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APPRENDRE A VIVRE AU

VANUATU

SCIENCES SOCIALES 8e ANNÉE


APPRENDRE A VIVRE AU VANUATU

Manuel de l’élève

8e Année

Ministère de l’Education
Port-Vila
République de Vanuatu
2001
Troisième édition 2001

Les révisions ont été apportées par Pierre Dumoulin, suivant les recommandations de l’Atelier de Sciences
Sociales qui s’est tenu au collège de Matevulu en août 1995.

Mise en page par Athy Marilyne.

Première édition 1981, par Margaret Toukoune, Mildred Sope et Charles Pierce.

Deuxième édition 1988, révisée par Charles Pierce.

© Ministère de l’Education

Toute traduction, adaptation ou reproduction, même partielle, par tous procédés, en tous pays, faîtes sans
autorisation préalable est illicite.
Table des matières

Chapitre I Introduction ................................................................................. 5

Chapitre II Modes de conduite en famille ..................................................... 9


Emae ....................................................................................... 9
South West Bay, Mallicolo ................................................... 10
Lenakel, Tanna ...................................................................... 11
Ambae ................................................................................... 12
Un conseil de famille ............................................................ 13

Chapitre III Modes de conduite à l’école ...................................................... 17


Extrait du règlement scolaire du collège d’Onesua .............. 17
Quelques règles applicables aux externe du Lycée
Antoine du Bougainville à Port-Vila .................................... 19
Quelques-uns des règlements scolaires en URSS................. 21
Summerhill ........................................................................... 22

Chapitre IV Evolutions des coutumes .......................................................... 25


Mariage organisé .................................................................. 25
Taille des familles................................................................. 30
Evolution des cérémonies funéraires.................................... 32
La cérémonie du Saut du Gaul sur Pentecôte ....................... 36
La tradition et l’évolution ..................................................... 39

Chapitre V Elaboration de règles sociales .................................................. 45


Naufrage sur l’île d’Ata ........................................................ 45

Annexe A. Epreuve des contrôles des connaissances .................................... 48

Annexe B. Glossaire ...................................................................................... 50


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CHAPITRE I

INTRODUCTION

A la maison, un jeune enfant apprend vite des autres membres de sa


famille de quelles manières il doit se comporter et se tenir.
Au fur et à mesure qu’il grandit, il se rend compte que la société dans
laquelle il vit attend certaines choses de lui. Il apprend les coutumes de
son village et de son île, ainsi qu’à bien se conduire à l’école. Son
comportement lui est dicté dans une certaine mesure par ses pairs. Peu à
peu, les circonstances extérieures, (en dehors de sa famille), commencent à
affecter sa vie de tous les jours.
L’objet de ce fascicule est d’étudier comment les enfants «apprennent à
vivre» en société au Vanuatu. Vous constaterez que notre comportement
est régi par des règles et des règlements bien précis, ainsi que par des
attitudes et des coutumes transmises d’une génération à l’autre. Vous
découvrirez que les modes de conduite varient d’une famille à l’autre,
d’un pays à l’autre, et que ces différences sont fondées. Enfin, vous vous
rendrez compte que nos codes de conduite ne sont pas immuables, mais
qu’ils peuvent changer au cours des temps.

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Voici quelques définitions qui pourront vous être utiles pour l’étude du
présent fascicule :
Les règles servent à indiquer aux gens comment ils doivent se comporter
ou agir en certaines circonstances. Il existe des règles de famille, d’école,
des règles pour diriger un pays, et bien d’autres. Ces règles peuvent être
écrites ou non.
Les règlements sont une série de règles écrites qui dictent aux gens une
certaine conduite quand ils font quelque chose. Ainsi, il existe un
règlement pour la circulation routière, et pour des sports tels que le
football ou le volley-ball.
Les normes de conduite sont des règles non écrites transmises d’une
génération à l’autre et stipulant comment les gens sont supposés se
conduire en société. Ces normes regroupent tant les attitudes que les
coutumes. Par attitudes on entend généralement les comportement à
adopter en famille; les coutumes se rapportent plutôt au comportement en
société.

EXERCICES
1. Dressez une liste de toutes les choses ou personnes qui influent sur
votre conduite.
2. A votre avis, pourquoi existe-t-il des règles dans toutes les familles,
les communautés et les sociétés ?
3. Définissez les termes suivants et citez trois exemples concrets pour
chacun d’entre eux :
a) Règles c) Attitudes
b) Règlements d) Coutumes
4. Indiquer si les exemples ci-dessous correspondent à des règles, des
règlements, des attitudes ou des coutumes :
a) Un navire circulant dans les eaux vanuatuanes doit être
équipé de gilets de sauvetage pour chaque passager ;
b) Dans la famille de Naomi, les enfants mangent toujours avant
leur père ;
c) Quand une personne meurt sur Pentecôte, la famille organise
un banquet spécial 100 jours après sa mort ;
d) Dans mon école, il est interdit de mâcher du chewing-gum en
classe ;
e) Quand un visiteur arrive sur mon île, nous devons lui mettre
une guirlande de fleurs autour du cou.

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ILES BANKS

AMBAE

PENTECOTE

MALLICOLO Atchin
Baie Barrier
Brenwei

South West Bay

EMAE

Collège d’Onesua
EFATE
Erakor
Lycée Louis Antoine
de Bougainville

TANNA
Lenakel
0 80 km FUTUNA

Carte situant les endroits du Vanuatu cités dans le présent fascicule

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8
CHAPITRE II

MODES DE CONDUITE EN
FAMILLE
Emae
«Quand nous étions petits, nos parents nous ont appris comment nous
conduire à la maison. Ils se sont montrés gentils envers nous de façon à ce
qu’à notre tour nous soyons gentils envers les autres.
Aux repas, nous devions garder le silence et dire le bénédicité avant de
manger. Pendant le repas, nous ne devions pas faire du bruit avec nos
assiettes et nos verres, ni heurter nos dents avec les couverts. Une fois le
repas fini, nous étions supposés nous essuyer la bouche et nous brosser les
dents. Nous étions aussi tenus de débarrasser la table et de laver nos
assiettes.

Nous devions nous laver tous les matins avant le petit déjeuner, et rester
aussi propres que possible toute la journée.
Quand les voisins ou des amis venaient à la maison, nous étions tenus de
les accueillir, les inviter à s’asseoir et leur offrir ce dont ils pouvaient avoir
besoin. Nous devions toujours montrer du plaisir à voir les gens, leur
serrer la main et les saluer convenablement.
Tous les dimanches, nous devions aller à la messe. Nous n’avions pas le
droit de jouer, d’aller dans la forêt ni de pêcher.
Nous devions constamment montrer du respect envers nos parents, nos
frères et sœurs aînés, et même les plus jeunes. On nous a appris à ne pas
appeler nos proches parents par leur prénom, mais à leur dire «Oncle»,
«Tante», «Grand-père», «Grand-mère», etc... Aux gens plus âgés que nous,

9
mais non apparentés, nous devions dire «ami». Il nous fallait aussi montrer
du respect envers le chef de notre village et ceux des villages voisins.
Nous devions obéir à nos aînés quand ils nous disaient de faire quelque
chose. Si un groupe de gens plus âgés étaient assis, nous n’avions pas le
droit de passer devant eux.
Il nous fallait rester tout particulièrement tranquilles en fin d’après-midi ou
en début de soirée, lorsque notre père était occupé à boire du kava avec
d’autres hommes. Pareillement, nous devions rester tranquilles la nuit,
parce que la plupart des gens dormaient.
Nous n’avions jamais le droit de sortir le soir sans d’abord dire à nos
parents où nous allions, que ce soit pour aller danser, participer à une
réunion ou tout simplement aller à la pêche. Nous étions également tenus
de dire à nos parents quand nous étions souffrants ou malades, au lieu de
le cacher.»
(Roy Obed)

South West Bay, Mallicolo

«Voici trois des comportements les plus importants que nos parents nous
ont enseigné quand nous étions petits :
1. Nous avons appris à ne pas jurer, à ne pas utiliser de gros mots. Si
nos parents nous entendaient jurer, ils nous donnaient la fessée.
Quand nous étions tous petits, seule notre mère nous frappait. Mais, à
partir de l’âge de 7 ans environ, nous pouvions nous échapper en
courant quand elle voulait nous gifler : elle ne pouvait pas nous
attraper ! Elle attendait donc que notre père rentre de la brousse le
soir et c’était lui qui nous punissait. En réalité, nous aurions mieux
fait de laisser à maman le soin de nous punir, plutôt que papa, parce
que papa avait la main plus lourde !

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2. Il nous fallait toujours être
gentils et prévenants envers
les autres enfants. Si nous les
faisions pleurer, papa nous
frappait, mais beaucoup plus
fort que nous n’avions frappé
les autres enfants. Je trouvais
cela injuste.
3. Nous avons appris à toujours
obéir à nos parents.

Il y a une chose qui m’a toujours plu


chez mon père. Chaque fois qu’il me
donnait la fessée et me faisait
pleurer, il venait me prendre dans ses
bras en me disant qu’il était désolé.
Il me demandait de ne pas
recommencer. Je crois que la fessée me faisait du bien. Je devais être un
enfant difficile à élever : papa et maman ont toujours dit que les punitions
me rendaient plus coopérative.»
(Leisel Masingiow)
Lenakel, Tanna

«Une adolescente est supposée s’occuper de son propre jardin, où elle peut
prendre l’habitude de planter des ignames et d’autres légumes comme ses
parents le lui ont enseigné. De plus, elle doit porter la jupe de fibres
traditionnelle.

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Quand elle a ses règles, une fille n’est pas autorisée à aider à la cuisine.
Elle peut allumer le feu, balayer, ou donner à manger aux cochons, mais il
ne lui est pas permis de s’approcher de l’endroit où se préparent les repas.
Elle n’a pas non plus le droit de toucher ses frères, de quelque façon que
ce soit, pendant toute cette période.
Les filles sont supposées montrer beaucoup de respect envers leurs frères,
et tous les hommes, de leur famille ou non. Si leurs frères sont assis, elles
ne doivent pas passer devant eux. Elle ne doivent participer, en aucune
façon, aux préparatifs du mariage coutumier de l’un de leurs frères. Au
coucher du soleil, les filles doivent se tenir tranquilles quand les hommes
et les garçons se rendent au nakamal pour boire le kava. Elles doivent
préparer pour leur père le repas qu’il consommera au nakamal. Si un
garçon ne vient pas chercher la nourriture, une ou deux filles doivent
s’approcher du nakamal, poser le repas par terre, agiter une cloche et aller
se cacher dans la brousse : un des hommes ou des garçons viendra ensuite
la ramasser.»
(Annie Nisinalau)
Ambae

« Jusqu’à il y a 30 ans environ, d’après la loi coutumière, tous les jeunes


garçons devaient être séparés de leurs parents entre l’âge de 6 ans et 10
ans. Ils devaient aller vivre ensemble dans le «Gamali» du village et
n’avaient le droit de réintégrer le foyer de leurs parents que s’il n’y avait
pas assez de nourriture dans le gamali et qu’ils souffraient de la faim. Ils
ne pouvaient s’approcher de leur maison que si leurs sœurs n’étaient pas
dans les parages. C’était contre la loi coutumière que les garçons parlent à
leurs sœurs , jouent avec elles ou s’en approchent.
Au gamali, les garçons apprenaient à : faire la cuisine, élever et
apprivoiser des cochons, tenir un jardin, ainsi que chasser et lutter.
C’étaient leurs pères et les autres hommes du village qui le leur
apprenaient : ils devenaient ainsi indépendants assez tôt.

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Si un garçon rencontrait sa sœur
en chemin, la fillette se dépêchait
de se dissimuler dans la brousse
pour ne pas montrer son visage.
Elle s’assurait d’abord que son
frère avait pris de la distance avant
de reprendre son chemin.
Contrairement aux garçons, les
filles vivaient avec leurs parents
jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à
se marier. A la maison, elles
apprenaient à tresser des nattes,
s’occuper du jardin et faire la
cuisine. Les filles ne jouaient ni ne
se montraient guère en public. Mais si elles étaient désignées pour devenir,
plus tard, l’épouse de certains garçons, elles étaient en général adoptées par
les parents de leurs futurs époux, qui s’occupaient d’elles jusqu’à ce qu’elles
se marient.»
(Tiré de «Loi coutumière à Omba Est» de Sampson Ngwele)

Un conseil de famille

« Au début de 1973, ma femme et moi (nous sommes Européens, de


Nouvelle-Zélande et vivons actuellement à Fidji), nous avons décidé de
proposer à nos enfants de nous réunir deux fois par mois en Conseil de
Famille. A cette époque, ils avaient respectivement 12 ans et demi, 11 ans,
9 ans et 1 an et demi. Une réunion fut convoquée un dimanche soir, après
le repas et c’est là que la question a été soulevée. Nous leur avons
expliqué l’objet d’un tel Conseil, à savoir :
• unir davantage la famille ;
• donner à chaque membre de la famille l’occasion de soulever toute
question et discuter de tout sujet ayant trait aux affaires de famille.
Quand il s’agirait de décider, un vote aurait lieu et la décision serait
prise à la majorité des voix ;
• veiller à ce que chaque membre de la famille ait la liberté d’exprimer
son opinion et qu’en même temps, tous les autres membres soient
disposés à l’écouter.
L’idée d’un Conseil de Famille a beaucoup séduit nos enfants et dans
l’ensemble, ma femme et moi estimons qu’il a porté ses fruits. Ainsi, par
exemple, certaines rancoeurs que ressentaient les enfants quand Papa et
Maman se levaient trop tard pour préparer le petit déjeuner et le repas de
midi ont été exprimées. En fin de compte, le problème a été résolu par un

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vote : il a été décidé à la majorité des voix que Papa et Maman devaient se
lever plus tôt ! Parmi les autres sujets débattus, il y a eu :

• désordre dans la maison, notamment au salon et dans les chambres


Décision : Tout objet doit être remis à sa place après usage
• tenue à table
Décision : 1. Toujours manger avec couteau et fourchette
2. Rester à table jusqu’à ce que tous aient fini
• vaisselle du week-end
Décision : Débarrasser la table et faire la vaisselle après chaque
repas
• faut-il faire baptiser Judy (âgée de 1 an et demi) ?
Décision : Judy doit être baptisée comme tous les autres !
• Il y a toujours foule dans la chambre de Papa et Maman
Décision : Ne pas entrer dans la chambre sauf pour dire «bonjour» à
Judy ou pour parler de quelque chose d’important à Papa
et Maman.
• Argent de poche
Décision : Instituer une échelle progressive en fonction de l’âge.

Notre expérience a montré que les enfants se réjouissent d’avoir la


possibilité de discuter d’égal à égal au sein de la famille entière. En tous
cas, nous estimons qu’il est salutaire pour les enfants d’avoir l’occasion
de «se soulager» en parlant de tout ce qui pourrait les contrarier.
Nous n’avons rencontré que deux problèmes au sein de notre Conseil de
Famille. Le premier était que le dimanche soir, après le repas, les enfants
sont en général trop fatigués pour vraiment pouvoir discuter ; le deuxième,
que la participation des 7 et 9 ans n’a pas été vraiment utile. En général, à
cet âge, les enfants parlent pour ne rien dire ; et quand c’est le cas, les plus
âgés se fâchent ! Il faudrait peut-être se borner à faire intervenir
uniquement les membres de la famille qui ont plus de dix ans.»
(K. Grenfell)

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EXERCICES
1. Travail de groupe : « Les règlements et les comportements à la
maison »
La classe se divise en petits groupes de 4 ou 5 élèves. Chaque groupe
débat des sujets suivants, puis rend compte au reste de la classe des
différentes attitudes exprimées par les divers membres du groupe. Si
le temps vous manque, chaque groupe devrait se pencher sur un seul
sujet :
a) Manger d) Sortir avec des amis
b) Entretien avec des adultes e) Participer au ménage
c) Heure du coucher f) Autre

2. Faites un bref compte-rendu écrit de vos propres débuts dans la vie,


dans votre village ou dans votre ville, et des divers comportements
que vous avez appris. Donnez autant de détails que possible et
essayez de représenter vos réponses par des dessins.
3. Quel est votre avis personnel concernant les affirmations suivantes :
a) « Il est préférable que les parents soient très stricts et battent
leurs enfants quand ils manquent à une règle de famille »
b) « Dans une famille, les filles doivent être traitées différemment
des garçons »
c) « Le dimanche, vous ne devez pas aller jouer, partir en brousse
ou aller à la pêche »
d) « Les décisions de famille doivent être fondées sur le principe
de la majorité ».

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4. D’où viennent vos propres règles de famille ? Ont-elles un lien avec
votre religion, ou les coutumes de votre île, ou avec d’autres
influences ? Donnez des détails !
5. L’idée d’un conseil de famille dans son ensemble est une bonne chose
ou non ?
6. Sketch : Différents groupes peuvent inventer des sketchs ou des
mimes pour illustrer :
a) Une situation dans une famille où le père est très strict en
matière de discipline.
b) Une réunion du conseil de famille.

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CHAPITRE III

MODES DE CONDUITE DANS


LES ECOLES
Extrait du règlement scolaire du collège Presbytérien d’Onesua

«1. Enceinte
a. Les élèves doivent rester dans
l’enceinte de l’établissement,
laquelle s’étend du Pont Sara à la
limite de la clôture de Barlow.
b. L’accès aux locaux suivants est
strictement interdit, sauf accompagné
d’un membre du personnel ou sur
autorisation spéciale.
Salle des Professeurs Laboratoire de Sciences Garage/Atelier
Section des Arts Industriels Briqueterie
Bureau du Proviseur Bloc administratif Carrière et
Infirmerie Salles des Arts Ménagers atelier de
Bibliothèque Salle à manger construction
Chapelle Cuisines Dock du groupe
Dépendances Tout bâtiment nouveau électrogène
c. L’accès au dortoir-filles et environs est interdit aux garçons.
L’accès au dortoir-garçons et environs est interdit aux filles.
Tout élève qui enfreint cette règle sera traduit devant le
Conseil de Discipline.
d. Natation : garçons - Plage Bambou (uniquement sur autorisation)
filles - Plages aux environs de la maison Barlow
(uniquement sur autorisation)
2. Les élèves sont tenus d’assister à tous les cours et à toutes les
activités qui sont prévus dans l’emploi du temps. La ponctualité est
de rigueur, constamment, y compris pour l’heure du coucher.
3. Seuls l’anglais et le français doivent être pratiqués, sauf le week-end
et les jours fériés.

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4. La présence aux activités suivantes est obligatoire, sauf billet
d’excuse l’infirmerie ou autorisation du professeur de garde :
Repas Etude Messe du dimanche matin Devoirs du matin Clubs
Assemblée Ferme Messe du dimanche soir Travaux extérieurs Sports
5. Les élèves sont tenus de bien se comporter en toutes circonstances.
6. Le port de l’uniforme est exigé pendant tous les cours, services
religieux, assemblées et occasions particulières. Tous les boutons de
chemises doivent être boutonnés, sauf le col. Les chemises à queue
doivent être rentrées dans les shorts. Les épaulettes doivent être
correctement cousues aux chemises. L’uniforme doit être blanc uni,
sans chemisettes de couleur en dessous. Les filles peuvent porter des
attaches à cheveux blanches ou noires. Aucun élève n’est autorisé à
porter des bijoux quelconques, y compris bracelets aux poignets ou
aux chevilles. Le maquillages, la peinture du corps et les objets
brillants sont interdits. Pas de coiffure «Rasta». Les ongles doivent
être de longueur raisonnable.
7. Veillez à la propreté et au rangement dans les dortoirs et les cours
d’école.
8. Les élèves qui désirent sortir de l’enceinte de l’école doivent obtenir
une autorisation écrite du Proviseur ou du Censeur et la présenter au
professeur de garde.
9. Les élèves ne doivent pas garder de craie sur eux.
10. Le chewing-gum est interdit durant les cours et autres activités
scolaires.
11. Il est permis de jouer de la musique pendant les heures de loisir
seulement, à condition qu’elle ne soit pas entendue dans un rayon de
plus de 5 mètres. Pas de musique à l’heure de la sieste (12h45 -
13h45) ni après extinction des lumières.»

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Quelques règles applicables aux externes du Lycée Antoine du Bougainville à
Port-Vila

«1. Tout élève doit posséder un cahier de


textes que lequel figurent son emploi
du temps et les délais fixés pour
rendre les devoirs et apprendre les
leçons. Ce cahier doit permettre aux
familles un contrôle permanent du
travail de leurs enfants. Un carnet de
correspondance, que l’élève doit
toujours avoir avec lui, sera distribué
en début d’année.
2. Une tenue correcte, une attitude irréprochable et un langage décent
sont exigés en toutes circonstances, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur
du Lycée. Le port de l’uniforme est de rigueur dans l’enceinte du
Lycée, seul pour les cours d’EPS.
3. Les cours commencent généralement à 7h30 le matin, et à 13h30
l’après-midi, et se poursuivent d’heure en heure jusqu’à 11h30 et
16h30 respectivement. Les élèves ne sont pas admis au lycée avant
7h15 ou 13h15. A 7h25 et à 13h25, les élèves doivent se ranger près
de leur salle de classe et n’y pénètrent qu’avec l’autorisation de leur
professeur. Durant la récréation, les élèves doivent se rendre dans la
cour.
4. Les élèves doivent assister à tous les cours, notamment à ceux d’EPS.
Toute heure de cours manquée sans justificatif suffisant sera rattrapée
le Mercredi après-midi.
5. Sont interdits :
• L’accès aux salles de classe en dehors des heures de cours,
sauf autorisation spéciale.
• Les gestes ou jeux violents.
• Les galopades, bousculades, démonstrations de force,
d’adresse ou d’acrobatie hors des terrains de sports.
• Le chewing-gum, les bonbons ou autre aliment pendant les
cours. Si les élèves mangent pendant la récréation, ils doivent
déposer tous papiers d’emballage dans la poubelle et non les
laisser traîner dans les escaliers, dans la cour, ou sous les
tables et chaises.

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6. Sanctions
• Les devoirs supplémentaires représentent la sanction la plus
courante que le professeur impose à l’élève ; le motif de la
sanction doit être porté dans le carnet de correspondance qui
sera ensuite signé par le responsable du règlement, etc...). »

EXERCICES

1. Débat : Pourquoi faut-il des règlements dans les écoles ?


2. Travail en groupe : «Le Règlement de mon école»
La classe se divise en groupes de 4 ou 5 élèves ; chaque groupe
prépare deux listes :
• Les dix règles écrites les plus importantes dans notre école
(par ordre d’importance)
• Dix comportements de notre école (règles non-écrites)
Ensuite, chaque groupe fait son compte-rendu à toute la classe et les
résultats peuvent être inscrits au tableau.
3. Comment le règlement a-t-il été conçu. En majeure partie par le
conseil d’école, le directeur, le personnel, les élèves, ou était-ce
conjointement ?

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Quelques-uns des règlements scolaires en l’ancien URSS
«Tout enfant allant à l’école est tenu :
1. D’acquérir constamment des connaissances afin de devenir un
citoyen éduqué et cultivé capable de servir au mieux son pays.
2. D’étudier assidûment, et d’être ponctuel.
3. De se présenter à l’école avec tous les
manuels et tout le matériel nécessaires ;
d’avoir tout préparé pour la leçon
avant l’entrée du professeur.
4. De venir en cours en tenue propre et
soignée.
5. De toujours ranger proprement et
correctement sa place dans la salle de
classe.
6. De se tenir droit sur son siège pendant les cours, sans s’accouder,
sans rester debout ; d’écouter attentivement les explications du
professeur et les réponses des autres élèves ; de ne pas bavarder ni se
laisser distraire.
7. De se lever quand le professeur ou le directeur entre dans la salle ou
la quitte.
8. De se tenir au garde-à-vous pour répondre au professeur ; de se
rasseoir seulement avec sa permission ; de lever la main quand il veut
répondre ou poser une question.
9. De prendre des notes concises dans son cahier de textes en prévision
de la prochaine leçon, de montrer ces notes à ses parents et de faire
ses devoirs sans aide.
10. De respecter le directeur d’école et les professeurs ; quand il les
rencontre, de les saluer poliment ; les garçons doivent aussi ôter leur
casquette.
11. D’être poli avec ses aînés, de se comporter avec modestie et respect
dans l’école, dans la rue, dans tous les lieux publics.
12. De s’abstenir d’employer des expressions vulgaires, de fumer, de
jouer pour de l’argent ou pour autre chose.
13. De protéger les biens de l’école ; de prendre soin de ses effets
personnels et de ceux de ses camarades.
14. D’être prévenant et gentil à l’égard des personnes âgées, des jeunes
enfants, des faibles et malades ; de leur céder la place dans le car ou
le passage dans la rue ; en règle générale, de les aider le plus possible.

21
15. D’obéir à ses parents, de les aider à prendre soin de ses jeunes frères
et sœurs .
16. De veiller à ce que l’ordre et la propreté règnent dans les chambres ;
de ranger avec soin ses vêtements, ses chaussures et de faire son lit.
17. De toujours avoir sur lui son carnet d’élève, d’en prendre soin, de ne
jamais le confier à autrui, et de le présenter à la demande du
professeur ou du directeur d’école.
18. De veiller sur l’honneur de son école et de le défendre comme le sien
propre.»
(N. Grant : «L’éducation soviétique»)

Summerhill

«Summerhill» est le nom d’un pensionnat privé peu commun qui fut créé par
A.S. Neill dans le sud de l’Angleterre il y a plusieurs années. Voici quelques
extraits d’un livre qu’il a écrit sur cet établissement.
«Il est évident qu’une école qui
contraint des enfants actifs à rester assis
à leur bureau, à étudier des sujets pour
la plupart inutiles est une mauvaise
école. Un tel endroit est bon pour des
citoyens qui manquent de créativité et
qui veulent des enfants dociles, sans
imagination.
Nous sommes partis de l’idée de créer un établissement qui permettrait aux
enfants d’avoir la liberté d’être eux mêmes. Pour ce faire, il nous a fallu
renoncer à toute discipline, à toute directivité, à toute formation morale
et à toute instruction religieuse. On dit de nous que nous avons eu du courage,
mais là n’était pas la question. Tout ce qu’il fallait, c’était de croire - et c’est
ce que nous avons fait - que les enfants sont essentiellement des êtres bons,
et non pas méchants.
Que se passe-t-il à Summerhill ? Eh
bien, d’abord, les cours sont
facultatifs. Les enfants peuvent y
assister ou d’abstenir d’y aller, et ce,
pendant des années s’ils veulent.
A Summerhill, tout le monde bénéfice R-U
du même droit d’égalité. Personne n’a Summerhill
le droit de marcher sur mon piano à
queue, et moi, je n’ai pas le droit
d’emprunter le vélo d’un élève sans FRANCE
sa permission. Lors d’Assemblées
générales, la voix d’un enfant de 6
ans compte tout autant que mon vote.

22
Nos enfants n’ont pas peur du personnel.
Une des règles de l’établissement est
qu’après dix heures du soir, le silence
doit régner dans les couloirs à l’étage
supérieur. Un soir, vers onze heures, une
bataille d’oreillers faisait rage et j’ai
quitté mon bureau pour protester contre
le bruit. Comme je montais les escaliers,
ce fut la débandade, le couloir se vida
et le silence revint. Tout d’un coup,
j’entends une petite voix déçue
s’exclamer «Oh, ce n’est que le vieux
Neill», et la partie reprit de plus belle.
Quand le leur ai dit que j’essayais
d’écrire un livre en bas, ils se sont
montrés plein de sollicitude et ont tout
de suite consenti à faire cesser le tapage.
Ils s’étaient empressés de disparaître
parce qu’ils pensaient que c’était leur
surveillant de nuit (du même âge
qu’eux) qui montait les escaliers !
A Summerhill, la liberté ne signifie pas que nous ne prenons pas de
précautions pour assurer la sécurité de nos élèves. Les enfants ne peuvent
se baigner que s’il y a un sauveteur par groupe de dix enfants. Aucun
enfant de moins de onze ans ne peut circuler seul à bicyclette sur la route.
Ces règles ont été instituées par les enfants eux-mêmes, qui les ont votées
en Assemblée Générale.»
(Adapté de «Summerhill», de A.S. Neill)

23
EXERCICES
1. Comparer les règles des écoles soviétiques et celles de n’importe
quelle école secondaire au Vanuatu en procédant comme suit :
a) Trois sortes de ressemblances entre les règles
b) Trois sortes de différences. Essayez d’expliquer pourquoi ces
différences existent.
2. En quoi les règles à Summerhill sont-elles différentes de toutes les
autres ? Que pensez-vous de Summerhill ?
3. Votre école de rêve : Inventez votre propre règlement idéal pour une
école imaginaire. Décrivez d’abord l’école - combien d’élèves et de
professeurs, pensionnat ou externat, en ville ou à la campagne, etc...
Ensuite, faites une liste des règles, en indiquant comment elles se
conçoivent. Dessinez un grand plan de l’école représentant la
disposition des bâtiments.

24
CHAPITRE IV

EVOLUTION DES COUTUMES


Mariage organisé

«Autrefois, les parents choisissaient les futurs époux de leurs enfants


quand ceux-ci
«Autrefois, lesétaient
parentsencore petits. Cette
choisissaient coutume
les futurs s’appelle
époux de leurs«le mariage
enfants
organisé».
quand ceux-ciLes étaient
jeunes encore
gens enpetits.
question
Cettedevaient
coutume épouser les conjoints
s’appelle «le mariage
désignés
organisé».parLesleurs parents
jeunes gensqu’ils le veuillent
en question ou non.
devaient épouser les conjoints
désignés par leurs parents qu’ils le veuillent ou non.
Traditionnellement, les mariages étaient organisés dans le but de conserver
la pureté de la lignée.lesLes
Traditionnellement, enfantsétaient
mariages n’étaient pas autorisés
organisés dans leà but
se marier avec
de conserver
leurs propres
la pureté de lafrères,
lignée.sœurs, cousins,
Les enfants cousines,
n’étaient pasoncles et tantes.
autorisés En avec
à se marier
arrangeant
leurs propresle mariage, les parents
frères, sœurs s’assuraient
, cousins, cousines, que le ou
oncles et la partenaire
tantes. En de
leur enfant serait originaire de la «bonne» lignée. Parfois, les
arrangeant le mariage, les parents s’assuraient que le ou la partenaire demariages
étaient conçus
leurs enfant pouroriginaire
serait que l’enfant
de las’unisse
«bonne»à une famille
lignée. de lalesmême
Parfois, région ;
mariages
ainsi,
étaientles enfants
conçus pouvaient
pour prendre
que l’enfant soin de
s’unisse leurs
à une parents
famille dequand
la mêmeils étaient
région ;
vieux. Dans
ainsi, les d’autres
enfants cas, lesprendre
pouvaient parentssoin
voulaient que
de leurs leurs enfants
parents quand ilss’unissent
étaient
àvieux.
des familles possédant
Dans d’autres cas,beaucoup
les parents devoulaient
terres ou que
d’autres
leursformes
enfantsde s’unissent
richesse.
à des familles possédant beaucoup de terres ou d’autres formes de
richesse.

25
Une raison importante pour convenir de mariages à l’avance, était
d’accéder à des droits d’exploitation sur des terres appartenant
traditionnellement à la famille. Ce cas de figure est illustré par le schéma
d’alliance ci-contre, où l’on suit un système de descendance part ligne
paternelle. B et ses enfants auraient des droits sur les terres de A, mais pas
autant que C et ses enfants. Après de nombreuses années, les parents D et
E se mettent d’accord avec F et G pour que leurs enfants H et I se marient.
C’est ce qui est «correct» selon la coutume ; par la même occasion, H et I
ont alors accès aux terres transmises de A par C et F.

B C

D E F G

H I

Mais, comme tant d’autres traditions au Vanuatu, la pratique des mariages


organisés est en train de changer. Il y a plusieurs raisons à cela.
Premièrement, beaucoup de jeunes quittent leur village et leur île natale
pour étudier. Ils grandissent donc loin de leur communauté locale et
subissent d’autres influences. L’éducation rend les jeunes plus
indépendants et les aide à élargir leur conception du conjoint. Il arrive
souvent qu’ils préfèrent épouser quelqu’un qui a les mêmes intérêts
qu’eux, ou un niveau d’éducation semblables.
Un deuxième facteur qui entraîne le déclin des mariages organisés est le
fait que de plus en plus de jeunes partent à Vila ou à Santo en quête
d’emploi. Dans les villes, ils ont plus de liberté et de possibilité de
rencontrer des garçons et des filles d’autres îles et d’autres pays. Il peut
arriver qu’ils préfèrent vivre avec quelqu’un d’autre que celui qui été
choisi dans leur village par leurs parents.
Une troisième raison vient de l’influence de la chrétienté. Beaucoup
d’églises enseignent qu’un mariage doit être fondé sur l’amour et non pas
sur la coutume des fiançailles. Les jeunes chrétiens sont portés à affirmer
qu’ils devraient épouser la personne dont ils sont tombés amoureux.
La rupture d’un mariage organisé peut provoquer beaucoup de déception
ou de conflit au sein d’une famille et risque de perturber les rapports qui
existent entre les deux familles ayant arrangé le mariage. Cela peut
affecter le droit de propriété sur une terre ou sur d’autres biens. Certains

26
enfants se verront complètement isolés de leur famille en raison de la
honte qu’ils ont apportée à la famille.
Certains parents se fâchent violemment en découvrant que leurs fils ou
fille veut épouser quelqu’un d’une autre île ou d’un autre pays. Ils se
plaignent que leurs enfants n’ont plus de respect pour les coutumes et
traditions de leur région.»
(Nancy Garae et Mereani Niroa)

EXERCICES
1. Qu’est-ce qu’un «mariage organisé» ? A votre avis, pourquoi cette
coutume est-elle en train de changer à Vanuatu ?
2. Débat
La classe se divise en groupes de 4 ou 5 élèves. Chaque groupe
discute des questions suivantes, puis rend compte au reste de la
classe :
a) Avantages et inconvénients d’un mariage organisé
b) Les mariages organisés sont-ils ou non une bonne idée ?
3. Sketch
Répartissez-vous en divers groupes et inventez un sketch illustrant un
mariage qui a été arrangé puis a été rompu.

Un mariage sur Ambae


Voici l’histoire d’un mariage traditionnel qui a été célébré en Février 1971 à
l’est d’Ambae. Il s’agit d’un double mariage, où deux frères, Onneyn et John,
vont épouser Merilyn et Eileen.
«On n’envoie jamais de faire-part. Il prépare un banquet où chacun est le
bienvenue. Cela signifie que les préparatifs du festin doivent commencer
plusieurs jours à l’avance. On tue des bœufs et des cochons, on râpe de la
noix de coco et l’on prépare des desserts.
Le mariage coutumier a commencé le 6 février, avec des cérémonies dans
les maisons des mariées. La famille de chaque fiancée place des cadeaux
(nattes, taro, ignames, coutellerie et vaisselle) devant la maison de la jeune
fille. Le chef de famille lit soigneusement, à haute voix, la liste de tous les
cadeaux, et le père des fiancés prononce ensuite un discours de
remerciements.
Les cochons représentent l’un des principaux cadeaux. Il y en a 6, vivants,
accompagnés d’un panier contenant une mâchoire de cochon, avec les
défenses encore dessus. La mariée doit d’abord briser la mâchoire du cochon

27
mort. Ensuite, avec l’aide de son fiancé qui tient les pattes, elle doit tuer les
6 autres cochons.
Après la tuerie de cochons, la
famille de la mariée exécute une
danse spéciale appelée «nabolo»,
et tout le monde va dormir.
Le lendemain, les mariées doivent
de rendre à Tavolavola, à la
maison des fiancés. Chaque mariée
porte une palme et s’enroule une
natte cérémonielle autour de la
taille, avec une branche d’un arbre
spécial glissée dans le dos. Cette
branche est gardée pour servir tout
au long des cérémonies et plus
tard, elle est plantée dans le jardin
de la maison de chaque couple.
Avant de partir, la mariée prend un
dernier repas avec sa famille,
composé d’un laplap spécial
appelé «woro».
Une des mariées en robe de mariée
traditionnelle
Un terrain de noces, ou «nasara»,
est aménagé devant la maison des
fiancés, formant un carré de 3 mètres sur 3 avec un bananier planté dans
chaque coin. Les deux jeunes filles, accompagnées de leurs tantes, sont
conduites au nasara, et s’assoient sur des nattes roulées, à 20 mètres
d’écart. Leurs nattes, les cochons et les autres cadeaux sont disposés
devant elles. C’est maintenant au tour de la famille des fiancés de se
préparer à payer le «voli voli» ou prix nuptial, qui est fonction de la
valeur marchande attribuée aux jeunes filles. Des centaines de nattes sont
amenées et alignées à côté des bananiers. Les oncles des fiancés se lèvent
et expliquent combien ces nattes son précieuses. Beaucoup d’autres
présents sont également offerts.
Une fois que les cadeaux des futurs mariés ont tous étés soigneusement
étalés dans le nasara, d’autres cérémonies inhabituelles ont lieu. Dans
l’une d’elles, les tantes de Merilyn et d’Eileen doivent prendre de longs
bâtons et frapper des serpents que le père d’Onneyn et de John ont placés
dans les bananiers. Quand elles ont fait tomber les serpents, elles les
déchiquettent et en jettent les morceaux aux tantes des fiancés et à
l’assemblée (qui compte maintenant près de 500 personnes).C’est pour
montrer que les femmes des familles des jeunes filles sont des personnes
fortes, courageuses et même téméraires.

28
Offrande de nattes déposées dans le «nasara»nuptial

Quelques instants plus tard, une des tantes des mariées grimpe dans les
bananiers et se met à jeter des bananes, une par une, en direction de la
foule. Elle est tellement heureuse de voit sa nièce se marier qu’elle est
prête à tout pour lui faire plaisir. A leur tour, les tantes des fiancés
soulèvent les deux mariées et les portent sur le dos sur une courte distance.
Cela aussi, c’est pour montrer combien elles se réjouissent du mariage.
Finalement, les deux mariées et leurs familles s’avancent vers la maison
des fiancés, où la famille des garçons est solidement assise sur un morceau
de nourriture. Les membres de la famille des mariées doivent essayer de
les déloger de leur position avant que les mariées ne puissent entrer dans la
maison. Ensuite, les tantes des fiancés servent à manger aux deux couples.
Comme il fait nuit maintenant, le reste du «voli voli» est reporté au
lendemain.
Le lendemain matin a lieu le service religieux. Une camionnette Toyota
transporte les couples et les demoiselles d’honneur à l’église, déjà remplie
de gens venus à pied. Les deux couples s’avancent sous une arche de
palmes de cocotiers, d’hibiscus, de bougainvilliers et de soucis fixés aux
feuilles - un spectacle magnifique. La cérémonie du mariage est prononcée
en langue vernaculaire et traduite en bichlamar. Le cortège se rend ensuite
à la sacristie pour la signature des papiers de mariage et sort en pleine
lumière avec les deux mariées encore voilées. Plusieurs Européens ont été
invités aux noces ; dès que la cérémonie religieuse prend fin, on sert du
champagne avec le gâteau de noces. Les invités s’alignent pour présenter
leurs cadeaux aux couples et se faire saupoudrer de talc.
Ensuite, tout le monde revient au nasara pour assister à l’échange de
présents entre les familles, au paiement du «voli voli» et aux danses

29
coutumières. Une danse spéciale, appelée «sawagoro» est exécutée par les
hommes de la famille des mariées. Ils continuent à danser jusqu’à ce que
chacun des nouveaux époux se joignent à eux, accompagnés de la mère et
de la sœur de la mariée. C’est une danse en cercle, marquée de battements
de mains, de piétinements et de chants. Les danses coutumières se
poursuivent tout au long de l’après-midi ; beaucoup d’hommes boivent du
kava.
Le banquet principal a lieu au coucher du soleil, suivi d’une nuit blanche
passée à danser «disco». La fête bat encore son plein à 11 heures le
lendemain matin, c’est à dire Lundi 9 Février.
(Adapté d’un article de Tony Williams)

EXERCICES
1. A votre avis, en quoi cette cérémonie de mariage a-t-elle pu changer
par rapport à ce qu’elle aurait été il y a 100 ans ?
2. Pensez à un mariage auquel vous avez assisté. Indiquez quand et où
il a eu lieu, et qui s’est marié. Puis, citez 5 différences entre cette
cérémonie et celle décrite ci-dessus.
3. Pensez-vous que les ni-Vanuatu continueront à célébrer leur mariage
par de telles cérémonies ? Quelles pourraient être les raisons de
changements éventuels au niveau des mariages coutumiers ?

Taille des familles

De nos jours au Vanuatu, les familles nucléaires sont plus petites que
celles de la génération précédente. Par exemple, combien de frères et
sœurs avez-vous ? Votre mère ? Et votre père ?
Aujourd’hui, certains couples s’efforcent de n’avoir que deux ou trois
enfants. C’est ce que l’on appelle le planning familial. Les images ci-
dessous sont tirées d’une brochure distribuée dans les hôpitaux de
Vanuatu.

30
SPOS IU GAT
PLANTI PIKININI

FAMILY
PLANNING
Mining blong im evri we blong mekim bebi i no
IU NO SAVE LUKAOT stat gru insaed long bode blong woman taem
GUT LONG OLGETA man blong im i go lukim.

EXERCICES
1. Recensement en classe
Cherchez à savoir :
a) Quel est le nombre de frères et sœurs de chaque élève
b) Quel est le nombre de frères et sœurs de la mère de chacun
c) Quel est le nombre de frères et sœurs du père de chacun
(N’oubliez pas d’inclure les frères et sœurs qui sont décédés).
Ensuite, calculez la moyenne de la classe pour a), b) et c), et
comparez les résultats. Que constatez-vous ?
2. Débat : La classe se divise en groupes : chacun établit une liste des
avantages et des inconvénients de la limitation des naissances. Aidez-
vous des photos ci-dessus.
3. Donnez les raisons pour lesquelles bon nombre de ni-Vanuatu
habitant à Port-Vila et à Santo ont à présent un noyau familial plus
petit que celui de leurs parents.
4. Sujet de discussion : «Le planning familial devrait être obligatoire
pour tous les habitants de Vanuatu».

31
Evolution des cérémonies funéraires
Cérémonies funéraires sur l’île d’Erakor, il y a 40 ans
« Quand une personne mourrait sur Erakor, tout le monde le savait
immédiatement. Un cri très caractéristique annonçait la mort. Les
membres de la famille du défunt étaient les premiers à se réunir. Ils
arrivaient en silence, amenant leurs nattes, leurs cochons, leurs poules et
autres aliments. Les autres sur l’île interrompaient leurs activités pour
venir présenter leurs respects et leurs condoléances. Le silence régnait sur
l’île toute entière. Les enfants étaient emmenés à un autre endroit de l’île,
loin de la personne décédée, pour une durée de cinq jours.
Les parents proches du défunt se versaient des cendres sur le corps. Ils
s’habillaient de noir, s’ils avaient des vêtements noirs, ou revêtaient de vieux
habits. Aussi bien les femmes que les hommes se coupaient les cheveux très
courts. Il ne leur était permis ni de se laver ni de se changer, et ils devaient
veiller le mort. Après l’enterrement, ils avaient le droit de manger. La seule
nourriture qui leur était préparée était de la banane rôtie, qu’ils devaient
manger sans aucune viande, en signe de douleur et de compassion.

Le corps du défunt n’était jamais lavé. Il était enveloppé dans une natte
spéciale appelée «mit elkolok» en langage d’Erakor. Cette natte, d’environ 8
à 10 mètres de long, avait été tissée par plusieurs femmes à la fois. Le nom
signifie littéralement «une après l’autre» . Une fois que le corps avait été
emballé, il était attaché à deux longues perches à l’aide d’une corde spéciale,
pour être transporté au cimetière. Quelquefois, on plaçait le corps dans une
vieille pirogue. On ne jetait jamais les vieilles pirogues, on en faisait des
cercueils en coupant les deux extrémités pointues et en les fermant. Le cercueil
était ensuite doublé de tissu blanc, s’il y en avait. Après avoir reçu la dépouille,
le cercueil était fermé, chargé sur une pirogue et porté au cimetière, sur la
grande terre.

32
Dès que les gens arrivaient au cimetière pour les obsèques, les membres
de la famille se lamentaient, pleurant de plus en plus fort, et sautaient dans
la fosse déjà creusée. D’autres devaient les en extraire. Une prière était
prononcée avant de descendre le cercueil dans la fosse et l’enterrer. Des
pierres étaient disposées tout autour de la tombe que l’on recouvrait
ensuite de corail. Une croix était fabriquée et plantée dans la terre, à la tête
de la tombe. Une fois la cérémonie terminée, tout le monde rentrait chez
soi sur l’île.
Les proches parents portaient le deuil pendant cinq jours. Au cinquième
jour, ils se levaient de bonne heure et se lavaient. Un repas spécial était
préparé, qui pouvait être composé de viande, de poulet et de poisson, et
mangé en commun. Ainsi était célébrée la fin de la période de deuil.»
(Margaret Toukoune, inspiré d’une entrevue avec Rosie Kalmasei)

Une cérémonie funéraire à Brenwei, Mallicolo


«Alors que je rentrais de l’école un Vendredi après-midi, le 10 Mai 1980,
j’ai entendu des lamentations. Je me suis demandé ce qui se passait.
Quand je suis arrivé à la maison, j’ai appris que Joseph Walei était mort.
La nouvelle s’était déjà répandue auprès de tous les membres de la famille
de Joseph et de ses amis ; tout le monde commençait à se rassembler chez
lui, pleurant et gémissant. La période de deuil a duré encore 24 heures,
mais pour la femme de Joseph et ses enfants, elle s’est prolongée pendant
une semaine entière.
Les gens qui arrivaient à la maison apportaient des vêtements, du tissu, des
couvertures, des nattes, du talc, du parfum et de la nourriture. Quelques-
uns des vêtements étaient destinés à habiller le défunt. La nourriture, telle
que les ignames et la viande, était partagée entre les membres de la
famille, le chef et la population de Brenwei. Le corps de Joseph fut lavé et

33
habillé par son père, pendant que les fils et les filles répandaient du parfum
et du talc. Pendant tout ce temps, la femme de Joseph, ses parents proches
et d’autres gens continuaient à pleurer et à se lamenter.
Avec les funérailles, quelques-uns des hommes du village s’étaient rendus
au cimetière pour creuser une fosse. D’autres avaient fabriqué un cercueil
en bois ; une fois terminé, la dépouille y fut placée et le couvercle cloué.
Ensuite, le cercueil fut emmené au cimetière. Le pasteur célébra un office
spécial ; les gens jetèrent des fleurs sur le cercueil avant de le descendre
dans la fosse et de l’enterrer. Après l’enterrement, tout le monde revint
chez Joseph pour participer à un petit banquet. Tous s’efforcèrent de
consoler l’épouse et les enfants, puis rentrèrent chez eux. Les proches
restèrent un peu plus longtemps.
Une coutume particulière concernait le fils aîné de Joseph. Il devait se
laisser pousser la barbe et les cheveux. Au bout d’un an seulement, il s’est
coupé les cheveux et rasé la barbe, après quoi tous les membres de la
famille ont organisé un grand banquet en mémoire du défunt.»
(Suthy K. Lunabek)

EXERCICES
1. Décrivez ce que vous voyez sur chaque illustration pages 32 et 34.
2. Citez trois différences entre les cérémonies funéraires de l’île
d’Erakor et de Brenwei, d’après la description des textes.
3. Pensez-vous que les cérémonies funéraires à Erakor soient les
mêmes aujourd’hui qu’il y a 40 ans ? Quels changements ont pu se
produire, et pourquoi ?
4. Soit
• Vous rédigez un bref récit d’une cérémonie funéraire à
laquelle vous avez vous-même assisté.
Soit
• Vous faites un dessin de cérémonie funéraire dans un autre
pays (pas à Vanuatu).

34
Tambours fendus à Mele, Efate, en 1895

35
La cérémonie du Saut du Gaul sur Pentecôte
«C’était tôt le matin, un jour de mai 1980. Le soleil chauffe déjà et le ciel
est pratiquement sans nuages. Nous sommes debout sur la pente raide
d’une colline au dessus de la Baie Barrier au Sud Pentecôte et attendons
que les gens de Bunlap commencent leur cérémonie du Saut du Gaul. En
contrebas, nous distinguons une partie de la plage de corail blanc incurvée
et plusieurs petits bateaux mouillés dans la baie.
Dans une clairière entourée d’une épaisse végétation s’élève la tour. D’une
hauteur de 20 à 25 mètres, il s’agit d’une construction en pointe, fabriquée
entièrement de matériaux provenant de la brousse - de jeunes arbres attachés
ensemble par des lianes. D’autres lianes
0 5 10 km
pendent du haut jusqu’au pied de la
tour ; d’autres enfin retiennent le
sommet de la tour, vers l’arrière,
comme les tendeurs d’une tente. Les
villageois ont mis près de deux
semaines pour l’ériger ; ensuite, ils la P E N
laisseront pourrir. O T E
T E C

Un terrain de danse en terrasses a été


T E C

aménagé de chaque côté de la tour :


O TE

c’est ici que les rangées de villageois,


les hommes portant uniquement des
N

nambas et les femmes de longues jupes


E

de fibres, vont danser et chanter tout au Aérodrome de


P

Lonorore
long de la cérémonie. Les sauteurs
Baie Barrier
seront parmi eux avant de se jeter dans
Bunlap
le vide et les rejoindront après.
Au pied de la tour, du côté de la mer,
une pente de terre brune, à 45 degrés, a été soigneusement labourée et
défrichée, nettoyée de ses souches et de ses pierres. C’est ici que vont se
tenir trois hommes pour recevoir les plongeurs en fin de trajectoire et
déblayer les débris qui pourraient tomber de la tour.
De petites plates-formes composées de baguettes liées ensemble, font
saillie à l’avant de la tour, à différentes hauteurs. Il y en a quinze, une par
plongeur ; et deux lianes pendent du rebord de la plate-forme, descendant
presque jusqu’au pied de la tour. L’extrémité libre de ces lianes, effrangée,
est enveloppée de feuilles vertes.
Après une courte attente, le Chef Bond, une magnifique paire de défenses
de cochon autour du cou, s’asseoit sur un tronc au pied de la pente. Le
Ministre des Affaires sociales est également présent, assis sur une souche
voisine. Les hommes et les femmes de Bunlap se regroupent sur le terrain

36
de danse. Les touristes, appareil-photo à la main, se bousculent pour avoir
les meilleurs places ; ils ont payé au moins treize mille franc chacun pour
assister à la cérémonie et sont fermement décidés à en tirer le meilleur
parti possible. Une petite cabane a été construite non loin de la tour, où
quelques hommes du village sont prêts à vendre des boissons et des objets
artisanaux aux visiteurs. Un jeune garçon habillé à l’européenne est assis
tous près des danseurs avec un magnétophone - il ne va pas être facile de
prendre des photos des danseurs sans qu’il y figure aussi.
Les chants et les danses commencent. Les danseurs se déplacent en ligne,
à pas traînants, et le premier plongeur fait son apparition. Il s’agit d’un
garçon de dix ans environ, vêtu tout comme les hommes d’un nambas. Il
descend jusqu’à la plate-forme du bas, à quelques dix mètres du sol, et un
autre plongeur, debout derrière lui, tire les deux lianes à lui, l’une après
l’autre, enlève les feuilles vertes et attache soigneusement une liane à
chacune des chevilles du garçon. On fait très attention à ce que ces deux
lianes se n’enchevêtrent pas dans les vingt-huit autres.

37
Quand tout est prêt, le garçon s’avance jusqu’au rebord de sa plate-forme :
les chants redoublent d’intensité. Il cambre le dos, lève les mains vers le
ciel bleu et claque plusieurs fois des mains. Puis, se couvrant le visage, il
bascule lentement vers l’avant et plonge vers le sol. Quand les lianes
arrivent au maximum de leur longueur, elles tirent sur le rebords de la
plate-forme qui bascule à 45% le long de la tour. Les lianes se tendent et le
garçon est arrêté net à quelques centimètres du sol.
Dès qu’il a atterri, les hommes sur la pente se ruent vers lui et le remontent
vers la tour, pour qu’il puisse se tenir debout. Puis, l’un d’entre eux coupe
les lianes et les fibres qui lui enserrent les chevilles avec un coupe-coupe.
Le jeune plongeur, tout souriant, apparemment indemne, va rejoindre les
danseurs.
Chaque saut suit le même principe, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une
plate-forme intacte, celle du sommet de la tour. Le dernier plongeur n’a
rien pour se retenir et doit se maintenir soigneusement en équilibre pendant
que l’on remonte lentement ses deux lianes avant de les lui attacher. Il doit
également attendre qu’un discours se termine. Finalement, tout est prêt.
Dans une main, le plongeur tient un morceau de tissu rouge vif ; une toute
petite silhouette se détachant sur le ciel bleu, il étire les bras vers le haut,
lève les yeux et claque plusieurs fois des mains. Il laisse ensuite le morceau
de tissu lui glisser entre les doigts. Avant même que ce dernier ne touche le
sol, le plongeur bascule lentement et s’élance dans le vide.
Dans une puissante clameur, les danseurs abandonnent leurs terrasses, ou
se précipitent vers la pente et le portent en triomphe. La cérémonie du Saut
de Gaul est terminée !»
(David Dickinson)

EXERCICES
1. Énumérez toutes les différences qui doivent marquer la cérémonie du
Saut du Gaul en 1980 de celle qui s’est effectuée il y a une
génération.
2. Cet article illustre la commercialisation d’une coutume
traditionnelle.
a) Que signifie «commercialisation» ?
b) Pourquoi, à votre avis, le Saut du Gaul s’est-il commercialisé ?
c) Pouvez-vous citer d’autres exemples de commercialisation des
coutumes ?
d) Pensez-vous que c’est bien ou mauvais ? Dites pourquoi.
3. Élaborez un petit prospectus sur le Saut du Gaul de Pentecôte qui
pourrait servir à inciter les touristes de la France à venir au Vanuatu.

38
La tradition et l’évolution
Qu’est-elle donc devenue ?
«Qu’est-il advenu de mon vieux pays, avec son mode de vie traditionnel ?
Les gens savaient rire et les oiseaux pouvaient chanter dans la brise du
matin sans être dérangés.
Pas un bruit dans le ciel et sur la plage, sauf le murmure des vagues.
Les arcs et les flèches, les gourdins servaient d’armes de lutte.
Les jupes en fibres et les nambas suffisaient comme vêtements, les
pirogues et les jambes comme moyen de transport, les cochons, les nattes
et les ignames comme argent, la médecine indigène pour guérir, les
maisons indigènes avec des murs en bambou et des toits de chaumes, les
mains pour manger, un feu de bois pour se réchauffer.

Mon vieux pays n’est plus.....


il a disparu.
Il a été civilisé.
En plus du rire des gens
et du chant des oiseaux,
il y a maintenant aussi
le bruit des machines de
l’étranger.
Un oiseau étrange rugit au
dessus des nuages.
Un navire étranger vogue sur
la mer.
On se sert maintenant de
fusils, de haches et de
couteaux comme armes,
de mini-jupes, de bermudas et
de shorts pour s’habiller,
de véhicules, de tableaux et
d’avions pour voyager,
de pièces d’argent et de billets
comme argent,
des maisons modernes, avec
des murs en dur et des toits en
tôle.
On utilise maintenant des cuillers, des fourchettes et des couteaux pour
manger, des couvertures pour nous tenir chaud.
Le mode de vie traditionnel a disparu.
Mon pays a été envahi par de nouvelles idées, et continuera de l’être.
Mon pays est maintenant moderne et civilisé.»
(Hanna Vari)

39
Dessin traditionnel sur sable

Parmi nos coutumes, lesquelles devrions-nous changer ?


«Nous avons tous entendu dire que nous ne devions pas oublier ou
abandonner nos coutumes, mais il en existe quelques-unes qui, j’estime,
devraient être changées. Certaines dont je vais parler ne font peut-être pas
partie des vôtres, mais elles existent chez moi.
Une des premières choses que l’on devrait changer, c’est notre attitude
envers les femmes. Les femmes sont considérées comme étant inférieures
aux hommes, et les garçons et les filles n’ont pas le droit de se rencontrer
en toute liberté. Il ne leur est pas permis de danser ensemble et les filles ne

40
sont pas autorisées à s’orner les cheveux de fleurs, à chanter, ni à manger
de la nourriture cuite sur le feu des hommes. Enfin, ces derniers essayent
d’empêcher les filles d’aller à l’école.
Autre chose qui, je pense, devrait être abolie, est le mauvais usage ou
l’abus de la magie. Les sorciers se servent de feuilles particulières pour
tuer les gens ou leur faire du mal. D’autres utilisent des philtres d’amour
pour qu’une fille tombe amoureuse d’un homme et qu’elle consente à
l’épouser.
J’estime aussi que la coutume qui permet aux parents d’arranger les
mariages de leurs enfants est mauvaise. De plus, un homme ne devrait pas
avoir plusieurs femmes. Et on ne devrait pas faire travailler les enfants
trop dur alors qu’ils sont encore jeunes.
Il existe toutefois bon nombre de coutumes qui devraient être conservées,
à mon avis. Je pense notamment à l’habilité dans la fabrication d’objets
coutumiers qui se rapportent à certaines cérémonies, comme les masques,
les nattes, les jupes, les coiffes, et les sculptures sur pierre et sur bois. Il
faut que les gens connaissent la signification de ces objets et les légendes
qui y sont liées, sans quoi ils seront dénués de sens.
Par la même occasion, s’ils fabriquent ces objets, les gens doivent savoir
participer aux cérémonies correspondantes, exécuter des danses
coutumières, chanter les chants coutumiers et être adeptes des jeux
coutumiers. Tout ce qui précède faisait partie intégrante du mode de vie de
nos ancêtres.
Certes, j’ai dit que l’on devrait abolir le mauvais usage de la magie, mais il
ne s’agit pas d’empêcher l’usage bénéfique de la médecine par les plantes
qui sert à guérir les gens, ni les plantes que l’on utilise pour que les
hommes et les animaux se développent et acquièrent force et santé.
Je pense aussi que les gens devraient conserver leur habileté à faire des
pièges à oiseaux traditionnels et du matériel de chasse et de pêche. Ils ne
coûtent rien et sont très pratiques parce qu’on peut toujours les réutiliser,
alors qu’on ne peut tirer une cartouche qu’une seule fois.
Il s’agit également de conserver d’autres aptitude, telles que l’art de
fabriquer de la ficelle ou de la corde localement, de construire des maisons
en matériaux de brousse, de faire du feu de la manière traditionnelle, et de
préparer et de cuire le laplap dans un four traditionnel en pierres. Toutes
ces techniques sont très utiles, surtout si vous partez camper en brousse ou
si vous oubliez de prendre des allumettes ou d’autres articles européens
dont vous pourriez avoir besoin.
Même si vous savez vous servir de tout cela ou le fabriquer, cela ne vous
empêche pas d’acheter des produits européens si vous voulez. Par contre,
vous pourrez vous passer des articles importés si nécessaire, ce qui vous
rend moins dépendant du mode de vie européen.»
(Meles Franck - Publié pour la première fois dans «The Gong» en 1973)

41
Un chef de Futuna, environ 1880, avec un style de cheveux tressés

42
EXERCICES

1. Après avoir examiné et discuté les articles et les photographies des


pages 39 à 44, décrivez dix coutumes qui sont en train de changer à
Vanuatu. Indiquez en détail dans chaque cas quelle était la coutume,
et précisez en quoi elle a changé. Illustrez vos réponses par des
dessins.
2. a) A l’avenir, que peut-on faire pour conserver nos coutumes ?
b) Citez cinq coutumes vanuatuanes qui devraient être
conservées et donnez-en les raisons.
3. A l’aide des photographies des pages 43 et 44, relevez trois
différences entre des danses coutumières «traditionnelles» et
«modernes».

Danse traditionnelle du «Toka» à Tanna

43
Une danse exécutée à Port-Vila par des danseurs de
Pentecôte

Des danseurs coutumiers des Iles Banks

44
CHAPITRE V

ELABORATION DE REGLES
SOCIALES
Naufrage sur l’île d’Ata
Introduction
Le Jeudi 15 Septembre 1966, six
jeunes Tongans furent sauvés de l’île 0 50km Namuka
d’Ata par le bateau de pêche tasmanien
«Just David».
Sortie de pêche
Au coucher du soleil, le 16 Juillet
1965, six grands élèves du Collège 21º
de St Andrew à Nuku’alofa, Nuku’alofa
s’introduisent dans l’abri à bateau
d’un pêcheur et volent une baleinière TONGATAPU
de 8 mètres de long. Ils ont tous entre EUA
17 et 18 ans. Ils prévoient d’aller
pêcher dans un endroit situé à
quelques 8 km au nord de Nuku’
Alofa. Mais après avoir pêché
pendant environ deux heures, ils
s’endorment.
Problème
Pendant que les élèves dorment, ATA
l’ancre chasse et leur bateau 175º

commence à dériver vers la pleine


mer. Au réveil, ils se trouvent en plein milieu de l’océan sous un gros
orage. Une mer démontée fait rouler leur bateau d’un bord sur l’autre : il
ne tarde pas à embarquer. Les garçons passent leur temps à écoper pour
empêcher leur embarcation de couler. Ils n’ont pas mis la voile.
Pendant huit jours, ils continuent de dériver en mer, sans cesse en train
d’écoper. En peu de temps, leur embarcation commence à se désintégrer
sous la force des vagues.
Le matin du huitième jour, ils aperçoivent la pointe de la haute montagne
d’Ata, situé à 135 km environ au sud-ouest de Tongatapu Ils s’en
rapprochent et décident alors d’atteindre l’île à la nage, en se tenant à des
morceaux du bateau comme flotteurs. Après un jour et une partie de la nuit
dans l’eau, ils finissent par échouer sur le rivage. Chancelants, ils font
quelques pas sur l’île avant de s’écrouler sur les rochers et de s’endormir.

45
La vie sur l’île

Les six garçons vivent de jeunes pousses de cocotiers, appelés «uto»,


pendant les premières semaines et se maintiennent ainsi en vie. Quand ils
reprennent des forces, ils commencent à piéger des poulets sauvages et des
oiseaux de mer, qu’ils rencontrent en abondance. Ils réussissent à allumer
un feu en frottant deux baguettes l’une contre l’autre et peuvent donc faire
cuire leurs aliments. Dans leurs îles natales, ils ont appris différentes
traditions de Tonga et c’est grâce à elles qu’ils parviennent à survivre à
Ata. En guise d’abri, ils construisent un «falé», ou maison de style
traditionnel tongane. Ils plantent des bananiers et enferment des volailles
sauvages dans un enclos, sorte de «poulailler». Ils possèdent un jour plus
de 200 volailles. Quand ils sont allés explorer l’île, ils ont trouvé deux
poignards et quelques morceaux de fer, qu’ils ont aiguisés sur des rochers
et transformés en harpons. Au bout de quelques temps, il ne leur reste plus
de vêtements ; ils se servent de feuilles de bananier en guise de literie.
La vie au jour le jour
Tous les jours, les garçons se réveillent à l’aube et font leur prière. Puis,
chacun va travailler dans son petit jardin jusqu’à midi, heure à laquelle se
prépare le repas principal. Il se compose toujours de volaille et de poisson.
L’après-midi, les garçons reprennent leur travail au jardin ; ils cherchent
aussi des coquillages, des poissons et d’autres aliments pour le repas du
soir.
Le soir, ils chantent tous ensemble dans leur falé. Un des garçons a réussi
à se façonner une guitare à l’aide de deux moitiés de noix de coco en guise
de caisse de résonance, et de divers morceaux de fil de fer pour les cordes.
Pendant leur séjour sur l’île, ils sont eux-mêmes composé cinq chansons
tonganes. Avant de se coucher, les garçons se réunissent pour une prière
commune demandant leur délivrance définitive de l’île d’Ata.
Règles de conduite
Tous les garçons se partagent le travail. Chacun a une tâche bien définie à
accomplir chaque jour. Si jamais l’un est fâché avec un autre, il ne lui est
pas permis de crier, ni de soulager sa colère en le frappant. A la place, ils
ont institué un système de réconciliation. Un différend entre deux

46
garçons ne peut se résoudre qu’en en parlant avec les autres, jusqu’à ce
qu’une solution soit trouvée. Si les deux garçons en question ne
parviennent pas à s’entendre, ils doivent aller chacun de leur côté à un
bout opposé de l’île et ne revenir qu’une fois que leur colère est tombée.
Les garçons préparent les repas à tour de rôle, mais tout le monde participe
à la recherche de nourriture. Chaque jour, par roulement, un garçon tient le
rôle de chef ou «Maître des Cérémonies» (M.C.) pour tout le groupe.
Bien qu’il y ait de temps à autre des éclats, sous une forme ou une autre,
les garçons, n’en sont jamais venus au mains. En fait, ils ont même du
plaisir à être sur Ata, surtout parce qu’ils passent leurs soirées à chanter.
N’ayant plus de vêtements, ils sont tout nu. Tous sont sur un pied d’égalité
et partagent tout. Tout le monde fait preuve d’esprit de coopération et tout
le monde réussit à survivre. Finalement, après avoir passé 15 mois sur une
des plus belles îles du Pacifique Sud, les garçons sont sauvés.»
(Adapté d’un article de Alena Masiwini)

EXERCICES
Travail de groupe : «Naufragé sur une île imaginaire»
1. La classe se divise en groupes de 5 ou 6, avec des garçons et des
filles dans chacun. Chaque groupe doit imaginer qu’il a fait naufrage
et a passé un an sur une île du Pacifique Sud. Ensuite, procédez
comme suit :
a) Décidez quelles sont les caractéristiques de l’île - taille,
ressources naturelles, etc... Ensuite, dessinez une grande
carte murale ou une image représentant l’île.
b) Imaginez une série d’événements qui se seraient produits
durant cette année, en partant du naufrage pour aboutir au
sauvetage.
c) Discutez des règles de vie du groupe et établissez-les, à
savoir, règles de survie et règles visant à encourager l’esprit
de coopération, à éviter les conflits.
2. Ensuite, chaque groupe rend compte de ses trouvailles pour a), b) et
c) au reste de la classe.
3. Par le biais d’un vote, la classe peut déterminer :
a) quels groupes auraient eu les meilleures chances de survie ;
pourquoi ?
b) quels groupes ont exploité le plus sagement les ressources
naturelles ?
c) quels groupes ont établi le règlement le plus avisé ?

47
ANNEXE A EPREUVE DE CONTROLE DES
CONNAISSANCES
Durée : 40 mn.

************************************************************

Inscrivez vos réponses dans votre cahier d’exercices ou sur une feuille
volante.
1. Questions à choix multiples. (Donnez une seule réponse).
a) Parmi les façons de se conduire, citées ci-dessous, laquelle un
ni-Vanuatu serait-il susceptible d’apprendre de ses pairs ?
A. Dire «merci»
B. Fabriquer des objets artisanaux
C. Être ponctuel
D. Porter une coiffure «Rasta»
b) L’extrait ci-contre est
La défense
un exemple :
L’équipe qui n’est pas en possession du
A. de bonnes manières ballon empêche l’autre de marquer des
B. de règlements buts et essaie de récupérer la balle.
C. de normes de conduite L’opposition est autorisée avec le corps.
D. de règles non- C’est une faute que de barrer le chemin
écrites à un adversaire le retenir de la main, du
bras ou de la jambe.
c) Quelle affirmation ci-après
concernant «Summerhill»
est fausse ?
A. C’est un externat de
garçons
B. A.S. Neill en est le
fondateur
C. Le règlement est C’est une faute que de
conçu par tous les ceinture l’adversaire
membres de l’école avec 1 ou 2 bras.
D. Les élèves sont (Extrait d’un manuel de handball).
encouragés à la
créativité.
d) Dans un conseil de famille :
A. Le père doit être strict en matière de discipline
B. La mère et le père répondent toujours aux désirs des
enfants
C. Les décisions sont prises normalement à la majorité des
voix
D. Les réunions ont lieu le dimanche après le repas du soir.

48
e) Parmi les règles ci-dessous, laquelle n’est pas une règle de
conduite coutumière dans une société vanuatuane ?
A. La femme doit changer son nom de famille quand elle se
marie
B. Un homme ne doit pas appeler son beau-frère par son
nom
C. Les enfants doivent toujours suivre les conseils de leurs
aînés
D. Quand une personne meurt, tous les gens de son village
doivent assister au repas funéraire.
(5)
2. Donnez la définition des expressions suivantes et citez-en un exemple
concret :
a) Planning familial
b) Prix nuptial
c) Cérémonie funéraire
(6)
3. Certaines coutumes traditionnelles sont en voie de commercialisation.
a) Expliquez ce que cela signifie, en citant des exemples dans la
région du Pacifique.
b) Exposez les avantages et les inconvénients de la
commercialisation.
(6)
4. Vous avez été prié de concevoir trois nouvelles règles pour la cantine
de votre école. Rédigez-les comme elles devraient figurer sur un
tableau d’affichage.
(3)

( /20)

49
ANNEXE B GLOSSAIRE
(Note : Les définitions ci-après correspondent aux mots tels qu’ils sont
employés dans ce fascicule. Vous pourrez en trouver d’autres dans votre
dictionnaire)
aboli arrêté, supprimé
accès droit d’entrer
actif énergique, dynamique
affaires questions ou entreprises
ainés gens plus âgés que vous
apprivoiser habituer les animaux à vivre avec l’homme
assidûment avec soin et sérieux
attentivement avec beaucoup de concentration
attitude façon de penser, de se conduire
baigner (se) nager dans la mer ou dans une piscine
basculer tomber tête la première
bénédicité petite prière récitée avec un repas
borner (se) s’en tenir à des limites
cercueil boîte dans laquelle l’on dépose le corps d’un mort
avant de l’enterrer
cérémonie série d’actions ou de coutumes particulières qui
doivent être exécutées pour marquer un événement, tel
qu’un mariage ou un décès
cimetière endroit où l’on enterre les morts
code recueil ou liste de règles
coiffure «rasta» consiste à tresser des cheveux longs, crépus en une
multitude de petites nattes parfois ornementées de
perles de couleur
commercialisation faire quelque chose pour gagner de l’argent
concevoir (conçu) établir ou décider quelque chose (des règles, etc.)
concis précis et bref
condoléances expression de tristesse et de compassion adressée à
quelqu’un qui a subi un malheur
conjointement choses qui sont mises ensemble

50
conseil de famille groupe, comprenant les membres d’un noyau
familial, qui prend des décisions et établit des
règles pour toute la famille
conserver garder quelque chose pour l’avenir, sans y
changer quoi que ce soit
constament continuellement, sans cesse
couttelerie ensemble des couteaux, cuillers et fourchettes
utilisés durant repas
coutumes façons de se comporter propres à un groupe de
personnes ou une société ; en général non
écrites
créative savoir se servir de son imagination et de son
initiative
débandade disparaître en grande hâte et en désordre
déclin diminution
définitive pour toujours
délai temps nécessaire à la réalisation de quelque
chose
dépouille corps d’un mort
de rigueur qui doit absolument être fait
deuil douleur, affliction que l’on éprouve à la mort
de quelqu’un
différend dispute, querelle, différence d’opinion
directive ligne de conduite imposée par une autorité
discipliner imposer un ensemble de règles
docile qui obéit facilement
échelle progressive système de paiement avec des augmentations à
intervalles réguliers
éclat expression d’émotion, de colère soudaine
écoper vider un bateau qui prend l’eau avec un petit
récipient
élancer (s’) se jeter en avant
enchevêtrer (s’) s’emmêler, se mélanger avec autre chose
étranger d’un autre pays

51
exclusion chasser quelqu’un d’un endroit donné
exposer dire ce que l’on pense
extrait partie d’un livre ou d’un texte
facultatif qui n’est pas obligatoire
faire saillie déborder, dépasser
fiancailles cérémonie au cours de laquelle deux personnes
conviennent de se marier
fiancé futur homme marié
formation morale enseigner aux enfants le bien et le mal
franc ancienne monnaie utilisée au Vanuatu, à peu près
équivalente au vatu
gamali maison de réunion
grâce prière récitée après un repas
honneur bonne réputation
idéal parfait, le meilleur possible
immuable qui ne change pas, qui reste pareil
indemne sain et sauf, sans blessure
indépendant capable de s’occuper de soi-même
inférieur qui a une position moins importante, moins d’habileté,
d’intelligence
infraction faute, action contre la loi ou les règles
interdit qui n’est pas permis
jurer employer des gros mots
kava boisson fabriquée à partir des racines écrasées de la
plante appelée kava
liane plantes grimpantes dans une forêt tropicale
liberté pouvoir dire et faire comme on veut
loi coutumière règles traditionnelles d’un village ou d’une région
transmises d’un génération à l’autre
majorité plus de la moitié d’un groupe de personnes
manières façon de se conduire envers les autres, habitudes
enseignées verbalement au sein de la famille
manquer (à) ne pas respecter ses obligations, une règle, un contrat

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mariée nom donné à une femme le jour de ses noces
modestie quand une personne ne se vante pas, reste simple
nakamal voir «Gamali»
normes de façons de se conduire, de se comporter qui sont
conduites considérée comme bonnes, acceptables et se
transmettent en général de génération en génération,
sans être écrites
obéissant qui fait ce qu’on lui dit
objet artisanal article fait main : sculpté, peint, ou tissé
obligatoire qui doit être fait
pairs personnes de même âge ou de même rang dans une
communauté
participation apport d’argent, d’idées ou autre
philtre boisson qui a des effets particuliers
planning familial système qui consiste à limiter le nombre d’enfants
dans une famille
ponctuel qui arrive toujours à l’heure
précautions prendre des dispositions avant l’action pour éviter
toute conséquence fâcheuse
prévenant qui fait attention aux autres
prix nuptial paiement en espèces ou en nature versé par le fiancé à
la famille de la mariée
prospectus journal ou papier qui contient des renseignements
protester dire que l’on n’est pas d’accord avec quelque chose ou
quelqu’un
pûreté sans défaut, sans tâche
rancoeur ce que l’on ressent après une déception : amertume
réconciliation se remettre d’accord
règle loi ou coutume indiquant comment se conduire en des
circonstances données
règlement loi écrite qui dicte la conduite à tenir dans des
situations données
renoncer abandonner
reporter remettre à une autre fois
respect courtoisie, politesse

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sacristie pièce dans une église où se signent les documents et
qui sert de garde-robe au prêtre ou au pasteur
salon pièce d’une maison où les gens peuvent se réunir et se
détendre
salutaire qui fait du bien, qui aide
sauveteur personne qualifiée pour venir au secours de quelqu’un
qui se noie
se tenir au se tenir bien droit, comme un soldat
garde-à-vous
société groupe de personnes qui ont certaines coutumes ou
façons de faire communes
sorcier personne qui pratique la magie
soulager décharger, se débarrasser d’un fardeau
strict sévère, qui demande une obéissance totale
temporaire pour une période donnée ; à titre provisoire
tomber descendre, baisser, décroître
tradition croyance ou coutume qui se transmet d’une génération à
l’autre
vaisselle ensemble d’assiettes, de tasses et de bols
varier changer, devenir différent
violation fait de désobéir à la loi ou aux règles

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