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Chapitre : investissement, progrès Notions du référentiel : destruction créatrice

technique, innovations

Fiche 2 – Analyse du progrès technique

I. Les déterminants du progrès technique

A - Le rôle de l’offre

1. La théorie des droits de propriété de D.North

Comme les individus sont motivés par le profit, ils n’innoveront que si les fruits de l’innovation leur
reviennent. Un système de droits de propriété doit être alors mis en place pour protéger les innovations
(exemple : brevet)
- plus une société aura un système de droits de propriété élaboré, plus les innovations seront
nombreuses, plus la croissance économique sera forte
- l’Etat doit alors développer une politique ciblée :
• Réduire les prélèvements obligatoires des innovateurs pour accroître leur profit et les inciter à
innover
• Mettre en place une protection des innovations

Sur le site de Sciences humaines , l’article institutions des mots de la socioéconomie ici

Sur le site de Bertrand Lemennicier Professeur d'Economie, Université de Paris II : ici

Sur le site de Melchior, le rôle des institutions : ici

2. Le rôle de l’entrepreneur dans l’analyse de Schumpeter. ( 8 p 331)

- définition : l’entrepreneur de Schumpeter n’est pas l’entrepreneur néo-classique. Celui-ci se contente de reproduire les
mêmes comportements dans une économie de concurrence pure et parfaite. En revanche, chez Schumpeter,
l’entrepreneur est un être solitaire , à part , capable de bouleverser les structures de production

- Explication du rôle de l’entrepreneur : Schumpeter attribue le rôle le plus glorieux à


l’entrepreneur qui est pour lui le véritable héros de l’évolution économique. Il est animé par
des motivations individuelles de réussite : le profit est à la fois le but et l’instrument de
mesure de sa réussite :
o le but, car c’est lui qui motive l’entrepreneur à lancer ses innovations, alors qu’il court un risque
non négligeable d’échouer

o l’instrument de mesure, le profit étant issu de l’innovation qui a réussi sur le marché,
l’entrepreneur fait donc d’autant plus de profit qu’il est supérieur à la moyenne dans l’art
d’effectuer des combinaisons économiques par des innovations de processus de production ou par
la découverte de produits nouveaux, faciles à vendre chers.

- Conclusion : Schumpeter, du fait de l’importance du rôle de l’entrepreneur dans le


système capitaliste est pessimiste quant à l’avenir du capitalisme, car les entrepreneurs au
sens schumpétérien tendent à disparaître puisque le progrès technique devient l’affaire
d’équipes de spécialistes. Moins d’entrepreneurs signifie moins d’innovation et moins de
croissance.
3. L’importance des facteurs financiers : deux modèles d’innovation ( 5 et 6 p 334 )

On peut opposer deux modèles d’innovation :


- le modèle IBM
- le modèle Silicon Valley
qui permettent de relativiser le pessimisme de Schumpeter quant aux effets négatifs de la concentration du capital et à la disparition
d’entrepreneurs dynamiques .

MODELE IBM MODELE SILICON VALLEY


Type d’entreprise concernée grandes entreprises en situation de monopole ou PME- PMI innovantes
d’oligopole dominant le marché
Raisons l’innovation est très coûteuse ; seule une les grandes entreprises sont des structures lourdes
entreprise disposant d’une taille importante sera et bureaucratisées qui ne disposent pas de
capable de mobiliser des ressources financières capacités d’adaptation suffisamment rapides pour
suffisamment importantes pour lancer une suivre un marché en perpétuelle évolution . Au
recherche dont les résultats seront incertains , contraire , les PME qui disposent de structures
l‘entreprise y sera d’autant plus incitée que les légères , donc souples ( « small is beautiful »
coûts de recherche peuvent être considérés J.Schumacher ) vont pouvoir coller au marché et
comme des coûts fixes ( constants quelles que lancer des innovations qui répondront , en les
soient les quantités produites ) , l’entreprise , du anticipant , aux besoins du marché .
fait de sa grand taille , va pouvoir produire en Ex : Apple .
grandes séries et bénéficier ainsi d’économies
d’échelle qui lui permettront d’accroître ses
profits ou de baisser ses prix

En réalité , comme l’indique D.Guellec , les modèles IBM et Silicon Valley ne sont pas contradictoires mais complémentaires . En
effet , : « il y aurait ainsi deux modèles d’entreprises innovatrices , jouant l’un sur la souplesse , l’autre sur les économies d’échelle »
.Il n’en reste pas moins vrai que « la proportion des entreprises innovantes croit avec la taille des entreprises : de 30,5 % pour les
plus petites à 90,5 % pour celles employant plus de 2000 personnes ». En effet , dans certains secteurs comme celui de l’automobile ,
une taille minimale ( dit taille critique ) est requise pour pouvoir lancer l’innovation , ce qui explique la concentration croissante de
ce secteur .

Sur le site du CED, une vidéo : deux jeunes diplômés créent une entreprise florissante de dépollution dans un monde dominé par les
grandes entreprises : le cas Naskéo : ici

Sur le site du Ced ,une vidéo portant sur les difficultés du financement d’une entreprise innovante : ici

B. Le rôle de la demande
Dans l’analyse keynésienne , le progrès technique est largement déterminé par l’augmentation et les transformations de la demande

- En effet, de nombreux exemples tendent à prouver qu’un ordre important d’innovations sont le résultat des demandes
préalables à laquelle les innovateurs tentent d’apporter une réponse. On sait ainsi que Pasteur a commencé ses travaux
sur les levures pour répondre à une demande de brasseurs de bière, que le premier ordinateur a été conçu pour répondre
aux besoins de l’armée américaine qui voulait gérer ses stocks.

- On sait, de plus, qu’il existe une relation entre l’investissement et l’innovation : plus l’investissement est élevé, plus les
innovations seront nombreuses . Or, c’est dans les périodes de forte croissance de la demande que les investissements
progressent plus vite ( modèle de l’accélérateur ) et que les entreprises vont être incitées à lancer de nouveaux produits
afin de répondre aux besoins des consommateurs .

C. Le rôle des facteurs socio-économiques


Schumpeter a trop insisté sur les caractéristiques individuelles de l’entrepreneur , n’a pas assez tenu compte du contexte socio-
économique , mais aussi culturel ( dans certaines sociétés , le système de valeurs est un frein à l’innovation ) qui influencent les choix
individuels. Ainsi l’exemple de la révolution MEIJI nous montre bien que celle ci ne s’est pas réalisée sur la base de valeurs
individualistes mais tout au contraire s’est opérée dans le cadre d’une structure féodale.

Sur le site du Ced ,une vidéo montrant que l’innovation ne relève pas seulement de motifs individuels et financiers : l’exemple des
expéditions polaires Grand format
II. Les conséquences du progrès technique

A.Le progrès technique et les innovations : les grands absents des théories traditionnelles de la
croissance

1. Une croissance inexplicable

Postulat de base : La tradition néo-classique se situe dans le cadre d’une économie de concurrence
pure et parfaite :
- C’est-à-dire que les hypothèses du modèle de cpp sont respectées
• en particulier l’hypothèse d’homogénéité des biens (tous les biens sont
substituables)
• d’atomicité (personne ne dispose d’une position suffisante pour pouvoir
influencer le marché et fixer les prix)

- Dans ce contexte, grâce à la concurrence, l’économie de marché débouche sur une situation
optimale, c’est-à-dire qu’aucun producteur ne peut améliorer l’efficacité avec laquelle il
produit

- Ce postulat posé, la croissance ne peut résulter que d’une augmentation des quantités de
facteur de production : capital et travail utilisés pour la réaliser. On parle alors de croissance
extensive. En effet, la loi des rendements décroissants indique bien que la productivité
marginale d’un facteur diminue à mesure que les quantités utilisées de ce facteur
augmentent. A terme, la croissance économique va se réduire et l’on débouchera
inéluctablement sur une économie stationnaire.

Les insuffisances du modèle néo-classique : On se rend bien compte que ce modèle n’est pas
conforme à ce que l’on observe dans la réalité :
- En effet, comme l’a indiqué Schumpeter, ce qui est à l’origine de la croissance c’est
l’innovation or l’innovation est la grande absente du modèle néo-classique qui est basé sur un
état des techniques de production données

- La théorie néo-classique semble d’autant moins utilisable qu’elle postule la concurrence


uniquement par les prix . Or, la stratégie des entrepreneurs est de se détacher de la
concurrence par les prix en différenciant leur produit , en les rendant non substituables . Un
moyen efficace pour y arriver est d’innover : l’entrepreneur dispose alors d’un brevet qui lui
garantit pour une certaine durée une position de monopole ( rejet de l’hypothèse d’atomicité )
qui lui permet de fixer les prix .

2. La nécessaire prise en compte du progrès technique

Les solutions mises en œuvre par Solow :


- Solow va le premier constater que le résidu inexpliqué est le progrès technique ; mais comme
l’écrit D.Charpentier: « Solow se garde bien de dire d’où vient le progrès technique . En
particulier, il ne dépend pas d’investissements en recherche et développement, sinon ce serait
admettre qu’il est lui-même issu du capital, donc renoncer à l’hypothèse centrale de la
productivité marginale décroissante puisque la recherche permettrait d’accroître l’efficacité
de l’investissement »

- La prise en compte du progrès technique pose un second problème à l’analyse néo-classique :


chaque facteur est rémunéré en fonction de sa productivité marginale , mais si la moitié de la
croissance économique provient d’un résidu , le progrès technique qui tombe du ciel , qui doit
percevoir la rémunération issue de ce résidu ?
- Pour expliquer la croissance économique , les théoriciens néo-classiques vont donc faire appel
aux effets externes ( l’activité d’une entreprise a des conséquences sur autrui , sans que celle-
ci n ait eu l’intention , en supposant que le progrès technique soit par le biais des effets
externes à l’origine de rendements croissants à l’échelle collective . La solution n’est pas
idéale , car on ne voit toujours pas d’où vient le progrès technique : au mieux il est incorporé
au capital , c’est-à-dire qu’il est introduit par le biais des investissements : le progrès
technique serait donc une fonction croissante de l’investissement . Par contre , elle permet de
montrer quels sont les effets du progrès technique sur la croissance .
Sur le site d’éconoclaste, le modèle de Solow ( il y a un peu de maths) : ici

B.Cycles de croissance et grappes d’innovations dans l’analyse schumpetérienne ( 3 et 4 p 329-330 )

1. La vision schumpéterienne de la croissance :


La dynamique économique vue par Schumpeter est très tourmentée , à l’opposé du modèle néo-classique
d’équilibre de croissance et de concurrence impure et parfaite » .
En effet , Schumpeter a une vision cyclique de l’activité économique :il va reprendre l’apport de
Kondratieff qui avait mis en évidence l’existence de mouvements longs de cycles d’une durée
approximative de 50 ans . Schumpeter va être amené à distinguer 2 phases :

- la phase A ou phase d’expansion durant laquelle l’économie va s’écarter de l’équilibre initial . En effet ,
les innovations vont remettre en cause la structure du marché : les entreprises qui ont innové , par le
lancement d’un nouveau produit ou d’un nouveau procédé , vont bénéficier d’une forte augmentation de
la demande , vont accroître leur production , faire des profits supplémentaires . Ceci va avoir deux effets
contradictoires mais complémentaires :

•le mécanisme de la destruction créatrice : l’innovation va conduire à l’obsolescence des anciens


procédés ou des anciennes productions , ce qui va entraîner la disparition d’entreprises ou de pans
entiers de l’économie , donc une augmentation du chômage ( aspect destruction ) . Mais , dans le même
temps , de nouvelles entreprises , de nouveaux marchés apparaissent qui vont faire preuve de
dynamisme , créer des emplois ( aspect créateur ) .

•les grappes d’innovation : Schumpeter a constaté que les innovations ne se produisent pas de
manière continue dans le processus économique , mais de manière cyclique . Quand une entreprise
introduit une innovation radicale ou majeure , celle-ci va être à l’origine de nouvelles innovations qui
viennent en complément . On peut donc dire que les innovations s’engendrent les unes des autres par un
processus de déséquilibre successif . Schumpeter est amené ainsi à distinguer plusieurs révolutions
industrielles , caractérisées par des innovations fondamentales situées dans des branches qui vont servir
de pôle d’entraînement tirant toute l’économie , suite à l’introduction d’une innovation majeure qui a été
à l’origine d’un déséquilibre. Schumpeter distingue 3 révolutions qui se sont succédées. Chaque
révolution est caractérisée par une augmentation des innovations

- la phase B : durant cette phase , il ne se produit plus que des innovations mineures ou incrémentales , le
progrès technique se généralisant peu à peu , le dynamisme économique diminue , la croissance
économique chute ,on rentre alors dans une phase de récession .

Un article de Challenges sur l’analyse de Schumpeter et sa pertinence actuelle : ici

Un article du 27/09/2009 des Echos sur la crise actuelle vue comme une phase B : ici

Sur le site de la Prépa ECE1-ECE2 du lycée Rodin, un article sur les révolutions industrielles et leurs
caractéristiques : ici

Sur le site deJ.F.Anquetil de la Prépa ECE1-ECE2 du lycée Saint-François de Salles d’Evreux, un article de
l’Expansion sur l’analyse de Schumpeter : ici

2. Relativisation de l’analyse de Schumpeter


Néanmoins, si les analyses de Schumpeter sont séduisantes , elles sont difficiles à confirmer :
- en particulier l’hypothèse de régularité des cycles est très fragile . En effet , on ne constate
pas obligatoirement de cycle de progrès technique , en particulier de chute du progrès
technique durant les phases de récession .
- Au contraire , l’auteur en vient à inverser la relation de causalité : ce n’est plus la crise qui
favoriserait l’introduction du progrès technique , c’est au contraire le progrès technique qui en
s’accélérant dévaloriserait les secteurs anciens et bouleverserait donc la structure de
production .
- Aujourd’hui , la thèse de Schumpeter est considérée comme trop simpliste . En effet , si elle a
mis en évidence le rôle du progrès technique , elle est considérée comme faisant preuve d’un
déterminisme technologique moniste ( c’est-à-dire qu’elle fait appel à un seul facteur )en
particulier elle sous-estime les conditions qui vont permettre l’émergence du progrès
technique : le système de valeurs , les interventions publiques ( Schumpeter surestime le rôle
de l’entrepreneur)

C. Les théoriciens de la croissance endogène ( Romer : 4 p 43 )


La croissance endogène : une synthèse : « les théories nouvelles de la croissance, dans un cadre
d’équilibre général néo-classique ont reprise certaines idées de Schumpeter. » :
- de Schumpeter , elles retiennent « à la fois le rôle considérable du progrès technique dans la
croissance de long terme et son caractère endogène » .
- des néo-classiques , elles retiennent les effets externes qui vont conduire à des
apprentissages non intentionnels qui vont faire bénéficier la collectivité de rendements
croissants et générer une croissance économique de long terme .

Selon Romer à long terme la croissance ne dépend pas du taux d’investissement, mais du progrès
technique qui est d’autant plus intense que le nombre de chercheurs est élevé et que le stock de
connaissances est important.

 Le rôle des effets externes : Les effets externes passent par l’intermédiaire de plusieurs
canaux :
- la R-D est la source de deux externalités essentielles :
• les chercheurs sont d’autant plus productifs que le stock des connaissances
accumulées est déjà important ; chaque entreprise bénéficie donc gratuitement
des efforts de recherche ayant débouché sur l’accumulation des connaissances
menée par les agents économiques du pays : Isaac Newton disait « j’ai vu plus
loin parce que j’étais assis sur les épaules de géant »

• le progrès technique représente un coût fixe . En effet , quelle que soit la


production vendue , les dépenses engagées par l’entreprise afin d’innover
seront identiques . Dès lors , plus l’entreprise bénéficie de débouchés croissants
, plus les économies d’échelle dont elle bénéficiera seront importantes .
L’entreprise en profitera certes pour augmenter ses profits , mais elle les
répercutera aussi dans une baisse des prix . Les entreprises qui acquièrent des
machines bénéficient donc « de l’intégralité de la technologie alors qu’ils n’en
paient qu’une fraction du coût » ; Dans le cas d’un logiciel le coût de
reproduction est quasiment inexistant (un cd rom)

- la pratique : « c’est alors l’apprentissage qui est le mécanisme de la productivité ,


l’augmentation du savoir dépend de l’investissement cumulé » . Dans un pays , les capacités
d’innovation résultent non seulement de l’effort d’innovation réalisé par chaque entreprise ,
de la diffusion de l’innovation et des effets d’apprentissage qui en résultent, mais est aussi
fonction des interactions qui existent entre les efforts de recherche menée par les différentes
entreprises ou par l’Etat qui bénéficie gratuitement à l’ensemble de la collectivité.

- Le capital humain comme l’a théorisé E Lucas le capital humain va être à l’origine
d’externalités positives.En effet les individus formés sont plus performants, font bénéficier
ceux qui travaillent avec eux de leur savoir et contribuent donc à accroître la productivité. Il
existe même un processus cumulatif de croissance : chacun est d’autant plus efficace , a une
productivité élevée et des connaissances plus développées que le milieu dans lequel il évolue
est lui-même d’un haut niveau en capital humain ,avec des personnes exigeantes.

 Les théories de la croissance endogène appellent trois remarques essentielles :

Remarque 1 : les théories de la croissance endogène vont permettre de justifier un recours à


l’intervention étatique qui a pourtant été fortement critiquée par les théories libérales car le progrès
technique est un bien public ou collectif , cumulatif et non rival : la main invisible du marché ne suffit
pas à assurer la croissance maximale à long terme (15 et 16 p 46):
- Le progrès technique est un bien non rival car contrairement aux produits économiques
habituels il ny a pas de rivalité physique entre les usagers, la connaissance ne s’use pas
physiquement , bien au contraire c’est le non usage d’une connaissance qui menace son
existence. L’histoire des techniques a tendance à s’accélerer parce que chaque idée nouvelle
apparaît d’autant plus facilement qu’elle s’appuie sur un stock important d’idées antérieures.

- Or, si on laisse le marché s’autoréguler , celui-ci passe par des phases de récession durant
lesquelles le taux d’investissement et l’effort de R-D des entreprises sont réduits ( du fait de la
faiblesse des débouchés anticipés par les entreprises , cf. Keynes ) . Ceci handicape la
croissance potentielle future , car l’accumulation de connaissance stagne

- En effet , suite à la réduction de l’effort d’innovation des entreprises , le stock de


connaissances et les effets d’apprentissage sont plus réduits , donc les innovations sont plus
coûteuses , la croissance économique potentielle du pays sera plus réduite ( la croissance de
demain est fonction de la croissance passée ) .

Il apparaît alors nécessaire de réguler le marché , en particulier l’Etat peut mettre en place des politiques
contracycliques d’investissement et de R-D qui permettent de compenser la réduction de l’effort des
entreprises et donc d’accroître la croissance future .

Remarque 2 : Si la recherche fondamentale relève du secteur public afin que chacun puisse librement
accéder à ses résultats, le changement technique, selon P Romer sera d’autant plus intense que les
innovateurs en espèrent un profit élevé, le progrès technique ne tombe pas du ciel , il est produit et son
niveau de production dépend de la rémunération attendue sous forme de droits de propriété, donc de
rente de monopole ce qui implique une concurrence imparfaite.

Remarque 3 : on peut opposer deux modèles :


- le premier qui se traduit par un cercle vertueux : le stock de connaissances accumulé
par le pays est important : les entreprises bénéficient donc d’un capital de savoir-faire de
départ élevé , d’effets d’apprentissage qui vont rendre leurs efforts de R-D plus faciles et
moins coûteux . Elles vont donc être incitées à innover , ce qui va à nouveau accroître le stock
de connaissances et générait des effets d’apprentissage . Ainsi , on sait que les pays qui
innovent le plus aujourd’hui sont des pays qui bénéficient déjà d’un capital d’innovation
élevé : les PDEM , en particulier les Etats-Unis et le Japon .

- le second qui se traduit par un cercle vicieux va concerner au contraire les PVD qui n’ont
pas de tradition innovatrice , pas de formation spécialisée dans la recherche . Les effets
d’apprentissage et le stock de départ sont donc réduits , l’effort de R-D sera donc d’autant
plus coûteux et incertain , alors que les entreprises ne sont pas assurées de la rentabilité de
leur découverte : les débouchés sont réduits .

Conséquences : Dès lors , l’effort de R-D des PVD est faible , ce qui accroît l’écart entre les PDEM et les
PVDet donc le différentiel de croissance, et finalement creuse les inégalités .

Solutions : Certains auteurs sont alors favorables à un transfert de technologie des pays riches vers les
PVD afin de constituer un capital de connaissances au départ ; d’autres leur répondent qu’il faut encore
que ces technologies soient adaptées au pays(cf thèse des technologies appropriées : chapitre
mondialisation)

Sur le site Eco dico de la BNP Paribas, une vidéo sur la notion de capital humain et son intérêt:ici

Sur le site de l’ENS Lettres et Sciences humaines, un dossier de Pascal Le Merrer : Une présentation générale Diapositives
(Partie 1) Diapositives (Partie 2)

Sur le site de l’ENS Lettres et Sciences humaines, un article sur la théorie de la croissance endogène : ici

III. Les différents modèles d’innovation

A. Le modèle américain

- En apparence les EU sont un modèle de pays libéral .En réalité , l’intervention de l’Etat , en particulier par le biais de
la recherche militaire , est considérable .L’Etat va donc orienter l’effort de recherche mené par les entreprises ( cf. le
programme pour aller sur la lune de Kennedy , programme guerre des étoiles de Reagan, le rôle du pentagone dans le
lancement d’internet )

- Néanmoins , ceci n’empêche pas que les entreprises exercent un rôle important dans la recherche , en particulier dans
son orientation . Alors qu’en France , les chercheurs se consacrent principalement à la recherche fondamentale qui ne
comporte pas véritablement de débouchés économiques , aux EU , les chercheurs en particulier dans les universités
sont associés aux entreprises , créent des entreprises et font de la R-D qui débouche sur la production de biens
innovants .

B. Le modèle japonais

Dans les années 50 , les Japonais copient l’occident ; dans les années 60 , ils améliorent les produits occidentaux par des innovations
mineures ; à partir des années 70 , les innovations incrémentales se sont développées . La force du Japon repose donc sur 4 points
- un effort de formation de la main-d’œuvre très important

- comme pour l’Allemagne , une des chances du Japon a été de se voir interdire après la guerre de 39-45 de mener des
recherches militaires qui , étant secrètes n’irriguent pas le tissu économique ( handicap de la France et des EU). Le
Japon a pu alors se concentrer sur la recherche civile et déposer des brevets profitant directement aux entreprises

- un effort de R-D résultant d’un taux d’épargne très élevé

- le MITI : le Ministère de l’Industrie va coordonner l’action de recherche des entreprises en orientant l’effort de
recherche vers les marchés qui sont les plus porteurs , c’est-à-dire que le MITI ne se substitue pas aux entreprises ,
mais qu’il vient en complément des entreprises en gouvernant par ce que l’on a appelé l’administration guidance qui
est basée sur des mesures incitatives .
C. Le modèle européen
La recherche européenne est relativement peu performante (cf. l’informatique française) . Ceci résulte essentiellement de 2
tendances :
- chaque pays européen a voulu développer sa propre recherche , ses propres normes technologiques afin de bénéficier
de champions nationaux qui pourraient être compétitifs sur le marché mondial . Ceci se traduit au niveau européen par
des déséconomies d’échelle : plusieurs pays menant la même recherche et arrivant séparément au même résultat

- chaque pays a voulu être présent partout : les efforts de recherches ont donc été dilués . Or ,plus la taille est restreinte ,
plus l’effort de recherche doit être concentré , ce qui nécessite une spécialisation sur des créneaux .

conséquences : Face à cette situation d’échec relatif , 2 tendances peuvent être anticipées :
- le modèle anglais à l’époque de Thatcher ultra libéral : qui conduit à une retraite pure et simple : l’Etat diminuant son
effort de recherche et le déléguant aux entreprises étrangères , ce qui à terme nuirait à la compétitivité du pays

- poursuivre les efforts de recherche , mais non plus au niveau national , au niveau européen , ce qui permettrait de
mobiliser des capitaux beaucoup plus importants ( d’où économies d’échelle ) , d’éviter une concurrence inefficace ,
permettrait de lutter à armes égales avec les Américains , mais nécessiterait de la part de chaque pays un effort de
spécialisation , c’est-à-dire l’abandon de certains créneaux , une division internationale de la recherche et de la
production s’opérant au niveau européen .L’égoïsme de chaque pays conduit au pessimisme ; par contre , l’exemple
d’Airbus ou le développement des accords entre firmes européennes, les mouvements de concentration permettent
d’être plus optimistes .

Le rapport 2009 de l’OCDE : une comparaison internationale de l’effort de recherche et d’innovation, cliquez ici

Sur le site de Canal U , une conférence de Jean-Hervé Lorenzi qui donne un éclairage sur la fichesur :
Economie et innovations ici

• Présentation
• 09:06 Introduction
• 19:51 Les relations entre progrès technique et croissance
• 17:13 L'innovation dans la pensée des économistes