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Introduction :

S 1. Notions d’institutions internationales


L’institution :

• désigne un phénomène établit par l’homme par opposition à ce qui est établit par la nature

• sa caractéristique c’est qu’elle est susceptible d’une certaine permanence, d’une certaine
stabilité.

• Elle désigne également un régime juridique particulier régissant une situation donnée
d’institution du monde.

• Les principaux organes définis par le droit constitutionnel d’un pays et leur mode de
fonctionnement (les institutions de la république tunisienne)

Univerationels (ADJ) :

• Ce qui concerne le rapport des nations entre elles

• Ce qui ne relève pas de droit interne

Internationale :

• Elle a été inventé en 1789 par un philosophe et juriste anglais (J, Bentham) qui opposait dans
son ouvrage « an introduction to the principals of moral and legislation » ; institional law,
national law, municipal law.

• Il y avait avant Bentham d’autres expressions pour désigner le rapport entre les Etats :

• « le droit naturel / le jus gentam» en droit grecque

• en droit romain le changement de la terminologie s’explique par l’apparition de l’Etat


moderne, de l’Etat nation, de l’Etat qui se définit par sa base nationale qui est une nation.

• Les institutions internationales sont les règles juridiques ainsi que les
structures ou les organisations communes à plusieurs ou à tous les
Etats.
• Les institutions sont alors les éléments constitutifs de ce qu’on
appelle la société internationale
• Jean Charpentier « les institutions internationales désignent à la fois les organismes qui
composent la société internationale et les règles de droit qui régissent leurs rapports »

SS I. Délimitation du champ d’Etude


• Etude des normes instituant les relations internationales

Les relations internationales :

• Marcel Merle « les flux de toutes origines et de toute nature qui traversent ou qui tendent à
traverser les frontières »

• Rapports interétatique : mettant en rapport les Etats à travers leurs organes (rapport
diplomatique, traités...)

• Rapports transnationaux : des rapports internationales entre individus ou groupes qui relèvent
d’Etats différents mais qui n’empruntent pas les canaux interétatiques (relations commerciales,
échange intellectuels, circulations des infos...)

• Etude qui insiste sur la dimension juridique des relations


internationales

• C’est une étude juridique

• L’étude des institutions internationales regroupe le droit international qui a pour objet d’étudier
les règles juridiques applicables à la société internationale

• Ainsi le droit international détermine le contenu des règles, leur interprétation et dans quelle
mesure elles sont appliquées.

• Mais, à la différence du droit internationale, l’étude des institutions internationale ne porte


pas sur les règles de fondement des relations internationales, c’est plutôt un enseignement
d’initiation qui sert à repérer les grandes questions juridiques internationales.
• L’étude des institutions internationales insiste sur la dimension juridique des relations
internationales

• Une dimension qui se justifie en raison du développement constant du domaine matériel des
relations internationales.

• Mais la dimension juridique reste incomplète et partielle en raison de :

• Chaque Etat cherche à exercer sa souveraineté dans sa plénitude et de


supporter difficilement la contrainte extérieure : la société internationale est
décentralisée

• L’Etat est à la fois la source du droit international et son objet : une certaine
précarité de cette soumission de l’Etat à l’ordre juridique international

• La divergence des interprétations du droit international en fonction des intérêts


étatiques

• Lorsqu’un Etat estime qu’à la réalisation de la règle à laquelle il s’est engagé ne


satisfait plus ses intérêts, il a tendance notamment s’il s’estime puissant à faire
recours soit à la réinterprétation du contenu de la règle, soit à la contestation
de son application à une situation déterminée : le droit international est
subordonné à la politique et les rapports de puissance sont omniprésents (selon
le professeur P.M Dupuy)

Donc, nécessité d’intégrer une dimension relationnelle, c’est-à-dire une approche d’une relation
internationale ou d’une étude internationale

• C’est-à-dire en revenant au fait à la réalité et pour appréhender les phénomènes


internationaux, ces approches pluridisciplinaires puissent dans différentes sources non pas
uniquement juridiques, mais également économiques, sociales, historiques, géographiques

S 1. Les caractéristiques des institutions internationales

• Les institutions internationales s’insèrent dans une société internationale.

La société internationale :
• La société est L’ensemble des individus entretenant des rapports qui peuvent être des rapports
de lutte ou de coopération de conflit ou de solidarité

• Toute société s’excrète du droit qui va la régir « ubi societas jus », c’est le cas de la société
internationale.

• La société internationale est « l’ensemble des sujets reconnues à une époque donnée par le
droit internationale » (Bedjaoui)

• Il existe une différence de nature entre cette société internationale et la société interne et c’est
cette différence qui permet de percevoir la différence entre les institutions internes et les
institutions internationales.

• Distinction entre institution interne et institution internationale :

Critères de Institution Interne : Institution


comparaison :
Internationale :
• Structure de • Structure hiérarchisée : la • Identification entre
la société : distinction entre gouvernants et gouvernés
gouvernants et gouvernés • Les gouvernés sont les
• Les gouvernés sont des Etats et les organisations
individus (personnes internationales qui sont
physiques) et des nombreux d’où la
groupements (personnes difficulté de leur appliquer
morales) des règles uniformes.
• Dans une société ces • résistance aux sanctions
gouvernés représentent les • Les gouvernants sont les
majorités gouvernées par Etats et les organisations
une minorité. internationales eux-
• C’est-à-dire les mêmes qui se mettent
gouvernants sont d’accord pour impose un
soumis au droit. certain ordre dans la
• Les gouvernants sont société internationale, ils
une minorité qui exercent leurs fonctions
s’approprie la fonction via les traités de manière
de commandement du qui servent leurs intérêts
groupe et imposent un propres.
ordre social à la majorité • Ce sont les Etats qui créent les
écrasante de la société normes internationales (la
• Normalement ce groupe coutume ou de traités) et ce
exerce ses fonctions dans sont les Etats qui sont les
l’intérêt général et non dans destinataires.
l’intérêt personnel. • Il n’a pas de distinction entre
• Le pouvoir des gouvernants autorité constituante et
est répartit entre ces constituée.
différentes titulaires selon • Participation de chacun des
un ordre hiérarchisé Etats à toutes les fonctions de
déterminé par la constitution la société internationale.
ce qui permet de limiter le • Le pouvoir est donc dispersé
pouvoir entre égale souveraineté et il
• C’est la distinction n’existe d’autorité centrale sur
fondamentale entre tous les Etats.
« autorité constituante » et
« autorité constituée ».
• Règle de • Selon Jean • Pour l’utilité : les règles
droit : Charpentier : utiles à tous les Etats et
• Fondement du • L’utilité de la règle : étant donc universelles rares.
caractère basée sur la solidarité • Pour la validité de la règle :
obligatoire unissant les gouvernés en l’absence d’un
d’un même Etat. législateur international
• La validité de la règle : « les règles de droit liant
étant élaborée par dans les Etats procèdent de la
le respect des conditions volonté de ceux-ci » (Cour
de forme (respect de la permanente de justice
procédure de son internationale, arrêt rendu
élaboration) et de fond dans l’affaire du Lotus,
(conformité aux règles de 7/1/1927).
droit supérieures) • La formation des règles
est :
• Soit spontanée par la coutume
= difficile à connaitre + preuve
difficile à rapporter.
• Soit conventionnelle par la voie
de traités = elle ne s’impose
qu’aux parties.
• Technique • L’élaboration des règles est • Elles restent « primitives » (Jean Charpent
des mises en confiée au législateur (lois) ou • de législateur international qui
œuvre à l’administration édicte la loi de manière
(règlements) : unilatérale, il n’existe pas de
• La constatation des hiérarchie entre les organes
infractions est effectuée Absence législateurs.
par le juge • Une décentralisation
• L’exécution des règles est normative, ce sont les Etats qui
assurée par la force participent ensemble à son
publique élaboration, ils édictent les
règles de droit international
par un accord des volontés.
• L’accord de volonté revêt deux
formes :
• Une forme écrite : le
traité : un accord de
volonté destiné à produire
ceux qui l’ont reconnu
comme tel est accepté.
• Une forme non écrite : la
coutume :
• Un élément
matériel qui
procède de la
volonté des Etats
(une pratique
répétée,
fréquente et
constante)
• Un élément
psychologique ou
« l’opiro juris »,
c’est-à-dire la
conviction que
cette pratique
correspond au
droit et son non-
respect constitue
une violation
d’une règle
obligatoire.
• Ce qui explique l’égalité des
sources (article 38 du statut de
la CIJ) et l’égalité des règles en
droit internationale
• Faute de hiérarchie entre les
organes législateurs, les règles
du droit international ne sont
pas hiérarchisées.
• Absence de juge obligatoire
chargé de réprimer les
infractions aux règles de DIP.
• Ces infractions ne sont
constatées par un juge que
si l’auteur de l’infraction
accepte de comparaitre
devant lui (article 36 prg 2
du statut de la CIJ pour la
clause facultative de la
juridiction obligatoire)
• Une base consensuelle au
pouvoir des instances
juridictionnelles comme pour
l’arbitrage.
• Aujourd’hui : une prolifération
des juridictions internationale
et une diversification de leurs
champs de compétences :
• Des juridictions
universelles permanentes :
CIJ créée en 1945, CPI
créée par le statut de
Rome du 17/07/1998
• Des juridictions régionales
permanentes : Cour
européenne des droits de
l’homme crée en 1950
Des juridictions ad hoc : créées
pour juger les crimes contre la paix
et la sécurité internationale
(comme le tribunal pénal
international pour le Rwanda)
• Absence d’exécution forcée
contre l’Etat, sinon ce serait la
guerre

• Il n’existe pas un gendarme international chargé de prévenir les troubles à l’ordre


publique et d’appliquer les lois et les jugements

• L’application du droit international dépend de la volonté des Etats

• Mais, la société internationale s’est dotée d’un système de sécurité collective,


centralisée autour des Nations Unies qui détiennent le monopole de la compétence de
recourir à la contrainte, au moyen de forces militaires mise à leur disposition par les
Etats.

• En cas de menace contra la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression (article 42


de la Charte) le Conseil de Sécurité peut infliger à l’Etat coupable des sanctions militaires
si les sanctions militaires se sont avérées insuffisantes.

• Mais, l’ONU n’est pas un sujet Etat, elle existe et agit par la volonté des Etats

• Il existe donc une nette différence entre la société interne et la société internationale

• Alors que l’institutionnalisation de la société interne est parfaite, l’institutionnalisation


de la société internationale est imparfaite

• Cela veut-il-dire qu’il n’existe pas d’ordre juridique qui régit la société
internationale ?
• L’ordre juridique : « un ensemble coordonné de normes dotées
de force obligatoire à l’égard des sujets déterminés et dont la
méconnaissance entraine certaine conséquence définies » (P.M.
Dupuy)

• Ces éléments se trouvent en droit international : la simple observation peut de noter


l’existence du droit international, qui est reconnue par les sujets, les Etats, sa
méconnaissance entraine des conséquences, MAIS, c’est un ordre spécifique.

• L’efficacité de l’ordre juridique interne tient à son intégration verticale garantie par
l’autorité de l’Etat qui détient seul la puissance légitime et à la capacité de faire
respecter les normes édictées.

• La précarité de l’ordre internationale tient à l’absence d’autorité centrale sur les Etats :
si la force obligatoire est attestée, elle reste limitée et s’il existe des sanctions aux
violations de ce droit, elles sont relativement peu appliquées = L’ordre juridique
internationale est original.

S 3. L’évolution des institutions internationales

• L’histoire des institutions internationale s’est largement et pendant longtemps


confondue avec l’histoire européenne.

= C’est en Europe qu’a émergé l’Etat moderne dans la deuxième moitié du Moyen-âge
(au début du XII siècle) et que sont apparues les institutions internationales
contemporaines.

SS I. La naissance de la société interétatique : de la fin du Moyen âge à la


révolution française

• Une période de transition entre l’ordre transition entre l’ordre antique et médiéval
et la naissance de l’ordre international européen.
• La chute de l’Empire romain d’Occident en 476 a été suivie par la constitution de
trois foyers importants :

• L’Empire Byzantin

• L’Europe romano-germanique (Europe actuelle)

• L’Empire arabe

• Division du monde civilisé entre le monde chrétien et le monde islamique : une


alternance entre les guerres, la conclusion d’accords et échange de produits et de
connaissances.

• La formation de l’Etat moderne

• Le monde Chrétien : communauté unie par la religion et la langue

• Emergence vers le VIII siècle de monarchies distinctes mais instables du fait de la


structure de la chrétienté :

• Le démembrement du pouvoir entre les autorités politiques hiérarchisées : régime


féodal

• La suprématie de l’Empereur et surtout du pape qui entend exercer une autorité


temporelle t non seulement spirituelle.

• La formation de l’Etat moderne s’est faite par :

• Sur le plan interne : conquête l’utilité du pouvoir par le combat


conte la féodalité

• La reprise du monopole de la force : le Roi est devenu souveraine lié à ses sujets par
liens personnels

= La transformation de ces liens en des liens abstraits entre l’Etat et les citoyens a
permis la naissance de l’Etat moderne et donc la société interétatique.

• Sur le plan extérieur : conquête de l’indépendance de l’Etat : fin


de la suprématie temporelle de pape + la fin de la tutelle de
l’Empereur avec la fin de la guerre des Trente ans = traité de
Westphalie
• Traité de Westphalie 1648 :

• Eclatement de l’Europe en 355 Etats ou principales indépendants

• Les premiers principes du droit européen : principes de l’égalité


et de la souveraineté

= ces traités constituent la base de départ de toute l’évolution


du droit international contemporain.

• Développement des relations internationales

• Double standards :

• Recherche de règles communes entre princes chrétiens : principe


d’équilibre

• Relation de puissance avec le monde extérieur

= Il faut empêcher qu’un Etat ne devienne assez puissant pour


déclencher une guerre qu’il pourrait

• Relation de puissance avec le monde extérieur :

• Respect des sociétés lointaines (Inde, Chine)

• Arrangements précaires avec l’Empire Ottoman

• Avec le reste, le développement de la colonisation dans un but d’évangélisation ou de


commerce.

SS II. Les techniques juridiques

• Techniques rudimentaires

• Essentiellement la division entre le droit de la paix et le droit de la guerre

• Dans le cadre du droit de la paix :


• L’arbitrage : pratique héritée de la Grèce hellénique

• La pratique des ambassades permanentes nées en Italie au XV


siècle

• L’institution des conseils liés à la protection du commerce


maritime

• La diversification de l’objet des traités

• Le principe de la liberté de la mer au XVIIème siècle (Grotius)

• Le droit de la guerre :

• La distinction entre :

• Le Jus Ad Bellum, le droit à la guerre = la guerre est légale = instrument normal de


politique nationale

• Le Jus In Bello = droit dans la guerre

= humanisation de la guerre = premières règles vers le XIème


siècle (Trêve de Dieu) puis après 1660 (inviolabilité des hôpitaux
militaires)

S 2. De la révolution française à la guerre mondiale

• Sur le plan politique : en Europe : la quête de stabilisation des rapports internationaux


avec de nouveaux principes de légitimité.

= le révolution française : abolition des tyrannies et suppression des causes de la guerre.

• Sur le plan économique : le bouleversement de l’industrie et des transports par les


machines ainsi que l’aménagement des voies de communication (un régime
international pour les grands fleuves européens : Danube (1856)

= un développement des échanges et une recherche des débouchés considérables


SS I. La société interétatique, société des nations les plus civilisées
• Les seuls acteurs de la société internationale étaient les Etats européens qui se sont
nommés civilisés

• Le critère de la classification : Le degré de civilisation = Est civilisé le peuple organisé en


Etat qui a le capitalisme pour système économique. Le libéralisme pour idéologie et la
nation pour base sociale.

• La classification :

• Etats civilisés : Etats européens et Etats d’origine européenne

• Etats demi-civilisés organisés en Etats mais sans être capitalistes, libéraux ni Etats –
nations (des Etat multi ethniques : Le Japon, le Perse, l’Empire Ottoman, La Tunisie,
l’Egypte …)

• Peuples non-civilisés ou entités barbares ou sauvages qui ne sont pas organisés en


Etat (tribus qui se définissent par un lien de sang)

II – Les relations internationales

• Entre les Etats européens : des rapports de concurrence régis par le principe
d’équilibre traduit intentionnellement avec la création de la Sainte Alliance avant de
prendre la forme du Concert Européen, ou la gestion de l’équilibre passe par de
vastes congrès diplomatiques entre grands (Congrès de Vienne en 1815, Congrès de
Berlin en 1885)

• Avec les autres entités c’étaient des rapports de domination, illustrés par l’essor de la
colonisation

III – Les techniques juridiques

• Le développement du contenu de droit international


• Le perfectionnement des techniques des relations interétatiques entre les Etats
civilisés

• C’est le « droit public de l’Europe » basé sur le principe de l’égalité souveraine

• Maintien de la distinction de l’état de paix et de l’état de la guerre.

• Le droit de la paix

• La réglementation du statut des agents diplomatiques par l’Acte de Vienne de 1815

• L’accroissement du nombre des conventions multilatérales ayant désormais une


fonction législative (Conventions de la Haye sur le droit de la guerre …)

• Le développement de l’arbitrage comme mode de règlement pacifique des différends


entre Etats vers la fin du XIX siècle (création de la Cour Permanente de l’Arbitrage en
1899)

• Le droit de la guerre

• Maintien de la légalité de la guerre comme mode normal du règlement des différends

+ Les premières tentatives de développement du droit international humanitaire ou le


Jus In Bello : création de la Croix Rouge (CICR) par Henri Dunant.

= Plus tard, la codification du droit humanitaire par les conventions de la Haye de 1899
et 1907.

= (La limitation du conflit à la lutte entre les armes, la protection des civiles des neutres,
l’interdiction d’employer le poison ou les armées empoisonnées …)

• Avec les autres entités, légalisation des institutions dominatrices

• Les rapports étaient basés sur le principe de l’inégalité juridique


• Avec les peuples semi-civilisés : conclusion d’accords inégaux
organisant leur domination, c.-à-d. la colonisation en Afrique et en
Asie

• Le traité de protectorat par lequel l’Etat renonce à sa souveraineté internationale :

• Le principe de la porte ouverte : quand un Etat semi-civilisé ouvre ses frontière aux
ressortissants s’un Etat civilisé, il doit les ouvrir aux ressortissants de tous les Etats
civilisés

• Avec les peuples non-civilisés (entités sauvages), ils sont objet de


droit et les territoires sur lesquels ils se trouvent ne leur
appartiennent pas, d’où la théorie des territoires sans maitres
ouverts à l’occupation

• L’apparition de nouvelles structures

• L’apparition des conférences internationales

• De 1815, date du Congrès de Vienne, à 1914, les grandes puissances prennent


l’habitude de tenir des conférences internationales régulières réunissant les ministres
des affaires étrangères, assurant le concert européen

• Il y a quatre conférences capitales :

• Le Congrès de Vienne 1815

• Le Congrès de Paris en 1856 (dans lequel l’Empire Ottoman a été


admis au sein du Concert européen)

• Le Congrès de Berlin en 1878

• Le Congrès de Berlin de 1885

• L’apparition des premières organisations internationales

• Les germes d’organisation politique


• La Sainte Alliance conclue par un traité du 20 novembre 1818 (La Russie, L’Autriche, La
Prusse, La Grande Bretagne et la France)

• L’Union panaméricaine créée en 1899 à l’initiative des Etats-Unis

• L’origine de l’actuelle organisation des Etats américains

• Le succès des organisations techniques

• Les commissions fluviales internationales (Commission européenne du


Danube, 1856) certaines fonctionnent encore

• Les Unions internationales, ancêtres des institutions spécialisées :


groupements administratives (Union télégraphique internationales en
1865, Union postale universelle en 1874, etc.)

SS III. De 1919 à nos jours


• La première guerre mondiale marque la fin du l’ère du droit international classique,
élaboré par et pour « Le club des nations le plus civilisées » basé sur l’égalité souveraine
des Etats européens ou d’origine européenne

• Cette guerre s’est déroulée sur des champs des batailles européennes et a entrainé le
destruction collective de l’Europe, tout comme le deuxième guerre mondiale

• Entre les deux guerres, le Pacte de Briand Kellogg de 1928 marque un tournant :
l’interdiction du recours à la guerre

• Le pacte, tout comme la paix organisée à la suite du premier conflit mondial n’a pas
réussi à éviter la deuxième guerre mondiale

• La fin de la deuxième guerre mondiale marque le début d’une période décisive dans la
société internationale : la période 1945 – 1990

• Cette période s’ouvre et se termine par deux dates symboliques :

• le 8 mai 1945 date de la capitulation de l’Allemagne

• le 30 octobre 1990 la réunification de l’Allemagne


= L’équilibre des puissances a été bouleversé mais la société internationale a gardé sa
principale caractéristique de l’après 1919, à savoir être basée sur un système juridique
international et non pas un droit international interétatique européen

• Une société hétérogène (tech)

• Une société internationale universalisée

= Elle a résulté de l’éclatement du cadre européen :

• Destruction interne à la suite des deux guerres mondiales

• Destruction externe à cause de la décolonisation

= Une généralisation du phénomène étatique avec la formation de nombreux Etats


nouveaux

• Phénomène accentué à partit des années 90 avec l’éclatement de certains Etats (l’Union
soviétique, la Yougoslavie …)

• En 1913, on comptant 43 (Etats européens et Etats américains)

• En 1945, ils étaient 53 Etats

• Aujourd’hui ils sont 197 Etats (reconnus par l’ONU)

• Des acteurs diversifiés

• Acteur : entité qui exerce une influence sur le cours des relations
internationales

• Sujet : entité à laquelle l’ordre juridique international accorde


des droits et/ou impute des obligations

• Les acteurs ne sont pas nécessairement des sujets

• L’Etat demeure l’acteur principal et privilégié de la société internationale


contemporaine
• Mais, il n’est plus le seul acteur, l’Etat est d’abord concurrencé par d’autres acteurs : Les
Organisations Non gouvernementales.

• En 1909, 179 ONG, aujourd’hui elles se comptent par milliers (plus de 25,000)

= Elles jouent le rôle de groupes de pression

• Les sociétés transnationales

• L’Etat est ensuite menacé par d’autres acteurs : c’est le cas notamment des peuples qui
sont responsables des grands changements internationaux du 20éme siècle :

• Les révolutions (Bolchévique, 1917)

• Le mouvement de décolonisation

• La décomposition d’Etats (l’ex Yougoslavie)

• des relations internationales intensifiées

• des relations de coopération

1. les contradictions de la phase 1945 -1990

a. Le conflit Est/Ouest

• Après la seconde guerre mondiale, le monde était partagé en deux pôles : le bloc Est et
le bloc Ouest, symbolisés par les Etats Unis et l’Union Soviétique

• Entre les deux blocs, il y a une opposition complète :

Bloc Ouest Bloc Est


Idéologique Démocratie politique Parti unique
Economie libérale Economie collective
Militaire avec la création OTAN Pacte de Varsovie
d’alliance symétrique
Economique avec des OCDE COMECON
organisations de
coopération économique
• L’ordre politique entre 1945 et 1990 était un ordre bipolaire basé sur la rivalité entre
les deux blocs

• Cette bipolarité avait des règles :

• Le non intervention dans les affaires de l’autre et dans sa zone


d’influence

• La règle d’équilibre dont la source est l’équilibre de la terreur ou


la dissuasion nucléaire née en 1953, Elle se base sur la
neutralisation de toute tentative de première frappe

• La concurrence acharnée pour rallier des pays non engagés dans les deux blocs

• La politique des blocs est caractérisée par une alternance

• Phases de guerre froide (succession d’épreuves de force sans aller


à déclencher une guerre mondiale violences verbales, pressions
économique ou militaire

• Phases de détente (le ralentissement de la course aux armements


avec la signature des accords SALT1 en 1972 et SALT2 en 1979 sur
la limitation des armements stratégiques)

B - Clivage Nord/Sud

• Le Nord regroupe les pays industrialisés développés et riches, Etats libéraux à économie
de marché, il s’agit donc de pays occidentaux

• Le Sud apparait comme un ensemble hétérogène et fragile regroupant les pays


décolonisés, Etats nouveaux, pays pauvres, Tiers-Monde, pays exploités ou dominés,
situés en dehors de l’Europe et de l’Amérique du Nord.

• Le clivage Nord/Sud se situe essentiellement dans le domaine économique ou on


constate des inégalités de dévéloppement

• Pendant la phase 1945-1997, le Sud a tenté d’organiser da défense

• L’organisation politique Tiers-Monde : Le Mouvement des pays


non alignés regroupant des pays qui se réclament au Tiers-Monde
(né au sommet de Belgrade en 1961) et qui ne veulent pas
s’engager dans la confrontation Est/Ouest mais dans une action
positive en faveur de la coexistence pacifique

• L’organisation économique de Tiers-Monde : le groupe des « 77 »

• En 1963, les Etats du Tiers-Monde créent au sein de l’Assemblé Générale des Nations
Unies un groupe qui les représente afin qu’ils puissent parler le même langage.

• Profitant du poids du nombre, et disposant de la majorité automatique, ils vont essayer


d’adopter des résolutions favorables à leur intérêt pour formuler leur principale
revendication : Le développement (création de la CNUCED en 1964 et du PNUD en 1966)

= Progressivement le groupe va revendiquer un nouvel ordre économique international


impliquant la nécessité de changer les règles du droit économique international qui sont
injustes (La résolution 3201 : Déclaration relative à l’instauration d’un NOEI...)

• Les transformations post-bipolarité

• La décennie 90 constitue un tournant dans les relations internationales

• Principaux évènements :

• L’effondrement de l’URSS et du camp socialiste : échec de la


politique de Gorbatchev (1985 – 1990), puis organisation pendant
l’autonome de 1989 d’élections libre en Pologne, en
Tchécoslovaquie et en Hongrie (perte du parti communiste)

• Réunification allemande (lancée avec la chute de mur de Berlin)

• Fin des institutions internationales du bloc de l’Est avec la dissolution du pacte de


Varsovie le 25 février 1991 et la disparition COMECON le 25 juin 1991

• Le démembrement de l’URSS (les accords de Minsk conclus le 8 novembre 1991)

• L’effondrement du bloc de l’Est et la fin de la bipolarité ont posé un problème


d’équilibre pour la société internationale

• On constate aujourd’hui l’existence de plusieurs pôles indépendants :


• Sur le plan militaire, un seul pôle : c’est l’hyper puissance
américaine permettant à l’armée américaine d’intervenir partout
dans le monde

• Sur le plan idéologique, la domination de l’idéologie libérale

• Sur le plan économique, il y a trois pôles de richesse : l’Amérique


du Nord, l’Europe et l’Asie du Sud Est

• La contribution de l’ONU au cours des relations internationales et à la prévention et à la


solution des conflits reste secondaire, même s’il y a eu déblocage du Conseil de sécurité
et de l’usage du veto

• Il est vrai qu’à partir de l’affaire du Golfe, le Conseil de Sécurité a été débloqué et les
grandes puissances votaient ensemble pour la première fois dans l’histoire de l’ONU une
résolution destinée à lutter contre l’agression (c’est la résolution n°678 du 29 novembre
1990 qui fixait à l’Irak un ultimatum pour retirer ses forces du Koweït)

• Seulement la gestion des conflits récents montre que le Conseil de Sécurité reste
instrument des politiques des grandes puissances

• Après le 11 septembre 2001 intervention des Etats Unies en Afghanistan en 2001 et en


Irak en 2003 en obtenant l’autorisation du Conseil de Sécurité