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«SCANDALE NOVARTIS

GRECE»: LA NORMALITÉ
SCANDALEUSE DE L'INDUSTRIE
PHARMACEUTIQUE
Première publication en français le 30 juillet 2018

L'implication présumée de longue date de personnalités politiques grecques,


soupçonnées avoir bénéficié de Novartis des pots de vin élevés - scandale aux
dimensions tentaculaires, dans un système politique défaillant et en crise ne
concerne pas uniquement Novartis, ni n'est un « cas grec » isolé. Il exprime la
collusion diffuse et la corruption du système. Une solution globale est
nécessaire.

Le Dr Théodoros Mégaloéconomou est un psychiatre


pionnier, figure de proue de la réforme psychiatrique en
Grèce, ancien chef du 9ème département de psychiatrie
de l'Hôpital Psychiatrique d'Athènes et militant pour pour
l'accueil inconditionnel des réfugiés et des soins de santé
pour tou-te-s.

par le Dr Théodoros Mégaloéconomou, psychiatre, Athènes

Traduction : Emmanuel (Manolis) Kosadinos


Source grecque: http://www.efsyn.gr/arthro/skandalo-novartis-einai-i-
skandalodis-kanonikotita-olis-tis-farmakoviomihanias

Avertissement: La publication sur ce blog de certaines caricatures au contenu provocateur ou


excessif ne vaut, en aucun cas, adhésion aux thèses des sites internet depuis lesquels elles
ont été reproduites. Toute caricature, par définition, force le trait d'une situation afin de stimuler le
débat sur le sujet traité.

Ce n’est certainement pas un « cas grec» isolé.

L'implication présumée de longue date de personnalités politiques, d'anciens ministres


et premiers ministres, soupçonnés avoir bénéficié de pots de vin d'une hauteur
considérable de la part de Novartis, est un scandale aux dimensions énormes et
tentaculaires, qui cause de nouveaux tremblements dans un système politique
multiplement défaillant, corrompu et en crise constante. Mais la question ne concerne
pas uniquement les pratiques de Novartis, ni n'est un « cas grec» isolé.
La multinationale NOVARTIS est la 3e compagnie pharmaceutique
sur le marché européen

Ce n'est que l'expression de la « normalité » scandaleuse du mode de


fonctionnement de l'industrie pharmaceutique dans son ensemble (un secteur qui
est le deuxième plus rentable dans le monde entier après l'industrie de guerre) dans
le cadre d'une « Alliance
Sacrée » mutuellement bénéfique avec le système politique et, bien sûr, une grande
partie du corps médical, des Universités, mais aussi les médias, etc.

L'administration d'antidépresseurs et d'antipsychotiques,


même chez des nourrissons de moins de 2 ans, a été promue par l'administration Bush.

Un exemple à citer est le cas impliquant George Bush Jr., qui en tant que gouverneur
du Texas avait soutenu la mise en œuvre d'un projet pilote, avec la participation d'un
certain nombre de sociétés pharmaceutiques, visant à l'administration
d'antipsychotiques et d'antidépresseurs dans les âges de moins de 18 ans. Ces
compagnies pharmaceutiques ont contribué par trois fois plus d'argent à la campagne
électorale de Bush aux élections de 2000 qu'à celle de Kerry. Sur les 1,6 milliard de
dollars de contributions d'Eli Lilly à la campagne électorale - dont le médicament
antipsychotique Zyprexa (très onéreux encore à l'époque) était le premier proposé par
le projet, 82% sont allés à Bush.

Après son élection, Bush a favorisé la mise en œuvre obligatoire du projet au niveau
fédéral pour faire le diagnostic (par l'épreuve thérapeutique) des troubles mentaux «pas
encore diagnostiqués» (ni même manifestés) dans l'ensemble de la population et même
chez des enfants d'âge préscolaire - pour aboutir, dans un deuxième temps, à
l'administration d'antidépresseurs et d'antipsychotiques, par millions
d'ordonnances, même chez des nourrissons de moins de 2 ans. Comme il a été
révélé, des hauts fonctionnaires et cadres placés à des postes critiques pour la mise en
œuvre du projet d'administration des médicaments, ont reçu de l'argent et des cadeaux
des compagnies pharmaceutiques pour certifier la validité d'un projet, qui n'était qu'un
effort difficilement masqué des entreprises pharmaceutiques pour accéder à un marché
plus large pour des antidépresseurs et des antipsychotiques coûteux, par le biais d'un
plan gouvernemental obligatoire, qui leur ouvrait les portes de domaines de la vie des
gens qui jusque-là étaient hors de leur compétence.

De toute évidence ce n'est pas un hasard que la tendance internationale à


surdiagnostiquer le TDAH (trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention) chez
les enfants, et même que tout enfant «vif» (dans un système éducatif en état
d'effondrement et/ou une famille en crise ) a tendance à être diagnostiqué comme «
TDAH » soit en rapport avec la promotion de la prescription (souvent déraisonnée) de la
Ritaline (méthamphétamine, un dérivé de l'amphétamine), produite par Novartis (en
position dominante sur le plan commercial par rapport aux médicaments similaires,
produits par d'autres compagnies ). Il s'agit d'un médicament qui, présenté comme «la
pilule de l'obéissance », mais qualifié par des experts internationaux « la cocaïne des
bébés», a été également présenté (notamment en Grèce), par les médias, comme «le
médicament qui aide l'élève et l'étudiant pour préparer ses examens» peu importe si il
peut le rendre par la suite dépendant, car il s'agit d'une substance fortement addictive.

Le scandale Novartis ne sont pas seulement les pots de vin

La question donc qui a vu le jour à travers le scandale Novartis ne doit pas se limiter
aux pots de vin des politiques et des autres (aussi grave que cela soit) ni dégénérer en
petite guéguerre tactique dont l'enjeu serait la survie politique des uns et des autres, en
en cycle sans fin de discours sur la corruption, dont l'expérience nous enseigne qu'ils
s’éteignent par l'oubli, mais elle doit s’approfondir et atteindre les racines du problème,
le champ global dans lequel évolue la production et la diffusion sur le marché des
médicaments et la relation avec le système de santé. Ainsi, il y a besoin de bien
comprendre pourquoi sur
un tel terrain, les pots de vin sont la règle, pour que soient apposées les signatures
nécessaires à la mise en place d’arrangements favorables aux profits des compagnies.
Cela en dépit des intérêts de la Santé à laquelle le médicament est supposé rendre
service.

Ainsi la question, ne concerne pas seulement Novartis, mais toutes les compagnies
pharmaceutiques, qui, dans la société capitaliste dans laquelle nous vivons, se sont
appropriées la production exclusive d'un « bien social » par excellence tel le
médicament, comme s'il s'agissait d'une marchandise, générant des profits et des
bénéfices élevés sur les bourses internationales lorsque l'entreprise « va bien » avec
des profits en croissance, au présent et en prévisionnel. La production et la diffusion, le
marketing du médicament, sont essentiellement en rapport avec cela. Elle est bien là la
contradiction qui régit sa production en tant que marchandise. Toutes connaissances
scientifiques, tous objectifs thérapeutiques à l'origine de son invention et de sa
production doivent être en adéquation avec des besoins de rentabilité. Dans tout autre
cas de figure (sauf exception), l'usage thérapeutique doit être modulé et promu de
manière qui non seulement ne nuise à la rentabilité mais qui, au contraire, l'augmente.

Systématiquement donc, les sociétés pharmaceutiques:

✓Occultent les résultats des essais lorsqu'ils sont défavorables à


l'utilisation des médicaments qu'elles produisent et font une diffusion
démesurée de ceux qui leur sont favorables.

✓Payent des médecins et des universitaires pour qu'ils communiquent


dans des congrès et conférences scientifiques au sujet de leurs produits
et en fassent la promotion,

✓ S’y déploient pour multiplier les indications de leurs médicaments - d'une


seule maladie, tout à coup à plusieurs (ceci est la règle, tout en particulier pour
les psychotropes, car cette démarche est beaucoup moins coûteuse pour les
laboratoires que de fabriquer un nouveau médicament);

✓La plupart des articles publiés au niveau international sur «les grandes qualités»

Food and Drug Administration, l’Autorité suprême du médicament aux Etats-Unis

de leurs produits sont concoctés par ces mêmes compagnies pharmaceutiques


qui les produisent et signés par des prête-noms, autrement appelés
«écrivains fantômes» ("ghost writers") des personnalités scientifiques
connues, payées pour simplement apposer leur signature, comme l’a révélé
l'hebdomadaire britannique «The Observer» le 7/12/2003.

En 2012, une amende de 3 milliards dollars US a été imposée à GlaxoSmithKlein (GSK)


suite à une série d'infractions en rapport avec la « promotion illégale de médicaments
soumis à ordonnance et omission de données de sécurité. » Une partie de cette
amende, la somme de 600 millions, de dollars a été allouée à des « témoins protégés »
(tels que les « trois du FBI » qui se sont rendus aux États-Unis pour l'affaire Novartis),
dans la mesure où aux États-Unis il existe un système contrasté, avec d'une part une
large immunité pour l'industrie pharmaceutique et d'autre part des sanctions sévères
pour les infractions, jugées à l'aune des intérêts matériels en jeu. La FDA [1] elle-
même, chargée d'autoriser la circulation des médicaments, vacille entre ces deux
extrêmes - entre les amendes sévères et la tolérance tacite.

Une collusion structurelle entre médecins et compagnies pharmaceutiques

Examinons maintenant certains aspects de cette collusion structurelle (qui


n'implique certainement pas tous les médecins, mais hélas une majorité), telle que
nous l'éprouvons dans notre pays la Grèce, (méritant d'être) connue de tous.

✓Commençons par le siège quotidien et très envahissant, mais accepté comme la


norme, de tous les hôpitaux publics, les cliniques, etc., par les visiteurs médicaux. La
fonction de ces visiteurs médicaux n'a rien à voir avec une supposée « information » du
médecin sur les médicaments (qui en général ne concerne pas de nouveaux produits,
mais surtout et sans cesse des bien vieux et connus), mais l’asservissement du
praticien (à travers diverses manipulations) à la routine de prescription du médicament
promu. Il s’agit plutôt de transactions « de mise au point », concernant parfois le
nombre d’ordonnances du médecin avec l’ d’une « récompense » en proportion, etc.
Les infirmier-e-s sont également abordé-e-s (notamment les cadres) et, dans chaque
hôpital, toutes les personnes en contact avec la distribution des médicaments. La
question est la suivante: quelle est l’utilité de ces visites soi-disant informatives des
visiteurs médicaux ? Pourquoi, pour un «problème scientifique», d'autres manières pour
accéder aux «connaissances et informations scientifiques» ont-elles été exclues? Mais
peut-être, parce qu’il s’agit tout simplement de marketing.

✓Les Congrès intégralement défrayés pour tous les médecins et les internes (dont la
formation et son financement sont désormais de la compétence de l'industrie
pharmaceutique) dans des hôtels cinq étoiles, souvent tenus dans des lieux « exotiques
», dans lesquels « brille » une « science » bien manipulée par l'industrie
pharmaceutique. Des Congrès qu’on peut difficilement distinguer des foires
commerciales (médico-pharmaceutiques) où, derrière les stands des exposés, on peut
trouver l’espace où a lieu la présentation orale des produits. Et même, lors de ces
dernières années, il ne suffit plus de mentionner dans le programme des Congrès, les
sociétés pharmaceutiques qui les parrainent (deux, trois, quatre, cinq, etc.), mais sont
organisées des « tables rondes » à part, qui ont lieu, comme indiqué, avec « noble
parrainage… de Janssen… d'Eli Lilly…, de Ludbeck etc. » On est en droit de se
demander, qu’est-ce qui est précisément sponsorisé lors de ces «tables rondes» par les
sociétés pharmaceutiques ? Est-ce les bouteilles d’eau, le micro, le pupitre de
l’intervenant, quoi donc ?
La Grèce est une destination privilégiée pour des Congrès financés par les laboratoires pharmaceutiques

✓En mai dernier (2017) précisément, lors du Congrès annuel de la Société Hellénique
de Psychiatrie a été annoncé la création, dans le Service de Psychiatrie d’un Hôpital
Général, une «clinique de la clozapine», dédiée à un médicament antipsychotique,
qui a des effets secondaires graves, et qui était censé être, jusqu'à présent, un moyen
de «dernier recours». On comprend que lorsqu’on crée une clinique dédiée à un seul
médicament, cela favorisera son utilisation croissante. Il s’agit, bien sûr, du Leponex,
commercialisé par Novartis. Alors que s’il existait un réseau intégré de services
communautaires de soins psy, le recours à Leponex pourrait être bien moindre.

✓Une « clinique spéciale » basée sur le même concept a été également annoncée
pour l’administration d’antipsychotiques injectables à effet prolongé (retard),
pour y administrer trois médicaments relativement nouveaux et coûteux (mais pas
plus efficaces que les anciens) qui se disputent aujourd’hui pour la part du marché.

✓Une « innovation » plus récente, importé celle-là comme d’autres du monde anglo-
saxon, sont les accords passés entre les médecins des hôpitaux publics et les labos
pharmaceutiques, les gens des labos se déplaçant chez des patients qui sont indiqués
par les médecins pour leur administrer des antipsychotiques injectables à effet prolongé
afin que les produits des labos pharmaceutiques ne restent pas invendus ni inutilisés. A
ce propos, en Angleterre cela a été proposé depuis 2012 comme projet officiel,
pour parer soi-disant à l'effondrement du NHS [3]. Ainsi la coopération des
médecins généralistes et des labos pharmaceutiques a été officialisée pour traiter des
patients (notamment des cas au diagnostic incertain, difficiles à traiter) et notamment,
ont-ils dit, pour améliorer la compliance des patients au traitement. Car les visiteurs
des labos ont toute latitude pour sélectionner dans la file active des médecins
généralistes les patients susceptibles de « bénéficier » du traitement pat les
médicaments du labo. Nous ne sommes pas très loin, dans la petite Grèce, de ces «
sommets scientifiques » atteints dans le monde anglo-saxon.

✓Que dire encore de la Société Hellénique de Psychiatrie (ΕΨΕ), qui lors de la Journée
mondiale de la santé mentale (10/10/17), dédiée au thème « Santé mentale et travail »,
a invité pour premier orateur, le président de l’Association des entreprises
pharmaceutiques de Grèce (ΣΦΕΕ / SFEE) le successeur de l’inqualifiable K. Frouzis
[2] ?

✓Il y a eu enfin des dans des hôpitaux publics des « essais » de médicaments
psychotropes déjà en circulation (donc accrédités) sans qu’il ne soit jamais étudié
dans quels termes et sous quelles conditions ces « essais » furent menés, car ce fut
même parfois au détriment des soins des patients qui n’y participaient pas.

Le Ministère de la Santé est loin de tout ça. Il traitt simplement de la gestion des conflits
d'intérêts (facturations, etc., en application des clauses des mémorandums), à défaut
d'aborder la racine du problème. Une question, en fait, est de savoir si les médecins des
différents comités du Ministère entretiennent des relations avec des sociétés
pharmaceutiques, s'ils se rendent par exemple à leurs Congrès «intégralement
défrayés». Y a-t-il parmi eux des personnes qui effectuent, par exemple, des essais et
des études commandées par des laboratoires pharmaceutiques? Font-ils la promotion,
par quelque moyen que ce soit, de médicaments d’une compagnie - par exemple, par le
biais de conférences supposées scientifiques, etc. (comme pour les antipsychotiques à
action prolongée)?

Et encore, concernant l'Université, que s'y passe-t-il vraiment?

L'industrie pharmaceutique et celle de l'armement sont aujourd'hui


les 2 plus lucrative du capitalisme

Pas de solution tant que le médicament reste une marchandise

Clairement, il n'y aura pas de solution au problème tant que le médicament restera entre
les mains de l'industrie pharmaceutique. Tant que le médecin continue à agir comme
«intermédiaire» entre la compagnie et l’usager, à qui il / elle doit administrer le
médicament / produit pour son traitement. C'est à travers cette relation que se déploient
tous les tentacules de la collusion.

Parce qu’il n’est pas seulement question de la collusion diffuse et de la corruption du


système. C'est la «façon même de penser et de pratiquer» du corps médical qui
est façonnée et manipulée par ce qui est contrôlé, constitué et proposé en tant que
«connaissance scientifique» (en tant que thérapie, «médicament approprié», etc.) -
lorsque la connaissance scientifique est manipulée par la logique et les pratiques de
rentabilité des sociétés pharmaceutiques - toujours en ligne avec le biopouvoir
dominant. Ce sont ces choix qui sont proposés même aux médecins qui ont les
meilleures intentions, ceux qui se soucient avant tout de leurs patients.

En Grèce, en France, partout dans le monde il faut lutter pour faire advenir des
solutions radicales et humanistes!

Bien que cela apparaisse comme un projet « hors sol », la nationalisation de


l'industrie pharmaceutique, sous le contrôle des travailleurs et de la société, est
la seule réponse aux scandales en cours et celui-là, perpétuel, qui est devant nous - le
scandale de l'existence même de l'industrie pharmaceutique privée et de la production
du médicament en tant que marchandise. La solution intermédiaire n'existe pas - et
cela, encore une fois, sera bien vérifié par le cours des évènements.
La banderole du Réseau Européen pour une Santé Mentale Démocratique (RESMD) flotte au-
dessus du portail de l'Hôpital Psychiatrique d'Athènes (HPA/ΨΝΑ - Dafni). Le Réseau lutte contre
les politiques néolibérales dans la Santé, pour des soins psychiques humains et émancipateurs

A propos de l'auteur:

Le Dr Théodoros Mégaloéconomou est un psychiatre distingué et pionnier. Il a été


une figure de proue de la réforme psychiatrique et du mouvement pour la sortie des
asiles des patients psychiatriques en Grèce. En tant que psychiatre du Système
Public grec de Santé (Ethniko Systima Ygeias - ESY / ΕΣΥ), il a travaillé à l'asile
psychiatrique de Léros où son engagement envers les patients a profondément marqué
la psychiatrie grecque, aboutissant à la fermeture de cet asile, un cas honteux
d'enfermement psychiatrique de masse. Il a également été chef du 9ème département
de psychiatrie de l'Hôpital Psychiatrique d'Athènes (HPA / ΨΝΑ - Dafni). En raison des
actions pionnières qu'il a posées durant sa carrière, telles la mise en place du seul
département ouvert de l'HPA
(ΨΝΑ), son combat contre la contention (mécanique et pharmaceutique) et son
engagement progressiste et humaniste, il a été plusieurs fois ciblé par les cercles
conservateurs, n'hésitant jamais à se heurter à eux si nécessaire.
Après l’imposition à la Grèce, en 2010, de politiques d’austérité néolibérales, par ses
créanciers internationaux, le Dr Théodoros Mégaloéconomou a rejoint le mouvement
citoyen contre le démantèlement des services publics et a participé à la mise en
place de structures de santé autogérées par des volontaires, les Dispensaires
Sociaux Solidaires. Il milite tout le temps pour une psychiatrie humaniste et
démocratique, pour l'accueil inconditionnel des réfugiés et pour des soins de santé
accessibles à toute la population.
Il a publié de nombreux articles scientifiques en grec, en anglais et en italien. Il a
laissé un legs important au mouvement grec pour la désinstitutionnalisation des
patients psychiatriques.
Notes du traducteur et lectures complémentaires:

 [1] FDA: "Food and Drug Administration", « Agence américaine des produits
alimentaires et médicamenteux », l'administration américaine ayant, entre
autres, le mandat d'autoriser la commercialisation des médicaments sur le
territoire des États-Unis.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Food_and_Drug_Administration

 [2] K. Frouzis: ancien président de l’Association des entreprises


pharmaceutiques de Grèce (ΣΦΕΕ / SFEE), dont la responsabilité lourde dans
le scandale Novartis Grèce serait quasiment prouvée

 [3] NHS: National Health Service, le système publique de soins, mis en place en
Grande Bretagne depuis 1948 et progressivement affaibli, voire démantelé,
depuis la gouvernance de Margaret Thatcher à nos jours, dans une perspective
de privatisation progressive des soins de santé.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/National_Health_Service

 [4] Grèce: Le scandale Novartis n'est que la pointe de l'iceberg (par le Dr


Antonis Karavas, syndicaliste grec de la santé sur le BlogMédiapart)
https://blogs.mediapart.fr/emmanuel-kosadinos/blog/310718/grece-le-scandale-
novartis-nest-que-la-pointe-de-liceberg

 [5] Qu'en est-il aujourd'hui de la protection sociale et de la santé en Grèce?


(par Emmanuel Kosadinos dans le blog de Médiapart)
https://blogs.mediapart.fr/emmanuel-kosadinos/blog/141217/quen-est-il-
aujourdhui-de-la-protection-sociale-et-de-la-sante-en-grece-0

 [6] Novartis bribery claims: Greek MPs vote to investigate top


politicians (La corruption dans Novartis: les députés grecs votent pour
enquêter sur les plus hauts responsables politiques dans The Guardian,
22/02/2018) https://www.theguardian.com/world/2018/feb/22/greece-to-
investigate-top-politicians-over-novartis-bribery-claims

 [7] Greece rocked by claims drug giant bribed former leaders (La Grèce
ébranlée par des allégations que le géant du médicament aurait corrompu
d'anciens dirigeants dans The Guardian, 12/02/2018)
https://www.theguardian.com/world/2018/feb/12/greek-pm-calls-for-inquiry-into-
bribery-claims-against-two-predecessors

 [8] Revealed: how drug firms 'hoodwink' medical journals (Révélation :


Comment les compagnies pharmaceutiques font main basse sur les revues
médicales, publié dans The Guardian, reproduction l'article d'Anton Barnett de
l'Observer -antony.barnett@observer.co.uk - publié sur internet le 07/12/2003)
https://www.theguardian.com/society/2003/dec/07/health.businessofresearch

Document publié également sur :


https://www.uspsy.fr/Scandale-Novartis-Grece-La-2425.html