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Les groupes socialistes du Sénat et de l’Assemblée nationale constituent la
3ème force politique du Parlement. Opposés à la politique économique et sociale
déployée depuis un an par le Président de la République et sa majorité, ils se situent
comme une alternative à gouvernement. C’est dans cette logique que s’inscrit le
budget alternatif que nous proposons pour 2019.

Ce budget alternatif a vocation à démontrer qu’une politique économique, sociale


et environnementale, plus juste et plus efficace, est possible pour les Françaises et les
Français.

Cette démarche est déjà celle qui avait guidé à l’automne 2017 les députés
socialistes et apparentés à présenter un « contre-budget » pour 2018. Ils avaient
alors été le premier groupe à l’Assemblée nationale à proposer cela. Le groupe
socialiste au Sénat n’avait pu participer à cette démarche, étant à ce moment-là en
renouvellement du fait des élections sénatoriales de septembre 2107.

Ce budget alternatif s’articule autour de 3 grands objectifs :


 Soutenir le pouvoir d’achat des 14 millions de retraités ;
 Accélérer la transformation énergétique de l’économie française et renforcer
sa croissance ;
 Répondre à l’urgence sociale et assurer la cohésion de notre pays.

Il respecte une trajectoire sérieuse des finances publiques et ne grève pas le déficit
public par rapport à l’évolution proposée par le Gouvernement. Les recettes
exceptionnelles couvrent des dépenses exceptionnelles ou d’investissement, les
recettes pérennes couvrent des dépenses récurrentes.

Les députés et sénateurs socialistes

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UN AN DE PRESIDENCE MACRON ................................................................................... 6
1. Les mesures des budgets 2018 et 2019 accroissent les inégalités et réduisent le pouvoir
d’achat de nombreux ménages et de la quasi-totalité des retraités.........................................6

2. Le rebond de croissance économique engrangé en 2017 s’est essoufflé en 2018, faute


d’un soutien suffisant ............................................................................................................................9

3. L’investissement est en recul pour la construction de logements ........................................11

4. Une urgence écologique qui ne s’est pas traduite en matière d’investissement, malgré
la hausse inédite des taxes sur les énergies fossiles .....................................................................11

LES PROPOSITIONS DE NOTRE BUDGET ALTERNATIF ........................................... 14


1. Soutenir le pouvoir d’achat des retraités .................................................................................... 14

2. Accélérer la transformation énergétique de l’économie française et renforcer sa


croissance ............................................................................................................................................... 17

3. Répondre à l’urgence sociale et assurer la cohésion de notre pays .................................. 19

LE FINANCEMENT DE NOTRE BUDGET ALTERNATIF .............................................. 28


1. Recettes totales pour le budget alternatif de 2019 ............................................................. 28

2. Equilibre budgétaire ................................................................................................................... 29

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À l’automne dernier, le gouvernement avait présenté un « livret du pouvoir d’achat » illustrant
les gains théoriques de pouvoir d’achat pour les Français en prévision de l’adoption des
mesures comprises dans le projet de loi de finances 2018.

L’application des mesures du budget 2018 a mis en lumière l’imposture de ce


document. On note d’ailleurs que le gouvernement a renoncé à présenter un « livret du
pouvoir d’achat » pour l’année 2019.

Plusieurs instituts économiques ont analysé les impacts des mesures 2018 et 2019 sur le
pouvoir d’achat. Ils concluent tous que :

 Avec ce gouvernement, les 20% des Français les moins


aisés perdent du pouvoir d’achat du fait des mesures
adoptées

Selon l’OFCE, les 5 % de Français les plus modestes ont même connu une perte de
pouvoir d’achat de 0,6 % (soit -60 euros par an et par ménage) en 2018, pour 4 raisons
principales :
 la hausse de la fiscalité écologique,
 la hausse de la fiscalité du tabac,
 la baisse des aides personnalisées au logement (APL)
 la non-compensation de la hausse du taux normal de la contribution sociale
généralisée (CSG) pour les retraités.

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 Les 1% des Français les plus riches voient eux leur pouvoir
d’achat augmenter

Selon l’Institut des politiques publiques, les 1% des français qui gagnent plus de 106 000
euros de revenu par an et par personne ont vu leur pouvoir d’achat augmenter de 6%
(soit l’équivalent de 6500 euros de pouvoir d’achat en plus pour une personne ayant
106 000 euros de revenus). Ce gain de pouvoir d’achat est notamment la conséquence de
la mise en place de la flat tax et de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Effets des mesures budgétaires du gouvernement sur le revenu disponible des ménages

Source : Institut des politiques publiques

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 La quasi-totalité des retraités perdent du pouvoir d’achat
à l’exception des 1% les plus aisés

Les retraités ont été les principales victimes de cette politique :


 la revalorisation des pensions, prévue le 1er octobre 2018, a été repoussée au 1er
janvier 2019. Il y a donc eu un gel des pensions sur l’année 2018.
 la CSG sur les pensions de retraite a augmenté de 1,7 points depuis le 1er janvier
2018.

Effets des mesures budgétaires du gouvernement sur le revenu disponible des retraités

Source : Institut des politiques publiques

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De l’automne 2017 au printemps 2018, le gouvernement et sa majorité ont répété que le
retour de la croissance était de leur fait. En effet, au 4ème trimestre 2017, la croissance
économique de la France a été légèrement supérieure à celle de la zone euro, et également
de l’Allemagne.

Taux de croissance du PIB au quatrième semestre 2017


Pourcentage de variation par rapport au trimestre précédent

Source : Eurostat (https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/8718267/2-07032018-AP-


FR.pdf/12569dcf-cb8e-47dd-a71a-a050977ec193)

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En revanche au 2ème trimestre 2018, la France a de nouveau décroché et se retrouve
en queue du peloton européen, avec une croissance économique inférieure à celle de la
zone euro, et également inférieure à celle de l’Allemagne qui elle s’est maintenue.

Tous les indicateurs montrent désormais que la croissance française a été cassée par
les choix budgétaires et fiscaux du gouvernement.

Taux de croissance du PIB au deuxième semestre 2018


Pourcentage de variation par rapport au trimestre précédent

Source : Eurostat (https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9102859/2-07092018-AP-


FR/6c751cff-f7a4-41cf-90ba-b0b9a6e2b829)

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Les effets de la politique du gouvernement se font particulièrement ressentir sur le
logement. Selon les chiffres publiés par le ministère de la Transition écologique et solidaire
:
 Les mises en chantier reculent de plus de 5% au cours des 3 derniers mois par rapport
à la même période en 2017 ;
 Les permis de construire reculent de 12% sur cette même période.

Cette situation est la conséquence directe des restrictions opérées par le gouvernement
depuis un an :
 Suppression des « APL accession » à la propriété (pour une mensualité de 500 euros,
elles pouvaient représenter jusqu’à 135 euros par mois) ;
 Limitation du prêt à taux zéro (PTZ) à l’achat d’ancien dans les zones non tendues et
au neuf dans les zones tendues ;
 Suppression du dispositif d’exonération Pinel pour certains territoires.

En 2017, la majorité a voté une trajectoire budgétaire qui consiste à augmenter les « taxes
écologiques » de 55 milliards d’euros sur la durée du quinquennat

Côté ressources, c’est une hausse inédite des taxes sur les énergies fossiles qui a été mise en
œuvre avec le Projet de loi de finances pour 2018. Cette hausse s’applique sans tenir compte
des revenus des ménages, ce qui grève considérablement le pouvoir d’achat de celles et
ceux qui ont les revenus les moins élevés.

A l’occasion du contre-budget pour 2018, afin de préserver le pouvoir d’achat des


Français les moins aisés, nous avions proposé d’augmenter le chèque énergie et d’y
inclure une composante liée aux carburants, ce que la majorité a refusé.

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Ainsi, pour un ménage composé de 2 adultes et de 2 enfants, se chauffant au fioul
domestique, ne disposant pas de transports en commun et ayant par conséquent une voiture
(en général c’est souvent 2), la hausse de la facture en matière de taxes sur les énergies
fossiles est la suivante.

En 2022, ce ménage paiera 576€ de plus de taxes écologiques qu’en 2017.

Les ressources budgétaires supplémentaires ainsi dégagées ne bénéficient que peu au


financement de la transition énergétique.

Ces taxes supplémentaires ont abondé principalement le budget général de l’Etat, pour
compenser les manques de recettes liées à la quasi-suppression de l’impôt de solidarité sur
la fortune (ISF) et à la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (ou flat tax) sur certains
revenus du capital.

Ainsi, alors que 55 milliards d’euros de taxes supplémentaires sont programmées sur la durée
du quinquennat, le grand plan d’investissement du Gouvernement se limite à 20 milliards
d’euros sur la durée du quinquennat et une partie consiste à recycler des mesures
budgétaires déjà existantes.

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A l’automne 2017, le « contre-budget » présenté par les députés socialistes était articulé
autour de 2 fils conducteurs : soutenir la croissance et réduire les inégalités.

La première année du quinquennat Macron a montré un fléchissement de la croissance


économique de la France et une hausse des inégalités, qu’elles soient entre les citoyens
ou entre les territoires.

Nous estimons qu’il est urgent de tout mettre en œuvre pour inverser ces tendances qui
fragilisent notre pays. Y parvenir suppose de :
 Soutenir le pouvoir d’achat des 14 millions de retraités ;
 Accélérer la transformation énergétique de l’économie française et renforcer sa
croissance ;
 Répondre à l’urgence sociale et assurer la cohésion de notre pays.

Les effets combinés de hausse de la CSG depuis 2018 et la quasi absence de revalorisation
des pensions en 2019 va faire perdre l’équivalent d’un demi-mois de pension à 8 millions
de retraités français.

Cette situation conduit à une fragilisation sans précédent du pouvoir d’achat des retraités.
Elle risque également d’avoir à court et moyen termes des conséquences non négligeables
sur l’économie locale qui souffrira de la baisse de la consommation des retraités : selon
la proportion de retraités que comptent les départements, les conséquences peuvent être
relativement importantes.

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La carte suivante montre la proportion de retraités rapportée à la population totale du
département. Plus un département apparaît en foncé, plus ce département compte une
proportion importante de retraités et est donc impacté par la hausse de la CSG et la non
indexation des retraites.

Source : Carte établie par le groupe Socialistes & apparentés sur la base des données INSEE

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Ainsi, pour les retraités, nous proposons les mesures suivantes:

 Appliquer la revalorisation initialement prévue des


pensions du régime général
 Impact budgétaire pour 2019 : 1,8 milliard d’euros

Après avoir amputé le pouvoir d’achat de plus de 8 millions retraités avec la hausse de la
CSG en 2018 le gouvernement propose que les pensions de retraites des 13 millions de
retraités ne soient plus indexées sur l’inflation comme cela était le cas auparavant.

 Corriger la hausse de la CSG en ne l’appliquant qu’aux


seules pensions supérieures à 3000 euros par mois pour
un célibataire
 Impact budgétaire pour 2019 : 2 milliards d’euros

 Mettre en place un minimum de 85% du SMIC pour les


retraités agricoles (calibré sur la situation des chefs
d’exploitation avec une carrière complète)
 Impact budgétaire pour 2019 : 400 millions d’euros

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 Renoncer aux privatisations d’Aéroports de Paris et de la
Française des Jeux
 Impact budgétaire en 2019 de la non privatisation :
10 milliards d’euros de moindres recettes

Le projet de loi de finances pour 2019 prévoit dans sa mission « participation financière de
l’Etat » 9 619 168 200 d’euros de recettes provenant des produits de cession. Ceci correspond
aux produits attendus des privatisations envisagées dans la loi PACTE : la Française des Jeux
et Aéroports de Paris.
Comme nous l’avons indiqué lors du débat sur la loi PACTE, ces privatisations sont
menées uniquement pour une équation budgétaire puisque le produit qu’elles
dégageront sera affecté au désendettement de l’Etat.

Or, qu’il s’agisse de la Française des Jeux (FdJ) ou d’Aéroports de Paris (AdP), ces deux
entreprises constituent des actifs stratégiques pour l’Etat :
 La FdJ n’est pas une entreprise comme les autres, le jeu n’est pas une marchandise
comme les autres. En effet, elle vend comme produit le jeu d’argent. C’est par elle
que passe la moitié des dépenses des Français en matière de jeux d’argent. La FdJ
représente plus de la moitié des taxes que l’Etat prélève sur ces jeux. En outre, la FdJ
est le premier contributeur du sport pour tous dans notre pays : un effort à
hauteur de 80% des ressources financières du Centre National de Développement
du Sport (CNDS), via les prélèvements sur ses jeux de loterie, de grattage et de paris
sportif. Privatiser la FdJ fragilisera inéluctablement le financement des clubs sportifs
amateurs de la France.
 AdP est la clef d’entrée sur Paris : les privatiser revient à donner les clefs de Paris à
un investisseur privé. Par ailleurs, cette privatisation ferait de Paris une exception en
Europe où la quasi-totalité des aéroports est détenue par la puissance publique dans
tous les pays européens sauf au Royaume-Uni. Enfin, il paraît crucial de garder les
infrastructures françaises au sein de l’État. L’infrastructure n’est pas un bien
comme un autre, ce n’est pas un bien économique : elle sert de levier pour toutes les
autres activités économiques.

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 Définir un vrai « business plan » pour la transition
énergétique
 Impact budgétaire en 2019 : 3 milliards d’euros

« Make our planet great again » ne peut pas se cantonner au seul slogan. Cette
ambition, que nous partageons, doit se traduire par un véritable plan d’investissement.

Les experts s’accordent pour chiffrer à un peu plus de 7 millions le nombre de logements
qui sont des « passoires énergétiques ». Le gouvernement affiche un objectif de rénovation
de ces « passoires énergétiques » à hauteur de 150 000 par an, et « en même temps »
diminue les ressources notamment des bailleurs sociaux qui se voient dès lors contraints de
réduire la voilure de leur rénovation et de leurs investissements.

Nous proposons de doubler l’effort de rénovation, pour passer à 300 000 en 2019 (et
poursuivre cet effort les années suivantes) : ceci permettra de faire baisser la facture
énergétique des ménages qui habitent ces logements de 500 euros par an en moyenne et
cela contribuera également à réduire les rejets de CO2.

 Inclure une composante carburant au chèque énergie


 Impact budgétaire en 2019 : 300 millions d’euros.

 Lancer un 2nd plan « TEP-CV » (territoires à énergie


positive pour la croissance verte)
 Impact budgétaire en 2019 : 300 millions d’euros.

En 2015, le ministère de l'énergie a labellisé 212 collectivités locales dans le cadre de son
appel à projets "Territoires à énergie positive pour la croissance verte" (TEPCV). Chaque
collectivité a reçu de l’Etat entre 500 000€ et 2 000 000€ pour des actions d’isolation de
bâtiment publics.

 Inclure les fenêtres dans le CITE (Crédit Impôt Transition


Energétique)
 Impact budgétaire en 2019 : 800 millions d’euros.

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Les retraités et les personnes âgées sont les principales victimes de la politique de ce
gouvernement. Pour eux et leurs familles, nous proposons les mesures suivantes :

 Engager un avenir décent pour les EHPAD

Offrir à nos aînés dépendants des conditions d’accueil et de prises en charge dignes et d’offrir
aussi aux personnels des conditions de travail synonymes de beaucoup moins d’arrêt
maladie doivent devenir un objectif de politique publique.

C’est dans cette perspective que nous proposons d’initier sur 10 ans un plan
d’investissement de construction et de rénovation.

 Construire 10 000 places d’EHPAD par an


 Impact budgétaire en 2019 : 1,2 milliard d’euros

Fin 2015, 585 560 personnes âgées dépendantes résidaient en EHPAD. Parmi les
établissements offrant ces places, 2942 sont publics, 2193 sont gérés par du privé non lucratif
(mutuelles, associations) et 1749 par du privé commercial.

Les personnes âgées dépendantes se retrouvent déjà face à une offre de lits limitée, qui
génèrent des délais moyens d’attente supérieurs à 8 mois pour les EHPAD publics, dont les
tarifs sont bien inférieurs aux établissements privés à but lucratif.

Or les seniors de plus de 75 ans représentent une part de la population en constante


augmentation. Ils étaient 15,7 millions en 2016 et devraient atteindre les 22,6 millions en 2040,
passant alors de 21% à 32% de la population. Les études projettent, de ce fait, une
augmentation de 50% du nombre de personnes âgées dépendantes d’ici 2040, un
phénomène qui se répercutera mécaniquement sur la demande d’hébergement en EHPAD.

Pour conserver l’offre moyenne actuelle, déjà insuffisante, proche de 10 lits pour
100 personnes de plus de 75 ans, il faudrait doubler le nombre de lits d’ici à 2040.

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Ce sont donc plus de 290.000 places nouvelles à créer au cours des 20 prochaines années.
Le coût moyen actuel de construction d’une place en EHPAD public s’établit aux alentours
de 120.000€.

Nous proposons d’adopter un rythme de 10 000 constructions par an, ce qui


représente un coût de 1,2 milliard € sur l’année 2019 (à titre de comparaison le
gouvernement propose 100 millions € seulement sur l’année 2019).

 Lancer un plan de rénovation des EHPAD existants


 Impact budgétaire en 2019 : 140 millions d’euros

Ce besoin ne prend pas en compte la situation particulièrement dégradée et vétuste de


nombreux établissements relevant du secteur sanitaire (EHPAD hospitaliers), qui accueillent
127.000 résidents et qui nécessitent soit d’importants travaux de réparation et de
réaménagement, soit des opérations de reconstruction/démolition pour une centaine
d’entre eux. Ces seules opérations, qui ne créent pas de place nouvelle, génèrent un besoin
en investissement de près de 1,4 milliard d’euros, soit 140 millions par an au cours des 10
prochaines années.

 Augmenter le nombre de structures pour soins palliatifs


 Impact budgétaire en 2019 : 100 millions d’euros

Certains territoires accusent aujourd’hui un retard en terme de disponibilité de structures


pour pouvoir assurer des soins palliatifs de manière décente. Le Plan national 2015-2018 pour
le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie prévoyait 190
millions d’euros.

Nous proposons de poursuivre les efforts engagés avec la création de nouvelles places,
pour un investissement de 100 millions d’euros.

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A l’été 2017, le gouvernement avait fait le choix de diminuer les APL de 5 euros. Le budget
2018 a pérennisé cette baisse. Par ailleurs, il a également gelé les aides au logement sur toute
l’année 2018. Les jeunes et les catégories populaires ont été les principales victimes de ces
décisions, pour eux nous proposons les mesures suivantes :

 Revaloriser les allocations personnalisées au logement


avec l’inflation
 Impact budgétaire en 2019 : 350 millions d’euros

La baisse de 5 euros en moyenne des APL en 2017, leur non revalorisation en 2018 et
leur sous-revalorisation en 2019 feront perdre 15 euros par mois de pouvoir d’achat
en moyenne aux allocataires.
La carte montre la proportion de foyers allocataires des allocations des APL rapportée à la
population totale du département. Plus un département apparaît en foncé, plus ce
département compte une proportion importante d’allocataires des APL et est donc touché
par la baisse de ces APL.

Source : Carte établie par le groupe Socialistes & apparentés

La revalorisation des APL représente un montant de 350 millions € pour 2019. Elle
bénéficiera à 6,5 millions d’allocataires.

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 Doter l’université de moyens cohérents avec l’évolution
du nombre d’étudiants et les besoins
 Impact budgétaire en 2019 : 1 milliard d’euros

En cinq ans, le nombre d’étudiants s’est accru de près de 250 000, et cette évolution se
poursuit. Nous proposons d’engager, dès 2019, 1 milliard d’euros répartis à parité :
 Pour le recrutement de professeurs et de doctorants ;
 Pour des travaux de rénovation des universités ;
 Pour la recherche fondamentale.

 Faire de l’enseignement scolaire une véritable priorité


 Impact budgétaire en 2019 : 212 millions d’euros

L’éducation nationale, comme la justice ou l’intérieur, devait initialement être


épargnée par ces suppressions de postes. Le budget 2019 a rompu avec cette promesse :
ce ministère supportant à lui-seul 43,5 % des suppressions de postes dans la fonction
publique d’État en 2019.

L’enseignement secondaire subira une baisse de 2 650 postes, alors même que 30 000
élèves supplémentaires sont attendus dans le second degré à la rentrée 2019. Une nouvelle
fois, ce que donne le gouvernement d’un côté, il le prend de l’autre. Cela n’est pas
possible !

Nous devons à la fois opérer les créations de postes dans le primaire tout en maintenant
l’effort pour le secondaire. Nous maintenons donc ces 2 500 postes. Cela représente pour
2019 un effort de 212 millions d’euros.

 Faire passer le congé paternité de 11 jours à un mois


 Impact budgétaire en 2019 : 331 millions d’euros

La durée du congé de paternité et d'accueil de l'enfant est fixée aujourd’hui à 11 jours


calendaires consécutifs. Nous proposons de le faire passer à un mois, dans le but notamment
de réduire les inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes.

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Les choix du gouvernement en matière de contrats aidés, de budget du sport ou de
finances locales a pénalisé nos associations et nos petites communes, qui sont les piliers
de notre cohésion sociale. Pour eux, nous proposons les mesures suivantes :

 Re-créer 100 000 emplois aidés


 Impact budgétaire en 2019 : 1 milliard d’euros

La chute sévère et brutale des créations d’emplois aidés pénalise les petites communes et
les associations, et bien entendu les bénéficiaires. Le nombre de créations d’emplois aidés a
suivi l’évolution suivante :
 En 2016 = 465 000
 En 2017 = 310 000
 En 2018 = 136 000 (nouvelle mouture, Parcours Emploi Compétences « PEC »)
 En 2019 = 100 000 (nouvelle mouture, Parcours Emploi Compétences « PEC »)

Par ailleurs la prise en charge de l’Etat a baissé, le coût d’un contrat aidé pour une
commune passant de 385 euros par mois à 550 euros par mois avec les parcours
emplois compétences. La carte suivant montre la baisse du nombre de créations de
contrats aidés (tous types) entre le 1er semestre 2017 et le 1er semestre 2018. Plus le
département apparaît en foncé, plus la baisse est importante. A noter que tous les
départements perdent plus de 50% de créations d’emplois aidés.

Source : Carte établie par le groupe Socialistes & apparentés

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 Lancer un plan de rattrapage pour le budget du sport
 Impact budgétaire en 2019 : 200 millions d’euros

Le projet de loi de finances 2019 prévoit une diminution de 2 millions € des recettes brutes
affectées au Centre national de développement du sport (CNDS) de 133,4 millions d’euros à
131,4 millions d’euros, après une diminution sans précédent de ses ressources à hauteur de
136 millions d'euros dans la Loi de finances de 2018.

Cette perte de ressources majeure au détriment de l’opérateur de l’État en faveur du sport


pour tous s’est traduite par une diminution de la part territoriale en moyenne de 30 %
(subvention de fonctionnement aux clubs et soutien au monde sportif amateur), très mal
vécue par le mouvement sportif sur nos territoires. Elle s’ajoute à la diminution de 70
millions d’euros des crédits budgétaires du « programme 219 » dans les projets de loi de
finances 2018 et 2019, soit une baisse de 12,4 %. Un an après l’obtention de l’organisation
des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, les moyens financiers consacrés au
développement de la pratique sportive ne sont clairement pas à la hauteur des espoirs
suscités et des ambitions affichées : 3 millions de pratiquants supplémentaires d’ici 2022 et
80 médailles aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

 Renforcer le soutien de l’Etat en direction des communes


qui en ont le plus besoin
 Impact budgétaire en 2019 : 360 millions d’euros

Au fil des ans, certains des engagements financiers que l’Etat a pris vis-à-vis des
collectivités territoriales (compensation d’exonérations ou de transfert de compétences...)
ont été supportés par les collectivités elles-mêmes, via le mécanisme un peu complexe
des « variables d’ajustement » au sein de la dotation globale de fonctionnement. Le budget
2019 n’y fait pas exception : l’Etat fait discrètement prendre en charge par les
collectivités 145 millions d’euros d’engagements qu’il a lui-même pris. Ainsi, le
financement du fonds d’urgence de 50 millions d’euros à la collectivité de Saint-Martin,
dévastée après le passage de l’ouragan Irma, est payé par les collectivités et non par l’État,
contrairement à l’engagement du président de la République le 17 septembre dernier.

La dotation globale de fonctionnement versée par l’Etat constitue l’une des ressources des
collectivités pour assurer leur fonctionnement. Son mode de calcul, qui repose sur de
nombreux paramètres, comporte de nombreux biais qui n’ont pas été corrigés au fil du
temps. Pour tenter d’en amoindrir les effets, des dotations complémentaires ont été créées,

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notamment pour réduire les écarts de richesse entre les territoires, et sont abondées par
l’Etat : la dotation de solidarité urbaine (DSU), bénéficiant aux territoires urbains les plus
défavorisés et la dotation de solidarité rurale (DSR), bénéficiant aux territoires ruraux les
moins favorisés, qui constituent la péréquation verticale.

Sous le quinquennat Hollande, dotation de solidarité urbaine (DSU) et la dotation de


solidarité rurale (DSR) ont connu une importante augmentation (+180 millions d’euros par
an pour chacune). Depuis le début du quinquennat Macron, cette progression a été divisée
par 2, soit à +90 millions d’euros. Il est proposé de retrouver le rythme de progression
adopté sous le quinquennat Hollande, soit +180 millions d’euros pour la DSR en 2019
et soit +180 millions d’euros pour la DSU en 2019. Nous proposons également une
réforme de la dotation globale de fonctionnement à enveloppe constante, pour plus de
lisibilité et de justice et la suppression des variables d’ajustement : l’État doit payer lui-même
ses engagements.

 Maintenir le soutien à l’investissement des


intercommunalités (EPCI)
 Impact budgétaire en 2019 : 246 millions d’euros

L’évolution des fonds DETR (Dotation d’Equipement des Territoires Ruraux) et FSIL (Fonds de
Soutien à l’Investissement Local), visant à soutenir l’investissement des collectivités, a connu
une baisse de 11% entre 2017 et 2019 :
 En 2017 : 1 milliard d’euros de DETR + 0,816 milliard d’euros de FSIL ;
 En 2018 : 1,046 milliard d’euros de DETR + 0,615 milliard d’euros de FSIL ;
 En 2019 : 1,046 milliard d’euros de DETR + 0,570 milliard d’euros de FSIL.

Nous proposons un fonds de soutien à l’investissement local à hauteur de son montant 2017.
Nous proposons enfin la suppression du mécanisme de contractualisation Etat-collectivités.
Cette méthode n’a rien de contractuelle et équivaut à une forme de recentralisation.

 Création d’un fonds de soutien outre-mer


 Impact budgétaire en 2019 : 150 millions d’euros de nouveaux
crédits

Le budget du gouvernement malmène les outre-mers, nous proposons la création d’un


fonds de soutien pour ces territoires.

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 Expérimenter le « revenu de base »
 Impact budgétaire en 2019 : 18 millions d’euros pour
l’expérimentation

La solidarité est une idée porteuse d’innovation et de justice. Il n’est pas digne de notre pays,
parmi les plus riches de la planète, de tolérer que près de 9 millions de ses habitants vivent
sous le seuil de pauvreté.

Contre la pauvreté, nous n’avons pas encore tout essayé. Refusant tout fatalisme, 18
départements, en première ligne sur l’action sociale, ont travaillé pendant un an avec la
Fondation Jean-Jaurès et deux laboratoires reconnus, le Centre pour la recherche
économique et ses applications (CEPREMAP) et l’Institut des politiques publiques (IPP), à un
projet d’expérimentation d’un revenu de base.

Ce revenu de base est un revenu de solidarité. Si notre système de protection sociale est
efficace au regard des comparaisons internationales, sa performance pourrait être nettement
améliorée en réparant deux injustices majeures : automatiser les prestations sociales pour
intégrer les ayants droits qui n’y recourent pas, et les ouvrir aux jeunes de moins de vingt-
cinq ans, pour l’essentiel exclus du RSA alors qu’un quart des 18-24 ans vivent sous le seuil
de pauvreté.

Ce revenu de base est aussi un revenu de développement. De nombreux travailleurs ne


parviennent pas à tirer un revenu décent de leur activité : agriculteurs, artisans, employés et
ouvriers à bas revenus, temps partiels… Le dispositif doit leur apporter un complément de
ressources, pour améliorer leur pouvoir d’achat et revitaliser les territoires délaissés.

Ce revenu de base est enfin un revenu d’autonomie. L’inconditionnalité de son versement,


couplée à un contrat social entre les services sociaux et les allocataires portant sur
l’accompagnement, doit permettre de développer le pouvoir d’agir des personnes et les
activités d’utilité sociale (aidants de personnes handicapées ou âgées, reconversions
professionnelles, formations longues, bénévolat, création d’activités…).

Nous proposons d’expérimenter localement le revenu de base pour évaluer l’efficacité


du dispositif ainsi que ses effets sur les comportements des personnes avant, le cas
échéant, de le déployer.

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Le financement du projet alternatif repose sur des recettes « supplémentaires » par rapport
à celles affichées par le gouvernement :
 Recettes supplémentaires exceptionnelles : 20 milliards €
 Recettes récurrentes : 5,5 milliards €

Le détail figure ci-dessous :

 Ne pas opérer la bascule du CICE en baisse de cotisations


sociales patronales
 Recette liée à cette non bascule :
20 milliards d’euros (uniquement en 2019)

Le gouvernement a fait le choix de transformer le CICE en baisse de cotisations sociales en


2019.

Passer du CICE à une baisse de deux cotisations sociales a deux conséquences :


 Une conséquence sur le décompte « maastrichien » des finances publiques
Le CICE enregistré dans les comptes de l’année « N » d’une entreprise, est inscrit en
comptabilité maastrichienne (celle qui fait foi pour respecter les 3% du pacte de stabilité) en
année « N+1 ». Les baisses de cotisations sociales patronales enregistrées dans les comptes
de l’année « N » d’une entreprise sont inscrites en comptabilité maastrichienne en année
« N ».
 Une conséquence « démocratique »
Le CICE est un crédit d’impôt : son taux, son assiette et ses conditions sont votées par le
parlement. Le taux des cotisations sociales patronales ne fait pas l’objet d’un vote par le
Parlement. Seules les recettes qui résultent de ces cotisations font l’objet d’un vote global du
parlement qui porte sur l’ensemble des recettes.

Pour les entreprises, qu’elles aient 20 milliard d’euros en CICE ou en baisse de cotisations
patronales, ne fait plus l’objet d’un débat.

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Sur la base de ces constats, nous proposons de pas opérer en 2019 la bascule du CICE
en baisses de cotisations sociales patronales. Ne pas opérer cette bascule en 2019
donne 20 milliards d’euros de marge de manœuvre qui permettent de réaliser des
investissements indispensables pour éviter que la croissance économique ne
s’essouffle après le faux plat qu’elle a connu au 2ème trimestre 2018.

 Rétablir l’ISF sauf pour les titres de TPE, PME et ETI


 Recette : 2,8 milliards € (récurrent)

Dans le PLF 2018, le Gouvernement et sa majorité ont transformé l’ISF en IFI, ce qui de fait
conduit à exclure de l’assiette de l’ISF les portefeuilles financiers. Nous proposons de rétablir
l’ISF tel qu’il existait avant cette transformation, en en excluant toutefois les titres de TPE,
PME et ETI.

 Supprimer la flat tax


 Recette : 1,9 milliards € (récurrent)

 Supprimer la suppression de l’exit tax


 Recette : 60 millions € (récurrent)

 Limiter la baisse de l’impôt sur les sociétés aux TPE et PME


 Recette : 700 millions € (récurrent)

Le solde prévu par le Gouvernement n’est pas dégradé.

En millions € Recettes Dépenses Solde


Exceptionnelles (dont 20 000 16 983 3 017
investissement ou renoncement
aux privatisations)
Récurrentes 5 610 6 661 1 051

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Impact
Montant en
Thématique Description uniquement pour Impact récurrent
millions d'euros
2019
TOTAL RESSOURCES 25 460 20 000 5 610
CICE Pas de bascule du CICE en baisse de cotisations sociales 20 000 20 000
Rétablissement de l'ISF Rétablissement sur tous les titres financiers sauf ceux des TPE/ PME / ETI 2 800 2 800

Suppression flat tax 1 900 1 900


Suppression de la 60 60
suppression exit tax
Limitation baisse IS aux 700 850
TPE / PME

TOTAL DEPENSES 23 644 16 983 6 661


1. Soutenir le pouvoir d'achat des retraités 4 100 4 100
Pouvoir d'achat Revalorisation retraites 1 800 1 800
Pouvoir d'achat Annulation d'une partie de la hausse de la CSG. Hausse applicable 1 900 1 900
retraités uniquement si RFR pour un célibataire > 3000€ par mois
Retraites agricoles 400 400

2. Accélérer la transformation énergétique de l'économie française et renforcer sa croissance 14 400 14 100 300
CITE Remise des fenêtres pour isolation 800 800

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Chèque énergie Inclusion d'une part carburant pour les ménages sans transports en commun 300 300
Pas de privatisation 10 000 10 000
d'ADP et de FDJ
Isolation logement Doubler le nombre de logements "passoires énergétiques" à rénover (soit 150 3 000 3 000
000 de plus par an, pour un total de 300 000 par an)
2ème plan TEP-CV Relance d'un plan territoires à énergie positive pour les collectivités 300 300
3. Répondre à l'urgence sociale et assurer la cohésion de notre pays 5 144 2 883 2 261
Université 1 000 700 300

Plan EHPAD Création de 10 000 places d'EHPAD 1 200 1 200


Expérimentation revenu 18 18
de base
Congé parternité Extension de 11j à 1 mois du congé parternité 331 331
APL revalorisation 350 350
Emplois aidés (+70000) 850 850
Soins palliatifs hôpital 100 100
Professeurs Maintien des 2 650 postes supprimés dans le secondaire et des 1 800 212 212

Sport 200 200


DOM 150 150
Collectivités 733 733
dont total dépenses sur de l'investissement seulement 15 478

Solde 1 816 3 017 - 1 051


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