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Exercices de Mathématiques

Applications linéaires et sommes directes


Énoncés

Énoncés des exercices

Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]


Soit E un C−espace
l vectoriel, et f un endomorphisme de E tel que f ◦ f = −Id.
Soient V = {x ∈ E, f (x) = ix} et W = {x ∈ E, f (x) = −ix}.
Montrer que V et W sont deux sous-espaces vectoriels supplémentaires dans E.

Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]


Soit f un endomorphisme de E, et deux scalaires distincts α et β.
Montrer que Ker (f 2 − (α + β)f + αβId) = Ker (f − αId) ⊕ Ker (f − βId).

Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]


Soit f un endomorphisme de E. Montrer que E = Ker f ⊕ Im f ⇔ la restriction de f à Im f
est un automorphisme de Im f .

Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]


Soit E un C−espace
l vectoriel, et soit f un endomorphisme de E tel que f 3 = Id.
Montrer que E = E1 ⊕ Ej ⊕ Ej 2 , avec la notation Eλ = Ker (f − λId).

Exercice 5 [ Indication ] [ Correction ]


Soit f un endomorphisme de E, et P, Q deux polynômes premiers entre eux.
Montrer que Ker (P Q)(f ) = Ker P (f ) ⊕ Ker Q(f ).

Exercice 6 [ Indication ] [ Correction ]


Soient f et g deux endomorphismes de E tels que f ◦ g ◦ f = f et g ◦ f ◦ g = g.
1. Montrer que E = Ker f ⊕ Im g.
2. Montrer que f (Im g) = Im f .

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Applications linéaires et sommes directes
Indications, résultats

Indications ou résultats
Indication pour l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]
Supposer que u ∈ E s’écrit u = v + w, avec v ∈ V et w ∈ W .
1 1
Montrer que v = (u − if (u)) et que w = (u + if (u)).
2 2
Réciproquement, vérifier que ces deux vecteurs conviennent.

Indication pour l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


Montrer que Ker (f − αId) et Ker (f − βId) sont en somme directe.
Noter que g = f 2 − (α + β)f + αβId = (f − αId) ◦ (f − βId) = (f − βId) ◦ (f − αId).
En déduire Ker (f − αId) ⊕ Ker (f − βId) ⊂ Ker g.
v = (f − αId)(u)

1
Vérifier enfin que tout u de E peut s’écrire u = (v − w), avec
β−α w = (f − βId)(u)

Indication pour l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


– Si E = Ker f ⊕ Im f , soit g la restriction de f à Im f .


Montrer que g est un endomorphisme surjectif de Im f . Si v ∈ Ker g, noter que f (v) = 0 .
– Réciproquement supposer que la restriction g de f à Im f est un automorphisme de Im f .


Si u ∈ Ker f ∩ Im f , utiliser l’injectivité de g pour montrer que u = 0 .
Si u ∈ E, utiliser la surjectivité de g pour montrer qu’il existe v dans Im f tel que f (u) = g(v).
En déduire que w = u − v est dans Ker f .

Indication pour l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Si f 3 = Id, supposer que u ∈ E s’écrit u = u1 + uj + uj 2 avec u1 ∈ E1 , uj ∈ Ej , uj 2 ∈ Ej 2 .
Prouver u1 = 31 (u + f (u) + f 2 (u)), uj = 13 (u + j 2 f (u) + jf 2 (u)), uj 2 = 13 (u + jf (u) + j 2 f 2 (u)).
Réciproquement, vérifier que les trois vecteurs u1 , uj , uj 2 conviennent.

Indication pour l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]


Si P ∧ Q = 1, Montrer qu’il existe A, B tels que Id = (AP )(f ) + (BQ)(f ).
Si u ∈ Ker (P Q)(f ), alors u = v + w, avec v = (AP )(f )(u) et w = (BQ)(f )(u).

Indication pour l’exercice 6 [ Retour à l’énoncé ]


1. Si x = y+z, avec y ∈ Ker f et z ∈ Im g, montrer que z = g◦f (x) et y = x−z = x−g◦f (x).
Réciproquement vérifier que ces deux vecteurs y, z conviennent.
2. Se donner x0 = f (x) dans Im f . Écrire x = y + z, avec y ∈ Ker f et z ∈ Im g.

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Corrigés

Corrigés des exercices

Corrigé de l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]


V, W sont des sous-espaces vectoriels de E car V = Ker (f − iId) et W = Ker (f + iId).
Il faut montrer que tout u de E s’écrit de manière unique u = v + w, avec v ∈ V et w ∈ W .
Supposons qu’une telle décomposition existe. Alors f (u) = f (v) + f (w) = i(v − w).
v+w =u

1 1
On en déduit : donc v = (u − if (u)) et w = (u + if (u)).
v − w = −if (u) 2 2
On a ainsi prouvé l’unicité du couple (u, v), s’il existe.
1 1
Réciproquement on pose v = (u − if (u)) et w = (u + if (u)). On a bien sûr v + w = u.
2 2
 f (v) = 1 (f (u) − if 2 (u)) = 1 (f (u) + iu) = iv


D’autre part, 2 2
 f (w) = (f (u) + if (u)) = 1 (f (u) − iu) = −iw
 1 2
2 2
Ce résultat prouve l’existence du couple (u, v), ce qui achève la démonstration.

Corrigé de l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


Posons g = f 2 − (α + β)f + αβId.
Soient u un vecteur de Ker (f − αId) ∩ Ker (f − βId).


Alors f (u) = αu = βu. Il en découle u = 0 , car α 6= β.
La somme Ker (f − αId) + Ker (f − βId) est donc directe.
On a g = (f − αId) ◦ (f − βId) = (f − βId) ◦ (f − αId).
Ker (f − αId) ⊂ Ker g

On en déduit les inclusions
Ker (f − βId) ⊂ Ker g
On en déduit que Ker (f − αId) ⊕ Ker (f − βId) ⊂ Ker g.
v = (f − αId)(u)

1
Tout vecteur u de E peut s’écrire u = (v − w), avec
β−α w = (f − βId)(u)
 →

(f − βId)(v) = g(u) = 0
Si u est dans Ker g, alors →.

(f − αId)(w) = g(u) = 0
v ∈ Ker (f − βId)

Autrement dit, on a
w ∈ Ker (f − αId)
1
L’égalité u = (v − w) montre donc que u appartient à Ker (f − αId) ⊕ Ker (f − βId).
β−α
On a donc prouvé l’équivalence
Ker (f 2 − (α + β)f + αβId) = Ker (f − αId) ⊕ Ker (f − βId)

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Applications linéaires et sommes directes
Corrigés

Corrigé de l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


– On suppose que E = Ker f ⊕ Im f . Soit g la restriction de f à Im f .
Il est clair que Im f est stable par f donc par g. Ainsi g est un endomorphisme de Im f .
Soit v dans Im f . Il existe u dans E tel que v = f (u).
Mais il existe u0 dans Ker f et u00 dans Im f tel que u = u0 + u00 , car E = Ker f + Im f .
On en déduit v = f (u0 + u00 ) = f (u00 ) = g(u00 ), ce qui prouve la surjectivité de g.

− →

Soit v dans Ker g. Alors v est dans Im f et on a g(v) = 0 donc f (v) = 0 .


Ainsi v est dans Ker f ∩ Im f = { 0 }, ce qui prouve l’injectivité de g.
L’application g est donc un isomorphisme de Im f sur lui-même.
– Réciproquement supposons que la restriction g de f à Im f est un automorphisme de Im f .


Soit u un vecteur de Ker f ∩ Im f . On a f (u) = 0 et u ∈ Im f .

− →

Il en découle g(u) = 0 et donc u = 0 car g est injective.
Soit u un vecteur de E. On a f (u) ∈ Im f .
Puisque g est un automorphisme de Im f , il existe v dans Im f tel que f (u) = g(v).


On a ainsi f (u) = f (v) donc f (u − v) = 0 . Le vecteur w = u − v est dans Ker f .
On a u = w + v, avec w dans Ker f et v dans Im f , ce qui prouve E = Ker f + Im f .
Finalement, on a prouvé que E = Ker f ⊕ Im f .

Corrigé de l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Soit E un C−espace
l vectoriel, et soit f un endomorphisme de E tel que f 3 = Id.
Soit u un vecteur de E.
On doit montrer que u s’écrit de façon unique u = u1 + uj + uj 2 où u1 ∈ E1 , uj ∈ Ej , uj 2 ∈ Ej 2 .
Supposons que cette décomposition existe. Ainsi f (u1 ) = u1 , f (uj ) = juj et f (uj 2 ) = j 2 uj 2 .
On applique f et f 2 à l’égalité u = u1 + uj + uj 2 .
u = 1 (u + f (u) + f 2 (u))

u = u + u + u 2
1 j j  1 3



On trouve f (u) = u1 + juj + j 2 uj 2 et on en déduit uj = 13 (u + j 2 f (u) + jf 2 (u))
 2
f (u) = u1 + j 2 uj + juj 2

uj 2 = 13 (u + jf (u) + j 2 f 2 (u))


On a ainsi prouvé l’unicité des vecteurs u1 , uj , uj 2 s’ils existent.
Réciproquement, considérons les trois vecteurs u1 , uj , uj 2 définis par les égalités précédentes.
On a bien sûr u1 + uj + uj 2 = u. D’autre part, compte tenu de f 3 = Id, on trouve :
 f (u1 ) = 13 (f (u) + f 2 (u) + f 3 (u)) = 13 (f (u) + f 2 (u) + u) = u1 .
j
 f (uj ) = 13 (f (u) + j 2 f 2 (u) + ju) = 3 (j 2 f (u) + jf 2 (u) + u) = juj
j2
 f (uj 2 ) = 13 (f (u) + jf 2 (u) + j 2 u) = 3 (jf (u) + j 2 f 2 (u) + u) = j 2 uj 2
On a ainsi établit l’existence des vecteurs u1 , uj , uj 2 , ce qui achève la démonstration.

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Corrigés

Corrigé de l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]


Puisque P, Q sont premiers entre eux, il existe deux polynômes A, B tels que AP + BQ = 1.
Ainsi 1(f ) = Id = (AP + BQ)(f ) = (AP )(f ) + (BQ)(f ).
Soit u un élément de Ker (P Q)(f ).
On a u = v + w, avec v = (AP )(f )(u) et w = (BQ)(f )(u).

− →

On constate que Q(f )(v) = (QAP )(f )(u) = (A(f ) ◦ (P Q)(f ))(u) = 0 car (P Q)(f )(u) = 0 .


De même, P (f )(w) = (P BQ)(f )(u) = (B(f ) ◦ (P Q)(f ))(u) = 0 .
On a ainsi trouvé v dans Ker Q(f ) et w dans Ker P (f ) tels que u = v + w.
Supposons maintenant qu’un vecteur u appartienne à Ker P (f ) ∩ Ker Q(f ).


L’égalité u = (AP )(f )(u) + (BQ)(f )(u) = (A(f ) ◦ P (f ))(u) + (B(f ) ◦ Q(f ))(u) donne u = 0 .
Ainsi la somme Ker P (f ) + Ker Q(f ) est directe, donc Ker (P Q)(f ) = Ker P (f ) ⊕ Ker Q(f ).

Corrigé de l’exercice 6 [ Retour à l’énoncé ]

1. Supposons qu’un vecteur x s’écrive x = y + z, avec y dans Ker f et z = g(t) dans Im g :


x = y + z = y + g(t) ⇒ f (x) = f ◦ g(t) ⇒ g ◦ f (x) = g ◦ f ◦ g(t) = g(t) = z.
On a donc nécessairement z = g ◦ f (x) et y = x − z = x − g ◦ f (x).
Réciproquement ces vecteurs y, z vérifient évidemment y + z = x, le vecteur z = g(f (x))


est bien dans Im g, et f (y) = f (x) − f ◦ g ◦ f (x) = 0 c’est-à-dire y ∈ Ker f .
Ainsi la décomposition x = y + z existe et est unique : on a E = Ker f ⊕ Im g.
2. On a toujours f (Im g) ⊂ Im f .
Réciproquement soit x0 = f (x) un élément de Im f .
On sait que x s’écrit x = y + z, avec y dans Ker f et z dans Im g.
Ainsi x0 = f (x) = f (y) + f (z) = f (z), donc x0 ∈ f (Im g).
Conclusion : f (Im g) = Im f .

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