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N° d’Ordre: 07/2014-D/G-C

République Algérienne Démocratique et Populaire


Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene
Faculté de génie civil

THESE

Présentée pour l’obtention du grade de DOCTEUR EN SCIENCES


En : GENIE CIVIL
Spécialité : Construction

Par : NAADIA Tarek

Sujet

Corrélations Rhéologie-Compacité-Granularité
Des Bétons Autoplaçants

Soutenue publiquement, le 15/12/2014, devant le jury composé de :

M S. HADDADI Professeur à l’U.S.T.H.B. Président

Mme F. KHARCHI Professeur à l’U.S.T.H.B. Directrice de thèse

Mme Z. DAHOU Professeur à l’Université de Bechar Examinatrice

M S. KACI Professeur à l’U.M.M.T.O. Examinateur

M A. TALAH Maître de conférences à l’U.S.T.H.B. Examinateur


REMERCIEMENTS

Ce travail a été mené sous la direction de Mme. Pr. KHARCHI Fattoum, professeur à la
faculté de génie civil de l’USTHB, je tiens vivement à lui exprimer toute ma reconnaissance
tant pour ses conseils, son intérêt et son aide qu’elle m’a accordée durant toutes ces années de
thèse.

Je remercie également les membres du jury : Pr. HADDADI Smail, président du jury, Pr.
DAHOU Zohra, Pr. KACI Salah et Dr. TALAH Aissa, examinateurs, pour l’honneur qu’ils
m’ont fait en acceptant d’examiner cette thèse et en apportant des enrichissements par leurs
remarques et critiques fructueuses.

Je voudrais remercier aussi Mr. MOURET Michel, professeur à l’INSA de Toulouse (France),
qui m’a beaucoup aidé pour la réalisation des essais avec le rhéomètre « Rheocad » au
laboratoire matériaux et durabilité des constructions (LMDC). Je tiens à remercier également
Melle YAHIAOUI Souad (enseignante à l’université de Tizi-Ouzou et doctorante à
l’USTHB).

Je remercie aussi tous les responsables du Laboratoire Bâti dans l’Environnement (LBE) de la
faculté de génie civil de l’USTHB pour leurs aides dans l’acquisition et l’installation du
rhéomètre à béton le « Tribomètre ».

Je tiens enfin à remercier tous les membres de ma famille pour leur encouragement et leur
soutien. Je pense plus particulièrement à ma femme qui m’a donné beaucoup d’idées et
conseils précieux et qui m’a supporté courageusement surtout lors de la finalisation de cette
thèse.
Résumé
Ce travail présente les résultats d’une recherche expérimentale sur les relations entre la rhéologie,
la granularité et la compacité des bétons autoplaçants. Les essais rhéomètriques ont été réalisés au moyen
de deux rhéomètres à bétons, le Tribomètre et le Rheocad, fonctionnant à vitesse imposée. Les deux
rhéomètres ont permis de tracer des rhéogrammes représentant le moment résistant en fonction de la
vitesse de rotation d’un mobile plongé dans le béton. Les rhéogrammes obtenus montrent que les BAP
étudiés obéissent à un comportement viscoplastique rhéoépaississant de type Herschel-Bulkley. Selon les
résultats concordants obtenus par les deux rhéomètres, il s’avère que la viscosité augmente avec la taille
des gros granulats. Lorsque cette dernière augmente, l’étendue granulaire (d/D) diminue, favorisant un
meilleur arrangement granulaire et un milieu de plus en plus compact pour donner un BAP avec une
viscosité élevée. Tandis que pour le seuil de cisaillement, les résultats ont montré qu’il augmente avec
l’étendue granulaire (d/D) et lorsque la taille des gros granulats diminue.
En utilisant le modèle de « concentration solide relative », nous avons démontré que la viscosité d’un
BAP augmente avec la concentration granulaire pour tendre vers les grandes valeurs (blocage) quand
cette concentration en suspension est proche d’un état d’empilement granulaire lâche (compacité non
tassée). Par ailleurs, en utilisant le concept de l’épaisseur de pâte en excès, les résultats ont montré que le
seuil de cisaillement et la viscosité sont contrôlés par une épaisseur de pâte ou de mortier enrobant les
grains du squelette granulaire. Nos résultats ont montré aussi que le modèle le plus adéquat pour
représenter l’interaction « pâte-granulat » est celui qui correspond à tous les granulats enrobés par la
pâte (eau, ciment et fines).

Mots clés : Béton autoplaçant, rhéologie, granularité, compacité, rhéomètre, viscosité, seuil de
cisaillement et gros granulat.

Abstract
This work presents the results of an experimental research on the relationships between rheology,
grading and compactness of the self compacting concrete (SCC). The rheological tests are carried out by
means of two concrete rheometers, “Tribometer” and “Rheocad”, functioning at imposed speed. The
rheometers permit to draw the rheographs representing resistant torque according rotation speed of
mobile immersed in the concrete. The rheographs show that the studied SCC obey to a viscoplastic
shear thickening behavior of Herschel-Bulkley type. According to the results in agreement provided by
the two rheometers, it appears that the viscosity increases with the coarse aggregates size. When this last
increases, the granular extent (d/D) decreases, encouraging a better granular arrangement and a more and
more compact material to give a SCC with an elevated viscosity. While for the yield of shearing, the
results showed that it increases with the granular extent (d/D) and when the coarse aggregates size
decreases. While using the model of “relative solid concentration", we demonstrated that the SCC
viscosity increases with the granular concentration to reach the high values (blockage) when this
concentration in suspension is close to a state of loose granular packing. Otherwise, while using the
excess thickness concept, the results showed that the yield of shearing and the viscosity are controlled by
excess paste or mortar thickness coating the aggregates. Our results also showed that the most adequate
model for representation the "paste-aggregate" interaction is the one that corresponds to all aggregates
coated by the paste (water, cement and fines).

Keywords : Self compacting concrete, rheology, packing, grading, rheometer, viscosity, yield of
shearing and coarse aggregates.
‫ﻣﻠﺨﺺ‬
‫ھﺬا اﻟﻌﻤﻞ ﯾﻘﺪم ﻧﺘﺎﺋﺞ ﺑﺤﺚ ﺗﺠﺮﯾﺒﻲ ﻋﻦ اﻟﻌﻼﻗﺔ ﺑﯿﻦ اﻟﺮﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺎ وﺧﺼﺎﺋﺺ اﻟﺤﺼﻮﯾﺎت ﻣﻊ رﺻﻮﺻﯿﺔ اﻟﺨﺮﺳﺎﻧﺔ ذاﺗﯿﺔ اﻟﻮﺿﻊ‪ .‬ﻗﻤﻨﺎ‬
‫ﺑﺎﻟﺘﺠﺎرب اﻟﺮﯾﻮﻣﺘﺮﯾﺔ ﺑﺎﺳﺘﻌﻤﺎل ﺟﮭﺎزﯾﻦ ھﻤﺎ "ﺗﺮﯾﺒﻮﻣﺘﺮ" و "رﯾﻮﻛﺎد" اﻟﻠﺬان ﯾﻌﻤﻼن ﺑﺴﺮﻋﺔ ﻣﻔﺮوﺿﺔ‪ .‬ﺑﻔﻀﻞ اﻟﺠﮭﺎزﯾﻦ ﯾﻤﻜﻦ رﺳﻢ‬
‫ﻣﺨﻄﻂ ﯾﻤﺜﻞ اﻟﻌﺰم اﻟﻤﻘﺎوم ﻟﻠﺤﺮﻛﺔ ﺑﺪﻻﻟﺔ ﺳﺮﻋﺔ دوران اﻟﺠﺴﻢ اﻟﻤﺘﺤﺮك داﺧﻞ اﻟﺨﺮﺳﺎﻧﺔ‪ .‬اﻟﻤﺨﻄﻄﺎت اﻟﺮﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺔ ﺗﺒﯿﻦ ان اﻟﺨﺮﺳﺎﻧﺔ‬
‫ذاﺗﯿﺔ اﻟﻮﺿﻊ ﺗﺨﻀﻊ ﻟﺴﻠﻮك ﻟﺰج‪-‬ﻟﺪن ﻣﻦ ﻧﻮع "ھﺮﺷﺎل‪ -‬ﺑﻠﻜﻠﻲ"‪ .‬ﺣﺴﺐ اﻟﻨﺘﺎﺋﺞ اﻟﻤﺘﻄﺎﺑﻘﺔ اﻟﻤﺴﺘﺨﻠﺼﺔ ﻣﻦ اﻟﺠﮭﺎزﯾﻦ ﯾﻈﮭﺮ ان ﻣﻌﺎﻣﻞ‬
‫اﻟﻠﺰوﺟﺔ ﯾﺘﺼﺎﻋﺪ ﻣﻊ ﻣﻘﺎس )ﻗﻄﺮ( اﻟﺤﺼﻰ‪.‬ﻋﻨﺪﻣﺎ ﯾﺮﺗﻔﻊ ھﺬا اﻻﺧﯿﺮ‪ ,‬ﯾﻨﺨﻔﺾ اﻻﻣﺘﺪاد اﻟﺤﺒﯿﺒﻰ )‪ (d/D‬ﻓﺎﺳﺤﺎ اﻟﻤﺠﺎل ﻟﺘﺮﺗﯿﺐ ﺣﺒﯿﺒﻰ‬
‫اﻓﻀﻞ و رﺻﻮﺻﯿﺔ اﺣﺴﻦ ﻟﺘﻌﻄﯿﻨﺎ ﺧﺮﺳﺎﻧﺔ ذاﺗﯿﺔ اﻟﻮﺿﻊ ذات ﻟﺰوﺟﺔ ﻋﺎﻟﯿﺔ ‪ .‬اﻣﺎ ﺑﺎﻟﻨﺴﺒﺔ ﻟﻤﻌﺎﻣﻞ ﻋﺘﺒﺔ اﻟﻘﺺ ﻓﺎﻟﻨﺘﺎﺋﺞ اﺛﺒﺘﺖ اﻧﮫ ﯾﺮﺗﻔﻊ ﻣﻊ‬
‫اﻻﻣﺘﺪاد اﻟﺤﺒﯿﺒﻰ )‪ (d/D‬و ﻣﻊ اﻧﺨﻔﺎض ﻣﻘﺎس )ﻗﻄﺮ( اﻟﺤﺼﻰ‪ .‬ﺑﺎﺳﺘﻌﻤﺎل ﻧﻤﻮذج "اﻟﺘﺮﻛﯿﺰاﻟﺼﻠﺐ اﻟﻨﺴﺒﻲ" أﺛﺒﺘﻨﺎ ان ﻣﻌﺎﻣﻞ اﻟﻠﺰوﺟﺔ‬
‫ﯾﺘﺼﺎﻋﺪ ﻣﻊ اﻟﺘﺮﻛﯿﺰ اﻟﺤﺒﯿﺒﻰ )اﻟﺤﺼﻮى( ﻟﯿﺘﺠﮫ ﻧﺤﻮى اﻻرﻗﺎم اﻟﻌﺎﻟﯿﺔ ﻋﻨﺪﻣﺎ ﯾﻜﻮن ھﺬا اﻟﺘﺮﻛﯿﺰ ﻗﺮﯾﺐ ﻣﻦ ﺣﺎﻟﺔ اﻟﺘﺮاص اﻟﺤﺒﯿﺒﻰ اﻟﺤﺮ‬
‫)رﺻﻮﺻﯿﺔ ﺑﺪون ﺿﻐﻂ(‪ .‬و ﺑﺎﺳﺘﻌﻤﺎل ﻛﺬاﻟﻚ ﻣﻔﮭﻮم "ﺳﻤﻚ اﻟﻌﺠﯿﻨﺔ اﻟﺰاﺋﺪة"‪ ,‬اﺛﺒﺘﺖ اﻟﻨﺘﺎﺋﺞ ان ﻣﻌﺎﻣﻠﻲ اﻟﻠﺰوﺟﺔ و ﻋﺘﺒﺔ اﻟﻘﺺ ﻣﺮﺗﺒﻄﯿﻦ‬
‫ﺑﺴﻤﻚ اﻟﻌﺠﯿﻨﺔ او اﻟﻤﯿﻼط اﻟﺬي ﯾﻐﻄﻲ ﻛﻞ ﺣﺒﺔ ﻣﻦ اﻟﺤﺼﻮﯾﺎت ‪ .‬وﻋﻠﻰ اﺳﺎس اﻟﻨﺘﺎﺋﺞ اﻟﺮﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺔ اﻟﻤﺤﻘﻘﺔ‪ ,‬ﺗﺒﯿﻦ ان اﻓﻀﻞ ﻧﻤﻮذج ﻟﺘﻤﺜﯿﻞ و‬
‫ﻣﺤﺎﻛﺎة اﻟﺘﻔﺎﻋﻞ ﺑﯿﻦ "اﻟﻌﺠﯿﻨﺔ وﺣﺒﺔ ﺣﺼﻮﯾﺎت" ھﻮ ذﻟﻚ اﻟﺬي ﯾﻮاﻓﻖ ﻛﻞ اﻟﺤﺼﻮﯾﺎت و ھﻲ ﻣﻐﻄﺎة ﺑﺎﻟﻌﺠﯿﻨﺔ ) اﻟﻤﺎء‪ ,‬اﺳﻤﻨﺖ و ﺣﺒﯿﺒﺎت‬
‫ﻧﺎﻋﻤﺔ (‪.‬‬

‫اﻟﻤﻔﺎﺗﯿﺢ‪ :‬اﻟﺨﺮﺳﺎﻧﺔ ذاﺗﯿﺔ اﻟﻮﺿﻊ‪ ,‬اﻟﺮﯾﻮﻟﻮﺟﯿﺎ‪ ,‬اﻟﺤﺼﻮﯾﺎت‪ ,‬اﻟﺮﺻﻮﺻﯿﺔ‪,‬رﯾﻮﻣﺎﺗﺮ‪,‬ﻟﺰوﺟﺔ‪ ,‬ﻋﺘﺒﺔ اﻟﻘﺺ‪ ,‬اﻟﺤﺼﻰ‪.‬‬
Table des matières

Table des matières

Remerciements
Résumés
Table des matières ………………………………………………………………………………... i
Liste des figures…………………………………………………………………………………… v
Liste des tableaux ………………………………………………………………………………… ix
Liste des symboles………………………………………………………………………………… xi

INTRODUCTION GENERALE..................................................................................................... 01

1ER CHAPITRE : ETAT DE L’ART SUR LES BETONS AUTOPLACANTS (BAP)

1.1. Introduction……………………………………………………………………………........... 07
1.2.Constituants des bétons autoplaçants…………………………................................................ 08
1.2.1. Granulats…………………………………………………………………………………... 08
1.2.2. Pâte………………………………………………………………………………………... 09
1.2.2.1. Ciment……………………………………………………………………………………. 09
1.2.2.2. Additions minérales………………………………………………………………………. 09
1.2.2.3. Superplastifiants………………………………………………………………………….. 10
1.2.2.4. Agent de viscosité………………………………………………………………………… 11
1.2.2.5. Eau…………………………………………………………………………………........... 13
1.3. Essais classiques de caractérisation des bétons autoplaçants à l’état frais……………........... 13
1.3.1. Mobilité en milieu non confiné…………………………………………………………… 13
1.3.2. Mobilité en milieu confiné………………………………………………………….......... 15
1.3.3. Stabilité……………………………………………………………………………………. 16
1.4. Classification des bétons autoplaçants……………………………………………............ 17
1.5. Méthodes et techniques de formulation des bétons autoplaçants…………………………….. 18
1.5.1. Concept du béton autoplaçant……………………………………………………………... 18
1.5.2. Pratique actuelle de la formulation des bétons autoplaçants……………………………… 18
1.5.3. Méthodes de formulation existantes………………………………………………………. 19
1.5.3.1. Méthode Japonaise 1/Okamura……………………………………………………........... 19
1.5.3.2. Méthode Japonaise 2/Oh…………………………………………………………………. 20
1.5.3.3. Méthode suédoise………………………………………………………………………… 21
1.5.3.4. Méthode LCPC /Delarrard et Sedran……………………………………………………... 22
1.5.3.5. Méthode chinoise…………………………………………………………………………. 23
1.5.4. Commentaires et comparaison…………………………………………………………….. 24

2EME CHAPITRE : COMPORTEMENT ET MODELISATION RHEOLOGIQUE DES


BETONS ET BETONS AUTOPLACANTS

2.1. Introduction…………………………………………………………………………………... 27
2.2. Position du problème…………………………………………………………………………. 27
2.3. Structuration et déstructuration des suspensions en écoulement……………………………... 28
2.4. Lois de comportement rhéologiques des suspensions………………………………………... 30

i
Table des matières

2.4.1. Fluide visqueux Newtonien………………………………………………………............... 30


2.4.2. Fluide viscoplastique à seuil………………………………………………………….......... 31
2.4.2.1. Fluide de Bingham………………………………………………………………………... 31
2.4.2.2. Fluide de Herschel-Bulkley………………………………………………………………. 32
2.4.3. Autres lois de comportement……………………………………………………………….. 35
2.5. Modélisation du comportement rhéologique des suspensions : Cas des BAP……………….. 36
2.5.1. Modélisation du système granulaire (Matrice-granulat)…………………………………… 36
2.5.2. Modèles rhéologiques appliqués aux bétons et aux bétons autoplaçants…………………... 36
2.5.2.1. Le modèle de concentration solide relative………………………………………………. 37
a) Modèle de Farris………………………………………………………………………………. 39
b) Modèle de Delarrard et Ferraris………………………………………………………………. 39
c) Modèle de Nielsen………………………………………………………………………........ 41
d) Modèle de Kikukawa-Murata…………………………………………………………........... 42
e) Modèle de Hobbs……………………………………………………………………………… 43
f) Modèle de Legrand……………………………………………………………………………. 44
2.5.2.2. Le modèle de l’épaisseur de pâte en excès « E.P.E »…………………………………….. 44
a) Travaux de S.G.OH …………………………………………………………………………... 45
b) Travaux de Hans ……………………………………………………………………………… 46
c) Travaux d’El Barrak ………………………………………………………………………….. 47
2.6. Rhéologie et granularité……………………………………………………………………… 48
2.6.1. Travaux d’Hui Zhao ……………………………………………………………………….. 48
2.6.2. Travaux d’Abib………………………………………………………………………......... 49
2.6.3. Travaux de Khalleel………………………………………………………………………… 50
2.6.4. Travaux de Jiong Hu………………………………………………………………….......... 50
2.7. Rhéologie et compacité………………………………………………………………............ 52
2.7.1. Granulats et empilement granulaire………………………………………………………… 52
2.7.1.1. Propriétés d’empilement…………………………………………………………............ 52
2.7.1.2. Compacité granulaire…………………………………………………………………….. 53
2.7.2. La compacité dans les modèles rhéologiques……………………………………………... 55
2.8. Rhéomèteries et rhéomètres existants………………………………………………………... 56
2.8.1 Les rhéomètres existants……………………………………………………………............ 56
2.8.1.1. Rhéomètre Two Point…………………………………………………………………….. 57
2.8.1.2. Rhéomètre IBB…………………………………………………………………………… 58
2.8.1.3. Rhéomètre BML………………………………………………………………………….. 59
2.8.1.4. Rhéomètre CEMAGREF-IMG………………………………………………….............. 60
2.8.1.5. Rhéomètre BTRHEOM…………………………………………………………….......... 61
2.8.2. Effets perturbateurs dans les rhéomètres à béton………………………………….............. 62
2.8.3. Comparaison entre les rhéomètres existants………………………………………………... 62
2.8.4. Domaine de valeurs des paramètres rhéologiques obtenues pour le cas des BAP…………. 64
2.9. Conclusion……………………………………………………………………………............ 66

3EME CHAPITRE : MATERIAUX UTILISES, FORMULATIONS ET PROTOCOLES


EXPERIMENTAUX

3.1. Introduction…………………………………………………………………………………... 70
3.2. Matériaux utilisés…………………………………………………………………………….. 70
3.2.1. Le ciment………………………………………………………………………….............. 70
3.2.2. Les fines calcaires………………………………………………………………………….. 72

ii
Table des matières

3.2.3. Le superplastifiant………………………………………………………………………….. 73
3.2.4. Les granulats……………………………………………………………………………….. 73
3.2.4.1. Sable……………………………………………………………………………………… 73
3.2.4.2. Graviers…………………………………………………………………………………... 74
3.3. Méthodes et protocoles expérimentaux………………………………………………………. 75
3.3.1. Méthodes expérimentales…………………………………………………………………... 75
3.3.2. Essais physiques et granulométriques………………………………………………............ 78
3.3.2.1. Préparation des différentes classes de graviers…………………………………………… 78
3.3.2.2. Essai de granularité……………………………………………………………………….. 80
3.3.2.3. Essai U.V.C : Taux de vides non tassés …………………………………………............. 82
3.3.3. Essais de caractérisation et de validation des bétons autoplaçants…………………………. 83
3.3.3.1. Essai d’étalement au cône d’Abrams (Slump Flow)…………………………….……….. 83
3.3.3.2. Essai de J-ring…………………………………………………………………...………... 84
3.3.3.3. Essai de stabilité au tamis………………………………………………………………… 85
3.3.4. Essais rhéologiques : utilisation des rhéomètres…………………………………………… 87
3.3.4.1. Essais rhéologiques au Tribomètre……………………………………………………….. 87
3.3.4.2. Essais rhéologiques au Rhéocad………………………………………………………….. 90
3.3.4.3. Essais au viscosimètre «Rotovisco»……………………………………………………… 91
3.4. Formulation des bétons autoplaçants…………………………………………………………. 92

4EME CHAPITRE : RESULTATS EXPERIMENTAUX, ANALYSES ET DISCUSSIONS

4.1. Introduction…………………………………………………………………………………... 97
4.2. Description et études des rhéogrammes obtenus……………………………………………... 97
4.3. Relations entre le comportement rhéologique et la granularité………………………………. 104
4.3.1. Effet de la taille des gros granulats (Etendue granulaire)…………………………………... 104
4.3.2. Effet du type granulométrique (continuité)………………………………………………… 106
4.3.3. Effet de la forme des gros granulats……………………………………………………….. 107
4.4. Relations entre le comportement rhéologique et la structure granulaire……………………. 109
4.4.1. Mesures de compacité……………………………………………………………………… 109
4.4.2. Relation entre la viscosité et la concentration solide relative (Øs/Ø*)……………………… 112
4.4.2.1. Effet de la taille des gros granulats (Etendue granulaire)………………………………… 113
4.4.2.2. Effet de la forme des gros granulats……………………………………………………… 114
4.4.2.3. Effet du type granulométrique (continuité)………………………………………………. 115
4.4.3. Relation entre le seuil de cisaillement et la concentration solide relative (Øs/Ø*)………… 116
4.5. Relations entre comportement rhéologique et formulation…………………………………... 118
4.5.1. Effet de la quantité du mortier (rapport S/P) et du gravier VG …………………………….. 118
4.5.2. Effet de la quantité de la plus grande classe des gros granulats……………………………. 119
4.6. Comportement rhéologique par fractionnement du BAP :…………………………………… 121
4.6.1. Effet de la taille des granulats sur les lois de comportement………………………………. 121
4.6.2. Effet de la taille des granulats sur les paramètres rhéologiques……………………………. 123
4.6.3. Contribution rhéologique d’une fraction du BAP dans le comportement global………….. 126
4.7. Métrologie des rhéomètres utilisés (Etude comparative)…………………………………….. 127
4.7.1. Etude comparative entre «Tribomètre» et «Rheocad»……………………………………... 127
4.7.2. Comparaison des résultats du «Tribomètre» avec ceux des autres rhéomètres……………. 128
4.8. Conclusion……………………………………………………………………………………. 132

iii
Table des matières

5EME CHAPITRE : PROPOSITION DE MODELES RHEOLOGIQUES DU BETON


AUTOPLACANT

5.1. Introduction…………………………………………………………………………………... 136


5.2. Calcul de l’épaisseur de la pâte et le mortier en excès……………………………………….. 136
5.3. Influence de l’épaisseur de la pâte en excès sur les paramètres rhéologiques……………….. 140
5.3.1. Influence de l’épaisseur de la pâte en excès sur le seuil de cisaillement…………………… 140
5.3.1.1. Effet de la taille maximale des gros granulats……………………………………………. 141
5.3.1.2. Effet de la forme des gros granulats…………………………………………………….... 142
5.3.1.3. Effet du type granulométrique des gros granulats………………………………………... 143
5.3.2. Influence de l’épaisseur de la pâte (mortier) en excès sur la viscosité…………………….. 144
5.3.2.1. Effet de la taille des gros granulats……………………………………………………….. 144
5.3.2.2. Effet de la forme des gros granulats……………………………………………………… 147
5.3.2.3. Effet du type granulométrique des gros granulats……………………………….............. 149
5.4. Influence du choix de modèle Matrice-Granulats sur le comportement rhéologique……….. 152
5.4.1. Influence du choix de modèle Matrice-Granulats sur le seuil de cisaillement……............. 154
5.4.2. Influence du choix de modèle Matrice-Granulats sur la viscosité…………………………. 155
5.5. Conclusion……………………………………………………………………………………. 158

CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES……………………………………………. 159


REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES……………………………………………….............. 164
ANNEXES …………………………………………………………………………………….. 170

iv
Liste des figures

Liste des figures

Figure 1.1 : Constituants des bétons ordinaires et des bétons Autoplaçants……………………...... 8


Figure 1.2 : Influence de la finesse d’un filler sur le comportement rhéologique d’un béton……... 10
Figure 1.3 : Le mécanisme d’action du superplastifiant à base de polycarboxylate……………….. 11
Figure 1.4 : Les étapes d’interaction entre l’eau et les polysaccharides…………………………… 12
Figure 1.5 : Optimisation du dosage agent de viscosité-superplastifiant………………………….. 12
Figure 1.6 : Schéma de principe de l’essai d’étalement……………………………………………. 14
Figure 1.7 : Schéma de principe de l’essai de V-funnel……………………………………...…….. 15
Figure 1.8 : Schéma de principe de l’essai de L-box………………………………………………. 15
Figure 1.9 : Schéma de principe de l’essai d’étalement modifié (J-ring)………………………….. 16
Figure 1.10 : Notion d’excès de pâte : la pâte remplit la porosité (1) et écarte les granulats (2)….. 21
Figure 2.1 : Les différents facteurs intervenants dans la complexité du comportement………….. 28
rhéologique des bétons
Figure 2.2 : Rhéogramme des pâtes de ciment additionné de fines et d’adjuvant…………………. 29
Figure 2.3: Rhéogramme d’une suspension de C3S (Ø=39%)……………………………….…….. 29
Figure 2.4: Déstructuration du béton en unités structurelles selon………………………………… 30
Figure 2.5 : De l’empilement sec à la suspension maniable de particules…………………………. 32
Figure 2.6 : Contribution de la phase solide et liquide à la résistance au cisaillement du béton….. 32
Figure 2.7 : Relation entre le gradient de vitesse et la contrainte de cisaillement pour…………… 33
différents types de fluides
Figure 2.8 : Approximation linéaire du modèle de Herschel-Bulkley par le modèle de …………. 34
Bingham
Figure 2.9 : Relation entre viscosité plastique et concentration solide relative ………………….. 40
Figure 2.10 : Influence de la quantité et le type des gros granulats sur le seuil de cisaillement..... 42
des BAP
Figure 2.11 : Influence de la quantité et le type des gros granulats sur la viscosité des BAP…….. 42
Figure 2.12 : Illustration de la théorie de l’épaisseur de la pâte en excès …………………………. 44
Figure 2.13 : Les principaux paramètres de la théorie de l’épaisseur de la pâte en excès…………. 45
Figure 2.14 : Modèle de l’épaisseur de pâte en excès proposé pour le BAP……………………… 46
Figure 2.15 : Les paramètres rhéologiques des BAP en fonction de l’épaisseur de pâte…………. 47
Figure 2.16 : Epaisseur de la pâte en excès proportionnelle à la taille des granulats……………… 47
Figure 2.17 : Effet de la teneur en gros granulats et du rapport sable/pâte sur……………………. 49
l’étalement du BAP.
Figure 2.18 : Effet de la taille des gros granulats sur les paramètres rhéologiques du béton……… 51
Figure 2.19 : Effet de la granulométrie sur les paramètres rhéologiques du béton……………....... 51
Figure 2.20 : a) Protocole du test rhéologique. b) Rhéogramme type d’un béton…………………. 52
Figure 2.21 : Les trois états de compacité utilisés dans les assemblages de grains……………....... 53
en présence du fluide
Figure 2.22 : Compacité de mélanges binaires de grains ayant un rapport de taille de 1/8……….. 54
Figure 2.23 : Effet de la forme et la concentration solide (Γ) par rapport à la concentration…....... 55
maximale (Γmax) sur la viscosité des suspensions

v
Liste des figures

Figure 2.24 : Effet de l’étendue granulaire (d/D) et la concentration solide (Γ) par …………........ 56
rapport à la concentration maximale (Γmax) sur la viscosité des suspensions
Figure 2.25 : Le rhéomètre « Two-Point» de Tattersal ……………………………………………. 57
Figure 2.26 : Le rhéomètre IBB de beaupré ……………………………………………………….. 58
Figure 2.27 : Le rhéomètre BML ………………………………………………………………….. 59
Figure 2.28 : Le rhéomètre CEMAGREF-IMG de Coussot ………………………………………. 60
Figure 2.29: Le rhéomètre BTRHEOM et son mode de fonctionnement ……………………........ 61
Figure 2.30: Domaine de valeurs des paramètres rhéologiques (µ,τ0) d’un BAP …………………. 65
Figure 2.31: Résultats des paramètres rhéologiques (µ,τ0) des BAP dans quelques pays…………. 65
Figure 3.1 : Distribution des tailles des grains par granulométrie laser du ciment ……………...... 72
Figure 3.2 : Courbe granulométrique des fillers calcaires utilisés………………………………….. 72
Figure 3.3 : Courbes granulométriques des différents granulats utilisées………………………….. 74
Figure 3.4 : Echantillon du BAP dans le récipient à l’arase du cylindre bien centré………………. 76
Figure 3.5 : Organigramme récapitulant la méthodologie de fractionnement……………………... 78
Figure 3.6 : Procédure de tamisage…………………………………………………………………. 79
Figure 3.7 : Courbes granulométriques des tranches granulaires de graviers utilisés ……….......... 80
Figure 3.8 : Procédure de tamisage pour la détermination du diamètre moyen des granulats.......... 81
Figure 3.9 : Essai d’étalement au cône d’Abrams (principe de la mesure)……………………........ 84
Figure 3.10 : Essai de J-ring………………………………………………………………………... 85
Figure 3.11 : Essai de stabilité : tamis de 5mm, un fond et la mesure de la laitance……………….. 85
Figure 3.12 : Photo du tribomètre : récipient plein et le tribomètre en exécution………………….. 88
Figure 3.13 : Les différents paliers de vitesse imposée au cylindre mobile du Tribomètre……….. 89
Figure 3.14 : Vue générale du RhéoCad……………………………………………………………. 90
Figure 3.15 : Schéma du viscosimètre « Rotovisco 2 »…………………………………………….. 92
Figure 4.1 Les rhéogrammes des BAP à gros granulats de granulométrie uniforme …………....... 97
(Dmax= 6mm et 12mm) et de concentration variable.
Figure 4.2 : Les rhéogrammes des BAP à gros granulats de différents types granulométrique …… 98
(continue et uniforme) et de concentration constante.
Figure 4.3 : Les rhéogrammes des BAP à gros granulats de granulométrie continue et ………….. 98
uniforme et de concentration variable.
Figure 4.4 : Les rhéogrammes des BAP à gros granulats de granulométrie continue et de ……….. 98
forme différente (concassé et roulé).
Figure 4.5 : Les rhéogrammes des BAP à gros granulats de granulométrie continue et de ……….. 98
concentration du mortier variable.
Figure 4.6 : Un rhéogramme type d’un BAP, modélisé par les deux modèles : Bingham et ……… 99
Herschel-Bulkley.
Figure 4.7 : Les paramètres rhéologiques des bétons confectionnés en fonction de la ……………. 104
taille des gros granulats (graviers).
Figure 4.8 : Effet de l’étendue granulaire (d/D) sur le seuil de cisaillement…………………......... 105
Figure 4.9 : Effet de l’étendue granulaire (d/D) sur la viscosité……………………………………. 105
Figure 4.10 : Effet du type granulométrique des gros granulats sur les paramètres …………......... 106
rhéologiques.

vi
Liste des figures

Figure 4.11 : Effet de l’étendue granulaire sur le seuil de cisaillement dans le cas des gros………. 107
granulats concassés et roulés
Figure 4.12 : Effet de l’étendue granulaire sur la viscosité dans le cas des gros granulats …......... 107
concassés et roulés.
Figure 4.13 : Effet de la forme des gros granulats de granulométrie continue sur la viscosité......... 108
Figure 4.14 : Les résultats de mesures de la compacité en fonction de l’étendue……………......... 111
granulaire et la concentration des gros granulats.
Figure 4.15 : Les résultats de mesures de la compacité en fonction du rapport (gros …………….. 111
granulat/sable : G/S)
Figure 4.16 : Relation entre la concentration solide relative et la viscosité pour les BAP à ……… 112
granulométrie continue.
Figure 4.17 : Relation entre la concentration solide relative et la viscosité pour…………………... 113
les BAP à gros granulat de taille uniforme type concassé.
Figure 4.18 : Relation entre la concentration solide relative et la viscosité pour ………………….. 114
les BAP à gros granulats de taille uniforme de forme concassés et roulés.
Figure 4.19 : Effet de la continuité granulométrique sur la relation entre la concentration …........ 115
solide relative et la viscosité pour les BAP.
Figure 4.20 : La variation du seuil de cisaillement en fonction de la concentration solide………… 116
relative pour les BAP à granulométrie continue et discontinue.
Figure 4.21 : Effet de la quantité du mortier et du gravier sur les paramètres rhéologiques…......... 119
Figure 4.22 : Effet de la quantité des gros granulats sur le seuil de cisaillement…………….......... 120
Figure 4.23 : Effet de la quantité des gros granulats (plus grande classe des graviers)……………. 120
sur la viscosité.
Figure 4.24 : Courbes des moments en fonction de la vitesse de rotation pour le béton ………….. 122
autoplaçant (BAP) et ses fractions (BAP6.3, BAP2 et pâte).
Figure 4.25 : Courbes des moments et des viscosités apparentes en fonction …………………….. 124
de la vitesse de rotation pour le BAP, BAP6.3 et le BAP2 .
Figure 4.26 : La viscosité déduite du modèle de Herschel-Bulkley …………………………......... 125
dans la BAP total et ses deux fractions.
Figure 4.27 : Courbes des moments induits dans chaque fraction en fonction du moment………... 126
induit dans le BAP total.
Figure 4.28 : Schéma simplifié du tribomètre……………………………………………………… 129
Figure 4.29 : Comparaison des paramètres rhéologiques donnés par le Tribomètre……………….. 130
Avec une zone de valeurs données par 3 rhéomètres (Mk, ConTec et BML).
Figure 5.1 : Le seuil de cisaillement en fonction de l’EPE calculé selon le système modèle1......... 140
Figure 5.2 : Effet de la taille maximale des gros granulats de type concassé……………………… 141
sur la relation du seuil de cisaillement-EPE.
Figure 5.3 : Effet de la taille maximale des gros granulats de type roulé……………………........ 141
sur la relation du seuil de cisaillement-EPE.
Figure 5.4 : Effet de la forme des gros granulats (concassé et roulé)……………………………… 142
sur la relation : seuil de cisaillement-EPE.
Figure 5.5 : Influence du type granulométrique des gros granulats sur …………………………… 143
la relation du seuil de cisaillement-EPE.

vii
Liste des figures

Figure 5.6 : Effet de la taille maximale des gros granulats de type concassé……………………… 145
sur la relation de la viscosité en fonction de l’EPE.
Figure 5.7 : Effet de la taille maximale des gros granulats de type roulé sur la relation ………….. 145
de la viscosité en fonction de l’EPE.
Figure 5.8 : Epaisseur de la pâte en excès proportionnelle à la taille du diamètre………………… 146
Figure 5.9 : Effet de la forme des gros granulats de dimensions uniforme……………………….. 147
sur la relation de la viscosité en fonction de l’EPE.
Figure 5.10 : Les équivalences de viscosité établies entre des granulats de formes ………………. 148
différentes (roulé et concassé).
Figure 5.11 : Effet de la forme des gros granulats de granulométrie continue………………......... 149
sur la relation de la viscosité en fonction de l’EPE.
Figure 5.12 : Effet du type granulométrique des gros granulats concassés………………………... 150
sur la relation de la viscosité en fonction de l’EPE.
Figure 5.13 : Effet du type granulométrique des gros granulats roulés …………………………… 150
sur la relation de la viscosité en fonction de l’EPE.
Figure 5.14 : L’équivalence de viscosité entre une granulométrie continue et une autre …………. 151
uniforme de taille « D ».
Figure 5.15 : Seuil de cisaillement en fonction de l’EPE calculé selon le système………………… 155
modèle 2.
Figure 5.16 : Seuil de cisaillement en fonction de l’EME calculé selon le système ………………. 155
modèle 3.
Figure 5.17 : Effets du type granulométrique des gros granulats sur la relation…………………… 156
de la viscosité en fonction de l’EME dans le modèle 3
Figure 5.18 : Effet de la forme et de la taille des gros granulats sur la relation …………………… 157
de la viscosité en fonction de l’EME dans le modèle 3

viii
Liste des tableaux

Liste des tableaux

Tableau 1.1 : Classification des bétons autoplaçants…………………………………………….. 17


Tableau 2.1 : Modèles rhéologiques……………………………………………………………… 35
Tableau 2.2 : Modèles de viscosité des suspensions diluées et concentrées……………………... 38
Tableau 2.3 : Les propriétés visées dans le modèle de Delarrard-Ferraris pour le cas des BAP… 41
Tableau 2.4 : Indice de serrage en fonction du mode de mise en place………………………….. 54
Tableau 2.5 : Comparaison entre différents rhéomètres à béton……………………...………….. 62
Tableau 2.6 : Les plages de valeurs des paramètres rhéologiques pour les matériaux…………... 64
cimentaires
Tableau 3.1 : Composition minéralogique du ciment utilisé…………………………………….. 70
Tableau 3.2 : Composition chimique du ciment utilisé………………………………………….. 71
Tableau 3.3 : Caractéristiques physiques et mécaniques du ciment utilisé………………………. 71
Tableau 3.4 : Caractéristiques chimiques des fillers calcaires utilisés…………………………… 73
Tableau 3.5 : Caractéristiques physiques des fillers calcaires utilisés…………………………… 73
Tableau 3.6 : Caractéristiques physiques du sable utilisé………………………………………... 74
Tableau 3.7 : Caractéristiques physiques des graviers concassé et roulés utilisés………………. 74
Tableau 3.8 : Exemple de calcul de la surface spécifique d’un mélange granulaire……………... 82
Tableau 3.9 : Récapitulatif des trois essais retenus par l’étude pour qualifier un BAP………….. 86
Tableau 3.10 : Le premier groupe de compostions : 30 compositions de BAP………………….. 93
Tableau 3.11 : Le deuxième groupe de compositions : 07compositions de BAP……………….. 95
Tableau 3.12 : Composition du béton autoplaçant (BAP) (3ème groupe) et de sa pâte…………… 95
Tableau 4.1. : Paramétrage des courbes d’écoulement des BAP confectionnés,………………… 100
avec le modèle de Bingham.
Tableau 4.2. : Paramétrage des courbes d’écoulement des BAP confectionnés,………………... 101
avec le modèle d’Herschel-Bulkley
Tableau 4.3. : Les valeurs des paramètres rhéologiques des BAP selon le modèle ……………. 102
de Herschel- Bulkley.
Tableau 4.4. : Les valeurs de la viscosité selon les modèles de Herschel-Bulkley……………… 103
et Bingham
Tableau 4.5 : Les résultats de mesures du taux de vides non compacté (UVC), ……………….. 110
la compacité non tassée (Ø*) et la concentration de granulats relative (Øs/Ø*)
Tableau 4.6 : Les courbes de lissage des valeurs expérimentales de la viscosité……………….. 114
en fonction de la concentration solide relative.
Tableau 4.7 : La composition granulométrique des sept (07) formulations étudiées…………… 119
Tableau 4.8 : Les paramètres des courbes d’ajustement par le modèle Herschel-Bulkley…….. 123
Tableau 4.9 : Les paramètres rhéologiques bruts donnés par les deux rhéomètres……………... 127
(Rheocad et Tribomètre)
Tableau 4.10 : Les deux paramètres fondamentaux pour l’ensemble des ………………………. 131
compositions des BAP utilisés.
Tableau 5.1 : Tableau de calcul de l’épaisseur de pâte en excès (E.P.E) du modèle1………….. 137
Tableau 5.2 : Tableau de calcul de l’épaisseur de pâte en excès (E.P.E) du modèle2………….. 138
Tableau 5.3 : Tableau de calcul de l’épaisseur du mortier en excès (E.M.E) du modèle3……… 139
Tableau 5.4 : Les valeurs de la viscosité (µM) (N.mm.min/tr) pour une même ………………… 145
épaisseur de pâte en excès.
Tableau 5.5 : Les valeurs de l’épaisseur de la pâte en excès pour une viscosité donnée……….. 146
Liste des tableaux

Tableau 5.6 : Les valeurs de l’épaisseur de la pâte en excès pour des viscosités………………. 147
constantes en fonction des diamètres des gros granulats concassés et roulés
Tableau 5.7 : Les valeurs de l’EPE pour une viscosité constante des BAP à ………………….. 150
gros granulat de granulométrie continue et uniforme.
Tableau 5.8 : Les différentes relations liant l’ EPE aux deux paramètres rhéologiques………… 152
selon le système modèle 1.
Tableau 5.9 : Les différentes relations liant l’ EPE aux deux paramètres rhéologiques…………. 153
selon le système modèle 2.
Tableau 5.10 : Les différentes relations liant l’EME aux deux paramètres rhéologiques………... 154
selon le système modèle 3.
Tableau 5.11 : Les valeurs de la viscosité (µM) dans les compositions avec……………………. 157
des gros granulats concassés pour les deux modèles 1 et 3.
Liste des symboles

Liste des symboles


BAP : Béton autoplaçant (Self Compacting Concrete)
G/S: le rapport gravier/sable.
E/C : le rapport eau/ciment.
E/P : le rapport eau/pâte (pâte :ciment+fines).
SP/C : le rapport superplastifiant/ciment.
S/P : le rapport sable/pâte.
Aff : l’affaissement au cône d’Abrams.
SF : Etalement ou diamètre d’une galette de BAP.
FA : cendres volantes.
LS : fines calcaires
Plaitance : pourcentage en masse de laitance d’un échantillon de béton.
Dmax : diamètre maximal des granulats.
d50 : diamètre des granulats correspondant à 50% de refus.
K’ : indice de serrage (degré de compaction) d’un mélange granulaire.
K’p : indice de serrage des éléments fins.
K’G : indice de serrage des gros granulats (graviers).
τ : contrainte de cisaillement.
γ : gradient de vitesse.
τc : contrainte seuil (seuil de cisaillement fondamental) dans le modèle de Bingham.
ηp : viscosité plastique (fondamental) dans le modèle de Bingham.
τ0: contrainte seuil (seuil de cisaillement fondamental) dans le modèle de Herschel-Bulkley.
(m,n) : paramètres physiques fondamentaux de l’écoulement du modèle de Herschel-Bulkley.
ρg : masse volumique du mélange granulaire.
G1 : gravier concassé de granulométrie continue.
G2 : gravier roulé de granulométrie continue.
D6 : taille du gravier de granulométrie uniforme Dmoyen=6mm.
D9: taille du gravier de granulométrie uniforme Dmoyen=9mm.
D12 : taille du gravier de granulométrie uniforme Dmoyen=12mm.
(Ø/Ømax) et (Ø/Ø*) : rapport du volume des solides/volume des solides à leur état de
compacité maximale (bibliographie).
Vg : concentration des gros granulats (gravier) dans le volume total du béton.
UVC : taux des vides non compactés (uncompacted voids content).
BAPtotal : composition de BAP soumise au tamisage.
BAP2 : fraction du BAP obtenue par tamisage dont les granulats sont inférieurs à 2mm.
BAP6.3 : fraction du BAP obtenue par tamisage dont les granulats sont inférieurs à 6.3mm.
M : moment résistant au mouvement du mobile d’un rhéomètre.
V : vitesse de rotation du mobile.
µM : viscosité selon le modèle de Herschel-Bulkley.
a : seuil de cisaillement (brut) selon le modèle de Herschel-Bulkley.
(b,c) : paramètres physiques bruts de l’écoulement du modèle de Herschel-Bulkley.
µBing : viscosité selon le modèle de Bingham.
Liste des symboles

d/D : étendue granulaire.


(Øs/Ø*) : rapport du volume des granulats/volume des granulats à leur état de compacité non
tassée.
Ø* : compacité non tassée.
Vmax : vitesse de rotation maximale (Tribomètre :Vmax=96tr/min et Rheocad : Vmax=60tr/min).
EPE : épaisseur de pâte en excès (en anglais : EPT : excess paste thickness)
EME : épaisseur du mortier en excès.
M1VGC25%6mm : composition de BAP correspondant à un mortier M1 où (S/P=1.7), à gros
granulat de granulométrie uniforme (D=6mm) de type concassé et une concentration de 25%.
M1VGR25%6mm : composition de BAP correspondant à un mortier M1 où (S/P=1.7), à gros
granulat de granulométrie uniforme (D=6mm) de type roulé et une concentration de 25%.
M1VGC25%G1 : composition de BAP correspondant à un mortier M1 où (S/P=1.7), à gros
granulat de granulométrie continue G1 (formé par 33% de la classe 3/8 et 67% de la classe
8/15) de type concassé et une concentration de 25%.
M1VGC25%G1 : composition de BAP correspondant à un mortier M1 où (S/P=1.7), à gros
granulat de granulométrie continue G2 (formé par 33% de la classe 3/8 et 67% de la classe
8/15) de type roulé et une concentration de 25%.
INTRODUCTION GENERALE
Introduction générale

De nombreux procédés industriels transforment des solides divisés (milieux


discontinus et dispersés) en des solides structurés (milieu continus) dotés de propriétés
macroscopiques.
Cette transformation ne peut se faire sans une bonne connaissance de l’étape intermédiaire où
le produit se trouve à l’état de « suspensions » ou de « pâtes ». Pour obtenir la propriété finale
escomptée, cet état doit être parfaitement maitrisé.

Les suspensions sont constituées d’une phase divisée dispersée dans une phase continue plus
ou moins visqueuse. Il suffit de citer quelques exemples de ces matériaux : bétons, argiles,
boues, silice, fluides de polymères chargés, latex, peintures....etc, pour montrer que de
nombreux secteurs industriels très divers sont concernés.

Ces suspensions font l’objet de recherches sur la relation entre leur structure interne et leurs
propriétés macroscopiques, mécaniques et physiques. Pour le cas des bétons, de nombreux
travaux sont menés en particuliers sur leur écoulement. La mise en place, lors de leur état
frais, a souvent de conséquences importantes sur les propriétés finales du produit. La science
qui étudie la déformation et l’écoulement de la matière est la rhéologie. Dans la pratique de la
fabrication du béton, par exemple, les termes de maniabilité, ouvrabilité « workability »,
consistance, etc….. sont souvent préférés au terme de comportement rhéologique.

La rhéologie des suspensions en général et les bétons en particulier est fondamentale mais très
complexe, car il faut tenir compte à la fois des caractéristiques du matériau tels que la
granularité des agrégats (taille et distribution granulaire) et leur forme etc. et du procédé de
mise en place (mélange, homogénéisation et notamment la déformation).

En effet, pour étudier l’écoulement ou la rhéologie des suspensions deux approches sont
envisagées :
 La mécanique des milieux continus,
 Des tests rhéologiques par le moyen « des rhéomètres ».

La première approche se fait par la science des milieux continus. Un matériau soumis à un
ensemble de forces est susceptible de se déformer, les mouvements des différents points du
matériau dépendent de la répartition et de l’intensité des forces appliquées. L’approche
consiste à formuler une description mathématique de la résistance de la suspension à se
déformer ou couler quand une contrainte lui est appliquée. Le problème est que les solides
divisés sont, par définition, discontinus. Les études portent souvent sur des suspensions
modèles. Si elles permettent de décomposer des systèmes compliqués et d’obtenir les
caractéristiques rhéologiques de la suspension à l’aide des modèles mathématiques, elles ont
tendance à s’éloigner des suspensions réelles.

2
Introduction générale

La seconde approche est expérimentale. Face à une suspension, des « tests rhéologiques » ont
été mis au point, souvent sur le terrain, par les industriels (par exemple : test de maniabilité du
béton). La mesure obtenue n’est pas une caractéristique rhéologique comme la viscosité par
exemple. L’avantage de tels tests, c’est qu’ils permettent de mesurer l’écoulement et de relier
cette mesure, par exemple, à la composition.
La rhéologie d’une suspension est une fonction très complexe, avec beaucoup de paramètres,
les tests rhéologiques prennent en compte l’ensemble de ces paramètres. De nombreuses
études ont permis de mettre en évidence des relations entre l’écoulement et d’autres
propriétés.

Les bétons autoplaçants se développent maintenant à travers le monde et semblent être


amenés à remplacer, à terme, les bétons vibrés classiques dans de nombreuses applications. Ils
présentent en effet des intérêts à la fois techniques et économiques : absence de nuisances
sonores en milieu urbain, possibilité de bétonner dans des zones fortement ferraillées ou à
géométrie complexe et obtention d’une meilleure qualité du béton pratiquement indépendante
du savoir faire des ouvriers d’une part, diminution du temps de personnel lors de la mise en
place et réduction des couts des processus industriels, d’autre part.

Comme le béton autoplaçant est aussi un béton fluide, caractérisé à l’état frais par sa fluidité
élevée, sa stabilité rhéologique et son excellent adéquation au bétonnage des éléments
complexes, nous l’avons choisi comme exemple « idéal » pour répondre aux mieux aux
relations entre le comportement rhéologique, la granularité et la compacité. Ces types de
relations peuvent être pertinents surtout que la mise en place du béton autoplaçant, pour le
cas des éléments complexes, a souvent des conséquences importantes sur les propriétés finales
telles que la résistance et la durabilité.

L’objectif de ce travail est donc l’étude du comportement rhéologique d’une suspension


telle que le béton autoplaçant à l’aide d’un rhéomètre mesurant le moment résistant au
mouvement d’un mobile immergé dans le béton en fonction de sa vitesse de rotation. L’étude
est réalisée sur plusieurs compositions granulaires.
Nous examinerons les relations entre le comportement rhéologique, la granularité et la
compacité de ces bétons autoplaçants en mettant l’accent sur la notion de taille des granulats.
L’effet de la forme et texture des granulats, leur type de distribution granulométrique ainsi
que le procédé de mesure de la compacité granulaire sur les modèles rhéologiques seront aussi
abordées.

3
Introduction générale

Cette étude est très intéressante dans le sens où elle permet de :

 Comprendre le comportement rhéologique global d’un béton autoplaçant à travers


l’analyse de l’effet de la taille des granulats en choisissant la méthode de
fractionnement. Le fractionnement peut se faire soit directement sur la composition
granulaire, c'est-à-dire que la granulométrie des agrégats utilisés est divisée en
plusieurs fractions de taille différentes, soit par tamisage à l’état frais d’un béton
autoplaçant où ce dernier est divisé en quelques fractions de tamis différents.

 Proposer un modèle physique à l’état frais des bétons autoplaçants formulés avec les
matériaux locaux « Algériens » en fonction de leur comportement rhéologique. Le
béton autoplaçant peut être considéré comme étant une concentration de solide dans
une phase fluide (eau), selon DeLarrard-Ferraris [16][42], ou comme étant à deux
phases ; le mortier dans lequel les gros granulats sont dispersés selon Nielsen-Geiker
[43][68] ou encore la pâte dans laquelle tous les granulats sont dispersées selon Hans
[38].

Notre étude est articulée autour de cinq (05) chapitres dont les deux premiers constituent
la partie bibliographique. Le premier chapitre présente l’état de l’art d’un béton autoplaçant,
son concept, sa formulation (méthodes et pratiques actuelles de formulation).

Le deuxième chapitre présente une synthèse bibliographique détaillée sur le comportement


rhéologique des bétons en général et le béton autoplaçant en particulier, en termes de modèles
de comportements rhéologiques, de mesures des grandeurs rhéologiques (seuil de cisaillement
et viscosité) et de choix de l’appareillage et métrologie (rhéométrie). Les relations entre la
rhéologie et la granularité et entre la rhéologie et la compacité dans la littérature seront aussi
citées. Ce chapitre a permis de cibler les points de la littérature dépourvus de résultats ou les
points divergents.

Le troisième chapitre est consacré à la présentation du mode opératoire (description des


rhéomètres utilisés) et aux méthodes et protocoles expérimentaux employées pour caractériser
les propriétés et les grandeurs adoptées dans l’étude telles que la rhéologie, la compacité et la
granularité. Dans ce même chapitre, nous présentons aussi tous les détails sur les matériaux et
les compositions utilisées.

Le quatrième chapitre présente les résultats d’essais liés à la rhéologie de toutes les
compositions de bétons autoplaçants utilisées (description et études des rhéogrammes
obtenus).

4
Introduction générale

Dans ce même chapitre, nous présentons les résultats d’essais qui mettent en évidence :
 Les relations entre le comportement rhéologique et la granularité (effet de la taille des
granulats et type de granulométrie).
 Les relations entre le comportement rhéologique et la compacité (effet de la quantité
des vides inter-granulaires non compacté « Uncompacted Voids Content ».
 Les relations entre le comportement rhéologique des fractions de béton autoplaçant
frais (obtenues par tamisage) et celui du mélange total.

Le cinquième chapitre est consacré à l’exploitation des résultats trouvés dans le quatrième
chapitre pour proposer un modèle rhéologique du béton autoplaçant frais en utilisant la notion
de l’épaisseur de la pâte en excès (EPE) « excess paste thickness ».

Les conclusions générales clôturent cette thèse en synthétisant les principaux résultats de
l’effet de la taille des granulats sur les différentes relations entre la rhéologie, la compacité et
la granularité des bétons autoplaçants.
Des perspectives de recherche sont aussi présentées pour continuer à apporter de nouvelles
informations pertinentes concernant la formulation des bétons autoplaçants.

5
1ER CHAPITRE:

ETAT DE L’ART SUR LES BETONS AUTOPLACANTS


(BAP)
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

1.1. Introduction

Les bétons autoplaçants (BAP ou SCC en anglais pour self compacting concrete) ont été
formulés au Japon vers la fin des années 80 afin d’améliorer la rentabilité de la construction,
d’assurer constamment une mise en place correcte avec un béton de qualité et de diminuer les
nuisances sonores [01].

Ces bétons se développent maintenant en Europe et semblent être amenés à remplacer, à


terme, les bétons vibrés classiques dans de nombreuses applications. Ils présentent en effet
des intérêts à la fois techniques et économiques : absence de nuisances sonores en milieu
urbain, possibilité de bétonner dans des zones fortement ferraillées ou à géométrie complexe
et obtention d’une meilleure qualité du béton (pratiquement indépendante du savoir faire des
ouvriers) d’une part, diminution du temps de personnel lors de la mise en place et réduction
des couts des processus industriels, d’autre part.

Le constructeur Algérien ne semble pas vouloir quitter le système classique de la construction


et les applications en béton autoplaçant semblent être très limitées. Il est à noter que le béton
autoplaçant nécessite un système de coffrage de qualité et parfaitement étanche.

Par définition un béton autoplaçant est un béton très fluide, homogène et stable, qui se met en
place par gravitation et sans vibration. Il ne doit pas subir de ségrégation et doit présenter des
qualités comparables à celles d’un béton vibré classique [02].

Par rapport aux bétons vibrés, les avantages des bétons autoplaçants sont [05][06] :
 Augmentation de la productivité en raison de la réduction du temps de réalisation et
réduction des nuisances sonores dues à la vibration.
 Milieu et conditions du travail au site amélioré.
 Qualité extérieure améliorée ainsi que la bonne qualité de la surface des éléments
en réduisant des défauts d’apparence.
 Facilité de bétonnage des éléments fortement ferraillés.
 Remplissage des coffrages de grande hauteur ou de forme complexe, surout, en cas
de présence des paries difficilement accessibles.
 Réduction des coûts de construction.
Toutefois, les bétons autoplaçants présentent aussi des inconvénients non négligeables telles
que :
 Augmentation du coût des matières premières à cause d’une quantité relativement
élevée de fines et de l’utilisation des adjuvants.
 Augmentation des déformations différées, comme le retrait et le fluage du béton.
 Utilisation des coffrages plus étanches.

Le principal problème dans la formulation d’un béton autoplaçant est de concilier des
propriétés a priori contradictoires comme la fluidité et la résistance à la ségrégation. Pour
augmenter la fluidité du mélange béton, l’eau est ajoutée dans ce cas, mais ce constituant peut
affecter la viscosité du mélange en diminuant ainsi la résistance à la ségrégation. De ce fait, le
bon choix des constituants s’avère souvent très nécessaire pour certaines formulations.

7
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

1.2.Constituants des bétons autoplaçants


Un béton est constitué de deux parties principales : les granulats et la pâte. Par rapport aux
bétons ordinaires (BO), les bétons autoplaçants (BAP) ont deux constituants supplémentaires
qui doivent être présents dans la composition du béton (voir figure 1.1).

Eau
Eau
SP
Pâte
Ciment Pâte Addition

Ciment
Sable

Sable
Granulats
Granulats
Gravier
Gravier

Ouvrabilité

Béton ordinaire Béton Autoplaçant

Figure 1.1 : Constituants des bétons ordinaires et des bétons Autoplaçants

Les constituants du béton autoplaçant ont un rôle très important dans la détermination des
propriétés de ce matériau aux états frais et durci. Donc, il est nécessaire de connaitre le rôle
que peut jouer chaque constituant ainsi que leur influence sur les propriétés des béton
autoplaçants.

1.2.1. Granulats
La nature, la forme et la granularité des granulats influencent fortement les propriétés des
bétons autoplaçants aux états frais et durci [03]. Les bétons autoplaçants peuvent être
formulés avec des granulats roulés ou concassés. Cependant, afin d’éliminer le risque de
blocage du béton en zone confiné, il faut limiter le volume des granulats en éliminant les gros
diamètres. Toutefois, comme ils conduisent par ailleurs à une augmentation de la compacité
du squelette granulaire du béton, ils permettent de réduire la quantité du liant nécessaire à une
bonne ouvrabilité et une résistance souhaitée.
Ces deux facteurs conduisent à prendre, pour les bétons autoplaçants, un rapport gravier/sable
(G/S) de l’ordre de 1, qui peut être corrigé suivant le confinement de la structure étudiée [04].
8
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

1.2.2. Pâte
Les frottements entre granulats sont source de limitation vis-à-vis de l’étalement et de la
capacité au remplissage des bétons. Le rôle de la pâte (ciment+additions+eau efficace) étant
précisément d’écarter les granulats, son volume dans les bétons autoplaçants est donc élevé
(330 à 400l/m3).

1.2.2.1. Ciment
Plusieurs travaux ont été menés sur les bétons autoplaçants dans le sens du choix du type
de ciment à utiliser. Ces travaux montrent que la résistance et la durabilité du béton dépendent
principalement du dosage du ciment [05].

Avec l’augmentation du dosage de ciment dans le béton, plus de chaleur se produit au cours
de l’hydratation du ciment ainsi que plus de déformations différées (retrait et fluage) à long
terme. Il est à noter que les effets engendrés par l’ajout excessif du ciment sont propices à
l’apparition des fissures pour les éléments en béton.

Etant donné que les bétons autoplaçants contiennent plus de fines que les bétons ordinaires,
une partie du ciment est souvent remplacée par les additions minérales en vue de limiter les
effets défavorables mentionnées ci-dessus tout en assurant la résistance et la durabilité
suffisantes des bétons autoplaçants.

1.2.2.2. Additions minérales


Les compositions de béton autoplaçant comportent une grande quantité de fines (environ
500 kg/m3) pour limiter les risques de ressuage et de ségrégation. Toutefois, le liant est
fréquemment un mélange de deux voire trois constituants, pour éviter des chaleurs
d’hydratation trop grandes.

Ce sont les exigences de résistances à la compression, les critères de durabilité (EN 206, DTU
21, ou normes XP P 18-305 etc..) et les paramètres d’ouvrabilité (fluidité) qui déterminent le
choix des ces additions (cendre volante, laitier de haut fourneau, filler calcaire etc.) et leur
proportion respective.

Les additions minérales sont aussi connues par leur influence sur les propriétés du béton à
l’état frais et à l’état durci [06]. Les additions minérales améliorent considérablement la
fluidité dans certains cas d’addition, elles améliorent aussi la granulométrie du squelette dans
le béton en remplissant les vides entre les grains grâce à leurs petites tailles.

Toutefois, l’influence des additions minérales sur l’écoulement des bétons autoplaçants à
l’état frais dépend principalement du dosage, du type et de la finesse [05].
L’addition la plus utilisée généralement est la poudre de calcaire appelée aussi filler de
calcaire car elle est généralement admise dans plusieurs travaux de recherches en tant qu’ajout
économiquement fiable.

9
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

L’introduction d’additions minérales entraine une modification de la porosité de la matrice


cimentaire et influence les caractéristiques mécaniques et autoplaçantes du béton [04] (voir
figure 1.2).

Seuil de cisaillement
Viscosité plastique

Viscosité plastique [Pa.s]


Seuil de cisaillement [Pa]

Augmentation de la finesse
du filler

Etalement [mm]

Figure 1.2 : Influence de la finesse d’un filler sur le comportement


rhéologique d’un béton [04].

L’une des fines les plus récentes utilisées comme addition remplaçant une partie du ciment
dans le béton autoplaçant sont les fines d’argiles cuite à une température de 900°C. L’ajout
de 5% de ces fines qui se présentent sous forme de poudre du déchet de brique a permis non
seulement d’améliorer les résistances mécaniques mais aussi de favoriser un meilleur
comportement rhéologique en matière de fluidité et de stabilité par rapport au béton
autoplaçant témoin (sans ajout) [07].

Comme on peut citer aussi d’autres ajouts comme le laitier, utilisé dans le cadre du
développement de la formulation du BAP à base des matériaux locaux Algériens [08].
D’après les résultats des recherches menés sur le BAP à base de laitier, ce dernier présente des
caractéristiques rhéologiques telles que l’étalement et la résistance à la ségrégation nettement
améliorées par rapport à un BAP sans laitier [08]. Son avantage qu’il soit à base de matériaux
locaux ce qui réduit le cout et en même temps avoir l’aspect écologique en réduisant la
quantité du ciment et le laitier comme étant un déchet.

1.2.2.3. Superplastifiants
La fluidité des bétons autoplaçants est obtenue an ajoutant des superplastifiants. Ces
fluidifiants sont identiques à ceux employés pour les autres type de béton, à savoir des
polymères de type polycarboxylate, polyacrylate/polyacrylate ester acrylique.

Les superplastifiants interagissent avec les particules du ciment et des fillers en s’adsorbant à
leur surface pour diminuer le phénomène de floculation au contact de l’eau. Ainsi les
particules sont dispersées par combinaison d’effets électrostatiques et stériques et la
proportion d’eau libre est plus importante [04].

10
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

Le niveau élevé de l’ouvrabilité requis par les bétons autoplaçants tout en maintenant la
stabilité du mélange a mené à l’utilisation d’un certain nombre d’adjuvants dans le béton. La
demande élevée en eau pour réaliser une fluidité requise par le béton autoplaçant, était
impraticable compte tenu du dosage très élevé de ciment qui était souvent requis pour les
résistances à la compression souhaitées. L’arrivée des superplastifiants et la technologie de
développements de ces adjuvants, ont joué un rôle essentiel dans le développement des bétons
autoplaçants. Les superplastifiants modernes (basés sur les éthers polycarboxyliques)
favorisent la conservation de la fluidité souhaitée tout en maintenant la stabilité du mélange
béton.

Ces superplastifiants réalisent ce qui est montré dans la (figure 1.3) avec un mécanisme de
répulsion électrostatique en combinaison avec l’obstacle stérique.

Figure 1.3 : Le mécanisme d’action du superplastifiant à base de polycarboxilate [05].

1.2.2.4. Agent de viscosité


L’ajout d’un superplastifiant ayant pour effet d’augmenter l’ouvrabilité du béton mais
également de réduire sa viscosité, afin de minimiser ce dernier point, les bétons autoplaçants
contiennent souvent un agent de viscosité. Ce sont généralement des dérivés cellulosiques,
des polysaccharides, des colloïdes naturels ou des suspensions de particules siliceuses, qui
interagissent avec l’eau et augmentent la viscosité de celle-ci. Ils ont pour but d’empêcher le
ressuage et les risques de ségrégation en rendant la pâte plus épaisse et en conservant une
répartition homogène des différents constituants. La figure 1.4 montre un exemple de réaction
entre l’eau et un agent de viscosité qui est les polysaccharides pour donner la forme finale de
gélification où les liaisons intermoléculaires sont fortes.

11
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

Figure 1.4 : Les étapes d’interaction entre l’eau et les polysaccharides [04].

Cependant, l’action de ces produits est, d’une certaine façon, opposée à celle des
superpalstifiants. La formulation d’un béton autoplaçant requiert donc la sélection d’un
couple agent de viscosité-superplastifiant compatible et l’optimisation de leur dosage (voir
figure 1.5).

Figure 1.5 : Optimisation du dosage agent de viscosité-superplastifiant [74].

Ces produits semblent utiles pour des bétons ayant des rapports eau/liant (E/L) élevés, les
fines n’étant pas alors suffisantes pour fixer l’eau dans le béton. En revanche, leur utilisation

12
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

ne se justifie pas pour des bétons autoplaçants ayant des rapports E/L faibles (rapport
eau/fines < 0.3).

1.2.2.5. Eau
Il est connu que l’eau est l’un des facteurs les plus importants de l’ouvrabilité du béton
autoplaçant. En augmentant la quantité d’eau, la concentration en solide diminue, et le béton
devient fluide (seuil de cisaillement et viscosité diminuent) [09]. Cependant, en plus de
diminuer la résistance mécanique du béton autoplaçant, l’introduction excessive d’eau
provoque des problèmes de ségrégation.

1.3. Essais classiques de caractérisation des bétons autoplaçants à l’état frais

Des essais de caractérisation spécifiques des bétons autoplaçants ont été mis au point.
Cependant, ces essais que l’on peut qualifié de technologiques, ne permettent pas de
déterminer les propriétés rhéologiques intrinsèques des bétons testés même si les grandeurs
mesurées en dépendent.

L’association française de génie civil (AFGC) [11] prévoit de caractériser les bétons
autoplaçants à l’état frais en prenant en compte les trois (03) caractéristiques principales
demandées à savoir :

 La mobilité en milieu non confiné (Essai d’étalement).


 La mobilité en milieu confiné (Essai de la boite en L).
 La stabilité ou résistance à la ségrégation et au ressuage (Essai de stabilité au tamis).

Les grandeurs obtenues au moyen de ces essais sont reliées aux deux caractéristiques
fondamentales permettant la description du comportement rhéologique des bétons à savoir le
seuil de cisaillement et la viscosité et qui sont accessibles à partir d’une rhéomètrie offerte par
les rhéomètres disponibles sur le marché [76]. Généralement, l’essai d’étalement est associé
au seuil d’écoulement et l’essai V-funnel à la viscosité du mélange.

1.3.1. Mobilité en milieu non confiné

 Essai d’étalement (Slump Flow) : Cet essai permet de caractériser


la fluidité du béton autoplaçant et de donner une indication sur sa mobilité en milieu non
confiné. La détermination de l’étalement s’effectue en utilisant le cône d’Abrams couramment
employé pour mesurer l’affaissement du béton vibré. Sa valeur correspond au diamètre moyen
de la galette de béton obtenue suite au soulèvement du cône après un temps suffisamment
long (voir figure 1.6). L’étalement cible se situe entre 600 et 800mm suivant l’utilisation
prévue du béton. Ainsi trois classes d’étalement ont été définies :
o SF1 pour un étalement compris entre 550 et 650mm,
o SF2 pour un étalement compris entre 660 et 750mm,
o SF3 pour un étalement compris entre 760 et 800mm.

13
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

Si le béton autoplaçant de classe d’étalement SF1 est utilisé pour la réalisation d’élément non
ou très faiblement armés celui de classe SF3 est dédié aux ouvrages fortement ferraillés.

La vitesse d’étalement du béton est également souvent prise en compte, car elle donne une
indication sur la viscosité du béton. On mesure généralement le temps « t500 » qui désigne le
temps écoulé pour obtenir une galette de diamètre 500mm.

En outre, l’essai d’étalement permet d’estimer visuellement le risque de ségrégation statique


du béton par effet de gravité, qui se manifeste par l’accumulation des gros grains au centre de
la galette et par la formation d’une auréole de laitance à ses extrémités.

D1
D1

D2
D2 +
∅=
2

Figure 1.6 : Schéma de principe de l’essai d’étalement

 Essai au V-funnel : L’essai consiste à étudier l’écoulement du


béton autoplaçant à travers un entonnoir en forme de V. Il permet d’évaluer la mobilité du
béton en milieu non confiné en mesurant le temps d’écoulement de 12 litres de béton à travers
l’entonnoir, qui doit être compris entre 8 et 14 secondes (voir figure 1.7) : en effet plus le
temps d’écoulement est long, moins le béton est fluide et plus il est visqueux. D’après les
spécifications données par [10] et [75], deux classes de viscosité ont été définies :

o VF1 si le temps d’écoulement « t » est inferieur à 8 s. Cette classe correspond à


t500≤2s.

o VF2 si le temps d’écoulement « t » est compris entre 9 et 25s. Cette classe correspond
à t500>2s.

14
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

Figure 1.7 : Schéma de principe de l’essai de V-funnel

1.3.2. Mobilité en milieu confiné


Pour caractériser la mobilité en milieu confiné (ségrégation dynamique), aucun essai de
référence n’a encore fait l’unanimité, mais tous ont pour objectif d’évaluer la capacité du
béton à s’écouler dans une zone confinée. Ils peuvent permettre de déceler des problèmes de
blocage (par formation de voûtes des granulats) lors de l’écoulement.

 Essai de la boite en L (L-box) : Cet essai caractérise donc la


mobilité du béton autoplaçant en milieux confinés. La partie verticale du L est remplie de
béton en une seule fois et après l’ouverture de la trappe, le béton s’écoule à travers un
ferraillage standard formé de 3 barres d’armatures Ø16mm distantes de 50 mm (voir figure
1.8). Le temps d’écoulement doit de préférence être compris entre 3 et 7 secondes. On mesure
la hauteur atteinte par le béton aux deux extrémités de la partie horizontale (H1 et H2) afin de
qualifier sa capacité de remplissage. Le rapport H2/H1 devrait être supérieur à 0.8.

Figure 1.8 : Schéma de principe de l’essai de L-box

15
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

D’autres essais sur les bétons autoplaçants à l’état frais peuvent être conduits tels que
l’essai de la boite en U qui permet de caractériser la mobilité du béton en milieu confiné et la
facilité de sa mise en place, ou encore l’essai de l’étalement modifié J-ring test, utilisé pour
vérifier la capacité d’un béton à s’écouler à travers des armatures.

 Essai d’étalement modifié (J-ring) : Cet essai consiste à faire


écouler le béton à travers les armatures afin de pouvoir évaluer sa tendance au phénomène de
blocage. A cet effet, le béton s’écoule à partir du cône disposé au centre d’un anneau
métallique. Sur cet anneau de 300mm de diamètre, sont soudées des barres d’armatures Ø16 à
18mm, espacées régulièrement d’environ deux fois et demi leur diamètre. Le béton
autoplaçant satisfait pleinement aux performances recherchées de fluidité avec faible tendance
à la ségrégation et l’enrobage complet des armatures, lorsqu’il s’écoule de manière uniforme à
travers cet anneau et lorsque la répartition des granulats paraît homogène, aussi bien à
l’intérieur qu’à l’extérieur de l’anneau (voir figure 1.9).

Figure 1.9 : Schéma de principe de l’essai d’étalement modifié (J-ring)

1.3.3. Stabilité

L’aptitude d’un béton autoplaçant à rester homogène une fois coulé est aussi importante
que celle durant la mise en place. L’homogénéité du matériau conditionne en effet ses
propriétés à l’état durci (résistance mécanique, retrait, durabilité, etc…). Le béton autoplaçant
doit donc être stable sous l’effet de la gravité (pas de ségrégation) et présenter une capacité de
ressuage limitée.
 Essai de stabilité au tamis : Cet essai consiste à évaluer le
pourcentage en masse de laitance (noté PLAITENCE) d’un échantillon de béton (4.8±0.2kg) mis
au repos pendant 15 minutes et déversé à une hauteur de chute de 50cm sur un tamis de maille
5mm. Les critères d’acceptabilité d’une formulation de béton autoplaçant sont divisés en trois
classes :
o 0%< PLAITENCE<15% : stabilité satisfaisante.
o 15%< PLAITENCE<30% : stabilité critique (essai de ségrégation à réaliser sur site).
o PLAITENCE>30% : stabilité très mauvaise (béton inutilisable).
16
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

1.4. Classification des bétons autoplaçants

Les bétons autoplaçants sont classés en trois catégories suivant leur domaine d’utilisation.
Le classement s’effectue suivant la valeur de l’intervalle d’écoulement noté « I » qui désigne
le plus petit espace à travers lequel le béton doit s’écouler pour remplir correctement
l’élément à bétonner, le type d’application (horizontale ou verticale) et l’épaisseur (dans le cas
d’application horizontale).

Cette classification selon l’AFGC [49] est résumée dans le tableau 1.1.

Tableau 1.1 : Classification des bétons autoplaçants [11]

Application horizontale Application


Epaisseur ≤300mm Epaisseur >300mm verticale
Longueur < à 5m Entre 5 < à 5m Entre 5 <à 5m Entre 5
maximale de et 10m et 10m et 10m
cheminement
Intervalle I ≥100 (1) (2)a (2)b (2)a (2)b
d’écoulement 80 ≤ I ≤ 100 (2)a (2)b (2)a (2)b (2)a (2)b
I < 80 (3)a (3)b (3)a (3)b (3)a (3)b

Donc, trois catégories se dégagent :


 La catégorie (1) correspond aux bétons autoplaçants utilisés pour des applications
horizontales de faible épaisseur (inferieure ou égale à 300mm) et ayant un intervalle
d’écoulement supérieur à 100mm.

 La catégorie (2) couvre principalement les bétons autoplaçants ayant un intervalle


d’écoulement compris entre 80 et 100mm utilisés pour des applications horizontales
de forte épaisseur (supérieur à 300mm) ou pour des applications verticales courantes.
L’intervalle d’écoulement « I » est supérieur à 80mm.

 La catégorie (3) concerne les bétons autoplaçants utilisés pour la réalisation


d’ouvrages fortement ferraillés voire exigus et pour les quels l’intervalle d’écoulement
« I » est inferieur à 80mm.

Pour une application, épaisseur et intervalle d’écoulement donnés, on distingue les sous-
classes (2a, 2b et 3a, 3b) fonction de la longueur maximale de cheminement horizontal du béton
autoplaçant dans le coffrage.

17
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

1.5. Méthodes et techniques de formulation des bétons autoplaçants :

Dans cette partie, nous présentons les grandes familles de méthodes de formulation des
bétons autoplaçants ainsi que leurs bases et fondements d’optimisation.

1.5.1. Concept du béton autoplaçant

Au Japon, vers le début des années 80, l’utilisation des bétons très fluides, est apparue
comme une solution, déjà aux problèmes des constructions dans l’eau (mer) et au nombre
d’ouvriers qualifiés dans les techniques de vibration du béton qui n’a pas cessé de diminuer.
C’est ainsi qu’est né le concept des bétons autoplaçants.

Les bétons autoplaçants (BAP) se distinguent des bétons ordinaires (BO) par leurs propriétés
à l’état frais. Ils doivent s’écouler sous leur propre poids, quel que soit le confinement du
milieu, et rester homogènes au cours de l’écoulement (absence de ségrégation dynamique) et
une fois en place (absence de ségrégation statique).

Pour parvenir à ces exigences, les bétons autoplaçants, sont formulés différemment des bétons
ordinaires. Dans leur cas, la pâte, définie comme le mélange du ciment, de l’eau et d’une
addition, est privilégié au détriment des gravillons. En général, les bétons autoplaçants
possèdent un même dosage en ciment et en eau que les bétons ordinaires, ainsi qu’un volume
de sable assez proche. C’est donc principalement l’ajout d’une addition qui sert de substitut
aux gravillons dont le volume est à réduire et les gros diamètres sont à éliminer (Dmax limité)
pour atténuer le risque de blocage lors d’un écoulement. Les proportions exactes de chaque
constituant dépendent bien sûr de la méthode de formulation choisie.

1.5.2. Pratique actuelle de la formulation des bétons autoplaçants

La plupart des formules de béton autoplaçants sont conçues actuellement de manière


empirique. La méthode de Dreux-Gorisse n’est en effet pas adaptée, car elle ne prend en
compte ni les adjuvants ni les additions. La formulation se fait donc sur la base de
l’expérience acquise ces dernières années.

Généralement, le cahier des charges des bétons autoplaçants ne concerne que les propriétés à
l’état frais, ce qui ne doit pas poser de problèmes pour l’état durci, surtout que les résistances
ordinaires (25 à 35MPa) sont facilement atteintes par les bétons autoplaçants (d’autant plus
que leurs rapports E/C sont proches de ceux des bétons ordinaires qu’ils doivent remplacer)
[77].

En outre, l’aspect économique n’est pas encore le critère prédominant de la formulation ; les
dosages en superplastifiant et en fines ne sont pas bornés.

Avec le temps et le retour d’expérience, certaines plages se sont dessinées pour chaque
constituant, facilitant un peu le travail du formulateur.

18
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

Les gammes de valeurs généralement employées sont issues des recommandations de


l’AFGC pour l’emploi des bétons autoplaçnts et présentées ci-dessous [11] :
 Le volume de gravier est limité en prenant un rapport G/S (masse du gravier sur masse
du sable) proche de 1.
 Le volume de pâte varie entre 330 et 400 l/m3.
 La masse de ciment est supérieure ou égale au minimum requis par la norme du béton
prêt à l’emploi (BPE) (P18-305), soit en général de 300à 350kg/m3.
 La masse d’addition se situe entre 120 et 200kg/m3 .
 Le dosage en superplastifiant est proche de son dosage à saturation.

La formulation se fait par tâtonnement sur la base de ces plages. Après la conception sur le
papier, la formule est toujours vérifiée et optimisée par les essais de caractérisation des bétons
autoplaçants à l’état frais.

Les deux chercheurs japonais Okamura et Ozawa [12], ont établi la première méthode de
formulation des bétons autoplaçants, appelée la méthode japonaise. Cette méthode suggère
que le volume du gravier et du sable sont limités par le rapport G/S (qui est proche de 1) et le
volume du mortier doit être à 40% du volume totale du béton.

1.5.3. Méthodes de formulation existantes

Différentes techniques de composition se sont développées ces dernières années pour la


formulation des bétons autoplaçants. Elles reposent toutes sur une approche expérimentale
plus au moins lourde.
Parmi les techniques de formulation les plus répandues, nous citons :
 Méthode basée sur l’optimisation des mortiers (Méthode Japonaise1/Okamura)
 Méthode basée sur l’optimisation de la pâte (Méthode Japonaise2/Oh)
 Méthode basée sur l’optimisation de la compacité des mélanges granulaires (LCPC).
 Méthode Chinoise.
 Méthode Suédoise.

1.5.3.1. Méthode Japonaise 1/Okamura [12][13]


Dans cette méthode développée à l’université de Tokyo (Japon) par Okamura et Ozawa, le
béton est divisé en deux parties : les gros granulats et le mortier qui assure la fluidité du béton.
Les principes de formulations sont les suivants :
o La teneur volumique en gravier est fixée à 50% du volume de solide, cette valeur
prévient les risques de blocage, si le mortier est correctement formulé.
o Le volume en sable est fixé quant à lui, à 40% du volume total du mortier, la fluidité
du béton est garantie par la réduction des frictions granulaires.
o Le rapport eau-pâte liante (E/P) et le dosage en superplastifiant optimisés à partir
d’essais sur mortiers en effectuant des essais d’étalement au mini-cône et au V-funnel.

19
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

Ces essais permettent de calculer deux paramètres :

Γ = (Eq.1.1)

= (Eq.1.2)

où « D » est l’étalement, « D0 » est le diamètre inferieur du cône et « t » est le temps


d’écoulement du mortier au V-funnel.

L’étalement relatif Γ représente la fluidité du mortier et la vitesse relative d’écoulement Rm


représente la viscosité du mortier. Les auteurs de cette méthode ont montré que la relation
entre étalement relatif et écoulement relatif est linéaire lorsque le dosage en eau varie à
quantité de superplastifiant constante.

D’après la méthode, pour obtenir des dosages acceptables, il faut avoir simultanément : Γ =5
et Rm=1.

Une fois les proportions déterminées ouvrabilité et rhéologie du béton sont contrôlés. Si la
valeur cible du slump n’est pas atteinte, on ajuste le dosage en superplastifiant.

Cette méthode à été reprise et améliorée grâce à plusieurs recherches, notamment en ce qui
concerne la détermination du dosage en sable, en superplastifiant, en eau ou encore l’emploi
d’agent de viscosité.

La méthode ne précise pas comment doser le liant ou choisir le rapport fines/ciment. Ces
choix se font suivant des critères de résistance et de durabilité.

1.5.3.2. Méthode Japonaise 2/Oh [44][77]


Dans cette méthode, le béton est considéré comme un mélange biphasique, avec une
phase solide qui est les granulats (sable et gravier) et une phase liquide qui est la pâte. Dans le
cas d’un béton autoplaçant, la pâte joue un rôle prédominant. Oh et son équipe [44]
introduisent la notion d’excès de pâte schématisé sur la figure 1.10. La formulation consiste à
déterminer la quantité de pâte en excès optimale pour fluidifier le béton autoplaçant et limiter
les problèmes de blocage.

20
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

(1) (2) (1)

Figure 1.10 : Notion d’excès de pâte : la pâte remplit la porosité (1) et écarte les granulats (2)

Oh [44] a obtenu par l’expérience des équations reliant l’épaisseur de la pâte autour des
granulats et les deux paramètres rhéologiques décrivant la loi de Bingham (seuil de
cisaillement et viscosité) du béton, exprimées par rapport à celles de la pâte. Lors de la
formulation, il faut d’abord optimiser et caractériser la rhéologie de la pâte, puis déterminer à
l’aide de ces équations la proportion minimale de pâte nécessaire pour fluidifier le béton.
Néanmoins, l’auteur ne propose pas de méthode pour doser la pâte par rapport au blocage.

1.5.3.3. Méthode suédoise [48][56][70]


Cette méthode représente une amélioration de la méthode précédente (méthode
japonaise 2/Oh) dans la mesure où elle tient compte du blocage. Elle décompose aussi le
béton en deux phases, une phase solide : les granulats, et une phase liquide : la pâte.
Dance cette méthode c’est la pâte qui assure les critères d’autoplaçabilité :
-En jouant un rôle de lubrifiant, elle limite les frottements entre grains et assure la qualité
de l’écoulement (critère de fluidité).
-En écartant les granulats, elle empêche les blocages en milieux confinés (critère de non
blocage).
Cette méthode propose donc d’étudier ces deux phénomènes afin de déterminer la quantité de
pâte minimale.
 Critère de fluidité : A partir de la compacité du squelette granulaire (sable+gravier), on
calcule le volume de pâte nécessaire pour remplir les vides. Le volume minimal de pâte
qui permet de fluidifier 1m3 de béton s’écrit :
( )
â
=1− (Eq.1.3)

Avec : Vvides : volume des vides du squelette granulaire (sable+gravier).


Et Ce : coefficient d’écartement.

Les valeurs du coefficient d’écartement ont été expérimentalement déterminées pour


différents rapport (E/L), diamètres maximaux et moyens des granulats.
Lorsque le facteur « Ce » vaut 1, Vpâte est égal à Vvides , le volume de pâte remplit la porosité
des granulats. Lorsque Ce est supérieur à 1, la pâte comble la porosité et écarte les granulats.

21
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

 Critère de blocage : Lorsqu’on utilise l’essai de la boite en L (L-box), le risque de


blocage s’écrit :
= (1 − )∑ (Eq.1.4)
,
Avec : Rb : risque de blocage
Vp : teneur volumique en pâte.
yi : proportion volumique de grains de taille Di rapporté au volume de granulats.
Vcrit,i : la teneur volumique en grain de taille Di qui entraine systématiquement le blocage.

A partir de cette équation, on déduit la teneur minimale en pâte qui permet d’éviter le blocage
(en posant Rb=1) pour chaque rapport G/S. Une fois les proportions déterminées, l’ouvrabilité
du béton (fluidité et risque de blocage) est contrôlée à l’aide de l’essai d’étalement et la boite
en L. Si la valeur cible du slump n’est pas atteinte, on ajuste le dosage en superplastifaint.

1.5.3.4.Méthode LCPC /Delarrard et Sedran [16][77]


Les chercheurs du LCPC ont développé un modèle décrivant mathématiquement un
empilement, à partir des caractéristiques des grains (forme et granulométrie). Ils ont modélisé
le comportement à l’état frais du béton à partir de la compacité du squelette granulaire.
En attribuant un comportement binghamien au béton, la méthode permet d’exprimer les
paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) en fonction des caractéristiques
d’une certaine structure granulaire, identifiée par un indice de serrage (degré de compaction)
K’.

= exp − (Eq.1.5) Et = (∑ ) (Eq. 1.6)
∅∗

Ø* représente la compacité maximale du squelette granulaire pour un indice de serrage K’


(pour le cas de formulation des bétons ordinaires, K’=9).
Ki’ est l’indice de serrage des différentes classes granulaires du béton.

Pour le cas des bétons autoplaçants, les auteurs de la méthode propose un cahier des charges
pour maitriser la stabilité du béton et sa capacité à s’écouler en milieu confiné en adoptant des
valeurs limites sur les indices de serrage K’ de l’ensemble (mélange), des éléments fins Kp’ et
des gros graviers KG’.

On définit les caractéristiques des matériaux employés et les modèles rhéologiques dans un
logiciel (Bétonlab Pro2) qui permet de simuler la plupart des bétons. Enfin on obtient la
formulation du béton autoplaçant en définissant les critères suivants :
K’≤ 7
Kp’≤ 3.4
KG’≤ 1.4
µ ≤ 300 Pa.s
τ0 ≤ 500 Pa

22
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

1.5.3.5. Méthode chinoise [57] [70]


Su et ses collaborateurs ont proposé cette méthode pour formuler le béton autoplaçant
basée, au début, sur la compacité des granulats (sable et gravier) et puis, sur le remplissage
des vides des granulats avec la pâte.

 Etape 1 : calcul du dosage des granulats


Le facteur de compacité « PF » (packing factor) est le rapport, pour un volume donné, entre la
masse des granulats dans un état d’empilement ferme (compactés) et la masse des granulats à
l’état d’empilement lâche (desserrés).
Le paramètre « PF » influe sur la teneur des granulats dans le béton autoplaçant. Une valeur
élevée de « PF » implique des grandes quantités de granulats, avec une faible quantité de pâte.
Par conséquent, l’écoulement du béton autoplaçant et sa résistance à la compression seront
réduits [51].

Donc il est très important de connaitre la valeur optimale de PF pour répondre aux exigences
des propriétés des bétons autoplaçants.

Les proportions des granulats (gravier et sable) peut être calculée par les deux équations
suivantes :
= ∗ 1− (Eq.1.7) Et = ∗ (Eq.1.8)
Mg : proportion de gros granulats (gravier) (kg/m3),
Ms : proportion du sable (kg/m3),
: masse volumique apparente des gros granulats (kg/m3),
: masse volumique apparente du sable (kg/m3).
s/G : le rapport volumique entre le sable et tout les granulats (se situe entre 50 et 57%).

 Etape 2 : calcul du dosage de ciment


D’après les recommandations de la JSCE [78] (Société Japonaise de génie civil), la quantité
minimale du ciment qui peut être utilisée pour avoir un béton ordinaire et un autre de bonne
durabilité est de 270kg/m3 et 290kg/m3 respectivement. En général, les recommandations
imposent pour le BHP et le BAP une résistance à la compression égale à 0.14Mpa/Kg de
ciment. Donc, le dosage de ciment est défini comme : = .
(Eq.1.9)
C : dosage en ciment (kg/m3).
: résistance à la compression (Mpa).

 Etape 3 : choix du rapport E/C


Cette sélection du rapport (E/C) est fonction de la résistance à la compression visée.

 Etape 4 : calcul du dosage des fines (fumée de silice)


La quantité de fumée de silice (SF) est celle de la norme Européenne de telle sorte que :
= 0.10 et = 0.45

23
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

Où SF est la fumée de silice, C est le ciment et (w/b) est le rapport eau/pâte liante.

 Etape 5 : calcul du dosage en superplastifiant


Le cône de marsh doit être utilisé pour avoir le dosage optimal en superplastifiant.

1.5.4. Commentaires et comparaison


La première méthode japonaise permet d’obtenir des BAP de façon simple. Les essais
d’ouvrabilité (étalement, boite en L, stabilité au tamis) menés sur des BAP formulés à l’aide
de cette méthode ont donné des résultats satisfaisants, même si ces bétons possèdent un
caractère très visqueux dû à leur forte teneur en pâte. Il parait intéressent de doser l’eau et le
superplastifiant à l’aide d’essais sur mortier, plus pratiques à réaliser que des essais sur béton.
Cependant, la détermination des dosages en granulats s’effectue forfaitairement, ce qui ne
permet pas d’adapter les formulations aux conditions de confinement. Enfin, les bétons
formulés avec cette méthode sont peu viables du point de vue économique à cause de leur
forte teneur en pâte.

La méthode suédoise est intéressante car elle permet de formuler un BAP à partir de son
volume de pâte, élément clef vis-à-vis les risques de blocages. Son application parait simple,
mais certains valeurs utilisés dans les calculs (Ce, Vcrit ,i) doivent être déterminées
expérimentalement, ces mesures nécessitent un nombre important d’essais, ce qui rendent
alors la méthode très fastidieuse.

La méthode française, donnée par les travaux qui sont menés au LCPC, permet d’obtenir des
bétons ayant de bons comportements rhéologiques. L’utilisation du logiciel de formulation
permet, une fois les matériaux caractérisés précisément, d’appréhender leur influence
respective sur le comportement du béton. Cependant, cette méthode reste peu réaliste sur le
plan industriel car les BAP obtenus présentent un volume de fines élevé, de plus la méthode
est ajustée sur des paramètres rhéologiques propres à leur rhéomètre (Btrhéom).

La méthode chinoise parait comme une méthode novatrice basée sur la compacité des
granulats et sur le remplissage des vides des granulats avec la pâte. Cette méthode comparée à
la méthode japonaise est plus simple, plus facile pour l’exécution avec un coût de revient plus
réduit car le volume de pâte donné est inferieur.

La deuxième méthode japonaise (d’Oh) peut être intéressante aussi puisqu’elle relie
l’épaisseur de la pâte autour des granulats avec les paramètres rhéologiques (seuil de
cisaillement et viscosité) du béton. Ce qui permet d’optimiser la relation rhéologie-compacité.
On remarque que contrairement aux bétons classiques, ces méthodes de composition ne
tiennent pas explicitement compte des caractéristiques à l’état durci, les propriétés visées sont
généralement obtenues grâce aux faibles rapports E/P issus de la composition.

Les matériaux utilisés pour la confection des bétons varient suivant les endroits, il semble
donc justifié qu’il existe différentes méthodes de compositions qui soient adaptées aux

24
Chapitre 1 : Etat de l’art sur les BAP

ressources de chacun. D’après les résultats de [75], lorsque l’on utilise des matériaux
« français », la méthode du LCPC est plus appropriée que les autres méthodes (japonaise ou
suédoise).
Enfin, ces méthodes de compositions nécessitent toutes un certain nombre d’essais pour
caractériser les matériaux ou leurs interactions, il semble donc très indispensable de faire des
essais en laboratoire pour une formulation rigoureuse des BAP.

25
2EME CHAPITRE:

COMPORTEMENT ET MODELISATION
RHEOLOGIQUE DES BETONS ET BETONS
AUTOPLACANTS
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.1. Introduction

Cette présentation bibliographique de la rhéologie des bétons résulte de la lecture et


l’étude de plusieurs articles, thèses et livres. Une synthèse générale est donc réalisée et
résume des travaux de nombreux chercheurs. Ce travail est nécessaire pour comprendre la
rhéologie des bétons ordinaires et bétons autoplaçants et les techniques expérimentales
permettant d’identifier les paramètres caractéristiques.

Cette synthèse bibliographique est divisée en sept (07) thématiques :


 Position du problème.
 Structuration et déstructuration des suspensions (bétons) en écoulement.
 Lois de comportement des suspensions (cas des bétons autoplaçants).
 Modélisation du comportement rhéologique des suspensions : Application aux cas des
bétons autoplaçants.
 Rhéologie et granulométrie.
 Rhéologie et compacité.
 Rhéomètries et rhéomètres existants.
2.2. Position du problème
Depuis peu de temps, plusieurs recherches traitent le béton frais comme étant un fluide
et utilisent les méthodes de la rhéologie des fluides pour décrire l’écoulement du béton.
Cependant, la rhéologie des bétons reste un domaine peu exploité. Les difficultés viennent
d’une part de la complexité de ces matériaux, constitués de plusieurs composants de nature
différentes (polyphasique): granulats, ciment, eau, air, éventuellement adjuvants et ajouts,
d’autre part de leur grande étendue granulométrique, particules de dimensions inférieures au
micron jusqu’aux grains de quelques centimètres.
Donc, ces différentes phases confèrent au matériau béton une hétérogénéité importante,
menant à l’apparition de plusieurs types d’interaction :
-Interaction chimiques liées à la nature des constituants (réactivité du ciment et des autres
matériaux, compatibilité ciments- adjuvants, etc…).
-Interaction physiques, surtout marquées par la taille des particules présentes.
En négligeant la réactivité du ciment, les différents phénomènes physiques influencent
considérablement les propriétés d’écoulement du béton [15].

En fait, le béton frais est un matériau intermédiaire entre un fluide et un empilement


humide de particules. Comme un fluide, il doit couler pour remplir un volume de forme
quelconque. Mais qu’à la différence d’un fluide, le mélange granulaire, lorsqu’il est cisaillé,
présente des variations volumiques pour perdre de son homogénéité.

Le but de la rhéologie est d’établir les relations entre contrainte et vitesse de


déformation. Pour le cas des fluides courants, considérés homogènes et incompressible (le
volume fluide reste quasiment constant durant l’écoulement), les lois deviennent des relations
entre contrainte et vitesse de cisaillement. Ces lois peuvent s’appliquer au béton frais s’il n’y

27
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

aura pas de ségrégation durant l’écoulement (le matériau reste homogène) et si son volume
reste le plus constant possible durant le cisaillement.
Toutefois, les bétons de consistance ferme à plastique ont un comportement dilatant
considérable [16]. Ces bétons s’écartent du champ rhéologique. Par conséquent, seuls les
mélanges suffisamment fluides (un affaissement au cône d’Abrams supérieur à 10 cm)
peuvent être traités par les outils rhéologiques. Ces mélanges ne présentent aucune
ségrégation excessive durant l’essai de cisaillement [17].

Donc, on peut considérer ces bétons suffisamment fluides tels que les bétons
autoplaçants comme des suspensions. Quelque soit la suspension, la complexité de son
comportement rhéologique est due à la combinaison de nombreux facteurs (voir figure 2.1).

-Contrainte gravitaire ?
-Contrainte d’écoulement ?

Propriétés physico-chimiques de
Complexité du -Concentration en
surface : Forces d’agglomération
comportement solide ?
pour le cas des pates. -Compacité ?
rhéologique

Caractéristiques granulaires :
-Surface ?
-Taille ?
-Distribution ?

Figure 2.1 : Les différents facteurs intervenants dans la complexité


du comportement rhéologique des bétons [19].

2.3. Structuration et déstructuration des suspensions en écoulement :

Soumis à un cisaillement simple, la structure interne (fluide et particules) d’une


suspension se réarrange selon une configuration lui assurant un état d’équilibre par rapport à
la sollicitation imposée. A partir d’un état de référence donné, sous une vitesse de
déformation croissante, on parle d’une « déstructuration ». Dans le cas inverse (vitesse
décroissante), on parle d’une « structuration » ou « restructuration ». Ces modifications des
arrangements est à l’origine de certaines propriétés rhéologiques des suspensions. La
rhéofluidification et le rhéoépaississement dans le cas des géosuspensions sont associés,
entres autres, à des cinétiques de structuration/déstructuration sous cisaillement.

28
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

En absence de thixotropie, les courbes d’écoulement obtenues à vitesses croissantes (courbes


de déstructuration) et les courbes obtenues à vitesses décroissantes (courbes de
restructuration) sont confondues (figure 2.2).

Figure 2.2 : Rhéogramme des pâtes de ciment additionné de


fines et d’adjuvant (extrait de [59])

Par ailleurs, dans le cas des suspensions granulaires très concentrées, certains auteurs [60]
trouvent que la restructuration après une déstructuration est généralement fonction de
l’histoire de chargement. Les rhéogrammes de montée et descente sont décalés, comme
l’illustre la figure 2.3, extraite des travaux de [60] sur l’étude au cisaillement simple des
suspensions de silicates tricalciques très concentrées.

Figure 2.3: Rhéogramme d’une suspension de C3S (Ø=39%)


(Extrait de [60])

29
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Pour le cas du béton, certains auteurs [59] et [23] proposent un modèle de la déstructuration
en unités structurelles (de forme globalement sphérique) susceptibles de se produire lorsque la
vitesse de cisaillement est croissante. Pour des vitesses de cisaillement ̇ croissantes (figure
2.4), la déstructuration dans un béton peut survenir :
 Soit au niveau du béton ( ̇ = ̇ 1), l’écoulement sera associé au glissement de gros grains
(graviers) enrobés d’une fraction de mortier dans un mortier.
 Soit au niveau du mortier ( ̇ = ̇ 2> ̇ 1), l’écoulement est régi par le glissement de grains
de gravier et de sable en robés d’une fraction de pâte de ciment dans une pâte.
 Soit au niveau de la pâte de ciment ( ̇ = ̇ 3> ̇ 2> ̇ 1), l’écoulement correspond au
glissement de grains de différentes tailles (gravier, sable, ciment) enrobés d’une
fraction de fluide saturant (eau+adjuvant+fumé de silice) dans un fluide saturant.

Figure 2.4: Déstructuration du béton en unités structurelles selon [59]

2.4. Lois de comportement rhéologiques des suspensions :

En général, le comportement rhéologique des suspensions est exprimé par la courbe


contrainte de cisaillement-gradient de vitesse (τ- ̇ ). Le développement des rhéomètres dédiés
à l’étude de la rhéologie des bétons frais [16], [09] et [49] a permis d’identifier le
comportement rhéologiques des bétons à l’état frais.

2.4.1. Fluide visqueux Newtonien

Dans le cas d’un fluide Newtonien, la contrainte de cisaillement est proportionnelle au


gradient de vitesse. Le coefficient de proportionnalité est appelé viscosité. Elle s’écrit sous la
forme : = = (Eq.2.1)

Il est à noter que la viscosité η (Pa.s) est aussi appelée viscosité dynamique.

30
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.4.2. Fluide viscoplastique à seuil

De nombreux matériaux du génie civil sont des suspensions concentrées de particules


de tailles et de forme différentes dans un fluide (bétons, boues de forage et naturelles, plâtres
frais ….).

On parle de comportement de fluide à seuil lorsque le fluide se déforme de façon élastique


pour des faibles sollicitations ou faibles contraintes. Au-delà d’une certaine contrainte, dite
contrainte seuil ou seuil d’écoulement, le matériau a un comportement de liquide visqueux,
s’écoule et se déforme de façon irréversible.

On présente par la suite, les deux principales lois de comportement fréquemment utilisés pour
décrire une suspension viscoplastique à seuil telle que le béton ordinaire et le béton
autoplaçant.

2.4.2.1. Fluide de Bingham

Le modèle de Bingham a été diffusé dans les milieux scientifiques du béton grâce aux
travaux de Tatersall [16]. C’est la représentation la plus simple qui donne la relation suivante
entre contrainte « τ » et taux de cisaillement simple (ou gradient de vitesse de déformation)
« ̇ » : = + ̇ (Eq.2.2) où est la contrainte seuil (seuil de cisaillement) et est
la viscosité plastique.

En pratique, le modèle de Bingaham s’applique généralement pour une gamme de taux


de cisaillement limités et la contrainte seuil obtenue par extrapolation de la courbe
d’écoulement à ̇ = 0 est souvent difficile à déterminer et son utilisation peut conduire à
l’obtention de seuil d’écoulement négatifs.

Pour une explication physique du modèle de Bingham, Delarrard [16] considère que le
béton frais est un mélange granulaire suspendu dans l’eau en supposant de plus que tous les
grains appartiennent à la phase solide (y compris ciment et particules ultrafines, s’il y en a) et
que la teneur en air soit négligeable. Le volume minimum d’eau est alors égal à la porosité de
l’empilement sec. Par définition, le mélange non maniable est donc un empilement dense dont
la porosité est juste saturée par l’eau (voir figure 2.5-a).

Un accroissement du dosage en eau crée un certain jeu entre les grains et des glissements
(déplacement) deviennent possibles (figure 2.5-b). Lorsqu’une contrainte de cisaillement est
appliquée au système, une déformation va se produire, à condition toutefois que la contrainte
soit suffisante pour vaincre les forces de friction entre particules.

31
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Figure 2.5 : De l’empilement sec à la suspension maniable de particules [16]

Dans l’équation 2.2, le seuil de cisaillement ( ) selon Delarrard apparait comme la


contribution de la phase solide où il est contrôlé par le nombre et par la nature des contacts
inter-grains, et non pas par la phase liquide dont le seul rôle est d’influer sur la distance
moyenne entre grains. Le terme ( ̇ ) apparait comme la contribution de la phase liquide
(figure 2.6).

Figure 2.6 : Contribution de la phase solide et de la phase


liquide à la résistance au cisaillement du béton [16]

2.4.2.2. Fluide de Herschel-Bulkley

La réalisation d’un vaste plan expérimental, comprenant plus de 78 mélanges


différents formulés avec les mêmes ingrédients a permis de montrer que le comportement du
béton frais s’ajustait tout a fait bien au modèle de Herschel-Bulkley [42].

Ce modèle suppose l’existence d’une loi de puissance entre contrainte de cisaillement et


gradient de vitesse : = + ̇ (Eq.2.3)

Où : -τ est la contrainte de cisaillement appliquée à l’échantillon.


- ̇ est le gradient de vitesse.
- , sont trois paramètres qui caractérisent l’écoulement du matériau testé.

32
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

est le seuil d’écoulement en cisaillement (Pascal)

Si n>1 le béton est dit rhéoépaississant


Si n<1 le béton est dit rhéofluidifiant.
Si n=1 le béton est de Bingham.
On représente schématiquement dans la figure 2.7, les courbes d’écoulement (évolution du
gradient de vitesse en fonction de la contrainte de cisaillement) associées aux lois décrites ci-
dessus.

Figure 2.7 : Relation entre le gradient de vitesse et la contrainte de cisaillement


pour différents types de fluides [03]

Les caractéristiques rhéologiques du béton frais ( , ) sont accessibles à l’aide des


rhéomètres à béton [26][63]et [64] tels que le rhéomètre « BTRhéom » développé par le
LCPC [16], le CEMAGREF [18] et le viscosimètre BML [65].

Sedran [24] a utilisé le rhéomètre « BTRhéom » pour caractériser l’écoulement des bétons
autoplaçants. Il a montré que le modèle de Herschel-Bulkley permet une bonne description du
comportement rhéologique de ces bétons.
Cependant, pour le béton frais, plusieurs difficultés sont liées à l’emploi d’un modèle à trois
(03) paramètres [16] :
-lorsque le nombre de points expérimentaux est limité, l’incertitude sur la valeur de chaque
paramètre est plus importante que dans un modèle à deux paramètres ;
-le contrôle des propriétés d’écoulement du béton devient plus complexe lorsque l’on change
les proportions de la formule.
-les praticiens peuvent montrer une certaine réserve à utiliser les outils rhéologiques si les
paramètres sont trop nombreux.
C’est pourquoi Ferraris et col [42] ont proposé le modèle de Bingham modifié qui consiste à
garder le modèle de Bingham comme modèle descriptif du comportement du béton frais, à

33
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

condition toutefois d’exploiter préalablement les essais rhéomètriques selon le modèle de


Herschel-Bulkley. Cette approche est résumée sur la figure 2.8. Le rhéogramme de Herschel-
Bulkley (c'est-à-dire la courbe contrainte/gradient de vitesse) est remplacé dans l’intervalle
[0, ̇ ] par une ligne droite obtenue par régression linéaire sur la plage expérimentale, selon
la méthode des moindres carrés. ̇ est ici le gradient maximum de vitesse appliqué à
l’échantillon durant l’essai. Cette droite part du point (0, ) qui est la valeur du seuil de
cisaillement obtenue avec le modèle de Herschel-Bulkley. La viscosité plastique est déduite
3 −1
des autres paramètres de ce modèle, selon la relation : = +2 ̇ (Eq.2.4)

Figure 2.8 : Approximation linéaire du modèle de Herschel-Bulkley par le


modèle de Bingham [16]

Notons que l’on pourrait trouver, selon le modèle de Bingham, un seuil de cisaillement
négatif, surtout pour les bétons autoplaçants [42] où la régression linéaire était réalisée
directement dans le repère « moment de torsion/vitesse de rotation ». Ce constat est illustré
par la droite en pointillée sur la figure 2.8, où le seuil de cisaillement (Γ0,B) est négatif, alors
que celui donné par le modèle de Herschel-Bulkley (ligne continue en gras) et la méthode de
Bingham modifiée (droite continue) est positif. Ce cas peut être expliqué par le fait que les
bétons autoplaçants ont déjà des seuils d’écoulement faibles. La régression linéaire ou non
linéaire sur les valeurs expérimentales peut faire la différence dans la lecture du seuil de
cisaillement.

34
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.4.3. Autres lois de comportement

Plusieurs autres modèles ont été établis (Tableau 2.1) et beaucoup de travaux ont traité
de la pertinence et de l’adaptabilité de ces modèles pour décrire le comportement rhéologique
des bétons [61].
Concernant les bétons autoplaçants, certains auteurs [66] ont proposé un modèle non
linéaire basé sur celui de Bingham appelé aussi « modèle de Bingham modifié» permettant de
décrire de façon satisfaisante l’écoulement de ces matériaux sous la forme :
= + ̇+ ̇ (Eq.2.5)
où «τ0» est le seuil de cisaillement (Pa), « η » est la viscosité (Pa.s) et « c » est un paramètre
de second degré (Pa.s2).
Selon les auteurs, la courbure de la loi de comportement rhéologique est décrite par le rapport
(c/η). (c/η)=0 : est un comportement de Bingham, (c/η)>0 : est un comportement
rhéoépaississant correspondant à n>1 dans la loi de Herschel-Bulkley et (c/η)<0 : est un
comportement rhéofluidifiant correspondant à n<1 dans la loi de Herschel-Bulkley.

Tableau 2.1 : Modèles rhéologiques [61] et [62]

Références Modèles
Newtonien = ̇
Bingham = + ̇
Herschel et Bulkley = + ̇
Modèle en puissance = ̇
n=1 écoulement newtonien
n>1 cisaillement épaississant
n<1 cisaillement fluidifiant
Vom Berg ̇
= + ℎ ( )
Ostwald-de-Waele
Eyring ̇
= ̇ + ℎ ( )
Robertson-Stiff = ( ̇+ )
Atzeni ̇= + +
Paramètres τ : contrainte de cisaillement.
τ0 : seuil de cisaillement.
η : viscosité.
̇ : vitesse de déformation.
A, a,B,b,C, K,α, β,δ :constantes.

35
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.5. Modélisation du comportement rhéologique des suspensions : Cas des bétons


autoplaçants

A partir de différentes lois de comportement rhéologique, reliant la contrainte de


cisaillement au gradient de vitesse, détaillées dans le paragraphe précédent, en général, on
peut dégager deux caractéristiques rhéologiques fondamentales permettant la description de
l’écoulement des bétons. Ces deux caractéristiques sont le seuil de cisaillement ( ) et la
viscosité plastique ( ). Plusieurs chercheurs ont établi des modèles pour relier ces deux
grandeurs rhéologiques aux caractéristiques des bétons.

2.5.1. Modélisation du système granulaire (Matrice-granulat)

En termes rhéologique, c’est évident de considérer que le béton frais, le mortier et la


pâte de ciment sont des suspensions de types différents. Généralement, une suspension peut
être modélisée par deux (02) phases : particules (grains solides) et matrice. Comme c’est
généralement aussi connu que le béton est composé de particules étendues sur une très large
fourchette de masses, dimension, forme, texture très différentes suspendues dans une matrice.

Les différences soulevées dans la littérature au niveau du couple (matrice-particules en


suspension) est une question de choix contrairement à la théorie des suspensions des sphères
submergées dans un liquide newtonien [38]. Par exemple, Wallevik [55] a défini la matrice en
allant jusqu’au mortier (0-2mm), alors que d’autres chercheurs, entre autres Mortsell [67] l’a
défini dans la fourchette (0-0.125mm). Tandis que Delarrard et Ferraris [16] et [42]
considèrent que le béton autoplaçant est une suspension concentrée dont tout les solides
(particules) sont dispersés dans la matrice fluide qui est l’eau.

Nielsen [68] et Geiker [43] considèrent que le béton autoplaçant est à deux phases : la phase
mortier (matrice) dont laquelle les gros granulats sont dispersés. Tandis que Hans [38]
modélise le béton autoplaçant en considérant la pâte comme étant la matrice et les granulats
comme étant les particules en suspension.

2.5.2. Modèles rhéologiques appliqués aux bétons et aux bétons autoplaçants

Les modèles du comportement rhéologique (notamment les modèles de viscosité) pour


plusieurs chercheurs, entres autres Delarrard et Ferraris [16] et [42], Nielsen [68] et Geiker
[43], sont exprimés en fonction du paramètre concentration solide relative (Ø/Ømax).

Par exemple, la viscosité d’une suspension donnée tel qu’un béton autoplaçant est fonction de
ce qu’on appelle « concentration solide » relative à la compacité maximale. Il faut noter que
cette compacité maximale, qui est fonction du type de compactage, est très sensible à la
granulométrie et la forme des granulats.

Le modèle « concentration solide relative » qui était donné au départ par Mooney (1951),
Kreiger et Dougherty (1959) [38] est basée essentiellement sur le fameux modèle de Einsten
(1906) validé seulement sur les suspensions diluées.

36
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Pour cette raison et par le fait que la compacité maximale reste très empirique (virtuelle),
d’autres chercheurs tels que Oh [44], Krell et Hans [38] ont pensé au modèle « Epaisseur de
pâte en excès » (Excess Paste Thickness) qui suppose que les interactions solide-fluide et
solide-solide sont gouvernées par une épaisseur de pâte équivalente à la moitié de la distance
entre deux granulats voisins. Les résultats de ces chercheurs [38] et [44] montrent que les
paramètres rhéologiques (viscosité et seuil de cisaillement) peuvent être exprimés en fonction
de cette épaisseur de pâte indépendamment de la taille des granulats pour Hans [38] ou
inversement pour Oh et Krell [44].

2.5.2.1. Le modèle de concentration solide relative

La plupart des modèles qui sont disponibles dans la littérature (tableau 2.2) décrivant
les deux paramètres rhéologiques ; le seuil de cisaillement et la viscosité, expriment le fait que
ces deux derniers sont fonctions de la concentration des solides rapportée à leur compacité
maximale (Ø/Ømax) où Ø est le volume des particules (granulats) et Ømax est le volume de ces
particules à leur état de compacité maximale. En d’autres termes, le seuil de cisaillement et la
viscosité augmentent avec la concentration solide pour tendre vers l’infini (blocage ou
verrouillage) quand la suspension est proche de l’empilement ((Ø/Ømax) tend vers l’unité).

Donc, dans ce type de modélisation, c’est ce rapport (Ø/Ømax) qui conditionne l’évolution du
comportement rhéologique.

L’influence du rapport (Ø/Ømax) peut s’expliquer par l’aptitude d’une concentration granulaire
de s’approcher de la concentration d’empilement maximale (donc d’une viscosité infinie). Par
exemple, pour une concentration de solides donnée, on s’approche d’avantage de la
concentration maximale (état d’empilement) pour des particules de forme irrégulières que
pour des grains de forme sphérique [15][23]. D’ailleurs, cette concentration d’empilement
maximale se trouve diminuée si on passe d’une forme régulière (roulé) à une forme irrégulière
de grains (concassé) ou en passant d’une granularité large à une granularité serrée [15].

De là, apparait ce rapport (Ø/Ømax) comme un paramètre « maître » lui-même dépendant de la


forme et de l’étendue granulaire des particules.

Le modèle de « concentration solide relative » est souvent dédié à la viscosité pour laquelle
on peut rencontrer plusieurs formes d’expressions mathématiques données par la littérature.
Vue la disponibilité de ces modèles de viscosité, on préfère se concentrer sur ce paramètre
pour illustrer le concept de la « concentration solide relative ».

Selon Delarrard [16], un tel modèle a été proposé au début par Kreiger et Dougherty
(1959). Il a été appliqué à la viscosité apparente de pâtes de ciment. Ce modèle est de la
forme :

[ ] ∗

= 1− (Eq. 2.6)
∅∗

37
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Où est la viscosité de la suspension, :la viscosité du fluide suspendant (eau), ∅: le


volume solide, ∅∗ : est la concentration solide maximale et [ ] est la viscosité « intrinsèque »
de la suspension.

Pour accéder à la valeur de la viscosité intrinsèque, on détermine la limite vers laquelle tend le
rapport ( ) lorsque la concentration « c » tend vers 0.

[ ] = lim ( . 2.7)

[ ] =2.5 pour des sphères.

On désigne le rapport (Ø/Ømax) comme étant « la concentration solide relative ».

Ce modèle de Kreiger-Dougherty a l’avantage de faire référence aux concepts d’empilement


et il est compatible avec l’équation de Einstein [16] : η=1+2.5Ø (Eq.2.8)
Qui s’applique aux suspensions à faible concentration solide de sphères monodispersées.

Tableau 2.2 : Modèles de viscosité des suspensions diluées et concentrées

Auteurs Expression Remarques


Einstein (1906) =1+[ ] Particules sphériques
Avec 0≤Ø≤0.01

Mooney (1951) [ ] Particules sphériques


= ∗
1−

Krieger et Dougherty (1959) [ ] ∗ Particules sphériques



= 1− ∗


Frankel et Acrivos (1967) Particules sphériques
9 ∗
= 1+ ⎛ ⁄

8
⎝1 − ∗ ⎠
Chong et col (1971) Particules sphériques

= 1 + 0.75
1− ∗

Quemada (1977) Particules sphériques


= 1− ∗

Mills (1985) Particules sphériques


1−
=
1− ∗

38
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Pour le cas des bétons, la littérature indique plusieurs modèles dont leurs auteurs ont utilisé ce
concept de « concentration solide relative » entres autres on peut citer : Modèle de Farris
(1968), Modèle de Delarrard-Ferraris (1998) et celui de Kikukawa-Murata (1992).

a) Modèle de Farris

Farris a proposé un modèle qui s’applique aux suspensions polydispersées, c'est-à-dire


pour lesquelles toutes les fractions granulaires sont très différentes en taille, comparées les
unes aux autres [03] et [69].

L’équation pour exprimer la viscosité de la suspension peut être écrite sous la forme :

= 1− 1− 1− (Eq.2.9)

Dans le cas d’un béton Øp, Øc, Øg représentent les concentrations volumiques solides
découplées des classes des particules fines de silices, de ciment et de granulat.

αp αc αg représente les concentrations volumiques d’empilement maximum des particules


fines de silices, de ciment et de granulat.

L’inconvénient de ce modèle est l’absence de prise en compte des interactions entre les
différentes classes granulaires. De plus, la plupart des mélanges hydrauliques ont des
granulométries continues qui s’étendent de quelques nanomètres à quelques centimètres.
Donc, l’hypothèse de la différence des tailles de chaque classe ne peut pas être satisfaite.

Néanmoins, l’auteur a concentré les tailles des principaux constituants (fines de silices,
ciment et granulat) chacun à leur moyenne. Le béton fluide est donc considéré comme une
suspension trimodale.

b) Modèle de Delarrard et Ferraris

De façon plus quantitative, des travaux de (Delarrard et Ferraris) [16] ont été réalisés
sur différents systèmes. La figure 2.9 représente la viscosité plastique en fonction du rapport
volume solide et compacité dense aléatoire Øm (concentration solide relative). Il a été montré
que les résultats expérimentaux se regroupent sur une courbe unique quelque soit la nature du
mélange (mortiers ou bétons avec ou sans superplastifiants, avec ou sans fumée de silice).

La concentration solide (Ø) est déduite de la composition des mélanges, sans prise en
compte de la teneur en air. De même, la compacité (Ø*) a été évaluée avec le modèle
d’empilement compressible en prenant un indice de serrage (K) égal à 9. Cette valeur
correspond à l’arrangement le plus dense qui puisse être atteint dans un processus aléatoire
d’empilement, c'est-à-dire en plaçant les grains un à un.

Ces données sont lissées par un modèle exponentiel :

= 26.75 ∗ − 0.7448 (Eq. 2.10)

39
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Sedran dans ses travaux [24], a obtenu des constantes légèrement différentes donnant une
meilleure description des faibles viscosités:

= 45.88 ∗ − 0.8512 (Eq. 2.11)

Figure 2.9 : Relation entre viscosité plastique et concentration solide relative,


pour une série de mélanges réalisés avec les mêmes constituants [42]

Le seuil de cisaillement dans le modèle de Delarrard et Ferraris est considéré comme


le résultat macroscopique de friction entre grains. Cette friction dans un empilement donné est
contrôlée par le nombre de contact entre grains. Lorsque la taille des grains diminue, le seuil
de cisaillement augmente avec l’augmentation de la friction et le nombre de contact entre les
grains.

Le modèle du seuil de cisaillement est la contribution de chaque fraction « i » à l’indice de


compaction du mélange amplifié par un coefficient qui est fonction de la taille des grains. Il
est supposé augmenter quand la dimension (diamètre) diminue.

= (∑ ) (Eq. 2.12)

∅ ⁄∅∗
Avec = (Eq. 2.13) et = 0.736 − 0.216log ( ) (Eq. 2.14)
∅ ⁄∅∗

« di » est la taille moyenne de la fraction granulaire « i » en mm.

40
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Dans un programme de 23 mélanges sans superplastifiants testés avec le rhéomètre, le modèle


a donné l’équation suivante : = exp 2.537 + 0.540 + 0.854 + 1.134 (Eq. 2.15)

Où , sont respectivement les contributions à l’indice de serrage du gravier, sable et
du ciment.

Pour les bétons autoplaçants, le modèle de Delarrard-Ferraris ne se base pas sur une
optimisation du squelette granulaire comme c’est le cas pour les bétons ordinaires (vise une
compactibilité maximale avec un indice de serrage K=9) mais il optimise d’autres propriétés
sous forme d’un cahier de charge donné par le tableau 2.3.
On peut rappeler que la compactibilité est la capacité des bétons frais à se mettre en place
dans un moule donné selon un procédé donné. Cette compactibilité est liée à l’indice de
serrage K. Elle est maximale pour K=9.

Tableau 2.3 : Les propriétés visées dans le modèle de Delarrard-Ferraris


pour le cas des bétons autoplaçants [16]

Critère Paramètre Cahier de charges


Auto-compactibilité K’ ≤7
Prévention de la ségrégation Kc’ ≥ 3.4
des gros grains
Prévention du blocage des Kg’ ≤1
gros grains (ferraillage
dense)
Prévention de la ségrégation S* ≤ 0.8
(stabilité générale)
Aptitude à l’auto-nivelement τ0 ≤ 500Pa
Pompabilité µ ≤ 200/300 Pa.s
*S=max Si, et Si=1-Ø/Ø*

c) Modèle de Nielsen

Le modèle de Nielsen tel que décrit par Geiker [43] s’est intéressé expérimentalement à
l’influence des granulats sur les caractéristiques rhéologiques d’un béton autoplaçant. Il a
supposé qu’il était possible de considérer un béton comme une suspension de grosses
particules (les granulats) dans un fluide non-newtonien qui est la pâte de ciment.

Les données expérimentales de Geiker ont été comparées aux prédictions théoriques
d’un modèle proposé par Nielsen [68] permettant d’estimer le seuil de cisaillement et la
viscosité d’une suspension d’ellipsoïdes dans un fluide de Bingham en fonction de la fraction
volumique (occupé par les particules) et du rapport de forme (des particules).

Dans ce modèle, il a été observé qu’aussi bien le seuil de cisaillement que la viscosité,
augmentaient quand la fraction volumique normalisé (Ø/Ømax) occupée par les particules
augmentait (voir figure 2.10 et figure2.11). Néanmoins, ces paramètres rhéologiques ne
dépendent pas seulement de cette fraction volumique normalisé mais aussi du facteur d’aspect
41
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

(A) de la phase particules (granulats), où A est le rapport entre la longueur et le diamètre


d’une particule. En outre, ce facteur d’aspect (A) a besoin d’être modifié pour mieux tenir
compte des détails de la forme et la texture des granulats.

Figure 2.10 : Effet de la quantité et le Figure 2.11 : Effet de la quantité et le


type des gros granulats sur le seuil de type des gros granulats sur la viscosité
cisaillement des BAP[43] des BAP[43]

d) Modèle de Kikukawa-Murata

Dans ce modèle, les auteurs [52] considèrent qu’un mélange est constitué de deux
phases : matrice-particules. Pour la pâte de ciment, l’eau est la matrice, le ciment est
considéré comme particules ; pour le mortier, la pâte est la matrice, le sable est la partie
particules ; pour le béton, le mortier est la matrice, le gravier est la partie particules.

Pour estimer la viscosité du mélange, ces auteurs ont proposé l’équation suivante :

⁄ = 1− ∗ (Eq. 2.15)

Où: Øp: concentration volumique de la partie particules.

Øp* : concentration volumique maximale de la partie particules.

k : constante liée aux formes de la partie particules.

Pour les pâtes de ciment courantes, les auteurs ont trouvé que la constante est
approximativement une fonction affine de la concentration volumique des particules
(ciment) : k=-15.6 Øs + 11.2 (Eq.2.16)

Pour les mortiers, la constante k dépend du module de finesse du sable :

k=-0.57.F + 3.04 (Eq.2.17)

42
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Pour les bétons, la constante k dépend du module de finesse du gravier :

k=-0.89.F + 9.31 (Eq.2.18)

L’intérêt de ce modèle est sa simplicité. Il a tenu compte de l’influence des propriétés


géométriques des matériaux, ce qui lui donne plus de sens physique et permet d’espérer
plus de précision.

e) Modèle de Hobbs

Dans ce modèle, Hobbs [69] considère le béton comme un matériau biphasique


constitué d’une pâte de ciment et de granulat. L’auteur essaie de prédire les propriétés
du béton en fonction de celles de la pâte de ciment.

Les lois de comportement de la pâte et du béton sont écrites :

= + (Eq. 2.19)

= + (Eq.2.20)

Où p,b: indices associés respectivement à la pâte et au béton.

La contrainte moyenne et le seuil pour un volume élémentaire représentatif du béton


s’écrivent :

= 1− + (Eq.2.21)

= 1− + (Eq.2.22)

Où: :contrainte
exercée sur le granulat
:contribution du granulat au seuil de cisaillement du béton.
Øg :concentration volumique du granulat

En considérant que seule la pâte est déformable (les granulats sont rigides), le gradient
de vitesse moyenne de déformation dans un volume élémentaire représentatif peut être
écrit sous forme : = (1 − ) (Eq.2.23)

Les deux hypothèses suivantes ont été émises :


= (Eq.2.24)
= (Eq.2.25)
est une constante dépendante de la concentration des granulats, déterminée par
l’expérience.
L’auteur aboutit à la relation suivante :
.
= (Eq.2.26)
Ømax : concentration volumique maximale des grains.

43
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Les équations précédentes conduisent finalement aux formules :


.
= 1+ (Eq.2.27)
.
= 1+ (Eq.2.28)
( )
Ce modèle a été validé pour certains bétons (fermes) mais il n’est pas universel.

f) Modèle de Legrand
Pour estimer le seuil de cisaillement d’une pâte de ciment, Legrand [25] a proposé :
= . ( . ) (Eq.2.29)
Où : Ø : concentration en ciment
a,b : paramètres à ajuster, dépendant de la granulométrie et de la surface spécifique du
ciment.

Il existe d’autres modèles pour estimer le seuil de cisaillement entres autres :


- Le modèle d’Adermann (1991) [53] : = . (Eq.2.30)
Où : Ø : est la concentration solide volumique et (a,b) sont des constantes.

2.5.2.2. Le modèle de l’épaisseur de pâte en excès « E.P.E »

Selon Elbarak [47], en 1940, Kennedy a proposé le concept de la « pâte en excès »


qui est essentielle à la compréhension du mécanisme de l’ouvrabilité du béton frais. Sa théorie
explique le fait que pour atteindre la maniabilité, il est nécessaire d’avoir non seulement assez
de pâte de ciment pour couvrir la surface des agrégats, de manière à minimiser la friction
entre eux, mais aussi un excès en plus pour lui donner une meilleure fluidité.
En ajoutant de la pâte de ciment, les granulats qui étaient en contact d’une manière
serrée (figure 2.12.a) deviennent séparés par une couche de pâte autour d’eux (figure 2.12.b).
Aussi, le vide entre les granulats en contact est rempli d’une partie de cette pâte de ciment.

Figure 2.12 : Illustration du concept de l’épaisseur de pâte en excès [70]

44
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

L’ajout de la pâte de ciment va changer l’interaction entre les agrégats. C’est en quelque sorte
comme un effet de dispersion, c'est-à-dire, les granulats sont repoussées les uns des autres.
Sans une couche de pâte de ciment autour d’eux, le mouvement entre les granulats générait
beaucoup de frottement et de ce fait, la maniabilité sera impossible.

La théorie de la pâte en excès suppose que les granulats dans le béton sont sphériques, et que
la distribution granulométrique dans le béton est continue.

Afin d’appliquer cette théorie, il est nécessaire de définir ses principaux paramètres. La figure
2.13 montre un échantillon de béton où les granulats sont bien espacés par la pâte de ciment.
En considérant que les granulats de l’échantillon sont compactés au maximum, nous allons
extraire la pâte en excès (VPE) qui couvre les granulats. Le volume restant est constitué des
granulats compactés et de la quantité de pâte nécessaire pour remplir les vides du squelette.
Ce volume restant correspond donc au volume apparent des granulats compactés, il est ainsi
composé de deux volumes, le volume solide des granulats (VGR) et le volume de la pâte
compacte (qui a rempli les vides inter-granulaires) (VPC).

Figure 2.13 : Les principaux paramètres du concept de l’épaisseur de pâte en


excès [70]

a) Travaux de S.G.OH [44]

OH a obtenu par l’expérimentation, des équations reliant l’épaisseur de la pâte en


excès autour des granulats et les deux paramètres rhéologiques du modèle de Bingham
(seuil de cisaillement et viscosité) du béton, exprimées par rapport à celle de la pâte. Lors
de la formulation, il faut d’abord optimiser et caractériser la rhéologie de la pâte, puis
déterminer à l’aide de ces équations la proportion minimale de pâte nécessaire pour
fluidifier le béton.

L’auteur défini le paramètre «épaisseur de la pâte en excès» comme étant réparti sur
toute la surface développée des granulats.
= (Eq.2.31)

45
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Où : VPE: volume de la pâte en excès


SGranulats : surface développée par l’ensemble des granulats.
Avec = − (Eq. 2.32)
VP : volume de la pâte
VPC : volume de la pâte intergranulaire (compacte).
VP étant connu, la détermination du volume de la pâte intergranulaire (VPC) correspond au
volume des vides dans un échantillon de granulats compactés.

b) Travaux de Hans [38]

Hans a modélisé le béton autoplaçant par un système biphasé composé de la phase fluide
qui est la pâte et de la phase solide représentée par les granulats.
Les paramètres contrôlant la rhéologie tels que les quantités de la pâte, du mortier ou des gros
granulats ont pu être convertis en un paramètre appelé « épaisseur de pate en excès » (excess
paste thickness EPT en anglais ). En d’autres termes, les interactions solide-fluide et solide-
solide sont contrôlé par cette pâte en excès. (voir figure 2.14)

Figure 2.14 : Modèle de l’épaisseur de pâte en excès proposé pour


le béton autoplaçant [38]

D’après le modèle proposé ci-dessus, qui se situe entre le modèle de Delarrard-Ferraris


[16][42], dans lequel le béton autoplaçant est considéré comme étant une suspension
concentré (les solides dispersés dans la phase liquide qui est l’eau) et le modèle de Neilsen et
Geiker [68][43] dans lequel, on trouve deux phases (phase mortier et phase de granulats
dispersés).

D’après les résultats, l’auteur a démontré que l’épaisseur de pâte en excès est un
paramètre fiable pour décrire la rhéologie (définie par essentiellement par les deux
paramètres : seuil de cisaillement et viscosité) des bétons autoplaçants (voir figure 2.15).

La relation entre les deux paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement τ0 et viscosité


µ) et l’épaisseur de pâte (EPT) est de forme en puissance :
= . et = . (Eq.2.33)
Où a,b,c et d des constantes

46
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

-0.67 LS (A), paste volume


LS : y=32.74x LS (A), paste volume
2
LS (A), mortar volume
R =0.70 LS (A), coarse aggregate volume LS (A), mortar volume
FA (A), paste volume LS (A), coarse aggregate volume
FA (A), mortar volume FA (A), paste volume
FA (A), coarse aggregate volume FA (A), mortar volume
FA (A), coarse aggregate volume

LS and FA :
FA : y=2.86x-1.10 y=1.89x-1.23(R2=0.76)
R2=0.55

Figure 2.15 : Les paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement, viscosité, étalement et


temps d’écoulement au V-funnel) des bétons autoplaçant en fonction de l’épaisseur de
la pâte en excès [38]

c) Travaux d’El Barrak [47]

L’auteur s’est basé sur la théorie de la pâte en excès pour quantifier le volume de pâte
nécessaire à l’écoulement autoplaçant. Il avait défini un facteur d’homothétie entre les
diamètres des granulats bruts et enrobés tout en supposant que l’épaisseur de la pâte en
excès est proportionnelle à la taille des granulats. (Voir figure 2.16)

Figure 2.16 : Epaisseur de la pâte en excès proportionnelle à la taille des granulats [47]

47
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.6. Rhéologie et granularité

La taille des granulats et leur distribution sont souvent citées comme agissant sur le
comportement rhéologique d’une suspension.
La difficulté de l’étude granulaire est de trouver un ou des paramètres permettant de prendre
en compte l’ensemble de la distribution. Il est dommage que la description de la distribution
des granulats soit la plus souvent réduit à son diamètre moyen « d50 » (d50 est la taille du tamis
correspondant à 50% de refus et 50% de tamisât). La forme des granulats peut aussi avoir une
grande importance et beaucoup d’études ne portent que sur des mélanges idéaux : granulats
sphériques et bi-modaux.
Dans une étude faite par L.Struble et A.Schultz et reprise par Catalot [19], on s’aperçoit que
les ciments utilisés dans cette étude ont le même diamètre moyen « d50 » mais des
distributions et des courbes d’écoulement différentes. Ceci montre l’intérêt de ne pas réduire
une distribution à son seul « d50 ».

2.6.1. Travaux d’Hui Zhao [39]

Afin d’évaluer l’effet de la granularité des gros granulats sur les propriétés
rhéologiques des bétons autoplaçants, l’auteur a étudié quelques compositions formulées avec
deux classes granulaires différentes G1 :(5/10) et G2 :(10/20) en utilisant le rapport massiques
entres les deux classes (A/B) comme variante. A et B sont les masses des classes G1 (5/10) et
G2 (10/20) respectivement. Ce rapport (A/B) étant variable entre 4/6 et 7/3 pour donner à
quatre (04) compositions différentes.

Les résultats de cette étude ont montré que :

 La composition granulaire (sable, gravier G1 et gravier G2) correspondant à 39%,


37% et 24% respectivement, donne la meilleure compacité granulaire en vrac
(compacité non tassée).
 L’étalement (essai d’étalement) diminue lorsque le rapport A/B augmente (c'est-à-dire
lorsque la petite classe G1 (5/10) qui domine). L’auteur a attribué ce comportement au
fait que la classe G1 a la plus grande capacité d’absorption d’eau que celle de la classe
G2 (10/20). En augmentant la quantité des gros granulat de classe G1(5/10), l’eau libre
se trouve absorbé d’avantage par cette dernière d’où l’étalement diminue.
 Le rapport (H2/H1), donné par le Lbox (test de mobilité du béton autoplaçant en milieu
confiné), diminue lorsque le rapport A/B augmente. Toutes les compositions ont un
bon cheminement (H2/H1>0.8) en milieu confiné mais l’écoulement se trouve
relativement amorti lorsque la quantité de la classe 5/10 est prépondérante.
 L’essai de stabilité au tamis ou le risque de ségrégation diminue lorsque le rapport
A/B augmente.

48
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.6.2. Travaux d’Abib et Kharchi [41]

Afin de sélectionner la teneur optimale en gros granulats, sable et pâte qui améliore
l’écoulement d’un béton autoplaçant, les chercheurs ont confectionné 03 séries de mélanges
dont les variables sont le rapport volumique du sable/ la pâte (S/P) et le rapport massique
(G1/G2) entre les deux fractions des gros granulats a savoir les classes (3/8) et (8/16) indiquées
par G1 et G2 respectivement.
Pour un rapport Sable/Pâte (S/P) compris entre 0.6 et 0.8, trois proportions granulaires ont été
considérées. Il s'agit d'une combinaison massique (1) de 67% de granulats de la fraction G1 et
33% de G2, soit G1/G2=2, une autre (2) qui présente une combinaison massique de 50% de G1
et 50% de G2, soit G1/G2=1 et enfin une combinaison massique (3) de 33% de G1 et 67% de
G2, soit G1/G2=0.5.
Les résultats ont conduit à confirmer à ce que le mélange de béton autoplaçant le plus optimal
(meilleure ouvrabilité et stabilité) est celui qui se base sur un faible rapport volumique
sable/pâte (S/P=0.6) avec un squelette granulaire plus riche en gravillons de faible dimension
(2/3 de G1 et 1/3 de G2 ou G1/G2=2).
Les résultats de l’essai d’étalement donnés par les 03 séries de béton autoplaçant
confectionnés (BAP1, BAP2 et BAP3) sont donnés par la figure 2.17.

Figure 2.17 : Effet de la teneur en gros granulats et du rapport


sable/pâte sur l’étalement du béton autoplaçant avec E/L=0.4.

49
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.6.3. Travaux de Khalleel [40]

L’objectif de cette étude est d’évaluer l’effet de trois types de gros granulats, un
gravier concassé, un gravier non concassé (naturel) et un autre de type calcaire concassé, sur
le comportement rhéologique des bétons autoplaçants à travers leurs textures et leur
dimensions maximales prises variable (Dmax=10 et 20mm). Les trois types de graviers sont :

La dimension maximale des granulats (Dmax), la texture et la forme ont une influence majeure
sur le comportement rhéologique des bétons autoplaçants.

Les résultats ont montré :


 Qu’en augmentant la dimension maximale des gros granulats (Dmax), l’étalement et la
mobilité en milieu confiné (donnée par le Lbox) se trouvent réduits pour un même
dosage de superplastifiant et un même rapport (E/Pâte) (Pâte : ciment et fillers).
 En utilisant un gravier non concassé, l’étalement, la mobilité en milieu confiné et la
résistance à la ségrégation sont améliorés par rapport à un gravier concassé.

2.6.4. Travaux de Jiong Hu [37]

Dans cette étude, le béton est modélisé par un système biphasé composé de gros
granulat (gravier) et le mortier.
Le rôle du mortier dans le béton est de lier les particules de gravier entre eux et remplir les
vides intergranulaires.
Selon l’auteur, la quantité de mortier requise pour un béton ouvrable dépend du
volume des vides entre les gros granulats et de leur surface spécifique totale. Ces deux
facteurs sont fonctions de la taille, la granulométrie, la forme et la texture.
L’analyse granulométrique permet de caractériser la taille et la répartition des particules mais
pas leur forme, leur angularité ou leur rugosité (texture). Pourtant, ces trois dernières
caractéristiques géométriques influent beaucoup sur l’écoulement du béton.
Pour cela, l’auteur a proposé l’essai « UVC : uncompacted voids content » ou taux de vides
non compactés pour les granulats qui prend en charge les trois caractéristiques ; forme,
angularité et texture en plus de la taille et la granularité.
Les figures 2.18 et 2.19 montrent les deux paramètres rhéologiques : seuil de
cisaillement et viscosité des bétons confectionnés avec des gros granulats (gravier) de
différentes tailles (4.75mm, 9.5mm, 12.5mm et 19mm) et de différentes granulométrie (G1, G2
et G3) de module de finesse de 7.27, 7.06 et 6.85 respectivement.
Les paramètres rhéologiques sont déterminés à l’aide du rhéomètre (IBB) pour béton. Le
comportement rhéologique des bétons testés est conforme au modèle de Bingham. Ce
comportement de Bingham est caractérisé par le seuil de cisaillement (donné par le terme
« interception :G») et la viscosité (donné par le terme « slope :H »). (voir figure 2.20).

Les résultats montrent que lorsque les gros granulats (graviers) ont une granulométrie
continue, les paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) sont nettement plus
faibles par rapport aux bétons confectionnés avec des gravier de taille uniforme. Selon
l’auteur, cela est lié au pourcentage des vides (donnés par l’essai UVC).
50
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Figure 2.18 : Effet de la taille des gros granulats sur les paramètres rhéologiques du béton.

Les bétons confectionnés avec des graviers de granulométrie continue, dont l’essai de
« UVC » a donné de faibles valeurs, exigent moins de mortier pour remplir les vides
intergranulaires et plus de mortier en excès disponible pour couvrir et envelopper toute la
surface des granulats. Ce qui améliore l’écoulement et réduire les paramètres rhéologiques
(seuil de cisaillement et viscosité faibles).

Lorsque les graviers de taille uniforme sont utilisés, les paramètres rhéologiques
augmentent avec la diminution de la taille des granulats. Les granulats de faible dimension
demandent plus de mortier pour s’envelopper (effet de la surface spécifique élevé). Donc pour
une même quantité de mortier, les paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité)
d’une composition de béton formulé avec des granulats de taille uniforme faible sont
généralement plus élevés que ceux issus d’une composition formulée avec des granulats de
taille uniforme supérieure.

Figure 2.19 : Effet de la granulométrie sur les paramètres rhéologiques du béton

51
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Figure 2.20 : a) Protocole du test rhéologique (vitesse de rotation en fonction du temps).


b) Rhéogramme type d’un béton (en montée et en descente de la vitesse de rotation du
mobile agitateur).

2.7. Rhéologie et compacité

Dans une très grande majorité des cas de formulation, l’optimum aussi bien
économique que technique (rhéologique notamment) conduit à rechercher la compacité
maximale du squelette granulaire du béton mis en œuvre. En effet, à quantité de pâte donnée,
l’optimum de maniabilité correspond à l’optimum de compacité du squelette [71]. Toutefois,
cette approche n’est plus valable lorsqu’on impose des propriétés singulières au béton
notamment rhéologique (béton pompable ou autoplaçant).

2.7.1. Granulats et empilement granulaire

La majorité des travaux rencontrés dans la bibliographie concernent seulement les


empilements granulaires des particules dont les tailles sont supérieures à 100µm.

2.7.1.1. Propriétés d’empilement

Généralement, la compacité des assemblages de grains solides en présence de fluide


(sols saturés, ciment frais, enrobés bitumineux…) est utilisé pour caractériser l’état de ces
matériaux. La compacité est utilisée pour tenter de prédire leur comportement à l’écoulement
et devient ainsi une aide pour caractériser sa formulation.

En général, pour tous matériaux confondus, trois états de compaction reproductibles


ont été identifiés dans la littérature pour des sphères uniformes : compacité dense aléatoire
(Øm), compacité maximale (ØM) et compacité lâche aléatoire (Øl)[03].

On se réfère souvent à la compacité dense aléatoire (Øm) qui est implicitement liée à la
géométrie des grains. Ainsi pour l’aide à la formulation des bétons par exemple [16], on
corrèle la viscosité d’un béton à base de granulats à partir de la mesure de compacité.

52
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

La compacité dense aléatoire est un paramètre empirique utilisé pour caractériser la fraction
volumique maximum d’un système de solide quand il est tassé de façon aléatoire. Il n’a pas de
définition précise. Il est défini statistiquement et les résultats sont empiriques. Avec des
particules sphériques, la compacité maximale est classiquement estimée à une valeur
légèrement inferieure à 0.64. Elle peut atteindre des valeurs de 0.74 pour des particules
ellipsoïdes [03]. Il est à noter que la compacité dense aléatoire d’empilement n’est pas à
confondre avec la compacité maximale d’empilement (ØM). Cette dernière, souvent non
mesurable, équivaut à un arrangement parfait de particules avec une énergie maximale
apportée au système (voir figure 2.21).
Tandis que la compacité lâche aléatoire est difficile à mesurer en pratique. Elle est
généralement associée à l’état de compaction le plus lâche possible et mécaniquement stable.
Ce paramètre est très important dans la compréhension des phénomènes rhéologiques. C’est
pour cela qu’il faudra donner un sens rhéologique à ce paramètre et de le lier à la fraction
volumique pour laquelle le comportement rhéologique diverge [03].

Figure 2.21 : Les trois états de compacité utilisés dans les assemblages
de grains en présence de fluide [03]

2.7.1.2. Compacité granulaire :

D’un point de vue géométrique, il existe plusieurs méthodes pour calculer, à partir de la
répartition granulaire, l’empilement granulaire menant à une compacité maximale.

Différentes approches classiques, menant à des résultats semblables, ont été proposées par
le passé. Citons par exemple les travaux de Féret, Caquot ou Fuller Thompson [15]. Une
relation simple, dérivée des travaux de Caquot, donnant la porosité minimum (pmin) (d’où une
compacité maximale) d’un mélange en considérant l’étendue granulaire (d/D) et prend la
forme de l’équation (2.34). Notons que ce modèle simple ne concerne pas les grains de forme
irrégulière et il ne considère pas les populations de grains intermédiaires.

= (Eq. 2.34)

53
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Où d est la moyenne des diamètres de l’ensemble des grains les plus fins, D est la dimension
maximum du plus gros grain et α est un coefficient sans dimension qui doit être déterminé
expérimentalement (habituellement entre 0.75 et 0.85).

Des approches récentes, souvent plus complexes, ont également été développées. Elles
permettent de prendre en compte des paramètres tels que la forme des particules ou leur
angularité étalées. Parmi ces approches, on peut citer le modèle d’empilement compressible
(MEC) développé au LCPC par Delarrard [16].

Dans le cas des sables et des graviers avec un Dmax>80µm, la compacité réelle peut être
mesurée en utilisant différents procédé (déversement, piquage avec tige, vibro-compactage
etc..). Chacun de ces procédés est caractérisé dans le modèle (MEC) par un indice de serrage
« K ». L’expérience montre que l’empilement est plus compact (indice de serrage élevé) avec
la méthode de vibro-compactage [24]. Il assure donc un serrage maximum (indice de serrage
égal à 9). Le tableau 2.4 récapitule les différents indices de serrage K en fonction du mode de
mise en place pour un remplissage à sec.

Tableau 2.4 : Indice de serrage en fonction du mode de mise en place [16]

Procédé de Déversement Piquage avec tige Vibration Vibro-compactage


remplissage
K 4.1 4.5 4.75 9

A titre d’exemple, pour un mélange binaire de grains ayant un rapport de taille de 1/8, d’après
le modèle d’empilement compressible et pour des valeurs croissantes de K, la compacité est
montrée par la figure 2.22.

Figure 2.22 : Compacité de mélanges binaires


de grains ayant un rapport de taille de 1/8. [16]

54
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.7.2. La compacité dans les modèles rhéologiques

Le modèle de Kreiger-Dougherty, déjà décrit par l’équation 2.6 dans le paragraphe


2.5.2.1, fait référence aux concepts d’empilement. Il exprime le fait que la viscosité augmente
avec la concentration solide, pour tendre vers l’infini quand la suspension est proche de
l’empilement (la compacité maximale).

En fait, tous les autres modèles rhéologiques (déjà donnés dans le paragraphe 2.5.2.1), qui se
basent sur le même principe de Kreiger-Dougherty et qui expriment les paramètres
rhéologiques (notamment la viscosité) en fonction du rapport (Ø/Ø*), admettent que la
rhéologie du béton dépend de l’arrangement d’une concentration donnée. Plus la
concentration a une aptitude de s’approcher davantage vers l’état d’empilement (compacité
maximale) plus elle a tendance à avoir un écoulement défavorable (viscosité et seuil de
cisaillement élevé).

Par exemple, pour une concentration donnée, on s’approche davantage de (Ø*), donc d’une
viscosité infinie) pour des particules de forme irrégulière que pour des grains sphériques.
La figure 2.23 montre l’augmentation de la viscosité pour des particules lorsque leur
élongation (diamètre/longueur) varie de 1 (sphères) à 27 (fibres).

Figure 2.23 : Effet de la forme et la concentration solide (Γ)


par rapport à la concentration maximale (Γmax) sur la viscosité
de suspensions [15]

Pour une concentration donnée formée par un mélange bimodale de deux diamètres
différents (d/D), on s’approche davantage de la concentration d’empilement (compacité
maximale) (Ø*), donc d’une viscosité infinie, pour des mélanges qui ont une faible étendue
granulaire (d/D élevé). En effet, la compacité maximale, diminue lorsque l’étendue granulaire
diminue. Pour les mélanges de forte étendue granulaire, le cas d’une granulométrie étendue,
leur concentration ne s’approche pas « brusquement » de la concentration d’empilement.
C’est pour cette raison, que leur comportements rhéologiques est favorable (voir figure 2.24).

55
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

En réalité, les paramètres rhéologiques ne dépendent pas seulement de la concentration des


solides mais de la concentration des solides rapportée à leur état d’empilement potentiel.

Dans une étude de Chang et Powel reprise par Sedran [24] où ils ont étudié la viscosité des
suspensions de mélanges binaires de grains de diamètre maximum. Ils ont montré que tous
leurs résultats s’ajustent sur une seul courbe maitresse en fonction du rapport (Ø/Ø*). Cette
influence du rapport (Ø/Ø*) est expliqué par l’aptitude d’une concentration granulaire de
s’approcher de la concentration maximale (donc d’une viscosité infinie).

Figure 2.24 : Effet de l’étendue granulaire (d/D) et la concentration solide


(Γ) par rapport à la concentration maximale (Γmax) sur la viscosité des
suspensions [15]

2.8. Rhéomèteries et rhéomètres existants

Les appareils qui mesurent l’écoulement du béton (contrainte de cisaillement en


fonction de la vitesse de déformation) sont appelés des rhéomètres.

Selon Ferraris [72], les mesures rhéologiques sont délicates à réaliser dans le cas des bétons,
du fait de l’étendue des tailles des particules qui le composent (de 1µm à 15mm voire 20mm).

2.8.1 Les rhéomètres existants

Les principaux rhéomètres de bétons disponibles sont :


 Contec BML (Iceland)
 BTRHEOM (France)
 CEMAGREF-IMG (France)
 IBB (Canada)
 Two Point (Grande Bretagne)

56
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Ces rhéomètres peuvent être classés en trois catégories :


 Les rhéomètres à cylindres coaxiaux (Contec BML et CEMAGREF-IMG).
 Les rhéomètres à plan parallèle ou plan-plan (BTRHEOM).
 Les rhéomètres agitateurs malaxeurs (Two Point et IBB).

Le but principal de tels rhéomètres est d’arriver à caractériser l’écoulement du béton en


déterminant les caractéristiques rhéologiques intrinsèques en évitant le plus possible des
phénomènes perturbateurs.

2.8.1.1. Rhéomètre Two-point test

Le rhéomètre « Two-point test » de Tattersal est le premier rhéomètre à bétons crée en


1987. Il est constitué d’un arbre moteur qui joue le rôle d’agitateur muni de quatre (04) lames
de forme trapézoïdale fixés en position hélicoïdal autour de l’arbre. Le tout est plongé dans
une cuve contenant du béton. (Voir figure 2.25)
Le moment est mesuré indirectement à travers la pression d’huile dans l’unité de commande.
Etant donné la présence d’un écoulement bouchon ou piston, ce rhéomètre n’offre pas la
possibilité de monter directement aux caractéristiques rhéologiques intrinsèques
(fondamentales) du béton. Pour cela, il faut tracer une courbe d’écoulement dans un repère
formé par le moment résistant (M) et vitesse angulaire imposé (V).

Figure 2.25 : Le rhéomètre « Two-point test» de Tattersal [23]

Il mesure les paramètres rhéologiques du béton frais en le considérant comme un fluide de


Bingham. La relation entre le couple appliqué (M) et la vitesse de rotation de l’outil (V) est
sous la forme : = + ℎ. (Eq.2.35)
Pour passer aux grandeurs fondamentales, Tattersal [09] a utilisé la théorie des écoulements
laminaires des fluides newtoniens. Les deux paramètres fondamentaux, le seuil de
cisaillement (τ0) et la viscosité (µ) sont données par les relations suivantes :

57
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

.
= (Eq. 2.36) Et = (Eq. 2.37)
. .
Où B et K sont des constantes de l’appareil. Ils sont calibrés expérimentalement avec des
fluides newtoniens et des fluides non newtoniens connus. « D » est le diamètre de l’agitateur.
g et h sont les deux paramètres « bruts » de la courbe d’écoulement : M=f(V).

Les critiques apportées à ce rhéomètre selon [22] et [23] sont :


-La forme de l’agitateur pourrait ne pas laisser l’écoulement dans un régime laminaire.
-Le phénomène de « l’écoulement piston » entraîne une hétérogénéité du milieu et entraine
une hétérogénéité du champ de cisaillement. L’hypothèse d’un milieu continu n’est donc pas
respectée.

2.8.1.2. Rhéomètre IBB

Le rhéomètre IBB est développé en 1994 par Beaupré (Canada). Il provient de la


modification du rhéomètre Two-Point en un outil mélangeur planétaire en forme de H. (voir
figure 2.26)
Le rhéomètre IBB est un rhéomètre de type malaxeur. Il a initialement été conçu pour mesurer
les propriétés rhéologiques des bétons projetés par voie humide. Depuis, il est utilisé pour une
large gamme de consistances de béton, allant de 20 mm d’affaissement à un mélange
autoplaçant.

Figure 2.26 : Le rhéomètre IBB de beaupré [23]

La taille maximale des granulats permise est de 25mm pour les bétons et 12mm pour
les mortiers. Le volume de l’échantillon testé est de 21 litre pour le béton et 07 litre pour les
mortiers.
Un bol cylindrique de 36cm de diamètre et de 25cm de hauteur permet de contenir le mélange
de béton dans lequel l’agitateur est inséré pour l’essai. Celui-ci consiste à imposer au

58
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

mélange, différentes vitesses de cisaillement pour mesurer le couple appliqué à chacune des
vitesses. Une cellule de charge mesure le couple de l’agitateur tandis qu’un tachymètre
mesure la mesure de rotation de l’agitateur. La relation linéaire entre le couple et la vitesse est
définie par la pente « H » et l’abscisse à l’origine « G », lesquels décrivent respectivement la
viscosité plastique et le seuil de cisaillement.
Le désavantage majeur du rhéomètre IBB est son incapacité à donner les deux paramètres
rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) en unité fondamentale (Pa et Pa.s).

2.8.1.3. Rhéomètre BML

Le BML est un rhéomètre à cylindre coaxial avec une rotation du cylindre extérieur.
Les cylindres sont munis de lamelles parallèles à leur axe (figure 2.27). Cette géométrie
permet une meilleure adhérence du matériau aux outils et limite le glissement à la surface des
cylindres.

Figure 2.27 : Le rhéomètre BML [23]

Ce rhéomètre peut s’adapter en plusieurs systèmes de mesure en fonction de la taille


maximale des granulats.
Généralement, dans la partie inférieure des viscosimètres à cylindre coaxiaux, existe un
cisaillement tridimensionnel dans le matériau (effet de bas). Dans cette partie, la contrainte
de cisaillement n’est pas uniforme pour une vitesse angulaire donnée. A ce même niveau, le
matériau ne peut pas atteindre un cisaillement stable (l’équilibre) pour une déformation
donnée. On note que ce rhéomètre essaye de minimiser ou d’éliminer « l’effet de bas » par
une unité inférieure annexée au petit cylindre (cylindre intérieur) (axe qui se termine par une
hélice). Cette unité inférieure assure l’existence seulement des contraintes de cisaillement en
plan (indépendamment à l’axe de z) dans le matériau testé. La résultante de ces contraintes de
cisaillement c’est le moment induit sur le cylindre intérieur et que l’instrument enregistre).

59
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

En fonction de la composition, pendant le cisaillement, une augmentation permanente du


volume du béton peut être observée. On l’appelle généralement la dilatance. En parallèle, une
certaine quantité du matériau par exemple la pâte et les granulats fins est extraite du matériau
testé à la proximité du grand cylindre et qui se migre vers les espaces de forte dilatance,
exactement au voisinage de petit cylindre. Par conséquence, une grande quantité des gros
granulats apparaît au voisinage du grand cylindre, ce qui conduit à un écoulement
bouchon « plug flow ».
En tenant compte de ces phénomènes lors des essais, ce rhéomètre a le mérite de nous donner
les caractéristiques rhéologique à partir d’un passage de la fonction brute : T=f(N) ; de type
T=To+H.N (où T est le moment induit par le béton et N est la vitesse angulaire) à la fonction
fondamentale : τ= f(γ), de type τ= τo+μγ, (où τ est la contrainte de cisaillement et γ est le
gradient de vitesse) en utilisant la théorie de la mécanique des fluides.
L’inconvénient de ce rhéomètre est le manque de précision dans la mesure du fait de sa
géométrie qui crée des zones morte entre les lamelles.

2.8.1.4. Rhéomètre CEMAGREF-IMG

Le rhéomètre CEMAGREF-IMG de Coussot (1993) est un rhéomètre à cylindres


coaxiaux avec une rotation du cylindre interne contrairement au rhéomètre BML. Il peut
contenir une quantité remarquable par rapport aux autres rhéomètres (500litres) (voir figure
2.28).

Figure 2.28 : Le rhéomètre CEMAGREF-IMG de Coussot [23]

Son principe se base sur la rotation du petit (cylindre de l’intérieur) avec le grand
cylindre (extérieur) fixe. Le grand cylindre est équipé par les lames (palettes) verticales sur
son paroi, alors que celui de l’intérieur est équipé par des grilles afin de limiter le glissement
du béton. A la base de ce dernier, il existe un joint pour éviter la fuite du béton.

60
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Parmi les avantages que procure ce rhéomètre c’est la grande dimension qui respecte la taille
maximale des granulats. Cependant, le rapport des rayons des cylindres intérieur et extérieur
est élevé, ce qui laisse prédire un écoulement de type bouchon pour le cas des matériaux
viscoplastique. C’est à dire que seulement le béton qui est en voisinage du cylindre intérieur
qui est cisaillé.

Pour le calcul du seuil de cisaillement (τo) et la viscosité (μ), il est nécessaire de supposer
qu’il n’y a pas de glissement. Cela veut dire que la vitesse angulaire du béton prise en compte
est celle qui est à proximité du cylindre intérieur. A partir de là, on peut analyser la meilleure
conformité des courbes moment-vitesse angulaire qui permettent un bon accord avec le
modèle de Bingham.

2.8.1.5. Rhéomètre BTRHEOM

Le BTRheom est un rhéomètre développé par le LCPC au début des années 1990. Un
outil plan-plan est inséré dans ce rhéomètre sachant que le plan supérieur est en rotation alors
que le plan inferieur est fixe. Donc, le béton est cisaillé entre la base qui est fixe et le haut qui
tourne autour de son axe vertical (voir figure 2.29). Il peut contenir 7 litres environ.
Ce rhéomètre est destiné pour les bétons plastiques à fluides (affaissement supérieur à 10cm)
avec une taille maximale des granulats égale à 25mm.

Figure 2.29: Le rhéomètre BTRHEOM et son mode de fonctionnement [16]

L’avantage de ce rhéomètre est que les paramètres rhéologiques sont calculés et obtenus
directement en unité fondamentale. Il n’est pas nécessaire de calibrer l’appareil. Il est donc le
seul rhéomètre susceptible de mesurer la viscosité plastique du béton.
Les inconvénients sont liés à la géométrie de mesure qui entraine une usure du joint
d’étanchéité (à changer lors de chaque essai), de la mise en place et de la difficulté de
l’utilisation de ce rhéomètre.

61
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.8.2. Effets perturbateurs dans les rhéomètres à béton

Un descriptif détaillé des problèmes liés à l’utilisation d’un rhéomètre à béton et des
effets perturbateurs existent dans la littérature et précisément celle de Coussot et Ancey [73].
Parmi ces phénomènes perturbateurs, on peut citer :
 L’espace entre les deux cylindres du rhéomètre ou l’entrefer : un compromis doit être
fait entre un grand entrefer (au minimum dix fois plus grand que le diamètre moyen
des particules selon Coussot et Ancey [73]) et un petit entrefer permettant un
cisaillement homogène du béton.
 Le glissement : se produit à l’interface entre la paroi des outils et l’échantillon.
 La migration des particules : la pâte et les granulats fins sont extraits du matériau testé
pour s’émigrer vers les espaces de forte dilatance. Ce qui conduit généralement à un
écoulement de type piston.
 La forme des agitateurs risque de modifier l’écoulement laminaire.
 La contrainte de cisaillement n’est pas uniforme pour une vitesse angulaire donnée. Le
matériau ne peut pas atteindre un cisaillement stable (l’équilibre) pour une
déformation donnée.
 L’échantillon, au lieu d’être cisaillé, localise les contraintes et donc la déformation
dans un plan de rupture.

2.8.3. Comparaison entre les rhéomètres existants


A travers la lecture des modes d’utilisation des différents rhéomètres, on note que
l’écoulement du béton dans les rhéomètres coaxiaux tels que ; BML et CEMAGREF-IMG et
même celui à plan parallèle (BTRheom) est facile à modéliser. Le passage de l’équation du
moment- vitesse de rotation : M=f(V) à l’équation contrainte de cisaillement-gradient de
vitesse de déformation : = ( ̇ ) se fait par une formulation mathématique utilisant la
mécanique des fluides.
Par contre, pour les rhéomètres agitateurs tels que IBB et Two-point test, l’écoulement du
béton est difficile à modéliser. Il se fait sur des hypothèses liées aux caractéristiques
rhéologiques des fluides déjà connus.
Le tableau 2.5 présente une comparaison des cinq (05) rhéomètres à bétons étudiés
concernant la contenance et le type de bétons ciblés par les mesures.
Tableau 2.5 : Comparaison entre différents rhéomètres à béton
Rhéomètre Géomètre de mesure Contenance (L) Type de bétons mesurés
Two-Point Outil mélangeur 10 Aff >100mm
BML Cylindres coaxiaux 17 Pâte de ciment, BO, BAP

62
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

BTRheom Plan parallèle 7 Aff >100mm


CEMAGREF Cylindres coaxiaux 500 -
IBB Mélangeur planétaire en H 21 Aff >ou égal à 20mm
En fait, les rhéomètres existants sont difficilement comparables entre eux car leurs modes
de mesure et leurs géométries sont variables. L’utilisation d’un matériau modèle de référence
permettrait de calibrer ces rhéomètres, mais à l’heure actuelle on ne dispose pas de matériau
de ce type pour simuler le comportement des bétons [64].
Une compagne expérimentale a été faite par Banfill [64] afin de comparer simultanément les
différents appareils utilisés pour les bétons. Cette compagne a permis de comparer deux
rhéomètres de type malaxeur (agitateurs) (le Tow-point test et IBB), deux rhéomètres en
cylindres coaxiaux (BML et CEMAGREF-IMG) ainsi qu’un rhéomètre en géométrie plan-
plan (le BTRheom).
Les paramètres rhéologiques fondamentales peuvent être calculées directement dans le cas du
BTRheom et le CEMAGREF-IMG. Le rhéomètre BML donne des résultats qui peuvent être
convertis dans les unités fondamentales selon une méthode indirecte. En revanche, les
résultats du rhéomètre IBB ne peuvent être rapportés en unités fondamentales.
La compagne d’essais a montré également que les rhéomètres peuvent être classés en deux
groupes selon les ordres de grandeur des résultats obtenus :
 Groupe de valeurs élevées : le BTRheom et le CEMAGREF-IMG. Ils présentent une très
bonne corrélation.
 Groupe de valeurs faibles : le BML et le Two-point test. Ils présentent une bonne
corrélation.

Néanmoins, les corrélations entre les deux groupes sont moins satisfaisantes, des relations ont
été établies entre les mesures de seuil de cisaillement et de viscosité obtenues entre les
différents rhéomètres. Par exemple, les seuils de cisaillements obtenus au BTRheom et au
BML sont reliés selon l’expression suivante :

(BML)=0.5 ( ℎ ) − 122 (Eq.2.38)


Malgré que les deux rhéomètres CEMAGREF-IMG et BML appartiennent à la même
catégorie (rhéomètres à cylindres coaxiaux), c'est-à-dire qu’ils ont la même géométrie de
mesure, leur corrélation n’est pas satisfaisante. Cela est dû d’après Banfill [64] à certaines
exigences géométriques qui ne sont respectées par tous les rhéomètres telles que la distance
entre les parois des deux cylindres (l’entrefer) qui doit être de l’ordre de cinq (05) fois la taille
des plus grosses particules ( d(entrefer)= 5 Dmax). Cette condition est vérifiée seulement par
les deux rhéomètres BTRheom et le CEMAGREF-IMG. De plus, certaines problèmes de
glissement aux parois peuvent perturber la mesure, c’est le cas pour les rhéomètres IBB et
Two-point test.

63
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

2.8.4. Domaine de valeurs des paramètres rhéologiques obtenues pour le cas des BAP
Selon Delarrard [16], les valeurs exigées des paramètres rhéologiques des bétons
autoplaçants sont, un seuil de cisaillement inferieur à 500 Pa et une viscosité plastique
comprise entre 100 et 200 Pa.s. Selon Banfill [64], le seuil de cisaillement doit être compris
entre 50 et 200 Pa et la viscosité entre 20 et 100 Pa.s (voir le tableau 2.6).
Le tableau 2.6 résume les plages de valeurs des paramètres rhéologiques pour les matériaux
cimentaires donnés par Banfill [64].

Tableau 2.6 : Les plages de valeurs des paramètres rhéologiques pour les matériaux
cimentaires [64]

Matériaux Pâte de ciment, Mortier Béton fluide Béton Béton


coulis autoplaçant ordinaire
Seuil de 10-100 80-400 400 50-200 500-2000
cisaillement
(Pa)
Viscosité 0.01-1 1-3 20 20-100 50-100
plastique
(Pa.s)

Selon Wallevik [79], le seuil de cisaillement exigé pour les bétons autoplaçants doit
être inferieur à 200 Pa.
Dans un autre article, plus récent, Wallevik [55] recommande que pour obtenir les propriétés
rhéologiques d’un béton autoplaçant, le béton doit présenter des paramètres rhéologiques, de
seuil de cisaillement et de viscosité plastique; combinées et se trouvant dans un domaine bien
déterminé. Pour cela, il propose un domaine de valeurs des paramètres rhéologiques
dites « acceptables » formé par le couple (µ,τ0) donnée dans la figure 2.30. On note que les
résultats rhéologiques pour l’élaboration de ce domaine sont restreints à 3 rhéomètres
Islandais à savoir : le viscosimètre Mk II (Two-Point), Contec BML, et le ConTec
viscosimètre (CT).
D’après la figure 2.30, on constate que le seuil de cisaillement des BAP peut varier de 0 à 100
Pa et la viscosité plastique peut varier entre 7 et 200 Pa.s et même plus si on utilise des BAP
fibrés.

64
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

La figure 2.30 (de gauche) montre aussi que si la viscosité plastique est inferieure ou égale à
40 Pa.s, le béton autoplaçant doit avoir un seuil de cisaillement suffisant pour maintenir une
résistance à la ségrégation. D’autre part, si le béton autoplaçant est trop visqueux (viscosité
plastique supérieure à 80 Pa.s), le seuil de cisaillement doit être proche de zéro (inferieure à
15 Pa) pour maintenir une capacité de remplissage suffisante pour l’autoplasticité. Pour une
très grande viscosité du BAP (µ>100Pa.s) le seuil de cisaillement doit être généralement nul
pour maintenir un écoulement acceptable.

Figure 2.30: Domaine de valeurs des paramètres rhéologiques (µ,τ0) d’un BAP
proposé par Wallevik [55].

Selon les méthodes de compositions adoptées dans chaque pays et selon les matériaux aussi,
on constate sur la figure 2.31 que les deux paramètres rhéologiques diffèrent d’un pays à
l’autre, notamment la viscosité. Par exemple dans les pays qui sont considérés comme des
pionniers dans la formulation des BAP tels le Japon et la Suède, leur béton autoplaçants
affichent une grande valeur de viscosité dû à la grande quantité de pâte utilisée dans leurs
compositions (notamment la méthode Japonaise), tandis que le seuil de cisaillement est
négligeable ou tend vers zéro.
Tandis que dans d’autres pays tels que la Norvège et l’Islande où leur granulats utilisés sont
de très bon qualité (point de vue forme et morphologie), leur bétons autoplaçants affichent de
faible valeur de viscosité et relativement de forte valeurs de seuil de cisaillement (entre 20et
40 Pa).

65
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

Figure 2.31: Résultats des paramètres rhéologiques (µ,τ0) des BAP dans quelques
pays par rapport au domaine proposé par Wallevik [55]

2.9. Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté principalement les différentes lois de
comportement pour décrire l’écoulement d’un béton en général et un béton autoplaçant en
particulier afin de déterminer les paramètres rhéologiques qui peuvent les caractériser. Les
différents concepts et modèles rhéologiques pour décrire ces paramètres ainsi que les moyens
expérimentaux utilisés dans la rhéologie des bétons sont aussi étudiés.

Il s’avère qu’un béton frais suffisamment fluide (affaissement supérieur à 10cm) comme le
béton autoplaçant peut être considéré comme une suspension concentrée pour utiliser les
outils rhéologiques tels que les rhéomètres et décrire son écoulement. Le développement des
rhéomètres destinés au béton a permis d’identifier son comportement rhéologique à l’état
frais. Ce comportement rhéologique est exprimé à l’état brut par la courbe (moment résistant-
vitesse de rotation du mobile) et à l’état fondamental par la courbe (contrainte de cisaillement-
gradient de vitesse).

Les deux principales lois de comportement fréquemment utilisées pour décrire l’écoulement
d’un béton sont la loi de Bingham et la loi de Herschel-Bulkley. La loi de Bingham est une
relation linéaire entre la contrainte de cisaillement et le gradient de vitesse, à deux paramètres
rhéologiques, directement identifiés et qui sont le seuil de cisaillement et la viscosité
plastique. Tandis que la loi de Herschel-Bulkley est une relation non linéaire identifiée par
trois (03) paramètres caractérisant l’écoulement. Le passage à deux paramètres rhéologiques
déjà connus (seuil de cisaillement et viscosité plastique) peut se faire selon la méthode dite de
Bingham modifiée.
L’utilisation de quelques rhéomètres a déjà montré la tendance de la loi de Herschel-Bulkley à
bien décrire le comportement rhéologique des bétons autoplaçants.

66
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

La modélisation des deux paramètres rhéologiques d’une suspension concentrée à savoir le


seuil de cisaillement et la viscosité plastique, donnée par la littérature, a fait apparaitre deux
tendances de concepts distincts.
Le premier consiste à exprimer ces paramètres rhéologiques en fonction d’un autre paramètre
appelé « concentration solide relative : (Øs/Ømax) ». Il apparait que le comportement
rhéologique est fonction de la concentration solide rapportée à sa compacité maximale.
Lorsque le béton s’écoule (se déforme), la viscosité plastique, par exemple, s’élève pour
tendre vers l’infini (verrouillage ou blocage), lorsque la concentration solide s’approche de
celle qui peut donner une compacité maximale. Donc, c’est l’aptitude d’une concentration
granulaire en suspension de s’approcher de son état d’empilement maximale qui conditionne
l’évolution du comportement rhéologique. Cette aptitude peut être fonction de la forme, la
taille, l’étendue granulaire et le type granulométrique des granulats utilisé etc…
Dans le modèle de Delarrard-Ferraris, la viscosité est fonction de ce rapport concentration
solide/compacité (Øs/Ømax) indépendamment de la nature du mélange (mortiers ou bétons,
avec ou sans superplastifiants, avec ou sans fumée de silice). Tous les résultats expérimentaux
peuvent se regrouper sur une courbe unique. Mais selon le modèle de Nielsen, les deux
paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) ne dépendent pas seulement de
« cette concentration solide relative » mais aussi du facteur d’aspect des granulats
représentant la forme et l’angularité de la phase particule. Les résultats expérimentaux se
répartissent sur différentes courbes séparées mais de même allure.
Selon les modèles de Delarrard-Ferraris, Nielsen et Kikukawa-Murata, la concentration solide
(Øs) est unique, c’est la concentration de la phase particule considérée. Les concentrations de
toutes les classes granulaires du béton (des fines aux gros granulats) sont couplées. Ils
prennent en considération qu’il y a continuité et interaction granulaire entre ces classes.
Tandis que pour le modèle de Farris, les concentrations solides sont découplées (suspension
trimodales de trois (03) concentrations) où chaque classe de particules (fines, ciment et
granulat) a sa propre contribution découplée au comportement rhéologique du béton.

Le deuxième concept consiste à exprimer les deux paramètres rhéologiques en fonction d’une
épaisseur de pâte en excès qui est la moitié de la distance entre deux granulats voisins. Ce
concept est basé sur le fait que pour atteindre une ouvrabilité donnée, il est nécessaire d’avoir
suffisamment de pâte pour déjà remplir les vides inter granulaires et le reste est distribué sur
la surface des granulats sous forme d’enrobage. Il apparait clairement que lorsque cette
épaisseur de pâte en excès s’élève, les deux paramètres rhéologiques se trouvent réduits dans
le sens favorable d’une bonne ouvrabilité. Les résultats des travaux de recherches qui
s’inscrivent dans ce type de concept ont montré que ce modèle reliant le comportement
rhéologique à l’épaisseur de pâte en excès est gouverné par d’autres facteurs tels que le type
des fines utilisées, la taille des granulats etc…
D’après S.G.Oh et Elbarrak, les deux paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et
viscosité) sont fonction de l’épaisseur de pâte en excès et qui est à son tour proportionnelle à
la taille des granulats. Alors que selon Hans, les deux paramètres rhéologiques peuvent être
exprimés en fonction de cette épaisseur indépendamment de la taille des granulats. Mais

67
Chapitre 2 : Comportement et modélisation rhéologique des bétons

plutôt, c’est le type des fines utilisées qui apparait comme un facteur influant notamment sur
la relation du seuil de cisaillement avec cette épaisseur de pâte.

Il s’avère que le comportement rhéologique des bétons, représenté par le seuil de cisaillement
et la viscosité, est étroitement lié aux paramètres de la granularité des agrégats utilisés.
Le type granulométrique (continuité-discontinuité), la taille, la dimension maximale, la forme,
l’angularité et la texture des granulats ont une influence majeure sur le comportement
rhéologique des bétons. Pour prendre en charge tout ces facteurs à la fois, on peut utiliser
d’autres type de caractérisation granulaire autre que l’analyse granulométrique, qui est simple
à réaliser tel que l’essai « UVC » et qui consiste à mesurer le taux de vides d’un mélange
granulaire dans son état non compacté (lâche). Les résultats de recherches faites sur les bétons
ordinaires ont démontré que cet essai explique mieux la relation entre le comportement
rhéologique et la granularité.

La compacité apparait aussi comme un paramètre clé dans le comportement rhéologique des
bétons. Cela est démontré clairement dans les deux types de modélisation du comportement
rhéologiques existants à savoir ; la concentration solide relative et l’épaisseur de pâte en
excès.
Pour le premier, la viscosité augmente avec la concentration solide pour tendre vers le blocage
quand la structure granulaire de la suspension est proche de l’empilement ou la compacité
maximale. Plus la concentration granulaire a une aptitude de s’approcher davantage vers l’état
d’empilement, plus elle a tendance à avoir un écoulement défavorable (viscosité et seuil de
cisaillement élevé). Pour le deuxième, plus la structure granulaire présente un état
d’empilement élevé, plus, elle peut se doter davantage d’une épaisseur de pâte en excès pour
enrober tout les granulats en favorisant l’écoulement et le comportement rhéologique.

Les résultats expérimentaux données par les rhéomètres à bétons existants sont difficilement
comparables dû au fait que leur mode de mesure et leur géométries sont variables.
Néanmoins, ces rhéomètres à bétons ont pu être classés selon les ordres de grandeurs de leurs
résultats en deux groupes. Le premier groupe de rhéomètres est connu par ses valeurs élevées
et le deuxième par ses valeurs faibles.
Malgré que la divergence des résultats donnés par les rhéomètres soit réelle, les causes des
perturbations ont pu être détectées dont le but de calibrer le matériel et de trouver une
corrélation satisfaisante entre ces rhéomètres.

68
3EME CHAPITRE:

MATERIAUX UTILISES, FORMULATIONS ET


PROTOCOLES EXPERIMENTAUX
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

3.1. Introduction

Afin d’aborder la formulation des différentes variantes de béton autoplaçant, il est


indispensable de donner, dans ce chapitre, la caractérisation des matériaux utilisés. Par
ailleurs, les méthodes expérimentales, les moyens rhéomètriques (rhéomètres utilisés) et les
différents essais physiques et rhéologiques seront aussi présentés.

La confection de toutes les variantes de compositions de béton autoplaçant (BAP) possibles


(plan de mélange) a été faite sur la base d’un choix de modèle du système granulaire par
rapport a ceux existants dans la littérature et abordés par la synthèse bibliographique
[38][42]et [43]. Le modèle choisi est « le modèle de Geiker [28]» qui considère que le béton
autoplaçant est un système bi-phasique; la phase matrice qui est formée par le mortier dans
lequel les gros granulats (graviers) sont dispersés.

Au premier stade de notre recherche, nous analyserons l’influence de la deuxième phase


formée par les gros granulats sur les paramètres rhéologiques du béton autoplaçant. Plus tard,
nous étalerons notre étude aux autres échelles granulaires telles que les sables et les fines.

3.2. Matériaux utilisés

3.2.1. Le ciment

Le ciment utilisé pour notre étude est un ciment de type CEM II/A 42.5 provenant de
l’usine Hammam Eddelaa Willaya de M’sila. Les différentes caractéristiques que se soit
chimiques, physiques ou mécaniques du ciment utilisé sont données sur la fiche technique
élaborée par le producteur conformément aux normes NA 442 et EN 197-1.
Les tableaux 3.1, 3.2 et 3.3 présentent la composition chimique et minéralogique et les
principales caractéristiques physiques du ciment utilisé.

Tableau 3.1 : Composition minéralogique du ciment utilisé.

Constituants Teneur des minéraux du clinker (%)


Silicate tricalcique (C3S) 59
Silicate bicalcique (C2S) 16
Aluminates tricalciques (C3A) 09
Alumino-Ferrites-tetracalciques (C4AF) 10
Gypse 03
Ajout (calcaire) 03

70
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Tableau 3.2 : Composition chimique du ciment utilisé

Eléments Teneur (%)


SiO2 17.38
Al2O3 4.69
Fe2O3 2.72
Cao 61.53
MgO 1.55
K2O 0.95
Na2O 0.20
SO3 2.44
Perte au feu 8.54

Tableau 3.3 : Caractéristiques physiques et mécaniques du ciment utilisé

Essais physiques Valeurs


Temps de prise à 20°C Début : 2h42min
Fin : 3h43min
Expansion (mm) 0.45
Retrait (µm/m) à 28j 670
Surface spécifique (cm2 /g) 3509
Poids spécifique (g/cm3) 3.03
Densité réelle 3.10
Diamètre moyen des grains (µm) 12
Résistance à la compression (MPa) A 2 jours : 13.50
A 28 jours : 42.5

La courbe granulométrique du ciment CEM II/A 42.5 est donnée par la figure 3.1. D’après
cette dernière figure, on constate que le diamètre moyen des grains du ciment utilisé est
légèrement supérieur à 10µm (aux alentours de 12µm) avec 80% des grains qui ont une taille
inférieure à 60µm.

71
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Figure 3.1 : Distribution des tailles des grains par granulométrie laser du ciment
CEM II/A 42.5

3.2.2. Les fines calcaires

Les fines utilisés «ALCAL F15» sont des additions calcaires fabriquées par
l’entreprise nationale des granulats (ENG) et précisément de son usine de Carbonate de
Calcium d’El-khroub W.Constantine. Elles se présentent sous forme de poudre d’une
blancheur élevée de diamètre moyen égale à 13µm (voir la figure 3.2)

Figure 3.2 : Courbe granulométrique des fillers calcaires utilisés

72
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

L’ensemble des caractéristiques chimiques et physiques des fines « ALCAL 15 » sont


récapitulées par les tableaux 3.4 et 3.5.
Tableau 3.4 : Caractéristiques chimiques des fines calcaires «ALCAL15» utilisés

Caractéristiques chimiques Teneur (%)


CaCO3 98
SiO2 0.04
Na2O 0.05
MgO 0.17
Al2O3 0.03
Fe2O3 0.02
K2O 0.02
SO3 0.19

Tableau 3.5 : Caractéristiques physiques des fines calcaires «ALCAL15» utilisés

Caractéristiques physiques Valeurs


Poids spécifique 2.7
Densité apparente non tassée (g/cm3) 0.95
Humidité à l’ensachage 0.01%

3.2.3. Le superplastifiant

L’adjuvant utilisé est un superplastifiant, haut réducteur d’eau fabriqué par la société
TEKNACHEM et commercialisé sous le nom de « SUPERIOR RM 34 S12 ». Il est conçu à
base de polycarboxylates modifiés. Sa plage normale d’utilisation est fixée par la fiche
technique entre 0.6 et 2% du poids de ciment.

Les caractéristiques de l’adjuvant Superior RM 34S12 sont :


Aspect……………liquide
Couleur…………..brune
Densité (20°C)…...1.08±0.02
PH (20°C)………..5±0.5
Teneur en chlorures ≤ 1%
Extrait sec…………28%±2%

3.2.4. Les granulats

3.2.4.1. Sable

Le sable utilisé est un sable d’oued (la région de Keddara, w.de Boumerdes). Ses
caractéristiques physiques sont représentées dans le tableau 3.6 et sa courbe granulométrique
est donnée par la figure 3.3.

73
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Tableau 3.6 : Caractéristiques physiques du sable utilisé

Désignation Mv(absolue) Mv(apparente) Absorption Teneur en Module de


(g/cm3) (g/cm3) (%) fine (%) finesse
Sable 2.65 1.44 1 4 2.7

3.2.4.2. Graviers

On a utilisé deux types de gravier ; un gravier calcaire concassé en provenance des


carrières de l’entreprise « Cosider » et un gravier naturel roulé en provenance d’oued.

Ces deux types de graviers sont disponibles sous forme de classe granulaire 3/8 et 8/15. Leur
courbes granulométriques sont données par la figure 3.3 et leur caractéristiques physiques
sont représentés dans le tableau 3.7.

Tableau 3.7 : Caractéristiques physiques des graviers concassé et roulés utilisés

Désignation Gravier Gravier concassé Gravier roulé Gravier roulé


concassé (3/8) (8/15) (3/8) (8/15)
Mv(absolue) 2.703 2.699 2.645 2.635
(g/cm3)
Mv(apparente) 1.53 1.45 1.38 1.36
(g/cm3)
Absorption (%) 1.5 0.95 0.71 0.64

100
Sable d'Oued (0/5)
90
Gravier Concassé (3/8)
80 Gravier Concassé (8/15)
Gravier Roulé (3/8)
70
Gravier Roulé (8/15)
Passants cumulés (%)

60

50

40

30

20

10

0
10 100 1000 10000 100000
Tamis (µm)

Figure 3.3 : Courbes granulométriques des différents granulats utilisées.

74
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

3.3. Méthodes et protocoles expérimentaux

Les mesures expérimentales menées sont divisés en trois (03) grandes parties :
 Essais physiques et granulométriques sur les mélanges (compositions) granulaires à sec.
 Essai de caractérisation et de validation des bétons autoplaçants.
 Essais rhéologiques (Rhéomètrie) : Mise en service et utilisation de deux rhéomètres.

3.3.1. Méthodes expérimentales

Nous avons confectionné 38 compositions de béton autoplaçant, réparties sur trois (03)
programmes d’essais aux rhéomètres.

 Premier programme d’essais : Il concerne 30 compositions de BAP que nous avons


testées à l’état frais à l’aide du Tribomètre.
Les variantes des compositions se sont basées essentiellement sur les paramètres de
granularité des gros granulats (taille, forme et type granulométrique).

Le protocole expérimental suivi dans ce programme d’essai est le suivant :


- Nous avons préparé huit (08) classes de graviers différentes selon la procédure citée dans
le paragraphe 3.3.2.1. Les huit (08) classes de graviers sont : trois (03) classes de graviers
concassé de diamètre uniforme 6, 9 et 12mm ; trois (03) classes de graviers roulés de
diamètre uniforme 6, 9 et 12mm, une classe de gravier concassé de granulométrie
continue G1 et une classe de gravier roulé de granulométrie continue G2.
- Nous avons mesuré le taux de vides non tassés par l’essai « UVC » des compositions
granulaires utilisées à sec (sable+gravier) selon la procédure citée dans le paragraphe
3.3.2.3.
- Nous avons mesuré le taux de vides non tassés par l’essai « UVC » des mêmes
compositions granulaires à sec en considérant une fois seulement les granulats de
dimension supérieur à 0.16mm et une autre fois seulement les granulats de dimension
supérieure à 0.63mm.
- Pour chaque composition de BAP, nous confectionnons un volume qui correspond à 20
litres de béton selon la procédure de malaxage donnée ci-dessous :
 Homogénéisation à sec du sable, gravier, ciment et filler dans le malaxeur pendant
30s.
 Ajout de l’eau et malaxage pendant 2min30s.
 Ajout du super plastifiant et malaxage pendant 2min30s.
- Immédiatement après malaxage, l’essai d’étalement au cône d’Abrams, l’essai de J-Ring
et l’essai de stabilité au tamis sont effectuées pour témoigner le comportement admis en
écoulement autoplaçant.
- Juste après, nous introduisons un échantillon dans le récipient du tribomètre à l’arase du
cylindre. Il faut bien centrer ce cylindre au milieu du récipient comme c’est montré dans
la figure 3.4 qui montre deux essais rhéologiques pour deux compositions de béton
autoplaçant différentes.

75
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

- Nous réalisons le test rhéologique au Tribomètre selon le mode opératoire choisi et décrit
dans le paragraphe 3.3.4.1.

Figure 3.4 : Echantillon du BAP dans le récipient à l’arase du cylindre bien centré.

 Deuxième programme d’essais : Il concerne sept (07) compositions de béton


autoplaçant (BAP) que nous avons testé à l’état frais par le Tribomètre. Ces sept (07)
compositions ont été formulées selon une combinaison massique des deux classes de gros
granulats à savoir 3/8 et 8/15 indiqué par G1 et G2 respectivement.
L’intérêt de ce programme d’essais est de faire apparaitre l’effet des paramètres de
composition granulaire sur le comportement rhéologique.
Le protocole expérimental suivi dans cette compagne d’essais est le suivant :
- Nous avons mesuré le taux de vides non tassés par l’essai « UVC » des 7 compositions
granulaires utilisées à sec selon la procédure citée dans le paragraphe 3.3.2.3.
- Pour chaque composition de BAP, nous confectionnons un volume qui correspond à 20
litres de béton selon la procédure de malaxage donnée ci-dessous :
 Homogénéisation à sec du sable, gravier, ciment et filler dans le malaxeur pendant
30s.
 Ajout de l’eau et malaxage pendant 2min30s.
 Ajout du super plastifiant et malaxage pendant 2min30s.
- Immédiatement après malaxage, l’essai d’étalement au cône d’Abrams, l’essai de J-Ring
et l’essai de stabilité au tamis sont effectuées pour témoigner le comportement admis en
écoulement autoplaçant.
- Juste après, nous introduisons un échantillon dans le récipient du tribomètre à l’arase du
cylindre.
- Nous réalisons le test rhéologique au Tribomètre selon le mode opératoire choisi et décrit
dans le paragraphe 3.3.4.1

 Troisième programme d’essais : Ce programme concerne une composition de BAP


soumise à un fractionnement par tamisage à l’état frais.

76
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

La composition de BAP telle qu’elle est confectionnée est dite « BAP total » avec ses
fractions ; pâte, BAP2 et BAP6.3 sont testés à l’état frais par le Rheocad.
Le protocole expérimental est le suivant :
- Nous confectionnons un volume de 40 litres de béton selon la procédure de malaxage
donnée ci-dessous :
 Homogénéisation à sec du sable, gravier, ciment et filler dans le malaxeur pendant
30s.
 Ajout de l’eau et malaxage pendant 2min30s.
 Ajout du super plastifiant et malaxage pendant 2min30s.
- Immédiatement après malaxage, un essai d’étalement au cône d’Abrams nous a donné une
galette homogène de diamètre égal à 76 cm, sans auréole de laitance en périphérie. Ces
observations témoignent du comportement admis en écoulement autoplaçant.
- Nous procédons au tamisage du mélange (BAP total) au tamis 2 et 6.3mm pour avoir deux
fractions du béton : le BAP 2 (un mortier), dont les granulats sont inférieurs ou égaux à
2mm (76% de la classe du sable 0/4) et un BAP 6.3, dont les granulats sont inférieurs ou
égaux à 6.3mm (100% de sable 0/4 et 36.6% de gravier 4/10).
- Pour considérer la fraction pâte qui est la matrice du béton, nous procédons à la
confection d’un volume qui correspond à 6 litres de pâte, constituée de ciment, de filler,
d’eau et du superplastifiant. Cette composition est censée être représentative de celle du
mélange total (béton) puisqu’elle est réalisée dans les mêmes proportions de constituants
que celle du béton : même quantité d’eau efficace, mêmes quantités de ciment, de filler et
de superplastifiant pour un volume de 1mètre cube.
- Les deux fractions BAP2 et BAP6.3 avec le mélange total (BAP total) sont testés par le
Rheocad selon le mode opératoire donné par le paragraphe 3.3.4.2.
Les résultats sont les couples résistants au mouvement (N.cm) en fonction des vitesses
imposées au mobile en rotation.
- Tandis que la pâte est testée séparément par le viscosimètre Rotovisco RV2 dont les
détails sont donnés par le paragraphe 3.3.4.3.

Nous récapitulons cette méthode de fractionnement par cet organigramme donné dans la
figure 3.5.

77
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Béton autoplaçant (BAP total)


(Eau, ciment, filler et granulats)
Fractionnement

Fraction pâte Fraction BAP2 Fraction BAP6.3

Test rhéologique Test rhéologique Test rhéologique

?
? ?

Test rhéologique

Figure 3.5 : Organigramme récapitulant la méthodologie de fractionnement

3.3.2. Essais physiques et granulométriques


3.3.2.1. Préparation des différentes classes de graviers
Autre que les classes de graviers 3/8 et 8/15 (concassé et roulé), nous avons utilisé huit
(08) autres classes dont les caractéristiques granulométriques sont les suivantes :
- Trois (03) graviers concassés de diamètre uniforme moyen égal à 6, 9 et 12mm.
- Trois (03) graviers roulés de diamètre uniforme moyen égal à 6, 9 et 12mm.
- Un (01) gravier concassé de granulométrie continue G1.
- Un (01) gravier roulé de granulométrie continue G2.

Pour préparer ces huit (08) classes de gravies, nous avons procédé de la manière suivante :

 Nous avons mélangé les deux classes (3/8) et (8/15) pour avoir une granulométrie plus au
moins continue, désignée par G1 pour le cas du gravier de type concassé et G2 pour le cas
du gravier de type roulé. La composition granulaire de G1 et G2 est formé de 33.33% de la
classe (3/8) et 66.66% de la classe 8/15). Les courbes granulométriques du gravier
concassé G1 et du gravier roulé G2 sont représentés dans la figure 3.7.

 Par tamisage, nous avons séparé le gravier en trois (03) tranches granulaires. A partir de
chaque tranche nous obtenons un gravier de dimension plus au moins uniforme de

78
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

diamètre moyen « D ». Les trois tranches granulaires distinctes et indépendantes sont :


5mm-6.3mm, 8mm-10mm et 10mm-12.5mm dont leurs diamètres moyens sont 6mm,
9mm et 12mm respectivement. Les granulométries de ces trois tranches granulaires sont
représentées dans la figure 3.7 par des traits en pointillé.

Le tamisage consiste à séparer le gravier en différentes tranches granulaires à l’aide d’une


série de tamis d’ouverture connue. Nous appelons tamisât (ou passant) la partie du matériau
qui traverse le tamis et refus celle qui y est retenue (voir figure 3.6). Dans le cas d’une
coupure 10mm-12.5mm, nous avons utilisé deux tamis, l’un d’ouverture de 12.5mm et l’autre
de 10mm. Le gravier retenu pour une tranche granulaire 10-12.5mm est le passant du tamis de
12.5mm et le refus du tamis de 10mm. Afin d’optimiser le rendement de tamisage, le tamisât
du tamis de 10mm est utilisé pour la tranche granulaire suivante 8-10mm. Le tamisât du tamis
8mm est utilisé pour la tranche granulaire 5-6.3mm.

Passant

Refus

Passant

Figure 3.6 : Procédure de tamisage

79
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

100
Gravier Concassé G1
90
Gravier Roulé G2
80 Gravier (Dmoyen=6mm)
Passants cumulés (%)

70 Gravier (Dmoyen=9mm)
Gravier (Dmoyen=12mm)
60
50
40
30
20
10
0
10 100 1000 10000 100000
Tamis (µm)

Figure 3.7 : Courbes granulométriques des tranches granulaires de graviers utilisés :


G1 (concassé), G2 (roulé) , D6mm , D9mm et D12mm (concassé et roulé).

3.3.2.2. Essai de granularité


 Détermination de la taille moyenne des granulats : En vu de la détermination des
surfaces spécifiques des mélanges granulaires, on a besoin de connaitre les diamètres
moyens d’une proportion de granulats donnés.
L’essai consiste à verser les mélanges granulaires à sec d’une composition de béton
autoplaçant dans une série de tamis allant de 80µm à 16mm (<0.08mm-0.08mm-0.16mm-
0.315mm-0.630mm-1.25mm-2.5mm-5mm-10mm-16mm). Par tamisage, le mélange est
séparé sous forme de refus dans chaque tamis de dimension « Di ». La figure 3.8 montre
par un schéma représentatif la procédure de tamisage pour la détermination de la taille
moyenne d’une tranche granulaire.
Le diamètre moyen des granulats peut être calculé comme étant la moyenne entre deux
dimensions de tamis : = où Di est la dimension maximale du tamis dans
lequel le granulat ne peut pas passer et Di+1 est la dimension maximale du tamis dans
lequel le granulat peut passer.

80
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Tamis « Di+2 »

Tamis « Di+1 »

Tamis « Di » Dm(i)=

Tamis « Di-1 » Dm(i-1)=

Tamis « Di-2 »

Figure 3.8 : Procédure de tamisage pour la détermination du diamètre


moyen des granulats.

 Calcul de la surface spécifique d’un mélange granulaire : Selon le tableau 3.8, il


est possible d’obtenir la surface spécifique d’un mélange granulaire en supposant les
grains de forme parfaitement sphérique à partir de sa courbe granulométrique.
Pour ce faire, on détermine tout d’abord les refus partiels dans les différents tamis
(voir la colonne I du tableau 3.8). Ensuite, on calcule la surface des grains contenus
dans un tamis « T » et on additionne les surfaces obtenues pour chaque tamis afin
d’obtenir la surface totale du mélange granulaire.

En détail, la surface des grains d’un tamis est calculée de la manière suivante :
1) Tout d’abord, on assimile le diamètre des grains contenu dans un tamis à un
diamètre moyen (D) entre la valeur de la maille du tamis et celle de la maille du
tamis juste supérieur. Ce calcul est donné par la colonne II du tableau 3.8.

2) Les refus partiels dans les différents tamis (colonne I) leur correspondent des
volumes partiels occupés par ces grains (colonne III).

3) On calcule le nombre de grains par unité de masse (un kilogramme) :


1
6
= = =
4
3 2
Où : est la masse volumique absolue du mélange granulaire et D est le diamètre
moyen des grains.

81
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Ce calcul est donné par la colonne IV.

4) On calcule la surface développée de ce nombre de grains dans le volume total :


= . . . Cette surface « S » (m2) est donnée par la colonne V.

5) On calcule la surface spécifique par unité de masse en tenant compte du volume


partiel occupé par la tranche de granulats de ce tamis. Ce calcul est le résultat de la
multiplication de la colonne III avec la colonne V et qui est donné par la colonne
VI. La surface spécifique par unité de masse est : é / = é .

La surface spécifique par unité de masse (Kg) du mélange granulaire est la somme des
surfaces obtenues sur chaque tamis (somme de la colonne VI).

Tableau 3.8 : Exemple de calcul de la surface spécifique d’un mélange granulaire

Tamis I II III IV V VI
(mm) Refus Diamètre Volume Nombre Surface Surface
partiels moyen partiels de grains développée spécifique
(%) (mm) (%) (m2) (m2/Kg)
<0.08 0.50 0.04 0.50 11,09.109 55.72 0.28
0.08 4.95 0.12 4.95 4,11.108 18.57 0.92
0.16 8.22 0.24 8.22 5,13.107 9.29 0.76
0.315 4.10 0.47 4.10 6,84.106 4.74 0.19
0.63 6.12 0.94 6.12 8,55.105 2.37 0.15
1.25 11.98 1.88 11.98 1,07.105 1.19 0.14
2.5 19.48 3.75 19.48 1,35.104 0.59 0.12
5 28.10 7.5 28.10 1,68.103 0.30 0.08
10 16.08 12 16.08 4,10.102 0.19 0.03
Masse volumique absolue du mélange Surface spécifique 2.67m2/Kg
granulaire ( =2692Kg/m3) du mélange granulaire

3.3.2.3. Essai U.V.C : Taux de vides non tassés (Uncompacted Voids Content)

Cet essai est fait selon la méthode Ahlrich pour les gros granulats [32], qui s’apparente
à celle de l’essai ASTMC 1252 [33] pour les granulats fins. Cet essai mesure le pourcentage
des vides dans le matériau mis en place dans un moule sans compactage. Il est simple, rapide
et précis. Il fait moins l’objet d’intervention et d’interprétation que l’essai de détermination du
pourcentage de particules plates et allongées.
Un échantillon du mélange granulaire est versé à une distance allant de 20 à 30cm dans un
récipient cylindrique de volume connu jusqu’à débordement. Dans notre cas, on a pris un
volume V=4.46 litres. Avec une règle métallique, on arase soigneusement l’excédent du
mélange de telle façon à ne pas toucher à la l’état d’arrangement des grains à la surface du
récipient.

82
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Le pourcentage des vides dans le matériau (UVC) peut être calculé en se basant sur la
différence entre le volume du récipient et le volume de l’échantillon de granulats collecté dans
ce récipient. La masse volumique absolue est utilisée pour le calcul de ce volume de
granulats.
Le calcul de l’ U.V.C (Uncompcated Voids Content) des granulats peut être déterminé
( ⁄ )
suivant cette équation : = = . 100 (%)
Où Vv est le pourcentage des vides (%), V est le volume du cylindre, M est le poids des
granulats collectés dans le cylindre et ρg est la masse volumique absolue du mélange
granulaire.
Puisque nous avons plusieurs «UVC» de mélanges granulaires à déterminer, nous avons
besoin de connaitre la masse volumique absolue de chaque mélange. Par commodité, pour la
mesure de cette dernière, nous avons utilisé la méthode du ballon.
Cette méthode consiste à la détermination de la masse volumique absolue, elle s’effectue
comme suit :
- Peser un ballon de verre plein d’eau recouvert d’une plaque de verre : soit un poids P1.
- Vider le ballon à moitié.
- Peser un échantillon du mélange granulaire sec : soit un poids P2.
- Introduire l’échantillon dans le ballon et remplir à nouveau avec l’eau, puis remettre la
plaque de verre et peser l’ensemble : soit un poids P3.
- Déduire la masse de l’eau chassée par le mélange granulaire soit : Peau= P1 + P2 - P3
- La masse volumique absolue du mélange granulaire est donc : =
Sachant que le volume d’eau chassée correspond au volume du matériau (mélange granulaire)
introduit dans le ballon (Veau=Vmatériau) d’où = = =

3.3.3. Essais de caractérisation et de validation des bétons autoplaçants

A la différence des bétons conventionnels ou ordinaires, la composition d’un BAP doit


répondre à certains critères à l’état frais comme le recommandent l’EFNARC [75] (The
European guidelines for the self compacting concrete) et l’association française de génie civil
(AFGC) [11].

Dans le chapitre 1 de la partie bibliographique, nous avons cité plusieurs essais spécifiques
permettant de caractériser les bétons autoplaçants à l’état frais. Nous présentons seulement
ceux qui ont été utilisés dans cette étude à savoir ; l’essai d’étalement au cône d’Abrams
(slump flow), l’essai de J-ring et l’essai de stabilité au tamis.

3.3.3.1. Essai d’étalement au cône d’Abrams (Slump Flow)

L’essai d’étalement ou slump flow est utilisé pour caractériser la fluidité du béton.
L’équipement nécessaire à la conduite de cet essai (voir la figure 3.9) est composé des
éléments suivants :

83
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

- Un plateau équipé d’une plaque métallique plane de section carré de 90centimètres de côté
et de faible épaisseur (5cm).
- Un cône d’Abrams disposant d’un empattement à sa partie basse afin qu’il puisse être
maintenu contre le plateau avec les pieds par l’opérateur.
- Un mètre ou réglet de 90 centimètres.

Le principe de la conduite de l’essai est connu et est simple. Le résultat s’exprime en terme de
moyenne de deux diamètres de la galette en arrondissant au centimètre supérieur.
1+ 2
Etalement = Dmoyen =SF = 2
Ce type d’essai permet de donner des indications quant à la rhéologie des bétons autoplaçants
en milieu non confiné.

D2
D1

Figure 3.9 : Essai d’étalement au cône d’Abrams (principe de la mesure)

3.3.3.2. Essai de J-ring

Cet essai a pour but de vérifier l’aptitude des bétons autoplaçants à s’écouler dans un
milieu fortement ferraillé (milieu confiné).
L’équipement nécessaire à la conduite de l’essai est montré par la figure 3.10 et qui est formé
par :
- Même plateau que l’essai d’étalement en milieu non confiné.
- Cône d’Abrams.
- Anneau équipé de barres en acier (J-ring).
- Mètre ou réglet de 90 centimètres.

84
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

ΔH= Hint - Hext

Figure 3.10 : Essai de J-ring

Le principe de l’essai est de placer le cône d’Abrams au centre du plateau métallique entouré
du J-ring, puis de remplir d’une quantité représentative de béton autoplaçant. Il faut ensuite
soulever le cône puis mesurer l’étalement obtenu ainsi que les hauteurs de bétons situées au
centre du plateau et à la sortie des barres de J-ring (voir figure 3.10).

3.3.3.3. Essai de stabilité au tamis

C’est un essai qui caractérise la ségrégation statique des bétons autoplaçants. Il peut
être utilisé en phase d’étude de formulation en laboratoire ou pour le contrôle de la stabilité du
béton livré sur chantier. L’équipement nécessaire à la conduite de l’essai est formé par un
seau de 10 litres muni d’un couvercle, un tamis de maille 5mm et de diamètre 31.5cm avec un
fond et une balance de précision (voir la figure 3.11).

Figure 3.11 : Essai de stabilité : tamis de 5mm, un fond et la mesure de la laitance

L’essai consiste à :

- Prélever une quantité de béton frais (4.8 ± 0.2 kg) d’un échantillon de 10 litres mis au
repos pendant 15minutes.
- Observer et noter l’éventuelle présence de ressuage à la surface du seau après les 15
minutes.

85
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

- Peser le fond seul : soit un poids Pfond.


- Peser l’ensemble tamis muni de son fond vide : soit un poids Ptamis.
- Déverser sur un tamis de maille 5mm les 4.8kg de BAP avec une hauteur de chute de
50cm.
- Peser le poids de l’échantillon versé : soit Péchantillon ≤ 4.8kg.
- Peser après 2 minutes la laitance qui a traversé le tamis : soit Plaitance.
- Calculer le pourcentage en poids de laitance par « π » : soit Plaitance=Ptamis – Pfond et
(%) =
é

La stabilité d’un béton autoplaçant est estimée à partir des plages de valeurs de «π», comme
suit :

- 0% ≤ π ≤ 15% : la stabilité d’un béton autoplaçant est qualifiée satisfaisante.


- 15% < π ≤ 30% : stabilité critique nécessitant la vérification de la ségrégation du béton in
situ.
- π > 30% : très mauvaise stabilité et ségrégation systématique : béton inutilisable.

Pour qu’un béton soit qualifié de béton autoplaçant, il doit satisfaire au moins ces trois essais
de caractérisation dont les valeurs de validité (selon l’association française de génie civil,
AFGC [11]) sont données par le tableau 3.9.

Tableau 3.9 : Récapitulatif des trois essais retenus par l’étude pour qualifier un béton
autoplaçant

Type d’essai Recommandations AFGC


Essai d’étalement ou 60 cm ≤ SF ≤ 70cm
slump flow (SF)
Il caractérise la fluidité et la maniabilité du béton dans un milieu
non confiné.

ΔH = Hint – Hext ≤ 5cm


Essai de J-ring
Il caractérise la mobilité du béton dans un milieu confiné.

0% ≤ π ≤ 15%
Essai de stabilité
Il caractérise la stabilité du béton et la limite de ségrégation.

86
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

3.3.4. Essais aux rhéomètres

Afin de réaliser les essais de rhéomètrie sur les bétons autoplaçants étudiés, nous avons
utilisé deux rhéomètres ; le Tribomètre et le RheoCad.
Le Tribomètre est le rhéomètre disponible dans notre laboratoire (L.B.E : Laboratoire du Bâti
dans l’Environnement) que nous avons utilisé dans la mesure de caractérisations rhéologiques
notamment l’identification des modèles rhéologiques des différents bétons autoplaçants
confectionnés et leur relations avec la granularité (taille, forme des granulats et type
granulométrique) et la compacité.
Nous avons utilisé le Rheocad lors d’un séjour au laboratoire des matériaux et durabilité des
constructions (LMDC) de l’INSA de Toulouse (France) et ce avant l’acquisition du rhéomètre
du LBE. Ces essais consistaient à identifier par fractionnement, au moyen d’un tamisage à
l’état frais d’un béton autoplaçant, l’effet de la taille des constituants (du ciment au gravier)
sur le comportement rhéologique d’un béton autoplaçant.
A ce niveau, nous notons que les deux rhéomètres ont été utilisés dans le même objectif qui
est d’identifier le comportement rhéologique d’un béton autoplaçant en fonction de sa
granularité (notamment l’effet de la taille). Pour le premier rhéomètre, le Tribomètre, nous
avons utilisé la méthode de plan de mélanges, et dans le deuxième, le RheoCad, nous avons
utilisé la méthode de fractionnement par tamisage à l’état frais.

3.3.4.1. Essais rhéologiques au Tribomètre

 Description du rhéomètre
Le Tribomètre est composé essentiellement de trois (03) parties principales (voir figure
3.12.a.) ; un agitateur de régulation électronique de vitesse (modèle RZR 2102 control)
permettant l’enregistrement du couple et qui est piloté par le logiciel « Watch et Control »,
une pièce cylindrique ou mobile en acier lisse et un récipient.
La figure 3.12.b montre l’exécution d’un essai rhéologique au tribomètre assisté par
ordinateur.
Le tribomètre permet d’effectuer des mesures rhéologiques sur des bétons qui contiennent des
éléments de diamètres jusqu’à 25mm. Il permet d’étudier une large gamme de comportements
rhéologiques, du fluide newtonien à faible viscosité à la pâte épaisse à seuil de cisaillement
élevé.
Nous mesurons le couple résistant d’un échantillon de béton qui est cisaillé par un mobile
monté sur un axe vertical sous forme d’un cylindre de 10cm de hauteur et 10.7cm de
diamètre. Le fonctionnement est établi à vitesse imposée, la vitesse de rotation du mobile peut
varier de 12 à120 tr/min. La gamme de mesure du couple mètre (moment résistant) est située
entre 0.1N.cm et 1000N.cm. Le récipient dans lequel s’écoule le béton est cylindrique de
diamètre 26 à 30 cm. Le choix de cette dimension est important pour cet essai car il permet
d’avoir un espace suffisamment élevé entre le cylindre mobile et le récipient (l’entrefer).

87
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Agitateur

Cylindre

Récipient

Figure 3.12 : Photo du tribomètre et de la procédure : (a) récipient vide ; (b) récipient
plein et le tribomètre en exécution.

 Mode opératoire

Le mode de mesure des essais au Tribomètre est le suivant :


 Le béton est placé dans le récipient à l’arase du cylindre mobile qui doit être bien centré
au milieu.
 Nous réalisons une montée puis une descente de vitesses en paliers croissants puis
décroissants respectivement selon un programme défini dans un fichier de données du
logiciel de pilotage « watch and control ». Ce programme permet d’imposer 08 vitesses
différentes dans un intervalle 12 et 96 tr/min suivant la courbe en escalier donnée par la
figure 3.13. La durée de passage d’une vitesse à l’autre est de 12 secondes et le maintien
de la vitesse de rotation constante (la durée du palier) peut durer 18 secondes.
 L’enregistrement des moments résistants se fait uniquement la courbe de vitesse est dans
la phase de descente et précisément lorsque la vitesse est constante (sur le palier). La
période d’enregistrement des résultats est fixé à 2 seconde, ce qui mous permet d’avoir 09
valeurs de moments résistants dont il faut calculer leur moyenne pour l’affecter à la
vitesse du palier correspondant.

88
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Figure 3.13 : Les différents paliers de vitesses (croissants/décroissants)


imposés au cylindre mobile du Tribomètre.

Ce mode de mesure du moment résistant qui consiste à considérer uniquement la courbe de


descente en vitesse et négliger celle de montée est utilisée par plusieurs chercheur entres
autres, nous citons Legrand [25], Mouret [26], Cyr [15], Geiker [80], Jiong Hu [37] et Ngo
[54].
Selon Cyr et Mouret, les bétons autoplaçants comme les pâtes de ciments sont des corps à
mémoire, c'est-à-dire que leur propriétés rhéologiques dépendent de l’histoire des
sollicitations aux quelles elles ont été soumises avant la mesure. Pour s’affranchir de ces
propriétés qui dépendent du temps tels que la thixotropie et appliquer le même traitement aux
différents mélanges des bétons, nous devons détruire la structure du matériau en faisant
tourner le mobile à une vitesse élevée sans s’occuper de la courbe de montée en vitesse.
Selon Jiong Hu et Ngo, la destruction du matériau se fait par une courbe de montée en vitesse
similaire à celle de descente. Pour le premier, c’est une courbe en pente tandis que pour le
deuxième est une courbe en paliers de vitesses pour éviter une très grande évolution de la
structure du béton.
D’après Jiong Hu, si le rhéogramme (courbe d’écoulement) du béton testé à partir d’une
courbe de vitesse en descente a montré un comportement selon la loi de Bingham, celui donné
par la vitesse en montée a une forme quelconque (figure 2.20 paragraphe 2.6.4 du chapitre 2).
Dans notre cas, concernant le mode d’application de la vitesse, notre choix a porté sur la
méthode de Cyr et Mouret lorsqu’il s’agit des essais au Rheocad et sur la méthode de Ngo
pour les essais au Tribomètre.

89
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

3.3.4.2. Essais rhéologiques au Rhéocad

 Description du rhéomètre
Le RhéoCAD est un rhéomètre de type malaxeur instrumenté et développé par
Lafarge centre de recherche en coopération avec la société CAD Instrumentation et utilisé au
laboratoire matériaux et durabilité des constructions (LMDC) de l’INSA de Toulouse (voir
figure 3.14).
Ce rhéomètre permet d’effectuer des mesures rhéologiques sur des mortiers et des bétons qui
contiennent des éléments de diamètres inférieurs à 12.5mm. Il permet d’étudier une large
gamme de comportements rhéologiques, du fluide newtonien à faible viscosité à la pâte
épaisse à seuil de cisaillement élevé.
Nous mesurons le couple résistant d’un échantillon de béton qui est cisaillé par un mobile
monté sur un axe vertical. Le fonctionnement est établi à vitesse imposée, la vitesse de
rotation du mobile peut varier de 0.1 à 280 tr/min. Il existe différents types de mobiles ; une
ancre (pour les mortiers et bétons), un cylindre crénelé (pour les pâtes et mortiers) et un
mobile à ailettes (pâtes et mortiers). La gamme de mesure du couple-mètre est située entre
0.1N.cm et 1000 N.cm. L’ancre a été employée pour tous les mélanges testés.

Figure 3.14 : Vue générale du RhéoCad.

90
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

 Mode opératoire
Le mode de mesure des essais au Rhéocad est le suivant :
 Le béton est placé dans la cuve et laissé au repos pendant une minute.
 Nous réalisons une montée rapide en vitesse jusqu’à 60 tours/minute
 Nous attendons la stabilisation du couple résistant, quand cette stabilisation est atteinte,
nous appliquons des vitesses décroissantes allant de 60 tr/min jusqu’à 5 tr/min (60-50-40-
30-20-10 et 5 tr/min). Nous signalons que le temps d’application de la vitesse de rotation
est fonction de la stabilité du couple résistant, ce qui correspond au régime permanent
d’écoulement.
 Pour tracer la courbe d’écoulement (rhéogramme), pour chaque vitesse, nous prenons la
moyenne des 5 à 10 dernières valeurs du couple résistant selon le degré de stabilité de ce
dernier. Lorsque le couple est stable, les 5 dernières valeurs suffisent, tandis que s’il est
moins stable, le temps d’application de la vitesse est déjà plus long et le nombre de
valeurs est plus élevé pour prendre les 10 dernières valeurs.

3.3.4.3. Essai au viscosimètre « Rotovisco RV2 »

Pour plus de précisions sur le comportement rhéologiques de la pâte, nous avons


également utilisé un appareil adapté pour les mesures des faibles couples qui est le
viscosimètre « Rotovisco RV2 ». Ce dernier est un viscosimètre à vitesse imposée de type
couette à cylindres coaxiaux.
Développé par Legrand de l’INSA de Toulouse (France) en 1971 pour l’étude des matrices
cimentaires, le viscosimètre est constitué d’un dispositif plongeant formé d’un mobile à
ailettes entrainant un cylindre de pâte (rotor) et d’une cuve de deux (02) litres (stator)
contenant le mélange et simulant un milieu infini.
Le viscosimètre « Rotovisco RV2 » permet de mesurer les contraintes de cisaillement variant
de 1 à 3000 Pascal, ce qui est suffisant pour caractériser les pâtes de ciment passant d’une
consistance très fluide à presque solide. La gamme de vitesses de rotation s’étend de 0.1 à 724
tours/minute. Le viscosimètre « Rotovisco RV2 » est illustré à la figure 3.15. Le système de
mesure est monté sur une table vibrante et piloté par une boite de commande.
L’enregistrement des résultats est effectué par une chaine d’acquisition reliée à un ordinateur.
La procédure expérimentale est la même que celle du Rhéocad, c'est-à-dire, une fois la pâte
est dans la cuve, il faut déstructurer d’abord le matériau par une montée de vitesse rapide
jusqu’à l’obtention d’un palier de contrainte (moment résistant constant) pour passer par la
suite à la mesure de la courbe d’écoulement par vitesse décroissante.

91
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Figure 3.15 : Schéma du viscosimètre « Rotovisco RV2 » utilisé pour les essais
rhéologiques sur les pâtes.

3.4. Formulation des bétons autoplaçants

Nous avons noté dans le chapitre 1 (paragraphe 1.5) de la partie bibliographique que
pour l’instant, il n’existe pas pour les bétons autoplaçants de méthode de formulation
généralisée, comme peut l’être la méthode de Dreux-Gorisse pour les bétons ordinaires.
De notre côté, pour nos formulations de bétons autoplaçants, nous nous sommes tenus à
respecter essentiellement les recommandations de l’association française de génie civil pour la
caractérisation des BAP concernant la mobilité en milieu non confiné (essai d’étalement), la
mobilité en milieu confiné (essai de J-ring) et l’essai de stabilité au tamis (dont les valeurs
d’acceptation sont données dans le tableau 3.7), tout en se basant sur l’expérience acquise
durant ces dernières années qui a fixé certains ordres de grandeurs pour les proportions des
constituants d’un béton autoplaçant et qui sont les suivantes :

 Le volume de gravier est limité en prenant un rapport G/S (masse du gravier sur masse
du sable) proche de 1.
 Le volume de pâte varie entre 330 et 400 l/m3.
 La masse de ciment est supérieure ou égale au minimum requis par la norme du béton
prêt à l’emploi (BPE) (P18-305), soit en général de 300à 350kg/m3.
 La masse d’addition (les fines) se situe entre 120 et 200kg/m3.
 Le dosage en superplastifiant est proche de son dosage à saturation.

92
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

La formulation a été faite, donc, par tâtonnement sur la base de ces plages. L’optimisation de
cette formulation n’est vérifiée que par des essais effectués directement sur le béton qui vise à
remplir les conditions des recommandations de l’AFGC.
Au total, nous avons confectionné 38 compositions de béton autoplaçant pour servir trois (03)
programmes d’essais rhéologiques distincts.

 1er groupe de compositions : Sur la base d’un plan de mélange qui consiste à faire varier
les proportions du mortier (sable/pâte), la granulométrie, la forme, et le volume des gros
granulats, nous avons confectionné 30 compositions de BAP données par le tableau 3.10.

Tableau 3.10 : Le premier groupe de compostions : 30 compositions de bétons autoplaçants


.
N° Identification de la Ciment Fillers Eau Sable Gravier S/P Vg
Composition (kg/m3) (kg/m3) (kg/m3) (kg/m3) (kg/m3) (%)
Taille uniforme 1 M1-VGC25%-6mm 350 150 170 850 675 1.7 25
(unique) 2 M1-VGR25%-6mm 350 150 170 850 660 1.7 25
3 M1-VGC30%-6mm 350 150 170 850 810 1.7 30
4 M1-VGR30%-6mm 350 150 170 850 792 1.7 30
5 M1-VGC35%-6mm 350 150 170 850 945 1.7 35
6 M1-VGR35%-6mm 350 150 170 850 924 1.7 35
7 M1-VGC25%-9mm 350 150 170 850 675 1.7 25
8 M1-VGR25%-9mm 350 150 170 850 660 1.7 25
9 M1-VGC30%-9mm 350 150 170 850 810 1.7 30
10 M1-VGR30%-9mm 350 150 170 850 792 1.7 30
11 M1-VGC35%-9mm 350 150 170 850 945 1.7 35
12 M1-VGR35%-9mm 350 150 170 850 924 1.7 35
13 M1-VGC25%-12mm 350 150 170 850 675 1.7 25
14 M1-VGR25%-12mm 350 150 170 850 660 1.7 25
15 M1-VGC30%-12mm 350 150 170 850 810 1.7 30
16 M1-VGR30%-12mm 350 150 170 850 792 1.7 30
17 M1-VGC35%-12mm 350 150 170 850 945 1.7 35
18 M1-VGR35%-12mm 350 150 170 850 924 1.7 35
Granularité 19 M1-VGC25%-G1 350 150 170 850 675 1.7 25
Continue 20 M1-VGR25%-G2 350 150 170 850 660 1.7 25
21 M1-VGC30%-G1 350 150 170 850 810 1.7 30
22 M1-VGR30%-G2 350 150 170 850 792 1.7 30
23 M1-VGC35%-G1 350 150 170 850 945 1.7 35
24 M1-VGR35%-G2 350 150 170 850 924 1.7 35
25 M2-VGC25%-G1 330 120 153 900 675 2 25
26 M2-VGC30%-G1 330 120 153 900 810 2 30
27 M2-VGC35%-G1 330 120 153 900 945 2 35
28 M3-VGC25%-G1 400 150 187 770 675 1.4 25
29 M3-VGC30%-G1 400 150 187 770 810 1.4 30
30 M3-VGC35%-G1 400 150 187 770 945 1.4 35

G1:Concassé et G2 : Roulé, E/Pâte(C+F) est constant, Le dosage du superplastifiant est constant (SP/C=1.4%).

93
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Les 30 variantes de BAP sont obtenues avec :


- Trois (03) proportions de mortier différentes (M1 :S/(C+F)=1.7 ; M2 :S/(C+F)=2
et M3 :S/(C+F)=1.4).
- Deux (02) types de gros granulats ; concassé et roulé.
- Trois quantités (en volume) de gros granulats différentes (25, 30 et 35%).
- Quatre (04) classes de gros granulats de granulométrie différentes (3 classes de taille
uniforme : 6, 9 et 12mm avec 01 classe de granulométrie continue).
Nous notons que le rapport Eau/Pâte (E/P) est maintenu constant pour toutes les compositions
alors que ce du sable-pâte est variable.
De la composition 1 à 24 : Il s’agit du mortier M1 dans lequel nous avons élaboré un plan de
mélange formé de 2 types de graviers (concassé (C) et roulé (R)), 3 volumes de graviers et 4
granulométries de graviers. Le résultat de cette combinaison nous a donné 24 mélanges.
De la composition 25 à 27 : Il s’agit du mortier M2 dans lequel nous avons élaboré un plan de
mélange formé d’un seul type de gravier (concassé), 3 volumes de graviers et une
granulométrie de gravier (granulométrie continue G1). Le résultat de cette combinaison nous a
donné 03 mélanges.
De la composition 28 à 30 : Il s’agit du mortier M3 dans lequel nous avons élaboré un plan de
mélange formé d’un seul type de gravier (concassé), 3 volumes de graviers et une
granulométrie de gravier (granulométrie continue G1). Le résultat de cette combinaison nous a
donné 03 mélanges.

 2ème groupe de compositions : Les sept (07) compositions de BAP sont obtenues selon
une combinaison massique des deux classes de gros granulat 3/8 et 8/15 indiquées par G1
et G2 respectivement.
Pour un rapport sable/pâte (S/P) constant, la proportion granulaire considérée est celle qui
correspond à 50% de sable (S) et 50% de gros granulat (G1 et G2), c'est-à-dire le rapport
G/S=1 avec G=G1+G2).
Il s’agit, donc, de sept (7) compositions massiques entre le sable et les deux classes de gravier
G1 et G2 :
- Une combinaison massique (C1) de 50% de sable, 50% de G1 et 00% de G2.
- Une combinaison massique (C2) de 50% de sable, 40% de G1 et 10% de G2.
- Une combinaison massique (C3) de 50% de sable, 35% de G1 et 15% de G2.
- Une combinaison massique (C4) de 50% de sable, 25% de G1 et 25% de G2.
- Une combinaison massique (C5) de 50% de sable, 15% de G1 et 35% de G2.
- Une combinaison massique (C6) de 50% de sable, 10% de G1 et 40% de G2.
- Une combinaison massique (C7) de 50% de sable, 00% de G1 et 50% de G2.

Tous les détails de ces 07 compositions de BAP sont donnés par le tableau 3.11.

94
Chapitre 3 : Formulation et protocoles expérimentaux

Tableau 3.11: Le deuxième groupe de compositions : 07compositions de bétons autoplaçants.

Id. Ciment Fillers Eau Sable Gravier :G1 Gravier : G2


(kg/m3) (kg/m3) (kg/m3) (kg/m3) Classe (3/8) Classe (8/15)
(kg/m3) (kg/m3)
C1 350 150 161 850 (50%) 850 (50%) 0 (0%)
C2 350 150 161 850 (50%) 680 (40%) 170 (10%)
C3 350 150 161 850 (50%) 595 (35%) 255(15%)
C4 350 150 161 850 (50%) 425 (25%) 425 (25%)
C5 350 150 161 850 (50%) 255(15%) 595 (35%)
C6 350 150 161 850 (50%) 170 (10%) 680 (40%)
C7 350 150 161 850 (50%) 0 (0%) 850(50%)
Le superplastifiant :SP/C= 1%

 3ème groupe de compositions : Il est formé d’une composition de BAP avec sa pâte.
Les proportions des constituants du BAP choisi respectent les ordres de grandeurs
donnés par les compositions types des bétons autoplaçants tels que G/S=0.98 (proche
de 1), le volume de la pâte est de 338 l/m3 (compris entre 330 et 400l/m3).
La composition de la pâte est censée être représentative de celle du BAP (mélange
total) puisqu’elle est réalisée dans les mêmes proportions de constituants que celle de
ce dernier (même quantité d’eau, même quantité de ciment, de fines et de
superplastifiant pour un volume de 1m3.
La composition du BAP et de sa pâte sont donnés par le tableau 3.12.

Tableau 3.12 : Composition du béton autoplaçant (BAP) et de sa pâte.

. Composants Unité BAP Pâte


Eau efficace Kg 170 170
Ciment Kg 350 350
Sable (0/4mm) Kg 860 -
Gravier Kg 840 -
(4/10mm)
Filler calcaire Kg 150 150
Superplastifiant Kg 2.38 2.38
E efficace / C 0.49 0.49
E efficace / L 0.34 0.34

95
4EME CHAPITRE:

RESULTATS EXPERIMENTAUX, ANALYSES ET


DISCUSSIONS
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.1. Introduction

Ce chapitre est dédié en premier lieu au dépouillement et description des rhéogrammes


(moment résistant en fonction de la vitesse de rotation ) afin de déduire le modèle de
comportement rhéologique des bétons autoplaçants ainsi que les différents paramètres
définissant ce comportement (seuil de cisaillement et viscosité plastique).
En deuxième lieu, nous présenterons le lien entre ce comportement rhéologique paramétré par
le seuil de cisaillement et la viscosité avec :
 La granularité des compositions étudiées, définie par : la taille, la forme et le type
granulométrique (continue ou uniforme) des gros granulats
 La structure granulaire des compositions étudiées définie par la concentration des
granulats rapportée à leur état d’empilement libre (compacité non tassée).
 Les paramètres de formulation tels que les rapports : gros granulat/sable (G/S), sable/
pâte liante (S/P) et la concentration de la plus grande classe des gros granulats
(graviers).
Par la suite, nous tenterons d’étudier les comportements rhéologiques des fractions d’un béton
autoplaçant en utilisant la méthode de fractionnement par tamisage dans le but d’évaluer
l’effet de la taille de ces fractions et leur contribution dans le comportement rhéologique
global.
Enfin, nous clôturons le chapitre avec un comparatif entre les résultats des deux rhéomètres
utilisés à savoir le Rhéocad et le Tribomètre en termes de métrologie et tendances des
paramètres rhéologiques en fonction de la taille des granulats.

4.2. Description et études des rhéogrammes obtenus

Le résultat brut d’un essai réalisé avec le « Tribomètre » se présente sous la forme d’un
rhéogramme qui est donné par la variation du moment résistant au mouvement du cylindre
mobile en fonction de sa vitesse de rotation.

3000 M1-Vgc25%-6mm
M1-Vgc30%-6mm
2500
Moment résistant (N.mm)

M1-Vgc35%-6mm
M1-Vgc25%-12mm
M1-Vgc30%-12mm
2000 M1-Vgc35%-12mm

1500

1000

500

0
0 20 40 60 80 100 120
Vitesse de rotation (tr/min)

Figure 4.1 : Les rhéogrammes des BAP à gros granulats de granulométrie


uniforme (Dmax= 6mm et 12mm) et de concentration variable.
97
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Selon les figures 4.1 à 4.5, nous remarquons une différence notable entre les rhéogrammes.
Cette différence est due à plusieurs facteurs comme : la concentration du mortier et de la pâte,
la taille, la forme et la concentration des granulats ainsi que leur type granulométrique
(continue ou uniforme).

3000 M1-Vgc30%-6mm 3000


M1-Vgc25%-G1(continue)
M1-Vgc30%-9mm M1-Vgc30%-G1(continue)
M1-Vgc35%-G1(continue)
2500 M1-Vgc30%-12mm 2500 M1-Vgc25%-12mm
M1Vgc30%-G1(continue) M1-Vgc30%-12mm
M1-Vgc35%-12mm
Moment résistant (N.mm)

Moment résistant (N.mm)


2000 2000

1500 1500

1000 1000

500 500

0 0
0 50 100 150 0 20 40 60 80 100 120
Vitesse de rotation (tr/min) Vitesse de roatation (tr/min)

Figure 4.2 : Les rhéogrammes des BAP à gros Figure 4.3 : Les rhéogrammes des BAP
granulats de différents types granulométrique à gros granulats de granulométrie continue
(continue et uniforme). et uniforme et de concentration variable.

1400 1800

1600
1200
Momente résistant (N.mm)

1400
Moment résistant (N.mm)

1000
1200
800 1000

600 800

600
400
M1-Vgc25%-G1(cont.concassé) 400
M1-Vgr25%-G2(cont.roulé) M1-Vgc30%-G1(continue)
200 M1-Vgc35%-G1(cont.concassé) 200 M2-Vgc30%-G1(continue)
M1-Vgr35%-G2(cont.roulé) M3-Vgc30%-G1(continue)
0 0
0 50 100 150 0 50 100 150
Vitesse de rotation (tr/min) Vitesse de rotattion (tr/min)

Figure 4.4 : Les rhéogrammes des BAP Figure 4.5 : Les rhéogrammes des BAP à
à gros granulats de granulométrie continue gros granulats de granulométrie continue et
et de forme différente (concassé et roulé). de concentration du mortier variable.

98
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Pour un rhéogramme donné (voir la figure 4.6), les valeurs expérimentales sont
soumises à deux types de régression, la première est linéaire, selon le modèle de Bingham
(y=ax+b), la deuxième est non-linéaire, selon le modèle de Herschel-Bulkley de type
(y=a+bxc).

2500
Valeurs expérimentales
Herschel-Bulkley (M=a+b.V**c)
Moment résistant (N.mm)

2000 Bingham (M=M0+µB.V)

1500

1000

Linéaire: M=113.29+20.43V (R2=0.993)


500
Non Linéaire: M=234.24+11.98 V1.11 (R2=0.997)
0
0 20 40 60 80 100 120
Vitesse de rotation (tr/min)

Figure 4.6 : Un rhéogramme type d’un béton autoplaçant identifié par (M1-
VGR35%-6mm) et modélisé par les deux modèles : Bingham et Herschel-Bulkley.

Les deux types de fonctions d’ajustements et leurs paramètres pour tous les bétons
autoplaçants étudiés sont donnés par les tableaux 4.1 et 4.2.

Nous notons que tous les coefficients de détermination « R 2 » des valeurs expérimentales
ajustées par le modèle de Herschel-Bulkley (M=a+bVc) sont meilleurs que ceux donnés pour
un ajustement linéaire « Binghamien » de type (M = M0+ µB.V). Pour cette raison, nous
pouvons conclure que le comportement rhéologique observé à partir des rhéogrammes de tous
les bétons autoplaçants étudiés, quelque soit la composition granulaire, est de type
viscoplastique rhéoépaississant de type Herschel-Bulkley ( M  a  b * V c ). Le milieu est de
plus en plus visqueux au fur et à mesure que la vitesse d’écoulement augmente.

Donc, les paramètres du modèle retenu qui est celui de « Herschel-Bulkley » sont au nombre
de trois comme il est déjà souligné par [02], [10] et [12] pour le cas des bétons autoplaçants.
Ces paramètres sont : a, b, et c. Le paramètre « a » est le moment « seuil » ou le seuil de
cisaillement (en passant aux paramètres rhéologiques fondamentaux). Les paramètres « b » et
« c » sont très liés à l’état visqueux et la viscosité du matériau.

99
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Tableau 4.1. : Paramétrage des courbes d’écoulement (rhéogrammes) des bétons autoplaçants
confectionnés, avec le modèle de Bingham (M=M0 +µBV).

N° Identification de la Paramètres rhéologiques (bruts) Coefficient de


Composition Selon le modèle de Bingham : détermination
M=M0+µBV R2
Seuil de Viscosité
cisaillement µB
M0 (N.mm.min/tr)
(N.mm)
Taille des gros 1 M1-VGC25%-6mm 161.81 9.39 0.9961
granulats : 2 M1-VGR25%-6mm 150.67 9.27 0.9945
Uniforme 3 M1-VGC30%-6mm 156.24 16.85 0.9922
4 M1-VGR30%-6mm 146.39 16.54 0.9947
5 M1-VGC35%-6mm 165.26 20.95 0.9901
6 M1-VGR35%-6mm 113.29 20.43 0.9935
7 M1-VGC25%-9mm 143.30 10.87 0.9889
8 M1-VGR25%-9mm 136.72 10.16 0.9898
9 M1-VGC30%-9mm 135.70 19.94 0.9900
10 M1-VGR30%-9mm 114.47 19.40 0.9887
11 M1-VGC35%-9mm 141.33 22.59 0.9960
12 M1-VGR35%-9mm 130.28 21.29 0.9902
13 M1-VGC25%-12mm 128.90 12.36 0.9870
14 M1-VGR25%-12mm 121.06 11.98 0.9904
15 M1-VGC30%-12mm 96.48 24.32 0.9972
16 M1-VGR30%-12mm 86.49 23.42 0.9879
17 M1-VGC35%-12mm 108.16 27.75 0.9838
18 M1-VGR35%-12mm 107.7 25.22 0.9908
Granularité 19 M1-VGC25%-G1 140.23 7.49 0.9879
Continue 20 M1-VGR25%-G2 132.05 6.71 0.9852
21 M1-VGC30%-G1 196.35 8.52 0.9874
22 M1-VGR30%-G2 183.80 8.01 0.9904
23 M1-VGC35%-G1 253.79 9.44 0.9980
24 M1-VGR35%-G2 235.01 8.80 0.9948
25 M2-VGC25%-G1 264.79 8.88 0.9939
26 M2-VGC30%-G1 435.46 11.57 0.9887
27 M2-VGC35%-G1 601.79 14.27 0.9929
28 M3-VGC25%-G1 104.36 5.96 0.9888
29 M3-VGC30%-G1 129.36 7.00 0.9969
30 M3-VGC35%-G1 153.37 8.11 0.9918

100
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Tableau 4.2 : Paramétrage des courbes d’écoulement (rhéogrammes) des bétons autoplaçants
confectionnés, avec le modèle de Herschel-Bulkley (M= a+b*Vc)

N° Identification de la Les constantes du modèle Coefficient de


Composition Herschel-Bulkley : détermination
M= a+b*Vc R2
a b c

Taille des gros 1 M1-VGC25%-6mm 190.4 6.36 1.08 0.9987


granulats : 2 M1-VGR25%-6mm 178.9 6.28 1.08 0.9976
Uniforme 3 M1-VGC30%-6mm 219.2 10.37 1.10 0.9947
4 M1-VGR30%-6mm 208.2 10.18 1.10 0.9966
5 M1-VGC35%-6mm 250.52 12.28 1.11 0.9919
6 M1-VGR35%-6mm 234.24 11.98 1.11 0.9970
7 M1-VGC25%-9mm 180.2 7.02 1.09 0.9907
8 M1-VGR25%-9mm 171.2 6.56 1.09 0.9915
9 M1-VGC30%-9mm 210.23 12.27 1.10 0.9914
10 M1-VGR30%-9mm 193.41 11.37 1.11 0.9911
11 M1-VGC35%-9mm 233.26 13.24 1.11 0.9973
12 M1-VGR35%-9mm 216.93 12.48 1.11 0.9915
13 M1-VGC25%-12mm 170.88 7.98 1.09 0.9910
14 M1-VGR25%-12mm 159.8 7.37 1.10 0.9912
15 M1-VGC30%-12mm 195.5 14.26 1.11 0.9987
16 M1-VGR30%-12mm 181.82 13.73 1.11 0.9926
17 M1-VGC35%-12mm 221.12 16.27 1.11 0.9856
18 M1-VGR35%-12mm 205.53 14.09 1.12 0.9916
Granularité 19 M1-VGC25%-G1 160.4 5.33 1.07 0.9887
Continue 20 M1-VGR25%-G2 150.1 4.77 1.07 0.9870
21 M1-VGC30%-G1 216.2 6.36 1.06 0.9910
22 M1-VGR30%-G2 202.5 5.98 1.06 0.9912
23 M1-VGC35%-G1 272.3 7.4 1.05 0.9987
24 M1-VGR35%-G2 255.51 6.57 1.06 0.9956
25 M2-VGC25%-G1 288.7 6.32 1.07 0.9947
26 M2-VGC30%-G1 466.6 8.23 1.05 0.9926
27 M2-VGC35%-G1 640.2 10.15 1.05 0.9937
28 M3-VGC25%-G1 120.4 4.24 1.10 0.9925
29 M3-VGC30%-G1 148.2 4.98 1.09 0.9977
30 M3-VGC35%-G1 175.2 5.77 1.07 0.9926

Pour la détermination des deux caractéristiques rhéologiques à savoir le seuil de cisaillement


et la viscosité (à l’état brut) par le modèle de Herschel-Bulkley à trois paramètres, nous
considérons que :

- Le seuil de cisaillement est représenté par le paramètre « a » qui est en fait, le moment
seuil donné en N.mm.
- La viscosité plastique est calculée par la méthode de Bingham modifiée, déduite du
modèle de Herschel-Bulkley selon Ferraris et Delarrard [42]. Cette méthode est
donnée dans le paragraphe 2.4.2.2 du chapitre 2.

101
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

La relation de la viscosité est la suivante : µM = (Eq. 4.1)

Où : b et c sont les paramètres du modèle de Herschel-Bulkley (M=a+b.Vc), donnés par le


tableau 4.2. et Vmax est la vitesse de rotation maximale (dans notre cas Vmax=96tr/min).

Les valeurs des ces deux paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) de tous
les bétons autoplaçants étudiés sont donnés dans le tableau 4.3.

Tableau 4.3 : Les valeurs des deux paramètres rhéologiques (Seuil de cisaillement et
Viscosité) des BAP étudiés selon le modèle de Herschel-Bulkley.

N° Identification de la Paramètres rhéologiques (bruts)


Composition Selon le modèle de Herschel-Bulkley
Seuil de cisaillement Viscosité
«a» µ M=
[N.mm]
[N.mm.min/tr]
Taille des gros 1 M1-VGC25%-6mm 190.4 8.93
granulats : 2 M1-VGR25%-6mm 178.9 8.81
Uniforme 3 M1-VGC30%-6mm 219.2 15.84
4 M1-VGR30%-6mm 208.2 15.55
5 M1-VGC35%-6mm 250.52 19.57
6 M1-VGR35%-6mm 234.24 19.09
7 M1-VGC25%-9mm 180.2 10.28
8 M1-VGR25%-9mm 171.2 9.60
9 M1-VGC30%-9mm 210.23 18.65
10 M1-VGR30%-9mm 193.41 18.12
11 M1-VGC35%-9mm 233.26 21.10
12 M1-VGR35%-9mm 216.93 19.89
13 M1-VGC25%-12mm 170.88 11.68
14 M1-VGR25%-12mm 159.8 10.98
15 M1-VGC30%-12mm 195.5 22.06
16 M1-VGR30%-12mm 181.82 21.88
17 M1-VGC35%-12mm 221.12 25.92
18 M1-VGR35%-12mm 205.53 23.55
Granularité 19 M1-VGC25%-G1 160.4 7.17
Continue 20 M1-VGR25%-G2 150.1 6.41
21 M1-VGC30%-G1 216.2 8.20
22 M1-VGR30%-G2 202.5 7.70
23 M1-VGC35%-G1 272.3 9.14
24 M1-VGR35%-G2 255.51 8.46
25 M2-VGC25%-G1 288.7 8.5
26 M2-VGC30%-G1 466.6 11.07
27 M2-VGC35%-G1 640.2 13.65
28 M3-VGC25%-G1 120.4 5.70
29 M3-VGC30%-G1 148.2 6.70
30 M3-VGC35%-G1 175.2 7.76

102
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Tableau 4.4 : Les valeurs de la viscosité selon les modèles de Herschel-Bulkley et Bingham.

N° Identification de la Modèle de Modèle de Bingham


Composition HerschelBulkley µB
µM [N.mm.min/tr]
[N.mm.min/tr]
Taille des gros 1 M1-VGC25%-6mm 8.93 9.39
granulats : 2 M1-VGR25%-6mm 8.81 9.27
Uniforme 3 M1-VGC30%-6mm 15.84 16.85
4 M1-VGR30%-6mm 15.55 16.54
5 M1-VGC35%-6mm 19.57 20.95
6 M1-VGR35%-6mm 19.09 20.43
7 M1-VGC25%-9mm 10.28 10.87
8 M1-VGR25%-9mm 9.60 10.16
9 M1-VGC30%-9mm 18.65 19.94
10 M1-VGR30%-9mm 18.12 19.40
11 M1-VGC35%-9mm 21.10 22.59
12 M1-VGR35%-9mm 19.89 21.29
13 M1-VGC25%-12mm 11.68 12.36
14 M1-VGR25%-12mm 10.98 11.98
15 M1-VGC30%-12mm 22.06 24.32
16 M1-VGR30%-12mm 21.88 23.42
17 M1-VGC35%-12mm 25.92 27.75
18 M1-VGR35%-12mm 23.55 25.22
Granularité 19 M1-VGC25%-G1 7.17 7.49
Continue 20 M1-VGR25%-G2 6.41 6.71
21 M1-VGC30%-G1 8.20 8.52
22 M1-VGR30%-G2 7.70 8.01
23 M1-VGC35%-G1 9.14 9.44
24 M1-VGR35%-G2 8.46 8.80
25 M2-VGC25%-G1 8.5 8.88
26 M2-VGC30%-G1 11.07 11.57
27 M2-VGC35%-G1 13.65 14.27
28 M3-VGC25%-G1 5.70 5.96
29 M3-VGC30%-G1 6.70 7.00
30 M3-VGC35%-G1 7.76 8.11

Afin d’établir une comparaison, nous avons effectué deux types de calcul de la viscosité,
donnés par le tableau 4.4. Il s’agit de :
 La viscosité déduite du modèle de Herschel-Bulkley et donnée par la méthode de
Bingham modifiée. Elle est notée par (µM).
 La viscosité selon le modèle de Bingham qui est la pente de la droite M=M0+µBV.
Elle est notée par (µB).

Selon les résultats donnés par le tableau 4.4, nous constatons que les valeurs des deux
viscosités calculées sont comparables. Ce constat est expliqué par le fait que le coefficient
« c » du rhéoépaississement du modèle de comportement de Herschel-Bulkley est
relativement proche de 1. Lorsque le coefficient « c » est égal à 1, les deux modèles se
confondent pour donner la même viscosité.
103
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.3. Relations entre le comportement rhéologique et la granularité

4.3.1. Effet de la taille des gros granulats (Etendue granulaire)

Comme c’est montré dans la figure 4.7, quand les gros granulats (graviers) à taille
uniforme sont utilisés, le seuil de cisaillement diminue et la viscosité augmente avec
l’augmentation de la taille des granulats quelque soit la concentration des gros granulats.
300 30
Mortier M1, Vg(concassé)=25% Mortier M1, Vg(concassé)=25%
Mortier M1, Vg(concassé)=30% Mortier M1, Vg(concassé)=30%
250 Mortier M1, Vg(concassé)=35% 25 Mortier M1, Vg(concassé)=35%
Seuil de cisaillement (N.mm)

Viscosité (N.mm.min/tr)
200 20

150 15

100 10

50 5

0 0
D=6mm D=9mm D= 12mm D=6mm D=9mm D=12mm
Taille des gros granulats (concassés) Taille des gros granulats (concassés)

Figure 4.7 : Les paramètres rhéologiques des bétons confectionnés en fonction de la taille
des gros granulats (graviers).

Selon la même figure 4.7, nous pouvons remarquer aussi que l’effet de la taille des gros
granulats sur les deux paramètres rhéologiques est variable selon le volume de ces gros
granulats.

Quelque soit la taille (D), le seuil de cisaillement et la viscosité augmentent lorsque le volume
des gros granulats augmente. L’effet du volume des gros granulats, en passant de VG=25% à
VG=35%, est plus marqué lorsqu’il s’agit de la viscosité. Entre VG=25% et VG=35%, le seuil
de cisaillement augmente en moyenne avec 30% (pour les trois tailles D=6, 9 et 12mm),
tandis que la viscosité augmente en moyenne avec 115%, c'est-à-dire, un peu plus du double
(2.15 fois).
Si nous considérons que les deux paramètres rhéologiques doivent avoir des valeurs faibles
pour rester dans le domaine de l’autoplasticité [55], nous pouvons conclure que
l’augmentation de la taille et du volume des gros granulats ont un effet défavorable sur la
viscosité d’un béton autoplaçant. Par contre, l’augmentation de la taille des gros granulats a
un effet favorable sur le seuil de cisaillement. Ce qui peut être expliqué par la surface
spécifique qui se trouve réduite en passant des granulats de taille faible à ceux de taille de
taille forte.

104
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Nous considérons la différence de taille entre le sable et les gros granulats comme étant une
étendue granulaire (d/D), afin d’exprimer son effet sur le comportement rhéologique (le seuil
de cisaillement et la viscosité).
L’étendue granulaire (d/D) est souvent liée à l’arrangement des grains et à la compacité.
D’après la relation de Faury [15], donnée au paragraphe 2.7.1.2 du chapitre 2, la compacité
maximale atteinte d’un système granulaire est fonction de son étendue granulaire (d/D), elle
augmente lorsque (d/D) diminue.
Dans ce sens et selon la figure 4.8, nous constatons que lorsque l’étendue granulaire (d/D)
diminue, le seuil de cisaillement diminue quelque soit la concentration des gros granulats.
Donc, le seuil de cisaillement diminue lorsque le système granulaire (sable et graviers) offre
une compacité maximale ou un bon arrangement de grains tel que les petits grains servent au
roulement des gros granulats (effet de roulement).

300 30

250 25
Seuil de cisaillement (N.mm)

Viscosité (N.mm.min/tr)

200 20

150 15

100 10
Mortier M1-Vgc(concassé)=25%
Mortier M1-Vgc(concassé)=25%
Mortier M1-Vgc(concassé)=30%
50 5 Mortier M1-Vgc(concassé)=30%
Mortier M1-Vgc(concassé)=35%
Mortier M1-Vgc(concassé)=35%

0 0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
Etendue granulaire (d/D) Etendue granulaire (d/D)

Figure 4.8 : Effet de l’étendue granulaire Figure 4.9 : Effet de l’étendue granulaire (d/D)
(d/D) sur le seuil de cisaillement sur la viscosité

D’après la figure 4.9, la viscosité augmente lorsque l’étendue granulaire (d/D) diminue,
quelque soit la concentration des gros granulats. Donc, la viscosité augmente lorsque le
système granulaire (sable et graviers) offre un bon empilement en relation avec la diminution
de l’étendue granulaire (d/D). Ce résultat est en accord avec les modèles de viscosité [16][43]
et [52], donnés dans le paragraphe 2.5.2, qui prévoient un blocage ou une tendance vers les
grandes valeurs de la viscosité lorsque la suspension est proche de l’empilement.

Nous pouvons, donc, conclure de ce qui précède que l’augmentation de l’arrangement des
granulats lié à la diminution de l’étendue granulaire (d/D) agit dans le sens favorable du seuil
de cisaillement tandis qu’il agit dans le sens défavorable de la viscosité.

105
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.3.2. Effet du type granulométrique (continuité) :

Les résultats de la figure 4.10 montrent que les paramètres rhéologiques notamment la
viscosité diminuent dans le cas de la granulométrie continue par rapport à une granulométrie
uniforme. Cette tendance se concorde bien avec les résultats d’autres recherches faites sur le
béton ordinaire [37].
Néanmoins, le seuil de cisaillement présente une légère diminution dans le cas de la
granulométrie continue par rapport à une granulométrie uniforme, limitée seulement à des
faibles concentrations des gros granulats (VG=25%). Au-delà de VG=30%, il tend vers une
augmentation dans le cas d’une granulométrie continue par rapport à une granulométrie
uniforme.
Les résultats ont montré également que l’effet de la continuité granulométrique est plus
marqué lorsqu’il s’agit de la viscosité. En passant d’une granulométrie uniforme à une autre
continue, les différences entre les seuils de cisaillement sont peu notables par rapport à celles
de la viscosité. Ces variations sont estimées en moyenne à 11% et 105% pour le seuil de
cisaillement et la viscosité respectivement.

300 30
Mortier M1, Vg(concassé)=25% Mortier M1, Vg(concassé)=25%
Mortier M1, Vg(concassé)=30%
Mortier M1,Vg(concassé)=30% Mortier M1, Vg(concassé)=35%
250 25
Seuil de cisaillement (N.mm)

Mortier M1, Vg(concassé)=35%


Viscosité (N.mm.min/tr)

200 20

150 15

100 10

50 5

0 0
Unif.(D=6mm) Unif.(D=9mm) Unif.(D=12mm) Continue Unif.(D=6mm) Unif.(D=9mm) Unif.(D=12mm) Continue

Figure 4.10 : Effet du type granulométrique des gros granulats sur les paramètres
rhéologiques.

Nous pouvons, donc, conclure de ce qui précède que le type granulométrique (continuité-
discontinuité) des gros granulats est un facteur déterminant dans le comportement de la
viscosité. La granulométrie continue des gros granulats favorise une structure granulaire de
faibles pourcentages de vides inter-grains, ce qui exige moins de mortier pour remplir les
vides et laisser l’excès pour bien envelopper la surface des granulats et assurer un bon
écoulement.

Tandis que pour le seuil de cisaillement, à des concentrations faibles de gros granulats, nous
constatons un déblocage de l’écoulement (faible cisaillement) lorsqu’il s’agit d’une
granulométrie continue. Lorsque la concentration est au niveau de 30% et plus, le seuil de

106
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

cisaillement est confronté à un encombrement dû à des multiplications du nombre de contact


inter-grains, d’où l’augmentation du seuil de cisaillement.

4.3.3. Effet de la forme des gros granulats :

Les figures 4.11 et 4.12 montrent la différence au niveau du comportement


rhéologique entre la forme roulé (donnée par les lignes en pointillé) et la forme concassé
(lignes continues).
Les résultats donnés par les figures 4.11, 4.12 et 4.13 montrent que les paramètres
rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) diminuent dans le cas des granulats roulés par
rapport aux granulats concassés quelque soit la taille, l’étendue granulaire, le type
granulométrique et le volume des granulats. Toutefois, dans le cas des gros granulats à
granulométrie uniforme causant une étendue granulaire (entre le sable et le gravier), cette
diminution n’apparait pas pour le cas de la viscosité, notamment pour des concentrations en
gros granulats inferieures à 30% (VG<30%) (voir la figure 4.12). Par exemple, pour VG=25%,
les viscosités en fonction de l’étendue granulaire pour le cas des granulats concassés et roulés
semblent presque confondues.

30
300

250 25
Seuil de cisaillement (N.mm)

Viscosité (N.mm.min/tr)

200 20

150 15

Mortier M1-Vgc(concassé)=25% 10
100
Mortier M1-Vgc(concassé)=30% Mortier M1-Vgc(concassé)=25%
Mortier M1-Vgc(concassé)=35% Mortier M1-Vgc(concassé)=30%
Mortier M1-Vgr(roulé)=25% 5 Mortier M1-Vgc(concassé)=35%
50 Mortier M1-Vgr(roulé)=25%
Mortier M1-Vgr(roulé)=30%
Mortier M1-Vgr(roulé)=30%
Mortier M1-Vgr(roulé)=35% Mortier M1-Vgr(roulé)=35%
0 0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
Etendue granulaire (d/D) Etendue granulaire (d/D)

Figure 4.11 : Effet de l’étendue granulaire Figure 4.12 : Effet de l’étendue granulaire
sur le seuil de cisaillement dans le cas sur la viscosité dans le cas des gros
des gros granulats concassés et roulés. granulats concassés et roulés.

Pour le cas des granulats concassés (lignes continues), nous avons déjà démontré, dans le
paragraphe 4.3.1, que le seuil de cisaillement diminue lorsque l’arrangement granulaire est
meilleur (en relation avec la diminution de l’étendue granulaire), la forme roulée agit dans le
sens de l’amélioration de cet arrangement granulaire. Ce qui explique la diminution du seuil
de cisaillement pour le cas des granulats roulés quelque soit l’étendue granulaire.

107
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

L’effet de la forme roulée, qui est supposée agir dans le sens de l’amélioration de
l’arrangement granulaire et de la diminution de la viscosité, est estompé par l’effet
défavorable de l’étendue granulaire sur cette dernière (viscosité). Ce qui explique le fait que la
différence dû à la forme roulée n’apparait pas d’une manière marquée pour le cas de la
viscosité.

Lorsqu’il s’agit d’une granulométrie continue, les résultats de la figure 4.13 montrent une
diminution des paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) dans le cas des
granulats roulé par rapport aux granulats concassé.

Cette diminution peut être expliquée par un déblocage de l’écoulement dû à la forme ou à la


diminution des pourcentages des vides qu’offre une structure granulaire formé de granulats
roulés.

300 10
Vg=25% Vg=25%
9 Vg=30%
Vg=30%
250 Vg=35%
Vg=35% 8
Viscosité (N.mm.min/tr)
Seuil de cisaillment (N.mm)

7
200
6

150 5

4
100
3

2
50
1

0 0
G1 (concassé) G2 (roulé) G1 (concassé) G2 (roulé)

Figure 4.13 : Effet de la forme des gros granulats de granulométrie continue


sur les deux paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité).

Donc, pour une granulométrie continue, l’effet de la forme sur le comportement rhéologique
des bétons autoplaçants en passant d’une forme irrégulière (type concassé) à une forme
régulière (type roulé) est très favorable. Ce résultat est en accord avec l’une des conclusions
d’une étude [40] concernant les granulats roulés.

De ce qui précède, nous pouvons, donc, conclure que les granulats de forme roulée sont plus
efficaces dans le comportement rhéologique des BAP dans le cas d’une granulométrie
continue par rapport à une granulométrie discontinue ou une granulométrie à étendue
granulaire (entre le sable et le gravier).

108
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.4. Relations entre le comportement rhéologique et la structure granulaire des


suspensions

Dans la littérature, on a noté qu’il y a beaucoup de chercheurs qui ont essayé de lier la
structure des suspensions à leur comportement rhéologiques (Ferraris-Delarrard, Faris et
Kikukawa-Murata..). Cette structure est exprimée par un état de concentration de solides
rapporté à leur compacité maximale (Øs/Ø*), où Øs est la concentration des solides et Ø* est la
compacité maximale.

En considérant, dans notre cas, que le mélange d’un béton autoplaçant est constitué de deux
(02) phases ; la matrice (pâte liante) et le squelette granulaire (tous les granulats) et que l’état
d’empilement (compacité) est non tassé, nous nous posons la question si l’évolution du
comportement rhéologique peut être exprimée en fonction de cet état d’empilement ou non ?.
En d’autres termes, la compacité (non tassée) convient-elle avec ce type de modèle, liant les
paramètres rhéologiques à la concentration de solide relative (Øs/Ø*) ?.

En conséquence, les effets de la granularité tels que la taille, la forme, la continuité des gros
granulats et l’étendue granulaire sur les relations des paramètres rhéologiques (seuil de
cisaillement et viscosité) en fonction de la concentration de solide relative (Øs/Ø*) seront
abordés et étudiés.

4.4.1. Mesures de compacité

Il reste techniquement difficile de déterminer la compacité maximale puisque cette


dernière est fonction de type de compactage. C’est la raison pour laquelle, la compacité
maximale reste très empirique et virtuelle.

Généralement, pour mesurer la compacité, il existe deux possibilités :

 Laisser les granulats s’écouler librement (sous l’effet de leur propre poids), les grains vont
s’organiser, s’arranger, mais il ya de fortes chances que les vides interarticulaires soient
très importants.
 Appliquer une contrainte pour orienter l’arrangement et mieux remplir l’espace. Ceci peut
être réalisé en tassant, en vibrant ou en comprimant les granulats. A chaque protocole
correspond une compacité.

Dans notre cas, on a mesuré la compacité sans aucune contrainte de réarrangement, on a


choisi un écoulement libre, la compacité ainsi mesurée sera appelée « compacité non tassée ».

Pour rappel, l’essai est appelé « UVC » (Uncompacted Voids Content) ou taux de vides non
compacté. Il mesure le pourcentage des vides dans le matériau mis en place dans un moule de
4.46 litres sans compactage. Toute la procédure de l’essai «UVC» est déjà donnée dans le
paragraphe 3.3.2.3 du chapitre 3 (matériaux utilisés, formulation et protocole expérimentaux).

Pour éviter les cas de figures où les vides inter-granulaires soient très importants, nous avons
effectué pour chaque composition granulaire au moins dix (10) essais. Nous choisissons au
moins trois (03) cas de figures dont les résultats de l’essai « UVC » sont minimaux.
109
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Le taux de vides non compacté final (UVC)(en %), est la moyenne de ces cas de figures
considérés. La compacité non tassée (Ø*) est donnée par : Ø* (%) = 100 – UVC (Eq. 4.2)

Tableau 4.5 : Les résultats de mesures du taux de vides non compacté (UVC), la compacité
non tassée (Ø*) et la concentration de granulats relative (Øs/Ø*)

N° Identification de la UVC Compacité Øs Øs/Ø*


Composition Ø* (%)
(%) (%)
1 M1-VGC25%-6mm 34.00 66.00 61.30 0.93
2 M1-VGR25%-6mm 31.20 68.80 61.30 0.89
3 M1-VGC30%-6mm 33.25 66.75 63.40 0.95
4 M1-VGR30%-6mm 31.00 69.00 63.40 0.92
5 M1-VGC35%-6mm 33.60 66.40 65.10 0.98
6 M1-VGR35%-6mm 31.11 68.89 65.10 0.94
7 M1-VGC25%-9mm 33.70 66.30 61.30 0.92
8 M1-VGR25%-9mm 30.92 69.08 61.30 0.88
9 M1-VGC30%-9mm 32.80 67.20 63.40 0.94
10 M1-VGR30%-9mm 30.37 69.63 63.40 0.91
11 M1-VGC35%-9mm 33.25 66.75 65.10 0.97
12 M1-VGR35%-9mm 30.50 69.50 65.10 0.94
13 M1-VGC25%-12mm 33.30 66.70 61.30 0.92
14 M1-VGR25%-12mm 30.85 69.15 61.30 0.88
15 M1-VGC30%-12mm 32.50 67.50 63.40 0.94
16 M1-VGR30%-12mm 30.10 69.90 63.40 0.91
17 M1-VGC35%-12mm 32.90 67.10 65.10 0.97
18 M1-VGR35%-12mm 30.46 69.54 65.10 0.94
19 M1-VGC25%-G1 32.00 68.00 61.30 0.90
20 M1-VGR25%-G2 30.07 69.93 61.30 0.88
21 M1-VGC30%-G1 31.28 68.72 63.40 0.92
22 M1-VGR30%-G2 29.05 70.95 63.40 0.89
23 M1-VGC35%-G1 31.55 68.45 65.10 0.95
24 M1-VGR35%-G2 29.36 70.64 65.10 0.92
25 M2-VGC25%-G1 32.27 67.73 58.7 0.94
26 M2-VGC30%-G1 31.15 68.85 63.7 0.96
27 M2-VGC35%-G1 31.00 69.00 68.7 0.99
28 M3-VGC25%-G1 31.70 68.30 53.9 0.85
29 M3-VGC30%-G1 31.25 68.75 58.9 0.87
30 M3-VGC35%-G1 32.05 67.95 63.9 0.91

Le tableau 4.5. présente les résultats de mesure du taux de vides non compacté (UVC) et de la
compacité non tassée (Ø*) des compositions granulaires (sable et gravier) de tous les BAP
étudiés, ainsi que la concentration des granulats (Øs) dans le volume total du béton
confectionné pour arriver à l’étape finale où nous déterminons le paramètre indiquant la
concentration granulaire relative (Øs/Ø*), appelé dans la suite du chapitre « la concentration

110
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

solide relative ». Ce paramètre (Øs/Ø*) est, donc, le rapport entre la concentration des
granulats et leur compacité non tassée.
Cette mesure de compacité non tassée (Ø*) est surtout sensible à la forme des granulats
(notamment les gros granulats). Les granulats roulés se réarrangent beaucoup mieux par
rapport aux granulats concassés (voir le tableau 4.5 et la figure 4.14).

La figure 4.14 montre que la compacité (Ø*) est fonction aussi de l’étendue granulaire, elle
diminue lorsque l’étendue granulaire diminue (d/D augmente).

0,705 0,692
Gr.Concassé(G/S=0.79)
0,7 Gr.Concassé(G/S=0.95)
Gr.Concassé(G/S=1.11)

Compacité non tasséeé (Ø*) (%)


0,695 Gr.Roulé(G/S=0.78)
Compacité non tassée (Ø*) (%)

Gr.Roulé(G/S=0.93) 0,688
0,69 Gr.Roulé(G/S=1.09)

0,685

0,68 0,684

0,675

0,67
0,68
0,665

0,66
0,676
0,655
0,7 0,9 1,1 1,3
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
Le rapport gravier/sable (G/S)
Etendue granulaire (d/D)

Figure 4.14 : Les résultats de mesures de la Figure 4.15 : La compacité en fonction du


compacité en fonction de l’étendue Rapport (G/S) pour le cas d’un gravier de
granulaire granulométrie continue de forme concassé.
et la concentration

Pour une même étendue granulaire entre le sable (petits granulats) et le gravier (gros granulat
de taille uniforme ou de granulométrie continue), la compacité non tassée est fonction du
rapport G/S. Selon la figure 4.15, les mélanges se réarrangent d’une manière optimale lorsque
G/S tend vers 1 (S=50% et G=50%). Cette tendance est confirmée par les résultats d’autres
chercheurs [50] et [51].

111
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.4.2. Relation entre la viscosité et la concentration solide relative (Øs/Ø*)

La relation obtenue entre la viscosité et la concentration solide relative (Øs/Ø*) pour le


cas des bétons autoplaçants formulées avec des gros granulats concassés et roulés de
granulométries continues est donnée par la figure 4.16.

14
13 Gravier G1 (Concassé)
Gravier G2 (roulé)
12
Viscosité (N.mm.min)

11
10
9
8
7
6
5
4
0,84 0,86 0,88 0,9 0,92 0,94 0,96 0,98 1
Concentration solide relative (Øs/Ø*)

Figure 4.16 : Relation entre la concentration solide relative et la viscosité


pour les bétons autoplaçants à granulométrie continue.

La viscosité augmente avec la concentration solide relative pour tendre vers les grandes
valeurs quand la suspension est proche de l’empilement (même non tassé).

Donc, on peut confirmer que l’évolution de la viscosité peut être exprimée en fonction de
l’état d’empilement (non tassé) du squelette granulaire.

Les résultats expérimentaux de la figure 4.16 sont lissés par le modèle :

∅ .
= 12.99 avec R2=0.92. (Eq. 4.3)
∅∗

Comme on peut proposer une autre relation, en transformant l’équation 5.2, qui tend vers les
grandes valeurs pour une concentration relative qui tend vers 1.

∅ .
= 3.62 1 − avec R2=0.90 (Eq. 4.4)
∅∗

Ce constat de tendance de la viscosité en fonction de la concentration solide relative est


confirmé par plusieurs chercheurs entre autres Delarrard [16] Sedran [24] et Kikukawa [52].

Donc, nous pouvons confirmons que la compacité non tassée peut fournir là encore une
classification pertinente du comportement rhéologique des mélanges.

112
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.4.2.1. Effet de la taille des gros granulats (Etendue granulaire)

La figure 4.17 montre l’effet de la taille des gros granulats (de diamètre « D ») ainsi
que l’étendue granulaire (d/D) sur la relation viscosité-concentration granulaire relative
(Øs/Ø*).
Nous constatons, selon la figure 4.17, que la viscosité dépend du rapport (Øs/Ø*) et lui-même
dépendant de l’étendue granulaire et de la taille « D » des gros granulats. C’est pour cette
raison que pour chaque étendue granulaire « d/D » (ou chaque diamètre « D » des gros
granulats), nous avons une variation de la viscosité en fonction de la concentration granulaire
relative.

30

25
(N.mm.min)

20

15
Viscosité

10
Gr.concassé (D=6mm et d/D=0.42)
5 Gr.concassé (D=9mm et d/D=0.28)
Gr.concassé (D=12mm et d/D=0.21)
0
0,91 0,92 0,93 0,94 0,95 0,96 0,97 0,98 0,99

Concentration solide relative (Øs/Ø*)

Figure 4.17 : Relation entre la concentration solide relative et la viscosité


pour les bétons autoplaçants à gros granulat de taille uniforme type concassé.

Pour atteindre la même viscosité, les compositions à étendue granulaire élevée (d/D=0.42)
s’approchent davantage de l’empilement en ne nécessitant qu’un petit écartement
(verrouillage serré) par rapport à celles de faible étendue granulaire (d/D=0.21) qui
nécessitent un grand écartement (verrouillage desserré).
Le verrouillage serré (à petit écartement) est un état d’empilement granulaire où les granulats
en suspension sont écartés ou espacés entre eux d’une certaine distance par rapport à l’état
d’empilement maximal où nous avons un verrouillage (blocage) total du système granulaire.
Dans le cas du verrouillage total, la viscosité tend vers les grandes valeurs pour donner à un
blocage.
Dans le cas contraire, le verrouillage desserré correspond à un grand écartement. C’est un
autre état d’empilement où les granulats en suspension sont écartés entre eux d’une distance
plus grande que l’état de verrouillage serré.
Pour la même concentration relative, les compositions à faible étendue granulaire (d/D=0.21)
dissipent l’énergie de déformation par un excès de viscosité par rapport aux compositions à
étendue granulaire plus élevée, puisqu’elles se trouvent dans un état de verrouillage plus serré.

113
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.4.2.2. Effet de la forme des gros granulats

La figure 4.18 montre que les compositions granulaires à gros granulats concassés (en
traits continus) s’approchent davantage de l’empilement maximal (verrouillage avec viscosité
infinie) que celles à gros granulats roulé (traits discontinus).

Pour maintenir le même niveau de viscosité, les compositions granulaires à gros granulats
concassés ont besoin plus de concentration relative que celles à gros granulats roulés.

30
Gr.concassé (D=6mm)
Gr.concassé (D=9mm)
25 Gr.concassé(D=12mm)
Viscosité (N.mm.min)

Gr.roulé (D=6mm)
Gr.roulé (D=9mm)
20 Gr.roulé (D=12mm)

15

10

5
0,85 0,87 0,89 0,91 0,93 0,95 0,97 0,99
Concentration solide relative (ØS/Ø*)

Figure 4.18 : Relation entre la concentration solide relative et la viscosité


pour les bétons autoplaçants à gros granulats de taille uniforme de forme
concassés et roulés.

Les courbes de la figure 4.18 sont lissées par les modèles donnés par le tableau 4.6.
Tableau 4.6 : Les courbes de lissage des valeurs expérimentales de la viscosité en fonction de
la concentration solide relative

Type et dimensions des gros granulats Les courbes de lissage


Gros granulats concassés (D=6mm) ∅ .
=28.01( ∅∗ ) (N.mm.min) avec R2=0.87
Gros granulats concassés (D=9mm) ∅ .
=33.88( ∗ ) (N.mm.min) avec R2=0.79

Gros granulats concassés (D=12mm) ∅ .
=37.78( ∗ ) (N.mm.min) avec R2=0.73

Gros granulats roulés (D=6mm) ∅ .
=48.41( ∗ ) (N. mm. min) avec R2=0.98

Gros granulats roulés (D=9mm) ∅ .
=43.21( ∅∗ ) (N.mm.min) avec R2=0.85
Gros granulats roulés (D=12mm) ∅ .
=54.58( ∅∗ ) (N.mm.min) avec R2=0.83

114
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.4.2.3. Effet du type granulométrique (continuité)

La figure 4.19 montre que pour atteindre la même viscosité, les compositions à
granulométrie continue s’approchent davantage de l’empilement maximal en ne nécessitant
qu’un petit écartement (verrouillage serré) par rapport aux compositions à granulométrie
discontinues ou à étendue granulaire qui nécessitent un écartement plus grand (verrouillage
desserré).

Pour la même concentration relative, les compositions à granulométrie discontinues (à


étendue granulaire) dissipent l’énergie de déformation sous forme d’un excès de viscosité,
puisqu’elles se trouvent dans un état de verrouillage plus serré que les compositions à
granulométrie continue.

30
Gr.concassé (D=6mm)
Gr.concassé (D=9mm)
25 Gr.concassé (D=12mm)
Gr.concassé (granulo.continue)
Viscosité (N.mm.min)

20

15

10

5
0,84 0,86 0,88 0,9 0,92 0,94 0,96 0,98 1
*
Concentration solide relative (ØS/Ø )

Figure 4.19 : Effet de la continuité granulométrique sur la relation entre la


concentration solide relative et la viscosité pour les bétons autoplaçants.

La figure 4.19 montre aussi que l’évolution de la viscosité en fonction de la concentration


granulaire relative au niveau de la courbe des compositions à granulométrie continue est
relativement faible (pente faible) par rapport à celles à granulométrie discontinue (à étendue
granulaire). Ce constat peut être dû au squelette granulaire qui est optimisé pour le cas d’une
granulométrie continue.

Pour les compositions à granulométrie discontinue, la tendance vers l’empilement (viscosité


élevé) se fait d’une manière très accélérée (pente élevée). Ainsi, ce constat peut être dû au
squelette granulaire qui n’est pas optimisé pour le cas des compositions discontinues.

115
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.4.3. Relation entre le seuil de cisaillement et la concentration solide relative (Øs/Ø*)

La figure 4.20 montre que le seuil de cisaillement est fonction de la concentration


granulaire relative (Øs/Ø*) indépendamment de la forme, de la taille des gros granulats et de
l’étendue granulaire. Néanmoins, cette relation (seuil de cisaillement-concentration relative)
est dépendante du type de la granulométrie (continue ou uniforme).

Le seuil de cisaillement peut être considéré comme la manifestation macroscopique du


frottement entre les grains composant le squelette granulaire du béton. Pour une granulométrie
donnée, il est naturel de considérer que les frottements inetr-grains seront d’autant plus élevés
que les grains seront proches de leur état d’empilement.

700
Gravier de granulométrie continue
600 Gravier de granulométrie discontinue
Seuil de cisaillement (N.mm)

500

400

300

200

100

0
0,84 0,86 0,88 0,9 0,92 0,94 0,96 0,98 1
Concentration solide relative (ØS / Ø*)

Figure 4.20 : La variation du seuil de cisaillement en fonction de la


concentration solide relative pour les BAP à granulométrie continue et
uniforme.

Pour une même concentration relative, le seuil de cisaillement des compositions de bétons
autoplaçants à granulométrie continue est le plus élevé par rapport à celui des compositions à
granulométrie discontinue. Ce constat est de plus en plus marquant, pour des concentrations
granulaires qui sont proches de leur état d’empilement (Øs/Ø*>0.9).

Pour une granulométrie continue, les contacts inter-grains sont plus importants que ceux dans
une granulométrie discontinue. Dans cette dernière, les contacts se font uniquement entre les
gros granulats de même taille, alors que pour la première, les frottements se multiplier du
moment qu’il ya une continuité dans les tailles des granulats.

Lorsque les concentrations s’éloignent de leur état d’empilement (Øs/Ø*<0.9), la différence


entre les deux types granulométriques devient insignifiante.

116
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Donc, on peut aussi confirmer là encore, que l’évolution du seuil de cisaillement peut être
exprimée en fonction de l’état d’empilement (non tassé) du squelette granulaire.

Les résultats expérimentaux de la figure 4.20 sont lissés par les modèles :


 Granulométrie continue : =588.55( ∅∗ ) .
(N.mm) avec R2=0.89 (Eq. 4.5)

 Granulométrie discontinue :τ =258.93(∅∗ ) .
(N.mm) avec R2=078 (Eq. 4.6)

En comparant les deux modèles lissés ci dessus avec les modèles prédisant le seuil de
cisaillement données par la littérature, on peut considérer qu’ils ont la même forme de
relation avec le modèle de Alderman [53] donné sous la forme: = . où a et b sont des
constantes et Γ est la concentration solide volumique.

Dans notre cas, en mettant le modèle proposé du seuil de cisaillement sous la forme :

= . (Eq. 4.7)

Avec : = ∅∗ et (a,b) des constantes.

Selon les équations 4.4 et 4.5, le coefficient « a » augmente en passant d’une granulométrie
discontinue à une granulométrie continue.
Lorsque la concentration granulaire dans une composition donnée atteint la valeur qui

correspond à la compacité maximale (Ø*), c'est-à-dire tend vers 1, le seuil de cisaillement
∅∗
tend vers la valeur de « a ». Donc, on peut considérer que le coefficient « a » est la limite du
seuil de cisaillement correspondant au cas du verrouillage total de la suspension (empilement
maximale).
Au stade de l’empilement maximal d’une composition granulaire donnée, il y a une certaine
nature et nombre de contact entre les grains qui s’installent pour définir le coefficient « a ».
Cette idée est soutenue par l’explication de Delarrard [16] vis-à-vis le seuil de cisaillement
donnée dans le paragraphe 2.4.2.1 du chapitre 2.
Pour une granulométrie continue, la compacité maximale est meilleure par rapport à une
granulométrie discontinue, ce qui justifie que la granulométrie continue a plus de contact
inter-grains par rapport à la granulométrie discontinue.
Donc, on peut conclure que le coefficient « a » est fonction de l’état d’empilement maximal
d’une granulométrie donnée.

Selon la figure 4.20, le facteur « b » est « le coefficient de courbure » de la courbe du seuil de


cisaillement en fonction de la concentration solide relative (Øs/Ø*). Selon les équations 4.4 et
4.5, le coefficient « b » augmente lorsque la qualité de la continuité granulométrique
augmente. Pour le cas de la granulométrie continue, les tailles des granulats (sable et gravier)
sont continues tandis que pour le cas de la granulométrie discontinue, la taille des graviers
est uniforme. Donc, on peut dire que la qualité granulométrique pour le cas de la
granulométrie continue est meilleure.

117
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

A partir de ce constat, on peut supposer (par extrapolation) que pour une granulométrie
totalement uniforme (granulats de même taille), le coefficient « b » tend vers 1 pour avoir la
forme linéaire de la courbe du seuil de cisaillement en fonction de la concentration relative:
τ0= a (Øs/Ø*) avec (b=1).
Donc, on peut conclure de ce qui précède que le coefficient « b » est fonction de la qualité de
la continuité granulométrique.

4.5. Relations entre comportement rhéologique et formulation

Dans cette partie, nous avons analysé l’influence des quantités du mortier (défini par
le rapport sable/pâte liante), la quantité des gros granulat (gravier :VG) et la quantité de la plus
grande classe des gros granulats (gravier) sur le comportement rhéologique des bétons
autplaçants.

4.5.1. Effet de la quantité du mortier (rapport S/P) et du gravier VG

D’après la figure 4.21, les résultats montrent que pour un mortier donné, le seuil de
cisaillement et la viscosité des bétons autoplaçants correspondants augmentent avec le volume
des gros granulats (gravier). Cela est dû au fait qu’il ya plus de particules de gravier et moins
de mortier pour les envelopper et atteindre la bonne ouvrabilité. Ce résultat est en accord avec
des recherches faites sur le béton ordinaire [37].
Au niveau du mortier, le seuil de cisaillement des bétons autoplaçants augmentent avec
l’augmentation du rapport (S/P). Cela est dû principalement aux grands frottements qui
caractérisent les particules fines causés par le manque de pâte (ciment +fillers) pour les
envelopper. La tendance de ce résultat est valable pour le cas de mortier seul et mortier de
béton [35, 36 et 37].
Nous observons aussi, d’après la figure 4.21, que le degré d’augmentation des paramètres
rhéologiques du béton autoplaçant est affecté par les propriétés du mortier, notamment pour le
seuil de cisaillement. Pour la même quantité de gravier, la variation des paramètres
rhéologiques (notamment le seuil de cisaillement) est plus évidente en allant d’un mortier de
S/P=1.4 à un autre de S/P=2. Pour un mortier de S/P=2, l’effet de la quantité des graviers,
apparait d’une manière très claire (notamment pour le seuil de cisaillement).

118
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

700 16
Mortier M1 (S/P=1.7), G1 Mortier M1 (S/P=1.7), G1
Mortier M2 (S/P=2), G1 14 Mortier M2 (S/P=2), G1
600
Mortier M3 (S/P=1.4),G1
Seuil de cisaillement) (N.mm)

Mortier M3 (S/P=1.4), G1

Viscosité (N.mm.min/tr)
12
500
10
400
8
300
6
200
4

100
2

0 0
Vg=25% Vg=30% Vg=35% Vg=25% Vg=30% Vg=35%

Figure 4.21 : Effet de la quantité du mortier et du gravier sur les paramètres


4.5.2. Effet de la quantité de la plus grande classe des gros granulats
rhéologiques

4.5.2. Effet de la quantité de la plus grande classe des gros granulats

Dans un deuxième programme d’essais, nous avons divisé les gros granulats (gravier) en
deux classes (G1 et G2). Ces deux classes de graviers sont mélangées en des proportions allant
de 0 à 1 pour formuler sept (07) compositions de BAP dont seulement la quantité du gravier
qui est variable. Les sept compositions granulométriques sont données par le tableau 4.7.

Tableau 4.7 : La composition granulométrique des sept (07)


Formulations de BAP étudiées

Pourcentage de Pourcentage de Pourcentage de


sable (%) gravier G1 (%) gravier G2 (%)
50 50 0
50 40 10
50 35 15
50 25 25
50 15 35
50 10 40
50 0 50

La figure 4.22 montre que le seuil de cisaillement atteint une valeur minimale (optimale),
selon la courbe de lissage (de fonction polynomiale de coefficient de corrélation R2=0.90),
pour une concentration de la plus grande classe G2 correspondant à 35% du squelette
granulaire, le seuil de cisaillement est . Ce résultat se concorde bien avec celui de Hin Zhao
[39], dans lequel, il a trouvé que l’essai d’étalement (qui est inversement proportionnel au
seuil de cisaillement) d’un béton autoplaçant est maximal pour un taux de la plus grande
classe correspondant à 37% du squelette granulaire.

119
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Donc, pour une composition granulaire (sable S=50%, gravier G1=15% et gravier G2=35%),
le seuil de cisaillement se trouve nettement réduit par rapport à d’autres compositions
granulaires de mêmes quantités de pâte et de mortier.

La figure 4.23 montre aussi que la viscosité (calculée selon le modèle de Herschel-Bulkley)
atteint la valeur minimale (optimale) pour une concentration de la plus grande classe G2
correspondant à 35% du squelette granulaire selon les valeurs expérimentales et 25% du
squelette granulaire selon la courbe de lissage (de fonction polynomiale de coefficient de
corrélation R2=0.63).

Selon les valeurs expérimentales, pour une composition granulaire (sable S=50%, gravier
G1=15% et gravier G2=35%), la viscosité se trouve nettement réduite par rapport à d’autres
compositions granulaires de mêmes quantités de pâte et de mortier.

270 26

260 24
250
22
Seuil de cisaillement (N.mm)

Viscosité (N.mm.min)

240
20
230
18
220
16
210

200 14

190 12

180 10
0 20 40 60 0 20 40 60
Proportion de la classe de gravier G2 (%) Proportion de la classe de gravier G2 (%)

Figure 4.22 : Effet de la quantité des gros Figure 4.23 : Effet de la quantité des gros
Granulats (plus grande classe des graviers) granulats (plus grande classe des graviers)
sur le seuil de cisaillement. sur la viscosité.

Donc, pour cette composition granulaire (sable S=50%, gravier G1=15% et gravier G2=35%),
la granulométrie s’approche d’un état de continuité optimale (composition optimisée) dont
l’état de compacité (Ø*) est la plus élevée par rapport aux autres compositions. Avec la même
concentration granulaire que les autres compositions, le rapport (ØS/Ø*) se trouve donc réduit
pour donner des faibles valeurs pour le seuil de cisaillement et la viscosité selon le paragraphe
4.4 (concentration solide relative).

120
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.6. Comportement rhéologique par fractionnement du BAP : Effet de la taille des


granulats

Dans un troisième programme d’essai, nous avons fractionné un béton autoplaçant par
tamisage afin de déterminer l’effet de la taille des granulats sur la relation entre le
comportement rhéologique de chaque fraction et celui du mélange total et d’identifier par la
suite la contribution de ces fractions dans le milieu global du béton autoplaçant.
Nous rappelons que les essais rhéométriques ont été réalisés au moyen du rhéomètre
«Rheocad», fonctionnant à vitesse imposé.

4.6.1. Effet de la taille des granulats sur les lois de comportement rhéologiques d’un
BAP et ses fractions

La figure 4.24 illustre les courbes des moments résistants (M) en fonction de la
vitesse de rotation (V) du béton autoplaçant et de ses fractions (BAP6.3, BAP2, et la pâte). Le
BAP2 et le BAP6.3 sont les deux fractions d’un BAP dont les granulats sont inferieurs ou
égaux à 2mm et 6.3mm respectivement.

Les points expérimentaux sont modélisés avec une courbe d’ajustement non linéaire de type
Herschel-Bulkley (M=a+bVc) et les valeurs des trois (03) paramètres (a,b et c) sont données
sur la figure 4.24.
70 70

60 60

50 50
Moment (N.cm)

Moment (N.cm)

40 40

30 30

Donneés expérimentales
Données expérimentales
20 20 Modèle:y=17.37+0.31x1.137 (R2=0.998)
Modèle:y=18.40+0.165x1.377 (R2=0.998)

10 10
0 10 20 30 40 50 60 0 10 20 30 40 50 60
Vitesse de rotation (tr/min) Vitesse de rotation (tr/min)

a- Le béton autoplaçant entier BAP b- La fraction du béton autoplaçant BAP6.3

121
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

70
5

60
Données expérimentales
Modèle:y=18.44+0.29x1.084 (R2=0.999) 4

50

Moment (N.cm)
Moment (N.cm)

3 Données exp. au RV2


40 Données exp.au rhéocad
Modèle:y=0.072+0.0011x1.35 (R2=0.999)
Modèle:y=3.58+0.02x1.05 (R2=0.971)

2
30

1
20

10 0
0 10 20 30 40 50 60 0 40 80 120 160 200
Vitesse de rotation (tr/min) Vitesse de rotation (tr/min)

c- La fraction du béton autoplaçant d- La pâte (jusqu’à la fraction solide


BAP2mm ciment+filler)

Figure 4.24 : Courbes des moments en fonction de la vitesse de rotation


pour le béton autoplaçant (BAP) et ses fractions (BAP6.3, BAP2 et pâte).

Le comportement observé pour le béton autoplaçant, ses deux fractions et sa pâte sont de type
viscoplastique rhéoépaississant. L’exposant « c » est supérieur à 1, voire proche de l’unité.
Pour la pâte, on note un comportement plus rhéoépaississant où le coefficient (c=1.35) est le
plus grand par rapport au BAP et ses deux fractions BAP6.3 et BAP2. Ce comportement est
identique à celui mis en évidence dans l’étude de Cyr [27] pour les pâtes de ciment avec
superplastifiant.
Pour le béton autoplaçant et ses deux fractions, on note que le rhéoepaississement indiqué par
le coefficient « c » est d’autant moins marqué que la taille maximale des granulats diminue.
L’exposant « c » de la relation d’ajustement du moment en fonction de la vitesse de rotation
pour le BAP2 est en effet inférieur à celui du BAP6.3 qui est inférieur à son tour à celui du
BAP entier. En passant du BAP entier aux fractions 6.3mm puis 2mm, le comportement
devient presque linéaire (type Binghamien).

Les résultats rhéologiques obtenus dans le cas des fractions d’un béton autoplaçant
soutiennent notre idée de tamisage et en même temps confirment les résultats d’autres
chercheurs qui ont utilisé ce moyen pour accréditer le concept de suspension de grains
enrobés pour le cas des bétons de sables [28]. Après tamisage, et selon les rhéogrammes
obtenus, les fractions ont maintenu toutes les caractéristiques rhéologiques d’un béton
autoplaçant.

122
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

En s’appuyant sur le raisonnement établi par Cyr [27], on peut conclure que le comportement
rhéoépaississant est associé directement à la pâte. Selon Cyr, ce comportement peut apparaitre
dans une suspension colloïdale telle qu’une pate constituée du ciment, des fines minérales et
du superplastifiant. En ajoutant des grains de plus en plus gros, l’état rhéoépaississant de la
pâte est apte à se maintenir puisque cette pâte qui est la matrice joue le rôle de la composante
visqueuse dans l’écoulement du matériau globale.
C’est ce que l’on remarque en comparant le comportement de la pâte avec ceux des deux
fractions (BAP6.3 et BAP2) puis enfin celui du BAP entier. On peut penser que ce
comportement pourrait être amplifié en raison du confinement de plus en plus sévère de la
phase la plus fine (< 100 µm) entre les grains, en passant des BAP6.3 et BAP2 au BAP total.
En effet, la distribution granulométrique de plus en plus étendue lorsqu’on tend vers le béton
entraîne un arrangement de plus en plus compact.

4.6.2. Effet de la taille des granulats sur les paramètres rhéologiques d’un BAP et ses
fractions

L’identification de la tendance du seuil de cisaillement en fonction de la taille


maximale des granulats d’un béton autoplaçant a été faite à partir du facteur « a » ou le
« moment seuil » de la loi de comportement rhéologique de Herschel-Bulkley (M=a+bVc).
Selon les résultats donnés par les rhéogrammes de la figure 4.24 dont les paramètres (a, b et c)
sont récapitulés dans le tableau 4.8, le moment seuil (en référence avec le seuil de
cisaillement) est sensiblement constant en passant de l’échelle du BAP entier à l’échelle de
ses deux fractions le BAP6.3 et le BAP2.

Tableau 4.8 : Les paramètres rhéologqiues selon


le modèle de Herschel-Bulkley (M=a+bVc).

Paramètres a b c
BAP entier 18.4 0.165 1.38
BAP6.3 17.37 0.31 1.14
BAP2 18.44 0.29 1.08

Donc, on peut conclure que le seuil de cisaillement dans le cas du BAP est indépendant de la
taille maximale des granulats ainsi que de leur concentration dans le volume du mélange.
Cela laisserait penser que le seuil de cisaillement dépend essentiellement des propriétés de
cohésion de la pâte dans le béton.

Pour identifier la tendance de la viscosité des mélanges, on se propose de calculer deux types
de viscosité, la viscosité apparente et la viscosité déduite du modèle de Hershel-Bulkley selon
la méthode de Bingham modifié.

123
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

La viscosité apparente est le rapport entre le moment résistant et la vitesse de rotation


correspondante. Donc, pour chaque point de la figure 4.25a (pour les trois courbes, le BAP et
ses deux fractions) lui correspond une viscosité apparente qui est fonction de la vitesse de
rotation donnée par la figure 4.25b.

70

4
60 BAP entier BAP entier
BAP6.3 BAP6.3

Viscosité apparente (N.cm.min/tr)


BAP2 BAP2
50
3
Moment (N.cm)

40

2
30

20
1

10

0 0
0 10 20 30 40 50 60 0 10 20 30 40 50 60
vitesse de rotation (tr/min) Vitesse de rotation (tr/min)

a- Données expérimentales des moments b- Données expérimentales des viscosités


lissées au modèle : Herschel-Bulkley apparentes

Figure 4.25 : Courbes des moments et des viscosités apparentes en


fonction de la vitesse de rotation pour le BAP, BAP6.3 et le BAP2 .

Pour le BAP (entier) et ses deux fractions, la viscosité apparente diminue lorsque la vitesse de
rotation du cylindre mobile augmente, pour tendre vers des valeurs stationnaires lorsque la
vitesse de rotation est supérieure à 40tr/min.
Selon la figure 4.25 (b), pour n’importe quelle vitesse de rotation, on note que la viscosité
apparente diminue lorsque la taille des grains ou la taille des fractions diminue.

La viscosité déduite du modèle de Hershel-Bulkley (déjà donnée par l’équation 4.1) :


µM = pour le BAP (entier) et ses deux fractions le BAP6.3 et le BAP2 est
représentée dans la figure 4.26 (gauche).
On rappelle que les coefficients ( b et c) sont les paramètres du modèle de Herschel-Bulkley
(M=a+b.Vc) et Vmax est la vitesse de rotation maximale (Vmax=60tr/min)).

124
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

0,8 0,8
BAP (entier)

Viscosité (µM) (N.cm.min/tr)


Viscosité (µM) (N.cm.min/tr)

0,6 0,6
BAP 6.3

BAP 2 0,4 y = 0,0376x + 0,3078


0,4
R² = 0,9875

0,2 0,2

0 0
2 6,3 10 0 2 4 6 8 10 12
Taille maximale des granulats (mm) Taille maximale des granulats (mm)

Figure 4.26 : La viscosité déduite du modèle de Hershel-Bulkley dans le BAP (entier)


et ses deux fractions.

Sachant que le BAP (entier) et ses deux fractions BAP6.3 et BAP2 ont des granulats de taille
maximale égale à 10mm, 6.3mm et 2mm respectivement, on a représenté la variation de la
viscosité (µM) en fonction de cette taille sur la figure 4.26 (droite).

Selon les résultats de la figure 4.26, on note que la viscosité (selon le modèle de Herschel-
Bulkley) diminue aussi avec la taille maximale des granulats. Cette variation est de type
linéaire.

Cette tendance de la viscosité du BAP et ses deux fractions, en fonction de la taille maximale
des granulats, est similaire à celle obtenue dans le cas des BAP dont les tailles des graviers
(plus gros granulats) sont différentes (voir paragraphe 4.3.1 , effet de la taille des gros
granulats).

Lorsque la taille maximale des granulats augmente, l’étendue granulaire (d/D) diminue, ce qui
induit un arrangement granulaire favorable pour une concentration volumique qui tend vers
l’état d’empilement maximale et par voie de conséquence vers une viscosité plus importante.

En allant vers les petites fractions (tailles maximales des granulats faibles), l’étendue
granulaire (d/D) augmente et l’arrangement granulaire diminue pour donner un état
d’empilement de plus en plus moins compact.

Le fractionnement par tamisage, nous a permis de conclure que le BAP peut être composé
d’une suspension de grains enrobés de différentes échelles. A chaque échelle (taille des
granulats), l’enrobage est assuré par les grains de tailles inferieures (y compris la pâte) pour
donner une certaine viscosité qui est proportionnel (linéairement) à cette échelle.

125
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.6.3. Contribution rhéologique d’une fraction du BAP dans le comportement global

Les figures 4.27 (a et b) présentent la relation entre le moment résistant mesuré dans le
BAP (entier) et le moment résistant mesuré dans les deux fractions (BAP6.3 et BAP2)
respectivement.

50
50

Moment dans le BAP2 (N.cm)


Moment dans le BAP6.3 (N.cm)

40
40

30 30

20 20
Données expérimentales Données expérimentales
Modèle:y=0.51x+10.95 (R2=0.992)
Modèle:y=0.68x+6.82 (R2=0.995)

10 10
10 20 30 40 50 60 70 10 20 30 40 50 60 70
Moment dans le BAP entier (N.cm) Moment dans le BAP entier (N.cm)

a- La fraction du béton autoplaçant b- La fraction du béton autoplaçant


BAP6.3mm. BAP2mm.

Figure 4.27 : Courbes des moments induit dans chaque fraction (BAP6.3 et BAP2) en
fonction du moment dans le BAP entier.

Les résultats des figures 4.27 (a et b) montrent qu’il existe une relation linéaire, entre le
moment mesuré dans chaque fraction et le moment dans le mélange total. La pente de la
droite est décroissante lorsque la taille maximale des granulats diminue. Elle prend les
valeurs 0.68, et 0.51 respectivement pour le BAP6.3 et le BAP2.

Ces résultats montrent que pour une vitesse de rotation donnée, le cisaillement induit dans le
mélange global est proportionnel au cisaillement induit dans ses fractions.

Les grandes fractions du BAP (taille maximale des granulats est élevée) induisent plus de
cisaillement dans le mélange global par rapport aux petites fractions (taille maximale des
granulats est faible).

Donc, on peut conclure de ce qui précède que le comportement rhéologique d’un béton
autoplaçant et de ses fractions sont régis par le même mode de structuration et c’est seulement
l’échelle (la taille des granulats) qui diffère.

126
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

4.7. Métrologie des rhéomètres utilisés (Etude comparative)

Dans le besoin de valider les paramètres mesurés par les deux rhéomètres utilisés à
savoir le «Tribomètre» et le «Rheocad», on s’est proposé d’établir, en premier lieu, une
comparaison entre ces deux rhéomètres (du point de vue métrologie et tendances des résultats
en fonction des paramètres étudiés) et en deuxième lieu une autre comparaison entre les
résultats du «Tribomètre» (disponibilité d’un grand nombre d’essais) avec ceux d’autres
rhéomètres issus de la bibliographie.

4.7.1. Etude comparative entre «Tribomètre» et «Rheocad»

Pour le Rhéocad, on a testé une seule composition de béton autoplaçant (BAPentier)


dont le diamètre maximal des gros granulats Dmax=10mm, avec ses deux fractions BAP6.3 et
BAP2 dont le diamètre maximal des gros granulats est 6.3mm et 2 mm respectivement.

Pour le tribomètre et afin d’établir la comparaison, on garde que les compositions qui ont une
granulométrie continue dont le diamètre maximal des gros granulats (Dmax=15mm) et leur
concentration volumique comprise entre 25% et 35%.

En se basant sur les lectures rhéologiques données par le Rhéocad faites sur la composition
(BAPentier) et celles données par le Tribomètre faites sur les trois bétons autoplaçants
(M1VGc25%G1, M1VGc30%G1 et M1VGc35%G1), on a établi un comparatif entre les deux
rhéomètres et qui est donné par le tableau 4.9.

Tableau 4.9 : Les paramètres rhéologiques bruts donnés par les deux rhéomètres
(Rheocad et Tribomètre) selon le modèle de Herschel-Bulkley (M=a+bVc).

Paramètres rhéologiques (Bruts) Rheocad Tribomètre


Seuil de cisaillement 184 160-272
(paramètre « a « ) (N.mm) Moyenne :216
Viscosité (selon le modèle de 6.94 7.17-9.14
Herschel-Bulkley) Moyenne : 8.17
µ M= (N.mm.min/tr)

Coefficient de rhéoepaississement 1.38 1.05-1.07


«c» Moyenne : 1.06

Pour les deux rhéomètres, les valeurs des paramètres rhéologiques bruts (le seuil de
cisaillement et la viscosité) sont comparables. Néanmoins, les paramètres donnés par le
« Tribomètre » sont supérieures par rapport à celles données par le « Rhéocad » de l’ordre de
17%. La grande différence que nous avons soulevé, c’est au niveau du rheoépaississement,
qui est d’autant plus marqué dans les rheogrammes donnés par le Rheocad (le coefficient
c=1.38), par rapport à celui donné par le Tribomètre où ce coefficient est de 1.06. Le

127
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

comportement rhéologique donné par le tribomètre tend vers le modèle de Bingham (le
coefficient « c » qui s’approche de 1), alors que le Rheocad donne un vrai comportement
rhéologique de type Herschel-Bulkley (le coefficient « c » est nettement supérieur à 1). Ce
constat est peut être dû à l’arbre motrice pour les deux rhéomètres qui n’est pas la même. Pour
le Rheocad, cet arbre est en forme de U, alors que pour le tribomètre, c’est un cylindre coaxial
plein.
Si nous considérons que la surface cisaillée par un mobile à ailette, tel que celui du Rheocad,
est un cylindre de même diamètre (d’après Couarrase et repris par Cyr [15]), nous pouvons
conclure que la forme des mobiles pour les deux rhéomètres peut donner des paramètres
rhéologiques comparables mais son effet se situe au niveau du comportement de
rhéoépaississement qui est plus marqué lorsqu’il s’agit des mobiles à ailettes.

Point de vue tendance des paramètres rhéologiques en fonction de la taille maximale des
granulats, les deux rhéomètres convergent vers les mêmes constats à savoir :
 Le seuil de cisaillement augmente avec la diminution de la taille maximale des granulats.
 La viscosité diminue avec la diminution de la taille maximale des granulats.

4.7.2. Comparaison des résultats du «Tribomètre» avec ceux des autres rhéomètres

Pour faire cette comparaison, les résultats du «Tribomètre » doivent être donnés en
quantités fondamentales (exprimées par les valeurs de contraintes à savoir ; le seuil de
cisaillement « τ0 (Pa) » et la viscosité «µ (Pa.s) ». Il s’agit d’un calcul général permettant de
passer de la valeur de moment (M) à la contrainte de cisaillement (τ) exercée dans le béton
autoplaçant.

Dans les travaux de T.T.Ngo [54] qui a déjà utilisé ce genre de rhéomètre, le passage aux
paramètres fondamentaux (τ0 et µ) est fait en admettant que le comportement rhéologique est
de type « Binghamien » tel que :

 En termes de moment : = + k .V (Eq. 4.8) Où « M (N.mm) » est le moment


résistant à la rotation du cylindre, « M0 » est le moment seuil, « k » est le coefficient
linéaire (pente) et « V » est la vitesse de rotation du cylindre.
 En termes de contraintes : = + ̇ (Eq. 4.9) Où «τ (Pa)» est la contrainte de
cisaillement, «τ0 (Pa)» est le seuil de cisaillement, «µ (Pa.s) » est la viscosité plastique et
« ̇ (s-1) » est le gradient de vitesse qui est une fonction linéaire de la vitesse angulaire (Ω)
(rd/s).

La surface du béton cisaillée par le mobile en rotation (qui se trouve à l’interface entre ce
cylindre mobile et le béton) a une contrainte tangentielle « τp » en fonction du moment
résistant enregistré par le rhéomètre sous la forme suivante :

= (Eq. 4.10)

128
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

(R et H) sont respectivement le rayon et la hauteur du cylindre et « m » est la constante


décrivant la répartition des contraintes (τe) dans l’extrémité inferieure du cylindre ; (m=0
pour une distribution uniforme et m=1 pour une distribution linéaire).

Selon la figure 4.28, on montre que le moment « M » est la somme du moment des parois
(Mp) et du moment de l’extrémité inferieure : M=Mp+Me , (Eq. 4.11)

r
Mp H H

Me

2R
Figure 4.28: Schéma simplifié du tribomètre.

En supposant une distribution de contrainte uniforme sur la face latérale (τp) et une répartition
fonction de la position radiale r aux extrémités (τe), on déduit la relation suivante :

=∫ ∫ ℎ +∫ ∫ (Eq. 4.12)

Puis =2 +2 ∫ (Eq. 4.13)

Sachant que = . . avec = ℎ pour la surface latérale

= pour la surface à l’extrémité inferieure.


La répartition de la contrainte à l’extrémité τe(r) est : ( )= (Eq. 4.14)
Où m est la constante décrivant la répartition des contraintes (m=0 pour une distribution
uniforme et m=1 pour une distribution linéaire).

L’utilisation de la relation 4.14 permet d’obtenir la relation :


=2 + (Eq. 4.15)

Pour un moment seuil (M0) lui correspond un seuil de cisaillement :

= (Eq. 4.16)

Beaucoup de chercheurs ont utilisé pour leurs calculs une répartition (τe) constante (m=0)
[01]. D’où = (Eq. 4.17)

Sachant que la vitesse angulaire sur la surface cisaillée est : Ω=V.2π (rd/s) (Eq.4.18)

129
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

( )
τ
La viscosité : = = = ( )
= ( )
(Eq.4.19)
Ω ( ) ( ) ( )


avec « k » est le coefficient linéaire ou la pente de la droite : = + k .V ou k =

Pour l’ensemble des compositions de bétons autoplaçants utilisés, nous avons calculé les deux
paramètres rhéologiques fondamentaux (τ0 et µ). Ces derniers sont donnés dans le tableau
4.10.

Dans la figure 4.29, chaque composition de béton autoplaçant formulée est définie par un
point indiquant le seuil de cisaillement et la viscosité mesurés par notre rhéomètre
« Tribomètre ». Ces résultats sont comparés à une zone de valeurs des paramètres
rhéologiques (τ0 et µ) des bétons autoplaçants données par trois (03) rhéomètres islandais
relevés dans la littérature par O.H.Wallevik [55]. Les rhéomètres concernés sont : BML
(conçu par Wallevik), MK system et Contec Viscometer (conçus par Tatersall).

Figure 4.29 : Comparaison des paramètres rhéologiques donnés par le Tribomètre


avec une zone de valeurs données par 3 rhéomètres (Mk, ConTec et BML).

La comparaison entre les paramètres rhéologiques donnés par notre « Tribomètre » et ceux
donnés par les trois (03) rhéomètres islandais, nous permet de dégager les points suivants :
 En général et quelque soit le type granulométrique des compositions étudiées, les valeurs
des paramètres rhéologiques données par le « Tribomètre » sont en dehors de la zone de
valeurs données par les trois rhéomètres (Mk/Contec/BML) malgré que les compositions
étudiées ont donné un comportement autoplaçant (étalement >600mm). Dans ses lectures,
le « Tribomètre », donc, surestime les paramètres rhéologiques par rapport à ces trois
rhéomètres.

130
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

 Néanmoins, lorsqu’il s’agit de béton autoplaçant de granulométrie continue


(granulométrie optimisée), les valeurs des paramètres rhéologiques données par le
« Tribomètre » s’approchent de ceux donnés par les trois rhéomètres.

 Mais lorsqu’il s’agit de béton autoplaçant de granulométrie discontinue et notamment


pour des concentrations de gros granulats élevés (VG=30% et 35%), les valeurs des
paramètres rhéologiques données par le « Tribomètre » s’éloignent de la zone de lectures
donnée par les trois rhéomètres.

Donc, nous pouvons dire que le Tribomètre peut donner des lectures rhéomètriques similaires
(légèrement surestimées) à ces trois rhéomètres islandais lorsqu’il s’agit de béton autoplaçant
à granulométrie continue (optimisée) ou à faible concentration de gros granulat.

Tableau 4.10 : Les deux paramètres fondamentaux (seuil de cisaillement et viscosité)


pour l’ensemble des compositions de BAP utilisés.
N° Identification de la Paramètres bruts Paramètres fondamentaux
Composition Selon le modèle de Bingham Selon le modèle de Bingham
M= M0+kV = + μ . υ
« M0 » «k» Seuil de Viscosité
[N.mm] [N.mm.min/tr] cisaillement plastique « µ »
« τ0 » [Pa] [Pa.s]
1 M1-VGC25%-6mm 190.4 9.39 89.81 42.18
2 M1-VGR25%-6mm 178.9 9.27 84.39 41.64
3 M1-VGC30%-6mm 219.2 16.85 103.4 75.70
4 M1-VGR30%-6mm 208.2 16.54 98.21 74.30
5 M1-VGC35%-6mm 250.52 20.95 118.17 94.12
6 M1-VGR35%-6mm 234.24 20.43 110.49 91.78
7 M1-VGC25%-9mm 180.2 10.87 85.00 48.83
8 M1-VGR25%-9mm 171.2 10.16 80.75 45.64
9 M1-VGC30%-9mm 210.23 19.94 99.17 89.58
10 M1-VGR30%-9mm 193.41 19.40 91.23 87.15
11 M1-VGC35%-9mm 233.26 22.59 104.30 101.49
12 M1-VGR35%-9mm 216.93 21.29 96.95 95.65
13 M1-VGC25%-12mm 170.88 12.36 80.60 55.52
14 M1-VGR25%-12mm 159.8 11.98 75.38 52.86
15 M1-VGC30%-12mm 195.5 24.32 92.22 109.26
16 M1-VGR30%-12mm 181.82 23.42 85.76 105.22
17 M1-VGC35%-12mm 221.12 27.75 104.30 124.67
18 M1-VGR35%-12mm 205.53 25.22 96.95 113.31
19 M1-VGC25%-G1 160.4 7.49 75.66 33.64
20 M1-VGR25%-G2 150.1 6.71 70.80 30.14
21 M1-VGC30%-G1 216.2 8.52 101.98 38.27
22 M1-VGR30%-G2 202.5 8.01 95.52 35.99
23 M1-VGC35%-G1 272.3 9.44 128.44 42.41
24 M1-VGR35%-G2 255.51 8.80 120.52 39.53
25 M2-VGC25%-G1 288.7 8.88 136.18 39.89
26 M2-VGC30%-G1 466.6 11.57 220.09 51.98
27 M2-VGC35%-G1 640.2 14.27 301.98 64.11

131
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

28 M3-VGC25%-G1 120.4 5.96 56.79 26.77


29 M3-VGC30%-G1 148.2 7.00 69.90 31.44
30 M3-VGC35%-G1 175.2 8.11 82.64 36.43

4.8. Conclusion

Le programme expérimental a été mené en utilisant deux rhéomètres, le Tribomètre et le


Rheocad. Ces deux rhéomètres ont permis de tracer les rhéogrammes représentant le moment
résistant au mouvement d’un mobile en fonction de sa vitesse de rotation. A partir de ces
rhéogrammes, nous avons identifié la loi de comportement rhéologique pour tous les BAP
étudiés afin de déduire les deux paramètres rhéologiques bruts, le seuil de cisaillement et la
viscosité. Les principaux autres résultats s’articulent autour de l’effet de la granularité et de la
structure granulaire (état d’empilement ou compacité) des granulats sur les paramètres
rhéologiques des BAP étudiés. Les paramètres de la granularité pris en compte dans l’étude
sont : la taille, la forme et le type granulométrique (continuité-discontinuité).

D’après l’analyse des rhéogrammes (moment résistant en fonction de la vitesse de rotation),


on a constaté que la loi de comportement rhéologique des compositions de BAP formulées et
testées par le Tribomètre est de type de Herschel-Bulkley (M=a+b.Vc). Cependant, pour
quelques compositions, on s’approche de la loi de Bingham, où le facteur « c » est proche de
1 (c=1.05 à 1.07).
En fonction de la taille, la forme, la concentration et le type granulométrique des granulats, les
différences antre les rhéogrammes sont notables.

Les conclusions qui peuvent être tirées de l’analyse de l’effet de la granularité, représentée par
la taille, la forme et le type granulométrique des gros granulats, sur les deux paramètres
rhéologique (seuil de cisaillement et viscosité plastique) sont :
 La diminution de la taille des gros granulats (graviers) quelque soit leur concentration agit
dans le sens favorable de la viscosité et dans le sens défavorable du seuil de cisaillement
d’un béton autoplaçant.
 La diminution de l’étendue granulaire (d/D,faible) agit dans le sens favorable du seuil de
cisaillement et inversement pour le cas de la viscosité d’un béton autoplaçant.
 Le type granulométrique (continuité-discontinuité) est un facteur déterminant dans le
comportement rhéologique notamment pour la viscosité. Cette dernière est plus faible
(favorablement) lorsque les BAP sont confectionnés avec une granulométrie continue par
rapport à ceux confectionnés avec une granulométrie discontinue. Tandis que pour le seuil
de cisaillement, l’effet positif de la continuité granulométrique n’est apparent que si nous
avons une faible concentration des gros granulats (inferieur à 30%).
 En utilisant les granulats de forme roulés, les deux paramètres rhéologiques (seuil de
cisaillement et viscosité) se trouvent toujours améliorés (réduits) par rapport aux granulats
de forme irrégulière (concassé). L’effet positif de la forme des granulats apparait plus
clairement au niveau du seuil de cisaillement.

132
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

Les conclusions qui peuvent être tirées de l’analyse de l’effet de la structure granulaire,
représenté par la concentration des granulats rapportée à leur état de compacité, sur les deux
paramètres rhéologiques sont :
 Le seuil de cisaillement et la viscosité peuvent êtres exprimés en fonction de l’état
d’empilement granulaire libre ou lâche (compacité non tassée). En d’autres termes, la
compacité non tassée convient avec le modèle de concentration solide relative (Øs/Ø*) où
Øs est la concentration solide et Ø* est la concentration qui correspond à un état
d’empilement libre (compacité non tassée).
 La viscosité d’un béton autoplaçant augmente avec la concentration solide relative pour
tendre vers les grandes valeurs quand la suspension est proche de l’empilement.
 La viscosité d’un BAP dépend très fortement de la concentration solide relative (Øs/Ø*),
qui apparait être ainsi un paramètre de premier ordre, lui-même dépendant de la taille des
gros granulats « Dmax » , l’étendue granulaire (d/D), la forme et le type granulométrique
(continuité-discontinuité).
 Pour atteindre un même niveau de viscosité, les compositions de BAP à étendue
granulaire (d/D) élevée s’approchent davantage de l’état d’empilement par rapport à celles
de faibles étendues granulaires. Pour les compositions à étendue granulaire élevée, un
petit écartement entre les grains suffira pour avoir une viscosité donnée, ce qui les laisse
toujours dans un état plus proche de l’empilement que celles de faible étendue granulaire.
 Les compositions de BAP confectionnées avec des granulats concassés s’approchent plus
de l’empilement, donc d’une viscosité élevée, que celles avec des granulats roulés.
 La tendance vers le verrouillage (blocage avec viscosité élevée) pour le cas des
compositions de BAP à granulométrie continue se fait d’une manière décélérée (pente
faible) par rapport aux compositions de granulométrie discontinue ou uniforme.
 Pour atteindre un même niveau de viscosité, les compositions de BAP à granulométrie
continue ne nécessitent qu’un petit écartement entre les granulats (à partir de leur état
d’empilement) par rapport aux compositions à granulométrie discontinue ou uniforme.
 Le seuil de cisaillement d’un béton autoplaçant dépend aussi de la concentration solide
relative (Øs/Ø*), lui-même dépendant essentiellement du type granulométrique
(continuité/discontinuité). La forme et la taille des granulats n’apparaissent pas comme
des facteurs prépondérants dans la relation entre le seuil de cisaillement et la concentration
solide relative (Øs/Ø*).
 Pour des concentrations granulaires proches de leur état d’empilement, la discontinuité
granulométrique agit dans le sens favorable (réduction) du seuil de cisaillement.

L’analyse de l’effet des composants d’une formulation de BAP sur les deux paramètres
rhéologiques nous a laissé faire les conclusions suivantes :
 Le degré d’augmentation des deux paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et la
viscosité plastique) du BAP est affecté par les propriétés du mortier (Sable/Pâte liante),
notamment pour le seuil de cisaillement.
 Pour un mortier donné, les deux paramètres rhéologiques des BAP correspondants
augmentent avec le volume des gros granulats. Cela est dû au fait qu’il y a plus de
particules de gravier et moins de mortier pour les envelopper.

133
Chapitre 4 : Résultats expérimentaux, analyses et discussions

 Pour une composition granulaire (S=50%, gravier G1=15% et gravier G2=35%), les deux
paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) sont optimaux par rapport à
d’autres compositions de même quantité de pâte et de mortier.
L’ensemble des résultats obtenus a partir de l’analyse du comportement rhéologique par
fractionnement du BAP révèle que :
 Même les fractions d’un BAP ont un comportement rhéologique non linéaire,
rhéoépaississant de type Herschel-Bulkley.
 Le caractère rhéoépaississant semble être atténué en allant du mélange total vers la
fraction tamisée correspondant à la plus petite taille des granulats.
 La viscosité donnée par les fractions diminue lorsque la taille des granulats diminue alors
que le seuil de cisaillement semblerait rester sensiblement constant.

Les différentes comparaisons faites pour situer la rhéomètrie (résultats rhéologiques sur les
BAP) donnée par les deux rhéomètres utilisés (Rheocad et Tribomètre) nous laissent retenir
les conclusions suivantes :
 Les résultats rhéologiques bruts donnés par les deux rhéomètres sont comparables malgré
que les deux rhéomètres ne sont pas du même type (Rheocad de type malaxeur et
Tribomètre de type cylindre coaxial).
 Par rapport aux rhéomètres existants, le Tribomètre peut être classé parmi ceux qui
donnent des résultats élevés tout comme les rhéomètres : Btrheom et Cemagref-Img.

134
5EME CHAPITRE:

PROPOSITION DE MODELES RHEOLOGIQUES DU


BETON AUTOPLACANT
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

5.1. Introduction

Dans l’objectif de proposer un modèle rhéologique du béton autoplaçant à l’état frais


représentant l’interaction pâte-granulats (mortier-granulats), nous avons utilisé le concept de
la pâte en excès, cité dans la partie bibliographique (chapitre2, paragraphe 2.5.2.2). Ce
concept a pour but de quantifier l’épaisseur de la pâte en excès (EPE), qui est nécessaire à
l’écoulement autoplaçant, afin d’expliquer le mieux possible le comportement rhéologique
donné par les paramètres (seuil de cisaillement et viscosité) du chapitre 4 a travers des
relations directes entres ces derniers et l’épaisseur (EPE).

5.2. Calcul de l’épaisseur de la pâte en excès (EPE) et l’épaisseur du mortier en excès


(EME)

Nous considérons que le béton autoplaçant est à deux (02) phases à savoir la phase
matrice et la phase granulats. La phase matrice peut être constituée de pâte ou de mortier dont
lesquels les gros granulats sont dispersés.

Dans le but de trouver la meilleure corrélation entre les paramètres rhéologiques (seuil de
cisaillement et viscosité) et l’épaisseur de pâte (EPE), nous proposons trois (03) systèmes/
modèles (matrice-granulats) cités ci-dessous :
Modèle 1 : Matrice = (Eau+Ciment+Fines) et Granulats = (Tous les granulats).
Modèle 2 : Matrice = (Eau+Ciment+Fines+granulats fins <0.16mm) et Granulats = (les
granulats ≥ à 0.16mm).
Modèle 3 : Matrice = (Eau+Ciment+Fines+granulats fins <0.630mm) et Granulats = (les
granulats ≥ à 0.630mm).

Pour le calcul de l’épaisseur de la pâte (mortier) en excès et pour des raisons de


simplification, nous adoptons deux hypothèses :
 La forme des granulats est sphérique, la taille moyenne des granulats est calculée
comme étant la moyenne entre deux dimensions de tamis.
 L’épaisseur est invariable pour toutes les particules du squelette granulaire.

Pour chaque système/modèle et pour chaque composition de béton autoplaçant, nous


calculons l’épaisseur de pâte en excès (EPE) (pour le modèle 1 et 2) et l’épaisseur du mortier
en excès (EME) (pour le modèle 3) correspondant au squelette granulaire de la phase
granulats soumis à un simple déversement (non compacté). Les valeurs des épaisseurs des 30
compositions formulées et pour les 03 systèmes/modèles sont données par les tableaux 5.1,
5.2 et 5.3.

136
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Tableau 5.1 : Tableau de calcul de l’épaisseur de pâte en excès (E.P.E) du modèle1 pour les
BAP étudiés.
Modèle 1
Matrice = (Eau+Ciment+Fines)
Granulats = (Tous les granulats

N° Identification de la Volume Volume de Volume de Surface Epaisseur de


Composition U.V.C des vides pâte pâte en spécifique Pâte en
(%) (Vv) (litres) excès Des Excès
(litres) (litres) particules (10 -3 mm)
(m2)
1 M1-VGC25%-6mm 34 292.8 343 50.2 4803.75 10
2 M1-VGR25%-6mm 31.2 257.75 343 85.25 4801.8 18
3 M1-VGC30%-6mm 33.25 308.03 343 34.97 5054.7 07
4 M1-VGR30%-6mm 31 277.82 343 65.18 5082 13
5 M1-VGC35%-6mm 33.6 338.21 343 4.79 5385 0.9
6 M1-VGR35%-6mm 31.11 301.83 343 41.17 5375.22 08
7 M1-VGC25%-9mm 33.7 288.9 343 54.1 4788.5 11
8 M1-VGR25%-9mm 30.92 254.4 343 88.6 4786.7 19
9 M1-VGC30%-9mm 32.8 301.82 343 41.18 4946.8 08
10 M1-VGR30%-9mm 30.37 269.71 343 73.29 4942.4 15
11 M1-VGC35%-9mm 33.25 332.93 343 10.07 5367.05 02
12 M1-VGR35%-9mm 30.5 293.32 343 49.68 5357.48 09
13 M1-VGC25%-12mm 33.3 283.76 343 59.24 4773.25 12
14 M1-VGR25%-12mm 30.85 253.57 343 89.43 4756.5 19
15 M1-VGC30%-12mm 32.5 297.73 343 45.27 5029.8 09
16 M1-VGR30%-12mm 30.1 266.28 343 76.72 5024.52 15
17 M1-VGC35%-12mm 32.9 327.71 343 15.29 5345.51 03
18 M1-VGR35%-12mm 30.46 292.76 343 50.24 5336.19 09
19 M1-VGC25%-G1 32 267.47 343 75.53 5871.25 13
20 M1-VGR25%-G2 30.07 244.40 343 98.60 5858.8 17
21 M1-VGC30%-G1 31.28 281.47 343 61.53 5478 11
22 M1-VGR30%-G2 29.05 253.19 343 89.81 5467.86 16
23 M1-VGC35%-G1 31.55 308.07 343 34.93 5923.5 06
24 M1-VGR35%-G2 29.36 277.79 343 65.21 5907.42 11
25 M2-VGC25%-G1 32.27 279.72 308.17 28.45 6063.75 05
26 M2-VGC30%-G1 31.15 288.24 308.17 19.93 5643 04
27 M2-VGC35%-G1 31 305.76 308.17 2.41 6088.5 0.4
28 M3-VGC25%-G1 31.7 249.9 376.78 126.9 4768.5 27
29 M3-VGC30%-G1 31.25 267.46 376.78 109.32 5214 21
30 M3-VGC35%-G1 32.05 301.12 376.78 75.66 4579.05 17

137
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Tableau 5.2 : Tableau de calcul de l’épaisseur de pâte en excès (E.P.E) du modèle2 pour les
BAP étudiés.
Modèle 2
Matrice = (Eau+Ciment+Fines+Granulats fins<0.16mm)
Granulats= (granulats ≥0.16mm)

N° Identification de la U.V.C Volume Volume de Volume de Surface Epaisseur de


Composition (%) des vides pâte pâte en spécifique Pâte en
(Vv) (litres) excès Des Excès
(litres) (litres) particules (10 -3 mm)
(m2)
1 M1-VGC25%-6mm 36.90 310.26 380.82 70.56 3278.75 22
2 M1-VGR25%-6mm 34.02 273.56 380.82 107.26 3276.7 33
3 M1-VGC30%-6mm 36.15 328.69 380.82 52.13 3461.1 15
4 M1-VGR30%-6mm 33.79 296.28 380.82 84.54 3472.83 24
5 M1-VGC35%-6mm 36.53 362.91 380.82 17.91 3661.8 05
6 M1-VGR35%-6mm 33.82 322.23 380.82 58.59 3654.4 16
7 M1-VGC25%-9mm 36.75 308.26 380.82 72.56 3263.5 22
8 M1-VGR25%-9mm 33.81 271.00 380.82 109.82 3261.6 34
9 M1-VGC30%-9mm 35.98 326.28 380.82 54.54 3353.2 16
10 M1-VGR30%-9mm 33.43 291.54 380.82 89.28 3349.68 27
11 M1-VGC35%-9mm 36.25 358.54 380.82 22.28 3643.85 06
12 M1-VGR35%-9mm 33.64 319.79 380.82 61.03 3636.7 17
13 M1-VGC25%-12mm 36.05 299.08 380.82 81.74 3248.25 25
14 M1-VGR25%-12mm 33.75 270.28 380.82 110.54 3231.4 34
15 M1-VGC30%-12mm 35.20 315.36 380.82 65.46 3436.2 19
16 M1-VGR30%-12mm 33.04 286.46 380.82 94.36 3431.78 27
17 M1-VGC35%-12mm 35.60 348.56 380.82 32.26 3607.95 09
18 M1-VGR35%-12mm 33.15 312.68 380.82 68.14 3601.22 19
19 M1-VGC25%-G1 35.70 294.57 380.82 86.25 3233.00 27
20 M1-VGR25%-G2 33.65 269.07 380.82 111.75 3216.3 35
21 M1-VGC30%-G1 35.00 312.60 380.82 68.22 3701.8 18
22 M1-VGR30%-G2 32.42 278.50 380.82 102.32 3694.5 28
23 M1-VGC35%-G1 35.35 344.77 380.82 36.05 4002.85 09
24 M1-VGR35%-G2 33.00 310.57 380.82 70.25 3991.5 18
25 M2-VGC25%-G1 36.04 308.25 348.22 39.97 3339.0 12
26 M2-VGC30%-G1 34.80 318.67 348.22 29.55 3813.3 08
27 M2-VGC35%-G1 34.64 342.90 348.22 5.32 4114.35 1.3
28 M3-VGC25%-G1 35.25 274.45 411.04 136.59 3222.35 42
29 M3-VGC30%-G1 34.72 294.73 411.04 116.31 3523.4 33
30 M3-VGC35%-G1 35.55 333.24 411.04 77.80 2521.05 31

138
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Tableau 5.3 : Tableau de calcul de l’épaisseur du mortier en excès (E.M.E) du modèle 3 pour
les BAP étudiés.
Modèle 3
Matrice = (Eau+Ciment+Fines+Granulats fins<0.630mm)
Granulats = (granulats ≥0.630mm)

N° Identification de la Volume Volume du Volume du Surface Epaisseur du


Composition U.V.C des vides mortier mortier en spécifique Mortier en
(%) (Vv) (litres) excès Des Excès
(litres) (litres) particules (10 -3 mm)
(m2)
1 M1-VGC25%-6mm 41.98 322.24 466 143.76 838.75 170
2 M1-VGR25%-6mm 39.80 294.44 466 171.56 830.5 210
3 M1-VGC30%-6mm 41.47 350.98 466 115.02 896.4 130
4 M1-VGR30%-6mm 39.10 318.04 466 147.95 903.1 160
5 M1-VGC35%-6mm 41.62 388.80 466 77.2 951.35 80
6 M1-VGR35%-6mm 39.37 354.13 466 111.27 940.22 120
7 M1-VGC25%-9mm 41.83 320.26 466 145.74 823.5 180
8 M1-VGR25%-9mm 39.12 286.18 466 179.82 815.4 220
9 M1-VGC30%-9mm 41.35 349.25 466 116.75 846.6 140
10 M1-VGR30%-9mm 38.76 313.53 466 152.47 837.42 180
11 M1-VGC35%-9mm 41.38 384.98 466 81.02 933.4 90
12 M1-VGR35%-9mm 38.71 344.45 466 121.55 922.48 130
13 M1-VGC25%-12mm 41.53 316.34 466 149.66 808.25 190
14 M1-VGR25%-12mm 38.59 279.87 466 186.13 800.3 230
15 M1-VGC30%-12mm 41.12 345.95 466 120.05 879.8 140
16 M1-VGR30%-12mm 38.26 306.98 466 159.05 870.26 180
17 M1-VGC35%-12mm 41.29 383.55 466 82.44 897.5 90
18 M1-VGR35%-12mm 38.41 340.11 466 125.89 887.0 140
19 M1-VGC25%-G1 41.76 319.34 466 146.66 899.75 160
20 M1-VGR25%-G2 39.01 284.86 466 181.14 890.9 200
21 M1-VGC30%-G1 41.04 344.81 466 121.19 913.0 130
22 M1-VGR30%-G2 38.06 304.39 466 161.61 903.1 170
23 M1-VGC35%-G1 41.25 382.92 466 83.08 987.25 80
24 M1-VGR35%-G2 38.55 342.13 466 123.87 975.7 120
25 M2-VGC25%-G1 42.49 337.54 438.4 100.85 925.25 100
26 M2-VGC30%-G1 42.06 367.95 438.4 70.45 940.5 70
27 M2-VGC35%-G1 41.89 401.43 438.4 36.97 1014.75 40
28 M3-VGC25%-G1 41.36 301.16 488.21 187.05 794.75 240
29 M3-VGC30%-G1 40.87 329.69 488.21 158.52 869.0 180
30 M3-VGC35%-G1 41.55 374.62 488.21 113.59 891.8 130

139
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

5.3. Influence de l’épaisseur de la pâte en excès sur les paramètres rhéologiques

Les deux paramètres rhéologiques retenus pour l’étude de l’influence de l’épaisseur de


la pâte en excès sont le seuil de cisaillement donné par le facteur « a » du modèle de Herschel-
Bulkley et la viscosité (µM) déduite du même modèle et donnée par l’équation 4.1 dans le
paragraphe 4.2 du chapitre 4.
L’épaisseur de la pâte en excès considérée est celle qui est calculée dans le système/modèle 1
où tous les granulats sont enrobés par la pâte contenant (l’eau, ciment et fines).

5.3.1. Influence de l’épaisseur de la pâte en excès (EPE) sur le seuil de cisaillement

La figure 5.1 montre que le seuil de cisaillement est fonction de l’épaisseur de la pâte
en excès qui enrobe les grains du squelette granulaire. Par rapport à la courbe de lissage
(courbe de régression), nous constatons que le seuil de cisaillement est inversement
proportionnel à cette épaisseur de pâte indépendamment des dimensions maximales des gros
granulats, leurs formes (concassé ou roulé) et leur type granulométrique (uniforme ou
continu). Lorsque l’épaisseur de la pâte augmente le seuil de cisaillement diminue.

Ces résultats sont confirmés par Hans [38] dans ses travaux où il a fait varier le volume de
pâte, de mortier et de gravier avec un squelette granulaire continu soumis à un déversement
(non compacté).

Le seuil de cisaillement est alors contrôlé par la friction (frottement) entre les granulats
enrobés par cette épaisseur de pâte. Lorsque la pâte est réduite, le contact inter-grains se fait
directement avec un frottement élevé. Ce qui est totalement conforme à l’explication physique
du modèle de Bingham donné par Delarrard [16] concernant le seuil de cisaillement.
Pour le système modèle1, le contact se fait entre touts les grains du squelette granulaire
enrobé par cette épaisseur de pâte.

700 Toutes les compositions


Seuil de cisaillement (N.mm)

600 Modèle

500
y = 55,901x-0,278
400
R² = 0,6437
300

200

100

0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0,025 0,03
Epaisseur de la pâte en excés (mm)

Figure 5.1 : Le seuil de cisaillement en fonction de


l’épaisseur de la pâte en excès calculé selon le système
modèle 1.

140
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

L’effet des paramètres ; tailles, formes et type granulométrique des gros granulats n’est pas
très marquant sur le comportement global du seuil de cisaillement en fonction de l’épaisseur
de la pâte en excès. Néanmoins, nous observons des fluctuations, notamment, dans les
épaisseurs inferieures à 5.10-3 mm pour lesquelles nous tentons d’expliquer l’influence de la
taille, la forme et le type granulométrique sur le seuil de cisaillement.

5.3.1.1. Effet de la taille maximale des gros granulats

Pour atteindre un même niveau de seuil de cisaillement, l’épaisseur de la pâte en excès


demandée augmente lorsque la taille des gros granulats diminue (voir figure5.2 et figure 5.3).
Pour une même épaisseur de la pâte en excès, le seuil de cisaillement est atténué lorsque la
taille des gros granulats est le plus élevé. Cela est dû au nombre de contact inter-grains qui est
le moins élevé lorsque le diamètre des granulats augmente, du moment que pour ces derniers
la surface spécifique est la plus faible.

Nous signalons que pour une même épaisseur de pâte, la perte du seuil de cisaillement, en
passant d’un diamètre «D=6mm» à son double « D=12mm » est de 07.62% pour le cas des
granulats concassés et 10.06% pour le cas des granulats roulés. On peut dire que cette perte
(atténuation) n’est pas très considérable pour qu’elle influe sur la relation du seuil de
cisaillement en fonction de l’épaisseur de pâte en excès.

300 250

250
Seuil de cisaillement (N.mm)

Seuil de cisaillement (N.mm)

200

200
150
150
100
Gr.Concassé.D=6mm Gr.Roulé.D=6mm
100
Gr.Concassé.D=9mm Gr.Roulé.D=9mm
Gr.Concassé.D=12mm 50 Gr.Roulé.D=12mm
50

0 0
0 0,005 0,01 0,015 0 0,005 0,01 0,015 0,02
Epaisseur de la pâte en excés (mm) Epaisseur de la pâte en excés

Figure 5.2: Effet de la taille maximale des Figure 5.3: Effet de la taille maximale des
gros granulats de type concassé sur la gros granulats de type roulé sur la relation
relation du seuil de cisaillement-épaisseur de du seuil de cisaillement-épaisseur de la pâte
la pâte en excès. en excès.

141
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

5.3.1.2. Effet de la forme des gros granulats

Les résultats de la figure 5.4 montrent que les faibles valeurs d’épaisseur de pâte en
excès (EPE < 7.10-3 mm) sont réservées exclusivement aux compositions formulées avec les
gros granulats de forme concassés. Nous notons aussi que les points expérimentaux et leur
courbe de régression (modèle) pour le cas des graviers concassés se rapprochent étroitement
de ceux pour le cas des graviers roulés dans le domaine des épaisseurs compris entre 7.10-3 et
20.10-3mm. La différence entre les deux courbes de régression (modèles) semble nulle lorsque
l’épaisseur de la pâte tend vers 20.10-3mm (EPE=20.10-3 mm).

700
Gr.Concassé
600
Seuil de cisaillement (N.mm)

Gr.Roulé

500

400

300

200

100

0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0,025 0,03
Epaisseur de la pâte en excés (mm)

Figure 5.4 : Effet de la forme des gros granulats (concassé


et roulé) sur la relation : seuil de cisaillement-épaisseur de
la pâte en excès.

Les compositions formulées avec des gros granulats concassés ont une compacité inférieure
par rapport à celles formulées avec des gros granulats roulés, cela conduit à une épaisseur de
pâte en excès plus faible. Ceci explique que les faibles valeurs de l’épaisseur de la pâte en
excès (EPE < 7.10-3 mm) sont réservées aux compositions formulées avec les gros granulats
concassés.

Donc, il apparait que l’effet de la forme des gros granulats sur la relation du seuil de
cisaillement en fonction de l’épaisseur de la pâte est insignifiant. Lorsque cette épaisseur tend
vers 20.10-3 mm, l’effet de la forme s’annule du fait que les granulats sont bien enrobés.

142
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

5.3.1.3. Effet du type granulométrique des gros granulats

La figure 5.5 montre que pour des faibles valeurs d’épaisseur de pâte en excès (EPE<
-3
7.10 mm), les BAP formulés avec des gros granulats de granulométrie uniforme ont un seuil
de cisaillement plus faible par rapport aux BAP formulés avec des gros granulats de
granulométrie continue. Pour des valeurs d’épaisseur de pâte compris entre 7.10-3 et 12.10-3
mm, les seuils de cisaillement pour les deux types granulométriques (uniforme et continu)
sont presque identiques.

900

800 Granulo.Uniforme
Seuil de cisaillement (N.mm)

Granulo.Continue
700

600

500 y = 32,468x-0,407
R² = 0,8849
400

300

200
y = 108,03x-0,124
100 R² = 0,8053
0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0,025 0,03
Epaisseur de la pâte en excés (mm)

Figure 5.5 : Influence du type granulométrique des gros


granulats (continue ou uniforme) sur la relation du seuil
de cisaillement-épaisseur de la pâte en excès.

Cette différence de comportement du seuil de cisaillement en fonction de l’épaisseur de la


pâte entre les deux types granulométriques (uniforme et continu) peut être expliquée par le
fait que la granulométrie continue permet un plus grand nombre de contact inter-grains, donc,
une plus grande quantité de frottement par rapport à une granulométrie uniforme. Lorsque les
valeurs de l’épaisseur de la pâte sont faibles, les contacts inter-grains et les frottements
favorisent une augmentation du seuil de cisaillement pour le cas de la granulométrie continue.
Lorsque l’épaisseur de la pâte augmente, les frottements sont atténués et les deux types
granulométrique (uniformes et continus) semblent confondus.

Les valeurs expérimentales du seuil de cisaillement en fonction de l’épaisseur de la pâte pour


les deux types granulométriques (uniformes et continus) sont lissées par un modèle en
puissance sous la forme : y=α.x-β, avec un coefficient de corrélation élevé correspondant à
81% pour le cas d’une granulométrie uniforme et 88% pour le cas d’une granulométrie
continue (voir la figure 5.5). Nous signalons que la même forme de modèle (en puissance de
type : y=α.x-β), a été proposée par Hans [38], pour le cas du seuil de cisaillement d’un BAP,
où il a obtenu un coefficient de corrélation de R2=0.7.

143
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Après l’étude de l’effet des paramètres taille, forme et type granulométrique, nous pouvons
conclure que le seuil de cisaillement, pour le cas des BAP, est fonction de l’épaisseur de la
pâte en excès indépendamment de la forme et la taille des gros granulats. Toutefois, cette
relation peut être influencée par le type granulométrique, notamment, pour des petites valeurs
de l’épaisseur de la pâte (ce qui correspond à des grandes valeurs du seuil de cisaillement).

Si nous considérons seulement les seuils de cisaillements faibles, comme c’est le cas des
BAP, donc, nous pouvons confirmer que la relation seuil de cisaillement-épaisseur de pâte en
excès est indépendante globalement des trois paramètres (taille, forme et type
granulométrique).

5.3.2. Influence de l’épaisseur de la pâte en excès (EPE) sur la viscosité

Les résultats donnés par les figures 5.7, 5.8, 5.9, 5.12 et 5.13, montrent que la viscosité
(µM) est fonction de l’épaisseur de la pâte en excès (EPE). Elle est inversement
proportionnelle à cette épaisseur qui enrobe tous les grains du squelette granulaire.
Contrairement au seuil de cisaillement, la relation de la viscosité en fonction de l’épaisseur de
la pâte en excès (EPE) semble dépendre de la taille, la forme et le type granulométrique. Pour
chaque taille des gros granulats, par exemple, nous observons une courbe différente de la
viscosité en fonction de l’épaisseur (EPE), c'est-à-dire que la relation (Viscosité-EPE) est
paramétrée en fonction de la taille, la forme et le type granulométrique.
Ce constat nous parait logique du moment que la viscosité est liée directement au
comportement des grains dans la matrice (pâte).

5.3.2.1. Effet de la taille des gros granulats

Les figures 5.6 et 5.7 montrent que pour une même épaisseur de la pâte en excès, la
viscosité augmente lorsque la taille des gros granulats augmente. Les petits diamètres (tailles)
des gros granulats ont toujours tendance à produire des faibles viscosités qui favorisent le
comportement rhéologique d’un béton autoplaçant.

Pour la forme concassée, lorsque l’épaisseur de la pâte en excès diminue, nous constatons une
augmentation de l’effet de la taille des granulats sur la viscosité. En passant d’un diamètre
D=12mm au diamètre D=6mm, nous pouvons atténuer la viscosité jusqu’à la moitié lorsque
l’épaisseur de la pâte est faible (EPE=2.10-3mm). L’efficacité de la petite taille des granulats
sur la viscosité s’atténue en allant vers des épaisseurs plus élevés pour atteindre 44% pour le
cas des granulats concassés avec une épaisseur de pâte en excès de 10.10-3mm. (voir le
tableau 5.4)

Tandis que pour les granulats roulés, l’efficacité des petites tailles des granulats sur la
viscosité est maintenue constante quelque soit l’épaisseur de la pâte en excès. En passant du
diamètre D=12mm au D=6mm, l’atténuation de la viscosité est de l’ordre de 44%.

144
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

30 30

25 25

Viscosité (N.mm.min/tr)
Viscosité (N.mm.min/tr)

20 20

15 15

10 10 Gr.Roulé.D=6mm
Gr.Concassé.D=6mm
Gr.Roulé.D=9mm
Gr.Concassé.D=9mm
5 5 Gr.Roulé.D=12mm
Gr.Concassé.D=12mm

0 0
0 0,004 0,008 0,012 0,016 0 0,004 0,008 0,012 0,016 0,02

Epaisseur de la pâte en excès (mm) Epaisseur de la pâte en excès (mm)

Figure 5.6 : Effet de la taille maximale des Figure 5.7 : Effet de la taille maximale des
gros granulats de type concassé sur la gros granulats de type roulé sur la
relation de la viscosité en fonction de l’EPE. relation de la viscosité en fonction de l’EPE.

Tableau 5.4 : Les valeurs de la viscosité (µM) (N.mm.min/tr) pour une même épaisseur
de pâte en excès.

Epaisseur de pâte Epaisseur de pâte Epaisseur de pâte


en excès (faible) en excès (moyenne) en excès (élevée)
(10-3mm) (10-3 mm) (10-3mm)
02 10 06 15 10 20
Diamètre Granulat Granulat Granulat Granulat Granulat Granulat
Concassé Roulé Concassé Roulé Concassé Roulé
D=6mm 16.74 16.52 12.72 11.42 11.19 8.79
D=9mm 21.92 20.05 15.42 14.20 13.10 11.12
D=12mm 33.83 23.59 20.41 16.51 16.14 12.82
Taux de perte 102% 43% 60% 44% 44% 45%
de viscosité
(D12mm /D6mm)

Les figures 5.6 et 5.7 montrent également que pour atteindre un même niveau de viscosité,
l’épaisseur de la pâte en excès demandée est proportionnelle à la taille des gros granulats
( Di ), cette épaisseur augmente quand le diamètre augmente. Ce qui rejoint la supposition de
S.G.Oh [44] et Bui [48] dans le calcul de l’épaisseur de la pâte en excès, en supposant que
cette dernière est proportionnelle à la taille des granulats.
Un exemple de la proportionnalité de l’épaisseur (EPE) en fonction de la taille est donné dans
le tableau 5.5 pour une viscosité (µM=15N.mm.min/tr).

145
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Cette proportionnalité est traduite par un rapport constant entre le diamètre du granulat brut
(D) et enrobé de pâte (D+2e) quelque soit la dimension des granulats. (voir figure 5.8)

e6 e9 e12

D6 = =
D9 D12

Figure 5.8 : Epaisseur de la pâte en excès proportionnelle à la taille des granulats

Ce résultat est confirmé par les travaux d’Ebarrak [47] donnés dans le chapitre 2 (paragraphe
2.5.2.2).

Tableau 5.5 : Les valeurs de l’épaisseur de la pâte en excès en (10-3mm)


pour une viscosité (µM=15N.mm.min/tr) en fonction de la taille des gros
granulats

Diamètre Gros granulat Gros granulat


(Concassé) (Roulé)
D=6mm 03 11
D=9mm 06.5 14
D=12mm 11 17

Cette proportionnalité est très marquée au niveau des gros granulats roulés (voir la figure 5.7).
Cela est dû au fait que ces derniers sont plus proches de la forme sphérique qui est
l’hypothèse sur laquelle on s’est basé pour faire notre calcul.

146
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

5.3.2.2. Effet de la forme des gros granulats

D’après la figure 5.9, nous constatons que pour atteindre un même niveau de
viscosité, les compositions de béton autoplaçants formulées avec des gros granulats roulés de
taille uniforme (unique) disposent plus d’épaisseur de pâte en excés que celles formulées
avec des gros granulats concassés.

30

25
Viscosité (N.mm.min/tr)

20

15

10 Gr.Concassé.D=6mm
Gr.Concassé.D=9mm
Gr.Concassé.D=12mm
5 Gr.Roulé.D=6mm
Gr.Roulé.D=9mm
Gr.Roulé.D=12mm
0
0 0,005 0,01 0,015 0,02
Epaisseur de la pâte en excès (mm)

Figure 5.9 : Effet de la forme des gros granulats de dimensions uniforme


sur la relation de la viscosité en fonction de l’épaisseur de la pâte en excès.

Tableau 5.6 : Les valeurs de l’épaisseur de la pâte en excès en (10-3 mm) pour des
viscosités constantes en fonction des diamètres des gros granulats concassés et roulés

Viscosité Viscosité Viscosité


µM=12N.mm.min/tr µM=15N.mm.min/tr µM=20N.mm.min/tr
Diamètre Granulat Granulat Granulat Granulat Granulat Granulat
Concassé Roulé Concassé Roulé Concassé Roulé
D=6mm 08 14 03 11 01 08
D=9mm 13 18 06 14 03 10
D=12mm 19 21 11 17 07 12

Selon le tableau 5.6, nous montrons que pour atteindre un même niveau de viscosité (par
exemple pour une viscosité moyenne de µM=15N.mm.min/tr), un béton autoplaçant formulé
avec un gros granulat concassé de taille (D=12mm) fournis une épaisseur de pâte en excès
équivalente à celle avec un gros granulat roulé de taille (D=6mm). Pour une même quantité
de pâte, si nous voulons maintenir la même viscosité, nous remplaçons un gros granulat roulé
de diamètre «D» par un autre de diamètre «2D» de type concassé (voir figure 5.10.a).

147
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

A partir du même tableau (tableau 5.6), nous avons pu faire des équivalences en viscosité
pour deux configurations d’interactions pâtes-granulats de mêmes diamètres et de formes
différentes (voir la figure 5.10. b et c).

e
e Equivalence en viscosité
a)
D
2D

Granulat Roulé
Granulat Concassé

3.5e
3.5e
e e
e e
b) Equivalence en viscosité Di
Di (Di =6mm) Di
Di
e

Di Di

Granulat Concassé Granulat Roulé


3.5e/α
3.5e/α
e e
e e
c) Equivalence en viscosité Di+1
Di+1 (Di+1 = α Di) Di+1
Di+1
e
Di+1
Di+1

Granulat Concassé Granulat Roulé

Figure 5.10 : Les équivalences de viscosité établies entre des granulats


de formes différentes (roulé et concassé).

148
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

D’après la figure 5.9, pour des faibles viscosités, l’effet de la forme décroit et l’équivalence
peut atteindre un granulat roulé de diamètre « D » contre un granulat concassé de diamètre
« 1.5D ».

Pour le cas des gros granulats de granulométrie continue, la figure 5.11 montre que les points
expérimentaux des granulats de forme concassé et roulée se regroupent sur une courbe unique
quelque soit la forme. Selon ce constat, il s’avère que l’effet de la forme n’apparait pas
lorsqu’il s’agit d’une granulométrie continue.

Donc, nous pouvons conclure de ce qui précède que la forme peut affecter le modèle
(Viscosité/Epaisseur de pâte en excès) si la granulométrie n’est pas optimisée ou une des
classes granulométrique est uniforme, tandis que son effet peut être dissimulé dans la cas
d’une granulométrie continue.

16
Gr.Continue.Concassé
14
Gr.Continue.Roulé
Viscosité (N.mm.min/tr)

12
10
8
6
4
2
0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0,025 0,03
Epaisseur de la pâte en excès (mm)

Figure 5.11 : Effet de la forme des gros granulats de granulométrie


continue sur la relation de la viscosité en fonction de l’épaisseur de la
pâte en excès.

5.3.2.3. Effet du type granulométrique des gros granulats

La viscosité des compositions des BAP formulés avec des gros granulats concassés
de granulométrie continue en fonction de l’épaisseur de la pâte en excès (EPE) s’ajuste très
bien sur un modèle en puissance de type (µM=3.25 EPE-0.19) avec un coefficient de
corrélation « R2 =0.85 » (voir la figure 5.12 pour le cas du gravier concassé de granulométrie
continue). La tendance du modèle en puissance s’accorde avec celui proposé par Hans [38]
concernant la viscosité des BAP avec un squelette granulaire continu, soumis aux mêmes
conditions de compacité que le nôtre et avec un coefficient de corrélation « R2 =0.76 ».

149
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Les figures 5.12 et 5.13 montrent que pour une même épaisseur de la pâte en excès, la
viscosité diminue et s’atténue lorsqu’on passe d’une granulométrie uniforme à une
granulométrie continue des gros granulats. Pour une épaisseur de pâte (EPE=0.01mm) par
exemple, cette perte (atténuation) de viscosité peut atteindre 43% par rapport aux granulats
concassés de diamètre (D=6mm) et 86% pour les granulats roulés.

30 Gr.Concassé.D=6mm 30 Gr.Roulé.D=6mm
Gr.Concassé.D=9mm Gr.Roulé.D=9mm
Gr.Concassé.D=12mm Gr.Roulé.D=12mm
25 25 Gr.Roulé.Continue
Gr.Concassé.Continue
Viscosité (N.mm.min/tr)

Viscosité (N.mm.min/tr)
20 20

15 15

10 10

5 5

0 0
0 0,005 0,01 0,015 0,02 0,025 0,03 0 0,005 0,01 0,015 0,02
Epaisseur de la pâte en excès (mm) Epaisseur de la pâte en excès (mm)

Figure 5.12 : Effet du type granulométrique Figure 5.13 : Effet du type granulométrique
des gros granulats concassés sur la relation des gros granulats roulés sur la relation
de la viscosité en fonction de l’EPE. de la viscosité en fonction de l’EPE.

Pour atteindre un même niveau de viscosité, les compositions des bétons autoplaçants
formulées avec des gros granulats de granulométrie continue ont besoin d’une épaisseur de
pâte en excès inferieure à celles des BAP formulées avec des granulats de taille uniforme.
(voir figure 5.12 et 5.13 et le tableau 5.7).

Tableau 5.7 : Les valeurs de l’épaisseur de pâte en excès en (10-3mm) pour une viscosité
donnée (gros granulat de granulométrie continue et uniforme)

Viscosité
µM=8 N.mm.min/tr
Diamètre « D » (mm) Granulat Concassé Granulat Roulé
Granulométrie Continue 10 12
6 35 20
9 46 25
12 46 32

150
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Pour une viscosité (µM=8N.mm.min/tr) qui représente une viscosité moyenne que peut
atteindre une composition de béton autoplaçant à gros granulat de granulométrie continue,
nous avons établi un schéma d’équivalence de viscosité donné par la figure 5.14.

e
3.5e 4.5e

e D9 Equivalence Equivalence D9
3.5e D6 4.5e
de viscosité de viscosité
D6
D6 D9
D6 D9
D12
e 3.5e 4.5e

Granulomètrie Continue Granulat uniforme Granulat uniforme


(Concassé) (D=6mm) (Concassé) (D=9mm) (Concassé)

e
1.5e 2e

e D9 Equivalence D9
Equivalence 1.5e D6 2e
de viscosité de viscosité
D6
D6 D9
D6 D9
D12
e 1.5e 2e

Granulomètrie Continue Granulat uniforme Granulat uniforme


(Roulé) (D=6mm) (Roulé) (D=9mm) (Roulé)

Figure 5.14 : L’équivalence de viscosité entre une granulométrie continue


et une autre uniforme de taille « D ».

151
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

5.4. Influence du choix de modèle Matrice-Granulats

En passant du système « modèle 1 » au système « modèle 3 », tous les points


expérimentaux des paramètres rhéologiques en fonction de l’épaisseur de la pâte en excès
(calculé selon le modèle correspondant) s’ajustent à des courbes en puissance d’une
conformité de plus en plus bonne. (R2modèle3 > R2modèle2 > R2modèle1) (voir les tableaux 5.8, 5.9
et 5.10).

Tableau 5.8 : Les différentes relations liant l’épaisseur de la pâte en excès (EPE) aux deux
paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) selon le système modèle 1.

Modèle 1
Matrice = (Eau+Ciment+Fines)
Particules = Tous les granulats

Epaisseur de la pâte
Modèle1 en excès (EPE)

Pâte (ciment +fines)


Granulat

Les paramètres Courbes d’ajustements (Puissance) Coefficient de Types de données


rhéologiques corrélation
« R2 »
.
Paramètre « a » = 55.90 ∗ 0.64 Toutes les compositions
Indice du seuil de
cisaillement
.
D= 6mm : μ = 3.54 ∗ 0.64 Gros granulat : type
. 0.58 concassé de dimension
D= 9mm : μ = 3.00 ∗
. 0.63 unique (granulométrie
D= 12mm : μ = 1.94 ∗
uniforme)
.
D= 6mm : μ = 0.25 ∗ 0.86 Gros granulat : type roulé
Indice de viscosité D= 9mm : μ = 0.40 ∗ . 0.67 de dimension unique
(µHB) D= 12mm : μ = 0.41 ∗ . 0.64 (granulométrie uniforme)
.
μ = 3.25 ∗ 0.85 Gros granulat : type
concassé de granulométrie
Continue
. 0.70 Gros granulat : type Roulé
μ = 0.89 ∗
de granulométrie Continue

152
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Tableau 5.9 : Les différentes relations liant l’épaisseur de la pâte en excès (EPE) aux deux
paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) selon le système modèle 2.

Modèle 2
Matrice = (Eau+Ciment+Fines+Granulats fins<0.16mm)
Particules = Les granulats (≥0.16mm)

Epaisseur de mortier
Modèle2 en excès (EPE)
Pâte
(D<0.16 mm)
Granulat

Les paramètres Courbes d’ajustements (Puissance) Coefficient de Types de données


rhéologiques corrélation
« R2 »
..
Paramètre seuil de = 44.21 ∗ 0.77 Toutes les compositions
cisaillement « a »
.
D= 6mm : μ = 1.86 ∗ 0.74 Gros granulat : type
. 0.64 concassé de dimension
D= 9mm : μ = 2.22 ∗
. 0.69 unique (granulométrie
D= 12mm : μ = 1.23 ∗
uniforme)
.
D= 6mm : μ = 0.27 ∗ 0.89 Gros granulat : type roulé
Viscosité (µHB) D= 9mm : μ = 0.49 ∗ . 0.68 de dimension unique
. 0.72 (granulométrie uniforme)
D= 12mm : μ = 0.21 ∗
.
μ = 3.13 ∗ 0.90 Gros granulat : type
concassé de granulométrie
Continue
.
μ = 1.81 ∗ 0.86 Gros granulat : type Roulé
de granulométrie Continue

153
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Tableau 5.10 : Les différentes relations liant l’épaisseur du mortier en excès (EME) aux
deux paramètres rhéologiques (seuil de cisaillement et viscosité) selon le système modèle 3.
Modèle 3
Matrice = (Eau+Ciment+Fines+Granulats fins<0.630mm)
Particules = Les granulats (≥0.630mm)

Epaisseur de mortier
Modèle3 en excès (EME)
Mortier
(D<0.63mm)
Granulat

Les paramètres Courbes d’ajustements (Puissance) Coefficient de Types de données


rhéologiques corrélation
« R2 »
.
Paramètre seuil de = 49.67 ∗ 0.82 Toutes les compositions
cisaillement « a »
.
D= 6mm : μ = 1.82 ∗ 0.83 Gros granulat : type
. 0.75 concassé de dimension
D= 9mm : μ = 2.31 ∗
. 0.82 unique (granulométrie
D= 12mm : μ = 2.44 ∗
uniforme)
.
D= 6mm : μ = 1.10 ∗ 0.92 Gros granulat : type roulé
Viscosité (µHB) D= 9mm : μ = 1.60 ∗ . 0.73 de dimension unique
. 0.82 (granulométrie uniforme)
D= 12mm : μ = 1.28 ∗
.
μ = 2.95 ∗ 0.98 Gros granulat : type
concassé de granulométrie
Continue
. 0.86 Gros granulat : type Roulé
μ = 2.99 ∗
de granulométrie Continue

5.4.1. Influence du choix de modèle Matrice-Granulats sur le seuil de cisaillement

Pour les systèmes modèles 2 et 3, comme les figures 5.15 et 5.16 le montrent, le seuil de
cisaillement en fonction de l’épaisseur du mortier en excès est caractérisé par une courbe
unique (plus marquante que le modèle 1) avec une conformité meilleure, indépendamment
aux dimensions, formes et granulométrie des gros granulats. L’indépendance de la taille, de la
forme et la granulométrie s’accentue en passant du modèle 1 au modèle 3.

Pour le système modèle1, le contact se fait entre touts les grains du squelette granulaire
enrobé par cette épaisseur de pâte, alors que pour les systèmes modèles 2 et 3, le contact se
fait entre les grains enrobés par un cortège formé par la pâte et les petits grains inferieurs à
0.16mm et 0.63mm respectivement.

154
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Dans les modèles 2 et 3, l’épaisseur de la pâte (mortier) a augmenté, et les effets de la taille,
la forme et le type granulométrique ont été totalement éliminé alors que leur effet été déjà
faible dans le modèle 1, Dans ce cas, on parle de frottement entre granulats porteurs enrobés
d’un cortège de petits grains et de pâte.

Ce résultat est logique du moment que d’après le modèle 2 et 3, la forme et la taille des
granulats (notamment les gros granulats) seront dissimulés par l’épaisseur du mortier qui
enrobe ces derniers.

700 700
Toutes les Toutes les
600 compositions compositions

Seuil de cisaillement (N.mm)


600
Seuil de cisaillment (N.mm)

Modèle Modèle
500 500
y = 43,882x-0,388 y = 49,673x-0,726
400 R² = 0,8176
R² = 0,7676 400

300 300

200 200
100 100
0 0
0 0,01 0,02 0,03 0,04 0,05 0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0,3
Epaisseur de la pâte en excés (mm) Epaisseur du mortier en excés (mm)

Figure 5.15 : Le seuil de cisaillement en Figure 5.16 : Le seuil de cisaillement en


fonction de l’EPE calculée selon le fonction de l’EPE calculée selon le système
système modèle 2. modèle 3.

5.4.2. Influence du choix de modèle Matrice-Granulats sur la viscosité

Selon le paragraphe 3.2., la taille, la forme et la granulométrie ont des effets sur le
comportement de la viscosité.

Pour les trois modèles proposés, les considérations de la taille du squelette granulaire sont
variables à savoir ; dans le modèle 1 où tous les granulats (classés en 9 classes de diamètres
moyens différents) sont considérés, dans le modèle 2, on trouve 7 classes de granulats de
diamètres moyens différents et dans le modèle 3, on trouve seulement 5 classes de granulats
de diamètres moyens différents. Ce qui implique que l’effet de la taille des granulats sera
atténué dans le modèle 3.

En passant du modèle 1 au modèle 3, l’épaisseur de la pâte (mortier) en excès est de plus en


plus grande, ce qui conduit à dissimuler et éliminer l’effet de la forme. Les granulats
concassés vont être plus arrondi du fait qu’on les a entourés par une grande épaisseur de
mortier (modèle 3).

Du fait que l’effet de la forme a été éliminé et l’effet de la taille a été atténué, les points
expérimentaux de la viscosité en fonction de l’épaisseur du mortier en excès dans les modèles
2 et 3 s’ajustent mieux aux courbes de régressions avec un coefficient de corrélation élevé

155
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

La figure 5.17 montre clairement cette tendance dans le modèle 3 où les points pour différents
diamètres commencent à se joindre vers une atténuation progressive de l’effet de la taille et
formation d’une seule courbe de relation entre la viscosité et l’épaisseur de la pâte en excès.
(Indépendamment de la taille).

30
Gr.Concassé.D=6mm
Gr.Concassé.D=9mm
Viscosité (N.mm.min/tr)

25
Gr.Concassé.D=12mm
20 Gr.Concassé.Continue

15

10

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25 0,3
Epaisseur du mortier en excès (mm)

Figure 5.17 : Effets du type granulométrique des gros granulats sur la relation
de la viscosité en fonction de l’épaisseur du mortier en excès dans le modèle 3

Le tableau 5.11 montre en valeurs que la différence entre les viscosités des différents
diamètres est atténuée dans le modèle 3 du fait que l’effet de la taille dans ce dernier est
dissimulé par l’épaisseur du mortier en excès élevé.

De ce fait, l’efficacité des petits diamètres des granulats concassés dans le modèle 3(constatée
dans le modèle1 notamment pour les faibles valeurs d’épaisseur) sur la viscosité n’est pas très
considérable. De plus, elle est maintenue constante quelque soit l’épaisseur de mortier en
excès.

156
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

Tableau 5.11 : Les valeurs de la viscosité (µM) (N.mm.min/tr) dans les compositions à
gros granulats concassés dans les deux modèles 1 et 3.
Epaisseur de pâte Epaisseur de pâte Epaisseur de pâte
en excès (faible) en excès (moyenne) en excès (élevée)
(10-3mm) (10-3 mm) (10-3mm)
02 80 06 150 10 200
Diamètre Modèle1 Modèle3 Modèle1 Modèle3 Modèle1 Modèle3
D=6mm 16.74 21.09 12.72 11.46 11.19 8.67
D=9mm 21.92 25.44 15.42 14.01 13.10 10.66
D=12mm 33.83 32.08 20.41 16.90 16.14 12.60
Taux de perte 102% 52% 60% 47% 44% 45%
de viscosité
(D12mm /D6mm)

Dans la figure 5.18, on peut constater que suite à l’élimination de l’effet de forme dans le
modèle 3, les granulats concassés ont rattrapé les granulats roulés (en comparaison avec la
figure 5.9 du modèle1). Les points pour les deux formes (concassé et roulé) commencent à
se joindre vers une atténuation progressive de l’effet de la forme pour qu’on assiste à une
formation d’une seule courbe de relation entre la viscosité et l’épaisseur de la pâte en excès.
(indépendamment de la forme).

Les granulats concassés de taille (D=9mm) sont équivalents aux granulats roulés de taille
(D=6mm), alors que dans le modèle 1, un granulat concassé de taille (D=12mm) qui est
équivalent au roulé de taille (D=6mm). Par voie de conséquence, les granulats concassés
seront surévalués dans le modèle 3.

30

25
Viscosité (N.mm.min/tr)

20

15 Gr.Concassé.D=6mm
Gr.Concassé.D=9mm
Gr.Concassé.D=12mm
10 Gr.Roulé.D=6mm
Gr.Roulé.D=9mm
5 Gr.Roulé.D=12mm

0
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
Epaisseur de la pâte en excès (mm)

Figure 5.18 : Effet de la forme et de la taille des gros granulats sur la relation de la
viscosité en fonction de l’épaisseur du mortier en excès dans le modèle 3.

157
Chapitre 5 : Proposition de modèles rhéologiques du BAP

5.5. Conclusion

L’utilisation du concept de l’épaisseur de pâte en excès pour expliquer et analyser le


comportement rhéologique obtenu des bétons autoplacants étudiés a révélé un ensemble de
résultats dont les plus marquants sont :

 Les paramètres rhéologiques des bétons autoplaçant sont fonction de l’épaisseur de la pâte
en excès. Cette dernière qui est en rapport direct avec la compacité (taux de vide non
compacté) et la surface développée du squelette granulaire. Ces deux derniers facteurs
sont conditionnés par la taille, la forme et le type granulométrique (continuité-
discontinuité).

 Le seuil de cisaillement est contrôlé exclusivement par l’épaisseur de la pâte en excès


indépendamment à la taille, la forme et le type granulométrique des gros granulats.
Ce qui peut être expliqué par le fait que c’est cette épaisseur de pâte qui définit seulement
la nature et le nombre de contact inter-grains (dissipation par friction entre grains)
indépendamment de leur taille, leur forme etc..

 Cependant, la viscosité est contrôlé par cette épaisseur de pâte en excès selon l’aspect du
squelette granulaire (notamment les gros granulats), conditionné par la taille la forme et le
type granulométrique.

 Pour atteindre un même niveau de viscosité, l’épaisseur de la pâte en excès demandée est
proportionnelle à la taille des granulats. Cette épaisseur augmente quand le diamètre
augmente.

 Pour atteindre un même niveau de viscosité, un granulat concassé de taille « D »dispose


d’une épaisseur de pâte en excès équivalente à celle d’un granulat roulé de taille « D/2 ».

 Le modèle 1 où seulement la pâte qui enrobe les granulats du squelette granulaire, est le
modèle le plus fidèle pour représenter correctement l’interaction (grains-pâte) dans une
composition de béton autoplaçant.

 Les modèles 2 (les granulats enrobés par mortier inferieur à 0.16mm) et le modèle 3 (les
granulats enrobés par mortier inferieur à 0.63mm) dissimulent la forme et la taille des
granulats dans l’interaction (grains-pâte).

158
CONCLUSION GENERALE
ET PERSPECTIVES
Conclusion générale

Conclusion générale

Les bétons autoplaçants (BAP) constituent une nouvelle avancée pour la construction
en béton et ils offrent en cela des avantages aussi bien d’ordre économique, technique que
sociaux. L’absence de vibration qui caractérise leur mise en place permet en effet de réduire
le coût, de construire des éléments à géométrie complexe ou fortement ferraillés et également
de constituer une véritable alternative aux bétons traditionnels. Cependant, leur formulation et
le contrôle de leurs propriétés lors de la mise en œuvre nécessitent une attention particulière,
les bétons autoplaçants demeurent en dessous de l’utilisation qui pourrait en être faite en
raison de questions sans réponses posées par de nombreux industriels et maitres d’ouvrage.
Certaines des inconnues qui les concernent nécessitent donc d’apporter des résultats de
recherches probantes, notamment en terme de rhéologie.

La rhéologie du béton autoplaçant, considéré comme une suspension (vu sa grande fluidité),
est fondamentale mais très complexe car il faut tenir compte à la fois des caractéristiques du
matériau et du procédé de mise en place (déformation du matériau).
Pour prendre en compte l’ensemble de ces paramètres, on peut utiliser l’approche
expérimentale à partir des tests rhéologiques par le moyen des rhéomètres.

L’objectif de la thèse était de montrer les relations entre le comportement rhéologique, la


granularité et la compacité des bétons autoplaçants en mettant l’accent sur la notion de taille
des granulats.

L’influence de la taille des granulats sur la rhéologie des bétons autoplaçants a été étudiée à
travers :
 Un plan de mélanges constitué de 37 compositions de BAP. Les variantes sont élaborées a
partir de la variation de la taille, la forme et la quantité des gros granulats (graviers).
 Un fractionnement d’un mélange de béton autoplaçant par tamisage à l’état frais.

Le programme expérimental a été mené en utilisant deux rhéomètres, le Tribomètre et le


Rhéocad. Le premier rhéomètre a été exploité pour les BAP du plan de mélanges (37
compositions) et le deuxième a été utilisé pour les tests rhéologiques de la partie de
fractionnement d’un mélange de BAP.
Les deux rhéomètres ont permis de tracer des rhéogrammes représentant le moment résistant
en fonction de la vitesse de rotation du mobile plongé dans le béton autoplaçant. C’est à partir
de ces rhéogrammes que nous avons déduit les deux paramètres rhéologiques bruts à savoir le
seuil de cisaillement et la viscosité. Dans la suite de la thèse, la rhéologie des BAP étudiés est
représentée par ces deux paramètres.

Les modèles rhéologiques sur lesquels nous nous sommes appuyés pour mener notre
contribution sont des modèles déjà existants tels que le modèle de « concentration solide
relative » et le concept de « l’épaisseur de pâte en excès ». Notre apport au niveau de la
modélisation rhéologique concernant le modèle de concentration solide relative, est la
validation d’un autre type de compacité appelé « compacité non tassée ». Pour le concept de

160
Conclusion générale

l’épaisseur de pâte en excès, nous avons proposé des systèmes-modèles (granulat enrobé de
pâte ou de mortier), a partir desquels, nous avons justifié un choix qui s’ajuste le plus avec les
résultats expérimentaux des paramètres rhéologiques.

L’analyse des rhéogrammes (moment résistant en fonction de la vitesse de rotation), nous a


conduit à conclure que la loi de comportement rhéologique des compositions de BAP
formulées et testées par le Tribomètre est de type de Herschel-Bulkley (M=a+b.Vc), malgré
que dans quelques compositions, nous approchons de la loi de Bingham, où le facteur « c » est
proche de 1. Ce constat peut être maintenu même pour le cas des fractions de BAP (obtenues
par tamisage) où nous avons observé le même comportement de type Herschel-Bulkley
lorsque nous les avons testées par un autre rhéomètre qui est le Rheocad.

La relation granularité–rhéologie d’un béton autoplaçant a fait apparaitre un effet favorable de


la diminution de la taille des gros granulats sur la viscosité et inversement (effet défavorable)
sur le seuil de cisaillement. Cette tendance des résultats est observée également pour le cas
des fractions de BAP où la viscosité diminue lorsque la taille des ces fractions diminue alors
que le seuil de cisaillement semblerait rester sensiblement constant.
Les résultats ont fait apparaitre aussi un effet favorable de l’augmentation de l’étendue
granulaire (d/D), représentée par le rapport entre la taille des petits granulats (sable) et la taille
des gros granulats (graviers), sur la viscosité et inversement (effet défavorable) sur le seuil de
cisaillement.
Selon les deux résultats concordants obtenus par le plan de mélanges (Tribomètre) et par le
fractionnement (Rheocad), il s’avère que lorsque la taille des gros granulats augmente,
l’étendue granulaire (d/D) diminue, favorisant un meilleur arrangement granulaire et un
milieu de plus en plus compact pour donner un BAP avec une viscosité élevée.
La relation granularité–rhéologie a révélé, également, que le type granulométrique
(continuité-discontinuité) des granulats est un facteur déterminant dans le comportement
rhéologique notamment pour la viscosité. Cette dernière se trouve réduite (favorablement)
dans le cas des BAP à gros granulats de granulométrie continue par rapport aux BAP à gros
granulats de granulométrie uniforme. Tandis que pour le seuil de cisaillement, l’effet positif
de la continuité granulométrique n’est apparent que si nous avons une faible concentration des
gros granulats (inferieur à 30%).
En utilisant les granulats de forme roulés, les deux paramètres rhéologiques (seuil de
cisaillement et viscosité) se trouvent toujours réduits favorablement par rapport aux granulats
de forme irrégulière (concassée). L’effet favorable de la forme des granulats apparait plus
clairement au niveau du seuil de cisaillement.

L’analyse de l’effet de la structure granulaire, représentée par la concentration des granulats


rapportée à leur état de compacité, a montré que les deux paramètres rhéologiques à savoir ; le
seuil de cisaillement et viscosité peuvent êtres exprimés en fonction de l’état d’empilement
granulaire libre ou lâche (compacité non tassée). En d’autres termes, la compacité non tassée
convient avec le modèle de «concentration solide relative (Øs/Ø*)» où Øs est la concentration

161
Conclusion générale

solide et Ø* est la concentration qui correspond à un état d’empilement libre (compacité non
tassée).
La relation compacité–rhéologie soutenue par ce modèle de «concentration solide relative» a
révélé que la viscosité d’un béton autoplaçant augmente avec la concentration granulaire pour
tendre vers les grandes valeurs (verrouillage ou blocage) quand cette concentration granulaire
en suspension est proche de l’empilement.
La viscosité d’un BAP dépend très fortement de la concentration solide relative (Øs/Ø*), qui
apparait être ainsi un paramètre de premier ordre, lui-même dépendant de la taille des gros
granulats « Dmax », l’étendue granulaire (d/D), la forme et le type granulométrique (continuité-
discontinuité). Par exemple, pour atteindre un même niveau de viscosité, les compositions de
BAP, à forte étendue granulaire (d/D) ou à granulats de forme concassés, s’approchent
davantage de l’état d’empilement ou de l’état du verrouillage (blocage) par rapport à celles de
faibles étendues granulaire ou de granulats de forme roulés respectivement.
La tendance vers les viscosités élevées (verrouillage ou blocage) dans le cas des BAP à
granulométrie continue se fait d’une manière décélérée (ralentie) par rapport aux
compositions de granulométrie discontinue ou uniforme. C'est-à-dire que la viscosité est très
sensible à la variation de la concentration granulaire dans le cas d’une granulométrie uniforme
par rapport à une granulométrie continue. Cette propriété de ralentissement de la viscosité est
liée à l’optimisation granulométrique. Plus la granulométrie tend vers la continuité, plus cette
propriété est plus marquée.
Le seuil de cisaillement d’un béton autoplaçant dépend aussi de la concentration solide
relative (Øs/Ø*), lui-même dépendant essentiellement du type granulométrique
(continuité/discontinuité). La forme et la taille des granulats n’apparaissent pas comme des
facteurs prépondérant dans la relation (seuil de cisaillement-concentration solide relative
(Øs/Ø*)). Pour des concentrations granulaires proches de leur état d’empilement, la
discontinuité granulométrique agit dans le sens favorable (réduction) du seuil de cisaillement
d’un BAP..

L’utilisation du concept de l’épaisseur de pâte en excès (EPE) a fait montrer que les deux
paramètres rhéologiques ; le seuil de cisaillement et la viscosité peuvent être aussi modélisés
par cette épaisseur. Selon les résultats, il s’avère que la viscosité est contrôlée par cette
épaisseur de pâte en excès selon l’aspect du squelette granulaire (la taille, la forme et le type
granulométrique des gros granulats), tandis que le seuil de cisaillement est contrôlé
exclusivement par l’épaisseur de la pâte en excès indépendamment de la taille, la forme et le
type granulométrique des gros granulats.
Pour représenter le plus correctement possible l’interaction « pâte-granulat » en utilisant le
concept de l’épaisseur de pâte en excès, nous avons proposé trois systèmes-modèles
schématisés par un granulat enrobé avec une certaine épaisseur de pâte (EPE) ou de mortier
(EME). Selon la conformité de ces systèmes-modèles par rapport aux réponses rhéologiques
données par les BAP étudiés, il s’avère que le modèle 1 (les granulats enrobés par la pâte) est
le modèle le plus fidèle par rapport aux deux autres modèles 2 (les granulats enrobés par un
mortier inferieur à 0.16mm) et le modèle 3 (les granulats enrobés par un mortier inferieur à

162
Conclusion générale

0.63mm). Les résultats ont montré que ces deux derniers modèles dissimulent la forme et la
taille des granulats.

En perspectives de ce travail de recherche, il pourrait être intéressent d’étendre l’étude à tous


les granulats (sable et gravier) du béton autoplaçant, en divisant par exemple le sable et le
graviers en deux et trois classes respectivement, pour les faire combiner dans des
compositions granulaires à pâte autoplaçante connue. Ce travail pourrait identifier
l’interaction rhéologique, avec plus de précision, entre les différentes tailles des granulats
d’un béton autoplaçant.
Les modèles rhéologiques des bétons autoplaçants sont encore perfectibles. Tout d’abord, ils
doivent être étendus à d’autres paramètres influents tels que les particules ultrafines non
détectées par les essais de granulométrie classique, les nouvelles générations de
superplastifiants, les fibres, l’effet de la température etc..
Enfin, nous proposons une étude pour caractériser et classer les performances rhéologiques
des bétons autoplaçants fabriqués à partir de nos matériaux locaux (notamment les granulats
et les fines) en utilisant ce moyen rhéométrique simple qui est le Tribomètre. L’intérêt d’une
telle étude est surtout la valorisation de nos matériaux locaux dans ce type de béton (BAP)
tels que les sables de dunes et les sables de carrières.

163
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properties of self compacting concrete » Cem.Concr.Res.32(11) (2002) pp 1791-1795.

169
ANNEXES

- Fiche technique du superplastifiant


- Fiche technique des fines calcaires
ALCAL F15
Fiche technique

Le gisement El-khroub occupe la partie sud ouest du massif Oum Settas au sud-est de
Constantine, il est constitué de calcaire d'origine néritique caractérisé par
une grande pureté chimique et une blancheur élevée.

Caractéristiques chimiques Caractéristiques physiques

CaCO3 98% Dureté ( MOHS) : 3


CaO 56,03% Poids spécifique : 2,7
SiO2 0,04% Densité apparente non tassée : 0,95g / cm³
Na2O 0,05% Blancheur (ELREPHO 070 ) : L : 94.23 a+0,38 b+3.14
MgO 0,17% Prise d'huile ( NF.T 30.022) : 21g/100g de poudre
Al2O3 0,03% Prise D O P( NF.T 30.022) : 29g/100g de poudre
Fe2O3 0,02% Humidité à l' ensachage : 0,01%

K2O 0,02% Indice de réfraction : 1,71


P2O5 0,008%
TiO2 0,009% Les éléments toxiques:
SO3 (soluble dans l'eau) 0,0021% Cyanure 0,045 µg / gr
SO3 (soluble dans l'acide) 0,19% Mercure 0,35 µg / gr
Soufre totale 0,0137% Arsenic 0,08 µg / gr
Résidu insoluble 1,15% Fluor 0,02mg / gr
Solubilité dans l'eau (Ws) 0,24% Chlorure 0,0033%
Perte au feu 43%
Ph 9

Répartition granulométrique

Inférieur à 10µ : 36% Diamètre médian : 13µm Inférieur à 100µm : 99%


Distribution granulométrique des particules

100
Volumecumulé

80
(%)

60
% Tamisat

40

20

0
0.01 0.1 1 10 100 1000 3000
diffraction laser (2000)
ALCAL F15, 12 April 2008 11:21:32
Taille des particules (µm)
Les valeurs figurant dans cette fiche technique sont des valeurs caractéristiques moyennes de la production

Conditionnement Principales utilisations

En vrac Peinture mate en phase aqueuse et phase solvant


Big-bag ( 1tonne ) Peinture hydrodispersible
Palettes houssées (48 sacs de 25kg) Enduit en peinture
Enduit base ciment
Composites
Poudre et crème à récurer
Mastic

DG : Z.I Gué de Constantine Alger tél: 021 83 93 86 / 021 83 93 87 /Fax: 021 - 83 93 84 / Site WEB ENG (W W W.eng-spa.dZ)
Usine Carbonate de Calcium El -khroub W. Constantine Tél: 031 95 41 76 / 95 41 14 Fax: 031 95 41 13 E-mail : elKhroubcaco3 @ eng.dz
mars-09
FICHE TECHNIQUE
Version Août 2009

SUPER FLUIDIFIANT-HAUT REDUCTEUR D'EAU


SUPERIOR RM 34 MULTIFONCTIONS POUR BETONS,
AVEC MAINTIEN RHEOLOGIQUE

DESCRIPTION PROPRIETES CHIMIQUES ET PHYSIQUES


SUPERIOR RM 34 est un super fluidifiant à très Etat physique :..............................................liquide
hautes performances, pour l’élévation des Couleur :.........................................................claire
résistances initiales et finales qu’il confère au Ph à 20°C:.....................................................5 ± 0,5
béton, ainsi que l’ouvrabilité et son maintien, dans Densité 20°C:..........................................1,05 ± 0,03
le temps. Point de conglomération:................................ - 5°C
Sa conception, basée sur des poly carbones de
silicates modifiés, est le résultat de longues DOMAINES D’APPLICATION
recherches en laboratoire et sur chantier, pour des SUPERIOR RM 34 peut être utilisé soit pour bétons
solutions multiples. ordinaires, soit pour bétons à hautes
performances ; Il est indiqué pour les bétons
CARACTERISTIQUES précontraints, où il y a nécessité d’un bon maintien
Il permet d’obtenir d’excellent résultat avec d’ouvrabilité.
n’importe quel type de ciment, déjà dosé à 0,5%. -Il permet de produire des bétons plus résistants,
Sans chlorure, il peut être utilisé dans n’importe plus rigides et durables
quelle structure, et en particulier pour des bétons -Réduit jusqu’à 80% les temps de vibrations, avec
pré fabriqués à maturation à vapeur. des améliorations évidentes des conditions de
-A 25°C, il maintient la consistance initiale pour mise en œuvre
une heure, sans phénomènes de lessivage. -Les cycles de maturation soit en cas de
-Il donne une imperméabilité aux bétons à dosage maturation à vapeur, soit à température ambiante,
de plus de 300kg/m3 de ciment et avec une sont remarquablement réduits, permettant une
ouvrabilité comprise entre 14 et 22 cm (SLUMP) ; meilleur utilisation des coffrages et l’économie de
-A égalité de rapport E/C, il rend le béton auto la vapeur
nivelant en augmentant les résistances ; -l’état des surfaces en tire d’excellents avantages
-A égale consistance, il réduit le rapport E/C,
même à plus de 30%, et par sa particulière SUPERIOR RM 34 est amplement utilisé dans tous
composition, il permet un développement régulier les ouvrages où il est indispensable d’avoir, une
des résistances, même après maturation à vapeur ouvrabilité optimale à bas rapport E/C, avec
(béton avec 20 cm de SLUMP). obtention de résistances initiales et finales
-Son utilisation est idéale pour tous les bétons où il élevées, de même que l’obtention d’une très
est demandé une remarquable ouvrabilité avec bonne imperméabilité, et une grande résistance à
rapport E/C réduit et de hautes résistances l’agression chimique, comme dans les dallages
mécaniques. industriels, les constructions de port, les bassins,
SUPERIOR RM 34 est conforme aux normes UNI les digues, les caissons marins, les fondations, les
934-2. Il est, proposé en plusieurs versions en canalisations, les barrières à haute densité pour
fonction de la température : réacteur thermonucléaire, etc.

± 20°C 20 à 30°C 30 à 40°C 40°C et plus


RM 34 RM 34 S RM 34 S5 RM 34 S12

TEKNACHEM ALGERIE SARL Les informations contenues dans la présente fiche technique,
bien que représentant le stade le plus avancé de la
B.P. 11 M Zone Industrielle
connaissance, ne dispense pas l’utilisateur de procéder à des
Sidi Bel Abbes - 22000
tests préliminaires dans les propres conditions d’emploi. Par
Tel : 048.55.64.63 - Fax : 048.55.64.62 conséquent la TEKNACHEM ALGERIE SARL décline toutes
Site : www.teknachem.com responsabilités pour l’emploi inapproprié du produit.
E-mail : info@teknachem.com
FICHE TECHNIQUE
Version Août 2009

SUPER FLUIDIFIANT-HAUT REDUCTEUR D'EAU


SUPERIOR RM 34 MULTIFONCTIONS POUR BETONS,
AVEC MAINTIEN RHEOLOGIQUE

AVANTAGE DES BÉTONS CONFECTIONNES


Il permet d’économiser remarquablement sur la
confection des bétons à résistance et dans la mise
en œuvre des bétons dans des lieux peu
accessibles.

MODE D’EMPLOI
L’addition du super fluidifiant ne doit jamais se
faire sur un béton sec (c’est-à-dire avant l’ajout de
l’eau). Il sera absorbé par les agrégats et le sable
d’où son inefficacité avec le ciment.
Il est conseillé d’ajouter le super fluidifiant avant la
dernière eau de correction pour arriver à la
consistance voulue.
Les dosages sont évalués au poids du ciment
NB.: Le graphique est le résultat de tests effectués sur
DOSAGE un béton confectionné avec :
- Type et classe de ciment : CEM II / B-M 32,5
Vu que SUPERIOR RM 34 est employé à grande 3
- Dosage de ciment : 300 kg/m
échelle, son dosage varie entre 0,6 à 1,2% du poids - Rapport E/C= 0,55
du ciment. - Température ambiante : 20°C
Le dosage optimal est, de toute façon, déterminé
en fonction des caractéristiques désirées, selon la Pour d’autres conditions de l’environnement et/ou type
composition du béton. de ciment, les temps de prise seront modifiés et, plus
Pour un béton "performant", le dosage conseillé précisément, augmenteront à des températures
est de 1%. inférieures à 20°C, et vice-versa, pour des dosages de
ciment inférieurs, ils diminueront toujours, en fonction
CORRELATION OUVRABILITE/TEMPS : du type de ciment utilisé.
PRODUIT TESTE SUPERIOR RM
34 VALIDITE
06 mois dans son emballage hermétiquement
Dosage % adjuvant 0,90 %
fermé, stocké entre 5°C et 35°C
Température de l’air 18°C
Température du béton 20°C CONDITIONNEMENT
Slump initiale 148 mm Bidons en plastique de 25kg
Fûts de 220kg
Slump 30 mn. 148 mm
Citerne de 1100kg
Slump 45 mn. 148 mm Vrac en citerne
Slump 60 mn. 147 mm
Slump 75 mn. 125 mm Des doseurs automatiques peuvent être fournis sur
demande.
Slump 90 mn. 100 mm
TEKNACHEM ALGERIE SARL Les informations contenues dans la présente fiche technique,
bien que représentant le stade le plus avancé de la
B.P. 11 M Zone Industrielle
connaissance, ne dispense pas l’utilisateur de procéder à des
Sidi Bel Abbes - 22000
tests préliminaires dans les propres conditions d’emploi. Par
Tel : 048.55.64.63 - Fax : 048.55.64.62 conséquent la TEKNACHEM ALGERIE SARL décline toutes
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E-mail : info@teknachem.com

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