 79
4.2. Règles de prévention pour une exploitation sécurisée : ......................................... 79
4.3. Les équipements de protection individuelle: ......................................................... 81
IX. Méthodologie d’évaluation de l’état d’un colleteur: ..................................................... 83
1. Préambule : .................................................................................................................... 83
2. Critères de classification : ............................................................................................. 83
2.1. L’état structurel du tronçon :.................................................................................. 83
2.2. L’environnement de l’ouvrage : ............................................................................. 84

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2.3. L’effluent transporté : ............................................................................................ 84


2.4. Les dysfonctionnements hydraulique / d’étanchéité : ............................................ 85
2.5. Les dégradations constatées (visite du collecteur) : ............................................... 85
3. Description de la méthodologie : .................................................................................. 86
3.1. Etape 1 : ................................................................................................................. 86
3.2. Etape 2 : ................................................................................................................. 88
3.3. Etape 3 : ................................................................................................................. 88
X. Diagnostic, préconisations et priorités : ........................................................................ 89
1. Préambule : .................................................................................................................... 89
2. Contexte général :.......................................................................................................... 89
3. Principaux objectifs du marché : ................................................................................... 90
4. Consistance du projet : .................................................................................................. 90
5. Etat des lieu, diagnostic et préconisations: .................................................................... 92
5.1. Le bassin versant du collecteur S : ......................................................................... 92
5.2. Bassin versant du collecteur C9 : ......................................................................... 101
5.3. Bassin versant du collecteur I : ............................................................................ 105
5.4. Bassin versant du collecteur SM : ........................................................................ 113
5.5. Bassin versant du collecteur O : ........................................................................... 118
5.6. Bassin versant du collecteur OM : ....................................................................... 125
6. Calcul hydraulique et vérification des sections : ......................................................... 132
7. Synthèse du diagnostic ................................................................................................ 132
8. Priorités de réhabilitation : .......................................................................................... 134
XI. Programme de réhabilitation préconisé avec budget correspondant: .......................... 135
Conclusion :............................................................................................................................ 136
Recommandations : ................................................................................................................ 137

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Liste des figures :


Figure 1:réseau d’assainissement unitaire

Figure 2:réseau d'assainissement séparatif

Figure 3: conduite en PVC (DIMATIT)

Figure 4:entraînement hydrodynamique des fines

Figure 5: passage d'une canalisation d'une zone stable à une zone compressible

Figure 6: canalisation dans un remblai mal compacté

Figure 7:dissolution de l'assise d'une canalisation

Figure 8:effort engendré dans une canalisation par les mouvements des terrains vers une cavité

Figure 9:gonflement d'une argile après creusement d'une tranchée

Figure 10:corrosion interne des ouvrages par formation d'acides

Figure 11: types de cassures

Figure 12: le phénomène d’exfiltration

Figure 13 : collecteur réhabilité par coques CCV

Figure 14:réhabilitation par Coques PRV

Figure 15: Coupe du coulis

Figure 16: gaine continue

Figure 17: Polymérisation à chaud de la résine

Figure 18:principe du gainage partiel

Figure 19:types et composants de regards

Figure 20: Equipements de protection individuelle

Figure 21: plan de situation du collecteur S

Figure 22: niveau d'envasement d'un tronçon

Figure 23:Plan de situation du collecteur I (entre R10 et R24)

Figure 24: Plan de situation du collecteur C9

Figure 25: Plan de situation du collecteur SM

Figure 26:Plan de situation du collecteur O (Phase 11 : entre les regards R8 et R32)

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Liste des tableaux :


Tableau 1: Ordre de grandeur de pollution des eaux pluviales

Tableau 2: caractéristiques du matériau PRV

Tableau 3: variation des coefficients ᵞ et Ks

Tableau 4: taux de raccordement / catégories de centres

Tableau 5: Etat des réseaux d'assainissement au Maroc

Tableau 6: propriétés mécaniques des coques CCV

Tableau 7: techniques de réhabilitation des regards

Tableau 8: Critères et notation d'évaluation d'un tronçon

Tableau 9: critères d'évaluation après visite du tronçon

Tableau 10: synthèse des collecteurs sujets à diagnostic

Tableau 11: description du collecteur S

Tableau 12: anomalies et défaillances du collecteur S

Tableau 13: solutions de réhabilitation du collecteur S

Tableau 14: regards à créer sur le collecteur I

Tableau 15: Description du collecteur I

Tableau 16: anomalies et défaillances du collecteur I

Tableau 17: Solution de réhabilitation du collecteur I

Tableau 18: Description du collecteur C9

Tableau 19: Anomalies et défaillances du collecteur C9

Tableau 20: Solutions de réhabilitation du collecteur C9

Tableau 21: Description du collecteur SM

Tableau 22: anomalies et défaillances du collecteur SM

Tableau 23: solutions de réhabilitation du collecteur SM

Tableau 24: Description du collecteur O

Tableau 25: anomalies et défaillances du collecteur O

Tableau 26: solutions de réhabilitation du collecteur O

Tableau 27: description du collecteur OM

Tableau 28: anomalies et défaillances du collecteur OM

Tableau 29: solutions de réhabilitation du collecteur OM

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Tableau 30: synthèse du diagnostic des tronçons

Tableau 31: synthèse du diagnostic des regards

Tableau 32: synthèse des linéaires de curage

Tableau 33 : Tableau de priorisation des collecteurs

Tableau 34: Estimation du budget et du délai du projet

Liste des annexes :


Annexe 1: Présentation de la société Tahar Ecology Development (TecoD)

Annexe 2 : Présentation de la société BRUNET éco-aménagement méditerrané

Annexe 3 : tableau de notation et d’évaluation du collecteur S

Annexe 4 : Tableau d’évaluation des regards du collecteur S

Annexe 5 : tableau de notation et d’évaluation du collecteur C9

Annexe 6 : Tableau d’évaluation des regards du collecteur C9

Annexe 7 : tableau de notation et d’évaluation du collecteur I

Annexe 8 Tableau d’évaluation des regards du collecteur I

Annexe 9 : tableau de notation et d’évaluation du collecteur SM

Annexe 10 : Tableau d’évaluation des regards du collecteur SM

Annexe 11 : tableau de notation et d’évaluation du collecteur O

Annexe 12 : Tableau d’évaluation des regards du collecteur O

Annexe 13: tableau de notation et d’évaluation du collecteur OM

Annexe 14 : Tableau d’évaluation des regards du collecteur OM

Annexe 15 : Calcul hydraulique et vérification des sections

Annexe 16 : Bordereau des prix et estimation du budget

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PREMIERE PARTIE :
PARTIE
THEORIQUE

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I. L’assainissement liquide :
1. Bref historique :
Attachant une très grande importance à la qualité de l’eau, les romains étaient les premiers à
construire des aqueducs pour acheminer l’eau jusqu’aux villes et jusqu’aux maisons, ils ont
construit des thermes pour se baigner ainsi que des égouts et des latrines pour évacuer les
déchets. Une ville romaine était d’abord bâtie sur l’établissement de son réseau d’évacuation,
qui, avec le temps, fut couvert et enterré pour des raisons d’odeur et de salubrité. L’égout
romain est donc la conséquence de l’adduction d’eau : l’eau qui entre dans la ville doit en
sortir.
Les difficultés politiques et militaires que traverse l’empire romain à partir du IIIème siècle
après J.C., l’abandon des villes par les riches pour se retirer dans leurs propriétés, ont peu à
peu poussés les Romains à laisser les grands ouvrages collectifs, notamment les égouts.
Au Moyen-Age, oubliées les installations romaines, tous les déchets solides ou liquides sont
jetés dans la rue. Pour se protéger des chutes d’immondices, les riches utilisent un carrosse,
les gens aisés, une chaise à porteur, pour ne pas salir leurs chaussures ou le bas de leur
vêtement. Dans ce cloaque immonde, les épidémies en ville sont fréquentes : peste, choléra,
typhus. Elles tuent des milliers de personnes chaque année et cette situation dure jusqu’au
XVIIIème siècle.
C'est lors de la seconde moitié du XIXe siècle que s'élabore la conception moderne de
l'assainissement. John Snow découvrit la véritable origine du choléra lors de l'épidémie de
1854 à Londres. Le mouvement hygiéniste, né en Angleterre, préconise alors de collecter les
eaux urbaines et de les mener, par des canalisations enterrées, jusqu'à des sites de rejets en
milieu naturel. C'est l'importante contamination de Londres, en 1858, qui amène ensuite le
gouvernement à décider de la construction du réseau des égouts de la capitale anglaise.
Les villes ont été assainies par la réalisation de réseaux d'égouts destinés à recevoir et à
transporter l'ensemble des eaux, y compris les eaux de pluie. Le tout à l'égout est donc un
réseau unitaire aux larges dimensions qui a amélioré les conditions de vie des villes et qui les
a protégées des inondations.
S'il est relativement facile de prévoir et de contrôler les volumes d'eaux usées domestiques, il
en va différemment des eaux pluviales.
Les réseaux unitaires évacuent dans les mêmes canalisations les eaux usées domestiques et les
eaux pluviales. Ils cumulent les avantages de l'économie (un seul réseau à construire et à
gérer) et de la simplicité, mais nécessitent de tenir compte des brutales variations de débit des
eaux pluviales dans la conception et le dimensionnement des collecteurs et des ouvrages de
traitement. Le fonctionnement de stations d'épuration est mis en difficulté en cas de fort
épisode pluvieux qui dilue les effluents à traiter.
Les réseaux séparatifs collectent les eaux domestiques et les eaux pluviales dans des réseaux
différents et séparés. Ce système permet d'éviter le risque de débordement d'eaux usées dans
le milieu naturel lorsqu'il pleut. Il permet aussi de mieux maîtriser le flux et sa concentration
en pollution et de mieux adapter la capacité des stations d'épuration en conséquence.
Certains, dès le début du XXe siècle, avaient attiré l'attention sur la pollution provoquée en
milieu naturel par les eaux de pluie gonflant les réseaux unitaires. Mais les eaux de pluie ont
longtemps été considérées a priori comme non polluées. C'est dans les années 80 que la
pollution causée par les rejets d'eau pluviale, surtout dans le cadre des surverses des réseaux
unitaires commence à être considérée comme significative.
La croissance continue de l'urbanisation (accroissement démographique et développement
industriel) a engendré une dégradation importante des milieux naturels qui se trouvaient en

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aval des sites de rejet de ces réseaux. La nécessité d'assainir les eaux usées des villes avant
leur restitution au milieu a donc fini par s'imposer.
On est alors passé d'une logique de l'éloignement de l'eau usée à une logique de collecte et de
traitement de cette eau.

2. Objectifs :

L’établissement d’un réseau d’assainissement d’une agglomération a pour buts :

 Assurer la protection sanitaire de la population


 Assurer la protection des ressources en eau et des nappes souterraines contre une
éventuelle contamination.
 Assurer une évacuation correcte des eaux pluviales de manière à empêcher la
submersion des zones urbanisées et éviter toute stagnation dans les points bas après les
averses.
 Assurer le respect des normes de qualité des eaux rejetées dans le milieu naturel.

3. Critères de Choix d’un système d’assainissement :

Le choix d’un système d’assainissement se base essentiellement sur les critères suivants :

 Considérations techniques locales: topographie, hydrogéologie, hydrologie,


pluviométrie, vents dominants, voiries, répartition des habitants, croissance
démographique…
 Projections urbanistiques : SDAU, Plan d’aménagement, zones d’aménagement …
 Systèmes d’AEP et d’assainissement existants
 Considérations économiques et financement du projet
 Orientations politiques du conseil communal

4. Types des systèmes de collecte :


4.1. Réseau unitaire :
Ce réseau est appelé aussi « Tout à l’égout », l’évacuation des eaux usées et pluviales se fait
dans la même conduite. Ce système exige l’existence de voies goudronnées. En effet, en
absence de voiries aménagées, la conduite unitaire est colmatée dès la première pluie.

Avantages:

 Facteur économique : un seul réseau au lieu de deux, ceci doit pourtant être nuancé par
le fait que les réseaux unitaires peuvent avoir des linéaires importants avec des tailles
de tuyaux importants.
 Facteur lié à l’entretien : l’auto-curage est assuré pendant la période pluvieuse.
 Faible besoin en espace : un seul réseau au lieu de deux.

Inconvénients :
 La nécessité de séparer à un endroit du réseau les débits des eaux usées et des eaux
pluviales, à fin de limiter le débit en aval du réseau et à la STEP en temps d’orage.

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 Dépenses reliés à la construction des déversoirs d’orage


 Fonctionnement non régulier de la station d’épuration
 Pollution du milieu récepteur par les déversements en périodes d’orages
 Impossibilité de différer les investissements dans le temps.

Figure 27:réseau d’assainissement unitaire

4.2. Réseau séparatif :


L’évacuation des eaux usées et pluviales se fait d’une manière complètement séparée avec
deux réseaux distincts. Ce système est très intéressant quand les eaux pluviales peuvent être
évacuées superficiellement par la voirie ou par les caniveaux vers un exutoire naturel
disponible et proche.
Avantages:

 Convenable dans le cas des extensions à réaliser


 Mieux adapté pour les petites et moyennes agglomérations.
 permet de différer les investissements dans le temps en réalisant les ouvrages des eaux
de collecte, des eaux pluviales et de voiries progressivement en fonction de
l’aménagement des voiries
 Permet d’éviter le recours à des pompages de grandes capacités
 Permet de réaliser des économies considérables si la topographie permet l’évacuation
rapide des eaux pluviales dans la nature.
 Permet d’assurer un fonctionnement régulier de la station d’épuration
 Permet de gagner sur l’investissement en déversoirs d’orage
Inconvénients :

 Difficile parfois à être installer dans des voies étroites


 Exploitation et entretien de deux réseaux parfois lourds
 Possibilité d’avoir des branchements illégaux : branchement d’eau usée sur réseau
d’eau pluviale.

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 Le branchement clandestin des eaux pluviales sur le réseau d’eau usée peut provoquer
la perturbation du fonctionnement du réseau et de la STEP en période pluviale.

Figure 2:réseau d'assainissement séparatif

4.3. Réseau pseudo-séparatif ou mixte :

Dans ce système une partie des eaux pluviales (toits et/ou cours) est évacuée dans la conduite
d’eau usée et le reste des eaux pluviales est évacué dans une conduite séparée ou de manière
superficielle (caniveaux, fossés, voiries).

Avantages :

 Collecte de la totalité des eaux domestiques par le raccordement des terrasses et cours
intérieurs au réseau.
 Il permet de différer les investissements dans le temps en réalisant les ouvrages des
eaux de collecte des eaux pluviales de voiries progressivement en fonction de
l’aménagement des voiries qui constituent la contrainte principale pour le
fonctionnement des réseaux des eaux pluviales.

Inconvénients :
 La nécessité de séparer à un endroit du réseau les débits des eaux usées et des eaux
pluviales, à fin de limiter le débit en aval du réseau et à la STEP en temps d’orage, ce
qui entraîne des problèmes de pollution par le rejet d’une partie des eaux usées dans la
nature.
 Le coût risque d’être plus élevé car le calcule aboutit à des sections importantes.

5. Caractérisation des effluents urbains :


Les effluents collectés par les réseaux d’assainissement contiennent essentiellement :
 des matières en suspension plus ou moins décantables ;
 des matières colloïdales ou émulsionnées (graisses et huiles) ;
 des matières en solution, organiques ou minérales.
Les paramètres globaux couramment utilisés pour caractériser la pollution sont les suivants:

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 les matières en suspension ;


 les composés oxydables ;
 les produits biodégradables

5.1. Les matières en suspension (MES)


Les MES rejetées dans le milieu récepteur naturel augmentent la turbidité de l’eau,
sédimentent sur la végétation aquatique et diminuent ainsi sa capacité à ré-oxygéner l’eau par
photosynthèse.
Les MES sont composées de deux types de matières polluantes :
MES = MVS + Mmin
 les MVS représentent la fraction de Matière Volatile en Suspension. Elles sont
généralement biodégradables et donnent lieu à des fermentations anaérobies qui
peuvent entraîner des consommations d’oxygène importantes lors de leur remise en
suspension.
 les Mmin (Matières Minérales) sont généralement inertes du point de vue chimique ou
biologique.
Les MES sont mesurées par pesée, après filtration (disque filtrant en fibre de verre) ou
centrifugation et séchées à 105 °C jusqu’au poids constant. Les résultats sont exprimés en
mg/l.
La quantité de Mmin est déterminée par pesée après calcination à 525 °C et les MVS sont
déterminées par différence.

5.2. Les composés oxydables (DCO)


La mesure des composés oxydables se traduit dans les faits par une mesure de la Demande
Chimique en Oxygène (DCO). Elle représente la quantité d’oxygène qu’il faut fournir à un
échantillon d’eau pour oxyder, par voie chimique, les matières qu’il contient.
L’oxydation est effectuée à 150 °C par du bichromate de potassium, en présence d’acide
sulfurique. La DCO s’exprime en mgO2/l.

5.3. Les composés biodégradables (DBO)


La mesure des composés biodégradables se traduit dans les faits par une mesure de la
Demande Biochimique en Oxygène (DBO). Elle représente la quantité d’oxygène qu’il faut
fournir à un échantillon d’eau pour minéraliser, par voie biochimique (oxydation par des
bactéries aérobies), les matières organiques biodégradables qu’il contient.
Le principe de la mesure de la DBO repose sur le fait que, dans un échantillon donné sans
relation avec l’air extérieur, les micro-organismes présents dans l’échantillon vont rapidement
consommer l’oxygène dissous dans l’eau pour dégrader les matières organiques.
En pratique, un apport d’oxygène externe est nécessaire. La réaction de minéralisation étant
lente, on prend comme référence la quantité d’oxygène disparue au bout de 5 jours à
20 °C. C’est la DBO5. La DBO5 s’exprime en mg O2/l.

5.4. L’azote (NGL et NK)


L’azote est indispensable à la croissance de la végétation. Il ne peut être facilement
métabolisé que s’il se présente sous forme oxydée dissoute NO3. L’excès de nitrates
contribue à l’eutrophisation des milieux aquatiques et peut interdire la potabilisation de l’eau.
Les formes ammoniacales de l’azote sont toxiques pour de nombreux poissons.
L’azote global, noté NGL, rend compte de la quantité d’azote présent sous les quatre formes
suivantes : azote organique, azote ammoniacal, azote nitrique, azote nitreux.

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L’azote total Kjeldahl, noté NK, rend compte de la quantité d’azote présent sous forme
réduite (azote organique et azote ammoniacal). Le résultat s’exprime en mg de N/l.

5.5. Le phosphore
Le phosphore total, noté Pt, rend compte de la quantité de phosphore présent sous toutes ses
formes dans le milieu. Il s’exprime en mg P/l.

5.6. Ordre de grandeur pour les eaux résiduaires urbaines :


Les ratios caractéristiques d’une eau résiduaire urbaine sont les suivants :

 65% < MVES/MES <75%


 0.8 < MES/DBO5 < 1.2
 2 <DCO/DBO5 < 3
 0.3 < NTK/DBO5 < 0.5

Les ordres de grandeur usuels de concentrations habituellement mesurées sont les suivant
(mg /l) :

 MES de 150 à 200


 DCO de 300 à 1000
 DBO5 de 100 à 400
 NH4+ de 20 à 80

5.7. Ordre de grandeur pour les eaux pluviales :


Les ordres de grandeur typiques en mg /l de pollution des eaux pluviales sont les suivants :

Surverse de réseaux unitaires Rejets pluviaux de réseaux séparatifs


MES 40-200 25-100
DCO 40-130 10-50
DBO 15-30 2.5-10
Tableau 1: Ordre de grandeur de pollution des eaux pluviales

6. Matériaux des canalisations d’assainissement :


On fabrique des conduites d’égouts avec divers matériaux. Le choix d’un matériau pour une
application dépend :

 De la rugosité du matériau
 De la vie utile du matériau et des éléments du réseau d’égout ;
 De la résistance du matériau à l’érosion, à l’abrasion, aux acides, aux bases, aux gaz,
aux solvants …
 De la facilité de manutention et d’installation des conduites
 De la résistance des conduites aux charges auxquelles elles seront soumises ;
 De l’étanchéité des joints
 De la disponibilité des pièces de raccordement spéciales
 Des coûts d’achat, de manutention et d’installation des conduites.

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Parmi les matériaux les plus utilisés pour la construction des conduites d’égouts, on trouve
l’amiante-ciment, le béton non armé, le béton armé (préfabriqué ou coulé sur place), la fonte,
la fonte ductile, le béton avec âme d’acier, le PRV, PVC, PEHD...

6.1. Amiante-ciment :
Les diamètres nominaux des conduites en amiante-ciment existantes varient de 100 à 900mm.
Ces conduites peuvent aussi bien servir à l’évacuation des eaux usées par gravité, à
l’évacuation sous pression (conduites de refoulement de pompes), qu’à la distribution de l’eau
de consommation. Elles existent en cinq classes structurales : 1500, 2400, 3300, 4000 et 5000.
On utilise rarement les conduites des classes 1500 et 2400 à cause de leur fragilité.
Avantages :

 Légèreté,
 Facilité de manutention et d’installation
 Grande étanchéité des joints entre les tronçons et entre les tronçons et les
branchements.
 Faible rugosité du matériau (coefficient de Manning de 0.01) ; il semble cependant
que, lorsque la conduite vieillit, la valeur du coefficient de Manning de l’amiante
ciment augmente et atteigne celle du béton, soit 0.013.

Inconvénients :

 Fragilité de l’amiante-ciment,
 Nécessité de recourir à une excellente assise
 Coût élevé de conduites de grands diamètres
 L’amiante-ciment présente des risques toxiques et nuisibles à l’environnement.

6.2. Béton non armé :


On utilise très rarement les conduites en béton non armé, étant donné qu’elles sont fragiles et
qu’elles se fissurent facilement, ce qui a pour effet d’accroitre les débits d’infiltrations.

6.3. Béton armé préfabriqué :


Les conduites d’égouts en béton armé préfabriqué sont les plus utilisées. Leurs diamètres
nominaux varient de 150 à 3800mm. On y fait appel pour évacuer les eaux usées par gravité,
et elles existent en cinq classes structurales. On rend étanches les jonctions entre les tronçons
de conduites par l’installation de garnitures de caoutchouc, obligatoires de nos jours pour les
réseaux d’égouts sanitaires et pluviaux. Afin d’éviter l’infiltration d’eau aux raccordements
des branchements, on doit recourir à des pièces spéciales comme les tés préfabriqués et des
sellettes conçues spécifiquement pour les branchements. Les conduites de 150 à 225 mm de
diamètre sont disponibles en tronçon de 1m de longueur, et les conduites de diamètres plus
élevés, en tronçons de 2,4m. Il est utile de savoir que l’épaisseur approximative de la paroi de
la conduite en béton, exprimée en pouce, est égale au diamètre de la conduite, exprimé en
pieds, plus 1. Par exemple, on détermine facilement que l’épaisseur de la paroi d’une conduite
de 2 pi de diamètre est de 3 pi (2+1).
Avantages
 Résistent très bien aux charges mortes et aux charges vives ;
 Sont disponibles dans une grande variété de diamètres et de classes.

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Inconvénients :

 Subissent aisément la corrosion due aux acides sont particulièrement difficiles à


manipuler lorsqu’elles ont de grands diamètres à cause de leur poids élevé.

6.4. Tuyaux CAO


Ces canalisations présentent de très bonnes caractéristiques hydrauliques. Elles sont en béton
centrifugé armé ordinaire, produites usuellement en 2 classes 90A et 135A et sur commande
en d’autres classes, conformément aux normes marocaines NM1001F040 et françaises
NFP16-141. Les matériaux utilisés pour la fabrication des tuyaux CAO sont soumis à diverses
analyses (propreté, forme, dureté, granulométrie) permettant d’élaborer la meilleure
formulation du béton, les armatures sont calculées à partir de la classe des tuyaux.
L’étanchéité à la jonction entre 2 tuyaux est assurée par un joint souple torique élastomère.

6.5. Tuyaux PRV :


Le matériau PRV peut être obtenu par 4 techniques de fabrications utilisant chacune d’entre
elles les mêmes matières premières principales à savoir Fibre de Verre, Résine et Charges.
Ces 4 techniques sont :

 Fabrication au contact : application manuelle sur un mandrin tubulaire d’un


revêtement intérieur éventuel, d’une âme constituée de fils de verre imprégnés, et
éventuellement d’un revêtement extérieur.
 Enroulement machine sur mandrin : enroulement mécanique de fils de verre
imprégnés sur un mandrin tubulaire préalablement revêtu d’une couche constituant la
paroi intérieure du tuyau.
 Enroulement machine sur tube primaire : enroulement mécanique de fils de verre
imprégnés sur le tube primaire suivi éventuellement de l’application d’un revêtement
extérieur. Le tube primaire reste incorporé au tube composite.
 Centrifugation : rotation à grande vitesse d’une coquille dans laquelle sont disposés les
matériaux constitutifs : résine, fibre de verre coupé, charges, dans un ordre
prédéterminé. Le tube est extrait de la coquille

Avantages :

 L'insensibilité des tuyaux en PRV vis-à-vis de l’H2S, des mercaptans, de l’ammoniac,


… présents dans un effluent d’assainissement urbain, et leur résistance à des pH acide
et basique sont dues à la stabilité des résines polyester utilisée dans la fabrication des
canalisations.
 Ces tuyaux supportent une plage de pH de 1 à 10.
 La structure intérieure du tuyau PRV est constituée d’une première épaisseur de résine
pure puis d’une couche barrière constituée d’un mélange de résine, fibre de verre
coupée et silice. L’épaisseur totale est d’environ 1.2mm. Cette structure présente
l’avantage d’avoir une très grande résistance à l’abrasion et à l’hydro curage. Les
essais d’abrasion qui ont été réalisés selon l’essai de Darmstadt montrent une abrasion
à 50ans de 0.42 mm
 Le PRV est environ 10 fois plus léger qu’un tuyau béton, 4 à 5 fois plus léger qu’un
tuyau Fonte à diamètre et caractéristiques mécaniques équivalentes.
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 Les tuyaux PRV supportent une température maximale d’effluent de 40°C.


Caractéristiques du matériau
Longueur unitaire standard des tuyaux 3.6 ou 12m

Axial, béton obligatoire aux changements de


Type de tuyau
direction

rigidité annulaire spécifique (N/m2) 5 000 et/ou 10 000

Pression nominale en Bar 1 et 6

Diamètre nominal DN150 à DN2400

Coefficient de poisson 0.22 si tuyau gravitaire et 0.28 si tuyau pression

coefficient de fluage en conditions


0.6
humides

Allongement maximal admissible (%) 0.65


Tableau 2: caractéristiques du matériau PRV

6.6. Tuyaux PVC :


Ces tubes sont livrés en longueur de 6 ml (avec possibilité de
livraison de longueur spéciale suivant le cahier des charges) et
peuvent être encastrés, noyés ou enterrés sans traitement préalable
contre la corrosion.
Ils présentent une totale inertie chimique, notamment à
l’hydrogène sulfuré agissant surtout dans les réseaux non ventilés
et de faible pente dans la plupart des réseaux urbains. Les tubes
PVC assainissement sont fabriqués conformément à la norme EN
1401-1 Ed 1998.
Les diamètres nominaux disponibles pour les tuyaux PVC sont le :
160, 200, 250, 315, 400 et 500 mm
Figure 3: conduite en PVC (DIMATIT)
6.7. Tuyaux en fibre-ciment :
Les canalisations d’évacuation des eaux usées et pluviales en fibre
ciment sont conformes aux normes ISO 881 (F) et sont
caractérisées par :

 Une étanchéité parfaite


 Une résistance à l’abrasion et à la corrosion
 Une facilité de manutention et pose grâce à leur légèreté
 Une meilleure résistance à l’écrasement

Les diamètres nominaux existants sur le marché marocain sont : le

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100, 150, 250, 300, 350, 400, 450, 500, 600, 700, 800, 900, 1000.

7. Calcul des diamètres :


 Pour le réseau unitaire : le dimensionnement se fait uniquement avec les débits des
eaux pluviales, cependant il faut vérifier l’auto-curage pour les eaux usées.
 Pour le réseau séparatif : il faut prendre en compte la profondeur de la nappe et les
eaux d’infiltration (eaux parasites), qui sont évaluées à 10 à 30% du débit de pointe
des eaux usées.Le débit de dimensionnement du réseau séparatif EU est donc Qp =
QpEU + QpEI + Qeaux parasites

7.1. Diamètres des conduites :


Pour le dimensionnement, on se place en régime permanent et uniforme (R.P.U.) et on écrit la
formule de Chézy :
V  C  Rh I , C’est le coefficient de résistance selon Chézy.
Plusieurs formules empiriques permettent de calculer ce coefficient, notamment les formules
de Manning-Strickler et de Bazin :

C  Ks  Rh
1/ 6
87  Rh
C
  Rh

Type d'effluent Turbulence Valeur de  Valeur de Ks

EU Lisse 0.16 83

EU Rugueux 0.25 73

EP Lisse 0.3 67

EP Rugueux 0.45 57

Tableau 3: variation des coefficients ᵞ et Ks

7.2. Conditions de fonctionnement d’un réseau :


 Conditions d’auto-curage : Pour ne pas avoir de dépôts dans les conduites, il faut
assurer un auto-curage, en vérifiant les conditions suivantes :
- A pleine section ou à demi section, V ≥ 0.7 m/s, qui peut être abaissée à l’extrême
rigueur à 0.5 m/s.
- La vitesse correspondante à H2/10 doit être ≥ 0.3 m/s.
- Le remplissage de la conduite doit être assuré au 2/10 du diamètre pour le débit
moyen, cette condition est équivalente à Qm EU/Q ps ≥ 0.12.

 Conditions en réseau séparatif :


- Dmin E.U. = 200 mm;
- Dmin E.P. = 300 mm;
- Imin = 0.2% ;

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- Vmin = 1 m/s au débit de pleine section QPS ;


- Vmin = 0.6 m/s à QPS/10 ;
- Vmin = 0.3 m/s à QPS/100 ;
- Vmax = 4 m/s.
 Conditions en réseau unitaire :
- Dmin = 300 mm ;
- Imin = 0.2% ;
- Vmin = 0.3 m/s pour tout débit Q;
- Vmin = 0.5 m/s pour h/D = 0.5 ;
- Le débit moyen remplit la condition h/D = 0.2 ;
- Vmax = 4 m/s.

 Conditions générales de pose :


- profondeur minimale d’enfouissement : 0.8 m ;
- le réseau d’assainissement est le plus profond de tous les réseaux ;
- jamais de diminution de section de l’amont vers l’aval ;
- pente douce avec points hauts pour positionner des ventouses ;
- pose d’un regard à chaque variation de paramètre géométrique (I, section, direction,
etc.), ou à défaut tous les 80 m.

II. Le secteur d’assainissement au Maroc :


1. Le mode d’assainissement :
Le secteur d’assainissement au Maroc se caractérise par une dominance de l’assainissement
collectif qui concerne 80% des centres urbains abritant 97% de la population.
L’assainissement autonome ou individuel concerne donc 20% des centres urbains abritant 3%
de la population.

2. Le type d’assainissement :
Dans les centres urbains marocains, on constate une dominance du réseau unitaire qui
concerne 68% des centres abritant 83% de la population urbaine.
Le réseau séparatif ou pseudo-séparatif concerne uniquement 5% de la population urbaine
réparti dans 16% des centres.
Le reste des centres dispose d’un réseau mixte avec généralement une dominance de
l’unitaire.

3. Le raccordement au réseau d’assainissement :


Le taux de raccordement global au réseau d’assainissement était de 70% en 1994 ce qui
signifie que 4.5 millions d’habitants urbains n’étaient pas encore raccordés au réseau
d’assainissement.

Catégories de centre Taux de raccordement

Grandes villes 76%


Centres moyens 67%

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Petits centres 40%


Tableau 4: taux de raccordement / catégories de centres

Ce tableau montre que les petits centres sont les plus sous-équipés en réseau d’assainissement
compte tenu des faibles moyens financiers dont ils disposent.

4. Linéaire du réseau :
Le linéaire total du réseau d’assainissement devrait avoisiner les 11 000 Km en 1994, soit un
ratio de 0.84 ml/habitant total et 1.14 ml/habitant raccordé.

5. L’état des réseaux d’assainissement :


Globalement, l’état du réseau d’assainissement est moyen à mauvais comme le montre le
tableau suivant :

%
Etat du réseau % de centres urbains
population
BON 22% 33

MOYEN 45% 47

MAUVAIS 33% 20
Tableau 5: Etat des réseaux d'assainissement au Maroc

Les principales anomalies constatées sont les suivantes :

 Vieillissement et dégradation des collecteurs,


 Colmatage plus au moins avancé du réseau d’assainissement
 Mauvais fonctionnement des avaloirs,
 Défauts d’étanchéité des réseaux,
 Présence de contre pentes,
 Sous dimensionnement des réseaux unitaires.

6. Gestion de l’assainissement liquide au Maroc :


La charte communale de 1976 ouvre largement le choix du mode de gestion de
l’assainissement. Toutefois, les formes les plus rencontrées au Maroc sont au nombre de
trois :

 Gestion par Régie Directe : Dans ce cas, la réalisation des installations


d’assainissement, leur exploitation et leur entretien sont assurées par les services
municipaux. Les budgets réservés à l’investissement et à l’exploitation sont alimentés
par les taxes municipales et par le reversement par l’état d’une partie de la TVA
collectée.
 Gestion par régie Autonome : Dans ce cas, la gestion des installations
d’assainissement est assurée par des régies autonomes de distribution d’eau et
d’électricité. Actuellement, cette forme de gestion est rencontrée dans des villes telles
que : Agadir, Oujda, Meknès, Béni Mellal …
 Gestion par des sociétés privées : Dans ce cas, le service d’assainissement (en plus de
ceux de l’eau et de l’électricité) est confié, dans le cadre d’un contrat de concession

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d’une durée généralement de 30 ans, à une société privée, c’est le cas de la LYDEC
qui gère l’assainissement dans le grand Casablanca et celui de la REDAL dans la
Wilaya de Rabat-Salé.

7. Le Programme National d’Assainissement (PNA) :


7.1. Constats et situation actuelle :
 Retard au niveau des infrastructures de base en termes de réseaux
 Taux de raccordement national autour de 70% (4,5 millions d’habitants urbains non
raccordés)
 Une évolution rapide des volumes d’eaux usées rejetées qui peut dépasser les 900
Mm3/an en 2020.
 Un faible niveau d’épuration des eaux usées, moins de 10%
 Diversité des intervenants et des modes de gestion
 Préjudice à la préservation des ressources en eau et de l’environnement (bassin du
Sebou)

7.2. Contexte général :


 JUIN 2001-CSEC : Hautes Directives Royales en matière de protection des ressources
en eau qui ont permis de classer le secteur de l’assainissement des eaux usées au rang
de priorité ;
 AVRIL 2002-CIE : Recommandations consistant à adopter un programme national
d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées, à soutenir par l’Etat à l’instar
de PAGER ;
 2004 : Analyse Sectorielle de l’Eau qui a permis de rassembler les intervenants du
secteur et de les mobiliser pour préparer les pistes de réformes
 FEVRIER 2005-CIE : Constitue l’aboutissement de cette mobilisation et confirme
l’urgence et la nécessité d’élaborer un Programme National d’Assainissement
 MAI 2005-INDH : Hautes Directives Royales à l’annonce de l’INDH pour le
renforcement du caractère prioritaire de ce programme en « s’attaquant au déficit
social par l’élargissement de l’accès aux équipements de base tels l’eau,
l’assainissement, … »
 SEPTEMBRE 2005 : Déclaration de la rentrée politique qui annonce le Programme
National d’Assainissement Liquide et d’Epuration des Eaux Usées

7.3. Quelques avancés :


 SDNAL et SDAL spécifiques
 Professionnalisation de la gestion (ONEP, Régies, délégataires privés)
 Mise en place d’un système de recouvrement des coûts
 Promulgation de la loi 54-05 relative à la gestion déléguée des services publics
 Adoption du projet de loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination
 Subvention annuelle (100 MDH en 2003, 2004 et 2005)

7.4. Objectifs :
 Hisser l’assainissement liquide au rang de priorité gouvernementale ;

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 Rattraper le retard dans le domaine de l’assainissement et de l’épuration des eaux


usées;
 Réduire la pollution engendrée par les eaux usées de 60% au moins;
 Atteindre un taux de raccordement global au réseau d’assainissement de 80% en
milieu urbain.

7.5. Cible du programme :


 260 centres
 une population de 10 millions d’habitants
 Horizon 2015

7.6. Consistance du programme :


 Réhabilitation et extension des réseaux et branchements
 Renforcement du réseau pluvial
 260 Stations d’épuration
 Renouvellement des équipements
 Acquisition de matériel d’exploitation

7.7. Coût du programme :


Le programme a été évalué à environ 43 Md DH TTC dont :

 16,10 pour la réhabilitation, l’extension du réseau existant, l’évacuation des eaux


pluviales et les ouvrages d’interception et de pompage ;
 11,90 pour la réalisation des stations de traitement des eaux usées ;
 5,60 pour le renouvellement ;
 2,60 pour l’acquisition du matériel d’exploitation ;
 6,80 pour la composante sociale du programme.

7.8. Mise en œuvre et mesures d’accompagnement :


 Fonds réservé à l’assainissement : Fonds national d’assainissement liquide et
d’épuration des eaux usée (FALEEU), mis en fonction depuis l’année 2007 ;
 Mesures institutionnelles et réglementaires et l’adoption de textes d’application du
décret relatif aux déversements (pollueur-payeur) notamment les arrêtés relatifs aux
normes générales des rejets directs et indirects;
 Mesures financières : financement par l’Etat à travers le budget général (ministère de
l’intérieur et SEEE), le ministère de l’intérieur à travers la TVA et les bailleurs de
fonds tel l’Union Européenne ;
 Mesures fiscales ;
 Renforcement des capacités;
 Sensibilisation et communication;
 Mécanismes de suivi (National et Régional).

III. Gestion du patrimoine et contraintes d’exploitation :


Face aux investissements liés au développement de l’urbanisation et des équipements, la
maîtrise du vieillissement des infrastructures urbaines est restée négligée jusqu’à une période
récente. Les réseaux d’assainissement urbain ont été la partie la plus délaissée des travaux

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Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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publics, car leur service n’est pas directement perçu par les usagers. Néanmoins, les
responsables commencent à reconnaître l’importance du rôle que jouent ces réseaux dans le
système social, la santé publique et la protection de l’environnement.

1. Gestion patrimoniale des systèmes d’assainissement :

1.1. Les enjeux :


Les réseaux d'assainissement représentent un patrimoine qu'on ne soupçonne pas.
Invisibles et mal connus, ces derniers vieillissent plus vite qu'on ne le croit. Fissures,
déboîtements, intrusions de racines fragilisent ce patrimoine, le rendant incapable de remplir
ses fonctions premières : l'étanchéité et l'évacuation des effluents pollués pour protéger les
habitants et l'environnement. Plus préoccupante, la ruine des canalisations entraîne
l'effondrement des voiries mettant en danger les riverains et leur habitation. D’où l’extrême
importance de la bonne gestion de ce patrimoine.

1.2. Consistance :
Observer et évaluer un réseau, prévoir son évolution, enrichir et fiabiliser ses données et ses
modèles, définir les actions de réhabilitation à mener, constituent des volets indispensables et
complémentaires d'une gestion patrimoniale. Cette dernière permet de transmettre aux
générations futures des ouvrages en bon état, en investissant à bon escient, au bon endroit, au
bon moment, afin de prolonger la durée de vie des infrastructures et améliorer les
performances du patrimoine.
La gestion patrimoniale des réseaux se base sur une prise en compte plus ou moins complète
des facteurs d’impact, de dysfonctionnement, des constats de diagnostics structurels et des
observations faites sur le réseau suite à des campagnes d’inspection. Elle permet aux
gestionnaires de valoriser l'ensemble des informations disponibles sur leur réseau pour
rationaliser la programmation des inspections et des travaux, et orienter le développement de
bases de données urbaines adaptées à une gestion durable des réseaux d'assainissement.
Des modèles de gestion très complets ont été initiés et continuent d’être développés.
La méthode d’inspection la plus couramment employée est l’inspection visuelle et télévisuelle
sur laquelle se basent la plupart des méthodes d’évaluation des réseaux. Elle présente
l’avantage de la simplicité de la mise en œuvre et permet d’établir un premier état de la
conduite dans des conditions économiques.

1.3. Les avantages de la gestion patrimoniale pour la collectivité


Elle permet :
 Une vision globale de l'état des réseaux d'assainissement pour évaluer les besoins en
renouvellement.
 Une identification précise de la dégradation des collecteurs pour une meilleure
planification des travaux.
 Le bénéfice des nouvelles technologies pour protéger les habitants et préserver
l'environnement.
 L'assurance d'investissements pertinents pour conserver et améliorer le patrimoine
réseau.

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1.4. Démarche d’une gestion patrimoniale :


La démarche patrimoniale est parfois engagée sur la base d’une analyse du seul âge des
équipements. Le vieillissement du matériau et l’affaiblissement structurel qui peut en résulter
ne sont que des facteurs de défaillance parmi bien d’autres. Une gestion patrimoniale doit
donc s’appuyer sur une connaissance la plus fine possible des infrastructures, accompagnée
d’une analyse détaillée de toutes ces défaillances.
Un inventaire exhaustif des équipements, complété par un recensement précis de tous les
incidents (localisation, description…) doit donc être mené.
Cet inventaire devra comprendre, au minimum, par tronçon :
 le diamètre de la conduite ;
 sa profondeur ;
 son matériau ;
 le type des joints ;
 la période de pose ;
 la nature du sol ;
 les conditions d’implantation (sous chaussée, sous trottoir…).
A chaque intervention, on pourra compléter les informations citées ci-dessus qui feraient
défaut et il pourra y être adjoint :
 le type de dommage (ruine structurelle, fissure…) ;
 la cause du dommage (défaut de mise en œuvre, défaut du matériau, cause liée à
l’environnement…) ;
 les mesures prises (réparation, rénovation, remplacement…). Pour une meilleure
connaissance des coûts d’intervention, il sera utile d’intégrer :
 le type de revêtement de chaussée ;
 les dommages causés aux autres réseaux ;
 les dommages causés aux domaines publics et privés ;
 des indications concernant la gêne par rapport aux activités de surface…
La gestion d’une banque de données ainsi obtenue sera complétée par une cartographie des
défaillances constatées (par une inspection télévisée par exemple). L’utilisation d’un
Système d’Informations Géographiques sera d’une grande utilité pour localiser les secteurs
posant problème, comprendre les causes et aider à la décision.

2. La maintenance des réseaux d’assainissement:

La maintenance des réseaux d’assainissement peut être divisée en deux grands ensembles
d’actions : l’entretien et la réhabilitation.

L’entretien est l’ensemble des opérations visant à assurer le fonctionnement du réseau et à


préserver le patrimoine. La réhabilitation, quant à elle, est l’action de remise en état (voir
partie 7)

2.1. L'entretien des équipements et le contrôle du service :


Les fonctions d'entretien et de contrôle visent à assurer le bon fonctionnement du réseau et
elles comprennent les opérations suivantes :
 le curage du réseau ;
 la réparation et le renouvellement du matériel endommagé ;

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d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

 la vérification de la conformité des branchements particuliers et la surveillance des


déversements industriels ;
 l'inspection du réseau et l'enregistrement de ses caractéristiques ;
 la surveillance des chantiers d'extension et la mise à jour des plans de l'ouvrage ;
 la vérification de la conformité des stations d'épuration aux normes sanitaires

La fonction de financement des opérations liées au service de l'assainissement, consiste en la


couverture des coûts correspondants à l'implantation (coûts d'investissement), au
fonctionnement et à l’entretien du réseau des équipements.
Les agents qui sont directement concernés par le financement des actions d'assainissement
sont les organismes chargés du service de collecte et d'épuration des eaux usées
(municipalités, agents régionaux …).
Ils sont définis par l'organisation institutionnelle correspondante et doivent dégager les
dépenses nécessaires sur leurs budgets ou/et avec la participation des usagers.
Nous distinguons quatre principaux moyens de financement du service d'assainissement en
vigueur aujourd'hui :
 la redevance d'assainissement que l'usager paie en échange du service précis dont il
bénéficie ;
 les impôts communaux que le contribuable verse en fonction de l'assiette fiscale à
laquelle il est soumis. Les impôts perçus alimentent le budget général des communes,
destiné à toute sorte d'opérations assurées par ces dernières, dont le service
d'assainissement ;
 les subventions de l'Etat ou des autres organismes publics (par exemple les Agences
de Bassin Hydraulique). Il s'agit des aides financières, non remboursables, allouées
aux instances locales et destinées à la réalisation des projets spécifiques. Le plus
souvent, elles concernent la réalisation de nouveaux investissements.
 les emprunts destinés, en général, à renforcer les ressources du service.

2.2. Méthodes actuelles de maintenance des RAU (Réseaux


d’Assainissement Urbains) :
Il existe deux grandes approches ou familles de méthodes de maintenance des RAU :

- Approche par hiérarchisation : les méthodes qui relèvent de cette famille sont les plus
anciennes et les plus utilisées à travers le monde

- Approche par optimisation économique : elle commence à prendre de l’importance,


après la prise de conscience des sommes d’argent en jeu, et de la nécessité de limiter
les dépenses.

2.2.1. Approche par hiérarchisation


C’est une vision par tronçon. En premier lieu, le but est de construire une base de données
générale sur le réseau (âge, matériaux de construction, diamètre,…), mais surtout de traduire
son état actuel. Autrement dit, le but est la construction d’un SIG regroupant et superposant
les différentes informations utiles à la gestion du patrimoine. Ceci peut se faire au cours de
visites de maintenance courante, ou en effectuant des visites ou des télé-visites prévues et
organisées à cet effet.

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Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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Le relevé des dégradations et des dysfonctionnements se fait sur des fiches préparées à
l’avance. A partir de ces relevés, et en attribuant à chaque dégradation une note élémentaire,
certains gestionnaires déterminent une note d’appréciation globale permettant de hiérarchiser
les tronçons en différentes classes d’état. Chez d’autres gestionnaires, le relevé des défauts est
réalisé sans traduction numérique. Une appréciation globale est attribuée au tronçon à
l’initiative des opérateurs.

En complément de cette approche de l’état de santé des tronçons, deux autres approches sont
utilisées ou envisagées chez les gestionnaires.

L’approche « risque amont » concerne l’estimation des risques encourus par le tronçon :

- Risques d’ordre hydrogéologique


- Risques d’ordre hydraulique
- Risques liés aux surcharges statiques ou dynamiques…

Cette approche renvoie à l’utilisation de trois types de critères :

- Des critères d’agressivité de l’environnement du tronçon


- Des critères de vulnérabilité du tronçon
- Des critères de risque d’évolution

De manière symétrique, l’approche « risque aval » concerne l’estimation des risques encourus
par l’environnement du tronçon en cas de dysfonctionnement ou de sinistre.

Ces deux approches des risques, donnent lieu à différentes propositions de méthodes de
calcul.

Les travaux de réhabilitation, ou de maintenance « lourde », sont ensuite entrepris quand les
moyens financiers sont disponibles, en commençant par les tronçons les plus dégradés.
Certaines interventions politico-financières peuvent avoir lieu, en plus de l’historique des
interventions sur le réseau, ce qui a pour effet de changer l’ordre des priorités.

o Limites de l’approche:

Les différentes méthodologies par hiérarchisation sont relativement simples à mettre en œuvre
et ne prennent pas beaucoup de temps à appliquer. Cependant, il reste des problèmes vis-à-vis
de leur fiabilité. Le simple fait de donner des notes à chaque dégradation ou
dysfonctionnement, ne permet pas forcément de distinguer les plus critiques. En effet, et pour
l’exemple, une fissure longitudinale en parement dans un tronçon dans lequel le niveau d’eau
ne dépasse pas 20 à 30 cm, ne peut pas avoir la même importance qu’une fissure qui lui est
identique par ailleurs, mais en voûte d’un tronçon qui est souvent mis en charge ; dans le
premier cas, aucune exfiltration des effluents n’est à craindre, alors que dans le deuxième cas,
ce point sera un des plus importants à considérer.

Cette manière de procéder implique le risque de perte d’information. Plusieurs gestionnaires


acquièrent beaucoup de données qu’ils utilisent pour calculer leurs différentes notes, mais ne

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conservent, généralement, que le résultat final. Ceci exige l’acquisition d’une même donnée
plusieurs fois, à chaque fois que ceci est nécessaire, et ne permet plus un suivi permanent des
ouvrages, et l’évolution des dégradations dans le temps.

Un autre problème est posé lorsqu’on est en présence de plusieurs dégradations. On pourra
penser spontanément que le cumul des dégradations aggrave l’état d’un ouvrage, cependant,
si on prend l’exemple d’un ouvrage situé en zone industrielle, ce qui implique la présence
d’effluents très corrosifs. D’un autre côté, cet ouvrage, baigne dans la nappe phréatique du
secteur, et présente plusieurs fissures en radier et en parement, ce qui implique d’important
apports d’eau claire parasite. Ici, il semble opportun de tenir compte de la dilution des
effluents acides par les eaux claires parasites, car ces dernières jouent ici un rôle positif.

2.2.2. L’approche par optimisation économique :


C’est une vision globale du réseau, et surtout de sa maintenance. En fait, c’est une approche
plutôt récente, puisque nous trouvons, dans les présentations des différentes méthodes qui la
caractérisent, des critiques et des reproches concernant la tendance classique de
hiérarchisation. Se basant sur des calculs de probabilité, cette approche cherche à mieux
utiliser les fonds financiers disponibles : si un dirham est disponible, comment devons-nous le
dépenser, pour mieux le rentabiliser ?

Plusieurs méthodes de calcul ont été développées, mais vu l’importance des calculs à
effectuer, la plupart de ces méthodes sont informatisées.

o Limites de l’approche :

Basées principalement sur des méthodes probabilistes, ces approches requièrent donc un très
grand nombre d’études de cas, avant de les mettre au point. Ceci se traduit par une importante
masse de données à acquérir, à stocker et à analyser en très peu de temps, ce qui confirme la
lourdeur de la mise en œuvre des méthodes faisant partie de cette approche.

D’un autre côté, ces approches sont tellement basées sur l’économie de la maintenance des
RAU, qu’elles oublient parfois le pourquoi de ces réseaux. En effet, l’idée d’amortir ou de
rentabiliser au mieux les investissements, peut parfois induire la réhabilitation d’ouvrages qui
ne sont pas forcément les plus critiques, vis-à-vis des objectifs d’un réseau d’assainissement
urbain.

De plus, la perte d’information est une critique qui revient souvent. Rares sont les
gestionnaires qui stockent les données au fil du temps.

3. Diagnostic du réseau :
Les diagnostics assainissement sont des études préalables ou complémentaires d’aide à la
décision qui ont pour but de dresser un bilan actuel de fonctionnement des systèmes
d’assainissement collectifs, d’éliminer le maximum d’eau parasite, de mettre en place les
améliorations nécessaires au bon fonctionnement des systèmes d’assainissement et d’établir
un programme des travaux à mettre en place.

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Les études diagnostics ont pour objectif de proposer au Maître d’Ouvrage les solutions
techniques les mieux adaptées à la collecte, au traitement et aux rejets dans le milieu naturel
des eaux usées d’origine domestique et/ou industrielle en intégrant les aspects économiques et
environnementaux.

Ces études permettent de garantir à la population présente et à venir des solutions durables
pour l’évacuation et le traitement des eaux usées, en tenant compte des objectifs de
développement de l’urbanisme et des contraintes du site.

3.1. Le pré-diagnostic :
C’est l’acte permettant l’acquisition de documents, de données et de connaissances utiles au
diagnostic.

Pour mener à bien le diagnostic d’un réseau d’assainissement les éléments suivants sont
nécessaires :

 Recueil des données et analyse de l’existant : milieu naturel, population et habitat


 Données météorologiques
 Plans des réseaux à jour
 Plans des sites de déversement
 Historique des visites des regards
 Consommation en eau potable et taux de raccordement des habitations et industries.

3.2. Diagnostic classique du réseau d’assainissement :


Les études diagnostic « classiques » de réseaux permettent d’appréhender, dans leur
ensemble, le fonctionnement du réseau et ses répercussions sur la station d’épuration et le
milieu récepteur. Pour ce faire, différentes opérations sont réalisées, puis confrontées entre
elles :

 la recherche d’informations pour la connaissance du réseau et de son fonctionnement


(visites, bibliographie, entretiens avec les exploitants…),
 la campagne de mesures de débit et de pollution pour approfondir et/ou compléter les
connaissances,
 les études détaillées des secteurs problématiques.

Ces études sont souvent mises en place après observation régulière de problèmes d’eaux
parasites. Afin que les résultats soient exploitables, elles doivent être menées en différentes
saisons : en période sèche (nappe basse) et en période humide (nappe haute).

Les résultats obtenus apportent de nombreuses informations (population raccordée, activités


industrielles raccordées, rejets non contrôlés au milieu naturel, raccordements directs d’EP sur
le réseau d’EU). Celles-ci peuvent ainsi être confrontées aux données recueillies lors
d’enquêtes (plan du réseau, consommation d’eau potable, nature des activités industrielles,

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contexte géologique…) dans le but d’établir un premier bilan de fonctionnement du réseau et


de proposer des solutions aux principaux problèmes.

Les études diagnostic sont très sensibles aux aléas hydrologiques, hydrauliques et physiques
du réseau (pannes de pompes de relèvement, travaux, manœuvres de vannes, obstruction…).
Ces aléas perturbent la mesure, et le recul sur les données n’est pas suffisant pour en déduire
d’autres informations.

La principale contrainte des études diagnostic est la limitation de mesure dans le temps, réel
obstacle pour suivre l’évolution du réseau et son fonctionnement, mais aussi pour contrôler
l’impact des travaux de réhabilitation réalisés ou pour observer sa réaction aux diverses
conditions météorologiques.

En définitive, il convient de conserver l’acquisition des données de certains points de mesure


de façon permanente (au-delà de la période d’étude) pour évaluer en continu les améliorations
apportées par les travaux effectués : il s’agit du diagnostic permanent (DP).

3.3. Le concept de diagnostic permanent


Les insuffisances des études diagnostic « classiques » de réseaux d’eaux usées vont être
comblées par la mise en place du concept de DP.

Les objectifs du DP, et les moyens mis en œuvre pour les atteindre vont permettre de définir
précisément ce qu’est le concept de DP.

3.3.2. Les objectifs :


Le DP a pour objectif originel l’amélioration des connaissances du fonctionnement
hydraulique et de la structure (état de l’art) du réseau grâce à une démarche inspirée de celle
des études diagnostic « classiques » avec des données plus représentatives de l’ensemble des
conditions hydrologiques.

Le DP permet ainsi de suivre l’évolution du réseau (gestion du patrimoine) en évaluant les


impacts :

 des extensions des zones de collecte,


 des vieillissements des collecteurs,
 des réhabilitations des collecteurs,
 des aménagements du réseau (stockage, restructuration).

Enfin, le DP est un indicateur de l’efficacité et de la pérennité du système d’assainissement.


L’utilisateur se voit donc proposer un outil d’aide à la décision pour assurer le bon
fonctionnement de son réseau en temps sec comme en temps de pluie (amélioration des
ouvrages, optimisation de l’entretien…). Grâce au développement de l’auto-surveillance des
stations et à la métrologie des réseaux par le DP, il est possible d’envisager d’éventuels
travaux de restructuration, réhabilitation…

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3.3.3. Les moyens :


Les moyens mis en œuvre pour atteindre ces objectifs diffèrent suivant les caractéristiques des
sites d’implantation. Cependant, tous les systèmes métrologiques regroupent les mêmes
composantes :

 les mesures permanentes de précipitations, débits, hauteur et vitesse d’eau dans le


réseau de collecte et la mesure du niveau de la nappe.
 la mise en place des modèles pluie-débit qui permettent l’exploitation,
l’interprétation et l’extrapolation des mesures.
 les relevés de caractéristiques et de l’état du patrimoine.

L’importance de chacune d’entre elles et leur échelonnement dans le temps varient selon les
applications que l’on cherche à exploiter à partir du système métrologique.

3.3.4. Mise en place du diagnostic permanent :


La mise en place du DP se fait par un ensemble de pratiques dans le but d’évaluer l’état
(structure) et le fonctionnement (efficacité hydraulique) d’un réseau d’assainissement, afin
d’en améliorer son exploitation, et d’envisager les priorités en terme d’investissements et
d’interventions nécessaires à sa bonne évolution.

Le DP est donc un indicateur de l’efficacité et de la pérennité du système de collecte


(détectant les défauts et dysfonctionnements, et estimant parfois leurs éventuels impacts).
Cette évaluation nécessite d’être actualisée suivant les interventions réalisées sur le réseau.

Le DP se distingue en deux parties :

 un diagnostic fonctionnel : basé sur l’efficacité hydraulique (débits et flux polluants),


il porte sur le transfert sans perte ni dégradation des effluents collectés. Ce diagnostic
concerne le bassin versant.
 un diagnostic structurel : basé sur l’état de la structure, il porte sur la pérennité des
ouvrages et les dommages éventuels susceptibles d’être entraînés par leur ruine. Ce
diagnostic concerne l’ouvrage (regard, déversoir, poste de relèvement) ou le tronçon
de collecteur (défini par deux regards consécutifs).

Ces deux types de diagnostic sont très liés, en effet ils sont complémentaires puisque des
problèmes hydrauliques peuvent avoir des conséquences sur la structure, et inversement
(exemple : les fissures provoquent des infiltrations qui déstabilisent l’ouvrage par
entraînement des fines).

En résumé, le DP permet la gestion du patrimoine mettant en avant les performances


fonctionnelles du système de collecte. Cet outil réunit mesures permanentes, modèles et
relevés de l’état du patrimoine. Cependant, le DP n’est pas défini par la mise en œuvre
spécifique d’un outil précis (réseau de mesure, modèle hydraulique, système de gestion en
temps réel, SIG, base de données des abonnés…). Il nécessite néanmoins la connaissance,
sans cesse affinée et mise à jour, du système exploité. La gestion quotidienne du réseau

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(gestion des plaintes, gestion des curages) permet de fournir des renseignements intéressants
pour la mise en œuvre du DP. Le DP rend disponible des informations indispensables à la
conception et au dimensionnement du réseau.

3.4. Le rôle des SIG dans la gestion du patrimoine assainissement :


Les SIG permettent la représentation cartographique des réseaux d'assainissement.
Au-delà de cette fonction cartographique, les SIG sont des outils d'aide à la décision pour la
gestion opérationnelle et pour la gestion patrimoniale du réseau. Par exemple, le SIG permet
au gestionnaire non seulement de savoir où est positionné tel tronçon du réseau, mais aussi de
l'aider à trouver des solutions à des questions auxquelles il est confronté :
 Comment dériver un effluent pour une opération de réhabilitation ?
 Quels sont les usagers concernés par la gêne occasionnée lors de ces travaux ?
Les applications SIG peuvent aussi être utilisées pour :
 Estimer la valeur du patrimoine immobilisé dans le cas d’un partage d’un réseau
existant.
 Prévoir la réhabilitation des réseaux anciens.
 Faire de la gestion prospective du réseau en comparant différents scénarios ;
 Prévoir les opérations de maintenance. Il peut être envisagé d'utiliser un SIG en le
couplant à un modèle statistique d'estimation de la qualité du réseau fondé sur des
corrélations entre la nature du sol, les risques de corrosion et la localisation des
dysfonctionnements passés…

IV. Les causes de dégradation des ouvrages d’assainissement :


1. Risques géotechniques et hydrogéologiques :
1.1. Entrainement de fines :
Dans le cas d’une canalisation mise en place sous une nappe, L’écoulement de l’eau dans un
sable engendre des forces hydrodynamiques tendant à entraîner les éléments de sol dans le
sens de l’écoulement. Ce phénomène peut s’enclencher dès la phase de construction lorsqu’il
y a déficience du système de rabattement de la nappe.

Le processus d’entraînement du sol environnant la canalisation et sa périphérie s’aggravant au


cours du temps, les vides créés au voisinage de la canalisation vont provoquer des désordres
dans celui-ci (fissures, assemblages défectueux…) favorisant la pénétration du sol à l’intérieur
et contribuant à l’amplification du phénomène.
Si l’entrainement de fines se produit au niveau des faces latérales du tronçon, nous pouvons
assister à la divergence de ces parois (une ovalisation horizontale dans le cas d’ouvrages
circulaires), due à la perte de butée latérale ; il faut bien sûr y ajouter la dissymétrie des
contraintes sur le tronçon, et les déformations que cela peut entrainer, suivant la résistance du
matériau de construction.

Si le phénomène se produit au-dessus de l’ouvrage, les vides crées peuvent entraîner la


décompression du sol, et donc la répercussion des surcharges verticales descendantes sur les
parois latérales ; ceci augmente les contraintes à ce niveau, et peut provoquer une
convergence de ces parois (ovalisation verticale dans le cas d’ouvrages circulaires).

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Figure 4:entraînement hydrodynamique des fines

1.2. Tassement:

Sous l’action de surcharges verticales, certains types de sols ont tendance à tasser, ce qui est,
en fait, la résultante d’une déformation verticale. Les matériaux les plus susceptibles de tasser
sont les argiles, les limons, les tourbes, et les remblais mal compactés.

Nous pouvons définir deux cas types : les tassements différentiels, et les tassements absolus
suivant le profil en long.

Les premiers sont les plus néfastes pour les canalisations ; ils sont dus à la pose de celles-ci à
cheval sur deux terrains de compressibilité différentes (en général transversalement). Les
conséquences sont dans un premier temps, l’apparition d’une ou de plusieurs fissures, puis le
cisaillement de la canalisation.

Figure 5: passage d'une canalisation d'une zone stable à une zone compressible

Les seconds sont dus au remaniement de fond de fouille, ou à des remblais mal compactés. Ils
peuvent être lents ou rapides.

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Figure 6: canalisation dans un remblai mal compacté

Dans les deux cas, la principale conséquence est la formation de contre-pente. De plus,
suivant l’ampleur du tassement, ainsi que de la qualité du lien tronçon-sol, nous pouvons
remarquer un affaissement de radier dans le cas de tronçons de forme non-circulaire, avec
apparition de fissures longitudinales en naissance des piédroits.

1.3. Dissolution :
Certains matériaux naturels, tels que le gypse, sont solubles voire très solubles dans l’eau.
La dissolution conduit à la formation de cavités et de Karst plus ou moins importants. Ceux-ci
sont à l’origine de fissure, d’affaissement ou d’effondrement pour les conduites situées au-
dessus ou dans des sols de ce type.
Cependant, pour qu’il y ait un risque réel, il faut que le sol soluble soit effectivement baigné
par une nappe et :
 que cette nappe, dans le cas où elle s’écoule naturellement, ne soit pas saturée ;
 ou bien que cette nappe soit en mouvement sous l’effet d’un pompage dont la zone
d’influence intéresse la canalisation.
Une fuite entraînant une circulation d’eau d’origine accidentelle constitue une autre grande
cause de dissolution de ce type de sol.

Figure 7:dissolution de l'assise d'une canalisation

1.4. L’effondrement dû au vide :

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L’existence d’un vide naturel ou artificiel souterrain peut entraîner des mouvements dans le
sol sous-jacent et des efforts (cisaillement, flexion) sur la conduite qu’il renferme. Ces efforts
risquent d’engendrer des désordres pouvant aller jusqu’à la ruine, si l’ouvrage n’a pas été
conçu pour résister à l’effondrement du toit de la cavité.

Figure 8:effort engendré dans une canalisation par les mouvements des terrains vers une cavité

1.5. Gonflement-retrait :

Certaines argiles et marnes raides ont une tendance à changer de volume en fonction de leur
teneur en eau. Pour une conduite qui traverse des terrains de cette nature, l’existence de cycles
gonflement Ŕ retrait, causés par des fluctuations du niveau de la nappe phréatique ou par des
cycles de sécheresses, peut se traduire par des soulèvements, des tassements et des efforts de
compression à l’origine de déformation et de fissure de la structure.

Figure 9:gonflement d'une argile après creusement d'une tranchée

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1.6. Glissement de terrains :


Les glissements de terrains résultent de la rupture d’un massif lorsque la contrainte de
cisaillement, au niveau de la surface de rupture, devient supérieure à la résistance au
cisaillement du sol. Ils entraînent, le plus souvent la ruine des ouvrages.

1.7. L’éboulement rocheux :


Le risque d’éboulement rocheux se présente :
 pour un ouvrage situé en crête de falaise, risquant d’être entraîné par la rupture de
celle-ci ;
 pour un ouvrage peu profond situé au pied d’une falaise.
Les facteurs intervenant sont liés :
 à la proximité de l’ouvrage par rapport à la crête de falaise et à la hauteur de celle-ci ;
 à la nature des terrains concernés, à la fracturation du massif rocheux, à la
stratigraphie ou à la schistosité de ces terrains (influence importance des pendages de
couche vers la falaise) ;
 à l’exposition aux intempéries où l’importance des cycles gel / dégel joue un rôle
important

2. Risques hydrauliques (liés à l’effluent) :


2.1. Action mécanique et physico-chimique de l’effluent
En parlant de l’effluent, il semble intéressant de faire intervenir à la fois la vitesse et la nature
même de l’effluent.

2.1.1. La vitesse :
La vitesse dépend en partie de la pente du tronçon. Si celle-ci est très forte, elle induit une
grande vitesse d’écoulement, et donc des risques d’érosion ; si elle est faible, elle entraîne des
risques d’ensablement, et donc de mauvais fonctionnement (la charge solide que l’effluent
transporte provoque inévitablement une usure mécanique des matériaux constitutifs de
l’ouvrage) ; si elle est quasi nulle ou négative (contre-pente), elle induit des stagnations d’eau,
avec formation possible de différents gaz, dont le H2S, avec ce que cela induit comme
corrosion (voir ce qui suit).

2.1.2. La nature de l’effluent :


Le type d’effluent joue un rôle important s’il y a stagnation d’eau (voir la partie : problèmes
d’H2S), mais aussi si les effluents contiennent une quantité non négligeable de certains rejets
industriels non prétraités (rejets chimiques entre autres : différents acides, rejets de
tanneries…). En effet, les eaux de process présentent des effets négatifs sur les ouvrages
d’assainissement. On cite :

 Dégradation des systèmes de collectes, Agressivité, Obstruction, Explosion,


dégradation du béton, …
 Atteinte à l’épuration biologique (Inactivation du processus d’épuration biologique)
 Incommodité du personnel d’exploitation (les égoutiers…)
 Nuisances olfactives

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2.1.3. Problèmes d’H2S :


L’hydrogène sulfuré génère plusieurs problèmes au niveau des réseaux d’assainissement.

 Problème lié à la corrosion :

Explication du phénomène :

L’hydrogène sulfuré corrode le cuivre, des alliages à base de cuivre comme le laiton, certains
bronzes, le fer et l’argent pour former des sulfures métalliques noirs. Il peut en effet être
catastrophique sur l’équipement électrique aux stations de relèvement. Les structures comme
les échelles en fer et les regards sont détruits, d’autant plus rapidement que l’atmosphère est
humide. Même la fonte de fer et certaines classes d’acier inoxydable sont corrodées ou
piqués.

Malgré tout, c’est à travers la corrosion des conduites en béton, des regards en fibrociment et
d’enduits de ciment PORTLAND que la corrosion par H2S est bien connue. Les composants,
contenant du soufre et présents dans les effluents, sont transformés en composants sulfureux,
et ceci dans les sections où les conditions de stagnation sont remplies ; certains de ces
composants sulfureux, ainsi produits, sont libérés dans l’atmosphère de la conduite sous
forme de gaz H2S.

Le H2S se condense sur les parois, et est transformé par les bactéries anaérobies en acide
sulfurique : H2S + 2O2  H2SO4

C’est le H2SO4 qui est la principale cause de dégradation par corrosion interne. En effet, il
dissout l’hydroxyde de calcium et les carbonates de calcium contenus dans le mortier de
ciment, entraînant la corrosion et compromettant l’intégrité de la structure du tuyau.

La corrosion a lieu exclusivement dans la partie émergée du tuyau, de manière inégale à cause
des courants d’air à l’intérieur de la canalisation.

Figure 10:corrosion interne des ouvrages par formation d'acides

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La vitesse de corrosion du béton dépend :

o de la turbulence du flux des eaux usées (dégazage d’H2S dans l’atmosphère et


oxydation en acide sulfurique)
o de la ventilation des réseaux
o de la surface de contact entre l’effluent et l’atmosphère.

Les principales conditions favorables à la corrosion interne du collecteur :

o Collecteur gravitaire en aval d’une station de relevage, et d’une conduite sous


pression. En effet, dans les conduites de refoulement, la concentration en oxygène
dissous diminue en fonction de la longueur du réseau et du temps de séjour
hydraulique. L’effluent passe donc en milieu anaérobie ce qui favorise la formation
d’H2S. Celui-ci n’est dégagé qu’au contact de l’air, au déversement dans les ouvrages
de reprise ou des conduites gravitaires et il y a alors corrosion au niveau des bétons
(tuyaux, génie civil) et des équipements électromécaniques et électroniques des
ouvrages d’assainissement. La corrosion des ouvrages est d’autant plus importante que
la turbulence créée par le déversement des eaux usées est grande.
o Effluents à forte concentration en produits carbonés ;
o Certains effluents industriels, particulièrement ceux à faible pH ;
o Faible pente, ou contre-pente favorisant la stagnation des effluents : ici, on parle des
zones littorales, plaines,… En effet, les faibles vitesses favorisent le développement de
biofilm sur les parois et diminue les échanges gazeux, notamment l’absorption
d’oxygène. Il peut arriver également que le dégagement d’H2S ne soit que saisonnier,
durant les mois les plus chauds.

 Problème lié aux odeurs :

Au niveau des réseaux d’eaux usées, le dégagement d’odeurs provenant des canalisations ou
des bâches de relèvement est dans la majorité des cas, dû à la présence d’H2S qui se détecte à
de très faibles concentrations. Cette odeur « d’œuf pourri » est perçue dès 0,1 ppm par
certaines personnes, mais le seuil de détection de 1 ppm semble être le plus largement
répandu. C’est grâce à ces plaintes de riverains que l’on détecte les dysfonctionnements de
réseaux et que l’on peut intervenir pour y remédier, en dehors des visites d’entretien des
exploitants.

2.2. Action hydraulique :


L’effluent exerce une charge hydraulique dynamique ou statique sur l’ouvrage. Lors de crues
ou de taux de remplissage inhabituel, l’ouvrage peut également subir des charges
hydrauliques pour lesquelles il n’a pas été conçu. Il peut aussi avoir à encaisser un
déséquilibre de pression différentielle exercée de part et d’autre de ses parois ou des coups de
bélier résultant du fonctionnement d’une station de relevage proche.

3. Risques structurels :
3.1. Les charges statiques et dynamiques :
Une canalisation est d’autant plus sensible aux charges dynamiques et statiques qu’elle est
plus proche de la surface.

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3.2. Maintenance :
L’observation régulière et sérieuse des conduites est une condition impérative pour la
prévention de sa dégradation et de ses dysfonctionnements. Sa négligence constitue un facteur
de risque aggravant, de même que l’absence de réalisation des mesures préconisées après
constat de désordres ou anomalies.

3.3. Construction :
La vulnérabilité des ouvrages est fortement accrue par :

 l’inadaptation des techniques d’exécution ;


 la mauvaise maîtrise de ces techniques ;
 la rencontre d’aléas géologiques, pour lesquels les techniques d’exécution et la
structure ont été mal adaptées.
Les modes d’exécution de l’ouvrage suivants sont aussi générateurs d’une vulnérabilité accrue
des conduites :
 les travaux à ciel ouvert (en tranchées), où la mise en place du soutènement est décalée
par rapport au terrassement et surtout où le rabattement préalable de la nappe n’a pas
été réalisé, induisant ainsi un remaniement de fouille ;
 les travaux en souterrains, où la décompression du terrain environnant a pu se
propager si le soutènement n’a pas été mis immédiatement en place. Par ailleurs, pour
les ouvrages récents, avec terrassement mécanisé et soutènement immédiat, les risques
peuvent provenir soit du soutirage de sol plus important que le volume théorique, soit
d’un mauvais remplissage de l’espace entre le terrain et l’ouvrage.

La vulnérabilité des conduites dépend aussi de la résistance des matériaux constitutifs de la


structure, du dimensionnement de celle-ci, mais également de l’altérité des matériaux qui la
constituent.
Il convient de souligner ici que l’ancienneté des ouvrages ne constitue pas un risque
obligatoire d’accroissement de la vulnérabilité.

4. Risques d’impact du milieu :


4.1. Interaction avec les usages de surfaces :
4.1.1. Influence de la végétation en surface :
Les risques engendrés par la proximité des systèmes racinaires des arbres sont accrus, lorsque
ces derniers sont âgés, avec un volume foliaire important, dans une structure de sous-sol à
agrégats dissociés. Certaines espèces présentent plus de risques. C’est le cas, par exemple, des
peupliers et des saules qui présentent un système racinaire très développé.

4.1.2. Influence de vibrations et charges roulantes importantes :


Ce risque concerne notamment les ouvrages sous voies ferrées et sous chemin de roulement
de grues ou portiques de manutention, battage de pieux ou palplanches à proximité…

4.1.3. Modification des usages de surfaces :


Une variation des charges réparties en surface peut entraîner un changement de comportement
de la conduite par rapport aux conditions initiales de réalisation. Les contraintes peuvent alors

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dépasser la résistance mécanique de l’ouvrage et entraîner des déformations telles


qu’ovalisation, fissurations et même rupture.

4.1.4. Interaction avec le bâti :


L’évolution des contraintes mécaniques sur la conduite par rapport aux conditions initiales de
pose doit être considérée. La construction d’un ouvrage aérien ou souterrain à proximité d’une
conduite peut engendrer la modification de l’état d’équilibre du complexe sol / structure. Une
mauvaise réalisation des terrassements peut entraîner une décompression du sol avoisinant et
un entraînement de fines s’il y a drainage du terrain.

V. Les défaillances possibles d’un réseau d’assainissement :


1. Les cassures / Les fissures :
1.1. Définitions :

1.1.1. Les cassures :


Une cassure est une fissure traversante ou ouverte de plus de 5 mm de largeur.
Les cassures sont souvent accompagnées d'une déformation et de signes d'infiltration (traces
de sol). II est difficile de distinguer les fissures des cassures lorsque les cassures sont fermées
du coté intérieur de la paroi. Si les méthodes d'inspection employées ne permettent pas
d'évaluer l'état du collecteur sous le niveau d'eau, il peut être impossible de déceler les
cassures situées sous une ligne si la conduite n'a pas été complètement asséchée au préalable.

Figure 11: types de cassures

1.1.2. Les fissures :


Les fissures sont des défauts superficiels fermes qui ne font pas plus de 5 mm de largeur et
qui n'entrainent pas de déplacement transversal de la paroi de la conduite. Les fissures sont
une forme de cassures légères.

Les types des fissures :


 Les fissures longitudinales :
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C’est une discontinuité physique parallèle à l’axe de l’ouvrage. Elle affecte l’ouvrage sur une
longueur importante, souvent plusieurs mètres. Une conduite est rarement affectée par une
seule fissure longitudinale.

 Les fissures transversales :


C’est une discontinuité physique perpendiculaire à l’axe de l’ouvrage. Cette fissure peut ne
pas être visible que sur une partie de l’ouvrage.

 Les fissures obliques :


C’est une discontinuité physique selon une direction oblique par rapport à l’axe longitudinal
de la conduite. Une fissure oblique est souvent associée à une fissure transversale plus ou
moins inclinée pouvant se prolonger par une fissure longitudinale.

 Les fissures annulaires :


Une fissure annulaire est une fissure transversale ou oblique recoupant toute la section.

1.2. Conséquences :
Le nombre de cassures et leurs dimensions sont une indication de la gravite de la
détérioration. Dans le cas des cassures longitudinales et diagonales, on compte le nombre de
cassures sur tout le pourtour de la conduite. Dans le cas des cassures circulaires, on dénombre
les cassures à l'intérieur de chaque unité primaire d'évaluation. On emploie la même méthode
pour compter les fissures.
La présence de cassures légères peut indiquer la présence d'autres problèmes touchant
l'intégrité de la structure conduite-sol, par exemple :
 Exfiltrations d’effluents et la contamination du sol et des eaux
 Infiltration d’eaux parasites, avec entraînement de fines et décompression des terrains
adjacents.
 le début d'une intrusion racinaire dans les parties les moins profondes,
 l'érosion de la fraction fine du sol et la perte de support de la conduite, susceptibles
d'entrainer des cassures plus graves.

2. L’effondrement :
Un effondrement est une rupture localisée d’une partie de la conduite désolidarisée du reste de
la structure.
L’effondrement d'une conduite rigide est souvent précédé de cassures sévères. Les conduites
flexibles peuvent s'effondrer sans présenter de fissures ou de cassures préalables.
Un effondrement, en général :
 donne lieu à la création d’une cavité béante dans la structure de la conduite.
 traduit la ruine de la conduite.
 Les infiltrations et exfiltrations sont abondantes
 Donne lieu à d’importants phénomènes d’entraînement des fines
 Engendre la décompression des terrains adjacents.

3. Les déformations :
Les déformations relèvent, comme les cassures, d’une famille de dégradations liées à des
risques structurels. Elles sont, elles aussi, à l’origine de désordres fonctionnels : perturbation
des écoulements, infiltrations / exfiltrations.

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3.1. L’affaissement :
Un affaissement est un tassement localisé d'un collecteur. II peut provenir :
 d'un tassement différentiel de l'assise,
 du lessivage des matériaux d'assise
 ou d'une erreur de mise en place au moment de la construction.
Au cours d'une inspection, on note le début et la fin de l'accumulation d'eau, qui est le
principal indicateur d'un affaissement. Dans les conduites rigides, les affaissements peuvent
être accompagnés de fissures ou de cassures.
L’affaissement est à l’origine de l’apparition de fissures et/ou la désorganisation des
assemblages entre éléments préfabriqués.

3.2. L’ovalisation :
Déformation verticale ou horizontale de la section d’un ouvrage circulaire (prenant la forme
ovale) constitué de matériaux non rigides. C’est un défaut très fréquent pour les canalisations
flexibles (essentiellement PVC …).
L’ovalisation peut conduire à :
 La rupture quand les tolérances de déformation du matériau sont dépassées ;
 Possibilité d’infiltration / exfiltrations selon les niveaux respectifs de la nappe et de
l’effluent au niveau des assemblages ;
 Perturbation (limitée) des écoulements.

4. Les défauts d’étanchéité :


Ces dégradations sont à l’origine de dysfonctionnements essentiellement hydrauliques. On
distingue :

4.1. L’infiltration :
Il s’agit d’une introduction d’eaux parasites dans l’ouvrage par suite d’un défaut d’étanchéité.
En effet, les arrivées d’eau proviennent de la nappe phréatique. Elles sont localisées ou, peu
diffuses et se produisent à la faveur de fissures traversantes et d’autres cassures, assemblages
défectueux, pénétration, branchement défectueux.
L’infiltration entraine une présence fréquente de concrétions au droit des infiltrations
susceptibles de réduire la section hydraulique. Elle engendre aussi une désorganisation
structurelle par lessivage des liants et entraînement des fines du terrain encaissant. Elle peut
être également responsable d’une perturbation fonctionnelle par dilution des effluents en cas
de débits entrants importants (surcharge des stations d’épuration et de pompage).

4.2. L’exfiltration :
C’est une perte d’effluent à travers l’ouvrage par suite d’un défaut d’étanchéité. Tout comme
l’infiltration, elle est localisée et se produit en faveur de fissures et cassure.
L’exfiltration engendre une érosion accélérée du revêtement dans les zones où elle se produit.
Elle permet la création de cavités autour de l’ouvrage, par dissolution des terrains encaissants
ou entrainement de fines, conduisant ainsi à une désorganisation structurelle.

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Figure 12: le phénomène d’exfiltration

4.3. Suintement :
C’est une infiltration à débit infime.
Ici, les entrées d’eau se manifestent sous forme d’une humidité entretenue, ponctuelle, linéaire
ou diffuse, ou d’un « goutte à goutte », à la faveur de défauts de même nature mais moins
marqués que ceux des infiltrations.
Les zones ou lignes de suintement sont souvent soulignées par des efflorescences ou des
dépôts (cristallisation des sels dissouts). Les zones de goutte à goutte peuvent être marquées
par des stalactites. L’évolution vers l’infiltration est possible.

4.4. Concrétion :
Il s’agit d’un dépôt solide minéral irrégulier soulignant les zones d’infiltration d’eaux
carbonatées ou sulfatées. Ce dépôt peut revêtir la forme d’enduit mince, d’efflorescence ou de
stalactite. A la faveur de défauts du même ordre que pour les suintements, les concrétions
constituent des encroûtements plus ou moins importants et localisés.
La concrétion a pour conséquence l’évolution possible vers l’infiltration avec un entrainement
des fines du terrain. Elle engendre aussi une diminution plus ou moins accentuée de la
débitance par réduction de la section d’écoulement et augmentation de la rugosité de surface.

4.5. L’usure :
L’usure est une érosion de l’intrados de l’ouvrage. Cette érosion a lieu sous l’action corrosive
ou abrasive des effluents.
Cette érosion se manifeste par une disparition de matériau réduisant l’épaisseur de la
conduite.
La corrosion intervient généralement sur la partie baignée de la conduite, mais elle peut aussi
se manifester dans la partie non baignée à travers l’attaque acide due à la production d’H2S.

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Pour les conduites en béton ou fibre ciment, le liant est attaqué, ce qui entraine le
déchaussement des granulats, la corrosion des armatures, la décompression des fibres.
L’abrasion intervient principalement dans la partie baignée par l’effluent.
L’usure est un phénomène évolutif qui peut atteindre toute l’épaisseur de la conduite et
conduire à sa ruine.
A plus brève échéance, la résistance mécanique est affaiblie par réduction de section
résistante, et les infiltrations/exfiltrations peuvent se produire avec entrainement de fines,
décompression de terrains adjacents et pollution de la nappe.

4.6. Dégradation du béton en milieu riche en hydrogène sulfuré :

Le dégagement de l’hydrogène sulfuré peut se produire dans des ouvrages tels que les fosses
septiques, les stations d'épuration ou les réseaux d'assainissement. Ce dégagement a pour
origine la décomposition en milieu anaérobie des composés du soufre contenus dans les
effluents brassés ou circulant dans les ouvrages.

Les composés soufrés proviennent des sulfates et des produits organiques de type protéines
végétales et animales ou de type sulfonâtes contenus dans les produits détergents. La
réduction de ces composés est due à l'action de bactéries anaérobies sulfato-réductrices et
nécessite un milieu pauvre en oxygène (O2<0.1 mg/l)

Par consommation de l'hydrogène sulfuré au cours de leur métabolisme, les sulfato-bactéries


rejettent de l'acide sulfurique H2SO4.
Tous les matériaux à base de liants hydrauliques calciques sont très sensibles au contact de
ces acides (formation d'un bio-film : dépôt gélatineux superficiel permettant à l'activité
bactérienne de se poursuivre directement au contact du béton). Les acides secrétés peuvent
correspondre à des solutions dont le pH peut être proche de zéro.

L'action de H2S se résume principalement à une attaque par H2SO4 qui se décompose elle-
même en :

 un phénomène d'attaque acide qui induit la dégradation du béton par dissolution des
composés calciques et silico-calciques de la pâte ciment
 une réaction sulfatique avec néoformation de minéraux à caractère expansif : gypse,
ettringite…

Il est important de noter que ces réactions n'ont lieu que dans les parties émergées ou situées
en zone de marnage de l'ouvrage et qu'elles sont d'autant plus fortes que l'humidité de l'air
ambiant et la température sont élevées et que l'environnement est peu ventilé.

5. Les anomalies ponctuelles :

Du fait même de leur faible étendue, les anomalies ponctuelles ne constituent pas une menace
directe et immédiate pour l’intégrité structurelle et le fonctionnement hydraulique d’une
conduite. Toutefois, leur caractère évolutif présente de fait un réel niveau de risque pour la
conduite.

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Dans cette catégorie, on distingue :

5.1. Les intrusions :


Il ‘agit des pénétrations dans l’ouvrage (ou traversée) d’un élément extérieur : racines, tuyaux,
gaines…L’élément extérieur n’a aucun rapport avec l’ouvrage et constitue un obstacle à
l’écoulement par réduction de la section hydraulique utile et création de turbulences. Les
racines pénètrent préférentiellement au travers de défauts de structure.
Les conséquences dues aux intrusions sont les suivantes :

 Apparition de défauts d’étanchéité et de fissures, avec infiltrations et exfiltrations.


 Accumulation de matériaux divers.
 Croissance et extension des intrusions de racines qui trouvent dans les conduites des
éléments nutritifs.

5.2. Raccordement défectueux :


Ici, on parle de tout raccordement qui n’a pas été réalisé selon les règles de l’art. C’est le cas,
par exemple, d’un branchement pénétrant, c’est-à-dire débordant le parement interne de
l’ouvrage et ou le raccordement n’est pas étanche.
Le débordement du branchement à l’intrados est un obstacle à l’écoulement par réduction de
la section hydraulique et création de turbulence. Un branchement défectueux facilite
également l’intrusion de racines.
Les raccordements défectueux ont les mêmes conséquences que les intrusions.

5.3. Perforation :
Cette défaillance se présente sous forme d’un percement localisé de la conduite avec
disparition d’une partie de la structure.
La perforation, généralement accidentelle (impact d’un élément dur extérieur) est caractérisée
par un trou de dimension réduite affectant la structure.
Le défaut localisé d’étanchéité (infiltrations et exfiltrations) entraîne les matériaux du terrain
et perturbe les écoulements si ces matériaux s’accumulent.

5.4. Poinçonnement :
C’est une déformation ponctuelle non traversante de la conduite.
Le poinçonnement s’apparente à une perforation non aboutie, c’est à dire sans percement ni
perte d’étanchéité. Il se manifeste localement par une déformation du matériau constitutif de
la conduite sous l’effet de la poussée d’un élément dur extérieur.
Le poinçonnement peut avoir comme effet :
 La décompression du terrain au droit du poinçonnement.
 L’apparition de microfissures à l’intrados.
 L’évolution souvent rapide vers une perforation avec perte d’étanchéité.

5.5. Assemblage défectueux :


Un assemblage défectueux isolé, entre deux éléments préfabriqués, est considéré comme une
anomalie ponctuelle, des assemblages défectueux répétés constituant une déformation.
Une défaillance de joint, un déboîtement, une déviation angulaire, un emboîtement désaxé,
une épaufrure… peuvent chacun seul ou en association avec un (d’) autre(s), constituer un
assemblage défectueux.

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Un assemblage défectueux s’accompagne fréquemment d’une fissuration locale, plus ou


moins visible, de la structure. Il constitue un passage préférentiel l’intrusion des racines. La
continuité mécanique et fonctionnelle n’est que localement et faiblement perturbée.
Elles se manifestent très localement par une perte ponctuelle d’étanchéité, des infiltrations et
exfiltrations, la pénétration des racines, des affouillements et entraînements de terrain dans
l’ouvrage.

6. Les dégradations de parements :

Les dégradations superficielles constituent une famille de désordres sans caractère de gravité
immédiate mais qui peuvent s’amplifier et justifier, de ce fait, une démarche de réhabilitation.

6.1. Faïençage :
C’est un réseau maillé de microfissures affectant l’intrados de l’ouvrage.
Le réseau de microfissures est superficiel. Sa maille est de l’ordre du décimètre. La peau du
béton est fragilisée et perd de son adhérence.
Sur les ouvrages en béton armé, le faïençage réduit l’enrobage et rend vulnérable les aciers.

6.2. Usure du revêtement :


Il s’agit ici d’une diminution d’épaisseur de l’intrados de l’ouvrage sur une faible épaisseur.
Elle résulte d’une érosion (action abrasive d’effluents chargés de particules solides) et / ou
d’une corrosion (action physicochimique). L’abrasion est généralement partielle et porte
principalement sur le radier. L’usure du revêtement augmente localement la rugosité. Par
ailleurs, il peut se produire une perte d’étanchéité avec fragilisation de la protection des
armatures (le cas échéant) et apparition de chevelus de racines.
Les déformations telles que les affaissements de radiers, les convergences ou les divergences
de piédroits, les ventres (déformations de piédroits) et les déversements sont des déformations
qui ne concernent que les sections de type ovoïdes.
Les défauts d’étanchéité tels que les déjointements ne concernent que les ouvrages en
maçonnerie non enduite.
Les dégradations de parements tels que le décollement d’enduit et le déjointement ne
concernent que les ouvrages en maçonnerie.
Le curage des canalisations constitue un préalable obligatoire à toute auscultation du réseau.

VI. Les techniques d’auscultation des réseaux :


1. Le curage des réseaux :

Le curage permet d'assurer le bon écoulement des eaux usées et pluviales dans les réseaux
d'assainissement et dans certains ouvrages.
Il consiste à nettoyer le réseau appartenant au domaine public communautaire ou l’ouvrage
d’assainissement (collecteur, branchement, bouche d’égout, bassin de stockage, déversoir
d’orage, limiteur de débit, poste de pompage, station d’épuration) par jet d’eau sous haute
pression ou par le passage d’une fusée hydrodynamique qui décolle les déchets des parois.
Selon le degré d’envasement, les éléments décollés (un mélange de boue, vase et déchets en
tout genre) sont dilués dans les effluents ou sont aspirés par un camion hydrocureur. Il est
parfois nécessaire de répéter ces opérations.

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2. Auscultation visuelle :
2.1. Inspection visuelle des ouvrages visitables :
L’inspection est réalisée par un technicien spécialisé du gestionnaire ou d’un bureau d’étude.
Les anomalies décelées sont repérées en coordonnées linéaires et en altitude par rapport au
radier.
L’inspection visuelle permet d’établir un pré-diagnostic qui conclut :
 soit à la préconisation de travaux urgents à titre de mesures conservatoires,
 soit à la nécessité d’évaluer des paramètres bien définis, dans des zones déterminées, à
l’aide d’outils adaptés (essais radar, essais mécaniques in situ …) ; ces investigations
complémentaires aboutissent alors à un diagnostic,
 soit à la mise sous surveillance de l’ouvrage qui consiste à évaluer périodiquement
l’évolution des dégradations observées.

2.2. Inspection télévisée (ITV) des ouvrages non visitables


L’inspection télévisée est un outil particulièrement adapté aux réseaux non visitables. Dans le
cadre de l’étude diagnostic, elle permet de vérifier l’état et le fonctionnement de l’ouvrage en
service.
Etant donné le défaut d’entretien de certains réseaux d’assainissement, il faudra, parfois, 2 ou
3 passages de l’hydro-cureuse, combinés avec une aspiration des matériaux, pour obtenir un
état de propreté suffisant.
Les principaux défauts diagnostiqués par l’inspection télévisée sont les suivants :
 dépôts sur le radier (sables, résidus de béton) ;
 dépôt à hauteur du fil d’eau (en général des graisses) ;
 dépôts sur les parois en voûtes (traces de mise en charge) ;
 variations de pentes matérialisées par la stagnation de l’eau ou variation du taux de
remplissage (flaches) ;
 mises en charge partielles ou totales ;
 fissures, casses ;
 absence de joint de butée ;
 décalage, déboîtement ;
 ovalisation avec ou sans effondrement ;
 trous de poinçonnement et corrosion ;
 branchements pénétrants, racines.
L’inspection télévisée présente cependant certaines limites.
Sauf défauts graves tels que grosses fissures, effondrements, casses, déboîtements et piquages
grossièrement réalisés, il est difficile de conclure au défaut d’étanchéité de la canalisation. En
effet, de minces fissures transversales, l’absence de joints de butée… n’empêchent pas
forcément des canalisations de rester étanches. Cependant, dans le cas où le collecteur est
situé dans une nappe ou dans un environnement humide, l’ITV pourra éventuellement
permettre de localiser toute trace d’infiltration : l’expérience de l’opérateur prend ici toute son
importance.
De plus, sauf équipement spécial (capteur d’orientation et inclinomètre greffés à la caméra), il
est impossible de dire si les déviations angulaires en plan n’ont pas atteint une valeur critique
et si les pentes longitudinales sont bien conformes. De même, le degré d’ovalisation n’est
mesurable que si une mire est installée sur la caméra.

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3. L’auscultation géométrique :
3.1. L’inclinomètre pour ouvrages non visitables de diamètre supérieur à
250 mm:
Le relevé des pentes apporte des renseignements intéressants sur les défauts de pose et sur les
mouvements du sol encaissant.
L’inclinomètre permet de réaliser un profil en long de la canalisation. Il mesure en continu ou
point par point la pente entre deux regards d’accès, grâce à un capteur d’inclinaison qui est
embarqué sur une caméra d’inspection vidéo ; le déplacement de l’inclinomètre doit se faire
parallèlement à l’axe de la canalisation. De plus, la distance parcourue est évaluée
électroniquement, ce qui permet ainsi d’établir automatiquement le profil en long.

3.2. Le capteur d’orientation pour ouvrages non visitables de diamètre


supérieur à 100 mm :
Des mesures de déviation angulaires complètent utilement les relevés de pentes. C’est là le
but du capteur d’orientation qui permet d’établir la vue en plan de la canalisation. Son
principe consiste en la mesure point par point de la variation angulaire et de la longueur de la
canalisation.
Un gyroscope miniature est embarqué sur le chariot d’ITV. Son déplacement est parallèle à
l’axe de la canalisation. Les résultats prennent la forme d’une courbe caractérisant
l’orientation de la canalisation dans le plan horizontal.
Le capteur d’orientation s’utilise en complément de l’ITV et de l’inclinomètre.

3.3. Le relevé topographique pour tout type d’ouvrages:


Le levé (tachéomètre) en trois dimensions des points d’accessibilité du réseau (regards
d’accès) permet de connaître la position en plan et en altitude des canalisations et des
branchements.
Une vue en plan du réseau et son profil en long sont ensuite réalisés. L’inconvénient est que
les pentes et déviations angulaires sont données entre regards (pente moyenne); donc par un
tel procédé, nous ne disposons pas des variations ponctuelles de pente.

3.4. Le sonar pour réseaux visitables ou non :

Utilisé dans les ouvrages immergés et semi-immergés de 150 à 4000 mm, le sonar permet de
localiser et visualiser les défauts géométriques et les zones d’entartrage et de sédimentation.
Les outils consistent en un laboratoire d’acquisition sonar de surface et en transducteurs
étanches (émetteur/récepteur de quelques MHz) embarqués sur un chariot motorisé.
Une onde acoustique est émise vers les parois internes et immergées de la canalisation sur
lesquelles elle se réfléchit. La mesure est réalisée en continue le long des profils transversaux.
Le sonar génère alors sur un écran vidéo une image de la partie immergée de l’ouvrage : la
section et les défauts géométriques peuvent être dimensionnés. Les résultats se présentent
sous forme de profils transversaux positionnés en fonction du déplacement du chariot.
Contraintes de mise en œuvre:
 la présence d’eau dans la section étudiée est indispensable,
 le transducteur doit être stationnaire pendant l’acquisition du profil,
 la longueur de l’ouvrage doit être inférieure à 300 m,
 le choix de la fréquence des transducteurs est fonction des dimensions de l’ouvrage.

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4. Auscultation géotechnique :
4.1. Le géo-radar pour réseaux visitables ou non :
L’auscultation géo-radar permet de caractériser la structure de l’ouvrage, la nature de
l’encaissant, ainsi que la qualité des interfaces. Sont ainsi détectés les désordres suivants :
 cavités et poches d’eau,
 zones d’entraînement de fines et sols décomprimés,
 géométrie de l’encaissant, suivi d’interface,
 présence d’armatures, contrôle des emboîtements.

Le géo-radar travaille sur des fréquences de quelques centaines de MHz à 1 GHz (le choix de
la fréquence dépend des dimensions de l’ouvrage). En traversant le sol, une partie de l’énergie
est absorbée, une autre partie est réfléchie soit sur des obstacles (points durs), soit sur des
interfaces entre deux milieux de caractéristiques électriques différentes ; le pouvoir de
pénétration et la vitesse de propagation varient suivant les milieux. Un gradient progressif
n’est pas détecté à priori ; seules le sont les discontinuités.

Le signal électromagnétique est émis sous forme de brèves impulsions (tirs de quelques
nanosecondes), soit quelques dizaines ou centaines de tirs par mètre de canalisation auscultée.
En balayage continu, on obtient des radargrammes dans lesquels les ordonnées sont
proportionnelles aux temps aller-retour. L’antenne émettant dans un cône de 60 à 90°, les
interfaces apparaissent délimitées par des arcs d’hyperboles, les obstacles sont donc déformés.
La technique de la couverture double (2 couples émetteur-récepteur) est préférable à une
couverture simple (1 couple émetteur-récepteur).
Cependant, elle exige un traitement informatique qui la rend bien plus coûteuse.
La mise en œuvre est non destructive. Chaque étude débute par l’adaptation des paramètres
aux conditions physiques du site (choix des antennes, de la fréquence… ). En outre, la
canalisation doit être de préférence auscultée à sec car la présence d’eau diminue
sensiblement la portée des ondes électromagnétiques et complique l’interprétation des radar-
grammes.

4.2. La sonde gamma :


Le diagnostic gamma-gamma consiste en l’émission de photons gamma (source césium) vers
le sol, cette émission pouvant se faire suivant un tour complet ou suivant une génératrice. Ces
photons gamma rentrent en collision avec les atomes des divers éléments présents dans le sol
environnant de la canalisation. Sous l’effet du choc entre les photons gamma incidents et les
électrons périphériques des atomes, les photons gamma sont déviés de leur trajectoire initiale
(effet COMPTON) et sont rétrodiffusés vers les détecteurs de la sonde émettrice. Les sondes,
tractées à l’intérieur de la canalisation (diamètre de 50 mm, longueur de 1,5 à 2m), sont
équipées de deux détecteurs : un détecteur à faible portée situé à 15-20 cm de la source et un
détecteur à longue portée situé à 30-40 cm de la source. La paroi de la canalisation influence
surtout le détecteur à faible portée tandis que la nature du sol influence préférentiellement le
détecteur à grande portée. Pour connaître la densité exacte des terrains traversés, les sondes
sont étalonnées. Les densités sont d’autant mieux mesurables que :
 le tuyau est moins épais,
 la source est puissante,
 la sonde est proche de la paroi,
 la sonde est focalisée suivant une génératrice,

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 l’anomalie se rapproche de deux conditions extrêmes (soit un vide, soit un point


dur…).
Pour un même diamètre, le fibrociment est plus facilement traversé que le grès qui est lui-
même plus transparent aux rayons gamma que le béton.

4.3. L’impédance mécanique :


L’essai d’impédance mécanique a pour but de :
 mesurer les caractéristiques mécaniques de la structure,
 apprécier les caractéristiques et l’état du sol environnant,
 vérifier les conditions de liaison du conduit avec le sol (interface sol/structure),
 localiser et qualifier les désordres dans le conduit ou dans son environnement.
Il s’agit d’un essai dynamique qui consiste à transmettre une vibration à une structure dont on
veut étudier le mouvement. Chaque vibration (ou mode de vibration) est mesurée et
enregistrée. Le dispositif d’essai est composé de deux éléments distincts ; le premier est
destiné à produire et mesurer une force, le second à mesurer le mouvement induit. Les
différentes fonctions calculées en un point de la structure permettent d’extraire la signature
d’un défaut ou d’une anomalie caractérisée par un modèle de propagation d’ondes ou
simplement par un calage in situ. Le résultat peut ensuite être cartographié pour l’ensemble de
la structure.
Cet essai impose que la canalisation soit propre. De plus, un bon étalonnage facilite
l’interprétation et en augmente la fiabilité.

4.4. Les mesures électriques en courant quasi-continu :


L’objectif de ces mesures est de :
 localiser et détecter les désordres affectant la structure et les terrains encaissants
(fissures, vides…),
 étudier le radier noyé des ouvrages et des canalisations non métalliques et non
isolantes,
 étudier la variation de nature et/ou d’état des matériaux.
Le principe consiste à injecter vers le sol un courant (continu ou alternatif) par deux points de
contact et à enregistrer les différences de potentiel entre deux autres électrodes de mesure. Le
dispositif se compose donc de quatre électrodes (émetteurs/récepteurs) et d’un poste de
mesure dont le déplacement s’effectue à l’aide d’un chariot, d’un treuil ou d’un jonc. La
tension électrique maximale est de 12, 24 ou 35 volts selon le modèle : il n’y a donc aucun
risque d’électrocution ou d’explosion.

5. Auscultation mécanique :
5.1. Essai MAC :
L’essai MAC est un outil d’auscultation mécanique des ouvrages et de leur sol encaissant. Il
est non destructif et concerne toute forme d’ouvrage : diamètres de 800 à 4000 mm ou
ovoïdes de 1200 × 600 à 3800×3000 mm.
Il nous renseigne sur le comportement mécanique de la structure et du sol. Il peut également
déceler les vides mais pas forcément leurs dimensions. Il est donc intéressant de procéder
parallèlement à des essais géo-radar.
Mise en œuvre :
L’essai Mac consiste à ovaliser un conduit par un dispositif de vérinage interne, et à mesurer
la déformation tridimensionnelle résultante.

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Les déformations exercées par les vérins sont de l’ordre de la centaine de micromètres (300 à
400 mm) ; au-delà de 500 mm une maçonnerie « pourrie » pourrait céder. Elles entraînent une
déformation tridimensionnelle (20 à 40 mm) de la structure que l’on cherche à mesurer.
Un pas de mesure est effectué tous les 10 m. Pour les essais en continu, il faut au moins
réaliser un essai tous les m. Pour les petits linéaires, 10 essais au minimum sont requis. Il est
possible de réaliser 50 essais par jour ce qui correspond à un linéaire d’environ 500 à 700 m.
Les étapes de la méthodologie sont les suivantes :
 Essais mécaniques sur site : mesure de la raideur (k) de l’ensemble sol/conduit et du
coefficient d’amortissement ( W) ; ils constituent la « signature » du conduit à
l’abscisse X.
 Traitement statistique : le but est de définir les zones de même homogénéité (zones de
même comportement) afin de positionner judicieusement les prélèvements par
carottages (leur nombre est ainsi limité au strict nécessaire).
Analyse des signatures à l’aide de modèles paramétriques :
Il est procédé au découplage et à la détermination des raideurs propres du sol et de la
conduite. La mécanique résiduelle de l’ouvrage est alors calculée. Plusieurs remarques
peuvent alors être faites :
 il faut commencer à s’inquiéter lorsque le module de micro-déformation (Em) est
inférieur à 100 Mpa,
 plus la raideur est importante, plus la maçonnerie est jugée acceptable,
 une maçonnerie en bon état présente un module de qualité de l’ordre de 10 000 Mpa
voire plus.

5.2. Essai DYNARAD :

L’essai DYNARAD est un outil d’auscultation dynamique des radiers et des terrains d’assises
en présence d’effluents (détection des vides et des zones de déflexion importantes sous
radier).
Le principe de l’essai consiste à appliquer un effort important et rapide sur le radier, et à
mesurer, par un système d’interférométrie laser, la déformation résultante. La raideur du
radier est ensuite déterminée.
L’essai DYNARAD permet ainsi de réaliser très rapidement un zonage immédiat ; en cas de
problèmes il est procédé à une prospection plus poussée.
L’ensemble, à géométrie variable, peut s’adapter à toutes les formes de conduits : circulaires
pour des diamètres de 1500 à 3000 mm ou ovoïdes à partir de 800 mm de large.
Pour l’essai Mac, on considère que l’on a une symétrie de l’ouvrage (la même déformation est
exercée de part et d’autre du profil transversal), ce qui n’est pas le cas pour l’essai Dynarad (il
n’y a pas de symétrie voûte/radier).
Enfin, il est possible de réaliser en continue 50 essais par jour. L’intervalle entre chaque essai
varie de 5 à 10 m. La méthodologie de traitement est proche de celle de l’essai Mac.

6. Autres tests :
6.1. Test d’étanchéité :
En matière de diagnostic, il est préférable d’utiliser les tests à l’air plutôt que le test à l’eau,
qui est pourtant officiel. En effet, la mise en œuvre du test à l’air est plus rapide et son coût
est moindre.

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6.2. Paramètres physico-chimiques :


La composition chimique de l’effluent ainsi que ses conditions de transfert peuvent exercer
une action corrosive. Il est donc important, dans certains cas, de déterminer la conformité du
fluide transporté.
Pour cela, il est procédé à des prélèvements in situ (manuels ou automatiques) avec analyse en
laboratoire DU Ph, composition chimique, pouvoir abrasif et à la mesure de température.

6.3. Mesures des débits


La vitesse de circulation de l’effluent et/ou la charge solide qu’il transporte entraîne une usure
mécanique de la conduite. De plus, l’ouvrage peut subir des charges hydrauliques pour
lesquelles il n’a pas été conçu (crues, taux de remplissage inhabituels). Ces actions
mécaniques et hydrauliques, combinées aux actions physico-chimiques décrites ci-dessus,
favorisent l’érosion et fragilisent ainsi la structure de l’ouvrage.
La mesure du débit se fait :
 soit directement par traçage : cette technique ne perturbe pas les conditions
d’écoulement et ne modifie en rien la ligne d’eau. Le principe consiste à injecter en
amont du réseau un traceur de concentration connue (traceur chimique type chlorure
de lithium, traceur coloré type rhodamine…). Ce traceur est choisi de façon à se
mélanger le plus rapidement aux effluents et à pouvoir être dosé en aval avec une
précision suffisante.

 soit indirectement par mesure des hauteurs et vitesses : le calcul du débit s’obtient par
les formules Q = vitesse × section mouillée et Q = volume/temps. Les outils utilisés
sont, à titre indicatif, le moulinet, le limnigraphe, la sonde à ultrasons, la sonde
pressiométrique…
La débimétrie par traçage est idéale pour les eaux usées. En effet les matières en suspension
perturbent tout corps immergé tel les outils énumérés ci-dessus.

6.4. Conformité des branchements :

Des tests à la fumée et au colorant nous permettent de savoir si en réseau séparatif, les toitures
et les caniveaux ne sont pas connectés sur une canalisation d’eaux usées. De plus, ces tests
nous renseignent sur les divers branchements qui composent (ou non) le réseau étudié (tel
branchement est-il bien raccordé à la canalisation étudiée ? tel autre ne serait-il pas hors
service, ou obstrué ? …).
Le test au colorant consiste à verser dans les branchements, WC, lavabos… de la fluorescéine
ou de la rhodamine. Bien entendu, les services municipaux et riverains devront être avertis de
ces essais (sous peine de déclencher des alertes à la pollution).
Le test à la fumée consiste à obturer un tronçon de réseau puis à propulser à l’aide d’un
ventilateur, de la fumée produite soit par des bombes fumigènes, soit par combustion de
paraffine. Il doit répondre aux recommandations suivantes :

 prévenir les services municipaux et les riverains,


 opérer en absence de vent (la fumée est rapidement dispersée) et par temps clair,
 dans le cas d’un doute, vérifier avec une injection de colorant.

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VII. Techniques de réhabilitation :


1. Généralités :
Année après année, les réseaux d’assainissement se dégradent sous l’effet de multiples
facteurs. En alternative aux méthodes d’intervention traditionnelles, que ces réseaux soient
visitables ou non visitables, leur réhabilitation constitue une solution techniquement et
économiquement adaptée.
Cette méthode permet de réduire les gênes liées à la circulation des véhicules ou des
personnes, l’accès aux commerces, en supprimant d’importants travaux de génie civil et
minimisant au maximum les nuisances liées au bruit, à la poussière…
La réhabilitation, selon différents dictionnaires, est l’action de remise en état. Elle englobe
cinq types d’actions : le renouvellement, la réparation, la rénovation, le renforcement, et le
remplacement.
 Le renouvellement : c’est la construction d’un nouveau collecteur, dont la capacité et
les propriétés sont les mêmes que celles de l’ancien.
 La réparation : c’est la rectification de dégâts structurels, et la reconstruction
d’éléments de longueur
 La rénovation : c’est la remise en état d’une longueur donnée du réseau existant, pour
améliorer ses performances, en excluant tout type d’entretien courant. ;
 Le renforcement : en plus du réseau existant, un deuxième améliorera les capacités
totales d’écoulement ;
 Le remplacement : c’est la construction d’un nouveau collecteur, dont les
performances, englobant celles de l’ancien, leurs sont en général supérieures.

Nous remarquons que les deux premiers types d’actions visent à améliorer l’état structurel du
réseau, et les deux dernières visent à améliorer les conditions hydrauliques, alors que la
rénovation peut concerner l’état structurel ou les capacités hydrauliques
La réhabilitation d’un réseau contribue au rétablissement de conditions optimales pour son
exploitation.

Les techniques de réhabilitation permettent :


 un délai de réalisation limité,
 une emprise minimale de chantier,
 une diminution de la gêne au voisinage,
 le traitement d’ouvrages inaccessibles par terrassement traditionnel.
 Une réutilisation des ouvrages existants en renforçant leur structure

2. Les échelles de réhabilitation :


Nous pouvons définir plusieurs échelles de réhabilitation, qui sont en interaction permanente
les unes avec les autres :
 La réhabilitation des systèmes d’assainissement : concerne principalement des
problèmes d’insuffisance de collecte des eaux pluviales et usées, ce qui réduit d’une
façon considérable le rendement global du système. Cette insuffisance est due entre

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autre aux exfiltration/infiltrations dans les canalisations, et aux fonctionnements


fréquents de certains déversoirs d’orage. Elle implique donc un suivi du
fonctionnement et une réhabilitation aussi bien des ouvrages que des réseaux
d’assainissement.
 La réhabilitation des réseaux d’assainissement : relative au vieillissement de leurs
composants, à leur mauvaise conception ou mise en œuvre, ainsi qu’à leur
obsolescence. Ceci implique des actions de renforcement, par construction d’ouvrages
complémentaires, de remplacement et de réhabilitation. Ces actions peuvent concerner
un linéaire de tronçons ou un seul ouvrage
 La réhabilitation des ouvrages : a pour objectif de palier à leur vieillissement, et au
diverses dégradations de la structure. Généralement ces travaux sont faits en prenant
en compte l’étude du complexe sol-structure : résistance, interface, etc…
La réhabilitation d’un tronçon unique est une opération lourde et coûteuse (mobilisation des
équipes d’intervention pour un très faible linéaire) ; néanmoins nous ne pouvons pas négliger
l’importance du diagnostic local. En effet, ce dernier permet de remonter aux causes des
disfonctionnements tronçon par tronçon pour permettre par la suite un diagnostic global du
réseau.

3. Chemisage :

3.1. Chemisage par coques CCV :

Les coques CCV sont constituées d’un composite Ciment Verre. Elles sont fabriquées en
coques minces par projection sur des moules adaptés au profil de l’égout à réhabiliter. La
membrane d’étanchéité constitue le revêtement intérieur des coques CCV.

Figure 13 : collecteur réhabilité par coques CCV

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3.1.1. Utilisation :
 Réhabilitation des ouvrages d’assainissement visitable.
 Le transport d’effluents domestiques et industriels conventionnels et eaux pluviales.
 Convient pour les égouts en faible pente sujets à dépôts.

3.1.2. Caractéristiques techniques :


 Poids par m² = 40 Kg/m2 (épaisseur 20 mm).
 Densité : 2000 Kg/m3.
 Epaisseurs moyennes : 20 à 25 mm, courante : 20 mm.
 Résistance mécanique par flexion : 6 Mpa minimum à long terme.
 Glissance (coefficient de Manning Strickler) 90 pour les coques simples, 100 pour les
coques avec résine, et 115 pour les coques avec polyéthylène.

3.1.3. Fabrication :
Afin de voir de près la procédure de fabrication des coques CCV, une visite a été organisée à
l’usine de BEAm à Ain Atiq.
La société Beam fabrique, sur mesure, les coques simples, avec résine et avec polyéthylène.
Ces coques sont utilisées pour la réhabilitation des collecteurs visitables par technique de
chemisage.

Les coques CCV sont, soit monoblocs ayant des longueurs de 64 cm, valables surtout pour
des collecteurs de faibles dimensions, soit des demi-coques ayant une longueur de 1 m,
valables pour les collecteurs de grandes dimensions.

Avant d’aborder les étapes de fabrication, il faut noter que l’acquisition des dimensions des
collecteurs sujets de réhabilitation, se fait par les agents de Beam après curage et nettoyage du
collecteur et cela chaque 10m de collecteur suivant un schéma bien déterminé.
Les étapes de fabrication des coques CCV sont les suivantes :

 Menuiserie :
Une fois les mesures des dimensions internes du collecteur à réhabiliter faites, une première
étape consiste à fabriquer un gabarit en bois qui prend la même forme que le collecteur.

Atelier menuiserie gabarit d'une coque

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Les gabarits, ainsi fabriqués sont transportés vers le collecteur pour valider les dimensions
requises.
Après validation, une note de calcul structurel et hydraulique est envoyée au client et au
bureau de contrôle pour l’approbation.

 Chaudronnerie :
Une fois les dimensions des gabarits sont validées, un plan de moule est envoyé à l’atelier de
chaudronnerie. Ce plan sera la base sur laquelle les moules de coques vont être fabriqués,
tenant compte des systèmes d’emboitement male-femelle. Les moules ainsi fabriqués sont
numérotés et envoyés vers l'atelier de production.

Moule d'une coque dans l'atelier chaudronnerie

 Production des coques CCV :


Le CCV est constitué de la pâte de ciment mélangée avec du sable, des polymères et de la
fibre de verre. Il peut être soit coulé vibré soit projeté. BEAm utilise le CCV projeté pour la
fabrication des coques car il permet une meilleure résistance aux milieux confinés acides.

 La composition :
- Le ciment
Il s’agit d’un ciment CPJ 45.
Le CPJ 45 est un Ciment Portland avec Ajouts. Il doit contenir un pourcentage minimum en
Clinker de 65%, le reste étant constitué d'ajouts (calcaire, cendres volantes, pouzzolanes).
Parmi les principales caractéristiques garanties par la norme, la Rc28 du CPJ 45 (Résistance à
la compression à 28 jours) doit être supérieure à 32,5 MPa.
Le CPJ 45 développe des performances qui lui permettent d'être utilisé pour les bétons armés
courants et les bétons destinés aux travaux en grandes masses.

- Le polymère :
C’est un adjuvent fluide, permettant :
o Une bonne gestion de l’évaporation lors de la prise du ciment
o Une meilleure adhérence entre les fibres de verre et le ciment
o Une meilleure étanchéité des coques

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Le polymère

- La fibre de verre :

Il s’agit d’alcali-résistants, présentés sous forme de bobines. Les fibres de verre sont traitées
avec le Zirconium afin d’éviter toute sorte de corrosion due aux effluents acides. La présence
des fibres de verre dans la composition du CCV augmente 6 fois la résistance à la traction par
flexion des coques.

La fibre de verre en rouleau

- Le sable :

Le sable utilisé est très siliceux (92 % de silice).

Dans un atelier de tamisage, le sable est tamisé jusqu’à avoir des grains très fines de
dimension 0/2 mm. Le sable obtenu permet ainsi d’avoir un produit fini très résistant à
l’abrasion.

 Le dosage
Le dosage utilisé par BEAm pour la préparation du CCV est le suivant :

o 50 kg de ciment
o 50 kg de sable fin (de granulométrie 0/2 mm)
o 5 kg de fibres de verre
o 5 kg de polymère
o Un rapport e/c =0.4

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Le CCV ainsi préparé est très résistant à la traction par flexion.

 Propriétés mécaniques du CCV :

Propriétés mécaniques Valeur


Résistance à la compression 20 MPA
Résistance par flexion à long terme 6MPA
Tableau 33: propriétés mécaniques des coques CCV

 Le malaxage et la projection:
Les moules ainsi fabriqués en chaudronnerie sont alignés et graissés dans l’aire de production

Dans cette étape, on distingue trois procédures selon le type de coques à fabriquer :

 Coques simples :

Dans ce cas, le mélange cité ci-dessus est mixé dans un malaxeur à haute vitesse pendant une
minute. Ensuite, il est introduit dans une machine appelée pompe à projection afin d’être
projeté sur les moules et ce par couches successives de mortier et de fibres de verre.

Pour éliminer les vides et les bulles d’air qui diminuent la résistance de la coque, un
compactage de la pâte est essentiel après chaque projection, améliorant ainsi l’adhésion entre
la fibre de verre et le ciment.

Projection et compactage du mortier et de la fibre de verre

 Coques avec résine :


La résine est appliquée après 21 jours de séchage des coques CCV.

L’application de la résine peut se faire selon différentes méthodes. A l’usine et aux chantiers
de BEAm, la méthode des couches croisées est la plus utilisée.

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Elle consiste à appliquer des couches croisées de résine sur la coque en question.
L’application de l’une des couches doit se faire avant la polymérisation complète de l’autre.
Un test, dit, du doigt permet de savoir si la première couche de résine est prête à recevoir la
deuxième.

Les résines utilisées par Beam, sont de type époxy ou polyuréthane. Les premières sont
rigides et visqueuses, les deuxièmes sont souples et moins visqueuses. BEAm contrôle
l’application de la résine en utilisant le peigne électrique. C’est un test normalisé et BEAm est
la seule entreprise au Maroc qui le fait.

Les composants de la résine, à savoir la base et le durcisseur, sont mélangés. L’apport


d’oxygène au mélange crée des bulles qui constitueront un problème à long terme. Ainsi, l’air
peut être échappé, en faisant passer la résine dans un appareil sous vide pour créer une
dépression.

NB : BEAm utilise une résine sans solvants pour assurer la sécurité des ses ouvriers.

 Coques revêtus avec des feuilles de polyéthylène (PEHD):

Pour ce type de coques, on vient étaler une feuille de polyéthylène, découpée en fonction du
besoin et ayant une épaisseur de 0.8 mm, avant la projection du mortier et de la fibre de verre.

Feuille de PEHD prête à la projection

 La finition et le stockage :
La finition des coques consiste à enlever, à l’aide d’une meule, les bords déformés des coques
pour bien mettre en valeur le produit fini.

Les coques ainsi fabriquées et finies sont marquées par les mêmes numéros que portaient
leurs moules, ces numéros sont connus par les gestionnaires du stock et l’exploitant, afin
d’avoir une traçabilité sur ce qui sort de l’usine et déterminer les responsabilités en cas de
problème.

Ce processus, ainsi achevé, les coques sont prêtes à l’expédition, en fonction de la commande.

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Coques CCV dans l'atelier Finition

3.1.4. Assemblage des coques :


Les coques sont assemblées et calées dans l’égout selon le profil retenu par l’entreprise en
présence du débit de temps sec. Le niveau de l’effluent doit être inférieur à la hauteur de la
coque CCV inférieure en position.

Le joint femelle est en général orienté vers l’amont.


Le male ou la femelle est remplie de mortier fin dosé au ciment alumineux spécialement dans
la partie immergée du joint.

3.1.5. Contrôle qualité :


Le contrôle de la fabrication prévoie entre autres contrôles, la confection de 3 éprouvettes
témoins au format 4 x 4 x16 cm chaque jour de fabrication.
Un jeu de 3 éprouvettes prises au hasard par semaine de fabrication est écrasé en flexion à 28
jours.
Les éprouvettes non écrasées sont conservées 05 ans.

3.1.6. Avantages des coques CCV :


 Les coques simples :
- Solution structurante
- Rend étanche les ouvrages
- S’adapte à la section et au profil du collecteur existant (solution sur mesure)
- Augmente la vitesse d’écoulement donc l’auto-curage
- Faible réduction de la section : 5 cm en moyen au rayon
- Travaux réalisable dans un collecteur en exploitation
- Technique sans tranchée : minimise l’impact sur les riverains et l’activité économique.
 Les coques avec résine (poly urée Uréthane)

En plus des avantages des coques simples, les coques avec résine présentent les avantages
suivants :

- Résistance à l’acidité des effluents


- Résistance aux corrosions dues aux gaz

 Les coques avec polyéthylène :

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En plus des avantages des coques simples, les coques en polyéthylène présentent les
avantages suivants :
- Solution étanche
- Résistance à l’abrasion : revêtement anti-usure
- Résistance aux corrosions dues aux gaz
- Résistance à l’acidité des effluents
- On peut souder à chaud le film polyéthylène
- Faible rugosité coefficient K du PEBD (115)
- Treillis derrière le film polyéthylène permettant une liaison mécanique avec le support
- Faible réduction de section (5cm au rayon).

3.1.7. Inconvénients des coques CCV


 Coques simples :
- Absence de résistance à l’abrasion
- Absence de résistance aux corrosions dus aux gaz
- Absence de résistance à la corrosion due à l’acidité des effluents

 Coques avec polyéthylène :


- Problème d’adhérence avec le support existant : grand risque de décollement
- il faut arrêter l’exploitation du collecteur pour sa mise en place
- attente du séchage du mortier colle avant remise en exploitation du collecteur
- problème de pose dans des sections qui ne sont pas standards

3.2. Chemisage par coques PRV :

3.2.1. Domaine d’utilisation :


Ces coques sont utilisables dans des ouvrages visitables circulaires, de toute nature
(maçonnerie, béton…) et transportant tout type de fluides (eaux pluviales, eaux usées, eaux
industrielles…).

Ces coques sont utilisées pour rétablir et améliorer les performances de l’ouvrage à
réhabiliter :

 Capacité hydraulique : le débit de temps sec est augmenté


 Etanchéité : l’utilisation des cunettes en PRV améliore l’étanchéité du radier.
 Anticorrosion : la faible rugosité améliore l’écoulement des fluides et diminue le
risque de développement d’H2SO4 par stagnation des effluents.
 Anti abrasion : le radier est l’élément le plus soumis à l’abrasion, les coques PRV sont
spécialement conçues pour résister à ces fortes contraintes.

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Figure 14:réhabilitation par Coques PRV

3.2.2. Nature du produit :


Les cunettes sont de type Polyester Renforcé Verre. Les pièces sont constituées d’un
empilement de couches de fibres de verre et de feutres microsphères imprégnées de résine
polyester. L’empilement est défini pour une épaisseur voulue afin de répondre aux
caractéristiques mécaniques de chaque chantier de réhabilitation.

Une couche interne de 1,5mm en résine vinylester peut être rajoutée comme couche barrière
pour une meilleure résistance à l’abrasion.

3.2.3. Résistance chimique :


La résine polyester résiste à la majorité des composés des eaux usées domestiques jusqu’à
60°C (notamment pour le H2S). La couche en contact avec le fluide, a une très bonne tenue à
l’abrasion et ses qualités hydrauliques sont exceptionnelles.

3.2.4. Résistance mécanique :


L’utilisation des cunettes ou coques pour réhabiliter la section complète du collecteur (voûte
et radier) est une solution structurante. Leur dimensionnement est défini sur les critères
géométriques et les contraintes de mise en œuvre du chantier.

3.2.5. Mise en œuvre :


L’entrepreneur est libre de la méthode de pose afin de l’adapter aux conditions de chantier. En
général la méthode de pose se décompose de la façon suivante :

 Vérification ou création des accès


 Mise hors d’eau du collecteur sur la zone à réhabiliter
 Préparation de l’ouvrage existant
 Approvisionnement des coques dans le collecteur
 Mise en place des coques, calage et étayage
 Coulage du coulis ou du mortier de résine.

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3.2.6. Inconvénients du chemisage par coques PRV :


 Très couteuses
 Mal adaptées au sur mesure (plutôt adaptées aux conduites circulaires)
 Impact sur l’environnement très important
 Difficile à être réparées en cas de défaillances futures

3.3. Chemisage par béton projeté :


Ici, on distingue le chemisage non armé en béton projeté et le chemisage armé en béton
projeté.
Le premier permet de restructurer un ouvrage dont les charges sont réparties de manière
globale et de les diffuser dans la structure existante. Le deuxième sert à conforter un ouvrage
supportant des contraintes plus ponctuelles et ainsi les répartir autour du conduit dans le
terrain.

3.3.1. Avantage :
L’avantage majeur de cette technique de chemisage est son adaptabilité au traitement des
défaillances ponctuelles.

3.3.2. Inconvénients :
 Une réduction significative de la section hydraulique,
 Des coûts pouvant dépasser l’enveloppe budgétaire allouée,
 Nécessité de déviation des effluents pour projeter le béton,
 Difficulté de mise en œuvre dans des collecteur de section < T150,
 Difficulté de contrôler la projection du béton,
 Nécessite une durée de réalisation très importante,

4. Tubage :
Méthode employée pour réhabiliter les canalisations (eau, égout et gaz) souterraines, le tubage
consiste à insérer un tube neuf à l’intérieur d’une canalisation existante, sauf à des endroits
particuliers. Le tubage se fait à l’aide de tubes en polyéthylène à haute densité (PEHD), avec
injection de coulis dans l’espace annulaire compris entre le tube intérieur et la conduite
existante.

4.1. Capacité de débit :


Un des principaux facteurs que l’étude des projets de réhabilitation par tubage doit prendre en
compte est la capacité de débit. Le diamètre extérieur du tube inséré est habituellement de 10
% minimum inférieur au diamètre intérieur de la conduite existante. Cependant, Comme le
tube intérieur est habituellement plus lisse que la conduite existante, la baisse de la capacité
de débit due à la réduction de la section d’écoulement peut être compensée par la résistance
amoindrie à l’écoulement.

4.2. Les charges :


Un autre facteur à considérer est la résistance du tubage aux charges imposées par le sol et
aux surcharges. Les conduites principales de distribution d’eau sont soumises à la fois à des
charges internes, de nature hydrostatique, et à des charges externes, celles des sols. Dans le
cas d’un tubage avec injection de coulis, les charges internes et externes sont distribuées à la

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conduite existante, à l’anneau de coulis et au tube intérieur, selon la rigidité relative de chacun
de ces éléments.

4.3. Les joints :

En raison de la facilité avec laquelle ils peuvent être assemblés par fusion bout à bout, les
tubes en PEHD sont tout indiqués pour les projets de tubage. S’ils sont correctement réalisés,
les joints aboutés sont aussi résistants que les tronçons sans joints. Cependant, des conditions
de chantier défavorables (par exemple un refroidissement rapide, la présence de poussière ou
d’humidité) peuvent compromettre la résistance du joint.

4.4. Le coulis :

L’espace séparant la conduite existante du tube inséré peut être ou non comblé de coulis. Sa
présence dans l’espace annulaire offre les avantages suivants :
• résistance accrue au flambement au moment de la vidange de la conduite;
• résistance accrue aux ruptures par cisaillement à l’endroit des branchements latéraux;
• meilleure protection du tube intérieur en cas de bris de la conduite existante;
• durée de vie utile plus longue du tube intérieur, grâce à la répartition des charges.
Habituellement, le calcul du tubage suppose que la conduite existante et le coulis ne
participent pas aux charges résistantes.

Figure 15: Coupe du coulis

4.5. Tronçons en tranchée :

En raison des conditions de chantier, certains tronçons du tubage devront toujours être
installés par enfouissement direct. Dans les cas suivants notamment, l’excavation demeure la
seule solution :
• raccordements de deux tronçons introduits dans des directions opposées;
• raccordements en T, coudes ou changements brusques de direction ou d’altitude;
• raccordements entre tubes de dimensions ou de matériaux différents.

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5. Le gainage :

5.1. Gainage continu :


5.1.1. Principe :

Le gainage consiste à introduire par traction ou par réversion à l’air une gaine souple,
résistante, étanche et sans joints, imprégnée de résine durcissant, sans laisser d'espace
annulaire. L’enveloppe est plaquée contre la paroi défectueuse pour la rénover complétement.
On crée ainsi une nouvelle canalisation à l’intérieur de l’ancienne.

Figure 16: gaine continue

5.1.2. La résine :
Le mélange de résine répond à une formulation bien précise de différents composants
essentiels au bon durcissement de la gaine. La base du mélange est une résine polyester ou
vinylester conçue spécifiquement pour le procédé de gainage continu. Le choix d’une résine
vinylester se fera pour des effluents chimiques dans des concentrations et température
spécifiques. D’autres composants viennent se rajouter à cette résine pour favoriser la
polymérisation du mélange et optimiser les résistances mécaniques de la gaine polymérisée.

Les gaines peuvent être imprégnées de résine polyester ou vinylester. De manière générale, la
résine polyester est utilisée pour les réseaux eaux usées, eaux pluviales et eaux industrielles à
des températures inférieures à 50°C. La résine vinylester est utilisée pour les eaux
industrielles dont la température peut atteindre 90°C.

 Polymérisation de la résine :
- Polymérisation à la vapeur d’eau :

Une fois en place, la gaine est gonflée et maintenue sous pression. Une deuxième étape
consiste à faire circuler l’air comprimé et la vapeur d’eau, et ceci afin d’accélérer la
polymérisation sur toute la longueur du tronçon à réhabiliter.

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- Polymérisation au rayonnement UV :

Le procédé de durcissement UV n'est employé dans la réhabilitation de canalisations que


depuis la fin des années 80. Lors du durcissement par rayonnement, la résine devant être
durcie (résine polyester UP ou vinylester VE) est exposée à une lumière dont la longueur
d'onde varie de 360 à 420 nm. Les amorceurs photochimiques spéciaux contenus dans les
résines permettent le déclenchement de la réaction souhaitée. Sous l'effet du rayonnement
UV, ces « molécules amorces photochimiques » se décomposent en radicaux, indispensables à
la polymérisation. Ces derniers induisent alors le processus de polymérisation, et donc le
durcissement de la résine.
- Polymérisation à l’eau chaude
Ici, il s’agit d’une résine polymère thermo-durcissante. La gaine est introduite dans le
collecteur à réhabiliter. Elle est plaquée sur les parois par de l’eau sous pression. Cette eau
réchauffée entraîne le durcissement du matériau polymère.

Figure 17: Polymérisation à chaud de la résine

5.1.3. Utilisation :
 Canalisation non visitables de diamètre entre 150 et 800 mm
 Correction locale de faiblesses de structure
 Problème d’étanchéité, de corrosion ou d’abrasion
 Ne s’applique pas aux défauts de masse et de surface

5.1.4. Avantage :

 Technique de rénovation rapide et durable


 Pas d'ouverture de tranchée

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 Pas d'arrêt de l'activité en surface


 Peu de nuisances, bruit, pollution
 Rénovation de grandes longueurs sur un temps court
 Parfaite étanchéité : matériau très résistant, absence de joint
 Reprise immédiate des caractéristiques mécaniques et hydrauliques
 Pas d'exfiltrations, ni d'infiltrations de la nappe phréatique

5.1.5. Inconvénients :
 Déviation ou stockage des effluents nécessaire
 mise en œuvre de tronçons droits uniquement

5.2. Gainage partiel :

5.2.1. Principe :

La manchette (en fibres de verre imprégnées de résine polyester) est introduite dans la
canalisation, à l'aide d'un manchon gonflable. Elle est plaquée contre la paroi défectueuse, par
mise en pression du manchon.

Une polymérisation, par chauffage du manchon, permet de durcir la résine pour assurer une
parfaite solidité et étanchéité. Le manchon est ensuite dégonflé et retiré.

Les opérations sont effectuées sous contrôle d'une caméra vidéo, qui permet en fin de travaux
de vérifier la bonne mise en place de la manchette

Figure 18:principe du gainage partiel

5.2.2. Domaines d'application :

 Réparer les fissures longitudinales et circulaires, les cassures et perforations


 Etancher les joints défectueux
 Prévenir la pénétration des racines
 Obturer les branchements hors service.

5.2.3. Avantages :

 Système simple, peu contraignant

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 Rapidité d'intervention (5 à 8 réparations par jour)


 Faible coût
 Rétablissement immédiat de l'écoulement
 Réparation fiable en attente d'une réhabilitation.

5.3. Le gainage des branchements :


Avant de traiter le gainage des branchements, il est intéressant de savoir que c’est
l’étanchéité qui est généralement recherchée dans la réhabilitation des branchements.
La technique reste la même que celle du gainage d’une conduite mais elle est réalisée à partir
d’un robot et d’un lanceur. Les matériaux utilisés sont les mêmes que ceux mis en œuvre pour
le gainage de la conduite.

Le phasage des travaux de gainage des branchements est le suivant :


 confection d’une pièce en PVC pré-imprégnée de résine fibrée (appelée «selle »).
Cette pièce, adaptée au diamètre et à l’angle du branchement, assurera l’étanchéité au
droit du raccordement conduite-branchement. L’extrémité du gainage du branchement
vient se fixer sur cette selle qui tient lieu de « tête d’inversion ».
 chargement, dans le lanceur du robot, du gainage de branchement imprégné d’une
résine durcissante à température ambiante.
 introduction par le regard de visite dans la conduite du robot couplé à une caméra, puis
tracté au droit du branchement à réhabiliter.
 inversion, à l’intérieur du branchement, du gainage à l’aide du ballon de coffrage qui,
se déployant sous pression d’air, l’entraîne.
 durcissement de la résine et donc du gainage.
 retrait du ballon de coffrage par inversion.
 reprise des piquages, selles de raccordement, regards de façades…
Le gainage par traction est, lui, utilisable quand on dispose d’un accès par boîte de
branchement.

6. La réhabilitation des regards :


Les regards sont généralement repartis uniformément le long du réseau collecteur d'eaux
usées. Ils forment des points nodaux qui relient les collecteurs d'arrivée aux collecteurs de
sortie et marquent les changements de direction et de déclivité des conduites. Les regards sont
les seuls points d'accès aux fins d'inspection, d'entretien et de nettoyage ainsi que pour les
réparations internes et les travaux de réhabilitation. Pour donner un rendement satisfaisant,
ces ouvrages essentiels doivent être correctement évalués et entretenus.
Défauts des regards :
 Défauts structuraux courants observes à l'intérieur ou autour des regards:
 Cassures
 Fissures
 Déformations
 Effondrement
 Dommage superficiel
 Bâti endommagé
 Couvercle endommagé
 Tassement du sol en surface

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Figure 19:types et composants de regards

Apres avoir inspecté et évalué les regards, on peut déterminer le niveau de priorité des travaux
de réhabilitation. On peut ensuite établir un devis en se servant de la base de données sur les
défauts pour définir les défauts à corriger et les méthodes qui devront être employées.

La réhabilitation continue ou partielle des regards de visite se caractérise par:

 reprise de surfaces dégradées ou traitement global ;


 traitement de l'étanchéité ;
 remise en conformité des éléments de sécurité.

Les quatre grandes familles de techniques utilisées sont :

 enduisage projeté ou manuel, résine


 chemisage en béton coulé en place ou projeté ;
 tubage en un seul élément ou plusieurs éléments préfabriqués ;
 injection de l'ouvrage (étanchement ou régénération) ou de l'extrados (collage ou
traitement du sol environnant). Ces techniques peuvent être structurantes (avec apport
mécanique calculable). C’est le cas du chemisage, du tubage et de l’injection de
régénération. Elles peuvent aussi être non structurantes (sans apport mécanique). C’est
le cas de l’enduisage, du chemisage en béton projeté et de l’injection d'étanchement.

Toutes ces techniques permettent de traiter l’étanchéité. En revanche, la lutte contre la


corrosion ou contre l’abrasion ne peut se faire que via les techniques d’enduisage, de
chemisage ou de tubage.

Le tableau qui suit présente les composants des différentes techniques de réhabilitation des
Regards de visite :

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Technique Composants
- Mortier hydraulique ou mortier de résine
Enduisage - résine

- béton hydraulique ou fibres tissées ou non (verre,


Chemisage polyester, carbone,…) avec résine (époxydique,
polyester, vinylester,…)

- Polychlorure de vinyle (PVC), polyéthylène basse ou


moyenne densité (PEBD ou PEMD), polyuréthanne
Tubage (PU), polymère renforcé de verre (PRV)… avec coulis
à base de ciment injecté entre l’ouvrage existant et le
ou les nouveaux éléments

Injection - Gel acrylique ou polyuréthane, coulis à base de ciment

Tableau 7: techniques de réhabilitation des regards

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DEUXIEME PARTIE:

PARTIE
PRATIQUE

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VIII. Sécurité, hygiène et santé au travail :


1. Généralités et enjeux :
La protection de la santé au travail, des salariés de droit privé (entreprises, associations, etc.)
et des fonctionnaires (fonction publique) , est devenue avec la prise de conscience du public
face aux risques, une notion incontournable.
D’après des enquêtes de l’OMS et de l’OIT,

 217 millions de cas de maladies professionnelles sont enregistrés;


 Près de 2,3 millions de décès par an (2003) sont attribuables au travail ;
 1,6 million de décès sont attribuables aux maladies professionnelles, dont :
o 438 489 décès attribuables à l’exposition aux substances dangereuses, dont,
o 314 939 cas de décès par cancer

Toute situation de travail engendre des dangers plus ou moins prononcés pour l'employé. Pour
minimiser - et si possible supprimer- la matérialisation de ces dangers (diminuer la probabilité
et la gravité des atteintes qu'ils peuvent produire à la santé des travailleurs) de nombreux
acteurs agissent dans et hors du lieu de travail. On peut regrouper ces acteurs sous le vocable
de "préventeurs", ce sont le chef d’établissement, la hiérarchie, l’inspecteur du travail, le
médecin du travail, le comité hygiène et sécurité, le médecin inspecteur du travail …

2. Terminologie et définitions :
 Accident de travail : Tout événement inattendu et imprévu, y compris les actes de
violence, survenant du fait du travail ou à l’occasion de celui-ci et qui entraîne, pour
un ou plusieurs travailleurs, une lésion corporelle, une maladie ou la mort.
Les accidents de voyage, de transport ou de circulation font aussi parti des accidents
de travail.
 Accident de trajet : Accident survenant sur le trajet habituellement emprunté par le
travailleur, quelle que soit la direction dans laquelle il se déplace, entre son lieu de
travail ou de formation liée à son activité professionnelle et :
o sa résidence principale ou secondaire, ou
o le lieu où il prend normalement ses repas, ou
o le lieu où il reçoit normalement son salaire
 Accident domestique : Tout accident survenu dans le cadre des activités personnelles,
ne rentrant pas dans le cadre d’un accident du travail ou d’un accident du trajet.
 Prévention : Ensemble des dispositions ou des mesures prises ou prévues à tous les
stades de l'activité dans l'entreprise en vue d'éviter ou de diminuer les risques
professionnels.
 Protection : Ensemble des dispositions ou des mesures prises pour limiter les
conséquences de la réalisation d’un événement redouté.

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3. Principaux types de risques en travail :

3.1. Risque chimique :


Risque généré par une substance ou préparation dangereuse, qui présente des propriétés de
toxicité, de corrosivité, d’irritation ou de nocivité. Les Voies de pénétration étant orales,
cutanée ou respiratoire.
L'utilisation de produits chimiques est fréquente : acide, soude, javel, chlore, chaux, chlorure
ferrique, résines, polymères...
Leur manipulation peut être source de danger, et produire des lésions par :

 Contact avec la peau, les muqueuses et les yeux


 Inhalation des vapeurs,
 Ingestion accidentelle
 Réactions physiologiques diverses
De même, et bien qu'interdits, certains rejets industriels concentrés peuvent contenir des
produits chimiques et présenter les mêmes risques.
En conséquence, il convient d'utiliser systématiquement les équipements de protection
individuels et collectifs appropriés et d'associer une signalisation spécifique.

Corrosivité Toxicité Nocivité

3.2. Risque biologique :


C’est un risque généré par un agent biologique (micro-organisme, culture cellulaire ou
endoparasite humain), susceptible de provoquer une infection, une allergie ou une
intoxication.
Les métiers de l'assainissement peuvent générer un contact avec deux types d'agents
biologiques :

 les micro-organismes utilisés dans le processus d'épuration biologique des eaux usées;
 les micro-organismes véhiculés par l'effluent à épurer que l'on retrouve dans les
réseaux d'assainissement.
La contamination peut s'effectuer selon trois modes liés aux voies d'entrée des germes dans
l'organisme :

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o voies digestives;
o voies cutanées;
o voies respiratoires.
Les agents biologiques peuvent être classés en 4 groupes :

 Groupe 1 : n'est pas susceptible de provoquer une maladie chez l'homme;


 Groupe 2 : peut provoquer une maladie et constituer un danger pour les travailleurs ;
sa propagation dans la collectivité est improbable ; il existe généralement une
prophylaxie ou un traitement efficace (ex : virus de l’hépatite A);
 Groupe 3 : peut provoquer une maladie grave chez l'homme et constituer un danger
sérieux pour les travailleurs ; il peut présenter un risque de propagation dans la
collectivité, mais il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace
(ex : virus de l’hépatite B);
 Groupe 4 : provoque des maladies graves chez l'homme et constitue un danger sérieux
pour les travailleurs ; il peut présenter un risque élevé de propagation dans la
collectivité ; il n'existe généralement pas de prophylaxie ni de traitement efficace
(ex: virus Ebola).

3.3. Risque d’asphyxie :


L'asphyxie est un terme médical signifiant l'arrêt plus ou moins long de la circulation
d'oxygène dans le corps. L'asphyxie de l'humain est une urgence médicale.
Sans action extérieure, l'asphyxie mène rapidement à l'inconscience puis à la mort. Une
asphyxie prolongée peut également entraîner des séquelles au cerveau.

Les réseaux de collecte des eaux usées et, ou pluviales, ainsi que les postes de relèvement
peuvent renfermer, des substances toxiques gazeuses ou liquides (CO2, CO, H2S, Cl2 et ses
dérivés, acides, etc.) ou explosives (gaz de ville le plus souvent, méthane, etc.).

Présence de l’H2S dans le collecteur :

L'hydrogène sulfuré (H2S) est un gaz mortel. Il provoque une perte de connaissance brutale
lorsqu'il dépasse une concentration, on ne le détecte pas à l'odeur, sauf à très faible
concentration (odeur d'œuf pourri).

Il est plus lourd que l'air, et se trouve donc, en général, dans les points bas où il peut
s'accumuler. Par ailleurs, il se dissout dans l'eau et sera donc libéré en cas de brassage de
celle-ci.

 Valeur limite d’exposition (VLE): C’est la valeur maximale de la concentration d'une


substance dans l'air qui ne doit pas être dépassée (cette mesure est réalisée pendant une
durée maximale de 15 minutes). Pour H2S, VLE = 10 ppm.
 Valeur moyenne d’exposition (VME) : C’est la valeur admise pour la moyenne dans
le temps des concentrations auxquelles un travailleur peut être exposé au cours d'un
poste de travail de 8 heures. Pour H2S, VME = 5ppm.

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4. Le travail en milieux confinés :


On appelle un milieu confiné tout endroit ou l’aération est insuffisante, par manque
d’oxygène ou par présence d’H2S, CO, du chlore, de dioxyde de chlore ou d’hydrocarbures
naturels divers…, et peut engendrer des risques d’asphyxie, d’intoxication ou d’explosion.

4.1. Les endroits à risque en assainissement :


 Fosses, Puits
 Regards
 Collecteurs visitables
 Chambres de dessablement
 Station d’épuration
 Postes de dégrillage
 Locaux de traitement ou de stockage des boues

4.2. Règles de prévention pour une exploitation sécurisée :


L’agent d’exploitation veillera au respect des règles élémentaires de prévention:

 L’agent d’intervention doit être habilité et autorisé par la hiérarchie ;


 Ne jamais intervenir seul : 2 ouvriers au minimum sur le chantier
 Assurer le balisage et la signalisation du chantier, avant d’ouvrir les tampons;

 ouverture des tampons de regard au niveau de la zone de travail;


 visualiser l’état du tampon et des échelons : cela peut donner une indication sur la
présence ou non de gaz : Ne jamais utiliser les échelons existants pour accéder au
collecteur : RISQUE DE CHUTE;
 Mettre en marche le détecteur de gaz : vérifier l’état de charge avant utilisation et
vérifier son bon fonctionnement et la date de son dernier étalonnage : cet appareil doit
être étalonné tous les 06 mois

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 Fixer le détecteur de gaz au bout d’une corde et le descendre dans l’égout à environ 10
cm de l’effluent : laisser environ 03 minutes et vérifier si le détecteur se met en alerte
ou non.

 Si l’appareil détecte un problème, ne pas descendre dans le poste;


 Mettre le matériel Fenzy AERIS pour effectuer la mise en place des ventilateurs et des
extracteurs au niveau des regards de visite;

 mettre en route la ventilation sur le tronçon concerné par les travaux et laisser ventiler
pendant 05 minutes environ avant de descendre;
 Faire une 2ème mesure avant de descendre;
 Un responsable d’équipe descend, équipé du matériel AERIS avec détecteur de gaz et
marche dans le collecteur en exploitation pour vérifier le dégagement éventuel de gaz

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avec le dispositif de ventilation sur le tronçon concerné par les travaux (on travaille
sur 300 ml environ);
 après ces vérifications, le personnel d’exécution peut à son tour commencer le travail
dans l’égout;

 afin d’éviter le mieux possible la venue d’une nappe de gaz inopinée sur la zone de
travail, nous préconisons de placer un film polyane transparent en amont et en aval de
la zone de travail.

4.3. Les équipements de protection individuelle:

Tout agent d’exploitation doit être muni des équipements suivants :

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 Contrôleur
 Casque d’atmosphère
(détecteur de gaz)
 Lunettes
 L’Auto-sauveteur
 Bottes salopette (Fenzy AERIS)
ou chaussures
de sécurité  Drager (masque
auto-filtrant
 Combinaison nécessitant 17ppm
anti-poussière d’O2 au minimum)

 Bouteille
 Gants antiacide d’oxygène (30 min
d’autonomie)
 Harnais

 Eclairage
antidéflagrant

Figure 20: Equipements de protection individuelle

Pour accéder à un ouvrage en profondeur, il faut mettre en place une potence ou un trépied
muni d’un treuil et d’un stop-chute.

Il faut attacher le harnais au stop-chute et au treuil et descendre à l’aide d’une échelle en


aluminium.

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IX. Méthodologie d’évaluation de l’état d’un colleteur:


1. Préambule :
La durée de vie des collecteurs du réseau d’assainissement peut atteindre une durée maximale
dans des conditions favorables (bonne qualité de pose, stabilité du sol et de l’environnement
urbain, absence d’effluents industriels agressifs, bon écoulement, adaptation aux débits) ou
peut subir une réduction sous l’effet d’une fragilisation des matériaux constructifs ou de
contraintes agressives (évolution du trafic routier, affaissement de sol, formation de dépôts,
corrosion par l’H2S, …). Cette réduction entraine la multiplication des défaillances et la
dégradation des performances techniques du réseau (obturation, dégagement d’odeurs
nauséabondes, effondrement, affaiblissement de la résistance mécanique, défaut d’étanchéité,
mauvais écoulement, débordement,…).

L’utilisation d’une approche d’évaluation multicritère vise à prendre en compte un maximum


de facteurs quantifiables affectant la durabilité des ouvrages et les performances du réseau.
L’objectif est d’identifier les collecteurs à risque de défaillance qui nécessitent une
planification de renouvellement.

Cette évaluation permet :

o D’une part, d’appréhender les caractéristiques structurelles et


environnementales de ces ouvrages enterrés et de cerner les potentialités de
défaillance,
o D’autre part, de distinguer des niveaux de risque qui permettent de justifier un
ordre de priorité et, en cas de besoin, de réaliser une intervention de
renouvellement des collecteurs dégradés ou obsolètes.

2. Critères de classification :
Les critères de classification et d’évaluation de l’état d’un réseau sont les données de base
nécessaires à un bon diagnostic, ils sont les facteurs à l’origine d’un phénomène de
dégradation :

2.1. L’état structurel du tronçon :


Les facteurs structurels de dégradation d’un tronçon sont les différents éléments intrinsèques
au tronçon en question. Bien que le rôle que ce type de facteurs joue dans les phénomènes de
dégradations des réseaux d’assainissement urbains soit encore assez mal connu, leur
importance ne peut être ignorée, ni leur acquisition négligée. Parmi ces facteurs nous
trouvons : les dimensions, les matériaux et le type de construction, la qualité de la mise en
œuvre, la période de construction, la conformité des branchements sur le collecteur, etc.

 Le vieillissement du réseau :
La connaissance de la période de construction du réseau semble plus pertinente que la
connaissance de l’âge, puisqu’elle comprend aussi bien l’âge et la qualité des matériaux que la
qualité de la mise en œuvre de l’ouvrage.

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 La géométrie et le type de l’ouvrage :


Tout ce qui concerne la géométrie de l’ouvrage, ainsi que le type de construction (tunnel, à
ciel ouvert, etc.) est censé être connu à travers les dossiers et les plans de construction. Les
anciens ouvrages font l’exception par leur géométrie, pour ce type on procède par relevés par
les moyens de pré-diagnostic géométrique.

2.2. L’environnement de l’ouvrage :


L’environnement de l’ouvrage est composé des différents éléments extrinsèques au tronçon
étudié. Qu’ils soient relatifs à l’environnement naturel, ou à l’environnement urbain, ces
facteurs jouent un rôle important dans le processus de dégradation des réseaux
d’assainissement urbains. Parmi ces facteurs nous pouvons citer : le type de sol, la présence et
le niveau de la nappe, la proximité des réseaux intra-urbains, les usages de surface, etc.

 La nature du sous-sol :
Les données sur le sous-sol naturel sont celles relatives à sa nature. Pour ce type de données,
c’est moins leurs définitions ou leurs évaluations qui nous intéressent, que la nature de
désordres géologiques qu’elles peuvent engendrer.

Comme premières sources d’information sur le sous-sol, nous trouvons les cartes géologiques,
qui permettent d’avoir une vision globale sur le sol à l’assise de la canalisation.

Les visites des lieux, les sondages carottés, les essais in-situ et les essais en laboratoire
permettent d’évaluer les propriétés physiques du sol et donnent un second niveau de
connaissance plus détaillée sur la nature du sous-sol.

 La présence de la nappe:

Les données relatives aux eaux souterraines ne doivent pas être limitées à celles concernant la
nappe phréatique, on doit prendre en compte, aussi, les divers mouvements d’eaux
(fluctuations de la nappe, drainage, infiltration des eaux de pluie, etc.) ainsi que la nature et la
qualité de ces eaux (acidité, salinité, dureté, etc.)

Les premières sources d’informations sur les eaux souterraines proviennent des cartes
hydrogéologiques et piézométriques et des analyses sur la qualité des eaux en question.

 L’interaction avec le milieu urbain :


Un tronçon du réseau d’assainissement en ville, fait partie d’un système urbain, qui lui a
donné naissance. En outre le système urbain évolue, les usages en surface sont modifiés et le
tronçon, élément du réseau d’assainissement peut ne plus répondre aux nouveaux besoins de
la totalité du système.

2.3. L’effluent transporté :


 Type de l’effluent :
Il joue un rôle très important s’il y a stagnation d’eau (dégagement des odeurs et notamment
de l’H2S), mais aussi si les effluents contiennent une quantité non négligeable de certains

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rejets industriels non prétraités (rejets chimiques entre autres : différents acides, rejets de
tanneries, …etc.)

 Pente du collecteur :
Si elle est très forte, elle induit une grande vitesse d’écoulement, et donc des risques
d’érosion ; si elle est faible, elle entraine des risques d’ensablement et donc un mauvais
fonctionnement du réseau. Si, elle est quasi-nulle ou négative (contre pente) elle induit des
stagnations d’eau, avec formation possible de différents gaz, dont le H2S, avec ce que cela
induit comme corrosion.

2.4. Les dysfonctionnements hydraulique / d’étanchéité :


Conséquences, sous certaines conditions, de la dégradation ou de l’obsolescence d’un
ouvrage, ces dysfonctionnements peuvent jouer un rôle important comme facteur de
dégradation, cependant, Leur détection n’est pas toujours aussi facile, qu’elle le semble.

 Dysfonctionnements hydrauliques :
Principalement conséquence d’une mauvaise conception, d’une mauvaise mise en œuvre, ou
de l’obsolescence de l’ouvrage, ce critère peut être à l’origine d’une étude diagnostic globale.
Les dysfonctionnements hydrauliques sont principalement relatifs à la mise en charge d’un
ouvrage (par constat visuel ou simulations …) et à la stagnation des effluents.

 Dysfonctionnements d’étanchéité :
Principalement des infiltrations ou des exfiltrations, ces dysfonctionnements sont
généralement considérés comme les symptômes de différentes dégradations, ainsi que ceux
des dysfonctionnements hydrauliques. En effet, leur détection directe (infiltrations visibles au
cours d’une visite/inspection) ou indirecte (concrétions …) permet de présumer des
mouvements d’eaux extérieurs, l’existence de fissures en extrados, voire des mises en charge
de l’ouvrage.

La détection d’eau polluée dans les milieux naturels ou urbains traduit des exfiltrations des
effluents, à ce niveau, les informations proviennent de l’exploitant ou des riverains

En deuxième niveau d’information, dans le cadre de diagnostic fonctionnel de système


d’assainissement, les mesures de débits et celles de la qualité de l’eau à l’entrée et à la sortie
du réseau permettent de mettre en évidence la question des eaux claires parasites, pour ceci, il
suffit que les débits mesurés dépassent de loin les débits prévisionnels ou que les effluents
soient anormalement dilués.

2.5. Les dégradations constatées (visite du collecteur) :


Le type et l’importance des dégradations constatées, qui en général, sont à l’origine d’une
démarche de diagnostic approfondi : d’où l’importance non seulement de leur relevé, mais
aussi de la finesse à rechercher dans ces relevés (fissures, trous, écaillages, effondrement …).

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3. Description de la méthodologie :
La méthodologie proposée se décompose en trois étapes. L’étape 1 est celle de la définition
des zones à risques, l’étape 2 fait intervenir les visites visuelles ; cette étape se solde par un
pré-diagnostic. Par combinaison des deux premières étapes, dans l’étape 3 sont entreprises, les
opérations d’auscultation et d’expertise.

3.1. Etape 1 :

Une note d’évaluation est déterminée par tronçon, considérant les risques structurels liés à
l’ouvrage, les risques d’impact de l’environnement du collecteur, les risques hydrauliques liés
à l’effluent et les risques liés aux dysfonctionnements du réseau.
Les notes obtenues sont calculées sur la base de l’analyse des critères ainsi que sur
l’expérience et les connaissances des exploitants.
Les tronçons ayant obtenu une note N évaluation > 9 feront l’objet de l’étape 2.

Type de collecteur

Béton ou maçonnerie visitable


Critère
Note

< 10 0

10 ≤ - ≤ 19 1
Critères liés à la structure du collecteur

20 ≤ - ≤ 29 2
âge
30 ≤ - ≤ 39 3

40 ≤ - ≤ 49 4

50 ≤ - ≤ 59 5

60 ≤ - ≤ 69 6

Bon 0

Etat général
Moyen 1
du collecteur

Mauvais 2

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Sable et graves 1
Critères liés à l'environnement du collecteur

Nature du sable et graves argileux,


sous-sol Roche, tuf sableux, tuf 2
calcaire

Argile ou tuf calcaire compact 3

Présence de oui 3
nappe non 0
sous trottoir 0
Influence du sous voirie 1
milieu urbain
sous voie ferroviaire 2
≤1 3
Hauteur de 1<-<3 2
couverture 3≤-≤5 1
>5 0
Rapide 0.5
Critères liés à l'effluent

Ecoulement moyen 1
lent 2

Nature de Domestique 0
l'effluent Industriel 1

H2S dans les oui 1


déchets non 0
oui 1
Hydraulique
Critères de dysfonctionnement

non 0
oui 1
Etanchéité
non 0

0 0

Branchement 1 0.5
Nombre
2 1
≥3 2
Tableau 8: Critères et notation d'évaluation d'un tronçon

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3.2. Etape 2 :
L’objectif de cette étape est de faire un pré-diagnostic du réseau qui mènera à une priorisation
des tronçons à risque. Elle consiste à analyser et quantifier les dégradations relevées lors des
visites du collecteur.

Une note Nv de visite est définie pour chaque tronçon.

Les tronçons sont classifiés par ordre décroissant. En effet, le tronçon ayant Nv la plus grande
passera en premier à l’étape 3, pour une surveillance plus pointue et une auscultation menant
à la réhabilitation.

Linéaire ≤ 2m 1
oui
Fissure linéaire > 2m 2
Non 0
Oui 1
Effondrement
Non 0
Dégradation majeure 3
Dégradation
Oui 1
Notation inspection

de voûte
Non 0
Bon 0
Etat du radier Moyen 1
Mauvais 2
déformation Oui 1
ou anomalie
du collecteur Non 0

H env/ Ø ≤ 15% 0.5

Envasement
15% < H env/ Ø ≤ 30% 1

H env/ Ø > 30% 2


Tableau 9: critères d'évaluation après visite du tronçon

3.3. Etape 3 :
Ici, on entreprend les auscultations et l’expertise qui mèneront à la définition des travaux à
entreprendre sur les tronçons endommagés qui ont été identifiés, que ce soit pour leur
réhabilitation ou pour leur entretien courant, et cela en fonction de l'ensemble des contraintes
techniques et enjeux économiques.

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X. Diagnostic, préconisations et priorités :


Pour mettre en pratique ce qui précède, nous avons appliqué la méthodologie d’évaluation
décrite ci-dessus sur 11.5 Km de réseaux de la ville de Marrakech, soit sur 6 collecteurs.

1. Préambule :
Constitué de façon progressive sur plusieurs années, le système d’assainissement de la ville
ocre de Marrakech, représente aujourd’hui une immobilisation patrimoniale d’une très grande
valeur économique et stratégique.

De ce qui précède, nous considérons que la préservation de ce patrimoine et l’optimisation de


son utilisation sont donc impératives pour la collectivité puisqu’il faut protéger les
investissements passés, actuels et futurs, et sont indispensables pour garantir la continuité et la
qualité du service assainissement. C’est pour cela, que la RADEEMA en a fait
particulièrement ses dernières années, sa préoccupation majeure et un des principaux axes de
sa stratégie 2011 Ŕ 2015.

Et, c’est dans cet esprit que la Direction Générale de la RADEEMA, a lancé le marché n°62 Ŕ
ASST -2011 pour redonner à son système d’infrastructure - assainissement, à travers cette
opération d’envergure de curage, d'inspection et de diagnostic, sa capacité d’évacuation
maximale et développer par conséquence, sa connaissance structurelle et fonctionnelle et ceci,
particulièrement en vue d’assurer une meilleure maîtrise des enjeux techniques et financiers
relatifs à sa pérennité et à l’optimisation de son fonctionnement.

2. Contexte général :
La ville de Marrakech, chef-lieu de la Wilaya de "la Région de Marrakech - Tensift - Al
Haouz", est située à un endroit stratégique au centre du pays. Elle se trouve aux pieds des
montagnes de l'Atlas, sur la RN 1 à environ 250 km au Sud Est de Casablanca - Capitale
économique du Royaume.

Cette situation de privilège ''naturel'' lui confère une importance capitale et stratégique à
l’échelle de la Région et à l’échelle du Royaume et lui exige par conséquent, de se doter
d'une infrastructure à la hauteur des ambitions des Autorités de ce pays, qui ne ménagent
aucun effort pour faire de Marrakech, capitale historique et touristique du Royaume, une des
agglomérations modernes pouvant assurer des services aux publics conformes aux normes et
standards internationaux.

Et, c'est dans cet esprit que le système d’assainissent ainsi constitué, sous la responsabilité de
la RADEEMA, compte aujourd'hui plus de 1 750 km de réseau de collecte avec environ 120
km de collecteurs primaires et secondaires structurants et plusieurs autres ouvrages annexes
dont principalement, la super-station de traitement des eaux usées utilisant des technologies
innovantes et écologiques permettant de réutiliser les eaux épurées et de produire de l'énergie
électrique.

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d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Ce système très bien structuré, construit à Marrakech, permet aujourd'hui d'assurer un service
de très bonne qualité sur une superficie urbaine d’environ 15 000 ha avec un taux de desserte
de plus de 90%. Et, il est appelé dans un futur proche à connaître de grandes mutations,
notamment avec les ouvrages en cours de réalisation et les investissements colossaux et
soutenus qui lui sont réservés par la RADEEMA depuis pratiquement une dizaine d’années,
pour renforcement de ses structures et pérennisation de ses performances à travers un
programme de réhabilitation et de maîtrise du fonctionnement.

3. Principaux objectifs du marché :

Dans le cadre de sa stratégie visant à pérenniser le patrimoine d'assainissement à travers


l'anticipation de ses éventuelles dégradations, à optimiser et améliorer les conditions de son
exploitation et développer ses performances, la RADEEMA a confié à la société -BRUNET
éco-aménagement méditerranée- Beam, à travers l’AO n° 62-11-ASST, les prestations
relatives au curage manuel de 22 kms de ses collecteurs visitables, et à leur inspection et
diagnostic. Celle-ci, et pour des raisons de principe, a engagé pour intervenir à ses côtés et
prendre en charge l'élaboration du rapport de diagnostic et de préconisations (partie qui
correspond au prix n°2), M. Tahar El Agal, Expert - Consultant de la société Tahar Ecology
Développement - TEcoD, spécialisée dans le domaine de l'Eau et de l'Environnement.

Le rapport de diagnostic et de préconisations précité, cherche en particulier de permettre à la


RADEEMA:

 D’évaluer les dégradations des collecteurs concernés, à travers les informations


retenus de l’exploitant
 De prioriser les tronçons et les collecteurs les plus dégradés
 d’anticiper sur les risques encourus par le personnel Ŕ exploitant, intervenant sur le
réseau d’assainissement et tous les ouvrages qui lui sont associés ;
 de décider des traitements et ou précautions à prendre en vue d’anticiper sur les
dégradations du patrimoine sous sa responsabilité ;
 de décider des travaux de réhabilitation des collecteurs visitables. Cette partie de
recommandations sera appuyée par un descriptif détaillé de techniques et méthodes
appropriées, par des métrés et un chiffrage détaillé des budgets nécessaires.

L'élaboration de la méthodologie d’évaluation des réseaux d’assainissement de Marrakech


sujets de l’AO n° 62-11-ASST a été effectuée en concertation avec les Responsables du
Département Exploitation Assainissement et en collaboration avec ses services.

4. Consistance du projet :
Parmi les 14 collecteurs faisant l’objet du Marché de Beam et TecoD, 6 ont fait l’objet de
notre travail de fin d’étude, il s’agit des collecteurs S, SM, I, O, OM, C9 d’un linéaire total de
11573m. Ci-après le détail correspondant :

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Date de mise
Collecteur Phase Regards Longueur
en service

1 R28 - R32 476


2 R32 - R36 303
3 R1 - R28 1 766
S 1960
8 R36 - R37 58
18 R36 - R43 360
Total S 2 963

5 R1 - R11 290

SM 1960 9 R11 - R16 155

Total SM 445

4 R10 - R24 2 192


I 1960
Total I 2 192

11 R8 - R32 2 354

O 1980 17 R32 - R61 1 540

Total O 3 894

12 R1 - R29 1 589
OM 1980
Total OM 1 589

19 R1 - R15 490
C9 1950
Total C9 490

Total du linéaire (en m) 11 573


Tableau 10: synthèse des collecteurs sujets à diagnostic

Pour une meilleure évaluation de l'état structurel et fonctionnel des différents collecteurs
visitables faisant l'objet de l’intervention de BEAm pour curage et inspection, nous avons
procédé à:

 l’examen détaillé du schéma directeur d’assainissement liquide de la ville de


Marrakech, notamment les sous missions A1 « collecte des données de base » et A2
« reconnaissance et diagnostic du secteur d’assainissement liquide »,
 l’analyse des données et informations retenus de l’exploitant, en particulier la nature
des matériaux et dimensions du collecteur, la nature du sol de l’assise, la présence de
la nappe, l’observation de dysfonctionnements hydraulique et d’étanchéité.

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 l'examen détaillé des fiches d'inspection et de diagnostic préliminaire élaborées par


BEAm et mises à la disposition de la RADEEMA au fur et à mesure de l'avancement
des travaux de curage,
 L’observation minutieuse des photos des différents collecteurs, prises par les agents de
Beam lors des opérations de curage et d’inspection.
 au niveau du collecteur : l'analyse des mesures effectuées (H2S, T°, ph,...), des photos
prises au droit des anomalies constatées (fissures, trous, déchaussement, effondrement,
branchements non conformes, etc...) et des niveaux d'ensablement dans chacun des
collecteurs en question (hauteur, nature, causes éventuelles, etc...),
 au niveau des regards : l’analyse des constatations sur l’état et la nature des tampons,
les dimensions des regards, l’état des échelons.

5. Etat des lieu, diagnostic et préconisations:

5.1. Le bassin versant du collecteur S :

5.1.1. Généralités :
Le collecteur S construit en 1960 en béton, prend naissance au sud du quartier SYBA
(Avenue Msalla), qu’il longe ensuite à la limite ouest (Avenue Rouis) vers la façade Nord
(Rue Belaid) pour aboutir enfin au collecteur R (au niveau du regard R1).

Il draine :

- une bonne partie du quartier SYBA grâce au collecteur SM et SA;


- et grâce aux collecteurs SAF et SAB, les quartiers périphériques de SYBA au Sud
comme à l’Est, notamment le lotissement Zouak, les quartiers Riyad, Tassoultant et
Tassoultant extensions.

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Phase 4

Figure 21: plan de situation du collecteur S


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5.1.2. Principales caractéristiques du collecteur S :


- Implantation sous voirie et trottoirs revêtus
- L'accessibilité au collecteur est assurée à travers 54 regards de R1 à R43
- Profondeur variable entre 1et 7,50 m.
- Les tampons des regards sont en fonte dans un état moyen.
- Le collecteur S entre R1 et R43 est constitué de 5 sections différentes:

o Ovoïde T130 sur une longueur de 195 ml, entre R38a et R43;
o Ovoïde T160 sur une longueur de 150 ml, entre R36 et R38a;
o Ovoïde T180 sur une longueur de 395 ml, entre R23 et R28, entre R33 et R35a;
o Ovoïde T200 sur une longueur de 947 ml, entre R15 et R23, entre R28 et R33 et
entre R35a et R36;
o Ovoïde T240 sur une longueur de 1 218 ml, entre R1 et R15;

- Vitesse d'écoulement: Moyenne à lente par endroit, ce qui pourrait être lié à faiblesse
de la pente, selon les données extraites du dossier de schéma directeur qui a considéré
la pente de pose du collecteur S, faible en majorité (2 à 4 ‰) avec quelques tronçons
en pentes quasi nulles (< 1‰).
- Les échelons de tous les regards inspectés sont oxydés.
- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés.
- Les échelons de tous les regards inspectés sont oxydés.
- Il y a beaucoup de branchements sur ce collecteur. En effet, Sur un total de 146
branchements, il y a 116 sur les regards et 30 sur le collecteur, avec un maximum de 6
branchements entre R37 et R38 et de 8 branchements sur R36.

5.1.3. Type d’effluents et déchets dans le collecteur :

Le collecteur S, sur le tronçon R1-R43, transporte des effluents domestiques de pH=7,


cependant il est très obstrué par les déchets et ne fonctionnait pas à ses performances
optimales. Une hauteur moyenne de sédiments allant de 50 cm au niveau du T130 à 80 cm au
niveau du T240, chose qui réduisait la capacité d'évacuation du collecteur d'environ 50 % de
sa hauteur totale.

Niveau d’envasement

Figure 22: niveau d'envasement


d'un tronçon

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Le volume de sédiments extraits de ce collecteur et évacué vers la décharge publique est


d'environ 2322 m3 (soit, environ 800 l/m). Les déchets en question sont constitués
principalement de boues compactes dus à une minéralisation des sédiments et
particulièrement de gros cailloux.

5.1.4. Atmosphère dans le collecteur :

Les opérations de curage et d’inspection du collecteur ont relevé :

- Un taux d’H2S en permanence dans l’atmosphère avant ventilation variait de 0 à 27


ppm.
- Une température variable par endroit et allant de 22 à 30°c.

Malgré le système de ventilation mis en place par BEAm, des pics d’H2s momentanés ont été
constatés dans le collecteur. Chose qui obligeait la société à prendre les dispositions
nécessaires pour évacuer ses ouvriers en cas de besoin et sécuriser la zone de travail suivant
les procédures développées par ses soins dans ce sens.

Vu ce qui précède, nous recommandons à la RADEEMA de prendre les dispositions


nécessaires pour se conformer aux exigences de la réglementation en vigueur au sujet de la
santé et la sécurité au travail.

5.1.5. Dégradations constatées et préconisations :


Pour anticiper sur la dégradation de la structure de ce collecteur qui constitue une des clés de
l'assainissement de la ville de Marrakech, nous préconisons de procéder à sa
réhabilitation/renforcement par tronçons, Chose qui permettra d'arrêter la propagation de la
dégradation (trous, fissures et effondrements) et d'optimiser les charges correspondantes.

Compte tenu des résultats de l’application de la méthodologie d’évaluation de l’état d’un


collecteur sur le collecteur S, nous jugeons que les tronçons suivants, prioritaires vis-à-vis
des travaux de réhabilitation.

1) Entre R1 et R2 - Tronçon de 127 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 16 Et une note de visite, Nvisite= 5 (voir
détails en annexe)

Une fissure circonférentielle ouverte à 45 m de R2 vers R1 et 3 dégradations (sous forme de


trous) au niveau de la voûte de ce tronçon, situées respectivement à 20, 35 et 40 m de R2 vers
R1

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Nous préconisons de réhabiliter la totalité du tronçon entre R1 et R2 (en T240 sur 127 ml) et
ceci, par utilisation de coques CCV pour chemisage, cette méthode de chemisage a l’avantage
d’être adaptée à tout type de collecteurs (technique sur mesure), Ne nécessite pas d’ouverture
de tranchée (moins de nuisances pour une zone d’habitation trop dense). L'utilisation d'un
revêtement avec utilisation de feuilles en PEHD est fortement souhaitée. En effet, le PEHD
améliore les performances hydrauliques du collecteur (coefficient de Manning Strickler K=
115), corrige le défaut de la faible pente que connait le collecteur et résiste à l’agressivité des
effluents et des gaz.

2) Entre R2a ŔR3 : Tronçon de 40ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 17 Et une note de visite, Nvisite= 4 (voir
détails en annexe).

1 fissure longitudinale à 10 m de R2a vers R3, et une dégradation au niveau de la voûte


pratiquement au même endroit (à 12 m de R2a vers R3).

Pour anticiper sur la dégradation de ce tronçon du collecteur S, nous préconisons de procéder


à sa réhabilitation sur 40 m par chemisage avec utilisation de la technique de coques CCV
revêtues avec des feuilles de PEHD.

3) Entre R19 et R20 - Tronçon de 54 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 11 Et une note de visite, Nvisite= 6 (voir
détails en annexe).

96
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Une forte arrivée d'eau claire au niveau de la voûte (éventuellement, une fuite d'eau potable)
semble très ancienne. Le collecteur au droit de l'arrivée de l'eau de cette éventuelle fuite est
fortement dégradé. Trous au niveau de la voûte et déchaussement du béton.

Vu ce qui précède, il est recommandé de déterminer à travers des analyses d'eau, l'origine de
cette fuite (eau de nappe ou du réseau public) et de procéder après arrêt de l'arrivée d'eau (par
réparation de l'éventuelle fuite ou drainage de la nappe) à la réhabilitation de la totalité du
tronçon dégradé entre R20 et R19. La réhabilitation préconisée doit être structurante et doit
par ailleurs, permettre de garantir l'étanchéité du collecteur.

Pour ce, nous préconisons de procéder au chemisage du collecteur en question par utilisation
de coques CCV sur la longueur totale de ce tronçon du collecteur S (soit, 54 m). L'utilisation
de feuilles de polyéthylène haute densité à l'intérieur est fortement souhaitée dans ce cas (forte
étanchéité et faible rugosité).

4) Entre R24 et R25 - Tronçon de 55 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 11 Et une note de visite, Nvisite= 6 (voir
détails en annexe).

Deux fissures longitudinales constatées à 40 et 46 m de R25 vers R24 et une forte arrivée
d'eau claire ayant été à l'origine des dégradations constatées au niveau de la voûte au droit de
la fuite en question.

97
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Vu ce qui précède, nous considérons qu'il y a urgence tout d'abord de déterminer l'origine
(eau de nappe ou du réseau public) de la fuite à travers des analyses chimiques et de réparer la
fuite en question (ou drainer éventuellement, la nappe) pour arrêter l'arrivée d'eau à l'intérieur
du collecteur et de procéder par ailleurs, à la réparation de la voûte dégradée.

Comme pour le tronçon R19-R20, nous préconisons pour la réparation de la voûte, de


procéder à la remise en état structurelle totale du collecteur sur ce tronçon de 55 ml et ceci,
par chemisage du collecteur sur toute sa section. Pour ce, nous recommandons l'utilisation de
coques CCV avec un revêtement en feuilles de PEHD.

5) Entre R33 et R34 - Tronçon de 53 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 11 Et une note de visite, Nvisite= 4 (voir
détails en annexe).

Au niveau de ce tronçon, la dégradation de la voûte est clairement en avance et nécessite


d'être traitée dans les meilleurs délais. Les 2 décollements qui se sont manifestés à10 m et à
30 m de R33 risquent de mettre le collecteur en désordre total.

Vu ce qui précède et afin d'anticiper sur la dégradation au niveau de ce tronçon et d'optimiser


l'opération de réhabilitation, nous préconisation de procéder à sa réhabilitation sur la totalité
des 53 m, par chemisage avec utilisation de la technique de coques CCV revêtues avec des
feuilles de PEHD.

6) Réhabilitation des regards et branchements :


- Le regard R35 est sujet à remise en état éventuellement en remplaçant tampon et
échelles
- Pour des raisons d'exploitation (efficacité et sécurité des interventions sur ce
collecteur), nous préconisons par ailleurs, de créer un regard intermédiaire entre R1 et
R2, par utilisation de la technique de Havage (fonçage vertical), Chose qui permettra
de réduire la distance entre regards de ce tronçon de 127 m à 65 m au maximum.

98
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d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

- Pour ce qui concerne les branchements, nous préconisons de procéder à la


réhabilitation systématique (reprise des raccordements et d’étanchéité) de
o la totalité des branchements sur le collecteur S (soit, 30 unités);
o et de tous les branchements constatés dégradés et/ou non conformes sur
regards. Soit, 42 unités. Ci-après, les photos d'illustration:
- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés et nécessitent d'être
remplacés. Mais, pour des raisons de conformité aux nouvelles exigences de sécurité,
nous recommandons (même si, elles sont remplacées) d'utiliser systématiquement des
potences ou échelles appropriées pour descente dans les collecteurs et ceci, quel que
soit l'état des échelons.

5.1.6. Synthèse de l’expertise du collecteur S :

Description de l'ouvrage
Année de mise en service 1960
Matériau de l'ouvrage Béton
Section d'ovoïde de T130 à T240
Rugosité du béton (K) Domestique (pH=7)
Type d'effluent de R1 à R43
Hauteur de couverture moyenne 4.51
Linéaire inspecté 2905ml
Tableau 11: description du collecteur S

99
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Description des anomalies et défaillances du collecteur S


Hauteur d'envasement moyenne 79 cm
Envasement

Envasement/section d'ovoïde de 31 à 78%


volume extrait du collecteur 2322 m3
Nature des déchets solide
Valeur moyenne d'H2S au niveau du collecteur de 0 à 27 ppm
Atmosphère

Valeur moyenne de CH4 au niveau du collecteur 0 ppm


Valeur moyenne de CO au niveau du collecteur 0 ppm
Valeur moyenne d'O2 au niveau du collecteur de 16.2 à 20.9 ppm
Température de 22 à 30°C
Nombre de dégradations de voûte 7
Défaillances de structure

nombre de fissures en parois 18


nombre de dégradations de radier 0
nombre de branchements sur collecteur 30
nombre de branchements sur regards 42
Nombre de fuites 2
Tableau 12: anomalies et défaillances du collecteur S

Description des travaux de réhabilitation à entreprendre

Réhabilitation totale d'un linéaire de 331 ml par coques CCV avec PEHD
Au niveau du
Arrêt de l'arrivée d'eau et réparation de 2 fuites
collecteur
Création d'un nouveau regard entre R1 et R2 par technique de Havage

reprise de raccordement et étanchéité de 42 branchements sur regards


Les branchements
reprise de raccordement et étanchéité de 30 branchements sur collecteur

Nombre de tampons à dégager avec mise à la cote = 0

Au niveau des regards Nombre de regards supplémentaires à préconiser = 1 (entre R1 et R2)

Nombre de regards à réhabiliter = 1 (R35)


Tableau 13: solutions de réhabilitation du collecteur S

100
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5.2. Bassin versant du collecteur C9 :

Figure 23: Plan de situation du collecteur C9

5.2.1. Principales caractéristiques du collecteur C9 :


- Construit en béton et mis en service en 1950,
- Collecteur sous voirie,
- Il s'agit d'un Ovoïde T130,
- L'accessibilité au collecteur C9 est assurée à travers 15 regards de R1 à R15 de
profondeur moyenne variant de 5,80 à 8,20 m.
- La hauteur de couverture moyenne est variable de 4,50 m à 6,40 m.
- La distance maximale entre regards s'élève à 63 m.
- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés et nécessitent d'être
remplacés.
- Branchements: Il y a 19 branchements directs sur le collecteur et 25 branchements sur
regards dont 21 de DN 200 mm, 2 de DN 400 mm, 1 de DN 800 mm et 1 de DN 1 000
mm.

5.2.2. Type d’effluents et déchets dans le collecteur :

Le collecteur C9 est de type ovoïde T130. Les effluents qui y transitent sont de type
domestique.

101
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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La hauteur de sédimentation moyenne entre R1 et R15 est de 40 cm (soit, 31 % de la hauteur


totale du collecteur). Le volume global extrait du collecteur et dégagé vers la décharge
publique, est de 181m3. Chose qui nécessite, pour lui assurer des performances hydrauliques
convenables, de programmer des opérations de curage suivant une fréquence minimale d'une
fois tous les deux ans (1 fois/2 ans).

5.2.3. Atmosphère dans le collecteur :


L’opération de curage du collecteur C9 a relevé les informations suivantes :

- Ph = 7 (effluent domestique)
- Une température allant de 14 à 19 °c.
- Les taux d'oxygène et d'H2S respectivement de 20,7 et de 4 ppm au maximum, sont
tout à fait acceptables dans un réseau d'égout.

5.2.4. Dégradations constatées et préconisations :


1) Entre les regards R9 et R13 - Tronçon de 85 ml

Les tronçons ont eu une note d’évaluation, Névaluation= ? Et une note de visite,
Nvisite(R9/R10)=3, Nvisite (R10/R11)= 5, Nvisite (R11/R12)= 5, Nvisite (R12/R13)= 3 (voir
détails en annexe).

Deux effondrements importants ont été constatés au niveau de la voûte. Le 1er est situé
entre les regards R9 et R10 à 26 ml de R9 et le 2ème est situé entre les regards R11 et R12 à
20 ml de R11

Vu ce qui précède et vu l'âge de ce collecteur mis en service dans les années 50 et son
importance dans l'assainissement d'une partie de la Médina, nous préconisons de procéder:

-à la remise en état des regards R9, R10, R11, R12 et R13 situés sur le tronçon prévu
d'être réhabilité;
- au remplissage des vides qui se sont créés au-dessus du collecteur au droit des
effondrements en question (respectivement d'environ, 2,5 m3 et 1,2 m3);
- à la réhabilitation structurante de ce collecteur sur une longueur de 85 m entre les
regards R9 et R12 et ceci, par chemisage avec utilisation de coques CCV.
Vu l'évolution baissière qu'a connu les prix de réhabilitation utilisant la technique de
chemisage par coques revêtues de feuilles de PEHD. Son utilisation est fortement

102
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recommandée; elle permet de pérenniser le patrimoine et d'améliorer ses performances


hydrauliques.

2) Réhabilitation des regards et branchements :


- Regards:

o Remise en état de 5 regards : R9, R10, R11, R12, R13


o Aucune création de nouveaux regards n’est préconisée
- Branchements :

o 19 unités sur le collecteur


o 25 unités sur regards de visite
- L’utilisation systématique des potences et/ou échelles appropriées pour descente dans
le collecteur et ceci, quel que soit l'état des échelons.

5.2.5. Synthèse de l’expertise du collecteur :

Description de l'ouvrage

Année de mise en service 1950

Matériau de l'ouvrage Béton

Section d'ovoïde T130

Rugosité du béton (K) Domestique (pH=7)

Type d'effluent de R1à R15

Hauteur de couverture moyenne 5.57

Linéaire inspecté 490 ml

Tableau 14: Description du collecteur C9

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Description des anomalies et défaillances du collecteur C9


Hauteur d'envasement moyenne 40cm
Envasement

Envasement/section d'ovoïde 31%


volume extrait du collecteur 181 m3
Nature des déchets solide
Valeur moyenne d'H2S au niveau du collecteur de 0 à 4 ppm
Atmosphère

Valeur moyenne de CH4 au niveau du collecteur 0 ppm


Valeur moyenne de CO au niveau du collecteur 0 ppm
Valeur moyenne d'O2 au niveau du collecteur 20.9 ppm
Température de 20.4 à 20.9°C
Nombre de dégradations de voûte 2
Défaillances de structure

nombre de fissures en parois 0


nombre de dégradations de radier 0
nombre de branchements sur collecteur 19
nombre de branchements sur regards 25
Nombre de fuites 0
Tableau 15: Anomalies et défaillances du collecteur C9

Description des travaux de réhabilitation à entreprendre


Réhabilitation structurante d'un linéaire de 85 ml par coques CCV avec
PEHD
Au niveau du
collecteur Réhabilitation structurante de 20ml par chemisage par béton projeté

Comblement de 2 cavités

reprise de raccordement et d'étanchéité de 25 branchements sur regards


Les branchements
reprise de raccordement et d'étanchéité de 19 branchements sur collecteur

Nombre de tampons à dégager avec mise à la cote = 0

Nombre de regards supplémentaires à préconiser = 0


Au niveau des regards
Nombre de regards à réhabiliter = 5

Nombre de regards sans tampon= 0


Tableau 16: Solutions de réhabilitation du collecteur C9

104
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5.3. Bassin versant du collecteur I :

5.3.1. Généralités :

Le collecteur I construit en 1960 par utilisation du béton, prend naissance au niveau du Douar
Sidi M’barek et dessert pratiquement tout le quartier industriel sauf le quartier de la Gare
raccordé au réseau de Guéliz. Le collecteur longe la voie ferrée jusqu’à la traversée des routes
de Targa et de Safi et se jette dans une séguia d’irrigation en face de l’ancienne décharge pour
les déchets solides. Il permet d’assainir aussi les douars Laarab et Lahrach ainsi que les
lotissements : Palmiers, les oliviers, Kairouan et Opération Jbel Guéliz.

Le tronçon du collecteur entre l’ouvrage de bascule situé au regard R10 et le déversoir


d’orage au regard R3 est actuellement abandonné. Les eaux usées sont donc interceptées au
niveau de l’ouvrage de bascule par le collecteur secondaire MS vers le collecteur M.

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Figure 24:Plan de situation du collecteur I (entre R10 et R24)

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5.3.2. Principales caractéristiques du collecteur I :

- Type de collecteur : Ovoïde T150 avec cunette de 60 cm de profondeur


- Nature du collecteur: Béton,
- Collecteur sous voirie et voie-ferrée
- et une hauteur de couverture allant de 1,75 m à 6,00 m,
- Accessibilité à travers 15 regards de R24 à R10, Ce qui donne naissance à des
tronçons de longueur anormale et représentant des risques énormes pour l'exploitation
et notamment, dans un collecteur destiné pour desservir des zones industrielles.
- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés
- Branchements: Il n'y a aucun raccordement direct sur le collecteur, mais il y a 10
branchements sur regards dont 05 au niveau du R24 (3 x DN 600 mm, 1 x DN 900
mm et 1 x DN 1 400 mm,
- Vitesse d'écoulement: Moyenne à rapide, sans traces apparentes de signes de contre
pente ou de pente nulle. Chose qui confirme les données correspondantes, extraites du
dossier de schéma directeur qui a estimé la pente de 2 à 5‰.

5.3.3. Type d’effluents et déchets dans le collecteur :

Le collecteur I est de type ovoïde T150 avec, cunette de 60 cm de profondeur, destinée


principalement pour l'évacuation des débits de temps sec. Mais, elle a été presque totalement
obstruée par les sédiments. L'envasement moyen entre R10 et R24 était de 60 cm de hauteur
en moyenne (soit, 29 % de la hauteur totale du collecteur). Le volume global extrait du
collecteur et dégagé vers la décharge publique, est de 789 m3.

Cette situation, non seulement, réduisait les performances hydrauliques du collecteur qui ne
fonctionnait pas à sa capacité optimale, mais constituait aussi, un milieu favorable pour le
développement de gaz nuisibles pour l'exploitation et agressifs pour le béton.

Pour optimiser l'exploitation du collecteur et pouvoir son utilisation dans sa capacité


maximale d'évacuation, nous préconisons son curage avec une fréquence de 1 fois par 2 ans.

5.3.4. Atmosphère dans le collecteur :

L'opération de curage s'est limitée à la partie située (dans le sens d'écoulement) entre R24 et
R10 et a été réalisée en 14 tronçons sur une longueur totale de 2192 ml. Les mesures
effectuées ont relevés :

- Une température relativement élevée allant jusqu'à 32°c,


- PH = 10 : effluents industriels
- H2s allant par endroit jusqu'à 57 ppm

107
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Ce qui confirme que les effluents correspondent bien à des rejets industriels et qu'il y a
nécessité absolue d'intervenir auprès de cette catégorie de Clients-Industriels en vue
d'anticiper la dégradation du collecteur et de réduire les risques auxquels sont exposés les
Exploitants (ou, leurs sous-traitants) souvent appelés à faire des interventions dans ce milieu
confiné pour curage et nettoiement des collecteurs et/ou pour évaluer, à travers des
inspections pédestres, l'évolution de l'ensablement et des éventuelles dégradations.

A préciser par ailleurs, que l'opération de curage était très difficile (notamment, sur les
tronçons de grandes longueurs entre regards consécutifs allant jusqu'à 430 m) et représentait
énormément de risques pour les ouvriers de BEAm et ceci, malgré leur professionnalisme et
malgré les dispositifs de sécurité mis en œuvre.

5.3.5. Dégradations constatées et préconisations :

1) Entre R15 et R16 - Tronçon de 150 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 15 Et une note de visite, Nvisite= 5 (voir
détails en annexe).

Un effondrement important au niveau de la voûte sur le tronçon situé entre les regards R15 et
R16 (voir photos d’illustration ci-dessous). Il est situé à 7 m de R15 vers R16. Chose qui était
à l'origine de la création d'un vide au-dessus du collecteur, qui fait aujourd'hui, environ 0.5 m
x1.5 m x 2.5 m de dimensions.

Sachant que la hauteur de couverture entre R15 et R16 est d'environ 3,90 m, la situation que
représente aujourd'hui cet effondrement, risque de s'aggraver avec le temps. Le vide constitué,
semble en constante évolution, notamment avec la propagation des vibrations générées par le
passage des trains à proximité. Chose qui peut présenter un risque majeur en cas
d'effondrement total, aussi bien pour les tiers que pour l'écoulement.

Pour des raisons de sécurité, il est fortement recommandé de procéder immédiatement au


balisage de la zone au-dessus de l’effondrement. Même si celui-ci est localisé sur un terrain
vague, on ne peut empêcher le passage de piétons

108
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Nous préconisons de créer un regard entre R15 et R16 (ce tronçon fait aujourd'hui 150 m) en
vue de se conformer aux exigences de l'exploitation et de la sécurité.

Pour optimiser l'intervention de réhabilitation, nous recommandons un chemisage du tronçon,


par coques CCV revêtues avec des feuilles PEHD, sur une longueur de 75m entre R15 et
R15bis (créé).

Le radier étant encore en bon état, nous préconisons de se limiter à la réhabilitation du


collecteur, au-dessus de la cunette.

2) Entre R14 et R15 - Tronçon de 12,2 ml

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 15 Et une note de visite, Nvisite= 4 (voir
détails en annexe).

Le Regard R14 qui abrite un branchement, arrivée d'un collecteur en béton de DN 1 000, mm
est très dégradé (voir, photo d'illustration ci-dessous). Il devra faire l'objet d'une remise en état
total (travaux génie civil, tampon et échelons).

Le tronçon entre R14 et R15 d'une longueur totale de 12,2 ml est relativement dégradé. Il
représente une fissure longitudinale à 5 m de R14 vers R15, un trou dans la voûte (presque au
milieu) qui pourrait être un début d'effondrement à proximité de celui qui s'est clairement
manifesté entre R15 et R16 (voir, photos d'illustration ci-dessous), et un début de
déchaussement du collecteur (les gravettes sont apparentes sur pratiquement tout le tronçon).

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Pour traiter cette dégradation de voûte, et le début d’effondrement qui a commencé à se


manifester entre R14 et R15, La réhabilitation préconisée doit être structurante sous forme de
chemisage par utilisation de coques CCV revêtues avec des feuilles de PEHD en vue
d'anticiper sur l'agressivité des effluents (Ph = 10, basique) et sur les effets de l'ambiance à
l'intérieur du collecteur caractérisée par une forte concentration d'H2s (> 50 ppm).

Le radier étant encore en bon état, nous préconisons de se limiter à la réhabilitation du


collecteur, au-dessus de la cunette.

3) Entre R18 et R19 - Tronçon de 100 ml

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 15 Et une note de visite, Nvisite= 3 (voir
détails en annexe).

Un début de déchaussement est constaté à l'amont immédiat de R18 (sens d'écoulement de


R19 vers R18) - Ci-dessous, photo d'illustration.

Il s'agit d'un phénomène encore isolé et localisé. Nous préconisons de remettre en état le
regard R18 et de traiter avec du béton projeté le début du collecteur (au niveau de la jonction
avec le regard) sur une profondeur de 10 m de part et d'autre du regard (20 m de projection
au total).

4) Réhabilitation des regards et des branchements :


- Création 14 nouveaux regards :

Regards à créer Longueur


Longueur Profondeur
Tronçon prévisionnelle
actuelle (en m) (nombre) Moyenne (en m)
maximale (en m)

R10 - R11 114,6 1 4,25 60

R11 - R12 335 3 5,15 120

R12 - R13 300 3 5,45 100

R13 - R14 430 4 6,05 120

110
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R15 - R16 150 1 5,80 75

R20 - R21 235 2 7,20 120

Tableau 17: regards à créer sur le collecteur I

- Remise en état de 2 regards : regard R14 totalement et R18 partiellement.


- Reprise des raccordements et de l'étanchéité de 10 branchements réalisés en totalité
sur regards:

o 4 unités de DN 500 mm;


o 3 unités de DN 600 mm;
o 1 unité de 900 mm;
o 1 unité de 1 000 mm;
o 1 unité de 1 400 mm.

- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés et nécessitent d'être
remplacés. Mais, pour des raisons de conformité aux nouvelles exigences de sécurité,
nous recommandons (même si, elles sont remplacées) d'utiliser systématiquement des
potences ou échelles appropriées pour descente dans les collecteurs et ceci, quel que
soit l'état des échelons.

5.3.6. Synthèse de l’expertise du collecteur I :

Description de l'ouvrage
Année de mise en service 1960
Matériau de l'ouvrage Béton
Section d'ovoïde T150 avec cunette de 60cm
Rugosité du béton (K) Industriel (pH=10)
Type d'effluent de R10 à R24
Hauteur de couverture moyenne 4.44
Linéaire inspecté 2192 ml
Tableau 18: Description du collecteur I

111
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Description des anomalies et défaillances du collecteur I (entre R10 et R24)


Hauteur d'envasement moyenne 60cm
Envasement

Envasement/section d'ovoïde 29%


volume extrait du collecteur 789 m3
Nature des déchets solide
Valeur moyenne d'H2S au niveau du collecteur de 0 à 57 ppm
Atmosphère

Valeur moyenne de CH4 au niveau du collecteur 0 ppm


Valeur moyenne de CO au niveau du collecteur 0 ppm
Valeur moyenne d'O2 au niveau du collecteur 20.7 ppm
Température de 6 à 32°C
Nombre de dégradations de voûte 1
Défaillances de structure

nombre de fissures en parois 1


nombre de dégradations de radier 0
nombre de branchements sur collecteur 0
nombre de branchements sur regards 10
Nombre de fuites 0
Tableau 19: anomalies et défaillances du collecteur I

Description des travaux de réhabilitation à entreprendre


Réhabilitation structurante d'un linéaire de 87 ml par coques CCV avec
PEHD
Au niveau du
collecteur Réhabilitation structurante de 20ml par chemisage par béton projeté
Création de 14 nouveaux regards par technique de Havage
reprise de raccordement et d'étanchéité de 10 branchements sur regards
Les branchements
pas de branchement sur collecteur
Nombre de tampons à dégager avec mise à la cote = 2
Nombre de regards supplémentaires à préconiser = 14
Au niveau des regards
Nombre de regards à réhabiliter = 2 (R14 et R18)
Nombre de regards sans tampon= 3
Tableau 20: Solution de réhabilitation du collecteur I

112
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d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

5.4. Bassin versant du collecteur SM :

5.4.1. Généralités :
Ce collecteur draine pratiquement tout le bassin versant du quartier de Sidi Youssef Ben Ali
et se rejette dans le collecteur S (au niveau du regard R1), il est construit en béton en 1960.
L'opération de son curage et inspection réalisée par BEAm a concerné la partie située entre
R16 et R1 (dans ce sens d’écoulement) et a été réalisée en 2phases (5 et 9).

Phase 9

Figure 25: Plan de situation du collecteur SM

113
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5.4.2. Principales caractéristiques du collecteur SM :


- Type de collecteur : Ovoïde T130
- Matériau du collecteur : béton
- Implantation sous voiries et trottoirs revêtus
- hauteur de couverture allant de 3,40 m à 5,80 m
- L'accessibilité est assurée à travers 16 regards de R1 à R16 de profondeur moyenne
variant de 4,70 à 7,10 m.
- Les distances entre regards (<= 40 m),
- Les échelons de la plupart des regards sont oxydés,
- Branchements: Il y a 35 branchements au total dont 15 unités directement sur le
collecteur,
- L’écoulement de l’effluent est moyen.

5.4.3. Type d’effluents et déchets dans le collecteur :


Les effluents qui transitent dans le collecteur SM - T130 sont de type, la vitesse d'écoulement
dans le collecteur est moyenne à relativement lente.

La hauteur de sédimentation moyenne entre R1 et R16 est de 60 cm (soit, 50 % environ de la


hauteur totale du collecteur). Le volume global extrait du collecteur et dégagé vers la
décharge publique, est de 174 m3. Chose qui nécessite, pour lui assurer des performances
hydrauliques convenables, de programmer des opérations de curage annuelles et d'assurer sur
un délai de 3 ans, un suivi rigoureux de l'évolution de la sédimentation (à travers des mesures
périodiques) pour pouvoir d’arrêter avec précision la fréquence optimale.

5.4.4. Atmosphère dans le collecteur :


- Un pH égal à 7,
- Une température allant de 21 à 24 °c.
- Les taux d'oxygène et d'H2s respectivement de 20,9 et de 4 ppm au maximum, sont
tout à fait acceptables dans un réseau d'égout.

5.4.5. Dégradations constatées et préconisations :


1) Du regard R3 à R10 et entre R14 et R15 : tronçons de 211ml + 22ml

Les tronçons ont eu des notes d’évaluation Névaluation(R3/R4)=16, Névaluation (R4/R5)= 14,
Névaluation (R5/R6) = 15, Névaluation (R6/R7)= 14.5, Névaluation (R7/R8)=16, Névaluation (R8/R9)=16,
Névaluation (R9/R10)=13, Névaluation (R14/R15)=12 (voir détails en annexe).

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Et une note de visite, Nvisite(R3/R4)=4 , Nvisite(R4/R5)=4 , Nvisite(R5/R6) =2 ,


Nvisite(R6/R7)=4 , Nvisite(R7/R8)=4 Nvisite(R8/R9)= 2, Nvisite(R9/R10)=4,
Nvisite(R14/R15)=3 (voir détails en annexe).

La dégradation du collecteur SM est bien engagée dans les différents tronçons situés entre R3
et R10 et sur le tronçon R14-R15. Cette dégradation est caractérisée principalement par le
déchaussement du collecteur, par la détérioration de son étanchéité, la dégradation de voûte et
par le développement des fissures sur ses parois.

Ce phénomène est essentiellement lié, comme signalé précédemment, aux infiltrations qui se
sont développés aux alentours des branchements réalisés à différents points de la voûte. Chose
qui a affaibli la structure du collecteur. Ci-après, quelques photos d'illustration extraites des
rapports d’inspection préliminaires présentées par BEAm au fur et à mesure de l'avancement
des opérations de curage et d'inspection:

- Entre R3 et R4, tronçon de 33 ml, il y a 3 branchements directement sur la voûte ce


qui a provoqué sa dégradation;
- Entre R4 et R5, tronçon de 32 ml, il y a une fissure longitudinale ouverte à 20 m de
R4 vers R5;
- Entre R6 et R7, tronçon de 27 ml, il y a un branchement au niveau central de la voûte
(à 15 m de R6 vers R7) ayant été à l'origine de dégradations apparentes au niveau de
toute la structure;
- Entre R7 et R8, tronçon de 36 ml, il y a aussi, 3 branchements au niveau de la voûte, à
10 m, à 20 m et à 30 m de R7 vers R8;
- Entre R9 et R10, tronçon de 12 ml, il y a deux branchements dégradés sur la voûte et
ayant été à l'origine de la défaillance de la structure tout autour. La laitance du béton a
disparu, les gravettes sont apparentes et par endroit (sous forme de poches), l'épaisseur
de la structure en béton a été réduite d'une manière inquiétante.
- Entre R14 et R15, La laitance du béton a disparu, les gravettes sont apparentes et par
endroit (sous forme de poches), l'épaisseur de la structure en béton a été réduite.

Situation du collecteur entre R3 et R10

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Situation du collecteur entre R14 et R15

Pour arrêter cette dégradation et reconstruire la structure du collecteur, nous préconisons de


procéder à sa réhabilitation d'une manière structurante. L'ordre suivant est fortement
recommandé:

- Reprise des raccordements et de l'étanchéité de tous les branchements (au nombre de


35), qu'ils soient sur regards ou sur collecteur. Ceci, permettra de renforcer le
collecteur à travers ses ouvrages annexes et de contribuer fortement à sa pérennisation;
- Chemisage du collecteur sur la totalité de sa section et sur une longueur totale de 233
ml et ceci, par utilisation des coques CCV revêtues avec des feuilles de PEHD.
L'utilisation de ce type de revêtement, permettra d'améliorer les performances
hydrauliques du collecteur (pente relativement faible), de garantir son étanchéité et par
conséquent, sa capacité de faire face à l'ambiance agressive de son environnement
intérieur et extérieur.

2) Réhabilitation des regards et branchements :

- Il y a 35 branchements au total dont 15 unités directement sur le collecteur. A préciser


que les branchements directs sur le collecteur sont dans la plupart réalisés au niveau de
la voûte et sur des tronçons de faibles longueurs. Chose qui à notre avis, a affaibli la
structure du collecteur et a constitué les 1ers nids de développement des dégradations.
Pour remettre en état le collecteur et renforcer sa structure, nous préconisons de
commencer par la réhabilitation de tous les branchements (reprise systématique des
raccordements et de l'étanchéité)
- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés et nécessitent d'être
remplacés. Mais, pour des raisons de conformité aux nouvelles exigences de sécurité,
nous recommandons (même si, elles sont remplacées) d'utiliser systématiquement des
potences ou échelles appropriées pour descente dans les collecteurs et ceci, quel que
soit l'état des échelons.

116
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5.4.6. Synthèse de l’expertise du collecteur :

Description de l'ouvrage
Année de mise en service 1960
Matériau de l'ouvrage Béton
Section d'ovoïde T130
Rugosité du béton (K) Domestique (pH=7)
Type d'effluent de R1à R16
Hauteur de couverture moyenne 4.06m
Linéaire inspecté 445ml
Tableau 21: Description du collecteur SM

Description des anomalies et défaillances du collecteur SM


Hauteur d'envasement moyenne 60cm
Envasement

Envasement/section d'ovoïde 46%


volume extrait du collecteur 174 m3
Nature des déchets solide
Valeur moyenne d'H2S au niveau du collecteur de 0 à 4 ppm
Atmosphère

Valeur moyenne de CH4 au niveau du collecteur 0 ppm


Valeur moyenne de CO au niveau du collecteur 0 ppm
Valeur moyenne d'O2 au niveau du collecteur 20.9 ppm
Température de 21 à 24°C
Nombre de dégradations de voûte 15
Défaillances de structure

nombre de dégradation en parois 1


nombre de dégradations de radier 0
nombre de branchements sur collecteur 15
nombre de branchements sur regards 20
Nombre de fuites 0
Tableau 22: anomalies et défaillances du collecteur SM

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Description des travaux de réhabilitation à entreprendre


Réhabilitation structurante de 233 ml par coques CCV avec PEHD
Au niveau du
Reprise de raccordement et d'étanchéité des branchements
collecteur
-
reprise de raccordement et d'étanchéité de 20 branchements sur regards
Les branchements reprise de raccordement et d'étanchéité de 15 branchements sur
collecteur
Nombre de tampons à dégager avec mise à la cote = 0
Au niveau des Nombre de regards supplémentaires à préconiser = 0
regards Nombre de regards à mettre en état = 0
Nombre de regards sans tampon= 0
Tableau 23: solutions de réhabilitation du collecteur SM

5.5. Bassin versant du collecteur O :

5.5.1. Généralités :
Le collecteur O, construit en béton en 1980, prend naissance au niveau de la route d’Essaouira
au droit du Douar Iziki qu’il dessert, en plus des zones d’extension à l'Ouest de la ville de
Marrakech composés notamment des quartiers: Massira, Inara, Azli, et lotissement Iziki. Le
collecteur O se rejette dans le collecteur I dit ''industriel'' au droit de la voie ferrée après la
route de Targa.

En amont immédiat du raccordement avec le collecteur précité, un déversoir d’orage a été


réalisé pour permettre de déverser le débit supplémentaire dans la chaâba de ''Ali El Bali'' et
permettre par ailleurs de délester le collecteur I constituant la continuité hydraulique du
collecteur O.

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Figure 26:Plan de situation du collecteur O (Phase 11 : entre les regards R8 et R32)

5.5.2. Principales caractéristiques du collecteur O :


- le collecteur O entre R08 et R61 est constitué de 4 sections différentes:

o Ovoïde T130 sur une longueur de 694 ml, entre R43 et R61;
o Ovoïde T200 sur une longueur de 864 ml, entre R32 et R43;
o Ovoïde T240 sur une longueur de 1986 ml, entre R12 et R32;
o Ovoïde T240 avec cunette de 70 cm, sur une longueur de 368 ml, entre R08 et
R12.
- L'accessibilité au collecteur est assurée à travers 54 regards de R08 à R61 de
profondeur moyenne variant de 3,10 à 8,20 m.
- Implantation du collecteur sous voiries et trottoirs revêtus,
- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés,
- Branchements: Sur un total de 74 branchements, il y a 56 branchements sur les regards
et 18 branchements sur le collecteur.

119
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- La pente de pose du collecteur O, selon les données du schéma directeur


d'assainissement est variable de 2,2‰ à 5,7‰.
- La vitesse d'écoulement est moyenne.

5.5.3. Type d’effluents et déchets dans le collecteur :


Le collecteur O transporte des effluents domestiques.
Sur le tronçon entre R32 et R61, l’opération de curage a montré que le collecteur était
relativement obstrué par les déchets et ne fonctionnait pas à ses performances optimales. Une
hauteur moyenne de sédiments allant jusqu'à 40 cm au niveau de la partie en T200 et T130,
chose qui réduisait la capacité d'évacuation du collecteur d'environ 30 % de sa hauteur totale.

La présence de gros déchets (anciens tampons, gros cailloux…) dans ce collecteur, confirme
la nécessité de vérifier d'une manière systématique la fermeture des tampons sur les regards
de visite pour empêcher ce type d'intrusion.

Vu le niveau important d’envasement au niveau du collecteur, nous préconisons à la


RADEEMA de faire des compagnes de curage une fois/ 2ans. Et de suivre le niveau et
l’évolution de l’ensablement dans le réseau.

5.5.4. Atmosphère dans le collecteur :


- Un Ph = 7,
- un taux d'oxygène allant de 14 à 20,9 ppm,
- un taux d'H2s<=14 ppm
- Et une température variable de 12 à 28 °c.

5.5.5. Principales dégradations et préconisations :


1) Entre R34 et R35 - Tronçon de 156 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 11 Et une note de visite, Nvisite= 4 (voir
détails en annexe).

Une fissure longitudinale ouverte sur plus de 4,00 m et située à 10 m de R34 vers R35. En
plus de décollements au niveau des parois de ce collecteur.

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Pour procéder aux réparations des dégradations constatées sur une partie de ce tronçon et
d'anticiper sur la dégradation imminente de sa structure, nous préconisons de créer un regard
intermédiaire R34 bis entre R34 et R35 en vue de réduire la distance entre les 2 regards en
question et de procéder à la réhabilitation de la totalité du tronçon entre R34 et R35 sur une
longueur d'environ 156 m.

La réhabilitation précitée est préconisée sous forme de chemisage du collecteur sur la totalité
de sa section et ceci, par utilisation de coques CCV revêtues avec des feuilles en PEHD.
Chose qui permettra d'améliorer les performances hydrauliques du collecteur et de pérenniser
l'état de sa structure par sa protection contre l'agressivité des gaz et l'érosion de l'écoulement.

2) Entre R44 et R45 - Tronçon de 44 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 11 Et une note de visite, Nvisite= 4 (voir
détails en annexe).

Il y a une fissure longitudinale ouverte à 10 m de R44 vers R45 avec sur toute la partie basse
(radier + pieds droit et gauche) du collecteur des dégradations sous forme de décollements
que nous préconisons de traiter sur 44 ml avec chemisage de la partie basse du collecteur
T130 avec utilisation de coques CCV revêtues avec des feuilles de PEHD.

3) Entre R49 et R50 - Tronçon de 49 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 12 Et une note de visite, Nvisite= 4 (voir
détails en annexe).

En plus de l'effondrement constaté au niveau de la voûte, des dégradations ont été aussi
constatées au niveau de la partie basse du collecteur que nous préconisons de réhabiliter sur
la totalité de sa section par utilisation des coques en CCV revêtues avec des feuilles de PEHD.

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4) Entre R51et R52 - Tronçon de 37 ml:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 12 Et une note de visite, Nvisite= 4 (voir
détails en annexe).

La dégradation constatée au niveau de la voûte avec les décollements au niveau du pied droit
du collecteur touchant aussi, son radier, impose de procéder à la réhabilitation du collecteur
sur toute sa section.

Il est donc préconisé, de chemiser le collecteur sur la totalité de tronçon de 37 ml par


utilisation de coques CCV revêtues avec des feuilles de PEHD.

5) Entre R58 et R61 - Tronçon de 125 ml:

Le tronçon a eu des notes d’évaluation, Névaluation (R58/R59)= 12, Névaluation (R59/R60)=11,


Névaluation (R60/R61)=12, Et une note de visite, Nvisite= 4 (voir détails en annexe).

- Sur R58/R59: Il y a une dégradation au niveau de la voûte et des décollements au


niveau du pied gauche du collecteur touchant aussi, le radier du collecteur. Le tronçon
de 47 ml est à réhabiliter en totalité par chemisage utilisant des coques CCV + PEHD.

122
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- Sur R59/R60: Toute la partie basse (radier +pieds droit et gauche) du collecteur est
dégradée (disparition de la laitance du béton, décollements, etc....). Nous préconisons
de réhabiliter uniquement la partie basse sur 40 ml avec utilisation des coques CCV
revêtues par feuilles de PEHD.

- Sur R60/R61: La partie basse (radier +pieds D/G) du collecteur sur tronçon est
déchaussée. Nous préconisons de réhabiliter cette partie basse de tronçon sur une
longueur de 38 ml et ceci, avec utilisation de coques CCV et des feuilles de PEHD
pour revêtement.

6) Réhabilitation des regards et branchements :


- Mise en état du regard R37

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- Création de 15 nouveaux regards : entre R10/R11, R11/R12, R12/R13, R13/R14,


R15/R16, R16/R17, R17/R18, R18/19, R19/R20, R21/R22, R22/R23, R23/R24,
R24/R25, R25/R26, R34/R35.
- Reprise du raccordement et de l’étanchéité de tous les branchements
o Au niveau des regards : 56 branchements
o Au niveau du collecteur : 18 branchements
- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés et nécessitent d'être
remplacés. Mais, pour des raisons de conformité aux nouvelles exigences de sécurité,
nous recommandons (même si, elles sont remplacées) d'utiliser systématiquement des
potences ou échelles appropriées pour descente dans les collecteurs et ceci, quel que
soit l'état des échelons.

5.5.6. Synthèse de l’expertise du collecteur :


Description de l'ouvrage
Année de mise en service 1980
Matériau de l'ouvrage Béton
Section d'ovoïde T130 à T240
Rugosité du béton (K) Domestique (pH=7)
Type d'effluent R08 à R61
Hauteur de couverture moyenne 3.83m
Linéaire inspecté 3894 ml
Tableau 24: Description du collecteur O

Description des anomalies et défaillances du collecteur O

Hauteur d'envasement moyenne 31cm


Envasement

Envasement/section d'ovoïde de 8 à 31%


volume extrait du collecteur 939 m3
Nature des déchets solide
Valeur moyenne d'H2S au niveau du collecteur de 0 à 14 ppm
Atmosphère

Valeur moyenne de CH4 au niveau du collecteur 0 ppm


Valeur moyenne de CO au niveau du collecteur 0 ppm
Valeur moyenne d'O2 au niveau du collecteur de 14 à 20.9ppm
Température de 12 à 28°C

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Défaillances de structure
Nombre de dégradations de voûte 3
nombre de dégradation en parois 2
nombre de dégradations de radier 0
nombre de branchements sur collecteur 18
nombre de branchements sur regards 56
Nombre de fuites 0
Tableau 25: anomalies et défaillances du collecteur O

Description des travaux de réhabilitation à entreprendre

Chemisage par coques CCV avec PEHD de la partie basse de 122 ml


Au niveau du
Chemisage par coques CCV avec PEHD de toute la section sur 331 ml
collecteur
-

reprise de raccordement et d'étanchéité de 56 branchements sur regards


Les branchements
reprise de raccordement et d'étanchéité de 18 branchements sur collecteur

Nombre de tampons à dégager avec mise à la cote = 0

Nombre de regards supplémentaires à préconiser = 15


Au niveau des regards
Nombre de regards à mettre en état = 1

Nombre de regards sans tampon= 0


Tableau 26: solutions de réhabilitation du collecteur O

5.6. Bassin versant du collecteur OM :

5.6.1. Généralités :
Le collecteur OM, construit en béton en 1980, longe l’Avenue Targa pour desservir les
quartiers Inara et Al Massira II. Il constitue un affluent du collecteur O sur lequel, il se
déverse.

125
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5.6.2. Principales caractéristiques du collecteur OM :


- le collecteur OM entre R1 et R29 est constitué de 4 sections différentes:

o Ovoïde T180 sur une longueur de 1 147 ml, entre R1 et R11a et entre R13 et R21;
o Ovoïde T160 sur une longueur de 118 ml, entre R11a et R13;
o Ovoïde T150 sur une longueur de 94 ml, entre R21 et R23;
o Ovoïde T130 sur une longueur de 230 ml, entre R23 et R29.
- L'accessibilité au collecteur est assurée à travers 32 regards de R1 à R29 de
profondeur moyenne variant de 2,20 à 7,00 m (avec une couverture variable de 0,90 et
5,20 m).
- Implantation du collecteur sous voiries et trottoirs revêtus,
- Les tampons des regards sont en fonte dans un état relativement dégradé et non
conforme,
- Les échelons des regards inspectés sont pratiquement tous oxydés,
- Branchements: Sur un total de 46 branchements, il y a 43 branchements sur les regards
et 3 branchements sur le collecteur.

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- La pente de pose du collecteur OM, selon les données du schéma directeur


d'assainissement est variable de 2 à 4 ‰ avec des pentes quasi nulles (< 1‰) sur
plusieurs tronçons ce qui peut expliquer la vitesse d'écoulement relativement moyenne
constatée au moment de l'inspection.

5.6.3. Type d’effluents et déchets dans le collecteur :


Les effluents évacués à travers le collecteur OM sont de type domestique.

La sédimentation au niveau du collecteur OM est relativement acceptable dans un réseau


d'assainissement urbain, dans la mesure où, elle ne dépasse pas 15 % de la hauteur totale du
collecteur. Sur un linéaire global de 1 589 ml, il n'a été évacué que 222 m3 de déchets.

Vu ce qui précède et en attendant les résultats de la mise en œuvre du suivi de l'ensablement


préconisé, nous considérons nécessaire de faire des campagnes de curage du collecteur OM
tous les 3 ans pour le tronçon entre R21 et R61 en T130/T150 et tous les 5 ans pour le tronçon
entre R1 et R21 en T180/160.

5.6.4. Atmosphère dans le collecteur :


- un Ph = 7 (effluents domestiques).
- un taux d'oxygène allant de 20,4 à 20,9 ppm,
- un taux d'H2s<= 4 ppm
- et une température variable de 14 à 18 °c.

5.6.5. Dégradations constatées et préconisations :


1) Entre R10 et R10a - Tronçon de 44 ml en T180:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 10 Et une note de visite, Nvisite= 1.5 (voir
détails en annexe).

Il y a des décollements de béton un peu partout et en particulier au niveau de la partie basse


des parois du collecteur, une dégradation importante au niveau de la voûte à 15 m de R10.

Nous préconisons de procéder à la réhabilitation de ce tronçon du collecteur T180 de 44 m sur


la totalité de la section pour pouvoir traité en même temps, la voûte, les parois et le radier et
ce, par utilisation d'un chemisage structurant en coques CCV revêtues avec des feuilles de
PEHD.

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2) Entre R12 et R13 - Tronçon de 63 ml en T160:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 10 Et une note de visite, Nvisite= 1.5 (voir
détails en annexe).

Il y a des décollements de béton un peu partout et en particulier au niveau de la partie basse


des parois du collecteur, une dégradation importante au niveau de la voûte à 10 m de R12.

Nous préconisons de procéder à la réhabilitation de ce tronçon du collecteur T160 de 63 m sur


la totalité de la section pour pouvoir traité en même temps, la voûte, les parois et le radier et
ce, par utilisation d'un chemisage structurant en coques CCV revêtues avec des feuilles de
PEHD.

3) Entre R13 et R14 - Tronçon de 18 ml en T160:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 10 Et une note de visite, Nvisite= 2.5 (voir
détails en annexe).

A 15 m de R13, il y a une canalisation d'eau potable (probablement de DN 400 mm !) qui


traverse le collecteur juste au-dessous de la voûte. Chose qui constitue un obstacle physique
notamment, pendant les périodes de mise en charge du collecteur (souvent pendant les
périodes de fortes pluies)

128
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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Vu ce qui précède, nous préconisons de déplacer la canalisation d'eau potable (2,2 m de


couverture à cet endroit, le permet), de procéder à la réparation des trous de traversées et de
réhabiliter le tronçon de ce collecteur sur la totalité de la section par des coques CCV revêtues
de feuilles de PEHD.

4) Entre R14 et R15 - Tronçon de 62 ml en T180:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 11 Et une note de visite, Nvisite= 1.5 (voir
détails en annexe).

Le collecteur au niveau de ce tronçon présente des dégradations importantes sous forme de


décollements de béton au niveau de ses pieds droit et gauche et du radier.

Pour optimiser l'opération de réhabilitation du collecteur dans sa globalité, nous préconisons


de procéder au chemisage de la partie basse de ce tronçon (pieds D/G + radier) par utilisation
de coques CCV revêtues de feuilles de PEHD.

5) Entre R18 et R19 - tronçon de 44 m en T180:

Le tronçon a eu une note d’évaluation, Névaluation= 12 Et une note de visite, Nvisite= 1.5 (voir
détails en annexe).

A 5 m de R18, il y a une canalisation d'eau potable (probablement de DN 200 mm !) qui


traverse le collecteur. La voûte est totalement démolie au droit du passage de la canalisation
précitée.
129
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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Le collecteur étant encore en bon état sur presque la totalité de ce tronçon, nous préconisons
de déplacer la canalisation en question, de procéder au remplissage des trous de son passage à
travers les parois et de reconstituer la voûte à cet endroit par utilisation du béton projeté riche
en ciment et adjuvants.

6) Réhabilitation des regards et branchements :


- Remplacement de 8 tampons
- Reprise de raccordement et d’étanchéité des branchements :
o 43 au niveau des regards
o 3 au niveau du collecteur
- L’utilisation systématique des potences et/ou échelles appropriées pour descente dans
le collecteur et ceci, quel que soit l'état des échelons.

5.6.6. Synthèse de l’expertise du collecteur OM :

Description de l'ouvrage

Année de mise en service 1980

Matériau de l'ouvrage Béton

Section d'ovoïde T130 à T180

Rugosité du béton (K) Domestique (pH=7)

Type d'effluent R01 à R29

Hauteur de couverture moyenne 2.54m

Linéaire inspecté 1589 ml


Tableau 27: description du collecteur OM

130
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Description des anomalies et défaillances du collecteur OM


Hauteur d'envasement moyenne 20 cm
Envasement

Envasement/section d'ovoïde de 11 à 15%


volume extrait du collecteur 222m3
Nature des déchets solide
Valeur moyenne d'H2S au niveau du collecteur de 0 à 4 ppm
Atmosphère

Valeur moyenne de CH4 au niveau du collecteur 0 ppm


Valeur moyenne de CO au niveau du collecteur 0 ppm
Valeur moyenne d'O2 au niveau du collecteur de 20 à 20.9ppm
Température de 14 à 18°C
Défaillances de structure

Nombre de dégradations de voûte 3


nombre de dégradation en parois 0
nombre de dégradations de radier 0
nombre de branchements sur collecteur 3
nombre de branchements sur regards 43
Nombre de fuites 0
Tableau 28: anomalies et défaillances du collecteur OM

Description des travaux de réhabilitation à entreprendre


Chemisage par CCV avec PEHD de la partie basse entre R14/R15 de 62
ml
Au niveau du
collecteur Chemisage par coques CCV avec PEHD de toute la section sur 125ml
Comblement d'une cavité par béton projeté
reprise de raccordement et d'étanchéité de 43 branchements sur regards
Les branchements
reprise de raccordement et d'étanchéité de 3 branchements sur collecteur
Nombre de tampons à dégager avec mise à la cote = 8
Nombre de regards supplémentaires à préconiser = 0
Au niveau des regards
Nombre de regards à mettre en état = 0
Nombre de regards sans tampon= 0
Tableau 29: solutions de réhabilitation du collecteur OM

131
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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6. Calcul hydraulique et vérification des sections :


La solution structurante choisie pour la réhabilitation de la totalité des tronçons dégradés est
le chemisage par coques CCV revêtus de feuilles PEHD. Ces coques diminuent la section du
collecteur à 5cm au rayon, cependant elles améliorent les caractéristiques hydrauliques,
notamment la rugosité du matériau de Ks=55 pour un béton dégradé à Ks= 115.

La formule utilisée pour le calcul hydraulique est la formule de Manning Strickler.

Le détail de calcul est présenté en annexe.

7. Synthèse du diagnostic
Au terme du diagnostic et de l’expertise faits dans la partie 5, nous élaborons les tableaux de
synthèse suivants :

linéaire
collecteur tronçon section Type de réhabilitation à préconiser
(m)
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R1/R2 T240 127
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R2a/R3 T240 40
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
S R19/R20 T200 54
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R24/R25 T180 55
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R33/R34 T180 53
PEHD
R15/R15
T150+cunette 75 CCV avec PEHD au-dessus de la cunette
bis
I
R14/R15 T150+cunette 12.2 CCV avec PEHD au-dessus de la cunette
R18/R19 T150+cunette 100 Projection de 20ml de béton (périmètre =6m)
projection de 3.7m3 de béton
C9 R9/R13 T130 85 Chemisage sur toute la section en CCV avec
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R3/R10 T130 211
PEHD
SM
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R14/R15 T130 22
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R34/R35 T200 156
PEHD
Chemisage de la partie basse en CCV avec
R44/R45 T130 44
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
O R49/R50 T130 49
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R51/R52 T130 37
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R58/59 T130 47
PEHD

132
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Chemisage de la partie basse en CCV avec


R59/R60 T130 40
PEHD
Chemisage de la partie basse en CCV avec
R60/R61 T130 38
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R10/R10a T180 44
PEHD
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R12/R13 T160 63
PEHD
OM
Chemisage sur toute la section en CCV avec
R13/R14 T160 18
PEHD
Chemisage de la partie basse en CCV avec
R14/R15 T180 62
PEHD
Tableau 30: synthèse du diagnostic des tronçons

Dim
regards à Mettre regards Branchements branchements
collecteur Regard
en état supplémentaires sur regards sur collecteur
(m2)
S 1 1 42 30 28

I 2 2 10 0 42.2

C9 5 0 25 19 125.2

SM 0 0 20 15 -

O 1 15 56 18 30.8

Remplacer 8
OM 0 43 3 -
tampons
Tableau 31: synthèse du diagnostic des regards

Collecteur Tronçon Linéaire(m) section


R1/R15 1218 T240
R15/R23 364 T200
R23/R28 184 T180
R28/R33 529 T200
S
R33/R35 158 T180
R35/R36 92 T200
R36/R38a 165 T160
R38a/R43 195 T130
I R10/R24 2905 T150+cunette
C9 R1/R15 490 T130

133
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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SM R1/R16 445 T130


R8/R32 2354 T240
O R32/R43 846 T200
R43/R61 694 T130
R1/R21 1265 T180
OM R21/R23 94 T150
R23/R29 230 T130
Tableau 32: synthèse des linéaires de curage

8. Priorités de réhabilitation :
En appliquant la méthodologie de notation présentée dans la partie IX, sur les 11,5 km de
collecteurs sujets de notre travail de fin d’études, nous obtiendrons les notes des tronçons
présentées dans les tableaux en annexe.

Compte tenu de cette notation, la classification des collecteurs selon la priorité d’intervention
pour des opérations de réhabilitation est la suivante :

Priorité collecteur tronçon


R1/R2
R2a/R3
1 S R19/R20
R24/R25
R33/R34
2 C9 R9/R13
R15/R15 bis
3 I R14/R15
R18/R19
R3/R10
4 SM
R14/R15
R34/R35
R44/R45
R49/R50
5 O R51/R52
R58/59
R59/R60
R60/R61
R10/R10a
R12/R13
6 OM
R13/R14
R14/R15
Tableau 33 : Tableau de priorisation des collecteurs

134
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XI. Programme de réhabilitation préconisé avec budget


correspondant:
En se basant sur les tableaux de la partie « synthèse de diagnostic » et sur les bordereaux des
prix (voir détail en annexe), utilisé par la société BEAm, qui correspondent aux prix des
interventions de curage et de réhabilitation nous estimons le budget suivant :

NB : le coût d’installation du chantier = 10% du montant du marché

Coût coût de Coût de


Coût total
Collecteur installation du curage réhabilitation Délais (en mois)
(DH)
chantier (DH) (DH) (DH)

S 352335 631650 2891700 3970260.55 8

SM 149250 66750 1425750 1666220 6

I 196708 493850 1473230 2158015.5 4

O 357729 835870 2741420 4032139.5 10

OM 164675.5 309805 1336950 1862160 6

C9 65013 73500 576630 732138 4

Budget total de l'opération de curage et de


14142815.5
réhabilitation des 11 573m de réseau en DH-HT
Total Délai
38
(mois)
Budget total de l'opération de curage et de
16971378.6
réhabilitation des 11 573m de réseau en DH-TTC

Tableau 34: Estimation du budget et du délai du projet

135
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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Conclusion :
Les réseaux d’assainissement jouent un rôle important dans le système social, la santé
publique, la protection de l’environnement et la prévention des risques d’inondation en ville.
La préservation de ces infrastructures urbaines, qui représentent une immobilisation à forte
valeur économique, et dont les défaillances pourront constituer des risques énormes sur les
collectivités, s’avère impérative pour les gestionnaires de ce service public.

La démarche de la gestion patrimoniale semble une réponse favorable à cette problématique,


puisqu’elle permet la prolongation de la durée de vie des infrastructures et l’amélioration de
leur performance, à travers une bonne connaissance de l’état structurel des réseaux
d’assainissement.

A travers notre projet, qui s’inscrit dans cette même perspective, nous avons mis en avant
dans un premier chapitre les multiples risques auxquels sont exposés les collecteurs
d’assainissement visitables, à travers une synthèse bibliographique. Les différentes techniques
d’auscultation et de réhabilitation sont ensuite mises en évidence.

Dans un second temps, nous avons procédé par :

 une évaluation multicritère qui tient compte non seulement des paramètres
intrinsèques (structure, effluent) ou extrinsèques de l’ouvrage (environnement
extérieur), mais aussi des dégradations constatées lors des inspections, dans le but
d’élaborer une méthodologie de notation des collecteurs. Celle-ci constituera un outil
d’aide à la décision qui permet à l’exploitant des réseaux d’assainissement de cibler
les collecteurs nécessitant une intervention de réhabilitation.
 L’application de cette méthodologie sur 11,5 km du réseau de Marrakech pour
déterminer les collecteurs prioritaires.

Dans une dernière partie, nous avons :

 fait un diagnostic de l’état des collecteurs en question,


 préconisé des solutions de leur réhabilitation : la solution retenue pour la quasi-totalité
des collecteurs est le chemisage par coques CCV avec des feuilles en PEHD vue que
c’est une technique structurante et innovante qui se voit très avantageuse
techniquement et financièrement.
 vérifié les sections par un calcul hydraulique
 Une estimation du coût et du délai a été faite pour savoir le budget alloué et le temps
nécessaire à la réalisation des travaux préconisés.

136
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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Recommandations :
Au terme de notre travail de fin d’études, nous recommandons les points suivants :

 Le contrôle qualité des réceptions : Les contrôles réalisés avant, en cours et après
travaux ont vocation à garantir la pérennité des réseaux d’assainissement, et par là
même, assurer la protection du milieu naturel. L’objectif de ces contrôles est de
vérifier l’étanchéité, la stabilité et l’hydraulicité de ces réseaux. Ces contrôles ne
devraient pas avoir pour but de sanctionner ou de trouver des responsables à des
opérations non conformes, mais de permettre aux professionnels de l’assainissement
de vérifier la conformité de leurs prestations aux exigences spécifiées ou implicites et
de progresser vers la qualité requise. Le contrôle a un grand intérêt :
o pour l'entreprise de travaux : qui grâce au contrôle intérieur pourra fiabiliser
ses chantiers et fidéliser ses clients, vérifier sa compétence dans des cas très
variés et éviter des surcoûts importants,
o pour le Maître d'Ouvrage : qui pourra s'assurer de la pérennité et de l'efficacité
de l'investissement,
o pour le Maître d’Œuvre : qui est responsable de la bonne exécution des
travaux,
o pour l'Agence de bassin hydraulique : qui souhaite favoriser la réalisation de
réseaux de qualité, afin d'améliorer la protection de l'environnement.

 La gestion permanente du patrimoine assainissement: Les gestionnaires du secteur


d’assainissement doivent faire recours à la surveillance permanente de leurs réseaux,
afin de maîtriser l’exploitation, optimiser les investissements et garantir la qualité des
eaux rejetées au milieu récepteur. Pour ce, il faut adopter la démarche de l’auto-
surveillance qui s’appuie sur :
o Les mesures de débits de temps sec et de temps de pluie ;
o les mesures de l’ensablement et son évolution dans le temps à travers les
regards de visite ;
o les mesures des concentrations de H2S et de CH4 ;
o Les campagnes de prélèvements ;
o Le suivi des déversoirs d’orage;
o Les données pluviométriques ;
o Le suivi des industriels ;
o le bilan entrée et sortie des stations d’épuration (débits, nature des déchets,
DBO5, DCO, analyses) ;

 Le diagnostic rapide des collecteurs non visitables: Sur le plan technique, l’état de
la structure des réseaux non visitables est apprécié au moyen de l’inspection
télévisuelle (ITV), méthode d’auscultation conventionnelle qui a fait ses preuves.
Cependant, elle représente un coût élevé qui limite son utilisation.
DIAGRAP est une méthode d’investigation des réseaux non visitables qui comprend 3
étapes et se termine par le chiffrage et la programmation des travaux à réaliser.

o DIAGRAP 1 : Evaluation structurelle du réseau à partir d’une analyse


multicritères (à l’instar de l’analyse faite dans l’étape 1 de la méthodologie
d’évaluation des collecteurs visitables) et des mesures par vidéo périscope à
137
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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raison de 1 auscultation visuelle pour 4 km environ (ordre de grandeur à


adapter aux caractéristiques du réseau).
o DIAGRAP 2 : étude des zones à risques identifiées lors de DIAGRAP 1 avec
une maille d’inspection réduite d’un facteur 10.
o DIAGRAP 3 : réalisation des inspections télévisées pour les tronçons à risque
sélectionnés lors de DIAGRAP 2.

L’outil de terrain nécessaire pour conduire le DIAGRAP est un vidéo périscope


permettant l’auscultation visuelle des réseaux. L’appareil est constitué d’une caméra
périscopique, munie d’un dispositif d’éclairage et d’un zoom que l’on peut positionner
très rapidement, sans curage préalable, dans tous les regards de visite conventionnels
d’assainissement.

138
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d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

Bibliographie :
 BEAm : Fiches et Rapports d’inspection des collecteurs d’assainissement effectuée au profit
de la RADEEMA.
 BEAm : Rapport de synthèse des projets réalisés au profit des gestionnaires des services
publics.
 BEAm : Réhabilitation Collecteur du Bd Zerktouni- Casablanca 2004: Techniques testées.
 BEAm / LYDEC 2009: Réhabilitation des collecteurs d’assainissement visitables coque CCV
avec revêtement polyéthylène.
 Centre d’Etudes et de Recherches de l’Industrie du Béton (CERIB) : Réseaux
d’assainissement - gestion patrimoniale et tuyau en béton.
 Cours : Conception des Réseaux d’Assainissement Liquide Ŕ Professeur : Lmahfoud
ASMLAL
 Cours : Epuration des Eaux Usées Ŕ Professeur : Lmahfoud ASMLAL
 DIMATIT : Manuel technique
 Etude des Schémas Directeurs d’AEP et d’Assainissement du Grand Casablanca :
Evaluation de l’état du réseau d’assainissement et programmation du renouvellement
(méthodologie proposée par SAFEGE au profit de la LYDEC)
 La réhabilitation des canalisations : Intervention du 20 mai 2010 présentée par Jérôme
KUJAWA - Chef de Division au Service des Travaux Spéciaux de la Sade
 Lyonnaise des eaux : manuel métier réseaux, mai 2007 Ŕ version 3
 Lyonnaise des eaux : Optimisation du fonctionnement des réseaux : Inspection permanente
 Lyonnaise des Eaux France : Diagnostic structurel rapide des réseaux d’assainissement non-
visitables - application d’une nouvelle méthode : DIAGRAP par Jean-Pierre HANGOUET
 Mémoire de Fin d’Études en vue de l’obtention du diplôme d’Ingénieur Géomètre
Topographe – Réhabilitation des réseaux d’assainissement visitables et non visitables (Fadila
YAHIAOUI)
 Méthodologie de programmation de réhabilitation des collecteurs visitables - livre du PN
RERAU (février 1998).
 Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement : Programme
national d’assainissement liquide et d’épuration des eaux usées :
 OFFICE INTERNATIONAL DE L’EAU - Service National d’Information et de
Documentation sur l’Eau : Réseaux d’assainissement : les progrès de la réhabilitation sans
tranchée.
 Office International de l’Eau : Réhabilitation des réseaux d’assainissement en zone rurale
(Jean-Marc BERLAND), Octobre 2004
 Réalisation des études de schéma directeur d’assainissement liquide de la ville de
Marrakech

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ANNEXES

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ANNEXE 1

Présentation de la société Tahar Ecology Development (TecoD)

‘’ Tahar Ecology Development’’- Sarl, est une société de prestations intellectuelles


centrées sur les métiers de l’Eau, de l’Environnement, et du BTP. Elle a été créée en 2010.
Forte de l’expérience diversifiée de son fondateur - reconnu en tant qu'expert agrée près
des tribunaux, du savoir-faire multinational de ses partenaires, et de l’expertise avérée de
son réseau d’Experts Internationaux aux compétences variées dans les domaines de l’eau,
de l’environnement, et du BTP, offre à ses Clients un ensemble cohérent de services qui
peuvent concerner:

 Conseil et Assistance Technique :


‘’Tahar Ecology Development’’ Ŕ Sarl, fort de ses partenariats propose à ses Clients, des
missions d’accompagnement et d’assistance technique relatives à:
o Elaboration des Eco Ŕ Visions et des PMT Ŕ Environnement, conciliant les
besoins de développement socio-économique et de la protection de
l’environnement ;
o Evaluation de la pollution et assistance des industriels Ŕ pollueurs dans la
gestion et la mise en conformité de la qualité de leurs rejets avec les exigences
de la réglementation en vigueur;
o Diagnostic et évaluation des performances des installations d’eau et
d’assainissement (réseaux et ouvrages d’infrastructure associés);
o Audit de fonctionnement des systèmes d’assainissement pluvial et élaboration
des plans d’optimisation de leur fonctionnement et des interventions
d’urgences ;
o Evaluation et anticipation des risques liés au travail en milieu confiné (avec
présence ou non de gaz toxiques : H2S, ….);
o Economie de la ressource et lutte contre les pertes d’eau ;
o Direction des grands projets eau, assainissement, et BTP dans les différentes
phases de leur réalisation (études, jugement des offres et mise au point des
marchés, suivi de la réalisation, et assistance à l’exploitation pendant la phase
de réception et de garantie).

 Expertise :
Pour expertise judiciaires et privées, pour assistance de ses Clients dans l’identification
des préjudices et l’élaboration des dossiers de réclamations, et/ou la conduite de
contentieux ‘’ Tahar Ecology Development’’ Ŕ Sarl, est grâce à son expérience avérée
dans le domaine, peut identifier les dysfonctionnements, en analyser les causes directes
et/ou indirectes, apprécier les responsabilités des différents acteurs et préparer un dossier
de réclamation ou de défense, rechercher éventuellement des transactions amiables ou
défendre un contentieux.
Que ce soit pour des interventions ponctuelles ou pour des partenariats à plus long terme,
‘’ Tahar Ecology Development’’ Ŕ Sarl, est grâce à son réseau d’Experts de renommée
internationale, peut apporter un appui précieux à ses Clients qu’ils soient des Collectivités
territoriales, des Maîtres d’Ouvrages publics ou privés, ou des particuliers.
141
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

L’expertise de ‘’ Tahar Ecology Development’’ Ŕ Sarl, peut concerner les domaines suivants :
o Diagnostics des infrastructures existantes, recommandations et préconisations
en vue d’anticiper sur les risques encourus par le personnel d’exploitation et
sur les dégradations structurelles des réseaux et aussi, en vue de décider de la
réhabilitation adéquate des réseaux et ouvrages d’eau et d’assainissement ;
o Analyse et diagnostic de l'état structurel des bâtiments et ouvrages de Génie -
Civil et évaluation des causes de leurs dysfonctionnements et/ou dégradations
et des responsabilités;
o Pilotage et conduite de projets d’aménagement, des grands projets et projets
spéciaux (Tunnels, Galeries souterraines, Bâtiments industriels, etc…);
o Maîtrise technique de l’étanchéité par géo membrane au service de
l’environnement, de la qualité des ressources en eau et, des sols (Creusement
des tunnels, réalisation des barrages colinéaires, stockage d’eau, décharge
publique et traitement des déchets, épuration des EU par utilisation de lagunes
et filtres roseaux,…) ;
o Inventaire et évaluation de la situation écologique en particulier, pour les
Collectivités territoriales;
o Analyse du Cycle de Vie Ŕ ACV, des matériaux utilisés, évaluation de l’impact
sur l’environnement des projets, et recommandations des meilleures solutions à
mettre en œuvre pour diminuer l’impact en question et contribuer au
développement durable ;
o Evaluation des conditions de travail en terme d’hygiène et de sécurité et
préconisations des méthodologies et formations adéquates pour se mettre
progressivement, en conformité avec la réglementation en vigueur dans le pays
et avec les standards internationaux.

 Ingénierie :
Que ce soit pour les études de conception de solutions d’aménagement durable,
d’infrastructures et de voiries, les études de planification et de schémas directeurs, ou pour
les études de diagnostic et d’audit des installations existantes et d’amélioration de leur
performance, ‘’ Tahar Ecology Development’’ Ŕ Sarl, met à la disposition de ses Clients des
Experts et Ingénieurs de talents pour les accompagner dans les différentes phases de leurs
projets, que ce soit en amont, en cours de réalisation, ou après en exploitation.

 Clients:

o Autorité Délégante de la Gestion des services d'eau, d'assainissement, d'électricité


et d'éclairage public à la Wilaya de la Région de Casablanca;
o LYDEC;
o RADEEMA;
o RADEEF;
o Société des Eaux de Marseille au Maroc - SEM;
o Brunet Eco - Aménagement

142
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

ANNEXE 2

Présentation de Brunet Eco Aménagement Méditerranée : BEAM


Fort d’une expérience de 14 ans au Maroc et de plus de 40 ans en France, et d’une image de
crédibilité et de professionnalisme auprès de ses principaux Clients (ORMVA, AMENDIS,
REDAL, LYDEC, RADEEMA et RADEEF), le Groupe Brunet souhaite à travers Sa filiale
Brunet Eco Aménagement Méditerranée Ŕ BEAm, développer sa présence au Maroc et élargir
par conséquence, sa participation à toutes les consultations relatives aux missions et projets de
son domaine de compétence.
La société - filiale du Groupe, dite ‘’BEAm’’, est créée au Maroc en 2006 pour développer
dans le cadre des valeurs du Groupe, les techniques de réhabilitation sans tranchées et le
métier des travaux spéciaux en vue d’optimiser les ressources et préserver l’environnement.

1. Principales activités :
Dans le domaine de l’Assainissement :

 La réhabilitation des collecteurs d’assainissement visitables :

o CCV Ŕ Composite de Ciment avec des fibres de Verre ;


o CCV Ŕ Composite de Ciment avec des fibres de Verre avec revêtement
intérieur en résine ou en feuille de polyéthylène (en fonction de l’agressivité du
milieu à l’intérieur du collecteur à réhabiliter) ;
 La réhabilitation des collecteurs d’assainissement non visitables avec utilisation de la
technique de tubage par des tuyaux en PVC ou en PEHD;

 La réalisation des prestations de curage et d’inspection des collecteurs


d’assainissement visitables ;

 L’entretien et la maintenance des équipements et ouvrages sur réseaux


d’assainissement ;

 La réhabilitation des regards d’accès aux collecteurs par utilisation de différentes


techniques dont principalement le havage.

Dans le domaine de l’Eau Potable :

 Les travaux spéciaux sur installations d’eau potable : Réparation de fuites sur feeders,
perçages des canalisations pour raccordement ou création de tubulures (de 100 mm <=
DN <= 400 mm) sur conduites en béton (de DN pouvant aller jusqu’à 1 200 mm);

 L’entretien et la maintenance des équipements et ouvrages sur réseaux d’eau potable ;

 La fourniture et installation des équipements du réseau d’eau potable (compteurs,


robinetterie, pièces spéciales, ...) ;

143
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
d’Etat de l’Ecole Hassania des Travaux Publics

 La remise en état (rehaussement, réhabilitation, …) ou la création des chambres de


compteurs, ou de vannes de sectionnement ;

 La fourniture et la pose des canalisations d’eau potable et des équipements annexes.

2. Activités secondaires :
Dans le domaine des techniques ‘’sans tranchées’’

 Les travaux de fonçage dirigé pour passage sous les voies ferrées, les autoroutes, ou
les anciennes constructions dans les Médinas (réalisés pour des diamètres allant de 800
mm à 1 800 mm et pour des ovoïdes de T130 à T150) ;

 Travaux de forage dirigé (réalisés pour des diamètres allant de 60 mm à 250 mm et


tubage avec du polyéthylène _ PEHD).

Dans le domaine de l’Irrigation :

 L’entretien et la maintenance des équipements et ouvrages sur réseau d’irrigation ;

 La réhabilitation des canaux et installations d’irrigation ;

 Les travaux de réparation des fuites et d’optimisation des systèmes d’irrigation ;

 Les travaux de réhabilitation et modernisation des bornes d’irrigation (pour passage


des tours d’eau à des postes de comptage).

Dans le domaine de l’Electricité :

Conception et fabrication de cabines préfabriquées en Composite de Ciment Armé avec des


Fibres en Verre - CCV pour postes de transformation d’électricité MT/BT à créer en espace
public pour renforcer l’infrastructure d’alimentation dans les zones en développement urbain
ou à risques d’inondations.

Dans le domaine du Bâtiment :


Conception et fabrication de panneaux de façades préfabriqués en Composite de
Ciment Armé avec des Fibres en Verre - CCV destinés pour l’habitat économique et
écologique.

Dans le domaine de la Formation:

 Assistance technique et accompagnement au développement des performances à


travers la formation sur-mesure ;
 Formations sur la sécurité au travail surtout en milieux confinés

144
Mémoire de Travail de Fin d’Etudes pour l’obtention du diplôme d’ingénieur 2012
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3. Valeurs de la société :
 Esprit d'équipe et de solidarité ;
 Relever des défis de développement durable ;
 Satisfaire les attentes de notre clientèle ;
 Rigueur et professionnalisme au service de l'amélioration continue des performances
individuelles et collectives ;
 Relation de confiance et de proximité avec notre environnement :
- Clients,
- Partenaires,
- Fournisseurs,
- Collaborateurs,
- Actionnaires.
4. Sites de la société :
 Siège : 54, Bd Moulay Youssef Immeuble D 3ème étage, 20.040 Ŕ Casablanca.
 Usine : Zone Industrielle Ain Atiq- Temara.
 Agence Orient : Zone de Fret ONCF avenue des Almohades
 Agence Sud : Marrkech Plaza, Imm D1, 2eme étage, bureau N°1. 40 000 Marrakech.
1.1. Quelques chiffres :
 Capital : 1 000 000,00 DH

 Chiffres d’affaire 2011 : 22,5 MDH


 Salariés : 117 personnes
 Clients: REDAL, LYDEC, AMENDIS, RADEEF, RADEEMA, SNTM, SGTM,
MAKYOL, TEKFEN, SEOER, CONEL, CAPEP, ENERGY TRANSFO.

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