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L'ironie dans candide

L’ironie est une figure macrostructurale qui use souvent, dans ses procédés, de
figures microstructurales, telles l’antiphrase, l’hyperbole, l’antithèse, la
comparaison, l’oxymore, etc., mais ces procédés ne sont assimilés comme
exprimant de l’ironie que dans leur contexte textuel. Dans Candide, l’une des
armes employée par l’auteur pour réfuter la thèse des optimistes et critiquer
philosophes et métaphysique est l’ironie

A- les figures microstructurales

-Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si ordonné que les deux armée
s→superposition de l’accumulation et de la comparaison : par l’accumulation
d’adjectifs qualificatifs mélioratifs affectés de l’adverbe d’intensité « si », et par la
proposition subordonnée comparative « que les deux armées », à laquelle on ne
s’attendait pas, on se trouve devant un énoncé absurde, d’où l’ironie par l’
l’antiphrase : « Rien n’était si laid et si horrible que les deux armées »

-Les trompettes, les fifres, les hauts bois, les tambours, les canons formaient une
harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer → superposition de l’énumération,
de la comparaison et de l’antithèse

L’ironie est exprimée d’abord par l’élément intrus « canons » (de guère) en
contraste avec le champ lexical des instruments de musique (concert). Ensuite,
l’ironie est traduite par une comparaison qui pose une antithèse absurde entre «
harmonie » et « enfer ». Le lecteur s’attend à l’expression « telle qu’il n’y en eut
jamais au paradis » et non « en enfer »

- Qui tremble comme un philosophe → superposition de la métonymie et de la


comparaison

L’ironie est due à l’emploi métonymique du verbe « trembler », dont l’effet de sens
« une lâcheté extrême », qui sonne mal avec le contenu de la proposition
subordonnée comparative « comme un philosophe » qui discrédité le philosophe,
car dans la réalité, celui-ci est perçu comme un être sage et courageux.

-Boucherie héroïque →superposition de la métaphore et de l’oxymore

L’ironie est on ne peut plus grinçante par la forte incompatibilité des deux mots

B-le faux éloge


Par le faux éloge, le narrateur laisse entendre qu’il dénonce ce qu’il loue (discours
dévalorisant implicite)

-Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si ordonné que les deux armées

- Les trompettes, les fifres, les hauts bois, les tambours, les canons formaient une
harmonie

C-Emploi d’expressions déplacées

-la baïonnette fut aussi la raison suffisante…

-raisonner ailleurs des effets et des causes

Ces expressions philosophiques, employées dans de tel contexte invitent à la


moquerie

D- sonorités cocasses

-c’était un village abare que les bulgares…

-Un homme qui n’avait point été baptisé, un bon anabaptiste

-Y êtes-vous pour la bonne cause ? Il n’y a point d’effet sans cause

E-La parodie : imitation avec charge

-Dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était


le plus beau des châteaux madame la meilleure des baronnes possibles → imitation
ironique de la formule de Leibniz : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des
mondes possibles »

-« Elle rencontra Candide….leurs mains s’égarèrent » →imitation ironique des


scènes amoureuses dans le roman sentimental en vogue à l’époque

F- L’intrusion du réel : par le nombre incroyable des morts , rendu par des chiffres ;
par la mise en relief de l’horreur des conséquences de l a guère , rendu par la
violence du vocabulaire (vieillards criblés de coups, femmes égorgées, mamelles
sanglantes, filles violées et éventrées, d’autres à demi brûlées, cervelles répandues,
bras et jambes coupés…), le narrateur dénonce la barbarie d’un faux héroïsme
archaïque et dépassé

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