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MÉGALITHES DE CARNAC

,
ET DES RIVES DU MORBIHAN
CNBFPM - 10 octobre 2017
DVUE et analyse comparative
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan (France)

Déclaration de la Valeur Universelle Exceptionnelle

Brève synthèse
Le complexe architectural et monumental de plus de 500 sites mégalithiques qui marque les
paysages de la région de Carnac et des rives du Mor Bihan (Petite Mer) témoigne de l’existence
d’un pôle de pouvoir et de richesse majeur aux temps des premières sociétés agropastorales,
entre 7000 et 5000 ans avant le présent. À cette concentration extraordinaire d’architectures
exceptionnelles et d’une grande diversité se superpose une étonnante abondance de symboles
gravés sur stèles et sur les parois des tombeaux, et une accumulation inédite d’objets polis
d’origine lointaine. Cet assemblage dépasse ainsi la seule monumentalité pour former, avec l’art
pariétal et les dépôts d’objets mobiliers, un vaste système complexe - réparti en plusieurs
ensembles - d’une force symbolique d’autant plus magistrale qu’il s’inscrit dans la longue durée
(plus de deux mille ans) et structure un paysage tout aussi original. Ce territoire d’une grande
richesse environnementale, constitué d’un estuaire au confluent de deux rivières et d’une large
baie maritime bien protégée, forme le berceau de grands mythes autour du mégalithisme. Toute
cette région témoigne enfin d’une longue tradition de recherches ayant débouché précocement
sur la mise en place de mesures de protection et de mise en valeur de ce patrimoine.

critère (i):
Les rives du Morbihan rassemblent des monuments de renommée mondiale, comme ceux de
Carnac, de Locmariaquer (le Grand Menhir), de Larmor Baden (Gavrinis), et d’autres. Ce
complexe, se déployant sur plus de 100 km2, associant tombeaux monumentaux et ouvrages de
stèles constitue une réalisation architecturale et artistique unique, tant par son ampleur que par
son originalité : l’ordonnance des édifices, en symbiose avec le paysage, forme un espace
symbolique souligné par un programme iconographique original et des dépôts d’objets polis
hautement valorisés. Autant les monuments que les gravures et les objets-signes témoignent de
prouesses techniques et artistiques impliquant, par exemple, la manutention de milliers de
tonnes de terres et de pierres. L’art de couvrir stèles et parois des tombeaux de scènes
iconiques ou narratives atteint ici un sommet pour le Néolithique européen.

critère (ii) :
Le phénomène mégalithique autour de la Petite Mer porte témoignage de l’existence d’un pôle
de pouvoir qui a connu un rayonnement considérable aux temps des premières sociétés
néolithiques, entre 7000 et 5000 ans avant le présent. Menhirs, tumulus et dolmens structurent
le paysage depuis le Néolithique. La diversité remarquable de ces architectures rend compte
d’un jeu d’influences et de transferts sur tout le continent européen et en particulier le long de sa
façade atlantique. Les programmes iconographiques élaborés en Morbihan trouveront un écho
sur les stèles et les rochers naturels en Bassin parisien, Bourgogne, Suisse, nord de l’Italie et
probablement aussi en Galice et au sud du Portugal. Les dépôts mobiliers (haches et bracelets
en jade, perles en pierres semi-précieuses) témoignent également de circulations de matières
premières rares et d’objets de haute valeur sur des distances pouvant atteindre 1200 km.

critère (iv) :
Aux débuts du Néolithique, l’homme établit une relation nouvelle à son environnement à travers
l’édification de tombeaux aux proportions impressionnantes, l’enfouissement de dépôts d’objets
en des points névralgiques du paysage et la construction de vastes alignements de stèles.
Certaines d’entre elles sont en outre travaillées et parfois gravées de signes en rapport avec
une cosmogonie dont la symbolique s’éloigne de celle des populations de chasseurs-cueilleurs.
Au cours du Néolithique, plusieurs de ces édifices ont été modifiés et d’autres ont été construits
autour des précédents pour former de véritables suites monumentales. Ces innovations
architecturales et iconographiques, parmi les plus anciennes connues en Europe occidentale,
incarnent des changements majeurs dans l’organisation économique et culturelle des sociétés
dont la hache polie est l’objet emblématique, changements dont la portée est significative dans
l’histoire de l’humanité. Les édifices construits, encore aujourd’hui spectaculaires, révèlent
l'ingéniosité, l’investissement humain et le savoir-faire technique de ces sociétés d'agriculteurs-
éleveurs pour extraire, transporter et mettre en œuvre des volumes de terres et de pierres
considérables : des blocs, atteignant jusqu’à 330 tonnes, ont été déplacés sur 5 à 10 km, en
franchissant parfois des voies maritimes.

Intégrité

Malgré l’urbanisation récente de la zone d’étude, ce complexe d’architectures mégalithiques est
représenté par un total de plus de 500 monuments, organisés en 27 ensembles, combinant tous
les attributs de la valeur universelle exceptionnelle : variété des typologies architecturales ;
organisation structurée dans le paysage ; productions artistiques telles que les gravures ;
mobilier réuni dans les musées locaux. Les vestiges sont préservés et documentés. La longue
histoire de la recherche dans cette région fournit un niveau exceptionnel de connaissances sur
ces premières sociétés agro-pastorales.

Authenticité

En dépit des destructions et remaniements, les édifices et les paysages ont gardé une
authenticité suffisante pour permettre d’en apprécier la cohérence et d’exprimer leur valeur
universelle exceptionnelle. La datation des monuments est assurée par de multiples analyses et
par le mobilier archéologique. Les signes gravés sur les stèles et parois des tombeaux
comprennent des représentations d’objets - tels les grandes lames de haches symboliques en
jade - trouvés dans les dépôts. Les restaurations anciennes ou plus modernes ont été réalisées
dans le respect des connaissances scientifiques disponibles. En outre, la réutilisation à des
époques ultérieures de certains monuments, bien documentée par des fouilles récentes, ne
remet pas en question leur origine ancienne.

Protection et gestion

Les édifices du bien sont protégés par différents outils réglementaires disponibles au titre de
l’urbanisme et du code du Patrimoine.163 d’entre eux sont portés sur la liste des monuments
historiques, pour certains dès 1862. Une actualisation des protections et de leurs délimitations
est en cours. Tous les édifices sont protégés au titre de l’archéologie. Depuis plusieurs années,
une politique de mise en valeur et d’entretien des monuments a été mise en place par les
collectivités territoriales et l’État assurant le suivi de leurs conditions de conservation.

Octobre 2017
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan

Déclaration de la Valeur Universelle Exceptionnelle

Identification des attributs
Plusieurs attributs ont pu être identifiés dans l’organisation du Bien pour constituer un fil
directeur afin de dégager une Valeur Universelle Exceptionnelle des mégalithes situés
dans la zone d’étude.

Les attributs fondamentaux sont au nombre de cinq :

⁃ 1 - Ouvrages de stèles. Le fait de dresser une pierre (une stèle) s’observe dans de
nombreuses régions du monde, à différentes époques. L’exception
morbihannaise réside dans la présence d’environ 150 ouvrages de plus d’une
dizaine de milliers de stèles dressées, essentiellement organisés de façon
linéaire, déployés bien souvent hors du champ visuel, occupant presque en
continu un territoire de 38 000 hectares. La manutention de plusieurs milliers de
tonnes de pierres pour la réalisation de tels ouvrages constitue un exploit
technique, d’autant que certains monolithes présentent des masses et des
hauteurs exceptionnelles, inégalées en Europe, pouvant atteindre 21 m pour un
poids de 330 t.

⁃ 2 - Tombeaux. Des architectures funéraires marquent ce territoire, souvent associées
aux ouvrages de stèles. Il s’agit aussi bien de tombes individuelles (sous tertres
ronds ou allongés) que de tombes à couloir généralement destinées à plusieurs
personnes. Leur diversité architecturale et leur abondance est ici hors du
commun. Elles peuvent être isolées ou regroupées au sein d’un même
monument funéraire parfois intégré à l’organisation d’un alignement de
monolithes ou construit de stèles en ré-emploi. Parmi eux, trois monuments se
distinguent très nettement, par le volume extraordinaire des matériaux constitutifs
et leur transport nécessaire par voie terrestre et maritime ; mais surtout par les
viatiques funéraires exceptionnels, uniques en Europe, où les haches extraites
des Alpes italiennes se juxtaposent aux perles en provenance d’Andalousie. Il
s’agit d’architectures aux structures complexes dont la fonction, loin d’être
exclusivement pratique, participe de tout un dispositif symbolique.

⁃ 3 - Art pariétal (ou rupestre). Avec 158 dalles gravées dévoilant la grande diversité
des expressions graphiques, les affleurements, stèles et tombeaux du secteur
géographique considéré regroupent la moitié du corpus français pour les VIIe et
VIe millénaires avant le présent. Le monument de Gavrinis cumule à lui seul près
d’1 km linéaire de gravures sur les parois de la tombe. Les signes inscrits
appartiennent à un registre également bien particulier et sans équivalent,
comprenant des représentations d’objets (haches en jade, bracelets en pierre,
arcs et flèches, bâtons de jet ; bateaux), d’animaux sauvages (cétacés, serpents,
oiseaux) et domestiques (caprins, bovins), enfin de rares anthropomorphes et
des figurations géométriques. Ces gravures, loin d’être de simples inscriptions à
but ornemental, sont positionnées et assemblées selon des codes graphiques
prédéfinis, suivant un programme iconographique retrouvé de dalle en dalle. La
représentation de la hache nue ou emmanchée est une spécificité de la région,
unique en Europe par le nombre d’exemplaires et les dimensions atteintes.

⁃ 4 - Dépositions. Une accumulation inédite d’objets polis dans des matériaux rares,
d’origine lointaine, singularise également ce secteur géographique. Ce sont des
armes (lames de haches polies en roches alpines, qui représentent 10% des
jades européens) et des parures (anneaux de bras, colliers en roches alpines et
andalouses) qui alimentent ces dépôts. Les perles et pendeloques réalisées en
callaïs (variscite et turquoise) représentent plus de la moitié de toutes les
découvertes faites dans la France du Nord. Enfouis ou immergés en des endroits
spécifiques du paysage (affleurements rocheux, gués, marais), mis en scène
autour des corps dans les tombeaux ou enfouis au contact de stèles, ces objets-
signes, parfois volontairement détruits, s’éloignent de leur fonction première, et
s’apparentent à des offrandes, ajoutant à l’espace architecturé une force
symbolique hors du commun.

⁃ 5 - Paysage de littoral. L’ensemble des éléments constituant le Bien se dispose en
bordure d’une étendue d’eau fermée et naturellement protégée, mais aussi
perméable aux échanges entre toutes les rives de cette Petite Mer (Mor Bihan).
La dynamique des transferts au Néolithique, le transport des monolithes
extraordinaires, vont être propices au développement d’une architecture navale,
et donc aux échanges plus lointains par voie fluviale et par voie maritime, sur les
routes des jades et de la callaïs. L’observation du sel marin naturellement
cristallisé a d’ailleurs dû motiver une récolte puis une production de ce minéral
blanc très convoité. Mais c’est une mer qui avance aussi, puisque la remontée
encore rapide du niveau marin, il y a 7000 ans, était très perceptible à l’échelle
d’une génération ; cet envahissement progressif des plaines littorales a dû
intégrer les systèmes de croyances. Enfin la mer sur l’horizon est partie
intégrante d’une majorité de points d’implantation des mégalithes constituant le
Bien.

Ces différents attributs du Bien ne sont pas autonomes. Ils se superposent et
interagissent à l’intérieur d’un système cohérent et leur combinaison est une
caractéristique de ce « territoire ».

Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan

Démarche et présentation de l’analyse comparative

1. Choix et définition des critères de sélection des sites de comparaison .................... p. 1

2. Définition des propriétés spécifiques du bien candidat ................................................. 2
2.1. Relations entre critères UNESCO, attributs et propriétés des biens de comparaison ........ 2
2.2. Propriétés structurelles ....................................................................................................... 3
2.3. Propriétés sociales, économiques ou culturelles ................................................................ 4
2.4. Propriétés chronologiques .................................................................................................. 4

3. Choix et sélections des biens considérés pour l’analyse comparative ......................... 5

4. Classement des données descriptives récoltées sur les sites de comparaison ........... 5

5. Analyse comparative ..................................................................................................... 6
5.1. Sites mégalithiques ............................................................................................................. 7
5.2. Nécropoles et groupes de tombes .................................................................................... 11
5.3. Temples ou lieux de culte ................................................................................................. 12
5.4. Habitats, cités ou villages remarquables .......................................................................... 12
5.5. Sites à gravures ou peintures rupestres ........................................................................... 13
5.6. Paysages culturels ............................................................................................................ 14

6. Synthèse générale et conclusions .............................................................................. 15

– Tableau général des biens de comparaison classés par le total des propriétés et les dates ... 17
– Commentaire des valeurs des propriétés du tableau de l’analyse comparative ...................... 19
– Distribution des sites de comparaison analysés, en fonction de leur période d’occupation et
de la somme des propriétés des biens de comparaison .......................................................... 20
– Carte de répartition des biens de comparaison ........................................................................ 21

Annexes (document séparé)
Annexe 1 : liste des sites de comparaison choisis lors de la première sélection.
Annexe 2 : liste des sites de comparaison retenus à l’issue de la seconde sélection et leur
évaluation.
Annexe 3 : exemples de fiches descriptives.
– Fiche no 0 : Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan (France, Morbihan).
– Fiche no 5 : Parc national de Rapa Nui (Chili, Ile de Pâques).
– Fiche no 24 : Stonehenge, Avebury et sites associés (Royaume-Uni, Wiltshire).
– Fiche no 64 : Mausolée du premier empereur Qin (Chine).
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 1

1. Choix et définition des critères de sélection des sites de comparaison

La sélection des sites de comparaison, à prendre en compte pour l’analyse comparative des
« mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan », est basée sur les critères de la DVUE et les
attributs spécifiques qui définissent le bien candidat à l’inscription au patrimoine mondial.

En fonction de la complexité du bien candidat, nous avons choisi d’étendre la sélection des sites
de comparaison à des types de biens plus larges que ceux appartenant strictement au bien
considéré. Ainsi, nous avons retenu les six types de sites suivants, lors de la première phase de
sélection des biens de l’analyse comparative :

Mégalithisme (MEG) : sites mégalithiques, constructions imposantes en pierre ou en terre, à
caractère symbolique ou funéraire.

C’est typiquement la catégorie de biens qui correspond le plus au nôtre. Nous incluons dans cette catégorie
les biens non seulement en pierre, mais aussi en terre, à la condition que l’investissement humain soit
considérable et dans un but religieux, symbolique ou politique.

Nécropole (NEC) : groupes de tombes ou de sépultures à caractère monumental, dans un
espace funéraire.

Cette catégorie est complémentaire de la première, mais elle permet d’intégrer et de mettre en évidence
des sites dont la fonction funéraire est spécifique et non des monuments de nature et de fonctions
diverses.

Temple (TEM) : ensembles de constructions religieuses imposantes, temples ou lieux de culte.

Il s’agit des biens dont la fonction religieuse est centrale, cela comprend une structuration particulière des
constructions, avec un lieu particulièrement sacré, l’autel, le Saint des saints, etc. Ces monuments sont
aussi fréquemment associés au pouvoir central et même au monde des morts.

Habitat (HAB) : cités ou villages organisés, dont l’architecture et les structures sont typiques,
homogènes et remarquables.

Pour ce type de site, ce qui est caractéristique c’est l’organisation de l’habitat, qu’il s’agisse d’un village ou
d’une cité. Bien évidemment, les constructions religieuses, relatives au pouvoir et éventuellement au
domaine funéraire sont parfois aussi présentes dans des habitats, notamment dans les cités.

Rupestre (RUP) : ensembles de gravures ou peintures rupestres dans un vaste territoire.

Cette catégorie est un peu éloignée de notre bien, car il s’agit le plus souvent de manifestations discrètes
et non ostentatoires. Néanmoins, par leur extension dans une vaste région et leur densité, des gravures
rupestres ou des peintures sur des rochers représentent une structuration du paysage, qui possède des
points communs avec les régions les plus riches en monuments mégalithiques.

Paysage culturel (PAY) : organisation d’un territoire par des constructions ou des aména-
gements qui constituent un ensemble symbolique et culturel.

Dans cette catégorie, la notion de paysage culturel est prépondérante, plus que dans les types précédents.
En outre, l’interaction entre le territoire et ses caractéristiques (environnement, substrat, etc.) avec les
constructions ou aménagements anthropiques est centrale dans cette définition.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 2

2. Définition des propriétés spécifiques du bien candidat

En fonction des attributs retenus et des points soulignés dans la DVUE, nous avons cherché à
définir de manière plus précise les caractéristiques propres du bien candidat, afin de comparer
les sites sur la base de ses propriétés spécifiques. Ces propriétés appartiennent à plusieurs
champs distincts :

– propriétés structurelles ;
– propriétés sociales, économiques ou culturelles ;
– propriétés chronologiques.

En plus de ces propriétés que l’on peut qualifier d’intrinsèques, car propres aux biens
archéologiques à inscrire, on devrait aussi prendre en compte le contexte de conservation et de
gestion des autres sites comparés, ainsi que leur mise en valeur scientifique et touristique. Ces
propriétés extrinsèques rendront compte de la mise en œuvre des conditions de gestion à long
terme des biens inscrits ou en voie d’inscription. On peut les nommer ainsi :

– propriétés de conservation et de gestion ;
– propriétés de valorisation.

Les éléments de gestion et de valorisation des biens décrits dans l’analyse comparative sont essentiel-
lement pris en compte afin d’orienter, de compléter et de critiquer les options de conservation et de gestion
déjà évoquées dans la DVUE de notre propre bien. Indépendamment des propriétés intrinsèques que l’on
vient de mentionner, l’analyse comparative devrait aussi prendre en compte les modes de gestion et de
valorisation des sites pris comme comparaison. Ces caractéristiques extrinsèques permettront aussi de
décrire le contexte actuel des sites présentés et les choix effectués dans leur mise en valeur.

2.1. Relations entre critères UNESCO, attributs et propriétés des biens de comparaison

L’évaluation de la présence, plus ou moins marquée, des propriétés spécifiques du bien candidat
dans les sites de comparaison, est basée à la fois sur les critères UNESCO (critères (i), (ii), (iii) et
(iv)) et sur les attributs qui soutiennent ces critères. Néanmoins, la définition des propriétés
recherchées dans les biens de comparaison doit être élargie afin de s’adapter à des objets
souvent très différents du bien candidat. Les relations logiques et formelles entre ces trois types
de caractéristiques sont exprimées dans le schéma ci-dessous.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 3

2.2. Propriétés structurelles

Une des premières propriétés importantes à considérer est la notion d’ensemble et de
concentration de sites mégalithiques dans un territoire défini. En effet, la justification principale
d’inscrire ce bien, plutôt que tout autre ensemble de monuments mégalithiques tels qu’il pourrait
se trouver en France ou ailleurs, c’est la densité et la diversité remarquables des sites distribués
tout autour du golfe du Morbihan et dans la région de Carnac.

Ces monuments appartiennent à deux grandes catégories : les monuments funéraires et les ouvrages de
pierres dressées. Néanmoins, cette notion de densité ne serait pas suffisante, si les monuments en
question n’appartenaient pas à des « complexes » ou « ensembles » qui participent à un « système
symbolique et/ou funéraire ». En outre, ce qui est assurément aussi une des propriétés les plus
importantes mises en évidence avec la notion d’ensembles de sites, c’est la relation fonctionnelle,
organique et certainement symbolique entre les différents monuments de chaque ensemble. Cette
caractéristique n’en est encore qu’au début des recherches et analyses, mais elle deviendra à l’avenir un
axe de recherche fondamental, dont les résultats permettront encore mieux de caractériser la nature
exceptionnelle du bien.

Propriété A. La notion d’ensembles symboliques et funéraires est centrale pour décrire le bien
soumis à l’inscription. Il ne s’agit donc pas d’un monument mégalithique exceptionnel unique,
mais d’une série de monuments combinant la terre et la pierre qui entretiennent entre eux des
liens évidents.

Les sites mégalithiques de la zone considérée attestent une relation forte entre des monuments ostenta-
toires, conçus comme des sépultures destinées probablement à l’élite locale. Pourtant, les constructions
funéraires sont intégrées dans un dispositif architectural à caractère symbolique ou religieux, qui dépasse
vraisemblablement la seule fonction funéraire.

Propriété B. Le caractère monumental et ostentatoire des monuments érigés constitue une autre
caractéristique essentielle de ce bien, mais il représente aussi un des attributs prioritaires de la
définition du bien. L’exploit technique et humain indispensable pour extraire, travailler et déplacer
des blocs de pierres aussi volumineux, de parfois plus de 300 tonnes, implique à la fois une
conception architecturale, des techniques constructives et des structures sociales qui placent
dans une catégorie à part la plupart des ouvrages de la région considérée.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 4

La réalisation de ces monuments a nécessité une organisation de la société très particulière, évidemment
hiérarchisée et probablement très inégalitaire, qui témoigne d’un pouvoir politique et/ou religieux très fort.
La certitude que des blocs de plusieurs dizaines de tonnes au moins ont été transportés par terre et par
mer pour atteindre des îles est aussi une caractéristique unique pour la période de la préhistoire
considérée.

Propriété C. L’ensemble de ces monuments et, surtout, les relations qu’ils entretiennent entre
eux constituent une scénographie grandiose qui dessine un paysage culturel et symbolique
évident. Nous en avons perdu la signification exacte, mais elle marque encore le territoire,
quelques millénaires plus tard, d’une empreinte très forte largement perçue dans la population
locale.

Les monuments composant le bien se disposent autour d’une étendue d’eau fermée et protégée qui
participe activement à la structuration du paysage. L’homme qui vit en interaction avec son environnement
a trouvé dans les rives du Morbihan un espace permettant à la fois de subsister, mais également de
participer aux échanges longues distances. L’importance de cette étendue d’eau, avec les marées qui
l’animent, a dû influencer le système symbolique de la société. La position de certaines tombes
monumentales s’intègre ainsi dans l’horizon marin.

Propriété D. Une caractéristique, très spectaculaire et originale des monuments du bien candidat
ce sont les ouvrages de stèles. Quelques 150 ensembles de plus d’une dizaine de milliers de
stèles dressées, essentiellement organisées de façon linéaire, se déploient sur un territoire de
38 000 hectares. Certains monolithes présentent de plus des masses et des tailles
exceptionnelles, inégalées en Europe.

2.3. Propriétés sociales, économiques ou culturelles

Propriété E. Les représentations gravées sur des stèles, ou certaines parois des monuments
funéraires, présentent une iconographie complexe, qui mêle des représentations d’animaux
(oiseaux, mammifères marins et terrestres, reptiles), des armes de jet (arcs et flèches, haches,
crosses-boomerangs) et des motifs géométriques très élaborés. Ces représentations comportent
parfois des motifs qui se retrouvent dans un domaine géographique et culturel plus vaste que
celui de la zone décrite. Elles témoignent d’un fond culturel commun relatif à un développement
social et religieux propre aux premières sociétés néolithiques des façades atlantiques.

Propriété F. Les mobiliers très valorisés (haches carnacéennes, parures en callaïs, etc.)
attestent un système de transferts ou d’échanges à longue distance, qui implique des réseaux
structurés et des contreparties matérielles ou sociales assurément spécifiques. La circulation de
ces objets de prestige témoigne de relations suivies avec des régions éloignées, telles par
exemple la côte atlantique de la péninsule Ibérique et les Alpes.

Les mobiliers rares et précieux contenus dans certaines tombes attestent un réseau de transferts/
échanges à très longue distance, qui est une dimension essentielle des sociétés implantées sur le littoral
atlantique de l’ouest de la France. À nouveau, la zone candidate présente une densité inhabituelle de ces
objets-signes, armes et parures qui dépassent leur valeur fonctionnelle.

2.4. Propriétés chronologiques

Propriété G. Le bien candidat appartient aux VIIe, VIe et éventuellement Ve millénaires avant le
présent. Pour les comparaisons, nous retiendrons aussi des ensembles plus anciens ou plus
récents, à la condition que leurs caractéristiques soient très semblables et significatives.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 5

Le phénomène mégalithique dans la région de Carnac est survenu tout d’abord très rapidement, au début
du processus de néolithisation de la côte atlantique. Les conditions de cette précocité sont assurément à
rechercher dans le substrat mésolithique local (forte densité des sites d’habitats de chasseurs-collecteurs,
traitement inégalitaire des morts dans les sépultures) et des conditions environnementales favorables à
l’adoption d’un mode de vie sédentaire au passage à une économie de production.

3. Choix et sélections des biens considérés pour l’analyse comparative

La sélection des biens retenus pour l’analyse comparative est effectuée en trois étapes : une
première étape consiste à sélectionner des biens qui appartiennent aux six types mentionnés
plus haut. Cette première sélection est volontairement très ouverte, car elle permet ainsi de
placer le bien candidat dans un contexte typologique et chronologique très large. Nous avons
ainsi retenu un premier choix de 161 sites, appartenant au patrimoine mondial ou aux listes
indicatives, ainsi que quelques sites non-inscrits, mais significatifs selon nos critères de sélection
(voir l’annexe 1).

La seconde étape consiste à caractériser chacun des biens retenus par rapport aux six propriétés
représentatives du bien à comparer, en inscrivant son appartenance ou non à chacune des
propriétés. Cette opération permet déjà de classer les biens à comparer et de réduire leur
nombre à ceux qui sont les plus proches de notre bien, en fonction des propriétés définies (voir
l’annexe 2). À la suite de cette étape, nous avons retenu 55 biens.

La troisième étape nécessite une connaissance et une description plus approfondies des
caractéristiques de chacun des biens de comparaison. Une fiche descriptive et interprétative est
rédigée pour chacun des biens retenus à la suite de la seconde étape, elle sert de base à la
synthèse de l’analyse comparative (exemples de fiches en annexe 3). L’appartenance aux
propriétés A à F est cette fois notée sur une échelle de 0 à 3, permettant un classement de
chaque bien par rapport aux autres. Actuellement sur les 55 biens retenus, un total de 30 fiches
descriptives sont déjà rédigées (voir leur liste avec la mention des auteurs de ces rédactions
dans l’annexe 2).

La propriété A est prise en compte de manière prioritaire, de même que les biens en séries ou possédant
des objets multiples. Ainsi, les ensembles retenus sont tout d’abord des biens rassemblant des
monuments funéraires, tombes monumentales, dolmens, tumulus, etc. Puis des sites constitués
d’ouvrages à caractères symboliques ou religieux, telles des pierres dressées, des stèles gravées ou des
gravures rupestres, dont la situation et la densité dans un territoire étendu marquent une empreinte
évidente sur ce territoire.

4. Classement des données descriptives récoltées sur les sites de comparaison

Ce traitement débouche ainsi sur six propriétés thématiques et une chronologique, qui peuvent
soit être prises individuellement, soit être combinées entre elles. Dans la rédaction des
descriptions des sites de comparaison elles sont réparties en trois groupes.

Propriétés structurelles :
A. Ensembles funéraires et symboliques, sépultures élitaires, ostentatoires
B. Constructions attestant un exploit technique et humain
C. Paysage symbolique, structuration de l’espace par un dispositif architectural à caractère
symbolique ou religieux
D. Présence d’ouvrages de stèles, menhirs, etc.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 6

Propriétés sociales, économiques ou culturelles :
F. Iconographie complexe qui mêle des représentations d’animaux sauvages et des objets
symboliques à des motifs géométriques très élaborés.
E. Transferts à très longue distance, réseaux d’échanges structurés.

Propriétés chronologiques :
G. Datation absolue de la période de construction ou d’utilisation du bien de comparaison. La
propriété chronologique est considérée de manière indépendante. Dans l’évaluation des sites de
comparaison, elle sera traitée de même.

D’autres critères pourraient encore être considérés comme appartenant à des caractéristiques signifi-
catives des monuments de la zone considérée. C’est par exemple la relation existante, par le passé et
actuellement, entre la population locale et les sites de la région. Cette relation produit à la fois un sentiment
d’appartenance identitaire à un passé prestigieux et renforce l’intérêt pour la mise en valeur des
monuments et leur préservation. De telles caractéristiques seront décrites dans les fiches de l’analyse
comparative, mais ne seront pas considérées lors du choix des biens à comparer et lors de la première
sélection.

Un tableau général réunissant l’ensemble des propriétés évaluées pour tous les biens retenus
permet de mettre en évidence les sites les plus proches de notre bien et fourni la matière utile à
la synthèse de l’analyse comparative définitive (annexe 2). Un second graphique présente en
abscisse la somme des valeurs des propriétés notées de 5 à 18 et en ordonnée la phase
d’occupation pour chaque bien, notée en dates avant le présent. Ce dernier tableau montre la
position réciproque de chaque ensemble par rapport au bien proposé à l’inscription au patrimoine
mondial.

5. Analyse comparative

Cette présentation, encore provisoire, de l’analyse comparative est basée sur un premier
ensemble de 55 biens, en majorité des sites inscrits au patrimoine mondial, mais aussi quelques-
uns présents sur les listes indicatives ou non-inscrits. La sélection des biens et leur analyse a fait
l’objet de discussions et d’évaluations au sein du comité scientifique international qui soutient et
collabore à la rédaction de la demande d’inscription du bien candidat. Les données mobilisées
pour évaluer les sites de comparaison s’appuient tout d’abord sur les documents disponibles en
ligne sur le site du patrimoine mondial (DVUE des biens, dossiers de candidature et évaluations
de l’ICOMOS), mais ils sont aussi complétés par des recherches bibliographiques spécifiques sur
les sites inscrits. Certains biens, inscrits entre les années 1980 et 2000, demandent des
recherches plus approfondies pour les évaluer de manière précise et ainsi les comparer avec
notre ensemble. Il en est de même pour les biens des listes indicatives et a fortiori pour les sites
non-inscrits.

Nous bénéficions parmi les membres du comité scientifique international de la présence
d’archéologues spécialistes du mégalithisme européen et même mondial, parfois également eux-
mêmes gestionnaires de biens inscrits à l’UNESCO. En fonction des sites analysés, la rédaction
des fiches descriptives est ainsi le plus souvent confiée aux experts les plus compétents.

Le classement des propriétés A à F, combinées avec les périodes de construction et d’utilisation
des ensembles sélectionnés, permet déjà de rendre compte de manière globale de la pertinence
des comparaisons avec les sites retenus. Pour plus de clarté, nous avons choisi de les évoquer
selon les classes typologiques utilisées pour la première sélection.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 7

5.1. Sites mégalithiques

C’est le type de bien le plus abondant que nous ayons retenu pour les comparaisons. Il est
possible de distinguer les sites sélectionnés en deux groupes, ceux qui appartiennent au
Néolithique du Ve et IVe millénaire et ceux plus récents, y compris ceux datés de notre ère.

Dans ce premier groupe, nous trouvons sans trop de surprises l’ensemble mégalithique qui est le
plus proche du bien candidat : le site de Stonehenge, d’Avebury et sites associés (Royaume-Uni,
no 24 de notre liste). Ce qui le différencie des mégalithes de la région de Carnac c’est d’une part
sa moins grande ancienneté, environ un millénaire de différence pour les monuments les plus
anciens et, d’autre part, un programme iconographique très réduit. Néanmoins, on retrouve dans
les célèbres monuments anglais la plupart des propriétés qui caractérisent le bien candidat :
constructions ostentatoires, effort technique et humain considérable, transport de certains types
de pierres sur des distances considérables, structuration du paysage par des constructions
symboliques, mais qui comprennent aussi des sépultures associées, etc. En outre, les conditions
de protection, de gestion et de visite des sites préhistoriques du comté de Wiltshire sont, dans
une certaine mesure, comparables à celles que l’on rencontre pour les monuments du Morbihan.

Viennent ensuite, l’ensemble archéologique de la vallée de la Boyne en Irlande (no 15) et, le cœur
néolithique des Orcades (Royaume-Uni, no 25). Ces deux biens regroupent des sites funéraires
et cérémoniels, mais aussi, dans le cas des Orcades, des sites d’habitat qui possèdent des
structures en pierre sèche très élaborées. Leur organisation générale s’inscrit dans un
aménagement du paysage, à la fois monumental et symbolique, qui présente de fortes similitudes
avec le bien candidat. En revanche, la période d’occupation de ces deux sites se limite au
Néolithique final, elle est donc près de deux millénaires plus tardive que les premiers monuments
du Morbihan.

Deux ensembles de sites, sur la façade atlantique du Portugal, allient à la fois des propriétés
comparables à notre bien et des datations relativement anciennes (Megalithic Landscape of
Evora, Reguengos and Mora, Alentejo, no 42 ; et Megalithic Landscape of Alcalar in the Algarve,
no 43). La comparaison avec les sites de la région de Carnac est surtout frappante pour les
monuments dans la région d’Evora. Hormis la plus faible densité de monuments et la moindre
richesse de l’iconographie, la parenté culturelle entre les monuments du Portugal et ceux du
Morbihan est évidente, du moins pour les plus anciens.

Un peu plus au sud, le dolmen de Soto en Espagne (Andalousie, no 47) possède une qualité
architecturale et des dimensions monumentales comparables aux plus célèbres tumulus et
dolmens de notre zone d’étude. Sa construction remonte au Néolithique final, sa datation est
donc plus récente de deux millénaires que les premiers monuments du Morbihan. En outre, ce
qui le distingue nettement des ensembles de Bretagne c’est son isolement relatif, même s’il
s’inscrit dans un environnement archéologique assez riche, mais dans lequel il figure comme une
exception.

Le site des dolmens d’Antequera, également en Andalousie (no 7), mérite aussi un commentaire.
Plus anciens que le dolmen de Soto, les deux dolmens et le tholos, inscrits en 2016 sur la liste du
patrimoine mondial, font partie d’une série d’autres sites funéraires mégalithiques, qui s’insèrent
dans un paysage naturel grandiose. Cet environnement naturel est supposé avoir une relation
avec ces monuments. Ce site appartient indiscutablement au phénomène mégalithique atlantique
des débuts du Néolithique. Plus modeste, mais aussi plus ancien, le dolmen de Dombate
(Espagne, Galice, Corogne, no 41) est aussi à placer dans ce groupe.

Le bien le plus proche géographiquement du Morbihan est l’ensemble formé par les tumulus de
Bougon (France, les Deux-Sèvres, no 51), sa datation relativement ancienne suggère son
appartenance à la même tradition mégalithique, malgré son étendue modeste. La monumentalité
de certains tumulus est comparable à celle du bien candidat. Néanmoins, l’absence d’ouvrages
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 8

de stèles et d’une iconographie élaborée indique que l’on se trouve en marge du phénomène
emblématique de la région autour de Carnac.

Toujours en France, les hypogées d’Arles et de Fontvieille (France, Bouches-du-Rhône, no 50)
figurent parmi les plus imposants monuments mégalithiques du midi de la France. Par leurs
formes et leurs dimensions, ils peuvent s’apparenter aux monuments du Morbihan, néanmoins
leurs dates plus récentes et l’absence d’iconographie les distinguent également de ces derniers.

En République de Russie, un ensemble de plus de 3000 dolmens distribués sur une bande de
territoire de plus de 400 km, en bordure de la rive nord-est de la Mer Noire, constitue un bien
exceptionnel, encore peu étudié et non inscrit au patrimoine mondial (les dolmens de la culture
de Maïkop, no 161). Ces monuments attribués au Néolithique final et utilisés jusqu’au Bronze
ancien sont remarquables au plan de leur architecture. Pour les plus importants, ils devaient être
recouverts par un tumulus de terre, d’autres sont entourés d’un dallage de pierres. Ils présentent
de frappantes similitudes avec certaines architectures mégalithiques de l’Europe occidentale,
attribuées aussi au Néolithique final ou à la culture Campaniforme. Là aussi, leur datation les
éloigne de notre bien, mais leur densité remarquable et la diversité de leurs architectures sont à
signaler parmi les sites que nous comparons.

Deux autres sites néolithiques présentent aussi des similitudes avec notre bien. Le plus proche
est le site mégalithique de Pranu Mutteddu (Italie, Sardaigne, no 49) et, dans le Sultanat d’Oman,
les sites archéologiques de Bat, Al-Khutm et Al-Ayn (no 21). Les monuments de Sardaigne
associent des tombes et des ouvrages de stèles, mais le caractère monumental de ces structures
n’est pas présent, de même la preuve de transferts à longue distance ainsi qu’une iconographie
originale. En Oman, l’association de tombes mégalithiques et de tours en pierre sèche structure
un paysage semi-désertique. Les échanges à longue distance sont attestés par le commerce
précoce du cuivre, issu des mines locales et qui impliquent des contacts avec la Mésopotamie,
l’Iran et même l’Égypte. Ce type de sites est assez fréquent dans la péninsule Arabique, il ne
constitue donc pas vraiment un ensemble exceptionnel comparé à notre bien.

Dans un second groupe, si l’on aborde cette fois les biens de datation plus récente et même de
notre ère, le parc national de Rapa Nui (Île de Pâques, Chili, no 5) est à la fois exceptionnel, mais
aussi comparable par plusieurs aspects à l’ensemble des monuments morbihannais. Le caractère
monumental des plateformes et des statues mégalithiques érigées en différents lieux de l’île, leur
relation évidente avec l’océan, le caractère ostentatoire et l’investissement humain et technique
considérable nécessaire à ces constructions sont autant de points communs avec les monuments
du Morbihan. Si ce n’était sa datation dans le premier millénaire avant le présent, même si la
population de l’Île de Pâques ne connaissait pas encore l’écriture au temps de son
développement, les similitudes avec notre bien seraient frappantes.

Parmi les autres biens de type mégalithique et plus récents, le mausolée du premier empereur
Qin (Chine, no 64) se détache nettement. Ici la monumentalité ne s’exprime par la pierre, mais par
la terre et l’argile. L’armée de statues d’argile, enfouie sous des tonnes de terre, en relation avec
la tombe impériale, trouve un écho avec les alignements de stèles morbihannais, dont la
l’interprétation populaire y voyait des soldats romains pétrifiés… La démesure ostentatoire de
cette sépulture présente de nettes similitudes avec certains tumulus du Morbihan et les ouvrages
monumentaux qui les accompagnent.

Pour les quatre autres sites de ce type, les comparaisons avec notre bien sont plus limitées. Le
site des tumulus, pierres runiques et église de Jelling (Danemark, no 9), les cercles mégalithiques
de Sénégambie (Sénégal et la Gambie, no 26), l’ensemble des tombes de Koguryo (République
populaire démocratique de Corée, no 22) ainsi que les sites de dolmens de Gochang, Hwasun et
Ganghwa (République de Corée, no 23) expriment tous par des monuments mégalithiques la
volonté de marquer le paysage au moyen de constructions funéraires ostentatoires, mais leur
architecture ne présente pas la complexité reconnue dans l’ensemble du bien morbihannais.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 9

En Corse, ce sont plutôt les ouvrages de stèles qui dominent le paysage, les sépultures sont
attestées, mais peu fréquentes (alignements de pierres dressées de Cauria, Renaghju et i
Stantari et les sites du sud-ouest de la Corse, no 48). Le champ chronologique est très ouvert, car
les monuments les plus récents sont attribués à la fin de l’âge du Bronze.

En Mongolie, les « pierres de cerfs » (Deer Stone Monuments, the Heart of Bronze Age Culture,
no 36) sont présentes dans un territoire où figurent des tombes et des tumulus, mais l’association
des deux types de monuments n’est pas confirmée. L’iconographie des stèles est très riche,
mêlant représentations animales, humaines et géométriques. Néanmoins l’ensemble des
monuments et gravures est attribué à l’âge du Bronze, plus récent de deux millénaires au moins
que les représentations du Morbihan.

La rive nord-orientale du golfe Arabo-Persique comporte des sites funéraires mégalithiques datés
pour la plupart de l’âge du Bronze ou de l’âge du Fer. L’ensemble le plus caractéristique se
trouve dans les Émirats arabes unis, sur l’île d’Umm an-Nar, dans l’émirat d’Abu Dhabi
(Settlement and Cementery of Umm an-Nar Island, no 70). Cet ensemble de tombes
mégalithiques, associé à des vestiges d’habitations, est remarquable par l’architecture des
monuments et le soin apporté à leur construction. Une cinquantaine de tombes sont concentrées
sur une surface limitée. De telles tombes se rencontrent également dans d’autres émirats de
cette côte, elles représentent un aspect très emblématique de la culture d’Umm an-Nar.

Les deux derniers biens, classés dans la catégorie des sites mégalithiques, sont avant tout des
villes qui allient des constructions monumentales à caractère ostentatoire et symbolique à des
habitations et même des sépultures prestigieuses. La ville d’Axoum en Éthiopie (no 73) est surtout
célèbre pour ses obélisques monolithiques et ses tombes royales. Au centre d’échanges
commerciaux sur plusieurs continents, son rayonnement dépassait largement les limites de son
territoire. Pourtant, sa datation récente, du premier siècle de notre ère jusqu’au XIVe siècle, réduit
considérablement la comparaison avec des sites qui viennent d’adopter l’économie néolithique et
dont la structure politique et sociale est encore en devenir. Il en est de même pour le parc
archéologique et les ruines de Quirigua (Guatemala, no 76), une cité phare de la civilisation maya,
qui a connu son apogée entre le Ve et le IXe siècle de notre ère.

En résumé, les sites mégalithiques que nous avons sélectionnés, en fonction de leurs diverses
propriétés, illustrent au mieux dans quel contexte architectural et culturel mondial se placent les
monuments et les sites de Carnac et des rives du Morbihan.

Ce qui les distinguent avant tout des exemples présentés, choisis dans un très large champ, c’est
leur monumentalité, leur diversité et leur densité, ainsi que leur datation ancienne relative à une
culture néolithique encore en plein développement, et qui vient juste d’acquérir une économie de
production. Cette mutation profonde a provoqué un changement fondamental de l’organisation de
la société, assurément à l’origine du phénomène mégalithique. Ces comparaisons renforcent
encore plus l’aspect unique et exceptionnel de cet ensemble archéologique.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 10

Valeur propriétés A
Nom et localisation des biens

Total
Dates à F
Nos

val.
absolues
Nom du site Pays A B C D E F
Mégalithes de Carnac et des rives du
0 France (Morbihan) -5000 / -2500 3 3 3 3 3 3 18
Morbihan
Royaume-Uni
24 Stonehenge, Avebury et sites associés -3700 / -1600 3 3 3 3 1 3 16
(Wiltshire)
Brú na Bóinne - Ensemble
15 Irlande -3200 / -2500 3 3 3 2 2 2 15
archéologique de la Vallée de la Boyne
25 Cœur néolithique des Orcades Royaume-Uni (Ecosse) -3200 / -2400 3 3 3 2 1 2 14
5 Parc national de Rapa Nui Chili (Ile de Pâques) 800 / 1700 3 3 3 3 2 0 14
Megalithic Landscape of Evora,
42 Portugal (Alentejo) -5000 / -3000 3 2 2 3 1 2 13
Reguengos and Mora
République populaire
22 Ensemble des tombes de Koguryo -300 / +800 3 3 2 0 3 2 13
démocratique de Corée
Alignements de pierres dressées de
48 Cauria, Renaghju et i Stantari, et les France (Corse-du-Sud) -4300 / -800 2 1 2 3 2 2 12
sites du sud-ouest de la Corse
47 Soto Dolmen Espagne (Andalousie) -3000 / -2500 3 3 1 0 2 2 11
Deer Stone Monuments, the Heart of
36 Mongolie -1200 / -300 2 1 2 2 3 0 10
Bronze Age Culture
26 Cercles mégalithiques de Sénégambie Sénégal / Gambie (la) -300 / +1600 3 2 2 2 0 1 10

64 Mausolée du premier empereur Qin Chine -246 / -210 3 3 1 0 1 2 10
Parc archéologique et ruines de
76 Guatemala 426 / 810 3 2 0 2 3 0 10
Quirigua
Tumulus, pierres runiques et église de
9 Danemark 900 / 980 2 2 1 2 1 2 10
Jelling
73 Axoum Ethiopie 1 / 1400 2 3 0 2 2 1 10

51 Les tumulus de Bougon France (Deux-Sèvres) -4700 / -2800 3 3 2 0 0 1 9
7 Antequera Dolmen Sites Espagne (Andalousie) -3800 / -3200 3 3 2 0 2 0 9
Espagne (Galice,
41 Dombate Dolmen -3800 / -2700 3 2 1 0 1 2 9
Corogne)
Site mégalithique de Pranu Mutteddu
49 Italie (Cagliari) -3800 / -2000 2 1 2 2 0 1 9
(Sardaigne)
Sites archéologiques de Bat, Al-Khutm
21 Oman -3200 / -2000 2 1 2 2 0 2 9
et Al-Ayn
Megalithic Landscape of Alcalar in the
43 Portugal (Algarve) -3200 / -1200 2 2 2 2 0 1 9
Algarve
France (Bouches-du-
50 Les hypogées d’Arles et de Fontvieille -3300 / -2000 2 2 2 0 0 2 8
Rhône)
Sites de dolmens de Gochang, Hwasun
23 République de Corée -700 / -300 3 2 2 0 0 0 7
et Ganghwa
161 Les dolmens de la culture de Maïkop Fédération de Russie -3250 / -1250 3 2 0 0 0 1 6
Settlement and Cementery of Umm Émirats arabes unis
70 -2600 / -2000 2 2 0 0 0 2 6
an-Nar Island (Abu Dhabi)
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 11

5.2. Nécropoles et groupes de tombes

Le type de site nommé « nécropole » pourrait parfois se confondre avec le précédent, néanmoins
nous l’avons conservé pour les biens dont la fonction funéraire est la plus importante, voire même
exclusive. Dans cette catégorie, la nécropole thébaine en Haute-Égypte est incontournable
(Thèbes antique et sa nécropole, no 69), même si le type mégalithique et ostentatoire pourrait
être placé au premier plan. Sa datation la plus ancienne la place au début du troisième millénaire
avant notre ère, mais la diversité et la monumentalité des constructions alliée à l’iconographie
exceptionnelle des bas-reliefs et des peintures murales en font un des ensembles de sites
archéologiques incomparables au niveau mondial.

Là s’arrête donc la comparaison possible avec le bien candidat. À Thèbes nous sommes déjà
dans l’histoire, avec une écriture structurée, une société très hiérarchisée et une classe dirigeante
qui exerce son pouvoir politique et économique sur des territoires étendus. La société néolithique
morbihannaise des Ve et IVe millénaires avant notre ère se place dans une autre catégorie,
malgré des similitudes structurelles évidentes.

La nécropole de Memphis en Basse-Égypte (no 67), avec ses pyramides en pierre ou en briques
crues appartient au même phénomène : soit des constructions monumentales démesurées au
service d’une symbolique religieuse qui structure toute la société et façonne un paysage culturel
unique. Les parallèles entre le Néolithique morbihannais et l’Égypte antique ne sont de loin pas
inexistants, mais ils s’expriment dans des registres très différents.

Dans une moindre mesure, les sites de la culture napatéenne de Gebel Barkal au Soudan (no
112), appartient au même type de société et répondent aux mêmes fonctions. L’association de
tombes monumentales et de lieux de culte, qui s’étendent du premier millénaire av. J.-C. jusqu’au
IVe siècle ap. J.-C., est le reflet d’une société organisée qui est déjà bien éloignée de son passé
néolithique.

Enfin, la nécropole de Varna en Bulgarie (no 59) possède certains des attributs des sites
funéraires du Morbihan. Ici, pas de constructions monumentales ni ostentatoires, mais seulement
un mobilier funéraire d’une richesse exceptionnelle qui atteste d’échanges sur de longues
distances et reflète une société très inégalitaire dont le rayonnement devait s’étendre sur un
vaste territoire. La période d’utilisation de cette nécropole, sur près de quatre siècles, est
quasiment contemporaine des monuments du Morbihan. Mais il s’agit là d’une autre forme
d’expression du pouvoir d’une élite, signalé dans la mort par des objets précieux et non par des
monuments imposants.

Valeur propriétés
Nom et localisation des biens
Total

Dates de A à F
Nos

val.

absolues
Nom du site Pays A B C D E F

69 Thèbes antique et sa nécropole Égypte -2150 / -30 3 3 2 0 3 2 13
Memphis et sa nécropole – les zones
67 Égypte -2700 / -2150 3 3 1 0 1 3 11
des pyramides de Guizeh à Dahchour
Gebel Barkal et les sites de la région
112 Soudan -900 / +350 3 2 2 0 2 0 10
napatéenne
18 Les tombes gelées de l'Altaï Fédération de Russie -450 / -250 3 2 1 2 0 2 10
Mozu-Furuichi Kofungun, Ancient
158 Japon 250 / 600 3 2 2 0 0 2 9
Tumulus Clusters
152 Burial Ensembles of Dilmun and Tylos Bahreïn -2500 / +500 2 1 2 0 0 2 7
130 Funeral sites of the Xiongnu elite Mongolie -300 / +300 2 1 2 0 0 2 7
117 Sud-ouest Malgache, pays Mahafaly Madagascar 1700 / 1900 2 2 1 2 0 0 7

59 Nécropole de Varna Bulgarie -4600 / -4200 3 0 0 0 0 3 6
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 12

5.3. Temples ou lieux de culte

En fonction d’une sélection basée sur les propriétés thématiques et chronologique, le site de
Göbeklitepe (Turquie, no 39) se détache nettement des autres ensembles, surtout par sa datation
beaucoup plus ancienne que tous les autres biens comparés dans cette catégorie. Actuellement,
ce site mégalithique considéré comme un temple, et qui n’a pas livré de structures funéraires, est
unique par son ancienneté. Mais, peut-être, sa plus grande particularité est qu’il n’a pas été édifié
par un groupe humain connaissant l’agriculture et l’élevage, mais proche seulement d’acquérir
une économie de type néolithique. D’autres monuments comparables sont éventuellement aussi
présents dans la région, mais ils n’ont pas encore été découverts ni fouillés. Les deux aspects qui
pourraient le rapprocher le plus de certains des monuments de la zone d’étude ont trait à l’exploit
architectural nécessaire à sa construction et à la complexité du système symbolique exprimé par
les gravures zoomorphes en relief, qui ornent la plupart de monolithes des salles de ce temple.

Un autre ensemble de sites, sur une île et donc relativement isolé, doit aussi être mentionné
parmi les biens assimilés à des temples mégalithiques, ce sont ceux de Malte (no 19). Les sept
temples construits sur les deux îles de Malte, pendant plus d’un millénaire et demi au cours du
Néolithique, occupent une phase chronologique plus récente, mais qui recouvre les deux derniers
tiers de celle du bien candidat. La fonction des temples, funéraire au début de la période, mais
plutôt religieuse, sociale et politique pour la suite de leur développement, se distingue en
apparence des fonctionnalités attribuées aux monuments du Morbihan. L’isolement des îles de
Malte est aussi un facteur discriminant, qui limite la comparaison. En revanche, la qualité
architecturale des constructions maltaises trouve un écho dans l’exploit technique dont
témoignent les principaux monuments de Carnac et le caractère ostentatoire de ces réalisations.

Dans une tout autre région géographique, le site archéologique de Chavin (Pérou, no 108)
appartient à une période plus récente, mais située encore dans les deux millénaires avant notre
ère. L’ancien et le nouveau temple de Chavin représentent un exploit architectural, par le volume
des matériaux mis en œuvre et la complexité de leur architecture. En outre, les hauts reliefs
sculptés sur certaines stèles et parois attestent d’une iconographie complexe, représentative d’un
monde symbolique très élaboré. Les parallèles avec notre bien ont trait principalement aux
aspects architecturaux et iconographiques, mais l’écart chronologique relativise grandement les
possibles comparaisons.

Valeur propriétés
Nom et localisation des biens
Total
Dates de A à F
Nos

val.
absolues
Nom du site Pays A B C D E F

108 Site archéologique de Chavin Pérou -1500 / -300 3 3 1 2 3 2 14

39 The Archaeological Site of Göbeklitepe Turquie (Şanlıurfa) -9500 / -8000 2 3 2 2 3 1 13

19 Temples mégalithiques de Malte Malte -4100 / -2500 3 3 1 0 2 1 10

5.4. Habitats, cités ou villages remarquables

Ce type a surtout été retenu pour son caractère mégalithique et l’exploit architectural qui le
soutient. Dans cette optique, deux sites se détachent aisément : le village néolithique de
Choirokoitia sur l’île de Chypre (no 66), et The Céide Fields and north west Mayo Boglands en
Irlande (no 33). Ces deux biens, le premier des débuts du Néolithique et le second aussi relatif à
un stade précoce du Néolithique local, présentent des architectures en pierre sèche très
élaborées. L’organisation des villages et remarquable et en cela elle présente des similitudes
avec les constructions funéraires en pierre sèche, même si la fonction est différente.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 13

Les cinq autres biens retenus se situent tous en Amérique centrale : Guatemala et Mexique. La
cité préhispanique et le parc national de Palenque (Mexique, no 97) appartiennent à la seconde
moitié du premier millénaire de notre ère. Il s’agit non seulement d’une ville, mais surtout d’un site
cérémoniel et administratif dans la zone culturelle maya. La dimension monumentale, mais aussi
symbolique de ce site, peut présenter des similitudes avec les plus imposants monuments du
Morbihan. Pourtant, nous nous trouvons ici dans un contexte culturel, fonctionnel et
chronologique très différent de celui de notre bien. La situation est assez semblable pour les trois
autres sites mexicains (Cité préhispanique de Teotihuacan, no 96 ; Ville précolombienne d'Uxmal
no 101 et El Tajin, cité préhispanique, no 98), ainsi que le Parc national de Tikal, au Guatemala
(no 77). Tous ces biens présentent une architecture mégalithique très élaborée, dont la fonction
religieuse est centrale et dont les éléments servent de support à des reliefs sculptés d’une grande
qualité et d’une haute valeur symbolique.

Valeur propriétés
Nom et localisation des biens

Total
Dates de A à F
Nos

val.
absolues
Nom du site Pays A B C D E F
Cité préhispanique et parc national de
97 Mexique 400 / 800 3 3 2 0 3 2 13
Palenque
98 El Tajin, cité préhispanique Mexique 800 / 1200 3 3 2 0 3 2 13

96 Cité préhispanique de Teotihuacan Mexique 1 / 650 2 3 2 0 3 2 12

77 Parc national de Tikal Guatemala -292 / +869 3 2 0 1 3 2 11

29 Talayoyic Culture of Minorca Espagne (Catalogne) -1750 / -100 2 3 2 0 0 2 9

101 Ville précolombienne d'Uxmal Mexique 650 / 1100 2 3 2 0 2 0 9

66 Choirokoitia Chypre -7000 / -5500 1 2 2 0 0 2 7
The Céide Fields and north west Mayo
33 Irlande -3800 / -3200 1 2 3 0 0 0 6
Boglands

5.5. Sites à gravures ou peintures rupestres

Une catégorie particulière de sites retenus pour la comparaison doit aussi être commentée et
expliquée : ce sont les sites à gravures rupestres, parfois des peintures, rarement associés à des
monuments funéraires mégalithiques. Si nous avons choisi de considérer ce type de sites dans
l’analyse comparative, malgré le fait qu’ils ne possèdent en général pas le caractère ostentatoire
des tumulus, dolmens ou ouvrages de stèles, c’est qu’ils participent également à une certaine
structuration du paysage, avec une fonction rituelle ou symbolique. Dans cette perspective, le site
assurément le plus remarquable pour notre approche se trouve dans le Valcamonica (Italie,
Lombardie, no 16). Même s’il s’agit de gravures que l’on peut qualifier « d’art discret », leur
distribution importante dans une vallée alpine et la durée de leur réalisation, plus intense pourtant
entre le Néolithique et l’âge du Fer, ont assurément marqué le territoire d’une empreinte
symbolique très forte et représentative des cultures qui se sont succédé. Les autres sites à
gravures, décrits dans l’analyse comparative, possèdent à des degrés divers les caractères
relevés dans le Valcamonica, mais, comme ce dernier, ils s’éloignent malgré tout des propriétés
les plus importantes sélectionnées pour définir l’ensemble des mégalithes de Carnac et des rives
du Morbihan.

Les gravures rupestres du Tassili n'Ajjer, en Algérie (no 53) sont aussi très représentatives de ce
type de bien. Leur datation ancienne, aux débuts du Néolithique, la longue durée d’activité de ce
site et son extension spatiale considérable ont immanquablement créé un paysage culturel
exceptionnel, dont les visiteurs ressentent encore aujourd’hui la force symbolique et expressive.
En outre, autant au Valcamonica qu’au Tassili, les différents styles de gravures représentent à la
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 14

fois l’évolution de l’environnement et des cultures qui se sont succédé. C’est ainsi une fresque
historique très variée de la vie, des préoccupations et de la pensée symbolique des occupants de
ces deux territoires qui se développe sur les roches gravées de ces sites.

Les ensembles de pétroglyphes de l'Altaï mongol (Mongolie, no 18) et les pétroglyphes du
paysage archéologique de Tamgaly au Kazakhstan (no 17) participent du même phénomène que
les deux sites précédents. Mais en plus, des tombes en cistes ou sous tumulus de pierre et de
terre (les kourganes), parfois entourées de stèles dressées, complètent le paysage et semblent
associées aux représentations gravées.

À Tiya, en Éthiopie (no 12), des stèles gravées en relief, parfois rehaussées de peinture, sont
associées à des tombes qui les entourent. Ces monuments sont assimilables à des « stèles à
épées », avec la représentation schématique d’armes valorisées socialement. Ici, l’iconographie
des ouvrages de stèles reflète probablement la valeur et le statut social des personnages
inhumés alentour. La datation très récente de ces ensembles limite néanmoins les parallèles
avec notre bien.

Valeur propriétés
Nom et localisation des biens

Total
Dates de A à F
Nos

val.
absolues
Nom du site Pays A B C D E F
Pétroglyphes du paysage
17 Kazakhstan -1350 / +1250 3 2 2 1 3 1 12
archéologique de Tamgaly
Ensembles de pétroglyphes de l'Altaï
18 Mongolie -2000 / -850 3 1 2 2 2 0 10
mongol
16 Art rupestre du Valcamonica Italie (Lombardie) -8000 / -500 2 1 2 0 3 1 9

12 Tiya, stèles gravées/peintes et tombes Ethiopie 900 / 1400 2 2 2 0 1 0 7

53 Tassili n'Ajjer Algérie -6000 / +500 0 0 2 0 3 0 5

5.6. Paysages culturels

Les cinq types de sites évoqués ci-dessus constituent tous à des degrés divers des paysages
culturels (propriété C). Pourtant leurs fonctions sont tout autres et la notion de paysage structuré
ou symbolique est plutôt une conséquence qu’une caractéristique principale.

Les biens que nous avons retenus pour illustrer la catégorie « paysages culturels » possèdent
donc la plupart des propriétés représentées parmi les sites mégalithiques du Morbihan, mais leur
place dans un très vaste territoire leur confère une fonction supplémentaire essentielle qui est de
structurer un domaine géographique original et lui attribuer une fonction sacrée ou symbolique
très forte.

En Haute-Égypte, l’ensemble des monuments de Nubie, du temple d’Abou Simbel à l’île de
Philae appartient à ce type (no 68). Les monuments religieux, mégalithiques par les masses de
matériaux déplacés, excavés ou sculptés, impressionnent non seulement par leur architecture,
mais aussi par leur interaction avec le paysage naturel dans lequel ils s’insèrent de façon
magistrale. Nous retrouvons là un des aspects majeurs du bien candidat, qui devait être évident
aux temps anciens, lorsque le paysage de la région de Carnac et du golfe du Morbihan était
encore libre des forêts et des constructions modernes qui l’occupent aujourd’hui.

Les géoglyphes de Nasca et Palpa sont un bien à part dans cette catégorie (Pérou, no 106), leur
aspect monumental, par la taille des signes aménagés sur le sol désertique impressionnent
lorsqu’on les contemple depuis le ciel, mais ne sont pas reconnaissables depuis la terre. Pourtant
les motifs dessinés sur le sol appartiennent à l’iconographie des sociétés qui les ont tracés et
atteignent un caractère monumental indéniable.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 15

En Chine, les grottes de Mogao et de Longmen abritent des sanctuaires rupestres qui s’insèrent
dans le flanc de la montagne(nos 62 et 61),, ces monuments semblent jaillir de la roche naturelle
et faire corps avec elle. Néanmoins, leur datation récente les distingue de notre bien.

Enfin, l’ensemble de Taputapuātea, dernier bien français inscrit au patrimoine mondial en 2017
(no 74), correspond peut-être le mieux à la notion de paysage culturel. Les monuments
cérémoniels (les marae) distribués sur une vaste surface, marquent par leur présence et leur
fonction un domaine sacré et social, en accord avec un paysage naturel à la fois terrestre et
marin. La similitude avec les monuments morbihannais, qui témoignent d’une forte interaction
entre les domaines maritime et terrestre, est frappante. Certes, les périodes de construction et
d’utilisation de ces structures sont très éloignées. La signification des monuments polynésiens est
encore très présente parmi la population de Taputapuātea, voire même, un facteur identitaire et
structurant pour la société actuelle. Dans une moindre mesure, en Morbihan la présence des
innombrables monuments mégalithiques rappelle à ses habitants un passé préhistorique
prestigieux et original qui demeure encore aujourd’hui un élément important de l’identité
régionale.

Valeur propriétés
Nom et localisation des biens

Total
Dates de A à F
Nos

val.
absolues
Nom du site Pays A B C D E F
Monuments de Nubie d'Abou Simbel à
68 Égypte -1300 / +700 3 3 2 0 2 3 13
Philae
61 Grottes de Longmen Chine 316 / 907 3 2 2 0 3 1 11

62 Grottes de Mogao Chine 366 / 1400 1 3 2 0 3 2 11
France (Polynésie
74 Taputapuātea 1300 / 1800 3 1 2 2 0 3 11
française)
Lignes et Géoglyphes au Nasca et
106 Pérou -500 / +500 2 2 3 0 3 0 10
Palpa

6. Synthèse générale et conclusions

Au travers l’examen de plusieurs types de biens, inscrits ou non au patrimoine mondial, nous
pouvons mieux situer l’ensemble des mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan dans un
contexte culturel mondial, qui fait ressortir sa valeur universelle exceptionnelle. En conclusion,
cette première synthèse de l’analyse comparative permet déjà de dégager les points forts les plus
significatifs qui confirment le caractère unique du bien candidat au patrimoine mondial et nous
aide à le situer dans cet ensemble.

Il ressort de ces comparaisons que c’est la combinaison entre l’ancienneté des premières
constructions mégalithiques de la zone d’étude et le caractère imposant et ostentatoire de ces
monuments qui la distinguent d’autres sites tout aussi remarquables, en particulier de l’ouest de
l’Europe. La diversité des édifices mégalithiques préhistoriques conservés dans et autour de la
région de Carnac n’est jamais présente avec une telle densité parmi les autres ensembles
comparés. Cette densité est aussi le résultat des liens fonctionnels et symboliques
qu’entretiennent ces monuments entre eux, qui font du bien candidat un site hors du commun de
la préhistoire mondiale.

Dans la catégorie des biens illustrés par des constructions mégalithiques, la position du bien
candidat émerge parmi des sites tout aussi prestigieux, mais qui ne présentent qu’à un moindre
niveau les propriétés qui le distinguent. Les monuments néolithiques de Stonehenge, d’Avebury
et sites associés figurent en bonne place, mais leur datation plus récente rappelle qu’ils ne
possèdent pas le caractère fondateur original du mégalithisme européen.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 16

Parmi les sites de comparaison les plus proches, les biens des côtes atlantiques d’Espagne et du
Portugal et même d’Andalousie se dégagent aussi de manière évidente. Cette remarque n’est
pas étonnante, car ces monuments appartiennent aussi aux origines du Néolithique continental et
participent au même phénomène culturel et social qui a fait naître la tradition mégalithique que
nous décrivons. Les autres sites mégalithiques des îles britanniques, que cela soit d’Irlande ou
des Orcades, sont en quelque sorte le reflet un peu plus tardif du mouvement symbolique et
architectural né un peu plus tôt sur la côte atlantique du continent, avant de se répandre plus
largement. Les transferts de matières ou d’objets valorisés témoignent des relations culturelles et
sociales à longues distances qui ont été assurément les vecteurs du « phénomène
mégalithique », sans négliger pour autant la convergence d’idées et de comportements, associée
à des sociétés néolithiques ayant atteint le même niveau d’organisation économique et sociale.

Dans un domaine géographique plus large que le continent européen, les biens de comparaison
situés plus à l’est et jusqu’en Chine montrent la présence d’un mégalithisme tout aussi
ostentatoire, mais qui prendra au cours des siècles des formes différentes et parfois
extraordinaires en termes de monumentalité, nous pensons au tombeau du premier empereur de
Chine et aux temples et monuments funéraires d’Égypte.

L’iconographie souvent très élaborée associée aux monuments mégalithiques est aussi une
caractéristique essentielle du bien candidat, cet aspect est présent pratiquement dans tous les
sites de comparaison, qu’ils soient discrets avec les roches gravées qui parsèment certains
paysages culturels, en particulier en Afrique, ou clairement ostentatoires dans les temples et
autres monuments religieux de l’Amérique centrale.

En définitive, la diversité des types de biens considérés pour cette analyse comparative confirme
aisément le caractère unique et exceptionnel du bien candidat, mais, surtout, elle le situe dans un
cadre mondial et transculturel qui fait encore mieux ressortir ses caractéristiques propres et
marque ainsi sa place dans le patrimoine de l’humanité.

Carnac, le 5 octobre 2017
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 17

Tableau général des biens de comparaison classés par le total des propriétés et les dates

Valeurs propriétés
Nom et localisation des biens

Total
Type

Dates AàF

val.
absolues
Nom du site Pays A B C D E F
Mégalithes de Carnac et des rives
France (Morbihan) -5000 / -2500 3 3 3 3 3 3 18
du Morbihan
Royaume-Uni
Stonehenge, Avebury et sites associés -3700 / -1600 3 3 3 3 1 3 16
(Wiltshire)
Brú na Bóinne - Ensemble
Irlande -3200 / -2500 3 3 3 2 2 2 15
archéologique de la Vallée de la Boyne
Cœur néolithique des Orcades Royaume-Uni (Ecosse) -3200 / -2400 3 3 3 2 1 2 14

Site archéologique de Chavin Pérou -1500 / -300 3 3 1 2 3 2 14

Parc national de Rapa Nui Chili (Ile de Pâques) 800 / 1700 3 3 3 3 2 0 14
The Archaeological Site of
Turquie (Şanlıurfa) -9500 / -8000 2 3 2 2 3 1 13
Göbeklitepe
Megalithic Landscape of Evora,
Portugal (Alentejo) -5000 / -3000 3 2 2 3 1 2 13
Reguengos and Mora
Thèbes antique et sa nécropole Égypte -2150 / -30 3 3 2 0 3 2 13
Monuments de Nubie d'Abou Simbel à
Egypte -1300 / +700 3 3 2 0 2 3 13
Philae
République populaire
Ensemble des tombes de Koguryo -300 / +800 3 3 2 0 3 2 13
démocratique de Corée
Cité préhispanique et parc national de
Mexique 400 / 800 3 3 2 0 3 2 13
Palenque
El Tajin, cité préhispanique Mexique 800 / 1200 3 3 2 0 3 2 13
Alignements de pierres dressées de
Cauria, Renaghju et i Stantari, et les France (Corse-du-Sud) -4300 / -800 2 1 2 3 2 2 12
sites du sud-ouest de la Corse
Pétroglyphes du paysage
Kazakhstan -1350 / 1250 3 2 2 1 3 1 12
archéologique de Tamgaly
Cité préhispanique de Teotihuacan Mexique 1 / 650 2 3 2 0 3 2 12

Soto Dolmen Espagne (Andalousie) -3000 / -2500 3 3 1 0 2 2 11
Memphis et sa nécropole – les zones
Égypte -2700 / -2150 3 3 1 0 1 3 11
des pyramides de Guizeh à Dahchour
Parc national de Tikal Guatemala -292 / +869 3 2 0 1 3 2 11

Grottes de Longmen Chine 316 / 907 3 2 2 0 3 1 11

Grottes de Mogao Chine 366 / 1400 1 3 2 0 3 2 11
France (Polynésie
Taputapuātea 1300 / 1800 3 1 2 2 0 3 11
française)
Temples mégalithiques de Malte Malte -4100 / -2500 3 3 1 0 2 1 10
Ensembles de pétroglyphes de l'Altaï
Mongolie -2000 / -850 3 1 2 2 2 0 10
mongol
Deer Stone Monuments, the Heart of
Mongolie -1200 / -300 2 1 2 2 3 0 10
Bronze Age Culture
Gebel Barkal et les sites de la région
Soudan -900 / +350 3 2 2 0 2 0 10
napatéenne
Lignes et Géoglyphes au Nasca et
Pérou -500 / +500 2 2 3 0 3 0 10
Palpa
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 18

Les tombes gelées de l'Altaï Fédération de Russie -450 / -250 3 2 1 2 0 2 10

Cercles mégalithiques de Sénégambie Sénégal / Gambie (la) -300 / +1600 3 2 2 2 0 1 10

Mausolée du premier empereur Qin Chine -246 / -210 3 3 1 0 1 2 10

Axoum Ethiopie 1 / 1400 2 3 0 2 2 1 10
Parc archéologique et ruines de
Guatemala 426 / 810 3 2 0 2 3 0 10
Quirigua
Tumulus, pierres runiques et église de
Danemark 900 / 980 2 2 1 2 1 2 10
Jelling
Art rupestre du Valcamonica Italie (Lombardie) -8000 / -500 2 1 2 0 3 1 9

Les tumulus de Bougon France (Deux-Sèvres) -4700 / -2800 3 3 2 0 0 1 9

Antequera Dolmen Sites Espagne (Andalousie) -3800 / -3200 3 3 2 0 2 0 9
Espagne (Galice,
Dombate Dolmen -3800 / -2700 3 2 1 0 1 2 9
Corogne)
Site mégalithique de Pranu Mutteddu
Italie (Cagliari) -3800 / -2000 2 1 2 2 0 1 9
(Sardaigne)
Sites archéologiques de Bat, Al-Khutm
Oman -3200 / -2000 2 1 2 2 0 2 9
et Al-Ayn
Megalithic Landscape of Alcalar in the
Portugal (Algarve) -3200 / -1200 2 2 2 2 0 1 9
Algarve
Talayoyic Culture of Minorca Espagne (Catalogne) -1750 / -100 2 3 2 0 0 2 9
Mozu-Furuichi Kofungun, Ancient
Japon 250 / 600 3 2 2 0 0 2 9
Tumulus Clusters
Ville précolombienne d'Uxmal Mexique 650 / 1100 2 3 2 0 2 0 9
France (Bouches-du-
Les hypogées d’Arles et de Fontvieille -3300 / -2000 2 2 2 0 0 2 8
Rhône)
Choirokoitia Chypre -7000 / -5500 1 2 2 0 0 2 7

Burial Ensembles of Dilmun and Tylos Bahreïn -2500 / +500 2 1 2 0 0 2 7
Sites de dolmens de Gochang,
République de Corée -700 / -300 3 2 2 0 0 0 7
Hwasun et Ganghwa
Funeral sites of the Xiongnu elite Mongolie -300 / +300 2 1 2 0 0 2 7

Tiya, stèles gravées/peintes et tombes Ethiopie 900 / 1400 2 2 2 0 1 0 7

Sud-ouest Malgache, pays Mahafaly Madagascar 1700 / 1900 2 2 1 2 0 0 7

Nécropole de Varna Bulgarie -4600 / -4200 3 0 0 0 0 3 6

The Céide Fields and north west Mayo
Irlande -3800 / -3200 1 2 3 0 0 0 6
Boglands
Les dolmens de la culture de Maïkop Fédération de Russie -3250 / -1250 3 2 0 0 0 1 6
Settlement and Cementery of Umm an- Emirats arabes unis
-2600 / -2000 2 2 0 0 0 2 6
Nar Island (Abu Dhabi)

Tassili n'Ajjer Algérie -6000 / +500 0 0 2 0 3 0 5

Mégalithisme Habitat / cité
Nécropole Art rupestre
Temple Paysage culturel
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 19

Commentaire des valeurs des propriétés du tableau de l’analyse comparative

Propriété A. Ensemble symbolique et/ou funéraire
0 = propriété non représentée ;
1 = monuments ou structures qui possèdent une dimension symbolique, ou présence de
tombes associées au bien, mais non principale ;
2 = monuments ou structures qui possèdent une fonction symbolique importante, ou dont la
fonction funéraire est principale ;
3 = ensemble de monuments ou structures dont la fonction symbolique et funéraire est
majeure.

Propriété B. Exploit technique et humain
0 = l’effort technique et humain nécessaire à la mise en place des constructions ou des
éléments du bien est à la portée de tout groupe humain, même modeste ;
1 = la mise en place des constructions ou des éléments du bien nécessite un travail collectif ou
des techniques de travail qui demandent une certaine organisation ;
2 = la mise en place des constructions ou des éléments du bien demande une collaboration
importante du groupe social et des techniques de travail élaborées ;
3 = la récolte des matériaux, la conception de l’ouvrage, le déplacement des éléments du
monument et sa construction représentent un exploit technique et humain extraordinaire pour
le degré de développement de la société qui l’a produit.

Propriété C. Paysage culturel et symbolique
0 = propriété non représentée ;
1 = Les éléments du bien possèdent une dimension de structuration du paysage, mais non
principale ;
2 = Les éléments du bien possèdent une fonction ou un rôle sur la constitution d’un paysage
culturel ;
3 = Les éléments du bien jouent un rôle essentiel dans la création d’un paysage culturel.

Propriété D. Ensembles ou ouvrages de stèles
0 = on ne connaît pas de relation entre le bien et la mise en place de stèles ou de structures
dressées à la verticale, dans une fonction originale ;
1 = une ou plusieurs stèles sont connues comme étant en relation avec le bien ;
2 = plusieurs ouvrages de stèles sont connus en relation avec le bien, il s’agit d’alignements
ou de cercles de pierres ;
3 = des ouvrages de stèles comportant plusieurs centaines de pierres, mises en place sur des
surfaces importantes et qui possèdent une fonction de structuration du paysage.

Propriété F. Iconographie complexe
0 = absence d’iconographie ;
1 = présence d’une iconographie géométrique ou peu élaborée ;
2 = témoignage d’un système iconographique structuré ;
3 = présence d’un système iconographique complexe, comportant représentations animales,
objets symboles et signes géométriques.

Propriété E. Transferts ou échanges à longue distance
0 = pas de preuves de transferts ou d’échanges à longue distance ;
1 = transferts ou échanges à longue distance occasionnels ;
2 = transferts ou échanges à longue distance existants, fonctionnels ou commerciaux ;
3 = transferts ou échanges à longue distance, essentiels dans la définition de la culture locale.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 20

Distribution des sites de comparaison analysés, en fonction de leur période d’occupation
et de la somme des propriétés des biens de comparaison

Dates absolues

Dates BP, avant le présent
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 21

Carte de répartition des biens de comparaison

Distribution des biens de l’analyse comparative sur la carte du monde, Europe, Afrique et Asie.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative 22

Distribution des biens de l’analyse comparative sur la carte du monde, Amériques et Océanie.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 1

Annexe 1 : liste des sites choisis pour l’analyse comparative, première sélection classée en
fonction des types de sites

Mégalithisme Habitat / cité PM : inscrit au patrimoine mondial
Nécropole Art rupestre LI : inscrit sur la liste indicative
Temple Paysage culturel

NO- TYPE-
NO NOM-SITE PAYS/PROVINCE TYP1 TYP2
UNESCO UNESCO
Mégalithes de Carnac et des rives du
0 France (Morbihan) 224 MEG PAY LI (1996)
Morbihan
5 Parc national de Rapa Nui Chili (Ile de Pâques) 715 MEG NEC PM (1995)
6 Parc archéologique de San Agustín Colombie 744 MEG NEC PM (1995)
Établissements de chefferies
8 précolombiennes avec des sphères Costa Rica 1453 MEG NEC PM (2014)
mégalithiques du Diquís
9 Tumulus, pierres runiques et église de Jelling Danemark 697 MEG NEC PM (1994)
Site funéraire de l'âge du Bronze de
14 Finlande 579rev MEG NEC PM (1999)
Sammallahdenmäki
Brú na Bóinne - Ensemble archéologique de
15 Irlande 659 MEG NEC PM (1993)
la Vallée de la Boyne
Sites archéologiques de Bat, Al-Khutm et Al-
21 Oman 434 MEG NEC PM (1988)
Ayn
République populaire
22 Ensemble des tombes de Koguryo 1091 MEG NEC PM (2004)
démocratique de Corée
Sites de dolmens de Gochang, Hwasun et
23 République de Corée 977 MEG NEC PM (2000)
Ganghwa
24 Stonehenge, Avebury et sites associés Royaume-Uni (Wiltshire) 373bis MEG NEC PM (1986)
PM (1999,
25 Cœur néolithique des Orcades Royaume-Uni (Ecosse) 514bis MEG NEC
2015)
26 Cercles mégalithiques de Sénégambie Sénégal / Gambie (la) 1226 MEG NEC PM (2006)
Megalithic mausolea of the Begazy-Dandybai
35 Kazakhstan 1132 MEG NEC LI (1998)
culture
Sites Mégalithiques de la province de Xieng République démocratique
38 Khouang populaire lao 390 MEG NEC LI (1992)

Non-
41 Dombate Dolmen Espagne (Galice, Corogne) --- MEG NEC
inscrit
Non-
47 Soto Dolmen Espagne (Andalousie) --- MEG NEC inscrit

Site mégalithique de Pranu Mutteddu Non-
49 Italie (Cagliari) --- MEG NEC
(Sardaigne) inscrit
France (Bouches-du- Non-
50 Les hypogées d’Arles et de Fontvieille Rhône) --- MEG NEC inscrit

Non-
51 Les tumulus de Bougon France (Deux-Sèvres) --- MEG NEC
inscrit
58 Tombeau thrace de Svechtari Bulgarie 359 MEG NEC PM (1985)
64 Mausolée du premier empereur Qin Chine 441 MEG NEC PM (1987)
Settlement and Cementery of Umm an-Nar Émirats arabes unis (Abu
70 5660 MEG NEC LI (2012)
Island Dhabi)
85 Gonbad-e Qabus Iran 1398 MEG NEC PM (2012)
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 2

Tombes et stèles anthropomorphes de la Non-
118 Italie (Ligurie) --- MEG RUP
Lunigiana inscrit
121 El Gour Maroc 458 MEG NEC LI (1995)
149 Les tumulus de Cekeen Sénégal 2079 MEG NEC LI (2005)
155 Les Tumulus (Awellos) Djibouti 5956 MEG NEC LI (2015)
157 Wassu Stone Circles Quarry Site Gambie (la) 6063 MEG NEC LI (2015)
7 Antequera Dolmen Sites Espagne (Andalousie) 5668 MEG NEC PM (2016)
Megalithic Landscape of Evora, Reguengos Non-
42 Portugal (Alentejo) --- MEG NEC
and Mora inscrit
Megalithic Landscape of Alcalar in the Non-
43 Portugal (Algarve) --- MEG NEC
Algarve inscrit
Non-
161 Les dolmens de la culture de Maïkop Fédération de Russie --- MEG NEC
inscrit
Nan Madol : centre cérémoniel de la
103 Micronésie 1503 MEG TEM PM (2016)
Micronésie orientale
Capitales et tombes de l'ancien royaume de
60 Chine 1135 MEG HAB PM (2004)
Koguryo
73 Axoum Ethiopie 15 MEG HAB PM (1980)
76 Parc archéologique et ruines de Quirigua Guatemala 149 MEG HAB PM (1981)
Deer Stone Monuments, the Heart of Bronze
36 Mongolie 5953 MEG RUP LI (2014)
Age Culture
États-Unis d’Amérique
11 Tertres monumentaux de Poverty Point 1435 MEG PAY PM (2014)
(Louisiane)
30 Gedeo mixed cultural and natural landscape Ethiopie 5787 MEG PAY LI (2012)
Megalithic Landscape of El Pozuelo-Los Non-
44 Espagne (Andalousie) --- MEG PAY
Gabrieles inscrit
Non-
45 Megalithic Landscape of Gor-Gorafe Espagne (Andalousie) --- MEG PAY
inscrit
Megalithic Landscape of Las Peñas de los Non-
46 Espagne (Andalousie) --- MEG PAY
Gitanos inscrit
Alignements de pierres dressées de Cauria,
Non-
48 Renaghju et i Stantari, et les sites du sud- France (Corse-du-Sud) --- MEG PAY
inscrit
ouest de la Corse
28 Mégalithiques de Saa Cameroun 4015 MEG LI (2006)
37 Stone Monoliths of Alok Ikm Nigeria 5173 MEG LI (2007)
Non-
40 Alberite Dolmen Espagne (Andalousie) --- MEG inscrit
127 Yapese disk money regional sites Micronésie / Palaos 1994 MEG LI (2004)
144 Les mégalithes de Bouar République centrafricaine 4003 MEG LI (2006)
Memphis et sa nécropole – les zones des
67 Égypte 86 NEC MEG PM (1979)
pyramides de Guizeh à Dahchour
69 Thèbes antique et sa nécropole Égypte 87 NEC MEG PM (1979)
94 Ipogée de Ħal Saflieni Malte 130 NEC MEG PM (1980)
Bosnie-Herzégovine /
104 Cimetières de tombes médiévales stecci Croatie / Monténégro / 1504 NEC MEG PM (2016)
Serbie
115 Nemrut Dağ Turquie 448 NEC MEG PM (1987)
160 Les tombes gelées de l'Altaï Fédération de Russie --- NEC MEG Non-
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 3

inscrit
146 The Goryeong Jisandong Daegaya Tumuli République de Corée 5849 NEC MEG LI (2013)
The royal necropolis of the Thracian city of
153 Seuthopolis – a serial site, extension of the Bulgarie 6085 NEC MEG LI (2016)
Kazanlak Thracian tomb
Mozu-Furuichi Kofungun, Ancient Tumulus
158 Japon 5570 NEC MEG LI (2010)
Clusters
Gebel Barkal et les sites de la région
112 Soudan 1073 NEC TEM PM (2003)
napatéenne
La forêt classée, le lac de Madarounfa et les
136 Niger 5057 NEC TEM LI (2006)
tombeaux des 99 saints
Sites of Hongshan Culture: The Niuheliang
Archaeological Site, the Hongshanhou
154 Chine 5804 NEC TEM LI (2013)
Archaeological Site, and Weijiawopu
Archaeological Site
Syracuse et la nécropole rocheuse de
91 Italie (Sicile) 1200 NEC HAB PM (2005)
Pantalica
113 Kerma Soudan 651 NEC HAB LI (1994)
114 Sites archéologiques de l’île de Méroé Soudan 1336 NEC HAB PM (2011)
131 Doclea Monténégro 5563 NEC HAB LI (2010)
Vikings monuments and sites / Vestfold Ship
139 Norvège 5577 NEC HAB LI (2011)
Burials and Hyllestad Quernstone Quarries
116 Archaeological Site "Stone Tomb" Ukraine 5075 NEC RUP LI (2006)
119 Es-Souk Mali 1349 NEC RUP LI (1999)
1 Site archéologique de Al-Hijr (Madain Salih) Arabie saoudite 1293 NEC PAY PM (2008)
Sites culturels d’Al Aïn (Hafit, Hili, Bidaa Bint Émirats arabes unis (Abu
10 1343 NEC PAY PM (2011)
Saud et les oasis) Dhabi)
109 Tombes royales de la dynastie Joseon République de Corée 1319bis NEC PAY PM (2009)
152 Burial Ensembles of Dilmun and Tylos Bahreïn 5369 NEC PAY LI (2008)
Non-
59 Nécropole de Varna Bulgarie --- NEC
inscrit
Tombes impériales des dynasties Ming et
65 Chine 1004ter NEC PM (2000)
Qing
Nécropole paléochrétienne de Pécs
78 Hongrie 853rev NEC PM (2000)
(Sopinanae)
82 Taj Mahal Inde 252 NEC PM (1983)
88 Nécropole de Bet She'arim Israël 1471 NEC PM (2015)
117 Sud-ouest Malgache, pays Mahafaly Madagascar 949 NEC LI (1997)
120 Maltese catacomb complex Malte 1113 NEC LI (1998)
130 Funeral sites of the Xiongnu elite Mongolie 5951 NEC LI (2014)
138 Site archéologique de Bura Niger 5042 NEC LI (2006)
83 Ensemble de Borobudur Indonésie 592 TEM MEG PM (1991)
84 Ensemble de Prambanan Indonésie 642 TEM MEG PM (1991)
107 Sanctuaire historique de Machu Picchu Pérou 274 TEM MEG PM (1983)
108 Site archéologique de Chavin Pérou 330 TEM MEG PM (1985)
Myauk-U Archaeological Area and
135 Myanmar 824 TEM MEG LI (1996)
Monuments
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 4

Stone Buddhas and Pagodas at Hwasun
145 République de Corée 6171 TEM MEG LI (2017)
Unjusa Temple
PM (1980,
19 Temples mégalithiques de Malte Malte 132ter TEM NEC 1992)

102 Ville préhispanique de Chichen - Itza Mexique 483 TEM HAB PM (1988)
126 Great City of Chicomostoc-La Quemada Mexique 1588 TEM HAB LI (2001)
39 The Archaeological Site of Göbeklitepe Turquie (Şanlıurfa) 5612 TEM RUP LI (2011)
133 Bagan Archaeological Area and Monuments Myanmar 819 TEM LI (1996)
31 The neolithic settlement of Burzahom Inde 5917 HAB MEG LI (2014)
66 Choirokoitia Chypre 848bis HAB MEG PM (2012)
90 Su Nuraxi de Barumini Italie 833 HAB MEG PM (1997)
Centre historique de Oaxaca et zone
95 Mexique 415 HAB MEG PM (1987)
archéologique de Monte Alban
Cité préhispanique et parc national de
97 Mexique 411 HAB MEG PM (1987)
Palenque
98 El Tajin, cité préhispanique Mexique 631 HAB MEG PM (1992)
29 Talayoyic Culture of Minorca Espagne (Catalogne) 3433 HAB NEC LI (2013)
32 Tana Toraja traditionnal settlement Indonésie 5462 HAB NEC LI (2009)
Cultural Landscape of Bisya & Salut and its
140 Oman 5939 HAB NEC LI (2014)
Archaeological Remains
34 Mount Karkom Israël 1488 HAB TEM LI (2000)
77 Parc national de Tikal Guatemala 64 HAB TEM PM (1979)
96 Cité préhispanique de Teotihuacan Mexique 414 HAB TEM PM (1987)
101 Ville précolombienne d'Uxmal Mexique 791 HAB TEM PM (1996)
The Céide Fields and north west Mayo
33 Irlande 5524 HAB PAY LI (2010)
Boglands
72 Site historique d'État des Cahokia Mounds États-Unis d'Amérique 198bis HAB PAY PM (1982)
89 Tels bibliques – Megiddo, Hazor, Beer-Sheba Israël 1108 HAB PAY PM (2005)
86 Shahr-i-Sokhta Iran 1456 HAB PM (2014)
87 Suse Iran 1455 HAB PM (2015)
123 Historical city of Izamal Mexique 5394 HAB LI (2008)
124 Tecoaque Mexique 1968 HAB LI (2004)
125 Pre-hispanic City of Cantona Mexique 1586 HAB LI (2001)
79 Grottes d'Ajanta Inde 242 RUP MEG PM (1983)
80 Grottes d'Elephanta Inde 244rev RUP MEG PM (1987)
12 Tiya, stèles gravées/peintes et tombes Ethiopie 12 RUP NEC PM (1980)
Chine (Datong, province
63 Grottes de Yungang 1039 RUP TEM PM (2001)
du Shanxi)
81 Grottes d'Ellora Inde 243 RUP TEM PM (1983)
56 Fort de Samaipata Bolivie 883 RUP TEM PM (1998)
27 Gravures rupestres de Tanum Suède 557rev RUP PAY PM (1994)
3 Paysage culturel d’art rupestre de Gobustan Azerbaïdjan 1076rev RUP PAY PM (2007)
16 Art rupestre du Valcamonica Italie (Lombardie) 94 RUP PAY PM (1979)
Pétroglyphes du paysage archéologique de
17 Kazakhstan 1145 RUP PAY PM (2004)
Tamgaly
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 5

52 Parc Maloti-Drakensberg Afrique du sud / Lesotho 985bis RUP PAY PM (2013)
53 Tassili n'Ajjer Algérie 179 RUP PAY PM (1982)
55 Parc national de Kakadu Australie 147quater RUP PAY PM (1981)
Sites d’art rupestre préhistorique de la vallée
71 Espagne / Portugal 866bis RUP PAY PM (1988)
de Côa et de Siega Verde
Ecosystème et paysage culturel relique Lopé-
75 Okanda Gabon 1147rev RUP PAY PM (2007)

92 Zone protégée du Wadi Rum Jordanie 1377 RUP PAY PM (2011)
Grottes préhistoriques de Yagul et Mitla au
99 Mexique 1352 RUP PAY PM (2010)
centre de la vallée de Oaxaca
Petroglyphic complexes in the Mongolian
129 Mongolie 5954 RUP PAY LI (2014)
Gobi
132 Vumba Moutain range Mozambique 5381 RUP PAY LI (2008)
142 Sarmishsay Ouzbékistan 5307 RUP PAY LI (2008)
Gravures et peintures rupestres de l'Ennedi
150 Tchad 2055 RUP PAY LI (2005)
et du Tibesti
2 Art rupestre de la région de Hail Arabie saoudite 1472 RUP PM (2015)
4 Tsodilo Botswana 1021 RUP PM (2001)
18 Ensembles de pétroglyphes de l'Altaï mongol Mongolie 1382 RUP PM (2011)
20 Art rupestre d’Alta Norvège 352 RUP PM (1995)
Argentine (Patagonie,
54 Cueva de las Manos, Rio Pinturas 936 RUP PM (1999)
province de Santa Cruz)
57 Parc national de Serra da Capivara Brésil 606 RUP PM (1991)
93 Sites rupestres du Tadrart Acacus Libye 287 RUP PM (1985)
Peintures rupestres de la Sierra de San
100 Mexique 714 RUP PM (1993)
Francisco
105 Twyfelfontein ou /Ui-//aes Namibie 1255 RUP PM (2007)
République-Unie de
111 Sites d’art rupestre de Kondoa 1183rev RUP PM (2006)
Tanzanie
122 Las Labradas, Sinalao archaeological site Mexique 5785 RUP LI (2012)
134 Badah-lin and associated caves Myanmar 822 RUP LI (1996)
Nyero and other hunter-gatherer geometric
141 Ouganda 914 RUP LI (1997)
rock art sites in eastern Uganda
143 Les gravures rupestres de Lengo République centrafricaine 4006 RUP LI (2006)
147 Daegokcheon Stream Petroglyphs République de Corée 5486 RUP LI (2010)
Saint-Vincent-et-les-
148 Rock Art of St. Vincent and the Grenadines 5749 RUP LI (2012)
Grenadines
151 Hima a rock art site in Najran Arabie saoudite 6033 RUP LI (2015)
156 Les Gravures Rupestre d’Abourma Djibouti 5957 RUP LI (2015)
159 Saimaly-Tash Petroglyphs Kirghizistan 1512 RUP LI (2001)
Monuments de Nubie d'Abou Simbel à
68 Égypte 88 PAY MEG PM (1979)
Philae
Sacred Binder Mountain and its associated
128 Mongolie 5950 PAY MEG LI (2014)
cultural heritage sites
61 Grottes de Longmen Chine 1003 PAY TEM PM (2000)
62 Grottes de Mogao Chine 440 PAY TEM PM (1987)
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 6

France (Polynésie
74 Taputapuātea 1529 PAY TEM PM (2017)
française)
Vat Phou et les anciens établissements République démocratique
110 associés du paysage culturel de Champassak populaire lao 481 PAY TEM PM (2001)

106 Lignes et Géoglyphes au Nasca et Palpa Pérou 700 PAY RUP PM (1994)
La Réserve Naturelle Nationale de l'Aïr et du
137 Niger 5055 PAY RUP LI (2006)
Ténéré
13 Paysage culturel du pays konso Ethiopie 1333rev PAY PM (2011)


Décomptes par types de sites

Mégalithisme 48 Habitats 21
MEG / NEC 28 HAB / MEG 6
MEG / TEM 1 HAB / NEC 3
MEG / HAB 3 HAB / TEM 4
MEG / RUP 1 HAB / RUP -
MEG / PAY 10 HAB / PAY 3
MEG / --- 5 HAB / --- 5

Nécropoles 32 Art rupestre 40
NEC / MEG 9 RUP / MEG 2
NEC / TEM 3 RUP / NEC 1
NEC / HAB 5 RUP / TEM 3
NEC / RUP 2 RUP / HAB -
NEC / PAY 4 RUP / PAY 15
NEC / --- 9 RUP / --- 19

Temples 11 Paysage culturel 9
TEM / MEG 6 PAY / MEG 2
TEM / NEC 1 PAY / NEC -
TEM / HAB 2 PAY / TEM 4
TEM / RUP 1 PAY / HAB -
TEM / PAY - PAY / RUP 2
TEM / --- 1 PAY / --- 1

Au total : 161 sites sélectionnés, non compris le site candidat.

Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 7

Annexe 2 : liste des biens retenus pour l’analyse comparative, à l’issue de la deuxième sélection
PROPRIETES TYPES
NO NOM-SITE PAYS/ PROVINCE DATES TOT
A B C D E F 1 2
15 Brú na Bóinne - Ensemble archéologique Irlande -3200 / -2500 6 X X X X X X MEG NEC
de la Vallée de la Boyne
24 Stonehenge, Avebury et sites associés Royaume-Uni -3700 / -1600 5 X X X X X MEG NEC
(Wiltshire)
98 El Tajin, cité préhispanique Mexique 800 / 1200 5 X X X X X HAB MEG
97 Cité préhispanique et parc national de Mexique 400 / 800 5 X X X X X HAB MEG
Palenque
96 Cité préhispanique de Teotihuacan Mexique 1 / 650 5 X X X X X HAB TEM
69 Thèbes antique et sa nécropole Égypte -2150 / -30 5 X X X X X NEC MEG
68 Monuments de Nubie d'Abou Simbel à Égypte -1300 / +700 5 X X X X X PAY MEG
Philae
5 Parc national de Rapa Nui Chili (Ile de Pâques) 800 / 1700 5 X X X X X MEG NEC
48 Alignements de pierres dressées de France (Corse-du- -4300 / -800 5 X X X X X MEG PAY
Cauria, Renaghju et i Stantari, et les sites Sud)
du sud-ouest de la Corse
39 The Archaeological Site of Göbeklitepe Turquie (Şanlıurfa) -9500 / -8000 5 X X X X X TEM RUP
25 Cœur néolithique des Orcades Royaume-Uni -3200 / -2400 5 X X X X X MEG NEC
(Ecosse)
22 Ensemble des tombes de Koguryo République -300 / +800 5 X X X X X MEG NEC
populaire
démocratique de
Corée / Chine
108 Site archéologique de Chavin Pérou -1500 / -300 5 X X X X X TEM MEG
42 Megalithic Landscape of Evora, Reguengos Portugal (Alentejo) -5000 / -3000 5 X X X X X MEG NEC
and Mora
9 Tumulus, pierres runiques et église de Danemark 900 / 980 4 X X X X MEG NEC
Jelling
77 Parc national de Tikal Guatemala -292 / +869 4 X X X X HAB TEM
76 Parc archéologique et ruines de Quirigua Guatemala 426 / 810 4 X X X X MEG HAB
74 Taputapuātea France (Polynésie 1300 / 1800 4 X X X X PAY TEM
française)
73 Axoum Ethiopie 1 / 1400 4 X X X X MEG HAB
7 Antequera Dolmen Sites Espagne -3800 / -3200 4 X X X X MEG NEC
(Andalousie)
62 Grottes de Mogao Chine 366 / 1400 4 X X X X PAY TEM
61 Grottes de Longmen Chine 316 / 907 4 X X X X PAY TEM
50 Les hypogées d’Arles et de Fontvieille France (Bouches-du- -3300 / -2000 4 X X X X MEG NEC
Rhône)
47 Soto Dolmen Espagne -3000 / -2500 4 X X X X MEG NEC
(Andalousie)
43 Megalithic Landscape of Alcalar in the Portugal (Algarve) -3200 / -1200 4 X X X X MEG NEC
Algarve
36 Deer Stone Monuments, the Heart of Mongolie -1200 / -300 4 X X X X MEG RUP
Bronze Age Culture
29 Talayoyic Culture of Minorca Espagne (Catalogne) -1750 / -100 4 X X X X HAB NEC
26 Cercles mégalithiques de Sénégambie Sénégal / Gambie -300 / +1600 4 X X X X MEG NEC
(la)
21 Sites archéologiques de Bat, Al-Khutm et Oman -3200 / -2000 4 X X X X MEG NEC
Al-Ayn
18 Ensembles de pétroglyphes de l'Altaï Mongolie -2000 / -850 4 X X X X RUP
mongol
17 Pétroglyphes du paysage archéologique de Kazakhstan -1350 / +1250 4 X X X X RUP PAY
Tamgaly
160 Les tombes gelées de l'Altaï Fédération de Russie -450 / -250 4 X X X X NEC MEG
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 8

158 Mozu-Furuichi Kofungun, Ancient Tumulus Japon 250 / 600 4 X X X X NEC MEG
Clusters
112 Gebel Barkal et les sites de la région Soudan -900 / +350 4 X X X X NEC TEM
napatéenne
106 Lignes et Géoglyphes au Nasca et Palpa Pérou -500 / +500 4 X X X X PAY RUP
101 Ville précolombienne d'Uxmal Mexique 650 / 1100 4 X X X X HAB TEM
70 Settlement and Cementery of Umm an- Émirats arabes unis -2600 / -2000 3 X X X MEG NEC
Nar Island (Abu Dhabi)
67 Memphis et sa nécropole – les zones des Égypte -2700 / -2150 3 X X X NEC MEG
pyramides de Guizeh à Dahchour
66 Choirokoitia Chypre -7000 / -5500 3 X X X HAB MEG
64 Mausolée du premier empereur Qin Chine -246 / -210 3 X X X MEG NEC
51 Les tumulus de Bougon France (Deux-Sèvres) -4700 / -2800 3 X X X MEG NEC
49 Site mégalithique de Pranu Mutteddu Italie (Cagliari) -3800 / -2000 3 X X X MEG NEC
(Sardaigne)
41 Dombate Dolmen Espagne (Galice, -3800 / -2700 3 X X X MEG NEC
Corogne)
23 Sites de dolmens de Gochang, Hwasun et République de Corée -700 / -300 3 X X X MEG NEC
Ganghwa
19 Temples mégalithiques de Malte Malte -4100 / -2500 3 X X X TEM NEC
16 Art rupestre du Valcamonica Italie (Lombardie) -8000 / -500 3 X X X RUP PAY
152 Burial Ensembles of Dilmun and Tylos Bahreïn -2500 / +500 3 X X X NEC PAY
130 Funeral sites of the Xiongnu elite Mongolie -300 / +300 3 X X X NEC
12 Tiya, stèles gravées/peintes et tombes Ethiopie 900 / 1400 3 X X X RUP NEC
117 Sud-ouest Malgache, pays Mahafaly Madagascar 1700 / 1900 3 X X X NEC
59 Nécropole de Varna Bulgarie -4600 / -4200 2 X X NEC
53 Tassili n'Ajjer Algérie -6000 / +500 2 X X RUP PAY
33 The Céide Fields and north west Mayo Irlande -3800 / -3200 2 X X HAB PAY
Boglands
161 Les dolmens de la culture de Maïkop Fédération de Russie -3250 / -1250 2 X X MEG NEC

Liste des fiches descriptives rédigées

NO NOM-SITE PAYS/PROVINCE TYPE-UNESCO RÉDACTEURS
0 Mégalithes de Carnac et des rives du France (Morbihan) LI (1996) Pierre Corboud
Morbihan
5 Parc national de Rapa Nui Chili (Ile de Pâques) PM (1995) Colin Richards
7 Antequera Dolmen Sites Espagne (Andalousie) PM (2016) Miguel Angel De Blas
Cortina
9 Tumulus, pierres runiques et église de Danemark PM (1994) Niels Andersen
Jelling
12 Tiya, stèles gravées/peintes et tombes Ethiopie PM (1980) Serge Cassen
15 Brú na Bóinne - Ensemble Irlande PM (1993) Muiris O’Sullivan
archéologique de la Vallée de la Boyne
16 Art rupestre du Valcamonica Italie (Lombardie) PM (1979) Pierre Corboud
17 Pétroglyphes du paysage archéologique Kazakhstan PM (2004) Serge Cassen
de Tamgaly
18 Ensembles de pétroglyphes de l'Altaï Mongolie PM (2011) Serge Cassen
mongol
19 Temples mégalithiques de Malte Malte PM (1980, 1992) Pierre Corboud
21 Sites archéologiques de Bat, Al-Khutm Oman PM (1988) ---
et Al-Ayn
22 Ensemble des tombes de Koguryo République populaire PM (2004) Victoire Dorise
démocratique de Corée
/ Chine
23 Sites de dolmens de Gochang, Hwasun République de Corée PM (2000) ---
et Ganghwa
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 9

24 Stonehenge, Avebury et sites associés Royaume-Uni (Wiltshire) PM (1986) Heather Sebire
25 Cœur néolithique des Orcades Royaume-Uni (Ecosse) PM (1999, 2015) Colin Richards
26 Cercles mégalithiques de Sénégambie Sénégal / Gambie (la) PM (2006) Pierre Corboud
29 Talayoyic Culture of Minorca Espagne (Catalogne) LI (2013) ---
33 The Céide Fields and north west Mayo Irlande LI (2010) Muiris O’Sullivan
Boglands
36 Deer Stone Monuments, the Heart of Mongolie LI (2014) Serge Cassen
Bronze Age Culture
39 The Archaeological Site of Göbeklitepe Turquie (Şanlıurfa) LI (2011) Pierre Corboud
41 Dombate Dolmen Espagne (Galice, Non-inscrit Fernando Carrera-Ramirez
Corogne)
42 Megalithic Landscape of Evora, Portugal (Alentejo) Non-inscrit Leonor Rocha
Reguengos and Mora
43 Megalithic Landscape of Alcalar in the Portugal (Algarve) Non-inscrit Leonor Rocha
Algarve
47 Soto Dolmen Espagne (Andalousie) Non-inscrit Miguel Angel De Blas
Cortina
48 Alignements de pierres dressées de France (Corse-du-Sud) Non-inscrit André D’Anna
Cauria, Renaghju et i Stantari, et les
sites du sud-ouest de la Corse
49 Site mégalithique de Pranu Mutteddu Italie (Cagliari) Non-inscrit André D’Anna
(Sardaigne)
50 Les hypogées d’Arles et de Fontvieille France (Bouches-du- Non-inscrit Catherine Louboutin
Rhône)
51 Les tumulus de Bougon France (Deux-Sèvres) Non-inscrit Charles-Tanguy Le Roux
53 Tassili n'Ajjer Algérie PM (1982) ---
59 Nécropole de Varna Bulgarie Non-inscrit ---
61 Grottes de Longmen Chine PM (2000) ---
62 Grottes de Mogao Chine PM (1987) ---
64 Mausolée du premier empereur Qin Chine PM (1987) Victoire Dorise
66 Choirokoitia Chypre PM (2012) ---
67 Memphis et sa nécropole – les zones Égypte PM (1979) ---
des pyramides de Guizeh à Dahchour
68 Monuments de Nubie d'Abou Simbel à Égypte PM (1979) ---
Philae
69 Thèbes antique et sa nécropole Égypte PM (1979) ---
70 Settlement and Cementery of Umm an- Émirats arabes unis (Abu LI (2012) ---
Nar Island Dhabi)
73 Axoum Ethiopie PM (1980) ---
74 Taputapuātea France (Polynésie PM (2017) Victoire Dorise
française)
76 Parc archéologique et ruines de Guatemala PM (1981) ---
Quirigua
77 Parc national de Tikal Guatemala PM (1979) ---
96 Cité préhispanique de Teotihuacan Mexique PM (1987) ---
97 Cité préhispanique et parc national de Mexique PM (1987) Victoire Dorise
Palenque
98 El Tajin, cité préhispanique Mexique PM (1992) ---
101 Ville précolombienne d'Uxmal Mexique PM (1996) ---
106 Lignes et Géoglyphes au Nasca et Palpa Pérou PM (1994) Victoire Dorise
108 Site archéologique de Chavin Pérou PM (1985) Victoire Dorise
112 Gebel Barkal et les sites de la région Soudan PM (2003) ---
napatéenne
117 Sud-ouest Malgache, pays Mahafaly Madagascar LI (1997) ---
130 Funeral sites of the Xiongnu elite Mongolie LI (2014) ---
152 Burial Ensembles of Dilmun and Tylos Bahreïn LI (2008) ---
158 Mozu-Furuichi Kofungun, Ancient Japon LI (2010) ---
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 10

Tumulus Clusters
160 Les tombes gelées de l'Altaï Fédération de Russie Non-inscrit ---
161 Les dolmens de la culture de Maïkop Fédération de Russie Non-inscrit ---

Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 11

Annexe 3 : exemples de fiches descriptives pour les sites de l’analyse comparative

Informations générales Auteur : Pierre Corboud
No-site 0 (fiche de référence)
Nom-site Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan
Pays France, département du Morbihan
Coordonnées N 47 35 37, O 2 56 43
Type-UNESCO Liste indicative (1996)
No-UNESCO 224
Critères-UNESCO (i) (ii) (iv)
Datation Entre 7000 et 4500 ans avant le présent (-5000 / -2500).
Dimension du territoire concerné : environ 40 x 24 km
Surface Surface des sites : non encore définie.
Zone tampon : non encore définie.
L’ensemble des sites mégalithiques conservés dans la région de Carnac, sur
les rives de la baie de Quiberon et du golfe du Morbihan témoigne d’une
activité architecturale et symbolique exceptionnelle aux temps des premières
sociétés néolithiques. La variété des constructions, souvent conservées en
élévation, leur importance historique dans la région considérée, ainsi que les
relations fonctionnelles et symboliques qui les relient, distinguent ce complexe
de monuments préhistoriques d’autres groupes comparables en Europe et
dans le monde.
Description Les monuments de la série proposée au classement appartiennent à une
cinquantaine d’ensembles cohérents, qui ont à la fois marqué durablement le
paysage littoral morbihannais et structuré la vie et la pensée des premières
populations d’agriculteurs éleveurs de la région. La conception architecturale
des monuments de terre et de pierre, le choix et le transport terrestre et
maritime des matériaux lourds, les transferts à travers le continent européen
de biens socialement valorisés, témoignent d’une dynamique culturelle hors
du commun. L’iconographie représentée sur les stèles et parois des tombeaux
comporte des motifs qui expriment une cosmogonie originale.
Propriétés de comparaison
La notion d’ensembles symboliques et funéraires est centrale pour décrire le
bien en série à classer. Les sites mégalithiques de la zone considérée
attestent d’une relation forte entre des monuments conçus comme des
Propriété A : sépultures ostentatoires destinées à l’élite locale et les ouvrages de stèles
ensemble funéraire distribués parfois sur plusieurs kilomètres.
et/ou symbolique L’ensemble de ces monuments et, surtout, les relations qu’ils entretiennent
entre eux constituent une scénographie grandiose qui dessine un paysage
culturel et symbolique qui imprègne encore aujourd’hui le territoire du bien
soumis au classement.
L’exploit technique et humain indispensable pour extraire, travailler et
déplacer des blocs de pierres aussi volumineux implique à la fois une
Propriété B : conception architecturale, des techniques constructives et des structures
exploit technique et sociales qui sont assurément présentes dans d’autres sociétés préhistoriques.
humain Néanmoins le caractère exceptionnellement monumental et la complexité
architecturale des constructions réalisées place dans une catégorie à part
certains des ouvrages de la région considérée.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 12

Ces ensembles monumentaux dessinent un paysage symbolique évident, qui
marque encore le territoire, quelques millénaires plus tard, d’une empreinte
très forte, largement perçue dans la population locale.
Propriété C :
Le caractère monumental et ostentatoire des monuments érigés constitue une
paysage culturel et
autre caractéristique essentielle de ce bien sériel.
structuration de l’espace
La certitude que des blocs de plusieurs dizaines de tonnes au moins ont été
transportés en mer pour atteindre des îles est aussi une caracté-ristique
unique pour la période de la préhistoire considérée.
Les alignements de stèles de la région de Carnac occupent des longueurs
exceptionnelles non connues dans d’autres régions. En outre l’organisation et
la géométrie de ces ouvrages de stèles s’accordent à la topographie des lieux
Propriété D : pour créer des paysages impressionnants, qui constituent des monuments à
présence d’ouvrages de part entière. D’autres ouvrages de stèles sont présents dans le domaine
stèles, menhirs, etc. d’étude, certains sont cachés par la végétation, d’autres sont couchés ou
encore s’engagent dans la mer et ne sont visibles qu’à marée basse, mais ils
structurent le paysage de lignes droites ou courbes qui constituent un réseau
symbolique unique au monde.
Les représentations gravées sur des stèles, ou certaines parois des
monuments funéraires, présentent une iconographie complexe, qui mêle des
représentations d’animaux (oiseaux, mammifères marins et terrestres,
reptiles), des armes de jet (arcs et flèches, haches, crosses-boomerangs) et
Propriété E :
des motifs géométriques très élaborés. Ces représentations comportent
iconographie complexe
parfois des motifs qui se retrouvent dans un domaine géographique et culturel
plus vaste que celui de la zone décrite. Elles témoignent probablement d’un
fond culturel commun relatif à un développement social et religieux propre aux
premières sociétés néolithiques des façades atlantiques (Espagne, Portugal).
Les mobiliers très valorisées (haches carnacéennes, parures en callaïs, etc.),
attestent d’un système de transferts ou d’échanges compétitifs à très longue
Propriété F : distance, qui implique des réseaux structurés et des contreparties matérielles
échanges à longue ou sociales assurément spécifiques.
distance Les motifs gravés sur les stèles et parois des monuments funéraires révèlent
des programmes iconographiques très originaux qui ont probablement
influencé d’autres territoires en France et en Europe de l’Ouest.
Conservation / Contexte / Authenticité du site
Le Morbihan dans son ensemble, mais en particulier la région de Carnac et de
la baie de Quiberon, vivent encore aujourd’hui en symbiose avec le patrimoine
Contexte actuel : mégalithique. Ces monuments de pierre font partie intégrante de l’identité
perception par les culturelle de la population locale.
populations locales, Plusieurs musées régionaux et lieux d’interprétation offrent au public local et
exploitation touristique de passage l’occasion de mieux connaître et comprendre le phénomène
mégalithique et d’admirer les objets archéologiques issus des différents
monuments.
Les ensembles de sites proposés au classement au Patrimoine mondial sont
bien préservés, sur des terrains privés ou appartenant aux communes ou à
Etat de préservation :
l’état. La législation en vigueur garanti l’intégrité des biens classés. La
conservation et gestion
collaboration entre plusieurs institutions en charge de la protection du
du bien
patrimoine et de l’entretien des terrains des zones tampon autour des sites
permet d’assurer une gestion cohérente du bien en série.
Synthèse : discussion des éléments de comparaison
Voir la synthèse générale de l’analyse comparative.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 13

Bibliographie sommaire
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Saint-Pons-de-Thomières : DRAC Languedoc-Roussillon, 175-191.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 14

Informations générales Auteur : Colin Richards, version traduite de l’anglais
No-site 5
Nom-site Parc national de Rapa Nui
Pays, province Chili (Île de Pâques)
Coordonnées W 109 27 00, S 27 08 60
Type-UNESCO Inscrit au PM (1995)
No-UNESCO 715
Critères-UNESCO (i) (iii) (v)
Rapa Nui (l’île de Pâques) est maintenant considérée comme ayant été
colonisée entre 800 et 1000 de notre ère. Des petites statues (moai atypiques)
faites de différents types de roches volcaniques semblent être les plus
Datation
anciens monuments, mais c’est entre les 12e et 17e siècles que les grandes
statues (moai) ont été extraites de la carrière de Rano Raraku et placés sur
des plates-formes cérémonielles de pierres (ahu).
La zone tampon d’une surface d’environ 6 666 ha occupe les limites du Parc
National. Les plates-formes cérémonielles monumentales (ahu), les statues
Surface
(moai) et les carrières Rana Raraku et Puna Pau occupent une superficie de
près de la moitié de l’île.
Rapa Nui (l’île de Pâques) est l’île habitée plus reculée du monde, elle se
trouve à 3 700 kilomètres de la côte du Chili et couvre une superficie de
16 628 hectares. On peut trouver des vestiges archéologiques sur l’ensemble
de l’île qui est essentiellement inoccupé et non aménagées. La plupart des
plus importants sites archéologiques et monuments se trouvent dans le Parc
National de Rapa Nui, une vaste zone protégée d’environ 7 000 hectares, y
compris les quatre petites îles au large. Le Parc National est actuellement
administré par le CONAF (Chilean Nature and Forest Agency qui gère tous les
parcs nationaux du Chili). Les principaux sites archéologiques sont les
nombreuses plates-formes cérémonielles (ahu) et les statues en pierre (moai)
avec leurs chapeaux rouge vif (pukao). Les ahu sont répartis sur les côtes de
Description l’île. Même au sein du contexte polynésien oriental les ahu de Rapa Nui sont
des monuments extraordinaires, avec plusieurs phases de construction.
Beaucoup de moai sont tombés et se trouvent le long des plateformes. Le
parc abrite aussi l’établissement cérémoniel d’Orongo, dans le sud-ouest de
l’île et les deux carrières spectaculaires de Rano Raraku et de Puna Pau, d’où
étaient extraits respectivement les moai et les pukao. Au cours des cinquante
dernières années, quatre des principaux complexes d’ahu, à Akivi, Anakena,
Tahai et à Tongariki ont été reconstruits et réassemblés avec moai et pukao.
Dans le Parc National sont également protégés d’autres sites archéologiques
et de monuments, dont des maisons en forme de bateau (hare peanga), des
fours de terre (umu), des surfaces de pétroglyphes (gravures rupestres) et des
plus petits ahu.
Propriété de comparaison
Les monuments les plus importants furent érigés sous la forme de complexes
ahu de cérémonie, y compris les plates-formes (ahu), sur lequel ont été
Propriété A : installées les statues colossales (moai), avec des chapeaux (pukao) en
ensemble funéraire scories de pierres rouges. Souvent, des incinérations étaient positionnées du
et/ou symbolique côté de l’océan. Le nombre des moai est estimé à environ 900-1000, ils sont
répartis entre les plates-formes ahu, les chemins venant des carrières (ara
moai) et la carrière de Rano Raraku. En outre, plus d’un millier de structures
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 15

liées à la colonisation, aux rites funéraires, à la production agricole et à
d’autres types d’activités. Les moai sont interprétés comme des
représentations d’ancêtres/divinités, les plus impressionnants moai (jusqu'à
20 mètres de hauteur dans la carrière), sont pour la plupart sculptés dans un
tuf volcanique de Rano Raraku. Les chapeaux (pukao) sont faits en scories
rouges provenant de la carrière de Puna Pau. Parfois les plates-formes ahu
ont été réutilisées pour des inhumations, mais la fonction principale des
monuments est en relation avec des cérémonies et activités rituelles.
Les réalisations exceptionnelles des habitants préhistoriques de Rapa Nui
consistaient à tailler, extraire, transporter et ériger un grand nombre de
statues (moai) sur des plateformes. De même, de grands pukao étaient alors
Propriété B : placés sur leur tête. Certains moai sont estimées peser jusqu'à 74 tonnes,
exploit technique et cela représente donc un exploit humain extraordinaire. Le nombre estimé de
humain moai (entre 900-1000) a été produit sur une période de quatre siècles (ou
probablement moins) ce qui est tout aussi extraordinaire, compte tenu de
l’exiguïté de l’île et la population limitée qu’elle devait accueillir pendant la
préhistoire.
Le parc archéologique de Rapa Nui couvre environ les 40% de l’île. Les
paysages sont encore très bien préservés, car les habitants ont été déplacés
vers la fin des années 1800 par les autorités chiliennes et réinstallés à Hanga
Roa. Cela révèle ainsi la vaste répartition des monuments et leur
emplacement leur impact dans e paysage. Espace tribal préhistorique est
Propriété C : clairement structurée par la situation côtière régulière des complexes ahu
paysage culturel et majeurs, qui sont associées à des zone d’occupation à l’intérieur des terres.
structuration de l’espace Les carrières sont liées aux complexes ahu à travers une série de chemin (ara
moai). L’espace est structuré le long des chemins par des moai, parfois
dressés ou couchés, dont le nombre augment lorsqu’on approche de la
principale carrière de Rano Raraku. Dans l’ensemble, Rapa Nui affiche un
degré de préservation des paysages qui est absent dans les autres îles de la
Polynésie orientale.
Les alignements de statues (moai), installés sur les plateformes (ahu) peuvent
être considérés comme des ouvrages de stèles, dont le caractère
Propriété D :
anthropomorphe est ici poussé à l’extrême. Les moai sont interprétés comme
présence d’ouvrages de
des représentations d’ancêtres ou divinités, leur taille et leur masse (jusqu’à
stèles, menhirs, etc.
74 tonnes), ainsi que leur nombre (de 900 à 1000) en font assurément
l’élément majeur du phénomène mégalithique de l’île.
En plus de la statuaire originale, représentée par les moai, l’île possède un
grand nombre de sites d’art rupestre affichant une grande variété de styles, de
techniques et de motifs. Certains des pétroglyphes sont gravés sur des
surfaces planes de gros blocs de rocher. Ils sont disposés en un mélange
Propriété E :
complexe de motifs et d’images, dont des canots, des animaux marins, des
iconographie complexe
poissons, etc. Ces panneaux gravés ou les motifs isolés se trouvent sur
l’ensemble de l’île, bien qu’il en existe plutôt des concentrations autour du
cône du cratère volcanique de Rano Kau. La prospection se poursuit pour
découvrir de nouveaux sites de gravures.
Propriété F : Rapa Nui (l’île de Pâques) est située à 3 700 km des côtes du Chili et
échanges à longue 4 000 km de Tahiti, après la colonisation de l’île depuis l’Ouest, les habitants
distance de l’île semblent avoir vécu en autosuffisance et dans un complet isolement.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 16

Conservation / Contexte / Authenticité du site
Plusieurs campagnes de restauration ont été menées et se poursuivent à ce
jour pour lutter contre la dégradation naturelle ou anthropique des
monuments. La fragilité du tuf de Rano pose un problème sérieux de
conservation pour les nombreux moai. Ce problème est aggravé par le grand
nombre de moai et le coût des travaux de conservation nécessaires. En
conséquence, la conservation des sites à long terme pose encore d’énormes
problèmes. Le nombre croissant de touristes crée également un problème
pour la protection de ce patrimoine. Les sites majeurs tels que Rano Raraku
et Orongo sont bien gérés. Cependant, les sites plus modestes n’ont pas de
guides ou de gardes et des dommages se produisent fréquemment. Un
Contexte actuel : processus de récupération des terrains de cultures, dans la perspective de
perception par les développer l’agriculture et l’élevage, crée également des défis pour la
populations locales, protection du patrimoine culturel et met en évidence les contraintes de la
exploitation touristique préservation des sites et de leur paysage.
Par le fait que la majorité des sites se trouve dans le Parc National et la
grande taille de ce parc, le développement touristique de l’île est encore limité.
Cependant, de nouveaux hôtels sont construits et de nombreux agents
touristiques proposent des visites sur les principaux sites archéologiques de
l’île.
Récemment, des mouvements politiques militent pour l’indépendance de l’île,
ils s’appuient aussi sur le patrimoine culturel et Rapa Nui, car les sites
cérémoniels sont perçus par la population locale comme appartenant à leur
propre culture. Par conséquent, une certaine tension existe entre la gestion de
ce patrimoine mondial par le CONAF et les autorités locales.
Le Parc National de Rapa Nui a été défini comme « parc National » en 1935, il
est actuellement administré par le Service forestier National du Chili (CONAF).
En outre, l’île a été déclarée « Monument National » en 1935, les îles voisines
ont été incluses en 1976. Sur l’île, le Musée d’anthropologie RP Sebastian
Englert soutient la recherche et la conservation. Différents « plans de
gestion » ont été créés, mais une nouvelle version est en préparation depuis
Etat de préservation :
plusieurs années. Malheureusement, les différents groupes d’intérêt et les
conservation et gestion
tensions politiques retardent sa réalisation. Le CONAF et une équipe de
du bien
sauvegarde du patrimoine nouvellement créée (STP), qui associe
archéologues, anthropologues et architectes, gèrent de manière commune le
patrimoine culturel de l’île. Néanmoins, la gestion de WHS est assez
complexe, principalement en raison de la distance géographique et culturelle
entre les peuples de l’île et les organismes gouvernementaux du Chili sur le
continent.
Synthèse : discussion des éléments de comparaison
Les sites archéologiques de Rapa Nui représentent un ensemble monumental unique au sein de la
Polynésie. Des statues sont connues sur d’autres îles (par ex. aux Marquises) mais elles n’ont pas la
taille de celles de Rapa Nui. Leur datation à la période historique distingue clairement le bien UNESCO
de Rapa Nui des complexes mégalithiques de la région de Carnac et de la baie de Quiberon.
Néanmoins, plusieurs critères de comparaison entre Rapa Nui et les sites du Morbihan peuvent être
retenus.
Tout d’abord, la construction de monuments mégalithiques ostentatoires constitue un paysage
« symbolique » ou « rituel » évident. La diversité des monuments (plateformes cérémonielles, statues
monumentales, tombes à couloir, etc.) appuie également la comparaison.
Deuxièmement, l’ensemble des différents monuments se combine pour créer un paysage monumental
complexe. L’architecture des monuments est liée à la topographie naturelle et les lieux d’implantation
sont stratégiquement situés et sur des surfaces considérables. L’agencement des monuments présente
un paysage mégalithique très structuré.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 17

Troisièmement, une composante clé de ce paysage culturel structuré comprend les chemins ou les axes
marquées par monuments funéraires et les statues dressées. Les monuments sont construits à l’aide de
pierres provenant de différentes sources et, dans certains cas, récupérées dans des monuments
antérieurs. Les monuments de Carnac/Morbihan et de Rapa Nui appartiennent essentiellement à un
paysage maritime et leur situation est fortement déterminée par la relation avec le littoral et la visibilité
vers et depuis la mer.
Quatrièmement, la taille des blocs de pierre déplacés sur distances considérables implique un effort
humain considérable, qui exige un travail hautement organisé, avec une structure sociale capable de
mobiliser un grand nombre de personnes, pouvant travailler de manière coordonnée. En outre, l’érection
des plus grandes statues atteste d’un degré exceptionnel de capacités techniques et d’organisation du
travail.
Dans l’ensemble, il y existe un certain nombre de propriétés de comparaison entre les paysages
monumentaux de Rapa Nui et de la région de Carnac en Morbihan. La présence d’une architecture
mégalithique monumentale est clairement la caractéristique déterminante de ces deux domaines, donc
la diffusion est étendue au sein de paysages symboliques et rituels. Les principaux domaines de
divergence sont tout d’abord la datation (4000 ans d’écart) et les contacts avec des domaines culturels
plus éloignés (Rapa Nui est isolée après la phase de colonisation initiale), par opposition les sites du
Morbihan s’intègrent dans de larges réseaux d’échanges et de transferts à l’échelle du continent
européen.
Bibliographie sommaire
Métraux (A.). 1940. Ethnology of Easter Island. Honolulu : Bernice P. Bishop Mus. (Bernice Pauahi
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Berlin : Franck & Timme.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 18

Informations générales Auteur : Heather Sebire, version traduite de l’anglais et réduite
No-site 24
Nom-site Stonehenge, Avebury et sites associés
Pays, province Grande Bretagne (Wiltshire)
Coordonnées N 51 10 44, W 1 49 31
Type-UNESCO Inscrit au PM (1986)
No-UNESCO 373bis
Critères-UNESCO (i) (ii) (iii)
Datation Environ 3700 à 1600 av. J.-C. (env. 5700 à 3600 avant le présent).
Surface du bien : 4 985 ha.
Surface
Zone tampon : non mentionnée.
Le bien du Patrimoine mondial connu sous le nom de Stonehenge, Avebury et
les sites associés possède une importance internationale pour son complexe
de monuments préhistoriques remarquables, distribué sur deux plateaux
géologiques crayeux dans le sud de la Grande-Bretagne. Stonehenge
représente le cercle de pierre préhistorique à l’architecture la sophistiquée au
monde, tandis que celui d’Avebury est le plus grand du genre. Avec leurs
monuments associés, ils constituent des paysages uniques qui incarnent
notre patrimoine commun. Stonehenge est le complexe le plus connu et le
mieux préservé des deux principaux monuments et Avebury est le complexe
le plus vaste.
Description Ce qui subsiste aujourd’hui à Stonehenge est un cercle de pierre
mégalithique, qui appartient à la dernière phase d'un complexe de monuments
érigés à partir d’environ 3000 BC C’est l'un des plus impressionnants
monuments mégalithiques préhistoriques au monde, en raison de la taille de
ses blocs, de la sophistication de son plan concentrique et de sa conception
architecturale.
La zone d’Avebury classée au Patrimoine mondial comprend le grand site
d’Avebury, avec le plus grand cercle mégalithique préhistorique au monde, et
le Silbury Hill, le plus grand tumulus préhistorique d'Europe. La construction
de ces monuments démontre des compétences architecturales
exceptionnelles.
Propriété de comparaison
Les complexes de monuments de Stonehenge et Avebury donnent un aperçu
exceptionnel dans les pratiques funéraires et rituelles en Grande-Bretagne au
Néolithique et à l'âge du Bronze.
A Stonehenge les dernières recherches nous donnent de nouvelles
informations inédites sur les rituels d’incinération et d’inhumation pour la
période néolithique. Les estimations confirment que Stonehenge était le plus
Propriété A : grand cimetière de crémation connu en Grande-Bretagne au cours du
ensemble funéraire Néolithique moyen, ce qui en fait un site particulièrement important pour la
et/ou symbolique compréhension du mode de vie, des activités et des croyances funéraires des
gens de cette époque. Les nouvelles datations au radiocarbone montrent que
la plupart des gens ont été enterrés à Stonehenge dans les premières phases
de l'histoire du monument, mais curieusement, quelques personnes ont
continué d'être enterrées ici au Néolithique final.
A Avebury, les différents monuments fournissent un aperçu des pratiques
funéraires et rituelles de cette période. Certains de ces sites et monuments
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 19

montrent encore des vestiges visibles et en place, mais d'autres sont
maintenant arasés et ne sont conservés que dans le sol.
Le site du Patrimoine mondial de Stonehenge et Avebury fournit une
illustration remarquable de l'évolution de la construction des monuments et de
l'utilisation continue et de l’aménagement du paysage pendant plus de 2000
ans, du début du Néolithique à l'âge du Bronze. A Stonehenge, dans le centre
d'une terrasse de terre et le fossé qui forme un espace clos, se trouvent les
restes d'une série de vestiges mégalithiques, composé de pierre de sarsen et
de roches bleues. Les énormes pierres de sarsen, façonnés et mises en
forme, ont été transportés depuis le Marlborough Downs, à quelques 30 km.
De même, les petites pierres bleues du monument proviennent des Preseli
Hills, dans le Pembrokeshire, soit dans le sud-ouest du Pays de Galles. Tout
Propriété B : le système a un axe de symétrie qui est orienté au sud-ouest / nord-est, avec
exploit technique et l'entrée au nord-est et la première section de l'Avenue. Cependant,
humain l'alignement principal correspond au lever du soleil au solstice d’été et le
coucher du soleil au solstice d’hiver. La sophistication et la technique de
construction des terrasses, des fossés et des menhirs disposés en
alignements soignés, témoigne de l'habileté et des connaissances des gens
qui ont construit Stonehenge.
A Avebury le cercle de pierres comprend une énorme terrasse circulaire et un
fossé, qui est le plus grand connu dans le monde. A l’intérieur se trouvait un
cercle, composé à l’origine d'une centaine de pierres, qui renfermait deux
cercles de pierres plus petites, avec un cadre de pierres au centre. On estime
que 200 000 tonnes de craie ont été excavées pour former la terrasse et le
fossé qui entoure les cercles de pierres.
Le caractère du paysage du Patrimoine mondial de Stonehenge et d’Avebury
est un exemple remarquable d'un paysage préhistorique complexe qui a
Propriété C : évolué jusqu'à nos jours. Ce bien formé par Stonehenge et Avebury est
paysage culturel et composé de deux territoires séparés par environ 40 km. Stonehenge est dans
structuration de l’espace le sud du Wiltshire et Avebury dans le nord du comté. Chaque paysage d’un
plateau géologique crayeux couvre environ 2 600 hectares, soit 26 kilomètres
carrés.
Le site même de Stonehenge est un remarquable ouvrage de stèles, dont les
monolithes verticaux représentent les éléments les plus spectaculaires. Les
Propriété D :
monuments d’Avebury également possèdent plusieurs ouvrages de stèles,
présence d’ouvrages de
alignements, cercles de pierres et divers ouvrages qui conjuguent les lignes
stèles, menhirs, etc.
droites et courbes en des arrangements qui comportent plusieurs centaines
de blocs.
A Stonehenge, de nouvelles recherches ont révélé des gravures
préhistoriques comportant des motifs de haches et un éventuel poignard. Le
nombre de gravures de lames de hache maintenant documentées à
Propriété E :
Stonehenge est passé 44 à 115, ce qui double le nombre gravures de l’âge du
iconographie complexe
Bronze ancien connues en Grande-Bretagne. L'analyse a aussi révélé que le
Cercle de Sarsen a été construit et dressé avec une orientation apparente
selon l'axe NE-SW.
On sait que certaines des plus petites pierres de Stonehenge, connues
communément sous le nom pierres bleues, proviennent d’environ 240 km, des
Preseli Hills dans l'ouest du Pays de Galles. Cela implique des échanges à
Propriété F : longue distance. Cependant, de nombreux sites inscrits au Patrimoine
échanges à longue mondial illustrent également de tels échanges. Le meilleur exemple en est une
distance sépulture découvert près de Stonehenge, connue sous le nom de l’archer
d’Amesbury, dont les isotopes des dents suggèrent qu'il n’était pas d’origine
locale, mais venait plutôt d’une région alpine. Il a été inhumé avec une riche
collection d'objets, y compris cinq céramiques campaniformes, trois poignards
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 20

en cuivre, deux brassards d’archer en pierre, 17 pointes de flèches en silex
finement travaillées et une paire d'ornements de cheveux en d'or. Il s’agit des
plus anciens objets en or découverts en Grande-Bretagne (Fitzpatrick, 2013).
Conservation / Contexte / Authenticité du site
Stonehenge est un site emblématique de renommée mondiale, il bénéficie
ainsi d'une place privilégiée dans notre culture moderne.
Le nombre de visiteurs a rapidement augmenté, passant d'environ 500 000
visiteurs par an à la fin des années 1970 à environ 1,3 million en 2014.
Stonehenge est perçu au plan international comme une attraction que l’on doit
Contexte actuel :
voir" et environ la moitié de ses visiteurs viennent de l'étranger.
perception par les
C’est aussi l'un des sites les plus populaires pour les visiteurs de Grande-
populations locales,
Bretagne ; en effet il représente le site archéologique le plus visité de Grande-
exploitation touristique
Bretagne. Avebury attire lui environ 350 000 visiteurs par an.
Le site du Patrimoine mondial offre également des possibilités d'emploi lié au
tourisme, à la conservation et à la gestion de l'environnement historique, ainsi
qu’à l'accueil des visiteurs, au commerce local et à la restauration. Il pourrait
fournir des opportunités pour des places d'apprentissage dans ces domaines.
L’English Heritage (EH) est responsable de la gestion et de la conservation à
long terme de Stonehenge et d’une partie de l’Avenue, de Woodhenge, ainsi
que d’une partie de Durrington Walls. De même, à Avebury EH est
responsable de Avebury Henge et de Stone Circle, Kennet Avenue West,
West Kennet Long Barrow, le Sanctuary, Windmill Hill, Silbury Hill et le
Alexander Keiller Museum. Le Senior Property Curator conseille sur toutes les
Etat de préservation :
questions de conservation à Stonehenge, en collaboration avec le
conservation et gestion
gestionnaire du paysage, le Conservation Maintenance Manager and the
du bien
Facilities Manager. De même, sur les sites d’Avebury EH est responsable des
grands projets de conservation tandis que l'entretien général est effectué par
le National Trust. Le Senior Collections Curator est responsable des
collections relatives aux sites détenus par EH. Le Senior Property Curator est
responsable du plan de gestion pour Stonehenge qui informe de la gestion
durable du site au jour le jour.
Synthèse : discussion des éléments de comparaison
Les sites du Patrimoine mondial de Stonehenge et Avebury présentent de nombreuses similitudes avec
Carnac et les monuments de la région. Tous deux possèdent des monuments mégalithiques dans des
conditions exceptionnelles de conservation et dans différents contextes. Alors que certains des menhirs
de Carnac sont libres d'aménagements modernes (comme à Stonehenge) d’autres sont situés dans des
villages et dans des contextes urbains, comme à Avebury. Bon nombre des défis de gestion des
composants d’un site du Patrimoine mondial sont similaires : la connaissance du public est concentrée
sur des sites emblématiques très connus (Avebury et Stonehenge) mais les deux régions possèdent en
outre des centaines d'autres sites dans la région, également classés au Patrimoine mondial qui
contribuent également à la valeur universelle exceptionnelle.
Bibliographie sommaire
Bowden (M.), Soutar (S.), Payne (A.), Field (D.), Barder (M.). 2015. The Stonehenge landscape :
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Pearson (M.P.), Chamberlain (A.), Jay (M.), Marshall (P.), Pollard (J.), Richards (C.), Thomas (J.), Tilley
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 21

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Scarre (C.). 2007. The Megalithic Monuments of Britain and Ireland. London : Thames & Hudson.
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 22

Informations générales Auteur : Victoire Dorise
No-site 65
Nom-site Mausolée du premier empereur Qin
Pays, province Chine
Coordonnées N 34 22 60, E 109 5 60
Type-UNESCO Inscrit au PM (1987)
No-UNESCO 441
Critères-UNESCO (i) (iii) (iv) (vi)
Datation Entre 246 et 210 ans av. J.-C.
Surface du bien : 244 ha
Surface
Zone tampon : 4325 ha
Situé au pied du versant nord du mont Lishan, à 35 km au nord-est de Xi'an,
le mausolée de Qin Shi Huang est le tombeau de l'empereur Qin Shi Huang,
fondateur du premier empire unifié de l'histoire chinoise au cours du IIIe siècle
avant J.-C. Le tombeau est recouvert par un tumulus d’une hauteur de 51,3 m
et bâti à l'intérieur d'une enceinte rectangulaire à double paroi orientée nord-
sud. Près de 200 puits contenant des milliers de guerriers et de chevaux en
terre cuite grandeur nature, de chars et d’armes en bronze avec des
Description sépultures et des vestiges architecturaux. Ces derniers totalisent plus de 600
sites dans la zone du bien qui couvre 56,25 km2.
C’est le plus important tombeau de l'histoire chinoise, de conception et de
plan uniques et avec un grand nombre d'objets funéraires exceptionnels. Il
témoigne de la fondation du premier empire unifié de la dynastie Qin, qui
exerça au IIIe siècle avant J.-C. un pouvoir politique, militaire et économique
sans précédent et fit progresser le niveau social, culturel et artistique de
l'empire.
Propriétés de comparaison
Le tombeau de Qin Shi Huang se signale par un tumulus de 51,3 m de haut
(érodé, il semblait mesurer 114 m de haut à la mort de l’empereur). Le
complexe recouvre une aire de 98 km2. Le tombeau est accompagné de 8 000
statues en terre cuite, représentants de façon hyperréaliste des guerriers et
chevaux du IIIe s. av. J.-C. Les statues sont placées soigneusement en ordre
Propriété A :
de bataille d’infanterie et de cavalerie, l’artillerie protégeant ses flancs. La
ensemble funéraire
garde impériale, placée dos au tombeau de l’empereur, protège le souverain
et/ou symbolique
et l’empire. Les qualités et la signification des liens entre les différents
éléments du complexe monumental sont indéniables et bien lisibles. La
sépulture élitaire autour de laquelle se positionnent des statues, rappelle les
relations que peuvent entretenir les trois grands tumulus carnacéens avec les
stèles dressées qui les complètent.
Les guerriers et chevaux de terre cuite, les chars funéraires en bronze, de par
leur quantité et leur qualité, ont nécessité des savoir-faire très importants. La
construction d’un tel complexe funéraire n’a pu être possible que par
Propriété B : l’engagement d’un nombre très important d’ouvriers venus de tout l’empire
exploit technique et (estimé à 700 000 par l’historien Sima Qian (145-95 av JC). Le délai de
humain construction relativement court (221-210) rend l’exploit encore plus
remarquable. C’est toute une ville souterraine qui fut édifiée sous un
gigantesque tumulus. La fabrication des statues et la construction du
complexe traduisent donc un investissement technique et un exploit humain
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 23

indiscutable.
Le site fut choisi par des géomanciens, au pied du Mont Li. À mesure des
succès politiques et militaires de l’empereur furent édifiés un gigantesque
tumulus et une ville souterraine (pensée comme une maquette du palais de
Propriété C : l’empereur à Xianyang, mais aussi de l’empire et du monde). L’emplacement
paysage culturel et spécifique du complexe monumental, ainsi que son système de structuration
structuration de l’espace interne, font l’objet d’une réflexion remarquable et d’une volonté de structurer
un espace selon un schéma très précis. Cependant, cette volonté ne se situe
pas, contrairement à notre bien, sur un large territoire et ne peut pas être
qualifiée de « paysage » au sens où nous l’utilisons.
Cette propriété n’est pas formellement représentée, mais nous pouvons tout
Propriété D :
de même considérer que l’armée de soldats en terre cuite possède une
présence d’ouvrages de
similitude avec les alignements de stèles qui recouvrent à l’évidence une
stèles, menhirs, etc.
signification anthropomorphe.
Chaque cheval et chaque guerrier fait l’objet d’une représentation détaillée et
réaliste qui en fait un personnage unique et grandeur nature. C’est une source
Propriété E : documentaire unique sur l’organisation militaire de la Chine du Ve au IIIe s.
iconographie complexe av. J.-C. Les statues livrent un témoignage exceptionnel sur les techniques
artisanales des potiers et bronziers de l’époque, ainsi que sur les techniques
picturales de l’époque.
L’inspiration d’une armée de terre cuite aurait pu provenir d’artistes étrangers,
principalement des zones hellénistiques. Certains détails des objets retrouvés
Propriété F :
signaleraient une influence grecque, indiquant peut-être la présence d’artistes
échanges à longue
grecs ayant pu former des artisans locaux.
distance
Un certain nombre d’objets ont été retrouvés in situ (lances, épées, haches,
hallebardes, arcs, flèches), originaires de tout l’empire.
Conservation / Contexte / Authenticité du site
La grande majorité des statues et objets sont préservés dans des salles
d’exposition et des réserves. Le site est visible, protégé sous une structure
dédiée. Plusieurs musées thématiques ont été construits, attenants. Le
Contexte actuel : nombre de visiteurs ayant accru ostensiblement depuis quelques années, le
perception par les gouvernement chinois a mis en place depuis 2017, un contingentement des
populations locales, visites, basé sur des quotas quotidiens, différents pour les étrangers et les
exploitation touristique Chinois.
Par ailleurs, les statues et autres objets de prestiges font régulièrement l’objet
d’exposition à travers le monde, participant à la renommée mondiale d’un site
déjà très connu.
Le tumulus, les sites de construction, les tombes et les fosses funéraires du
mausolée de Qin Shi Huang conservent fidèlement leur emplacement originel,
le matériel, les formations, la technologie et la structure d’origine, qui reflètent
de façon authentique les règles de construction du mausolée et de la vie au
État de préservation :
palais et les systèmes militaires de la dynastie Qin. Un plan de conservation
conservation et gestion
du mausolée a été mis en place en 2010, précisant les limites de la zone de
du bien
protection autour du monument. La raison principale en est le développement
urbain de la ville voisine de Lintong.
La sur-fréquentation touristique semble être un autre facteur important de
dégradation du site.
Synthèse : discussion des éléments de comparaison
Le mausolée représente, tout comme les ensembles morbihannais, un moment clé de l’histoire, ici, pour
la Chine. Il témoigne de la première unification du territoire chinois par un état centralisé, créé par un
monarque absolu. Le bien proposé à l’inscription témoigne quant à lui d’un changement fondamental
d’économie et l’émergence d’un pouvoir politique fort. Les deux biens témoignent d’un changement
Mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan – Analyse comparative, annexes 24

majeur dans la société, illustré par des constructions et objets associés volontairement précieux et
exceptionnels. L’exploit technique et humain, faisant appel à des compétences ou des objets venant de
loin, les place à part des ouvrages du même type.
Dans les deux cas, on retrouve la volonté de marquer un espace par de vastes constructions
ostentatoires et selon une disposition réfléchie, symbolique et en lien avec la topographie. Une volonté
encore très visible aujourd’hui de marquer un espace, même si dans le cas des ensembles
morbihannais, la compréhension directe en est perdue aujourd’hui.
Les statues, chars funéraires et autres objets retrouvés dans le mausolée présentent une iconographie
complexe et réaliste dénotant un savoir-faire exceptionnel. De la même façon, la région de Carnac
recèle une densité et une qualité exceptionnelle de stèles gravées, avec des motifs géométriques ou
figuratifs, révélant des programmes iconographiques originaux et très élaborés.
Bibliographie sommaire
Blänsdorf (C.), Emmerling (E.), Petzet (M.), eds. 2001. The Terracotta Army of the First Chinese
Emperor Qin Shihuang. Paris : ICOMOS.
Portal (J.), ed., &, Kinoshita (H.), collab. 2007. The first emperor : China's Terracotta Army. Cambridge
(Mass.) : Harvard University press. (Publié à l'occasion de l'exposition tenue au British Museum du 13
septembre 2007 au 6 avril 2008).
Yuan Zhongyi (Y.). 2002 袁仲 一. Qin Shihuang ling kaogu faxian yu yanjiu (秦始皇 陵 考古 发现 与
研究). Xian, Chine : Shaanxi renmin chubanshe.