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Exercices de Mathématiques

Bases d’un espace vectoriel


Énoncés

Énoncés des exercices

Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]


Dans IK[X], on se donne une suite de polynômes non nuls (Pn )n≥0 .
On suppose que pour tout entier n de IN, on a deg Pn < deg Pn+1 .
1. Montrer que la famille (Pn )n≥0 est libre.
2. Montrer que c’est une base de IK[X] si et seulement si, pour tout n, deg Pn = n.

Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]


Soit E un espace vectoriel de dimension n ≥ 1.
Soit f un endomorphisme de E tel que f n = 0 et f n−1 6= 0.
Soit x un vecteur de E tel que f n−1 (x) 6= 0.
Montrer que la famille x, f (x), . . . , f n−1 (x) constitue une base de E.

Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]


x + 3y − 2z − 5t = 0

4
Dans IR , Soit E l’ensemble des u = (x, y, z, t) tels que
x + 2y + z − t = 0
Montrer que E est un sous-espace vectoriel ; en donner la dimension et une base.

Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]


On se donne une subdivision x0 = a < x1 < . . . xn−1 < xn = b du segment [a, b].
Soit F l’ensemble des applications f : [a, b] → IR qui sont affines sur chaque [xk , xk+1 ].
Montrer que F est un espace vectoriel. En donner la dimension et une base.

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Bases d’un espace vectoriel
Indications, résultats

Indications ou résultats

Indication pour l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]


P
1. Supposer λn Pn = 0, les λn étant non tous nuls.
n≥0
Considérer l’indice maximum m tel que λm 6= 0, et raisonner sur les degrés.
2. Si ∀n, deg Pn = n, alors tout polynôme P est combinaison des Pk avec k ≤ deg P .
Si on n’a pas deg Pn = n pour tout n, considérer l’indice minimum m tel que deg Pm > m.

Indication pour l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


n−1

− →

λk f k (x) = 0 , avec (λ0 , . . . , λn−1 ) 6= 0 .
P
Supposer
k=0

Considérer l’indice minimum k0 tel que λk0 6= 0.

Indication pour l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


Une base de E est formée de a = (−7, 3, 1, 0) et de b = (−7, 4, 0, 1).

Indication pour l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Considérer l’application ϕ de E dans IRn+1 définie par ϕ(f ) = (f (x0 ), f (x1 ), . . . , f (xn )).
Montrer que ϕ est un isomorphisme de F sur IRn+1 .
Considérer les images réciproques des vecteurs de la base canonique de IRn+1 .

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Bases d’un espace vectoriel
Corrigés

Corrigés des exercices

Corrigé de l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]


P
1. On se donne une famille (λn )n≥0 de scalaires, à support fini, telle que λn Pn = 0.
n≥0
On suppose, par l’absurde, que les λn ne sont pas tous nuls.
P
Il existe alors un m maximum tel que λm 6= 0 donc tel que λm Pm = − λ n Pn .
P  n o n<m

Mais c’est absurde car deg λn Pn ≤ max deg Pn , n < m < deg Pm .
n<m

Conclusion : la famille (Pn )n≥0 est une famille libre.

2. Supposons que pour tout n, on ait deg Pn = n. Soit P un polynôme non nul de IK[X].
Posons deg P = m. Les m + 1 polynômes P0 , . . . , Pm (qui sont extraits de la famille
(Pn )n≥0 ) forment une famille libre de IKm [X] (qui est de dimension m + 1.)
Les polynômes P0 , . . . , Pm forment donc une base de IKm [X].
Il en découle que P est une combinaison linéaire de P0 , . . . , Pm donc des Pn pour n ≥ 0.
Supposons maintenant qu’on n’ait pas deg Pn = n pour tout n de IN.
Puisque la suite (deg Pn )n≥0 est strictement croissante dans IN, on a toujours deg Pn ≥ n.
Il existe donc un m minimum tel que deg Pm > m et deg Pn = n pour tout n < m.
P
Le degré de λn Pn est celui de Pn où n est l’indice maximum tel que λn 6= 0.
n≥0
Avec les notations précédentes, ce degré ne peut pas être égal à m.
Autrement dit X m , par exemple, n’est pas combinaison linéaire des Pn , avec n ∈ IN.
Cela prouve que la famille (Pn )n≥0 n’est pas génératrice dans IK[X].
Conclusion : (Pn )n≥0 est une base de IK[X] ⇔ ∀ n ∈ IN, deg Pn = n.

Corrigé de l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


Il suffit de prouver que les n vecteurs x, f (x), . . . , f n−1 (x) sont libres.
n−1


λk f k (x) = 0 .
P
Soient λ0 , λ1 , . . . , λn−1 dans IR tels que
k=0


Supposons par l’absurde que (λ0 , . . . , λn−1 ) 6= 0 . Soit k0 minimum tel que λk0 6= 0.
n−1 n−1

→ →

λk f k (x) = 0 devient : λk0 f k0 (x) + λk f k (x) = 0 .
P P
L’égalité
k=0 k=k0 +1
n−k0 +1 n−1 →

Si on compose par f , on obtient : λk0 f (x) = 0 ce qui est absurde.
Conclusion : la famille x, f (x), . . . , f n−1 (x) est libre, et c’est une base de E.

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Corrigés

Corrigé de l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


Soit u = (x, y, z, t) un vecteur quelconque de IR4 .

x + 3y − 2z − 5t = 0 x = −7z − 7t
  
x + 3y = 2z + 5t
⇔ ⇔
x + 2y + z − t = 0 x + 2y = −z + t y = 3z + 4t
⇔ (x, y, z, t) = (−7z − 7t, 3z + 4t, z, t) = z(−7, 3, 1, 0) + t(−7, 4, 0, 1), avec (z, t) ∈ IR2

a = (−7, 3, 1, 0)
Ainsi E est l’ensemble des combinaisons linéaires de
b = (−7, 4, 0, 1)
La famille a, b est libre. Elle constitue donc une base de E, et dim E = 2.

Corrigé de l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


F est de façon évidente un sous-espace vectoriel de l’ensemble E de toutes les applications de
[a, b] dans IR : la fonction nulle est un élément de F , et si f, g sont affines sur chaque [xk , xk+1 ]
il en est de même de λf + µg.
Considérons l’application ϕ de E dans IRn+1 définie par ϕ(f ) = (f (x0 ), f (x1 ), . . . , f (xn )).
Il est clair que ϕ est linéaire. D’autre part c’est une bijection de F sur IRn+1 : en effet le fait de
se donner les images (f (x0 ), f (x1 ), . . . , f (xn )) définit une unique application f affine sur chaque
sous-segment [xk , xk+1 ] de [a, b].
L’application ϕ est donc un isomorphisme de F sur IRn+1 ce qui prouve que dim F = n + 1.
Les images réciproques des vecteurs de la base canonique de IRn+1 forment donc une base de
F . Ce sont les applications f0 , f1 , . . . , fn définies par les égalités fi (xj ) = δij .
Autrement dit chaque fonction fi vaut 1 en xi et 0 sur les autres xj , et on la complète de façon
affine sur chaque intervalle [xk , xk+1 ].
Pour être complet, disons que la base duale de la base (f0 , f1 , . . . , fn ) de F est constituée des
formes linéaires fj∗ définies sur F par fj∗ (f ) = f (xj ).
Chaque élément f de F se décompose en : f = f (x0 )f0 + f (x1 )f1 + · · · + f (xn )fn .

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