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guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.

2 du 29 juin 2007

SOMMAIRE
CHAPITRE I - OBJECTIFS DE L'OPÉRATION .................................................................. 3
1.1 - Préambule ...................................................................................................................... 3
1.2 - Remplacement d'un ou plusieurs appareils d'appui en mauvais état.............................. 3
1.3 - Recalage, réparation de bossages, remplacement ou mise en œuvre de cales biaises ... 3
1.4 - Modification de types ou de répartitions d'appareils d’appui ........................................ 4
1.5 - Rehaussement pour gabarit insuffisant .......................................................................... 4
1.6 - Compensation de tassement d'appui .............................................................................. 4
1.7 - Dénivellations d'appuis pour réparation de structure ..................................................... 5

CHAPITRE II - COLLATIONNEMENT DES DONNEES .................................................. 6


2.1 - Préambule ...................................................................................................................... 6
2.2 - Données relatives à la structure de l'ouvrage et de ses appuis ....................................... 6
2.2.1 - Données qualitatives sur la structure ...................................................................... 6
2.2.2 - Données sur le dimensionnement ........................................................................... 6
2.2.3 - Données particulières sur la structure ..................................................................... 7
2.3 - Données relatives à l’état de l'ouvrage........................................................................... 7
2.3.1 - Données issues de la surveillance périodique ......................................................... 8
2.3.2 - Données spécifiques aux appareils d’appui et à leur environnement ..................... 8
2.3.3 - Données sur l’historique de l’ouvrage .................................................................... 8
2.4 - Données relatives aux superstructures ........................................................................... 9
2.5 - Données relatives à l'environnement de l'ouvrage ......................................................... 9
2.5.1 - Données de trafic .................................................................................................... 9
2.5.2 - Données sur l’accessibilité de l’ouvrage ............................................................... 10
2.5.3 - Données environnementales ................................................................................. 10

CHAPITRE III - CALCULS ................................................................................................ 11

CHAPITRE IV - TECHNOLOGIE ...................................................................................... 13


4.1 - Appareil d’appui - principaux types ............................................................................ 13
4.1.1 - Les appareils d'appui souples à base d'élastomère fretté (dénommé aussi
caoutchouc) ...................................................................................................................... 13
4.1.2 – Appareils d'appui en élastomère fretté comportant un plan de glissement .......... 13
4.1.3 – Appareils d'appui à pot ......................................................................................... 14
4.1.4 – Appareils d'appui métalliques .............................................................................. 14
4.1.5 – Appareils d'appui en béton ................................................................................... 15
4.1.6 - Autres appareils d'appui ........................................................................................ 15
4.2 - Vérins ........................................................................................................................... 16
4.2.1 - Généralités ............................................................................................................ 16
4.2.2 - Principales caractéristiques ................................................................................... 16
4.2.3 - Positionnements .................................................................................................... 16
4.2.4 - Mise en œuvre ....................................................................................................... 17
4.3 - Levage .......................................................................................................................... 17
4.3.1 - Préparation ............................................................................................................ 17
4.3.2 - Principes ................................................................................................................ 18
4.3.3 - Déroulement .......................................................................................................... 18
4.4 - Bossages ....................................................................................................................... 19
4.4.1 - Réfection des surfaces ........................................................................................... 19

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4.4.2 - Reconstitution des bossages .................................................................................. 19


4.4.3 - Environnement des bossages ................................................................................ 20

CHAPITRE V - CONSTITUTION DU PROJET DE MARCHE ........................................ 21


6.1 - Objectifs du projet de marché ...................................................................................... 21
6.2 - Contenu du projet ......................................................................................................... 21
6.3 - Points à contractualiser ................................................................................................ 21
6.4 - Propositions à attendre de l’entreprise ......................................................................... 22
6.5 - Contenu du projet d’exécution ..................................................................................... 22
6.6 - Autres aspects techniques du projet de marché et contraintes ..................................... 22

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CHAPITRE I - OBJECTIFS DE L'OPÉRATION

1.1 - Préambule

Le remplacement des appareils d’appui est une opération délicate et coûteuse ; mal conduite, elle peut entraîner
des désordres ou un fonctionnement de l’ouvrage moins satisfaisant voire des désordres graves et/ou un coût
d’entretien accru. Avant d’entreprendre un vérinage d’ouvrage et tous les travaux qui en découlent, il importe de
bien considérer, et avec objectivité, le bénéfice que l’on peut en tirer. Nous passons en revue ci-après les princi-
pales motivations d’une opération de vérinage, à savoir :

• Remplacement d'un ou plusieurs appareils d'appui en mauvais état


• Recalage, réparation de bossages, remplacement ou mise en œuvre de cales biaises
• Modification de types ou de répartitions d’appuis
• Rehaussement pour gabarit insuffisant
• Compensation de tassement d'appui
• Dénivellation d'appuis pour réparation de structure

1.2 - Remplacement d'un ou plusieurs appareils d'appui en mauvais état


Le remplacement d’un ou plusieurs appareils d’appui en mauvais état, est un objectif qui revient souvent dans les
propositions de travaux d’entretien (cf. programme triennal de la Direction Générale des Routes).

Toutefois, l’état proprement dit des appareils d’appui, en particulier en élastomère fretté, n’est en général pas une
motivation suffisante pour effectuer une opération de remplacement : en particulier les appareils d’appui en élas-
tomère fretté ont une longévité étonnamment longue ; en revanche les appareils d’appui spéciaux ou les appareils
d’appui métalliques, même s’ils sont théoriquement aussi robustes, peuvent rapidement se bloquer ou entraîner
un échappement d’appui s’ils sont défectueux, mal posés ou s’ils fonctionnent dans de mauvaises conditions.

Ainsi l’opération de remplacement des appareils d’appui est envisagée :

• le plus souvent en complément d’un autre objectif


• en cas de blocage de la structure sur ses appuis entraînant des désordres sur les supports
• en cas de risque d’échappement des appuis

Il existe plusieurs méthodes pour effectuer le vérinage et la substitution des appareils d’appui ; elles seront exa-
minées dans ce document.

Il est à noter que le remplacement du type d'appareil d’appui par un autre, par exemple : appareil d'appui métal-
liques par des appareils d'appui en élastomère fretté nécessite une étude approfondie (voir Modifications de ré-
partitions d’appuis ci-après).

1.3 - Recalage, réparation de bossages, remplacement ou mise en œuvre de cales biaises

La défectuosité de réalisation des bossages ou dés d’appui, des cales biaises (dans le cas d'ouvrages métalliques)
est la cause principale de désordres affectant les appareils d’appui ; les appareils d’appui les plus sophistiqués
sont en outre les plus sensibles à un défaut de la zone d’appuis. Lorsque cette cause est identifiée, ce qui n’est
pas toujours évident, les risques encourus pour les appareils d’appui et la structure sont alors évalués pour pro-
grammer (éventuellement dans le temps) une opération de changement par vérinage.

Enfin, quelle que soit la motivation d’une opération de vérinage et/ou de remplacement d’appareils d’appui, elle
passe quasiment toujours par la réfection des bossages afin de conjuguer les surfaces de contact.

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1.4 - Modification de types ou de répartitions d'appareils d’appui

Il arrive que la répartition du type d'appareils d’appui ait été mal évaluée lors de la conception. Il peut s’agir :

• de points fixes mal placés (sur un appui pas assez chargé ou trop décalé vers une extrémité
ou sujet à des efforts radiaux – cas d'un pont courbe),
• de soulèvements intempestifs (pour certains cas de charges) dans les angles obtus des
ponts dalles biais,
• de soulèvements intempestifs sur les culées de travées de rives trop courtes (ponts mixtes
dont le balancement est inférieur à 0.6, pont dalle BP dont la précontrainte est excessive
pour la travée de rive, ponts courbes…),
• d'instabilité des appuis.

Dans le même ordre d’idées, le remplacement d’un type d’appareils d’appui par un autre (appareils d'appui mé-
talliques par appareils d'appui glissants ou en élastomère) ou une modification significative de la souplesse des
appareils d'appui en élastomère, s’apparente à une modification de répartition d’appuis dans la mesure où la
répartition des réactions horizontales peut être notoirement altérée.

Dans le cas d'appareils d'appui métalliques (rouleaux ou balanciers) avant d'envisager un remplacement par des
appareils d'un autre type, il convient d'étudier une solution de réparation ou de remplacement à l'identique.

Ces cas sont très délicats à traiter car ils mettent en cause la conception générale de l’ouvrage : la modification
de la répartition des efforts horizontaux ou l’ajout de dispositifs anti-soulèvement entraîne en effet des travaux
connexes importants et ne peut se faire qu’après une étude approfondie des conséquences structurales : effets sur
les fondations, déplacements concomitants, modification du réglage (voire du type) des joints de dilatation, pos-
sibilités d’ancrages, présence de dispositifs anti-sismiques, etc.

1.5 - Rehaussement pour gabarit insuffisant

C’est une motivation assez fréquente de travaux de vérinage ; il peut s’agir :

• d’une augmentation nette de gabarit,


• ou bien de la compensation de travaux de rechargement de la chaussée.

Dans les deux cas, le rehaussement par vérinage est une opération connexe à une opération de voirie plus ou
moins importante (parfois très importante) confiée à une entreprise générale. Compte tenu de la taille globale des
opérations, le risque principal est une mauvaise prise en compte des particularités et des difficultés techniques
inhérentes au vérinage par l’entreprise générale. Malgré les complications de gestion engendrées, il faut se poser
la question d’un marché séparé pour les opérations de vérinage ; si le chantier est très linéaire, la gestion est
possible et l’on y gagnera en qualité. A défaut, si le marché est confié à l’entreprise générale, il faut bien identi-
fier les différents prestataires et les bureaux d’études.

Le vérinage comprend le rehaussement du chevêtre et/ou des bossages, le remplacement des appareils d’appui et
souvent des opérations de requalification des équipements d’assainissement, le remplacement des joints de dila-
tations qui ne supportent pas un démontage et des reprises d'alignement de garde-corps ou de dispositifs de rete-
nue. En outre, il faut considérer les conséquences structurales du rehaussement : accroissement du bras de levier
des efforts horizontaux, accroissement de la poussée des terres, etc.

1.6 - Compensation de tassement d'appui

Les tassements d’appui différentiels (par exemple entre une culée fondée superficiellement et la première pile
fondée sur pieux) entraînent des désordres dans les structures. Il n’est pas possible de fixer de règle absolue du
tassement différentiel acceptable car cela dépend de la rigidité du tablier, de la portée des travées, …

En tout état de cause, le relèvement peut s’imposer à un moment donné de l’évolution des tassements. Idéale-
ment, il faudrait compenser « en temps réel » les tassements mais comme ce n’est pas possible on cherchera à
optimiser l’intervention par rapport aux réserves de la structure et aux perspectives d’évolution du tassement
proprement dit suivant sa cause :

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• tassement de consolidation : généralement assez rapide et borné dans le temps,


• tassement dû au fluage : non borné dans le temps et qui peut nécessiter plusieurs interven-
tions sur une dizaine d’années…

La décision d’intervenir s’appuie donc sur un rapport géotechnique.

En ce qui concerne le calage de la dénivelée à imposer, dans le cas général, il n’est pas possible de compenser
intégralement le tassement par le vérinage : le tassement est un effet de longue durée alors que le vérinage est un
effet instantané généralement sans effet différé (suivant la date d’intervention par rapport à l’âge du béton et au
début du tassement, le fluage du béton est plus ou moins terminé).

Comme il n’est pas très facile d’estimer à l’avance la dénivelée acceptable par la structure compte tenu de
l’historique du tassement et de la rhéologie du béton, c’est un cas de figure où il est intéressant de prévoir un
pesage "en direct", au cours du vérinage, des réactions d’appuis et de caler le niveau de relèvement suivant ce
qui est acceptable par les sections des travées adjacentes.

Les travaux connexes sont importants : réfections de voiries, rehaussement de garde grève, de la dalle de transi-
tion, remplacement des joints de dilatation, alignement de dispositifs de retenue, canalisations, etc.

1.7 - Dénivellations d'appuis pour réparation de structure

Les dénivellations d’appuis sont souvent envisagées sur les tabliers mixtes afin de comprimer la dalle et
d’obtenir une meilleure répartition des efforts. Ce type d’intervention tel qu’il est appliqué à des ouvrages neufs
n’est pas traité dans le document.

Toutefois, quelques réparations de structure ont été effectuées ou envisagées, à l’aide de dénivellations
d’appuis afin, évidemment, de comprimer des zones tendues. Malgré l'intérêt théorique du procédé, l’expérience
montre que ce type d’intervention crée autant de problèmes qu’il peut en résoudre (atténuation du bénéfice à
long terme, modification du profil en long) et finalement le recours à ce type de réparation est exceptionnel ; il
nécessite une configuration particulière des zones saines et endommagées compatible avec une dénivellation.

Quoi qu’il en soit, le principe est exactement le même que pour la compensation des tassements et doit impérati-
vement comprendre des pesages permettant d’évaluer, avec précision, l’effet dans la structure.

On peut également citer le cas des vérinages pour descendre un tablier construit en sur-hauteur pour des considé-
rations de gabarit.

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CHAPITRE II - COLLATIONNEMENT DES DONNEES

2.1 - Préambule

Afin de préparer l'opération de remplacement d'appareils d'appui dans les meilleures conditions, il est nécessaire
de recueillir en amont les informations qui vont guider le maître d'œuvre vers le choix d'une méthode qui soit la
plus adaptée possible à l'ensemble des contraintes.

Les différentes données à recueillir concernent non seulement l'ouvrage et ses appuis, mais également son envi-
ronnement. Elles sont listées dans les paragraphes suivants, et regroupées par nature.

2.2 - Données relatives à la structure de l'ouvrage et de ses appuis

Dans un premier temps, les informations sur la conception de l'ouvrage vont permettre de dégager les principales
contraintes de l’opération.

2.2.1 - Données qualitatives sur la structure


Le type de structure peut déjà donner quelques informations a priori sur le fonctionnement général de l'ouvrage,
et notamment son comportement pendant les phases de vérinage (acceptation de dénivellations différentielles
entre appuis plus ou moins élevées selon la souplesse de la structure, qui est plus limitée pour un ouvrage en
béton, et moins sensible pour un ouvrage métallique).

La nature des appuis donne le même type d'information sur le comportement général de l'ouvrage, cette fois-ci
par rapport à la souplesse des appuis (reprise d'une partie des mouvements longitudinaux de la structure, à lier
aux déformations admissibles par les appareils d’appui). Cette information donne également une idée sur les
possibilités de mise en œuvre de vérins sur les appuis et de préciser les zones de soulèvement sous la structure.

Il peut être nécessaire de connaître le type de fondations des appuis de l'ouvrage dans le cas où l'on est amené à
envisager des dispositifs d'appui provisoires à proximité des appuis existants (ce point est détaillé dans les para-
graphes suivants).

2.2.2 - Données sur le dimensionnement


Il convient de recueillir les caractéristiques géométriques détaillées de l'ensemble de l'ouvrage (tablier et appuis,
y compris les fondations), et, notamment au niveau des appareils d'appui, à partir des plans de récolement (ou à
défaut, d'exécution). Elles permettront d’identifier précisément :
• la surface disponible sur le sommier ou le chevêtre, pour évaluer les possibilités de mise
en œuvre de vérins ou de modification des dimensions des appareils d'appui existants,
• la hauteur libre entre le tablier et les appuis, donnant également des indications sur les
types de vérins et/ou d'appareils d'appui pouvant être mis en place,
• les dimensions des bossages éventuels,
• les emplacements de vérinages sous la structure.

Ces données géométriques seront à compléter utilement par les plans de ferraillage du tablier et des appuis, afin
de disposer d’informations exhaustives sur les caractéristiques dimensionnelles de l’ouvrage.

Les notes de calculs d'exécution de l'ouvrage restent cependant essentielles pour pouvoir mener un recalcul pré-
cis de l'ouvrage, car elles seules décrivent exactement les différentes hypothèses prises en compte. Le recalcul,
détaillé par ailleurs, vise à fournir les éléments suivants :
• dimensionnement des nouveaux appareils d'appui (descentes de charge, rotations, dépla-
cements longitudinaux ou transversaux),
• vérification des contraintes géométriques imposées pour les phases de vérinage (dénivella-
tions différentielles entre appuis),
• vérification de la résistance des structures au droit des zones de vérinage et des appareils
d'appui : cette vérification concerne l'appui en lui-même (frettage du bossage ou éventuel-
lement de l'emplacement prévu pour le vérinage, qualité des matériaux) ou la structure du
tablier (résistance locale des zones soumises à la poussée du vérinage, telles les entretoises).

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A défaut, les hypothèses et règlements de calcul vraisemblablement pris en compte à l’époque de la conception
pourront servir de base à un nouveau calcul de dimensionnement de l’ouvrage basé sur ces données, qui pourra,
dans le meilleur des cas, approcher le dimensionnement réellement effectué, mais sans garantie de fiabilité : de
nombreux éléments n’ayant pas forcément laissé de trace ont pu être pris en considération lors des phases de
conception et ainsi modifier sensiblement le dimensionnement de l’ouvrage. Cette voie n’est donc à explorer
qu’avec réserves et, si possible, il sera procédé à des recoupements par d'autres investigations telles que les pe-
sées de réaction d'appui.

2.2.3 - Données particulières sur la structure


L’ouvrage peut comporter des emplacements spécifiques de vérinage, prévus dès la construction, ou aménagés
lors d’une précédente opération de vérinage. Il est alors important de les repérer et d’identifier leurs conditions
d'utilisation (type et taille des vérins pouvant être utilisés, charge maximale admissible pour la structure au ni-
veau de l'emplacement de vérinage). Dans le cas contraire, il faut rechercher, à partir des plans de ferraillage, des
zones qui seraient susceptibles d'accueillir un emplacement de vérinage.

Les dispositions spécifiques dans la structure de l'ouvrage pouvant entraver le vérinage sont à recenser de ma-
nière exhaustive, car elles peuvent imposer des sujétions significatives sur les caractéristiques du mode de vé-
rinage. On peut noter entre autres :
• l’attelage de travées isostatiques (dans ce cas, le vérinage au droit d'un appui doit tenir
compte du dédoublement des lignes d'appui, donc une multiplication du matériel à mettre
en œuvre),
• la présence de dispositifs anti-soulèvement (dans certains cas où un appui peut être soumis
à des réactions d’appui négatives, qui sont alors bridées par ce dispositif),
• la nature de l'appareil d'appui en lui-même (exemple : articulation par section rétrécie de
béton solidaire des appuis et du tablier, ou appareil d'appui à rouleau imposant des précau-
tions pour la stabilité du rouleau en cours de vérinage),
• la présence de dispositifs anti-sismiques (par exemple amortisseurs).

Le maître d’œuvre doit par ailleurs évaluer la possibilité de mise en œuvre des dispositifs temporaires d’appui
pour les matériels de vérinage, si ce dernier est impossible à partir du sommier ou du chevêtre. Plusieurs pistes,
qui seront détaillées par la suite, sont à examiner :
• soit la mise en place d’une palée devant l’appui, qui demande alors une connaissance de la
stabilité et de la résistance des fondations de l'appui, des dimensions géométriques des se-
melles - qui doivent être suffisantes pour recevoir la palée1 -, de la présence d'éléments à
évacuer pour assurer une assise correcte sur la semelle - par exemple réseaux enterrés en
pied d'ouvrage -, de la bathymétrie en cas d’appui immergé (détection d’affouillements,
d’envasements) ;
• soit la fixation d'un corbeau (ou de consoles) dans le parement de l'appui (mur de front,
chevêtre ou voile), nécessitant une connaissance de la résistance et de l'état réel du béton
pour le dimensionnement des fixations (tirants de précontrainte généralement).

Il convient de rassembler le maximum de ces informations, qui sont en théorie archivées dans le dossier d'ou-
vrage, et de vérifier leur cohérence entre elles (par exemple, comparaison des plans de ferraillage et des dimen-
sionnements d'armatures issus des notes de calcul). L’expérience montre en effet que des détails de mise en
œuvre (par exemple, diamètre d’armature passive) ont parfois pu différer, en phase travaux, des dispositions qui
étaient prévues en phase conception : l’information de récolement devrait donc primer sur l’information de con-
ception, ce qui nécessite par ailleurs une analyse des écarts observés.

2.3 - Données relatives à l’état de l'ouvrage

Il s’agit ici de recueillir des informations contextuelles sur l’ouvrage, par rapport à ses caractéristiques intrin-
sèques, qui viennent d’être évoquées. En effet, la connaissance de l’état exact de l’ouvrage peut conduire à adap-
ter le projet de remplacement des appareils d’appui.

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Si une palée provisoire est envisagée, il faut veiller aux effets induits par cette dernière tels que le décharge-
ment des chevêtres précontraints ou une surcharge excessive excentrée sur la semelle de l'appui.
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2.3.1 - Données issues de la surveillance périodique


Les principales sources d’informations sur l’état de l’ouvrage sont bien sûr les rapports des dernières inspections
détaillées ou les procès-verbaux de visites de surveillance de type IQOA (moins exhaustifs cependant) : ils per-
mettent de connaître l'état réel de l'ouvrage (par exemple le vieillissement du béton armé qui peut avoir modifié
les caractéristiques initiales prises en compte lors des calculs de conception) et de déceler d'autres dysfonction-
nements pouvant être liés au problème observé sur les appareils d'appui. A titre d'exemple on peut citer :
• une mise en butée du tablier suite à un basculement des culées (pouvant entraîner des dé-
formations excessives des appareils d'appui et générer un blocage lors du vérinage),
• une mauvaise étanchéité au droit des joints de chaussée situés à l'aplomb des appareils
d'appui (créant un environnement humide en tête d'appui très défavorable à la tenue dans le
temps des appareils d'appui : oxydation, ou accumulation de boues pouvant entraver le
fonctionnement des appareils, etc.) ;
• fientes de pigeons, (leur présence n'a rien à voir avec l'étanchéité du joint)
• un éclatement de bossage, diminuant la surface d’appui et accélérant la dégradation d’un
appareil d’appui.

Si en outre des investigations spécifiques ont eu lieu sur l'ouvrage, les rapports d’analyse correspondants appor-
tent une précision complémentaire aux informations délivrées par les inspections détaillées ou les visites IQOA,
qui peut soit confirmer une pathologie, soit lever un doute. A titre d’exemple, une caractérisation de l'état du
béton armé déclenchée suite à l’observation de désordres suspects peut, selon ses conclusions, soit confirmer que
des précautions doivent être prises lors de l’opération (manque de résistance notamment), ou au contraire indi-
quer que malgré un état de surface douteux, le béton est sain et n’impose pas de sujétion spécifique.

2.3.2 - Données spécifiques aux appareils d’appui et à leur environnement


En parallèle à ces sources d’informations, une analyse particulière de l'environnement des appareils d'appui peut
être conduite, pour actualiser la connaissance de l’état de l’ouvrage (si la visite est déjà ancienne), ou pour la
compléter (il arrive parfois que les appareils d’appui ne soient pas observés lors des inspections détaillées, et a
fortiori lors des visites IQOA, si les conditions d’accès ont été jugées trop difficiles). Il est en effet déterminant
de connaître exactement la configuration des appareils d’appui, qui doit permettre de qualifier :
• l’état des bossages (en parallèle à la vérification de leur bon dimensionnement par rapport
aux nouveaux appareils d'appui, on pourra vérifier si des travaux de réfection de type ra-
gréage sont nécessaires),
• le fonctionnement de l'évacuation des eaux sur le sommier ou le chevêtre ; si celui-ci est
inefficace, il est indispensable de prévoir de le mettre à niveau lors de l'opération de rem-
placement des appareils d'appui pour pérenniser le fonctionnement des nouveaux équipe-
ments.

Ce type de visite peut nécessiter le recours à des moyens spécialisés tels un endoscope, un nettoyage du sommier
pour dégager les appareils d'appui et les observer dans de meilleures conditions, voire imposer la démolition de
parties non structurelles cachant les appareils d’appui (par exemple, des parements minces ont pu être créés en
avant des appareils d’appui dans certains cas, dans le but de masquer ces équipements aux yeux des usagers).

En complément de la visite qualitative décrite ci-dessus, des données quantitatives peuvent être récupérées à
cette occasion : en particulier, un levé topométrique et un nivellement des zones d'appui, qui permettent de véri-
fier les encombrements et hauteurs libres disponibles pour les appareils d'appui et les bossages. Ces levés ont
vocation à actualiser les données dimensionnelles fournies par les plans au cas où des mouvements se seraient
produits sur l'ouvrage (tassement par exemple). Dans certains cas où les archives sont incomplètes, ces informa-
tions peuvent même représenter la seule source permettant de déterminer la configuration géométrique exacte
des appareils d’appui.

2.3.3 - Données sur l’historique de l’ouvrage


Enfin, la connaissance de l’historique des travaux réalisés sur l'ouvrage qui ont pu modifier d'une part les des-
centes de charge (modification du profil en travers de la voie portée, remplacement du dispositif de retenue,
rechargement de chaussée, etc.) et, d'autre part, la géométrie de l'ouvrage (aménagement de nouveaux bossages
lors d'une précédente intervention sur appareils d'appui par exemple) apporte des informations qu’il est important
d’intégrer dans le projet de remplacement des appareils d’appui, pour une mise en conformité des futurs équipe-
ments avec les conditions réelles d’exploitation et de chargement de l’ouvrage. Ces informations sont à complé-
ter par le dossier de récolement de ces travaux, dans lequel on doit récupérer toutes les données utiles au projet
parmi celles qui sont listées dans la partie précédente relative à la conception de l'ouvrage. Entre autres, il sera
nécessaire d'évaluer les nouvelles charges (théoriquement si les documents le permettent, ou par mesure in situ :

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épaisseur d'enrobé par exemple) pour intégrer ces données actualisées dans les calculs, présence de réseaux de
concessionnaires

La recherche d’informations sur l’historique de l’ouvrage ne doit pas faire oublier la prise en compte à titre con-
servatoire de projets futurs qui pourraient de même affecter le dimensionnement des appareils d’appui à mettre
en place (dans le cas où l’opération de remplacement des appareils d’appui est dictée à court terme par une ques-
tion de pathologie plutôt que par rapport à un réaménagement de l’ouvrage). Il convient de se renseigner auprès
des différents services pouvant être impliqués dans de tels projets (prospective, exploitation, entretien…) et de se
procurer des informations les plus détaillées possibles, puisqu’elles peuvent éventuellement être prises en
compte pour les calculs de dimensionnement des nouveaux appareils d’appui.

2.4 - Données relatives aux superstructures

En plus des contraintes imposées par la nature même de l’ouvrage ou par son état, les superstructures peuvent
également introduire des sujétions, principalement sur la phase de vérinage.

Le maître d’œuvre doit dans cette optique vérifier la présence d'équipements pouvant constituer une gêne pour le
levage du tablier, parmi lesquels on peut citer :
• corniche, corniche-caniveau, garde-corps, bordures de trottoirs,
• joint de chaussée et de trottoir (un démontage préalable, voire une dépose complète, peu-
vent être nécessaire pour libérer le mouvement),
• absence de joint de chaussée apparent au niveau de la chaussée avec continuité de celle-ci
(car il y a toujours un joint, simplement, il est sous l'enrobé)
• dispositif de recueil des eaux sous joint de chaussée (pouvant être lié à la partie fixe -appui
-, et à la partie mobile -tablier-, et donc ne pas accepter de déplacements relatifs de ces deux
parties entre elles).

Cette recherche doit être étendue au relevé des réseaux passant sur ou dans l’ouvrage, qui doit identifier les con-
traintes que ceux-ci peuvent engendrer pour le vérinage : souplesse des réseaux ne bloquant pas la dénivellation,
ou au contraire adaptation temporaire du réseau à réaliser (suppression de fixations pour donner un jeu suffisant,
mise hors service momentanée, démontage complet). Ces travaux sont à la charge du concessionnaire, dans la
mesure où les travaux de remplacement des appareils d'appui sont entrepris dans le but d'une mise à niveau d'un
ouvrage existant. Par contre on doit les informer sur les travaux envisagés pour leur permettre de programmer
leur intervention.

2.5 - Données relatives à l'environnement de l'ouvrage


Enfin, certains facteurs ne dépendant pas directement de l’ouvrage peuvent influencer l’organisation d’une opé-
ration de remplacement d’appareils d’appui, voire orienter des choix techniques majeurs.

2.5.1 - Données de trafic


Concernant les données de circulation et l’implantation de l’ouvrage sur le réseau routier, le maître d’œuvre doit
identifier :
• le volume de trafic supporté par l’ouvrage, dont l’importance peut avoir des répercussions
sur l’organisation du chantier ;
• les contraintes d’exploitation fixées par le gestionnaire de la voie portée : d'une part vis-à-
vis des coupures totales de circulation, indispensables lors du vérinage (plages d'horaires où
une coupure est possible), d'autre part vis-à-vis des restrictions partielles de circulation (par
exemple pour l'accès aux appuis depuis l’extrados par une nacelle à géométrie négative) ;
• les éventuels itinéraires de déviation pouvant assurer un écoulement du trafic dans de
bonnes conditions, en liaison avec les services d'exploitation concernés ;
• les contraintes d’exploitation de la voie franchie, vis-à-vis de l'emprise du chantier en pied
d'ouvrage ;
• les éventuelles limitations de charge en vigueur sur l’ouvrage (si celles-ci sont liées à l’état
des appareils d’appui, leur remplacement peut être une occasion de les revoir).

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guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

2.5.2 - Données sur l’accessibilité de l’ouvrage


Par ailleurs, la configuration générale du site de l’ouvrage détermine les possibilités d’accès aux zones de tra-
vaux. Afin de parer aux risques de chocs de véhicules, il doit être étudié la mise en place de protections appro-
priées. Doivent être étudiées en amont :
• d’une part, les contraintes d'accès en pied d'ouvrage, si l’emprise de celui-ci est située à
l'aplomb d’un espace public ou privé non ouvert à la circulation, d’un terrain non circulable
(relief, encombrements), voire d’une voie fluviale ;
• d’autre part, l’évaluation des facilités d’accès aux appareils d’appui, en vérifiant :
➢ si l’espace autour des appareils d’appui est suffisant pour permettre des manipu-
lations et interventions aisées (indépendamment des dimensions géométriques
par rapport au matériel de vérinage et aux futurs appareils d’appui, déjà abordées
précédemment),
➢ les possibilités de mise en place d’une nacelle ou d’un échafaudage à proximité
de l’appui pour un accès depuis le pied de l'ouvrage,
➢ les possibilités de mise en place d'une nacelle à géométrie négative pour un accès
depuis la voie portée,
➢ les possibilités d’approvisionnement ou d’évacuation du chantier par la voie
franchie (y compris s’il s’agit d’une voie navigable),
➢ les éventuels accès depuis les appuis eux-mêmes (exemple : fûts de pile creux et
aménagés), et leur praticabilité (exemple : portes grippées en bloquant l’accès,
état des échelles d'accès).

2.5.3 - Données environnementales


Enfin, les contraintes climatiques (amplitude thermique à court terme et à long terme, température de pose esti-
mée, gradient thermique dans l’ouvrage) doivent être intégrées au calcul de dimensionnement des nouveaux
appareils d’appui et de vérification de l’ouvrage en phase de vérinage, même si cela n’a pas été fait dans les
études d’exécution originales, la réglementation imposant aujourd’hui la prise en compte de ces facteurs dans le
dimensionnement d’un ouvrage.

Cette liste de données ne se veut pas exhaustive et pourra utilement être enrichie de tout autre élément relevant
d’un cas particulier d’ouvrage qui serait susceptible d’interférer sur le projet.

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guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

CHAPITRE III - CALCULS

Pour élaborer le dossier de consultation des entreprises, il est nécessaire d'avoir la meilleure connaissance pos-
sible de l'ouvrage, de définir clairement des exigences raisonnables sur l'éventuel maintien de la circulation pen-
dant les travaux (hormis les phases de vérinage) et d'indiquer toutes les valeurs réglementaires d'efforts, rotations
et déplacements à prendre en compte.

Les règlements de charges et de calculs à retenir sont les règlements en vigueur pour les ouvrages neufs avec
éventuellement des adaptations pour les appliquer à des ouvrages existants.

Dans le cas où la circulation serait maintenue pendant certaines phases de travaux de remplacement des appa-
reils d'appui, il paraît opportun de procéder à une analyse des charges d'exploitations à prendre en compte. Cette
analyse va tenir compte de paramètres tels que les signalisations de restrictions à mettre en place, les statistiques
du trafic (densité et charges), les possibilités de déviations, la neutralisation de certaines voies de circulation, la
présence éventuelle de gabarit pour trier le trafic.
A titre d'exemple, une période de retour de 7 jours pourrait s'apparenter aux sollicitations de charge des combi-
naisons fréquentes, que l'on pourrait traduire de la manière suivante pour les charges d'exploitation prises en
compte pendant ces phases :

De manière non exhaustive, les points suivants mériteraient une étude soignée :
➢ Calcul de la structure avec les descentes de charges ELS et ELU (sur les structures hyperstatiques,
l'écart entre l'ELS et l'ELU peut être très important vis-à-vis des charges minimales et notamment sur
les culées).
➢ Étude de l'influence des tassements d'appuis.
➢ Recoupement des calculs de descentes de charges avec des pesées de réactions d'appui préalable aux
travaux, en cas de dossier d'ouvrage insuffisant ou d'autres désordres mettant en cause l'hyperstaticité
de la structure.
➢ Possibilité de dénivellation des appuis entre eux pendant les travaux2.
➢ Étude des répartitions entre points d'appui (vérin-cales ou appareils) d'une même ligne d'appui.
Cette étude est délicate pour les structures rigides ayant plus de 2 points d'appui, elle va déterminer les
tolérances en dénivellation transversale pendant les travaux. Il est à remarquer que, comme précé-
demment, il faut appliquer au béton un module d'élasticité instantané majoré.
Concernant ces structures à plus de 2 points d'appui, pour obtenir des résultats raisonnables, il est né-
cessaire d'introduire dans le calcul une souplesse verticale de chaque point d'appui. Concrètement
cette souplesse peut être obtenue par une plaque de caoutchouc placée au droit du point d'appui (vérin,
cale ou appareil).
A titre indicatif, les valeurs de tassement de la norme NF EN 1337-3 sont beaucoup trop importantes,
il faut les réduire de moitié pour les feuillets de 8 et 10 mm et plus pour les appareils de capacité plus
importante. (cf. article 3.4.2 du "guide sur les appareils d'appui en élastomère fretté" du Sétra qui
donne des informations sur ce sujet)
➢ Possibilité d'excentrement des charges par rapport à la ligne d'appui.
Cette étude des appuis est importante car, négligée, il subsiste un risque de désordre non visible sur les
fondations. Les sollicitations verticales devant être examinées en concomitance avec les sollicitations
horizontales.
L'attention est attirée sur les appuis soumis à un vérinage par dédoublement de la ligne d'appui. Dans
le cas de remise en circulation sur un tel dispositif il peut se produire des excentrements très impor-
tants. La solution est de compenser au maximum ces écarts par l'utilisation d'élastomère fretté sur tous
les points d'appui et en dimensionnant ces appareils d'appui provisoires en priorité par la condition li-
mite de stabilité au flambement.
➢ Contrôle des frettages des bossages en béton et de la diffusion au droit des points d'appui.
➢ Contrôle du raidissage de répartition des pièces métalliques et de leur stabilité au flambement et dé-
versement.
➢ Estimation des écarts thermiques pendant les travaux.
➢ La redistribution des efforts horizontaux dans les appuis.

2
Il est prudent de considérer un module d'élasticité instantané du béton supérieur de 20 à 30% de la valeur ré-
glementaire pour tenir compte des réalités physiques de ces matériaux.
11
guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

Le diagnostic est délicat dans la mesure où un excès d’effort horizontal en tête d’un appui peut entraî-
ner des désordres importants dans des parties non visitables de l’ouvrage tel que la liaison d’un fût de
pile avec sa semelle.
- Pour les tabliers sur appareils d’appui en élastomère fretté, le moyen de minimiser ces efforts est
dans la mesure du possible d’augmenter le nombre de feuillets des appareils d'appui (attention au res-
pect de la condition de stabilité au flambement).
- Pour les tabliers fonctionnant avec un système d’appareils d’appui avec concentration des efforts ho-
rizontaux longitudinaux sur des appareils d'appui dits "fixes", le moyen d’optimaliser ces efforts est de
garantir un fonctionnement des appareils d'appui dits "mobiles" avec des coefficients de frottement in-
férieurs à ceux des hypothèses d’origine. Pour obtenir ce résultat soit le nouveau système est plus per-
formant, soit des mesures sont prises lorsque l’on s’approche du seuil limite (nettoyage, graissage,
changement des éléments de glissement, …). Il peut être fait un suivi particulier du comportement des
appuis (inclinomètres, relevés…).
- Pour situer l’importance des dépassements éventuels, il sera donc intéressant de comparer les efforts
horizontaux calculés avec les hypothèses d’origine avec celles des théories plus récentes développées
à l’annexe « Efforts… ». Cette approche théorique aidera à évaluer les coefficients de glissement pos-
sibles et à fixer les seuils d’alerte.

Il paraît souhaitable que toute cette étude préalable (relative à la solution de base du marché) soit jointe par le
maître d'œuvre au dossier de consultation des entreprises.
La validation de cette étude et son analyse critique fait partie des prestations du titulaire du marché.

12
guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

CHAPITRE IV - TECHNOLOGIE

4.1 - Appareil d’appui - principaux types

4.1.1 - Les appareils d'appui souples à base d'élastomère fretté (dénommé aussi caoutchouc)
On peut distinguer 3 générations de ce type de produit :
• Les appareils d'appui à frettage non adhérisé par vulcanisation (Gantois, Lasto, Cargo…).
• Les appareils d'appui à frettage apparent adhérisé par vulcanisation, qui sont été obtenus
par découpage dans une plaque mère.
• Les appareils d'appui couramment utilisés à partir des années 90 à frettage entièrement en-
robé,
dénommés en élastomère fretté pour les deux derniers.

(cf. le "guide sur les appareils d'appui en élastomère fretté" du Sétra).

Ils sont généralement posés sur des bossages inférieurs solidaires des chevêtres ou des sommiers. Le tablier
s’appuie sur eux directement ou par des bossages supérieurs. Ils couvrent une large gamme de descentes de
charge comprises de 100 à 12000 kN environ, voire bien plus dans le cadre de la norme NF EN 1337-3. Les
déplacements horizontaux du tablier possibles de par la déformation de l'élastomère peuvent atteindre plus de la
moitié de la hauteur de l’appareil d’appui sans dommage (cf. fascicule 13 de la 2 nde partie de l'Instruction Tech-
nique pour la Surveillance et l'Entretien des Ouvrages d'Art, ITESOA).

Les bossages inférieurs permettent de surélever les appareils d’appui et de les maintenir hors des souillures et de
l’humidité fréquemment présentes sur les appuis. Les bossages doivent avoir des dimensions en plan supérieures
d’au moins 10 cm. En général à la construction, l’appareil d'appui est posé sur le bossage inférieur qui a été cou-
lé au préalable. Il est, le plus souvent, conjugué avec le bossage supérieur par coulage direct de la structure.

Il est à noter que le terme matage est souvent utilisé de façon abusive, pour désigner des opérations de coulage
gravitaire ou d'injection de produits spéciaux. Le matage proprement dit n'est qu'une solution parmi d'autres et il
est rarement utilisé en construction pour la pose des appareils d'appui en élastomère fretté.

4.1.2 – Appareils d'appui en élastomère fretté comportant un plan de glissement


Dans ce cas, les appareils d’appui en élastomère fretté disposent d’un plan de glissement comportant sur la partie
supérieure, une feuille en PTFE (polytétrafluoréthyléne) sur laquelle vient glisser une feuille en acier inoxydable
fixée sur une tôle en acier. Cette tôle en acier qui est de dimensions supérieures à celles du bloc d'élastomère (10
cm de garde environ transversalement et longitudinalement en rapport aux mouvements attendus) est la partie en
contact avec le tablier.
C'est le type D ou E de la norme NF EN 1337-3.

L’ensemble est, souvent, protégé des poussières par une bande latérale collée sur la tôle d’acier (généralement
cette bande est en mousse d’élastomère).

Ils doivent être maintenus impérativement propres en service, pour éviter les souillures du plan de glissement qui
pourraient nuire à la valeur du coefficient de frottement.

Les déplacements possibles peuvent atteindre plusieurs décimètres.

Ces appareils d’appui (élastomère fretté sans ou avec plan de glissement) ne constituent pas un obstacle au sou-
lèvement ; ils ne sont généralement pas ancrés dans la structure. Leur enlèvement ne nécessite que de soulever
leur propre poids.

Généralement ces appareils d’appui sont remplacés par des appareils d’appui de même type mais éventuellement
de dimensions différentes selon les vérifications théoriques (combinaison d’action à prendre en compte correc-
tement, ce qui n’a pas toujours été le cas à l’origine, en contre partie, les effets différés sont normalement effec-
tués).

13
guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

Attention, le changement avec des appareils d'appui en élastomère fretté de même géométrie peut poser pro-
blème s'il y a plus de deux appareils d'appui sur une ligne. En effet dans ce cas, les blocs d'élastomère sont fabri-
qués avec des tolérances d'épaisseur qui peuvent conduire à mettre en place deux appareils d'appui à la limite
supérieure de la tolérance entourant un appareil à la limite inférieure. Il n'y a donc pas interchangeabilité. Il faut
prévoir un calage de rattrapage.

Il est à noter que la norme NF EN 1337-3 n’autorise pas les appareils d'appui comportant un plan de glissement
pour la prise en compte des mouvements dues aux dilatations de l’ouvrage, cependant cette clause ne semble pas
opposable au cas d’un ouvrage existant (voir aussi la note technique sur l'application nationale de la norme NF
EN 1337-3 – note d'information n°27 de décembre 2006 du Sétra).

4.1.3 – Appareils d'appui à pot


La partie "pot" de ces appareils d’appui est de forme cylindrique, de quelques dizaines de centimètres de dia-
mètre à plus de 1,50 m et de quelques centimètres de hauteur (10 à 20). Dans ce pot est placé un coussin d'élas-
tomère, puis un piston (ou couvercle). L’ensemble assure la répartition des charges sur les interfaces. Par ap-
proximation, le coussin d'élastomère se comporte comme un fluide (pression moyenne actuellement admise
environ 34 MPa à l'ELS) et permet des rotations pouvant atteindre 0,02 rad (0,03 rad avec des coussins plus
épais).

(cf. guide le "guide sur les appareils d'appui à pot" du Sétra).

Ils se présentent sous 3 familles de fonctionnement spécifique :


• Les simples pots, qui remplissent la fonction d'appareil d’appui fixe et celle de rotation (ou
pots fixes).
• Les pots disposant, sur la face supérieure, d'un plan de glissement inox-PTFE qui assure en
plus la fonction de déplacement dans toutes les directions (ou pots multidirectionnels).
• Les mêmes que ci-dessus comprenant en plus un dispositif de guidage, qui permet
d’orienter le sens du déplacement (ou pots unidirectionnels).

Couramment 3 types de guidage sont pratiqués, son axe de glissement est orienté :
• Perpendiculairement à l’axe longitudinal du tablier au droit de l’appui fixe, l'appareil d'ap-
pui bloque les mouvements longitudinaux du tablier et soulage partiellement l’appareil
d’appui fixe de ses efforts horizontaux longitudinaux (guidage orienté vers l'appui fixe dans
le cas des appuis biais).
• Parallèlement à l’axe longitudinal du tablier, ce guidage assure le blocage des déplace-
ments transversaux sur les appareils d'appui glissants, dans le cas d’ouvrages courbes des
efforts de déformation de la structure s’ajoutent aux efforts transversaux dus au vent, aux
chocs et aux forces centrifuges.
• Pour les ouvrages courbes rigides, orienté vers le point moyen de dilatation nulle de
l’ouvrage, afin de réduire les efforts transversaux sur les appuis (cette option impose la
mise en œuvre de joints de chaussée permettant des mouvements transversaux).

En principe, lors de la pose les interfaces appareil d’appui-bossage ont été conjuguées à l’aide de mortier à retrait
compensé, par matage par injection ou par coulage direct de la structure.

Les descentes de charges unitaires courantes sont comprises entre 1000 et 60 000kN.

Ces appareils d’appui ne constituent pas, en principe, un obstacle au soulèvement, mais ils sont parfois ancrés
pour ne pas se déplacer. Leur enlèvement nécessite alors le démontage préalable de leurs ancrages.

Ils sont rarement changés, mais si le cas se présente, des appareils d’appui de même type conviennent a priori.

Certains de ces appareils d’appui sont "auto-vérinables"; c’est-à-dire qu’ils disposent d’orifices permettant une
injection complémentaire sous le coussin du pot. Le recalage ainsi possible d’un tablier peut atteindre quelques
centimètres et peut être réalisé par étapes dans le temps (autant de fois qu‘il y a d‘orifices, en général 3). Il est
aussi proposé une option permettant la mesure de la descente de charge.

4.1.4 – Appareils d'appui métalliques


(cf. NF EN 1337, parties 4, 6 et 7)
Ces appareils d’appui sont de formes et de dimensions très variables. Certains, à plaque métallique, à balanciers
avec contact linéaire ou avec rotule axiale constituent des appuis fixes. D’autres, à rouleau simple ou à rouleaux

14
guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

multiples constituent des appareils d'appui mobiles. Les déplacements possibles sont généralement compris entre
0 et 20 cm. Les tolérances géométriques de pose et de réglage sont inférieures au millimètre. Les consignes
d’entretien pour un fonctionnement satisfaisant sont exigeantes (propreté, lubrification, protection contre la cor-
rosion).

Les descentes de charges unitaires sont comprises entre 500 et 10 000 kN selon les dimensions.

Ces appareils d’appui sont généralement ancrés dans les structures. Ils ne constituent pas d’obstacle au soulève-
ment mais leur enlèvement nécessite au préalable le démontage de leurs ancrages.

Ces appareils d’appui comportent parfois des dispositifs anti-soulèvement. Le démontage de ces dispositifs est
généralement nécessaire avant toute opération.

Lors des travaux sur ces appareils d’appui, la question du remplacement est généralement posée. Il n’y a pas de
réponse automatique a priori ; chaque solution a ses avantages et ses inconvénients.

La remise en état des appareils d’appui existants est généralement possible (le foisonnement de l’acier est spec-
taculaire et souvent après nettoyage, on constate que la perte de matière est infime). Elle présente l’avantage de
ne pas nécessiter de nouveaux appareils et l’inconvénient de conserver un mécanisme qui nécessite un grand soin
à la repose ainsi qu’un entretien soigneux.

Le changement par des appareils d'appui en élastomère fretté ou à pot présente l’inconvénient majeur de modi-
fier la forme des bossages, pour les ouvrages métalliques le remplacement par des appareils d‘appui métalliques
n‘est pas à exclure, les avantages et inconvénients correspondants étant à analyser. 3

4.1.5 – Appareils d'appui en béton


Ces dispositifs peuvent être classés en deux catégories. La première inclut tous les cas où le tablier est en contact
avec l’appui directement ou par intermédiaire d’une interface en mortier. Cette disposition permet la transmis-
sion des descentes de charges mais ne permet pas de déplacement.

Lorsque les faces en regards sont correctement réalisées, la rotation est possible. Les tolérances géométriques de
ce genre de dispositif sont variables, de l’ordre de grandeur d’1 cm.

Dans ces cas, rien au niveau de l’appui ne s’oppose au soulèvement.

La seconde inclut les articulations et les sections rétrécies. Ces dispositions permettent les descentes de charges
et les rotations. Lorsqu’elles sont doublées verticalement elles permettent également les déplacements.

Dans les deux cas, le soulèvement nécessite transfert de charges et sciage.

Il est souvent difficile de faire la différence entre un contact simple et une articulation surtout lorsque l’on ne
dispose pas de plan.

Ces appareils d’appui sont généralement remplacés par des appareils d’appui plus modernes. 4

4.1.6 - Autres appareils d'appui


La nouvelle norme appareils d’appui structuraux propose outre les appareils en élastomère fretté et les pots, les
appareils d’appui à rouleaux et les balanciers à contact linéaire ou sphérique évoqués ci-avant. Un autre type
d’appareil est proposé dans la partie 7 de cette norme consistant à insérer entre 2 balanciers une surface conju-
guée de glissement inox-PTFE cylindrique (fonctions de point fixe et de rotation unidirectionnelle) ou sphérique
(point fixe et rotation multidirectionnelle). Comme pour les appareils à pot, ce dispositif peut être superposé par
un plan de glissement pour assurer la fonction de déplacement ainsi qu’un dispositif de guidage.

Le domaine d’emploi de ce type d’appareils d'appui est à réserver au cas spécifique des ouvrages à mouvements
de rotation très importants (hors du domaine des appareils d'appui à pot). Ainsi, ils remplacent les appareils à pot
dans les cas suivants :
• Rotations excédant une amplitude de 0,005 rad sous l’effet des combinaisons d’action fré-
quente.

3
Lorsqu'il est envisagé de changer de type d'appareil d'appui, il convient de procéder à un re-calcul complet de la
structure en tenant compte des caractéristiques des nouveaux appareils d'appuis
15
guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

• Rotations globales excédant 0,03 rad.


• Ouvrages souples très sollicités par un trafic lourd (ouvrages métalliques ferroviaires par
exemple), où, pour les appareils d'appui à pot, il est à craindre une usure prématurée des
joints périphériques du coussin (ce qui ne dispensera pas de prévoir l’usure des PTFE cy-
lindrique ou sphérique et de les remplacer!).

4.2 - Vérins

4.2.1 - Généralités
La force nécessaire pour soulever les tabliers est obtenue par la mise en pression d’un fluide hydraulique à
l’intérieur d’un vérin. Deux grandes familles de vérin sont utilisées : ceux à corps rigide (le pot) avec un piston
mobile, et ceux à corps déformable en tôle, appelés vérins plats.

4.2.2 - Principales caractéristiques

Vérin à piston
Il existe deux types de vérins à piston :
• Ceux qui sont conçus pour se glisser dans les espaces de faible hauteur ; leur hauteur est
faible (5 à 10 cm) par rapport à leur diamètre (20 à 50 cm). Les trois principaux consti-
tuants sont le corps, le piston et, entre les deux, le joint (ou le segment). La course du piston
est faible (2 à 5 cm environ). Ils ne disposent pas de dispositif de sécurité. Un calage indé-
pendant est obligatoire.
• Ceux qui sont conçus pour permettre des soulèvements plus importants. Leur hauteur (15 à
50 cm) est supérieure à leur diamètre (10 à 30 cm). Ils peuvent être équipés de dispositifs
de calage, appelé "écrou de sécurité" (l’extérieur du piston est fileté et une bague peut être
vissée pour venir en butée sur la partie supérieure du pot du vérin). Ce dispositif permet
d'une part de suivre les mouvements pendant les vérinages et d'arrêter le mouvement en cas
de fuite du circuit hydraulique et d'autre part de servir de point de calage après vérinage.

Les vérins à piston sont "rigides" et n’admettent pas les rotations ; pour contourner cet inconvénient, ils peuvent
être posés sur une feuille d'élastomère et équipé d’une tête rotulée. Selon les précautions d'utilisation, ils sont
généralement employés avec des pressions maximales de l'ordre de 400 à 500 bars (le matériel est conçu pour
700 ou 1 000 bars).

Vérin plat
Les vérins plats sont conçus pour se glisser dans des espaces de très faible hauteur. Leur épaisseur est très faible
(25 à 30 mm) par rapport à leur diamètre (10 à 92 cm, la forme rectangulaire avec les coins arrondis ou d'autres
est possible). Ils sont constitués de deux tôles minces embouties soudées à leur périphérie, ce matériau est sen-
sible aux surpressions et irrégularités de surface, ce qui a parfois engendré une rupture brutale de l'enveloppe
dont la pression doit être limitée à environ 150 bars. Un déplacement de 20 à 25 mm maximum (égale à l'épais-
seur du bourrelet) est obtenu par un écartement des tôles lors de la mise en pression de l’huile. Ils sont défor-
mables et admettent les rotations (en fait, ils s'adaptent aux surfaces des interfaces).

Outre leur fragilité, ces vérins, surtout lorsqu'ils sont couplés, présentent d'autres inconvénients ; il est difficile
de connaître avec exactitude les forces exercées car ils se déforment au cours de la montée, et il est parfois diffi-
cile de maîtriser les opérations de descente car le retour à la forme d’origine n’est pas possible. Comme pour les
vérins à piston de faible hauteur, ils ne disposent pas de dispositif de sécurité. Un calage indépendant est obliga-
toire. Leur dépose nécessite une pompe à vide pour dégager la tôle du vérin de ses appuis.

Il est arrivé que de tels vérins soient intégrés à des bossages définitifs après injection par un coulis de ciment ou
une résine. Cette disposition est rare et peu conseillée (risque de corrosion ultérieure de la tôle et de fluage de la
résine).

4.2.3 - Positionnements
L’emplacement des vérins est fonction des aspects physique et mécanique.

L’aspect physique concerne l’espace disponible. Il doit y avoir une hauteur libre suffisante entre le dessus de
l’appui et le dessous du tablier sur une surface permettant de disposer le ou les vérins qui sont capables de four-

16
guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

nir la force nécessaire et suffisante pour soulever le tablier. Cet aspect peut être vérifié par des mesures dimen-
sionnelles sur place. Il devra être tenu compte de l'encombrement du calage.

L’aspect mécanique concerne la possibilité d’application d’effort localisé, aussi bien pour l’appui que pour le
tablier. Cet aspect nécessite de disposer des plans de coffrage, de ferraillage, et de la charpente métallique 4/5
suivant le cas, ainsi que des notes de calculs, ou de réaliser des investigations et de mener des calculs.

Le dossier de récolement, lorsqu’il existe, permet de vérifier ces deux aspects.

Lorsque l’ouvrage dispose d’emplacements de vérinage, l’aspect physique est généralement réglé, et il est pos-
sible de penser que l’aspect mécanique l’est également, c’est généralement le cas, mais pas toujours, et la vérifi-
cation à l’aide du dossier, ou d’investigation et de calcul, est toujours nécessaire.

Dans le cas où aucun emplacement n’est prévu, ni possible à proximité des appareils d’appui, il est nécessaire
soit d’en créer, soit d’en choisir aussi peu éloigné que possible des appareils d’appui, généralement dans l’axe
des appareils d’appui ou dans les axes parallèles à l’axe longitudinal du tablier passant par les appareils d’appui.
Quelquefois, il est nécessaire de créer des corbeaux fixés sur les appuis, voire même des appuis provisoires pla-
cés devant l’appui existant et de renforcer le tablier pour encaisser les efforts concentrés appliqués ainsi que les
moments et les efforts tranchants générés transversalement ou longitudinalement.

4.2.4 - Mise en œuvre


Les vérins doivent être manipulés avec précaution, même si leur masse n’est pas négligeable (au minimum
quelques dizaines de kilogrammes pour les vérins à piston) car ils sont équipés de raccords qui ne supportent ni
chocs, ni souillures (sable, humidité…). Il en est de même des flexibles hydrauliques et des capteurs de pression.

Leur surface de pose doit être plane et horizontale, à défaut une plaque de répartition ou un bossage provisoire
peut être utilisé. Le piston doit être parallèle à l’intrados du tablier, un angle de quelques degrés doit être com-
pensé par une rotule.

Le rattrapage de jeu se fait par des plaques de tôles de différentes épaisseurs. Des plaques confectionnées avec
d’autres matériaux, (béton, bois, élastomère, matériaux synthétiques…) peuvent également être utilisées.

Le raccordement hydraulique se fait généralement par flexible, à l’aide de raccords rapides. Chaque vérin dis-
pose d’un branchement indépendant qui le raccorde à une pompe, une centrale hydraulique, ou à un distributeur.

On rencontre les deux situations suivantes : vérins avec calage de sécurité, vérin sans calage de sécurité.

Dans le cas où les vérins n’ont pas de calage de sécurité, un emplacement réservé à cet effet doit être prévu à
proximité de chaque vérin, et cet emplacement doit répondre aux mêmes exigences que celles où sont placés les
vérins (essentiellement sous l’aspect mécanique). Des cales doivent être approvisionnées et mises en œuvre au
fur et à mesure de soulèvement (ou enlevées au cours de la phase de descente). Elles servent d’appareil d’appui
provisoire dès la fin du vérinage. Les cales les plus utilisées sont des plaques métalliques, d’autres matériaux
peuvent être choisis, (béton, bois, matériaux synthétiques…). Leur état doit être vérifié avant utilisation (résis-
tance, intégrité physique, planéité). L’empilement doit présenter une section constante.

Lorsque les dilatations ou les rotations du tablier sont possibles pendant la durée du soulèvement, des dispositifs
de glissement ou de rotation doivent être intercalés dans l’empilement qui reprend la charge. Les dispositifs de
glissement les plus fréquents sont des plaques en inox –PTFE, les dispositifs de rotation sont constitués de ro-
tules métalliques, sinon de blocs en élastomère ou à base de matériaux synthétiques.

4.3 - Levage

4.3.1 - Préparation
Les vérins sont mis en place, correctement calés, raccordés individuellement à leur alimentation en huile. La
conformité du montage des circuits hydrauliques est vérifiée.

4
Dans les structures métalliques il faut distinguer les espaces utilisés lors du montage des emplacements prévus
pour le vérinage.
5
Attention à la déformation transversale des pièces métalliques si les points de vérinage sont excentrés par rap-
port aux appuis
17
guide d'aide à l'élaboration d'un DCE de changement d'appareils d'appui - version 4.2 du 29 juin 2007

Les dispositifs de sécurité sont vérifiés.

La pression d’huile est mesurée sur chaque vérin (ou groupe de vérins), à l’aide d’un capteur de pression, cette
information est centralisée.

Le déplacement à proximité de chaque point de levage est contrôlé à l’aide d’un capteur de déformation, cette
information est centralisée.

S’il s’agit de la levée d’une extrémité de tablier, la vérification de la libération du tablier est effectuée : joint de
chaussée etde trottoir, trottoir, bordure, corniche, dispositif de retenue (barrière, garde corps,…), conduites et
réseaux divers (dans le trottoir ou l’ouvrage, sous le tablier, …), dispositif anti-soulèvement, …

La commande de l’alimentation des vérins est centralisée à l’endroit où sont envoyées les informations concer-
nant les pressions et les déplacements.

La circulation est coupée (si cette coupure est prévue).

4.3.2 - Principes
Il convient en premier lieu de définir si le pilotage est fait en pression ou en déplacement.

Généralement, le principe adopté est de travailler par ligne d’appui et de déplacer le tablier parallèlement à sa
position d’origine (cas par exemple de changement d’appareils d’appui sans intervention sur les bossages).
Quelquefois il est nécessaire de faire une dénivellation transversale, ou de lever plusieurs lignes d’appui simulta-
nément voire l’ensemble du tablier.

Dans tous les cas les informations concernant les pressions et les déplacements sont centralisés à l’endroit où
sont situées les commandes d’alimentation des vérins et il est conseillé de suivre sur place la progression régu-
lière des différents paramètres et de les enregistrer.

Le programme de vérinage doit être établi préalablement ; il comprend notamment les altitudes et les pressions
finales qui doivent être atteintes et les paliers intermédiaires avec les tolérances admises à chaque étape, ainsi
que la conduite à tenir en cas d’anomalie (fuite, déplacement excessivement rapide ou lent d’un ou plusieurs
points, montée rapide ou chute de pression,…)

Les paliers permettent des contrôles intermédiaires, la mise en place de calage de sécurité, quelquefois un reca-
lage des vérins,…

Lorsque le nombre de points de levage est élevé (supérieur à 5 par exemple) ou la structure du tablier fragile (tel
que les entretoises précontraintes de structure type VIPP de première génération), il peut être nécessaire de pré-
voir d’automatiser les opérations. Dans le cas d’utilisation d’automatisme, la vérification préalable du matériel,
des logiciels, … est nécessaire.

4.3.3 - Déroulement

Phases de soulèvement
Le matériel a été mis en place, les vérifications préalables nécessaires ont été réalisées, le responsable des opéra-
tions est au poste de commande, les opérateurs sont aux emplacements prévus pour réaliser les calages de sécuri-
té.

On distingue 3 phases :
- phase 1 : Au début, les choses se mettent en place, l’alimentation des vérins permet de faire le rattrapage des
jeux, les pistons se déplacent (ou les vérins plats se déforment), les pressions passent d’une valeur nulle à une
pression initiale.

- phase 2 : Au cours de la phase suivante, le transfert de charge s’opère. Ce transfert est progressif et
s’accompagne d’un léger soulèvement dans le cas des appareils d’appui en élastomère fretté. Il est plus rapide
dans les autres cas (déplacement nul).

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Dans le cas d’articulation par section rétrécie de béton, c’est à la fin de cette phase, après mise en sécurité que le
sciage (ou l’hydro-démolition) peut être réalisé (il est nécessaire de s’assurer que la charge théorique est reprise
par les vérins).
La fin de cette phase correspond à un point d'arrêt. L'analyse des premiers enregistrements, suivie éventuelle-
ment d'un rééquilibrage afin de se rapprocher des valeurs théoriques, permet alors de déterminer la technique
retenue pour la suite, pilotage en pression ou pilotage en déplacement.

- phase 3 : Ensuite il est effectué une montée en principe uniforme, piloté soit en pression soit en déplacement,
palier par palier avec contrôle de régularité à chaque palier. Le palier final atteint, il est éventuellement procédé à
un nouvel équilibrage, puis le tablier est transféré sur le calage extérieur ou les écrous de sécurité des vérins.

Les travaux prévus : changement des appareils d’appui, réfection des bossages,… peuvent avoir lieu.

Lorsque les conditions le permettent (faible dénivellation, trafic léger) et que des précautions ont été prises
(plaques sur les emplacements des joints démontés, …) la circulation peut être autorisée.

Phase de descente
Après réalisation des travaux, les opérations de descente peuvent avoir lieu.

Ces opérations demandent les mêmes précautions que celles du soulèvement. Elles se déroulent généralement
plus facilement, cependant une imperfection au niveau des nouveaux appareils d'appui (ou des tassements hété-
rogènes de l'appareil d'appui en élastomère fretté) peut nécessiter un re-vérinage et recalage des nouveaux appa-
reils d'appui.

Une difficulté particulière peut apparaître pour le démontage des vérins si le tassement du nouvel appareil
d’appui a été sous-estimé ; il y a alors risque de blocage. Il est donc conseillé de prévoir une marge sde sécurité
Il est donc conseillé de prévoir une marge de sécurité pour la course des vérins.

4.4 - Bossages
Bien qu'il existe un nombre important de produits disponibles sur le marché, l'usage de produits spéciaux à base
de liants hydrauliques est conseillé. En effet, les résines présentent plus de difficulté à la préparation, ont un
coefficient de frottement nettement plus faible et sont plus onéreuses.

4.4.1 - Réfection des surfaces


L’intervention sur les bossages peut parfois se limiter à la réfection des surfaces. Dans ce cas, on se limitera à
repiquer délicatement la surface des bossages existants, de façon à obtenir une surface globalement plane et
horizontale et légèrement rugueuse pour favoriser l’adhérence des produits de calage.

a) Pour le bossage inférieur, après un coffrage périphérique du pourtour, on vient couler un produit de calage
(dont la granulométrie des charges est compatible avec l’épaisseur à rattraper) de consistance suffisamment
fluide. –

b) Pour le bossage supérieur, il faut utiliser une plaque rigide (d'une épaisseur au moins égale à 12mm). La solu-
tion habituelle consiste à prendre une plaque métallique protégée contre la corrosion et injecter l’interface entre
la plaque et l’ancien bossage. Cette disposition nécessite soit un repiquage d’épaisseur égale à celle de la plaque
majorée de celle du produit de recalage, soit une modification de l’altitude du tablier.

4.4.2 - Reconstitution des bossages


Il est parfois nécessaire de reconstituer de nouveaux bossages (ancien bossage en mauvais état, modification
d’altitude,…)

L'emploi de mortiers à liants spéciaux à retrait compensé permet de réaliser avec soin des bossages avec de très
bonnes résistances au jeune âge. Couramment une valeur acceptable est obtenue pour une mise en pression dès
18 H, et ces produits atteignent plus de 50 MPa à 24 H. Il est possible d'employer des produits encore plus ra-
pides, mais la mise en oeuvre est plus délicate : par exemple : 20 MPa à 4 H, 25 MPa à 6 H, 30 MPa à 10 H mais
avec une température ambiante d'au moins 18°C.

a) Pour les bossages inférieurs, après enlèvement du bossage existant et repiquage de la surface, la solution pré-
fabriquée peut être préférable au coulage en place pour faciliter l’exécution, l’obtention d’une résistance suffi-
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sante dans un délai réduit et de surfaces planes. La pose de ces bossages préfabriqués est ensuite réalisée à l’aide
de produits de calage.

b) Pour les bossages supérieurs, l’utilisation de plaques métalliques rigides protégées contre la corrosion, par
exemple plaques galvanisées à chaud ou en acier inoxydable est plus aisée pour la mise en œuvre que des bos-
sages préfabriqués. Elles peuvent être matées, calées ou injectées pour rattraper les irrégularités de la sous face
de la structure.
Une autre solution consiste à confectionner les nouveaux bossages en surélevant le tablier de l'épaisseur de la
plaque de coffrage préalablement enduite d'un produit de démoulage et de retirer cette plaque par léger revé-
rinage après obtention d'une bonne résistance des bossages.

c) Dans le cas d’ouvrages métalliques, le contact entre l’appareil d'appui et le dessous du tablier se fait par une
cale métallique biaise confectionnée sur mesure aux cotes exactes. Lors d’interventions sur les appareils d’appui
il est conseillé de laisser la plaque existante si elle convient en surface, en position et en épaisseur. Si elle ne
convient pas, on la remplace ou on la complète par une plaque additionnelle. Cette plaque additionnelle est faite
sur mesure c’est-à-dire généralement également biaise ce qui est préférable. Un réglage par injection de résine
(risque de fluage de la résine d’injection en épaisseur variable) est déconseillé.

4.4.3 - Environnement des bossages


Il est rappelé tout l'intérêt qu'il y a de profiter de l'opération de remplacement des appareils d'appui pour mettre à
niveau le système d'assainissement en tête d'appui : vérification de la bonne tenue de l'étanchéité au droit des
joints de chaussée, création de rigoles, aménagement d'une pente sur le sommier, étanchéité sur le sommier,
traitement correct des dispositifs d'évacuation des eaux,…

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CHAPITRE V - CONSTITUTION DU PROJET DE MARCHE

6.1 - Objectifs du projet de marché

L’établissement du projet de marché relatif à des travaux de vérinage suppose qu’un certain nombre d’études
préalables ont été effectuées par le maître d’œuvre ; en effet, dans le cadre d’une saine concurrence, il est impos-
sible de juger des offres sur certains aspects engageant la structure existante comme le choix des points de vé-
rinage ou le choix du type d’appareils d’appui pour deux raisons principales :
• Le temps imparti pour la remise des offres ne permet pas aux entreprises de s’approprier
suffisamment le projet pour vérifier la structure dans ses détails et présenter les justifica-
tions à l’appui de l’offre,
• Certains choix techniques engagent l’intégrité de la structure en cours et après travaux
alors que l’engagement de l’entreprise ne porte que sur les travaux qu’elle effectue au titre
du marché.

Pour autant, le projet d’exécution de l’entreprise doit comprendre la justification de la totalité des travaux effec-
tués, en particulier les renforcements de structure s’ils sont nécessaires même si le maître d’œuvre a effectué les
pré-dimensionnements correspondants.

Par ailleurs, le choix de la méthode de vérinage doit être laissé autant que possible à l’initiative de l’entreprise
étant entendu que les contraintes d’exécution et les tolérances doivent être parfaitement et clairement définies au
CCTP. Par exemple, les entreprises sont aujourd’hui en mesure d’effectuer des vérinages dits "assistés par ordi-
nateur" : il s’agit bien là d’un procédé d’exécution ou "moyen" qui est au choix de l’entreprise alors que le
maître d’œuvre, pour sa part, prescrit seulement les "résultats" à atteindre en terme de tolérances de levage, ou de
mesure de déplacements ou de suivi des réactions d’appui.

6.2 - Contenu du projet

Afin de rédiger un dossier de consultation des entreprises pertinent et de permettre une saine concurrence, les
aspects techniques à développer au titre du projet, préalablement à l’établissement du projet de marché sont donc
les suivants :
• points de vérinage, vérification de la structure en phase de vérinage avec ou sans exploita-
tion,
• vérification des appuis (piles et culées) au cours du vérinage,
• tolérances géométriques de déplacement relatif longitudinal ou transversal pendant le vé-
rinage,
• nature des appareils d’appui et pré-dimensionnement,
• éventuellement, réactions d’appuis à atteindre,
• pré-dimensionnement des renforcements de structure,
• pré-dimensionnement des consoles de vérinage et de leurs ancrages.

6.3 - Points à contractualiser


Les points à contractualiser au projet de marché sont alors les suivants :
• éventuellement, les hypothèses pour le dimensionnement des nouveaux appareils d'appui
conformément aux tableaux de l'annexe B de la NF EN 1337-1. Il est important de préciser
le contenu de ces tableaux en indiquant des valeurs concomitantes pour les efforts verticaux
et horizontaux et les rotations correspondantes.
• points de vérinage,
• types de renforcements de structure (avec pré-dimensionnement).
• tolérances géométriques longitudinales et transversales,
• contraintes d’exécution : horaires, charges admises,
• densité des points de contrôle de dénivellation, centralisation et compilation des résultats,
• types d’appareils d’appui et principes de pose,

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• suivi du vérinage et des ouvrages provisoires avec désignation d’un "Chargé des Opéra-
tions de Vérinage" ayant les attributions du Chargé des Ouvrages Provisoires (au sens du
Fascicule 65A).
• Tolérances sur le vérinage. Principes

6.4 - Propositions à attendre de l’entreprise

A l'appui de son offre, l'entreprise propose dans son mémoire technique les points suivants :
• les produits et composants utilisés,
• les matériels de vérinage,
• le phasage des travaux,
• les moyens de mesures, de contrôle interne et de la compilation des résultats de mesures,
• les justifications des ouvrages provisoires suivant leur nature.

Si nécessaire si la possibilité est offerte au CCAP, certains de ces compléments pourront être contractualisés au
CCTP.

6.5 - Contenu du projet d’exécution

L’entreprise effectue le projet d’exécution des travaux qu’elle réalise et produit toutes les justifications pour :
• les renforcements de structures (notes de calcul et plans),
• les ouvrages provisoires,
• la justification des structures définitives aux efforts pendants la phase de levage 6,
• la justification des structures vis-à-vis des efforts locaux appliqués au cours du vérinage,
• la justification des bossages et appareils d’appui définitifs,
• la justification des cales et vérins pendant le levage.

6.6 - Autres aspects techniques du projet de marché et contraintes

Au delà du vérinage proprement dit, différentes natures de travaux doivent être évoquées au projet de marché et
concernent (à titre d’exemple, non exhaustif) :
• la préparation,
• les dispositifs d'accès provisoire,
• les terrassements,
• le génie civil (béton armé),
• les renforcements, adaptations de charpente métallique,
• la protection anti-corrosion,
• les équipements divers,
• Les dispositions vis-à-vis du trafic, des lignes électriques, le trafic des trains,…

Le CCTP et le BP types présentés ci-après ne concernent que les travaux de vérinage proprement dits ainsi que
certains aspects liés aux ouvrages provisoires nécessaires au vérinage.

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En ce qui concerne la justification de la structure pendant la phase de levage, la nature des justifications à de-
mander à l’entreprise fait l’objet d’une analyse au cas par cas suivant la complexité et la nature de l’ouvrage et
des travaux. Par exemple, s’il s’agit de soulever un ouvrage courant prévu pour le vérinage, une telle justification
n’est pas nécessaire a priori…
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