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Exercices de Mathématiques

Sous-espaces vectoriels
Énoncés

Énoncés des exercices

Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]


Soit E l’espace vectoriel de toutes les fonctions de [0, 1] dans IR.
Les parties suivantes sont-elles des sous-espaces vectoriels de E ?
1. A = {f ∈ E, 2f (0) = f (1)}.
2. B = {f ∈ E, f (1) = f (0) + 1}.
3. C = {f ∈ E, f ≥ 0}.
4. D = {f ∈ E, f (x) ≡ f (1 − x)}.
5. F = {f ∈ E, f polynômiale de degré 4}.
6. G = {f ∈ E, f polynômiale de degré ≤ 4}.

Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]


Soient F et G deux sous-espaces vectoriels de E.
Montrer que F ∪ G est un sous-espace vectoriel de E ⇔ F ⊂ G ou G ⊂ F .

Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]


A, B, C sont des sous-espaces vectoriels de E tels que : A ∩ C ⊂ B, C ⊂ A + B et B ⊂ C.
Montrer que B = C.

Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]


Montrer que dans l’espace vectoriel E de toutes les fonctions f de IR dans IR, les ensembles P et
I formés respectivement des fonctions paires et impaires forment deux sous-espaces vectoriels
supplémentaires.

Exercice 5 [ Indication ] [ Correction ]


Soient A, B, C, D quatre sous-espaces vectoriels de E tels que E = A ⊕ B = C ⊕ D.
On suppose que A ⊂ C et B ⊂ D. Montrer que A = C et B = D.

Exercice 6 [ Indication ] [ Correction ]


Soit E un IK-espace vectoriel.
1. Soient E1 et E2 deux sous-espaces de E tels que E = E1 + E2 .
Soit F2 un supplémentaire de E1 ∩ E2 dans E2 . Montrer que E = E1 ⊕ F2 .
2. Soient E1 , E2 , . . . , En des sous-espaces de E tels que E = E1 + E2 + · · · + En .
Montrer qu’il existe des sous-espaces F1 , F2 , . . . , Fn de E tels que pour tout indice j on
ait l’inclusion Fj ⊂ Ej et tels que E = F1 ⊕ F2 ⊕ · · · ⊕ Fn .

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Exercices de Mathématiques
Sous-espaces vectoriels
Indications, résultats

Indications ou résultats

Indication pour l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]


A, D, G sont des sous-espaces vectoriels de E. Ce n’est pas vrai pour B, C, F .

Indication pour l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


Si F ∪ G est un sous-espace de E, supposer par exemple queF n’est pas inclus dans G.
Se donner un élément f de F qui n’est pas dans G.
Pour tout g de G, considérer h = f + g.

Indication pour l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


Si c est dans C, il existe a dans A et b dans B tels que c = a + b.
Constater que a est dans B, et qu’il en est donc de même de c = a + b.

Indication pour l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Soit f dans E. Supposer que f s’écrit f = p + i.
En déduire l’expression nécessaire de p(x) et de i(x), puis vérifier.

Indication pour l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]


Pour tout c dans C, il existe a dans A et b dans B tels que c = a + b.
Montrer que c est dans D. En déduire c = a.

Indication pour l’exercice 6 [ Retour à l’énoncé ]

1. Se donner x de E et l’écrire x = x1 + x2 , avec x1 dans E1 et x2 dans E2 .


Utiliser E2 = (E1 ∩ E2 ) ⊕ F2 pour montrer que x est dans E1 + F2 .
Montrer ensuite que si x ∈ E1 ∩ F2 , alors x ∈ E1 ∩ E2 ∩ F2 .
2. Procéder par récurrence sur l’entier n ≥ 2.
Dans le passage du rang n − 1 au rang n, supposer E = E1 + E2 + · · · + En−1 + En .
Poser E 0 = E1 + E2 + · · · + En−1 et utiliser la question 1).
Appliquer ensuite l’hypothèse de récurrence.

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Sous-espaces vectoriels
Corrigés

Corrigés des exercices

Corrigé de l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]

1. A est un sous-espace vectoriel de E. D’une part, il contient la fonction nulle.


D’autre part, soient f, g deux éléments de A, et α, β deux scalaires. Soit h = αf + βg.
Alors : 2h(0) = 2(αf + βg)(0) = 2αf (0) + 2βg(0) = αf (1) + βg(1) = h(1).
Ainsi h appartient à A, qui est donc stable par combinaisons linéaires.
Remarque : le résultat est évident, et il est plus élégant de dire que A est le noyau de la
forme linéaire ϕ définie sur E par : ∀ f ∈ E, ϕ(f ) = 2f (0) − f (1).
2. B n’est pas un sous-espace vectoriel de E car il ne contient pas la fonction nulle.
3. La fonction constante f définie par f (x) ≡ 1 est dans C, mais −f n’appartient pas à C.
C n’est donc pas un sous-espace vectoriel de E
4. La fonction nulle est dans D. Soient f, g dans D, et α, β dans IR. Soit h = αf + βg.
Pour tout x de [0, 1] : h(1 − x) = αf (1 − x) + βg(1 − x) = αf (x) + βg(x) = h(x).
Ainsi h est encore élément de D, qui est donc un sous-espace vectoriel de E.
5. La fonction nulle n’est pas polynômiale de degré 4...
Donc F n’est pas un sous-espace vectoriel de E.
6. La réponse est oui. On peut dire par exemple que G est le sous-espace vectoriel de E
engendré par les applications x 7→ 1, x 7→ x, x 7→ x2 , x 7→ x3 et x 7→ x4 .

Corrigé de l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


Il est clair que si F ⊂ G ou si G ⊂ F , alors F ∪ G est un sous-espace vectoriel de E.
Pour montrer la réciproque, on suppose que F ∪ G est un sous-espace vectoriel de E et par
exemple que F n’est pas inclus dans G.
Alors il faut prouver que G est inclus dans F .
On se donne un élément g de G. Il s’agit de prouver que g est dans F .
Par hypothèse, il existe un élément f de F qui n’est pas dans G.
Puisque f et g sont tout deux dans F ∪ G, il en est de même de h = f + g (car F ∪ G est stable
par combinaison linéaire.)
Mais il est impossible que h soit dans G (sinon f = h − g serait lui aussi dans G.)
On en déduit que h est dans F . Donc g = h − f est dans F , ce qu’il fallait prouver.
Conclusion : si F ∪ G est un sous-espace vectoriel de E, alors F ⊂ G ou G ⊂ F .

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Sous-espaces vectoriels
Corrigés

Corrigé de l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


Il suffit bien sûr de prouver C ⊂ B. Soit c un élément de C.
Puisque C ⊂ A + B, il existe a dans A et b dans B tels que c = a + b.
Puisque B ⊂ C, les vecteurs b et c sont tous les deux dans C.
Il en est donc de même de a = c − b. Ainsi a est dans A ∩ C donc dans B.
Finalement a et b sont tous deux dans B. Il en est donc de même de c = a + b.
On a ainsi prouvé l’inclusion C ⊂ B et donc l’égalité C = B.

Corrigé de l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Il est clair tout d’abord que P et I sont deux sous-espaces vectoriels de E.
En effet, la fonction nulle est à la fois paire et impaire.
D’autre part, si f, g sont paires (resp. impaires) alors αf + βg est paire (resp. impaire).
Pour démontrer que E = P ⊕ I, on doit montrer que toute fonction f de E s’écrit de manière
unique comme la somme f = p + i d’une fonction p de P et d’une fonction i de I.
Supposons qu’une telle décomposition existe.
Alors pour tout x de IR, on a f (x) = p(x) + i(x).

f (x) = p(x) + i(x)
On en déduit, pour tout x de IR :
f (−x) = p(−x) + i(−x) = p(x) − i(x)
1 1
Il en découle, pour tout x de IR : p(x) = (f (x) + f (−x)) et i(x) = (f (x) − f (−x)).
2 2
Cela prouve l’unicité du couple (p, i) si ce couple existe.
Mais réciproquement, on constate que les deux applications p, i ainsi définies sont respective-
ment paire et impaire et qu’elles vérifient f = p + i.
Cela assure donc l’existence et l’unicité du couple (p, i), ce qui achève la démonstration.

Corrigé de l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]


Compte tenu de la symétrie du problème, il suffit de prouver que C est inclus dans A.
On se donne donc un élément c de C.
Puisque E = A ⊕ B, il existe a dans A et b dans B tels que c = a + b.
Ainsi a ∈ C et b ∈ D. L’élement c − a = b est donc dans C et dans D.


Puisque C et D sont en somme directe, il en découle que c − a = b = 0 .
Cela prouve que c est élément de A.
On a donc prouvé l’inclusion C ⊂ A, donc l’égalité C = A.
Pour les mêmes raisons, on a D = B.

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Sous-espaces vectoriels
Corrigés

Corrigé de l’exercice 6 [ Retour à l’énoncé ]

1. Tout x de E peut s’écrire x = x1 + x2 , avec x1 dans E1 et x2 dans E2 .


Puisque E2 = (E1 ∩ E2 ) ⊕ F2 , on peut écrire x2 = y + x02 , avec y ∈ E1 ∩ E2 et x02 ∈ F2 .
En particulier, y est un élément de E1 .
On en déduit que x = x1 + (y + x02 ) = (x1 + y) + x02 est un élément de E1 + F2 .
On a donc prouvé E = E1 + F2 . Il reste à vérifier que la somme E1 + F2 est directe.
Or si un vecteur x est dans E1 ∩ F2 , alors il est dans E1 ∩ E2 .
Il est donc à la fois dans E1 ∩ E2 et dans F2 qui sont en somme directe.
On en déduit que x est nul. Conclusion : on a E = E1 ⊕ F2 .
2. On procède par récurrence sur l’entier n ≥ 2. D’après (1), la propriété est vraie si n = 2
(F1 = E1 , et F2 est un supplémentaire de E1 ∩ E2 dans E2 .)
On suppose que la propriété est vraie pour n − 1 sous-espaces, avec n ≥ 3, et on se donne
les n sous-espaces E1 , E2 , . . . , En−1 , En de E.
Posons E 0 = E1 + E2 + · · · + En−1 . Avec cette notation, E = E 0 + En .
D’après la question (a), il existe un sous-espace Fn de En (par exemple un supplémentaire
de E 0 ∩ En dans En ) tel que E = E 0 ⊕ Fn .
L’hypothèse de récurrence, appliquée aux n − 1 sous-espaces E1 , . . . , En−1 de E 0 , montre
qu’il existe F1 , . . . , Fn−1 , sous-espaces de E1 , . . . , En−1 , tels que E 0 = F1 ⊕ . . . ⊕ Fn−1 .
Avec ces notations, on a alors E = E 0 ⊕ Fn = F1 ⊕ F2 ⊕ . . . ⊕ Fn−1 ⊕ Fn , ce qui prouve
la propriété au rang n et achève la récurrence.

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