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Chapitre III

Gestion des stocks

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Contenu du chapitre
• Introduction
• Stocks et paramètres
• Politiques d’approvisionnement
• Conclusion

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1. Introduction

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1. Importance de la gestion des stocks
Le stock représente 30% en moyenne du total des actifs. Mais ce taux
varie de 20 à 80% selon les entreprises

• Le rôle des stocks :


– Garantir un taux de services aux clients
– Permettre une production sans interruptions

• Porter une attention aux stocks c’est garantir un taux de service aux
clients et faire tourner la production en utilisant un stock minimum
et minimiser par conséquences les coûts qui lui sont liés.

• Objectif: diminuer le plus possible la quantité de produits en stock


tout en gardant un minimum pour satisfaire la demande des
clients et la demande de la production

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2. Stocks et paramètres

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2.1 Courbe d’évolution du stock
La quantité en stock varie selon des entrées (approvisionnements) et des sorties
(consommations)

Les variations se font majoritairement par lot et non de manière linéaire : allure en
escalier

Afin de faciliter l’étude, on fait une approximation des mouvements de stock comme
linéaires entre deux relevés (matin et soir, début et fin de semaine,…)

Smax(t2)

Stock moyen
Smin(t1)

Stock de sécurité

t0 t1 t2 t3 6
2.2 Stock moyen (1)
Le coût d’un stock dépend du nombre moyen des pièces qui le constitue
 stock moyen (Sm)

Dans le cas ou il n’y a pas de rupture de stock, il se calcul de la manière


suivante :
– Pour une période [ti-1-ti] : Sm(ti) = (Smax(ti)+Smin(ti))/2
– Sm(T) = (Smax(t1)+Smin(t1))*(t1-t0)/2tn +...+ (Smax(tn)+Smin(tn))*(tn-tn-1)/2tn

Smax(ti) : le niveau de stock maximal de période [ti-1-ti]


Smin(ti) : le niveau de stock minimal de période [ti-1-ti]

Chaque période [ti-1-ti] débute lors de l’entrée d’un stock et termine


juste avant la réception de l’approvisionnement suivant ou lorsque le
stock devient nul

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2.2 Stock moyen (2)
Complication 1 : délimiter une période par deux entrée
est fastidieux lorsque la fréquence des
approvisionnements est élevée

Solution : considérer les périodes comme des intervalles


de taille fixe (par exemple 1 mois)
• Entrées en stock : début du premier jour de la période
• Sorties : linéaires sur la période pour finir au niveau :
(stock en début de période après appro) – (somme des
sorties pendant la période)
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2.2 Stock moyen (3)
Complication 2 : En cas de rupture de stock, le calcul est faux
pendant quelques jours car le niveau de stock est à zéro

Solution : il faut trouver à quel moment tr la rupture intervient


et découper la période [ti-1-ti] en 2 : [ti-1-tr] et [tr-ti]

Le calcul devient
Sm(ti) = (Smax(ti)+Smin(ti))*(tr-ti-1)/2(ti-ti-1) + (0+0)*(ti-tr)/2(ti-ti-1)
Sm(ti) = Smax(ti)*(tr-ti-1)/2(ti-ti-1)

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2.2 Stock moyen (3)
Exemple :
Smax(t1)

Ssec = Stock de sécurité


Smin(t1) = 0

S’min(t1) t0 t1
tr

Sm(t1) = Smax(t1)*(tr-t0)/2(ti-ti-1)
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2.3 Stock de sécurité (1)
Stock de sécurité : correspond à une quantité de produits destinés à
palier les aléas de consommation et d’approvisionnement
• En cas de commandes imprévus ou de retard d’approvisionnement , ce
stock permettra de répondre aux besoins

Le stock de sécurité est très important lorsque :


– Les fluctuations des consommations sont grandes
– Les aléas d’approvisionnement sont fréquents

Le stock de sécurité a un intérêt primordiale lorsque la rupture de


stock implique :
– Un arrêt de l’activité
– Un risque non négligeable (comme la rupture d’un produit lié à la
sécurité des employés)

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2.3 Stock de sécurité (2)
Le stock de sécurité peut être réduit à zéro dans le cas d’un système
idéal (consommation et approvisionnement réguliers et sans
aléas)

On l’appel aussi stock dormant car il est utilisé que de façon


exceptionnelle, contrairement au stock actif =
stock physique – stock de sécurité

Calcul du stock de sécurité : regarder sur les périodes avec rupture


– Combien de produits Ep par unité de temps manquaient pour
répondre à la demande D
– Prendre comme stock de sécurité la valeur maximale observée
sur l’historique
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2.4 fiches de stock (1)
Enregistrent les mouvements d’entrées et de sorties et
permettent de connaître l’état du stock en quantité et
en valeur

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2.4 fiches de stock (2)
Chaque fiche doit comporter :
- Le nom et le code de l’article suivi
- Les quantités entrées et sorties avec les dates des
mouvements
- Le niveau du stock
- Les informations concernant le numéro de bon de livraison,
les commandes d’approvisionnement lancées,…
- Plus éventuellement d’autres indications, comme la taille du
stock critique, le délai de livraison, le lieu de stockage

C’est le magasinier qui tient à jour la fiche de stock. Au début


sous forme papier mais actuellement par saisie
informatique
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2.5 Coûts des stocks (1)
Il faut prendre en compte trois facteurs dans le calcul du coût
total d’un stock:

- Coûts liés au lancement des ordres d’approvisionnement :


nombre total de commandes * le coût d’une commande Cc

- La valeur des produits : nombre total de produits entrant *


prix unitaire

- Coûts liés au stockage : nombre moyen de produits en stock


* le coût de possession Cp d’un produit

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2.5 Coûts des stocks (2)
Coûts de passation de commande : recenser tous les coûts
annuels qui ont un lien avec la commande et diviser le
résultat par le nombre de commandes annuelles

- Les coûts salariaux des agents d’approvisionnement et


des services comptables chargés des achats

- Les coûts de réception et de contrôle des produits

- Les coûts matériels (ordinateurs, impression, fax,…)

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2.5 Coûts des stocks (2)
Coûts de possession : conserver un produit en stock coute de l’argent. Ces
coûts recouvrent :
- Les coûts de fonctionnement des magasins d’entreposage (salaires des
manutentionnaires, loyer, entretien, assurance, électricité…)
- Les coûts de rémunération des capitaux investis (manque à gagner à
stocker des produits par rapport aux intérêts que rapporterait sur le
marché financier l’argent investi)
- Les coûts d’obsolescence (lié au vieillissement)

A partir de ce coût global de possession, on calcul le taux de possession


I qui est le rapport du coût global de possession sur le capital investi
(valeur du stock moyen). Il est de l’ordre de 0,15 à 0,40

Le coût de possession d’un article Cp = coût unitaire * le taux

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3. Politiques d’approvisionnement

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3.1 Modèle de Wilson (1)
Coûts total du stock = coût d’achat + coût de commande + coût de
possession
D Q
CT = DP + Cc + IP
Q 2
- C T: coût total
- Q : quantité moyenne d’approvisionnement
- D : demande annuelle
- Cc : coût de passation de commande
- P : prix unitaire d’un article
- I : taux de possession

Objectif : minimiser CT tout en garantissant un certain niveau de service

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3.1 Modèle de Wilson (2)
Dans le cas d’un approvisionnement et d’une consommation
réguliers, minimiser CT revient à trouver le point Qe
(quantité optimale de commande ) de la figure

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3.1 Modèle de Wilson (3)
Qe = quantité optimale de commande offrant un compromis
entre le coût de possession et le coût de commande. Dériver
la fonction CT par rapport à la variable Q.
∂C T
= 0
∂Q
D IP
− 2 Cc + =0
Q 2
2 DCc
Qe =
IP
- La périodicité optimale de commande T = Qe/D
- La fréquence optimale de commande N = D/Qe
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3.1 Modèle de Wilson (4)
Application numérique :
par rapport à la variable Q.
D : 200 000 pièces par an
Cc : 150
I : 20%
P : 10

2 × 200000 × 150
Qe = = 5477
0, 2 × 10
265 × 5477
- On approvisionne tous les = 10
200000
200000
- La fréquence optimale de commande = 36
5477
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3.1 Modèle de Wilson (5)
Problème : le cas idéal d’un approvisionnement sans aléas et
d’une demande constante est rarement vérifié dans les
applications réelles.
Quantité

Qe
Qe Qe
Qe Qe

Temps
T

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3.2 Gestion par point de commande (1)
Problème : Lorsque La commande varie de manière
importante, la quantité Qe peut ne pas être suffisante
lorsque la demande est forte.

Principe : déclenchement de la commande dépendant du


niveau du stock
- Si une faible consommation a été réalisée on attend encore
- Si le niveau de stock atteint un seuil critique, alors une
commande est lancée

seuil critique = point de commande

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3.2 Gestion par point de commande (2)
Le stock disponible doit être capable de satisfaire la demande entre le
moment ou la commande est lancée et le moment ou les produits sont
réceptionnés

PointDeCommande = M * L + Ssec
M : la demande moyenne par unité de temps
L : le délais d’approvisionnement dans cette même unité de temps

Le stock de sécurité garantit un certain niveau de service lorsque la


demande est supérieure à M

Lorsque le point de commande est atteint , la commande lancée est de Qe


produits
2DCc
Qe=
IP
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3.2 Gestion par point de commande (3)
Lorsque le point de commande est atteint , la commande
lancée est de Qe produits
2DCc
Quantité
Qe=
IP

Qe Qe
Point de
Qe
commande
M*L
Stock de sécurité
Temps

Quantité de commande fixe et périodicité variable


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3.3 Recomplément calendaire (1)
Pb : La commande varie peu. Un approvisionnement
périodique peut avoir lieu sans gros risque de rupture

Principe : déclenchement de la commande de façon


périodique (dates fixes) avec le nombre de produits dont le
stock manque
- Si une faible consommation a été réalisée, la commande
sera de faible quantité
- Sinon la commande sera plus importante

Périodicité fixe et quantité de commande variable

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3.3 Recomplément calendaire (2)
Le calcul de la période de commande se réalise de la
manière suivante : Qe 2Cc
T= =
D DIP
Lorsque la date est atteinte, la quantité à commander doit
couvrir les demandes moyennes entre deux
approvisionnements :
Smax = (T + L) × Dmoyenne+ Ssec − ∆
∆ le niveau de stock au moment de la commande
Attention aux unités : T (périodicité), L (délais) et Dmoyenne
(demande moyenne) dans une unité cohérente
(logiquement annuels)
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3.3 Recomplément calendaire (3)
Quantité
Smax
Q Q Q

Stock de sécurité
Temps

T Smax = (T + L)× Dmoyenne+ Ssec − ∆


Evolution du niveau de stock par une gestion par recomplément calendaire

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3 Conclusion
Période fixe Période variable
Quantité fixe Demande constante Demande statistique
Modèle de Wilson - Qe Gestion à point de commande
Quantité variable Demande statistique Demande anticipée
Recomplément calendaire Réapprovisionnement à la demande
Les méthodes considérées sont très restrictives
• La demande est connue
• Les ruptures des stocks ne sont pas gérés
• Les délais d’approvisionnement et les coûts sont constants

Adaptation : il est possible d’adapter ces modèles avec


• des coûts variables (rabais uniforme ou progressif, coût de commande variable)
• Des ruptures de stocks
• Un partage de ressources

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