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Cours 2

Méthode des différences finies


Approche stationnaire

• Technique de discrétisation en 1D
• Construction du système
• Prise en compte des conditions aux limites
• Notion de convergence
• Extension au 2D

Version 09/2006 (E.L.) NF04 - Automne - UTC 1


Méthode des différences finies

Objectif : transformer une équation « continue » valable sur un domaine


continu en un système à N équations pour N inconnues associées
à un domaine discret appelé maillage

 k11 k12 k13   u1   f1 


∂u ∂ 2u k    
L(u , , 2 ...) + f = 0
 21 k22 k23  u2  =  f 2 
∂x ∂x
+ conditions aux limites  k31 k32 k33  u3   f3 

Méthode : écrire sous forme discrète (i-1, i, i+1 …) tous les termes de
dérivées présents dans l’équation d’équilibre appliquée en i
ainsi que dans les C.L.

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Différences finies 1D : méthode générale
d 2T ( x )
Reprenons l’exemple de thermique 1D régi par : k 2
+ f = 0, ∀ x ∈ [ 0, L ]
dx
T ( x = 0) = 30
dT
q ( L ) = −k ( L) = h (T ( L ) − Text )
dx
1. On discrétise le domaine en « N » nœuds (maillage) :

A domaine discret, équation « discrète » !

d 2T
2. On applique alors cette équation au nœud « i » : k 2 + f i = 0 ∀ i = 1,..., N
dx i

A ce stade, il nous faut donc discrétiser le terme de dérivée seconde !

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Discrétisation des termes de dérivées

„ Utilisation des développements limités :

notation indicielle

d T ∆x d T ∆x
2 2 3 3
dT
T ( x + ∆x ) = T ( i + 1) = T (i ) + + ∆x (...)
4
∆x + 2
+ 3
(1)
dx i dx i
2 dx i
6
d T ∆x d T ∆x
2 2 3 3
dT
T ( x − ∆x ) = T ( i − 1) = T (i ) − + ∆x (...)
4
∆x + 2
− 3
(2)
dx i dx i
2 dx i
6

„ On combine ces deux équations. Par exemple, la somme de (1) et de (2) :

d T ∆x
2 2

T ( i + 1) + T ( i − 1) = 2 T (i ) + 2 2
+ ∆x (...)
4
(1) + ( 2 )
dx i
2
dT
2
T ( i + 1) − 2 T (i ) + T ( i − 1)
permet d’isoler : = + ∆x (...)
2

dx
2
i
∆x 2

représentatif de l’ordre de tous les termes tronqués

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Principales formes discrètes à connaître

En combinant de différentes manières, on obtient ainsi les approximations


discrètes suivantes : Précision du schéma

dT T −T
(1) → ≈ i +1 i +∆x (...) Décentré droit
dx i ∆x
dT T −T
(2) → ≈ i i −1 +∆x (...) Décentré gauche
dx i ∆x
d 2T T − 2Ti + Ti +1
(1) + ( 2 ) → 2 ≈ i −1 +∆x 2 (...) Centré
dx i ∆x 2
dT T −T
(1) − ( 2 ) → ≈ i −1 i +1 +∆x 2 (...) Centré
dx i 2∆x

Nouvelle notation : T(i+1)=Ti+1 Termes Type


tronqués

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Interprétation graphique

Discrétisation centrée :
relation dans laquelle les contributions des valeurs nodales de part et d'autre du point considéré
(noeud i) sont équivalentes.

Discrétisation décentrée :
relation dans laquelle les contributions des valeurs nodales de part et d'autre du point considéré
(noeud i) ne sont pas équivalentes.

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Construction globale du système
Ti −1 − 2Ti + Ti +1
„ La relation discrète finalement obtenue s’écrit : k + fi = 0
∆x 2

∆x 2
ou encore : Ti −1 − 2Ti + Ti +1 = − fi
k
„ Elle est applicable seulement aux nœuds i=2, …, N-1 :

0 0 0 0 ... 0 0  T
0 1   0 
∆x 2     
i = 2: T1 − 2T2 + T3 = − f2  1 −2 1 0 ... 0 0 0  T  −f ∆x 2

k  
2
 
2
k
∆x 2 0 1 −2 1 ... 0 0 0   T   − f ∆x 2

i = 3: T2 − 2T3 + T4 = − f3  
3 3
k
k = 
 M  M   M 
M     
∆x 2 0 0 0 0 ... 1 −2 1  T  − f ∆x  2

i = N − 1: TN − 2 − 2TN −1 + TN = − f ( N −1)  
N −1 N −1
k
  
k 0 0 0 0 0   T
0 ... 0 N   0 
Écriture sous forme matricielle
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Condition à la limite de type DIRICHLET
On a la condition suivante : T ( x = 0) = T = 30
1

Méthode : on ajoute :
1. un terme unité « 1 » sur la diagonale du nœud concerné
2. la valeur connue dans le 2nd membre

1 0 0 0 ... 0 0 0  T 1   30 
    
1 −2 1 0 ... 0 0 0  T  −f ∆ x 2

2 2
k
    
0 1 −2 1 ... 0 0 0   T   − f ∆ x 2

 
3 3
k
= 
 M  M   M 
    
0 0 0 −2 1  T  − f ∆ x 2

k
0 ... 1
 
N −1 N −1

  
0 0 0 0 ... 0 0 0   T N
  0 

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Condition à la limite de type CAUCHY (1/2)
avec noeud fictif !
dT
On a la condition suivante : q ( L ) = −k ( L) = h (T ( L ) − Text )
dx

Méthode : on discrétise le terme de dérivée présent dans la condition à la


limite (aussi appelée condition de type « flux »).

„ Avec noeud fictif : plus long mais précis !


T −T On applique la relation d’équilibre
− k N +1 N −1 = h (TN − Text ) discrète en N car le nœud N+1
2∆x
existe :
h∆x ∆x 2
⇔ TN +1 = TN −1 − 2 (TN − Text ) i = N : TN −1 − 2TN + TN +1 = − fN
k k
 h∆x  ∆x 2
∆x
⇔ 2TN −1 −  2 + 2 T
 N = − f N − 2 h Text
 k  k k
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Condition à la limite de type CAUCHY (2/2)
sans noeud fictif !

„ Sans noeud fictif : rapide mais perte en précision !

TN − TN −1
On a recours à une formule décentrée pour la CL : − k = h (TN − Text ) (précis ordre 1)
∆x
conduisant ainsi à :
 ∆x  ∆x
TN −1 −  1 + h  TN = − h Text
 k  k

+ : rapide à mettre en oeuvre

- : on diminue la précision globale du schéma

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Système final à résoudre

1 0 0 0 ... 0 0 0   30 
  T 1   
1 −2 1    − f ∆x
2
0 ... 0 0 0 
  T   k
2
2 
0 1 −2    − f ∆x
2
1 ... 0 0 0 
   T   k
3
3 
 M  = M 
  M   
0 0 0 0 ... 1 −2 1    − f ∆x
2

  T N −1   N −1
k 
  h∆x      ∆x 2
∆x 
0 0 0 0 ... 0 2 − 2 + 2    T  − f − 2h T 
  k  
N
 k
N
k
ext

Rem : ce système est basé sur le traitement de la CL avec nœud fictif

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Affichage et post-traitement de la solution

Pour des systèmes de tailles supérieures à 3-4, on a généralement


recours à des outils informatiques dédiés à la résolution et l’affichage.

Apprentissage de l’outil Matlab lors des séances TP de NF04

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Pour résumer …

„ Mailler le domaine

„ Discrétiser l’équation d’équilibre et les conditions aux limites :


… En remplaçant toutes les dérivées par leur forme discrète

„ Construire le système global


… En appliquant les équations discrètes sur les nœuds concernés

„ Résoudre le système (voir TP et TD encadrés sous Matlab)

„ Post-traiter :
… Tracer la solution
… Calculer les variables dérivées : flux (thermique), contrainte (méca) …

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Fiabilité du modèle : notion de convergence
Modèle Modèle
mathématique numérique
(continu) (algébrique)
d 2T ( x ) Ti −1 − 2Ti + Ti +1
k + f =0 k + fi = 0
dx 2 ∆x 2

Erreur introduite en négligeant les termes des


développements limités à partir d’un certain ordre

Question : comment s’assurer que l’équation discrète est représentative,


en termes de phénomènes physiques, de l’équation de départ ?

Méca. Flu., thermique : transport, diffusion …


MMC : traction, flexion, dynamique …

Idée : le comportement du modèle numérique doit converger vers le


comportement du modèle mathématique (censé être proche du réel …).

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Notion de convergence

Méthode : s’assurer de la propriété de CONVERGENCE de l’équation discrète.

Théorème de LAX :

Convergence = consistance + stabilité

Comportement numérique
proche du « réel » Absence d’oscillations
parasites

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Notion de consistance

„ Définition : on appelle erreur de troncature τ, l’ensemble des termes


négligés dans les développements limités lors de l’obtention
d’une équation (ou schéma) discrète

Il est en effet possible d’écrire :

Équation continue = Équation discrète + τ


„ Définition : un schéma est dit consistant si son erreur de troncature tend
vers 0 lorsque le pas ∆x tend vers 0
lim τ = 0
∆x → 0

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Exemple de calcul de l’erreur de troncature
Considérons les développements limités suivants :

d T ∆x d T ∆x d T ∆x
2 2 3 3 4 4
dT
Ti +1 = Ti + ∆x + 2
+ 3
+ 4
+ ∆x (...)
5

dx i dx 2 dx 6 dx 24 ∆x 2
Ti −1 − 2Ti + Ti +1 = −
i i i
fi
dT d T ∆x
2 2
d T ∆x
3 3
d T ∆x
4 4
k
Ti −1 = Ti − ∆x + 2
− 3
+ 4
− ∆x5 (...)
dx i dx i
2 dx i
6 dx i
24

que l’on injecte dans l’équation discrète.

Ce qui conduit à : dT
2
∆x 2
d T ∆x
4 4

∆x + 4 + ∆x (...) = − fi 2 6
2
dx i dx i 12k k
soit : d
2
T ∆x 2
 d
4
T 1 
k 2 + fi +  4 + ∆x 2
... =0
dx i k  dx i 12
1424 3 1444 424444 3
Equation continue en i Erreur de troncature

Conclusion : le schéma est bien consistant avec l’équation de départ


Remarque : la solution par différences finies sera mathématiquement
exacte dans ce cas précis. La solution math. est quadratique d’où τ = 0 !
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Effets « visibles » de l’erreur de troncature

Le comportement graphique de la solution est un indicateur des effets


de l’erreur de troncature

Le schéma est dit DISPERSIF si Le schéma est dit DIFFUSIF si


des dérivées impaires apparaissent. des dérivées paires apparaissent.
Effets néfastes pouvant entraîner Effets bénéfiques mais pouvant
l’instabilité des résultats diminuer la précision des résultats

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« Notion » sur la stabilité d’un schéma
Définition : la stabilité est la propriété de contrôler toute perturbation
(numérique dans notre cas) introduite de manière accidentelle.

„ Un schéma est dit STABLE si la perturbation diminue ou mieux, disparaît.


„ Un schéma est dit INSTABLE si la perturbation augmente.

Concrètement, apparition d’oscillations parasites (changement du signe


de la pente d’un nœud à l’autre).
(L’étude de la stabilité sera développée ultérieurement.)
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Extension à 2 dimensions (2D)
Thermique : exemple d’une plaque rectangulaire soumises à différentes
conditions aux limites.

Définition du contour du domaine et génération d’un maillage quadrillé :


rr
q.n = − h (T − Text ) W / m 2  (Cauchy)

T = T0 [ K ] (Dirichlet)

∆x ∆y

rr
q.n = ϕ W / m 2  (Neumann)
rr
Rem : q.n est le flux normal à la paroi (normale vers l’extérieur)
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Différences finies 2D : T  x, y  =Ti, j
r r
L’équation de la chaleur 2D est la suivante : ∇
{.q − f = 0, ∀ ( x, y ) ∈ S (1)
Divergence
r uuuuur r
La loi de comportement est : q{ = − k grad T = − k ∇T ( x, y ) (2)
Flux thermique

Insertion de éq.(2) dans éq.(1) :


 ∂ 2T ( x, y ) ∂ 2T ( x, y ) 
k +  + f = 0, ∀ x ∈ [ 0, L ]
 ∂x 2
∂y 2

∂ 2T T i−1, − 2 T i, + T i+1, ∂ 2T T i, − 2 T i, + T i,
≈ j j j
+ ∆x 2
(. . . ) ≈ j−1 j j+1
+ ∆y 2
(. . . )
∂x2 i, j
∆x 2
∂y 2 i, j
∆y 2

 T − 2Ti , j + Ti +1, j Ti , j −1 − 2Ti , j + Ti , j +1 


k  i −1, j +  + f i , j = 0,
 ∆x 2
∆ y 2

∀ i = 2,..., N − 1, ∀ j = 2,..., M − 1
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Construction du système

„ Balayer les lignes les unes après les


autres et appliquer l’équation    T1,1   
discrète si possible     
   T1,2   
    
   T1,3   
„ Appliquer les conditions aux limites  K   = F
  M   
discrètes     
  TN , M −1   
    
„ Résoudre et post-traiter les    TN , M   

solutions

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