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RAPPORT D’ENQUÊTE PUBLIQUE

Je soussigné Monsieur Jean-Pierre GOUMARD, demeurant :

4 rue Lapasset à SAINT-MARTIN DE RE (17410)

Ai l’honneur d’exposer les résultats de l’enquête publique qui s’est déroulée du lundi 6
juillet 2015 au vendredi 7 août 2015 relative à :

Réalisation des ouvrages de


protection maritime contre les
risques de submersion marines -
- secteur des Boucholeurs-
1
Portant sur:
- l’autorisation de travaux.
- la concession d’utilisation du domaine
public maritime.
-la déclaration générale des travaux.

Maître d’ouvrage : Syndicat Intercommunal du Littoral d’Yves,


Châtelaillon Plage, Aix et Fouras (S.I.L.Y.C.A.F.). Mairie de Châtelaillon-
Plage, 20 Boulevard de la Libération 17340 CHÂTELAILLON-PLAGE

SOMMAIRE
I/ DEROULEMENT DE L’ENQUÊTE : Pages

A) SAISINE : 4

B) PUBLICITE 7

C) DILIGENCE 7

II/ LE PROJET :

A) SITUATION DES LIEUX : 10

B) NATURE DU PROJET : 12

C) NOMENCLATURE 17

III/ ETUDE D’IMPACT

A) CONTEXTE GENERAL DE LA ZONE DE PROJET 18

B) ENVIRONNEMENT PHYSIQUE DE LA ZONE DU PROJET 18

C) ANALYSE DES COMPOSANTES DE L’ENVIRONNEMENT 19

2
D) ANALYSE DES EFFETS CUMULES 31

E) RAISONS POUR LES QUELLES LE PROJET A ETE RETENU 32

F) COMPATIBILITE AVEC LES PLANS ET PROGRAMMES 32

G) MESURES ENVISAGEES 35

H) CONCLUSION SUR L’ETUDE D’IMPACT 36

IV EVALUATION DES INCIDENCES NATURA 2000 36

IV/ ETUDE DE DANGERS

A) ENJEUX, DEFAILLANCES ET ALEAS 39

B) CONSEQUENCES D’UNE DEFAILLANCE ET CRITICITE 45

C) ETUDE DE REDUCTION DE RISQUES 58

D) CONCLUSION DE L’ETUDE DE DANGERS 60

V/ OBSERVATIONS ET REPONSES 61

VI/ CONCLUSIONS ET AVIS


- Autorisation de travaux 70

- Concession d’utilisation du domaine public maritime 74

- Déclaration d’intérêt général 77


-

Pièces jointes : Le dossier d’enquête

Le registre d’enquête

Les avis dans la presse

Le certificat d’affichage

3
I – DEROULEMENT DE L’ENQUÊTE
A) SAISINE
Le dossier soumis à enquête publique a pour objet la réalisation des ouvrages de protection
maritime contre les risques de submersions marines - secteur des Boucholeurs- par la réalisation
d’une série de trois épis brise-lames en mer , d'une protection frontale le long du littoral ,de la
réalisation d'une piste ostréicole et la rehausse et le prolongement de l'épi existant
perpendiculaire sur 25 mètres .

- .

- L’autorisation de travaux au titre des articles L214-1 et suivants du code de


l’environnement et R214-1 sous les rubriques 3.2.6.0., 4.1.2.0., 4.1.3.0 du même code.

- La concession d’utilisation du domaine public maritime au titre de l’article L2124-3


du code général de la propriété des personnes publiques.

- La déclaration d’intérêt général des travaux au titre de l’article L211-7 du code


l’environnement

- Le maître d’ouvrage est :

LE SYNDICAT INTERCOMMUNAL DU LITTORAL D’YVES, CHÂTELAILLON,


AIX ET FOURAS (SILYCAF) Mairie de Châtelaillon-Plage 20 Boulevard de la Libération
17340 CHÂTELAILLON-PLAGE

Contexte juridique :

La Déclaration d’Intérêt général (DIG) est une procédure instituée par la loi sur l’eau de
1992 qui permet à un maître d’ouvrage d’entreprendre l’étude, l’exécution et l’exploitation de
tous travaux, ouvrages et installations présentant un caractère d’intérêt général ou d’urgence,
visant l’aménagement et la gestion de l’eau. Elle est soumise à enquête publique (art. L. 211-7
du Code de l’environnement).

L’autorisation de travaux est nécessaire :

4
- au titre des articles L214-1 à L214-4 du code de l’Environnement pour les
installations, ouvrages, travaux et activités présentant des dangers et des effets sur
la ressource en eau, et les écosystèmes, de porter gravement atteinte à la qualité ou
à la diversité du milieu aquatique, entrainant la destruction de zones de frayères, de
zones de croissance ou d’alimentation de la faune ou des déversements,
écoulements, rejets ou dépôts même non polluants. L’autorisation est accordée
après enquête publique.
- Au titre des rubriques de la loi sur l’eau : en application des R214-1 et
suivants pour les rubriques : 4. 1. 2. 0. Travaux d'aménagement portuaires et autres
ouvrages réalisés en contact avec le milieu marin et ayant une incidence directe sur
ce milieu et 4. 1. 3. 0. Dragage et / ou rejet y afférent en milieu marin.

L’utilisation du domaine public maritime en dehors des limites administratives des ports
peut être concédée par arrêté préfectoral par une convention de gestion et soumise à enquête
publique au titre des articles L2124-1 à L2124-10 du code général de la propriété des
personnes publiques.

Le projet est soumis à une étude d’impact puisque par sa nature, ses dimensions et sa
localisation, il est susceptible d’avoir une incidence sur l’environnement et la santé humaine :
articles L122-1 et R122-1 du code de l’environnement modifiés par le décret n°2011-2019 du
29 décembre 2011 portant réforme des études d’impact des travaux, projets et aménagements.
L’étude d’impact comprend les éléments exigés par l’article 214-6 du code de
l’Environnement et vaut document d’incidence au titre de la loi sur l’eau.

En application des articles L123-6 et R123-7 du code de l’Environnement :

Lorsque la réalisation d’un projet, plan ou programme est soumise à l’organisation de


plusieurs enquêtes publiques dont l’une au moins en application de l’article L123-2, il peut
être procédé à une enquête unique…dès lors que les autorités compétentes désignent d’un
commun accord celle qui sera chargée d’ouvrir et d’organiser cette enquête.

Par décision du 1er avril 2015 n° E 15000062/86 rendue par Madame Nathalie
MASSIAS, Présidente du Tribunal Administratif de Poitiers, Monsieur Francis RASSAT,
domicilié 21 bis Avenue du Pas des Bœufs LE BOIS PLAGE EN RE a été désigné en qualité
de commissaire enquêteur titulaire pour conduire l’enquête publique ayant pour objet :

les travaux de défense de côte sur le secteur du village des Boucholeurs sur le territoire des
communes de CHÂTELAILLON PLAGE et d’YVES.

Dans son article 2, la décision de désignation indiquait que le commissaire enquêteur


suppléant était : Jean-Pierre GOUMARD, 4 rue Lapasset, SAINT-MARTIN DE RE.

Par un arrêté n°15-1322 du 15 Juin 2015, Madame la Préfète de la Charente-Maritime a


prescrit l’ouverture d’une enquête publique unique organisée suivant les modalités des
articles L211-7 du code de l’Environnement et suivants ayant pour objet les travaux de
défense de côte décrits ci-dessus.
L’enquête publique portera sur :.
- L’autorisation de travaux
- La concession d’utilisation du domaine public maritime.
5
- La déclaration d’intérêt général
Il n’y aura qu’un rapport d’enquête mais chaque sujet soumis à l’enquête fera l’objet d’une
conclusion séparée.

L’enquête publique a été programmée pour une durée de 32 jours du 6 juillet 2015 au
7août 2015 inclus.

A cet effet, un dossier, comprenant notamment un résumé non technique, une étude d’impact
sur l’environnement, une étude de dangers, a été déposé pendant toute la durée de l’enquête
en mairie de Châtelaillon-Plage, 20 Boulevard de la Libération (17340), siège du Syndicat
Intercommunal du Littoral d’Yves, Châtelaillon-Plage, Aix et Fouras (S.I.L.Y.C.A.F.), maître
d’ouvrage du projet.et en mairie d'Yves le Marouillet.

Le public a pu, aux heures d’ouvertures de celles-ci, les consulter en toute liberté et
commodité.

Composition du dossier :

Le dossier déposé comprend plusieurs livrets de format A4 :

- 1- Un résumé non technique de l’étude d’impact. 36 pages

- 2- Une demande d’autorisation au titre de la loi sur l'eau valant étude d'impact valant étude
d'incidences. 255 pages

- 3- Une évaluation des incidences Natura 2000. 87 pages

- 4-Consignes de gestion des ouvrages de protection contre les submersions marines. 60 pages

- 5- note sur les capacités financières du SILYCAF. 3 pages

- 6-réponses aux interrogations de la DDTM, DREAL et SCSOH.58 pages

- 7-note de synthèse de présentation des projets de défense de côte. 16 pages

- 8- Une étude de dangers (203 pages).

- 9- Demande de DIG et demande de concession du DPM. 65 pages

- 10- dossier d’avant projet détaillé (APD).96 pages

- 11-L’arrêté de mise à l’enquête publique de Madame la Préfète.3 pages

- 12- l’avis d’enquête 2 pages.

- 13- les avis des autorités administratives dont celui de l’autorité environnementale

- Les 4 avis parus dans la presse.

- Les registres d’enquête.( un par commune)


6
-

B) PUBLICITE
L’avis d’enquête a été affiché sur les panneaux officiels des mairies de Châtelaillon Plage et
d’Yves deux semaines avant le début de l’enquête et pendant toute la durée de celle-ci. De
plus un affichage de l’arrêté a été fait par le maitre d’ouvrage pendant toute la durée de
l’enquête, au niveau du projet, affichage visible et lisible de la voie publique avec les
dimensions et caractéristiques fixées par l’arrêté du 24 avril 2012.

De même, l’objet, le but et les modalités de l’enquête publique ont fait l’objet de la publicité
réglementaire dans la presse locale et l’avis d’enquête est paru 15 jours avant l’ouverture de
l’enquête et rappelé dans les huit premiers jours dans les journaux locaux :

- SUD-OUEST : parution de l’annonce dans les éditions du 19 juin 2015 et du 10 juillet 2015.

- LE LITTORAL : parution de l’annonce dans les éditions du 19 juin 2015 et du 10 juillet 2015

C) DILIGENCES
Préalablement à l’ouverture de l’enquête, la préfecture de la Charente-Maritime a consulté
Monsieur RASSAT pour déterminer les jours d’accueil du public.

Monsieur RASSAT est ensuite entré en contact avec le commissaire enquêteur suppléant,
Monsieur Goumard pour lui demander si les dates convenues avec la Préfecture ne lui
posaient pas de problème.

L’arrêté préfectoral n°15-1322 prescrivant l’ouverture d’une enquête publique a été


pris le 15 janvier 2015 au titre des articles L211-7 et suivants du code de l’environnement,
au titre L214-1 et suivants du même code et au titre de l’article L2124-3 du code général de la
propriété des personnes publiques.

Le 29 mai Monsieur RASSAT a reçu de Monsieur Jacques Davier du bureau des Affaires
Environnementales de la Préfecture, une copie du dossier du projet soumis à l’enquête.

Le 6 juillet 2015, lors de sa première permanence en mairie de Châtelaillon-Plage, Monsieur


RASSAT a ouvert le registre d’enquête et paraphé tous les documents du dossier mis à la
disposition du public. Le même jour, il a ouvert le registre d’enquête et paraphé les
documents du dossier en mairie d’Yves.

Monsieur RASSAT a assuré 2 permanences à la mairie de Châtelaillon-Plage, siège du


S.I.L.Y.C.A.F. :
7
- Lundi 6 juillet 2015 de 13h45 à 17h30

- Mardi 21 juillet 2015 de 9h à 12h30

Mairie d’Yves :

- Mercredi 22 juillet 2015 de 8h30 à 12h

- Vendredi 7 août 2015 de 13h30 à 16h30

Au cours de ses permanences, il a reçu plusieurs personnes dont deux ont écrit leur
observation sur le registre d’enquête.

Pendant une permanence, il a rencontré Monsieur le Maire de la commune avec lequel il a


échangé sur le dossier. Il a rencontré, à chaque permanence, Mademoiselle Eve Ageorges
responsables du projet au S.I.L.Y.C.A.F. qui a toujours répondu spontanément à ses
questions.

Le 4 août il a reçu un courrier de la LPO daté du 31 juillet par lequel le président de la LPO
émettait un avis défavorable au projet. Le 5 août, il a transmis immédiatement le courrier à
Monsieur LEONARD, président du SILYCAF, lequel a contacté Madame la Sous-Préfète de
Rochefort. Le 7 août au matin, Madame la Sous-Préfète a provoqué une réunion du service
de l’Etat, de la LPO, du SILYCAF, de l’UNIMA et du bureau d’études, auteur du projet pour
évaluer l’ensemble des remarques et demandes formulées par la LPO. Le même jour dans
l’après midi, à 15h, le président de la LPO, lui a téléphoné en mairie, lors de sa permanence,
pour lui préciser qu’à la suite de la réunion du matin en sous-préfecture, particulièrement
riche en solutions de gestion intelligente du site, il n’y avait pas lieu de tenir compte de son
avis défavorable. Il a ajouté que le compte-rendu de la réunion transmis par Madame la Sous-
Préfète se substituerait au courrier de la LPO.

Ceci a été confirmé par Monsieur LEONARD le même jour à 17h en mairie d’Yves, en
présence de Mademoiselle Ageorges. Monsieur le Maire ayant remis à Monsieur RASSAT
une note dans laquelle il rendait compte de la réunion du matin et s’engageait à respecter
toutes les mesures gestion décidées lors de la réunion.

Les observations de la LPO, le courrier de Monsieur Léonard ainsi que le compte-rendu de la


réunion du 7 août se trouvent dans la partie OBSERVATIONS du rapport.

Le 7 août 2015, à la fin de la dernière permanence à la mairie d’Yves, Monsieur RASSAT a


clos le registre des observations et laissé le dossier de l’enquête à la disposition du Maire.
Ensuite, il est passé en mairie de Chatelaillon pour clore le registre et a laissé le dossier à
Mademoiselle Ageorges.

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Il a communiqué oralement les deux observations à Mademoiselle Ageorge. Il n’y avait pas
lieu de faire un procès verbal de ces observations dans la mesure où elles étaient mineures et
n’appelaient pas de réponses du maitre d’ouvrage.

En conséquence, Monsieur RASSAT était en mesure de dresser procès verbal pour attester le
parfait déroulement de cette enquête.

Le samedi 5 septembre, Monsieur RASSAT m’a appelé pour m’indiquer qu’il n’était
plus en mesure de produire le rapport d’enquête dans la mesure où techniquement il
n’avait plus les moyens de le faire. La date limite du rapport étant le 7 septembre, il me
demander de l’aider puisque :

- j’étais son suppléant

- j’avais déjà fait une enquête semblable pour la protection de la plage Nord de
Chatelaillon

- j’avais le matériel informatique en état pour saisir le rapport.

Il s’était rapproché de la Préfecture pour demander un délai de remise de rapport qui


lui avait été accordé.

J’ai questionné le Tribunal Administratif de Poitiers pour savoir dans quelles conditions
je pouvais aider Monsieur RASSAT. La réponse a été claire : dans la mesure où un
commissaire n’est plus en capacité de terminer son enquête, c’est le suppléant qui
devient le seul commissaire enquêteur de l’enquête. Je ne pouvais donc pas aider
Monsieur RASSAT : il me fallait prendre le relais et terminer l’enquête.

J’ai donc commencé à étudier le rapport à partir du lundi 7 septembre.

Après avoir lu et étudié les différents rapports d’études (Etude d’Impact, Etude de
dangers, Etude d’incidence Natura 2000…), j’ai commencé à rédiger le rapport. Je me
suis vite aperçu qu’un déplacement sur place était incontournable. J’ai téléphoné à la
mairie de Châtelaillon pour demander un rendez-vous à Mademoiselle Ageorges,
responsable du projet au SILYCAF. Ne pouvant me recevoir et m’accompagner sur
place, elle a demandé à Monsieur NEVEUX, ancien adjoint et membre du SILYCAF de
la remplacer. J’ai donc passé deux heures sur le secteur des Boucholeurs pendant
lesquelles Monsieur NEVEUX, faisant preuve de beaucoup de connaissances sur le sujet,
m’a expliqué en détail l’ensemble des travaux projetés.

J’ai téléphoné à Monsieur DAVIER du Bureau des Affaires Environnementales de la


Préfecture pour l’informer du changement de commissaire enquêteur et de la date
probable de la remise du rapport.

Je suis donc en mesure de rédiger le rapport et de donner un avis.

9
II/ LE PROJET
La tempête Xynthia des 27 et 28 février 2010 a démontré l’insuffisance des ouvrages de
protection du village des Boucholeurs. En effet, 441 maisons ainsi que la RD 137 ont été
touchées. Les eaux ont submergé le secteur du village des Boucholeurs par différents
moyens : submersion du front de mer, entrées d’eau via les marais d’Yves, reflux par le canal
de Port-Punay.
Depuis décembre 2011, le Syndicat Intercommunal du Littoral Yves Châtelaillon Aix Fouras
(SILYCAF) porte un Programme d’Actions et de Prévention des Inondations (PAPI) sur les
communes de Châtelaillon-Plage et Yves visant à réduire la vulnérabilité du territoire face au
risque inondation. Ce programme définit, de manière concertée avec l’ensemble des acteurs
du territoire, un certain nombre d’actions visant d’une part à développer une culture du risque
(prévention et sensibilisation) et d’autre part à protéger les enjeux humains et matériels par la
construction d’ouvrages de protection sur l’ensemble d’un bassin de risque.
Le secteur du village des Boucholeurs est concerné par plusieurs opérations de protection
côtière sous maîtrise d’ouvrage SILYCAF en ce qui concerne leur réalisation.
La gestion des ouvrages une fois réalisés sera également à la charge du SILYCAF.
Le dispositif de défense de côte projeté prévoit de :
- Redimensionner les ouvrages de protection de front de mer existant entre le port des
Boucholeurs et la route de l’Oasis
- Créer deux brise-lames en enrochements dans le prolongement de l’existant
- Conforter le brise-lames existant
- Rallonger et rehausser l’épi existant (initialement prévu dans la fiche action du dossier PAPI
labellisé)

Des aménagements connexes et complémentaires seront également réalisés dans le cadre de


cette action :
- Ré-ensablement le long de l’épi
- Création et provision de batardeaux amovibles
- Création d’une piste ostréicole en pied de digue

A / SITUATION DES LIEUX

10
.

11
Les travaux associés à ce projet concernent le littoral du quartier des Boucholeurs, petit
village conchylicole situé au sud de la commune de Châtelaillon-Plage, Charente-Maritime,
ayant également une emprise sur la commune d’Yves sur sa moitié Est.
Une partie des travaux se déroulera sur la protection frontale existante le long du littoral entre
le port des Boucholeurs et la route de l’Oasis. L’autre partie aura lieu directement sur l’estran
de l’Anse des Boucholeurs

B/ NATURE DU PROJET
Le dispositif de défense contre les submersions marines permet de protéger l’ensemble du
secteur des Boucholeurs tout en maintenant une vue dégagée sur la mer. Le projet comprend
le rehaussement du brise-lame existant ainsi que la construction de 2 nouveaux brise-lames
dans la continuité de ce dernier, situés à 200 m du rivage. Ces ouvrages permettront
l’atténuation de la houle du large. Le dispositif est complété par la reprise de la digue de
protection frontale ayant pour objectif de protéger les populations riveraines contre la
submersion.
Les travaux comprennent donc :
La réalisation de deux brise-lames en mer de 170 m chacun dans la continuité de l'existant,
dont le centre est situé à une distance de 200 m environ de la côte et orientés dans un axe
perpendiculaire à la propagation des houles de projet (Nord-Ouest / Sud-Est),
La rehausse et le rallongement du brise-lames existant pour atteindre une efficacité
similaire aux deux nouveaux ouvrages à créer,
La réalisation d'une protection frontale le long du littoral d’environ 1 600 ml composée :
• D'un talus en enrochements surmontés d'un mur de couronnement arasé à +5.20 m
NGF devant les zones urbaines entre la jetée Ouest et la parcelle 126 ;
• D'un talus en enrochements surmonté d'un mur de couronnement qui progresse de
+5.20 à +6.30 m NGF sur 100 ml vers l’Est à partir de la parcelle 126 ;
• D'un talus en enrochements surmonté d'un mur de couronnement arasé à +6.30 m
NGF devant les zones conchylicoles depuis la fin de la zone de transition jusque
devant le Havane ;
• D'un talus en enrochements surmonté d'un mur de couronnement arasé à +5.85 m
NGF devant le Havane jusqu’à la route de l’Oasis à l'Est.
La réalisation d’une piste ostréicole implantée en pied de la protection frontale et se
dirigeant vers les brise-lames au large pour l'accès des engins ostréicoles professionnels ;
La rehausse et le prolongement de l'épi existant à l’Est de la zone sur 25ml, et le
rechargement en sable sur sa face Ouest.

Mur de couronnement :
Le mur actuel dont la berme est en béton sera cassé et remplacé par un autre de telle manière
qu’adossé en retrait de la berme en enrochement il permettra de compléter la protection
contre les franchissements de paquets de mer tout en séparant le sentier piéton de l’ouvrage. Il
sera de hauteur comprise entre 5.2m NGF et 6.3mNGF selon les secteurs.
La partie verticale présentera une épaisseur supérieure à 50 cm en béton armé, ancré en
profondeur dans le remblai pour avoir une largeur minimum de 2 m. La berme qui le longera
côté mer sera ré-haussée, nettement plus large et faite par des blocs de diorite afin que la
12
vague ne puisse plus se briser contre le mur et passer au-dessus de celui-ci comme elle
pouvait le faire avec une berme en béton.
Le projet prévoit aussi un rechargement de 10 000 m3 de sable au niveau de l’épi ré-haussé.
afin de maintenir les accès à la mer, des batardeaux amovibles seront disposés à l’extrémité
des murs.
Dans la zone ostréicole, le long du mur côté terre, jusqu’à la route de l’Oasis, une bande de
terrain de 5m aura une servitude de passage pour faciliter l’accès à la mer des engins de
chantier dans le cas de travaux sur la digue.
La digue fera une rotonde qui séparera la zone urbaine de la zone de transition et le trait de
côte sera rectifié pour éviter les angles de digues. Le mur a une arase à 5.20 NGF pour éviter
l’effet de rempart dans la partie urbaine. Par contre son altitude s’élèvera jusqu’à 6.30m dans
la partie ostréicole pour redescendre à 5.85 en vue du raccordement à la digue du Conseil
Général qui aura cette altimétrie.

Travaux hors projet :


En complément des ouvrages de défense de côte, lesquels ont pour rôle de limiter les volumes
de submersion sans pour autant garantir une parfaite étanchéité, un procédé de gestion des
volumes franchissants doit être prévu sur les territoires urbanisés sensibles au risque de
submersion.
Le SILYCAF a pensé à la réalisation d’un dispositif composé de divers aménagements visant
à concentrer les eaux de surverse et les rediriger vers des zones identifiées pour leur stockage
tout en limitant l’apport des eaux en provenance du bassin versant amont :
• redimensionnement du réseau pluvial existant basé sur l’étendue et les volumes de
surverse connus et issus de la modélisation de submersion terrestre .
• réalisation de batardeaux destinés à orienter les eaux vers le pertuis du canal
• confortement de la berge gauche du canal de Port-Punay
• curage du réseau de fossés existant en amont de la route de Port-Punay afin de restituer
leur capacité de stockage
• réalisation d’une connexion avec une baisse afin d’utiliser son volume pour le
stockage temporaire des eaux de surverse
• mise en place d’une vanne de sectionnement en amont de la RD 137 destinée à bloquer
l’apport du bassin versant en cas d’alerte rouge et permettre une vidange1 isolée du
canal de Port-Punay (entre l’exutoire et la RD 137)
• réfection de l’exutoire du canal de Port-Punay et intégration dans la digue frontale
projetée
• mise en place d’une vanne à l’exutoire du canal permettant la gestion courante et
exceptionnelle du niveau d’eau dans le canal

13

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Le coût global des travaux du présent projet
Les travaux sont estimés dans le rapport à 9,5 millions d’euros HT dont le financement est
assuré ainsi : 40% Etat, 20% Région, 20% Département, Commune de Châtelaillon 8% ,
commune d’Yves 12%.
Monsieur NEVEUX m’a indiqué qu’il pensait que le coût ne dépasserait pas 7 millions
d’euros.

COUPE TYPE DES BRISES LAMES


Coupe transversale A-A 1

Echelle 10 m

Echelle : 1/150 (A4) Carapace 0.5-2


au d'eau Xynthia (+4.7 mNGF) +4.5 mNGF 7
/
I· 4,S m ·I
Géotextile Sous-couc
Fil

+0.9 mNGF

COUPE TYPE DE LA PROTECTION FRONTALE DEVANT LE HAVANE

15
16
C/ NOMENCLATURE

3.1 Dossier d’étude d’impact


.
Le projet est soumis à étude d’impact au titre de l’article R.122-2 du Code de
l’Environnement déclinant les projets soumis obligatoirement et systématiquement à étude
d’impact et ceux soumis à étude d’impact au cas par cas, selon décision du Préfet (Rubrique
10 concernant les besoins d’entretien des ouvrages maritimes).
L’étude d’impact peut valoir étude d’incidences « Natura 2000».
Toutefois, en fonction de plusieurs facteurs (importance volumique de l’étude d’impact et
aisance de lecture, mais aussi point de vue en la matière des responsables administratifs
concernés) il est apparu préférable de concevoir plusieurs documents distincts et
complémentaires (étude d’impact valant étude d’incidences « loi sur l’Eau » d’une part /
étude d’incidence « Natura 2000 » d’autre part) plutôt qu’un seul et lourd rapport
d’étude globale

3.2 Dossier d’incidence loi sur l’eau

Un régime d’autorisation ou de déclaration, incluant une évaluation des incidences sur l’eau et
les divers compartiments aquatiques, est prescrit par les articles L214-1 et suivants du Code
de l’Environnement (articles L214-1 à L214-6 = anciennement article 10 de la loi 92-3 du 3
janvier 1992 sur l’Eau). Les travaux et aménagements définis dans ce projet sont soumis à un
régime d’Autorisation au regard des rubriques 4.1.2.0 (montant des travaux > 1 900 000
euros) et 3.2.6.0 (Ouvrages de protection contre les submersions).

3.3 Evaluation Natura 2000


Une évaluation des incidences sur les sites, habitats et espèces Natura 2000 est requise au titre
de l’article R414-19 du Code de l’Environnement, le projet se situant au sein ou à proximité
immédiate de 4 sites Natura 2000. Ces 4 sites sont :

• FR5400429 Marais de Rochefort (SIC, Directive Habitat Faune Flore) : projet inscrit
au sein de ce périmètre,
• FR5400469 Pertuis charentais (SIC, Directive Habitat Faune Flore) : projet au
voisinage direct de ce périmètre,
• FR5410013 Anse de Fouras, baie d’Yves, marais de Rochefort (ZPS, Directive
Oiseaux). Projet inscrit au sein de ce périmètre,
• FR5412026 Pertuis charentais – Rochebonne (ZPS, Directive Oiseaux) : projet au
voisinage direct de ce périmètre.
o Cette étude fait l’objet d’un document d’évaluation distinct de l’étude
d’impact.

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III / ETUDE D’IMPACT

A/CONTEXTE GENERAL DE LA ZONE DU PROJET

Le village des Boucholeurs se situe dans la baie d’Yves, au nord de l’anse des Boucholeurs.
L’anse s’étend sur 3 km (orientation Nord/Sud) et est constituée de sédiments vaseux à sablo-
vaseux. Sur ce vaste estran, les cotes marines atteignent 4.5 m CM au niveau du port des
Boucholeurs et sur une bande d’environ 500 m de large dans le fond de la baie. Le domaine
terrestre bordant l’anse des Boucholeurs est situé à un niveau topographique bas voire très bas
(jusqu’à 3 m NGF1 pour la réserve Naturelle de la baie d’Yves). Le village est le débouché du
canal de port Punay qui draine le marais endigué de Voutran.
Le village des Boucholeurs dispose d’un dispositif d’ouvrages de défense contre la mer
composé de :
• Une jetée à l’ouest du port des Boucholeurs, d’une longueur de 200 m, orientée
SO/NE dont l’arase supérieure est située à 5,2 m NGF.
• Un brise-lames au sud de cette jetée. En forme de « V », il mesure près de 120 ml avec
une arase supérieure comprise entre 3,80m NGF et 4m NGF en moyenne.
• Une protection frontale côtière, de 1200 ml longeant le quartier des Boucholeurs
d’Ouest en Est. Elle est constituée d’un perré béton surmonté d’un muret en béton.
L’arase du muret est comprise entre +5,20 et +5,30m NGF. Plus à l’Est du village, les
ouvrages de protection sont constitués d’un cordon de blocs.
• 6 épis ont été aménagés le long de l’estran des Boucholeurs ; ils jouent un rôle de
piégeage des sédiments.
Ces ouvrages se sont toutefois révélés insuffisants pour protéger les habitations ainsi que
les infrastructures lors de la tempête Xynthia le 28 février 2010. Les eaux ont submergé la
zone : reflux par le canal de port Punay, submersion du front de mer et entrées d’eau via les
marais d’Yves dont les digues ont été submergées et en partie détruites.

B/ ENVIRONNEMENT PHYSIQUE DE LA ZONE DU PROJET


Géologie, géomorphologie, bathymétrie et topographie

Du point de vue géologique, la région de Châtelaillon fait partie du domaine charentais


appartenant à la couverture sédimentaire du bassin d’Aquitaine. Ces terrains Secondaires,
d’âge Jurassique, sont constitués de calcaires marneux. En arrière-pays, les marais de
Rochefort se sont formés suite au comblement d’un ancien golfe qui découpait la côte
charentais.
L’anse des Boucholeurs se situe à un niveau altimétrique très bas, le contexte local de
baie bordée de zones humides (marais) induisant un relief peu marqué fait de creux et de
bosses de très faible altitude. Les zones terrestres basses, depuis le village des Boucholeurs
jusqu’à la réserve, sont à un niveau compris entre 3 et 5 m NGF. Les points « hauts » sont
constitués par la pointe de Châtelaillon qui atteint une altitude de 21 m NGF, et au Sud la
pointe du Rocher dont les falaises relativement abruptes culminent à 15 m NGF.

18
En mer, l’estran s’étend sur moins de 2 km au large du port des Boucholeurs, et jusqu’à 4 km
environ au large de la pointe du Rocher. Son niveau est d’environ 1 m NGF sur les 500
premiers mètres de la frange littorale, (considérant que le Zéro Hydrographique de
référence est celui de La Rochelle, à -3.503 m NGF), avec une pente moyenne extrêmement
faible (inférieure à 2‰).

Hydrodynamique locale : marée, courants et agitation

Régulière au large, l’onde de marée semi-diurne se gonfle à l’entrée du pertuis d’Antioche et


se déforme à l’approche des côtes rochelaises, notamment en période de morte-eau.
L’amplitude de la marée dépasse rarement 6.50 m en vive-eau, sauf conditions
exceptionnelles (tempête Xynthia). Le marnage moyen est d’environ 4 m, avec un niveau
moyen de +3,90 m CM.
.
La pression atmosphérique, les vents marins et le déferlement des vagues ont un impact
direct sur les phénomènes de surcote. Les effets conjugués de ces phénomènes génèrent des
surcotes atteignant fréquemment des valeurs de +0,2 à +0,5 m. En cas de conditions
exceptionnelles et conjugués à d’autres paramètres (pleine mer de vives eaux, fort
coefficient), les phénomènes de surcote peuvent atteindre des valeurs extrêmes (+4,50 m NGF
pendant la tempête Xynthia) dépassant le niveau extrême de référence.
Deux types d’agitation sont caractéristiques dans le fond des pertuis : les houles locales ou
mers de vent, qui se caractérisent par des vagues de très courte période, et les houles
océaniques, générées en Atlantique et caractérisées par des hauteurs importantes et des
périodes très longues.
Plus les périodes de houle sont longues, plus le phénomène de réfraction vers les îles est
important. Seule la houle de courte période est susceptible d’atteindre le fond du pertuis
d’Antioche.

C/ANALYSE DES COMPOSANTES PRINCIPALES DE


L’ENVIRONNEMENT ET DES MESURES A METTRE
EN OEUVRE.

1° Effets sur la topographie et la bathymétrie


L’impact des aménagements sur la topographie est l’objectif principal recherché par ce
projet. Les travaux consistent en un renforcement et un rehaussement des ouvrages de
protection frontale afin de protéger les riverains contre les risques de submersion. C’est
donc un impact direct, positif et souhaité sur le plus durable possible. Les figures
suivantes illustrent les zones inondées durant Xynthia, et les niveaux d’eau maximaux
attendus en condition de projet pour les nouveaux aménagements.

19
Figure 6 – Niveaux d’eau maximaux atteints en conditions de projet (Source : Créocéan, 2014)

Les parcelles sujettes à inondation sont en net recul et les épaisseurs d’eau n’atteignent
plus qu’au maximum 50 cm dans certains secteurs isolés de « cuvette ». Le volume

d’eau franchissant en conditions de projet est estimé à 31 000m3 (en comparaison des

plusieurs centaines de milliers de m3 ayant pénétré lors de l’évènement Xynthia).

20
Les ouvrages de brise-lames auront un effet indirect sur la bathymétrie des fonds situés
dans leur ombre dynamique. Les simulations numériques réalisées sous différentes
conditions laissent à penser que le dépôt de sédiments fins devrait atteindre les niveaux
observés actuellement en arrière du brise- lame existant.

Tendances au dépôt dans l’ombre des nouveaux brise-lames illustrées par les modèles
hydrosédimentaires (Etat actuel (à gauche) et état futur (à droite) modélisé par condition de vent de
Sud- ouest de 20 m/s, et après une pleine mer de vive-eau.) Source : Créocéan, 2014)

Les mesures préconisées concernent essentiellement le balisage des brise-lames à


l’avancement en phase travaux afin d’identifier les dangers à la navigation constitués par
ces nouvelles élévations des fonds.

2° Effets sur l’agitation

Encore une fois, les aménagements projetés sur ce littoral des Boucholeurs ont un
objectif d’atténuation de l’agitation afin de répondre aux exigences de protection contre la
submersion. Les impacts d’atténuation de la houle sont donc directs et souhaités le plus
durables possibles.

Les coefficients de transmission et d’atténuation atteints dans la configuration retenue pour


les ouvrages des brise-lames sont :

21
Pour les conditions de projet d’une houle incidente Hs=1,8m, la houle transmise ne sera
plus que de 0,76 m. Le talus en enrochement de la digue de protection frontale contribuera
ensuite à l’atténuation de l’énergie de la houle résiduelle transmise. Les schémas suivants
sont des extraits du modèle mis en œuvre par Créocéan pour visualiser le comportement
des ouvrages face à la houle (rouge = vagues > 1.8m / bleu sombre = vagues < 0.2 m).

Conditions actuelles

22
Comportement des ouvrages sur l’agitation en conditions de projet

Aucune mesure d’évitement, de réduction ou de compensation n’est prévue à ce titre.

3°Effet sur la sédimentation et la dynamique sédimentaire

Le fond du pertuis d’Antioche est un milieu abrité, favorable au processus de sédimentation


grâce aux apports en particules fines de la Charente et de la Sèvre Niortaise. La baie d’Yves
présente toutes les caractéristiques de ces zones de colmatage progressif, se traduisant
notamment par des vasières intertidales typiques des fonds de pertuis.
Le transport des sédiments se fait par l’intermédiaire des courants, de la houle et du vent.

Les effets du projet s’expriment principalement dans la phase d’exploitation des ouvrages.
Les relativement faibles remaniements de sédiments en phase travaux n’auront pas de
conséquence notable sur la sédimentologie et la dynamique sédimentaire locale. Le premier
impact direct permanent s’applique à la réduction des surfaces sédimentaires meubles
sur les emprises des ouvrages sur l’estran où des matériaux durs seront implantés à la
place. L’emprise cumulée des ouvrages (digue de protection frontale, piste ostréicole et
brise-lames) équivaut à environ 4,3ha.

Les ouvrages en phase d’exploitation auront également un impact indirect sur la


dynamique sédimentaire en interférant sur les conditions de transport du milieu.
L’analyse croisée des différents processus : agitation, courants, transport sableux et
transport des sédiments fins, ainsi que des différentes conditions météo-
océanographiques, en parallèle des observations faites sur le terrain et d’éléments
d’analyse à dire d’expert, permet de résumer les impacts hydrosédimentaires possibles
des futurs aménagements. Les prédictions suivantes peuvent être retenues :
23
1) Un dépôt de vases à prévoir en arrière des nouveaux brise-lames, avec un
exhaussement des fonds du même ordre de grandeur que ce qui s’observe aujourd’hui
derrière le brise-lame actuel ;
2) Les accumulations sableuses du haut de plage devraient perdurer, dans un contexte
de dérive littorale affaiblie et de faible disponibilité locale en sédiment sableux ;
3) Les brise-lames n’auront pas d’impact notable sur les flux sableux en dehors de la
zone des Boucholeurs ;
4) La zone des herbiers devrait être caractérisée par une relative stabilité, ou un léger
exhaussement, de moindre ampleur que celui prévu derrière les brise-lames. Ainsi, le
maintien de l’herbier est probable. Rappelons néanmoins que les imprécisions du modèle
hydro-sédimentaire empêchent d’affirmer cette absence d’effets sur le long terme avec
une totale certitude.

Les impacts d’ordre sédimentaire seront donc très localisés, et seulement notables à
l’arrière des nouveaux brise-lames.

4° Effet sur la qualité des eaux marines

La surveillance de la qualité des eaux marines se fait au travers de plusieurs réseaux


nationaux ou départementaux.

Dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), un suivi de la qualité écologique et
chimique des eaux a été mis en place permettant la surveillance des masses d’eau
souterraine et de surface. Au regard de ce suivi, la qualité chimique et l’état écologique
des eaux littorales des Boucholeurs est jugée bonne..

Les réseaux de surveillance de l’IFREMER (Institut Français de Recherche pour


l’Exploitation de la Mer) permettent de qualifier la qualité des zones conchylicoles exploitées
par les professionnels :

- Le réseau ROCCH (Réseau d’Observation de la Contamination CHimique)


permet l’évaluation des niveaux et des tendances des contaminants chimiques et
des paramètres généraux de la qualité du milieu, ainsi que la surveillance des
effets biologiques des contaminants sur les mollusques (ici les huîtres). La

24
surveillance chimique concerne 3 métaux réglementés : le cadmium, le mercure et
le plomb. Pour ces 3 contaminants, les valeurs mesurées sur la station la plus
proche de la zone de projet sont inférieures aux seuils réglementaires de qualité.
- Le réseau REMI (REseau MIcrobiologique) vise la surveillance de la qualité
microbiologique des eaux conchylicoles. Les résultats montrent une assez bonne
bactériologique du milieu, avec de rares épisodes de contamination.

Les délégations départementales des ARS (Agence Régionale de Santé) prennent en


charge la surveillance de la qualité des eaux de baignade et des gisements naturels de
coquillages concernés par la pêche à pied de loisir. La qualité des eaux de baignades de la
plage « des Boucholeurs » est assez de moyenne qualité en 2010, 2011 à bonne en 2012.
En 2013, le classement n’est pas établi et les relèvements effectués en été 2014 montrent
une bonne qualité globale des eaux.

La sensibilité du secteur d’étude est jugée forte au regard d’une part des
fonctionnalités écologiques majeures des replats vaseux et sablo-vaseux exondés à
marée basse en fond des pertuis, et d’autre part, du fait de l’activité conchylicole proche
de la zone de projet (<1km pour partie d’entre elle) et de la dépendance de cette
activité à la bonne qualité du milieu (parcs à huîtres, prises d’eau pour les claires
ostréicoles…).

L’impact des travaux sur la qualité du milieu aquatique est estimé faible à court-
terme. En phase d’exploitation des ouvrages, les matériaux neutres constituant les
ouvrages et le maintien de la circulation des eaux en arrière des ouvrages
permettront de maintenir une bonne qualité de la masse d’eau.

5°Qualité des sédiments de l’estran

En juillet 2014, des échantillons de sédiments de surface ont été collectés sur les emprises
des futurs ouvrages en vue d’analyses physico-chimiques. Le sédiment au niveau des
emprises des brise-lames sont vaso-sableux, relativement fin, et devient sablo-vaseux, plus
grossier, au pied de du mur de protection. Les analyses démontrent une bonne qualité
physico-chimique des sédiments au regard des valeurs de référence. Seules des valeurs
hautes de certaines concentrations bactériennes des sédiments sont à noter, bien que

25
cela puisse être un phénomène ponctuel, par exemple lié à des rejets urbains moins
dilués en période sèche (prélèvements durant le mois de juillet).

Comme pour la composante « Qualité des eaux », la sensibilité du secteur d’étude est jugée
forte au regard de l’importance écologique de la zone et de l’activité conchylicole. Les
mécanismes d’impact sur la qualité sédimentaire sont liés à la perturbation physique du
sédiment par les engins de chantier. Les analyses physico-chimiques témoignant d’une
bonne qualité générale du sédiment, les risques de remise en suspension de polluants
sont donc négligeables. Le respect d’un plan HSE (Hygiène Sécurité Environnement) par
l’entreprise permettra de limiter les risques de déversements accidentels de produits
polluants.

6° Composante phytoplanctonique

Le phytoplancton représente l’ensemble des algues microscopiques qui flottent dans les
eaux. C’est un élément fondamental de la chaîne alimentaire dans l'écosystème marin car il
sert de nourriture à de nombreux organismes animaux.

Les travaux ne peuvent avoir un quelconque impact sur la production primaire ou


l’équilibre du réseau trophique même localement, liés à cette composante.

De la même manière les ouvrages en phase d’exploitation ne sont pas de nature à impacter
directement ou indirectement les communautés elles-mêmes ou leur milieu.

7° Composante benthique

Les habitats benthiques de la zone d’étude dans son ensemble


La faune vivant sur les fonds de la baie d’Yves est caractéristique du sédiment sur lequel elle
vit. La présence de vase ou d’éléments vaseux, influence la diversification de cette faune :
vers et bivalves, petits crustacés, puces de mer, coque commune, hydrobies, annélides
Ces organismes composent une ressource trophique d’intérêt attirant aussi bien les oiseaux
que certains poissons.

26
:Les travaux auront un effet direct et permanent de destruction des organismes endogés
ou épigés présents sur les emprises du chantier. Le retour sur site à chaque basse-mer des
engins de chantier et la progression de construction des ouvrages ne permettra pas la
recolonisation de ces surfaces.
Cependant, la sensibilité de la composante benthique est jugée moyenne au regard des
surfaces réduites concernées par l’emprise des aménagements en comparaison à la
disponibilité surfacique de ces types d’habitats dans la Baie d’Yves. Il faut noter
également qu’une partie significative des emprises des nouveaux aménagements se situe
actuellement sur des zones sous forte influence anthropique : passage d’engins ostréicoles,
friches ostréicoles, mouillages.
En phase d’exploitation, l’impact sera direct et à long terme sur les habitats benthiques
meubles concernés par les emprises (modification du substrat superficiel) et sur les
communautés faunistiques associées (diminution des surfaces meubles colonisables).
Au regard des simulations numériques de dynamique sédimentaire réalisées à l’échelle de la
Baie d’Yves, aucun impact indirect ne devrait se faire ressentir sur les habitats à
l’échelle globale de la baie suite à la création des nouveaux ouvrages.

8° Focus sur les composantes végétales


.
Les travaux n’impacteront pas directement les herbiers, les passages des engins sur
l’estran ainsi que l’emprise des aménagements évitant volontairement cet habitat. Les
mécanismes indirects d’impacts peuvent être liés à la remobilisation des sédiments perturbés
et à la remise en suspension en phase travaux (évaluée faible et brève sur les flots de marée
consécutifs aux travaux) et à la modification des courants et de la dynamique sédimentaire.
Les zostères naines tolèrent de faibles variations de courant et de sédimentation, les impacts
indirects devraient donc être minimes et sans conséquence sur la composante végétale.
9° Poissons, crustacés et mollusques

Les travaux étant effectués à marée basse, il n’y aura aucun impact direct sur la
composante poisson.. Ces travaux engendreront plutôt des impacts indirects : par la
destruction localisée de peuplements benthiques, réduction du potentiel de nourrissage,
modification des conditions écologiques provoquant la réduction du potentiel de
nourricerie.

27
10° Avifaune

La baie d’Yves est un site d’importance pour l’avifaune. La Réserve Naturelle des Marais
d’Yves au Sud-Est de la zone projet est gérée par la Ligue de Protection des Oiseaux. 249
espèces d’oiseaux (200 régulières) ont été observées sur la réserve naturelle et la baie d’Yves.

La sensibilité de la composante « avifaune » est forte, compte tenu de l’importance des


fonctionnalités écologiques de la baie d’Yves pour les oiseaux côtiers.
Ces travaux vont engendrer un impact direct de dérangement (bruit des opérations,
mouvements) lors de la phase de travaux sur les populations de limicoles en alimentation
sur l’Anse des Boucholeurs. Des impacts indirects seront également à prévoir : Comme pour
la composante « poisson », les travaux engendreront une destruction d’une part, toutefois
faible, des ressources alimentaires.
L’impact sur l’avifaune est cependant jugé modéré, sans conséquences néfastes à long-
terme sur ces populations d’oiseaux. Les individus dérangés pourront s’envoler vers des
espaces plus calmes d’alimentation, notamment au Sud.
Une mesure d’atténuation pourrait être mise en oeuvre sur la base d’une concertation entre
l’entreprise, les services de l’Etat et les acteurs principaux (LPO, Réserve). La pertinence
d’un standby temporaire des travaux pendant la période d’hivernage doit être étudiée au
regard des travaux concomitants au niveau de la Réserve, de l’efficacité de cette mesure ainsi
que de la faisabilité calendaire du chantier.

11° Activités humaines

Le village des Boucholeurs est implanté sur deux communes voisines, Châtelaillon-Plage et
Yves, et est principalement un secteur résidentiel. Les activités professionnelles se
concentrent autour de la conchyliculture et du tourisme. Le port des Boucholeurs dispose de
quelques places sur corps-morts, permettant une petite activité de plaisance. La baignade n’est
pas pratiquée au niveau du village, l’estran vaseux ne s’y prêtant guère. La pêche à pied est
pratiquée activement au nord de la baie d’Yves, à la pointe de Châtelaillon.

28
L’enjeu du projet est majeur pour la population résidante en arrière des digues et s’inscrit dans
un vaste plan de protection des populations côtières contre les risques de submersion marine.
La sensibilité est bien évidemment forte au vu des risques actuels pesant sur la population
ainsi qu’aux biens matériels. Elle est la justification première de ces nouveaux aménagements.
Les travaux auront des impacts directs et significatifs sur la population : bruit, circulation
difficile, poussière… Ces impacts sont inévitables ; ils seront limités à la seule durée du
chantier.
Cependant, les conséquences de ces travaux seront directes et positives sur la population :
les aménagements réduiront de façon importante les risques de submersion marine.
.
Plusieurs mesures peuvent s’appliquer afin de limiter au mieux l’impact sur le tourisme
et les riverains : le maintien autant que faire se peut des accès aux commerces, cafés et
restaurants, un aménagement de la période de travaux, en laissant libre de toute opération la
période de haute fréquentation touristique estivale, entre juillet et août, pourrait être envisagé.
Les opérations de chantier sur l’estran et au niveau de la digue frontale constituent un
impact direct modéré mais limité à la durée du chantier sur les activités ostréicoles.
L’espace du port des Boucholeurs ainsi que les différents accès à l’estran devront être
organisés afin de permettre la circulation des engins ostréicoles.
. Les impacts devraient donc rester modestes et sans conséquence directe sur la qualité
des coquillages en élevage.
Les nouveaux brise-lames constitueront de nouveaux obstacles à la circulation des engins
ostréicoles sur ce littoral. Cependant, cet impact direct est faible, la distance entre chaque
ouvrage (~50 m) permettant le passage aisé des véhicules roulants. Ils auront même un impact
direct positif sur la protection des biens et installations ostréicoles à terre contre les risques de
submersion marine.

12° Intégration paysagère

La définition des ouvrages du projet a intégré un volet d’intégration paysagère dont


peuvent rendre compte les illustrations suivantes. Un impact minimal ou acceptable a été
recherché, en concertations avec les interlocuteurs institutionnels.

Vue orientée Sud sud-est, depuis la jetée du port des Boucholeurs vers les nouveaux brise- lames

29
Etat actuel

Etat futur

Figure 10 - Vue latérale orientée Ouest, depuis le front de mer à quelques mètres à
l’Est de la cale centrale, en direction du port des Boucholeurs

Etat actuel

30
Etat futur

D/ ANALYSE DES EFFETS CUMULES DU PROJET AVEC


D’AUTRES PROJETS CONNUS
31
Le projet de réalisation d’ouvrages de protection sur le littoral des Boucholeurs s’inscrit dans
un programme d’actions à plus grande échelle comprenant :
 L’aménagement du canal de Port Punay : Travaux réalisés
 La réalisation d’une digue au niveau des installations de la SACOM et de la Réserve
Naturelle d’Yves.
C’est donc au regard de ce deuxième projet contigu qu’une analyse des effets cumulés
possibles devrait être réalisée. Les éléments à notre connaissance ne nous le permettent
cependant pas à la date de restitution de ce dossier.

E/ RAISONS POUR LESQUELLES LE PROJET A ETE


RETENU
La solution retenue pour ce dispositif d’ouvrages de protection contre la submersion marine
est issue de longues concertations menées entre Créocéan, le SILYCAF, les Services de
l’Etat et les acteurs principaux concernés. Depuis pratiquement 2 ans, les études
préalables visant à dimensionner le projet ont permis de confirmer le choix d’une solution
optimale répondant :

- Aux exigences de protection des populations riveraines contre la submersion

- Au comportement adéquat des ouvrages en cas de tempête

- A l’enveloppe budgétaire à tenir

- Aux contraintes paysagères du site projet

- Aux contraintes environnementales naturelles sensibles du milieu marin

Le projet retenu a été choisi parmi 6 scénarios d’aménagement qui ont été étudiés au
cours de ces études préalables.

F/ COMPATIBILITE AVEC LES PLANS, PROGRAMMES ET


SCHEMAS EN VIGUEUR

Compatibilité avec les PLU

Les ouvrages portés, servant à la défense des côtes s’inscrivent en zone Aop pour
Châtelaillon- Plage, le projet est donc compatible avec les PLU Côté Yves, le projet s’inscrit
en zone Aor. La piste ostréicole est une nécessité afin de permettre aux ostréiculteurs
d’accéder aux parcs pour exercer leur activité, comme le dispose le code de l’urbanisme,
32
article L146-7. La piste ostréicole relève de cette catégorie d’ouvrage autorisé du fait de
l’absolue nécessité de proximité de l’eau et des espaces ostréicoles desservis.

Compatibilité avec le SCOT

Parmi les objectifs des politiques publiques d’aménagement, le SCOT identifie le besoin
de prévention des risques. Pour les risques littoraux, il recense notamment d’intégrer dans
les aménagements les dispositions permettant de réduire la vulnérabilité des territoires, les
perspectives d’évolution des océans tout en prenant en compte la connaissance actuelle
des risques dans les politiques d’aménagement. Le projet ainsi que l’ensemble des études
et démarches préalables d’émergence et de définition de ce projet, répondent de facto à ces
orientations spécifiques au littoral.

Compatibilité avec le SDAGE Adour-Garonne

Le projet s’inscrit au sein du bassin Adour-Garonne, près de la limite nord de ce bassin.


Le projet a été conçu avec le souci de préserver les fonctionnalités du milieu marin littoral
et sera sans incidence sur les qualités des eaux, tant pour un usage balnéaire que pour ce
qui est des eaux conchylicoles proches. Il ne sera pas sans effet sur le milieu naturel
local ni sur les usages ou occupations humaines de cet espace, le but étant d’avoir un
ouvrage de protection contre le risque de submersion. Mais ces effets sont estimés
compatibles avec la sauvegarde des qualités et fonctionnalités écologiques de la zone
intertidale. Le projet est donc compatible avec le SDAGE Adour-Garonne.

Compatibilité avec le SAGE Charente

Les enjeux du SAGE sont de restaurer et préserver les milieux aquatiques, réduire les
pollutions, gérer la ressource en eau et réduire les risques d’inondation. Le projet s’inscrit
entièrement dans ce dernier objectif : son essence même consiste bien à conforter la
protection du littoral contre le risque de submersion. De plus, il est déconnecté des autres
enjeux (pollutions diffuses et ressource en eau) et ne présente aucun levier susceptible
d’induire des incidences en la matière.

33
Compatibilité avec le DCSMM

La Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin ou DCSMM (2008/56/CE) vise à


l’atteinte ou au maintien du bon état écologique des eaux marines sur le territoire
européen, hors régions ultrapériphériques. En France, elle est mise en œuvre à l’échelle
des sous-régions marines, par l’élaboration de Plans d’Action pour le Milieu Marin
(PAMM) initiée en 2012. Le PAMM a pour objectif principal de maintenir la biodiversité
et de préserver la fonctionnalité du milieu marin en ayant des actions sur l’exploitation
des espèces pêchées ou sur le maintien du bon fonctionnement du réseau trophique. Un
autre enjeu du PAMM est la préservation des milieux via la réduction des pollutions
(chimiques, physiques, visuelles). Le projet apparaît compatible avec ces objectifs et enjeux.

Le PAMM veut également établir un lien terre-mer et intégrer les populations à ces
démarches de gestion et de protection facilitant la restauration de ces écosystèmes afin
de permettre le développement durable des activités humaines qui en dépendent. Le projet
réorganise le lien terre- mer dans le cadre de la contrainte du confortement du trait de côté,
en intégrant une piste ostréicole destinée à améliorer le cheminement des professionnels
ainsi que le cadre de vie urbain des riverains.
Il cherche à préserver les qualités biologiques et fonctionnelles de l’estran tout en offrant
une meilleure protection contre le stress hydrodynamique en période de tempêtes. Il
résulte de nombreuses étapes d’information et de concertation avec les acteurs, usagers, et
le grand public.

Compatibilité avec le SRCE

Conformément à l’article L371-3 du Code de l’environnement, le Schéma Régional de


Cohérence Ecologique est un document cadre régional élaboré conjointement par les
services de l’Etat et ceux de la Région Poitou-Charentes. Il décline la Trame verte et
bleue à l’échelle de la Région, dont les éléments constitutifs sont les Réservoirs
Biologiques et les Corridors Biologiques.

34
Le projet ne fait aucun obstacle à un quelconque corridor écologique et il est conçu pour ne
pas affecter de « réservoir biologique » y compris dans l’hypothèse où l’herbier local de
zostères serait considéré comme tel.
Compatibilité avec la gestion de la Réserve Naturelle Nationale des marais d’Yves

La réserve appartient au même bassin submersible que les zones urbanisées. De ce fait, sa
protection fait partie du programme engagé, au même titre que le littoral des Boucholeurs.
Toutefois, les modalités de protection y ont été définies de manière très différente,
adaptée à la singularité du lieu, à son état et à son patrimoine naturel. Le projet
d’aménagement propre au secteur de la réserve fera l’objet d’une étude d’impact et
d’incidences spécifiques, intégrée au dossier administratif qui sera prochainement déposé.
Ce travail déterminera aussi précisément et complètement que possible si le projet des
Boucholeurs est susceptible ou non d’induire des effets au niveau de la réserve naturelle et,
dans l’affirmative, il produira une qualification et une caractérisation de ses effets.

G/ MESURES ENVISAGEES
1 Mesures d’évitement et de réduction des impacts.
Ces mesures se caractérisent par :

5 L’optimisation de la solution d’aménagement retenue dans la réflexion préalable (ex :


reprise des cheminements utilisés par les engins ostréicoles, évitement de la zone
d’herbier, …)

6 Le respect de règles strictes HSE à exiger de l’entreprise qui sera sélectionnée

7 L’attention apportée aux installations de chantier et aux zones de stockage

8 Le balisage de la zone de chantier à terre et en mer

9 La limitation des bruits de chantier

10 La recherche de solutions d’aménagements de l’espace et du calendrier


opérationnel de chantier afin de réduire les impacts sur les activités
professionnelles (tourisme, conchyliculture) et sur les périodes d’hivernage sensibles
pour l’avifaune.

35
2 Mesures envisagées pour compenser les effets négatifs du projet.

Pas de mesure compensatoire envisagée à ce stade.

3 Moyens de surveillance et d’intervention prévus

Le SILYCAF sera l’entité désignée pour la gestion des ouvrages. A ce titre, il assurera les
opérations de surveillance et d’entretien des ouvrages.

Il est estimé à ce stade un coût relatif à la maintenance de :

En moyenne 150 000 euros sur une durée de 10 ans pour la digue de protection
frontale et les brise-lames : reprise d’enrochements éventuellement déplacés par
de grosses tempêtes, réfection de murs maçonnés, …
En moyenne 25 000 euros sur une durée de 10 ans pour la piste ostréicole :
réfection de la voie.

H/ CONCLUSION SUR L’ETUDE D’IMPACT


Le projet préservera les qualités biologiques et fonctionnelles de l’estran
tout en offrant une meilleure protection contre le stress hydrodynamique en
période de tempêtes.

III EVALUATION DES INCIDENCES NATURA


2000
L’évaluation des incidences a pour but de vérifier la compatibilité d’un projet avec les
objectifs de conservation d’un site Natura 2000. Plus précisément, il convient de déterminer si
le projet peut avoir un effet significatif sur les habitats et les espèces végétales et animales
ayant justifié la désignation du site. Seuls les projets qui n’ont pas d’impact peuvent être
autorisés.
L’article R414-23 du code de l’Environnement précise les éléments que doit comporter cette
évaluation.
La constitution du réseau Natura 200 a en particulier deux objectifs :
- Préserver la diversité biologique
- Valoriser le patrimoine nature de nos territoires.
36
Le projet concerne les sites suivants :
• FR5400429 Marais de Rochefort (SIC, Directive Habitat Faune Flore) : projet inscrit
au sein de ce périmètre,
• FR5400469 Pertuis charentais (SIC, Directive Habitat Faune Flore) : projet au
voisinage direct de ce périmètre,
• FR5410013 Anse de Fouras, baie d’Yves, marais de Rochefort (ZPS, Directive
Oiseaux). Projet inscrit au sein de ce périmètre,
• FR5412026 Pertuis charentais – Rochebonne (ZPS, Directive Oiseaux) : projet au
voisinage direct de ce périmètre.
Cette étude fait l’objet d’un document d’évaluation distinct de l’étude d’impact.

Le document d’évaluation des incidences décrit chaque site et notamment leurs habitats et les
espèces visées par la circulaire 92/43/CEE.
Il énumère les habitats concernés par les travaux et aménagements du projet :
- Les estrans de sable fin
- Les vasières infralittorales
- Slikke en mer à marée
- Sédiments hétérogènes envasés
- Sable des hauts de plage à Talitres
- Prés à Spartine maritime
-
La surface totale d’emprise des ouvrages sur les habitats d’intérêt communautaires représente
un peu moins de 3 hectares.

Les impacts attendus du projet sur les différents habitats communautaires des SIC du
Pertuis sont non significatifs et ne nécessitent pas à ce titre d’une analyse approfondie
des effets et des mesures correctives à appliquer.

37
Le document des incidences décrit ensuite un certain nombre de mammifères marins à
protéger (phoque, gris, grand dauphin, marsouin commun), de poissons (lamproie, aloses,
esturgeon, saumon) qui peuvent fréquenter nos pertuis.

Les impacts directs ou indirects du projet sur les espèces d’intérêt communautaires du
SIC des Pertuis Charentais sont non significatifs et ne nécessitent pas à ce titre d’une
analyse approfondie des effets et des mesures de correctives à appliquer.

Le document des incidences décrit ensuite les Zones de Protection Spéciale


- ZPS FR5410013) de l’Anse de Fouras, baie d’Yves et marais de Rochefort.
- ZPS FR5412026 du Pertuis Charentais-Rochebonne.
Ces zones ont un intérêt écosystémique fort. Elles abritent un grand nombre d’espèces
d’oiseaux qui sont cités dans des tableaux.
Les impacts identifiés sur les oiseaux de l’Anse des Boucholeurs sont attendus pendant la
phase des travaux :
-bruit
- mouvements d’engins
- impact sur la ressource alimentaire
L’impact sera donc direct sur une partie des espèces d’intérêt communautaire qui fréquente
l’estran. Il est cependant estimé modeste, sans conséquences néfastes à long terme.

Les impacts directs ou indirects du projet sur les oiseaux d’intérêt communautaire des
ZPS sont donc non significatifs et ne nécessitent pas à ce titre d’une analyse approfondie
des effets et des mesures de correctives à appliquer

La réunion du 7 août en sous préfecture de Rochefort a précisé les mesures à suivre pour que
les impacts soient les plus réduits possibles pendant les travaux

IV/ ETUDE DE DANGERS


L’article L211-3 du code de l’environnement indique :
° Les conditions dans lesquelles l'autorité administrative peut demander au
propriétaire ou à l'exploitant d'un ouvrage visé à l'article L. 214-2 du présent code ou soumis
à la loi du 16 octobre 1919 précitée la présentation d'une étude de dangers qui expose les
risques que présente l'ouvrage pour la sécurité publique, directement ou indirectement
en cas d'accident, que la cause soit interne ou externe à l'ouvrage. Cette étude prend en
compte la probabilité d'occurrence, la cinétique et la gravité des accidents potentiels
selon une méthodologie qu'elle explicite. Elle définit et justifie les mesures propres à
réduire la probabilité et les effets de ces accidents.

38
A/ ENJEUX, DEFAILLANCE ET ALEAS
1° Caractéristiques des ouvrages :
L’aménagement envisagé comprend :
Pour les brise-lames :

 la rehausse et le rallongement du brise-lame existant à +4,50 m NGF afin d’atteindre


une efficacité similaire aux deux nouveaux brise-lames,

39
 la réalisation de nouveaux brise-lames de 170 m de long chacun, orientés dans un sens
nord-ouest/sud-est afin de limiter l’agitation qui se propage à la côte,

Pour la protection frontale au droit des boucholeurs


 la réalisation d’un talus en enrochements surmontés d’un mur de couronnement,
d’altitude adaptée de façon à maîtriser les volumes rentrant dans les terres par
franchissement des paquets de mer ;
 la réalisation d’une piste ostréicole en pied de la protection frontale
L’ensemble du système de protection a pour objectif de protéger la zone arrière pour
un événement de type Xynthia.

Selon l’article R214-113 du code de l’Environnement, le classement de la digue des


Boucholeurs et des brise-lames est B (hauteur supérieure à 1 m et population supérieure
à 1000 habitants mais inférieure à 50 000).

2° Enjeux présents dans la zone protégée

Nous remarquerons en particulier les éléments suivants :


 les habitations situées entre la voie ferrée et la RN137, à proximité du bourg d’Yves,
sont particulièrement vulnérables (absence de zone refuge proche).
 la présence d’un centre de vacances à proximité de la zone SACOM accueillant une
population particulièrement sensible (enfants).

Au vu des données collectées concernant les populations permanente et saisonnière situées


dans l’emprise de la zone « protégée » au sens de l’étude de dangers, la population
résidente moyenne protégée peut être estimée à 1 020 personnes environ.
Les hébergements touristiques locaux peuvent faire porter ce chiffre à 1500 personnes
environ.

3° Les risques de défaillances envisagés

Les risques de défaillance envisagés sont listés ci-dessous.

1 - Le risque de défaillance par surverse

2 - Le risque de défaillance par érosion


interne

3 - Le risque de défaillance par érosion


externe

40
4 - Le risque de défaillance par glissement
d’ensemble

5 - Le risque de défaillance suite à un


séisme

Les facteurs de sensibilité d’une digue vis-à-vis d’un risque de rupture ou de submersion sont
donc les suivants :
• l’importance et les caractéristiques de l’événement météorologique,
• le profil en long de la crête (hauteur de digue),
• le profil en travers de la digue (pentes des talus du corps de digue),
• la force d’arrachement de l’eau au droit de la digue (vitesse tangentielle, houle),
• les perturbations hydrauliques locales,
• la nature et l’état de la protection du talus de la digue,
• la piézométrie,
• les caractéristiques géotechniques dont la nature des matériaux constitutifs

4° Caractérisation des aléas naturels.

Note du commissaire enquêteur: 11 pages pour conclure que le facteur de risque en dehors des
évènements hydrométéorologiques exceptionnels est la houle et qu’elle peut être un facteur
d’agression ! Et lors d’un évènement exceptionnel : les deux principaux facteurs sont le niveau
d’eau statique et l’agitation !

étude accidentologique :
La surverse est le type de mécanisme qui conduit le plus souvent à une rupture de digue
ensuite viennent la rupture par érosion interne puis les ruptures par glissement d’ensemble.

Fiabilité des ouvrages :


Dans les différents cas de rupture, l’étude conclut que l’ouvrage est fiable pour des conditions
hydrométéorologiques inférieures à des conditions de type Xynthia.

5° Détermination des scénarios de défaillance


De façon générale, les scénarios de défaillance étudiés doivent permettre de représenter et de
déterminer les caractéristiques hydrauliques associées à l’onde de submersion pour trois
grandes familles de défaillance des ouvrages de protection :
 une défaillance entraînant une inondation forte des territoires en arrière, ce scénario
doit permettre d’évaluer l’emprise maximale des territoires protégés, soumis au risque
de défaillance de la protection,

41
 une défaillance au niveau des tronçons de protection pour lesquels une probabilité
forte de défaillance a été identifiée, ceci afin de connaitre les risques encourus sur ces
territoires,
 un scénario de défaillance au droit des secteurs vulnérables pour la sécurité publique.

Dans le cas présent, il est pris pour parti de se situer dans des conditions
hydrodynamiques de type « Xynthia + 20 cm », pour les raisons suivantes :
 il s’agit d’un événement où le risque de défaillance devient non négligeable, des
scénarios de brèches deviennent ainsi techniquement plausible ;
 l’événement « Xynthia + 20 cm » constitue un événement de référence réglementaire,
il est donc pertinent d’étudier le risque de brèche pour un tel événement.

Trois scénarios ont été considérés :


 une brèche instantanée et totale de 200 m de large sur la digue en front de mer au droit
de la coopérative conchylicole,
 une brèche instantanée et totale de 100 m de large sur la digue en retrait le long de la
voie SNCF ;
 une brèche instantanée et totale de 100 m de large sur la digue en retrait le long de la
voie SNCF et sur la voie SNCF ;

Le choix des largeurs des ruptures considéré intègre le fait que la protection soit ou non
attaquée par les houles du large. Les scénarios de rupture ont été définis avec le maître
d’ouvrage et les services instructeurs.

42
6° Les probabilités de défaillance obtenues
METHODOLOGIE

La méthodologie pour évaluer le risque de défaillance a consisté successivement à caractériser


les points suivants :

43
 il a tout d’abord été évalué les caractéristiques de chaque tronçon homogène du
système d’endiguement (géométriques, géotechniques, altimétriques). Les valeurs
retenues sont celles les plus pénalisantes du tronçon considéré, étant donné que la
rupture potentielle survient au droit du point de fragilité du tronçon ;
 ces caractéristiques ont ensuite été pondérées par un coefficient prenant en compte
l’état de la digue ;
 enfin, il a été comparé ces caractéristiques aux valeurs qui auraient été utilisées pour
un dimensionnement d’un ouvrage neuf réalisé dans les règles de l’art. Selon l’écart
entre les caractéristiques réelles et les caractéristiques « nominales » du tronçon, il a
alors pu être déterminé, à dire d’expert, une probabilité de défaillance en fonction du
niveau d’eau et en fonction du type de défaillance envisagé

Cette méthodologie a permis de réaliser, pour chaque tronçon homogène considéré (13
sur l’ensemble du système d’endiguement), une courbe de fragilité, dont un exemple figure
ci-dessous :

En fonction de la hauteur d’eau, il est déterminé la probabilité de défaillance par type de


défaillance possible. La courbe en rouge représente la probabilité de défaillance totale
intégrant l’ensemble des types de rupture envisagés.

Résultats

44
Probabilité de
Secteur défaillance totale Commentaire sur la probabilité de défaillance totale
pour un événement
de type Xynthia (Cf.
courbes de fragilité)
Marais -1
2,43.10 (*) Négligeable pour un événement de type Xynthia, en considérant le risque de
d’Yves – 4 rupture par érosion interne quantifié dans la suite des études de conception,
Marais -1 et admettant les performances des ouvrages de protection (géogrille) côté
d’Yves – 5 6,22.10 (*) terre annoncé par le concepteur.
Marais 4,99.10
-2
Négligeable pour un événement de type Xynthia.
d’Yves – 6
Marais
d’Yves –
4,99.10-2 Négligeable pour un événement de type Xynthia.
6.5
Marais 2,46.10
-2
Négligeable pour un événement de type Xynthia.
d’Yves – 7
Marais -2
d’Yves – 8 2,89.10 Négligeable pour un événement de type Xynthia.

Marais -1
3,84.10 (*) Négligeable pour un événement de type Xynthia, en considérant le risque de
d’Yves – 9 rupture par érosion interne quantifié dans la suite des études de conception,
Marais -1 et admettant les performances des ouvrages de protection (géogrille) côté
d’Yves - 10 2,54.10 (*) terre annoncé par le concepteur.
Marais
d’Yves –
2,55.10-1 (*)
Négligeable pour un événement de type Xynthia.
11
Marais
d’Yves –
2,5510-1 (*)
Négligeable pour un événement de type Xynthia.
12
(*) : la valeur de probabilité de défaillance est artificiellement élevée, du fait soit de l’absence d’enrochement sur
ces secteurs soumis à la houle, et par son intégration « brutale » dans notre méthodologie d’évaluation des
probabilités de défaillance. Néanmoins, le concepteur de l’ouvrage s’engage sur la bonne tenue des digues dans
ces secteurs sans enrochements (soit par l’absence de protection lorsque la hauteur spécifique de houle est
inférieure à 45 cm, soit par la mise en place de géogrille lorsque la hauteur spécifique de houle st comprise entre
45 et 60 cm).

B/ CONSEQUENCES D’UNE DEFAILLANCE ET CRITICITE

1° Scénarios de défaillance et modélisation


Les conséquences de défaillances du système de protection ont été modélisées à l’aide
du logiciel d’hydraulique Telemac 2D, permettant une représentation des écoulements
selon les deux dimensions horizontales. L’événement pour lequel le scénario de
défaillance est testé est un événement de type « Xynthia + 20 cm », événement pour
lequel la probabilité de défaillance des digues devient significative (il s’agit d’un
événement plus important que l’événement de conception de l’ouvrage). Cet événement
est également un événement de référence puisqu’il intervient pour l’élaboration du PPR
Littoraux locaux.

Les paragraphes suivants indiquent les résultats obtenus pour trois scénarios de
défaillance e n v isagés.

EVENEMENT « XYNTHIA+20 CM AVEC BRECHE EN FRONT DE MER DE 200 M »

45
L’évènement maritime considéré est l’évènement de référence Xynthia+20 cm.

Le scénario testé consiste à représenter une brèche dans la protection en front de mer, au
droit de la coopérative conchylicole, sur une largeur de 200 m. La brèche modélisée est
totale (jusqu’au terrain naturel en arrière) et instantanée. Elle est imposée une heure
avant le niveau d’eau maximal coté maritime. Le niveau d’eau est, à ce moment-là,
inférieur d’environ 80 cm au niveau d’eau maximal.

Les cartes qui sont présentées en suivant indiquent :


6 les hauteurs d’eau maximales pour l’événement « Xynthia+20 cm avec brèche en front de
mer de 200 m »,

7 les temps d’arrivée de l’onde de rupture pour l’événement « Xynthia+20 cm avec brèche
en front de mer de 200 m ».

Il est évalué qu’environ 665 personnes sont impactées par ce scénario (valeur moyenne
entre 250 et 1080). Ces personnes sont situées essentiellement le long de la RD209 au
droit du secteur Boucholeurs, et entre la voie ferrée et la RN137 à proximité du bourg
d’Yves.

Ce scénario de brèche impacte également les deux principales structures accueillant une
population saisonnière dans le secteur d’étude : le camping et le centre de vacance (soit 500
personnes environ en période touristique)

46
Fig. 2. Hauteurs d’eau maximale pour le scénario de brèche au droit de la coopérative
conchylicole

47
Fig. 1. Onde de submersion pour le scénario de brèche au droit de la coopérative
conchylicole

48
. EVENEMENT « XYNTHIA+20 CM AVEC BRECHE EN RETRAIT DE 100 M »

L’évènement maritime considéré est l’évènement de référence Xynthia+20 cm.

Le scénario testé inclut une brèche de la protection au niveau de la partie longeant la voie
SNCF, c’est-à-dire sur un secteur n’étant pas exposé aux attaques de la houle et de la
marée (digue en second plan). La largeur de la brèche imposée est de 100 m.

Cette rupture est imposée ¼ d’heure avant que le niveau d’eau en pied de digue maximal
ne soit atteint. Le niveau d’eau initial (avant rupture) est inférieur de 10 cm au niveau d’eau
maximal atteint (3,25 et 3,35 m NGF à l’ouest de la digue).

Les cartes qui suivent montrent :


 les hauteurs d’eau maximales pour l’événement « Xynthia+20 cm avec brèche en retrait
de 100 m »,

 les temps d’arrivée de l’onde de rupture pour l’événement « Xynthia+20 cm avec brèche
en front de mer de 200 m ».

Il est évalué qu’environ 208 personnes sont impactées par ce scénario (valeur moyenne
entre 0 et 417). Ces personnes sont situées essentiellement le long de la RD209 au droit
du secteur Boucholeurs (lieu-dit « les trois canons »), et entre la voie ferrée et la RN137 à
proximité du bourg d’Yves.

49
Fig. 2. Hauteurs d’eau maximale pour le scénario de brèche au droit de la digue en
retrait

50
Fig. 3. Onde de submersion pour le scénario de brèche au droit de la digue en retrait

51
. EVENEMENT « XYNTHIA+20 CM AVEC BRECHE EN RETRAIT DE 100 M »

L’évènement maritime considéré est l’évènement de référence Xynthia+20 cm.

Le scénario testé inclut une brèche de la protection au niveau de la partie longeant la


voie SNCF, c’est-à-dire sur un secteur n’étant pas exposé aux attaques de la houle et
de la marée (digue en second plan). La largeur de la brèche imposée est de 100 m. Ce
scénario intègre également la rupture simultanée du remblai SNCF situé en arrière
de la rupture de la protection modélisée, sur une largeur identique.

Les deux ruptures sont imposées ¼ d’heure avant que le niveau d’eau en pied de digue
maximal ne soit atteint. Le niveau d’eau initial (avant rupture) est inférieur de 10 cm au
niveau d’eau maximal atteint (3,25 et 3,35 m NGF à l’ouest de la digue).

Les cartes qui suivent montrent :


 les hauteurs d’eau maximales pour l’événement « Xynthia+20 cm avec brèche dans la
digue de retrait et dans le remblai de la voie ferrée de 100 m »,

 les temps d’arrivée de l’onde de rupture pour l’événement « Xynthia+20 cm avec brèche
en front de mer de 200 m ».

Il est évalué qu’environ 215 personnes sont impactées par ce scénario (valeur moyenne
entre 0 et 430). Ces personnes sont situées essentiellement le long de la RD209 au droit du
secteur Boucholeurs (lieu-dit « les trois canons »), et entre la voie ferrée et la RN137 à
proximité du bourg d’Yves.

52
Fig. 4. Hauteurs d’eau maximale pour le scénario de brèche au droit de la digue en
retrait et de la voie ferrée

53
oo

Fig. 5. Onde de submersion pour le scénario de brèche au droit de la digue en retrait et


de la voie ferrée

54
EVENEMENT « XYNTHIA+20 CM SANS BATARDEAUX »

Fig. 6. Hauteurs d’eau maximale pour le scénario sans batardeaux

55
2° Gravité des ruptures de digue
Globalement, en cinétique rapide, la population exposée est au moins égale à 100 et peut
dépasser les 1000. La classe de gravité est alors catastrophique ou désastreuse. Il est
important de préciser que les moments d’exposition ont une influence notable sur la gravité.

Les enjeux les plus sensibles à ces moments d’exposition sont bien sûr :
 les routes départementales qui sont davantage empruntées en heures de pointe
durant l’année et pendant les vacances estivales,

 les commerces et la coopérative qui sont ouverts toute l’année mais seulement en journée,

 les infrastructures comme le camping, l’école de voile ou le centre de vacances qui


accueillent une population saisonnière,

 les aménagements nautiques et portuaires qui ne sont pas nécessairement ouverts


toute l’année mais particulièrement fréquentés durant les vacances d’été,

 les habitats et les futurs logements qui seront plutôt occupés en dehors des heures de travail.

Il apparait opportun au vu des périodes d’ouverture ou de fréquentation des différents


équipements et aménagements de distinguer les vacances d’été, les vacances scolaires hors
vacances d’hiver, les vacances d’hiver, les week-ends et les jours fériés et le restant de
l’année. Il faut également dissocier les périodes diurnes et nocturnes.

Le trafic moyen journalier enregistré sur la RD 137 en 2013 au niveau de la baie d’Yves
est de 34277. Le trafic le plus intense a lieu pendant les mois de juillet et août. Les enjeux
liés à la voie ferrée La Rochelle/Bordeaux dépendent du trafic de la liaison ferroviaire
mais la probabilité qu’un train circule lors d’un fort événement maritime est faible. Le
camping compte 166 emplacements. Le gîte peut accueillir 6 touristes. La construction
d’une cinquantaine de logements est prévue, sachant que le nombre moyen d’occupants
par résidence est de 2 à Châtelaillon. Même si les logements sont en cours de
construction, ils ont été pris en considération dans la population exposée.

Moments d’exposition Classes de gravité

Jour 5 : désastreux
Vacances estivales
Nuit 5 : désastreux

Vacances scolaires 5 : désastreux


Jour
hors vacances
d’hiver Nuit 5 : désastreux
Vacances d’hiver,
Jour 4 : catastrophique
week-ends et jours
fériés hors
Nuit 4 : catastrophique
vacances

Jour 4 : catastrophique
Restant de l’année
Nuit 4 : catastrophique

56
Tabl. 1 - Classes de gravité en fonction du moment d’exposition

Il est difficile d’évaluer précisément le nombre de personnes exposées, compte-tenu de la


diversité des enjeux. Ce schéma est donc extrêmement pessimiste puisqu’il suppose pour
les deux cinétiques que les infrastructures atteignent initialement leur capacité maximale
et qu’aucune évacuation n’a eu lieu en cinétique rapide.

Remarque du commissaire enquêteur : Une estimation de deux personnes par logement


en saison touristique, nous parait pas insuffisante car pendant les vacances scolaires les
résidences secondaires ont plutôt une moyenne d’occupation de 5 personnes..

3°Matrice de criticité

DEFINITION DES NIVEAUX DE CRITICITE

Le croisement des deux paramètres « probabilité » et « gravité » permet dans un premier


temps de hiérarchiser les scénarios les uns par rapport aux autres (on gardera en effet à
l’esprit que les probabilités restent qualitatives). Cela permet également de définir la
criticité d’une situation dangereuse et d’un scénario à risque en fonction de trois zones
décrites ci-dessous.

 la zone de risque acceptable (zone verte) pour laquelle l’ouvrage est réputé sûr compte
tenu de la nature des dangers, des conséquences potentielles et, le cas échéant, des
mesures nominales existantes (procédures d’exploitation, de maintenance, de
surveillance…), celles-ci ayant démontré leur efficacité. Dans ce cas, aucune mesure de
réduction du risque n’est donc nécessaire, mais l’exploitant doit s’assurer du maintien des
conditions nominales de sûreté de la digue.

 la zone du risque intermédiaire (zone orange) pour laquelle l’ouvrage n’est pas
entièrement satisfaisant du point de vue de la sécurité. Les actions à conduire par
l’exploitant de l’ouvrage s’inscrivent dans le principe ALARP (« As Low As Reasonably
Possible »), c'est-à-dire pour conduire à un niveau de risque aussi bas qu’il est
raisonnablement possible compte tenu des mesures et des techniques existantes.

 la zone de risque inacceptable (zone rouge) pour laquelle l’exploitant doit proposer
des mesures de réduction du risque, lesquelles, une fois mises en œuvre, réduiront de
manière conséquente soit la probabilité d’occurrence de l’accident, soit son niveau de
gravité, voire les deux, de manière à sortir de la zone rouge.

Ces trois zones sont définies par le croisement de la probabilité et de la gravité selon le
tableau ci- dessous :

Survenance de la rupture
Au voisinage des
Avant les premiers premiers Après les premiers
débordements débordements débordements
5 rouge rouge vert
4 rouge rouge vert
Gravité

3 rouge rouge vert


2 rouge orange vert
1 rouge orange vert
57
4° Caractérisation des niveaux de criticité

L’ouvrage est extrêmement sûr au regard de son objectif de protection qui est un
événement de type « Xynthia».

Les scénarios de défaillance envisagés ont lieux pour des événements


hydrométéorologiques supérieurs à Xynthia, qui est l’objectif de protection du système
d’endiguement. Tous ces scénarios sont donc sont situés dans la colonne « survenance
de la rupture après les premiers débordements »

Néanmoins, une amélioration de la gestion de la sécurité peut être réalisée, dans


l’esprit de l’application du principe de réduire les risques « aussi bas qu’il est
raisonnablement possible ». Ceci implique la mise en œuvre de mesures.

C/ ÉTUDE DE REDUCTION DES RISQUES

1° Etudes complémentaires à réaliser


Les études géotechniques seront faites lors de la constitution de la phase APD. Ceci
permettra notamment de définir les dispositions constructives nécessaires pour éviter le
risque d’affouillement et de tassement pour la digue des Boucholeurs, ainsi que pour éviter
le risque d’érosion interne pour la digue du marais d’Yves.

Egalement, il est attendu lors des phases d’étude de conception ultérieures des précisions
sur les modalités de réalisation des ouvrages hydrauliques et des batardeaux.

2° Mesures constructives et/ou études complémentaires


Il n’est pas identifié d’aménagements complémentaires particuliers au titre de l’étude de

dangers. Néanmoins, dans le cadre du projet, nous remarquerons que les travaux suivants

sont envisagés.
 Le canal de Port Punay a fait l’objet d’une réhabilitation afin de prendre en charge
une partie des volumes entrants potentiels en cas de franchissements
hydrauliques en condition de projet. Des aménagements complémentaires en zone
terrestre seront possibles pour diriger les masses d’eau résiduelles vers ce canal.

 Par ailleurs, une rehausse de la rue de l’Oasis pourra être réalisée pour protéger la
zone à l’est d’une venue d’eau du marais d’Yves.

 Des travaux spécifiques sur la digue SACOM seront également entrepris.


On peut noter que l’achat de propriétés par le SILYCAF et l’Etat dans la zone arrière de la
digue des Boucholeurs pour déconstruire les parcelles est une initiative qui concourt à
diminuer le risque de la zone protégée.

3° Mesures du système de gestion de la sécurité


58
L’exploitant de la digue mettra en œuvre un système de gestion de la sécurité, dont les
procédures figureront dans le dossier d’ouvrage. Les éléments à y intégrer sont indiqués
dans le tableau synthétique suivant.

Le gestionnaire des digues projetées s’engage à réaliser les consignes écrites au plus
tard 3 mois après sa prise de gestion effective des digues.

Thématique Mesures à réaliser ou à renforcer et délai de mise en


œuvre
Maîtrise de la digue en dehors des Il est préconisé la réalisation de consignes écrites conformes à la
situations de crise réglementation (notamment l’article 5 de l’arrêté du 29 février 2008.
L’organisation des exploitants devra être décrite, conformément à la
réglementation.
Organisation, formation
Les visites du système d’endiguement doivent être réalisées par du
personnel compétent.
Identification et évaluation des La présente étude permettra aux exploitants d’alimenter leur réflexion
risques d’accidents majeurs sur l’identification et l’évaluation des risques majeurs.

Aucune veille ou système d’astreinte n’existe aujourd’hui. Il est


Gestion des situations d’urgence indispensable que les exploitants puissent mettre en œuvre un
système d’astreinte en cas d’événement hydrométéorologique
notable permettant l’information des communes ou de la préfecture
sur l’état des digues avant la crise et permettant la réalisation de
travaux d’urgence au plus tôt.
Gestion du retour d’expérience Un registre d’ouvrage devra être réalisé par les exploitants.
Il est important qu’un contrôle de la bonne exécution des éléments
vus ci-avant soit réalisé, notamment pour la partie relative à la
Contrôle du SGS gestion des situations d’urgence.

4° Conseil pour l’intégration des résultats de l’étude de dangers dans les Plan
Communaux de Sauvegarde
Il est conseillé aux équipes communales de porter une vigilance particulière sur les enjeux
suivants :

5 habitations comprises entre la RN 137 et la voie ferrée dans le secteur du Marouille ; en


effet, ces habitations ne disposent pas de zone refuge immédiatement accessible ;

6 le centre de vacances dans le secteur des coopératives conchylicoles, accueillant une


population vulnérable (enfants) ;

Un dispositif d’alerte spécifique pourra éventuellement être mis en place pour ces enjeux.

59
Fig. 7. Localisation des enjeux nécessitant une attention particulière

D/ Conclusion de l’étude de dangers


L’étude de dangers :

- montre que les brise-lames et les épis sont fiables pour des conditions
météorologiques inférieures à Xynthia.

- Montre que la population protégée est estimée à 1500 personnes.

- Rappelle les différents cas connus de défaillances des digues.

- Affirme qu’en cas dehors d’évènements exceptionnels, le facteur de risque est la


houle et que les principaux facteurs sont le niveau d’eau et l’agitation !

- Les probabilités de défaillance totale des ouvrages

- Les différents scénarios de défaillance de digue.

- Les niveaux de criticité.

- Les mesures de réduction des risques et les mesures de gestion de la sécurité

- Les conseils pour l’intégration des résultats de l’étude de dangers dans les PCS.

Note : Nous aurions aimé pouvoir comparer une simulation de défaillance sans brise-
lames et avec brise-lames.
60
OBSERVATIONS
Observation 1 : Monsieur Jacques MAIRE, ostréiculteur.

Le prolongement de l’épi existant à l’Est de la zone devrait être de 50 m car les 25m prévus
ne sont pas adaptés et sont largement insuffisants.

Réponse de Monsieur RASSAT :

- Pour rappel, sur ce secteur, le dispositif principal contre la désertion marine s’appuie
(outre les ouvrages en mer) sur une protection frontale en enrochements associée à un
muret submersion parallèlement au littoral.

- L’épi Est disposé perpendiculairement, a pour fonction principale de contenir une


partie du sédiment en transit (de constituer ainsi une plage en amont) et d’éviter que
les ouvrages hydrauliques en aval, qui servent de remplissage des claires ostréicoles,
ne soient obstruées par le sable. Dans le cadre du projet, une opération de ré-
ensablement est prévue pour accroître le stock sableux car la plage a aussi un rôle
naturel dans l’atténuation de la houle. En rapport au volume de rechargement projeté
(10 000m3) il est donc proposé de rallonger de 25m cet épi portant ainsi sa longueur
à près de 75 m, ce qui est suffisant pour pérenniser l’opération et atteindre l’efficacité
recherchée.

- D’autre part, la présence de zostères (espèces naturelles protégées) est recensée dans
le secteur au droit de cet épi et un rallongement de 50m risquerait fortement
d’impacter cet écosystème.

Obervation 2 : Monsieur Christian CHAUVET, rue du port à Yves.

- A) il serait souhaitable que l’ensemble du dossier d’enquête soit disponible sur les sites
internet des communes ainsi que sur le site du SILYCAF.(actuellement défaut
d’information du public comme exigé par le législateur).

- B) le résumé technique ne précise pas le projet retenu parmi les 6 scénarii évoqués
(étude d’impact, § 4.52, tableau 4.19, page 228) ou bien s’il s’agit d’une variante et
pourquoi ?

Réponse de Monsieur RASSAT :

A) La lourdeur du dossier a conduit à limiter la parution sur le site internet ; par


contre, le dossier complet était consultable en mairie pendant toute la durée de
l’enquête du 6 juillet au 7 août 2015.

B) Il s’agit pourtant bien du scénario n°3 du tableau 4.19, le plus économique.

Observation 3 : courrier de la LPO


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Courrier de Monsieur LEONARD

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Compte-rendu de la réunion du 7 août par Madame la Sous-Préfète

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CONCLUSION SUR LES OBSERVATIONS :

Les deux observations du registre ne remettent pas en cause ce projet de réalisation de


brise-lames avec la protection de la digue par enrochements dans le secteur des Boucholeurs
accompagnée de son ré-haussement. La remarque concernant la non parution des documents
sur un site internet me parait par contre recevable puisqu’il est plus facile de consulter les
documents chez soi plutôt que dans une salle de la mairie (surtout lorsque le dossier comporte
comme celui-ci près de 900 pages !).

L’avis défavorable initial de la LPO était à prendre en considération. Suite à


l’intervention du président du SILYCAF, Monsieur Léonard, auprès de Madame la Sous-
Préfète de Rochefort, une réunion a pu avoir lieu le 7 août entre la DDTM, le SILYCAF,
l’UNIMA, CREOCEAN et la LPO. Les participants ont pu se mettre d’accord en particulier
sur les lieux de stockage. L’avis de la LPO sera donc considéré comme favorable.

69
Enquête publique du 16 décembre 2013 au 17 janvier 2014

CONCLUSION ET AVIS

Autorisation de travaux nécessaires à


la réalisation des ouvrages de
protection maritime contre les
risques de submersion marines -
- secteur des Boucholeurs
.

Le Syndicat Intercommunal du littoral d’Yves, Châtelaillon, Aix et Fouras


demande de réaliser les travaux suivants, dans le cadre de ceux prévus au
Programme d’Actions de Prévention contre les inondations (PAPI) :

La réalisation de deux brise-lames en mer de 170 m chacun dans la continuité de l'existant,


La rehausse et le rallongement du brise-lame existant pour atteindre une efficacité
similaire aux deux nouveaux ouvrages à créer,
La réalisation d'une protection frontale le long du littoral d’environ 1 600 ml
La réalisation d’une piste ostréicole implantée en pied de la protection frontale et se
dirigeant vers les brise-lames au large pour l'accès des engins ostréicoles professionnels ;
La rehausse et le prolongement de l'épi existant à l’Est de la zone sur 25ml, et le
rechargement en sable sur sa face Ouest.

L’autorisation de travaux est nécessaire :


- au titre des articles L214-1 à L214-4 du code de l’Environnement pour les
installations, ouvrages, travaux et activités présentant des dangers et des effets sur
la ressource en eau, et les écosystèmes, de porter gravement atteinte à la qualité ou
à la diversité du milieu aquatique, entrainant la destruction de zone de frayères, de
zones de croissance ou d’alimentation de la faune ou des déversements,
écoulement, rejets ou dépôts même non polluants. L’autorisation est accordée
après enquête publique.
- Au titre des rubriques de la loi sur l’eau : en application des R214-1 et
suivants pour les rubriques : 4. 1. 2. 0. Travaux d'aménagement portuaires et autres
ouvrages réalisés en contact avec le milieu marin et ayant une incidence directe sur
ce milieu et 4. 1. 3. 0. Dragage et / ou rejet y afférent en milieu marin.
70
Suite à la demande du SILICAF,

Madame la Préfète de la Charente-Maritime a pris un arrêté n°15-1322 du 15 juin 2015


prescrivant l’ouverture d’une enquête publique unique organisée suivant les modalités
des articles L123-1 et suivants du code de l’Environnement relative au projet de
réalisation des ouvrages de protection maritime contre le risque de submersion
maritime-secteur des Boucholeurs.
Par décision du 1 avril 2015 n° E15000062/86 rendue par Madame Nathalie MASSIAS,
Présidente du Tribunal Administratif de Poitiers, j’ai été désigné, comme commissaire
enquêteur suppléant de Monsieur Francis RASSAT pour conduire l’enquête publique relative
à ce projet de protection maritime du secteur des Boucholeurs. Suite à un problème technique,
Monsieur RASSAT n’a pas pu terminer son enquête et rédiger le rapport. J’ai donc, à partir
du 7 septembre, remplacé Monsieur RASSAT.

L’enquête publique a été programmée pour une durée de 33 jours du lundi 6 juillet 2015
au vendredi 7 août 2015 inclus.

Conformément à la réglementation en vigueur, l’affichage de l’arrêté d’ouverture d’enquête


publique a été fait sur les panneaux habituels des mairies de Châtelaillon-Plage et d’Yves.

De plus un affichage de l’arrêté a été fait par le maitre d’ouvrage pendant toute la durée de
l’enquête au niveau du projet, affichage visible et lisibles de la voie publique avec les
dimensions et caractéristiques fixées par l’arrêté du 24 avril 2012.

De même, l’objet, le but et les modalités de l’enquête publique ont fait l’objet de la publicité
réglementaire dans la presse locale.

L’étude d’impact a montré :


Impact sur le milieu :

En phase d’exploitation, le littoral sera modifié puisque la mise en place des brise-lames va
modifier légèrement la topo-bathymétrie de la plage par un accroissement de la sédimentation
entre les brise-lames et la digue. L’impact sera donc positif et permanent puisque les
vagues viendront s’amortir sur ces sédiments..

Impact sur l’environnement :

D’après l’étude d’impact, le projet n’aura pas d’impact négatif significatif sur
l’environnement.
Seuls les impacts négatifs auront lieu pendant la phase des travaux. Durant cette phase, les travaux
génèreront des nuisances pour les espèces animales fréquentant l’estran (bruit, occupation de la plage
par des engins …), une augmentation de la turbidité de l’eau et un risque de pollution accidentelle.

71
Impact sur le paysage : Un impact minimal et acceptable a été recherché, en concertation avec
les interlocuteurs institutionnels

Impact sur la houle :

L’étude montre que la mise en place des brise-lames, les enrochements contre la digue,
le ré-haussement du mur de couronnement permettront non seulement d’atténuer les
niveaux dynamiques déferlant sur le haut de la plage en cas de tempête mais aussi l’effet
de surverse et de run-up. L’effet sera donc positif et permanent ;

L’étude de dangers
- présente la politique de prévention des accidents et du système de sécurité au titre de
l’article R214-122 du code de l’Environnement.

- identifie et caractérise les potentiels de dangers et les aléas naturels

- Affirme après étude que les brise-lames et la nouvelle protection frontale sont
fiables pour des conditions météorologiques inférieures ou égales à Xynthia.

- Donne une estimation de la population protégée soit 1500 personnes..

- Les probabilités de défaillance totale des ouvrages

- Les différents scénarios de défaillance de digue.

- Les niveaux de criticité.

- Les mesures de réduction des risques et les mesures de gestion de la sécurité

- Les conseils pour l’intégration des résultats de l’étude de dangers dans les PCS.

Incidence sur les sites Natura 2000 :


Les impacts attendus du projet sur les différents habitats communautaires des SIC du
Pertuis sont non significatifs et ne nécessitent pas à ce titre d’une analyse approfondie
des effets et des mesures correctives à appliquer

Considérant que :
- L’information, la mise en place et le déroulement de l’enquête ont été
conformes à la réglementation en vigueur et aux conditions arrêtées par
l’arrêté préfectoral.

- Le projet est compatible avec la réglementation de ce type de travaux.

- Des études préliminaires (études préalables, APS, dossier PAPI …) ont été
réalisées et ont permis de dresser les principales pathologies et faiblesses des
72
ouvrages. Ensuite une série d’études complémentaires ont permis d’optimiser
les ouvrages et les conditions du projet. C’est une assurance de résultats.

- L’étude d’impact montre qu’il n’y aura pas d’impact négatif significatif sur
l’environnement dans la mesure où les atteintes au milieu naturel, faune et
flore, inéluctables seront très limitées et temporaires hors de l’emprise du
projet sur la plage.

- L’étude de dangers affirme que dans des conditions hydrométorologiques


semblables à Xynthia, les ouvrages sont fiables

- Aucun habitant des deux communes n’a déposé une observation contre le
projet et qu’en conséquence, on est en droit de penser que la population y est
favorable..

Les études de modélisations faites par CREOCEAN montrent l’efficacité des


brise-lames et de la protection frontale : atténuation de la houle 58%,
diminution importante du run-up et donc du phénomène de surverse.

L’avis favorable de l’autorité environnementale

En conséquence je donne un avis très favorable à


l’autorisation des travaux (Brise-lames, protection
frontale, route ostréicole, ré-ensablement et ré-
hausse de l’épi)

- Fait à Saint-Martin de Ré le :
-
Le Commissaire Enquêteur Suppléant

Jean-Pierre Goumard

73
Enquête publique du 16 décembre 2013 au 17 janvier 2014

CONCLUSION ET AVIS

CONCESSION D’UTILISATION
DU DOMAINE PUBLIC MARITIME
POUR LA PROTECTION DE LA
PLAGE NORD DE CHÂTELAILLON-
PLAGE

Lors de fortes tempêtes, les habitations situées en arrière des digues de Châtelaillon-
Plages et d’Yves ont été submergées par l’eau de mer qui avait franchi la digue. Ce
fut le cas récemment en 1999 et surtout en 2010 avec la tempête Xynthia.

Le Syndicat Intercommunal du Littoral d’Yves, Châtelaillon-Plage, Aix, Fouras


(SILYCAF) a projeté un certain nombre de travaux permettant de protéger des
submersions marines l’ensemble du secteur des Boucholeurs sur les communes de
74
Châtelaillon-Plage et d’Yves. Travaux prévus dans le Programme d’Actions de
Protection contre les Inondations (PAPI).

L’article L211-7 du Code de l’Environnement offre la possibilité aux collectivités


territoriales d’entreprendre l’étude, l’exécution et l’exploitation de tous travaux sur le
domaine public maritime représentant un caractère d’intérêt général.

Le projet vise la défense contre les inondations et contre la mer, rubrique 5° de


l’article L211-7, il se situe sur le domaine public maritime, il a donc été soumis à
déclaration d’intérêt général.

Il consiste en :

La réalisation de deux brise-lames en mer de 170 m chacun dans la continuité de l'existant,


dont le centre est situé à une distance de 200 m environ de la côte et orientés dans un axe
perpendiculaire à la propagation des houles de projet (Nord-Ouest / Sud-Est),
La rehausse et le rallongement du brise-lame existant pour atteindre une efficacité
similaire aux deux nouveaux ouvrages à créer,
La réalisation d'une protection frontale le long du littoral d’environ 1 600 ml composée :
• D'un talus en enrochements surmontés d'un mur de couronnement arasé à +5.20 m
NGF devant les zones urbaines entre la jetée Ouest et la parcelle 126 ;
• D'un talus en enrochements surmonté d'un mur de couronnement qui progresse de
+5.20 à +6.30 m NGF sur 100 ml vers l’Est à partir de la parcelle 126 ;
• D'un talus en enrochements surmonté d'un mur de couronnement arasé à +6.30 m
NGF devant les zones conchylicoles depuis la fin de la zone de transition jusque
devant le Havane ;
• D'un talus en enrochements surmonté d'un mur de couronnement arasé à +5.85 m
NGF devant le Havane jusqu’à la route de l’Oasis à l'Est.
La réalisation d’une piste ostréicole implantée en pied de la protection frontale et se
dirigeant vers les brise-lames au large pour l'accès des engins ostréicoles professionnels ;
La rehausse et le prolongement de l'épi existant à l’Est de la zone sur 25ml, et le
rechargement en sable sur sa face Ouest.

La surface d’emprise sur le domaine public maritime sera de 54 430m2

Le lieu du projet étant sur le domaine public maritime, il nécessite une enquête
publique préalable à la concession d’utilisation du domaine public maritime au titre de
l’article L2124-3 du code général de la propriété des personnes publiques.

Suite à la demande du SILYCAF,

Madame la Préfète de la Charente-Maritime a pris un arrêté n°15-1322 prescrivant


l’ouverture d’une enquête publique unique organisée suivant les modalités des articles
L123-1 et suivants du code de l’Environnement relative au projet de protection de la
plage nord de Châtelaillon-Plage.

75
L’enquête publique s’est déroulé du 6 juillet 2015 au 7 août 2015 et a fait l’objet de
toutes les mesures de publicité réglementaires.

La participation du public a été modérée et aucune des remarques exprimées ne


conteste le projet.

Aucune remarque, aucune observation n’ont été formulées sur la demande de


concession d’utilisation du domaine public maritime.

Considérant que :

- la ville de Châtelaillon-Plage et en particulier le quartier des Boucholeurs a


subi plusieurs fois des inondations dues au franchissement des vagues au-
dessus de la digue ou plus rarement lorsque la digue a subi des brèches.

- l’expérience des anciens brise-lames et les études préalables ont montré que
trois épis brise-lames placés en avant de la plage ainsi que le renforcement de
la digue frontale en blocs de pierres pouvaient réduire l’énergie des vagues
afin qu’elles ne franchissent plus le parapet de la digue.

- Aucune remarque n’a été formulée par le public lors de l’enquête sur la
procédure de concession du domaine public maritime mais le projet a été
largement approuvé.

- Aucun avis négatif n’a été émis de la part du directeur des services fiscaux
chargé de fixer les conditions financières de la concession, de la commission
nautique locale, de Monsieur le Préfet Maritime et des conseils municipaux de
Châtelaillon-Plage et d’Yves, avis prévus par l’article 6 du décret N°2004-308
du 29 mars 2004.

- Que la publicité de l’enquête publique a été faite dans les formes


règlementaires.

- La réalisation des brise-lames, d’une protection frontale de la digue et la piste


ostréicole et le ré-ensablement de l’épi nécessitent d’occuper 54 430m2 du
domaine public maritime.

- Les articles L2124-1 à L2124-3 du code de la propriété des personnes


publiques imposent au maitre d’ouvrage l’obtention d’une concession
d’utilisation du domaine public maritime.

Je formule un avis favorable à cette demande de


concession d’utilisation du domaine public maritime.

Fait à Saint-Martin le

Le commissaire enquêteur suppléant : Jean-Pierre Goumard


76
Enquête publique du 6 juillet 2015 au 7 août 2015

CONCLUSION ET AVIS

Déclaration d’intérêt général relative


à la réalisation des ouvrages de
protection maritime contre les
risques de submersion marines -
- secteur des Boucholeurs
A sa création, le village de Châtelaillon-Plage a été construit sur le cordon dunaire, Situées à
une moyenne de 3m d’altitude, les habitations ont été rapidement menacées par les tempêtes.
Une longue digue a donc été construite en 1894 pour lutter contre les submersions. Celle-ci a
résisté aux assauts des vagues lors des récentes tempêtes de 1999 et Xynthia en 2010 mais
77
elle n’a pas empêché l’inondation d’une partie de la ville. La houle frappe la digue et les
paquets de mer passent au-dessus de la digue provoquant la submersion des propriétés
voisines. En 2010, certaines habitations ont eu jusqu’à 1.30m et plus d’eau à l’intérieur des
maisons. Il y a eu deux victimes, beaucoup de peur et de…dégâts.

La commune n’est pas restée passive puisque depuis 1989 elle a fait déverser plus de 500 000
m3 de sable contre la digue afin de casser la houle venant du large et aussi, il faut bien le dire,
pour faire de la plage de Châtelaillon-Plage une plage digne de son nom.

Cela n’a pas évité les submersions des deux dernières grosses tempêtes de 1999 et de 2010.

Après avoir construit un épi en 2014 suivi d’un ré-ensablement dans la partie nord de la
commune de Chatelaillon, le SILYCAF projette de protéger la digue côté Boucholeurs et
Yves.

Le dossier soumis à enquête publique a pour objet la réalisation des ouvrages de


protection maritime contre les risques de submersion marines par la réalisation d’une série de trois
épis brises-lames en mer, d'une protection frontale le long du littoral ,de la réalisation d'une
piste ostréicole et la rehausse et le prolongement de l'épi existant perpendiculaire sur 25
mêtres

L’ensemble des éléments constitutifs de cette défense du littoral des Boucholeurs contre les
risques de submersion fait donc l’objet d’une demande de déclaration d’intérêt général. Les
conditions d’application et de mise en œuvre de la procédure de Déclaration d’Intérêt Général
sont fixées par l’article L.211-7 du Code de l’Environnement. Le projet entre bien dans le
cadre du point n°5 de cet article : « La défense contre les inondations et contre la mer ».

L’emprise totale des aménagements sur le front de mer et l’estran du village des Boucholeurs
représente 54 430 m².

Le projet inscrit au Programme d’Actions de Prévention des inondations par submersion


marine (PAPI) approuvé en 2011, propose :

- Réduire le risque de submersion marine par l’atténuation de l’énergie des vagues à l’aide
d’un brise-lames.

- Initier un processus d’engraissement et de maintien du stock sableux qui réduira, lui aussi,
l’énergie des vagues.

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Considérant que :

 ce projet de protection de la digue au droit du hameau des


Boucholeurs et de la commune d’Yves permettra d’éviter des
submersions et de fait, permettra de protéger des vies humaines et
des biens,

 Ce projet de protection concerne toute la population située en arrière


de la digue

 Pendant l’enquête publique, aucune personne n’a mis en


doute le caractère d’intérêt général du projet.
 L’étude d’impact montre qu’il n’y aura pas d’impact négatif
significatif sur l’environnement dans la mesure où les
atteintes au milieu naturel, faune et flore, inéluctables seront
très limitées et temporaires hors de l’emprise du projet sur
la plage.

 La protection des populations contre les risques de


submersion est une mission de service public donc d’intérêt
général incontestable

Je donne un avis très favorable à la déclaration


d’intérêt général.

Fait à Saint-Martin de Ré le 15 septembre 2015

Le Commissaire Enquêteur Suppléant

Jean-Pierre GOUMARD

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