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CPI collectif pour la promotion de l'Islah

Élucidation sur le conditionnement du Wali

Ainsi, nous sommes tous d'accord sur le fait que le mariage sans « wali » est invalide, mais
nous soulignons que celui-ci n'est pas absolument le père quand ce dernier, par exemple, ne
vérifie pas les caractéristiques d'un « wali » authentique.

Nous allons par cette étude éclaircir cette question

Une tradition rapportée par Ahmed énonce que le prophète a dit: « Pas de mariage sans Wali! »
Tirmidhi le considère comme authentique tandis que Thawri le rend « Moursal. » (Manquant le
compagnon entre le transmetteur et le prophète).

- Dans une autre tradition rapportée par Ibn Jarih : « Toute femme qui se marie sans
l'autorisation de son Wali, son mariage est nul, son mariage est nul, son mariage est nul. S'il y
eu consommation, la dot lui sera du. Dans le cas d'un désaccord, le gouverneur est le wali de
celui qui n'a pas de wali. »
Cette tradition est faible dans sa chaîne de transmission car ayant Souléiman Ibn Moussa qui a
reçu quelques reproches de la part de Boukhari, Abou Daoud et Abou Hatim, malgré le Tahsin
de Tirmidhi et son authentification par al Hakem.
En ajoutant que sa chaîne contient Zouhri et Aïcha dont la position sur la question est claire,
connue et opposée avec le contenu du récit en question.

- Dans une autre tradition rapportée par Boukhari et Mouslim, le prophète a dit: « La veuve (ou
qui a perdu sa virginité) ne peut être mariée sans son accord et la vierge ne peut être donnée en
mariage sans son consentement. »
Et l'on a demandé au prophète(sws) comment est son consentement: « le silence est une
acceptation. »
Ce récit vient avec des versions différentes concernant la première partie du récit « veuve ou
divorcée », ou « celle qui a perdu sa virginité » « ayam ou thaib. »
Mais précisons que selon la langue arabe le terme « ayam » signifie : « celle qui n'a pas
d'époux, vierge ou pas, divorcée ou veuve. »
- Dans une autre tradition rapportée par Mouslim, le prophète a dit : « La femme qui n'est plus
vierge a plus de droit sur sa propre personne que son wali tandis que la vierge on doit la
consulter, son silence vaut consentement. »
Dans une autre version rapportée par Abou Daoud et Nassai: « Le wali n'a aucune autorité sur
une femme qui a déjà été mariée. »

- Dans une autre tradition rapportée par Ibn Maja, le prophète a dit: « La femme ne peut marier
autrui, ni se marier sans wali. »

A partir de toutes ces traditions précitées, différentes opinions ont vu le jour concernant le
conditionnement du « Wali » dans la conclusion d'un contrat de mariage:

- Le premier avis stipule que le mariage n'est valide qu'avec l'accord du « Wali » c'est-à-dire le
père. Et que celui-ci peut contraindre la fille sous sa tutelle au mariage que celle-ci soit pubère
ou non, vierge ou veuve.
C'est l'avis de Hassan al Basri et de Ibrahim an Nakha'i. C'est avis est erroné au niveau de la
contrainte selon les traditions qui soutiennent que la contrainte au mariage est illégale pour la
femme pubère et non vierge!

- Le second avis stipule que le mariage n'est valide qu'avec l'accord, en symbiose, du « wali » et
de la fille sous sa tutelle.
Et que ce soit celui-ci (le wali paternel) qui entreprend le contrat de mariage. C'est l'avis d'Ibn
Hazm. Les tenants de cet avis s'appuient sur le récit qui stipule : « Le gouverneur est le wali de
celui qui n'a pas de Wali. »
A partir de ce récit, on déduit que la femme a nécessairement un « wali » précis et non libre.
Contrairement à l'avis d'Abou Thour qui soutenait que n'importe quel croyant peut être « wali »
puisque Allah dit dans le coran (9/71): « Les croyants et les croyantes sont des wali les uns
envers les autres. »
Ibn Hazm déduit, quant à lui, que le « wali » est le père et il soutient qu'il n'est pas permis de
prendre un tuteur éloigné quand il y a présence d'un tuteur plus proche par le lien de parenté.
A ce sujet, Sa'id al Mousayeb a dit: « J'ai entendu 'Omar Ibn al Khattab dire: « Ne mariez pas la
femme sans l'autorisation de son tuteur, ou bien sans l'aval d'un membre de sa famille ou sans le
gouverneur. »» Selon une autre version, Omar Ibn al Khattab a annulé un mariage conclu sans
l'autorisation de son « wali. »

- Le troisième avis stipule que le mariage est valide avec l'accord de la fille et la présence d'un
homme musulman pour la conclusion du mariage. Sans allusion sur le fait que cet homme soit
d'un lien de parenté, si bien évidemment il y a équivalence entre la fille et l'époux. C'est l'avis
de Zouhri et de Cha'bi.
Les tenants de cet avis s'appuient sur le récit suivant : « La femme qui n'est plus vierge a plus de
droit sur sa propre personne que son wali. »
Dans une autre tradition rapportée par Malik: « Aïcha a mariée Hafsa bent Abd Rahman à al
Mounzir ben al Zoubair alors que le père de Hafsa était absent en Syrie. Lorsque le père est
revenu, il s'est plaint: « C'est comme ça que l'on agit avec moi? » Aïcha s'est ensuite
entretenue avec al Mounzir ben al Zoubair, celui-ci a répondit: « Que l'affaire était entre les
mains d'Abd Rahman. » Interrogé, celui-ci a dit: « Je n'ai pas voulu refusé cette affaire ». Hafsa
est resté avec al Mouzir sans qu'il n'y ait de divorce »
Dans une autre version Abd Rahman s'est mis en colère et Aïcha s'est mis en colère en raison de
l'opposition de Abd Rahman. Cette tradition confirme bien la validité du mariage en l'absence
d'un tuteur paternel car il n'y a pas eu de remariage dans la première version et Aïcha ne peut se
mettre en colère pour défendre l'illicite!
Dans le prolongement de cet avis, nous avons le récit célèbre selon lequel Ali a marié Bahria
bent hani à Qa'qar ben al Chour malgré l'opposition du père à ce mariage, en plus de son
absence.

- Le quatrième avis stipule que la femme peut se marier elle-même sans l'accord de son tuteur
paternel. C'est l'avis d'Abou Hanifa. Cependant il est détestable à ses yeux qu'elle entreprend
elle-même la conclusion de son contrat de mariage.
Les tenants de cet avis s'appuient sur un verset du Coran (2/230) où Allah attribue le verbe
« marier » au sujet « femme, » révélant que la femme peut conclure un mariage
indépendamment de l'avis de ses tuteurs légaux.
Cet avis est à rejeter, vu que Al Chafi'i rapporte dans son Musnad: « La femme ne se marie pas
elle-même car c'est la fornicatrice (ou la prostituée) qui se marie elle-même. »
Ajoutons que Aïcha a dit selon Tahawi après avoir orchestrée un mariage et trouvée un homme
pour marier la fille: « Les femmes n'ont aucune part dans la conclusion d'un contrat de
mariage. »

- Le cinquième et dernier avis stipule que la femme peut se marier elle-même à la condition que
son tuteur paternel est d'accord. On attribue cet avis à Abou Thour alors que de tels propos ne
nous sont pas parvenu de lui. Bien au contraire personne, à notre connaissance, ne soutient cet
avis.

En somme, nous pouvons conclure de tous ces avis précités, que la position authentique est
celle qui stipule que: « Le mariage sans wali est invalide et que celui-ci doit être défini et non
libre. » La nuance à opérer se situe au niveau de la signification du terme Wali car c'est le
mariage sans « wali » qui est nul et non sans l'autorisation de celui-ci car nous avons vu que le
récit associé est faible et que Aïcha a défendu un tel mariage, à s'en mettre en colère!
Ainsi, nous sommes tous d'accord sur le fait que le mariage sans « wali » est invalide, mais
nous soulignons que celui-ci
n'est pas absolument le père quand ce dernier, par exemple, ne vérifie pas les caractéristiques
d'un « wali » authentique.

Élucidation du sens du terme Wali

Le terme wali dérive de la radicale arabe wly qui signifie : « être proche» ou « gouverner. » Il a
donc par synthèse la signification de « tuteur » c'est-à-dire : « la personne qui par son grade, sa
proximité et son antériorité est investi, par amour et connaissance, des affaires d'une autre
personne sous sa tutelle dans l'intérêt de celle-ci. »
C'est dans ce sens que l'on comprendra l'attribut divin « al Wali » dans le verset suivant
(C2/257): « Allah est le wali des croyants, Il les fait sortir des ténèbres pour les conduire vers la
lumière.»
Ainsi, le Wali est une personne qui dans l'intérêt de la personne sous sa tutelle empêche celle-ci
de dévier, en raison de sa liberté.
C'est pourquoi, le prophète(sws) a dit: « Le gouverneur est le Wali de celui qui n'a pas de wali.»
Ainsi, le « wali » est celui qui par son autorité prend de bonnes décisions pour l'intérêt de la
personne sous sa tutelle en la guidant vers le bien et en l'empêchant de faire le mal.
Ce qui implique nécessairement cette antériorité spirituelle et scientifique.

Ainsi, de part l'étymologie du terme « wali » qui implique la proximité, le pouvoir, la science et
l'amour, le « wali » est normalement (et non absolument) le père qui doit de part son autorité et
son expérience, guider la fille sous sa tutelle dans finalité de l'épanouir religieusement.
En la présence d'un tel « wali », il est illicite d'avoir recours à une autre personne pour conclure
un contrat de mariage! C'est dans ce sens que l'on peut comprendre la fatwa de 'Ata, citée par
Ibn Hazm dans son « Mouhala bi al athar » au sujet d'une femme qui se marie sans
l'autorisation de son tuteur légal, alors que celui-ci est présent: « Si la femme est indépendante
(matériellement et spirituellement), et si elle a des témoins alors cela est permis. »
Cette fatwa appuie notre définition du terme « wali» dans le sens où elle met la notion
d'indépendance de la femme contre le principe du passage obligatoire par le tuteur paternel,
comme si le père n'est tuteur que quand il a une autorité sur sa fille. C'est l'avis de Abou
Souléiman az Zahiri qui affirme qui la veuve peut choisir qui elle veut comme tuteur.

Or, de nos jours beaucoup de pères sont indifférents à la situation des filles sous leurs tutelles, si
bien qu'elles peuvent parfois commettre les choses les plus graves comme la fornication sans
qu'ils ne s'en rendent compte, ni même ne s'en soucient!
La plupart ne prient pas, refusent des prétendants pieux du fait de leur pratique, ne recherchent
pas de maris pour leurs filles, font parfois obstacle au mariage pour des raisons illégitimes,
voire ne communiquent avec elles que pour exprimer la négation et l'ordre!
Et quand ils désirent le mariage de leur fille, c'est souvent pour réaliser des intérêts égoïstes
comme le fait de plaire au regard d'autrui, voire financier.
Autant dire que dans beaucoup de cas, la femme peut se marier contre l'avis de son tuteur
paternel quand celui-ci n'est pas apte à cette fonction et refuse injustement la conclusion d'un
mariage bienheureux aux yeux de Dieu.

Dans ce cas les savants ont énoncés la fatwa selon laquelle la femme peut se marier sans
l'accord de son tuteur paternel en ayant recours au gouverneur quand celui-ci s'oppose
injustement au mariage.
Or, dans le cas d'un Etat ou la loi musulmane n'est pas en vigueur, c'est alors l'imam, le
responsable associatif, ou une personnalité digne de confiance et célèbre de par sa connaissance
qui prendra le rôle de juge et de wali pour conclure le mariage. La condition reste que le juge
doit célébrer un tel mariage dans l'intérêt de la religion des différents partis par sa connaissance
des contextes respectifs de chacun et non dans l'intérêt des âmes bestiales.

Voilà pour cette étude, qui je l'espère ouvrira la porte à de nombreux couples qui désirent s'unir
pour Dieu et qui font face à des obstacles injustes et illégitimes.

Wa bilahi ta'ala taoufiq

Mahdy Ibn Salah

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