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UNIVERSITE BADJI MOKHTAR - ANNABA

FACULTE DE MEDECINE
DEPARTEMENT DE CHIRURGIE DENTAIRE
SERVICE DE PARODONTOLOGIE

Dr M.ZAGHEZ
http://zaghez.net76.net/

Polycopie de Parodontologie

4ème Année

CURETAGE GINGIVAL
PLAN

1. Introduction
2. Définition
3. Objectifs
4. Indications
5. Justifications cliniques et biologiques du curetage gingival
5.1 Au point de vu clinique
5.2 Au point de vue biologique
6. Avantages et inconvénients du curetage gingival
6.1 Avantages
6.2 Inconvénients
7. Limites du curetage gingival
8. Protocole opératoire
8.1 Instrumentations
8.2 Temps opératoire:
8.2.1 Gestes préparatifs
8.2.2 Technique
8.2.3 Soins postopératoires
9. Evaluation des résultats
CONCLUSION

ANNEE UNIVERSITAIRE 2014 - 2015


CURETAGE GINGIVAL
1. Introduction
Le détartrage et le surfaçage sont deux interventions distinctes avec des
justifications et des indications bien différentes. Ils visent le débridement de la paroi
dentaire de la poche. Le mot curetage est utilisé en parodontie pour désigner
l’élimination de la paroi gingivale d’une poche parodontale éliminant ainsi le tissu mou
atteint. Certains auteur différencient le curetage (gingival) dans le cas de poche
gingivale (gingivite) du curetage sous gingival (radiculaire, parodontal) dans le cas de
poche parodontale (parodontite). Quoiqu'il en soit, ce procédé thérapeutique vise
l'obtention d'une cicatrisation par rapprochement de tissus dentaire et gingivaux rendus
biologiquement compatible.

2. Définitions :

• « Glickman 1973 ».Le curetage parodontal consiste à enlever le tissu dégénéré


qui borde la paroi gingivale des poches parodontales.
• « Lindhe 1986» : Le curetage parodontal est défini comme étant l’élimination à
l’aide d’une curette de la face interne de la paroi tissulaire molle de la poche.
• L’Académie Américaine de Parodontologie (AAP) en 1989 définie le curetage
gingivale comme suit : « Le curetage gingival consiste à cureter les tissus mous
de la paroi gingivale d'une poche parodontale. »

C'est une intervention qui vise uniquement à éliminer les tissus mous de la poche à
l’aide d’une curette, en passant par le rebord gingival marginal et papillaire, sans
déchirer la paroi gingivale.

3. Objectifs :
Il s'agit là d'une intervention à l'aveugle destinée à :
• éliminer du tissu épithélial pathologique bordant la poche et du tissu
épithélial oblitérant la base de la poche (attache épithéliale résiduelle)
• éliminer le tissu conjonctif infiltré (tissu dit de granulation), inflammatoire
contaminé.
• réduire la profondeur des poches en facilitant la contraction de la paroi
gingivale.
• créer un environnement favorable à la réduction de profondeur des
poches par le néo-attachement de fibres gingivales et d'épithélium à la
surface dentaire antérieurement dénudée par la maladie. Si ce
réattachement est complet dans certains cas, on ne peut considérer cette
technique comme une technique sûre.

4. Indications :
Les principales indications cliniques d'utilisation de cette technique sont les poches
peu profondes 3 à 5 mm) dues à une gencive molle effondrée, oedémateuse. On peut
effectuer la réduction de ces poches en éliminant l'inflammation et l’œdème au niveau
de la gencive, et en permettant en conséquence à la réduction des parois des poches
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de prendre place. On rencontre souvent ce type de poches lors des gingivites
chroniques diffuses et des parodontites marginales.

5. Justifications cliniques et biologiques du curetage gingival


5.1 Au point de vu clinique :
On admet général, la nécessité d'une surface «cliniquement » lisse, car elle garantit
au mieux l'élimination de tous les dépôts calcifiés.
Par ailleurs, tous les auteurs reconnaissent la nécessité de l'élimination totale
du cément « infiltré ».

5.2 Au point de vue biologique


La transformation du conjonctif gingival en tissu dit de granulation est sous la
dépendance de l'agression chimio-bactérienne et de la réponse de l'hôte il semble bien
que la simple suppression de l'épine irritative (constituée par la présence de plaque et
de tartre) permette une réparation tissulaire.
Cependant, l'interposition épithéliale entre le conjonctif gingival à le cément
(même assaini) empêche une régénération du système d'attache. La reconstitution
d'une attache conjonctive ne peut être espérée que si l'on met en contact étroit le
conjonctif gingival et le cément cureté. (Le cément qui est le moins minéralisé des
tissus durs dentaires, se comporte, comme une éponge vis à vis de tous les éléments
du métabolisme bactérien et principalement des endotoxines.
On a pu montrer que le cément exposé dans le milieu buccal est toxique pour le
métabolisme des fibroblastes et favorise même la destruction du collagène gingival, de
plus le cément " infiltré" pourrait être favorable à la croissance d'une flore
particulièrement pathogène.).

6. Avantages et inconvénients du curetage gingival


6.1 Avantages
 La mise en oeuvre d'un curetage gingival est aisée, il ne nécessite pas de
matériel chirurgical complexe.
 Les suites opératoires sont en règle générale bénignes,

6.2 Inconvénients
Il est cependant très important d'insister sur :
• Les difficultés opératoires : il s'agit d'une intervention simple mais qui est
loin d'être facile à réaliser.
• Le temps consacré : il s'agit d'une intervention longue et fastidieuse.
• L'absence de tout contrôle autre que le contrôle tactile, « il s'agit d'une
intervention réalisée à l'aveuglette ».
7. limites du curetage gingival
 Au delà de 5mm le curetage gingival est aléatoire. Cette limitation en
profondeur n'est fonction que des difficultés recentrées pour le curetage
des tissus dures en présence de poches sinueuses.

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 Le curetage gingival est en général plus facile à réaliser au niveau des
monoradiculées , car le curetage " aveugle " des parois des furcations en
particulier peut poser de gros problèmes compte tenu des difficultés
d'accès à des surfaces très tourmenter.
 Le curetage gingival n'est pas recommandé en présence de gencive de
consistance fibreuse car dans ce cas il est difficile de maintenir la paroi
gingivale étroitement adapté à la paroi dentaire.

8. Protocole opératoire :
8.1 Instrumentations :
Le curetage gingival est réalisé à l'aide de curettes parodontales. Il existe un grand
nombre de curettes parodontales qui diffèrent essentiellement par leurs manches et
l'angulation de leurs parties travaillantes.

La partie travaillante de la curette parodontale peut très grossièrement être


comparée à une partie d’une cuillère dont tous les bords seraient très tranchants. Les
curettes de Goldman – Fox, de Gracey et universelles sont les plus utilisées.

8.2 Temps opératoire:

8.2.1 Gestes préparatifs


• Contrôler les antécédents médicaux du patient pour s'assurer qu'il n'y ait pas de
contre-indication à l'utilisation des anesthésiques locaux ou aux interventions
chirurgicales ;
• Eliminer de la surface radiculaire tout le tartre et tout le cément nécrosé. Cela
est souvent fait lors d'un rendez-vous antérieur,
• Obtenir une anesthésie correcte de la région à traiter à l'aide d'anesthésiques
locaux. On traite généralement un quadrant de la bouche par visite ;

8.2.2 Technique (fig.1, 2, 3,4)


Cette intervention est conduite comme suit :
• on insère une curette affûtée jusqu'au fond de la poche, le bord tranchant étant
dirigé vers la gencive. Le praticien active la curette d'un mouvement de direction
corono-externe, tout en maintenant la pression du doigt sur la surface externe de
la gencive. Il est en général nécessaire d'effectuer plusieurs mouvements de
curette pour enlever tout l'épithélium et tous les tissus de granulation rouge, «
perlé ».
• Après curetage des tissus mous, il faut contrôler la régularité de la surface
radiculaire à l'aide d'une sonde fine. On peut corriger à ce moment toute
imperfection.
• On rince ensuite abondamment à l'eau les poches curetées, et, selon l'étendue
de l'ablation tissulaire, on met en place ou non un pansement parodontal. On
prévient le patient qu'il doit s'attendre à une gêne modérée.

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Figure 1 : Gingivite : remarquer l’hypertrophie gingivale, l’ulcération de l’épithélium, la
lyse des fibres gingivales et l’infiltrat inflammatoire.

Figure 2 : On exécute de nombreux mouvements de curette pour enlever l’épithélium


créviculaire et le tissus inflammatoire adjacent.

Figure 3 Réapposition du tissu gingival sur la dent et le caillot sanguin.

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Figure 4 Gencive cicatrisée à la suite de curetage gingival. Remarquer le sulcus peu
profond, l’épithélium intact et les fibres gingivales saines.

8.2.3 Soins postopératoires


• Des antalgiques (ne contenant pas de l'acide salycilique mais du paracétamol)
sont prescrits en cas de douleurs.
• Un brossage avec une brosse très souple (dite chirurgicale) est recommandé
pendant 2 à 3 jours ainsi qu'un passage très modéré des instruments de
nettoyage interdentaire.
• Une antibiothérapie peut être associée au curetage sous-gingival dans le cas
d'une parodontite à évolution rapide. L'association du métronidazole et de
l'augmentin (acide clavulanique plus amoxicilline) est aujourd'hui utilisée.
• Des rendez-vous ultérieurs post-chirurgicaux sont donnés à des intervalles
convenables jusqu'à cicatrisation totale des tissus. Il est souvent nécessaire lors
de ces visites d'effectuer un surfaçage radiculaire plus poussé, un curetage
gingival, et un renforcement du contrôle de plaque du patient.

9. Evaluation des résultats


Le patient est revu chaque semaine pour le curetage gingival d'un quadrant. La
cicatrisation peut ainsi être suivie régulièrement. Le premier rendez-vous de contrôle
est pris un mois après la dernière séance de curetage. II a pour objectif de contrôler :
- l'élimination de la plaque par le patient.
- le degré de résolution de l'inflammation gingivale et les modifications du niveau
d'attache.

Deux cas de figures peuvent se présenter :

 Si le détartrage-surfaçage curetage gingival sont la seule thérapeutique prévue


pour le traitement d'une maladie parodontale débutante, la réduction de la
profondeur des poches liée à la disparition de l'inflammation (rétraction
gingivale) nous amène ici à des poches résiduelles dont la profondeur n'excède
pas 4 mm. Aucun de ces sites ne doit présenter de saignement au sondage, ce

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saignement pouvant être considéré aujourd'hui comme un signe d'activité de la
maladie. C'est une situation clinique contrôlable par le patient chaque jour et par
le praticien tous les 3 mois.

 Si ce détartrage-surfaçage curetage gingival ne constituent que la phase initiale


de la thérapeutique d'une maladie parodontale plus avancée, la profondeur des
poches est ici supérieure à 5 mm et la chirurgie est indiquée.
Le détartrage-surfaçage curetage gingival auront contribué à réduire l'inflammation
gingivale, à rendre la gencive plus ferme, plus facilement manipulable lors de la
chirurgie, mais le saignement au sondage peut persister car le nettoyage sous-gingival
n'a pu être réalisé totalement sans abord à ciel ouvert.

CONCLUSION
En conclusion, le curetage gingival, pris dans son sens le plus strict (curetage des
tissus mous), semble présenter un intérêt majeur dans le traitement d'une maladie
parodontale débutante (réduction de la profondeur des poches liée à la disparition de
l'inflammation).
En cas de maladie parodontale plus avancée, le détartrage et le surfaçage
radiculaire peuvent inclure divers degrés du curetage effectué par inadvertance. Le
« déchirement » du tissu gingival par la curette parodontale peut être considéré comme
"archaïque" face à des techniques qui comme l'ENAP et le lambeau de Widman
modifie, permettant un assainissement parodontal par un abord qui est plus chirurgical
et qui en théorie respecte davantage des structures essentielles à une meilleure ré-
attache.