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DEUXIÈME CONFÉRENCE

Londres, 16 novembre 1922

Le combat des êtres lucifériens et ahrimaniens


et la nature humaine

Je vais avoir quelques communications à vous


faire sur les puissances et les entités spirituelles
qui vivent dans l'environnement suprasensible de
l'homme et qui prennent part à son existence ter-
restre. Vous comprendrez que tout ce qui se
passe entre ces entités spirituelles, dans le monde
suprasensible, diffère beaucoup de ce que font les
hommes terrestres, si bien qu'il est difficile de
parler de l'être et de l'activité de ces Intelligences
dans le langage humain. Celui-ci a été créé pour
les conditions terrestres. Cependant, puisque ces
choses doivent être dites actuellement, je les dirai
sous la forme d'images. Vous comprendrez pour-
quoi beaucoup d'expressions que j'emploie ici
paraissent avoir été tirées de l'expérience sensi-
ble, de la condition humaine, telle qu'elle est ici-
bas. Ce que ces expressions veulent traduire est
juste, mais elles ne sont que des images emprun-
tées à la condition humaine d'ici-bas.
Nous avons autour de nous, sur terre, la na-
ture avec ses différents règnes : le règne minéral,
le règne végétal, le règne animal, et aussi - peut-
on dire - le règne humain. Cette nature que nous
percevons est en quelque sorte doublée par une
autre nature, laquelle est spirituelle, suprasens1-
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ble. L'homme perçoit par ses sens la nature ordi- qui n'est pas conforme aux lois naturelles, ce
naire, sensible ; il ne perçoit pas la nature dont on dit généralement : «Ceci n'est soumis
suprasensible, mais elle a une grande influence qu'aux lois du hasard !»
sur son existence terrestre. C'est au hasard que sont assujetties, dans no-
L'homme a, d'autre part, en lui-même, une na- tre environnement, les variations irrégulières de
ture physique et il la perçoit à l'intérieur de son l'atmosphère terrestre. Si vous étudiez de près,
être, sous forme d'instincts et de passions, qui par exemple, un brouillard londonien, vous pour-
sont, bien entendu, de nature astrale, mais qui rez le ramener, en gros, à certaines lois, mais non
montent de sa nature physique. Ce que l'homme dans les détails. Pour les détails, en tout ce qui
perçoit ainsi en lui à l'aide de ses instincts, désirs concerne les vents, les pluies, etc., on dit qu'ils
et passions, c'est quelque chose qu'il sent infé- dépendent du hasard. Et si vous voyez qu'on pré-
rieur à lui - un règne d'entités qui sont intime- dit dans les journaux le temps qu'il fera durant
ment liées à lui, mais dont il pressent qu'elles les jours prochains, vous né pouvez pas vous y
sont «sous-humaines». fier avec la même assurance que si l'on vous af-
Lorsque nous observons à l'aide de nos sens firme que le Soleil, demain matin, se lèvera. Les
tout ce qui nous entoure, nous ne voyons que la lois naturelles sont donc relativement indépen-
surface de la nature, l'extérieur de la nature. Au- dantes des processus météorologiques. On peut
dessus, nous devinons la nature suprasensible, et avoir un certain don prophétique en cette
au-dessous, nous découvrons aussi une nature matière, et cultiver ce don par l'exercice, mais ce
«sous-sensible», inférieure ; lorsque nous regar- don ne se fonde pas sur les lois naturelles, il est
dons en nous-mêmes, nous pressentons qu'elle inspiré ou intuitif.
existe derrière nos instincts. Eh bien, dans tous ces phénomènes
La nature suprasensible qui nous entoure ne météorologiques, dans les sautes du vent et de la
peut être appréhendée que par celui qui est doué pluie, vivent des entités qu'on ne voit pas, car
de compréhension spirituelle et qui ne s'arrête elles n'ont pas un corps qui soit visible à nos
pas, comme le fait la science, aux processus com- yeux terrestres. Elles n'en existent pas moins !
mandés par les lois naturelles. Jamais la nature Elles ont un corps qui n'est fait que d'air et de
suprasensible ne se découvrira aux regards du chaleur, et qui ne renferme ni eau, ni aucun autre
savant actuel, ne surgira de ce que la science peut liquide, ni Terre solide.
étudier avec ses méthodes ! On s'en rend compte Ce corps d'air et de chaleur se forme, se désa-
lorsqu'on exerce son regard spirituel à saisir ce grège, se reforme, change très rapidement. Ce

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qu'on voit dans les formes des nuages, ce qu'on Si singulier et si paradoxal que cela puisse
sent dans les souffles du vent, ce n'est que leur paraître, les puissances qui s'expriment dans le
expression extérieure, leurs actes. Nous avons vent et la pluie, qui respirent en quelque sorte
donc dans notre atmosphère, à la périphérie de la dans le vent et la pluie, dans tous les phénomènes
Terre, t1n monde <l'entités aériennes et caloriques. puremen~ atmosphériques, sont en même temps
Elles appartiennent à la catégorie que j'ai souvent celles qm haïssent le plus la liberté humaine, qui
appelée, dans mes écrits et dans mes conférences, ne veulent pas la connaître, qui veulent la rendre
les êtres lucifériens. impossible - bref, qui veulent faire des hommes
Ils ont, à l'égard de l'homme, une tendance des automates moraux, des natures quas1-
très particulière. Bien qu'ils vivent parfois dans angéliques. Et elles livrent une violente bataille , si
des phénomènes déplaisants, ils tiennent on peut se servir de cette locution toute terrestre ,
extrêmement à la qualité morale de l'ordre social en vue d'y parvenir. Ces entités ont, en quelque
humain. Leur idéal serait que l'homme n'ait plus sorte, leurs citadelles, leurs forteresses dans l'air
de véritable corps physique, ou tout au moins, un -, vou~ comprenez bien qu'il ne s'agit là que
corps physique tout à fait exempt des éléments dune image ! En face d'elles, il y en a d'autres
«terre» et «eau». Ils voudraient que l'homme ne que j'ai déjà mentionnées dans ma dernièr;
soit fait que d'air et de chaleur, car alors, ils le conférence sous un tout autre rapport. Ces autres
rendraient foncièrement moral, sans lui concéder entités sont celles qui ont un rapport précis avec
la moindre liberté : ils en feraient des automates nos instincts, nos désirs et nos passions. Elles ne
moraux. résident pas à l'intérieur de l'homme : là, on ne
Ces entités lucifériennes luttent perpétuelle· trouve que leurs effets. Ces entités vivent
ment, dans le cours de l'année, pour arracher directement sur la Terre, mais d'une telle façon
l'homme à la Terre, pour le rendre étranger à la que l'homme ne puisse pas les voir. Elles
Terre, pour le priver de la Terre - et pour l'attirer n'acquièrent jamais un corps accessible aux yeux
entièrement dans leur sphère. Elles sont de l'homme. Elles ont un corps qui vit dans les
particulièrement dangereuses pour les hommes, éléments «terre» et «eau». Leurs effets dans le
car elles tendent à les exciter, à les rendre fanati- devenir terrestre sont notamment le flux et le
ques d'un mysticisme nébuleux. Ces mystiques reflux des océans, puis, les phénomènes
cèdent facilement à la tentation luciférienne qui v~lcaniques et sismiques - en face desquels les
est : éloigner l'homme de la Terre, lui conférer sciences naturelles restent extraordinairement
une nature quasi-angélique. perplexes et désarmées, comme vous le savez.

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L'investigateur spirituel y voit la manifestation Ainsi, pendant que les esprits lucifériens édi-
d'un monde d'entités «sous-hu1t1aines», lesquelles fient leurs citadelles dans l'air, pour lutter contre
sont assujetties aux puissances que j'ai toujours ce qui est terrestre et pour ce qui est moral, les
appelées les entités ahrimaniennes. Ces entités ont esprits ahrimaniens les combattent : ils cherchent
auprès d'elles diverses entités subalternes, et l'on à durcir l'homme, à le rendre semblable à eux-
peut descendre ici jusqu'à toute une catégorie mêmes. L'homme deviendrait alors infiniment sa-
d'esprits -~lén:entaires que le folklore connaît sou- vant, en ce qui concerne le monde matériel, et
vent sous le nom de <<cobolds». Toutes sont incroyablement intelligent ! Ces esprits ne peu-
contenues dans les éléments «terre» et «eau». vent pas y parvenir directement, mais indirecte-
Toutes son!_~h:iman~s. Elles se proposent ment. Après des millénaires d'efforts, ils ont déjà
une tout autre tâche que les entités lucifériennes réussi à créer dans la vie de la Terre toute une
dont j'ai parlé précédemment. Quand on em- race d'entités sous-humaines. Car ils s'emparent
brasse du regard l'ensemble de ces entités dites de la nature instinctive de l'homme, lorsque cette~
«adverses», les lucifériennes et les ahrimaniennes, nature est particulièrement forte et mauvaise. Ils
on ne peut pas leur en vouloir réellement ! Com- l'accaparent et l'homme devient leur proie pour/
ment pourrait-on en vouloir aux entités toute la durée de son incarnation présente.
lucifériennes, qui voudraient faire de nous des Lorsque l'homme a ainsi succombé, pendant
êtres foncièrement et naturellement moraux ? sa vie terrestre, aux impulsions ahrimaniennes,
Mais, sous leur influence, l'homme ne pourrait lorsqu'il est particulièrement grossier et débau-
jamais devenir un être libre. Il deviendrait, ché, alors, tout de suite après sa mort, les entités
com1ne je l'ai dit, un automate moral. Cependant, ahrimaniennes, peuvent absorber, aspirer en elles
elles ont les meilleures intentions du monde. Les son immoralité et en faire des êtres sous-humains
entités ahrimaniennes ont leurs citadelles, si l'on invisibles, dont il existe déjà toute une popula-
ose dire, juste au-dessous de la surface terrestre, tion ; elle habite le sol et le sous-sol, elle s'in-
dans le sc>l et le sous-sol, mais leurs effets mon- carne véritablement dans les éléments aqueux et
tent dans le métabolisme des hommes et ce que terreux de notre globe.
l'on voit dans les marées océaniques, ou plus Qu'est-ce que les esprits ahrimaniens projet-
rarement dans les phénomènes volcaniques et tent de réaliser, grâce à ces êtres sous-humains ?
sismiques, est étroitement lié au flux et au reflux Toute une race, faite d'eau et de terre exclusive- '
du métabolisme humain. Ce sont là des activités ment, et que connaissent encore aujourd'hui cer-
ahrimaniennes. tains travailleurs des mines qui ont gardé une cer- ,

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-·taine clairvoyra11ce. Ces êLres 011t été arrachés à tant que l'l1ur11r11e rie se livre pas exagéré111e11t à
l'entité humaine au moment de la mort. Ahriman ses désirs et à ses passions.
et ses cohortes guettent le décès des hommes que En ce qui concerne le règne minéral, voici ce
leur karma a prédisposés à la grossièreté et à la que je voudrais dire : la divinité qu'on appelle
débauche et Ahriman espère toujours que de tels «Dieu le Père» dans la religion chrétienne a établi
hommes finiront par dire: «Je ne veux plus la paix entre ces adversaires, dès les temps les
, retourner dans le monde spirituel. Lorsque j'aurai plus anciens. Dans le règne de la nature et dans la
abandonné mon corps physique, je ne veux pas partie animale de l'être humain (là où n'intervient
m'élever à une vie spirituelle supérieure, mais pas son âme), Dieu le Père a établi la paix depuis
m'incarner dans un de ces êtres sous-humains, les origines.
, sous-sensibles ... Pour cela, je dois rester attaché à Par conséquent, lorsque vous prenez dans vo-
la Terre. Je ne mourrai plus.>> tre main un cristal, un minéral, une plante, vous
Effectivement, si paradoxal que cela paraisse ne remarquez aucun conflit d'entités adverses
lorsqu'on sait que les esprits ahrimaniens sont dans ces créatures. Mais dès que vous arrivez à
extraordinairement intelligents, on constate que l'âme qui pénètre le corps humain, il en va autre-
ces esprits espèrent peupler finalement toute la ment. Là, les entités lucifériennes disent aux ahri-
Terre de semblables «sous-hommes». De ce fait, maniennes : «Nous avons promis à Dieu le Père
ils rendraient le globe terrestre immortel et quasi- de ne pas nous quereller au sujet des minéraux,
indestructible ; ce globe 11e pourrait plus se des végétaux et des animaux, et même au sujet de
\volatiliser dans l'espace universel! l'homme, tant qu'il est resté l'être inconscient des
Ainsi, nous avons dans notre environnement premiers temps, car il vivait à la façon d'un ani-
terrestre deux cohortes d'entités bien différen- mal. Mais nous nous battrons terriblement au su-
tes : la cohorte aérienne qui voudrait rendre jet de l'homme moderne, car il a acquis la cons-
l'homme moral, mais le soulever au-dessus de la cience de soi. Et, effectivement, une guerre ef- 1

Terre - et la cohorte terrienne, qui gîte immédia- froyable se déchaîne au sujet de l'homme mo-
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tement sous la surface du globe, qui voudrait tirer derne, entre les entités d'air et de feu, d'une part,
l'homme à elle et l'enchaîner pour toujours à la et les entités de terre et d'eau, d'autre part. - Au-
Terre. Ces deux cohortes suprasensibles vivent jourd'hui, l'humanité est devenue adulte en ce qui
dans le règne minéral, dans le règne végétal, dans concerne sa connaissance de la nature extérieure,
le règne animal et dans le règne humain physique. dans laquelle les esprits lucifériens et les esprits
Elles sont obligées de se tolérer mutuellement, ahrimaniens se tolèrent mutuellement. Mais

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l'homme ne sait rien de ce qui vit au-delà du que nous C()nstatons dans le monde spirituel une
monde des sens, rien du monde suprasensible et alliance entre la Lune, où se trouve le Dieu Jahvé,
rien de la nature sous-humaine, sous-sensible. avec d'autres esprits lunaires, et les esprits qui
Dans ces deux domaines, les entités que je viens sont dans Mercure et dans Vénus. Tous ensem-
de définir se livrent une guerre sans merci. ble. Ils veulent gouverner ce qui, dans l'homme,
L'entité qu'on appelle Jéhovah ou Jahvé, dans est fait de chair et de sang. Car l'homme n'est pas
l'Ancien Testament, réside dans la Lune. Je vous uniquement un être terrestre : tout l'univers agit
ai dit, au début de cette conférence, en quel sens en lui !
je me sers d'expressions de ce genre. Jahvé a Les entités que j'ai, tout à l'heure, appelées
donc son siège dans la Lune. Cela signifie qu'en ahrimaniennes, qui ont leurs citadelles sous la
tant qu'être spirituel, il appartient, dans le cos- surface de la Terre, ne sont pas assez «mûres>>
mos, à la colonie d'esprits qui s'expriment dans pour pouvoir régner sur la planète terrestre
les phénomènes physiques de la Lune. Sa tâche, comme Jahvé règne sur la Lune, et d'autres es-
dans l'ordonnance du monde, est de guider vers prits sur Mercure et Vénus. J_,'ordre unjversel les
la Terre l'homme qui va se réincarner et qui des- condamne à rester seulement sous là st1rface du
cend des mondes spirituels pour se vêtir d'un globe terrestre. Comme vous pouvez bien le pen-
corps. Mais cette entité, Jahvé se réserve aussi ser, ces entités, qui sont dépourvues de toute
d'agir plus tard, dans l'homme terrestre, incarné, mc)ralité, ne luttent pas seulement contre les es-
et de régler chez lui tout ce qui se rapporte aux prits lucifériens de l'air et du feu, mais encore et
forces de la reproduction. Elle· cherche donc à surtout contre Jahvé et ses auxiliaires, c'est-à-dire
gouverner les pulsions et les instincts liés à la contre la Lune, Mercure et Vénus. Car Jahvé, je
l'ai dit tout à l'heure, est le régulateur de la nature
1 fonction reproductrice. Mais on ne peut pas régu-
lariser cette fonction isolément. Elle est rattachée instinctive des hommes, mais il ne la dirige que
aux autres instincts et pulsions de l'homme. C'est de l'extérieur - depuis la Lune - et c'est pourquoi
pourquoi Jahvé a besoin d'être aidé. Il faut, par cette nature instinctive reste accessible à d'autres
exemple, que les instincts alimentaires soient influences, sans néanmoins devenir totalement
d'accord avec les instincts reproducteurs, et que, amorale. Grâce à la suprématie légitime de Jahvé,
d'une façon générale, la sphère des instincts soit l'espèce humaine est devenue, sur terre, telle que
régularisée. Dans cette tâche, Jahvé, qui est le nous la connaissons ; elle résulte d'une conver-
\dieu de la Lune en quelque sorte,, se fait ,aider .pa~ gence entre les puissances lunaires, mercuriennes
)les esprits de Mercure et de Venus. C est ainsi et vénusiennes.

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Mais à l'encontre des intentions de Jahvé, les Tout cela monte de la terre et de l'eau, et se
entités ahrimaniennes tentent de créer une race propage facilement dans les hommes, étant
sous-humaine invisible dont je vous ai parlé tout donné que ceux-ci sont astreints à manger les
à l'heure. Un des moyens qu'elles emploient, je produits de la terre et de l'eau. Car ils ne se nour-
vous l'ai expliqué dans la dernière conférence que rissent ni de l'air, ni de simple chaleur.
j'ai faite ici. Pendant que l'homme sommeille, les Les entités lucifériennes, qui ont leur corps
entités ahrimaniennes s'en approchent et veulent dans l'air et dans la chaleur, sont tout aussi peu
le convaincre que le Mal est le Bien. L'homme mûres que les autres. Elles sont des représentants
accepte cet enseignement avec une facilité ef- «manques» des colonies d'esprits qui habitent
frayante, lorsqu'il dort, et il la rapporte, au réveil, Mars, Jupiter et Saturne. Elles livrent des assauts,
dans ses corps physique et éthérique. Et les enti- non seulement contre les entités ahrimaniennes,
tés dont il s'agit croient atteindre leur but par ces mais encore contre les entités «régulières» de
insinuations démoniaques ! Car l'homme, en ce Mars, de Jupiter et de Saturne - les planètes dites
q11i concerne sa nat11re inférieure, devrait dépen- ((lointaines>>. Ces entités planétaires ont, elles
dre uniquement des entités supérieures, celles de aussi, des influences sur l'homme, localisées prin-
la Lune, de Mercure et de Vénus. Cette nature cipalement dans les yeux, les oreilles et les autres
inférieure n'est ni bonne, ni mauvaise en soi. Elle organes sensoriels, situés à la surface du corps
le devient seulement parce que les adversaires de physique. En revanche, les esprits de la Lune, de
Jahvé s'en emparent, comme je l'ai expliqué ! Mercure et de Vénus ont de l'influence sur les
Jahvé voudrait que les puissances ahrimaniennes viscères, sur les organes internes. D'importantes
ne s'expriment que dans les marées océaniques, actions de Saturne se font valoir dans l' œil hu-
les phénomènes volcaniques et les tremblements main. Ces esprits des planètes lointaines veulent
de terre. Mais les suppôts d'Ahriman s'attaquent faire de l'homme un être terrestre, parfait en son
à l'homme. Non seulement ils assaillent les êtres genre, avec des organes sensoriels insérés à la
lucifériens de l'air et du feu, mais encore et sur- périphérie de l'organisme, et qui envoient des
tout, ils assaillent Jahvé et ses aides planétaires. prolongements nerveux dans tout le corps. Sa-
L'homme est ainsi l'enjeu d'une terrible guerre où turne donne les sens, Jupiter leurs prolongements
l'ordonnance juste du monde est mise en cause. nerveux, tandis que Mars est la force qui donne
D'un autre côté, les suppôts d'Ahriman cher- aux hommes le langage. Les organes des sens
chent à faire de l'homme un être totalement sont des insertions du monde extérieur à travers
amoral et extraordinairement intelligent. la peau humaine, vers l'intérieur du corps.

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T,es entités d'air et du feu résident dans raient, Je l'ai déjà dit, un être à peu près angé-
l'atmosphère et se déploient tout particulière- lique.
ment dans les éclairs, dans les phénomènes ignés Voyez-vous, dans la nature extérieure, il y a
de l'atmosphère. Ils voudraient rendre l'homme une bonne entente entre les esprits de la Lune, de
physique tout entier comparable, en perfection, à Mercure, de Vénus, de Mars, de Jupiter et de Sa-
l' œil, à l'oreille et au nez, mais prolonger la sur- turne ... c'est le Soleil qui les maintient en équili-
face dans l'intérieur : alors, l'homme ne ferait bre. Mais ils sont attaqués de deux côtés. Les
plus que voir et entendre, il cesserait de boire et lucifériens combattent les planètes lointaines,
de manger, il serait de la nature des anges. extérieures au Soleil : Mars, Jupiter et Saturne.
Les esprits de Mars, Jupiter et Saturne se com- Les ahrimaniens combattent tout ce qui est lu-
portent très sagement dans la nature extérieure - naire, mercurien et vénusien.
si j'ose ainsi parler d'êtres aussi sublimes ! Ils C'est au sein de cette lutte générale que
imprègnent de moralité ce que nous percevons de l'homme doit accéder au progrès et à la liberté !
cette nature extérieure. En fait, ils apportent à Il l'a fait, dans les temps anciens, grâce aux ensei-
l'homme la moralité, car celle-ci pénètre en lui gnements des Mystères. À notre époque, il doit le
par le chemin de ses perceptions sensorielles. faire grâce à ce que peut lui révéler l'investigation
Mais les esprits lucifériens veulent que spirituelle de suprasensible et du sous-sensible.
l'homme devienne sensoriel de fond en comble, Rester dans l'ignorance au sujet de ces choses,
afin qu'il ne perçoive plus rien d'autre que ce qui cela conduirait l'humanité, dans l'avenir, à de
est imprégné de moralité. Ils veulent ainsi réaliser grandes catastrophes !
un automate moral. Vous devez le comprendre à présent, les enti-
Voyez-vous, dans la nature qui nous envi- tés lucifériennes et ahrimaniennes sont extraor-
ronne, tout ce qui s'exprime par des forces pro- dinairement développées, les premières en mora-
vient des esprits de Mars ; ce qui s'exprime par lité, les secondes en intelligence ! Malgré cela, les
des lois naturelles provient des esprits de Jupiter, et unes et les autres sont persuadées qu'elles attein-
tout ce qui est couleur ou son provient des esprits dront leur but. Elles reprennent sans cesse le
de Saturne. Mais les lucifériens ne voudraient pas combat. Mais elles se heurtent, sur la Terre, à
que l'homme ait un corps physique, car ils ne d'amères déceptions. Lorsque, grâce à la science
voudraient lui transmettre que des forces et des initiatique moderne, on peut rencontrer de telles
lois) c'est-à-dire des pensées, et le laisser dans entités, derrière la nature ou au-dessous de
l'ignorance des couleurs et des sons. Ils en fe- l'homme, on les trouve tantôt jubilantes dans

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l'ivresse du triomphe, tantôt abattues et déçues. plus de valeur pour Ahriman : il ne peut pas en
La jubilation et la déception alternent extraire, à la mort, les instincts et les désirs, pour
continuellement dans la vie de ces entités. en former sa race de sous-hommes. Ceci donne
Voici maintenant quelques détails. On remar- un aperçu, peut-ètre paradoxal, mais juste, de ce
que tout d'abord que toutes, lucifériennes et ahri- qu'est la maladie. Dans beaucoup de cas, elle est
maniennes, sont déçues par l'organisme physique le seul moyen qu'ont les hommes pour échapper
de l'homme. On peut en recevoir une forte aux serres d' Ahriman !
impression lorsqu'on visite des hôpitaux ou des Et chaque fois que Lucifer remporte une vic-
asiles d'aliénés - bref, au chevet des malades. toire dans la nature humaine, empêchant Ahri-
C'est là que Lucifer et Ahriman subissent les plus man de l'utiliser à ses fins, alors l'homme
cinglantes défaites. Car ils se combattent mutuel- succombe à des affections catarrhales graves, ou
lement avec une ardeur extrême, et lorsque l'un il tombe dans des états de démence. De ce côté
d'eux triomphe de l'autre, cela compromet leur aussi, sa victoire est compromise.
réussite à tous deux. Voilà pourquoi les entités ahrimaniennes et
Ahriman remporte des victoires sur les divini- lucifériennes se montrent tristes au chevet des
tés de la Lune, de Mercure et de Vénus et Lucifer malades dans les hôpitaux et dans les asiles
remporte des victoires sur les divinités de Mars, d'aliénés ! Elles constatent là qu'elles peuvent
Jupiter et Saturne, mais ce ne sont jamais des vic- bien lutter, mais qu'en réalité, il est impossible
toires complètes, bien qu'elles soient renforcées qu'elles soient victorieuses.
par les succès qu' Ahriman et Lucifer remportent Quand vous jetez un regard dans la nature
l'un sur l'autre. Ce sont, dans tous les cas, des éthérique de l'homme - et non plus dans sa na-
succès purement apparents - d'où la déception. ture physique -. vous y trouvez de nouvelles
Car une victoire d'Ahriman, par exemple, dans le raisons pour que les puissances lucifériennes et
sens que j'ai indiqué tout à l'heure, provoque ahrimaniennes soient constamment déçues. Car
chez les hommes des maladies tumorales, cancé- lorsque les premières triomphent sur les se-
reuses, ou encore des maladies du métabolisme, condes, dans le corps éthériquc de l'homme,
telles que le diabète. Chaque fois que de telles celui-ci devient un mythomane, qui ment par habi-
maladies apparaissent chez les êtres humains, tude. Cela ne le rend pas plus moral, et il échappe
c'est qu'Ahriman a remporté une victoire sur ainsi à l'angélisme auquel Lucifer le destinait.
Lucifer: le résultat, c'est que la nature physique Dans un tel cas, Lucifer soulève l'homme, en
de l'homme est ruinée, et alors cette nature n'a apparence au-dessus du monde terrestre, mais-il

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n'en fait pas un automate moral. .. il en fait un accès. Pour les puissances lucifériennes, c'est une
menteur invétéré ! Et, si paradoxal que cela pa- grande déception - elles ne peuvent aucunement
raisse, cette mythomanie est tout d'abord une faire d'un tel homme un automate moral !
arme défensive dont se servent les bonnes Vous le voyez, il y a pour les deux sortes
puissances pour soustraire un homme à Lucifer. d'entités adverses bon nombre de déceptions.
Car cette mythomanie peut être guérie par la Mais vous apercevez, en même temps, l'ampleur
suite, en raison du karma personnel, tandis que de ce combat dont les hommes sont l'enjeu. Déjà,
l'homme serait perdu, complètement arraché à la dans les temps reculés, quand les anciens Mystè-
Terre, si Lucifer avait triomphé. res initiatiques existaient encore, l'homme se
Quand Ahriman triomphe, ou est près de trouvait au centre d'un tel combat, qui se livrait
triompher, dans le corps éthérique, l'homme de- derrière le monde physique. C'étaient les messa-
vient un possédé. Là encore, Ahriman ne peut pas gers de «Dieu le Père» qui étaient les grands Maî-
extraire la nature instinctive à ses fins, car en tres des Mystères. Leurs disciples étaient des
vertu de cette possession, elle adhère trop forte- «gourous», et les élèves de ceux-ci, des «chélas».13
ment au corps éthérique. Mais le plus hauts «gourous» recevaient des or-
Ainsi, sur une vaste échelle, les esprits dres, directement, des messagers de «Dieu le
adversaires de l'évolution normale-éprouvent de Père» et ceux-ci pouvaient leur enseigner com-
grandes déceptions. ment guérir les maladies des hommes, sans être
E~ si maintenant vous observez le corps astral, gênés par Lucifer et Ahriman. Par exemple, ainsi
eh bien, lorsqu' Ahriman est près d'y triompher, que je vous l'ai indiqué la dernière fois, ces théra-
l'homme devient un affreux égoïste. De ce fait, il peutes savaient guérir par les forces lunaires les
retient ses instincts et désirs, comme contractés, maladies dues à Saturne.
en lui. Ahriman ne parvient pas à les extraire. De Ceci se passait dans les anciens Mystères, où
cette façon, même les affreux égoïstes sont les messagers de «Dieu le Père» pouvaient guérir
préservés du terrible destin que leur réservait l'homme de ses égarements.
Ahriman. Dans les temps modernes, les égarements ne
Si c'est Lucifer qui est près de triompher dans sont pas plus bénins que dans les temps anciens,
le corps astral, l'homme peut devenir ce qu'on bien que l'homme n'en sache rien dans sa cons-
appelle un rêveur invétéré) qui n'est jamais tout à cience ordinaire. L'homme est tiraillé, de-ci, dé-
fait en lui-même et semble privé de «Moi». De là, par cette lutte constante dont il est l'enjeu.
tels états existent. L'homme peut y être sujet, par

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Et lorsque l'initié franchit le Seuil, lorsqu'il Là, nous nous trouvons en présence du Christ,
jette un regard dans le monde spirituel et cons- qui a lié son être spirituel à la Terre par le Mys-
tate ce terrible combat, il chercherait vainement, tère du Golgotha, et qui nous dit: «Ne désespé-
à notre époque, les messagers de Dieu qui, entre rez pas, si le Soleil vous apparaît comme un
autres choses, donnaient aux thérapeutes antiques disque noir! C'est parce que moi, qui suis le Dieu
le caducée (bâton de Mercure) et d'autres symboles Solaire, je ne réside plus dans cet astre; j'en suis
de leurs pouvoirs guérisseurs. descendu et je me suis uni à la Terre.»
Aujourd'hui, on ne sait plus comment se Quand on aborde le Christ avec une âme
protéger au sein de ce combat suprasensible où véritablement fervente et avec une claire cons-
s'affrontent les entités retardataires de deux sor- cience de ce qu'est le Mystère du Golgotha, alors,
tes, les esprits de la Lune et ceux des planètes. à vrai dire, le Soleil ne redevient pas un astre bril-
Telles deux armées qui campent l'une en face de lant - il reste un disque noir - mais à travers lui
l'autre, on voit les êtres d'air et de feu, qui sont commence à nous devenir audible le langage du
des êtres «manqués» de Saturne, de Jupiter et de Christ. Alors, on se rend parfaitement compte de
Mars, affronter les êtres de terre et d'eau, qui la parenté entre le Christ et le Soleil. Le Soleil
sont les êtres «manquées» de la Lune, de Mercure reste noir, mais il déverse en nous la dose de
et de Vénus. La bataille se livre derrière le Seuil, «clairaudience» nécessaire pour que nous enten-
de la manière la plus terrible : le clairvoyant voit dions parler le Christ, si toutefois nous nous y
le Soleil devenir rougeoyant, incandescent, puis sommes bien préparés.
s'obscurcir, et finalement apparaître comme un C'est alors le Christ qui indique les moyens de
effrayant disque noir. réconcilier les puissances d'en haut avec les puis-
Il n'en était pas ainsi pour les initiés antiques. sances d'en bas, c'est-à-dire les êtres d'air et de
Ils pouvaient voir à travers le disque obscurci du feu qui sont au-dessus du Soleil noir et les êtres de
Soleil. C'est précisément de ce disque obscurci terre et d'eau, qui sont au-dessous de lui. On reçoit
que leur arrivaient les messagers de «Dieu le ainsi, en tant qu'homme, des directives pour gué-
Père». Ils étaient notamment les instructeurs de la rir les maladies et pour comprendre tous les
thérapeutique. Pour nous, initiés modernes, le autres maux que ne cessent de déverser Lucifer et
Soleil rougeoie, puis il reste noir et ne nous ré- Ahriman. Et l'on arrive, par la force du Christ et
pond plus. Nous sommes refoulés et nous devons du Mystère du Golgotha, à pouvoir dire aux es-
chercher notre salut sur la Terre elle-même. prits adversaires : «Vous êtes déçus par les maux
qui ont affligé la Terre à cause de vous et de vos

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