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Evacuateurs de crues non rectilignes

2-1- Généralités
Les déversoirs non rectilignes sont caractérisés par une crête à axe discontinu en plan pour
que la longueur de la crête soit plus grande que la largeur du déversoir et occupe le même
espace latéral qu’un déversoir rectiligne. L’objectif est d’augmenter le débit par unité de largeur
du déversoir pour une charge de fonctionnement donnée. Le déversoir non rectiligne est la
structure idéale pour faire passer des fortes crues à des charges comparativement faibles, dans
des situations où la charge maximale est limitée.

Figure –2-1- Déversoir non rectiligne de forme trapézoïdale

Les déversoirs non rectilignes appelés souvent déversoirs en labyrinthe, peuvent être aussi
employés après rénovation de l’évacuateur de crues pour accroître la capacité de la retenue. Ils
permettent aux seuils déversant d’être surélevés pour le même niveau maximum de la retenue,
tout en conservant la même capacité d’évacuation des crues et ainsi augmenter d’une manière
significative la capacité de stockage de la retenue. Ce type de déversoir représente souvent une
alternative adéquate dans le cas ou la largeur est limitée par la topographie et/ou la crue de
projet est importante.
Généralement, le déversoir en labyrinthe est dimensionné pour fonctionné sous des faibles
charge se qui perme5Lt une réduction relative de la hauteur du barrage.

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2-2- Géométrie du déversoir en labyrinthe
Les variations infinies des formes en plan du déversoir en labyrinthe sont possibles, les
formes les plus répondues sont les formes symétriques trapézoïdales, triangulaires,
rectangulaires, curvilignes ou la combinaison de deux de ces formes. Cependant, la forme la
plus avantageuse correspond à la forme trapézoïdale symétrique à cause des facilités de
construction et de sa performance hydraulique [13].

Figure -2-2- Formes en plan de déversoirs labyrinthes (a) triangulaire, (b) trapézoïdale el (c)
rectangulaire.

La géométrie en plan du déversoir en labyrinthe est définie par la longueur de crête d’un
cycle L, la largeur d’un cycle W, la hauteur amont des parois P, la hauteur aval des parois D, le
nombre de cycles n et l’angle α formé par la paroi latérale et /la direction de l’écoulement. Pour
un développement donné de la longueur, l’angle α varie de zéro pour une forme rectangulaire en
plan à un maximum pour une forme triangulaire [16]. La longueur et la largeur par cycle sont
souvent combinées pour donnée l’accroissement de la longueur L/W. la géométrie verticale du
déversoir en labyrinthe est généralement exprimée par le rapport de l’aspect vertical W/P.

Généralement, le déversoir en labyrinthe est composé de plusieurs cycles de même


configuration géométrique répétée périodiquement. Evidemment ceci augmente vivement la
longueur de la crête.

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(a) Vue en plan

(b) Coupe longitudinale


Figure -2-3- Géométrie et configuration de l'écoulement sur le déversoir en labyrinthe

LÉGENDE

a = demi longueur la paroi frontale à l’écoulement


b = longueur de la paroi latérale
H = charge amont totale sur la crête
Ho = charge de conception
l = longueur développée d'un cycle de labyrinthe (l= 4a + 2b)
L = longueur développé totale de déversoir
L/W = rapport de l’accroissement de longueur
n =nombre de cycles de déversoir en plan
P = hauteur de déversoir (hauteur de la crête)
QL = débit qui transite sur le déversoir en labyrinthe
QN = débit qui transite sur le déversoir rectiligne
QL/QN = accroissement de débit (performance du déversoir en labyrinthe)
W = Largeur de déversoir rectiligne
w = largeur d'un cycle de déversoir en labyrinthe

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2-3- Mode de fonctionnement des déversoirs en labyrinthe
Le déversoir en labyrinthe est caractérisé par une forme en plan non rectiligne, il en résulte
ainsi un mode d’écoulement complexe [23], qui est considéré comme tridimensionnel.
L’analyse du comportement de l’écoulement sur un déversoir en labyrinthe a fait l’objet d’une
étude réalisée par H. Indlekofer et al. [18] qui ont montré que l’écoulement est plutôt compliqué
avec un écoulement tridimensionnel. Dans cette analyse, l’écoulement sur le déversoir est divisé
en deux zones, une zone proche du coin caractérisée par un écoulement tridimensionnel, suivit
d’une zone à écoulement bidimensionnel.

Figure –2-4- Ecoulement sur le déversoir en labyrinthe [18]

Crête du
déversoir

Zone à
écoulement
bidimensionnel

Zone à
écoulement
perturbé

Figure -2-5- Différentes zones d’écoulement sur le déversoir en labyrinthe [18]

LÉGENDE
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lc/2 = longueur d’une paroi latérale du déversoir
ld/2 = longueur de la zone de perturbation par rapport à une paroi latérale
lc = longueur totale du déversoir

La description de l’écoulement sur le déversoir en labyrinthe peut être expliquée en termes


de la charge locale dans les canaux amont, l’écoulement sur la crête et la profondeur d’eau dans
les canaux aval.
Le mode d’écoulement sur le déversoir en labyrinthe et dépendant de la charge sur la crête,
Hinchliff [15] défini l’écoulement par trois phases différentes. Chaque phase est caractérisée par
un mode d’écoulement qui est lié à la charge amont sur le déversoir. Au fur et à mesure que la
charge amont augmente l’écoulement sur le labyrinthe passe de la phase correspondant à une
dépression sous la nappe dans les canaux aval, à la phase aérée et enfin à la phase déprimée qui
est caractérisée par une nappe déversante solidaire et non aérée.
Une deuxième étude effectuée par Hinchliff [23] a montrée que l’écoulement sur le déversoir en
labyrinthe passe par quatre phases fondamentales d’écoulement.

- Un écoulement complètement aéré qui se produit à des faibles charges amont où la lame
déversante tombe librement sur toute la longueur de la crête du déversoir en labyrinthe. Dans
cette phase d’écoulement, l’épaisseur de la nappe et la profondeur d’eau à l’aval n’ont aucun
effet sur la capacité d’évacuation du déversoir, par conséquent, le labyrinthe se comporte
presque idéalement en le comparant à un déversoir rectiligne de même section transversale.

- Quand la charge amont augmente, la profondeur d’eau à l’aval augmente aussi, en particulier
entre la nappe déversante et la paroi du déversoir en labyrinthe.
A cause de la convergence des nappes latérales opposées et l’accroissement de la profondeur
d’eau dans les canaux aval du labyrinthe, l’aération sous la nappe dévient difficile, ce qui
provoque le début d’interférence de la nappe comme à été décrit par Hay et Taylor [13], il en
résulte une réduction du coefficient de débit. Le début de l’interférence de la nappe défini le
début de la phase partiellement aérée. Dans cette phase l’écoulement devient déprimé dans la
partie amont du déversoir en labyrinthe et une poche d’air stable se forme sous la nappe le long
de chaque paroi latérale.

- A des charges amont plus grandes, la profondeur d’eau dans les canaux aval devient plus
grande, se qui rend la nappe déversante déprimée à plusieurs endroit le long de la crête et la
poche d’air formée pendant la phase d’écoulement partiellement aérée se divise en petites
poches d’air qui se déplacent par intermittence de l’aval à l’amont le long des parois latérales,
causant ainsi une instabilité de la nappe, ceci correspond au début de la phase d’écoulement de

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transition.
La phase de l’écoulement de transition est caractérisée par une nappe déversante alternée entre
l’entraînement intermittent d’air et l’écoulement ferme.

L’observation de l’écoulement sur le déversoir en labyrinthe a montré qu’il est difficile de faire
la distinction entre les phases partiellement aérée et de transition [23], mais la phase de
transition peut être identifiée comme une discontinuité de la courbe du coefficient de débit
représenté graphiquement.

- Lorsque la lame d’eau sur le déversoir devient supérieure à la hauteur de pelle du déversoir, le
niveau d’eau dans les canaux aval du labyrinthe devient important se qui empêche la circulation
de l’air sous la nappe et l’écoulement sur la crête du labyrinthe forme une nappe ferme non
aérée. L’écoulement aboutit finalement à la submersion complète du déversoir en labyrinthe
limitant ainsi son efficacité. Cette phase correspond à l’écoulement déprimé.

Logiquement, le débit qui transite sur un déversoir de forme labyrinthe doit augmenter
proportionnellement avec l’accroissement de la longueur de la crête, cependant, ceci n’est
confirmé que pour les déversoirs en labyrinthe à faible charge de conception à cause de la
performance qui diminue au fur et à mesure que la charge augmente. De plus, cette perte de
rendement est plus grande est se manifeste rapidement avec des accroissements de longueur
plus grands [15].

Les observations visuelles des profils de surface d’eau effectués par Kathleen et al. [16] ont
montrés une baisse significative de la surface du plan d’eau entre les cycles du labyrinthe
immédiatement en amont de la crête du déversoir. Ceci est attribué à plusieurs facteurs y
compris la contraction à l’entrée des canaux amont du labyrinthe, et l’interférence de la nappe.

Profil de surface
amont

Profil de surface aval

Figure -2- 6-
Profils des surfaces dans les canaux amont et aval d’un déversoir en labyrinthe [13]

Zerrouk et al. [36] décrivent l’écoulement sur un déversoir en labyrinthe de la manière


suivante :

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En premier l’eau s’écoule sur les parois frontales amont, ce qui à pour effet de diminuer la
charge sur les parois latérales où l’écoulement est identique à celui d’un déversoir latéral. En
suite, l’eau se déverse par-dessus les parois frontales aval du déversoir. Lorsque la charge sur le
seuil augmente, l’écoulement passe par quatre phases différentes, totalement aérée,
partiellement aérée, de transition et la phase non aérée. Ces différentes phases d’écoulement ont
été confirmées par plusieurs chercheurs A. Afshar [1], D. Yildiz et al.[35].

2-4- Performance du déversoir en labyrinthe


La performance exprime le rendement du déversoir en labyrinthe par rapport au déversoir
rectiligne, elle est désignée par le rapport des débits des deux déversoirs. Elle peut le mieux être
présentée en termes du déversoir linéaire défini comme le déversoir rectiligne occupant la
même largeur du canal que le déversoir en labyrinthe. Cela peut être fait de deux manières :
(1) par la comparaison directe du débit de déversoir en labyrinthe QL, avec le débit de déversoir
rectiligne correspondant QN.
(2) en traçant l'efficacité du déversoir en labyrinthe par rapport à H/P, E = (QL/QN)/(L/W x 100
%).
L'efficacité mesure l'avantage d'augmentation de la longueur de la crête, elle est utile quand les
déversoirs de différents accroissements de longueur doivent être comparés et évalué l'un à
l'autre.

La première analyse de la performance hydraulique d'un déversoir en labyrinthe est


attribuée à Hay et Taylor [13]. Cette analyse [13] qui est considéré comme une base de
conception du déversoir en labyrinthe présente une méthode d'évaluation de la valeur théorique
de coefficient du débit, et fourni à la fois le critère et la procédure pour déterminer le débit sur
un déversoir en labyrinthe [6][24] [16].
Le rendement d'un déversoir en labyrinthe pour une géométrie donnée en plan peut être exprimé
par QL/QN.
ou : QL représente le débit qui transite sur un déversoir en labyrinthe de longueur L, sous une
charge H et QN, le débit sur un déversoir rectiligne de longueur W avec la même charge H.
Il a été remarqué par Hay et Taylor [13] que le rendement QL/QN approche la grandeur de
l’accroissement de la longueur L/W lorsque la charge H s’approche de zéro, pour des déversoir
en labyrinthe avec une largeur de cycle supérieure à 2,5P. Réciproquement, l'efficacité diminue
quand la charge de fonctionnement augmente (avec des diminutions rapides pour les grandes
valeurs d’accroissement de la longueur). Ceci montre que ce type de déversoir fonctionne
efficacement à des faibles charges.
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Etant donnée que l'objectif du déversoir en labyrinthe est d'augmenter le débit au delà de celui
du déversoir rectiligne, le rapport QL/QN, doit être le critère logique pour la performance.

Pour les déversoirs en labyrinthe des barrages existants, il a été constaté que la
performance égalise l'accroissement de la longueur de la crête seulement quand le déversoir
fonctionne sous de très faibles charges de fonctionnement ou bien à un faible accroissement de
la longueur. Autrement dit, la capacité est limitée à une faible valeur. Cependant, le
fonctionnement proche des conditions idéales ne réalise pas le plein potentiel du déversoir en
labyrinthe. Dans le cas général sans restriction, la performance sera moins que l'idéal et sera
une fonction des paramètres géométriques et des conditions d'écoulement.

La géométrie du déversoir en labyrinthe est définie par l’accroissement de la longueur


L/W, l’angle α formé entre les parois latérales et la direction de l’écoulement, le nombre de
cycles n qui compose le déversoir et la géométrie verticale du déversoir qui est définie par le
rapport W/P. La largeur d'un cycle rapportée à la hauteur de crête, est mentionnée comme le
rapport d'aspect vertical. Ainsi, la performance du déversoir QL/QN sera une fonction des
paramètres sans dimensions suivants : H/P, W/P, L/W, α et n. Ces paramètres dérivent
directement de la géométrie du déversoir et de la charge d'exploitation, ils sont donc d'une
importance principale.
La performance peut être aussi affectée par des paramètres d'importance secondaire résultant
des détails de construction, comme la forme du profil de la crête et la forme d’entrée, ou des
conditions de fonctionnement qui peuvent s'étendre de l'écoulement libre aéré à l’écoulement
complètement noyée.
Plusieurs facteurs de l'écoulement peuvent avoir un comportement important sur la
performance. Les plus important sont l'interaction entre l’amont et l’aval et l'interférence de la
nappe.
L'interaction arrive quand le niveau d'eau le long du canal aval dépasse le niveau de la crête.
Alors, le déversoir en labyrinthe fonctionnera dans des conditions noyées avec une réduction de
la performance.

L'interférence de la nappe se manifeste dans les endroits où deux lames déversante se


rapprochent l’une de l’autre. Les nappes des deux côtés latéraux se rencontrent et la
performance sera moins que celle de l'écoulement libre. En règle générale, l'interférence de la
nappe se produit si l'écartement entre deux parois latérales est moins de deux fois la charge de
fonctionnement.

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Pour vérifier l’influence des paramètres géométriques et les conditions d’écoulement sur la
performance, Hay et Taylor [13] ont mené une investigation expérimentale réalisée dans un
canal de longueur (4.88m), de largeur (0.91m) et de profondeur (0.366m). Une crête mince a été
employée, à l’exception d’une série d'essai sur une crête demi-circulaire.
L'étude a été limitée aux déversoirs symétriques ayant des formes rectangulaires, trapézoïdales
et triangulaires en plan (voir figure-2-7).

Figure-2-7- Géométrie des profils des principaux modèles testés par Hay et Taylor [13]
2-4-1- Rapport de la charge à la hauteur de crête, h/P

Généralement la performance de déversoir en labyrinthe est exprimée en fonction du


rapport adimensionnel h/P, les résultats d’essai expérimentaux effectués par Hay et Taylor [13]
ont montrés que pour les petites valeurs de h/P, le débit qui transite sur le déversoir est faible et
la vitesse de l'écoulement est négligeable. Les changements de profondeur en raison des
contractions et des élargissements des canaux sont aussi faibles et négligeables et la charge
d'exploitation est la même en chaque point le long de la crête, étant sensiblement égale à la
charge dans le canal d'approche.
Dans telles conditions, le débit par unité de longueur de la crête est le même le long du seuil de
déversoir et peut être calculé par la formule de déversoir standard en employant la charge dans

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le canal d'approche. Ainsi, pour les petites valeurs de h/P la performance du déversoir en
labyrinthe tend vers l'idéal.

Figure-2-8- Courbes de performance, essais généraux selon [13]

L’accroissement de h/P conduit à une augmentation du débit et de la vitesse d’écoulement, dans


ces conditions le profil de surface prend une forme semblable à celle montrée dans la figure-2-
6-. Par conséquent, une grande proportion de la crête fonctionne sous une charge moins que
celle dans le canal d'approche avec une chute correspondante de la performance.
La figure-2-8 montre clairement que pour les petites valeurs de h/P, les déversoirs en
labyrinthe se comportent presque idéalement, l'accroissement de débit s'approche de
l'accroissement de la longueur de la crête du déversoir et l'efficacité a tendance à être 100 %
quand h/P s'approche de zéro. L'accroissement de débit et l'efficacité des déversoirs baisse avec
l'augmentation de h/P.

2-4-2- Accroissement de la longueur, L/W


L’augmentation de l’accroissement de la longueur d’un déversoir en labyrinthe augmente
probablement l’accroissement de débit, néanmoins il aboutit à une efficacité inférieure, en
outre, le petit gain dans la performance obtenue quand L/W > 8 est peu probable qu’il justifie en

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pratique les dépenses structurelles supplémentaires impliquées. Cependant, l’évaluation des
déversoirs dont d’accroissement de la longueur L/W= 2 a montrée que ces derniers ce sont
comportés presque idéalement sur la gamme complète de h/P.

Figure -2-9- Courbes de la performance en fonction des paramètres géométriques adimensionnels


selon [13]
Logiquement, l’augmentation du rapport L/W augmenterait proportionnellement le débit du
déversoir, mais les grandes vitesses impliquées conduisent à de plus grandes baisses de la
charge après la contraction à l’entrée des canaux amont. Le gain dans la performance résultant
de l’augmentation de la longueur de crête est donc compensé par la réduction de la charge
d’exploitation sur des diverses sections de la crête. Cet effet est montré plus clairement par les
courbes de performance pour les modèles 26 (L/W = 6) et 32 (L/W= 8) dans la figure-2-9.

2-4-3- Rapport d’aspect verticale, W/P


Les résultats d’essais des modèles montrés dans la figure-2-9 obtenus par Hay et Taylor
[13] indique que la performance de déversoir en labyrinthe est indépendante du paramètre W
(en comparant la performance des modèles 28 avec 31, 26 avec 30 et 19 avec 24). Cependant,
les résultats expérimentaux obtenus par d’autres chercheurs montrent que W/P devient un
paramètre fortement significatif quand il a des faibles valeurs [15], [1].

Pour une condition de fonctionnement donnée, définie par h/P, la variation de W/P varie
réellement la taille des cycles de déversoir en plan par rapport à la charge d’exploitation, c’est-

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à-dire, lorsque W/P diminue, la taille de cycle devient petite par rapport à la charge ; la forme
en plan modifiée étant alors composée d’un plus grand nombre de cycles semblables mais plus
petits (voir la figure-2-10). Dans la limite lorsque W/P tend vers zéro, la forme en plan devient
une ondulation infime en comparaison avec la charge, la performance du déversoir s’approche
alors de celle d’un déversoir rectiligne.

Figure-2-10- Diagramme illustrant la relation entre le rapport W/P et l’interférence de la nappe


selon [13]

La perte de la performance des déversoirs en labyrinthe avec des petits rapports d’aspect
vertical résulte de l’intersection et l’interaction entre les lames déversées sur les parois latérales
faisant face aux canaux aval. Les parois latérales des déversoirs en labyrinthe de forme
triangulaire en plan sont très rapprochées l’une de l’autre dans la partie amont, donc, ces
conceptions sont plus prédisposées aux effets de l’interférence de la nappe que les déversoirs
trapézoïdaux. En effet, les essais ont confirmé ce point de vue et la valeur minimale de W/P au-
dessus de laquelle les effets d’interférence de la nappe deviennent négligeables.
Ainsi, les déversoirs de forme triangulaires en plan sont plus performants que les trapézoïdaux
seulement quand le rapport d’aspect vertical W/P est au-dessus de cette valeur minimale.

2-4-4- Forme de la crête du déversoir


Le passage de l’eau sur le seuil d’un déversoir est affecté par la forme de la crête. Cette
section constitue la transition de l’écoulement fluvial en amont à l’écoulement torrentiel en
aval du déversoir. Pour déterminer l’influence de la forme de la crête sur l’écoulement Hay et
12
Taylor [13], ont procédés à l’expérimentation de deux modèles ayant une forme de crête
arrondie.
En outre, un déversoir rectiligne avec la même section de crête arrondie a été testé pour
déterminer son débit QN. Les résultats de ces essais ont montrés que le coefficient de débit de
la forme arrondie est de 20 % plus grand que celui de la crête mince.

Figure-2-11- Effet de la section de la crête sur la performance selon [13]

La représentation graphique de la performance des déversoirs en labyrinthe à crête arrondie


et à crête mince (figure-2-11) montre aisément que les courbes de la performance pour les
déversoirs à crête mince ne sont pas applicables à d'autres formes de crête ayant des coefficients
de débit différents.
Il doit être noté que, bien que pour une valeur donnée de h/P la performance du déversoir à crête
arrondie est plus petite que celle d'un déversoir correspondant à crête mince, cela ne signifie pas
que le débit réel de déversoir est aussi plus petit. En fait, la méthode adoptée de la présentation
de la performance est de comparer le débit du déversoir en labyrinthe à crête arrondie QL avec
QN, qui correspond au débit sur un déversoir rectiligne de même crête arrondie. Notons que le
débit QN pour une crête arrondie est plus grand que celui d’une crête mince. A cet effet, les
faibles valeurs de la performance de la crête arrondie sont attribuées à ce plus grand débit QN.

13
Comme une suite au travail de Hay et Taylor (1970), le laboratoire (UWRL) [33] a fait des
recherches pour étudier l’influence de la forme de la crête sur l’écoulement des déversoirs en
labyrinthe (Amanian 1987; Le Baasiri et al., Rapport inédit, 1992; et Waldron 1994). Ces études
ont concernées des déversoirs avec des formes de crête plate, en quart de cercle et en demi
cercle, testées sur une gamme de H/P qui varie de 0.05 à 1.0 (Figure-2-12).

Figure-2-12- Différentes forme de crêtes expérimentées par l’UWRL [33]

Les résultats obtenus ont montré que les déversoirs à crête mince et à crête plate ne sont pas
généralement préférables parce que leurs coefficients de débit sont moins que ceux des
déversoirs à crête arrondie. La forme la plus efficace et pratique paraît être le quart de
cercle (Amanian 1987).
Bien que la crête en quart de cercle ait un plus faible coefficient de débit à des faibles charges
(H/P <0.5) en comparaison avec la crête en demi-cercle, elle a un grand coefficient de débit à
des grandes charges.

2-4-5- Nombre de cycles en plan, n


Des modèles de déversoirs en labyrinthe identiques qui ne diffèrent que par le nombre de
cycles ont été évalué par Hay et Taylor [13] et aucun changement significatif de la performance
n’a été détecté en comparant le modèle 32 avec 33 et le modèle 28 avec 29 dans la figure-2-9. Il
a été conclu que la performance de déversoir en labyrinthe est indépendante du nombre de
cycle.

2-4-6- Profondeur d’écoulement à l’aval hd/P


Le contexte noyade est défini comme étant la condition d'exploitation quand la profondeur
d'écoulement en aval du déversoir dépasse la hauteur de la crête. Le degré de noyade est
déterminé par le paramètre hd/P, dans lequel hd est la profondeur d’eau aval.
Les courbes de performance représentées dans la figure (2-13) montrent que la performance du
déversoir en labyrinthe n’est pas affectée par la profondeur aval tant que celle-ci n'excède pas
la hauteur de la crête.

14
Pour la majorité des modèles testés par Hay et Taylor [13], les courbes de la performance
d'écoulement noyé et normal tendent vers la même ligne comme une première approximation,
donc, l'accroissement de débit d'un déversoir fonctionnant dans des conditions noyées, comme
défini précédemment, peut y être supposé égal à celui obtenu dans des conditions aérées pour la
même valeur de h/P.

Figure-2-13- Effet de la noyade sur la performance selon [h]


En se basant sur les résultats de Hay et Taylor, Houston et al. [16] ont procédé à une étude
expérimentale pour le dimensionnement de l’évacuateur de crues en labyrinthe du barrage Ute,
cette étude a montré une divergence entre les résultats obtenus [16] et les résultats de Hay et
Taylor [13]. Les différences était remarquables, en particulier pour les grandes valeurs de H/P.
la contradiction entre les résultats des deux études parait être dans la différence de la définition
de la charge amont. A cet effet, Les auteurs [16] ont procédés à une révision des courbes
obtenues par Hay et Taylor de ce fait, les auteurs [16] insistent sur l’utilisation des courbes
révisées qui sont développées en utilisant la charge totale amont qui correspond à la charge
piézométrique ajoutée à la charge cinétique. (Figure-2-14).

15
Figure -2-14- Courbes de conception de Houston

Ceci limite l’application des résultats obtenus par Hay et Taylor aux déversoirs en labyrinthe de
mêmes conditions d’approches, c'est-à-dire pour des écoulements à faibles vitesses d’approche.
Cette condition limite inutilement les applications des résultats aux déversoirs en labyrinthe.
Pour remédier à ce problème, une transformation des résultats de Hay et Taylor [13] a été
élaborée par Hinchliff et al. [15], en tenant compte de la charge totale. Cette transformation a
donnée comme résultat un important accord avec les résultats obtenus par Houston et al. [16].

Le mode de fonctionnement de déversoirs en labyrinthe a été expliqué et la performance


entièrement documentée sur la gamme de paramètres probables qui se produit en pratique.
Une méthode pour la conception hydraulique de déversoirs en labyrinthe a été développée et
présentée comme une procédure simple employant des diagrammes de conception. La méthode
rapporte les dimensions durables de la structure et prévoit sa performance exactement sur la
gamme entière de fonctionnement.

2-5- Analyse dimensionnelle de l’écoulement sur un déversoir en labyrinthe


L’analyse de l’écoulement sur le déversoir en labyrinthe est considérée comme complexe à
cause du type d’écoulement et le nombre important des paramètres géométriques qui régissent
l’écoulement sur ce type de déversoir. Néanmoins, plusieurs auteurs ont tentés de faire une
analyse de l’écoulement sur ce type de déversoir et de proposer une méthode de calcul de débit
basée sur l’expérimentation. Les approches les plus répondues dans ce sens son celles
d’Indlekofer et al. [18], et d’Hinchliff et al. [15].

16
2-5-1- Approche de F. Lux et Hinchliff [23]
Etant donné que l’écoulement sur le déversoir en labyrinthe est tridimensionnel et ne se
prête pas aisément à une description mathématique, la solution la plus directe pour exprimer
mathématiquement la fonction du débit, implique une combinaison d'analyse dimensionnelle et
expérimentale. Pour simplifier cette analyse, l'échelle des modèles et les vitesses ont été
supposées pour être d’une grandeur suffisante et la viscosité et les effets de la tension
superficielle pourraient être négligés. Avec cette supposition, le seul paramètre important du
fluide qui reste est l'accélération de la pesanteur g.
La géométrie et les paramètres de l'écoulement d’un cycle du déversoir en labyrinthe sont
montrés dans la figure (2-15). L'équation L = 4A + 2B exprime la longueur de la crête L, la
demi-longueur de la paroi frontale A, et la longueur de la paroi latérale B. Les paramètres qui
restent à définir sont le nombre de cycles n, le débit par cycle Q, et le rayon de courbure de la
crête du déversoir R. En utilisant ces paramètres, les auteurs [23] considèrent que le débit par
cycle est défini par la fonction :

Q = f (L, A, W, P, D, T, R, Ho, Hd, g)…………………………...(2.1)

Il est à remarquer que cette équation ne contient pas la longueur de la paroi B, l'angle formé
par la paroi latérale et la direction principale de l’écoulement , la charge piézométrique H, et la
charge cinétique Hv, puisque ces paramètres ne sont pas indépendants.

Figure-15- Définition des paramètres du déversoir en labyrinthe

17
LÉGENDE
 = Angle formé par la paroi latérale et la direction principale de l’écoulement
W =Largeur d’un cycle
L = Longueur de la crête d’un cycle
A = Demi-longueur de la paroi frontale
B = Longueur de la paroi latérale
P = Hauteur amont du déversoir
D = Hauteur aval du déversoir
T = Epaisseur de la paroi
Ho = Hauteur totale de chute
H = Hauteur piézométrique en amont
Hv = Vitesse d'approche en amont
Hd = Hauteur Piézométrique en aval

Les formes en plan du labyrinthe peuvent être définies en utilisant seulement la longueur de la
crête L, la largeur du cycle W, et la demi-longueur de la paroi frontale A. Donc, la longueur de
la paroi latérale B, et l'angle , sont surabondant et ont été éliminé de l'équation (2.1).
La charge totale, Ho, peut être considérée comme l'énergie spécifique dans le canal d'approche.
En connaissant le débit par cycle Q, la largeur du cycle W, et la hauteur amont de la paroi
P, la charge spécifique représentée par Ho devient une fonction seulement de la charge
piézométrique amont H. En outre, en supposant que l'écoulement dans le canal amont est
subcritique, une solution unique peut être trouvée pour H et Hv, donnant la charge totale Ho, et
les paramètres définis précédemment.
A cause de cette relation, l'équation (2.1) ne contient pas la charge piézométrique amont H, et la
charge cinétique Hv.

Pour former les rapports adimensionnels, deux variables indépendantes ont été
sélectionnées lesquels contiennent les dimensions de longueur et/ou du temps. Les paramètres
utilisés étaient l'accélération de la pesanteur, g, et la charge totale, Ho. En utilisant des
techniques d'analyse dimensionnelle [11], l'équation (2.1), peut être exprimé
adimensionnelement par :

Q  L A W D T R Ho H d 
 f , , , , , , , ……………………..............
WHo gHo W W P P P P P P 
(2.2)

Le rapport dépendant dans l'équation (2.2) peut être reconnu comme une forme du coefficient
du débit. Donc, l'équation (2.2) peut être réécrit pour résoudre le débit comme suit :
18
Q  CWHo gHo ……………………………………………………….....(2.3)

ou

 L A W D T R Ho H d 
C f , , , , , , , …………………….....…………......
W W P P P P P P 

(2.4)

L'équation (2.3) est une forme de l'équation générale du déversoir, cette équation utilise la
largeur du cycle, W, comme la longueur caractéristique pour le déversoir en labyrinthe. La
longueur de la crête par cycle, L, aurait pu être utilisé, cependant, la largeur du cycle W, est plus
convenable pour des buts de conception depuis la largeur totale du déversoir Wt, qui est
généralement connue. Dans l'équation (2.4), tous les rapports adimensionnels excepté les deux
derniers sont constants pour un déversoir en labyrinthe donné. Les deux derniers rapports
décrivent les limites amont et aval de l'écoulement.
A cause du grand nombre de rapports adimensionnels, des essais sur modèles réduits de
déversoir en labyrinthe ont été nécessaires pour déterminer l'influence de chaque rapport sur le
coefficient de débit. En utilisant les résultats d’essais de plusieurs configurations de labyrinthe
dans des canaux rectangulaires et horizontaux, l'influence des rapports adimensionnels sur le
coefficient de débit a pu être déterminée par Lux et Hinchliff [23].
Les études expérimentales les plus étendues qui ont été réalisées en 1968 par G. Taylor, ont
été exploitées par Lux et Hinchliff [23] pour déterminer la relation qui exprime le coefficient de
débit en fonction des rapport adimensionnels.

Les études sur des déversoirs en labyrinthe réalisées par Taylor et l'USBR [13] ont été
limitées aux labyrinthes symétriques qui ont la forme en plan trapézoïdal ou triangulaire, la
forme de la crête mince (R=0) et la même hauteur amont et aval du déversoir (D=P). Pour
simplifier la réalisation des modèles de déversoir en labyrinthe, tous les modèles ont été
construits avec une épaisseur constante de la paroi (T=12.7 mm). Bien que le rapport T/P, varie
entre les modèles de déversoirs en labyrinthe expérimentés, la variation était faible et n'a pas
d'effet considérable sur les résultats. En outre, deux valeurs du rapport A/W, ont été utilisées, la
première égale zéro, pour la forme triangulaire et la deuxième valeur égale à 0.0765 pour la
forme trapézoïdale en plan. La valeur de A/W égal à 0.0765 correspond à 75 pour cent de
l'angle maximum de la paroi latérale , comme défini par Taylor [13].
En imposant ces contraintes à l'équation (2.4), la fonction du coefficient de débit est réduite à

19
 L W Ho H d 
C f , , ,  ……………………………………………….......(2.5)
W P P P 

Les résultats des essais obtenus par Hay et Taylor [13] n'ont pas concordé avec ceux de
l'USBR [16], puisque Hay et Taylor [13] a considéré la charge piézométrique H, comme charge
sur le déversoir, plutôt que la charge totale Ho. Donc ses résultats pourraient être appliqués
seulement aux déversoirs en labyrinthe avec les mêmes conditions d'approche que ceux utilisé
dans ses essais. Cette condition limite les applications du labyrinthe inutilement. Pour que
l’application des résultats obtenus soit généralisée, une transformation des résultats obtenus par
de Hay et Taylor [13] à la charge du total Ho a été effectuée. Cette transformation a permis
d’aboutir à des résultats semblables à ceux obtenus par l'USBR.
En utilisant les résultats des essais effectués sur plusieurs modèles de déversoirs en
labyrinthe avec des rapports de l'accroissement de la longueur L/W, qui varient de 2 à 8 et des
rapports de l'aspect vertical W/P, qui varient de 2 à 5, Hinchliff [23] a représenté graphiquement
le coefficient de débit qui a été déterminé par l'équation (2.3). Cette représentation graphique a
été effectuée après avoir déterminé pour chaque configuration de modèle, la charge totale Ho, et
le rapport Ho/P, qui ont été calculé pour plusieurs débits.
En se basant sur les comparaisons entre ces graphiques, il a été constaté que l'orientation et
le nombre de cycles n, n'ont aucun effet sur le coefficient du débit. Ces graphiques ont aussi
montrés que pour les déversoirs en labyrinthe ayant le même rapport d'accroissement de la
longueur L/W, l’écart constant entre les courbes du coefficient de débit est dû à la variation du
rapport de l'aspect verticale W/P (Figure-2-16).
En utilisant l’analyse des moindres carrés, la variation entre le rapport de l'aspect vertical et
le coefficient du débit a été évaluée. Cette corrélation a redéfini le coefficient de débit dans
l'équation (2.3) tel que :

 W/P 
Q  Cw  WHo gHo , W/P2…………………………...........
W / P  k 
(2.6)

20
Le paramètre, k qui est une constante obtenue de l'analyse des moindres carrés, elle est égale à
0.18 et 0.10 pour les formes en plan respectivement triangulaire et trapézoïdale (A/W = 0.0765).
Le coefficient de débit Cw, utilise l'indice (w), puisqu'il est basé sur la largeur du cycle W, et les
corrélations du rapport de l'aspect verticales.

Figure-2-16- Coefficients de débit pour des déversoirs en labyrinthe à seuil mince [23]

21
La figure-2-16 montre les courbes définitives qui définissent le coefficient de débit pour les
déversoirs en labyrinthe à crête mince. Le débit total du labyrinthe Qt peut être calculé en
multipliant Q par le nombre de cycles n ou bien en utilisant la largeur totale du déversoir Wt
dans les équations (2.3) et (2.6) au lieu de la largeur du cycle W.
La figure-2-16 montre que le coefficient du débit Cw diminue rapidement dans la zone aérée
avec l’augmentation de la valeur de Ho/P. Ceci est le résultat de l'interférence de la nappe qui
commence des sommets amont et progresse vers les sommets l'aval au fur et à mesure que le
rapport Ho/P augmente. L'interférence de la nappe est une fonction de A/W et T/P, elle est plus
exprimée pour la forme triangulaire en plan avec une paroi épaisse.
(C) Nappe aérée
(D) Intermédiaires
(E) Sans nappe aérée
L'interférence de la nappe pourrait être aussi la raison pour laquelle la constante k est plus
grande pour la forme en plan triangulaire que celle trapézoïdale. La courbe du coefficient du
débit est plus plate dans la zone déprimée et le labyrinthe se comporte à peu prés comme un
déversoir à crête large. La discontinuité dans la région de transition résulte de la nappe qui perd
son aération et devient déprimée. La figure-2-16 montre aussi que la performance du labyrinthe
diminue avec l'accroissement du rapport L/W. Pour une valeur particulière de Ho/P, la
différence entre chaque baisse de la courbe du coefficient du débit correspond à une
augmentation du rapport de l'accroissement de la longueur L/W.

Figure -2-17- Courbes du coefficient de débit des déversoirs en labyrinthe à crête arrondie [23]
22
Ces études sur canal utilisent une forme à crête mince puisque c'est la plus facile à construire.
Cependant, les déversoirs en labyrinthe des prototypes demande l'utilisation d’une autre forme
de crête à cause des considérations de construction. Les essais sur des déversoirs rectilignes
réalisés par l'USBR [16] ont montré que la forme de la crête arrondie en amont est la plus
efficace que la crête mince. Pour les déversoirs en labyrinthe existants, le rayon de courbure
varie de la moitié de l'épaisseur de la paroi T à l'épaisseur de la paroi elle-même. En se basant
sur des études réalisées sur des modèles de déversoirs en labyrinthes qui ont des formes de crête
en quart de cercle, la différence entre les coefficients de débit pour les déversoirs en labyrinthe à
crête mince et à crête en quart de cercle a été déterminée par Darvas [6] et Hay et Taylor [13].
Cette différence a été appliquée aux résultats obtenus sur des déversoirs en labyrinthe à crête
mince pour développer des courbes de la conception pour les déversoirs en labyrinthe à crêtes
arrondies de forme triangulaire et trapézoïdale en plan (figure-2-17). En se basant sur l'équation
(2.6) et la figure (17), les présentations préliminaires d'un déversoir en labyrinthe et la courbe
d'évaluation du débit pour la conception peuvent être développées.

2-5-2- Approche d’Indlekofer et Rouvé [18]


L’analyse de l’écoulement sur le déversoir en labyrinthe réalisée par Indlekofer et Rouvé
[18] a eu pour objectif de déterminer une relation mathématique simple qui exprime le débit qui
transite par un déversoir en labyrinthe. Cette analyse a été basée sur des essais effectués sur des
déversoirs de forme triangulaire en plan.

Figure -2-18- Déversoir de forme triangulaire en plan [18]


Chaque déversoir est composé de deux parois verticales dont l’intersection forme un angle α
inférieur à 180°. Les auteurs [18] ont appelés se type de déversoir, déversoir à coin.

L’analyse de l’écoulement au niveau du déversoir à coin étant compliquée par un


écoulement tridimensionnel, une théorie simplifiée concernant le débit au dessus du déversoir à

23
coin a été développée par Indlekofer et Rouvé [18]. Cette théorie décrit l’écoulement sur le
déversoir à coin en deux types d’écoulement :

-un écoulement tridimensionnel perturbé localisé prés du coin,


-et un écoulement bidimensionnel à l’aval de la zone de l’écoulement perturbé.
La longueur de la crête affectée par l’écoulement perturbé sur un coté du déversoir est désignée
par ld/2 et la longueur d’un coté du déversoir est désignée par lc/2, donc la longueur totale de la
crête correspond à lc. (Figure-2-19)
0≤ld≤lc

Figure -2-19- Schéma descriptif des différentes zones d’écoulement sur le déversoir à coin [18]
Dans la zone d'écoulement perturbé, le coefficient de débit désigné par (l) peut être
différent du coefficient de débit de l’écoulement bidimensionnel n. Le rapport entre ces deux
coefficients de débit désigne le facteur de perturbation local C(l).
 (l )
C(l)= n ………………………………………………………………(2.7)

Les valeurs du facteur de perturbation dans la zone perturbée sont toujours inférieures à l’unité
(C(l) < 1), puisque le coefficient de débit de l’écoulement bidimensionnel est toujours supérieur
à celui de l’écoulement perturbé.
A cause de la continuité de l'écoulement entre la zone d’écoulement perturbé et la zone
d’écoulement bidimensionnel, au point de transition, ld/2, la condition suivante doit être
remplie.

24
ld
C( ) = 1………………………………………………………………..............(2.8)
2
Pour les valeurs de l  ld/2 ; C(l) =1.
Les essais sur modèles réduits de déversoirs à crête vive avec nappe totalement aérée ont
 (l )
montré que le rapport n
est une constante pour chaque angle  du coin et pour chaque
hauteur du déversoir Wc. Cette constante a été désignée par Cm appelée facteur principal de
perturbation.

C
m

Figure -20-Facteur principal de perturbation en fonction de l’angle et la hauteur du déversoir [18]

En se basant sur la formule universelle de Poleni qui exprime le débit pour un écoulement
bidimensionnel et le facteur de perturbation, le débit Qc évacué par le déversoir à coin sera égal
à la somme des débits qui transitent par la zone perturbée et la zone à écoulement
bidimensionnel.
2 2
Qc  Cm. n .l d . 2 g .hcn
3/ 2
  n (l c  l d ) 2 g .hcn
3/ 2
…………………...(2.9)
3 3
Avec :
Q : débit en (m3/s) ;
25
b : largeur du déversoir en (m) ;
h : charge sur le déversoir (m).
Cm : Facteur principal de perturbation déterminé expérimentalement.
Cette dernière relation peut s’écrire :
2
Qc = n 2g hc,n3/2[lc - (1- Cm)ld]………………………………… (2.10)
3
L'équation (2.10) obtenue par Indlekofer [18] réduit l'écoulement tridimensionnel compliqué
prés du coin aux conditions simples bidimensionnelles.
Avec une charge croissante hc,n, la longueur de la zone perturbée croit symétriquement de l'angle
jusqu'aux extrémités aval du déversoir, ceci correspond à une charge limite h*c,n, et une longueur
de perturbation ld = lc. La relation (2.10) devient :
2
Qc   n .C m .l c . 2 g hc*, n ……………………………………………….(2.11)
3
Dans ce cas le coefficient de perturbation principal est :
3Qc
Cm = ………………………………………………..….................(2.12)
2 μ n l c 2 g .hc*,3n/ 2

En utilisant la longueur ld de la zone de l'écoulement perturbée, et la dépendance de


l'intensité de la perturbation, de l'équation (2.10) on peut obtenir :

3Q c 1
ld = ( lc - ) ………………………………………...................(2.13)
2 μn 2 g .hc3,n/ 2 1 _ C m
Il est à remarquer que l'expression entre parenthèse ne dépend pas du coefficient de perturbation
principale Cm ; sa dimension est celle d'une longueur et par conséquent on l'appelle longueur de


perturbation l d .
_ 3Q c
ld = lc ………………………………………………..................(2.14)
2 μ n 2 g .hc3,n/ 2
_ 1
donc : ld = ld ……………………………………………………….…(2.15)
1 Cm

Les variables indépendantes de l'équation (2.14) sont lc, Qc, n et hc,n peuvent être déterminées
expérimentalement. A cet effet, plusieurs essais expérimentaux ont été mené par Indlekofer et
Rouvé [18] sur modèles de déversoirs de forme triangulaire en plan avec des angles α= 46.81°,
62.08°, 89.64° et 123.45°, l’épaisseur de la crête était de 2mm avec des conditions de pression
atmosphérique sous la nappe déversante.

26
Les résultats expérimentaux obtenus sur des déversoirs de hauteur Wc =0.2 et 0.4m ont été
représentés graphiquement (figure-2-21). La représentation graphique de la figure (2-21) montre
trois tendances caractéristiques des courbes qui représentent la longueur de perturbation l d en
fonction de l’angle α, la hauteur du déversoir et la charge :

ld

hc , n


Figure-2-21- Longueur de perturbation l d = f(hc,n , ) pour Wc = 0,2 et 0,8 m [18]
(1)- les points près de l'origine hc,n< h*c,n engendre une droite passant par l'origine;
(2)- dans le second intervalle une variation non considérable de la pente est observée.

(3)- les points de mesure pour les plus grandes valeurs de l d forme une droite dont le

27
 
prolongement correspond à des valeurs négatives de l d ( l d < 0) (la ligne en pointillé dans la

figure (2-21).

La représentation graphique des résultats expérimentaux (hc,n , l d ) pour des charges hc,n 
h*c,n a permis de déterminer pour chaque angle  du coin et pour chaque hauteur Wc, une
fonction linéaire.
 
l d = A + B hc,n ………………………………………………………….................(2.16)

A : constante en (m)
 
B : pente de l d .

Angle, α

 
Figure-2-22- pente B de l d en fonction de l'angle  et la hauteur du déversoir Wc [18]
Il est constaté que les valeurs de la constante A sont trop petites et peuvent être positives ou

négatives, à cet effet, seulement la pente B sera considérée.
 
l d = B hc,n ……….………………………………………………………...............(2.17)

Le graphiques-2-22 représente les valeurs de la pente B mesurées en fonction de l’angle  pour

les différentes valeurs de Wc.


28
Le débit pour les déversoirs et les évacuateurs à axe polygonal (axe brisé) peut être calculé
en utilisant la théorie simplifiée mentionnée précédemment. Selon cette théorie, et cela était
confirmé par l'analyse des conditions d'écoulement sur un déversoir à coin. L'écoulement sur un
déversoir constitué de plusieurs parties droites se joignants sous un angle 0 < < 180° (axe
brisé), est perturbé dans la région du coin.
La longueur dans laquelle l'écoulement est perturbé comparé à l'écoulement normal au-dessus
du même type de déversoir rectiligne dépend de la charge hc,n et de l'angle .
La longueur totale pour n'importe quelle forme en plan du déversoir polygonal avec 0° < 
<180° sera :

l c( n )  l c( 1,2 )  l c( 2 ,3 )  .............  l c( n1,n )  l c( n ,1 ) …………………....…..................

(2.18)

L'intensité de perturbation exprimée par les coefficients principaux C m1 , Cm2 , ….Cm,n , pour les
angles de coin 1,………..n appartenant à la zone de perturbation ld1, ld2,……………ld,n seront
différentes pour chaque coin. En utilisant l'équation (2.10), l'équation de calcul du débit est :

2  n 

Qc   n 2 g .hc3,/n2 l c ( n )   l d ,i  …………………………………….................(2.19)
3  i 1 

La validité de l'équation (2.19) est limitée dans la condition que deux zones voisines de
perturbation peuvent se toucher sans chevauchement.

l d ,i  l d ,i 1  l c ( i ,i 1) ………………………………………………………................(2.20)

L'analyse de l'écoulement dans la région près du coin d'un déversoir polygonal montre des
relations mathématiques uniques entre les variables indépendantes, l'angle du coin , et la
charge hc,n et des variables dépendantes, le coefficient principal de perturbation Cm, et la
longueur de la zone de perturbation ld. Les résultats peuvent être vus comme des nouvelles
connaissances de base pour l'écoulement au-dessus des évacuateurs à coin en plan.

29
2-6- Capacité d’évacuation du déversoir en labyrinthe
La capacité d’évacuation d'un déversoir en labyrinthe est en fonction de la charge totale sur le
déversoir, de la longueur de la crête, et du coefficient de débit. Le coefficient de débit dépend à son tour,
de la charge totale sur le déversoir, de la hauteur du déversoir, de l'épaisseur dés parois, de la forme de la
crête, et de la configuration du déversoir.
Généralement, la capacité du déversoir en labyrinthe est exprimée par le débit volume, qui est
donnée par la relation suivante :

Q  C wW 2 g H 3 / 2 ....................................................................................................(2.21)

Q : débit volumique ;
Cw : coefficient de débit ;
W : largeur du déversoir en labyrinthe ;
H : charge totale sur le seuil du déversoir.

Le coefficient de débit est considéré comme le critère principal de l’évaluation de la


capacité d’évacuation des déversoirs, à cet effet, la plupart des travaux de recherche se
rapportant au déversoir en labyrinthe se sont intéressés à la détermination du coefficient de
débit.

Sur la base des résultats expérimentaux obtenus des études des modèles de déversoir en
labyrinthe des barrages Woronora et Avon en Australie et des discussion des travaux de
Hay et Taylor [13], Darvas [6] a développer une famille de courbes de conception des
déversoirs en labyrinthe, en exprimant le coefficient de débit par la relation suivante :
QL
Cw  ...............................................................................................................(2.22)
Wh 3 / 2
Cette dernière relation a été transformée par Magalhães [24] pour développer un diagramme de
conception des déversoirs en labyrinthe déduit de celui de Darvas [6].
QL
w  .......................................................................................................(2.23)
W 2g h3/ 2

Après cette transformation de la relation du coefficient de débit, une


deuxième étude réalisée par Magalhães et al. [89], s’est intéressée à la
comparaison des résultats des essais effectués au LNEC et les courbes de
conception obtenues par Darvas [6]. Le résultat obtenu a montrée que les
courbes obtenues par Magalhães sont systématiquement inférieures aux
courbes obtenues par Darvas (Figure-2-23).
De même, les essais réalisés par l’USBR (Houston 1982, 1983, Hinchliff et al. 1984) sur des

30
modèles de déversoir en labyrinthe pour les barrages Ute et Hyrum ont montrées que les valeurs
de coefficient de débit obtenus de ces essais sont systématiquement différents de ceux de Hay et
Taylor [13]. Cette divergence entre les deux résultats était en partie due à la différence dans la
définition de la charge. Houston (1982, 1983) et Lux (1984) ont utilisé la charge totale au lieu
de la charge piézométrique. L'usage de la charge piézométrique ne tient pas compte de la
vitesse d'approche et par conséquent, le coefficient de débit sera surestimé et peut introduire des
erreurs considérables dans la conception.

Figure -2-23- Courbes de comparaison du coefficient de débit obtenus par Darvas et ceux obtenus
par Magalhães [25]

Une comparaison des résultats des différents auteurs a été effectuée par Zerrouk et al. [ ],
afin de montrer les différences entre ces résultats. La figure (2-24) montre bien la divergence
entre les courbes. Les valeurs obtenues par Darvas sont bien inférieures à celles de Hay et
Taylor, mais beaucoup plus élevées que celles de Lux et Hinchliff ou Magalhães et Lorena dont
les écarts respectifs sont faibles. Les coefficients de débit μw les plus élevés sont obtenus par

31
Hay et Taylor, el les plus faibles, par Magalhães et Lorena. Il est à noter que Hay et Taylor et
Darvas ont considérés dans leurs travaux la charge piézométriques, tandis que Lux et Hinchliff
et Magalhães et Lorena ont considérés la charge totale sur le déversoir, qui tient compte de la
vitesse de l’écoulement dans le canal d’approche.

Figure-2-24- Comparaison des valeurs du coefficient de débit du déversoir labyrinthe de forme


trapézoïdale en plan [25]
La définition de la capacité d’évacuation d'un déversoir en labyrinthe a été développée par
(Lux 1984; Lux et Hinchliff 1985) en combinant l'analyse dimensionnelle et l'approche
expérimentale. Les corrélations entre le coefficient de débit, la largeur du cycle et le rapport
d'aspect vertical ont permis de formuler l'équation du débit total du déversoir en labyrinthe de n
cycles comme suit :

32
 w/ p 
Q L  C w  nwh0 gh0 W/P ≥ 2 ……………………………(2.24)
 w/ p  k 

Où k est une constante dont la valeur est de 0,18 pour la forme triangulaire et de 0,10 pour la
forme trapézoïdale.
L’analyse de l’écoulement sur un déversoir à coin, étudié par Indlekofer et Rouvé [18] a
permis de formuler le débit d'un déversoir labyrinthe triangulaire comme suit :
2  n 

Qc   n 2 g .hc3,/n2 l c ( n )   l d ,i  ………………………………………………..(2.25)
3  i 1 
où μn est le coefficient de débit, hc,n, la charge d’eau sur le déversoir sous
les conditions normales d'écoulement (bidimensionnel), lc(n), la longueur
totale de la crête du déversoir en labyrinthe de forme triangulaire ayant n
coins, l d ,i , la longueur de perturbation du coin i.
La méthode proposée par Tullis [33] pour la conception du déversoir en labyrinthe utilise
l'équation de base développée pour les déversoirs rectilignes.
2
Q 3/ 2
C d L 2 g H t .................................................................................................
3
(2.26)
Ou Cd = coefficient de débit; g = accélération de pesanteur; L = longueur efficace du déversoir;
et Ht = la charge totale sur la crête. La charge totale considérée est égale à la profondeur
d'eau mesurée au-dessus de la crête ajoutée à la charge cinétique de la vitesse d'approche de
l'écoulement au point de mesure.

33
Figure-2-25- Disposition et Détails du déversoir en labyrinthe

Le coefficient de débit est dépendant de la hauteur du déversoir P, de


l'épaisseur de la paroi t, de la configuration de la crête, et de l'aération de
la nappe. Pour un déversoir en labyrinthe, la longueur efficace utilisée
dans l'équation (2.26) est définie dans la figure-2-25.
Le coefficient de débit est dépendant des mêmes variables qui influencent un déversoir
rectiligne en plus de la configuration du déversoir en labyrinthe, et l'angle formé par la paroi
latérale et le sens de l’écoulement. A cet effet, l'établissement des données fiables pour le
déversoir rectiligne est important pour l'analyse du coefficient de débit du déversoir en
labyrinthe parce qu'il représente la limite supérieure des valeurs du coefficient de débit Cd [33].

Trois séries de données obtenues par trois chercheurs différents à l'UWRL (Amanian 1987;
Baasiri et al., Rapport inédit, 1992; et Waldron 1994) sont présentées dans la figure-2-26
pour le déversoir rectiligne avec une nappe aérée.

Figure -2-26- Coefficient de débit du déversoir rectiligne [33]

2-6-1- Variables affectant le coefficient de débit


La hauteur du déversoir produit des pertes de charge dans le canal d'approche et influe sur
la capacité du déversoir. Pour un déversoir rectiligne, le coefficient de débit Cd atteint un
maximum et devient constant pour les grandes valeurs de H/P (voir la Figure-2-26). Tandis que
pour un déversoir en labyrinthe, le coefficient de débit Cd continue à diminuer lorsque la charge
augmente, et la capacité du déversoir approche finalement celle d'un déversoir rectiligne de
34
même largeur. Par conséquent, il est nécessaire de limiter la valeur de H/P pour maintenir
l'efficacité du déversoir en labyrinthe. Plusieurs auteurs recommandent que la charge relative
H/P doit être inférieure à 0,9. Le déversoir en labyrinthe peut encore fonctionner à des grandes
charges mais l'avantage de la conception du labyrinthe continue à diminuer lorsque la charge
continue à augmenter. La dernière décision sera basée sur le critère économique.
L'épaisseur de la paroi est déterminée par l'analyse structurelle et dépend de la hauteur de
la paroi, des forces de pression hydrostatiques et des conditions spécifiques du site. Si la paroi
est rendue plus épaisse pour des raisons structurelles, elle a un faible effet sur le coefficient de
débit. Cependant, une baisse considérable dans l'épaisseur de la paroi et la réduction
correspondante dans le rayon de courbure causes une réduction du coefficient de débit. Les
formes de crête mince et plate ne sont pas généralement recommandées à cause de leur
coefficient de débit qui est inférieur à celui des déversoirs à crête arrondie. La forme la plus
efficace et pratique paraît être le quart de cercle (Amanian 1987).

Bien que la crête en quart de cercle ait des faibles valeurs de coefficient de débit au faibles
charges (H/P <0.5) en comparaison avec une crête en demi-cercle, elle a des valeurs plus
grandes aux grandes charges et plus facile à construire.
La largeur de la paroi frontale A (figure-2-25) influe sur la capacité du déversoir, elle réduit
la longueur nette du déversoir en labyrinthe et diminue la capacité du déversoir. Par conséquent,
la largeur A devrait être faible aussi que possible. La partie la plus importante des travaux de
recherche effectués au laboratoire UWRL a concernés la détermination de la valeur du
coefficient de débit du déversoir en labyrinthe Cd pour une gamme complète des variables
étudiées. Les coefficients de débit pour un déversoir en labyrinthe sont montrés dans la figure-
2-27 pour des angles du labyrinthe qui varient entre 6° et 35° (Amanian 1987; Le Baasiri et al.,
Rapport inédit, 1992; Tullis 1993; Waldron 1994).

35
Figure-2-27- Coefficient de débit des déversoirs en Labyrinthe [33]
Pour déterminer le débit qui transite par un déversoir en labyrinthe, les équations de
régression [(2.27)-(2.34)] ont été déterminées pour la variation de Cd en fonction de Ht/P.

Les équations sont valides pour une largeur de la paroi frontale comprise entre t< A < 2t; pour
H/P <0.9 et t = P/6; la forme de la crête est en quart de cercle (sur le coté amont); et le rayon de
courbure de la crête R = P/12.

Cd = 0.49 - 0.24(Ht/P) - 1.20(Ht/P)2.+ 2.17(Ht/P)3 - 1.03(Ht/P)4; pour  = 6° (2.27)


Cd = 0.49 + 1.08(Ht/P) - 5.27(Ht/P)2 + 6.79(Ht/P)3 - 2.83(Ht/P)4; pour  = 8° (2.28)
Cd = 0.49 + 1.06(Ht/P) - 4.43(Ht/P)2 + 5.18(Ht/P)3 - 1.97(Ht/P)4; pour  = 12° (2.29)
Cd = 0.49 + 1.00(Ht/P) - 3.57(Ht/P)2 + 3.82(Ht/P)3 - 1.38(Ht/P)4; pour  = 15° (2.30)
Cd = 0.49 + 1.32(Ht/P) - 4.13(Ht/P)2 + 4.24(Ht/P)3 - 1.50(Ht/P)4; pour  = 18° (2.31)
Cd = 0.49 + 1.51(Ht/P) - 3.83(Ht/P)2 + 3.40(Ht/P)3 - 1.05(Ht/P)4; pour  = 25° (2.32)
Cd = 0.49 + 1.69(Ht/P) - 4.05(Ht/P)2 + 3.62(Ht/P)3 - 1.10(Ht/P)4; pour  = 35° (2.33)
Cd = 0.49 + 1.46(Ht/P) - 2.56(Ht/P)2 + 1.44(Ht/P)3; pour Ht/P <0.7 et  = 90° (2.34)

Les équations (2.27)-(2.34) sont représentées dans la figure-2-27.


La valeur du coefficient de Cd ne varie pas considérablement avec les petites variations de
α. Par conséquent, chacune des équations peut être utilisée pour des angles près de ceux
inscrits. Pour les angles différents de plus de 1° des valeurs inscrites pour (2.27)-(2.34), une
nouvelle équation régression devrait être développée ou les données sont interpolées de la
figure (27).
Une analyse a été réalisée par Tullis [33] pour déterminer la validité des
équations de régression comparées aux données expérimentales. L'écart
moyen entre les valeurs obtenues expérimentalement et les valeurs
calculées pour les angles entre 6° et 18° était moins de 3% avec un
maximum d’écart d’environ 6%. Par conséquent, les relations (2.27)-(2.31)
36
fournissent une précision suffisante pour 0,1< H/P < 0.9. Aucune donnée
n'a été utilisée au-dessus de H/P= 0,9 puisque le déversoir en labyrinthe
devient de plus en plus inefficace pour des charges accentuées. Au-dessous
H/P = 0.1, la valeur du coefficient de débit Cd est difficile à évaluer
expérimentalement, puisque une légère erreur dans les mesures du niveau
d'eau ou du niveau de la crête peut causer un changement considérable de
la valeur du coefficient de débit.
Les résultats expérimentaux obtenus par Tullis [33] montrent qu'aux faibles charges sur le
déversoir, la capacité est sensiblement plus grande pour les petites valeurs de l’angle α. Donc, si
la charge est limitée aux faibles débits, la conception du déversoir en labyrinthe avec un une
faible valeur de l’angle est recommandée. La conception du déversoir en labyrinthe avec une
faible valeur de l’angle α conduit à un accroissement de la longueur efficace du déversoir, par
conséquent, la capacité d’évacuation augmente pour les faibles charges.

2-7- Aération de l’écoulement du déversoir en labyrinthe

L’écoulement sur un déversoir en labyrinthe sous des faibles charges se caractérise par une
nappe adhérente non aérée. Ce type d’écoulement a été observé par plusieurs auteurs (Kathleen
et al. [16], Hinchliff et al. [15], Magalhães et al. [26] et Tullis et al. [33] et Yilzid et al. [35]).
Dans ces conditions d’écoulement, une oscillation de la nappe et un bruit sont produit par
alternance des pressions atmosphériques et sous atmosphériques sous la nappe déversante. Les
pressions sous atmosphériques favorisent l’accroissement de débit, mais peuvent créer des
altérations de la structure du déversoir suite à la vibration et la résonance. La solution la plus
préconisée pour assurer l’aération de l’écoulement sur le déversoir en labyrinthe est
l’installation des piles de séparation sur la crête du déversoir [16], [15], [26].
Hinchliff [15 ] recommande que les piles de séparation de l’écoulement soit placées sur les
parois latérales en amont des parois frontales aval à une distance d’environ 8 à 10% de la
longueur de la paroi latérale. Cette disposition a été réalisée au barrage Ute (USA) [15], [16].
Tandis que Magalhães préconise que les piles de séparation doivent être installées sur les parois
frontales amont et aval. Ce type d’emplacement des piles de séparation a été conçu pour le
barrage Harreza (Algérie) [26].

37
Figure-2-28 - Déversoir en labyrinthe avec piles de séparation de l’écoulement (Barrage Harreza)

Les piles de séparation de l’écoulement ne doivent pas être assez hautes, leur hauteur dépend de
l’épaisseur de la nappe concernée par l’aération. Elles sont généralement submergées par les
grandes charges d’eau, leur efficacité se limite aux faibles charges. Par contre, les piles de
séparation peuvent bloquer le passage des corps flottants, se qui conduit à une réduction du
débit évacué. A cet effet, il est recommandé d’utiliser des piles de séparation de faible hauteur.

La deuxième solution pour favoriser l’aération consiste en l’introduction de reniflards à travers


la paroi du déversoir et qui se terminent sous les lèvres aval du seuil. Ce mode d’aération a été
adopté pour le barrage Alijõ au Portugal [26].

L’emplacement de la pierre broyée le long du bord aval de la crête du déversoir à permis


d’avoir une bonne aération de l’évacuateur de crues du barrage Avon, bien que cette méthode
implique une réduction du débit évacué pour une charge donnée, elle offre une variante
économiquement avantageuse.

2-8- Déversoir fusible (Hausse fusible)


Les déversoirs en hausses fusibles ont été inventés en 1989 par François Lempérière
comme un moyen pour augmenter la capacité utile de stockage ou la capacité d’évacuation du
déversoir.

38
Ce système fusible est l'équivalent d’un tampon fusible, qui est semblable à une installation de
hausses multiples placées sur une crête de déversoir. Elles ont la forme d'un déversoir en
labyrinthe dans lequel chaque hausse représente un cycle du labyrinthe.

Figure-2-29- Déversoir à hausses fusibles


Chaque hausse est dimensionnée pour être renversé à un niveau de réservoir prédéterminé.
Quand le débit de la crue maximale est atteint, toutes les hausses se renversent et la longueur
entière de la crête est disponible pour évacuer la crue dans des conditions normales.

Chaque hausse fusible se compose de trois parties comme indiqué dans la figure-2-30; un godet
fabriqué en métal ou en béton armé, une base et un puits d'admission qui est connectée à une
chambre dans la base.

Figure-2-30- Schéma d’une hausse fusible

39
Le support de chaque hausse est constitué d'un cadre préfabriqué en béton armé scellé dans le
seuil sur lequel vient se poser la base de la hausse également préfabriquée en béton. Sur cette
base vient se fixer la partie supérieure de la hausse en tôles d'acier disposées sur un tracé en
labyrinthe. Les hausses de petite dimension peuvent être réalisées en béton armé.
La forme du support et de la base de la hausse permet de créer une chambre qui s'emplit pour
une cote précise du plan d'eau, grâce à un puits d'alimentation. Différents joints assurent
l'étanchéité, d'une part entre les hausses et leurs cadres supports et, d'autre part, entre les faces
verticales des hausses.

Une purge vers l'aval évite l'accumulation d'eau de fuite dans la chambre du fond pour
empêcher toute mise en pression intempestive de la chambre. La section de cette purge est
nettement inférieure à celle du puits alimentant la chambre de façon à provoquer à coup sûr la
sous-pression en cas de déversement dans le puits.
Les éléments de rehausse sont de dimensions standard, ce qui facilite les opérations
d'installation et de remplacement après des fortes crues. Ainsi la hauteur des éléments varie de
0,50 à 3.0 m et leur longueur de 1 à 5 m, pour un poids unitaire variant de quelques centaines de
kilogrammes à une dizaine de tonnes [7].

Figure-2-31- Coupe transversale d’un barrage en béton équipé de hausses fusibles

Pour l’installation des hausses fusibles sur un déversoir existant, une partie de la crête de type
Creager est enlevée pour fournir une surface plane.
- Si le but de l'installation est seulement pour augmenter la capacité de déversoir, la crête des
hausses fusibles est placée près du niveau initial de la crête du déversoir existant.
- Si l’objectif est d'augmenter le stockage de la retenue, la crête des hausses fusibles est mis au-
dessus du niveau initial de la crête du déversoir existant.
40
2-8-1- Principe de fonctionnement
Le principe d’hausse fusible consiste à obstruer le seuil sur une hauteur de l'ordre de 1 à 3
mètres par des éléments autostables jusqu'à une certaine cote du plan d'eau amont et qui
s'effacent automatiquement en cas de forte crue.
Selon le niveau d'eau dans la retenue, les éléments de rehausse fonctionnent comme un barrage,
un déversoir, ou un fusible (figure-2-32).

a) Lorsque le niveau d'eau est inférieur ou égal au niveau d'arase des hausses, celles-ci
fonctionnent comme un barrage. Chaque élément est largement autostable et résiste à la poussée
hydrostatique grâce à son poids propre, au poids de l'eau contenue dans l'alvéole amont et à la
butée au pied aval de la hausse.

b) Lorsque le niveau de l'eau s'élève au-dessus de la cote d'arase des hausses, celles-ci fonc-
tionnent comme un déversoir en labyrinthe, jusqu'à une certaine épaisseur de lame d'eau. La
forme dite en labyrinthe de la partie supérieure des hausses permet d'allonger la longueur du
seuil déversant qui peut être de l'ordre de quatre fois la longueur du seuil d'origine. Pendant
cette phase de fonctionnement, chaque élément reste largement autostable comme dans la phase
précédente.

41
Figure-2-32- Principe de fonctionnement des hausses fusibles

LEGENDE
A. Vue perspective d'une hausse deux ondes avant déversement.
B. Coupe AA avant déversement.
C. Crue modérée avec déversement sur le labyrinthe.
D. Crue importante avec remplissage du puits et de la chambre.
E. Mise en pression et basculement de la hausse.
1. Puits
2. Chambre
3. Purge
4. Seuil dérasé
5. Labyrinthe
6. Butée
c) En cas de forte crue, au-delà d'une fréquence choisie, le niveau d'eau atteint la cote d'entrée
d'un puits par lequel l'eau pénètre dans une chambre à la base de l'élément. La sous-pression
ainsi introduite sous l'élément modifie radicalement ses conditions de stabilité et provoque
brutalement son basculement, libérant ainsi une brèche dans laquelle le niveau du seuil libre
redevient celui du seuil initial dérasé.
Lorsque le seuil est équipé de plusieurs hausses, les cotes d'entrée des puits sont décalées de
façon à ce que les éléments puissent, si nécessaire, basculer les uns après les autres au fur et à
mesure de la montée du plan d'eau. En cas de crue moyenne, un seul élément bascule, les autres
restant en place. De cette manière, l'augmentation du débit sur le déversoir, qui est en fonction
du niveau de réservoir, peut être précisément contrôlée.

d) Lorsqu'un ou plusieurs éléments ont basculé, le niveau de la retenue s'établit, à la fin de la


crue, au niveau du seuil initial dérasé. Il faut alors remplacer les éléments effacés afin de
retrouver la pleine capacité de la retenue. Si l'accès au seuil est aisé, le remplacement des élé-
ments basculés ne pose pas de problèmes particuliers.

2-8-2- Caractéristiques de débit des hausses fusibles

42
Des études détaillées des caractéristiques hydrauliques des hausses fusibles ont été
réalisées au LNH (Laboratoire National d’Hydraulique, France) et au laboratoire TVA
(Tennessee Valley Authority USA). Toutes les configurations de hausses ont été évaluées par le
LNH, tandis que seulement la largeur et la configuration à basse charge ont été évaluées au
laboratoire TVA.
Ces études ont permis de déterminer la relation qui exprime le débit en fonction du coefficient
de débit Cd :
2
Q C d Lc 2 g h 3 / 2 …………………………………………………… (2.35)
3

Où Q : le débit qui transite sur la hausse; g : l’accélération de l'apesanteur ; Lc : la longueur de


la crête de la hausse fusible et h = la différence de niveau d'eau dans le réservoir et le niveau de
crête.
Le coefficient de débit est une fonction de la longueur de la crête de la hausse fusible et le
rapport de h à la profondeur de l'écoulement total sur le seuil.
La figure (2-33) montre que le coefficient de débit diminue quand la charge sur la hausse
fusible augmente [9]. L’équation convenable pour le coefficient de débit suit une loi de
puissance donnée par :
h
C d  C1 (  C 2 ) C 3 …………………………...……...………………. (2.36)
H
Où H : la hauteur de la hausse fusible et C1, C2 et C3 sont des constantes déterminées
expérimentalement pour les valeurs de h/H plus grande que 0.1. Le coefficient C2 est un terme
de la tension superficiel qui devient négligeable quand la profondeur de l’écoulement sur la
hausse augmente. Les coefficients obtenus des essais expérimentaux sont montrés dans la figure
(2-33).

Figure-2-33- Coefficient de débit d’une hausse fusible

43
Figure- 2-34- Hausse fusible Modèle WLH [9] Figure-2-35- Hausse fusible Modèle NLH [9]

Figure-36- Hausse fusible Modèle WHH [9]


44
Les hausses fusibles sont conçues pour fonctionner avec une nappe aérée. Les essais
expérimentaux ont montré que le coefficient de débit est constant jusqu'au point où le niveau
d'eau aval est égal au niveau de la crête. Les effets de la submersion et de l'interaction de la
nappe sur les coefficients de débit observés pour les déversoirs en labyrinthe ne sont pas
significatifs pour le cas des hausses fusibles. L'inclinaison de la face aval et la barre de
renforcement au milieu de la hauteur de la hausse se combinent pour maintenir la crête aérée
pour les hauts niveaux d'eau aval [9].

2-8-3- Stabilité des hausses fusibles


La stabilité d'une hausse fusible est dépendante des considérations de glissement et de
renversement. La stabilité est examinée en termes d'équations générales. On montre
l'application des équations générales à la hausse fusible WLH graphiquement [9].
Le principe des hausses est de passer brutalement pour une cote d'eau déterminée, d'une
situation de stabilité largement assurée à une situation de nette instabilité.
Lors du remplissage du puits et de la chambre, on modifie rapidement le système de forces
auxquelles est soumise la hausse, par application d'une sous pression sous sa base.

a) Avant remplissage de la chambre


Forces stabilisatrices :
- poids propre de la hausse;
- poids de l'eau dans l'alvéole amont;
- butée aval.
Forces motrices :
- poussée hydrostatique sur la face verticale amont.

b) Après remplissage de la chambre


Forces stabilisatrices :
- poids propre de la hausse;
- poids de l'eau dans l'alvéole amont;
- butée aval.
Forces motrices :
- poussée hydrostatique sur la face verticale amont;
- sous-pression sous la base de la hausse.

45
Pour tenir compte de la présence d'une purge de la chambre, on ne prend pas en compte
dans les calculs la pleine sous-pression mais seulement 70 à 80% de cette dernière.

2-8-3-1- Stabilité au glissement


La stabilité au glissement est assurée par des butées dans le bord aval du déversoir qui sont
ancrées dans le seuil comme indiqué sur la figure (2-30). L'ampleur de la force exercée sur la
butée peut être estimée en calculant la force hydrostatique amont appliquée sur la hausse.
Comme approximation, la force qui provoque le glissement est donnée par :
 w gh 2Ww  w g ( H  2h) HW
Fs  FS 1  FS 2  
2 2
 w gH 2  h2 2h 
  2 Ww  W  W  ...................................................... (2.37)
2 H H 


W : largeur de la hausse fusible;
Ww : largeur du puits,
 w : densité de l'eau.

Les forces Fsl et Fs2 sont montrées dans la figure (2-37). Cette équation est conservatrice dans
laquelle on ignore des forces de frottement entre la hausse et le bord de déversoir.

Figure-2-37- Forces agissant sur une hausse fusible [9]


2-8-3-2- Stabilité au renversement
Le renversement de la hausse est déterminé en additionnant les moments par rapport à
l'extrémité aval de la hausse comme indiqué dans la figure (2-37). Les moments de
renversement sont causés par les forces amont sur la hausse (moment amont) et la force de

46
sous-pression dans la chambre (le moment de sous-pression). La restauration des moments est
causée par la masse de la hausse (moment de la hausse), la masse de l'eau dans la hausse (le
moment d'eau) et le niveau d'eau aval (moment en aval). La hausse tourne autour de l'extrémité
aval quand le renversement des moments excède les moments de restauration.
Le moment amont se compose de moment dû à la force hydrostatique sur le puits plus celui dû
à la force hydrostatique sur le godet (alvéole). Le moment peut être estimé en négligeant la
variation de profondeur d'écoulement par le godet (alvéole). Avec cette supposition, la force sur
le godet agit sur une surface qui est égale à la surface de la section transversale du godet
(alvéole) comme vu de l'amont. Ainsi, le moment amont est égal à
M S  M S 1  M S 2 ................................................................................... (2.38)

 w gh  h   gWw h 2 (3H  h)
M S 1  FS 1YS 1  ( hWw ) H    w ............... (2.39)
2  3 6
H  gH H
et M S 2  FS 2YS 2  (  w gh)( HWw )  w ( HWw )
2 2 3
 w gWH 2 ( H  3h)
 ......................................................... (2.40)
6
Le moment de sous-pression est déterminé par la superficie de la chambre de fond et la
profondeur d'eau dans le puits. Le moment de la sous-pression est donné par :
M u   w gAc H wYu .................................................................................... (2.41)
Ac : superficie de la chambre de fond;
Hw : profondeur d'eau dans le puits;
Yu : bras de moment au centre de pression;

47
 w : densité d'eau.

A cause de la grande superficie dans la chambre du fond, le moment Mu augmente rapidement


avec l’augmentation de la hauteur d'eau sur la hausse. L'effet sur le moment est montré dans la
figure (2-38) par la ligne continue presque verticale entre les hauteurs d'eau superficielles Hc et
Hn.

Hauteur d'eau Superficielle (H+h) /H


Figure-2-38- Moments sur Modèle WLH de Hausse fusible [9]
Quand la hausse commence à se renverser, le godet (alvéole) se déplace loin des joints placés
dans le seuil du déversoir. Cela permet à la charge d’eau d'agir sur la chambre. Simultanément,
la pression le long des côtés de la chambre baisse à une valeur équivalente au niveau d'eau sur
le coté aval de la hausse. Les essais expérimentaux ont montré que la profondeur d'eau entre les
hausses est approximativement égale au tiers de la profondeur d’eau amont [9].
Le moment de la hausse est donné par :
M g  Fg Yg   S V S YS   cVc Yc ............................................................... (2.42)

Où Fg : la force nette manifestée par le poids du godet et la base;


Vc : volume du matériau dans la base;
VS : volume du matériau dans le godet;
YC : bras de levier du matériau dans la base;
Yg : bras de levier de la base et du godet;
YS : bras de levier du matériau dans le godet;
 c : densité du matériau dans la base;

48
 S : densité du matériau dans le godet.
Le moment de la hausse est ajusté en changeant le volume de lest dans le godet jusqu'au
renversement qui se produit pour à une profondeur d'eau dans le puits d'environ la moitié de la
profondeur d'eau à l’amont. Ces critères assurent que le niveau pour lequel la hausse fusible
s'incline est bien défini. Avec le modèle WHH des hausses fusibles, le moment de la hausse est
contrôlé par le complément de lests (charge) dans le godet de la hausse. L’emplacement des
lests de blocage est montré dans la figure-2-36.
Le moment d'eau est dû au poids de l'eau dans le godet. Ce poids comprend seulement l'eau
dans le godet et non pas l'eau dans la chambre. Le moment d'eau est donné par :
M w   w g (Vb Yb  Ww H w LwYw ) .............................................................. (2.43)

Hw : = profondeur d'eau dans le puits ;


Lw : longueur du puits ;
Vb : volume d'eau dans le godet ;
Yb : bras de levier de la force de l'eau dans le godet;
Yw : bras de levier de la force de l'eau dans le puits.
Le moment aval est dû au niveau d'eau sur les côtés aval de la hausse. Le niveau varie
d'approximativement d'un tiers de la profondeur d'eau en amont à l’extrémité amont du godet au
deux tiers à l'extrémité aval du godet. Le niveau d'eau à l'extrémité aval du godet est
approximativement égal à un tiers de la profondeur amont. Ainsi le moment aval est donné
approximativement par :
g  ( H  h) / 3
Md   ( H  h) / 3Ww ( H  h) / 3
2 3
g ( H  h ) 3 W w
 ............................................................................. (2.44)
182

La somme des moments de restauration et de renversement pour le modèle WLH la hausse


fusible est montrée dans la figure (2-38). Les moments sont considérés sans dimensions en les
divisant par le moment de la hausse. La figure montre les moments sur une hausse fusible
quand le niveau de réservoir augmente à partir du seuil de la hausse fusible. Le déversement de
la hausse fusible commence pour une profondeur de réservoir de (h + H)/H égal à 1. A une
profondeur correspondant à HC, l'eau commence à couler dans le puits. Le renversement ne se
produit pas à cette profondeur parce que l'eau sort aussi des trous du drain qui sont connectés à
la chambre dans la base. Lorsque la profondeur augmente, le moment de renversement
augmente avant que la profondeur HC ne soit atteinte. A cette profondeur, les hausses se
renversent. L'augmentation rapide du moment de renversement de HC à Hn produit une relation
49
précise entre le point de renversement et la hauteur de la surface d'eau. Si le puits d'admission
est colmaté pour quelque raison, le moment de renversement continu à augmenter à un taux
plus lent avant que la profondeur Hd ne soit atteinte. A la profondeur Hd. La hausse se renverse
même sans le moment de la chambre.

Les hausses fusibles sont une méthode simple, sûre et solide dans l'augmentation de
stockage utile ou la capacité de déversoir. Un avantage des hausses fusibles est que seulement
ceux qui sont nécessaire pour passer une inondation donnée se renverseront. Les hausses
fusibles ont la forme d'un déversoir en labyrinthe et passent ainsi plus de débit qu'une crête
rectiligne équivalente.
La conception d'une installation de hausse fusible est directe parce que trois formes de
hausse fusible ont été standardisées. Les trois formes permettent assez de liberté dans les
dimensions pour adapter la plupart des largeurs de déversoir existant.

2-9- Comparaison du déversoir en labyrinthe avec d’autres types de


déversoir
Les déversoirs en labyrinthe sont des murs polygonaux conçus pour fournir une longueur
de crête plus longue que la largeur du déversoir. Les résultats de plusieurs formes de labyrinthe
qui ont été employés ou étudiés ont montrées que la grande majorité des déversoirs en
labyrinthe existants ont les caractéristiques suivantes :
-Le coefficient de débit est de deux ou trois fois le coefficient de débit d'un déversoir rectiligne.
-La longueur totale des parois est de 2.5 à 5 fois la largeur du déversoir.
De plus, la hauteur moyenne des parois est de 1.5 à 2.5 fois la charge maximale sur le déversoir.
- Le déversoir en labyrinthe permet d’obtenir un coefficient de débit de deux ou trois fois le
coefficient de débit d'un déversoir rectiligne, c'est-à-dire, réduire de 40 ou 50% la profondeur de
la nappe ou réduire la longueur de déversoir de 50 ou 60%.
- Les déversoirs latéraux exigent des conditions topographiques particulières qui peuvent
augmenter le coût complet du barrage et réduire le choix des sites de barrage.
Il est possible d'employer des structures de labyrinthe sur le sommet d'un déversoir latéral,
divisant ainsi généralement par quatre la charge sur le déversoir.
- Les divers éléments fusibles peuvent aussi être employés pour réduire la charge maximale
d’un déversoir à écoulement libre. Le gain de la charge est près du gain offert par les déversoirs
en labyrinthe, cependant l’effacement partiel ou total des hausses suite au passage d’une crue
plus ou moins importante cause des pertes considérables de la réserve en eau de la retenue.

50
- Les déversoirs vannés ont été employés pour des déversoirs de plus de 1000 m3/s, l'expérience
a montré que le coût de maintenance et le risque de défaillance d’ouverture ou de fermeture des
vannes pendant le passage des crues représentent les inconvénients majeurs de ce type de
déversoir. Par conséquent, le blocage des vannes engendre un risque de submersion de la crête
du barrage ou la perte d’un volume d’eau important. Alternativement, l’utilisation des
déversoirs de labyrinthe permet d’assurer un passage de la crue sans risque et pourrait
augmenter la capacité de stockage de plus de 10 pour cent.

51