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RÉSISTANCE AU CISAILLEMENT DES SOLS

Hommage au
Pr Meissa FALL
1967-2015

Dr Adama DIONE
Notion de résistance au cisaillement

Lorsqu’un système de forces est appliqué à un


volume déterminé d’un sol, il se développe en
général des contraintes de cisaillement. Ces
contraintes de cisaillement entrainent des
déformations du sol. Ces déformations
peuvent être importantes le long de certaines
surfaces que l’on appelle surfaces de
glissement ou de rupture.

La résistance au cisaillement d’un sol est


définie comme étant la contrainte de
cisaillement dans le plan de la rupture, au
moment de la rupture.

Cependant, cette notion de résistance au


cisaillement n’est pas toujours facile à définir,
que ce soit dans un essai de laboratoire ou
dans le sol sur lequel est construit l’ouvrage.
DÉFINITION

La résistance au cisaillement d’un sol est la résistance interne par unité de surface qu’un sol
peut offrir pour résister à une rupture ou à un cisaillement le long d’un plan.
Notion de cercle de Mohr
Si on suppose que l'élément de sol a une largeur unitaire constante et que la longueur du plan de
cisaillement est égale à 1, il devient facile d'évaluer l'aire des plans horizontal et vertical
auxquels s'appliquent σ1et σ3,:
aire du plan de cisaillement = 1
aire du plan horizontal = cos α
aire du plan vertical = sin α

Contraintes en équilibre appliquées à un plan de cisaillement


On peut alors déterminer les forces qui engendrent les contraintes agissant sur l'élément de
sol:
T = force parallèle au plan de rupture = τ x 1
N = force perpendiculaire au plan de rupture = σn x 1
V = force verticale agissant sur le plan horizontal Contraintes en équilibre appliquées à un
plan de cisaillement sur le plan horizontal = σ1 x cos α
H = force horizontale agissant sur le plan vertical = σ3 x sin α
Lorsque l'angle α varie tandis que les contraintes σ1 et σ3 demeurent constantes, les contraintes τ

et σn issues des deux équations précédentes tracent un cercle sur le graphique de τ en fonction de
σn. Ce cercle porte le nom de cercle de Mohr, en l'honneur du scientifique Otto Mohr qui, à la
fin du XIX siècle, fut le premier à proposer une représentation graphique des contraintes en
équilibre agissant sur un plan de cisaillement. Ce mode de représentation n'est pas exclusif aux
sols; il convient aussi bien à tout autre matériau.

cercle de Mohr
cercle de Mohr

 1  3 
   sin 2
 2 
    3   1  3 
n   1   cos 2
 2   2 
La taille du cercle de Mohr et sa position sur l'axe des σn dépend uniquement des contraintes σ1
et σ3. Si on connaît les valeurs de ces contraintes ainsi que celle de l'angle α, on peut facilement
placer sur le cercle un point T dont les coordonnées correspondent aux contraintes σn et τ à l'état
d'équilibre.

Ce point est placé à l'intersection du cercle et d'une droite ayant un angle d'inclinaison α et
passant par le pôle des plans P. Également situé sur le cercle, le pôle P revêt une grande
importance; en effet, toute droite qui part du pôle P croise le cercle en un point dont les
coordonnées correspondent aux contraintes tangentielle et normale s'appliquant sur un plan ayant
la même inclinaison que cette droite. En partant du pôle des plans, on peut donc déterminer
graphiquement les valeurs de σn et τ, quel que soit l'angle α.

Pour trouver la position du pôle P, on choisit un point du cercle correspondant à une


contrainte principale, habituellement celle qui agit sur le plan horizontal. À partir de là, on
trace une droite parallèle au plan de manière à couper le cercle en un point donné qui
désignera le pôle des plans. Lorsque la contrainte σv est plus grande que la contrainte σh et que
les plans sur lesquels elles agissent sont respectivement horizontal et vertical, le pôle se situe
toujours aux coordonnées (σ3,0).

On peut déterminer de façon graphique ou mathématique les contraintes s'exerçant sur un plan de
cisaillement. L'approche graphique s'utilise plus facilement, surtout dans les cas complexes où,
par exemple, les contraintes principales s'appliquent sur des plans ne correspondant pas à
l'horizontale et à la verticale.
Exemple de calcul des contraintes
Déterminons les contraintes σn, et τ qui se développent dans un élément de sol lorsque les
conditions sont les suivantes:
Notion de courbe intrinsèque

courbes intrinsèques
La détermination des paramètres de la résistance au cisaillement

Les cinq principaux essais de laboratoire qui servent à déterminer la valeur des paramètres de la
résistance au cisaillement des sols sont les suivants:
- l'essai de cisaillement direct,
- l'essai au scissomètre de laboratoire;
- l'essai au pénétromètre à cône suédois;
- l'essai de compression simple;
- l'essai triaxial.
Cisaillement direct à la boite de Casagrande
Description sommaire de l'essai de cisaillement rectiligne

L'échantillon est placé dans un cylindre constitué de deux demi-boîtes C1 et C2 qui peuvent
coulisser horizontalement l'une sur l'autre.
Deux pierres poreuses permettent le drainage du sol. Il est également possible (essai non
normalisé) de remplacer les pierres poreuses par des plaques pleines, le sol ne peut alors plus
se drainer, du moins théoriquement. L'appareil comporte un dispositif permettant d'appliquer
sur l'échantillon une charge verticale N par l'intermédiaire d'un piston.

L'essai consiste à tirer horizontalement sur la demi-boite inférieure de façon à cisailler le sol
selon le plan n. Il se fait à vitesse constante V. L'effort horizontal T est mesuré sur la demi-
boite supérieure ainsi que les déplacements horizontaux relatifs dl correspondants. La variation
d'épaisseur dh de l'échantillon est également mesurée. Cette variation peut correspondre à un
tassement (le sol est dit contractant) ou à un gonflement (le sol est alors du type dilatant).

Soit : S la section de l'échantillon selon le plan p,


 = N/S la contrainte normale appliquée à l'échantillon,
 = T/ S, la contrainte de cisaillement maximale mesurée à la rupture.
L'éprouvette de sol a la forme d'un cylindre droit. Elle est placée dans une chambre appelée
cellule triaxiale.

L'éprouvette est protégée par une gaine élastique étanche et parfaitement déformable. Ses faces
inférieure et supérieure sont généralement au contact d'un disque drainant (pierre poreuse).
La cellule est remplie d'eau. Le dispositif d'essai permet de mettre cette eau en pression et ainsi
d' appliquer à l'éprouvette une contrainte isotrope 3 (l = 2 = 3 ).
Par ailleurs, l'éprouvette peut être comprimée verticalement à l'aide d'un piston. Soit F la
force ainsi appliquée. La déformation verticale correspondante dl est mesurée à ('aide d'un
capteur de déplacement.

Un robinet R permet, s'il est ouvert, le drainage de l'éprouvette par l'intermédiaire des disques
drainants : l'essai est dit drainé. S'il est fermé, le sol ne peut pas se drainer : l'essai est non
drainé.

Si R est fermé et le sol saturé, il est possible de mesurer la pression interstitielle régnant
l'intérieur de l'éprouvette à l'aide d'un capteur.

Si R est ouvert, un dispositif représenté sur la figure par une burette permet de mesurer la
quantité d'eau expulsée ou absorbée par l'échantillon.
La mesure de la pression interstitielle impose une saturation parfaite. La saturation du dispositif
est réalisée par la méthode de la contre-pression.

L'essai proprement dit consiste à faire croître F en enfonçant le piston à vitesse constante
tout en maintenant la pression 3 constante. Par symétrie, les contraintes principales  l et
3 sont respectivement verticale et horizontale.
Comme 3 s'applique également sur la face supérieure de l'éprouvette, il s'ensuit que :
S étant la section droite de
l'éprouvette à l'instant considéré.
Au moment de la rupture, le
déviateur maximal des contraintes
q = l - 3 correspondant au
cercle de Mohr tangent à la Courbe contrainte/déformation
courbe intrinsèque est connu.

En répétant l'essai pour différentes


valeurs de 0 3 , plusieurs cercles
de Mohr peuvent être déterminés.
Il est alors possible de tracer la
courbe intrinsèque . Il existe
d'autres critères de rupture que le
déviateur maximal des contrainte

Détermination de la droite intrinsèque d'un sol


Application
Un essai de cisaillement direct est effectué sur un
échantillon de sable sec avec une contrainte normale de
140 kN/m2. La rupture est produite à une contrainte de
cisaillement de 94,5 kN/m2. Les dimensions de
l’échantillon sont de 50 mm x 50 mm x 25 mm
(épaisseur).
1-Déterminer l’angle de friction, υ.
2-Pour une contrainte normale de 84 kN/m2, quelle est la
force de cisaillement requise pour cisailler l’échantillon.
Cisaillement : comportement à court terme et comportement à long terme

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