Vous êtes sur la page 1sur 109

C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Cours de : Mohamed ANNABI,

- inspecteur en chef des services financiers,


- chef de service à la Direction Générale des Impôts ( ministère des finances ),
- maîtrise hautes études commerciales option finances de l'IHEC Carthage
1998,
- 3ème cycle finances publiques option fiscalité de l'IEDF Alger 2000,
- vérificateur à la cellule de vérification approfondie des dossiers fiscaux
depuis l'année 2000,
- chef de service de suivi des avantages fiscaux au centre régional de
contrôle des impôts de Sfax1 depuis Mars 2011,
- chef de la cellule de vérification fiscale au centre régional de contrôle des
impôts de Sfax2 depuis fin septembre 2016,
- enseignant à l'IHEC Sfax, matière : fiscalité, de l'année universitaire
2004/2005 à 2008/2009,
- enseignant à la FSEG Sfax, matière :contrôle et contentieux fiscal,
depuis l'année universitaire 2009/2010 (ancien régime révision comptable, puis
2ème année mastère révision comptable )
- enseignant à la FSEG Sfax, matière : avantages fiscaux, depuis l'année
universitaire 2012/2013 ( 1ère année mastère révision comptable )

BIBLIOGRAPHIE PRINCIPALE

Code des droits et procédures fiscaux


Ouvrages
YAICH Abderraouf (2009), « Manuel de fiscalité d’expertise
comptable : la doctrine administrative en matière de Contrôle fiscal et
de Contentieux de l'impôt », Les éditions Raouf YAICH, Tunisie.
1
Les mises à jour nécessaires ont été apportées à ce document pour se
conformer à la nouvelle réglementation fiscale jusqu’à septembre 2017

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

PLAN DU COURS

SOMMAIRE PAGE

PREMIERE PARTIE
PREROGATIVES ET OBLIGATIONS GENERALES DE L'ADMINISTRATION
FISCALE ET DROITS DU CONTRIBUABLE

CHAPITRE 1 : CHAMP D'APPLICATION DU CDPF …………………………………………… 4


CHAPITRE 2 : LIEU D'IMPOSITION ET DE DECLARATION DES IMPOTS………….. 5
CHAPITRE 3 : LE DROIT DE CONTROLE FISCAL……………………………………………. 11
CHAPITRE 4 : OBLIGATION AU SECRET PROFESSIONNEL FISCAL…………………… 14
CHAPITRE 5 : DROIT DE COMMUNICATION…………………………………………………. 17
CHAPITRE 6 : DROIT DE REPRISE ET DELAIS DE PRESCRIPTION…………………… 21
CHAPITRE 7 : RESTITUTION DES CREDITS D'IMPOT…………………………………….. 28

DEUXIEME PARTIE
LES PROCEDURES DE VERIFICATION ET DE TAXATION D'OFFICE

CHAPITRE 1 : LES PROCEDURES DE NOTIFICATION EN MATIERE FISCALE…….. 35


CHAPITRE 2 : LES PROCEDURES DE VERIFICATION FISCALE…………………………. 39
CHAPITRE 3 : LES PROCEDURES DE TAXATION D'OFFICE……………………………… 52

TROISIEME PARTIE
CONTENTIEUX DE L'IMPÔT ET
LES PROCEDURES D'ENCADREMENT DE L'ACTION DE
L'ADMINISTRATION FISCALE ET DE L'ADMINISTRATION DU
RECOUVREMENT

CHAPITRE 1 : L'OPPOSITION A L'ATO ET LE CONTENTIEUX DE L'IMPOT……….. 60


CHAPITRE 2 : LE POURVOI EN CASSATION………………………………………………….. 69
CHAPITRE 3 : LA COMPETENCE DU JUGE DE L’IMPOT…………………………………... 72
CHAPITRE 4 : BRIGADE DES INVESTIGATIONS ET DE LA LUTTE CONTRE
L’EVASION FISCALE ………………………………………………………………………………….… 73
CHAPITRE 5 : PROCEDURES D’ENCADREMENT DE L’ACTION DE
L’ADMINISTRATION FISCALE ET DE L’ADMINISTRATION DU RECOUVREMENT…… 74

2 QUATRIEME PARTIE
LES SANCTIONS FISCALES

CHAPITRE 1: LES SANCTIONS FISCALES ADMINISTRATIVES Les articles de 79

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

84bis à 84 sexies et 85 du CDPF …………………………………………………………………..


CHAPITRE 2: LES SANCTIONS FISCALES ADMINISTRATIVES Les autres articles 85
CHAPITRE 3: LES SANCTIONS FISCALES PENALES………………………………………. 91
CHAPITRE 4: LA CONSTATATION ET LA RGULARISATION DES INFRACTIONS
FISCALES PENALES…………………………………………………………………………………….. 96

Liste des abréviations


IRPP : Impôt sur les revenus des personnes physiques
IS : Impôts sur les sociétés
CDPF : Code des doits et procédures fiscaux
TCL : Taxe sur les établissements à caractère industriel ou commercial
TVA : Taxe sur la valeur ajoutée
DD : Droit de douane
DC : Droit de consommation
CA : Chiffre d’affaires
TTC : Toutes taxes comprises
HT : Hors taxes
BIC : Bénéfices industriels et commerciaux
BNC : Bénéfices des professions non commerciales
MI : Minimum d’impôt
PV : procès verbal
VP : vérification préliminaire

VA : vérification approfondie

PP : Personne physique
PM : Personne morale
DGE : direction des grandes entreprises
ZDR : zone d’encouragement aux développements régionaux
DA : Développement agricole
ATO : l’arrêté de taxation d’office
3 LF : Loi de finances
LFC : Loi de finances complémentaire
TPI : Tribunal de première instance

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

COC : Code des obligations et des contrats

PREMIERE PARTIE :
Prérogatives et obligations générales de l'administration fiscale
et droits du contribuable

Chapitre 1: Champ d'application du CDPF


Le CDPF, fixe les dispositions relatives aux droits et obligations du contribuable et aux
procédures y afférentes au niveau du contrôle et du contentieux des impôts, droits,
taxes et redevances au profit de l’Etat à l’exception des droits et taxes perçus à
l’importation qui demeurent régis par les dispositions du code des douanes.
Les dispositions du CDPF s’appliquent aux impôts, droits et taxes suivants :
1- Les recettes fiscales inscrites à la première partie du titre I du budget de l’Etat et
dont notamment :
l’impôt sur le revenu des personnes physiques ; l’impôt sur les sociétés;
taxe sur la valeur ajoutée ;
le droit de consommation ;
les droits d’enregistrement et de timbre ;…
2- Les impôts et taxes au profit des fonds spéciaux du trésor et dont notamment :
la taxe de formation professionnelle ;
la contribution au fonds de promotion de logement au profit des salariés;
les taxes au profit du fonds de développement de la compétitivité dans le secteur
industriel …
3- En vertu des dispositions du paragraphe I de l’article 40 du code de la fiscalité locale
tel que modifié par l’article 4 de la loi de promulgation du code des droits et procédures
fiscaux, ledit code s’applique aussi:
à la taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial ou
professionnel ;
à la taxe hôtelière ;
et au droit de licence sur les débits de boissons.
4
Par ailleurs, sont exclus du champ d’application des dispositions du code sus indiqué,
les « droits des douanes et autres droits, impôts et taxes perçus à l’importation » dont
notamment :
les droits, taxes et redevances des douanes,

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

la taxe sur la valeur ajoutée due à l’importation,


les droits de consommation dus à l’importation,
les avances au titre de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés
dues à l’importation des biens de consommation.
Pour l’application des dispositions du CDPF, ces termes auront les significations suivantes :
- le terme « impôt » désigne toute ressource fiscale au profit de l’Etat, et ce
indépendamment de son appellation dans le texte l’ayant institué (impôt, droit, taxe,
contribution, redevance) ;
- l’expression « prélèvements fiscaux au profit de l’Etat » prévue par l’article
premier du code, désigne les recettes fiscales inscrites au titre I du budget de l’Etat ainsi
que les recettes fiscales affectées aux fonds spéciaux du trésor ;
- le terme « contribuable » désigne toute personne physique ou morale, désignée par la
loi pour payer les recettes fiscales susvisées au trésor public.
Chapitre 2
Lieu et modalités d'imposition et de déclaration des impôts
L’article 3 du CDPF a unifié le lieu d’établissement des impôts régis par les
dispositions dudit code, à l’exception des droits d’enregistrement, ainsi que le lieu de
leur déclaration et ce, sur la base de :
- la qualité du contribuable : personne physique ou personne morale,
- la catégorie des revenus ou bénéfices du contribuable,
- la source des revenus ou bénéfices soumis à l’impôt,
- la nature de l’opération soumise à l’impôt.
Etant signalé que le lieu d’imposition et de déclaration de l’impôt détermine :
- la recette des finances territorialement compétente pour le dépôt des déclarations
fiscales, et
- les services du contrôle fiscal habilités à effectuer la vérification préliminaire ou
approfondie de la situation fiscale du contribuable, à établir l’impôt en cas de
redressements et à rendre les services fiscaux (délivrance des attestations...).

1. Lieu d’imposition pour les personnes physiques :


1.1 . Les personnes physiques exerçant une activité BIC ou BNC :
L’impôt est établi et déclaré pour ces personnes au lieu de l’établissement principal de
l’exercice de leur activité et ce, même si ces personnes réalisent d’autres catégories de
revenu tels que les bénéfices des exploitations agricoles, les salaires ou les pensions…
A cet effet, l’expression « établissement principal » désigne l’établissement qui procure
habituellement la part essentielle des revenus ou bénéfices du contribuable dans la
catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ou des bénéfices non commerciaux.
Exemple 1 : Une personne physique exerce en même temps une activité industrielle à
5 Tunis et une activité commerciale à Sousse et que son chiffre d’affaires ainsi que
d’autres indices relatifs à ces deux activités conduisent à considérer l’activité
industrielle comme l’activité principale de cette personne.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Dans ce cas, l’impôt doit être établi et déclaré au lieu de l’établissement industriel du
fait que celui-ci représente l’établissement principal du contribuable.

1.2. Les personnes physiques réalisant des revenus ou bénéfices provenant


exclusivement de sources autres que les activités BIC ou BNC:
L’impôt est établi et déclaré pour ces personnes au lieu de leur domicile principal c’est-
à-dire au lieu de leur résidence habituelle déterminé sur la base du domicile mentionné
par le contribuable dans ses déclarations fiscales ou admis par celui-ci explicitement ou
implicitement par tout écrit ayant une force probante y compris le document
électronique (contrat, convention, correspondance, attestation administrative, CIN…..).
Ceci concerne les personnes physiques dont les revenus ou bénéfices sont
exclusivement constitués de :
- bénéfices des exploitations agricoles et de pêche ;
- traitements, salaires, indemnités, pensions et rentes viagères,
- revenus fonciers,
- revenus de valeurs mobilières et de capitaux mobiliers ;
- revenus de source étrangère n’ayant pas été soumis à l’impôt dans le pays d’origine.
Exemple 2 : Un salarié travaille dans une entreprise sise à Monastir alors que son
domicile mentionné dans ses déclarations est situé à Mahdia.
Dans ce cas, le lieu d’établissement et de déclaration de l’impôt est fixé au lieu du
domicile de l’intéressé à Mahdia.

1.3. Les personnes physiques non établies en Tunisie :


L’impôt est établi et déclaré pour les personnes physiques non établies en Tunisie et qui
y réalisent des bénéfices ou des opérations soumises à l’impôt au lieu de la source
principale des revenus et bénéfices en Tunisie.
Exemple 3 : Une personne physique non résidente en Tunisie, réalise des revenus
fonciers provenant d’un immeuble sis au Belvédère et des revenus agricoles provenant
d’une exploitation sise à Béja.
S’il est établi que l’activité agricole constitue la source principale des revenus de
cette personne en Tunisie, dans ce cas le lieu d’établissement de l’impôt et de sa
déclaration est à Béja.

2. Lieu d’établissement et de déclaration de l’impôt pour les sociétés et autres


personnes morales

2.1. Les sociétés ayant un siège social en Tunisie :


L’impôt est établi et déclaré au lieu de leur siège social fixé par leurs statuts.
Exemple 4 : Une société industrielle a son siège social à Tunis et dispose d’une usine à
Sousse et de deux points de vente situés l’un à Sfax et l’autre à Gabès.
6 Dans ce cas, le lieu d’établissement et de déclaration de l’impôt est déterminé par le
lieu du siège social c’est à dire à Tunis.

2.2. Les sociétés dont le siège social est situé hors de Tunisie
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Lorsque ces sociétés exercent en Tunisie une activité soumise à l’impôt dans le cadre
d’un ou de plusieurs établissements, l’impôt est établi et déclaré au lieu de leur
principal établissement sis en Tunisie.
L’établissement principal désigne dans ce cas le lieu du centre de direction effective de
la société en Tunisie.
Exemple 5 : Une société Coréenne exerçant dans le secteur des travaux publics dispose
en Tunisie de deux établissements, l’un à Béja pour la réalisation d’un barrage
collinaire et l’autre à Gabès pour la réalisation d’un réseau routier ainsi que d’un bureau
d’administration de ces projets situé à la Marsa.
Dans ce cas, l’établissement et la déclaration des impôts exigibles par ladite société
doivent être effectués au lieu de son établissement principal soit à la Marsa .

2.3. Les sociétés et autres personnes morales non établies ou non domiciliées en
Tunisie:
L’impôt est établi et déclaré au lieu de la source principale des revenus et bénéfices
réalisés en Tunisie.
2.4. Les autres personnes morales établies ou domiciliées en Tunisie
Pour les autres personnes morales autres que les sociétés (associations, organisations,
représentations…) l’établissement et la déclaration de l’impôt doivent être effectués au
lieu de leur principal établissement.
3. Mesures spécifiques pour les entreprises à plusieurs établissements
Parallèlement à l’institution du principe de la centralisation automatique des
déclarations fiscales relatives aux entreprises à plusieurs établissements,
L’article 3 du CDPF a prévu deux mesures d’accompagnement comportant :
l’obligation pour les entreprises à plusieurs établissements de joindre à leurs
déclarations fiscales des renseignements détaillés sur les activités de chacun de
leurs établissements et ce selon un modèle fourni par l’administration ;
l’habilitation des agents de l’administration fiscale à exercer toutes les
prérogatives qui leurs sont autorisées dans le cadre de l’exercice du droit de
contrôle fiscal prévu par le code des droits et procédures fiscaux et ce, dans la
limite de leurs compétences territoriales, et dont notamment :
contrôler l’observation des obligations fiscales,
demander des éclaircissements et des justifications nécessaires
concernant la situation fiscale du contribuable,
procéder à des visites des locaux et à des perquisitions dans les
locaux soupçonnés,
exercer le droit de communication.
Toutefois, ce droit de contrôle n’est pas assorti d’un droit de redressement qui
demeure du ressort des services fiscaux dans la circonscription desquels se situe le
lieu d’imposition au sens de l’article 3 susvisé.
7 Exemple 6 : Une société d’exploitation touristique dont le siège social est située à
Tunis qui exploite un hôtel sis à Djerba, a bénéficié d’avantages fiscaux au titre de
l’acquisition de matériels et d’équipements pour l’hôtel sis à Djerba.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Dans ce cas, et nonobstant le fait que l’établissement de l’impôt dû par la société en


question doit être effectué au lieu de son siège social situé à Tunis, les services fiscaux
dont relève l’hôtel peuvent effectuer toutes les opérations et investigations prévues par
le code des droits et procédures fiscaux dans le cadre du droit de contrôle fiscal y
compris les constatations matérielles pour s’assurer de la conformité de l’affectation
des équipements acquis à l’objet déclaré.

4. Lieu d’établissement et de déclaration des droits d’enregistrement


Compte tenu de la particularité des droits d’enregistrement qui reposent dans la plupart
des cas sur le principe de solidarité des parties dans le payement des droits exigibles sur
les actes, écrits et mutations, l’article 3 du CDPF a prévu le reconduction des
dispositions des articles 10,11 et 12 du code des droits d’enregistrement et de timbre
relatives au lieu d’accomplissement de la formalité de l’enregistrement .
Il s’ensuit que le lieu d’accomplissement de la formalité de l’enregistrement ainsi que
la compétence territoriale des services du contrôle fiscal en matière de droits
d’enregistrement et de timbre dus sur les actes et écrits soumis à la formalité de
l’enregistrement des droits demeurent régis par les dispositions desdits articles du code
des droits d’enregistrement et de timbre.

Selon les dispositions de l'article 10 du code des droits d’enregistrement et de


timbre : « I. Les actes des huissiers-notaires et autres personnes ayant pouvoir de faire
des exploits et procès-verbaux sont enregistrés à la Recette des Finances de la
résidence des personnes précitées.

IV. Les actes sous seing privé portant transmission de propriété,…de jouissance de
biens immeubles, de fonds de commerce ou de clientèle, du droit à un bail ou au
bénéfice d'une promesse de bail portant sur tout ou partie d'un immeuble ainsi que ….,
sont enregistrés à la Recette des Finances de la situation des biens ».
Exemple 7 : Une personne physique résidente à Tunis, a cédé, par acte sous-seing privé
en date du 14 mai 2012, un terrain sis à Zarzis à une personne physique résidente à
Sousse. Dans ce cas, et en application des dispositions de l’article 10 du code des droits
d’enregistrement et de timbre, la recette des finances de Zarzis dans la circonscription
de laquelle est situé le terrain objet du contrat est compétente pour l’enregistrement
dudit acte.
D’autre part, les services du contrôle fiscal compétents, relevant du centre régional du
contrôle des impôts de Médenine sont seuls compétents pour exercer le droit de
contrôle fiscal relatif audit acte et pour réparer les omissions et erreurs relatives aux
droits y afférents.

5. Règles spécifiques en matière de TVA et des droits assimilés


8 Du fait du maintien en application des dispositions du paragraphe V de l’article 18 et de
l’article 19 du code de la TVA relatives au lieu d’imposition et de déclaration de la
TVA :

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

- l’impôt est établi et déclaré pour les opérations occasionnelles soumises à la TVA et
aux droits assimilés, au lieu où l’opération est effectuée ; et
- les impôts susvisés sont établis et déclarés, pour les personnes ne disposant pas d’un
établissement stable en Tunisie, au lieu d’imposition du mandataire ou à défaut, au lieu
d’imposition du client.

6. Entreprises rattachées à la Direction des Grandes Entreprises

La Direction des Grandes Entreprises, est chargée de la gestion des dossiers fiscaux
d'une catégorie d'entreprises compte tenu, notamment, de leur secteur d'activité ou de
l'importance de leur chiffre d'affaires. Le champ d'intervention de la DGE est fixé par le
décret n°2008-201 du 29 janvier 2008.
L'article 3 du décret n°2008-94 du 16 janvier 2008 confie à la DGE, dans la limite de
son champ d'intervention, de veiller à l'application de la législation fiscale en vigueur et
d'assurer les opérations de contrôle fiscal des impôts , et ce notamment, en matière de
contrôle sur place, de régularisation des défauts et des découvertes et de vérification
préliminaire .
A cet effet, elle est chargée notamment :
- de recevoir les déclarations d'existence présentées par les contribuables soumis à cette
obligation et de leur délivrance les cartes d'immatriculation fiscale,
- du contrôle du respect des obligations fiscales par les contribuables,
- de constater les infractions fiscales pénales,
- de préparer les arrêtés de taxation d'office ….
Sont considérées comme grandes entreprises relevant de la DGE:

1) Les entreprises suivantes indépendamment de la date de leur création et du montant du


chiffre d'affaires réalisé :
les établissements de crédit ( loi n°2001-65 du 10 juillet 2001 modifiée et complétée par la loi
n°2006-19 du 2 mai 2006 )
les organismes financiers et bancaires travaillant essentiellement avec les non-
résidents ( loi n°85-108 du 06 décembre 1985 )
les compagnies d'assurance et de réassurance ( loi n°92-24 du 09 mars 1992 modifiée et
complétée par la loi n°2005-86-19 du 15 aout 2005 )
les sociétés d'investissement ( loi n°2001-83 du 24 juillet 2001 modifiée et complétée par la
loi n°2005-105-19 du 19 décembre 2005 )
les sociétés de recouvrement de créances ( loi n°98-4 du 02 février 1998 modifiée et
complétée par la loi n°2003-42 du 09 juin 2003 )
les opérateurs de réseaux de télécommunication ( loi n°2001-1 du 15 janvier 2001
modifiée et complétée par la loi n°2008-1 du 08 janvier 2008 )
les entreprises exerçant dans le secteur des hydrocarbures ou la recherche et la
9 production des hydrocarbures liquides et gazeux ( loi n°99-93 du 17 aout 1999 et la loi
n°87-9 du 06 mars 1987 )
les entreprises exerçant dans le secteur de raffinage du pétrole et de vente des
produits pétroliers en gros, ( loi n°2003-30 du 28 avril 2003)
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

les entreprises exerçant dans le secteur minier, ( loi n°91-45 du 1 juillet 1991)
les entreprises exerçant dans le secteur de la production du ciment.

2) Les autres sociétés qui réalisent un chiffre d'affaires brut égal ou supérieur à 10 millions
de dinars et dont le siège social se situe dans les gouvernorats de Tunis, Ariana, Ben
arous et Mannouba.

3) Toute autre entreprise qui opte par une demande écrite présentée à la DGE pour son
rattachement à cette direction, et ce, à condition de réaliser un chiffre d'affaires brut
égal ou supérieur à 10 millions de dinars au titre des deux années antérieures à l'année
de l'option pour le rattachement. L'option a lieu après accord de la DGE pour trois ans
renouvelable par tacite reconduction et peut prendre fin à la demande de l'entreprise ou
à l'initiative de l'administration fiscale sous conditions fixées par le décret n°2008-201
du 29 janvier 2008.

7. La télé-liquidation et télé-déclaration
Le contribuable peut souscrire et déposer ses déclarations fiscales, acquitter l'impôt et
les pénalités y afférentes … par des moyens électroniques fiables, et ce, conformément
à la législation en vigueur relative aux échanges électroniques par la procédure de :

* La télé-liquidation: ce service permet aux contribuables adhérents de liquider leur


impôts et taxes via internet et de payer auprès de n'importe quelle recette des finances
sur simple présentation de la référence de la déclaration. Le paiement des impôts doit
être effectué à la recette de finances dans un délai allant du lendemain du jour de la télé-
liquidation jusqu'au dernier jour de l'échéance légale de dépôt.

* La télé-déclaration : ce service permet aux contribuables adhérents de liquider leur


impôts et taxes via internet . L'accès est sécurisé et subordonné à l'obtention d'un
certificat électronique délivré par l'Agence Nationale de Certification Electronique ou
par les bureaux de poste compétents.
La souscription et le dépôt des déclarations fiscales ainsi que l'échange de données et
documents utilisés pour l'établissement de l'impôt par des moyens électroniques fiables
sont obligatoires pour le contribuable dont le chiffre d'affaires brut dépasse un montant
de 1 million de dinars (arrêté du ministre des finances du 07/02/2012) .

La loi de finances pour 2017 prévoit ce qui suit :


- le dépôt des listes et relevés, y compris la liste détaillée des factures d’achat et de
ventes émises sous le régime suspensif peut être effectué par des moyens électroniques
fiables,
10 - le dépôt des déclarations fiscales, listes et relevés sur supports magnétiques et par des
moyens électroniques fiables pour les contribuables exerçant des activités dont la liste a
été fixée par arrêté du ministre des finances nonobstant le chiffre d'affaires réalisé
(Arrêté du ministre des finances du 25 avril 2017) à savoir :
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

1. les établissements sanitaires privés,


2. la promotion immobilière,
3. les sociétés de services dans le secteur des hydrocarbures,
4. les travaux de construction, d'aménagement et d'entretien des barrages, des ponts,
des routes et des échangeurs,
5. les travaux d'installation des réseaux d'eau, de gaz, d'électricité et de
télécommunication,
6. les caisses de sécurité sociale.

Chapitre 3 : Le droit de contrôle fiscal


Les CDPF regroupe sous le "droit de contrôle fiscal" un certain nombre de prérogatives
de l'administration fiscale , en sus du droit de l'administration fiscale de procéder à la
vérification fiscale du contribuable, au nombre desquelles :
1) Le droit de l'administration fiscale de demander des renseignements,
11 éclaircissements ou justifications concernant la situation fiscale du contribuable.
Ainsi, aux termes de l'article 5 du CDPF, l'administration fiscale contrôle et vérifie les
déclarations, actes, écrits, mutations, factures et documents utilisés ou justifiant
l'établissement des impôts régis par les dispositions du présent code et leur paiement ou

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

présentés en vue de bénéficier d'avantages ou de dégrèvements fiscaux ou de la


restitution des sommes perçues en trop au titre de ces impôts ; elle contrôle également
le respect par le contribuable de ses obligations fiscales.
L'administration fiscale peut aussi, aux termes de l'article 6 du CDPF, demander tous
renseignements, éclaircissements ou justifications concernant la situation fiscale du
contribuable. Elle peut établir l'impôt et rectifier les déclarations sur la base de
présomptions de droit ou de présomptions de fait formées notamment de comparaisons
avec des données relatives à des exploitations, des sources de revenu ou des opérations
similaires.

2) Le droit de l'administration fiscale de demander la communication des états


détaillés du patrimoine et des éléments de train de vie du contribuable.
Ainsi, aux termes de l'article 7 du CDPF, L'administration fiscale peut demander aux
personnes physiques, dans le cadre de la vérification de leur situation fiscale, des états
détaillés de leur patrimoine et des éléments de leur train de vie visés aux articles 42 et
43 du code de l'IRPP et de l'IS.

3) Le droit de visite sans avis préalable des locaux professionnels, magasins et


entrepôts qui en dépendent et d’une manière générale tous lieux utilisés pour des
activités imposables et de procéder à des constatations matérielles des éléments relatifs
à l’exercice de l’activité. Ainsi que le droit d'effectuer des perquisitions en cas de
présomption d’exercice d’une activité soumise à l’impôt et non déclarée ou de
manœuvres de fraude fiscale. (l'article 8 du CDPF ).
La LF2016 a étendu le droit des agents de l'administration fiscale à procéder à des
constatations matérielles pour couvrir également les notes d'honoraires, les documents
et les contrats en tenant lieu.

4) Obligation de communiquer aux agents de l'administration fiscale dans le cadre


de l'exercice de leurs fonctions les livres, documents comptables, logiciels et
applications informatiques utilisés pour l'arrêté de leurs comptes et pour
l'établissement de leurs déclarations fiscales ainsi que les informations et données
nécessaires à l'exploitation de ces programmes, logiciels et applications enregistrés sur
supports magnétiques et les enregistrements et traitements y afférents.

5) Contrôle routier (sur la voie publique) en vue de s'assurer du respect de la législation


relative aux factures, au transport de produits et de marchandises et au paiement des
impôts dus sur les moyens de transport.
Ainsi, aux termes de l'article 12 du CDPF, les agents de l'administration fiscale, des
douanes et autres agents de l'Etat habilités à verbaliser en matière de circulation,
effectuent les contrôles nécessaires en vue de s'assurer du respect de la législation
12 relative aux factures, au transport de produits et de marchandises et au paiement des
impôts dus sur les moyens de transport routier.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Les agents de l'administration fiscale exercent ce contrôle sur la voie publique, dans les
établissements ouverts au public et en tout autre lieu dont l’accès leur est légalement
permis; le rôle des autres agents se limite au contrôle sur la voie publique.

L'article 8 du CDPF a défini le contenu du droit de visite et de perquisition, ainsi que


les procédures.

I. contenu du droit de visites des locaux professionnels et perquisition


dans les locaux soupçonnés
Les dispositions de l’article 8 du CDPF, ont autorisé les agents de l’administration
fiscale habilités à effectuer la vérification fiscale et à procéder à la constatation des
infractions fiscales pénales à effectuer, dans la limite de leur compétence territoriale,
des visites aux locaux professionnels, magasins et entrepôts qui en dépendent et d’une
manière générale tous lieux utilisés pour des activités ou opérations soumises à l’impôt
en vue de :
- s’assurer de l’accomplissement par le contribuable de ses obligations fiscales telles
que la souscription et le dépôt des déclarations fiscales prescrites, la facturation et la
tenue de comptabilité.
- ou de procéder à des constatations matérielles des éléments relatifs à l’exercice de
l’activité commerciale, industrielle ou professionnelle tels que les stocks, les
équipements, les marchandises, les biens de production ou d’exploitation, les agents ou
les registres et documents comptables prescrits par la législation fiscale.
Le contribuable doit communiquer à ces agents, ses quittances, documents et factures
relatifs au paiement des impôts exigibles ou justifiant l’accomplissement de ses
obligations fiscales et dont il est obligé de tenir en vertu de la législation fiscale, et qui
lui sont demandés par lesdits agents dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions.
Les dispositions du même article susvisé, ont autorisé les agents de l’administration
fiscale habilités à procéder, en cas de présomption d’exercice d’une activité soumise à
l’impôt et non déclarée ou de manœuvres de fraude fiscale (tenue d’une double
comptabilité, édition ou utilisation de factures falsifiées, établissement ou utilisation de
documents, marques ou sceaux falsifiés…), à des visites et ce, en vue de constater les
infractions commises et de recueillir les éléments de preuve y afférents. Ces visites et
perquisitions peuvent concerner les locaux déclarés comme locaux professionnels ou
tous autres locaux soupçonnés.
II. Les procédures
1- Procédures spéciales au droit de visite des locaux professionnels
Les visites des locaux professionnels en vue de s’assurer de l’accomplissement par le
contribuable de ses obligations fiscales et notamment celles relatives au dépôt de ses
déclarations fiscales, à la facturation et à la tenue de comptabilité s’effectuent sans avis
13 préalable ; et elles ne nécessitent pas la présentation ou la délivrance d’un ordre de
mission préalable. Toutefois, les agents de l’administration fiscale effectuant ces visites
doivent présenter au début de la visite leurs cartes professionnelles.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Cependant, les visites des locaux professionnels, des magasins et des entrepôts qui en
dépendent et d’une manière générale de tous lieux utilisés pour des activités ou
opérations soumises à l’impôt en vue d’effectuer des constatations matérielles des
éléments relatifs à l’exercice de l’activité tels que les stocks, les marchandises, les
équipements, les biens de production ou d’exploitation, les agents ou les registres et
documents comptables, nécessitent un ordre de mission spécial à cet effet mentionnant
l’objet de la visite et les personnes qui en sont chargées et dont une copie est délivrée
directement au contribuable ou à son représentant au début de la visite contre récépissé.
2- Procédures spéciales au droit de visite et de perquisition dans les locaux
soupçonnés
Conformément aux dispositions de l’article 8 du CDPF, les visites et perquisitions dans
les locaux soupçonnés sont régies par les dispositions du code de procédure pénale y
afférentes dont notamment les dispositions de l’article 11 et des articles 93 à 96
lorsqu’elles ne sont pas contraires aux dispositions du CDPF relatives notamment à la
constatation et à la poursuite des infractions fiscales pénales.
Et conformément aux dispositions susvisées du code de procédure pénale, les agents de
l’administration fiscale ne peuvent, sauf cas de crimes ou délits flagrants, procéder à
des visites et perquisitions dans les locaux soupçonnés tant qu’ils ne sont autorisés à cet
effet par écrit par le Procureur de la République dont ils dépendent.
3- Procédures communes
Les visites et perquisitions prévues par l’article 8 du CDPF, s’effectuent
obligatoirement par au moins deux agents de l’administration fiscale territorialement
compétente, habilités à procéder à des visites et perquisitions au sens sus-indiqué,
munis de leurs cartes professionnelles.
Les dispositions de l’article 8 sus-indiqué, ont autorisé les agents de l’administration
fiscale à saisir, à l’occasion des visites et perquisitions prévues par ledit article, tous
documents ou objets prouvant l’exercice d’une activité soumise à l’impôt et non
déclarée (marchandises, matières premières, équipements et installations, documents
relatifs aux transactions…) ou présumant une infraction fiscale (tenue d’une double
comptabilité, simulation de situations juridiques, falsification de documents, des sceaux
ou des marques, manquement aux obligations comptables ou aux obligations relatives à
la facturation…).
D’autre part, et en application des dispositions des articles 13 et 14 du CDPF, les agents
de l’administration fiscale peuvent se faire assister lors des visites et perquisitions
prévues par l’article 8 dudit code par :
- les agents de l’Etat et des établissements publics ou par des experts non concurrents
au contribuable et ce, sur la base d’une habilitation par le Ministre des Finances ou la
personne déléguée par le Ministre des Finances à cet effet ;
- les autorités civiles et de sûreté.
Chaque constatation matérielle ou perquisition dans les locaux soupçonnés effectuée
14 sur la base des dispositions de l’article 8 susvisé, est clôturée par l’établissement d’un
procès verbal conformément aux dispositions des articles 71 et 72 du CDPF relatant le
déroulement de l’opération et les constatations matérielles effectuées avec une

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

description détaillée des objets saisis et dont une copie est délivrée au contribuable ou à
son représentant contre récépissé.
Chapitre 4 : L’obligation du respect du secret professionnel
I. Champ d'application de l'obligation

1) Les personnes soumises à l’obligation du respect du secret professionnel fiscal

L’obligation du respect du secret professionnel couvre toutes les personnes qui ont
accès à des renseignements spécifiques au cours de l’exercice de leurs fonctions et
s’applique en matière fiscale aux personnes contribuant à la liquidation, au contrôle, au
recouvrement ou au contentieux de l’impôt. IL s'agit principalement:
des agents du contrôle fiscal et des agents du recouvrement de l’impôt,
des personnes procédant à la notification des correspondances et significations
adressées par les services de l’administration fiscale (agents de l’administration,
huissiers-notaires, huissiers du trésor),
des agents du centre informatique du ministère des finances,
des agents de l’Etat, des établissements publics et experts assistant les services de
l’administration fiscale pour les opérations de contrôle nécessitant une expérience ou
une compétence technique particulière,
des agents publics habilités à l’exercice du contrôle fiscal sur la voie publique (agents
de la sûreté nationale, agents de la garde nationale, agents des douanes,…),
des experts auxquels font appel les tribunaux pour l’évaluation des immeubles, fonds
de commerce cédés … ou des experts auxquels font appel les tribunaux pour une
nouvelle liquidation des sommes exigibles ou restituables.

2) Les procédures de notification des correspondances et significations des services


de l’administration fiscale

L’article 15 du CDPF a prévu l’obligation de notifier sous plis fermés les significations
et correspondances relatives à l’impôt, échangées entre les services de l’administration
fiscale ou notifiées par leurs soins au contribuable.
Cette formalité se rapporte :
- aux correspondances relatives à l’impôt, échangées entre les services de
l’administration fiscale, se rapportant à des dossiers ou renseignements relatifs aux
contribuables faisant l’objet d’un contrôle fiscal ou d’un droit de communication,
- aux significations et correspondances notifiées par les services de l’administration
fiscale au contribuable dans le cadre d’une demande de renseignements ou d’une
réponse à ces demandes ou dans le cadre des procédures de vérification fiscale (avis de
15
vérification, notification des résultats de la vérification, notification d’un arrêté de taxation d’office…)

3) Les procédures de délivrance de renseignements ou copies des dossiers détenus


par l’administration

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Les agents de l’administration fiscale ne peuvent délivrer des renseignements ou copies


des dossiers qu’ils détiennent qu’au :
contribuable lui-même, ou
personnes auxquelles le paiement de l’impôt pourrait être réclamé à sa place
qui couvre toutes les personnes qui tiennent légalement lieu et place du redevable
principal de l’impôt dont notamment:
a) les héritiers, légataires et leurs tuteurs : ces personnes sont tenues au
paiement du droit exigible sur les successions … à cause de mort,
b)associés dans les sociétés de personnes prévus par l’art 4 du code de
l’IRPP et de l'IS,
c) les liquidateurs judiciaires,
d) les administrateurs judiciaires,
e) les mandataires conformément à la loi.

4) Les procédures de délivrance de copies d’actes enregistrés et d’extraits du


registre de la formalité de l’enregistrement.

L’accomplissement de la formalité de l’enregistrement nécessite la présentation des


actes sous seing privé obligatoirement soumis à la formalité en deux originaux avec un
original supplémentaire pour les actes touchant à la situation juridique des immeubles
immatriculés à la conservation de la propriété foncière. Une copie est conservée pour
les besoins des services de l’administration fiscale.
Les parties contractantes ou leurs ayants cause peuvent se faire délivrer des copies des
actes enregistrés ou extraits du registre de la formalité de l’enregistrement et ce, sur
présentation d’une demande écrite aux services de l’administration fiscale compétents.
L’ayant cause est la personne qui se subroge dans tout ou partie des droits d’une autre
personne tels que les héritiers, les légataires ou l’acheteur qui se subroge au vendeur
dans la propriété du bien.

II. LES EXCEPTIONS A L’OBLIGATION DU RESPECT DU SECRET


PROFESSIONNEL FISCAL

1) Les exceptions prévues par le code des droits et procédures fiscaux

a) Délivrance de copies d’actes enregistrés ou d’extraits du registre de la formalité de


l’enregistrement à des personnes autres que les parties contractantes ou leurs ayants cause
Les personnes autres que les parties contractantes et autres que les ayants cause des
contractants, peuvent se faire délivrer des copies d’actes enregistrés ou des extraits du
registre de la formalité de l'enregistrement ou un état des actes enregistrés de
16 l’administration fiscale en cas d’obtention d’une ordonnance sur requête du juge
compétent et ce, qu’il s’agit d’une affaire civile, pénale ou autre. Par conséquent, la
formalité consistant dans l’obtention d’une ordonnance sur requête pour se faire
délivrer des documents ne couvre que les actes enregistrés.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

b) Présentation des renseignements et des documents à la chambre des titres gelés et


au juge du livre foncier
Dans le cadre des procédures de mise à jour des titres fonciers, les services de
l’administration fiscale peuvent communiquer des renseignements et documents
nécessaires à la chambre des titres gelés et au juge du livre foncier.

2) Les exceptions prévues par le droit commun

a) L’instruction des affaires pénales


Les originaux des actes, écrits et documents sont remis au pouvoir judiciaire sur
ordonnance du juge d’instruction contre la remise d’un récépissé et ce, après la
conservation d’une copie conforme des actes, écrits et documents délivrés.

b) Présentation de renseignements aux tribunaux compétents dans le cadre des


procédures d’expropriation
Les services de l’administration fiscale communiquent les renseignements requis sur la
base d’une ordonnance sur requête du juge chargé de l’affaire et ce pour l’évaluation
des immeubles expropriés pour cause d’utilité publique.

III. SANCTION DU MANQUEMENT A L’OBLIGATION DU RESPECT DU


SECRET PROFESSIONNEL FISCAL

Outre les sanctions administratives en vigueur, la sanction prévue par l’article 254 du
code pénal est applicable. Cette sanction qui consiste en un emprisonnement de 6 mois
et une amende n’est pas susceptible de transaction et l’action publique s’y rapportant
peut être mise en mouvement par les services de l’administration fiscale ou par toute
personne endommagée par la divulgation du secret professionnel.

Les sanctions fiscales prévues par l'article 254 du code pénal sont quintuplées en cas de
violation du secret professionnel dans le cadre de l'article 17 du CDPF. (LF2016)

17

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Chapitre 5 : Droit de communication


Les dispositions des articles 16 à 18 du CDPF, ont retracé le contenu du droit de
communication au profit de l’administration fiscale ainsi que les procédures y
afférentes.

I. Droit de communication sur place et demande de listes nominatives


des clients et fournisseurs

A- Droit de communication sur place (l’article 16 du CDPF)


Les PP et les PM, ci-dessous citées doivent communiquer, sur demande écrite, aux
agents de l’administration fiscale, à ce habilités, pour consultation sur place :
- les dossiers des services et bases de données détenus par les services de l’Etat et par
les collectivités locales et les établissements publics dans le cadre de leurs attributions ;
- les registres, documents comptables et factures tenus par les personnes morales et les
personnes physiques en vertu de la législation fiscale ;
- les registres, dossiers, actes, écrits et bases de données détenus ou conservés par les
officiers publics et les dépositaires d’archives et de titres publics dans le cadre de leurs
fonctions.
Cette demande doit préciser la nature des documents à consulter, ainsi que la date fixée
pour l’exercice du droit de communication qui peut coïncider, en cas de nécessité, avec
celle de la notification de la demande.

B- demande de listes nominatives des clients et fournisseurs (l’article 16 du CDPF)


Les services du contrôle fiscal peuvent demander, dans la limite de leur compétence
territoriale, de leur faire parvenir des listes nominatives des clients et des fournisseurs
comportant les montants des achats et des ventes de marchandises, de services et de
biens effectués avec chacun d’eux et ce, sur la base d’une demande écrite précisant en
sus de l’identité de la personne à laquelle est adressée la demande, les périodes
18 concernées ainsi que l’identité des clients et fournisseurs concernés lorsque la
procédure est limitée à des personnes déterminées.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

La réponse aux demandes de l’administration fiscale formulées dans ce cadre, doit


intervenir dans un délai ne dépassant pas trente jours à compter de la date de la
notification de la demande.

C- Les personnes physiques et les personnes morales auxquelles s’applique le droit


de communication.
- les services de l’Etat et des collectivités locales ( communes, conseils régionaux, …) ;
- les entreprises et les établissements publics
- les sociétés et organismes contrôlés par l’Etat et par les collectivités locales ;
- les entreprises et autres personnes morales du secteur privé ;
- les personnes physiques exerçant une activité BIC, BNC, agricole ou de pêche.
Par ailleurs, les officiers publics (notaires, huissier-notaires, greffiers des tribunaux) et
les dépositaires d’archives et de titres publics, doivent permettre aux agents de
l’administration fiscales, de consulter sur place les actes, écrits, registres et pièces des
dossiers détenus ou conservés par eux dans le cadre de leurs fonctions et de prendre,
sans frais, les renseignements, extraits et copies nécessaires pour le contrôle des actes et
déclarations.

D- Procédures
La demande de droit de communication sur place ou demande de listes nominatives
des clients et fournisseurs doit être notifiée selon dispositions de l'article10 du CDPF.
Les personnes concernées par le droit de communication au sens de l’article 16 susvisé,
ne peuvent opposer l’obligation du respect du secret professionnel aux agents de
l’administration fiscale, en l’absence de dispositions légales contraires (obligation du
respect du secret professionnel statistique ou du secret professionnel médical…).
En vue de faciliter l'exercice des services fiscaux de leur droit de communication, la
LF2016 a permis :
aux agents de l'administration fiscale de prendre des copies des documents dont
ils ont pris connaissance,
à l'administration fiscale d'adopter les correspondances électroniques pour
demander les informations prévues par les articles 16 du CDPF et en disposer.

III.Déclaration des renseignements relatifs aux marchés (l’article 16 du CDPF)


Les personnes morales suivantes :
- les services de l’Etat et des collectivités locales ;
- les entreprises et les établissements publics ;
- les sociétés dans le capital desquelles l’Etat détient directement ou indirectement une
participation,
Ces personnes doivent faire parvenir spontanément, aux services du contrôle fiscal
19
compétents, tous les renseignements relatifs aux marchés pour construction, réparation,
entretien, fourniture, services et autres objets mobiliers qu’ils passent avec les tiers et
ce selon un modèle établi par l’administration et dans un délai ne dépassant pas trente
jours à compter de la date de leur passation.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

IV. Droit de communication Article 17 du CDPF ( apport de LF 2017)

premier paragraphe
Les institutions suivantes:
la Banque Centrale de Tunisie,
les banques et les institutions financières, y compris les banques et les
institutions financières non résidentes,
les sociétés de gestion de portefeuilles de valeurs mobilières pour le compte
des tiers,
les sociétés d'investissement,
les sociétés de gestion de fonds prévues par les lois en vigueur,
les intermédiaires en bourse,
la Société de dépôt, de compensation et de règlement, et
l'Office National des Postes
sont tenues dans le cadre d'une vérification fiscale préliminaire ou approfondie ,
de communiquer à l’administration fiscale:
sur demande écrite, et
dans un délai ne dépassant pas vingt jours à compter de la date de la
notification de la demande :
1) les numéros des comptes ouverts auprès d'eux au nom et pour le compte du
contribuable ou pour le compte des tiers ou ouverts par les tiers pour le compte du
contribuable, durant la période non prescrite,
2) l'identité de leurs titulaires, ainsi que
3) la date d'ouverture de ces comptes, lorsque l'ouverture a eu lieu durant la période
susvisée, et
4) la date de leur clôture, lorsque la clôture a eu lieu au cours de la même période et
ce, dans un délai maximum de vingt jours à compter de la date de la demande.

deuxième paragraphe
les entreprises d'assurance, y compris les entreprises d'assurance non résidentes sont
tenues de communiquer à l’administration fiscale:
sur demande écrite, et
dans un délai ne dépassant pas vingt jours à compter de la date de la
notification de la demande :
1) les données relatives aux dates de souscription des contrats de capitalisation et des
contrats d'assurance-vie souscrits auprès d'elles,
2) leurs numéros et les délais de leurs échéances,

Les entreprises visées aux premier et deuxième paragraphe sont tenues de faire
parvenir des copies des extraits des comptes et des montants épargnés objet des
20
contrats de capitalisation ou des contrats d'assurance-vie:
1) dans un délai maximum de vingt jours
2) sur demande écrite émanant du :
directeur général des impôts ou,
au chef de l'unité du contrôle national et des enquêtes fiscales ou,
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

au directeur de la brigade des investigations et de la lutte contre l'évasion


fiscale ou,
au directeur des grandes entreprises ou,
au chef du centre régional du contrôle des impôts,

et ce au cas où le contribuable ne les présente pas aux services de l’administration fiscale


dans un délai de vingt jours à compter de la date de sa mise en demeure, par écrit,
conformément aux dispositions prévues par l'article 10 du CDPF, ou au cas où il les
présente d’une manière incomplète.
Il est permis d'adopter les correspondances électroniques pour demander les documents
et renseignements et pour en disposer.

V. Droit de communication Article 17 bis du CDPF (nouveau LF 2017)

Les entreprises prévues au premier et au deuxième paragraphes de l'article 17 du


CDPF sont tenues de présenter aux services de l’administration fiscale, chaque fois
qu'ils le leur demandent, ou de façon périodique, les informations dont elles disposent
requises par les Etats liés à la Tunisie par des conventions d'échange de renseignements
et d'assistance en matière fiscale, conformément aux dispositions de chaque convention
et ce, dans un délai de vingt jours à compter de la date de la notification de la demande
ou avant trente jours du délai imparti pour le transfert des renseignements à l'étranger,
conformément à la convention ou aux arrangements conclus pour l'appliquer et ce,
nonobstant les conditions relatives à l'engagement d'une vérification fiscale
préliminaire ou approfondie et la demande préalable au contribuable de les présenter .
Il est permis d'adopter les correspondances électroniques pour demander les documents
et informations et pour en disposer.

VI. Coopération du ministère public avec l'administration fiscale (l’article 18 du CDPF)


Le Ministère Public doit communiquer à l’administration fiscale tous les
renseignements et documents qu’il obtient dans le cadre de l’exercice de ses fonctions
qui présument :
- une fraude en matière fiscale ;
- ou tout agissement ayant pour but de frauder l’impôt ou de compromettre son
paiement.
Cette procédure concerne les documents et renseignements obtenus par le Ministère
Public dans le cadre des instances civile ou commerciale ou dans le cadre des
instructions pénales même au cas où ces instances et instructions se terminent par un
non lieu.
En conséquence, la communication des renseignements et documents susvisés
s’effectue nonobstant des procédures poursuivies au titre de ces instances et des
21 résultats auxquels elles peuvent aboutir.

VII. Coopération avec les autres services administratifs (l’article 18 bis du CDPF)

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

En vue de faciliter l'exercice des services fiscaux de leur droit de communication, la


LF2016 a ajouté l'article 18 bis du CDPF qui permet aux services fiscaux de conclure
avec les autres services administratifs et les entités chargées du contrôle des
conventions portant notamment sur:
l'obtention périodique des informations,
la réalisation des opérations de contrôle, d'inspection et de perquisition en
commun,
l'obtention de connaissances et expériences acquises.

VIII. Les sanctions fiscales pénales relatives au droit de communication


1-Tout manquement aux dispositions de l'article 16 du CDPF entraîne l’application
d’une sanction fiscale pénale consistant en :
- une amende de 100 dinars à 1000 dinars ;
- majorée d’une amende de 10 dinars par renseignement non communiqué ou
communiqué d’une manière inexacte ou incomplète.
Cette infraction peut être constatée par intervalle de 90 jours à compter de la précédente
constatation et donne lieu à l’application de la même amende.

2- Tout manquement aux dispositions de l'article 17 du CDPF, entraîne l’application


d’une sanction fiscale pénale consistant en :
- une amende de 1000 dinars à 20000 dinars ;
- majorée d’une amende de 100 dinars par renseignement non communiqué ou
communiqué d’une manière inexacte ou incomplète.

Chapitre 6 : Droit de reprise et délais de prescription


Le CDPF a fixé dans ses articles de 19 à 27 le droit de reprise, les délais de prescription
pour les impôts, droits et taxes soumis aux dispositions dudit code, ainsi que les actes
interruptifs de la prescription.
I. DROIT DE REPRISE ET DELAIS DE PRESCRIPTION
Aux termes de l'article 19 du CDPF " L'administration fiscale est en mesure de réparer
les omissions, erreurs et dissimulations constatées dans l’assiette, les taux ou la liquidation de
l’impôt jusqu’à la fin de la 4ème année suivant celle au cours de laquelle sont réalisés le
bénéfice le revenu, le chiffre d'affaires, l'encaissement ou le décaissement des sommes ou
toutes autres opérations donnant lieu à l'exigibilité de l'impôt ".

A. Pour les impôts, droits et taxes autres que les taxes dues sur les moyens de
transport routier et le droit de timbre
Les délais de reprise diffèrent dans ce cas, selon la situation du contribuable à l’égard
22
de son devoir fiscal. En effet, certains délais ont été prévus en cas de dépôt de la
déclaration de l’impôt, d’autres en cas de défaut de dépôt de la déclaration de l’impôt.
Les délais de reprise fixés pour le principal de l’impôt sont applicable aux pénalités y

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

afférentes. De même, les délais fixés en cas de non déclaration de l’impôt s’appliquent
aux pénalités exigibles au titre de l’impôt non déclaré.
1. Délais de reprise en cas de déclaration de l’impôt
Il s’agit dans ce cas de réparer l’insuffisance de l’impôt au titre des déclarations
déposées. Ladite insuffisance peut être constatée notamment au niveau :
- de l’assiette de l’impôt,
- des taux d’imposition appliqués,
- de la modalité de liquidation de l’impôt.
1.1. Pour l’IR, l’IS et l’avance due par les sociétés de personnes et assimilées
Les omissions et dissimulations commises au niveau des déclarations déposées au titre
de l’IR ou de l’IS peuvent être réparées jusqu’à la fin de la 4ème année suivant celle au
cours de laquelle le revenu ou le bénéfice a été réalisé.
A titre d’exemple, les erreurs commises au niveau de la déclaration de l’ IR relative
aux revenus de l’année 2012 peuvent être réparées jusqu’à la fin de l’année 2016.
1.2. Cas particuliers des entreprises dont la date de clôture de l’exercice ne
coïncide pas avec la fin de l’année civile
Les erreurs, dissimulations et omissions commises au titre d’un impôt déclaré par les
sociétés ou par les personnes physiques soumises au régime réel et dont la date de
clôture du bilan ne coïncide pas avec la fin de l’année civile, peuvent être réparées
jusqu’à la fin de la quatrième année civile suivant celle de clôture du bilan.
Exemple : une entreprise clôture son bilan le 30 juin de chaque année. La réparation
des omissions pour l’impôt déclaré peut être effectuée jusqu’à la fin de la 4ème année
suivant celle au cours de laquelle le bilan est clôturé. Ainsi, l’activité de l’entreprise qui
s’étale du 1erjuillet 2011à fin juin 2012 peut être contrôlée jusqu’au 31 décembre 2016.
1.3. Pour les autres impôts :
Les omissions et dissimulations commises peuvent être réparées jusqu’à la fin de la
quatrième année suivant celle au cours de laquelle :
- a eu lieu le paiement des montants soumis à la retenue à la source,
- les acomptes provisionnels sont devenus exigibles,
- le chiffre d’affaires a été réalisé pour la TVA et le Droit de Consommation ,
- la TFP et la contribution au FOPROLOS est devenu exigible,
- le chiffre d’affaires a été réalisé pour la TVA, DC, et les autres taxes sur le
chiffre d’affaires,
- le chiffre d’affaires a été réalisé pour la TCL,
Toutefois, les délais de reprise prévus par les articles 19 et 20 du CDPF ne sont pas
applicables au minimum de la taxe prévu par le paragraphe II de l’article 38 du code de
la fiscalité locale qui est égal à la taxe sur les propriétés bâties, dès lors que le code de
la fiscalité locale dispose que le minimum de la taxe est soumis aux délais de reprise
23 relatifs à la taxe sur les propriétés bâties. Dans ce cas, les erreurs et dissimulations
peuvent être réparées, conformément à l’article 27 du code de la fiscalité locale, jusqu’à
la fin de la 3ème année suivant celle au titre de laquelle la taxe est exigible.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

1.4. Pour les droits d’enregistrement


Les erreurs, omissions et dissimulations commises en matière de droits
d’enregistrement peuvent être réparés dans un délai de quatre ans à partir de la date
de l’enregistrement de l’acte, de l’écrit ou de la déclaration.
Toutefois, en cas de conclusion d’un acte ou de prononcé d’un jugement dans les deux
années suivant la date du décès comportant une valeur des immeubles supérieure à celle
portée sur la déclaration de succession, le délai de prescription commence à courir à
compter de la date de l’enregistrement de l’acte ou du jugement.

2. Délais de reprise en cas de défaut de déclaration de l’impôt


En cas de défaut de déclaration de l’impôt, les délais de reprise ci-dessus mentionnés et
fixés à 4 ans sont portés à 10 ans.
Le délai de dix ans s’applique :
aux contribuables n’ayant pas respecté leurs obligations fiscales, inscrits au
répertoire fiscal,
aux contribuables n’ayant pas respecté leurs obligations fiscales, non inscrits au
répertoire fiscal,
à toute déclaration non déposée.
Ce même délai s’applique aussi aux personnes n’ayant pas présenté leurs écrits, actes et
déclarations à la formalité de l’enregistrement.
Conformément aux dispositions de l’article 22 du CDPF, l’administration n’est pas
tenue, pour le décompte des délais de reprise, par la date des actes sous seing privés
n’ayant pas acquis une date certaine par la légalisation de la signature des contractants
ou par le décès de l’une des parties…
3. Cas particulier de contrôle des périodes prescrites ( l’article 26 du CDPF )
L’administration fiscale peut contrôler des périodes prescrites lorsque celles-ci ont une
incidence sur l’impôt exigible au titre de périodes non prescrites.
La mesure prévue par l’article 26 du CDPF se rapporte au droit des services de
l’administration fiscale de contrôler l’exactitude des données relatives aux périodes
prescrites, si celles-ci ont une incidence sur le montant de l’impôt exigible au titre des
périodes non prescrites par l’imputation de :
déficits reportés,
d’amortissements différés ou,
de crédit d’impôt provenant de périodes prescrites.
Toutefois, l’opération de contrôle se limite dans ce cas à la vérification de l’exactitude
des montants reportés et ne peut pas aboutir à la réclamation d’impôts supplémentaires
au titre des périodes prescrites.
Exemple :
Supposons qu’une société ait déclaré au titre de l’année 2008 une perte de 100.000D et
24
au titre de l’année 2009 un bénéfice de 20.000D en tenant compte de l’imputation de la
perte provenant de l’année 2008. Supposons qu’elle ait fait l’objet d’une vérification
fiscale au cours de l’année 2013 pour la période 2009-2012.
Dans ce cas, et bien que l’année 2008 soit prescrite conformément aux dispositions du
CDPF, les services de l’administration fiscale sont habilités à vérifier l’exactitude de la
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

perte déclarée au titre de cette année du fait qu’elle a été imputée sur les résultats de
l’année 2009 non prescrite et faisant l’objet d’une vérification.
Sur cette base et si on suppose qu’au cours de la vérification il s’est avéré que la société
ait procédé à la déduction de charges non déductibles conformément à la législation
fiscale s’élevant à 120.000D des résultats de l’année 2008 et à 50.000D des résultats de
l’année 2009, le résultat fiscal déclaré sera redressé comme suit :
- Résultat de l’année 2008
* Perte déclarée (100 000)D
* charges non déductibles 120 000D
Résultat redressé (bénéfice) 20 000D
Il est à signaler qu’il ne peut être réclamé à la société un impôt au titre du résultat
rectifié s’élevant à 20.000D. Il s’agit seulement de supprimer l’imputation de la perte
des résultats de l’année 2009.
- Résultats de l’année 2009
* Bénéfice déclaré 20 000D
* charges non déductibles 50 000D
* perte non justifiée provenant de l’année 2008 : 100 000D
Résultat redressé (bénéfice) 170 000D
4. Délais de prescription en cas de bénéfice d'avantages fiscaux ou de
régimes privilégiés
Aux termes de l'article 19 du CDPF " L'administration fiscale est en mesure de réparer
les omissions, erreurs et dissimulations constatées dans l’assiette, les taux ou la liquidation de
l’impôt jusqu’à la fin de la 4ème année suivant celle au cours de laquelle sont réalisés le
bénéfice le revenu, le chiffre d'affaires, l'encaissement ou le décaissement des sommes ou
toutes autres opérations donnant lieu à l'exigibilité de l'impôt ".
La LF 2011 a considéré " opérations portant obligation de paiement de l'impôt " :
1- l'expiration du délai fixé pour la réalisation des conditions exigibles pour le bénéfice
des avantages fiscaux,
2- le manquement aux engagements exigibles pour le bénéfice des avantages fiscaux ou
des régimes privilégiés.
Conformément aux dispositions de l'article 65 du CII, les avantages fiscaux sont
déchues en cas de :
- non respect des conditions pour le bénéfice des avantages telles que fixées par le
CII et par la loi relative aux parcs d'activités économiques,
- non commencement de l'exécution du projet d'investissement objet de l'avantage
dans un délai d'un an à partir de la date de déclaration d'investissement,
-détournement illégal de l'objet initial de l'investissement concerné par l'avantage.
Le retrait et le remboursement ne concernent pas les avantages octroyés à l'exploitation
durant la période au cours da laquelle a eu lieu effectivement, conformément à l'objet
au titre duquel les avantages ont été accordés au profit du projet.
25 Les avantages fiscaux et les primes, octroyés à la phase d'investissement, sont
remboursés après déduction du dixième (1/10) par année d'exploitation effective
conformément à l'objet au titre duquel les avantages ont été accordés au profit du projet

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

et ce sous réserve des dispositions relatives à la régularisation de la taxe sur la valeur


ajoutée prévue par l'article 9 du code de la taxe sur la valeur ajoutée.
Le retrait des avantages fiscaux s'effectue par arrêté de taxation d'office pris dans le
cadre des procédures prévues par le CDPF.
Exemple :
Supposons qu’une société industrielle non exportatrice crée dans une ZDR prioritaire
dont l'activité est soumise à la TVA et dont le capital d'élève à 620 000 D réparti entre :
- Mr. Mehdi : 480 000 D
- Mr. Kamel : 120 000 D
- Mr. Adel : 20 000 D
Supposons que la valeur globale de l'investissement est de 2 million de dinars et qu'il
ait été procédé à :
- la déclaration de l'investissement auprès de l'APII le 10/03/2005
- la libération totale du capital le 02/04/2005
- la déduction des bénéfices réinvestis par les souscripteurs au titre des revenus de
l'année 2004
- l'entrée du projet en activité effective le 01/04/2006.
Supposons que les souscripteurs ont réalisé au titre de l'année 2004, ces revenus :
- Mr Mehdi (célibataire) : revenu global imposable 600 000 D
- Mr Kamel : revenu global imposable 200 000 D
- Mr Adel : revenu global imposable 30 000 D
Et supposons que la société ait acquis :
- des équipements au cours du mois de décembre 2005 d'une valeur globale de 1million
de dinars dont des équipements fabriqués localement d'une valeur de 600 000 D ayant
bénéficié à ce titre de la suspension de la TVA,
- un lot de terrain à vocation industrielle auprès de l'agence foncière industrielle d'une
valeur de 60 000 D.
Par ailleurs, il s'est avéré au cours de l'année 2012 que la société en question ait changé
le 04 mai 2009 son lieu d'activité en dehors des ZDR.
les avantages fiscaux accordés sont remboursés comme suit :
1- en ce qui concerne les avantages accordés au titre de la phase d'investissement :
a- l'impôt sur le revenu du par les souscripteurs
Mr Mehdi a bénéficié de la déduction totale d'un montant de 480 000 D nonobstant le
minimum d'impôt de l'assiette de l'impôt du au titre de l'année 2004, et ce comme suit :
Revenu global 600 000 D
Déduction des revenus réinvestis 480 000 D
Revenu net imposable 120 000 D
IR du 37 525 D
IR du en absence d'avantage fiscal 205 525 D
Le dégrèvement fiscal dont a bénéficié Mr Mehdi est de :
26 205 525 D- 37 525 D =168 000 D
Ainsi et sachant que la période d'activité est de 37 mois (du mois d'avril 2006 jusqu'au
mois de mai 2009), Mr Mehdi serait redevable d'un montant de : 168 000 D – ( 168 000

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

D * 37/120) = 116 200 D majoré des pénalités de retard décomptés conformément aux
dispositions de l'article 63 du CII et de l'article 82 du CDPF.
La même démarche sera adoptée pour les autres souscripteurs.
b- droit d'enregistrement :La société a bénéficié de l'enregistrement au droit fixe pour
un montant de 120 D au lieu de l'enregistrement au droit proportionnel fixe à 3000 D du
lot de terrain. Elle a bénéficié de 3000 D – 120 D = 2880 D.
La société serait redevable du paiement d'un montant de : 2880 D – ( 2880 D * 37/120)
= 1992 D majoré des pénalités de retard décomptés conformément aux dispositions de
l'article 82 du CDPF.
c- la TVA :Conformément aux dispositions de l'article 65 du CII qui prévoit la prise en
considération des dispositions relatives à la régularisation de la TVA prévues par
l'article 9 du code de la TVA et du fait que la dite société est soumise à la TVA et
qu'elle poursuit son activité en dehors de la ZDR, elle ne sera pas tenue de régulariser
sa situation en matière de TVA.
1- en ce qui concerne les avantages accordés au titre de la phase d'exploitation :
Les avantages fiscaux dont a bénéficié la société au titre de la phase d'exploitation après
le transfert de son lieu d'activité en dehors da la ZDR (au cours du mois de mai 2009)
doivent être remboursés majorés des pénalités de retards décomptés conformément aux
dispositions de l'article 82 du CDPF.
a- l'impôt sur les sociétés
- l'impôt dû au titre des années de 2006 à 2008 : la société n'est pas tenue de
rembourser le montant de l'avantage au titre de cette période dès lorsqu'elle correspond
à la période au cours de la quelle elle a exercé son activité conformément à l'objet au
titre duquel les avantages ont été accordés.
- l'impôt dû au titre de l'année 2009 : supposons que la société ait réalisé un
bénéfice global au titre de cette année de 400 000 D et qu'elle a déduit totalement de
son assiette imposable de la même année. Dans ce cas elle est tenue de rembourser
l'avantage dont elle a bénéficié au titre des 7 derniers mois ( c'est-à-dire du mois de juin
à décembre), et ce comme suit :
( 400 000 D * 30 % ) * 7/12 = 70 000 D majorés des pénalités de retard décomptés
conformément aux dispositions de l'article 82 du CDPF.
- l'impôt dû au titre des années de 2010 et des années ultérieures : sachant que
l'activité de la société n'est plus exercée conformément à l'objet au titre duquel
l'avantage a été accordé, l'entreprise en question est tenue de payer l'IS conformément
au droit commun.
b- contribution au FOPROLOS
- en ce qui concerne les années de 2006 à 2008: la société n'est pas tenue de
rembourser le montant de l'avantage au titre de cette période ( elle a exercé son activité
conformément à l'objet au titre duquel les avantages ont été accordés).
- en ce qui concerne l'année 2009 : supposons que le montant des salaires s'élève à
27 80 000 D et du fait que l'activité n'est pas exercée conformément à l'objet au titre
duquel les avantages ont été accordés. Dans ce cas la société est tenue de rembourser
l'avantage dont elle a bénéficié au titre des 7 derniers mois ( c'est-à-dire du mois de juin

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

à décembre ), et ce comme suit : ( 80 000 D * 1 % ) * 7/12 = 467 D majorés des


pénalités de retard décomptés conformément aux dispositions de l'article 82 du CDPF.
- en ce qui concerne les années 2010 et les années ultérieures : la contribution est
payée conformément au droit commun.
C . Pour les droits exigibles sur les moyens de transport routier
Les omissions et erreurs relatives à la taxe de circulation sur les véhicules automobiles,
à la taxe annuelle sur les véhicules de tourisme à moteur à huile lourde, et à l'impôt
additionnel annuel sur les véhicules utilisant le gaz du pétrole liquide peuvent être
réparées jusqu'à l’expiration de la quatrième année civile qui suit l’année civile au
cours de laquelle l’impôt est dû tant qu’il n’a pas été prouvé que le véhicule est hors
usage et ce par la présentation d’une attestation délivrée par les services du ministère
chargé du transport justifiant que le véhicule est hors d’usage ou un document attestant
sa non circulation délivré par les autorités compétentes
La taxe unique de compensation de transports routiers, due au titre d'une année, peut
être réclamée jusqu'à l'expiration de la quatrième année suivante. Toutefois, la
période considérée pour la liquidation de la taxe, ne peut excéder six mois pour les
véhicules et les remorques d’une charge utile supérieure à 2 tonnes et n’excédant pas 5
tonnes ainsi que les autres véhicules autres que ceux utilisés pour le transport de
personnes ou le transport de marchandises autorisés à utiliser la route.
Pour les véhicules et les remorques d’une charge utile ne dépassant pas 2 tonnes, la taxe
peut être réclamée jusqu’à la fin de l’année civile au cours de laquelle la taxe est due.

5. Délais de reprise pour les personnes condamnées dans le domaine de


la contrebande et du commerce parallèle :
Il est prévu un délai de prescription de 15 ans pour les personnes condamnées suite à
des jugements définitifs dans le domaine de la contrebande et du commerce parallèle,
ce qui permet à l'administration fiscale de rectifier les omissions et les dissimulations
relatives à l'assiette de l'impôt, à son taux et à sa liquidation.
6. Délais de reprise et interruption des délais de prescription pour les amendes
fiscales administratives prévues par les articles de 84 bis à 84 sexies et 85 du
CDPF ( voir pages 80,81 et 82 )
II. interruption des délais de prescription (l’article 27 du CDPF)

A- La prescription est interrompue par la :


1- notification des résultats de la vérification fiscale, ou par
2- la reconnaissance de la dette ou, par
3- la notification de l’arrêté de taxation d’office.
4- la notification du procès-verbal de constatation d’une infraction relative au non
28 paiement du droit exigible sur les moyens de transport routier.
1. La notification des résultats de la vérification
La prescription est interrompue par la notification des résultats de la vérification.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

L’interruption de la prescription couvre, outre le principal de l’impôt, les pénalités


pouvant être appliquées, contenues dans la notification des résultats de la vérification.
Exemple :Supposons qu’une société ait fait l’objet d’une vérification fiscale au cours
de l’année 2013 en matière d’impôt sur les sociétés et ce, au titre des résultats des
années 2009, 2010, 2011 et 2012, et supposons que les services de l’administration
fiscale aient notifié les résultats de la vérification à la société le 29 aout 2013. Dans ce
cas, les services de l’administration fiscale ont interrompu la prescription pour l’année
2009 en notifiant les résultats de la vérification avant la fin de décembre 2013.

2. La reconnaissance de la dette fiscale par le contribuable


La reconnaissance de la dette fiscale par le contribuable constitue un élément interruptif
de la prescription. Les services de l’administration fiscale procèdent à la poursuite du
recouvrement dans la limite des montants prévus par la reconnaissance de la dette.

3. La notification de l’arrêté de taxation d’office


Les services de l’administration fiscale peuvent interrompre la prescription par la
notification de l’ATO pour les contribuables en défaut et en cas de non régularisation
de leur situation fiscale dans les trente jours suivant la date de leur mise en demeure.
Dans ce cas, la notification de l’ATO entraîne l’interruption de la prescription.

4. La notification du procès-verbal de constatation d’une infraction pour le droit


exigible sur les moyens de transport routier.
Pour les droits exigibles sur les moyens de transport routier, la prescription est
interrompue par la notification du procès-verbal de constatation de l’infraction dès lors
que l’article 27 du CDPF dispose que le procès-verbal de constatation de l’infraction
remplace dans ce cas particulier la notification des résultats de la vérification fiscale.
B- Mesures spécifiques relatives au défaut de la déclaration
Pour les impôts non déclares, constituent des actes interruptifs de la prescription :
1- la notification de la mise en demeure prévue par l'article 47 du CDPF relative
aux déclarations non déposées,
2- la notification de l'avis de vérification fiscale approfondie prévue par l'article 39
du CDPF.
Le contribuable ne peut opposer à l'administration fiscale les déclarations déposées
après son intervention de la sorte précitée.
Exemple :Supposons qu’une PP soumise à l’IR selon le régime réel, qui n’a pas déposé
ses déclarations fiscales exigibles au titre de l’année 2009 (les déclarations mensuelles
et la déclaration annuelle des revenus), et qu’elle a déposé des déclarations comportant
des minorations au titre des années 2010, 2011, 2012 et 2013.
Et supposons que l’administration fiscale a procédé en date du 25 janvier 2015 à la
notification d’un avis de vérification approfondie au contribuable qui, en date du 2
février 2015, a déposé des déclarations au titre de l’année 2009, et que l’administration
29
fiscale, après la clôture de la vérification fiscale approfondie, a notifié au contribuable
les résultats de la vérification en date du 20 juin 2015.
Dans ce cas, l’administration peut réparer :
- les omissions totales au titre de l’année 2009 .
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

- les omissions, erreurs et dissimulations constatées dans l’assiette de l’impôt au titre de


l’année 2011 et les années ultérieures .Toutefois, et pour l’année 2010, les insuffisances
constatées dans l’assiette de l’impôt ne peuvent être réparées du fait de leur
prescription. Ainsi, l’avis des résultats de la vérification fiscale comportera des
redressements relatifs aux années 2009, 2011, 2012, 2013.
Chapitre 7
Restitution des crédits d’impôt et des impôts indûment payés
I. CAS DE LA DEMANDE EN RESTITUTION DE L’IMPOT
Le contribuable peut demander la restitution de :
1- l’impôt perçu en trop qui apparaît sur les déclarations déposées,
2- l’impôt perçu par erreur ou devenu restituable suite à la survenance d’un événement
postérieur.

1- Crédit d’impôt dégagé par les déclarations déposées ou devenu restituable.


Les cas de restitution de l’impôt varient selon les catégories d’impôts.
1.1- Le crédit d’impôt dégagé par la déclaration de la TVA (art 32 du CDPF)
Crédit de la TVA provenant de l’exportation ,
Crédit de la TVA provenant de la retenue à la source ou de la vente en suspension
de taxe,
Crédit de la TVA provenant des investissements réalisés dans le cadre des activités
éligibles aux dispositions du 4ème titre du code de l’IRPP et de l’IS ou dans le cadre
d’autres activités , ou provenant des investissements de mise à niveau réalisés dans le
cadre d’un programme de mise à niveau approuvé par le comité de pilotage du
programme de mise à niveau,
Crédit de la taxe sur la valeur ajoutée constaté à la cessation de l’activité,
Crédit de la taxe sur la valeur ajoutée provenant des autres cas

1.2- Le crédit d’impôt dégagé par la déclaration annuelle de l'IR ou de L'IS


La demande en restitution peut être faite dans ce cas si le crédit provient :
de la retenue à la source,
des avances,
des acomptes provisionnels,
du prononcé d’un jugement ou d’un arrêt, passé en la force de la chose jugée,
ordonnant la restitution,
de la cession de l’entreprise ou de la cessation de l’activité.

1.3 Pour les droits d’enregistrement


Les droits devenus restituables peuvent être restitués suite à un événement postérieur.
30 Ne sont pas restituables les droits régulièrement perçus sur des actes révoqués ou
résolus par l’effet d’une condition résolutoire ou conventionnelle vu que la restitution
nécessite le prononcé d’un jugement ou d’un arrêt passé en la force de la chose jugée.
La restitution s’effectue après la déduction du droit fixe.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

En cas de retour d’un absent, la restitution des droits d’enregistrement perçus sur les
successions s’effectue après la déduction des droits liquidés sur le montant des sommes
et valeurs dont ont jouit les ayants droit.
1.4 Pour la redevance de compensation au profit de la caisse générale de
compensation.
La redevance étant due au profit de la caisse générale de compensation, elle n’est
déductible ni de l’impôt sur le revenu ni de l’assiette imposable. De ce fait, la retenue
effectuée au titre de ladite redevance ne peut être déduite que de la redevance exigible
sur le revenu global. Et en cas d’excédent, il est restituable. ( note commune 03/2014 )
2. Impôt payé par erreur
La demande en restitution de l’impôt perçu en trop peut être faite suite à une erreur
dans la liquidation de l’impôt ou dans l’application de la législation fiscale.

II. LES DELAIS DE L’ACTION EN RESTITUTION


L'article 28 du CDPF a fixé le délai imparti pour l’exercice de l’action en restitution
des sommes perçues en trop à trois ans, dans tous les cas, de la date à laquelle l’impôt
est devenu restituable .
Le point de départ pour le décompte du délai de trois ans pour l’exercice de l’action en
restitution des sommes perçues en trop comme suit :

1- de la date du recouvrement pour l’impôt indûment perçu en raison d’une erreur dans
la liquidation de l’impôt commise par l’administration fiscale ou par le contribuable
telle que la perception d’un droit d’enregistrement proportionnel sur un contrat soumis
à un droit fixe d’enregistrement. Dans ce cas, la différence entre les droits
d’enregistrement perçus et les droits d’enregistrement exigibles, est restituable dés sa
perception ainsi de même pour les droits de timbre perçus au moyen du visa du
receveur des finances, à l’occasion de l’enregistrement de l’acte.

2- de la date de la satisfaction des conditions prévues par l’article 54 du code de


l'IRR et de l'IS c'est-à-dire dès la constatation du crédit d’impôt sur la déclaration, qu’il
provienne de l’avance, de la retenue à la source ou des acomptes provisionnels .
Exemple
Une SARL a déposé le 25 mars 2010 sa déclaration de l'IS de l’année 2009, comporte:
- bénéfice net imposable : 100.000 D
- acomptes provisionnels perçus : 40.000 D
- retenue à la source : 10.000 D
L’impôt sur les sociétés exigible 100.000 D x 30% = 30.000 D
Dont sont déduits : - acomptes provisionnels 40.000 D
- retenue à la source 10.000 D
Soit un crédit d’impôt de (50.000 D – 30.000 D) = 20.000 D
31 Dans ce cas, le crédit d’impôt provenant des acomptes provisionnels et de la retenue à
la source (20.000 D) est restituable dans un délai de trois ans à compter du 26 mars
2010, c'est-à-dire jusqu’au 25 mars 2013.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Etant souligné qu’à l’expiration de ce délai, le crédit d’impôt qui n’a pas fait l’objet
d’une demande de restitution et qui n’a pas été imputé de l’impôt exigible
ultérieurement devient non restituable mais demeure imputable.
3- de la date de la satisfaction des conditions prévues par l’article 15 du code de la
TVA c'est-à-dire :
dès qu’il est dégagé par une déclaration mensuelle pour le crédit de la TVA
provenant de l’exportation, de la retenue à la source ou des ventes en suspension
de taxe,
après une durée de constatation de 3 mois pour le crédit de taxe provenant des
investissements de tout type,
le crédit de la taxe sur la valeur ajoutée dégagé par la déclaration de cessation
d’activité.
après une durée de constatation de 6 mois dans les autres cas.
4- de la date à laquelle le jugement ou l’arrêt de justice est passé en la force de la
chose jugée pour les droits d’enregistrement régulièrement perçus sur les actes ou
contrats annulés, révoqués ou résiliés en vertu d’un jugement ou d’un arrêt de justice au
sens du paragraphe II de l’article 74 du code des droits d’enregistrement et de timbre.

Exemple N° 2
À l’occasion de l’enregistrement d’un contrat de vente d’une construction en date du 2
février 2008, est perçue la somme de 2.400 D au titre des droits d’enregistrement ; ce
contrat est annulé ultérieurement en vertu d’un jugement de première instance prononcé
le 17 Février 2010 et est notifié par l’une des parties à la date du 8 juin 2010 ; à
l’expiration du délai de 20 jours sans faire l’objet d’ appel, ce jugement passe en la
force de la chose jugée le 29 juin 2010.
Dans ce cas, et en vertu des dispositions du paragraphe II de l’article 74 du code des
droits d’enregistrement et de timbre, les droits d’enregistrement perçus à l’occasion de
l’enregistrement de ce contrat de vente annulé sont restituables dans un délai de trois
ans du 29 juin 2010 au 29 juin 2013.

5- de la date à laquelle le jugement ou l’arrêt de justice est passé en la force de la chose


jugée pour les sommes d’impôt perçues en vertu d’un arrêté de taxation d’office, ou
d’un jugement ou arrêt de justice s’y rapportant .
Exemple N°3
Une entreprise a fait l’objet d’un arrêté de taxation d’office pour un montant de
10.000D (principal et pénalités de retard) qui lui a été notifié le 10 octobre 2009 ; le
contribuable a acquitté ce montant le 12 novembre 2009.
Cet arrêté de taxation d’office a fait l’objet de litige devant le tribunal de première
instance puis devant la cour d’appel puis devant le Tribunal Administratif ; ce dernier
décide de porter, dans son arrêt de cassation, prononcé sans renvoi le 4 décembre
32 2012, le montant exigible à 7.000 D (principal et pénalités de retard).
Dans ce cas, la différence entre les sommes perçues et les sommes dues en vertu de
l’arrêt de cassation soit de 3.000 D, est restituable dans un délai de trois ans de la date
du prononcé de l’arrêt du Tribunal Administratif et ce nonobstant la date à laquelle ces
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

sommes ont été payées c'est-à-dire que la demande de restitution doit être déposée à
l’administration fiscale, au plus tard, le 4 décembre 2015.

III. LES PROCEDURES DE LA RESTITUTION DE L’IMPOT


1. Au niveau du contribuable
Le contribuable doit présenter au chef du centre régional du contrôle des impôts dont
relève le lieu d’imposition, une demande écrite et motivée pour la restitution de l’impôt
perçu en trop. Pour les demandes de restitution des crédits de TVA, l'administration
fiscal a établit un modèle .
La demande doit comporter obligatoirement les mentions suivantes :
- le nom et le prénom ou la raison sociale du contribuable ;
- l’adresse du contribuable ;
- la profession du contribuable ou la nature de son activité ;
- le matricule fiscal du contribuable ou à défaut le numéro de sa carte d’identité
nationale ou tout autre document en tenant lieu tel que la carte de séjour pour les
étrangers ;
- les montants concernés par la restitution ;
- les motifs de la demande en restitution et les justifications y afférentes ;
- la signature du contribuable ou de son représentant dûment habilité ;
- le numéro du compte courant postal ou bancaire du contribuable.

République Tunisienne
Ministère des Finances

Demande de restitution de la Taxe sur la Valeur Ajoutée

Le crédit objet de la demande (*) : ………………………………………………


………………………………………………………………………….…………
Matricule fiscal N° :
Nom et prénom ou la raison sociale : …………………………………………....
Adresse : …………………………………………………………………….……
Période concernée par la demande de restitution : ……………………………….
La somme objet de la demande : …………………………………………………
Montant du crédit dégagé sur la dernière déclaration :…………………………..
Identifiant bancaire ou postal:
Fait à …………………….le …………………….
Signature
_________________________________________________
(*) Nature du crédit objet de la demande :
1. crédit provenant des opérations d’exportation
33
2. crédit provenant des ventes en suspension de la taxe sur la valeur ajoutée
3. crédit provenant de la retenue à la source au titre des marchés publics
4. crédit provenant des investissements de création, d’extension, de renouvellement, de

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

réaménagement, de transformation d’activité ou de mise à niveau


5. crédit provenant de la cessation définitive de l’activité
6. crédit provenant d’autres cas.

2) Au niveau des services de l’administration fiscale


Les services de contrôle fiscal vérifient les conditions de forme et de fond nécessaires à
la restitution.
2.1. L’étude de la demande en restitution
Dans ce cadre, les services de l’administration fiscale procèdent:
• à l’inscription de la demande en restitution sur un registre spécial côté et paraphé
• à la vérification du respect du contribuable de ses obligations fiscales par le
dépôt de ses déclarations au titre de tous les impôts exigibles, échus et non
prescrits à la date de la présentation de la demande en restitution
• à la vérification de la situation fiscale du contribuable et à l’établissement d’un
rapport détaillé comportant les résultats de la vérification et les montants
restituables
• à la présentation du dossier à la commission de restitution.
2.2. Les délais de réponse à la demande en restitution
Le CDPF a fixé les délais de réponse à la demande en restitution comme suit :
- le délai général de réponse à la demande en restitution par l’administration pour tous
les impôts et taxes à l’exception de certains cas est fixé à 6 mois de la date de la
présentation de la demande.

- les délais spécifiques en matière de TVA :


7 jours, pour le crédit de la TVA provenant de l’exportation
7 jours, pour le crédit de la TVA provenant des opérations courantes pour les
sociétés qui sont soumises légalement à l’audit d’un commissaire aux comptes
relevant de la DGE en vertu de la législation en vigueur avec certification des
comptes sans réserves touchant à l’assiette de l’impôt et ce à partir de l'année
2015.
30 jours, pour le crédit de la TVA provenant de de la retenue à la source ou de la
vente en suspension de taxe, et des investissements
60 jours ou de 120 jours pour les opérations courantes.
- les délais spécifiques en matière d'IS :
7 jours, pour le crédit de l'IS pour les sociétés qui sont soumises légalement à
l’audit d’un commissaire aux comptes relevant de la DGE en vertu de la
législation en vigueur avec certification des comptes sans réserves touchant à
l’assiette de l’impôt et ce à partir de l'année 2015.

34 2.3. Les sociétés soumises légalement à l’audit d’un commissaire aux comptes:
L’article 13 du code des sociétés commerciales impose à toutes les sociétés
commerciales de désigner un commissaire aux comptes. Toutefois, les sociétés

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

commerciales autres que les sociétés par actions, sont dispensées de la désignation d’un
commissaire aux comptes :
- au titre du premier exercice comptable de leur activité,
- si elles ne remplissent pas deux des limites chiffrées relatives au total du bilan, au
total des produits hors taxes et au nombre moyen des employés
- ou si elles ne remplissent plus durant les deux derniers exercices comptables du
mandat du commissaire aux comptes deux des limites chiffrées susvisées.
Les limites chiffrées en question sont fixées par le décret n° 2006-1546 du 6 juin 2006
comme suit : - total du bilan : 100 milles dinars
- total des produits hors taxes : 300 milles dinars
- nombre moyen des employés : 10 employés.
2.4. Taux de restitution
en matière de TVA :
1. La restitution peut être de 100% du montant du crédit restituable, elle se fait en bloc
pour les crédits provenant de l'exportation et ceux dont la restitution doit intervenir
dans les 30 jours;
2. La restitution en cas de cessation d'activité s'effectue sans avance.
3. La restitution qui doit intervenir dans les 60 jours ou de 120 jours : le crédit de la
TVA provenant pour les opérations courantes est restituable avec une avance de :
15% (délai de restitution :120 jours)
50% (délai de restitution :60 jours) si la société est soumise légalement à
l’audit d’un commissaire aux comptes avec certification des comptes sans
réserves touchant à l’assiette de l’impôt.
Le reliquat est restitué après vérification approfondie.
4. La restitution peut être de 100% du montant du crédit restituable pour le crédit de la
TVA provenant pour les opérations courantes pour les sociétés qui sont soumises
légalement à l’audit d’un commissaire aux comptes relevant de la DGE en vertu de la
législation en vigueur avec certification des comptes sans réserves touchant à l’assiette
de l’impôt et ce, à condition de joindre à la demande de restitution du crédit de la
TVA un rapport spécial du commissaire aux comptes relatif à l’audit du crédit objet de
la demande de restitution et ce à partir de l'année 2015.

en matière d'IR ou d'IS:


Il est instituté une avance du crédit d’IR ou d’IS payable sans vérification préalable
dont le taux est fixé comme suit :
35 % du crédit d’IS pour les entreprises dont les comptes sont légalement
soumis à l’audit d’un commissaire aux comptes et pour lesquels la certification est
intervenue au titre du dernier exercice clôturé et dont le délai de la déclaration de
l’impôt sur les sociétés au titre de ses résultats est échu à la date du dépôt de la
demande de restitution du crédit de l’impôt sur les sociétés et sans que cette
35 certification ne comporte des réserves ayant une incidence sur l’assiette de l’impôt.
100% du crédit d’IS est restituable pour les sociétés qui sont soumises légalement
à l’audit d’un commissaire aux comptes relevant de la DGE en vertu de la législation
en vigueur avec certification des comptes sans réserves touchant à l’assiette de l’impôt
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

et ce, à condition de joindre à la demande de restitution du crédit de la TVA un rapport


spécial du commissaire aux comptes relatif à l’audit du crédit objet de la demande de
restitution et ce à partir de l'année 2015.
15 % du crédit d’impôt dans les autres cas c’est-à-dire pour :
- les sociétés non soumises légalement à l’audit d’un commissaire aux comptes et,
- pour les personnes physiques et ,
- les sociétés soumises légalement à l’audit d’un commissaire aux comptes dans le
cas où les conditions nécessaires pour le bénéfice de l’avance au taux de 35% ne
sont pas remplies.

2.4. Règles générales


1- Les services de l'administration fiscale procèdent au contrôle nécessaire en vue
de s'assurer du bien fondé de la demande en restitution. Ce contrôle ne fait pas
obstacle à la vérification approfondie de la situation fiscale .
2- Le crédit est restitué après déduction des créances fiscales constatées à la charge
du contribuable si ces créances sont encore partiellement ou totalement
litigieuses. Ceci concerne aussi les montants constatés en vertu d’ATO qui n’a
pas fait l’objet d’une décision judiciaire ainsi que les montants qui ont fait
l’objet d’une suspension d’exécution par le paiement de 10% du montant de
l’impôt en principal exigible en vertu d’un ATO ou par la production d’une
caution bancaire de 15% du montant de l’impôt en principal.
3- La restitution des sommes perçues en trop s’effectue par prélèvement direct sur
les recettes au titre de l’impôt ou des pénalités objet de la restitution.
4- La restitution des sommes perçues en trop ne peut être accordée qu’au
contribuable ayant déposé toutes ses déclarations fiscales échues et non
prescrites à la date du dépôt de la demande en restitution et à la date de
l’ordonnancement de restitution des sommes perçues en trop.
Exemple n° 4 :
Supposons qu’une entreprise a déclaré un crédit de la TVA 03/2012 provenant des
ventes en suspension de la TVAs’élevant à 100.000D, qui a déposé une demande en
restitution le 10 avril 2012 .
Les services de l’administration fiscale procèdent au contrôle du crédit sur la base des
déclarations mensuelles de la TVA et à sa recevabilité. Le montant de 100.000Dest
restitué à l’entreprise en date du 15/05/2012.
Et supposons qu’après une vérification approfondie du crédit de la TVA restitué, il s’est
avéré que 50.000 dinars du crédit objet de la restitution ont été indûment restitués
puisqu’ils n’ont pas été appuyés de certificats d’achat en suspension de la TVA.
La notification des résultats de la vérification à l’entreprise a eu lieu le 20/09/2012.
Dans ce cas, et en sus des pénalités de retard prévues par les articles 81 et 82 du CDPF,
s’applique à l’encontre de l’entreprise une pénalité au taux de 0,5% par mois ou
36 fraction de mois à compter de la date de la restitution et jusqu’à la fin du mois au cours
duquel a eu lieu la notification des résultats de la vérification fiscale :
- montant de la pénalité de restitution : 50.000 dinars x (0,5% x 5) = 1875 dinars

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Institution d'un régime fiscal privilégié au profit des entreprises transparentes


fiscalement pour l'année 2016 :
Dans le cadre de l'institution d'une expérience pilote au profit des entreprises
transparentes fiscalement, la LF2016 a institué un régime fiscal privilégié au profit
desdites entreprises, (la NC 04 de l'année 2016 a admis comme entreprises transparentes
fiscalement les entreprises exportatrices ) et ce, en leur permettant de bénéficier du système
de remboursement automatique et instantané du crédit de TVA et des autres droits sur
le chiffre d'affaires affectés au profit des fonds spéciaux de trésor.
L'adhésion à ce régime, donne lieu pour les entreprises bénéficiaires du rgime suspensif
de la TVA et autres droits exigibles sur le chiffre d'affaires à l'abondon dudit régime
suspensif. Bénéficient de ce régime, les entreprises :
Dont la situation fiscale et douanière est en règle,
Légalement soumises à laudit d'un commissaire aux comptes et dont les comptes
sont certifiés pour les trois exercices qui précèdent l'année de l'option sans que la
certification ne comporte des réserves,
Adhéré au système de télé-déclaration,

Pour le bénéfice de ce régime, l'entreprise concernée est tenue de déposer une demande
à cet effet auprès du dervice fiscal compétent dans un délai ne dépassant pas le 31
janvier 2016.

Le régime de restitution automatique et instatanée est applicable pour une année. Il est
possible d'abondonner ce régime au cours de la meme année et de revenir au régime
applicable avant la date de l'adhésion par le biais d'une demande déposée à cet effet
auprès du service fiscal compétent avant la fin de l'année selon un modèle établi par
l'administration fiscale.

DEUXIEME PARTIE :
Les procédures de vérification et de taxation d'office

Chapitre 1
Procédures de notification en matière fiscale au sein du CDPF
Selon l'article 10 du CDPF "Les demandes et significations de l'administration
fiscale devant recevoir une réponse dans un délai déterminé, peuvent être
notifiées au moyen de ses agents, des huissiers-notaires, des huissiers du Trésor
ou par lettre recommandée avec accusé de réception.
La notification obéit aux dispositions du code de procédure civile et
37 commerciale "
I. Les documents qui doivent être notifiés selon les dispositions
de l'art 10 du CDPF
A- au cours des différentes étapes de vérification
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

1- Les moyens de notification


Les demandes et significations de l'administration fiscale devant recevoir une réponse
dans un délai déterminé, peuvent être notifiées par deux moyens:
- notification par lettre recommandée avec accusé de réception ,
- notification directe par un procès-verbal qui obéit aux dispositions du code de
procédure civile et commerciale faite par :
Les agents de l'administration fiscale,
Les huissiers-notaires,
les huissiers du Trésor.
2- Les demandes et significations de l'administration
demande de renseignements, éclaircissements ou justifications concernant la
situation fiscale du contribuable ( l'article 6 du CDPF ),
demande des états détaillés de leur patrimoine et des éléments de leur train de
vie visés aux articles 42 et 43 du code de l'IRPP et de l'IS ( l'article 7 du CDPF ),
mise en demeure de l’héritier pour présentation de l'acte de décès ( l'article 10
du CDPF ),
demande de listes nominatives de clients ou fournisseurs comportant les
montants des achats et des ventes de marchandises, de services et de biens
effectués avec chacun d’eux ( l'article 16 du CDPF ),
demande de numéros des comptes qui se trouvent ouverts auprès des
établissements bancaires et postaux, la date d’ouverture de ces comptes et la
date de leur clôture ( l'article 17 du CDPF ),
mise en demeure du contribuable pour présentation de sa comptabilité lors
d'une vérification approfondie de sa situation fiscale ( l'article 38 du CDPF ),
avis de vérification approfondie de la situation fiscale ( l'article 39 du CDPF ),
demande de renseignements, éclaircissements ou justifications en rapport avec
la vérification ( les article 37 et 41 du CDPF ),
résultats de la vérification de la situation fiscale du contribuable ( l'article 43 du
CDPF ),
Réponse de l’administration fiscale à l’opposition du contribuable ( l'article 44-
bis du CDPF ),
mise en demeure du contribuable en cas de défaut de dépôt des déclarations
fiscales et des actes prescrits par la loi pour l'établissement de l'impôt
( l'article 47 du CDPF ),
L'arrêté de taxation d'office ( l'article 51 du CDPF ),
décision de retrait du régime forfaitaire ( l'article 44 du code de l'IRPP et de l'IS ),

B- en phase du contentieux de l'impôt


1- Les moyens de notification
38 Les ajournements et significations en phase du contentieux de l'impôt doivent être
notifiées directement par un procès-verbal qui obéit aux dispositions du code de
procédure civile et commerciale faite par :
Les agents de l'administration fiscale,
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Les huissiers-notaires,
les huissiers du Trésor.

La notification par lettre recommandée avec accusé de réception ne peut être


admise en phase du contentieux de l'impôt que si le contribuable ne réside pas en
Tunisie et a un domicile connu à l'étranger (l'article 9 du code de procédure civile et
commerciale ).
2- Les ajournements et significations
les ajournements et significations relatifs aux recours en matière d’assiette
l’impôt en première instance,
les ajournements et significations relatifs aux recours en matière d’assiette
l’impôt en appel,
les ajournements et significations relatifs aux recours en matière d’assiette
l’impôt en cassation,
Les jugements et arrêts.

II. Les documents qui ne nécessitent pas des moyens précis de


notification
1- les documents adressés au contribuable :
Les procès-verbaux constatant les infractions fiscales( l'article 72 du CDPF ),
Le procès-verbal constatant le commencement effectif de la vérification
approfondie de la situation fiscale lorsque la vérification a été différée ( l'article
40 du CDPF ),
L'ordre de mission spécial pour faire des constatations matérielles ( l'article 8 du
CDPF ),
Le procès-verbal relatant le déroulement de l'opération et les constatations
matérielles ( l'article 8 du CDPF ),
les demandes et réponses relatives aux interruptions de la vérification
approfondie de la situation fiscale ( l'article 40 du CDPF ),
1- les documents adressés aux tiers :
Les demandes écrites adressées aux services de l'Etat et des collectivités
locales, les établissements et entreprises publics et privées pour consultation sur
place ( l'article 16 du CDPF ),
Les demandes écrites adressées aux officiers publics et les dépositaires
d'archives et de titres publics pour consultation sur place ( l'article 16 du CDPF ),
Pour ces documents, et à défaut de précision des moyens de notification, peuvent être
notifiés par tous les moyens y compris par lettre recommandée avec accusé de
réception.
39
III- LES MOYENS DE NOTIFICATION POUR DES CAS PARTICULIERS

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Selon l'article 8 du code de procédure civile et commerciale " l'exemplaire


doit être remis à la personne du requis là ou il se trouve, dans son domicile réel
ou dans son domicile élu, selon les cas.

A- si l'huissier de justice ne trouve pas le requis mais il trouve son


mandataire ou une personne qui est à son service ou habite avec lui,
Selon l'article 8 du code de procédure civile et commerciale " l'huissier de
justice doit remettre l'exemplaire du procès-verbal de signification à son
mandataire ou à toute personne qui est à son service ou habitant avec lui, à
condition qu'elle soit munie de discernement et que son identité soit vérifiée.
Si la personne trouvée refuse de recevoir l'exemplaire, celui-ci est déposé dans
une enveloppe scellée ne portant que les nom, prénom et adresse du requis
auprès du greffe du tribunal cantonal, de l'Omda de la localité ou du poste de
police ou de garde nationale dans la circonscription duquel se trouve le domicile
du requis.
L'huissier de justice doit adresser au requis, dans 24 heures, une lettre
recommandée avec accusé de réception, à son domicile réel ou à son domicile
élu, l'informant de la délivrance de l'exemplaire de la manière ci-dessus
indiquée."
B- si l'huissier de justice ne trouve personne au domicile du requis
Selon l'article 8 du code de procédure civile et commerciale " l'huissier de
justice y laisse un exemplaire de l'exploit et il dépose une autre copie consignée
dans une enveloppe scellée ne portant que les nom, prénom et adresse du requis
auprès du greffe du tribunal cantonal, de l'Omda de la localité ou du poste de
police ou de garde nationale dans la circonscription duquel se trouve le domicile
du requis.
L'huissier de justice doit adresser au requis, dans 24 heures, une lettre
recommandée avec accusé de réception, à son domicile réel ou à son domicile
élu, l'informant de la délivrance de l'exemplaire de la manière ci-dessus
indiquée."
C- clarification du domicile à retenir pour la notification des avis et
demandes de l'administration fiscale
L'avis de vérification est notifié au contribuable à son domicile réel ou élu déclaré
à l'administration fiscale, c'est ainsi que la notification à lieu :
- au domicile principal déclaré par le contribuable dans la déclaration d'existence
- ou , au domicile porté sur la dernière déclaration annuelle de l'impôt pour les
personnes physiques qui ne sont pas soumises à l'obligation de la déclaration de
40 l'existence et,
- à défaut, à l'adresse mentionnée dans l'acte, écrit ou la cession.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Il est à signaler que les adresses non notifiées à l'administration fiscale


conformément à l'article 57 du code de l'IRPP et de l'IS ne lui sont pas
opposables.

D- en cas de décès du requis


Selon l'article 10 du CDPF "… En cas de décès du contribuable et lorsque
l’administration fiscale ne parvient pas à identifier l’héritier du défunt en dépit
de ses investigations et qu’aucune personne n’ait produit son acte de décès, une
mise en demeure est notifiée par l’administration fiscale à l'héritier sans
indication de son identité. A l’expiration d’un délai de trente jours à compter de
la date de la mise en demeure, la notification est communiquée à l’héritier sans
indication de son identité. La mise en demeure et la notification sont faites au
dernier domicile du défunt déclaré aux services de l’administration fiscale, et à
défaut, au dernier domicile dont ces services ont eu connaissance."

E- si le requis ne réside pas en Tunisie


Selon l'article 9 du code de procédure civile et commerciale " si le requis ne
réside pas en Tunisie et a un domicile connu à l'étranger, une copie de l'acte lui
est adressée par lettre recommandée ."

F- si le requis avait quitté son domicile et son nouveau domicile est inconnu:
Selon l'article 10 du code de procédure civile et commerciale "… un
exemplaire de l'exploit est déposé dans une enveloppe scellée ne portant que les
nom, prénom et adresse du requis auprès du greffe du tribunal cantonal, de
l'Omda de la localité ou du poste de police ou de garde nationale du dernier
domicile connu."
G- si le domicile du requis est inconnu
Selon l'article 10 du code de procédure civile et commerciale "… deux
exemplaires de l'exploit sont affichés, l'un au tribunal saisi et l'autre au siège du
gouvernorat du lieu du tribunal."

IV REGLE GENERALE
D'après les dispositions des articles 140, 141 et 143 du COC « le jour à partir duquel
on commence à compter n’est pas compris dans le terme. Le terme calculé par nombre
de jours expire avec la fin du dernier jour du terme ». ». Ainsi, le jour de la notification
n’est pas compris dans le délai de réponse. Et si le dernier jour coïncide avec un jour
férié, le délai est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable qui suit.
On entend par mois, un délai de trente jours entiers .
41
Chapitre 2 : Les procédures de vérification fiscale

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

La vérification fiscale peut prendre la forme d’une vérification préliminaire des


déclarations, actes et écrits ou d’une vérification approfondie de la situation fiscale.

1. Procédures spécifiques à la vérification préliminaire


A- Domaine de la vérification préliminaire:
Conformément aux dispositions de l’article 37 du CDPF, la vérification préliminaire
s’effectue sur la base :

a- des éléments qui figurent dans les déclarations, actes et écrits et tous documents et
renseignements dont dispose l’administration, qui couvre notamment :

Les renseignements contenus dans les déclarations et documents déposés par les
tiers conformément à la législation fiscale dont notamment ceux contenus dans la
déclaration d’employeur prévue par l’article 55 du code de l’IRPP et de l’IS tels
que les informations relatives aux honoraires, commissions, courtages, loyers,
rémunérations des activités BNC, jetons de présence et plus-values immobilières,
Les renseignements contenus dans les actes, écrits et déclarations présentés à la
formalité de l’enregistrement,
Les renseignements obtenus par l’administration fiscale dans le cadre du droit de
communication prévu par l’article 16 du CDPF à condition que ces
renseignements soient demandés dans un cadre général et sans viser une ou
plusieurs personnes nommément désignées, ceci concerne notamment les :
renseignements contenus dans les listes nominatives des clients et
fournisseurs,
renseignements relatifs aux marchés publics pour construction,
réparation, entretien, fourniture, services et autres objets mobiliers,
renseignements communiqués par le ministère public à l’administration
fiscale en application des dispositions de l’article 18 dudit code et
présumant une fraude fiscale ou tout autre agissement ayant pour but de
frauder l’impôt ou de compromettre son paiement qu’il s’agisse d’une
instance civile, commerciale ou d’une instance pénale.

b- des résultats des visites sur place des personnes physiques soumises au régime
forfaitaire dans la catégorie de revenus BIC:
L’administration fiscale peut utiliser, dans le cadre de la vérification préliminaire des
déclarations déposées par ces personnes, les résultats des visites sur place des locaux
professionnels et des entrepôts qui en dépendent, conformément aux dispositions de
l’article 8 du CDPF. Ceci concerne les constatations matérielles des éléments relatifs à
l’exercice de l’activité tels que les stocks, le nombre d’employés et les moyens
d’exploitation.
42
c- du droit de communication prévu par l'article 17 du CDPF (apport LF2017)

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

d- de l'évaluation forfaitaire des revenus des contribuables basées sur les articles
42 et 43 du code de l’IRPP et de l’IS. (apport LF2017)

1.2. La vérification préliminaire peut porter sur un ou plusieurs impôts et sur une ou
plusieurs déclarations et ce dans la limite des délais de prescription.
1.3. La vérification préliminaire n’est pas subordonnée à la notification d’un préavis au
contribuable.

1.4. L’administration fiscale peut, dans le cadre de la vérification préliminaire des


déclarations, actes et écrits, demander au contribuable, par écrit, des renseignements,
éclaircissements ou justifications concernant sa situation fiscale ou des états détaillés de
son patrimoine et des éléments de son train de vie.
Dans ce cas, le délai maximum imparti pour répondre à ces demandes est fixé à trente
jours à compter de la date de la notification de la demande.

1.5. L’administration fiscale ne peut, dans le cadre de la vérification préliminaire, et


pour les besoins de cette vérification, demander la communication de la comptabilité
tenue par le contribuable.

1.6. La vérification préliminaire ne fait pas obstacle à procéder ultérieurement à une


vérification approfondie de la situation fiscale du contribuable au titre des mêmes
impôts et de la même période sur lesquels a porté la vérification préliminaire.

B - Demande préalable de renseignements, éclaircissements ou justifications :

L’administration fiscale doit demander selon les dispositions de l’article 37 du CDPF,


par écrit et avant la notification des résultats de la vérification préliminaire, les
renseignements, éclaircissements ou justifications relatifs à l’opération de vérification.
Cette demande peut concerner notamment :
- la confirmation ou l’infirmation des renseignements dont dispose l’administration
fiscale et touchant la situation fiscale du contribuable tells que la réalisation d’un
chiffre d’affaires non déclaré,
- des justifications relatives aux charges ou dégrèvements fiscaux déduits de l’assiette
de l’impôt,
- des justifications relatives à la satisfaction des conditions légales requises pour
bénéficier d’un régime fiscal particulier.
La demande de renseignements, éclaircissements ou justifications est notifiée,
conformément aux dispositions de l’article 10 du CDPF. Le contribuable dispose d’un
délai de 20 jours de la date de la notification de la demande pour y répondre par écrit.
43 2. Procédures spécifiques à la vérification approfondie de la situation fiscale

2.1. La vérification approfondie de la situation fiscale s’effectue sur la base de:

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

la comptabilité lorsqu’elle existe (comptabilité conforme à la législation


comptable, comptabilité simplifiée ou registre de comptabilisation des recettes et
des dépenses) ,
et des documents, renseignements et présomptions de fait ou de droit.

La vérification approfondie effectuée sur la base de la comptabilité n’exclut pas le


recours aux présomptions de droit ou de fait et à tout autre moyen de preuve pouvant
être admis à cet effet.

2.2. La vérification approfondie peut porter sur toute la situation fiscale du contribuable
c’est-à-dire tous les impôts dont il est redevable et non prescrits comme elle peut porter
sur une partie de cette situation c’est-à-dire un ou plusieurs impôts ou une ou plusieurs
périodes.

2.3. L’avis préalable


2.3.1. La vérification approfondie de la situation fiscale doit faire l’objet d’une
notification au contribuable d’un avis préalable, comportant notamment :
- les indications relatives aux services fiscaux chargés de la vérification ;
- les impôts et les périodes concernés par la vérification ;
- l’agent ou les agents chargés de la vérification ;
- la date du commencement de la vérification qui doit s’écarter de 15 jours au moins de
la date de la notification de l’avis ;
- le droit du contribuable de se faire assister durant le déroulement de la vérification et
la discussion de ses résultats par une personne de son choix ou de se faire représenter à
cet effet par un mandataire conformément à la loi.
L’avis préalable est notifié au contribuable par les moyens prévus par l’article 10 du
CDPF.
L’administration fiscale peut, dans les cas de restitution du crédit de la TVA concernés
par l’application du délai de 60 jours, engager la vérification approfondie pour s’assurer
du bien fondé de la demande de restitution sans observer le délai minimum de 15 jours
fixé pour le commencement de la vérification approfondie.
Toutefois, étant donné que la mesure concerne exclusivement la TVA, le délai de 15
jours sus indiqué demeure de rigueur pour la vérification approfondie relative aux
autres impôts ; ce qui commande de réserver à la vérification approfondie relative à la
TVA et pour laquelle l’observation du délai minimum n’est pas requise, un avis
préalable spécial.
Pour l’application de cette mesure, le contribuable doit mettre à la disposition de
l’administration fiscale concernée tous registres, documents, programmes et
applications informatiques relatifs à la comptabilité et requis pour engager l’opération
de vérification dès le dépôt de la demande de restitution.
44
2.3.2. Fixation de la compétence de l'administration fiscale en cas de changement
du domicile fiscal du contribuable

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Le service de l'administration fiscale ayant procédé à la notification au contribuable


d'un avis préalable de vérification fiscale approfondie, des résultats d'une vérification
fiscale préliminaire ou à toutes autres démarches ou procédures postérieures, demeure
le service compétent lorsque le contribuable lui signifie le changement de son domicile
fiscal, après son invention de la manière sus-indiquée et ce dans la limite des impôts et
la période mentionnés dans la notification faite au contribuable.
Etant signalé que le changement du domicile fiscal doit obéir aux dispositions de
l'article 57 du code de l'IRPP et de l'IS considérant que tout document constatant le
transfert de siège ou d'établissement, soit déposé auprès du centre ou du bureau de
contrôle des impôts duquel les intéressés relèvent contre décharge ou par envoi
recommandé, dans les 30 jours de la date des délibérations de l'assemblée générale qui
les a décidés ou qui a pris connaissance.

2.4. Date du commencement effectif de la vérification approfondie


La date du commencement effectif de la vérification approfondie coïncide en principe
avec la date indiquée à cet effet au niveau de l’avis préalable de la vérification.
Toutefois, le commencement de la vérification approfondie peut etre différé pour une
durée maximum de 60 jours sur la base:
d’une demande écrite et motivée formulée par le contribuable ou,
à l’initiative de l’administration fiscale,
La constatation de la date du commencement effectif de la vérification s’effectue par un
procès verbal conformément aux procédures prévues par les articles 70 à 72 du CDPF.

2.5. Lieu du déroulement de la vérification approfondie


2.5.1. La vérification approfondie se déroule pour les entreprises dans leurs locaux.
Toutefois, cette vérification peut avoir lieu dans les bureaux de l’administration fiscale
sur la base:
d’une demande écrite du contribuable ou,
à l’initiative de l’administration en cas de nécessité.

2.5.2. La vérification approfondie se déroule, dans les autres cas, dans les bureaux de
l’administration fiscale.
2.5. Au cas où la vérification fiscale est effectuée dans les bureaux de l’administration
fiscale, les échanges des documents et registres entre celle-ci et le contribuable doivent
se faire contre récépissés.

2.6. Déroulement de la vérification

2.6.1. Droit du contribuable de se faire assister par une personne de son choix
Le contribuable peut, durant le déroulement de la vérification approfondie, se faire
45 assister par une personne de son choix (un de ses salariés, un conseil fiscal, un
exploitant d’un bureau d’encadrement et d’assistance fiscales, un avocat etc.) ou de se
faire représenter à cet effet par un mandataire conformément à la loi, choisi parmi les
personnes non frappes par une interdiction ou une incompatibilité légale.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Et au cas où le contribuable habilite un mandataire pour le représenter durant


l’opération de vérification fiscale, le mandat doit comporter les mentions devant
permettre la représentation du contribuable devant l’administration fiscale durant la
vérification et la discussion de ses résultats en conformité aux dispositions du COC
régissant le mandat.

2.6.2. Présentation de la comptabilité, des registres et livres prévus par la


législation fiscale
Au cas où la vérification approfondie s’effectue sur la base d’une comptabilité, le
contribuable est tenu de communiquer, aux agents de l’administration fiscale, à la date
fixée pour le commencement effectif de cette vérification, les registres, titres,
documents comptables et livres qu’il détient.
Par ailleurs, lorsque le contribuable tient sa comptabilité ou établit ses déclarations
fiscales par les moyens informatiques, il devient tenu de communiquer et d’assister et
de permettre aux agents de l’administration fiscale d’accéder à tous les programmes,
logiciels et applications informatiques et fichiers et bases de données utilisées dans la
gestion des achats, des ventes, des services, de la facturation, des recettes, des
recouvrements, des paiements, des actifs ou des stocks….

2.6.3. non admission de la comptabilité pour défaut de présentation dans les 30


jours

a- Les procédures à suivre :

1. L’établissement d’un PV pour défaut de communication de la comptabilité :


Dans le cas où le contribuable ne procède pas à la communication de la comptabilité
exigible au commencement de l’opération de vérification, cette infraction est constatée
par un procès-verbal établi par les agents chargés de la vérification conformément aux
procédures prévues par les articles 70 à 72 du CDPF.

2. La mise en demeure du contribuable :


Après l’établissement d’un PV relatif à ladite infraction, le contribuable est mis en
demeure par une notification écrite pour présenter sa comptabilité dans le délai de 30
jours de la date de notification.

La mise en demeure ne peut être opérée :


- durant les quinze jours fixés pour se préparer à la vérification,
- pendant la période du report du commencement de l’opération de vérification.

Et par conséquent, la mise en demeure ne peut être opérée qu’après le commencement


46 effectif de la vérification fiscale approfondie.
La mise en demeure, notifiée au contribuable par les moyens prévus par l’article 10 du
CDPF, comporte notamment, outre les indications relatives au service chargé de la
vérification et à l’identité du contribuable, l’invitation du contribuable à présenter sa
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

comptabilité ou les documents et registres comptables manquants aux agents chargés de


la vérification dans un délai maximum de trente jours à compter de la date de la
notification.

Il est à signaler que la durée octroyée au contribuable pour communiquer sa


comptabilité et dont le maximum est fixé à 30 jours, est prise en compte pour le calcul
de la durée maximale prévue par la loi pour effectuer la vérification approfondie sur la
base de la comptabilité, et ne peut entraîner la prorogation de la durée de vérification.

................... ............. ‫ر ا‬ ‫ا‬


‫وزارة ا‬

................................ ‫ا‬
........................................................................ ‫ا‬ ‫أو ا‬ ‫وا‬ ‫ا‬
............................................................................... ‫ا‬ ‫ان أو ا‬ ‫ا‬

& ‫*) ا ( وع‬+ ‫ و‬..................... !"‫ر‬ $ % ‫ ا‬................ 1 ‫ــــ د‬ ‫ا‬ ‫ا‬ ‫م‬
‫ا‬ ,*- $ ‫ ان ا‬.‫ ا‬/‫ ذ‬1 ‫ ا‬2 $3‫ أ‬$/ ‫ "( & إ‬................... !"‫ر‬ ‫ا‬ ‫ا ا‬
. 5 ‫ا‬ 6 ‫ و د& ا‬78 9‫و‬
: 2 ‫ ــ‬/.‫ ا‬7 " ‫و‬
..................................................................................................................
..................................................................................................................
$ 8 9‫" و‬ ‫ون‬ / $3?& *8 @ ‫ اءات ا‬C‫ ق و ا‬6 ‫@ ا‬/ ,/ 38 :;- ‫ م ا‬$+< ‫>= و‬ ‫و‬
.H* ‫ ھ>ا ا‬$J* !"‫ ر‬,/ / " 30 ‫; ه‬F‫ أ‬: ‫& أ‬ ‫ا‬ ,*- $ ‫ ان ا‬G * 6 ‫ا‬
1 ‫د‬ ‫" ا‬ H3 & H* ‫ ا ( ر إ‬: .‫ ل ا‬L H* ‫>ا ا‬M $ @ ‫ رة م ا‬O & H3‫ أ‬1 ‫ رة إ‬PC‫ھ>ا و @ ر ا‬
. Q ‫ ا‬+ / ‫ ل‬L = >R ‫* و‬8 @ ‫ا‬ ‫ لا ا‬L 6 ‫ا‬

47 ___________________________________
.‫اﻟﺘﻨﺼﻴﺺ ﺣﺴﺐ اﻟﺤﺎﻟﺔ ﻋﻠﻰ اﻟﺘﺎرﻳﺦ اﻟﻤﻀﻤﻦ ﺑﺎﻹﻋﻼم أو اﻟﺘﺎرﻳﺦ اﻟﻤﻌﺎﻳﻦ ﺑﻤﺤﻀﺮ ﺑﺪء اﻟﻤﺮاﺟﻌﺔ ﻓﻲ ﺻﻮرة ﺗﺄﺟﻴﻠﻬﺎ‬-1
‫اﻟﺘﻨﺼﻴﺺ ﻋﻠﻰ اﻟﻮﺛﺎﺋﻖ اﻟﻨﺎﻗﺼﺔ إذا ﺗﻢ ﺗﻘﺪﻳﻢ ﺟﺰء ﻣﻦ اﻟﻤﺤﺎﺳﺒﺔ‬-2

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

2.6.4. Les effets de la non communication de la comptabilité :


La non communication de la comptabilité dans le délai de 30 jours à compter de la date
de la notification entraîne :
la non admission de la comptabilité pour les besoins de la vérification approfondie,
l’inopposabilité à l’administration de la comptabilité pour les besoins de
l’opération de vérification ainsi qu’au cours de la phase du recours juridictionnel en
matière fiscale,
la fixation de la durée de la vérification approfondie à une année.

Toutefois il y a lieu à préciser que ces dispositions ne s’appliquent pas dans les cas
suivants :
lorsque la comptabilité est déposée auprès :
- des tribunaux,
- du ministère public,
- des organismes de contrôle publics ( cour des comptes, contrôle général des
finances, douane, CNSS, inspection du travail….),
- des experts chargés conformément à la loi.
en cas de force majeure prouvée conformément aux dispositions de l’article
283 du COC : ce sont les cas où la cause est imprévisible, inévitable et
extérieure conformément
en présence d’un autre empêchement légal.

2.6.5. Se faire assister par les agents publics ou par les experts privés
Les agents de l’administration fiscale peuvent, dans le cadre de la vérification
approfondie, se faire assister par les agents de l’Etat et des établissements publics ou
par des experts privés non concurrents au contribuable telle que l’assistance par des
experts en informatique, en comptabilité, dans les domaines des finances, de
l’immobilier, de production des hydrocarbures ou dans le secteur des assurances ...
Le recours à l’assistance des agents ou des experts sus-cités est subordonné à
l’obtention d’une habilitation spéciale par le Ministre des Finances ou par la personne
déléguée par le Ministre des Finances à cet effet.

2.6.6. Visite des locaux


Les agents de l’administration fiscale peuvent :
- avant le commencement de la vérification approfondie ou,
- durant son déroulement,
visiter les locaux professionnels déclarés afin de procéder à des constatations
matérielles des éléments relatifs à l’exercice de l’activité commerciale, industrielle ou
professionnelle (stocks, moyens de production ou d’exploitation et nombre
48 d’employés). Ces agents peuvent également procéder à des visites et perquisitions dans
ces locaux soupçonnés d’être exploités à des fins professionnels et non déclarés et ce en
vue de constater les infractions fiscales commises et de recueillir les éléments de
preuve y afférents…. (l’article 8 du CDPF).
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

2.6.7. Nature des rapports entre le contribuable et les vérificateurs durant le


déroulement de la vérification approfondie
La procédure entre le contribuable et les vérificateurs durant la vérification approfondie
est en principe orale ; Toutefois, les vérificateurs peuvent demander par écrit au
contribuable, en cas de nécessité:
- tous les renseignements, éclaircissements et justifications (l’article 41 du CDPF)
concernant sa situation fiscale ; le délai maximal pour en répondre par écrit est fixé en
général à 20 jours à compter de la date de notification de la demande .
- des états détaillés du patrimoine et des éléments du train de vie prévus par les articles
42 et 43 du code de l’IRPP et de l’IS; le délai maximum pour présenter ces états est fixé
à 30 jours à compter de la date de la notification de la demande.

2.7. Interruption de la vérification approfondie


L’administration fiscale peut interrompre la vérification fiscale sur demande écrite et
motivée du contribuable ou à son initiative et ce pour une durée maximale de 60 jours.
Cette interruption doit être effectuée sur la base des correspondances entre le
contribuable et l’administration fiscale.

2.8. La durée maximale de la vérification approfondie


2.8.1. La durée maximale de la vérification approfondie est fixée à :
6 mois lorsque la vérification s’effectue sur la base d’une comptabilité conforme
à la législation fiscale et notamment les dispositions de l’article 62 du code de
l'IRPP et de l'IS, et ce, indépendamment du fait que cette comptabilité soit
conforme à la législation comptable des entreprises, ait la forme d’une
comptabilité simplifiée ou consiste en la tenue d’un registre dans lequel sont
comptabilisées quotidiennement les recettes et les dépenses ;
une année dans tous les autres cas et qui concernent notamment:
le défaut de tenue de comptabilité au sens sus-indiqué ;
la tenue d’une comptabilité non conforme aux prescriptions de la
législation fiscale (comptabilité irrégulière, comptabilité comportant
d’importantes violations aux principes et normes comptables en
application);
la réalisation de revenus ou bénéfices dont la détermination n’est pas
subordonnée à la tenue d’une comptabilité.
2.8.2. Le décompte de la durée effective maximale de la vérification fiscale s’effectue à
compter de la date de son commencement mentionnée dans l’avis ou dans le procès-
verbal susvisé et jusqu’à la notification des résultats de la vérification fiscale.

2.8.3. Ne sont pas pris en compte pour le calcul de la durée effective de la vérification
49 approfondie :
1- les périodes d’interruption de la vérification ayant fait l’objet de
correspondances entre le contribuable et l’administration fiscale.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

2- le retard constaté pour répondre aux correspondances de l’administration fiscale


relatives aux demandes de renseignements, d'éclaircissements ou de justifications
portant sur la situation fiscale du contribuable. (l'article 41 du CDPF)
3- le retard constaté dans la présentation de la compatibilité après la mise en
demeure prévue par l'article 38 du CDPF sans que ce retard puisse dépasser 30
jours. (apport LF2017)

2.9. Reprise de la vérification approfondie


La vérification approfondie a, dans la plupart des cas, un caractère définitif pour les
impôts et les périodes sur lesquels elle a porté.
Toutefois, cette vérification peut être reprise exceptionnellement et dans les limites des
délais de prescription, en cas de disposition de renseignements dont l’administration n’a
pas eu connaissance durant la vérification approfondie telle que la découverte
d’opérations, revenus ou bénéfices touchant à l’assiette de l’impôt ou à sa liquidation
qui sont ni comptabilisés ni déclarés.

3. Procédures communes à la vérification préliminaire et à la vérification


approfondie : Ces procédures communes concernent les 4 éléments suivants :
1- la notification des résultats de la vérification ;
2- la discussion des résultats de la vérification entre l’administration fiscale et le
contribuable,
3- le rehaussement ou la réduction des résultats de la vérification.
4- l'interdiction de procéder à une vérification préliminaire après une vérification
préliminaire ou après une vérification approfondie.

3.1. La notification des résultats de la vérification

3.1.1. vérification préliminaire : Le contribuable dispose d’un délai de 20 jours de la


date de la notification de la demande de renseignements, éclaircissements ou
justifications pour y répondre par écrit, à l’expiration de ce délai, l’administration
fiscale peut procéder à ce qu’elle juge nécessaire soit :
de faire la clôture du dossier ( sans procédure spécifiques ),
de notifier les résultats de la vérification au contribuable. Et dans ce cas les
services fiscaux doivent notifier au contribuable les résultats de l’opération de
vérification préliminaire de ses déclarations, actes ou écrits dans un délai ne
dépassant pas 90 jours à compter de la date de l’expiration du délai de 20 jours
qui lui a été accordé par la loi pour présenter sa réponse.

3.1.2. vérification approfondie: la notification des résultats de la vérification


approfondie est obligatoire puisqu’elle détermine la date de clôture de la vérification et
50 les bases de calcul de sa durée.

3.1.3. Mentions obligatoires de la notification des résultats de la vérification


• les indications relatives au service ayant établi la notification et ,
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

• l’identité du contribuable,
• la nature de la vérification (préliminaire ou approfondie) ,
• les impôts et les périodes concernés par la vérification ,
• les chefs de redressements dégagés par la vérification (les erreurs relatives à
l’assiette de l’impôt, à ses taux ou à sa liquidation et leurs justifications telles que
la référence légale ou la référence des opérations objet du redressement…) ,
• la méthode retenue pour l’établissement des nouvelles bases d’imposition (les
moyens de preuve retenus et la méthode de liquidation de l’impôt exigible) ,
• le montant de l’impôt exigible ,
• le montant des pénalités exigibles ,
• les rectifications portant sur le crédit d’impôt, le report déficitaire ou les
amortissements régulièrement différés.
• l’invitation du contribuable à formuler ses observations, oppositions et réserves
relatives aux résultats de la vérification dans un délai maximum de 45 jours à
compter de la date de la notification de ces résultats.
La notification des résultats de la vérification au contribuable doit être effectuée par les
moyens prévues par l'article 10 du CDPF

3.1.4. Motivation de la notification des résultats de la vérification fiscale


L'administration fiscale est obligée de faire mention dans la notification de
redressement des informations essentielles devant permettre au contribuable d'organiser
sa défense durant la phase administrative et, le cas échéant, devant les juridictions
compétentes.
1. Au niveau de la méthode d'imposition retenue
La notification des résultats de la vérification doit expressément mentionner si la
vérification porte sur la comptabilité présentée par le contribuable ou si elle est
effectuée en dehors de la comptabilité, auquel cas, il doit être précisé s'il s'agit d'un cas
de défaut de présentation de comptabilité ou d'un cas de rejet de celle-ci.
Dans le cas de rejet de comptabilité , il y a lieu de signaler que ce dernier doit être
suffisamment motivé . La motivation doit reposer sur des anomalies et des irrégularités,
au niveau du fond ou de la forme, qui sont de nature à altérer la sincérité et le caractère
probant de la comptabilité .

2. La reconstitution des nouvelles bases d'imposition


La vérification fiscale approfondie s’effectue sur la base :
de la comptabilité pour les contribuables soumis à l’obligation de tenue de
comptabilité ;
et dans tous les cas sur la base des renseignements, des documents ou des
présomptions de fait ou de droit .
2.1. Sur la base de la comptabilité
51 A ce niveau, tout chef de redressement envisagé par l'administration doit être précisé
quant à sa nature, aux justifications y afférentes puisées dans la comptabilité ou en
dehors de celle-ci, et à l'énoncé de la disposition légale ou réglementaire qui le sous
tend ainsi qu’à son impact sur les bases d'imposition.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

2.2. En dehors de la comptabilité


Au cas où l'administration a usé des présomptions de droit ou de fait, celles-ci doivent
être expressément mentionnées et argumentées.
Par présomptions de fait on entend, les présomptions formées notamment des
comparaisons avec des données relatives à des exploitations, des sources de revenus ou
des opérations similaires.
Ces présomptions sont généralement utilisées pour la reconstitution du chiffre
d’affaires, du revenu non déclaré, du taux de marge brute, du taux de productivité, du
taux de bénéfice net…
Par présomptions de droit en entend, les présomptions prévues par une disposition
expresse de la loi fiscale et dont notamment:
• la présomption prévue par l’article 30 du code de l’IR et de l’IS,
• la présomption prévue par l’article 42 du code de l’IR et de l’IS qui
permet de reconstituer le revenu net global d’une personne physique à
partir des éléments de train de vie;
• la présomption prévue par l’article 43 du code de l’IR et de l’IS et qui
permet de reconstituer le revenu net global d’une personne physique à
partir des dépenses personnelles, ostensibles et notoires et selon
l’accroissement du patrimoine …..

3.1.5. La quantification des résultats de la vérification


La notification des redressements doit faire état de la liquidation des impôts objet de la
vérification compte tenu des chefs de redressement et de la méthode de reconstitution
des bases d’imposition retenus, des compléments d'impôts qui en découlent, des
pénalités exigibles et éventuellement des crédits d'impôts, des déficits reportables et des
amortissements différés.

3.1.6.Effets de la notification des résultats de la vérification


La notification des résultats de la vérification fiscale au contribuable produit les effets
suivants :
- l’interruption des délais de prescription au titre des impôts et périodes mentionnés
dans la notification;
- l’ouverture d’un délai de 45 jours permettant au contribuable de répondre par écrit à
ces résultats ;
- la détermination du délai de retard pour le calcul des pénalités de retard.

3.2. Discussion des résultats de la vérification


L’article 44 du CDPF accorde au contribuable un délai de 45 jours, à compter de la
date de la notification des résultats de la vérification, pour répondre par écrit et
52 formuler ses observations, oppositions ou réserves concernant ces résultats.
Le contribuable peut discuter les résultats de la vérification fiscale par lui même ou se
faire assister par une personne de son choix ou se faire représenter à cet effet par un

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

mandataire, conformément à la loi, choisi parmi les personnes non frappées par une
interdiction ou une incompatibilité légale.

Les procédures susmentionnées peuvent aboutir à l’une des situations suivantes :


1- accord total ou partiel entre l’administration fiscale et le contribuable sur les
résultats de la vérification fiscale. Dans ce cas, cet accord est matérialisé par
l’acquiescement et la souscription du contribuable d’une déclaration rectificative et
d’une reconnaissance de dette fiscale ;
2- désaccord partiel ou total entre l’administration fiscale et le contribuable sur les
résultats de la vérification fiscale.
L’administration fiscale doit répondre par écrit à l’opposition du contribuable dans
un délai ne dépassant pas 6 mois à compter de la date de l'opposition du
contribuable, et lui accorde un délai de 15 jours pour formuler ses observations,
oppositions et réserves sur la réponse de l’administration.
Et établir l’arrêté de taxation d’office au titre des points de désaccord et ce, sur la
base des résultats de la vérification, notifiés au contribuable et l’ensemble des
éléments dégagés lors de la discussion de ces résultats avec celui-ci. La réponse de
l’administration fiscale à l’opposition est notifiée selon l’article 10 du CDPF.

3- défaut de réponse du contribuable aux résultats de la vérification. Dans ce cas,


l’administration fiscale peut après l’expiration du délai fixé pour répondre à ces
résultats (45 jours), établir un arrêté de taxation d’office confirmant tous les
redressements contenus dans la notification .

3.3. La réduction ou le rehaussement des résultats de la vérification fiscale (l’article


46 du CDPF )

Les résultats de la vérification fiscale notifiés au contribuable sont, dans la plupart des
cas, définitifs. Toutefois, l’administration fiscale peut procéder au rehaussement ou à la
réduction des résultats de la vérification fiscale dans les cas suivants :
pour réparer des erreurs matérielles contenues dans la notification des résultats de
la vérification ou dans l’arrêté de taxation d’office telles que l’application d’un
taux d’imposition erroné ou la commission d’erreurs dans la liquidation de
l’impôt.
pour tenir compte des justifications présentées par le contribuable.
disposition de renseignements relatifs à l’assiette de l’impôt ou à sa liquidation et
dont l’administration fiscale n’a pas eu connaissance précédemment telles que
l’obtention de renseignements relatifs à l’accroissement du patrimoine du
contribuable ou au titre de ses achats ou ventes qui sont ni comptabilisés ni
déclarés ou lorsque le contribuable présente des justifications qui n’ont pas été
53 prises en compte au niveau des résultats de la vérification ou de l’ATO.
Le rehaussement des résultats de la vérification objet de litige auprès des tribunaux
compétents, s’effectue indépendamment des délais de prescription et s’effectue dans les
limites de ces délais dans les autres cas.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

3.3.1. Procédures de réduction des résultats de la vérification


La réduction des résultats de la vérification peut intervenir avant et après la notification
de l’arrêté de taxation d’office.

Les résultats de la vérification peuvent faire l’objet d’une réduction avant la


notification de l’arrêté de taxation d’office et ce sans procédures spéciales dans le
cadre de la procédure contradictoire de discussion des résultats avec le
contribuable,
La réduction des résultats de la vérification après la notification de l’arrêté de
taxation d’office s’effectue obligatoirement dans le cadre de la procédure
contentieuse par :
• la présentation d’une demande au tribunal de première instance saisi du
litige tant que le jugement de première instance n’a pas été prononcé,
• la présentation d’une demande à la cours d’appel saisie de l’affaire tant
qu’un jugement définitif n’a pas été prononcé
3.3.2. Procédures de rehaussement des résultats de la vérification
Les résultats de la vérification peuvent être rehaussés après la notification de l’arrêté
de taxation d’office.

1- cas d'opposition à l’ATO devant le TPI:


si un jugement de première instance n'a pas été prononcé, le rehaussement
s’effectue par la présentation d’une demande écrite au TPI.

si un jugement de première instance a été prononcé, le rehaussement s’effectue


par une notification des résultats de la vérification fiscale qui repose sur les
dispositions de l'article 46 du CDPF qui contient seulement la réclamation
d'impôts additionnels résultant des erreurs matérielles contenues dans la
notification des résultats de la vérification ou dans le cas de disposition de
renseignements relatifs à l’assiette de l’impôt ou à sa liquidation et dont
l’administration fiscale n’a pas eu connaissance précédemment.
2- cas de non opposition à l’ATO devant le TPI:
L'administration fiscale procède à une nouvelle vérification approfondie lorsqu’elle
dispose de renseignements touchant à l'assiette et à la liquidation de l'impôt et dont elle
n'a pas eu connaissance précédemment.

4. L'interdiction de procéder à une VP après une VP ou après une VA


Il est interdit au services fiscaux de procéder à une nouvelle VP ou de procéder à une
VP suite à une VA, et ce, pour les mêmes impôts et la même période.

54 ‫ا‬ ‫ر‬ ‫ا‬


‫وزارة ا‬
................. ‫ا‬
.................. ................
1‫إ‬
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
‫)‪C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable‬‬ ‫‪Version 09- 2017‬‬

‫‪..................................................................‬‬ ‫أو ا‬ ‫ا‬


‫ا ! ط ‪................................................................................‬‬
‫ر&‪ %‬ب ‪.‬ت ‪ …………… .‬ر&‪ %‬ب ‪.‬ت ‪.‬ج ‪………………..‬‬
‫‪.................................................................‬‬ ‫ا ( ان‬
‫………… ‪ 1‬ا @ ‪. *8‬‬ ‫‪ S8 3 1‬ا ا‬ ‫ا * ع ‪ :‬ا د ‪ 1‬ا ا‪$Q‬‬
‫ر"! ‪.............................................‬‬ ‫‪ S8 3 -‬ا ا‬ ‫‪:‬‬ ‫ا ‪+,-‬‬
‫ر"! ‪............................................................‬‬ ‫‪$ $/ -‬‬
‫"‬ ‫‪: ./‬‬ ‫ا‬
‫‪ S8 3 1‬ا ا ‪ / & (" ,‬ا& ‪ $‬د ‪U ;/‬‬ ‫ا‪$Q‬‬ ‫‪T‬وا ‪7‬‬ ‫‪ $ $‬ا ( ر إ *‪H‬‬ ‫‪,‬‬ ‫و‬
‫‪X‬ءا " @‪X‬أ ‪ ,/‬ھ>ا‬ ‫" ا ; ‪ +‬و ا >ي "‬ ‫ا‪ $Q‬ا ( ر إ *‪ H‬ا ‪, 2‬‬ ‫‪ 1‬ا ط ا اردة‬ ‫ا@ "‬
‫ا ‪ $‬ب‪.‬‬
‫و ـــــ <‪$+‬ــــ م ا ‪ $/ 44 :;-‬ر ‪ @/ ,/‬ا ‪ 6‬ق وا‪ C‬اءات ا @ ‪ $3 $/? H3 & ، *8‬ا اء ‪ $ [+ /‬و‬
‫ا ا‪ $ Q‬و ‪ + * R $ [-6‬ل ھ>ا ا د & أ ‪ ,/ / " 15 :‬ر"! ا *‪.%‬‬
‫ر ھ>ا ا د‪ *5@ " ,‬ذ = ?‪ 2/‬ء‬ ‫ا @ ‪*8‬‬ ‫و & ‪ O‬رة ‪ /‬ا& ‪ *8X $‬أو ‪ S8 3 1 * R‬ا ا‬
‫; ر"‪ *6*6; U‬و ا اف "‪ ;^ ,‬ص ا " ت ا ‪ _*[+‬ا& ‪. $‬‬
‫‪ 1‬ھ>ا ا د & ا‪ : .‬ا ( ر إ *‪ H‬أ ه أو م ‪ ;+‬ل ا ‪ -‬ق ‪ +‬ل ‪/‬‬ ‫‪ ,‬م ‪C $/ *F‬‬ ‫ھ>ا و "‬
‫?‪ O‬ار ‪ F‬ار & ا ظ*` ا‪ C‬ري ‪G‬داء‪.‬‬ ‫‪ 3 ,/ H 2‬ط‪ ,‬ظ*` ا‪.‬داء *‪ $‬و‬
‫ا & ‪ 78‬رات ا " ‪.‬‬ ‫و‬
‫و ا ‪1‬م‬
‫ا‪ 345‬ء و ا ‪% 6‬‬

‫‪----------------------------------------------------------------------------------------‬‬
‫ذ = ھ>ه ا ;‪. 6-‬‬ ‫&‬ ‫‪6-O ......... 1‬‬ ‫‪ 6 - 1‬ي ھ>ه ا‪C‬‬

‫=‬ ‫=> ا ‪-‬ا‪ (,‬ا‬ ‫‪ - -9‬ا‪8‬دارة ا ‪-‬د ; ‪ :‬ا; ‪-‬ا*<‪: ; %‬‬


‫? ; ‪-‬ا*<‪: %‬‬ ‫‪ .I‬ا ‪ @/1‬ت ا ‪3‬‬
‫‪.........................................................................................................‬‬
‫? ; ‪-‬ا*<‪: %‬‬ ‫‪ A4‬ا ‪ @/1‬ت ا ‪3‬‬ ‫‪ B 4 C& 4 .II‬ا‬
‫‪:‬‬ ‫‪ -1‬ا ‪ @/1‬ت ا ‪9‬‬
‫‪.........................................................................................................‬‬
‫‪.....................................................................................................‬‬
‫‪.....................................................................................................‬‬

‫( دھ ‪:‬‬ ‫‪ %‬ا‬ ‫‪ -2‬ا ‪ @/1‬ت ا‬


‫‪.........................................................................................................‬‬
‫‪.........................................................................................................‬‬
‫‪.....................................................................................................‬‬

‫‪55‬‬

‫‪Chapitre 3 : Les procédures de taxation d’office‬‬

‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ ‪ :‬ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‪ ،‬رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

I. Cas de taxation d’office


Conformément aux dispositions de l’article 47 du CDPF, la taxation d’office est établie
dans les cas suivants :
1- défaut de déposer la déclaration de l’impôt après mise en demeure du contribuable,
2- défaut de déclaration de l’avance de l’impôt sur le revenu dû au titre de la plus-value
immobilière après mise en demeure du contribuable, et ce conformément aux
dispositions de l’article 60 du code de l’IRPP de l’IS.
3- non régularisation de la situation fiscale du contribuable dans un délai de 30 jours à
compter de la date de sa mise en demeure pour les amendes fiscales administratives
prévues par les articles 84 ter et 84 sexies du CDPF . La mise en demeure n’est pas
exigée en cas de taxation au titre des amendes fiscales administratives prévues par les
articles 84 bis, 84 quater, 84 quinquies et 85 du CDPF ( voir les pages 80 à 82 ).
4- le défaut de réponse du contribuable sur les résultats de la vérification fiscale
préliminaire ou approfondie.
5- le désaccord entre l’administration fiscale et le contribuable sur les résultats de la
vérification fiscale préliminaire ou approfondie, avec ou sans la saisie de la
commission de conciliation (apport de la LF2017 voir les pages 75 et 76) .

1) La taxation d’office dans les cas qui nécessitent une mise en demeure du
contribuable :

A- défaut de déclaration de l’impôt:


L'ATO concerne les cas de défaut de déclaration de l’impôt ainsi que le défaut de
présentation des actes et écrits à la formalité de l’enregistrement.

a) Procédures de taxation d’office (l’article 47 du CDPF)


En cas de défaut de dépôt par les contribuables des déclarations fiscales, actes et écrits
dans les délais légaux impartis pour leur dépôt, l’administration fiscale procède à la
mise en demeure des contribuables afin de régulariser leur situation et de déposer les
déclarations fiscales, actes et écrits dans un délai maximum de 30 jours à compter de
leur mise en demeure effectuée conformément à la loi.

b) Les bases de la taxation d’office


La taxation est établie d’office sur la base notamment :
de preuves littérales et écrites, si elles existent,
de présomptions de droit ou de fait,
des sommes portées sur la dernière déclaration déposée par le contribuable, et ce,
avec un minimum d’impôt non susceptible de restitution, perçu par déclaration
nonobstant le nombre des impôts exigibles concernés fixé sous réserve du MI
56
prévu par les articles 44, 44 ter et 49 du code de l’IRPP et de l’IS comme suit :
- 200 dinars pour les PM,
- 100 dinars pour les PP soumises à l’IR selon le régime réel ou soumises à l’IR
selon le régime forfaitaire au titre des BNC,
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

- 50 dinars pour les personnes physiques soumises à l’IR au titre des BIC selon le
régime forfaitaire,
- 25 dinars dans les autres cas.

Le MI dû prévu par les articles 44, 44 ter et 49 du code de l’IRPP et de l’IS, est fixé
comme suit:
- 500 D pour les sociétés non soumises à l’IS au taux de 10%.
- 300 D pour les sociétés qui sont soumises à l’IS au taux de 10% ou pour les
sociétés dont le CA réalisé de la commercialisation de produits ou de services soumis
au régime de l’homologation administrative des prix dont la marge bénéficiaire brute
ne dépasse pas 6% conformément à la législation et aux réglementations en vigueur .
- 300D pour les PP soumises à l’IR selon le régime réel au titre des BIC et BNC.
- 200 D pour les PP soumises à l’IR selon le régime réel au titre des BIC et BNC
pour le chiffre d’affaires ou des recettes provenant de l’exportation au sens de la
législation fiscale en vigueur … ou réalisé de la commercialisation de produits ou de
services soumis au régime de l’homologation administrative des prix et dont la
marge bénéficiaire brute ne dépasse pas 6% conformément à la législation et aux
réglementations en vigueur,
- 75 pour les PP soumises au régime forfaitaire au titre des BIC pour les entreprises
implantées en dehors des zones communale
-150 D pour les PP soumises au régime forfaitaire au titre des BIC dans les zones
communales ,
- 25 D par déclaration dans les autres cas. Par « autres cas » on désigne les
déclarations devant être souscrites par les personnes non soumises à l’obligation de
dépôt de la déclaration d’existence ( agriculteurs, salariés, pensionnés…).

Le montant exigible est majoré des pénalités de retard.


Le minimum d’impôt ainsi que le minimum de la pénalité de retard s’appliquent à
chaque déclaration fiscale couverte par la taxation d’office nonobstant le nombre
d’impôts concernés et non déclarés au lieu de l’appliquer sur chaque déclaration et au
titre de chaque impôt, sous l’empire de la législation antérieure.

L’expression « déclaration fiscale » désigne, dans les nouvelles dispositions, tous les
impôts qui doivent être déclarés au sein d’un même document et à la même échéance
dont notamment :
Déclaration mensuelle des impôts ( TVA, RS, TFP…),
Déclaration annuelle de l’impôt,
Déclaration des acomptes provisionnels,
Actes, écrits et mutations soumis obligatoirement à la formalité de
l’enregistrement.
57 Le montant en principal de l'impôt établi d'office ne peut être inférieur au minimum par
déclaration fixé par type de contribuable. Le montant minimum n'est pas susceptible de
restitution. Il est toutefois déductible si le contribuable fera l'objet d'une vérification

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

fiscale préliminaire ou approfondie ultérieure à l'occasion de dépôt de déclarations


rectificatives.
Exemple :Supposons que la société « A » n’a pas déposé la déclaration mensuelle
relative au mois de mars 2003.
Supposons aussi que la déclaration relative au mois de février de la même année a
comporté les éléments suivants :
- TVA 1 000D, TFP 50D , Retenue à la source 50D, TCL 50D
Si on suppose que l’administration fiscale a procédé à la mise en demeure de la société
pour régulariser sa situation par le moyen de ses agents en date du 14 juin 2003 et que
la société n’a pas déposé sa déclaration jusqu’au 15 juillet 2003, l’administration fiscale
peut, établir un arrêté de taxation d’office comportant les éléments suivants :
- TVA 1 000D, TFP 50D , Retenue à la source 50D, TCL 50D
Total de l’impôt en principal 1 150D
A ce total sont ajoutées les pénalités de retard .

L'ATO établie par l'administration ne fait pas obstacle à la VA de la situation fiscale.


La taxation d’office fondée sur la base des éléments de l’imposition portés sur la
dernière déclaration déposée à l’exception des éléments suivants :
des crédits d’impôt provenant des périodes antérieures
des déficits et des amortissements différés ,
des dégrèvements fiscaux au titre des revenus et bénéfices réinvestis.
Par éléments de l’imposition on désigne tous les éléments portés sur la déclaration
déposée et relatifs à l’assiette de l’impôt tels que le chiffre d’affaires (chiffre d’affaires
local, chiffre d’affaires à l’exportation, chiffre d’affaires en suspension de la TVA, …),
le résultat comptable, les réintégrations, les exonérations et les dégrèvements fiscaux et
le nombre de factures émises pour le droit de timbre sur les factures.
Il s’ensuit que, les éléments relatifs à la régularisation de l’impôt et qui ne font pas
partie des éléments de l’assiette de l’impôt tels que :
les acomptes provisionnels,
les sommes retenues à la source et,
les avances
Sont considérés comme implicitement exclus puisque la prise en compte de ces
éléments nécessite la production des justificatifs relatifs au paiement d’acomptes
provisionnels, de retenues à la source ou d’avances.
Par ailleurs, les éléments expressément exclus des bases de l'ATO, couvrent:
tous les crédits d’impôt se rapportant à des périodes antérieures à la période
concernée par la déclaration tels que le crédit de TVA, ou d’IR ou d’IS,
les déficits et amortissements différés,
les déductions fiscales au titre des revenus et bénéfices réinvestis dont
notamment :
58 les revenus et bénéfices réinvestis au sein de l’entreprise,
les revenus et bénéfices réinvestis dans l’acquisition d’actions ou de parts
sociales nouvellement émises.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Toutefois, les déductions fiscales au titre des revenus et bénéfices provenant de


l’exploitation sont prises en compte dans les bases de la taxation d’office, dont
notamment :
le droit à déduction au titre des revenus et bénéfices provenant de
l’exportation,
le droit à déduction au titre des revenus et bénéfices provenant des
investissements dans les zones de développement régional,
le droit à déduction au titre des revenus provenant des projets de location
d’immeubles ou de restauration au profit des étudiants,
le droit à déduction au titre des bénéfices et revenus provenant des
investissements de soutien.
Cependant, l’administration fiscale est habilitée à réviser ces déductions en cas de
changements intervenus sur le statut fiscal du contribuable tels que l’achèvement de la
période de la déduction totale des bénéfices provenant du développement régional.

Exemple n° 1: Eléments d’imposition


Supposons que la société «A » exerçant dans le secteur de la commercialisation des
habillements et des chaussures n’a déposé aucune de ses déclarations relatives à la taxe
sur la valeur ajoutée (TVA) échues en 2007.
Supposons également que la déclaration TVA au titre du mois de novembre de l’année
2006 qui est la dernière déclaration déposée, a comporté les éléments suivants :
* chiffre d’affaires à l’exportation : 245 mD
* chiffre d’affaires en suspension de la TVA : 183 mD
* chiffre d’affaires local soumis à la TVA (18%) : 750 mD
* TVA collectée : 135mD
* TVA déductible sur achats : (99mD)
* Retenue à la source (RS) : (19 mD)
* crédit TVA reporté (déclarations antérieures): (680mD)
* crédit TVA à la fin de la période : 663 (mD)
Supposons également que les services fiscaux compétents ont notifié à la société
concernée en date du 14 janvier 2008 une mise en demeure l’invitant à régulariser sa
situation fiscale qui est restée sans suite jusqu’à l’expiration du délai imparti fixé à 30
jours de la date de mise en demeure. Dans ce cas, les services précités peuvent établir
un ATO sur la base des éléments d’imposition portés sur la déclaration TVA au titre du
mois de novembre. Cette taxation s’établit comme suit :
* TVA collectée : 135 mD
* TVA déductible sur les achats : 99 mD
* impôt dû au titre de chaque déclaration :135 mD – 99mD = 36 mD
* Impôt dû au titre de la période concernée par la taxation d’office :
12 x 36 mD = 432 mD. majoré de la pénalité de retard au taux de 1,25% par mois ou
59 fraction de mois de retard.
Exemple n°2 : Minimum d’impôt
Supposons que la déclaration annuelle de l’IS de la société anonyme « D » au titre de
l’année 2005, a comporté les éléments suivants :
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

* chiffre d’affaires annuel : 1600 mD


* résultat comptable : 300mD (perte)
* bénéfice imposable : 300 mD (perte)
Dans ce cas, l’impôt dû sera le minimum d’impôt c’est-à-dire (1600mD x 0,1% )= 1600
D majoré des pénalités de retard .
Exemple n°3 : Le contribuable est une personne morale
Supposons que le contribuable « E » exerçant dans le domaine de la vente des
instruments électroniques n’a pas déposé ses déclarations mensuelles échues en 2007.
Dans ce cas, le minimum d’impôt exigible est liquidé comme suit :
Si le contribuable est une personne morale :
200D x 12 déclarations mensuelles = 2400D majoré des pénalités de retard
Si le contribuable est une personne physique:
100D x 12 déclarations mensuelles = 1200D majoré des pénalités de retard

B- La taxation d’office relative à l’établissement de l’avance au titre de l’impôt sur


le revenu exigible au titre de la plus-value immobilière non déclarée.
L’administration fiscale établit une taxation d’office, en matière d’IR au titre de la
plus-value immobilière en cas de défaut de déclaration de la plus-value immobilière
réalisée suite à la cession de biens immobiliers et après l’expiration d’un mois à
compter de la date de la mise en demeure du contribuable.
La taxation d’office est établie sur la base d’une avance de 2,5% du prix de la cession
déclaré dans l’acte. Cette avance n’est pas exigible pour les contribuables qui justifient
que l’impôt a fait l’objet d’une retenue à la source.

2) La taxation d’office dans le cadre de la vérification fiscale préliminaire ou


approfondie sans la saisie de la commission de conciliation (apport de la LF2017)

Suite à la VP ou VA de la situation fiscale du contribuable, l’administration fiscale


procède à la notification des résultats de la vérification au contribuable.
Le contribuable bénéficie d’un délai de 45 jours pour répondre par écrit aux résultats
de la vérification.
En cas de réponse du contribuable dans les délais et en absence d'accord,
l’administration fiscale doit répondre par écrit à l'opposition du contribuable dans un
délai ne dépassant pas 6 mois à compter de la date de ladite opposition .
Le rejet partiel ou total par l’administration fiscale de l'opposition du contribuable doit
être motivée. Cette réponse est notifiée conformément aux procédures prévues par
l'article 10 du CDPF.
Le contribuable dispose d'un délai de 15 jours à compter de la date de notification de la
réponse négative de l’administration fiscale pour qu'il puisse formuler par écrit ses
observations, oppositions et réserves relatives à la réponse de rejet motivé de
60 l’administration fiscale à l'opposition du contribuable avant que cette dernière ne puisse
procéder à la taxation d'office.
Lorsque le contribuable ne répond pas par écrit aux résultats de la vérification après
l’expiration de 45 jours à compter du jour qui suit la date de la notification des résultats
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

de la vérification, l’administration fiscale procède à la taxation d’office sur la base des


résultats de la vérification et ce en l’absence d’éléments permettant de réduire ces
résultats.

II. L’ARRETE DE TAXATION D’OFFICE ( les articles 50 et 51 du CDPF)


1) L’établissement de l’arrêté de taxation d’office
La taxation d’office est établie au moyen d’un arrêté motivé du:
• directeur général des impôts,
• chef de l’unité du contrôle national et des enquêtes fiscales,
• directeur de la DGE ou,
• chef du centre régional de contrôle des impôts.

2) Contenu de l’arrêté de taxation d’office


A. pour les cas de taxation d’office des amendes fiscales administratives prévues
par les articles 84 bis à 84 sexies et 85 du CDPF .
L’ATO portant sur ces amendes fiscales administratives comporte les mentions
suivantes:
• Les services de l’administration fiscale ayant procédé à l’opération de contrôle
ou de vérification
• La nature de l’infraction constatée
• La méthode retenue pour l’application de l’amende exigible au titre de
l’infraction
• Le fondement juridique de l’arrêté
• Les noms, prénoms et grades des vérificateurs
• La période concernée par l’application des amendes
• Le montant de l’amende taxée
• La recette des finances auprès de laquelle seront constatées les sommes exigibles
• L’information du contribuable de son droit de s’opposer à l’ATO devant le TPI
territorialement compétent et le délai imparti pour cette action.

B. pour les autres cas


L’arrêté de taxation d’office comporte essentiellement les indications suivantes :
• les services de l’administration fiscale ayant procédé à la vérification fiscale
• la méthode d’imposition retenue (sur la base de la comptabilité et des preuves
littérales et écrites ou sur la base des présomptions de droit et de fait),
• les noms, prénoms et grade des vérificateurs,
• la date du commencement de la VA et de son achèvement ainsi que le lieu de
son déroulement mention est faite de la durée effective de la vérification
61 • le montant de l’impôt exigible et des pénalités y afférentes,
• les rectifications du crédit d’impôt,
• la recette des finances auprès de laquelle seront constatées les sommes exigibles,

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

• l’information du contribuable de son droit de s’opposer à l’ATO devant le TPI


territorialement compétent et le délai imparti pour le faire,
• l’information du contribuable de la possibilité de suspendre l’exécution de
l’ATO et ce par le paiement de 10% du montant de l’impôt en principal ou par la
production d’une caution bancaire de 15% du montant de l’impôt en principal
dans un délai de 60 jours à compter de la date de la notification de l’arrêté.

3) Les moyens de notification de l’arrêté de taxation d’office


L'ATO est notifié selon les moyens de notification prévus par l’article 10 du CDPF.

III. EXECUTION DE L’ARRETE DE TAXATION D’OFFICE


1) Exécution de l’arrêté de taxation d’office
L’ATO est exécutoire nonobstant les actions en opposition y afférentes, ainsi le droit
de recours est garanti dans tous les cas et il n’est subordonné ni au paiement des
sommes dues ni à la production de caution bancaire pour les montants exigibles.
Ainsi, et après notification de l’ATO, les sommes portées dans l’arrêté seront
constatées dans les écritures du receveur des finances compétent.
Le receveur des finances ne peut poursuivre le recouvrement des sommes objet de
l’ATO avant l’expiration du délai de 60 jours à compter de la notification de l’ATO au
contribuable.
2) Conditions de suspension de l’arrêté de taxation d’office
Les contribuables intéressés par la suspension de l’exécution de l’ATO peuvent, dans
un délai de 60 jours à compter de la date de la notification dudit arrêté, procéder :
au paiement de 10% du montant de l’impôt en principal sans tenir compte des
pénalités.
à la production d’une caution bancaire de 15% du montant de l’impôt en
principal.

La suspension d’exécution prend effet jusqu’à la date de la notification du jugement de


première instance. Le montant de l’impôt objet de la caution bancaire est recouvrable
auprès de l’établissement de crédit ayant la qualité de banque à l’expiration d’une
année à compter de la date de la notification de l’arrêté de taxation.

Toutefois, et en cas de prononciation du jugement de première instance et sa


notification avant l’expiration dudit délai, le recouvrement sera limité au montant
prononcé en première instance.

A l’expiration dudit délai, l’établissement de crédit ne peut, ni s’opposer au


recouvrement, ni opposer aux services du recouvrement la poursuite des biens du
contribuable.
62
Toutefois, les sommes dues au titre de la RS et les pénalités y afférentes ne sont pas
concernées par la suspension de l’exécution et le receveur des finances peut poursuivre
leur recouvrement. Il s’agit notamment des retenues au titre des salaires, des

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

rémunérations en contrepartie d’un travail occasionnel ou accidentel, des revenus des


capitaux mobiliers, des loyers, honoraires et commissions….
De même, la suspension de l’exécution ne concerne pas les taxes suivantes soumises
aux mêmes règles relatives à la retenue à la source :
- la taxe sur les légumes et les fruits,
- la taxe sur les viandes,…..
Les sommes dues au titre des amendes fiscales administratives prévues par les articles
de 84 bis à 85 du CDPF ne sont pas concernées par la suspension de l’exécution .
Les pénalité de restitution de 100% introduite par la LF2017 bénéficient de la
possibilité de suspension de l’exécution.
Exemple :
En date du 29 janvier 2016, l’administration fiscale a notifié à Mr "A" un ATO
comportant les montants suivants :
- impôt en principal : 240.000D, dont 40.000D au titre de la RS non reversée
- pénalités de retard au taux de 1,25% : 30.000D
- pénalités pour défaut de retenue de l’impôt à la source :5000D
1ère hypothèse : Le contribuable procède au paiement de 10% du montant de l’impôt
en principal avant le 31 mars 2016 : 200.000D x 10% = 20.000D
L’administration fiscale ne peut poursuivre le recouvrement du montant restant avant la
notification du jugement de première instance.
Le receveur des finances doit, dans tous les cas, procéder au recouvrement des
montants dus au titre de la RS, non susceptible de suspension d’exécution ainsi que des
pénalités dues au titre de la retenue à la source (40.000D + 5.000D).
2ème hypothèse :
Le 20 avril 2016, le contribuable procède au paiement de 20.000D.
Dans ce cas et étant donné que le paiement est intervenu après le délai imparti, les
services de recouvrement peuvent poursuivre le recouvrement du reste à payer.
3ème hypothèse :
Jusqu’à fin mars 2016, le contribuable n’a procédé au paiement d’aucun montant au
titre de l’arrêté de taxation d’office.
Par conséquent, le receveur des finances peut, à partir du 1er avril 2016, faire les
diligences nécessaires par le recouvrement de la totalité des montants indiqués dans
l’ATO.

63

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

TROISIEME PARTIE :
Contentieux de l'impôt et les procédures d'encadrement de l'action
de l'administration fiscale et de l'administration du recouvrement

Chapitre 1
L'opposition à la taxation d’office, le contentieux de l’impôt
devant les juridictions de fond
Les dispositions des articles 53 à 68 du CDPF fixent les procédures de recours en
matière de contentieux de l’assiette de l’impôt devant les tribunaux de l’ordre
judiciaire.
I. Le champ d'application du contentieux de l'assiette de l’impôt
Le contentieux de l'assiette couvre les recours visés à l'article 54 du CDPF et relatifs à
l'impôt en principal et aux pénaltiés administratives prévues par les articles 81 à 86 du
CDPF:

64 1) L’opposition contre l’arrêté de taxation d’office


a- Cette opposition couvre l’impôt en principal et les pénaltiés administratives y
afférentes prévues par les articles de 82 et 84 du CDPF, ces pénalités sont :
- les pénalités de retard dans le paiement de l’impôt,
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

- les pénalités relatives à la retenue à la source,


- les pénalités applicables en cas de défaut d’acquittement du droit de timbre ou son
acquittement d’une manière insuffisante.
b- Cette opposition couvre aussi les arrêtés de taxation d’office des amendes fiscales
administratives prévues par les articles 84 bis à 84 sexies et 85 du CDPF.

2) L’opposition contre le refus de l’administration de la demande en restitution de


l’impôt perçu en trop
Cette opposition est possible que le refus soit expresse et écrit ou implicite dans le cas
où l’administration ne donne pas suite dans le délai de 6 mois à la demande en
restitution.

3) L’opposition contre la décision de retrait du régime forfaitaire


Les dispositions de l’article 54 du CDPF n’ont pas prévu l’opposition contre la décision
de retrait du régime forfaitaire, par contre les dispositions de l’article 44 du code de
l’IRPP et de l'IS ont prévu que l’opposition contre cette décision se fait conformément
aux procédures d’opposition applicables à l’arrêté de taxation d’office.
Par conséquent, les procédures d’opposition contre l’ATO prévues par le CDPF sont
applicables en cas d’opposition contre la décision de retrait du régime forfaitaire.
Il est a signaler que le régime forfaitaire est retiré par une décision motivée du directeur
général des impôts ou du chef du centre régional de contrôle des impôts.

II. Les procédures de recours devant les tribunaux de première instance


Les recours relatifs à l’assiette de l’impôt sont soumis en premier ressort aux
procédures suivantes :
1) Le délai de recours
Le tribunal doit être saisi dans un délai de 60 jours à compter :
de la date de la notification de l’arrêté de taxation d’office ou ;
de la date de la signification de la décision de retrait du régime forfaitaire ou ;
de l’expiration du délai fixé à 6 mois de la date du dépôt de la demande en
restitution1.
2) La compétence d’attribution
Le recours est porté devant le tribunal de première instance quelle que soit la valeur du
montant objet du litige.

3) La compétence territoriale
Le recours est porté devant le tribunal de première instance dans la circonscription de
laquelle se trouve le service de l’administration fiscale en charge du dossier. Ce service
est celui qui a effectué l’opération de vérification et la taxation, il peut être le centre
régional du contrôle des impôts ou l'unité de contrôle national et des enquêtes fiscales.
65
4) Les procédures de recours
a) Les personnes habilitées à l’exercice de l’action

Arrêt du tribunal administratif 39680 du 07/12/2009 1


‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Le tribunal de première instance TPI est saisi par une requête écrite établie par le
contribuable ou par un mandataire désigné à cet effet. Le ministère d’avocat est
obligatoire lorsque le montant est supérieur à 25000 D. Le contribuable peut se faire
assister par une personne de son choix comme le conseil fiscal ou son salarié ou toute
personne ayant capacité pour représenter le contribuable en justice.
Tout mandataire désigné à l’exception de l’avocat doit avoir, pour représenter le
contribuable en justice, un mandat écrit.
b) Les mentions obligatoires de la requête introductive d’instance
La requête introductive d’instance comprend des mentions obligatoires prévues par
l’article 70 du code de procédure civile et commerciale relatives :
- au prénom, nom, profession, domicile et qualité du demandeur,
- au service fiscal chargé de l’affaire,
- à l’exposé des faits, les moyens de preuve, les présentations du demandeur et le
fondement juridique sur lequel repose la demande, le tribunal qui doit connaître de cette
demande ainsi que l’an, le mois, le jour et l’heure de la comparution ,
- à l’invitation du service de l’administration fiscale à présenter ses conclusions en
réponse accompagnées des moyens de preuve à l’audience fixée pour l’affaire, et que
faute de se faire le tribunal poursuit l’examen de l’affaire au vu du dossier.

c) Les cas de nullité de la requête


La requête introductive du recours serait considérée nulle dans les cas suivants :
une erreur ou une insuffisance relevée au niveau :
de l’indication du service de l’administration fiscale compétent,
ou du tribunal saisi pour statuer sur le litige,
ou de la date de l’audience,
Le non respect de délai de 30 jours avant la comparution à l'audience au moment
de l'assignation du service fiscale compétent,
Le défaut de l'assignation du service fiscale compétent pour présenter sa réponse
écrite dans un délai maximum le jour de l’audience,
Le défaut de notification au service fiscale compétent d'une copie des moyens de
preuve de l’action.
La nullité de la requête introductive du recours est corrigée par :
la présence du représentant du l’administration fiscale, en cas d'erreur dans
l'identification du service fiscale ou du tribunal compétent,
la présentation de la réponse de l’administration fiscale concernée par écrit le
jour de l’audience, en cas de défaut de l'assignation du service fiscale
compétent pour présenter sa réponse écrite dans un délai maximum le jour de
l’audience
d) La signification de la requête introductive d’instance
Le contribuable concerné signifie la requête accompagnée des moyens de preuve au
66
service de l’administration fiscale par huissier-notaire (conformément aux dispositions de
l’article 5 du code de procédure civile et commerciale) et le convoque à l’audience et ce, dans
un délai ne dépassant pas les 30 jours avant la première audience.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Le contribuable doit 7 jours avant la date de l’audience présenter au greffe du tribunal


l’original de la requête dont copie a été signifiée aux services de l’administration fiscale
accompagnée des moyens de preuve.
5) Les procédures applicables pendant le déroulement de l’instance
(La phase de conciliation a été supprimée par la LF2017)
a- Les audiences et la poursuite de déroulement de l’instance
Durant cette phase, les audiences sont publiques à l’instar des différentes affaires
portées devant les tribunaux de l’ordre judiciaire. Toutefois, le contribuable ou son
mandataire peut demander la tenue de ces audiences à huit clos ; le tribunal peut alors
accepter si la demande est raisonnable et motivée.
Le contribuable peut poursuivre le déroulement de l’instance lui-même durant cette
phase. Il peut aussi se faire représenter par une personne de son choix. Cette personne
peut être le représentant légal pour les personnes morales ou un avocat ou un conseil
fiscal ou toute autre personne portant mandat spécial conformément à la loi et n’ayant
pas un empêchement légal.
L’administration poursuit le déroulement de l’instance par l’intermédiaire de ses agents
qui la représentent sans pouvoir spécial, et ce, conformément aux dispositions de
l’article 57 du CDPF.
b- Fixation du délai pour statuer dans certains recours
Il est statué dans les recours relatifs à l’opposition contre les ATO ayant fait l’objet
d’un sursis d’exécution dans un délai maximum de six mois à compter de la date de
l’enrôlement des recours devant le tribunal de première instance. Il s’agit des cas de
taxation d’office où le contribuable a procédé au paiement de 10% du principal de
l’impôt dû ou la production d’une caution bancaire de 15% du montant de l’impôt en
principal dans un délai de soixante jours à compter de la date de la notification de
ATO ou a présenté une caution bancaire pour le même taux et dans le même délai.
c- Les renseignements ne pouvant être joints au dossier de l’affaire
L’administration fiscale ne peut, pour appuyer son avis, joindre au dossier de l’affaire
des documents comportant des renseignements précis relatifs à des personnes tiers au
procès.
Cette interdiction, qui ne concerne pas les renseignements relatifs au contribuable, à ses
fournisseurs et à ses clients, vise à sauvegarder le secret professionnel fiscal ainsi que
l’intégrité des personnes auxquelles se rapportent les renseignements en question.
L’administration fiscale peut joindre au dossier les renseignements dont la publication
est autorisée par la loi tels que les états financiers des entreprises cotées à la bourse des
valeurs mobilières ainsi que les renseignements présentés sous forme de moyennes de
chiffre d’affaires, de revenus ou de bénéfices, sans révéler l’identité des personnes
concernées.
Cette dernière mesure ne porte pas atteinte à l’obligation du respect du secret
67 professionnel car l’identité des personnes concernées n’a pas été révélée.
d- Les moyens de preuve admis durant les recours
Les dispositions du CDPF ont écarté des moyens de preuve prévus par l’article 427 du
code des obligations et des contrats la preuve testimoniale et le serment.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Ainsi et en matière de contentieux fiscal, les moyens de preuve admis sont l’aveu des
parties, la preuve littérale ou écrite et les présomptions de droit et de fait.
e- Charge de la preuve
La charge de la preuve qui incombe à l’administration consiste en: la motivation
de l'ATO, au retrait du régime forfaitaire et au refus de restitution des sommes
perçues en trop. Cette motivation consiste en la présentation des dispositions légales
et réelles sur lesquelles est fondé l’arrêté. A défaut, l’arrêté est susceptible de rejet.
La charge de la preuve qui incombe au contribuable consiste en la présentation
de la preuve de l’exagération de son imposition, de la sincérité de ses déclarations et
de la véracité de ses ressources.
f- Cas où le recours à l’expertise est obligatoire
Le tribunal ordonne d’office une expertise si le litige est relatif à l’évaluation de la
valeur des immeubles, des droits immobiliers et des fonds de commerce en matière de :
droits d’enregistrement ou ;
d’impôt sur le revenu au titre de la plus-value immobilière.

Le tribunal peut ordonner le recours à une expertise judiciaire même en dehors des
litiges relatifs aux droits d’enregistrement et d’impôt sur le revenu au titre de la plus-
value immobilière, et ce conformément aux dispositions du code de procédure civile et
commerciale.
Les experts sont tenus de:
déposer les rapports auprès du greffe du tribunal et,
de délivrer directement, contre récépissé ou par huissiers notaires, copies de ces
rapports aux services fiscaux en charge du dossier et au contribuable et ce durant
les 48heures à compter de la date du dépôt au greffe du tribunal .

Le tribunal accorde aux services fiscaux et au contribuable un délai minimum de 15


jours à compter de la date de la réception, pour formuler leurs observations, réserves et
oppositions concernant les rapports de l’expertise .

En cas d'introduction de modifications nécessitant une nouvelle liquidation des sommes


à payer ou des sommes restituables et ce sur la base des documents et des preuves
avancés par les parties durant le déroulement de l’affaire, le tribunal peut se faire
assister pour établir cette nouvelle liquidation par :
l'administration fiscale , ou
désigner à la demande du contribuable un expert à cet effet.

L'opération de liquidation doit être séparée des opérations d'expertise portant sur le
fond du litige fiscal.
68 La phase judiciaire se termine par la prononciation d’un jugement de première instance.
Selon l'article 123 du code de procédure civile et commerciale, tout jugement doit
contenir des indications sur le tribunal qui l'a rendu, les noms et prénoms et qualités et

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

domicile des parties, l'objet du litige, le résumé des dires des parties les rectifications
relatives au crédit d'impôt, au report déficitaire et aux amortissements différés...
6) Les effets du jugement de première instance
a) Pour les jugements relatifs à la taxation d’office
Si le jugement de première instance porte des montants supérieurs ou égaux à
ceux perçus en vertu de l’arrêté de taxation d’office, il est exécutoire nonobstant
les actions en opposition y afférentes.
Si l’arrêté de taxation d’office a fait l’objet d’une suspension d’exécution par le
paiement de 10% du principal de l’impôt dû ou la production d’une caution
bancaire de 15% du montant de l’impôt en principal, l’effet de la suspension de
l’exécution s’expire dès la prononciation du jugement de première instance, ce
qui suppose la poursuite du recouvrement dans la limite du montant prévu par le
jugement de première instance.
Si le jugement de première instance comporte des montants inférieurs à ceux
recouvrés en vertu de l’arrêté de taxation d’office, c’est-à-dire que
l’administration devient redevable au contribuable de la différence entre les
montants recouvrés et les montants portés au jugement, l’exécution du
jugement de première instance est alors suspendue.
Dans le cas où ce jugement de première instance est porté devant la cour
d’appel, son exécution est suspendue et le contribuable ne peut se faire restituer
la différence entre les montants recouvrés en vertu de l’arrêté de taxation d’office
et les montants portés dans le jugement de première instance que par le biais d’un
jugement passé en la force de la chose jugée.
Dans le cas où ce jugement de première instance n’a pas fait l’objet d’appel, il
passe en la force de la chose jugée et devient exécutoire dans tous les cas.

b) Pour les jugements relatifs à la restitution des sommes perçues en trop


Si le jugement de première instance porte restitution des sommes perçues en trop,
il devient exécutoire en cas d’absence d’appel dans le délai de 30 jours à
compter de sa notification ; ce jugement passé en la force de la chose jugée à
l’expiration du délai d’appel.
Si un appel a été interjeté pour ce jugement, l’appel suspend l’exécution et les
sommes perçues en trop ne peuvent être restituées qu’après que le jugement
passé en la force de la chose jugée, c’est à- dire après extinction de tous les
moyens de recours.
c) Pour les jugements relatifs au retrait du régime forfaitaire
Dans le cas où ce jugement n’a pas été porté en appel ; il devient exécutoire car à
l’expiration du délai d’appel il passe en la force de la chose jugée.
L’exécution de la décision de retrait se poursuit même si le jugement de première
instance a été interjeté en appel, car l’appel suspend l’exécution du jugement de
69 première instance relatif au rejet de la décision de retrait ; l’exécution de cette décision
se poursuit jusqu’à prononciation de l’arrêt de la cour d’appel.

III. LES PROCEDURES DEVANT LA COUR D’APPEL


‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

L’administration et le contribuable ont le droit d’interjeter appel contre les jugements


de première instance rendus dans les recours relatifs à l’assiette de l’impôt.

1) Le délai d’appel
- l’appel interjeté contre le jugement de première instance est formulé dans un délai de
30 jours à compter de la date de la signification du jugement.
Ce délai s’applique en même temps à l’égard de l’administration qu’à l’égard du
contribuable selon que l’une ou l’autre des parties a signifié le jugement.
- le délai d’appel est interrompu si le condamné décède au cours de ce délai ; le
jugement est alors notifié une nouvelle fois aux héritiers et le délai d’appel commence
pour ceux-ci à compter de la date de signification du jugement.
2) Le tribunal compétent
L’appel est interjeté devant la cour d’appel dans la circonscription de laquelle se situe
le TPI. A titre d’exemple, si le jugement de première instance a été rendu par le tribunal
de première instance de Siliana, son appel est formulé devant la cour d’appel du Kef,
étant donné qu’il n’existe pas de cour d’appel à Siliana.

3) Les procédures d’appel


a) Les personnes habilitées à interjeter appel
L’appel est interjeté au moyen d’une requête écrite rédigée par :
le contribuable (lorsqus'il se trouve être l'appelant) ou par un mandataire désigné
à cet effet conformément à la loi.
Toutefois lorsque le litige porte sur un montant exigible ou demandé en
restitution supérieur ou égal à 25000 D le recours à un avocat est obligatoire.
Tout mandataire désigné à l’exception de l’avocat doit avoir, pour représenter le
contribuable en justice, un mandat écrit.
les agents du service fiscal compétent lorsque l'administration est l'auteur de
l'appel.
b) Les mentions obligatoires de la requête d’appel
L’acte d’appel contient les mêmes mentions obligatoires que la requête introductive
prévues par l’article 70 du code de procédure civile et commerciale ainsi que le contenu
du jugement de première instance attaqué, son numéro d’ordre et sa date.
Le greffier de la cour d’appel doit :
Délivrer à l'appelant un récépissé,
Formuler une demande pour le transfert du dossier du litige du tribunal première
instance vers la cour d'appel,
Fixer en commun accord avec le président de la cour d'appel une audience pour
le litige,
Convoquer l'appelant au moins 30 jours avant la date de la première audience et
l'informer de sa date précise.
70
c) L’assignation de l’intimé
L’appelant assigne l’intimé à l’audience fixée pour l’affaire dans un délai
minimum de 20 jours avant l’audience.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

L’appelant doit aussi adresser à l’intimé une copie de la requête d’appel et une
copie du mémoire des moyens d’appel accompagnées de l’acte d’assignation.
L’acte d’assignation contient obligatoirement mention à l’intimé de devoir
présenter ses moyens de défense au plus tard le jour de l’audience.
La signification est faite par huissier-notaire si le contribuable est l’appelant.
Dans le cas où l’administration est l’appelant les significations peuvent être notifiées au
moyen de ses agents, des officiers des services financiers ou des huissiers-notaires.
d) Les cas de nullité de l’assignation à l’audience et régularisation de la nullité
Il est appliqué en matière de nullité relative à l’assignation à l’audience ainsi que la
régularisation de cette nullité les mêmes dispositions appliquées pendant la phase de
première instance.
4) Les procédures de déroulement du recours en appel
L’appelant doit, 7 jours au moins avant la date de l’audience, communiquer au greffe
du tribunal :
- l’original du mémoire d’appel
- une copie du procès verbal d'assignation de la partie adverse
- une copie du jugement de première instance attaqué
- une copie du procès verbal de notification du jugement de première instance
- les moyens de preuve
- un bordereau en double exemplaire détaillant les moyens de preuve.
La non communication de l’un de ces documents engendre la déchéance de l’appel
pour la forme car la communication de ces documents est une procédure fondamentale
non susceptible de correction même en la présence de l’intimé.
L’intimé doit, après avoir reçu la signification, présenter ses réponses sur les moyens
d’appel ainsi que les preuves à l’appui au plus tard le jour de l’audience.
Le tribunal poursuit l’examen de l’affaire et statue au vu des pièces du dossier même en
cas où l’intimé ne répond pas aux moyens d’appel.
Les procédures appliquées pendant la phase de première instance et prévues par les
dispositions des articles 56, 57 et 58 et de 63 à 66 du CDPF s’appliquent aux recours
d’appel. Ces procédures sont relatives aux :
- personnes habilitées à poursuivre le déroulement des instances,
- la notification des ajournements et significations par les services de l’administration
fiscale,
- les audiences sont à huit clos,
- les conditions de joindre des renseignements relatifs à des personnes non parties au
procès au dossier de l’affaire,
- les moyens de preuve retenus en matière de contentieux fiscal,
- la charge de la preuve qui incombe à l’administration et au contribuable
- les personnes par lesquelles le tribunal peut se faire assister pour établir une nouvelle
liquidation de l’impôt afin de statuer sur l’affaire.
71 Selon les dispositions de l'article 65 bis (nouveau) du CDPF, il est permis la résolution
à l'amiable des litiges fiscaux , et ce, à n'importe quel stade de la procédure ( 1ère
instance et appel ) sous réserve d'apporter la preuve d'un acquiescement entre

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

l'administration fiscale et le contribuable afin d'accélérer la clôture de ces dossiers et


fournir des ressources à l'Etat dans les brefs délais.
5) Les effets du jugement rendu en appel
a) Le principe
Les jugements rendus par les cours d’appel sont des jugements rendus en dernier
ressort. Ils sont susceptibles de recours en cassation, toutefois, le pourvoi en cassation
ne suspend pas l’exécution de ces jugements en vertu des dispositions de l’article 194
du code de procédure civile et commerciale.
Ce principe s’applique si le jugement rendu en appel fixe des montants supérieurs aux
montants recouvrés en vertu de l’arrêté de taxation d’office ou à ceux prononcés au
premier degré.
b) L’exception
Si le jugement rendu en appel porte confirmation d’un jugement de première instance
portant rejet de l’arrêté de taxation d’office ou s’il fixe des montants inférieurs aux
montants recouvrés en vertu de l’arrêté de taxation d’office ou en vertu du jugement de
première instance, c’est-à-dire que l’administration devient redevable au contribuable,
les montants recouvrés ou le reliquat de ces montants par rapport aux montants fixés en
appel ne sont restituables qu’en vertu d’un jugement passé en la force de la chose jugée,
et ce, conformément aux dispositions de l’article 194 du code de procédure civile et
commerciale et l’article 70 de la loi organique du tribunal administratif.

Un jugement passé en la force de la chose jugée dans les cas suivants :


- si les délais de cassation sont expirés et le jugement rendu en appel n’a pas été porté
en cassation (30 jours de la date de signification)
- si le jugement rendu en appel a été porté en cassation et le pourvoi refusé pour la
forme
- si le jugement rendu en appel a été porté en cassation et le pourvoi refusé pour le fond
- si l’arrêt de cassation contient rejet du jugement rendu en appel sans renvoi
- si l’arrêt de cassation a été rendu pour la deuxième fois.

Exemple 1 :Supposons que les services de l’administration fiscale ont procédé à la


notification d’un A.T.O. en date du 2 février 2016 contenant les montants suivants :
principal de l’impôt 100 000 D et pénalités de retard 15 000 D et RS 20 000 D
1ère hypothèse : Supposons que le contribuable a procédé au paiement de 10%
(10 000dinars) du principal de l’impôt dû pour suspendre l’exécution de l’arrêté en date
du 15 mars 2016.
Si le TPI statue en date du 12 juin 2016 et fixe le montant du principal de l’impôt dû à
50000D, et le jugement au contribuable le 1er juillet 2016. Dans ce cas, les montants
susceptibles de recouvrement sont fixés à 40.000 D en principal d’impôt en sus des
pénalités de retard exigibles. Les montants dus au titre de RS sont susceptibles de
recouvrement directement et ne sont pas concernés par la suspension de l’exécution.
72
2ème hypothèse: Supposons que le contribuable n’a pas demandé la suspension de
l’exécution de l’arrêté de taxation d’office.
1- Si les services de l’administration fiscale ont procédé au recouvrement de la totalité
des montants dus au titre de l’arrêté de taxation d’office, et dans le cas où le TPI fixe le
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

montant du principal de l’impôt à 60 000 D, la restitution des montants recouvrés en


trop ne peut se faire qu’en vertu d’un jugement passé en la force de la chose jugée.
2- Si les services de l’administration fiscale n’ont pas procédé au recouvrement des
montants portés à l’ATO et dans le cas où le TPI fixe le montant à 30.000D, les
services fiscaux se limitent à effectuer le recouvrement à hauteur des montants fixés en
premier ressort.
Exemple 2 :
Supposons que les services de l’administration fiscale ont établi en date du 5 mars 2016
un arrêté de taxation d’office comportant les montants suivants :
- Principal de l’impôt : 200 000 D et Pénalités de retard : 30 000 D
Les services de l’administration fiscale n’ont pas procédé au recouvrement desdits
montants.
1ère hypothèse :Supposons que le TPI a émis un jugement condamnant monsieur « A »
à payer 100000 D aux services de l’administration fiscale et ce, au titre d'ATO .
Supposons que le contribuable a interjeté appel et que les services de l’administration
fiscale n’ont pas procédé au recouvrement des montants fixes par le jugement de
première instance et que la cour d’appel a baissé les montants fixés en premier ressort
à 80 000 D. Dans ce cas, les services de l’administration fiscale procèdent au
recouvrement dans la limite des montants fixés en second degré (80 000 D).
2ème hypothèse :En supposant que les services de l’administration fiscale ont procédé
au recouvrement des montants fixés en premier ressort à 100 000 D et que la cour
d’appel a baissé les montants exigibles à 80 000 D, la restitution des montants
recouvrés en trop (100 000D – 80 000D = 20 000D ) ne peut se faire que si le jugement
de la cour d’appel n’a pas été porté en cassation dans les délais impartis et passe ainsi
en la force de la chose jugée.

73

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Chapitre 2 : Le pourvoi en cassation auprès de la chambre de


cassation du tribunal administratif
1) Le tribunal administratif est compétent pour statuer par voie de cassation dans les
recours intentés contre les jugements rendus en dernier ressort, relatifs à l’établissement
des impôts et taxes revenant à l'Etat et aux collectivités locales et contre les jugements
rendus en dernier ressort relatifs à la restitution desdits impôts (article 11 nouveau de la
loi organique relative au tribunal administratif).
2) Le pourvoi en cassation dans les recours susmentionnés s'effectue conformément aux
procédures prévues par la loi organique relative au tribunal administratif (articles de 67 à 76).
3) Le pourvoi en cassation ne suspend pas l'exécution de l'arrêt attaqué sauf ordonnance
du premier président du tribunal administratif sur demande de l'auteur du pourvoi et
lorsque les conditions requises sont remplies.
4) Le pourvoi en cassation suspend l'exécution de l'arrêt attaqué lorsque ce dernier
condamne l'administration à la restitution des sommes recouvrées en vertu d'un arrêté
de taxation d'office ou d'un jugement de première instance (article 70 nouveau de la loi
organique relative au tribunal administratif).

I. PROCEDURES DE POURVOI EN CASSATION DEVANT LE TRIBUNAL


ADMINISTRATIF

1) Les parties pouvant se pourvoir en cassation


L'administration et le contribuable peuvent se pourvoir en cassation contre l'arrêt de la
cour d’appel . Le pourvoi de l'une des parties n'empêche pas le pourvoi de l'autre partie.
2) Le délai de pourvoi en cassation
Le pourvoi en cassation est porté dans le délai de 30 jours à compter de la date de la
signification de l'arrêt attaqué. Ce délai court à l'égard du signifiant et du signifié.
3) Les procédures de pourvoi en cassation
Le pourvoi en cassation est porté devant le tribunal administratif par une requête
rédigée obligatoirement par un avocat à la cour de cassation si l'auteur du pourvoi est le
contribuable.
Si l'auteur du pourvoi est l'administration, la requête est rédigée par les services fiscaux
compétents, l'administration étant dispensée du ministère d'avocat (conformément aux
dispositions de l'article 33 de la loi organique du tribunal administratif).
La demande en cassation est déposée au greffe du tribunal susvisé.
4) Les indications obligatoires portées dans la demande en cassation
74 La requête doit comporter l’indication des noms, prénoms et domiciles des parties ainsi
que l'exposé sommaire des faits de l'affaire et des moyens invoqués contre l'arrêt
attaqué. L’absence de l'une de ces indications entraîne le rejet du pourvoi en cassation
pour la forme.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

5) Les documents à déposer par l'auteur du pourvoi


L'auteur du pourvoi en cassation doit, à peine de déchéance, déposer au greffe du
tribunal, dans un délai ne dépassant pas 60 jours à partir de la date de dépôt de sa
demande, les documents suivants:
- le procès verbal de la signification de l'arrêt attaqué si elle a eu lieu,
- une copie de l'arrêt attaqué,
- un mémoire identifiant et précisant chacun des moyens du recours accompagné de
toutes les pièces justificatives. Ce mémoire doit être rédigé par un avocat à la cour de
cassation si l'auteur du pourvoi est le contribuable
- une copie du procès verbal de la signification à l’adversaire d'un exemplaire du
mémoire et des pièces justificatives.
En effet l'auteur du pourvoi doit signifier à l'adversaire un exemplaire du mémoire et
des pièces justificatives dans le délai de 60 jours susmentionné.
6) La réponse aux moyens de recours
Le défendeur au pourvoi peut répondre aux moyens de recours c'est-à dire aux moyens
soulevés par l'auteur du pourvoi.
Si le contribuable est le défendeur au pourvoi, le mémoire de réponse est
obligatoirement rédigé par un avocat à la cour de cassation.
Si le défendeur au pourvoi est l'administration, la réponse aux moyens de recours se fait
sans le ministère d'avocat.
Le mémoire de réponse aux moyens de recours doit être accompagné par les pièces
justificatives et signifié à l'avocat de l'auteur du pourvoi (l'avocat du contribuable) ou à
l'administration si c'est elle l'auteur du pourvoi.
Le mémoire de réponse est déposé au greffe du tribunal administrative avec la preuve
de sa signification à l'auteur du pourvoi (le dépôt de la réponse de défendeur au pourvoi
n'est pas soumis à un délai déterminé, toutefois ce dépôt doit être fait dans les meilleurs
délais de telle sorte que si la date de l'instance a été fixée, les pièces de l'affaire doivent
contenir la réponse de l'adversaire) si non le tribunal se prononce dans l’affaire suivant
ses moyens.
7) Les moyens de significations des mémoires
La signification des mémoires et autres pièces se fait par les huissiers notaires pour les
significations effectuées par le contribuable et par les agents de l'administration ou les
officiers des services financiers ou les huissiers-notaires, pour les significations
effectuées par l'administration.
II. LES EFFETS DU POURVOI EN CASSATION
1) Règle générale
Le pourvoi en cassation ne suspend pas l'exécution de l'arrêt attaqué qui demeure
exécutoire nonobstant le pourvoi en cassation. Toutefois, le premier président du
tribunal administratif peut ordonner le sursis de l'exécution de l'arrêt attaqué sur
demande de l’une des parties, pour un délai qu'il fixe lui même et ce, dans les cas
75 suivants:
- si l'exécution est de nature à entraîner des conséquences irréparables,
- si l'exécution risque de créer une situation irréversible.
2) L'exception à la règle
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Le pourvoi en cassation suspend l'exécution si l’arrêté attaqué condamne


l'administration à restituer des sommes perçues en trop dans le cadre de l'exécution de
l'arrêté de taxation d'office ou en vertu du jugement de première instance, et ce
conformément aux dispositions de l'article 70 nouveau de la loi organique relative au
tribunal administratif.
La restitution des sommes perçues en trop nécessite le prononcé d'un jugement porté en
la force de la chose jugée.
III. DOMAINE DE COMPETENCE DE LA CHAMBRE DE CASSATION
La chambre de cassation ne connaît que:
- des moyens de droit préalablement soulevés devant le juge de fond ou soulevés par le
juge de fond
- des moyens invoqués en cassation pour la première fois intéressant l'ordre public tels
que l’absence de capacité pour les mineurs, et l’absence de qualité de l’auteur de
pourvoi...
- des moyens invoqués en cassation pour la première fois et concernant une irrégularité
entachant le jugement objet du pourvoi (c’est le cas lorsque la composition du conseil
prononçant le jugement attaqué contient un juge ayant déjà émis son avis sur l'affaire,
le recours du tribunal ayant prononcé le jugement attaqué à une règle juridique
abrogée...)
- du contrôle de l'existence matérielle des faits sur lesquels s'est fondé le jugement objet
du pourvoi;
- du contrôle de l'exactitude de la qualification juridique accordée par le juge de fond à
ces faits.
IV. ARRETS DE LA CHAMBRE DE CASSATION
La chambre de cassation examine le recours en cassation et décide de son acceptation
ou de son rejet :
- le rejet pour la forme peut être prononcé pour des raisons formelles relatives au non
respect du délai de cassation ou des procédures de recours
- le rejet pour le fond peut être prononcé par la chambre de cassation si elle juge non
valable les moyens de pourvoi en cassation quant au fond
- si la chambre de cassation admet le recours, elle peut casser le jugement en tout ou en
partie et renvoie le dossier devant la juridiction qui a rendu le jugement attaqué qui le
réexamine avec une formation différente
- la chambre de cassation peut également renvoyer l'affaire devant une autre juridiction
équivalente à celle qui a rendu le jugement cassé
- dans le cas de cassation avec renvoi, la partie la plus diligente (c'est la partie contre
laquelle a été rendu l'arrêt de cassation) inscrit l'affaire devant le tribunal de renvoi qui
peut être la cour d'appel ayant rendu l'arrêt attaqué avec une formation différente ou
une autre cour d'appel
- la chambre de cassation peut casser en partie sans renvoi. Elle se limite alors à
76 prononcer la suppression de la partie cassée du dispositif du jugement lorsqu'une telle
suppression dispense d'un nouvel examen
- la chambre de cassation peut se limiter à casser le jugement attaqué sans renvoi
lorsque la cassation ne laisse rien à juger.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

V. EFFET DE L'ARRET
L'arrêt rendu par la chambre de cassation est exécutoire, même à l’égard de
l'administration, s'il a la force de la chose jugée.
L'arrêt de la chambre de cassation a la force de la chose jugée dans les cas suivants:
- si la demande en cassation a été rejetée sur la forme ou sur le fond
- si l'arrêt attaqué a été cassé sans renvoi,
- avec le prononcé d'un arrêt après pourvoi en cassation pour la deuxième fois.C'est le
cas où le tribunal de renvoi statue contrairement à la première chambre de cassation qui
a statué au fond, et la chambre de cassation en charge de l'examen du recours pour la
deuxième fois a cassé l'arrêt attaqué de nouveau. Dans ce cas, la chambre de cassation
statue au fond du litige d'une manière définitive et son arrêt passe alors en la force de la
chose jugée.
Chapitre 3 : la compétence du juge de l’impôt.

Dans le but de consacrer le principe de l’unité du contentieux de l’impôt et d’éviter la


fragmentation du contentieux de l’assiette de l’impôt en des contentieux de fond et des
contentieux de procédure, il est attribué aux:
tribunaux de première instance compétents,
aux cours d’appel
de statuer sur les recours relatifs au contentieux de l’assiette de l’impôt, la compétence
pour statuer, également, dans le cadre de ces recours, sur toutes les oppositions
portées contre les procédures de notification, d’ajournement ou de signification et
autres procédures relatives à la taxation d’office ou à la restitution de l’impôt. Il s’agit,
notamment, des procédures de notification des :
avis préalables de vérification approfondie de la situation fiscale ,
demandes de présentation de la comptabilité ,
résultats des vérifications fiscales préliminaires ou approfondies
arrêtés de taxation d’office,
ajournements et les significations relatifs aux jugements rendus en 1ère instance
Par conséquent, les oppositions contre les procédures de notification, de signification et
autres procédures relatives à l'ATO, à la restitution de l’impôt ou au retrait du régime
forfaitaire ne peuvent être exercées dans le cadre de recours juridictionnels distincts de
ceux portant opposition contre les décisions y afférentes ou parallèles à ces recours.
Exemple n° 1 :
Monsieur « A » a porté un recours devant le TPI contre les services de l’administration
fiscale portant opposition contre un ATO pris à son encontre suite à une vérification
approfondie de sa situation fiscale. Il a, par ailleurs, porté un autre recours devant le
même tribunal, pour demander l’annulation des procédures de ladite vérification, pour
défaut d’habilitation des agents qui l’ont effectuée.
77 Dans ce cas, les services de l’administration fiscale sont en droit de soulever la nullité
du 2ème recours, du fait qu’il se rapporte à une procédure qui ne peut faire l’objet d’une
opposition distincte de celle relative à l'ATO à laquelle elle est rattachée. Le

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

contribuable est toutefois en droit de soulever la question de l’habilitation des agents


dans le cadre du recours qu’il a porté contre l'ATO pris à son encontre.
Exemple n° 2 :
Monsieur «B » a porté contre les services de l’administration fiscale un recours devant
le TPI portant opposition contre l' ATO qui a été pris à son encontre suite à une
vérification approfondie de sa situation fiscale.
Monsieur « B » a, en outre, porté un autre recours devant le même tribunal relatif à la
procédure de notification des résultats de la vérification en question.
Dans ce cas, les services de l’administration fiscale sont en droit de soulever, à
l’occasion du contentieux relatif à la procédure de notification des résultats de la
vérification fiscale approfondie, la nullité du recours en question, du fait que la
compétence pour statuer sur ce recours a été attribuée à la juridiction compétente pour
statuer sur le recours portant opposition contre l' ATO. Toutefois, le contribuable
demeure en droit de soulever la question de la nullité des procédures de notification
dans le cadre du recours portant opposition contre l’ATO.

Chapitre 4
Brigade des Investigations et de la Lutte contre l’Evasion Fiscale
(Apport LF2017)
Art. 80 bis - Est créé, à la direction générale des impôts, un corps spécial dénommé
"Brigade des Investigations et de la Lutte contre l’Evasion Fiscale" exerçant ses
attributions sous l’autorité des procureurs généraux près des cours d’appel. Est attribué
aux agents de la BILEF le droit de s'autosaisir des investigations sur les délits fiscaux.
Le statut de ce corps est fixé par décret gouvernemental.

Article 80 ter - Sans préjudice des prérogatives attribuées aux services fiscaux dans la
constatation et la poursuite des infractions fiscales pénales, les agents de la BILEF
procèdent à la recherche des infractions fiscales pénales et à la collecte de ses preuves
sur tout le territoire tunisien, tant qu’une décision d'ouvrir une information n'est pas
encore prise.
Les agents de la BILEF établissent également des rapports sur les infractions fiscales
pénales pour lesquelles les procureurs de la République ont ouvert une information et
exécutent les actes d’instruction requis par les juges d’instruction.

Article 80 quater - Les agents de la BILEF reçoivent, en cas de besoin, les


déclarations des personnes suspectées d’avoir commis des infractions fiscales pénales,
ainsi que les déclarations de quiconque qu’ils jugent utile d'auditionner, et en dressent
procès-verbaux. La personne poursuivie a le droit d'obtenir une copie légale du procès-
verbal dans un délai maximum de 10 jours à compter de sa date.
78 Les opérations de vérification approfondie de la situation fiscale du contribuable
engagées par les services de l’administration fiscale ne font pas obstacle à
l’intervention des agents de la BILEF, pendant la vérification, en vue de procéder aux

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

investigations dont ils se sont saisis ou dont ils ont été chargés par les autorités
concernées.
Article 80 quinquies - Les agents de la BILEF, munis de leurs cartes professionnelles,
ont le droit de contrôler les marchandises transportées sur la voie publique, de fouiller
les véhicules utilisés dans leur transport et de vérifier les pièces d’identité des
personnes qui sont à leur bord et leurs effets. Les conducteurs de ces véhicules sont
tenus d’obéir à leurs injonctions.

Article 80 sexies - Nonobstant les dispositions de l’article 74 du CDPF, les procureurs


de la République peuvent procéder à des enquêtes portant sur les plaintes qui leur
parviennent à propos des infractions fiscales pénales commises et charger les agents de
la BILEF de faire certains actes relevant de leur compétence. Les juges d’instruction
peuvent également constater les infractions fiscales pénales qu'ils ont pu découvrir au
cours des actes d’instruction qu’ils font et d'en dresser des procès-verbaux, dont une
copie est transmise, sans délai, aux services fiscaux compétents.

Article 80 septies - Les juges d’instruction peuvent charger les agents de la BILEF de
réaliser les actes d'instruction portant sur des infractions fiscales pénales passibles
d’une peine corporelle, et ce, par voie de commissions rogatoires.

Chapitre 5
Procédures d’encadrement de l’action de l’administration
fiscale et de l’administration du recouvrement
I- LE MEDIATEUR FISCAL

Article 113
Il est créé auprès du ministre des finances un médiateur fiscal.
Le médiateur fiscal examine les requêtes individuelles des personnes physiques et des
personnes morales relatives aux difficultés qu’elles rencontrent dans leurs relations
avec l’administration fiscale ou avec l’administration du recouvrement et fait de son
mieux pour aplanir ces difficultés et ce à l’exception des requêtes relatives à
l’imposition ou au titre desquelles une décision juridictionnelle est prononcée.
Le médiateur fiscal exerce sa mission en toute indépendance à l’égard de
l’administration fiscale et de l’administration du recouvrement.
Les requêtes présentées au médiateur fiscal doivent être précédées des démarches
administratives préalables ; ces requêtes doivent être motivées et appuyées des pièces
79 justificatives des doléances.

Article 114
Le médiateur fiscal est nommé par décret pour une période de trois ans renouvelable.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Le médiateur fiscal peut avoir des représentants dans les régions.


La nomination des représentants régionaux du médiateur fiscal et la délimitation de leur
compétence territoriale sont faites par décret.
L’organisation et les modalités de fonctionnement des services du médiateur fiscal sont
fixées par décret.

Article 115
Le médiateur fiscal peut recourir à l’administration fiscale et à l’administration du
recouvrement pour instruire les requêtes qui lui sont présentées comme il peut
demander, à ces administrations, des éclaircissements à cet effet ; ces administrations
doivent lui prêter aide et assistance avec la diligence requise.
Lorsqu’ une requête présentée au médiateur fiscal lui paraît fondée, celui-ci peut
formuler des recommandations à l’administration concernée pour traiter la question
posée par la requête. Cette administration doit l’informer des suites réservées à ses
démarches.
Lorsque l’administration entend maintenir sa position portée à la connaissance du
requérant, le médiateur fiscal peut porter l’affaire, à l’appréciation du ministre des
finances, munie de ses propositions.

Article 116
Le médiateur fiscal remet au ministre des finances un rapport annuel sur son activité
dans lequel il consigne ses propositions et recommandations pour promouvoir la qualité
des prestations de l’administration fiscale et de l’administration du recouvrement et
renforcer la conciliation avec les contribuables.
II- COMMISSIONS DE CONCILIATION
Les « commission d'encadrement du contrôle fiscal » ont été supprimées en vertu de
la loi de finances complémentaire pour la gestion de l'année 2012, puis recréés par la
loi de finances 2017.

Article 117 - Il est créé, auprès de l'administration fiscale, une ou plusieurs


commissions désignée(s) par "commission nationale de conciliation" chargée
d’émettre son avis sur les dossiers de vérifications fiscales préliminaires ou
approfondies qui lui sont soumis et ce avant l’établissement de l’ATO.
La commission nationale de conciliation est compétente pour les dossiers pour lesquels
les commissions régionales de conciliation visées à l’article 119 du présent code ne
sont pas compétentes.

Article 118 - La commission nationale de conciliation est composée comme suit:


-le médiateur fiscal ou son représentant : président,
-deux fonctionnaires de la direction générale des impôts ayant, au moins, la fonction de
80 directeur d’administration centrale ou une fonction équivalente : membres;
-un fonctionnaire de la direction générale des études et de la législation fiscales ayant,
au moins, la fonction de directeur d’administration centrale ou une fonction équivalente
:membre;
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

-deux représentants du contribuable proposés par les organismes professionnels les


plus représentés : membres; ils sont désignés par arrêté du ministre chargé des finances
pour une période de trois ans renouvelable une seule fois .
-Un fonctionnaire de la direction générale des impôts, ayant au moins, le grade
d'inspecteur des services financiers assure la fonction de rapporteur de la commission,
sans avoir le droit au vote.
La présence du chargé de la vérification du dossier est obligatoire, sans avoir le droit au
vote.
Le contribuable est convoqué pour se présenter devant la commission, conformément
aux dispositions de l'article 10 du CDPF ou se faire représenter par un mandataire
conformément à la loi et il peut également se faire assister par une personne de son
choix sans que son absence entraine des conséquences sur l'instance du dossier.
Le président de la commission peut inviter toute personne dont il juge sa présence utile
pour prendre part aux travaux de la commission, sans assister ni à la délibération ni au
vote.

Article 119 - Il est créé, au niveau de chaque centre régional de contrôle des impôts,
une ou plusieurs commissions désignée(s) par " commission régionale de conciliation
" chargée d’émettre son avis sur les dossiers des vérifications fiscales préliminaires ou
approfondies et ce avant l’établissement de l’arrêté de taxation d’office.

Article 120 - La commission régionale de conciliation est composée comme suit:


-le représentant régional du médiateur fiscal ou, à défaut, le chef du centre régional de
contrôle des impôts ou son représentant : président,
-un vérificateur n’ayant pas participé aux vérifications relatives aux dossiers soumis à
la commission : membre,
-le chef de la structure chargée d'encadrement des bureaux : membre ,
-deux représentants du contribuable proposés par les organismes professionnels les
plus représentés : membres ; ils sont désignés par arrêté du ministre chargé des finances
pour une période de trois ans renouvelable une seule fois .
-Un fonctionnaire du centre régional du contrôle des impôts, ayant au moins, le grade
d'inspecteur des services financiers assure la fonction de rapporteur de la commission,
sans avoir le droit au vote.
La présence du chargé du dossier est obligatoire, sans avoir le droit au vote.
Le contribuable est convoqué pour se présenter devant la commission, conformément
aux dispositions de l'article 10 du CDPF, ou se faire représenter par un mandataire
conformément à la loi et il peut également se faire assister par une personne de son
choix sans que son absence entraine des conséquences sur l'instance du dossier.
Le président de la commission peut inviter toute personne dont il juge la présence utile
à prendre part aux travaux de la commission .
81
Article 121 - Chaque membre qui se trouve lié avec les contribuables concernés par les
dossiers soumis à la commission par un lien de parenté, une alliance, des intérêts
économiques ou tout autre lien de nature à affecter son indépendance en sadite qualité,
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

doit en informer le président de la commission et s'abstenir de participer aux travaux de


la commission relatifs aux dossiers concernés.

Article 122 - Les commissions de conciliation sont chargées des dossiers des
vérifications fiscales préliminaires ou approfondies, à l’initiative du service de
l’administration fiscale, après l’achèvement des procédures prévues par les articles 44
et 44 bis du CDPF ou à la demande écrite et motivée, présentée par le contribuable au
service compétent de l’administration fiscale, contre décharge,ou par lettre
recommandée avec accusé de réception et ce dans un délai n’excédant pas le délai fixé
par le deuxième paragraphe de l’article 44 bis du présent code lorsqu’il envisage
d’enrôler devant la commission pour statuer sur les résultats de la vérification fiscale
qu’il conteste en indiquant sur la même demande sa volonté de se présenter à la
commission ou de se faire représenter conformément à la loi .
Les modalités de fonctionnement des commissions de conciliation sont fixées par arrêté
du ministre chargé des finances.

Article 123 - Tout dossier soumis à la commission de conciliation doit comporter la


notification des résultats de la vérification, l’opposition du contribuable sur ces résultats
et les échanges de courriers y afférents avec l’administration fiscale.
Les commissions de conciliation statuent sur les dossiers dont elles sont chargées sur la
base des documents qui leur sont soumis par le service de l’administration fiscale en
charge du dossier, les justificatifs et les argumentaires qui leur sont communiqués par
les deux parties. Les commissions n’ont ni le droit d’interpréter la loi, à l’occasion de
l’examen des dossiers précités, ni de se référer à la comptabilité qui n'a pas été
communiquée par le contribuable dans le délai prévu par l'article 38 du CDPF sous
réserve des cas prévus par le même article.
Les avis des commissions de conciliation revêtent un caractère consultatif et sont
notifiés aux contribuables conformément aux procédures prévues par l'article 10 du
CDPF.
Article 124 - Le service compétent de l’administration fiscale peut, sur la base de l’avis
de la commission et des pièces justificatives présentées par le contribuable, réviser les
méthodes ou les bases de rectification sans que ceux-ci entrainent le rehaussement des
montants exigibles portés sur la notification des résultats de la vérification, à
l'exception des erreurs matérielles.
Les méthodes et les bases des nouvelles rectifications doivent être notifiées au
contribuable conformément aux procédures prévues par l’article 10 du présent code.
Dans ce cas, le contribuable peut s’opposer à la notification précitée auprès du service
compétent de l'administration fiscale et ce dans un délai maximum de 30 jours à
compter de la date de la notification. A l’expiration du délai précité, le service de
l’administration fiscale peut établir un arrêté de taxation d’office.
82
Article 125 - Les délais de prescription sont suspendus à partir de la date de la saisine
du dossier par la commission de conciliation et jusqu’à la notification de son avis.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Article 126 - Les membres des commissions de conciliation sont tenus au respect du
secret professionnel au titre des renseignements et des données dont ils ont pris
connaissance à l’occasion de l’examen des dossiers soumis à la commission et ils sont,
à cet effet, tenus des mêmes obligations mises à la charge des agents de
l’administration fiscale.

III-COMMISSION DE REEXAMEN DES ARRETES DE TAXATION D’OFFICE

Article 127
Est créé auprès du ministre des finances une commission consultative désignée par
" commission de réexamen des arrêtés de taxation d’office ".
Cette commission émet son avis sur les requêtes des contribuables par lesquelles ils
demandent le réexamen des ATO pour lesquels:
aucun jugement statuant sur le fond n’est prononcé, en raison de:
l’expiration du délai de recours prévus par l’article 55 du présent code ou,
en raison du rejet du recours pour un motif de forme,
et ce à condition que la requête de réexamen soit présentée avant l’expiration de
la cinquième année suivant celle au cours de laquelle l’arrêté est notifié au
contribuable.
L’administration fiscale peut, à son initiative, saisir la commission des arrêtés de
taxation d’office visés par le présent article.

Article 128
La commission de réexamen des ATO est composée comme suit :
- un conseiller du Tribunal Administratif : président,
- le conseiller juridique du ministère des finances,
- deux fonctionnaires du ministère des finances ayant au moins la fonction de directeur
d’administration centrale ou une fonction équivalente,
- deux représentants de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie.
Les membres de la commission sont désignés par arrêté du ministre des finances, la
désignation des experts comptables est faite pour une période de 3ans non
renouvelable. Le président de la commission peut inviter toute personne dont il juge sa
présence utile, à prendre part aux travaux de la commission, à titre consultatif.

Article 129
Les requêtes relatives au réexamen des ATO … sont présentées au ministre des
finances au moyen d’une demande écrite motivée et accompagnée des moyens de
preuve et des justifications appuyant la requête.

Article 130
83 La commission de réexamen des ATO peut convoquer le contribuable pour audition. Le
contribuable peut se faire assister par une personne de son choix ou se faire représenter,
à cet effet, par un mandataire conformément à la loi.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Cette commission peut également demander à l’administration fiscale des


éclaircissements ou renseignements au titre des dossiers dont elle est chargée.

Article 131
Le ministre des finances ou le directeur général des impôts, par délégation du ministre
des finances, peut prononcer la révision ou le retrait de l’arrêté de taxation d’office au
moyen d’une décision et ce sur avis de la commission de réexamen des arrêtés de
taxation d’office. Dans ce cas, le contribuable en est informé.

Article 132
… les décisions de retrait ou de révision des ATO prévues par l’article 131 du présent
code ne peuvent faire l’objet ni d’opposition ni de recours.

QUATRIEME PARTIE : Les sanctions fiscales


Le CDPF distingue entre deux types de sanctions :
- les sanctions fiscales administratives, et
- les sanctions fiscales pénales.
84
Chapitre 1: Les sanctions fiscales administratives prévues par
les articles de 84 bis à 84 sexies et 85 du CDPF

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Selon les dispositions de l'article 47 du CDPF , la taxation au titre des amendes fiscales
administratives prévues par les articles 84 ter et 84 sexies du CDPF est établie lorsque
le contribuable ne procède pas à la régularisation de sa situation dans un délai de 30
jours à compter de la date de sa mise en demeure conformément aux procédures
prévues par l’article 10 du CDPF.
La mise en demeure n’est pas exigée en cas de taxation au titre des amendes fiscales
administratives prévues par les articles 84 bis, 84 quater, 84 quinquies, 84 septies et
85 du CDPF.

I-sanctions fiscales administratives soumises à une mise en demeure:

1. La pénalité pour non apurement des bons de commande pour les sociétés
bénéficiaires d'une autorisation générale ( art 84 ter du CDPF ) :
Tout bénéficiaire du régime de suspension de la TVA qui n’aura pas procédé à
l’apurement des bons de commande visés par les services du contrôle fiscal
conformément à la réglementation en vigueur est puni d’une amende fiscale
administrative d’un montant de 2000 dinars au titre de chaque bon de commande non
apuré ou non présenté, et ce, pour les cinq premiers bons de commande. Pour le reliquat
des bons de commande, l’amende est relevée à 5000 dinars au titre de chaque bon de
commande non apuré ou non présenté.

2. La pénalité pour ventes effectuées en suspension de TVA sans bons de


commande ( art 84 sexies du CDPF) :
Est puni d’une amende fiscale administrative égale à 50% du montant de la taxe et du
droit objet de la suspension, tout assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée ayant effectué
des ventes en suspension de la taxe sur la valeur ajoutée et des droits et taxes dus sur le
chiffre d’affaires sur la base des attestations générales et sans qu’il dispose des
originaux des bons de commande devant être présentés par le bénéficiaire du régime
suspensif de la taxe sur la valeur ajoutée.

II-sanctions fiscales administratives non soumises à une mise en demeure:


1. La pénalité pour transfert de revenus ou bénéfices sans l'observation des
conditions prévues par l'article 112 du CDPF (art 84 bis du CDPF )
Les établissements qui procèdent à des opérations de transfert de revenus ou bénéfices
sans observer les conditions prévus par l'article 112 du CDPF sont punis d'une amende
fiscale administrative de :
- 20 % des revenus ou bénéfices transférés, s'il s'agit de transfert de revenus ou
bénéfices soumis à l'impôt en Tunisie,
- 1 % des revenus ou bénéfices transférés, s'il s'agit de transfert de revenus ou bénéfices
85 non soumis à l'impôt en Tunisie.

2. La pénalité pour non déclaration des montants perçus qui dépassent 5 000
D dans la déclaration d'employeur (art 84 quarter du CDPF )
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Le non-respect des dispositions du paragraphe IV de l’article 55 du code de l’impôt sur


le revenu des personnes physiques et de l’impôt sur les sociétés ( la déclaration de ces
montants dans la déclaration d'employeur ) entraîne l’application d’une amende fiscale
administrative au taux de 8% de la valeur des montants recouvrés.

3. La pénalité pour admission de déductibilité de la TVA sans comptabilité


conforme à la législation comptable (art 84quinquies du CDPF )
Est appliquée une amende fiscale administrative au taux de 50% du montant de la taxe
sur la valeur ajoutée déduite, dans le cas mentionné au paragraphe 3 du paragraphe I de
l’article 9 du code de la TVA.

4. La pénalité pour délivrance d'attestations d’assurance sans l’observation


des dispositions du deuxième paragraphe de l’article 109 bis du CDPF
(l’article 84 septies du CDPF)
Est appliquée aux entreprises d’assurance et aux intermédiaires en assurance qui
délivrent les attestations d’assurance sans présentation d’une copie de la quittance de
paiement des taxes de circulation au titre de la période dont le délai de recouvrement
est échu à la date de délivrance desdites attestations, une amende fiscale administrative
égale au quintuple (5fois) du montant des taxes de circulation exigibles et non payées.

4. La pénalité pour revenus et bénéfices exonérés non déclarés dans les


délais légaux (art 85 du CDPF )
Le défaut de déclaration, dans les délais impartis, des revenus et bénéfices exonérés de
l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés ou soumis à une retenue à la source
libératoire de l’impôt, donne lieu à l’application d’une pénalité au taux de 1% des
revenus et bénéfices concernés.
Cette pénalité s’applique, pour les entreprises bénéficiaires du régime fiscal de
l’exportation totale, à compter du premier jour du quatrième mois suivant celui au cours
duquel prend fin le délai imparti pour la déclaration des revenus et bénéfices.

III. La prescription des amendes fiscales administratives prévues par les


articles de 84 bis à 85 du du CDPF

Le droit des services fiscaux de taxation au titre des amendes administratives prévues
par les articles de 84 bis à 85 du CDPF se prescrit à l’expiration de la quatrième
année suivant celle au cours de laquelle l’infraction passible de l’application de
l’amende a été commise.
La prescription est interrompue par :
86
la notification au contrevenant de la mise en demeure prévue par le troisième
paragraphe de l’article 47 du CDPF pour les sanctions fiscales administratives
soumises à une mise en demeure prévues par les articles 84 ter et 84 sexies,ou

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

la notification d’un A.T.O. portant sur les amendes administratives exigibles


pour les sanctions fiscales administratives non soumises à une mise en demeure
prévues par les articles 84 bis et 84 quarter, et 84 quinquies et 85.

87

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

88

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

89

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

90

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

91

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Chapitre 2 : Les autres sanctions fiscales administratives


I. La pénalité de retard dans le paiement de l’impôt

1. Champ d’application de la pénalité de retard dans le paiement de l’impôt


La pénalité de retard dans le paiement de l’impôt prévue par les articles 81 et 82 du
CDPF s’applique à tous les impôts, droits et taxes soumis aux dispositions du CDPF.
Elle s'applique également, en vertu des dispositions du code de la fiscalité locale, aux
droits et taxes suivants :
- la taxe hôtelière,
- la taxe sur les établissements à caractère industriel ou commercial ou professionnel,
- le droit de licence sur les débits de boissons.
Les pénalités de retard dus sur les droits de douane et les autres droits et taxes dûs à
l’importation demeurent régis par les dispositions du code des douanes.

2. Taux de la pénalité de retard et modalités de sa liquidation

2.1. La pénalité exigible en cas de paiement spontané de l’impôt après l’expiration du


délai légal
2.1.1. Taux de la pénalité : 0,5% du montant de l’impôt exigible par mois ou fraction
de mois de retard en cas de dépôt spontané des déclarations, actes et écrits et de
paiement de l’impôt y afférent après l’expiration des délais légaux et avant
l’intervention des services du contrôle fiscal.
2.1.2. Calcul de la période de retard
* Principe
Conformément aux dispositions de l’article 87 du CDPF, la période de retard est
calculée à partir du premier jour qui suit l’expiration du délai légal imparti pour le
paiement de l’impôt et jusqu’à la fin du mois au cours duquel le paiement est effectué.
* L’exception : droits d’enregistrement sur les jugements et arrêts
La période de retard est calculée, pour les droits d’enregistrement dus sur les jugements
et arrêts, à compter du premier jour du deuxième mois qui suit celui au cours duquel a
eu lieu la notification à la partie au procès du montant des droits d’enregistrement dus
sur le jugement ou arrêt par le receveur des finances et jusqu’à l’expiration du mois au
cours duquel le paiement desdits droits a eu lieu .
2.1.3. Minimum de pénalité
L’article 86 du CDPF a fixé le minimum de pénalité de retard à cinq dinars par impôt
et par déclaration déposé après l’expiration du délai légal et par impôt, même s’il n’y a
92 pas d’impôt exigible .
Exemple n° 1 : Liquidation de la pénalité de retard en cas de déclaration
spontanée de l’impôt (application du taux de 0,5%)

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Une PP exerçant une activité industrielle ait déposé spontanément le 14 juin 2008 sa
déclaration mensuelle de la TVA relative au mois de mars 2008 qui comporte un impôt
dû d’un montant de 83.200D. Dans ce cas la pénalité de retard est liquidée comme suit :
Calcul de la période de retard
Date d’expiration du délai légal pour le dépôt de la déclaration mensuelle au titre du
mois de mars 2008 : 15 avril 2008.
La période de retard est décomptée comme suit :
du 16 au 30 avril 2008 : 15 jours
du 1er au 31 mai 2008 : 1 mois
du 1er au 30 juin 2008 : 1 mois
Total : 2 mois et 15 jours
La pénalité de retard est alors liquidée comme suit :83.200D x 0,5% x 3 = 1.248D
Exemple n°2 : Minimum de pénalité de retard
Une PP ait déposé ses déclarations mensuelles au titre de la TVA, la RS, la TFP, la
TCL et la contribution au FOPROLOS après trois jours de l’expiration du délai légal.
Supposons également que le montant de la pénalité de retard liquidée au taux de 0,5%
par mois ou fraction de mois soit fixé à 250D pour la TVA, et à des montants inférieurs
à 5D pour les autres cas.
Dans ce cas, les pénalités de retard dues au titre des droits et taxes susvisés sont
liquidées comme suit :
- la taxe sur la valeur ajoutée : 250D
- la taxe de formation professionnelle : 5D
- la taxe sur les établissements à caractère industriel, commercial ou professionnel : 5D
- la contribution au FOPROLOS 5D
- la retenue à la source 5D
TOTAL 270D

2.3. La pénalité de retard due suite à l’intervention des services du contrôle fiscal
La pénalité de retard dans le paiement de l’impôt est liquidée, en cas de constatation du
retard par les services de l’administration fiscale, au taux de 0.625% ou de 1,25%
selon le cas.
La constatation du retard s’effectue dans le cadre de :
- la notification des résultats de la vérification fiscale préliminaire ou approfondie,
- la reconnaissance de dette en cas de régularisation d’une situation fiscale (défaut,
minoration de valeur, erreur matérielle,…) ;
- ou la notification de l’arrêté de taxation d’office établi en l’absence de la notification
des résultats de la vérification fiscale, et ce, en cas de défaut de déclaration et de non
régularisation par le contribuable de sa situation fiscale dans les trente jours qui suivent
la date de sa mise en demeure.
La pénalité de retard est calculée pour les revenus déterminés selon les dépenses
93 personnelles ostensibles et notoires et selon l’accroissement du patrimoine prévus par
l’article 36 du code de l’IR et de l’IS à partir du 1er janvier de l’année suivant celle de
l’accroissement du patrimoine.
2.3.1. Les cas d’application du taux de 0.625%
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Le taux de 0.625% par mois ou fraction de mois de retard est appliqué si les trois
conditions suivantes sont remplies :
- souscription d’une reconnaissance de dette,
- reconnaissance de dette avant l’expiration du délai d’opposition de 60 jours de la date
de notification de l’ATO,
- paiement de l’impôt exigible dans un délai de 30 jours à compter de la date de la
reconnaissance de dette .
2.3.2. Les cas d’application du taux de 1,25%
Le taux de 1,25% s’applique dans l’un des cas suivants :
- imposition dressée par les services de l’administration fiscale et pour laquelle il n y a
pas eu une reconnaissance de dette,
- paiement de l’impôt dû après l’expiration d’un délai de 30 jours à partir de la date de
la reconnaissance de dette.
2.3.3. Calcul de la période de retard
La période de retard est décomptée à partir du premier jour qui suit l’expiration du délai
légal de paiement de l’impôt jusqu’à la fin du mois au cours duquel a eu lieu :
- la notification des résultats de la vérification fiscale,
- la reconnaissance de dette,
- la notification de l’arrêté de taxation d’office établi en l’absence de la notification des
résultats de la vérification fiscale, et ce, en cas de défaut de déclaration et de non
régularisation par le contribuable de sa situation fiscale dans les 30 jours qui suivent la
date de sa mise en demeure.
Exemple : Liquidation de la pénalité de retard suite à l’intervention des services
de l’administration fiscale
Supposons qu’à la suite d’une vérification préliminaire de la déclaration déposée par
une personne physique,
les omissions suivantes aient été décelées :
- bénéfice commerciaux non déclarés : 120 000D
- dividendes non déclarés : 10 000D
Ainsi, la notification des résultats de la vérification notifiée à la personne concernée le
10 janvier 2004 a comporté les montants suivants :
1) L’impôt supplémentaire dû
- revenu déclaré : 170 000D
- revenu non déclaré
* bénéfices commerciaux 120 000D
* dividendes (exonérés) -
- revenu net global imposable 170 000D
- impôt dû (50 000D x 26,05% + 120 000D x 35% ) = 42 000 D
- impôt payé 22 000 D
Impôt restant à payer : 20 000D
94 2) Pénalité de retard due
- Période de retard : Du 26 mai 2003 au 31 janvier 2004 : 8 mois et 6 jours
a) Pénalité de retard au titre des revenus soumis à l’impôt
20 000D x 1,25% x 9 = 2 250 D
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

b) sanction fiscale administrative pour revenus et bénéfices exonérés non déclarés dans
les délais légaux (art 85 du CDPF ) 10 000D x 1% = 100 D
2.5. Intérêt de restitution: ( l’article 34 du CDPF )
Le contribuable bénéficie d’un intérêt de restitution de 0, 5% par mois ou fraction de
mois au titre des sommes perçues en trop en vertu d’ATO. L’intérêt est liquidé à
compter de la date de recouvrement et jusqu’à la date de la décision de restitution.
2.6. Pénalité de restitution: ( l’article 32 du CDPF )
Au cas où un crédit de la TVA est indûment restitué, il y a lieu d’appliquer en sus de la
pénalité de retard exigible ,une pénalité de 0,5% par mois ou fraction de mois de la
date de la restitution et jusqu’à la fin du mois au cours duquel a eu lieu :
- le paiement de ces sommes
- ou la reconnaissance de la dette
- ou la notification des résultats de la vérification fiscale.
La LF2017 a ajouté une pénalité de restitution au taux de 100% du crédit de la TVA
indûment restitué provenant :
des opérations d’exportation de marchandises,
des services utilisés ou exploités hors de Tunisie
du régime de restitution automatique et instatanée instauré par la LF de l’année
2016 au profit des entreprises transparentes fiscalement pour l'année 2016.

2.3.4. cas de non application des pénalités de retard


Il est prévu la non application des pénalités de retard prévues par l’article 82 du
CDPF aux montants d’impôt exigibles, l’application de la mesure suppose :
- la réclamation de montants d’impôt supplémentaires exigibles suite à une vérification
fiscale approfondie,
- et la confirmation d’un crédit d’impôt au profit du contribuable dans le cadre de la
même vérification confirmés par l’administration fiscale ou par les tribunaux en vertu
de jugements ayant acquis la force de la chose jugée et relatifs à la même vérification.
cette mesure concerne aussi bien le crédit remboursable que le crédit reportable.
1/ Conditions d’application de la mesure
2.2/ Cette mesure s’applique aux pénalités de retard exigibles en vertu des dispositions
de l’article 82 du CDPF ; en conséquence, ces dispositions ne s’appliquent pas à :
- la pénalité au titre des montants de la TVA indûment restitués telle que prévue par
l’article 32 du CDPF,
- la pénalité au titre des montants d’impôts non retenus à la source telle que prévue par
l’article 83 du CDPF,
- la pénalité au titre de défaut d’acquittement dans le paiement du droit de timbre
payable selon un mode de paiement autre que le paiement sur déclaration ou son
acquittement de manière insuffisante telle que prévue par l’article 84 du CDPF,
- la pénalité au titre du défaut de déclaration dans les délais impartis des revenus et
95 bénéfices exonérés de l’impôt ou soumis à une retenue à la source libératoire telle que
prévue par l’article 85 du code des droits et procédures fiscaux.

2/ Modalités d’application de la mesure


‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

2.1/ l’application de la mesure consiste en la réduction des pénalités de retard exigibles


en vertu des dispositions de l’article 82 du CDPF sur la base du rapport du montant du
crédit d’impôt confirmé sur le montant du principal de l’impôt supplémentaire exigible
soumis à cette pénalité calculé comme suit:
montant du crédit d’impôt confirmé
montant du principal de l’impôt supplémentaire exigible.
Lorsque le montant du crédit d’impôt confirmé est supérieur ou égal au montant du
principal de l’impôt supplémentaire exigible, les pénalités de retard sus-indiquées
seront totalement déduites y compris le minimum de la pénalité de retard .
2.2/ la mesure est sans effet sur la réduction de 50% des pénalités de retard prévue par
le deuxième paragraphe de l’article 82 du CDPF, qui aura à s’appliquer chaque fois que
les conditions requises pour en bénéficier sont remplies.

II. Dépôt de déclaration fiscale déposée sans l’observation de la législation en


vigueur relative à la souscription et au dépôt des déclarations fiscales … par les
moyens électroniques fiables ou sur supports magnétiques .

L’article 81bis du CDPF (modifié par la LF2017) , a prévu une sanction fiscale
administrative perçue au titre de chaque déclaration fiscale déposée ou document
produit prescrit pour l’établissement ou le contrôle des impôts sans l’observation de la
législation en vigueur relative à la souscription et au dépôt des déclarations fiscales
entrainant un paiement de l’impot par les moyens électroniques fiables ou sur
supports magnétiques une amende calculée au taux de 0,1% du montant de l’impôt
exigible avec un minimum de 200 dinars et un maximum de 2000 dinars.

III. La pénalité pour défaut de RS ou pour retenue insuffisante

1. Montant de la pénalité
Toute personne qui n’a pas opéré la RS conformément à la législation fiscale ou qui l’a
opérée d’une manière insuffisante est tenue de payer une pénalité fiscale égale au
montant non retenu.
Cette pénalité est doublée en cas de récidive dans une période de deux ans.

2. Champ d’application de la pénalité


La pénalité prévue par l’article 83 du CDPF s’applique à toute personne physique ou
morale tenue d’opérer la retenue à la source conformément à la législation fiscale et qui
ne l’a pas opérée ou qui l’a opérée d’une manière insuffisante.
Il s’ensuit que ladite pénalité s’applique aux retenues dues notamment au titre de :
- l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés,
96 - la TVA due sur les montants payés au titre des marchés publics,
Cependant, la retenue à la source libératoire de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur
les sociétés qui n’a pas été opérée, est considérée comme étant à la charge de son

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

débiteur effectif. Ladite retenue est exigible dans ce cas selon la formule de prise en
charge de l’impôt suivante :
100 x Taux de la retenue à la source
100 – Taux de la retenue à la source
La pénalité prévue par l’article 83 du CDPF s’applique également aux taxes et
redevances suivantes du fait qu’elles sont soumises aux mêmes règles qu’en matière de
retenue à la source :
- la taxe sur les fruits et légumes,
- la taxe sur les tomates destinées à la transformation, et ce, à raison de la taxe due par
les producteurs de tomates
- la taxe sur les viandes……

IV.Le défaut d'acquittement ou acquittement d'une manière


insuffisante des droits de timbre (l’article 84 du CDPF)
Le défaut d’acquittement du droit de timbre payable selon un mode de paiement autre
que le paiement sur déclaration ou son acquittement d'une manière insuffisante, donne
lieu à l’application d’une pénalité égale à 50% du droit non acquitté en sus du
paiement du droit en principal exigible.Le droit de timbre payable sur déclaration est
soumis aux pénalités de retard prévues par les articles 81 et 82 du CDPF.

V.La pénalité de retard dans le paiement des créances fiscales


constatées (art 88 du CDPF )
Toute créance fiscale constatée dans les écritures du receveur des finances, donne lieu à
l’application d’une pénalité de retard liquidée au taux de 0.75% par mois ou fraction de
mois de retard du montant de la créance en principal.
La période de retard est décomptée :
- à partir du premier jour qui suit l’expiration de quatre vingt dix jours de la date de :
la reconnaissance de dette,
la notification de l’arrêté de taxation d’office,
ou la notification du jugement du TPI pour les majorations des résultats de la
vérification en stade de première instance approuvées par le TPI, et ce dans la
limite de ces montants.
- et jusqu’à la fin du mois au cours duquel a eu lieu le paiement de l’impôt.
Le taux des pénalités est réduit à 0.5 % pour les sommes payées dans un délai ne
dépassant pas une année à partir de l'expiration du délai des quatre vingt dix jours .

97

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

Chapitre 3: Les infractions fiscales pénales


I. Les infractions passibles de sanctions pécuniaires
Référence
article CDPF
Infractions Les éléments constitutifs de l’infraction
sont réunis en cas de :
Les infractions relatives à la déclaration d’impôt et à son paiement
passible d’une sanction allant de 10D à 10000D
89 Le non dépôt d'une déclaration, l’expiration du délai légal prévu pour le
et acte et document prescrit par la dépôt de la déclaration, acte et document et
90 législation fiscale. l’intervention des services de contrôle fiscal.
Il s’agit notamment de: On vise par l’intervention des services de
-déclarations fiscales (mensuelles, contrôle fiscal tout acte moyennant lequel
de l’IR ou de l’IS, … ) lesdits services demandent la régularisation
- de l’enregistrement des actes, d’une situation non conforme à la loi.
écrits, documents et mutations.
91 La déclaration de renseignements dépôt d’une déclaration fiscale, d’un
incomplets ou inexacts document ou d’un acte ou de présentation
d’un état comprenant des renseignements
incomplets ou inexacts.
93 défaut de paiement des taxes dues sur moyens de transport routier .
98 89 Le non dépôt de la déclaration Cette infraction est passible d'une sanction
d’existence prévue par l’article 56 entre 1000 Dinars et 50000 Dinars à partir de
du code de l’IRPP et de l’IS. l'année 2016.
Les infractions relatives aux factures et aux titres de mouvement

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

passible d’une sanction allant de 50D à 50000D


95 L’émission de factures sans lorsque la facture ne comprend pas la date de
l’observation des dispositions de l’opération, l’identification du client et son
l’article 18 du code de la TVA adresse ou son numéro d’identification
fiscale pour la personne assujettie à la TVA
ou lorsque la facture ne comporte pas le bien
ou le service avec le prix hors taxe, le taux et
le montant de la TVA.
95 Le défaut de déclaration des noms non communication au bureau de contrôle
et adresses des fournisseurs de fiscal territorialement compétent des noms et
factures aux services de adresses des fournisseurs de factures.
l’administration fiscale
95 Le transport de marchandises non Est punie d’une amende égale à 20% de la
accompagnées de factures, de valeur des marchandises transportées avec
documents en tenant lieu ou de un minimum de 500 dinars, toute personne
titres de mouvement qui transporte des marchandises non
accompagnées des factures ou des
documents en tenant lieu au sens de l’article
18 du code de la TVA, ou non
accompagnées des titres de mouvement
prescrits par la législation fiscale:
Le bon de livraison, ou
Le bon de sortie,….
Le moyen de transport et les marchandises
transportées seront saisis jusqu’à
justification de paiement de l’amende. La
saisie est limitée à la carte grise pour les
moyens de transports transportant des
marchandises périssables ou des
marchandises destinées à l’exportation, et ce
sur justificatif.
96 Impression et l’utilisation de impression ou utilisation de factures dans
factures non numérotées ou une série irrégulière ou interrompue que ce
numérotées dans une série soit par l’imprimeur qui a imprimé les
irrégulière ou interrompue factures ou par le fournisseur qui a imprimé
lui-même ses factures.
Les infractions relatives à la comptabilité, registres et répertoires
passible d’une sanction allant de 100D à 10000D
97 Le défaut de tenue ou refus de communication de la comptabilité,
registres et répertoires aux agents de l’administration fiscale .
99
97 La destruction des documents destruction des documents comptables avant
comptables l’expiration de la durée légale prévue pour
leur conservation et fixée à 10 ans par
l’article 62 du code de l’RIPP et de l’IS.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

97 Le refus d'accéder les services les services fiscaux n’ont pas été autorisés à
fiscaux aux applications accéder aux programmes, systèmes,
informatiques visés au deuxième applications informatiques auxiliaires,
paragraphe de l’article 9 du fichiers et bases de données visés au 2ème
CDPF. parag de l’article 9 du CDPF ainsi que les
enregistrements et les traitements y afférents.
Est appliquée une amende de 1000 D à toute
personne qui ne respecte pas les dispositions
du dernier parag de l’article 9 du CDPF.
(apport LF2016 )
Les infractions relatives au droit de communication
passible d’une sanction allant de 100D à 20000D
100 Le refus de communication, aux agents de l’administration fiscale, pour
consultation sur place, de documents comptables et le refus des officiers
publics et des dépositaires d’archives et de titres publics de communiquer aux
agents de l’administration fiscale, pour consultation sur place, les documents
qu’ils détiennent ou des copies de ces documents.
100 La non communication des listes relatives aux opérations réalisées avec les
fournisseurs et clients ou la communication de renseignements inexacts ou
incomplets.
100 Le défaut de communication des renseignements relatifs aux marchés publics
ou la déclaration de données incomplètes ou inexactes.
100 Le défaut de communication par les établissements bancaires, postaux, les
intermédiaires en bourse et les compagnies d'assurance des numéros et des
mouvements de comptes des contribuables faisant l’objet d’une vérification
fiscale approfondie ou la communication d’une manière inexacte ou
incomplète.
Les infractions fiscales pénales diverses
passible d’une sanction allant de 100D à 50000D
103 Les manquements à quelques dispositions du code des droits
d’enregistrement et de timbre
104 Le non-respect des manquement à l’une des obligations prescrites par
dispositions relatives aux la fiscalité des produits figurants aux numéros 22-
produits alcoolisés 03 à 22-08 du tarif des droits de douane.
105 Le refus de délivrance Toute personne qui s’abstient de délivrer une
d’une attestation de retenue attestation des montants qu’elle a retenus à la
à la source source est passible d’une amende égale à 200% de
ces montants sans que le montant de l’amende ne
soit inférieur à 100 D ou ne dépasse 5000 D.
100
(apport LF2016 )
105 La vente des timbres et Est considéré contrevenante toute personne qui
marques fiscaux sans procède à la vente de timbres et marques fiscaux
autorisation sans y être autorisée.

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

105 La non-présentation par les Est considéré contrevenant tout notaire ou huissier-
notaires et huissiers- notaire qui ne présente pas les registres prescrits
notaires des registres par la législation au receveur des finances pour les
prescrits au receveur des viser tout les trois mois. Cette infraction est
finances passible d’une amende de 50D.
105 Le manquement à le propriétaire du véhicule utilisant le gaz du
l’obligation de port par le pétrole liquide sans port de la marque prescrite par
véhicule utilisant le gaz du la législation fiscale.
pétrole liquide, de la
marque prescrite par la
législation fiscale
II. Les infractions passibles de sanctions pécuniaires et corporelles
Référence Infractions Les éléments constitutifs de l’infraction sont
article
CDPF réunis en cas de :
Les infractions relatives à la facturation
passibles de sanctions pécuniaires et corporelles
allant de 1000D à 50000D et d’un emprisonnement de 16 jours à 3 ans.
92 facturation de la TVA ou au facturation de la TVA, du DC ou des autres impôts
non reversement au trésor indirects dus sur le CA ou la RS sans paiement des
des sommes RS sommes dues au trésor dans un délai de 6 mois à
compter du 1er jour qui suit l’expiration du délai
imparti pour le paiement.
94 défaut d’établissement de toute personne tenue, en vertu de la législation
factures fiscale, d’établir des factures au titre des ventes ou
des prestations de services qui s'abstient d’établir
des factures ou qui établit des factures comportant
des montants insuffisants. La même sanction est
applicable à l’acheteur lorsqu’il est légalement tenu
d’établir des factures au titre de ses ventes ou de
ses prestations de services ;
94 établissement de factures toute personne qui établit ou utilise des factures
comportant des montants comportant des montants exagérés dans les cas
insuffisants prévus par l’article 48 septies du code de l’IRPP et
de l’IS
94 établissement de factures toute personne qui établit ou utilise des factures
portant sur des ventes ou portant sur des ventes ou des prestations de
des prestations de services services fictives, dans le but de se soustraire
fictives pour des buts à totalement ou partiellement au paiement de l’impôt
caractère fiscal ou de bénéficier d'avantages fiscaux ou de
101 restitution d'impôt.
94 -manquement aux l’article 59 ter (nouveau) du code de l’IRPP et de
dispositions de l’article 59 l’IS : "Les entreprises prestataires de services de
ter (nouveau) du code de consommation sur place doivent mettre en place

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

l’IRPP et de l’IS ou, « une caisse enregistreuse », et ce, pour toutes


-introduction de leurs transactions avec les clients ".
modifications à la caisse Les modalités pratiques de la mise en place de
enregistreuse ou, ladite caisse sont fixées par un décret
-destruction ou falsification gouvernemental.
des informations qui y sont
enregistrées.(apport LF2016 )
Les infractions relatives à la comptabilité
passibles de sanctions pécuniaires et corporelles allant de 1000D à 50000D
et d’un emprisonnement de 16 jours à 3 ans.
97 récidive dans la non La non tenue de comptabilité, registres et répertoires
tenue de comptabilité, prescrits par la législation fiscale, dans une période de
registres et répertoires ou 5 ans à partir de la date du prononcé du jugement
refus de communication définitif pour la première infraction et ce, dans le cas
de la comptabilité où le contrevenant est soumis à l’impôt selon le
régime réel.
98 tenue d’une double Par l’introduction de rectifications fictives sur la
comptabilité ou comptabilité consistant en la tenue d’une double
l’utilisation de comptabilité ou l’utilisation de documents
documents comptables comptables, registres et répertoires falsifiés dans le
falsifiés but de se soustraire totalement ou partiellement au
paiement de l’impôt ou de bénéficier d’avantages
fiscaux ou de restitution d’impôt.
99 L’établissement de faux Lorsque les agents d’affaires, conseillers fiscaux ou
comptes et de faux toute personne qui a pour profession de tenir ou
documents par les d’aider à tenir une comptabilité font sciemment
personnes qui procèdent établir de faux comptes ou de faux documents
à la tenue de comptabilité comptables dans le but de minorer l’assiette de
ou au conseil l’impôt ou l’impôt lui-même.
Cette infraction concerne aussi les personnes
chargées de réaliser ou de mettre en place les
systèmes ou applications informatiques relatifs à la
tenue de comptabilité ou à l’établissement de
déclarations fiscales.
Les infractions relatives aux autres actes de fraude fiscale
passibles de sanctions pécuniaires et corporelles allant de 1000D à 50000D
et d’un emprisonnement de 16 jours à 3 ans.
101 L’accomplissement La simulation de situations juridiques fictives dans le
des opérations de but de se soustraire totalement ou partiellement au
fraude fiscale paiement de l’impôt ou de bénéficier d’avantages
102
fiscaux ou de restitution d’impôt
101 La production de La production d’écrits et actes inexacts ou la
documents ou des modification des écrits par n’importe quel moyen tels
factures et notes que les cachets ou signatures falsifiés et ce, pour des
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

d'honoraires falsifiés buts à caractère fiscal consistant dans le fait de se


(apport LF2016 ) soustraire au paiement de l’impôt ou de bénéficier
d’avantages fiscaux ou de la restitution d’impôt.
101 dissimulation de la Par l’insertion de modifications sur une situation précise
nature juridique d’un et sa présentation au sein d’un acte ou d’une convention
acte ou d’une sous une forme différente de sa réalité pour des buts à
convention caractère fiscal qui consistent à se soustraire totalement
ou partiellement au paiement de l’impôt, à bénéficier
d’avantages fiscaux ou à la restitution de l’impôt.
101 accomplissement Lorsque le redevable de dettes fiscales procède
d’opérations emportant sciemment à la transmission de ses biens, leur apport ou
transmission de biens à leur transfert à autrui suite à un acte de donation ou de
autrui dans le but de ne cession, d’une façon concomitante avec l’exigibilité de
pas acquitter les dettes la dette fiscale, afin de détourner ces biens vers une
fiscales. société ou un projet et d’échapper ainsi à tout acte
d’exécution en guise de paiement des dettes fiscales.
101 majoration du crédit de Lorsque la majoration du crédit de la TVA ou du DC ou
la TVA ou du DC la déduction de la TVA ou du DC, au titre d’achats
fictifs ou non bénéficiant du droit de déduction, sont
effectuées dans une proportion égale ou supérieure à
30% du crédit de la taxe déclaré afin de bénéficier sans
motif de la restitution de la TVA ou du DC ou de se
soustraire à leur paiement.
101 minoration du chiffre Toutes les fois que le CA soumis à la TVA ou au DC est
d’affaires minoré d’une proportion égale ou supérieure à 30 % du
CA déclaré dans le but de se soustraire au paiement de
la taxe ou du droit ou de bénéficier de leur restitution.
102 manquements à Pour toute personne soumise à l’obligation de préserver
l’obligation de le secret professionnel fiscal ( l’article 15 du CDPF)
préserver le secret ayant communiqué des renseignements ou documents
professionnel fiscal. relatifs aux contribuables en dehors des personnes et des
situations prévues par la loi. La sanction est multipliée
par cinq, en cas de divulgation d’informations obtenues
dans le cadre de l’article 17 du CDPF. (apport LF2016)
Chapitre 4
La constatation et les procédures de poursuite des infractions
fiscales pénales

103
I-La constatation des infractions fiscales pénales

1. Les agents habilités à constater les infractions fiscales pénales

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

1.1. les agents des services de l’administration fiscale : ces agents procèdent dans la
limite de leur compétence territoriale à la constatation des infractions fiscales pénales :
- sur la voie publique
- dans les établissements ouverts au public : les locaux de l’exercice de l’activité
- dans tous les lieux dont l’accès leur est légalement permis tels que les magasins et les
locaux soupçonnés d’être utilisés pour l’exercice d’une activité soumise à l’impôt et
non déclarée ou pour dissimulation des éléments relatifs à une opération de fraude
fiscale.
1.2. La constatation des infractions par les autres agents
Les agents des services de douanes, les agents de la sûreté intérieure, les agents du
contrôle économique et les agents du ministère de transport ainsi que les agents des
services de l’administration fiscale effectuent le contrôle nécessaire afin de constater
les infractions sur la voie publique et de s’assurer du respect de la législation relative
aux factures, au transport de produits et de marchandises et au paiement des impôts dus
sur les moyens de transport routier.
1.3. Les conditions exigibles à la constatation des infractions
Pour constater les infractions, les agents doivent :
- être assermentés
- avoir leur carte professionnelle
- avoir constaté personnellement et directement les faits de l’infraction
- être habilités en vertu d’un ordre de mission.
Un ordre de mission spécial est exigé pour la constatation matérielle des éléments
d’exercice de l’activité commerciale, industrielle, professionnelle ou des registres et
documents comptables.

2. Les procédures de constatation et de saisie


2.1. L’établissement du procès-verbal et les mentions obligatoires
Les infractions fiscales pénales sont constatées par des procès-verbaux comportant
obligatoirement les mentions suivantes :
• la date, l’heure et le lieu du procès-verbal
• la nature de l’infraction commise : on doit mentionner le genre de l’infraction
commise tel que le la non tenue de comptabilité, le non établissement des factures et le
non paiement de la taxe de circulation ….
• le nom, prénom et profession du contrevenant lorsque celui-ci est une personne
physique ou la raison sociale et le siège lorsque le contrevenant est une personne
morale. On doit mentionner l’identité du représentant légal de la personne morale
• les procédures afférentes aux saisies opérées le cas échéant avec description des
documents, marchandises et objets saisis tels que : les documents falsifiés, la double
comptabilité et les papiers du véhicule pour les taxes dus sur les moyens de transport
routier…,
104 • la signature du contrevenant ou de son représentant ayant assisté à l’établissement
du procès-verbal ou la mention, selon le cas, de son absence ou de son refus de signer,
• le cachet du service dont relèvent les agents verbalisateurs et les nom, prénoms et
signatures de ces agents.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

2.2. Les procédures afférentes aux saisies


Les agents de l’administration fiscale peuvent saisir tous documents ou objets prouvant
l’exercice d’une activité soumise à l’impôt et non déclarée ou présumant la commission
d’une infraction fiscale.
A l’occasion de chaque visite à laquelle des saisis sont opérées il est établi un procès-
verbal comportant les mentions ci-haut citées et relatant le déroulement de l’opération
et les constatations matérielles effectuées avec description détaillée des objets saisis.
Une copie du PV est délivrée au contribuable ou à son représentant contre récépissé.
2.3. L’inscription des procès-verbaux
Les dispositions de l’article 73 du CDPF prévoient que les services de l’administration
fiscale doivent inscrire les procès-verbaux constatant les infractions fiscales pénales
dans un ordre numérique ininterrompu, sur les registres spéciaux ouverts à cet effet par
l’administration fiscale. Cette inscription doit mentionner pour chaque procès-verbal les
procédures contentieuses ou transactionnelles observées et leur issue.

3. La charge de la preuve des infractions fiscales pénales


3.1. Les procès-verbaux
Les procès-verbaux établis conformément aux dispositions du CDPF font foi jusqu’à
preuve du contraire. Le contrevenant peut prouver le contraire telle que la preuve du
dépôt de sa déclaration par le biais d’une quittance malgré la poursuite et
l’établissement d’un procès-verbal de non dépôt d’une déclaration.
3.2. Les moyens de preuve supplémentaires
Le législateur a prévu dans l’article 108 du CDPF les infractions pour lesquelles
l’administration doit présenter des preuves matérielles et des justifications
supplémentaires en sus du procès-verbal.
Il s’agit par exemple des infractions suivantes :
- la simulation de situations juridiques fictives ou la production de documents falsifiés
ou la dissimulation de la véritable nature juridique d’un acte ou d’une convention dans
le but de bénéficier d’avantages fiscaux, de la minoration de l’impôt exigible ou de sa
restitution
- la majoration de crédit de la TVA ou du DC ou la minoration du chiffre d’affaires
dans une proportion égale ou supérieure à 30% du montant déclaré dans le but de se
soustraire au paiement de ladite taxe ou dudit droit ou de bénéficier de la restitution de
la taxe ou du droit….

II. Les procédures de poursuite des infractions fiscales pénales

1. La mise en mouvement de l’action publique


1.1 . L’autorité compétente pour la mise en mouvement de l’action publique
105
1.1.1. Pour les infractions fiscales pénales non passibles d’une peine corporelle:
l’action publique est mise en mouvement par :
le chef de l’unité du contrôle national et des enquêtes fiscales,
le directeur des grandes entreprises ou,
le chef du centre régional de contrôle des impôts
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

1.1.2. Pour les infractions fiscales pénales passibles d’une peine corporelle:
l’action publique est mise en mouvement par :
le ministre des finances ou ,
le directeur général des impôts par délégation du ministre des finances
1.2 La mise en mouvement de l’action publique pour les infractions passibles d’une
sanction pécuniaire.
Les procès-verbaux constatant des infractions non passibles d’une peine corporelle sont
transmis directement au procureur de la république auprès du TPI dans
lacirconscription de laquelle se trouve le service de l’administration fiscale qui a
constaté et en charge de l’infraction.
1.3 La mise en mouvement de l’action publique pour les infractions passibles d’une
peine corporelle
Pour les infractions fiscales pénales passibles de peine corporelle, l’action publique est
mise en mouvement après avis d’une commission qui procède à l’examen des dossiers
présentés en vérifiant l’existence des chefs d’accusations et le respect des procédures
légales dans la constatation de l’infraction. La commission propose la mise en
mouvement de l’action publique, la réalisation d’instructions complémentaires ou le
classement du dossier.

2. Le suivi des affaires devant les tribunaux :


2.1 La compétence des tribunaux
Les tribunaux de première instance sont compétents pour statuer, en premier ressort, sur
toutes les affaires relatives aux infractions fiscales pénales.
2.2 Les personnes compétentes pour le suivi des affaires
Les agents de l’administration fiscale peuvent suivre les affaires fiscales pénales
relatives aux services dont ils relèvent. Le suivi consiste en :
• la préparation et la présentation des rapports et mémoires,
• la comparution aux audiences,
• le suivi du sort des affaires.
3. L’application des peines d’emprisonnement pour les personnes morales
Les sanctions fiscales pénales corporelles s’appliquent aux dirigeants des personnes
morales, aux gérants, directeurs, ou toute personne ayant la qualité de représenter ces
personnes ou ayant reçu délégation d’intervenir directement dans la gestion, la prise des
décisions et de donner des instructions aux employés et agents.

III. L’EXTINCTION DE L’ACTION PUBLIQUE

1. L’extinction en vertu du droit commun : L’action publique s’éteint par :


1.1 Le décès du contrevenant
L’action publique s’éteint par le décès du contrevenant. Dans ce cas, l’extinction de
106 l’action publique au profit du contrevenant principal ne s’étend pas aux complices.
1.2. L’amnistie
L’infraction s’éteint par l’amnistie et l’action publique est éteinte avec les effets
juridiques qui peuvent en résulter telle que la poursuite et l’exécution.
‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

1.3 L’abrogation de la loi pénale


L’abrogation de la loi pénale signifie l’abrogation de la loi qui prévoit la sanction, ce
qui entraîne l’extinction de l’action publique pour les actes précédant la promulgation
de la loi et pour lesquels un jugement passé en la force de la chose jugée n’a pas été
prononcé ou pour les actes commis après ladite promulgation.
1.4. la chose jugée
Elle est réalisée en vertu d’un jugement passé en la force de la chose jugée pour
l’infraction.
1. L’extinction en vertu des dispositions du code
Le code des droits et procédures fiscaux prévoit l’extinction de l’action publique :
1.1 En vertu de la prescription
1- Le délai de prescription du droit de poursuivre les infractions fiscales pénales
passibles d'une amende pécuniaire et de peine corporelle est de 5 ans à compter de la
date de l'infraction.
2- Le droit des services fiscaux de poursuivre les infractions fiscales pénales passibles
d'une amende pécuniaire se poursuit après 3 ans à compter de la date de l'infraction.
1.2 . La transaction
En cas de transaction entre les services de l’administration fiscale et le contrevenant.

IV. La régularisation des infractions fiscales pénales par la transaction

1. Champ d’application de la transaction


La transaction peut être conclue pour toutes les infractions fiscales pénales prévues par
le CDPF à l’exclusion des infractions relatives :
- au manquement à l’obligation du respect du secret professionnel fiscal,
- à la contre façon de timbres, marques ou sceaux ou leur réutilisation .

2. L’autorité compétente pour conclure la transaction


Les services de l’administration fiscale, qui constatent les infractions fiscales pénales et
qui les poursuivent, peuvent transiger au titre de ces infractions.

3. Les étapes pendant lesquelles la transaction peut être conclue


Le CDPF permet la conclusion de la transaction avant le prononcé d’un jugement
définitif. Sur cette base la transaction peut être conclue pendant les étapes suivantes :
avant la mise en mouvement de l’action publique,
après la mise en mouvement de l’action publique et au cours de l’enrôlement de
l’affaire devant le tribunal de première instance,
pendant l’enrôlement de l’action devant la cour d’appel.
La transaction ne peut pas être conclue :
107
après l’expiration des délais de recours contre le jugement du TPI n’ayant pas
fait l’objet d’appel,
après le prononcé de l’arrêt de la cour d’appel.

4. Les procédures de la transaction :


‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

La transaction nécessite la réalisation des conditions suivantes :


- la présentation par le contrevenant d’une demande écrite auprès des services de
l’administration fiscale qui ont constaté et poursuivi l’infraction
- la régularisation par le contrevenant de sa situation fiscale et ce, par :
• le dépôt des déclarations non déposées,
• le paiement de l’impôt exigible et des pénalités de retard.
- la signature par le contrevenant et les services de l’administration fiscale d’un procès-
verbal de transaction.

5. Le tarif de transaction
La transaction s’effectue sur la base d’un tarif prévu par arrêté du Ministre des
finances. Pour les infractions relatives aux déclarations, ce tarif s’applique à toute
déclaration, acte ou document non déposé ou non présenté.
Pour les déclarations comprenant plus d’un impôt, le tarif de transaction est doublé
nonobstant le nombre d’impôts non déclarés.
Le tarif de transaction est majoré pour toutes les catégories d’infractions de:
• 15% lorsque la transaction a lieu au cours de l’enrôlement de l’action devant le TPI et
avant le prononcé du jugement de première instance ;
• 25% lorsque la transaction a lieu après le prononcé du jugement de première instance.

6. Exemple de tarif de transaction :


Article L'infraction La sanction Le tarif de transaction

Article La simulation des situations Une amende de 50% du montant du principal


101 juridiques fictives, la production 1000 dinars à 50000 de l'impôt éludé, sans
des documents falsifiés ou la dinars et un que le montant de l'amende
dissimulation de la véritable emprisonnement de 16 exigible ne soit inférieur à
nature juridique d'un acte ou jours à 3 ans. 500 dinars ou supérieur à
d'une convention dans le but de 50000 dinars.
bénéficier d'avantages fiscaux, de
la minoration de l'impôt exigible
ou de sa restitution.
Article L'accomplissement d'opérations Une amende de 1000 50% du montant du principal
101 emportant transmission de biens à dinars à 50000 de la dette dont le
autrui dans le but de ne pas dinars et un recouvrement est entravé par
acquitter les dettes fiscales. emprisonnement de 16 les opérations commises sans
jours à 3 ans. que le montant de l'amende
exigible ne soit inférieur à
500 dinars ou supérieur à
50000 dinars.
Article La majoration du crédit de la Une amende de 1000 50% du montant du principal
101 TVA ou du DC ou la minoration dinars à 50000 d'impôt éludé sans que le
du CA dans le but de se soustraire dinars et un montant de l'amende exigible
108
au paiement de ladite taxe ou emprisonnement de 16 ne soit inférieur à 500 dinars
dudit droit ou pour bénéficier de jours à 3 ans. ou supérieur à 50000 dinars.
la restitution de ladite taxe ou
dudit droit; la sanction s'applique

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬
C C F : cours de Contrôle et Contentieux Fiscal (mastère révision comptable) Version 09- 2017

dans les cas où la minoration ou


la majoration est égale ou
supérieure à 30% du chiffre
d'affaires ou du crédit d'impôt
déclaré.

109

‫ رﺋﻴﺲ ﻣﺼﻠﺤﺔ ﺑﺎﻻدارة اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻟﻼداءات‬،‫ ﻣﺘﻔﻘﺪ رﺋﻴﺲ ﻟﻠﻤﺼﺎﻟﺢ اﻟﻤﺎﻟﻴﺔ‬: ‫ﻣﺤﻤﺪ اﻟﻌﻨﺎﺑﻲ‬