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Nouveau programme d’éducation civique

De la Sixième à la

Troisième

Nom du propriétaire : …………………………………………………………………….


2009/2010

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Le nouveau programme d’éducation civique au collège d’enseignement moyen

 Education civique classe de sixième L1 à L11………………………P3 à 17

 Education civique classe de cinquième L1 à L9…………………….P 18 à 30

 Education civique classe de quatrième L1 à L10 ………………….p31 à 49

 Education civique classe de troisième L1 à L9 …………………….p 50 à 74

 Questions …………………………………………………………………………..p75 à 77.

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Chapitre I : Le milieu proche
L1 : La famille cellule de base de la société : évolution
et problèmes.
I-L’évolution de la famille
Selon les évêques, « la famille nécessite une attention particulière de la part de ceux
qui sont engagés dans une mission d’Eglises. Elle est la cellule de base de toute vie
sociale et une instance essentielle pour la transmission de l’évangile ».
L’interdépendance entre la famille et la société fait qu’aucune cellule familiale ne
peut prétendre évoluer sans l’influence des valeurs dominantes que véhicule la
société. Jusqu’en 1960, l’union ou le mariage était religieux et pour la vie. Du temps
de la colonie, la famille non l’individu était le centre de l’activité socioéconomique.
La production du cultivateur servait d’abord à la subsistance de sa famille. La famille
est fondée sur une certaine égalité entre toutes les personnes qui travaillent au bien
commun. On rencontre rarement des foyers où cohabitent parents, enfants, grands
parents, oncles, tantes. Nous retrouvons une famille forte qui se suffit à lui-même et
sa sociabilité était restreinte par l’absence des communautés de travail, de relations
de voisinage et de parenté. La division du travail et le partage des responsabilités
s’organisent d’abord autour de la famille qui est le milieu de socialisation par
excellence. Après la conquête jusqu’à l’industrialisation, la vie familiale n’a pas
changé. A cette période, quoique les parents des classes aisés interviennent parfois
dans le mariage de leurs enfants, les jeunes des familles rurales et ouvrières sont
moins respectueux de l’autorité paternelle. Vers la moitié du 20ème siècle, les bases
de l’économie traditionnelle évoluent : la révolution industrielle fait son apparition.
La famille entre dans une ère du bouleversement : passage d’une société agricole à
une société industrielle, montée par la bourgeoisie et de la classe ouvrière. Les
solidarités traditionnelles du monde rural ont été ébranlées et même rompues. Le
père et les enfants travaillent dans les usines et les femmes, en plus de s’occuper de

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leur maison, s’engagent pour travailler dans les maisons des familles riches. Les
familles rurales continuent d’avoir des enfants pour aider aux travaux des champs
tandis que les familles urbaines commencent à limiter les naissances souvent pour
des raisons économiques. La famille se transforme en une unité de consommateurs
reposant sur le travail des deux parents. La famille connait alors plusieurs
changements. Un bon nombre de ces changements sont directement reliés à la
transformation du statut des femmes dans la société. Désormais, elles ont accès à
l’éducation, aux institutions économiques, au droit de vote, au travail rémunéré, aux
regroupements associatifs et politiques. La famille devient une unité de
consommation, cellule primordiale dans notre économie de marché. On se mariait
pour la vie et la famille était la cellule importante de la société.

Mais aujourd’hui, il n’est pas exagéré de dire que la famille est la base de toute
société. C’est dans l’union libre (mariage civil ou religieux) que se jouent les rapports
fondamentaux entre individus. Depuis des millénaires, l’homme s’est toujours
regroupé en cercle uni par un sentiment d’appartenance commune ou par des liens
de sang. Plus que les groupes ethniques, religieux ou sociaux, la famille apparait
incontestablement le groupe le plus constant et le plus évident. Elle est en effet une
sorte de micro société au sein de la société. La structure familiale est la cellule de
base de toute société, un lieu de formation de l’être humain, le point de départ de
l’épanouissement de celui-ci.

II- Les problèmes


Traditionnellement l’organisation du mariage a été prise en charge par la famille
élargie puis les lois religieuses l’ont réglementé et, depuis 1960 les lois civiles se sont
ajoutées. Nous vivons dans une société où tout ce qui vise à assurer la permanence et
la complémentarité est perçu comme aliénant pour les individus. Malgré cela le
mariage persiste sans doute parce qu’il répond à un besoin naturel qu’il est difficile
d’anéantir. La famille aujourd’hui pose beaucoup de problèmes. Ils portaient
essentiellement sur des sujets de société comme :

-la constitution des couples à l’heure actuelle (concubinage)

-la désaffection à l’égard du mariage,

-les nouveaux modèles familiaux, les liens de filiation avec la dissociation entre lien
de couple et le lien parental,

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-la perte du caractère définitif et sacré de l’alliance dans le couple reporté sur les
enfants,

-les frontières mouvantes des fratries dans les familles recomposées,

-la place des femmes dans la famille,

-la cohabitation juvénile,

-la souffrance dans le couple, fidélité et pardon.

Ces problèmes sont parfois en opposition avec la tradition de la société surtout


africaine.

L2 : Le quartier : historique, description et organisation


ETUDE PARTICULIERE DU PROFESSEUR : le professeur doit étudier ou proposer des
enquêtes aux élèves qui portent sur le quartier. Apprendre à ses élèves l’histoire et
comment est organisé leur quartier.

L3 : le village (historique, description et organisation)


Le village peut être défini comme un ensemble de concessions ou quartiers
regroupant plusieurs familles. Il est la cellule administrative de base. Il est composé
de population ayant des besoins particuliers et parfois d’ethnies différents. Il est
dirigé par un chef de village nommé généralement par les habitants du village. Il est
chargé de respecter et d’appliquer les lois et règlements. C’est lui l’intermédiaire
entre les populations des son village et les autorités administratives et politiques. Il
est aussi chargé d’assurer l’ordre et l’harmonie sociale et de régler les litiges au sein
de son village. Le chef de village représente l’administration et tient le registre d’Etat
civil.

NB : le professeur est chargé d’étoffer cette partie en se basant sur les


résultats des enquêtes de ses apprenants.

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L4 : L’établissement scolaire : historique, organisation
et fonctionnement
Le professeur fera une étude particulière de son établissement en insistant sur le
règlement intérieur de l’école, le conseil de gestion, le projet d’établissement et le
partenariat. Il devra apprendre aussi aux élèves l’histoire de leur école et son
fonctionnement.

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CHAPITRE II : les structures décentralisées de la
localité
L5 : la communauté rurale : structure et
fonctionnement
I- Définition :
En 1964 l’Etat avait adopté la loi numéro 64-46 du 17 juin 1964 relative à la
création et aux attributions des communautés rurales, mais sans précisées leur
délimitation. A partir de 1969, la première phase d’expérimentation relative à
la délimitation des communautés rurales a eu lieu au niveau de certains
terroirs. La loi numéro 96-06 portant sur le code des collectivités locales
considère désormais la région, la commune, la commune d’arrondissement et
la communauté rurale comme des personnes morales de droit public dotées
d’une autonomie financière. La date 1972 est celle de la création des
communautés rurales selon la loi numéro 72-25 du 19 avril 1972. La
communauté rurale est une personne morale de droit publique. En tant que
collectivité locale elle est une entité géographique polarisant un nombre de
villages donnés qui occupent le même territoire et dont les populations sont
unies par les liens sociaux, culturels etc. Ces populations partagent des intérêts
communs liés à l’environnement, aux infrastructures etc. Le village compte
généralement une vie associative dynamique avec les organisations locales de
types traditionnelles (classe d’âge) et moderne (ONG, GIE). La communauté
rurale en tant qu’espace administratif est créée par décret après avis du conseil
régional. Ce décret en fixe les limites et détermine le nom (celui du village, chef
lieu de la communauté rurale). De même les modifications éventuelles des
limites territoriales d’une CR sont prononcées par décret, après avis des
conseils ruraux dont les terroirs sont concernés par la restructuration.

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II-Les structures de la communauté rurale
Les organes qui dirigent et gèrent la communauté rurale se composent du
conseil rural et de son bureau. Ils constituent respectivement l’organe
délibérant et l’organe exécutif, appuyés par des commissaires de travail.

 L’organe délibérant : le conseil rural est l’organe délibérant de la


communauté rurale. Il vote le budget et est le seul habilité à prendre des
décisions en son nom à partir de délibérations. Le conseil rural est
composé de conseillers ruraux élus pour 5 ans au suffrage universel
direct. Le nombre de conseillers vari de 20 à 32, en fonction de la taille
démographique de la communauté rurale.

 L’organe exécutif : il s’agit du président du conseil rural assisté de deux


vice-présidents. Ils sont élus par l’organe délibérant pour une durée de 5
ans. Le président du conseil rural présente le budget et exécute les
délibérations du conseil rural. Il ordonne les dépenses et prescrit
l’exécution des recettes. Il est chargé de l’administration de la
communauté rurale en tant que agent de l’Etat. Il peut sous sa
responsabilité et sa surveillance donner délégation de signature aux
membres du bureau qui l’assistent. Les fonctions du président, du vice-
président ou de conseiller rural, de président ou de membre de
délégation spéciale ne sont pas rémunérées. Cependant, elles donnent
lieu (sur le budget du conseil rural) au paiement d’indemnité ou de
remboursement de frais que nécessite l’exécution des mandats qui leur
sont confiés. Un chef de village ne peut pas être membre du bureau ni
exercer ses fonctions.

 Les commissions : elles apportent un appui technique sur des questions


thématiques. Le conseil rural compte 4 commissions statutaires

-la commission des finances, des affaires économiques et juridiques,

-la commission de l’éducation, de la santé, des affaires sociales et


culturelles, de la jeunesse et des sports,

-la commission du plan et du développement économique,

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- la commission de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme.

III-Fonctionnement de la communauté rurale


1- Relations de la communauté rurale avec les services déconcentrés

La communauté rurale ne dispose pas de personnels propres. Elle peut sur la


base d’une convention signée avec les représentants de l’Etat bénéficier de
l’appui des agents de l’Etat. Cette convention définit les conditions d’utilisation
des agents des services administratifs et technique de l’Etat (éducation
nationale, impôts et domaines, etc.). Le conseil rural a dans ce cadre la
responsabilité de définir les objectifs à atteindre par le personnel et de veiller
au bon déroulement des prestations fournies.

2- Partenariat et coopération

Dans le cadre du partenariat, plusieurs communautés rurales (ou avec d’autres


collectivités locales) peuvent décider de constituer un groupement d’intérêt
communautaire en vue de la gestion de l’exploitation des terres du domaine national,
de biens d’équipement, d’infrastructures ou de ressources d’intérêt commun. En
matière de coopération, la communauté rurale peut dans le cadre de ses
compétences propres, entreprendre des actions qui donnent lieu à des conventions
avec des collectivités locales de pays étrangers (coopération décentralisée)ou
d’organismes internationaux publics ou privés de développement, des organismes
non gouvernementales. D’autres acteurs peuvent entretenir avec la communauté
rurale des actions de partenariat. Il s’agit des associations, des ONG, des organismes
d’appui technique et financier, des programmes de lutte contre la pauvreté en milieu
rural tel que le programme national d’infrastructure rural(PNIR) et le programme de
soutien aux initiatives du développement local(PSIDEL).

3-Les mécanismes de fonctionnement.

Ils sont :

-l’exercice des pouvoirs du président du conseil rural,

-les délibérations du conseil rural,

-le vote des conseillers pour adopter les délibérations,

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-les appels d’offres et adjudication aux règlements de soumission des marchés,

-les enregistrements et les archivages pour une bonne gestion du personnel.

L’organigramme de la communauté rurale

Conseil Rural

Président du conseil rural

Secrétaire Services déconcentrés


communautaire

1er vice-président 2ème vice-président

Commission des Commission de Commission du plan Commission de


finances, des l’éducation, de la et du l’aménagement du
affaires santé, de la développement territoire et de
économiques et jeunesse et des économique l’urbanisme
juridiques sports

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L6 : La commune d’arrondissement : structure et
fonctionnement
I- Structure de la commune d’arrondissement
La commune d’arrondissement, démembrement d’une ville, est dotée de la
personnalité morale et de l’autonomie financière au même titre que les autres
communes. Elle dispose d’une autonomie de gestion dans la limite de ses
compétences. La ville est une grande commune divisée en communes
d’arrondissement(les villes de Dakar et de Pikine ont respectivement 19 et 16
communes d’arrondissement).

Le conseil municipal de la ville est composé pour moitié de conseillers municipaux


élus pour 5 ans au scrutin de liste proportionnelle à un tour et pour l’autre moitié des
conseillers pour les communes d’arrondissement. Le conseil municipal est l’organe
délibérant d la commune. Il élit en son sein le maire qui l’organe exécutif de la
commune, assisté par ses adjoints dans l’ordre de leur élection par le conseil
municipal. La dissolution du conseil municipal de la ville entraine de plein droit la
dissolution des conseils des communes d’arrondissement de la ville concernée.

II- Fonctionnement de la commune d’arrondissement


Les conseillers d’arrondissement sont élus au suffrage universel direct. Chaque
commune d’arrondissement dispose au minimum de deux sièges au conseil municipal
de la ville dont celui du maire de la commune d’arrondissement qui est de droit
conseiller municipal de la ville. Des sièges supplémentaires sont attribués par décret
en fonction de la population de la commune d’arrondissement.

Le conseil de la commune d’arrondissement peut s’adresser par délibération, des


questions écrites au maire de la ville sur toute affaire intéressant la commune
d’arrondissement.

CHAPITRE III : Nation, Patrie et citoyenneté


L8 : La nation : définition, symboles
I- Définition

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Plusieurs définitions peuvent être notées dans ce concept. La plus connue et
qui se trouve dans le dictionnaire est : c’est une communauté humaine
caractérisée par la conscience de son identité historique ou culturelle, et
souvent par l’unité linguistique ou religieuse. La deuxième définition qu’on
retiendra est que la nation est une communauté définie comme une entité
politique, réunie sur un territoire ou un ensemble de territoires propres et
organisé institutionnellement en Etat (exemple la nation sénégalaise). En droit,
la nation est définie comme une personne juridique dotée de la souveraineté
et distincte de l’ensemble des individus qui la composent en tant que
nationaux.

Nous retiendrons cette définition : la nation est une communauté d’hommes


unis par des liens très soudés, acquis à travers l’histoire. La nation implique une
compréhension mutuelle entre les différents groupes, l’idée de tolérance, de
solidarité et d’échange.

II- Les symboles de la nation sénégalaise


Pour s’identifier sur la scène internationale, le Sénégal a mis en place des
symboles qui sont les attributs de la nation.

 La devise : un peuple, un but, une foi. Elle définit une règle de vie et
d’action commune, le sens du patriotisme et l’appartenance à un même
peuple ayant le même but.

 Le drapeau : il symbolise l’indépendance nationale, la liberté, la


souveraineté. Il comprend 3 bandes verticales égales. Le vert indique la
fécondité, la couleur de l’ISLAM et l’espoir chrétien ; le jaune évoque la
prospérité, l’enracinement et l’ouverture ; l’étoile gravée sur cette bande
indique l’ouverture sur les 5continents(les 5 branches) ; le rouge rappelle
le sang versé par nos ancêtres pour l’indépendance, le sous
développement mais aussi l’effort que les générations actuelles doivent
faire pour leur pays.

 L’hymne nationale : c’est le chant solennel pour l’honneur de la patrie et


ses défenseurs. Les sénégalais se reconnaissent au niveau international
à travers cette hymne. Il symbolise le courage, la foi, la gloire et
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l’espérance du peuple sénégalais. Il se compose de 5 couplets et d’un
refrain. L’hymne nationale du Sénégal a été écrite par Léopold sedar
Senghor (premier président de la république du Sénégal) et la chanson a
été composée par Herbert Pepper.

 Le sceau : une face indique le lion et l’autre face le baobab. Le lion est
l’animal qui incarne la force, la royauté car dompteur de la brousse, et le
baobab est l’arbre sacré et majestueux du pays.

L9 : Patrie et patriotisme
I- Définition
La patrie peut être définie come étant un sentiment qui renforce l’unité sur la
base de valeurs communes. C’est un état d’âme, d’esprit qui pousse quelqu’un
à ressentir de l’amour et de la fierté et à défendre les intérêts de son pays.
Pour le soldat, le patriotisme est le sens moral qui le pousse à combattre pour
défendre son pays, plutôt qu’à céder aux attaques de l’ennemi.

Exemple de patriotisme : le patriotisme économique est un comportement des


consommateurs, des entreprises et des pouvoirs publics qui dans un contexte
de mondialisation de l’économie, cherchent à favoriser les biens et services
dans leur pays. Mais il ne faut pas confondre le chauvinisme et le nationalisme
du patriotisme. Le chauvinisme est une forme excessive de patriotisme voire
agressive et le nationalisme une idéologie politique.

II- Quelques exemples de patriotisme au Sénégal


La « sénégalité » devrait se voir dans plusieurs points, mais nous nous
contenterons de n’en développer que trois principaux qui devront régir
inéluctablement le développement du pays.

 La « sénégalité » géographique qui se manifeste par l’attachement au


territoire, à la terre investie comme la mère patrie, par la conscience
d’un « nous » du dedans auquel s’oppose au dehors « l’autre »,

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l’étranger. Notre sénégalité devrait faire du Sénégal le plus beau pays du
monde. Aimer son pays c’est s’aimer.

 La « sénégalité » culturelle dans lequel la culture se présente comme un


prisme où se réfracte le mouvement de la civilisation, la fierté d’écouter
Youssou ndour, ou Baba maal, de lire Senghor ou Cheikh anta diop, de
vibrer à l’écho que laisse le Tam Tam de Doudou ndiaye rose. La culture
sénégalaise s’est fait connaitre dans le monde entier par son gout pour
les sports traditionnels, la musique, la danse, le vêtement, le travail
créatif et ingénieux de matériaux à portée de main, les moments de
convivialité liés aux repas et les fêtes, ses grands hommes dans les
champs, l’intellectualité et sans oublier un attrait indéniable pour
l’échange et la communication orale.

 La « sénégalité » juridique : elle est inspirée par les traditions


sénégalaises. Le pouvoir appartient au peuple et il doit rester au peuple.
Dans la démocratie participative comme nous le concevons, les citoyens
élisent des représentants qu’ils chargent d’établir les lois, lesquels
demandent ensuite aux citoyens de valider ou d’invalider par
référendum les lois proposées. C’est même l’essence d’une famille
africaine. Ainsi la « sénégalité »juridique joue le rôle de régler des
conflits latents ou apparents dans divers situations.

L10 : La notion de citoyenneté


I- Historique du concept
Le concept de citoyen naît dans la Grèce antique puis dans la Rome antique en
même temps que la cité. C’est dans ce cadre qu’émerge l’idée de participation
à la chose publique et que se forme aussi ce que nous appelons aujourd’hui la
politique c'est-à-dire l’expression de la capacité rationnelle des hommes à
organiser leur propre vie en parvenant par le débat ,la décision collective à un
accord réfléchi. Le concept antique de la citoyenneté n’a de sens et de portée
effective que dans le cadre de la cité, communauté territoriale restreinte
rattachée au mythe origine commune. De même dans toutes les cité antiques,
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la citoyenneté est un privilège réservé à une élite masculine ; elle ne concerne
que les hommes libres, vivant du travail des esclaves, et les pères de familles
(excluant totalement les femmes).

II- La citoyenneté et la société


1-L’homme et le citoyen

La référence au droit de l’homme qui a valeurs de fondements imprescriptibles


pour les droits du citoyen montre que « les hommes naissent et demeurent
libres et égaux en droit » entraine cette fois l’universalité inconditionnelle.
Quiconque est homme, est aussi virtuellement citoyen, et la notion moderne
du citoyen est ainsi à l’origine d’un processus d’émancipation de toutes les
minorités (au sens politique du terme) :qu’ils s’agissent des femmes, des
travailleurs économiquement dépendants ou des populations réduites en
esclavages ou colonisées. A la différence de la citoyenneté antique, la
citoyenneté moderne n’en fait pas de l’égalité une conséquence dérivée du
statut d’homme libre, mais elle s’inscrit au principe même de la liberté civique.
C’est pourquoi, depuis le 19ème siècle, la revendication d’égalité des droits n’a
cessé d’être le moteur de la citoyenneté.

2-La citoyenneté sociale et symbolique

La notion de citoyenneté est progressivement passée du terrain juridique au


terrain social. Dans les faits, la citoyenneté s’est identifiée avec l’appartenance
nationale. En outre, la citoyenneté procure un sentiment d’appartenance à une
communauté nationale ainsi que la possibilité d’une participation à la vie
publique et politique. La notion de citoyenneté implique un rapport étroit entre
l’Etat et ses citoyens, qui peuvent être déchus de leur droit momentanément
ou définitivement pour conduite illégale.

Les fortes connotations symboliques de la citoyenneté telles que l’égalité et la


responsabilité tendent à faire de l’identité citoyenne une qualité abstraite qui
masque les inégalités concrètes de statut social : les droits sociaux des
individus (travail, sécurité social…) sont devenus des attributs de la citoyenneté
depuis de nombreuses années. Cependant, les contextes de crise économique

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peuvent laisser penser que la citoyenneté est une valeur relative et qu’elle ne
s’exerce jamais sur un pied d’égalité.

L11 : Les Droits et les Devoirs du citoyen


La citoyenneté est l’appartenance à une communauté, à un Etat. Un citoyen est
une personne qui habite dans un pays ou qui en a la nationalité. Tout citoyen a
des droits mais aussi des devoirs.

I- Les droits du citoyen


C’est l’ensemble des actions garanties par la constitution et dont le citoyen
attend de l’Etat. Parmi ces droits on peut citer :

-le droit à l’éducation ; qui permet d’acquérir un savoir afin de mieux servir sa
nation.

-le droit à l’information et à la liberté d’opinion ; c’est le fait d’exprimer


librement sa pensée dans les conditions fixées par la loi. De cette liberté
s’ajoute la liberté d’association et de réunion.

-le droit au travail pour se valoriser et exercer ses responsabilités sociales


moyen de garder sa dignité dans la société.

-le droit au bien être qui permet à l’individu de s’épanouir, d’accéder au soin de
santé, à la sécurité et à la préservation de sa famille et de ces biens.

-le droit à l’information pour apprécier à sa juste valeur ce qui se fait à


l’intérieur de son pays.

II- Les devoirs du citoyen

Le citoyen doit exiger ses droits mais aussi faire preuve de patriotisme et de
civisme. Chaque citoyen responsable doit observer des devoirs comme :

-l’amour de la patrie pour tout citoyen. Il doit être fier d’être sénégalais et prêt
à défendre son pays jusqu’à la mort.

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-le respect des lois et des institutions ; c’est-à-dire ce qui constitue l’émanation
de la volonté populaire.

-la participation à la vie politique, économique et culturelle, le jeu politique


permet au citoyen d’exprimer démocratiquement son opinion par le vote, la vie
économique en participant au développement du pays à travers les
investissements privés et les initiatives, la vie culturelle par l’affirmation de son
identité culturelle.

-le respect et la protection du patrimoine et des édifices publics.

L1 : MON ETABLISSEMENT
Introduction
Notre école s’appelle le Collège d’Enseignement Moyen (CEM) de Tassinère. Elle a été créée
depuis 2002 par l’état du Sénégal et est située dans le Gandiol.
I) L’école et les élèves
Un établissement scolaire est un milieu conçu et organisé pour transmettre aux élèves des
connaissances, des attitudes et des aptitudes. Les élèves doivent veiller à la propreté de
l’école, à son embellissement, à sa bonne réputation en cultivant l’excellence. Ils doivent
surtout respecter le règlement intérieur qui est un ensemble de règles ou d’articles propres à
chaque établissement pour garantir son bon fonctionnement et sa bonne discipline.
II) L’administration de l’école
L’école est dirigée par un principal qui coiffe l’ensemble du personnel. Il organise les
enseignements (emploi du temps, service....), préside les conseils et fait appliquer le
règlement intérieur. Il est assisté par un ou des surveillants. Qui s’occupe des tâches
administratives.
Les professeurs ont la charge du travail pédagogique. Leur première mission est
l’enseignement qui peut être accompagné par des tâches d’animation ou d’éducation (foyer,
clubs divers....).
III) Conseils et réunions
1- Le conseil de classe
A la fin du premier semestre, le principal, les surveillants et les professeurs de la classe se
retrouvent pour se prononcer sur le travail des élèves (tableau d’honneur, encouragement,
avertissement, blâme). A la fin de l’année ils se concertent de nouveau pour décider de
l’orientation de l’élève (passage, redoublement, exclusion).

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2- Le conseil de discipline
Il ne se réunit qu’en cas de faute grave reconnue de l’élève. Il prononce des sanctions pouvant
aller jusqu’à l’exclusion.
3- Les rencontres Parents-Ecole
Elles sont l’occasion pour les parents de prendre contact avec chaque professeur. Ils
engrangent des informations sur le travail, le comportement et les progrès de l’enfant. C’est la
rencontre entre l’école et la famille.
Conclusion
Le collège, lieu de travail, de rencontres, permet d’acquérir des connaissances, de développer
des compétences, et de nous épanouir.

L2 : LE VILLAGE
Introduction
Un village est un groupe d’habitations peu nombreuses. Les villages sont différents selon les
régions. Les plus nombreux regroupent des concessions familiales groupées en quartiers.
I) L’importance du village
Les villages sont le plus souvent ombragés par des arbres (fromagers, acacias). Parmi ces
arbres certains sont importants car ils servent à l’accueil des voyageurs. Les villages sont
nombreux au Sénégal et regroupent 70% de la population. Un village est donc un lieu
d’habitation d’un groupe restreint d’hommes. Les villages appartiennent en général à la même
ethnie, au même clan ou à la même famille traditionnelle.
II) L’activité économique
Les villageois sont surtout des cultivateurs, des éleveurs, des pêcheurs. Dans la plupart des
régions, ils associent plusieurs activités (pêche, agriculture et élevage dans les îles du Saloum,
pêche et agriculture dans la vallée du fleuve Sénégal). Ces activités sont essentiellement
vivrières.
Le développement des activités artisanales féminines (broderie, couture, tissage, etc.)
augmente les revenus ruraux.
III) Le chef de village
Le chef de village est choisi parmi les plus anciens au sein d’une famille déterminée. Il a pour
rôle de diriger les débats qui réunissent les anciens. Lorsque les décisions sont à prendre, il est
l’intermédiaire entre l’administration et les populations. Le chef de village est chargé de faire
appliquer les décisions de l’autorité. Le chef de village est un agent d’exécution chargé
d’appliquer et de faire appliquer la politique définie par le gouvernement et l’administration.
Conclusion
Le chef de village a donc un rôle important entre l’administration et les administrés. Son
autorité est reconnue par tous ; il représente la tradition dans l’administration moderne.

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L3 : LA COMMUNE

Introduction
La commune est un territoire nettement délimité, un regroupement d’habitants d’une même
localité qui sont unis par une solidarité résultant du bon voisinage. Pour être érigée en
commune, une localité doit avoir plus de 2000 habitants, avoir aussi ses propres ressources et
être reconnue par un décret du président de la république.

I) L’évolution des communes au Sénégal


A) Les quatre premières communes de plein exercice
En 1848, les maires des communes de Saint-Louis et Gorée avaient des compétences
déléguées. Il faut noter que la ville de Saint-Louis possédait déjà un maire en 1778. Ensuite le
10 avril 1872, Saint-Louis fut érigée en commune de plein exercice. Gorée et Rufisque
suivent en 1880 et Dakar en 1887. Les communes de plein exercice bénéficiaient du régime
communal français. Les habitants des quatre communes étaient considérés comme des
citoyens français.

B) Les communes mixtes


On appelle commune mixte une commune qui est dirigée par une commission municipale
(maire) et une commission administrative. Il existe trois types de communes mixtes :
1- Les communes mixtes du premier degré : dans ces communes tous les membres de la
commission municipale sont nommés.
2- Les communes mixtes du second degré : dans ces communes une moitié de la
commission municipale est nommée tandis que l’autre moitié est élue au suffrage universel.
3- Les commines mixtes du troisième degré : tous les membres de la commission
municipale sont élus au suffrage universel.
II) Les communes de seconde génération
Elles se sont développées entre 1904 et 1955.
 En 1904, il y a la création des communes de Thiès, Tivaouane, Louga, Foundiougne.

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 En 1917 les communes de Ziguinchor, Fatick, Kaolack et Diourbel sont créées.
 En 1925 : Kebemer, Khombole, Mekhé.
 En 1926 : Bambey, Mbour, Gossas.
 En 1952 : Podor, Kolda, Matam, Tamba.
 En 1955 Thiès, Louga, Fatick, Diourbel et Tambacounda sont transformées en
communes de plein exercice.
 En 1960 toutes les autres communes du Sénégal deviennent à leur tour des communes
de plein exercice

Conclusion
La commune est devenue aujourd’hui un cadre de lutte pour le développement socio-culturel
et économique de ses populations.

L4 : LA SECURITE ET LA PROTECTION CIVILE


Introduction
Dans la commune, il existe des institutions qui sont chargées de la sécurité et de la protection
des citoyens. Parmi ces institutions, on peut citer la police et les sapeurs pompiers.

I) La police
La police a pour rôle de maintenir l’ordre. Elle est aussi responsable de la protection et de la
sécurité des biens et des personnes. La police est généralement divisée en plusieurs grandes
familles parmi lesquelles on peut signaler trois.
A) La police judiciaire
Elle est chargée de rechercher les auteurs des infractions pénales (les voleurs, les bandits, les
dealers, les agresseurs, ....)
B) La police administrative
Elle est chargée de la sécurité et de la salubrité publique, ainsi que de la délivrance des cartes
nationales d’identité.
C) La police municipale
Dans toutes les communes du Sénégal, il existe une police municipale. Son rôle est de veiller
sur les installations de la commune (marchés, postes de santé, circulation....).

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En dehors des villes, dans les campagnes, c’est la gendarmerie nationale qui joue le rôle de
la police.
II) les sapeurs pompiers
On les appelle aussi les « soldats du feu » et ils ont pour devise « sauver ou périr ». Ils
interviennent en cas d’incendie, de noyade, d’accident, de catastrophes naturelles, etc.
Ils ont tous reçu une formation militaire et une formation en secourisme et réanimation.
III) La prévention routière
Pour éviter les accidents de la circulation, on a pris un certain nombre de mesures : c’est la
prévention routière. Ces mesures sont consignées dans un livre appelé « code de la route ».
Tous les citoyens doivent connaître ce code.
Conclusion
La police, la gendarmerie et les sapeurs pompiers assurent la sécurité et la protection des
citoyens.
.......................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................
.........................................................
L5 : LA QUESTION DE L’EXCISION AU SENEGAL

Introduction
L’excision est une pratique traditionnelle observée chez beaucoup de peuples. Aujourd’hui
elle est considérée comme un crime.
I) La pratique de l’excision
L’excision est une pratique dont l’origine remonte très loin dans le temps. Elle était ancrée
dans nos coutumes. Elle consiste en l’ablation du clitoris entier et souvent des parties
avoisinant la petite lèvre. La pratique de l’excision a souvent des conséquences néfastes qui
sont hémorragies, maladies infectieuses, décès.
II) L’excision, un acte condamné
Au Sénégal, l’excision est condamnée par la loi dans l’article 299 du code pénal. Un comité
national de lutte contre cette pratique est mis en place dans le but de prendre des mesures
préventives. En effet de plus en plus, les médias, les ONG vont auprès des populations dans
les campagnes pour la sensibilisation sur les effets néfastes de l’excision.
Conclusion
L’abolition de l’excision doit mobiliser tous les citoyens soucieux de défendre les libertés
individuelles ou collectives.

L6 : LA FAMILLE TRADITIONNELLE AFRICAINE AU SENEGAL

Introduction
Contrairement à d’autres civilisations comme celle des Européens où l’individu est parfois
seul, au Sénégal chaque citoyen se définit et se rattache par rapport à une famille.
I) L’organisation de la famille au Sénégal

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Au Sénégal toutes les personnes qui portent souvent le même nom appartiennent à la même
famille. Elles forment un cadre qui peut alors prendre le nom de famille. Exemple : Ndiayène,
Ndiobène, Thiamène, etc.
La solidarité des différentes familles se manifeste à l’occasion de cérémonies telles que
mariage, naissance, décès.
La communauté d’origine, l’usage du même nom, le devoir de solidarité fondent ce qu’on
appelle la solidarité qui est extrêmement importante au Sénégal. Ainsi on distingue la famille
naturelle fondée sur les liens du sang et la famille par alliance liée au mariage, et la parenté
proche de la parenté éloignée. C’est ce qui fait qu’au Sénégal la famille est étendue, et un
parent est un autre moi-même que je dois respecter.
II) Les devoirs au sein de la famille sénégalaise
Après le devoir de solidarité, il faut noter d’autres devoirs qui sont :
 le devoir de respect : il consiste d’abord à respecter le nom que je porte afin de
préserver le prestige et la dignité du nom.
 le devoir d’assistance : chacun doit contribuer financièrement ou matériellement en
cas de joie ou de malheur pour trouver une solution aux problèmes.
 le devoir d’accueil et d’hospitalité : il consiste à recevoir les parents chez soi, avoir
la patience, de partager les repas avec eux et surtout de les écouter.
 le devoir de présence : la participation matérielle doit s’accompagner d’une présence
physique. C’est la chose à laquelle la société africaine attache la plus haute
importance (« l’homme est le remède de l’homme » dit le proverbe wolof).
Ces devoirs qui s’imposent à la famille évitent l’anarchie, le désordre, la paresse, et instaurent
la paix et l’entente.
Conclusion
Tous les membres d’une même famille sont tenus de respecter le même code d’honneur, c’est-
à-dire de respecter les mêmes engagements, de s’imposer la même rigueur morale, les mêmes
interdits.

CHAPITRE I : Citoyenneté et vie sociale

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L1 : Vivre en société (respect des lois et règles, le
devoir de responsabilité, l’amour du travail bien fait)
I- Le respect des lois et des règles de la société
La société est régie par des lois et des règles qui permettent de ne pas
instaurer l’anarchie. Le citoyen doit s’en tenir à certains nombres de devoirs
obligatoires : respecter la loi, payer les impôts (qui sert au bon fonctionnement
de l’Etat et finance l’éducation, la santé, la sécurité…), se faire recenser,
accepter d’être juré d’assise, respecter le droit et la liberté inaliénable de ses
concitoyens sans distinction de race, de religion, de langue etc. Un citoyen qui
respecte les lois et les règles qui régissent sa société sait faire preuve de
civisme au nom de la solidarité et de l’intérêt général. Respecter aussi
l’environnement et ne pas abimer les biens communs est une preuve de
civisme.

II- Le devoir de responsabilité et l’amour du travail bien fait


Chaque citoyen a un devoir de responsabilité. La responsabilité civile c’est
l’obligation de réparer un dommage causé à quelqu’un d’autre. Etre
responsable c’est être marqué par le bon sens et la réflexion et donc
mentalement apte à répondre devant la loi. Le devoir de responsabilité pour un
citoyen c’est de se sentir pleinement concerner au bon fonctionnement de sa
société.

En outre, l’amour du travail bien fait doit être développé chez chaque citoyen
afin d’assurer dignement le développement de la société. Chaque citoyen doit
à chaque instant croire en ses capacités et de bien mener son travail afin de
mieux servir la société.

L2 : Citoyenneté et solidarités (participation à la vie de


la cité, protection de l’environnement et du
patrimoine, sécurité individuelle et collective)
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I- La participation à la vie de la cité et protection de
l’environnement et du patrimoine
Le citoyen doit participer activement à la vie de la cité. Les droits du citoyen
découlent de sa participation dans la cité car un citoyen possède le droit de
vote et il peut être élu. Il contribue à l’élaboration des lois mais à l’obligation de
respecter ces mêmes lois qui expriment la volonté collective et non
individuelle. Le citoyen responsable au bon fonctionnement de sa société doit
aussi protéger son environnement et son patrimoine. Dans ce sens, il existe des
organisations de la protection de la nature composées par des citoyens
soucieux de protéger les espèces et les écosystèmes patrimoine de leur société

II- La sécurité individuelle et collective


L’homme a par nature des droits fondamentaux. Ces droits concernent la
liberté sous tous ces aspects. On parle de droits-libertés pour désigner le droit
de faire quelque chose, le droit à l’instruction indispensable pour l’individu et le
citoyen. Chaque personne a le droit d’avoir ou d’exiger la sécurité de sa
personne. La sécurité collective et individuelle des citoyens est assurée soit par
l’Etat soit par les citoyens eux-mêmes grâce aux impôts qui permettent de
financer la sécurité publique. La solidarité entre citoyen permet d’avoir la
sécurité individuelle de chaque personne demeurant dans la société.

Chapitre II- : Organes et structures déconcentrés


et décentralisés
La décentralisation au Sénégal est entrée en phase décisive en 1996
avec le transfert par l’Etat de neuf domaines de compétences aux
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collectivités locales. Les collectivités locales ont acquis une autonomie
de gestion et les membres qui les composent sont élus au suffrage
universel. Les domaines transférés se répartissent en trois catégories :

-les domaines d’actions de développement économique :


planification, aménagement du territoire, gestion des ressources
naturelles, urbanisme et habitat.

-les domaines des actions de développement culturel : éducation,


jeunesse et culture.

-les domaines d’actions de développement social et sanitaire : santé


publique et action sociale.

La mise en œuvre de politiques locales dans ces domaines de


compétences de première importance pour la vie quotidienne des
citoyens et le degré d’autonomie consacré par les dispositions légales
sont entravés par la faiblesse des ressources humaines et financières
des collectivités locales.

L3 : Evolution de l’organisation administrative du


Sénégal de 1960 à nos jours.
I-Historique
L’administration territoriale réorganise le territoire national qui aboutit à la
création de trois échelons successives de déconcentration ; la région, le cercle
(département) et l’arrondissement. La loi 60-015 du 13 janvier 1960 complétée
par le décret 60-113 du 10 mars 1960 prévoit le découpage du territoire
national en 7 régions administratives (Cap vert, Casamance, le Fleuve, le
Sénégal oriental, Sine Saloum et Thiès) à l’intérieur desquelles se trouvent 27
cercles dirigés par des gouverneurs, des préfets et sous préfets. En 1962 le
territoire national est découpé en 86 arrondissements. Leurs nombres varis
d’une région à l’autre et d’un cercle à l’autre. La loi 64-284 du 3 avril 1964

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consacre la dénomination du cercle en département et ensuite la préfecture en
chef lieu de cercle. En 1964, l’Etat avait adopté la loi 66-46 du 17 juin 1964
relative à la création et aux attributions de la communauté rurale mais sans
pour autant préciser leur délimitation. En 1976,Louga est érigé en région avec
la scission de la région de Diourbel en deux régions(Louga et Diourbel).La loi
84-22 du 24mars 1984 portant sur l’organisation administrative et territoriale,
divise les régions de la Casamance et du Sine Saloum en deux régions chacune
dont respectivement les régions de Kolda et Ziguinchor, et celle de Fatick et
Kaolack. En 2001, Matam est érigé en région et celle du département de
koungheul en 2006.En 2008, l’érection des départements de Kafrine,
Kédougou, Sédhiou en région à part entière, celle de dix localités en
département, ainsi que la création de nouvelles communautés rurales et de
nombreuses communes. Aujourd’hui le Sénégal compte 14 régions, 45
départements, 43 communes d’arrondissements, 150 communes et 340
communautés rurales.

II- Les unités administratives actuelles


Le nombre de régions passent à 14 sur l’étendu du territoire Sénégalais.
Chaque circonscription est divisée en département appelée préfecture dirigé
par les préfets. Les départements sont divisés en arrondissements appelés
sous-préfectures dirigés par des sous-préfets. Ces arrondissements sont
constitués par communautés rurales dirigé par des présidents conseils ruraux.
Et enfin ces communautés sont subdivisées en villages ayant à leur tête des
chefs de villages. Ces unités administratives en vu de la décentralisation
permettent un contrôle de l’Etat sur tout le territoire national et favorise la
participation des populations au développement du pays.

L4 : L’arrondissement : structure et organisation


I-Structures

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L’arrondissement correspond aux cantons coloniaux. Il a été créé depuis la
réforme de 1960. Dirigé par le sous préfets, l’arrondissement est composé de
plusieurs communautés rurales qui elles mêmes sont divisées en villages. Ces
villages, dans le souci de faire intéresser la population au développement local,
se constituent en conseil rural. Ainsi l’arrondissement se structure comme suit :

Arrondissement sous préfets, adjoint sous préfets

Communauté rurale président conseil rurale

Conseil rural conseillers ruraux

II- Organisation
1- Le sous préfet

L’arrondissement fonctionne grâce à ses structures. Le sous-préfet, nommé par


décret, dépend de l’autorité préfectorale qui dépend du gouverneur. Ce
dernier dépend du premier ministre qui dépend du président de la république.
Le sous préfet contrôle les fonctionnaires de la localité et fait appliquer les lois
et règlements. Responsable de l’Etat civil, du maintien de l’ordre et du
développement socio-économique de sa circonscription administrative, le sous
préfet est le représentant du gouvernement et du préfet.

2-La communauté rurale

La communauté rurale apparait à la date de la réforme du 1er janvier 1972. Elle


est constituée par un certain nombre de villages du même terroir qui
possèdent des intérêts communs. Présidée par le président du conseil rural,
assisté des conseillers ruraux, une communauté rurale peut se regrouper avec
d’autres communautés ruraux en un groupement rural pour la gestion et
l’exploitation des biens d’équipement.

3-Le conseil rural

Le conseil rural règle les affaires de la communauté comme par exemple la


création ou la suppression des foires et des marchés, le budget de la
communauté. La réforme a instituée le conseil rural qui est un ensemble de
sièges, de délégués des habitants de la localité. Ceci en vue d’intéresser la
Page 27
population au développement local de leur collectivité. Le conseil rural est
dirigé par un conseil sous la supervision du sous préfet. Il organise les villages
pour œuvrer des actions de développement.

L5 : Le département : structures et organisation


I-Les structures
Le département est une unité administrative qui vient après la région. Depuis la
réforme de 1994, chaque région est divisée en département puis en
arrondissement. Les limites du département sont fixées par décret présidentiel.
Les départements ont été créés en tant que unités administratives afin de
mieux gérer le territoire national. Aujourd’hui le département a acquis une
vraie autonomie par rapport à l’Etat grâce aux lois de la décentralisation.
Comme la commune et la région, le département est aussi une collectivité à
part entière, administré librement par une assemblée élue. La structure qui
administre le département est la préfecture où l’autorité est le préfet, assisté
d’un adjoint. Les départements sont des circonscriptions administratives
déconcentrées coordonnées par le préfet. Celui-ci a l’attribution particulière
d’approbation des délibérations des conseils ruraux en matière d’affectation et
de désaffectation des terres du domaine national. Le préfet nommé par le
gouvernement, représente l’Etat dans le département. Il dirige et contrôle les
services de l’Etat et met en œuvre la politique gouvernementale de
développement et d’aménagement du territoire à l’échelle du département.

II-Organisation
Le préfet, représentant du gouvernement dans le département, est placé sous
l’autorité hiérarchique du gouverneur de région. Il est le coordonateur entre les
services de son département. Le préfet a sous son autorité le sous préfet, les

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fonctionnaires dans son département. A ce titre, il assiste à toutes passations
de services. Il surveille le droit civique et politique de la population de sa
localité. Le préfet travaille avec la communauté rurale par l’intermédiaire du
président du conseil rural et des conseils ruraux. Il travaille aussi dans les
centres d’extension rurale (CER) pour des intérêts économiques communs.

L6 : La région : structures et organisation


I- Structures
La région est née d’un groupement d’un certain nombre d’anciens cercles. Elle
est un territoire dont les limites et chef-lieu sont fixés par décret et est la plus
grande unité administrative. Les régions ont été créées pour faciliter
l’aménagement du territoire national et servir d’intermédiaire entre les
départements et l’Etat. La région est structurée en département,
arrondissement, communauté rurale et villages.

-le département : unité administrative qui vient après la région

-l’arrondissement : unité administrative qui vient après le département et


dirigé par le sous préfet

-la communauté rurale : c’est une collectivité locale dirigée par un président
du conseil rural élu et représentant le préfet.

-le village : un ensemble de concessions regroupé plusieurs familles et dirigé


par un chef de village.

II-Organisation
Nommé par décret pris en charge par le conseil des ministres, le gouverneur
dirige la région et réside obligatoirement dans le chef –lieu dudit région. Le
gouverneur est délégué par le président de la république. Il est responsable du
Page 29
développement économique et social de la région et préside tous les comités
consultatifs de la région. Le gouverneur est le commissaire du gouvernement
auprès du conseil régional. Il est secondé par deux adjoints : un premier chargé
des affaires administratives et un second chargé du développement. Avec la
décentralisation la région dispose de certains pouvoirs jusque là détenus par
l’administration centrale. Elle est administrée par un conseil élu (conseil
régional) et elle dispose d’un organe exécutif (président du conseil régional). Le
conseil régional est l’organe délibérant car il vote le budget et délibère sur les
grands programmes mis en œuvre. Les conseillers régionaux élus, élisent le
président du conseil régional, qui est l’organe exécutif de la région. La région
fonctionne en relation avec ses structures pour son bon fonctionnement.

Président de la république
………………………………………..
Premier Ministre /Ministres

Services de l’Etat

-CONSEIL REGIONAL

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Structures -PRESIDENT DU décentralisées Structures
CONSEIL
déconcentrées
-POPULATIONS
REGION :
Gouverneur

REGION

Services Régionaux

-CONSEIL DEPARTEMENT :
MUNICIPAL Préfet
COMMUNE -MAIRE
-POPULATIONS

Services
Départementaux

-CONSEIL RURAL ARRONDISSEMENT :


-PRESIDENT DU Sous préfet
COMMUNAUTE CONSEIL
-POPULATIONS
RURALE

CHEF DE VILLAGE AGENT DE L’ETAT

POPULATIONS

CHAPITRE III : Paix et solidarité


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L7 : La paix, facteur de progrès
I- Définition des concepts
La paix peut être définie comme un état, une situation. Ainsi on peut parler de paix
d’esprit, paix intérieur, état de calme profond. Il existe plusieurs définitions de la paix
selon les états et les situations. La paix est la situation d’un Etat ou d’un territoire qui
n’est pas en guerre. On peut noter une absence de conflit. La paix peut aussi signifier
le rapport entre citoyen ou absence d’agitation dans le monde du travail, de la
politique, de la religion, etc. Quant au progrès, on peut le concevoir comme une
évolution positive et bénéfique vers ce qui est considéré comme l’idéal. Dans ce cas
on peut parler de développement.

II-Le progrès grâce à la paix


Peut-on parler de progrès sans la paix ? Ou est ce qu’un pays instable peut prétendre
au progrès ?

Aujourd’hui, on ne peut parler de développement ou de progrès dans un pays où il


n’ya pas de paix. Car la paix est un facteur de progrès. Toutes sociétés qui aspirent au
développement doivent au moins assurer à ses citoyens la sécurité, la liberté afin de
développer l’amour du travail bien fait et l’amour pour le progrès. Un citoyen trop
soucieux de sa sécurité n’aura pas le temps de bien faire son travail. Un Etat qui
assure la sécurité pour ses citoyens permet à ceux-ci de mieux s’occuper de leur
travail et de mettre leur talent au service de leur pays afin d’assurer le progrès.
Toutes sociétés qui aspirent au développement doit au moins assurer en premier lieu
la paix et la sécurité à ses citoyens.

L8 : La solidarité nationale : formes et manifestations


I- Les formes de solidarité nationale
La solidarité nationale est une forme de solidarité organiser par l’Etat en vue de
réduire les disparités entre les citoyens (dans les domaines de revenus, santé,
éducation…) et de préserver l’unité de la nation. C’est dans cette optique que l’Etat
créé des institutions de solidarité nationale. Dans le cadre de ses institutions, chaque
citoyen moyen peut contribuer au bien du citoyen démuni. En dehors de ces

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institutions, des associations et des organisations non gouvernementales travaillent
dans le même cadre.

II-Les manifestations de la solidarité nationale


Aujourd’hui, de fortes inégalités demeurent entre les citoyens et de nouvelles formes
de pauvreté apparaissent. L’exclusion sociale se manifeste. Ce phénomène créé une
fraction sociale dans la société. Ce fossé est une menace pour le maintien de la
cohésion sociale. Au Sénégal, le gouvernement a mis en place le FNPJ (fond national
de promotion de la jeunesse) pour financer les projets des jeunes n’ayant pas de fond
et ceci en vue de diminuer les demandes d’emploi et de réduire la pauvreté. Des
associations de solidarité jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté. Au
Sénégal des associations comme la Zakat house, le collectif des imams de lutte contre
la pauvreté, l’église avec les actions Caritas bouchent les insuffisances de l’aide
publique de l’Etat. Toujours dans la même optique, la caisse de sécurité sociale et
l’assurance chômage travaillent en ce sens.

En Europe des institutions d’entraide publique sont mise en place, financées par
l’impôt que chaque citoyen donne à l’Etat selon ses moyens et reçoit de l’Etat selon
ses besoins. La solidarité nationale se manifeste à travers le RMI (revenu minimum
d’insertion) créé en 1988. Cette allocation est versée aux personnes qui perçoivent
des ressources inférieures à un certain revenu, fixé par le gouvernement. La CMU
(couverture maladie universelle) instaurée en 2000 permet à plus de 4 millions de
personnes en grande détresse de bénéficier de l’accès gratuit au soin.

L9 : La solidarité internationale : formes et


manifestations
Conscients de partager un destin commun, les hommes vont développer les valeurs
d’amitié, de fraternité et de solidarité entre les nations. En ce sens d’importantes
organisations internationales à caractère public et privé ont été instituées. C’est le
cas notamment de la croix rouge internationale, de la fédération mondiale des villes
jumelées, du volontariat et bien d’autres formes de solidarité. Chaque forme de
solidarité a une manifestation identifiée dans leur domaine d’intervention.

I- La croix rouge
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Le 24 juin 1859 à la suite de la bataille de Solferino, la croix rouge internationale est
créée en 1864 à Genève (suisse) sous l’impulsion d’Henri Dunant. Cette organisation
bénévole offre ses services en cas de guerre ou de calamités naturelles (sécheresse,
tremblement de terre…). Depuis 1929, la croix rouge, le croissant rouge et le lion
soleil sont les signes de la neutralité reconnue. L’organisation de la croix rouge repose
sur :

-le comité internationale de la croix rouge qui intervient dans les conflits armés et
coordonne les activités pour le secours aux blessés.

-la ligue des sociétés qui coordonne les activités des sociétés nationales et centralise
les dons ;

-les comités nationaux ont une activité quotidienne de formation, d’information


visant à diffuser l’idéal de la croix rouge ;

-la conférence de la croix rouge est l’organe délibératif et se réunit tous les 4 ans.

Le croissant rouge ou la croix rouge a pour but de secourir les blessés lors d’une
guerre ou d’une catastrophe, d’atténuer la souffrance des hommes en toutes
circonstance. Lors des guerres, son action est guidée par les 4 conventions de Genève
relative à l’assistance aux blessés, aux prisonniers de guerre, à la protection des
populations civiles.

En temps de paix, la croix rouge s’active dans la recherche internationale de


personnes disparus ainsi que le regroupement des familles. Elle a un programme de
formation de taches quotidiennes de soins, de secours, d’éducation (hygiène
diététique). Elle comprend le comité international de la croix rouge (CICR), la ligue
des sociétés de la croix rouge qui intervient en cas de catastrophe, les comités
internationaux qui participent aux actions des organismes internationaux (UNICEF,
OMS…).

II-Jumelage (FMVJ)
Le jumelage est un pacte signé entre deux ou plusieurs villes de pays différents pour
promouvoir l’amitié entre leurs habitants depuis 1957, la fédération mondiale des
villes jumelées est créée. Elle est un cadre de réflexion pour la promotion et la
consolidation de l’entente entre les peuples. Le jumelage favorise des échanges
d’idée, de personne, de produits…. Un comité de jumelage est créé pour faciliter
l’entente entre ville jumelée. Il a pour principal objectif : l’entente entre les peuples

Page 34
quelques soient leur différences. Ainsi le jumelage participe au maintien de la paix
dans le monde et un exemple de solidarité internationale. Les principes de la
fédération restent la non ingérence, la non discrimination et la solidarité.

III- Le volontariat
C’est un engagement d’une personne ou groupe de personnes par rapport à des
initiatives d’aide. Les organisations privées encouragées ou non par l’Etat, de
solidarité, les missions religieuses sont des volontaires. Elles participent à des actions
de développement, construction de dispensaire, d’écoles de forages…. C’est le cas du
corps de la paix américaine, des volontaires canadiens, français, japonais…. Le
volontariat recrute des jeunes qui voyagent et dont le séjour ne dure que 2 ans en
général. L’action volontaire existe à coté de celle des organismes internationaux à
caractère publics (ONU et institutions spécialisées) et à caractère privé. Les
volontaires sont des spécialistes, des techniciens, des médecins, des infirmiers, des
ingénieurs, etc. participants à des actions ponctuelles de développement (PEACES
CORPS, Vétérinaire Sans Frontière).

IV- Les autres formes d’aide au développement


Ce sont les coopérations bilatérales établies par le biais d’accords particuliers de pays
à pays mais aussi de l’aide financière au développement qui est le fait des grandes
banques internationales (FMI, Bailleurs de fonds, Banque mondiale) ou de banques
privées. Ces organismes participent aux grands travaux d’infrastructure des pays
demandeurs.

Page 35
Chapitre I : Le Sénégal : une nation, un Etat
L1 : La construction de la nation Sénégalaise : origine
et évolution
I-Origine ou fondement de la nation Sénégalaise.
Avant l’arrivée des colons français au 19ème siècle, le Sénégal a connu la naissance et
le rayonnement de grands royaumes comme le Tekrour, le Djolof, le Walo….Ceux-ci
ont joué un rôle important dans le développement d’un sentiment national, d’une
entité culturelle commune et d’une unité. Le Djolof et le Tekrour ont été très tôt des
foyers où plusieurs ethnies ont cohabité, jetant les prémices de la naissance d’une
nation. Il faut dire qu’avec la colonisation, les différences ethniques vont commencer
à disparaître laissant la place à une intégration des populations. Cette union des
populations de cultures différentes mais rassemblées dans une même sphère par la
balkanisation développera un véritable sentiment national, car les différends
interethniques et les luttes religieuses y sont méconnus. Le Sénégal s’affirmera
comme nation indépendante en 1960 et s’identifiera sur la scène internationale à
travers ses symboles.

II-Evolution de la nation Sénégalaise.


1-Evolution politique

La vie politique de la nation Sénégalaise s’est rythmée en 2 période : la période des


métisses et des blancs depuis la loi du 27 Avril 1848 jusqu’en 1914 ; la période des
mulâtres et des noirs avec l’élection de Galaye Diagne dit Blaise (né en 1872), puis
de Galandou Diouf qui le remplace jusqu’en 1941.Après la seconde guerre mondiale,
Lamine Gueye et Léopold sedar Senghor représenteront le Sénégal au parlement
français. En 1948, Senghor quitte la SFIO (section française de l’internationale
ouvrière) à la suite d’un différend avec Lamine Gueye et crée avec Mamadou dia le
BDS (bloc démocratique sénégalais).Le BDS gagnera les élections législatifs de 1951 et
de 1958.Senghor nommé secrétaire d’Etat à la présidence du conseil et Mamadou dia
Page 36
assure la représentation du Sénégal au sénat. Créée en 1956 (Cotonou), l’Union
général des travailleurs d’Afrique noire (UGTAN) marque un tournant décisif dans la
lutte pour l’émancipation. La loi cadre de 1956 consacre la balkanisation de l’Afrique.
Au Sénégal, Mamadou dia devient vice-président du conseil de gouvernement et la
capitale est transférée de Saint Louis à Dakar. Cette période est aussi marquée par la
fusion du BDS et d’UDS qui donne le BPS (bloc populaire sénégalais).Vainqueur des
élections de 1957 aux dépens de PSAS (parti socialiste d’action sénégalais) de Lamine
Gueye. Quelques temps après, ces deux partis donnent l’UPS (union progressiste
sénégalaise).

Le référendum du général De Gaulle de 1958 divise la classe politique du Sénégal.


Ainsi les indépendantistes de l’UPS créent le PRA (parti du rassemblement africain) et
avec le PAI (parti africain pour l’indépendance) se lancent dans la lutte. Mais au
referendum le Sénégal devient membre de la nouvelle communauté. Le 17 janvier
1959, la Fédération du Mali voit le jour et accède à l’indépendance le 20 janvier 1960
mais dans la nuit du 19-20 Août la fédération éclate. Le Sénégal retient le 4 Avril 1960
date de la signature des accords franco-sénégalais comme anniversaire de son
indépendance. Léopold Sedar Senghor est élu président de 5 septembre 1960.Il est
réélu le 28 Février 1978 et démissionne du pouvoir le 31 décembre 1980.Abdou Diouf
le remplace et le 27 Février 1983 est élu comme président puis réélu le 21 Février
1993.Le nouveau président Abdoulaye Wade élu le 19 Mars 2000 est le 3ème président
du Sénégal après l’indépendance.

Aujourd’hui, le Sénégal avec un régime présidentiel est une république démocratique


(présence de plusieurs partis politiques).En 2001, le mandat présidentiel est ramené
de 7 ans à 5 ans et le Senat rétabli en 2007.Le Sénégal a aboli la peine de mort le 10
Décembre 2004.En août 2008, une loi organique recrée une cour suprême par la
fusion entre la cour de cassation et le conseil d’Etat.

2-Evolution économique :

L’économie sénégalaise est essentiellement basée sur la culture de l’arachide, une


culture coloniale dont le développement est accentué par la présence des chemins de
fer Dakar, Saint Louis en 1895 et celui de Thiès, Kayes en 1907.

L’économie était sous domination française (Maurel, Prom, Peyrissac).Sur le plan


financier, la loi du 13 avril 1900 autorise les colonies à conserver l’ensemble de leur
recettes fiscales afin d’assurer l’ensemble des dépenses civiles de fonctionnement et
d’équipement. La métropole assure les dépenses militaires. Après les indépendances,

Page 37
presque la majorité de la population était paysanne et cultivait l’arachide principale
culture commerciale. A l’origine, les colonies ne devaient que produire de la matière
première et une main d’œuvre gratuite. Il était interdit de développer une activité
industrielle.

Aujourd’hui, le Sénégal possède la 3ème économie de la sous région après le Nigéria et


la Côte d’Ivoire. Compte tenu de sa situation géographique et de la stabilité politique,
le Sénégal fait partie des pays africains les plus industrialisés avec la présence de
multinationales qui sont majoritairement français et dans une moindre mesure
américaine. Son économie est principalement tournée vers l’Europe et l’Inde. Ses
principaux partenaires économiques sont la France, l’Inde, l’Italie. La Chine est un
partenaire de plus en plus grandissant comme en témoigne le sommet Chine-
Afrique.

La pêche constitue la principale source de devises au Sénégal. Depuis la réduction de


la taxe de douane, cela a dopé l’exportation au détriment de l’écosystème des fonds
marins.

Le tourisme est développé essentiellement sur le littoral avec de grands complexes


hôteliers internationaux et des hôteliers locaux de grandes qualités.

L’élevage revêt au Sénégal une grande importance tant sur le plan économique,
social et culturel. Près de 3 millions d’individus s’adonnent peu ou prou à des activités
d’élevage et 350000 familles sénégalaises tirent essentiellement leurs revenus de
celui-ci. L’élevage constitue 7,4% du PIB national.

L2 : La nation sénégalaise : unité et diversité


I-L’unité de la nation sénégalaise
La nation est une communauté d’hommes et de femmes unies par des liens
historiques, ayant acquis au cours d’une longue cohabitation la conscience de leur
unité et la volonté de vivre en commun dans la solidarité. La nation sénégalaise,
composée de plusieurs ethnies qui se sont regroupés dans le passé aux environs du
fleuve Sénégal a tiré une histoire commune, une unité culturelle profonde, un
sentiment de parenté par cousinage et de fraternité. Au Sénégal, un système de
valeur relatif à la structure linguistique, à la parenté à plaisanterie, aux mariages

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mixtes et interethniques permet de circonscrire d’éventuelles tensions sociales ou
culturelles et de garder l’unité de la nation. Un autre aspect est que tous les
sénégalais se reconnaissent à travers les symboles de la nation qui traduit l’unité, la
solidarité de toutes les ethnies et religions du pays.

II- L’Union dans la diversité


La nation sénégalaise n’est pas homogène. Les différentes ethnies sénégalaises ne
sont rien d’autre que des espaces culturels variés sur un fond culturel commun. Unité
dans la diversité, unité culturelle qui est simplement synonyme d’unité nationale.
Gravant (H.) déclare deux découvertes :la première est l’unité nationale du Sénégal
fondé sur la parenté des différentes ethnies ;la seconde est que la nation
sénégalaise est en gestation depuis 2000 ans « depuis 8 ou 9 siècle, il n’ya qu’un
seul peuple sénégalais ,plus uni par les liens de la biologie et de la culture que
certains peuples d’occident ».La société sénégalaise se caractérise par une
homogénéité fondamentale des ethnies qui la compose ;les wolofs sont la principale
ethnie du pays, les Lébous ont adoptés la langue wolof. Les sérères sont considérés
comme les cousins tribaux des wolofs ; les toucouleurs, les sérères, les peules sont
apparentés traditionnellement. Ainsi les trois quart de la population du Sénégal ont
d’étroites relations ethniques et historiques. Même les Diolas quoique coupés par la
Gambie du reste du Sénégal entretiennent d’étroites relations avec les sérères. Ce
fait assez exceptionnel dans l’ouest africain mérite d’être souligné. Dans le quotidien
des sénégalais, les exemples (ne manque pas) qui renforcent cette idée autour de
laquelle s’est bâti une société de tolérance. Exemple : au Sénégal les catholiques se
sont bien intégrés dans le milieu musulman. Entre musulmans aussi, toutes les
confréries cohabitent sans difficulté. Le dialogue islamo chrétien vécu au Sénégal est
magnifié jusqu’au Vatican.

L3 :L’Etats : définition, types, rôles et fonctions


I-Définition
L’Etat est un organe juridique, plus ou moins centralisé qui impose les normes et
organise la société. Le support des institutions suppose une limite au territoire
national, sujet à divergence. Il dispose du monopole d’édicter des lois qui
s’appliqueront à tous, chacun y étant soumis. Au sens plus étroit, l’Etat est une entité

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artificielle composée de fonctionnaires assujettis au gouvernement qui leur ordonne
le droit public.

II-Les différents types d’Etat.


Les différentes relations entre l’Etat et les collectivités déterminent selon leur degré
de rapprochement et d’attribution, une forme étatique.

1-Etat unitaire

Ce type d’organisation étatique se fonde sur la centralisation d’une entité unique et


en théorie indivisible. Ce centre politique dispose de sa souveraineté et de son
autonomie, et n’est soumis à aucune autre norme supérieure. Un Etat unitaire n’offre
pas aux collectivités le pouvoir d’élaboré les lois, ni celui de pouvoir édicter leur
propre constitution ; leurs attributions sont limitées et sous contrôle stricte du
pouvoir central. Cependant dans l’Etat unitaire on peut avoir un Etat unitaire
déconcentré et un Etat unitaire décentralisé.

 Etat unitaire déconcentré : si l’autorité conserve un pouvoir large de décision,


elle délègue certaines compétences à des relais situés en périphérie. C’est le
cas des préfets inscrits dans le cadre des régions qui se soumettent à l’autorité
hiérarchique et qui interviennent pour de nombreuses raisons.
 Etat unitaire décentralisé : le pouvoir juridique de l’Etat est attribué en partie
à des collectivités indépendantes, nommées et soumises à l’autorité centrale.
Ex : le Sénégal.

2-L’Etat fédéral

C’est un Etat composé de deux ou de plusieurs Etats fédérés dont chacun dispose
d’une grande autonomie. Dans l’Etat fédéral, chaque Etat conserve son autorité à
l’intérieur de son territoire. A côté d’un organe fédéral, il y a des organes dits fédérés.
Cependant, l’Etat fédéral représente les Etats fédérés au niveau international. Les
Etats membres de la fédération gardent les compétences déterminées et jouissent
d’une large autonomie dans des domaines comme la santé, l’éducation, la sécurité
interne, l’hygiène….L’Etat fédéral qui est au dessus des Etats fédérés reste souverain
dans les domaines comme la défense, la diplomatie, l’économie….Ex : les USA.

3-L’Etat confédéral

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C’est un ensemble d’Etats regroupé en une confédération plus ou moins durable dont
les membres ont des objectifs communs .En d’autre termes c’est une union d’Etats
souverains ou de plusieurs confédérations. Il s’agit donc d’union d’Etats indépendants
scellée dans une époque donnée pour des buts et des objectifs desquels découlent
des engagements réciproques. Dans une confédération, il n’existe donc ni de
territoire commun à tous les citoyens, ni d’organisation législative ou judiciaire ayant
compétence sur la totalité du pays. Ex : La confédération Suisse.

III-Rôles et fonctions de l’Etat.


L’Etat assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur
développement, il garantit à tous notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux
travailleurs la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.
L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un
devoir de l’Etat. Il a aussi le devoir de défendre la société contre tout acte de violence
ou d’invasion de la part des autres sociétés, de protéger autant que possible chaque
membre de la société contre toute oppression, le devoir d’établir une administration
exacte de la justice. L’Etat a le devoir d’ériger et d’entretenir des ouvrages publics et
n’a pas le monopole de l’intérêt général auquel participent également les collectivités
locales. Dès lors, la recherche de l’équité dans la diversité est plus efficace qu’un
traitement uniforme. L’Etat doit accepter de concevoir son rôle en fonction de la
nouvelle donne que constitue la décentralisation aux collectivités locales. En
particulier, l’Etat doit se recentrer sur ses fonctions régaliennes (justice, police, ordre
public et sécurité, diplomatie et affaires étrangères, défense, monnaie et finance) et
permettre aux collectivités locales d’assumer leurs compétences dans les meilleures
conditions.

CHAPITRE II : Les institutions de la République


L4 : Le pouvoir exécutif : structures et fonctionnement
I-Définition
Le pouvoir exécutif (appelé aussi l’exécutif) est un des trois pouvoirs constituant
l’Etat. Il est chargé de gérer la politique courante de l’Etat. Le pouvoir est partagé
entre le président de la république et le gouvernement. Le pouvoir exécutif dans le

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cadre de la séparation des pouvoirs est l’organe chargé de l’application des lois. La
science politique dépasse cette notion d’exécution : le pouvoir exécutif est également
l’organe qui conçoit et dirige la politique de la nation. Le pouvoir exécutif peut être
monocéphale (détenu par une seule personne, le roi ou le président de la république)
ou bicéphale(le pouvoir est partagé entre le chef de l’Etat et le premier ministre).

II-Historique de l’exécutif Sénégalais


Depuis son indépendance en 1960 ,l’exécutif du Sénégal était caractérisé par un
dualisme ou le pouvoir était partagé entre le président de la république ( Senghor à
l’époque) et le président du conseil des ministres (Mamadou Dia ).A la suite de
l’opposition entre Senghor et Dia ,cette forme de gouvernement disparue laissant la
place à un régime présidentiel renforcé (1963-1970).Le pouvoir de décision et de
control était entre les mains du président de la république. Le chef du gouvernement
était aussi assumé par lui. L’exécutif était monocéphale. Ce n’est qu’à partir de 1970
que le poste de premier ministre a été créé. Nommé par le président de la
république, il assure la direction du gouvernement et exécute les lois. Le président
peut lui déléguer une partie de ces pouvoirs.

III-Structures et fonctionnement de l’exécutif


1-Structure ou composition de l’exécutif

Pour un bon fonctionnement de l’exécutif, le président de la république s’appuie sur


le gouvernement qui est composé de ministres d’Etat, de ministres titulaires et de
ministres délégués .Un ministre est un agent de l’Etat ou un fonctionnaire qui gère un
département ministériel. Les ministres sont nommés par le président de la
république sur proposition du premier ministre. Les ministres délégués sont chargés
de questions particulières ; ils sont nommés auprès de certains ministres. Les
ministres d’Etat, c’est en raison de leur personne qu’ils ont reçu la désignation
particulière de ministre d’Etat.

Le président s’appuie aussi sur le cabinet, le secrétariat général, le cabinet militaire,


le palais et les autres services et organismes de la présidence.

2-Fonctionnement de l’exécutif

Il est chargé d’assurer l’exécution des lois. Au Sénégal, il est bicéphale, puisqu’il
comporte deux « têtes », le chef de l’Etat et le premier ministre qui dirige

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généralement l’action du gouvernement. Comme dans tous les pays démocratiques,
le fonctionnement du pouvoir exécutif est organisé par une constitution. Celle-ci est
l’ensemble des règles relatives à l’organisation des pouvoirs. Elle ne devrait en
principe pas prêter à confusion. Cependant, on ne saurait comprendre la réalité du
fonctionnement de l’exécutif en ne s’en tenant qu’à une approche textuelle. Cette
dernière étant insuffisante pour une raison simple : une tradition révélatrice du vœu
formulé par Charles DE Gaulle qui souhaitait voir la même république dotée d’un
exécutif fort.

L5 : Le pouvoir législatif : structures et fonctionnement


I-Structures du pouvoir législatif
Le pouvoir législatif est l’un des trois pouvoirs après l’exécutif et la judiciaire. Les
assemblées représentatives de la république du Sénégal portent les noms
d’assemblée nationale et du sénat. L’assemblée nationale est l’institution où le
peuple délègue ses représentants appelés députés, pour exercer le pouvoir législatif.
Elle vote la loi, contrôle l’activité gouvernementale, peut provoquer la démission du
gouvernement par le vote d’une motion de censure. L’initiative de la loi appartient au
président de la république (projet de loi) et aux députés (proposition de loi).150
députés siègent à l’assemblée nationale. Le scrutin est majoritaire à un tour au
niveau des départements à concurrence de 90 députés et proportionnel sur une liste
nationale à concurrence de 60 députés. Le Sénat est la chambre du parlement du
Sénégal. Mise en place en janvier 1999 sous le règne du président Abdou Diouf, le
Sénat a été supprimé le 7 janvier 2001 puis rétabli en mai 2007.Pape Diop est le
président du Sénat depuis le 20 juin 2007.

II-Fonctionnement du pouvoir législatif


Le président de l’assemblée dirige les débats. Il préside les réunions du bureau et de
la conférence des présidents. Les services administratifs de l’assemblée nationale
sont placés sous l’autorité du président assisté des questeurs et du secrétaire
général. Les vice-présidents suppléent le président dans l’exercice de ses fonctions,
suivant l’ordre de leur élection. En tout état de cause, 3 vice-présidents seront
présents sur le territoire de la république d’une manière permanente. Les secrétaires
élus assistent aux réunions du bureau et à la conférence des présidents. Ils dressent

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le procès verbal analytique et en donnent lecture, si elle est demandée, inscrivent les
noms des députés qui demandent la parole, contrôlent les appels nominaux,
constatent les votes à main levée ou par assis et levé, dépouillent les scrutins,
contrôlent les délégations de vote, enregistrent les sanctions en vue de l’application
des dispositions des règlements intérieur de l’assemblée nationales relatives aux
régimes disciplinaires des députés. Le secrétaire général et le secrétaire général
adjoint sont choisis parmi les agents de l’Etat de la hiérarchie A. Ils coordonnent les
activités des huit directions que compte l’assemblée nationale. Les questeurs, sous la
haute direction et le contrôle du président, sont chargés des services du matériel et
des finances de l’assemblée. Ils préparent, sous la direction du président et en accord
avec le bureau, le budget de l’assemblée qu’ils rapportent devant la commission des
finances.

L6 : Le pouvoir judiciaire : structures et


fonctionnement
I-Structures du pouvoir judiciaire.
Selon l’article 88 de la constitution du Sénégal, « le pouvoir judiciaire est indépendant
du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est exercé par le conseil constitutionnel,
le conseil d’Etat, la cour de cassation, la cour des comptes et les cours et
tribunaux ».L’organisation judiciaire au Sénégal a connu plusieurs réformes dont les
plus importantes sont celles de 1984 et 1992.En 1984, les tribunaux de première
instance et les justices de paix sont remplacés respectivement par les tribunaux
régionaux et les tribunaux départementaux. En 1992, on assiste à la suppression de la
cour de sûreté de l’Etat en tant que juridiction d’exception et la suppression de la
cour suprême qui est remplacé par trois hautes juridictions :

-conseil constitutionnel

-conseil d’Etat

-cour de cassation.

II-Fonctionnement du pouvoir judiciaire


Le pouvoir judiciaire fonctionne grâce à plusieurs structures
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1-le conseil constitutionnel

Issu de la réforme judiciaire de décembre 1992, le conseil constitutionnel est le


gardien de la liberté et des droits fondamentaux des citoyens. Il est composé de 5
membres nommés par le président dont un président, un vice-président et 3 juges.
Leur mandat dure 6 ans. Le conseil constitutionnel veille sur la conformité des lois
organiques et engagements internationaux avec la constitution. Il contrôle aussi le
respect de la délimitation du domaine législatif et du domaine réglementaire, ainsi
que l’exercice par le premier ministre des pouvoirs exceptionnels prévus par la
constitution.

2-Le conseil d’Etat

Deuxième pouvoir dans la hiérarchie judiciaire, le conseil d’Etat est créé par la loi 92-
24 du 30 mai 1992.Composé d’un président, de deux présidents de section et de 4
conseillers et des magistrats référendaires, le conseil d’Etat statue sur les recours
pour excès de pouvoir dirigé contre les décrets du président de la république et les
arrêtés des ministres, des gouverneurs, préfets et sous préfets et les décisions
administratives.

3-La cour de cassation

Elle est chargée de la cassation des décisions rendues par la cour d’appel statuant
en matière civile et commerciale, en matière correctionnelle et sociale. Lorsqu’elle
est saisie par les parties d’un pouvoir en cassation, elle est juge de droit et non des
faits. Elle se penche uniquement sur la bonne application de la règle de droit.

4-La cour des comptes

Le Sénégal est le premier pays de la sous région à s’être doté d’une cour des
comptes qui est avant tout une exigence du traité de l’UEMOA. Créée par la loi 99-
02 du 29 juin 1999 et composée d’un président, des présidents de chambre, des chefs
de section, conseillers maîtres, conseiller référendaires, conseillers, la cour des
comptes juge les comptes des comptables publics, assiste le parlement et le
gouvernement dans le contrôle de l’exécution des lois de finance. Elle vérifie aussi la
régularité des recettes et des dépenses et de s’assurer du bon emploi des crédits par
les services d’Etat et des collectivités locales.

5-Chambre de discipline financière

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D’abord cour de discipline budgétaire, puis cour de discipline financière, la chambre
est devenue une chambre non permanente de la cour des comptes.

6-La cour de répression de l’enrichissement illicite

Elle est chargée de réprimer l’enrichissement illicite et tout délit de corruption ou de


réels connexes. Siège à Dakar.

7-La cour d’assise

Elle est une juridiction répressive de droit commun. Elle juge les criminels et les
infractions connexes aux crimes. Composée de magistrats et de jurés. Tous ses
membres assistent aux débats et participent au même titre à la prise de décision. A
Dakar elle est présidée par un président de chambre de la cour d’appel et des
conseillers. Dans les régions un président de chambre et un conseiller auxquels se
joint le président du tribunal du lieu de session.

8-La cour d’appel

Elle est jugée de second degré et statue en dernier ressort. Elle est compétente pour
juger en appel des décisions rendues en premier ressort par les tribunaux régionaux
et les tribunaux départementaux. Il n’y avait sur le territoire qu’une seule cour
d’appel à Dakar ; une nouvelle cour d’appel est implantée à Kaolack en janvier
2000.

NB : En Août 2008, une loi organique recrée une cour suprême par la fusion entre la
cour de cassation et le conseil d’Etat.

Chapitre III : Démocratie et droit de l’homme


L7 : L’Etat de droit et la bonne gouvernance

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I-L’Etat de droit
L’Etat peut être considéré comme une entité artificielle composée de fonctionnaires
assujettis au gouvernement qui leur ordonne le droit public.

L’Etat de droit est disposé d’un pouvoir de droit qui lui permet d’agir selon une
procédure par certains textes tel la constitution.

Son pouvoir de droit se complète par celui d’avoir recours à la violence. La force
utilisée par l’Etat de droit est légitime car elle s’appuie sur le droit. Ainsi il détient les
forces de police, et l’armée dont lui seul possède le monopole.

II-La bonne gouvernance :


Elle est créée à la fin des années 1980 dans l’évolution de la politique
internationale. La réduction de la pauvreté requiert obligatoirement un
gouvernement efficace responsable envers ses citoyens et respectueux de l’Etat de
droit. Voilà pourquoi la bonne gouvernance est devenue un thème central de la
politique de coopération de l’Union Européenne.

1-Qu’est ce que la bonne gouvernance ?

La notion de bonne gouvernance peut être définie en plusieurs manières :

 C’est l’exigence de profondes réformes institutionnelles pour garantir la


croissance et le développement des pays soumis à l’ajustement structurel.
 Selon la commission européenne la bonne gouvernance se définit comme les
règles, les processus et les comportements par lesquels les intérêts sont
organisés, les ressources gérées et les pouvoirs exercés dans la société.
 Selon la banque mondiale : c’est la manière par laquelle le pouvoir est exercé
dans la gestion des ressources économiques et sociales d’un pays au service
du développement.
 Pour le comité d’aide au développement, c’est l’utilisation de l’autorité
politique et l’exercice du contrôle en rapport avec la gestion des ressources
d’une société en vue du développement économique et sociale.
 Pour l’Etat de droit, c’est un système de règles qui soit réellement appliqué et
d’institutions qui fonctionnent vraiment et assurent une application
appropriée de ces règles.

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2-La lutte contre la corruption et la prévention des conflits.

La bonne gouvernance démocratique s’étend bien au-delà de la lutte contre la


corruption. Cependant, elle reconnait que la corruption constitue un obstacle majeur
à la concrétisation des objectifs de développement et un symptôme de gouvernance
inefficace. Selon la commission européenne toutes les parties doivent ratifiées et
appliquées strictement les accords internationaux et régionaux dans ce domaine. Elle
soutient également des initiatives nationales et internationales dites « de la
demande » visant à inciter aux changements des comportements, et notamment à
une plus grande transparence et à une meilleure intégrité, et à ce que la bonne
gouvernance soit de mise dans toutes les secteurs politiques.

En outre, la prévention des conflits fait partie intégrante de la stratégie de


gouvernance de l’UE. Il s’agit essentiellement de s’attaquer aux causes des conflits en
instaurant, en rétablissant ou en consolidant la stabilité structurelle d’un pays.

III-Les principes stratégiques de la bonne gouvernance


1-Premier stratégie :

Elle soutien les interventions spécifiques dans les principaux domaines de


gouvernances, dans un cadre géographique et thématique, par l’intermédiaire
des programmes d’assistance nationaux et régionaux et de ses programmes
thématiques tels que l’instrument européenne pour la démocratie et les droits
de l’homme.

2-Deuxième stratégie :

La commission promeut l’intégration de la gouvernance dans d’autres


domaines de coopération, de manière à garantir que tous les projets et
programmes sont conçus et mis en œuvre dans le respect des approches et des
principes de gouvernance démocratique.

L8 : Les droits de l’homme : définition, historique, et


textes fondamentaux (déclaration, pactes, chartes et
traités)
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I-Définition et historique
1-Définition :

La déclaration universelle des droits de l’homme peut être définie comme étant
l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les
individus et tous les organes ayant cette déclaration constamment à l’ esprit,
s’efforçant par l’enseignement et l’éducation ,de développer le respect de ces droits
et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre nationale et
internationales, la reconnaissance et l’application universelle et effective tant parmi
les populations des Etats membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés
sous leur juridiction. Autrement dit, elle expose les droits dont doit bénéficier, dans le
monde entier tous les êtres humains sans distinction de nationalités, de couleurs, de
sexes, de religions ou d’opinions politiques.

2-Historique :

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen est adoptée le 26 Août 1789 par
l’assemblée nationale et sert de préface à la constitution française de 1791. Elle
proclame les droits naturels et imprescriptibles des individus. C’est un texte de 17
articles qui affirme notamment l’égalité de tous les hommes, le droit à l’éducation, au
travail et à la sécurité ; il interdit l’arbitraire, la discrimination, la torture. Le 10
décembre 1948 à Paris au palais de Chaillot (résolution217 article III), l’Assemblée
générale des nations unies remplace la déclaration des droits de l’homme et du
citoyen par la déclaration universelle des droits de l’homme. Cette déclaration est
complétée en 1966 par deux pactes internationaux. En Europe, il existe depuis 1953
une convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales. Pour commémorer son adoption, la journée des droits de l’homme
est célébrée le 10 Décembre.

II-Les textes fondamentaux


1-Les déclarations et les chartes

 La déclaration de Roosevelt : elle dicte les « 4 libertés », qui proclament que


« la liberté c’est les droits de l’homme partout »,
 La charte de l’atlantique (signée en août 1941 par les USA et la Grande
Bretagne) qui, tout en énonçant les objectifs de la guerre, reprend
partiellement les 4 libertés de Roosevelt et affirme entre autre la liberté

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d’opinion, d’expression, de confession, le droit d’être à l’abri des besoins
naturels,
 La déclaration de Philadelphie (10 mai 1944) de l’OIT qui marque la
préoccupation des Etats et de la société civile en matière des droits de
l’homme,
 La déclaration de la conférence de Dumbarton oaks (du 07 octobre 1944) :
elle affirme que le respect des droits de l’homme et des libertés
fondamentales est lie au retour de la paix,
 La déclaration de la conférence de chapultepec (21 février- 8 mars 1945) où
21 Etats du continent américain proclament le principe de l’égalité des droits
pour tous les hommes quelle que soient leur race ou leur religion,
 La conférence de San Francisco qui adopte le 26 juin 1945 la charte des
nations unies. Cette charte proclame la foi des nations unies dans les droits
fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne
humaine ,dans l’égalité des droits de l’homme et des femmes et s’engage à
favoriser le respect universel et effectif des droits de l’homme et des libertés
fondamentales pour tous sans distinction de sexe ,de race ou de religion.

2-Les pactes, traités et protocoles

 Le pacte international relatif aux droits civils et politiques :adopté le 16


décembre 1966 par l’assemblée générale, et entré en vigueur le 23 mars 1976
après la ratification par 53 Etats .Ce pacte garantit le droit à la vie (article 6),à
la liberté et à la sécurité (article 9-1) et au respect de la vie privée (article 17).Il
interdit la torture et les traitements cruels, inhumains ou
dégradant(article7).En outre, il reconnait les libertés de pensée, de conseil et
de religion (article18),….Enfin, il proclame les droits culturels des minorités
(article27), 144 Etats ont adhéré à ce pacte.
 Le pacte international relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels :
il est adopté le 16 décembre 1966 et entré en vigueur le 3 janvier 1975 après
la ratification de 35 Etats. Ce pacte contraint les Etats qui le ratifie à favoriser
le bien être général de leur habitants (article4) et précise le droit de toutes
personnes au travail et à la formation (article6), à participer à une activité
syndicale (article8), à la sécurité sociale (article 9), à la santé (article12) et à
l’éducation (article 13).141 Etats ont adhéré à ce pacte.
 Un protocole facultatif se rapportant au pacte du 23 mars 1976 (1er pacte).Il
prévoit un mécanisme international pour donner suite aux plaintes des

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particuliers qui prétendent être victime d’une violations des droits énoncés
dans le pacte relatif au droit civil et politique.95 Etats ont adhéré à ce
protocole.
 Un deuxième protocole facultatif se rapportant au même pacte, adopté par
l’assemblée générale le 15 décembre 1989, est entré en vigueur le 11 juillet
1991.36 Etats ont adhéré à ce protocole qui vise à abolir la peine de mort.

La déclaration universelle des droits de l’homme, présentée à l’assemblée générale


des nations unies réunies à Paris au palais de Chaillot, est adoptée me 10 décembre
1948.
Quarante huit Etats ont voté la déclaration universelle :Afghanistan, Argentine,
Belgique ,Birmanie, Bolivie, Brésil, Canada ,chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Cuba,
Danemark, République dominicaine, Equateur, Egypte, Salvador, Ethiopie, France
,Grèce,Guatemala,Haiti,Irlande,Inde,Irak,Iran,Liban,Libéria,Luxemburg,Mexique,Pays
bas, Nouvelle
zélande,Nicaragua,Norvège,Pakistan,Panama,Paraguay,Pérou,,Philipines,Siam,Suède,
Syrie,Turquie, Royaume -Uni, Etats unis d’Amérique, Uruguay, Venezuela.
Huit pays ont choisi l’abstention : Biélorussie, Tchécoslovaquie, Pologne, Arabie
saoudite, Ukraine, Union sud africaine, Union soviétique et Yougoslavie (deux pays
pas présent lors du vote).

L9 : La protection et la promotion des droits de la


femme (la question de la parité, stratégies de
promotion)
I-Protection des droits de la femme
1-Abus des droits humains de la femme

Au cours des années, la communauté internationale a identifié certains types d’abus


de droits humains dont les femmes et les fillettes sont les principales victimes tels
que la violence en général et au cours des conflits armées en particulier ou la traite
des personnes. Elles sont également victimes d’autres types d’abus de leur droit
humain. Bien que ces derniers pourrait être dans le cadre des discussions concernant
les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, le point spécifique de
l’agenda considéré permet d’approfondir l’analyse pour mieux cerner comment et
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pourquoi ces abus diffèrent de ceux des hommes et des petits garçons et de
recommander des solutions plus appropriées.

2-Solutions :

Ce point de l’agenda pourrait :

 Demander à la procédure spéciale de fournir régulièrement un rapport sur les


aspects sexo-spécifiques relatif chacun des mandats ;
 Demander l’établissement de mesure visant à combler des lacunes existantes
dans le cadre de la protection et de la promotion des droits humains des
femmes et fillettes.
 Adopter des résolutions relatives à certaines violations ;
 Exiger des sessions spéciales ou des études plus approfondies sur certains
thèmes ;
 Proposer des Etats de partager des pratiques efficaces qui ont fait preuve pour
promouvoir et protéger les droits humains des femmes et fillettes.

3-La déclaration sur la protection des droits de la femme.

Vue l’importance de la contribution des femmes à la vie sociale, économique,


politique et culturelle, ainsi que leur rôle dans la famille et particulièrement dans
l’éducation des enfants, la déclaration universelle des droits de l’homme affirme le
principe de non discrimination et proclame que tous les êtres humains naissent libres
et égaux en dignité et en droits, et que chacun peut se prévaloir de tous les droits et
de toutes les libertés proclamés dans la déclaration sans distinction aucune,
notamment de sexe. L’assemblée générale proclame la déclaration sur l’élimination
de la discrimination à l’égard des femmes le 7 novembre 1967.Cette déclaration vise
à protéger les droits humains de la femme.

II- Promotion des droits de la femme.


1-Stratégie de promotion

L’un des objectifs à long terme de l’ONU est d’améliorer les conditions de la femme
et de donner à celle-ci les moyens de mieux maitriser son destin. Elle a organisé la
première conférence mondiale sur la femme de l’histoire (Mexico 1975) puis deux
autres conférences qui se sont tenues pendant la décennie internationale de la
femme (1976-1985) et enfin la conférence de Beijing. Ces grandes assemblées ont
permis de définir des mesures prioritaires en faveur de la promotion des droits de la

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femme et de l’égalité des sexes. La convention sur l’élimination de toutes les formes
de discrimination à l’égard des femmes, de 1979 qui a été ratifiée par 185 pays, a
favorisé la promotion des droits de la femme dans le monde entier.

2-Parité ou égalité :

La déclaration sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes traite aussi


la question de la parité. En effet dans l’article 5 de la dite déclaration, il est dit : la
femme doit avoir les même droits que l’homme en matière d’acquisition, de
changement ou de conservation d’une nationalité. Le mariage avec un étranger ne
doit pas affecter automatiquement la nationalité de l’épouse en la rendant apatride
ou en lui imposant la nationalité du mari.

Toujours dans la même déclaration, l’article 11 alinéa 1 stipule qu’il est indispensable
que le principe de l’égalité des droits des hommes et des femmes soit mise en œuvre
dans tous les Etats, conformément au principe de la charte des nations unies et de la
déclaration universelle des droits de l’homme.

L10 : La protection et la promotion des droits des


personnes vulnérables (enfants et handicapés)
I-La Protection des personnes vulnérables
Les différents groupes sociaux (enfants, femmes, handicapés, les personnes
déplacées et refugiés) sont touchés par la paupérisation. Leur basculement dans la
pauvreté crée des conditions de vulnérabilité inversement proportionnelle à leur
capacité à se défendre et à réagir. C’est pourquoi la protection des groupes
vulnérables constitue le troisième pilier de la stratégie. Ainsi, des programmes seront
mis en œuvre pour réduire les facteurs d’exclusion sociale, notamment en faveur des
populations pauvres dont les capacités d’action sont effectuées par le statut social
(genres),l’âge ,les handicapes physiques ou les conjonctures particulières (victimes
des inondations ou des conflits sociaux et politiques),afin que ces groupes aient les
mêmes chances et potentiels que les autres acteurs pour bénéficier des opportunités
économiques de création de richesse et d’accès au services sociaux. La protection des
personnes vulnérables contre les mauvais traitements ou leur négligence s’inscrit
dans le cadre législatif. Plus particulièrement la loi ordonne de signaler tout cas de

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mauvais traitement ou de négligence présumée de faire des enquêtes sur les
allégations et de prendre des mesures de protection nécessaires le cas échéant.

II-La promotion des droits des personnes vulnérables


L’ONU est à l’avant-garde de la lutte pour l’égalité entière des handicapés et la
promotion de leur participation à la vie sociale, économique et politique. Elle a
démontré que les handicapés sont une richesse pour la société et a négocié le
premier traité axé sur la protection et la promotion de leur droit et de leur dignité :la
convention internationale globale et intégrée pour la protection et la promotion des
droits et de la dignité des personnes handicapés, entré en vigueur en 2008.L’ONU a
ainsi braqué les projecteurs sur les injustices infligées aux peuples autochtones(entre
370 et 500 millions de personnes vivant dans 90 pays ),qui sont parmi les groupes
humains les plus défavorisés et les plus vulnérables au monde. Créée en 2000,
l’instance permanente sur les questions autochtones (UNFPII) qui compte 16
membres, s’attache à améliorer le sort des peuples autochtones dans le monde, par
le développement de la culture, la protection des droits de l’homme et de
l’environnement, de l’éducation et de la santé. Parmi les personnes vulnérables
figurent les enfants. La convention numéro 138 de l’OIT sur l’âge minimum d’emploi
de 1973 est le document de référence à ce sujet actuellement. Elle distingue un âge
minimum général, un âge minimum pour les travaux légers et un autre pour les
travaux dangereux. Elle distingue aussi « les pays où les services économiques et
d’éducation sont suffisamment développés » et pour les autres pays l’âge minimum
général est de 15 ans et l’âge de fin de scolarisation s’il est plus élevé (14ans) ; pour
les travaux légers (13 ou 12 ans) ; pour les travaux dangereux (18 ans voire 16 ans
selon certaines conditions.

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CHAPITRE 1 : Environnement et patrimoine
L1 : le patrimoine naturel : typologie
Le patrimoine peut être considéré comme l’ensemble des biens, des charges et des
droits d’une personne évaluable en argent. Il peut être aussi considéré comme une
richesse qu’il faut protéger.

Le patrimoine c’est ce que nos parents et nos ancêtres nous ont transmis, mais aussi
ce que nous laisserons à nos enfants.

Le patrimoine naturel est l’ensemble des biens naturels ou des réserves naturels qui
appartient à une collectivité ou un pays et légué par les ancêtres et qu’il faut
protéger.

I- LES DIFFERENTS TYPES DE PATRIMOINES NATURELS


1- Les écosystèmes

Ce sont des ensembles écologiques constitués par des milieux (sols, eau …) et les
êtres vivants entre lesquels existent des relations d’interdépendances. Il existe
plusieurs types d’écosystèmes :

- Les écosystèmes arides et semi arides qui sont caractérisés par, au nord une
faible pluviométrie avec des fluctuations climatiques interannuelles dont les
écarts par rapport à la normale ont atteint au cours des 50 dernières années
35 à 40 pour cent. Ils ont une flore constitué d’épineux (acacia, balanites,
zizyphus …) et des graminées et un faune constitué essentiellement d’un
cheptel important qui donne à la zone sa vocation pastorale ; au sud une
pluviométrie plus régulière atteint plus de 600mm et la végétation y est variée.
- Les écosystèmes fluviaux et lacustres sont constitués par les bassins des
systèmes fluviaux que sont les fleuves Sénégal, Gambie , Casamance,
Saloum… et aussi des systèmes lacustres comme lac rose (retba) lac de guier…

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- Les écosystèmes marins et côtiers sont localisés dans les zones deltaïques et
estuariennes du Saloum de la Casamance et sont caractérisés par des
mangroves associés à des mosaïqués d’îles sablonneuses et de lagunes. Ces
écosystèmes renferment une faune riche et variées constituées d’espèces
permanentes et saisonnières. Tous ces écosystèmes sont en constante
évolutions et qui n’est souvent pas favorable à la conservation de la
biodiversité.
2- La diversité biologique

Grace à la diversité des écosystèmes les ressources biologiques connaissent aussi une
grande variété aussi bien au niveau d la flore que de la faune.

- La flore : la richesse floristiques est essentiellement constitué d’herbacés


annuelles et dont le maintien dépend pour beaucoup de la pluviométrie, de
l’occupation des sols et des activités humaines notamment l’élevage et
l’agriculture. Ainsi la conservation de la biodiversité dépend surtout du climat
et des activités humaines. La biodiversité forestière (parcs nationaux, réserves
et forets classées) est mieux conservé que la biodiversité agricole pour laquelle
les installations techniques font défaut ou sont mal entretenus faute de
moyens.
- La faune n’est pas moins importante que la flore. Elle est essentiellement
localisées dans les parcs nationaux et est constituées par les grands
mammifères : c’est la faune sauvage.
- Dans le seul parc national du niokolo koba on peut trouver environ 80
espèces de mammifères, 330 d’oiseaux, 36 de reptiles, 20d’amphibiens, 60 de
poissons ainsi que de nombreux invertébrés.
II- LES CAUSES DE PERTES DE LA BIODIVERSITE
- Les causes naturelles : elles sont liées à des facteurs climatiques.la sécheresse
avec ses corolaires entraine une réduction de la biodiversité par une
dégradation générale des conditions du milieu. L’érosion éolienne peut être à
l’origine de la dégradation et de la qualité des sols.
- Les causes anthropiques : certaines espèces végétales sont menacées de
disparition parce que leur biotope est perturbé soit parce qu’elles sont
surexploitées. D’autres sont victimes de sèves (gomme)
- Les causes juridiques : la réduction de la biodiversité est aussi due à une
réglementation inexistante, non appliquée ou souvent mal appliquée. Il ya
surexploitation de certaines espèces ou disparition de certains habitats.

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L2 : PROTECTION DU PATRIMOINE NATUREL : code de
l’environnement ; le code forestier ; le code minier ; le
code de l’hygiène ; le code de l’eau
I- Conservation des ressources naturelles
Le Sénégal s’est depuis longtemps investi dans la conservation de sa
biodiversité. C’est dans ce sens qu’il a créé un important réseau d’air protégé :
six parcs nationaux réservés ; six réserves d’avifaune ; trois réserves de la
biosphère ; trois sites du patrimoine mondial ; 93 forets classées. A cela
s’ajoute la méthode de conservation non négligeable de certaines espèces
animales et végétales par les populations locales. Celle-ci se fait dans le cadre
traditionnel (interdits religieux, lieux de cultes, bois sacrés…). Les parcs
nationaux, les réserves et les forêts classées sont localisées dans le domaine
forestier. Les parcs nationaux sont le parc national niokolo koba, delta de
Saloum, de basse Casamance, des oiseaux de djoudj, de la langue de barbarie
et des îles madeleines.

II- LES CODES DE PROTECTIONS DU PATRIMOINE NATUREL


-les codes de l’environnement : il s’agit de l’article 83-05 du 07 janvier 1983. Le
contenu du document, plus tourné vers la gestion des problèmes de salubrités
urbains, ne reflète pas de manière spécifique les préoccupations liées à la lutte
contre la désertification en général.

Il manque toujours à ce code un décret d’application. Le code de l’environnement


fait l’objet de révision actuellement0. Il conviendrait de veiller à ce qu’il acquiert un
caractère intégré ; à ce titre, il pourrait même être envisagé comme un cadre de
référence qui permettrait d’intégrer tous les aspects de l’environnement y compris
l’aspect lutte contre la désertification

- Le code forestier : le décret du 04 juillet 1945 relatif au régime forestier


campe le décor des relations population foresterie. En effet ce texte, en
introduisant une conception étrangère de la gestion des ressources forestières
va heurter de front les traditions en tentant de réglementer l’utilisation des
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forêts et des pâturages forestiers, ressources de base des populations rurales,
pour la fourniture de nouvelles terres de cultures, de plantes médicales, de
bois de constructions et de chauffe, de viande de chasse.
- Le code minier : le secteur des ressources minières a un impact non
négligeable sur l’environnement d’une manière générale. Le code minier est
défini par la loi 88-06 du 26 aout 1988, il est complété par son décret
d’application numéro 89-907 du 05 aout 1989. Son objectif est d’adapter la
législation minière en modifiant certains textes relatifs à la recherche et à
l’exploitation minière et en les fusionnant en une loi unique.
- Le code de l’eau : il relève de la loi numéro 81-13 du 04 mars 1981 et insiste
sur la nécessité de faire face aux incertitudes entrainaient par la sécheresse .Le
principal essentiel de la loi c’est la domanialité publique, qui fait de cette
ressource un bien commun à tous. Le code de l’eau s’applique au régime des
eaux non maritimes, y compris les eaux du delta, des estuaires et des
mangroves.
- Le code de la chasse : il est composé de la loi 86-64 du 24 janvier 1986 et de
son décret d’application 86-844 du 14 juillet 1586.Les textes sont venus
abroger et remplacer la loi 67-28 du 23 mai 1967 et ce décret d’application. Ce
code est l’outil principal de la protection de la nature et de la gestion de la
faune qui concoure à l’existence d’un milieu équilibré et donc à la lutte contre
le processus de désertification.
- Le code de l’hygiène : dans la loi 83-71 du 03 juillet 1983, le code de l’hygiène
en vue de la protection du patrimoine naturel prévoit dans son chapitre 4 les
règles de l’hygiène des voies publiques. En effet dans l’article l.20 : il est
interdit : de déposer des ordures sur la voie publique, de jeter dans les marais,
fleuves, rivières ou sur les rives ; pour l’article l.21,il est interdit de jeter ou de
déposer des détritus, sur les trottoirs, chaussées et jardins publics. Articlel22 :
il est interdit de jeter des eaux usées, de déposer des urines et des excréments
sur les voies publiques. Article l23 : il est interdit de laver à grande eau les
voitures sur les voies et dans les lieux publics ainsi que de laver le linge et les
ustensiles ménagères aux bornes fontaines.

L3 : Le patrimoine historique et culturel : typologie,


protection et stratégie de promotion

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I- Définition
D’abord synonyme de l’ensemble des biens de la famille, le patrimoine incarne
aujourd’hui l’héritage commun d’une collectivité. La notion de patrimoine est une
notion ouverte qui peut développer de nouveaux objets et de nouveaux sens car elle
reflète la culture vivante plutôt qu’une image figée du passé. Le succès populaire des
journées du patrimoine révèle l’engouement de notre société pour cette notion qui
dépasse la simple image du « monument historique ».L’intérêt s’est largement porté
depuis quelques années sur d nouveaux domaines comme les patrimoine industriel,
rural, ethnologique, qui concerne tant les traditions, les modes de vies que les arts
populaires. Le besoin actuel est plus profond qu’un simple intérêt historique pour les
traces du passé. Il procède de cette nécessité essentielle de s’approprier le passé et le
présent pour mieux concevoir l’avenir à travers un regard actif sur notre
environnement artistique et culturel.

II- Typologie du patrimoine culturel et historique


Il existe plusieurs types de patrimoine culturel et historique :

 Les patrimoines culturels.

Patrimoine culturel matériel Patrimoine culturel immatériel


Patrimoine immobilier Patrimoine ethnologique
Patrimoine mobilier et artistique Patrimoine linguistique
Patrimoine archéologique Patrimoine scientifique et technique
Patrimoine archivistique Patrimoine audiovisuel et artistique.
Patrimoine documentaire
 Les patrimoines historiques.

Monuments historiques Monument de la renaissance


: africain, la place de l’obélisque de
colobane, la place du tirailleur
(demba et Dupont),
Musée : IFAN, musée de la femme à Gorée
Sites archéologiques : Le site de Gizeh en Egypte
Sites historiques : Gorée(Sénégal)
Temples : Abou Simbel en Egypte
Pyramide : Chéops, chéphren,
Lieux de mémoires locales : Camp de thiaroye

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III- Protection et stratégie de promotion
1-Protection du patrimoine

Qui est responsable de la protection du patrimoine ?

Le premier est le gouvernement du pays où se trouvent les édifices, les villes


historiques, les monuments naturels, etc. Et dont ce gouvernement a affirmé lui
même la valeur exceptionnelle. De fait chacun des Etats parties à la convention
reconnait que « l’obligation d’assurer l’indentification, la protection, la conservation,
la mise en valeur et la transmission aux générations futurs du patrimoine culturel et
naturel situé sur son territoire lui incombe au premier chef » (convention article4).

Les dispositions de la convention se réalisent grâce aux travaux d’un comité


intergouvernemental qui publie une liste du patrimoine mondial et organise
l’assistance collective grâce au ressource d’un « fonds du patrimoine mondial »

2-Stratégie de promotion

Dakar a été le premier grand rendez-vous international ayant suivi l’adoption de la


convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des
expressions culturelles. C’est ainsi que dans la protection du patrimoine culturel et
historique on peut citer quelques points de stratégies de promotion :

-proposer une stratégie de promotion de la convention pour en accélérer la


ratification et la mise en œuvre au niveau national, régional et international.

-Soumettre à l’attention des ministres des projets pilotés devant illustrer


concrètement l’apport de la convention de développement durable et à la cohésion
sociale.

Il existe d’autres éléments devant asseoir une culture de la durabilité :

-La préservation du patrimoine culturel et artistique des minorités ethniques

-la promotion du principe de « participation culturelle »,en conformité avec la


déclaration universelle des droits de l’ homme qui stipule que toute personne a le
droit de participer à la vie culturelle ;

-La création d’espace de convergence entre les efforts des pouvoirs publics et ceux
de la société civile pour la sauvegarde et la promotion de la diversité culturelle.

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Chapitre II : Vivre ensemble
L4 : La culture de la Paix (tolérance, dialogue des
cultures et des religions)
I- La tolérance
1- Définition

La tolérance est la vertu qui porte à accepter ce que l’on n’accepterait pas
spontanément. C’est aussi la vertu qui porte à se montrer vigilant tant envers
l’intolérance qu’envers l’intolérable. En d’autres termes, c’est une notion qui définit
le degré d’acceptation face à un élément contraire à une règle morale, civile ou
physique particulière. Plus généralement, elle définit la capacité d’un individu à
accepter une chose avec laquelle il n’est pas en accord.

2- Les formes de tolérance

La tolérance s’applique à de nombreux domaines :

-la tolérance sociale : c’est la capacité d’acceptation d’une personne ou d’un groupe
devant ce qui n’est pas similaire à ses valeurs morales ou les normes établies par la
société.

-la tolérance civile : c’est l’écart entre les lois et leurs applications et l’impunité. Ainsi,
certaines dispositions de la loi peuvent, à un moment donné être reconnues
inadaptées et, de ce fait, n’être appliquées que partiellement ou plus du tout, faute
de moyen.

-la tolérance religieuse : c’est une attitude adaptée devant des confessions de foi
différentes. Il faut différencier trois domaines de tolérances religieuses. Tout d’abord,
la tolérance inscrite dans les textes auxquels se réfère la religion. Ensuite,
l’interprétation qui en a été faite par les autorités religieuses. Enfin, la tolérance du
fidèle, qui, bien que guidée par sa foi n’en reste pas moins individuelle.

-la tolérance technique : c’est la marge d’erreur acceptable, ou la capacité de


résistance à une agression. Dans les sciences appliquées, la tolérance est souvent

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synonyme de capacité de résistance à un problème, une agression, par exemple
l’inertie d’un matériau ou sa résistance à une corrosion chimique.

-la tolérance immunologique : c’est la capacité d’un organisme à accepter la


présence de corps étrangers dans son environnement. Cette tolérance a une
importance capitale dans le processus de greffes d’organes.

II- Dialogue des cultures et des religions


1- Dialogue interreligieux

Le dialogue interreligieux connait actuellement une très grande vogue. Les groupes
qui le pratiquent se multiplient, les livres qui en parlent ont beaucoup de succès, les
conférences qui en étaient, attirent des auditoires nombreux, les dirigeants
politiques et ecclésiastique qui s’y intéressent ainsi que les fidèles de bas. Il s’agit
d’un fait relativement nouveau. Pendant plus d’un siècle, les Eglises et les théologies
ont estimés que la sécularisation ou la laïcisation de la société représentait le défi
majeur que les chrétiens devaient affronter. Ils se sont efforcés d’entrer en
discussions ou en débat avec l’athéisme qu’ils voulaient à la fois comprendre, écouté
et auquel ils se demandaient comment répondre. Par contre les autres spiritualités
les laissaient indifférent et elles ne les tracassaient guère. Il n’en va plus de même
pour aujourd’hui. Bien entendu, on n’oublie pas la sécularisation de l’athéisme, on
continue en s’en préoccupé. Toutefois, la question qui revient sans cesse n’est plus
celle de la non religion ou de l’irréligion, mais celle des autres religions, celle de leur
pluralité, de leur diversité, celle de leur concurrence ou de leur collaboration, celle de
la signification à leur donnée de la valeur reconnaitre.

2- Dialogue culturel

Cette initiative s’inscrit dans le respect de plusieurs principes fondamentaux de l’UE


et énoncés par le traité instituant la communauté européenne et la charte des droits
fondamentaux de l’union européenne qui mettent notamment l’accent sur le respect
et la promotion de la diversité culturelle. En accord avec plusieurs priorités définies
au sein de la stratégie de Lisbonne, la commission insiste sur la contribution que ce
dialogue culturel pourra également apporter à la réalisation de ces objectifs d’ordre
économique. L’économie de la connaissance à part exemple besoin de personne
capable de s’adapter au changement de tirer profit de toutes les sources d’innovation
possible. La commission rappelle que cette initiative ne limitez en rien l’action au

Page 62
niveau national. Elle lui procure une impulsion communautaire. Les objectifs
généraux se concentrent autour de la promotion et de la sensibilisation du dialogue
interculturel au bénéfice des citoyens européens et tous ceux vivants dans l’UE.

L5 : La solidarité et intégration en Afrique


Union Africaine(UA)

I- Historique
L’union africaine est une organisation d’Etats africains créée le 09 juillet 2002 à
Durban en Afrique du sud. Elle a remplacé l’organisation de l’unité africaine (OUA) en
2002.La mise en place de ses institutions (commission, parlement africain et conseil
de paix et de sécurité) a eu lieu en juillet 2003 au sommet de Maputo en
Mozambique. Son premier président a été le sud africain Thabo Mbéki.
Actuellement, elle est présidée par le président libyen Mouammar Kadhafi.

II- Objectifs
Les objectifs de l’union africaine comportent la création d’une banque centrale de
développement .Ce sont aussi d’œuvrer à la promotion de la démocratie, des droits
de l’homme et du développement à travers l’Afrique, surtout par l’augmentation des
investissements extérieurs par l’intermédiaire du programme du nouveau partenariat
pour le développement de l’Afrique(NEPAD).Ce programme stipule que la paix et la
démocratie sont des préalable au développement durable.

III- Organes et fonctionnement.


Les organes de l’union africaine sont :

 La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement : elle se réunit une


seule fois dans l’année.
 Le conseil exécutif : est composé de ministres et d’autorité nommés. Il
prépare la conférence, exécute les décisions et en assure le suivi.
 La commission : est composée d’un président, d’un vice-président et de
huit commissaires. Son actuel président est Jean Ping(Gabon).Cette

Page 63
commission a remplacé le secrétariat général de l’UA. Elle est l’autorité
exécutive et dispose également d’un pouvoir d’initiative.
 Le parlement panafricain : dont la création a été décidée en mars
2004.Il a ouvert ses portes en septembre 2004 en Afrique du sud. Il a
actuellement un rôle consultatif.
 Le conseil de paix et de sécurité(CPS) : composé de 15 Etats, il est
chargé de maintien de la stabilité, de promotion de la diplomatie
préventive et de l’action humanitaire.
 Le conseil économique, culturel et social(ECOSOCC) : organe consultatif
dont les membres sont issus des différentes couches
socioprofessionnelles des Etats membres.
 La cour de justice
 La cour africaine des droits de l’homme et des peuples
 Le comité des représentants permanents
 Les comités techniques spécialisés
 Les institutions financières (elles sont au nombre de 3).

REPERES CHRONOLOGIQUES :

-1963 : création de l’OUA par 32 Etats. Addis Abeba devient le siège de l’organisation

-1991 : traité d’Abuja qui prévoit d’un marché commun continental avant 2025

-2002 :l’UA se substitue à l’OUA.

-Juillet 2003 : sommet de Maputo(Mozambique), mise en place des institutions :

Commission, parlement panafricain et conseil de paix et de sécurité (CPS)

-Janvier 2006 : fin de la présidence d’Olusegun Obasanjo (également chef d’ETAT) du


Nigéria à cette date) à la tête de l’UA. Le président de la république du CONGO Denis
sassou nguesso devient le nouveau président de l’UA. Le président de la commission
est Alpha Oumar Konaré ancien président du Mali.

-novembre 2006 : les états unis nomment pour la première fois un ambassadeur d’un
pays non africain auprès de l’UA : Cindy Courville.

-février 2009 : élection du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à la présidence.

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LES PAYS MEMBRES DE L’UA :

Il y a actuellement 53 pays membres de l’union africaine, soit tous les pays d’Afrique
à l’exception du Maroc. Ce dernier s’est retiré de l’OUA pour protester contre
l’admission dans l’organisation la république arabe sahraouie démocratique en 1982.
Actuellement, trois membres (Mauritanie, Guinée et Madagascar) sont suspendus de
l’union Africaine conformément à l’article 4 de sa charte qui interdit les coups
d’ETATS.

CARTE D’IDENTITE DE L’UA :

-création : 09 juillet 2002*

-type : organisation supranationale

-siège : Addis –Abeba

-langues : Arabe, Anglais, Français, Portugais, Espagnol, Swahili.

-membres : 53 pays

-président : Mouammar Kadhafi

-personnes clefs : Jean Ping, Alpha Oumar Konaré.

L5-1 : Solidarité et intégration en Afrique : la CEDEAO

I- HISTORIQUE
La CEDEAO (communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest) est une
organisation internationale. Elle a été créée à Lagos (NIGERIA) le 28 mai 1975 par un
traité signé par15 pays rejoint par le CAP- VERT en 1977. Bien qu’à la base son rôle
soit purement économique, la CEDEAO s’est assez vite intéressé au maintien de la
paix. Suite aux tensions entre les différents pays, la CEDEAO a décidé en 1978
d’adopter un protocole de non agression. Suivie en 1981 par le protocole d’assistance
den matière de défense et une déclaration des principes politiques en juillet 1991.
Mais c’est en 1990 que l’aspect sécuritaire de la CEDEAO a été appliqué
correctement. En 1999 suite aux différentes guerres civiles, les états membres
décidèrent la création d’une force de sécurité en attente. Le 19 janvier 2005 à la cour
Page 65
du 28ème sommet à Accra (GHANA), Mamadou Tandja président du Niger, a été élu
président de la CEDEAO en remplacement du Ghanéen JOHN AGYEKUM KUFUOR.

Il a été reconduit le 13 janvier 2006. En janvier 2007 la présidence de la CEDEAO a été


confiée au président du BURKINA FASO Blaise Compaoré.

II- Missions et objectifs


La CEDEAO (ECOWAS en Anglais) regroupe tous les pays de l’Afrique de l’ouest (les 8
pays ouest Africain de la zone franc CFA plus CAP VERT, Gambie, Guinée, Libéria,
Sierra Leone). Elle vise à promouvoir la coopération et l’intégration avec come
objectif ultime la mise en place d’une union économique monétaire ouest Africaine.
Elle vise aussi à améliorer le niveau de vie des populations, à assurer la croissance
économique et à renforcer les liens entre les états membres.

III- Structure et fonctionnement


La CEDEAO fonctionne grâce à ces différents organes que sont :

 La conférence des chefs d’états et de gouvernements : elle est l’instance de


décision de la CEDEAO. Elle est chargée de définir la politique générale et se
réunie une fois par an en session ordinaire.
 Conseil des ministres : il est formé de deux représentants par état. Il donne
des recommandations à la conférence des chefs d’états. Il se réunie deux fois
par an.
 La cour de justice de la communauté : a pour rôle de régler des différends
entre Etats membres.
 La commission : elle est administrée par un président suppléé par un vice
président. Neuf commissaires font office dans leurs domaines respectifs pour
prendre en compte toutes les préoccupations dans l’espace CEDEAO.
 Le parlement de la communauté
 Le conseil économique et social ;
 la banque d’investissement et de développement de la CEDEAO
 Organisation ouest Africaine de la santé.

LISTE DES ETATS MEMBRES DE LA CEDEAO :

L’adhésion de tous les membres de la CEDEAO date de la création date de la création


de l’organisation en 1975, à l’exception du Cap vert qui la rejoint en1976 :

Page 66
-Benin, Burkina Faso, Cap vert, Cote d’ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau,
Libéria, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Léone Togo.

La Mauritanie quitte la CEDEAO EN 2002.

PRESIDENTS DE LA CEDEAO :

 Gnassingbé Eyadema (Togo) 1977-1978


 Olusegun Obasanjo (Nigéria) 1978-1979
 Léopold Sédar Senghor (Sénégal) 1979-1980
 Gnassingbé Eyadema (Togo) 1980-1981
 Siaka Stevens (Sierra Leone) 1981-1982
 Mathieu Kerekou (Benin) 1982-1983
 Ahmed Sékou Touré (Guinée) 1983-1984
 Lansana conte (guinée) 1984-1985
 Muhammadu buhari (Nigeria) 1985-27aout 1985
 Ibrahim Babangida (Nigeria) 27 aout 1985-1989
 Dawda jawara (Gambie) 1989-1990
 Blaise compoaré (Burkina Faso 1990-1991
 Dawda jawara (Gambie) 1991-1992
 Abdou Diouf (Sénégal) 1992-1993
 Nicéphore soglo (Benin) 1993-1994
 Jerry Rawlings (Ghana) 1994-27 juillet 1996
 Sani abacha (Nigeria) 27 juillet 1996- 08 juin 1998
 Abdusalami abubakar (Nigeria) 9 juin 1998-1999
 Gnassingbé Eyadema (Togo) 1999
 Alpha Oumar Konaré (mali) 1999-21 décembre 2001
 Abdoulaye Wade(Sénégal) 21 décembre 2001- 31 janvier 2003
 John agyekum kufuor (Ghana) 31 janvier 2003-19 janvier 2005
 Mamadou Tandja (Niger) 19 janvier 2005-19 janvier 2007
 Blaise compoaré (Burkina Faso) 19 janvier 2007-….

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SOLIDARITE ET INTEGRATION EN AFRIQUE
UEMOA
I- Historique
L’union économique monétaire ouest africaine a été créée par le traité signé à Dakar
le 10 janvier 1994 par les chefs d’Etats et de gouvernements des sept pays d’Afrique
de l’ouest ayant en commun l’usage d’une monnaie commune, le franc CFA .Il s’agit
du Benin, Burkina Faso ,de la Côte d’ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.

Le traité est entré en vigueur le 1er Aout 1994 après la ratification par les Etats
membres. Le 02 Mai 1997, la Guinée est devenue le 8ème Etat membre de l’union.
L’UEMOA est représentée par un logo symbolisant la croissance, l’union, la solidarité
et la complémentarité entre Etats côtiers et les Etats sahéliens.

II- Objectifs
L’UEMOA a pour buts :

 de renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des


Etats membres dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel et d’un
environnement juridique rationalisé et harmonisé.
 D’assurer la convergence des performances et des politiques économique
des Etats membres par l’institution d’une procédure de surveillance
militaire.
 De créer entre Etats membres un marché commun pour permettre la libre
circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux.
 Harmoniser dans la mesure du nécessaire au bon fonctionnement du
marché commun, les législations des Etats membres et particulièrement le
régime de fiscalité.
 Instituer une coordination des politiques sectorielles nationales par la mise
en œuvre d’actions communes, de politiques communes notamment dans
les domaines suivants : ressources humaines, aménagements du territoire,
agricultures, énergies, mines, industries, transports, infrastructures et
télécommunications.

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III- Structures et fonctionnements
Tous les organes et institutions prévus par le traité du 10 janvier 1994 sont
aujourd’hui opérationnels.

 La conférence des chefs d’Etats et de gouvernement : c’est l’organe suprême


de décision. Elle se réunit une fois par an et a pour rôle d’examiner les
résolutions qui n’ont pas eu de résultats.
 Le conseil des ministres : il est composé de deux ministres par Etats membres
et se réuni deux fois par an pour élaborer et définir la politique monétaire
commune de crédit et pour choisir le gouverneur de la banque centrale. Pour
assurer le développement économique des Etats, l’union monétaire possède
deux institutions financière que sont :
- La BCEAO (banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest), son rôle
est de mettre des billets de banque et des pièces de monnaie
métalliques pour les pays membres. Son siège se trouve à Dakar. Elle
est sous la direction du gouverneur général, d’un conseil
d’administration et conseil national de crédit chargé du contrôle et de
distribution de billets.
- La BOAD (banque ouest africaine de développement), créée en
novembre 1973, répond au désir de certains pays non membres de
l’UEMOA afin de contribuer à son développement.
 La commission : créée le 30 janvier 1995, elle comprend 8 commissaires et qui
est dirigée par président nomme pour 4 ans. Son siège se trouve à
Ouagadougou.
 La cour de justice : 27 janvier 1995 ;
 Le comité interparlementaire : 27 mars 1998 ;
 La cour des comptes : 30 mars 1998 ;
 La chambre consulaire régionale : 03avril 1998.

L6 : Le système des nations unies : l’ONU et ses


services et institutions
I- Historique et Objectif de l’ONU
1-Histoire :
Précurseur de l’ONU, la société des nations (SDN) avait été introduite en 1919, suite
au traité de Versailles et dans le but de conserver la paix. Les premières bases des
nations unies furent posées lors de l’élaboration de la déclaration des nations unies,
qui fut signée le 1er janvier 1942 à Washington DC. L’expression nations unies est due
au président des Etats unis, Franklin Delanov Roosevelt. Elle avait pour but de
prévenir les conflits armées de manière à ce que des guerres telles que la 1er et 2ème

Page 69
guerre mondiale ne se reproduisent plus jamais. C’est ainsi que l’ONU naquit
officiellement le 24 octobre 1945 à New York aux Etats unis.
2-Objectifs :
L’ONU a pour objectifs de :
- Faciliter la coopération dans les domaines du droit international.
- De maintenir la paix et la sécurité dans le monde et le développement
économique ;
- Développer les relations amicales entre les nations ;
- Réaliser la coopération internationale sur tous les sujets où elle peut être utile
et en encourageant le respect des droits de l’homme et le progrès social ;
- Etre un centre où s’harmonisent les efforts des nations dans des objectifs
communs.
II- Les services de l’ONU :
L’organisation des nations unies comprend six organes principaux :
 L’assemblée générale où tous les membres sont représentés ; elle se réunit
une seule fois par an ;
 Le secrétariat : il est chargé du bon fonctionnement de l’ONU, il assure la
gestion au jour le jour de l’ONU, avec à sa tête le secrétaire général des
nations unies qui est depuis 2007 le sud coréen Ban ki-Moon.
 Le conseil de sécurité : il décide certaines résolutions en faveur de la paix et la
sécurité ;
 Le conseil économique et social : il aide à la promotion de la coopération
économique et sociale et au développement ;
 La cour internationale de justice : elle est le principal organe. Elle est chargée
de régler les litiges entre les Etats.
 Le conseil de tutelle : il est chargé de surveiller les territoires placés sous
tutelles.
En plus de ces six organes principaux, l’ONU a crée au fil du temps de nombreuses
agences spécialisées comme l’OMS(organisation mondiale pour la santé),l’UNESCO(
pour le développement de l’éducation des sciences et de la culture),l’UNICEF( pour
les enfants ),la FAO(pour l’alimentation et l’agriculture) et l’OIT(pour le travail ).
III- Les institutions spécialisées de l’ONU

1- L’OMS
L’OMS (organisation mondiale de la santé) est créée en 1948.Elle a pour objectif de
travailler à la protection et à la promotion de la santé dans le monde. Elle encourage
les recherches médicales et les échanges informations scientifiques.
2-L’UNESCO
L’organisation des nations unies pour l’éducation, la santé et la culture(UNESCO) est
créée en 1946 à Paris. Elle a pour objectif de promouvoir la coopération intellectuelle
internationale, la paix, le respect des droits de l’homme et la compréhension

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mutuelle entre les peuples. Elle vise aussi l’éducation mondiale et contribue à la
diffusion des compréhensions des connaissances scientifiques modernes. Elle veille
aussi à sauvegarder des patrimoines historiques (Gorée, monuments) et culturels
(folklore, les traditions).L’UNESCO est constituée de 3 organes suivis de leur
fonctionnement :
 La conférence générale : c’est l’organe de décision qui élit les membres du
conseil exécutif ;
 Le conseil exécutif : il est composé de 40 membres. Il s’occupe du budget et
des travaux de la conférence.
 Le secrétariat : il est élu par un directeur général pour un mandat de 6 ans. Il
se charge du travail administratif et de la gestion de l’organisation.
3-L’UNICEF (fond des nations unies pour l’enfance)
Est crée en 1945.Cette organisation st crée pour aider les enfants des pays touchés
par la guerre. Aujourd’hui, son but est d’assurer à chaque enfant du tiers monde de
meilleures conditions de vie en participant au campagne de vaccination contre
les maladies, en assurant la déclaration des droits de l’enfant.
L’UNICEF a pour organe principale :
 Le conseil d’administration qui est composé de 30 membres. Il décide de
l’orientation de l’aide, la répartition du budget qui provient essentiellement
des contributions volontaires.
4-La FAO
L’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture est créée en
1945.Elle a pour but de lutter contre la misère, la malnutrition et la faim, le gaspillage
des ressources et la dégradation de l’environnement. Elle vise aussi à améliorer la
production et la répartition des produits alimentaire et agricole.
5-L’OIT
Née en 1919 à Versailles puis reconstituée en 1946, l’organisation internationale du
travail a pour but d’améliorer les conditions de travail dans le monde. Elle veille au
respect des droits fondamentaux des travailleurs.
Elle a pour structure (organes) de fonctionnement :
 La conférence internationale du travail
 Le conseil d’administration ;
 Le bureau international du travail : il assure le secrétariat permanent .Il est
établi à Genève.

CHAPITRE III : DES DEFIS à RELEVER

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L7 : La lutte contre la pauvreté au Sénégal : objectifs,
structures, résultats et perspectives.
I- Objectifs et structures de lutte contre la pauvreté

1-Objectifs :

Les principaux de lutte contre la pauvreté au Sénégal se déclinent en 3 axes


prioritaires :

 Doubler le revenu par tête d’ici à 2015 dans le cadre d’une croissance forte
équilibrée et mieux répartie.

 Généraliser l’accès aux services sociaux essentiels en accélérant la mise en


place des infrastructures de base pour renforcer le capital humain avant 2010.

 Eradiquer toutes les formes d’exclusion au sein de la nation et instaurer


l’égalité des sexes dans les niveaux d’enseignement primaire et secondaire
d’ici à 2015.

Ces 3 axes prioritaires sont les principaux objectifs du document de stratégie de


réduction de ma pauvreté (DSRP) élaboré par le gouvernement sénégalais en fin
décembre 2001.

Pour l’ONU :

 Réduire entre 1990 et 2015 de la proportion de personnes dont le revenu est


inférieur à 1 dollars par jour

 Une réduction des populations souffrant de faim entre 1990-2015.

2 Structures :

La stratégie nationale de réduction de la pauvreté et de la croissance fonctionne avec


un comité de pilotage composé par le ministre de l’économie et des finances, les
autres ministres responsables des services sociaux de base et les représentants des
élus et de la société civile.

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Ce comité sera chargé » de :

 Concourir à l’élaboration et à la mise en œuvre de la stratégie nationale de


réduction de la pauvreté.

 Orienter les travaux d’élaboration de la stratégie nationale de réduction de la


pauvreté.

 Apprécier les programmes sectoriels et assurer leur cohérence.

 Formuler toute suggestion susceptibles d’assurer une bonne cohérence et une


meilleure efficacité de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté ;

 Formuler les recommandations destinées à assurer un meilleur impact des


programmes sectoriels et nationaux sur la lutte contre la pauvreté.

 Promouvoir le dialogue et les concertations entre tous les acteurs qui luttent
contre la pauvreté, notamment la société civile.

 Organiser des rencontres périodiques avec les partenaires au développement


en vue de les informer et recueillir leurs avis sur la mise en œuvre du DSQRP.

Le comité de pilotage s’appuie sur un comité technique crée à cet effet et dirigé par
le directeur de la prévision et de la statistique chargé de coordonner l’élaboration du
DSRP.

II-Résultats et perspectives de lutte contre la pauvreté


1-Résultats

Plusieurs résultats sont attendus pour la lutte contre la pauvreté :

 Procéder à un plan de financement et arrêter un mécanisme de


fonctionnement de fond.

 Rendre opérationnel le fond de financement de SDF (sans domicile fixe)

 Rendre opérationnel le programme de renforcement des capacités des SDF.

 Mobiliser les ressources additionnelles et signer des conventions de


financement entre l’Etat, les bailleurs de fond et autres partenaires.

 Recenser les besoins de renforcement technique.

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2-Les perspectives

Compte tenu de la place du secteur agricole dans notre économie 70 % des


populations vivent de l’agriculture et de l’élevage. Il va de soi qu’il détient la clé de la
« lutte contre la pauvreté » et la solution des autres maux dont souffre l’économie
sénégalaise. La question cruciale est comment sortir l’agriculture sénégalaise de la
crise qu’elle traverse pour en faire un facteur durable.

Autres solutions de lutte contre la pauvreté :

 Intervention de l’Etat sous différente formes

 Fourniture de travail ponctuel ou régulier ;

 Répression de l’oisiveté, de la mendicité

 Contrôler les naissances parfois sélectives ;

 Aide en argent et au logement sociaux ;

 Assurance privée et assurance mutuelle (notamment les caisses de sécurité


sociale).

L8 : La lutte contre le Paludisme et le SIDA : Objectifs,


Structures, Résultats et Perspectives.
I-Objectifs et Structures
1-Objectifs

 La lutte contre le paludisme : elle a comme objectif général de réduire les


morbidités et les mortalités dues au paludisme de 50% D’ICI 2010.Les objectifs
spécifiques sont :

-amener à 80% le taux de couverture d’ici 2010 ;

-couvrir 80% des habitations dans les zones ciblées et une gestion appropriée ;

-traiter 80% des cas de paludisme à tous les niveaux de la pyramide sanitaire
conformément au directive national ;

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-amener à 80% le taux de couverture en TPI (traitement préventif
intermittent) conformément au directive national ;

-améliorer la gestion du programme à tous les niveaux.

 La lutte contre le SIDA : réduire sensiblement au cours de la période 2007-


2011 la transmission du VIH/SIDA dans la population générale (0,4%) et son
impact dans la société par une offre de services sanitaires de qualité et un
environnement juridique, éthique et institutionnelle favorable. Les objectifs
spécifiques sont :

-La prévention de la transmission du VIH/SIDA qui stagne aujourd’hui grâce à


la performance de la riposte nationale à 0,4% de la population générale,

-la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH/SIDA et des
orphelins et des enfants vulnérables,

-la définition d’un environnement favorable pour la réduction de la


vulnérabilité face au SIDA,

-la surveillance épidémiologique entre autre,…

2 -Structures :

 La lutte contre le Paludisme : pour une gestion transparente des ressources,


une structure fiable doit être mise en place facilitant la circulation et
l’utilisation des fonds de façon conforme au programme. Actuellement dans
de nombreux pays les programmes de lutte contre le paludisme intégrés dans
les services étatiques confrontés à un manque de ressources avérés ne
peuvent remplir leurs missions correctement. Au Sénégal, le programme
national de lutte contre le paludisme (PNLP) est logé au niveau du service des
grandes endémies (SGE).Ce qui ne facilite pas sa mise en œuvre en raison de
multiple procédure administrative. Voilà le modèle de structuration proposé :

-le comité exécutif mondial

-conférence des ministres de la santé

-coordination nationale.

 La lutte contre le SIDA : il existe plusieurs structures de lutte contre le SIDA :

-le secrétariat exécutif du conseil national de lutte contre le SIDA,


Page 75
-le ministre de la santé, de la prévention, de la famille, de l’éducation, du
développement social et de la solidarité nationale,

-le ministre de la jeunesse, et des forces armées,

-le réseau national des personnes vivant avec le VIH,

-le réseau des ONG (SIDA/services luttant contre le SIDA,

-le réseau des imams contre le SIDA.

II-Résultats et perspectives
1-Résultats

 La lutte contre le paludisme : le programme national de lutte contre le


paludisme (PNLP) a révélé des résultats positifs de plusieurs années de
mobilisation ;

-la mortalité et la morbidité sont en chute libre au Sénégal, le nombre de cas


étant passé de 1555310 en 2006 à 275806 en 2008.

-de plus la morbidité proportionnelle palustre est passée de 22,25% en 2007 à


5,62% en 2008.Il en est de même pour les paludismes graves. Sur les 275806
cas de paludismes relevé en 2008, on dénombre 8% de paludismes graves.

 La lutte contre le SIDA : en 2007,6095000 préservatifs masculins et 124040


préservatifs féminins ont été distribués dans l’ensemble du pays. Dans la
même année ,30924 femmes enceintes ont été dépistées. Le nombre de
personnes dépisté dans les sites des centres de dépistages volontaires (CDV)
est de 93055 personnes. 7178 personnes victimes du VIH bénéficient des
antirétroviraux (ARV), ce qui dépasse l’objectif fixé qui était de 6000 pour
l’année 2007.

2-Perspectives

 La lutte contre le paludisme : l’atteinte des objectifs du second plan


stratégique 2006/2010 de réduction de moitié de la prévalence liée au
paludisme, en termes de morbidité et de mortalité, était intrinsèquement
redevable de la mise en œuvre d’une bonne qualité d’intervention. Le PNLP a
signé une convention avec son institut pour la coordination de la préparation,

Page 76
l’organisation et la réalisation desdites sessions de formation en paludologie et
en planification de la lutte contre le paludisme.

 La lutte contre le SIDA :pour relever le défi actuel et futur ,le gouvernement
du Sénégal a élaboré un cadre d’intervention unique, le plan stratégique de
lutte contre le SIDA 2007/2011 et un cadre de dépense à moyen terme sur le
VIH/SIDA 2008/2013 en vue de renforcer les acquis de prévention et de
contribuer sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, sur la
réduction de la mortalité infantile et de la mortalité maternelle.

L9 : La lutte contre la drogue et la toxicomanie :


objectifs, structures, résultats, perspectives.
I-Objectifs et structures de lutte contre la drogue et la toxicomanie
1-Objectifs de la lutte contre la drogue et la toxicomanie

 La lutte contre la drogue : elle a pour objectif :

-de diminuer sensiblement l’importance de la consommation de drogue au


sein de la population et de réduire les dommages sociaux et pour la santé
qu’entraine la consommation et le commerce des drogues illicites

-le renforcement des contrôles dans les frontières extérieurs ;

-des actions spécifiques contre le trafic transfrontalier de drogues ;

-la mise en œuvre de projets opérationnels en matière répressive (équipe


commune d’enquête,…) et de projets communs dans le domaine de
l’enseignement ;

-l’exploitation optimale du potentiel opérationnel en améliorant la régularité


de la transmission des informations pertinentes à l’agence et de la mise en
disposition de ces informations aux Etats membres.

 La lutte contre la toxicomanie : elle peut avoir comme objectif :

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-diminuer de manière significatif dans un délai de 5 ans la fréquence des effets
nocifs des drogues illicites ainsi que le recrutement de nouveau
consommateurs ;

-diminuer de manière significative dans un délai de 5 ans, la fréquence des


effets nocifs des drogues sur la santé (VIH, hépatite B, tuberculose etc.)Et le
nombre de décès liés à la drogue ;

-augmenter de manière significative le nombre de toxicomanes traités avec


succès.

2-les structures de luttes contre la drogue et la toxicomanie

Depuis 1982, en France, cinq structures interministérielles différentes chargées de


mettre en œuvre la politique de lutte contre la drogue et la toxicomanie se sont
succédé. La mission interministérielle a changé plusieurs fois d’appellation et
d’attribution. Selon les époques elle a été rattachée au service du premier ministre,
au ministre de la santé et de la solidarité, ou au ministre de la justice. La première
structure était la mission permanente de lutte contre la toxicomanie aux attributions
définies par le décret du 08janvier 1982. Elle est devenu la mission interministérielle
de lutte contre la toxicomanie (MILT) en 1985 et en 1989 ; à coté de cette mission,
une dérogation générale de lutte contre la drogue a été créée (DLGD). En 1990, la
MILT et la DLGD fusionnent pour devenir la délégation générale de lutte conte la
drogue et la toxicomanie rattachée au premier ministre. Enfin la dernière structure
est la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie créée en
1996.

Toujours dans le cadre de la lutte contre la drogue et la toxicomanie, l’ONU a pour sa


part créé une organisation internationale appelée PNUCID (programme des nations
unies sur le contrôle international de la drogue). Cette organisation est divisée en 4
structures :

-la division des opérations : elle est chargée de développer une certaine expertise
pour permettre aux gouvernements de mettre sur pied des politiques efficaces pour
contrer l’augmentation du trafic de drogue ;

-la division des traités : elle voit à la promotion des traités bilatéraux ou multilatéraux
des résolutions de l’assemblée générale ou de toutes autres décisions par rapport à la
lutte contre la drogue et la toxicomanie. Cette division amène les Etats membres de
l’ONU à signer des traités multilatéraux qui font avancer le PNUCID.

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-la division des affaires publiques : elle est en charge de produire des recherches et
de mettre sur pied des politiques pour favoriser l’enrayement des narcotiques ;

-enfin, la division des gestions qui s’occupe de tout ce qui touche les financements et
les ressources humaines.

En dehors du PNUCID, on peut citer l’OMS et l’UNESCO qui lutte aussi contre la
drogue et la toxicomanie.

II- Perspectives de lutte contre la drogue et la toxicomanie

1-Perspectives de la lutte contre la drogue et la toxicomanie

 Pour la drogue, on peut noter comme perspectives :

-réduire la demande de drogue et l’offre ;

-renforcer la coopération policière entre Etats membres pour le contrôle


international des drogues ;

-sensibiliser les jeunes consommateurs ou non de la drogue

-réduire la disponibilité des drogues illégales ;

-les Etats membres doivent en outre assurer la disponibilité et l’accès à des


programmes de traitement, de rééducation et de réinsertion sociale ciblée, y
compris pour les toxicomanes non touchés par les services existant, et
accorder une attention particulière aux services spécialisés s’adressant aux
jeunes ;

-les Etats membres doivent améliorer l’accès aux programmes de prévention


dans les écoles et accroitre leur efficacité ;…

 Pour la toxicomanie, on peut noter comme perspective :

-sensibiliser et informer les toxicomanes ainsi que les familles et l’opinion


publique du danger de la toxicomanie

-fournir des traitements complets de substitution (soutien psychologique


approprié, désintoxication) ;

Page 79
-prévoir des services d’urgences pour traiter les surdoses ;

-soutenir la formation et l’accréditation des professionnels de la réduction des


risques ;

-mettre sur pied des programmes de formation pour la lutte contre la


toxicomanie ;

-améliorer le traitement des toxicomanes ;…

QUESTIONS :

1- Quelles différences observez-vous entre la famille traditionnelle et la


famille moderne ?
2- Quels sont les principaux problèmes qu’on rencontre dans la famille ?
3- Définissez quartier.
4- En quelle année fut fondé votre quartier ?
5- Qui a été le premier chef de quartier ?
6- Qui est l’actuel chef de quartier ?
7- Quelles sont les principales activités de votre quartier ?
8- Comment s’appelle votre village ? Pourquoi ce nom ?
9- Comment s’appelle le chef de village ?
10- Quels sont les ethnies présentes dans votre village ?
11- Donnez les principales activités du village ?
12- En quelle année fut construis votre école ?
13- Qui a été le premier principal ?
14- Qui est l’actuel principal ?
15- Quel est le rôle du principal dans l’école ?
16- Quel est l’importance du règlement intérieur de l’école ?
17- Quel est le nom de votre communauté rurale ?
18- Comment est élu le président du conseil rural ?
19- En quelle année votre localité fut instituée en communauté rurale ?
20- Quel rôle joue l’arrondissement ?
21- Quels sont les attributs de l’arrondissement ?
22- En quelle année fut crée votre commune ?
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23- Quel est le rôle du maire ?
24- Quel est le rôle du conseil municipal ?
25- Définir la société ? Qu’est ce qu’un citoyen ?
26- Que signifie le respect des biens publics ?
27- En quelle année la décentralisation est entrée en vigueur au Sénégal ?
28- Combien de régions compte le Sénégal ?
29- Quelles sont les unités administratives actuelles du Sénégal ?
30- Qui administre la région ?
31- Qui administre le département ?
32- Qui gère l’arrondissement ?
33- Quel est le rôle du Préfet ? du Gouverneur ? du Sous préfet ?
34- Quel est le rôle du département à l’échelon national ?
35- Quels sont les compétences des régions ?
36- Quelles sont les formes de solidarité que vous connaissez ? Donnez des
exemples pour chaque forme ?
37- Qu’est ce qu’une nation ?
38- Qu’est ce qui caractérise l’unité de la nation ?
39- Quelle est la particularité de la nation sénégalaise ?
40- Quels sont les types d’Etats que vous connaissez ?
41- Au Sénégal, nous avons quel type d’Etat ?
42- Quels sont les pouvoirs qui régissent les institutions de la république ?
43- Quels sont les fonctions de l’Etats ?
44- Qu’est ce que la bonne gouvernance ?
45- Qu’est ce que l’Etat de droit ?
46- Montrez quelques abus du droit de la femme ?
47- Qu’entendez-vous par parité ?
48- Que dit la déclaration au sujet de la parité ?
49- Quelles sont les personnes vulnérables ?
50- Que dit la déclaration au sujet des personnes vulnérables ?
51- Qu’est ce qu’un patrimoine ?
52- Donnez les différents types de patrimoine ?
53- Quels sont les parcs nationaux au Sénégal ?
54- Quels sont les patrimoines historiques que vous connaissez ?
55- Qui est responsable de la protection du patrimoine ?
56- Définir la tolérance, la paix ?
57- Quel est l’importance du dialogue interreligieux ?
58- Donnez des exemples de solidarité et d’intégration en AFRIQUE ?

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59- Quelles les axes prioritaires des objectifs de la lutte contre la pauvreté au
Sénégal ?
60- Proposez des solutions de lutte contre la pauvreté au Sénégal ?
61- Donnez trois objectifs de lutte contre le paludisme et le SIDA au Sénégal ?
62- Donnez une structure de lutte contre le paludisme et le Sida ?
63- Montrez des résultats de la lutte contre le paludisme et le Sida au Sénégal ?
64- Définir la toxicomanie ?
65- Quel genre de drogue rencontre t-on au Sénégal ?
66- Quels sont les effets de la drogue sur la santé ?

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