Vous êtes sur la page 1sur 5

Vendée Civisme - Commémorations

LA GUERRE D’INDOCHINE
Ressources
8 JUIN encadrant

1/ Les causes de la guerre

Une colonie française depuis plus de 50 ans

La France crée en 1884 l’Indochine française, fusion du Tonkin, de la Cochinchine, de l’Annam,


du Laos et du Cambodge, territoires conquis à la Chine impériale à des principautés ou empires locaux
et partagés entre Européens. Cette colonie produit du thé, du café et du caoutchouc pour la métropole.

Après l’Algérie, c’est l’Indochine qui reçoit le plus d’investissements financiers depuis la métropole pour
la construction des réseaux ferrés ou d’eau potable, pour les écoles, les routes ou le télégraphe.

“En Chine, le gâteau des Rois et... des Empereurs”


illustration du supplement «Le Petit Journal»,
16 janvier 1898 - Henri Meyer
Source : Wikipedia

En 1940, le Japon occupe la péninsule indochinoise


Profitant de la défaite française de 1940, le Japon, allié de l’Allemagne, envahit la colonie française
avec 6 000 hommes et pille les ressources.

Un mouvement d’opposition de courant communiste se met en place, le Viet-Minh, mené par


Hô-Chi-Minh. Soutenu par les Américains et la Chine, cette résistance se structure progressivement.

Affiche du CFNL rappelant que l’Indochine


française est occupée par les Japonais
depuis 1940 © musée de l’Armée (Dist.
RMN-Grand Palais)
En 1945, la France revient avec un corps expéditionnaire

Dès la fin de la libération de l’Allemagne, le Général Leclerc reçoit le commandement des troupes
françaises en Indochine, son rôle est de chasser le Japon. L’empire nippon capitulera le 2 septembre 1945.
La France sera donc présente lors de la signature de l’acte.

Le même jour à Hanoï, Ho-Chi-Minh proclame l’indépendance de l’Indochine qui devient la République
démocratique du Vietnam. La France n’a pas été consultée.

Capitulation du Japon, Baie de Tokyo, 2 septembre 1945


MacArthur lors de la cérémonie de capitulation.
Source : US Navy

La « guerre froide »

Les évènements d’Indochine sont au cœur d’un contexte international tendu.


L’URSS soutient la rébellion Viet-Minh, et à partir de 1949, la Chine communiste
fait de même. A l’inverse, les Américains apporteront une aide financière et
matérielle à la France. De fait, ces grandes puissances s’affrontent donc par alliés
interposés.

Ho-Chi-Minh connait très bien l’Europe pour y avoir vécu. Communiste


convaincu, il crée le parti communiste Indochinois. Formé par les services
secrets américains pendant la Seconde Guerre mondiale pour chasser Nikita Khrushchev, Mao Zedong, Ho Chi Minh et Soong Ching-ling lors d’un dîner d’État à Pékin
en 1959
les japonais, il a une parfaite connaissance des conflits de type guérilla. Source : Wikipedia
2/ Les faits
La France reconnait la « révolution d’août » et la proclamation de la république Indochinoise
De août 1945 à novembre 1946, un statu quo est adopté, il n’est pas question d’indépendance puisque l’Indochine reste dans l’Union
française. Cette situation ne convient à personne. Elle n’est pas tenable pour la France puisque les indépendantistes sont de plus en
plus exigeants. Les indépendantistes ne souhaitent pas rester sous contrôle français. Le blocus du port d’Haiphong le 23 novembre
par le Viet-Minh met le feu aux poudres.

La Marine française bombarde le port pour le reprendre (6 000 morts) et c’est le début des hostilités. Le 19 décembre, à Hanoï, les
troupes Viet-Minh mènent l’insurrection.

Une guerre de guérilla


Les troupes du Viet-Minh mènent une guerre de harcèlement face aux unités françaises. Les routes
coloniales ne sont pas sûres et le moindre déplacement devient dangereux.

Ho-Chi-Minh vante son principe de la bataille entre le Tigre (forces Vietnamiennes)


et l’Eléphant (forces françaises). Une guerre politique est menée de concert en métropole
par le parti communiste français avec Jean-Paul Sartre comme figure de proue. L’intervention
française en Indochine est considérée comme «  sale, injuste, réactionnaire et menée contre
la liberté du peuple ».

Un officier se fait remarquer par sa méthode. Le capitaine Bigeard crée des unités mixtes (métropolitains
et locaux) et adopte les techniques de la guérilla.
Combats à Banh-Hine-Siu et Na Pho auxquels prend part le 3e
bataillon de parachutistes vietnamiens
(3e BAWOUAN)
Source : Association Nationale des Anciens et Amis de
l'Indochine (ANAI)

Une nouvelle donne en 1949

La proclamation de la République populaire de Chine par Mao Zedong fournit


un appui important à l’insurrection Viet-Minh. Du matériel et des armes arrivent
en grandes quantités dans les rangs rebelles. Les chefs Viets conseillés
par les Chinois se professionnalisent. L’initiative des combats passe du côté Viet.

En face, l’Etat français en reconstruction a des difficultés de financement


de cette guerre, de plus, une majorité de l’opinion ne comprend pas l’intérêt
de ces combats. En 1951, le Général de Lattre de Tassigny, Commandant en chef
en Indochine, se rend aux Etats-Unis afin d’obtenir des appuis financiers.
Le conflit s’internationalise.

Le Général de Lattre de Tassigny rencontre le Président Harry S. Truman


1950
Source : Association Nationale des Anciens et Amis de l'Indochine (ANAI)

1954 La chute de Dien-Bien-Phu

Ce lieu et cette bataille sont un symbole. En 1954, devant la supériorité rebelle,


la stratégie française consiste à créer des enclaves ravitaillées par avion.
Dien Bien Phu est une ville avec une plaine entourée de collines.

Ce site très stratégique est un verrou que le Viet-Minh entend prendre,


il donne libre accès à tout le Nord de l’Indochine. La bataille va durer trois
mois et oppose 80 000 Viet-Minh à 10 000 français. La résistance héroïque
et les parachutages d’unités (alors que l’issue allait être fatale) n’empêcheront
pas la chute de Dien-Bien-Phu le 7 mai qui sonne en métropole comme
la fin de la colonie indochinoise.
Victoire de la bataille de Dien-Bien-Phu
1954
Source : Musée de l'Armée du Vieê-Nam
3/ Des Vendéens en Indochine

Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952)


MOUILLERON-EN-PAREDS
Après s'être illustré pendant la Seconde Guerre Mondiale, Jean de Lattre, est nommé 6 décembre 1950
haut-commissaire en Indochine et commandant en chef. Il rétablit la situation au Tonkin, mais malade,
il doit rentrer en France prématurément.

Jean de Lattre - Maréchal de France


Collection Historial de la Vendée
Conservation des Musées de Vendée, CD85

Bernard de Lattre-de-Tassigny (1928-1951)


MOUILLERON-EN-PAREDS
Bernard est le fils unique de Jean de Lattre-de-Tassigny. Engagé dans un régiment de cavalerie blindée pour la
libération de la France en 1944, il effectue le cursus pour devenir officier en 1945 et 1946.

Il part en Indochine en 1949. Commandant un escadron composé de soldats indochinois, il est tué en
défendant une colline au Tonkin. Selon le rapport, son corps aurait reçu 80 blessures.

Bernard de Lattre-de-Tassigny, le 1er janvier


1951 - impression photomécanique, noir et
blanc. Archives de la Vendée

Gabriel Brunet de Sairigné (1913-1948)


MOUTIERS-LES-MAUXFAITS
Héros de la Seconde Guerre mondiale, compagnon de la Libération, Gabriel de Sairigné
prend, en 1946 le commandement d’un régiment de la Légion Etrangère présent en Indochine
(la 13e DBLE).

Il devient le plus jeune commandant de régiment (chef de corps) de l’Armée française. A ce titre,
il mène ses hommes au combat dans toute l’Indochine, en particulier dans la plaine des
Joncs.

Le 1er mars 1948, alors qu’il est en tête d’un convoi de permissionnaires se rendant à Dalat,
il est mortellement blessé. Son épouse enceinte et sa fille âgée de 9 mois ne faisaient pas partie Gabriel Brunet de Sairigné
Musée de l'Ordre de la Libération
du convoi, elles ont pris l’avion et l’apprendront à l’atterrissage à Dalat.

Le groupe de chasse 1/5 Vendée


(1949-2007)

Groupement d’avions de chasse de combat de l’Armée


de l’Air, cette unité effectue son premier baptême du feu
en Indochine. Parrainé par le Département de la Vendée,
ce groupe accomplit près de 3000 missions de guerre
en 3700 heures de vol.
Basés à Hanoï au Tonkin, les avions P63 «  Kingcobra  »
Insigne Escadron de chasse 1/5 du groupe de chasse Vendée s’illustrent dans les combats de
Vendée
Source : Wikipedia la route coloniale n°4 et du Delta. Ces exploits seront honorés
P63C du Vendée
Collection Claude Requi
Jean Billon (1930-1950) Pierre Ferrari (1924-2015)
BEAUVOIR-SUR-MER BEAUVOIR-SUR-MER
Engagé volontaire dans la Marine nationale Né dans la Cantal, Pierre Ferrari a appris
et affecté à la flottille amphibie, il est victime le métier de photographe auprès de son
d’une grave épidémie de dysenterie. Il père. Photographe pendant la guerre
disparait en mer dans des circonstances d'Indochine, il couvre de nombreuses
inconnues. Reconnu mort pour opérations militaires mais aussi le
la France en Indochine, il figure sur le quotidien des soldats. Il couvre aussi la
monument aux morts de Beauvoir-sur-Mer. guerre d'Algérie, le canal de Suez, les
premiers tirs nucléaires fançais...
Une fois à la retraite, il s'installe à Olonne-
Pierre Ferrari lors d'une mission au Tonkin en
novembre 1953 sur-Mer.
Source : AUX MARINS, Mémorial national Daniel Camus
aux marins morts pour la France

4/ Conséquences
Les accords de Genève
Dès fin avril 1954, la France reconnait que le conflit est dans l’impasse. Une conférence de
19 pays est donc convoquée à Genève pour y mettre un terme.
La chute de Dien Bien Phu le 7 mai accélère les négociations qui aboutissent le 21 juillet
1954. Le pays est alors coupé en deux au niveau du 17e parallèle. Le nord est aux mains
des révolutionnaires Viet sous couvert de la Chine et le sud devient la république du
Vietnam soutenue par les occidentaux. Les deux secteurs ont deux ans pour organiser un
référendum sur l’avenir du pays, il n’aura jamais lieu.

Accords de Genève, 1954


Source : US Army

Les camps de rééducation Viet-Minh

La chute de Dien-Bien-Phu laisse 11 721 prisonniers aux mains de la rébellion Viet.


Après plus de 600 kilomètres de marche forcée dans la jungle, ils rejoignent les camps
de rééducation. En quatre mois, 70% vont décéder.

Le taux de mortalité est très élevé. Des éducateurs marxistes matraquent au quotidien
d’idéologie révolutionnaire ces hommes exténués.
Pour la plupart, le calvaire va durer jusqu’en août 1954. Tous ressortiront très amaigris
et éprouvés. 60% des survivants devront être hospitalisés. Au total 26 000 hommes mourront
dans les camps Viet.
Libération de Bigeard et de Langlais
Source : ECPAD

De très nombreux morts

En huit années de combats très durs, l’Armée française n’a


jamais fait appel au contingent. Il n’y aura donc que des
militaires professionnels de métropole, des colonies africaines
ou de la Légion Etrangère. Selon les sources, 75 000 français seront tués
au cours de ce conflit. Un mémorial a été construit en 2005 à Fréjus lors de
l’institution de la journée de commémoration du 8 juin.

Il est très difficile de quantifier le nombre de tués dans l’armée


révolutionnaire, ils seraient vraisemblablement 300 000. Comme dans la
plupart des conflits contemporains, ce sont les civils qui seront le plus
touchés puisque 150 000 vietnamiens sont tués.
Mémorial des guerres en Indochine.
Source : Ministère de la Défense
L’opération « Passage to Freedom »

La partition de l’Indochine en deux secteurs, à l’instar de Berlin quelques années plus tard
ou de la Corée quelques années avant, amène une très forte émigration. Officiellement, ce seront
800 000 vietnamiens qui fuiront, 300 000 en bateau grâce à l’opération américaine « Passage to Freedom »
et 500 000 par le pont aérien mis en place par l’Armée de l’Air française.

Embarquement à Haiphong durant l'opération Passage to Freedom.


octobre 1954
Source : US Navy

La guerre du Vietnam

Appelée parfois seconde guerre d’Indochine, cette guerre entre le nord et le sud du Vietnam
est la conséquence de l’absence d’élection pour la réunification. Le sud sera largement soutenu
par les américains jusqu’à la chute de Saïgon en 1975. Ce second conflit aurait fait jusqu’à 2 millions
de morts dont 60 000 américains.

Le Sergent Edgar D. Bledsoe.


Charles Haughey
Publié dans le Vol. 3 No. 53 , Tropic Lightning News,
December 30, 1968.

Synthèse
• La guerre d’Indochine commence juste après la Seconde Guerre mondiale lorsque la France souhaite chasser le Japon de sa
colonie. Pendant l’occupation japonaise, des résistants communistes se sont organisés.
• Le conflit va durer 8 ans. Le corps expéditionnaire est essentiellement composé de militaires professionnels. La métropole est
donc assez coupée des évènements.

• Militairement dépassée et sommée de mettre fin à la guerre par les américains qui souhaitent s’y installer, la France se retire après
la bataille de Dien-Bien-Phu en 1954.

Pour aller plus loin


• MINISTÈRE DE LA DÉFENSE. 8 juin : Journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine :
http://www.defense.gouv.fr/actualites/memoire-et-culture/8-juin-journee-nationale-d-hommage-aux-morts-pour-la-france-en-
indochine

• Morts pour la France : des cérémonies en hommage aux morts de la guerre d’Indochine. TV Vendée :
http://www.tvvendee.fr/le-journal/edition-du-lundi-8-juin-2015_07062015?cid=57717