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A S S U R A N C E & A DV I S O RY

B U S I N E S S S E RV I C E S

FROM THOUGHT TO FINISH.™

La mise en application pratique


d'IAS 39 pour l'évaluation
des instruments financiers et la
comptabilité de couverture
Table des matières

1 Introduction 5
2 Domaine d'application 6
3 Comptabilisation et décomptabilisation 8
4 Dérivés 11
4.1 Dérivés isolés 11
4.2 Dérivés incorporés (Embedded Derivatives) 11
5 Les différents actifs et passifs financiers 14
5.1 Evaluation 14
5.1.1 Evaluation initiale d'actifs et passifs financiers 14
5.1.2 Evaluation ultérieure d'actifs financiers 15
5.1.2.1 Principe de l'évaluation à la juste valeur 15
5.1.2.2 L'évaluation au coût amorti (Amortised Cost) 16
5.1.2.3 La catégorie Held-to-Maturity 17
5.1.2.4 Changement entre les différentes catégories 19
5.1.3 Evaluation ultérieure des passifs financiers 19
5.1.4 Résultat sur évaluation des valeurs financières comptabilisées à la juste valeur 20
5.1.5 Résultat de l'évaluation des valeurs financières non comptabilisées à la juste valeur 21
5.1.6 Diminution durable de valeur d'actifs financiers 21
5.2 Cas particulier d'emprunts convertibles et à option de l'entreprise 23
5.3 Impôts latents sur des variations de valeur comptabilisées sans incidence sur le résultat 25
5.4 Traitement des frais de transaction 27
5.5 Traitement de l'impact des monnaies étrangères 28
5.6 Actions propres 30
6 Comptabilité de couverture 31
6.1 Directives 31
6.2 Instruments de couverture 31
6.3 Eléments couverts 32
6.4 Comptabilité de couverture 34
6.4.1 Généralités 34
6.4.2 Conditions de la comptabilité de couverture 35
6.4.3 Appréciation de l'efficacité de la couverture 37
6.5 Couvertures de juste valeur 38
6.5.1 Règles de comptabilisation des couvertures de juste valeur 38
6.5.2 Exemples de couvertures de juste valeur 39
6.5.3 Exemples de comptabilisation de couvertures de juste valeur 40
6.6 Couvertures des flux de trésorerie 41
6.6.1 Comptabilisation des couvertures de flux de trésorerie 41
6.6.2 Exemples de couvertures de flux de trésorerie 42
6.6.3 Exemples de comptabilisation de couvertures des flux de trésorerie 43
6.7 Couverture d’un investissement net dans une filiale étrangère 45
6.8 Combinaison de couvertures 46

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LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

Table des matières

7 Directives de publication d’IAS 39 – Un exemple pour les comptes annuels 47


7.1 Répercussions de la norme IAS 39 sur la variation des fonds propres 47
7.2 Extrait des directives de comptabilisation et d’évaluation 47
7.3 Dérivés 50
7.4 Juste valeur des placements financiers 54
7.5 Première application d’IAS 39 56
8 Réflexions concernant l’introduction d’IAS 39 57
9 Conclusions finales et perspectives 61

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LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D 'IAS 39

1 Introduction

IAS 39 traite un sujet très controversé et il a fallu beaucoup de temps ainsi que pas moins de
trois Exposés-sondages avant que ce standard, dans la version actuellement disponible, ne
puisse être déclaré obligatoire pour les comptes annuels à partir du 1er janvier 2001. Les tra-
vaux ont commencé en 1988 et ont conduit en 1991 à l’Exposé-sondage E40 et en 1994 à
l’Exposé-sondage E48. La décision a ensuite été prise de subdiviser ce projet. En 1995, IAS
32, qui se consacre à l’aspect de la présentation des instruments financiers et des informations
à fournir les concernant, a été approuvé. Le projet partiel controversé de l’évaluation a été à
nouveau révisé. La présente norme IAS 39 se base sur l’Exposé-sondage E62, publié en 1998.
L’Exposé-sondage E66 a déjà traité certains domaines du présent standard.
Roland Ruprecht,
Partner La norme IAS 39 est actuellement en cours de révision. Les modifications proposées devrai-
roland.ruprecht@eycom.ch ent entrer en vigueur dès 2003. Les principaux changement attendus sont:
• L’ensemble des actifs et passifs financiers, y compris les instruments hybrides avec dérivé
incorporé, pourront dorénavant être alloués à la catégorie ‘Detenus à des fins de transac-
tions’ (Held-for-Trading), même lorsque l’acquisition n’est pas motivée par une activité de
négoce;
• La possibilité d’enregistrer les variations de valeur des actifs financiers de la catégorie
‘Disponible à la vente’ (Available-for-Sale) par le compte de résultat est dès lors superflue;
• La couverture des engagements fermes ne sera plus considérée comme une couverture de
flux de trésorerie mais comme une couverture de la juste valeur;
• D’autres propositions de modification peuvent être consultées sur le site internet
www.iasc.org.uk

Il n’est pas impossible que l’actuelle version d’IAS 39 puisse céder le pas à un standard harmo-
nisé au niveau international, qui prévoirait l’évaluation de tous les instruments financiers à la
juste valeur. Les résultats du groupe de travail conjoint désigné à cet effet sont déjà prêts. D’ici-là,
les contrôleurs, les trésoriers et les auditeurs doivent se familiariser avec le standard actuel.
Le présent article est un résumé d’IAS 39; il a été étoffé par le plus grand nombre possible d’ex-
emples, afin que la matière soit plus compréhensible. En mars 2000, l’International Accounting
Standards Board (IASB) a institué un Implementation Guidance Committee (IGC), qui a élaboré
des prises de position concrètes sur les questions au sujet d’IAS 39. A ce jour, six lots de ques-
tions et réponses (Q&A) sont entrés en vigueur. Ces Q&A’s sont une aide précieuse eu égard à la
complexité de la matière. Entre-temps, un ouvrage séparé intitulé «Accounting for Financial
Instruments» a été publié. Il contient, outre les deux standards importants IAS 32 et IAS 39,
également les SIC correspondants du Standing Interpretations Committee (SIC 5, 12, 16, 17)
ainsi que les Q&A’s publiés jusqu’à ce jour. Ce livre contient à lui seul 572 pages et devrait donc
être aussi complet que la totalité des oeuvres IAS il y a quelques années.
Le domaine de la comptabilité de couverture a été complété par des exemples de SFAS 133,
qui sont d’une grande aide lors de la mise en oeuvre d’IAS 39. Du point de vue matériel, le
standard américain ne s’écarte que peu d’IAS 39. Cette comparaison est donc parfaitement
tolérée dans certains domaines.

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LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

2 Domaine d’application

Comme le bilan de toute société présente des instruments financiers, IAS 39 s’applique à la
quasi totalité des entreprises. Certaines positions du bilan ou hors-bilan peuvent certes être
considérées par définition comme des instruments financiers mais sont cependant couvertes
par un standard IAS séparé (p. ex. les participations dans des entreprises associées). Le tableau
ci-dessous détermine, par position du bilan, s’il s’agit d’instruments financiers, et si ceux-ci
sont explicitement exclus de l’évaluation selon IAS 39. Ce tableau renvoie au standard en
question et aux paragraphes qui réglementent cette position.
Les directives d’évaluation sont traitées dans le chapitre 5 ci-dessous.

Tableau 1: Aperçu de la classification des instruments financiers


Postions du bilan Instrument Exclu Directive Référence
ou hors-bilan financier? d’ IAS 39? d’evaluation
ACTIFS
Trésorerie Oui Non IAS 39: Juste valeur IAS 32, A3
Papiers-valeurs Oui Non IAS 39: Juste valeur IAS 32.9, A7; Q&A
(stock commercial) 10-9, 10-15
Dérivés (actif) Oui Non IAS 39: Juste valeur IAS 32.9, IAS 39.69
Débiteurs Oui Non IAS 39: Coût amorti y IAS 32, A4;
compris impairment Q&A 10-7, 10-11
Stocks Non - IAS 2, IAS 11 IAS 32.11
Comptes de Selon le genre - - IAS 32.12
régularisation actifs de délimitation
Immobilisations Non - IAS 16 IAS 32.11
corporelles
Immobilisations cor- Non - IAS 17 IAS 32.11
porelles en leasing
Valeurs Non - IAS 38 IAS 32.11
immatérielles
Prêts accordés Oui Non IAS 39: Coût amorti y IAS 32, A4;
(actif) compris impairment Q&A 10-7, 10-11
Immobilisations finan- Oui Non IAS 39: Coût amorti y IAS 32, A5;
cières qui sont gardé- compris impairment Q&A 10-16, 10-17
es jusqu’à l’échéance
Autres immobilisations Oui Non IAS 39: Juste valeur y IAS 39.10
financières (disponi- compris impairments
bles à la vente) (en cas de choix compta-
bilisation des variations
de valeur sur le capital
propre)
Dérivés incorporés Oui Non Option de séparation IAS 39.23
avec évaluation (juste valeur) et élément
séparée de l’élément couvert
couvert et du dérivé
Coentreprises Oui Oui IAS 31 IAS 32.1c, 5d
Participations dans Oui Oui IAS 28 (exceptions voir IAS 32.1b, 5d
des entreprises 28.12 et Q&A 1-4)
associées
Participations affiliées Oui Oui IAS 27 IAS 32.1a, 5d
Avoirs de pension Oui Oui IAS 19 IAS 19, IAS 32.1d
Avoirs fiscaux latents Non - IAS 12 IAS 32.13

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Postions du bilan Instrument Exclu Directive Référence
ou hors-bilan financier? d’ IAS 39? d’evaluation

PASSIFS
Dettes bancaires Oui Non IAS 39: Juste valeur IAS 32, A3
à vue
Passifs provenant du Oui Non IAS 39: Juste valeur IAS 39.18;
commerce Q&A 18-1, 18-2
d’instruments
financiers
Dérivés (passif) Oui Non IAS 39: Juste valeur IAS 32.9 IAS 39.18
Créditeurs Oui Non IAS 39: Coût amorti IAS 32, A4
Dettes fiscales Non - IAS 12 IAS 32.13
Comptes de régulari- Selon le genre Non - -
sation passifs de délimitation
Dettes provenant de Oui Oui IAS 17 IAS 32, A6, IAS
leasing financier 39.1b
Prêts (passif) Oui Non IAS 39: Coût amorti IAS 32, A4
Emprunt par Oui Non IAS 39: Coût amorti IAS 32, A4
obligations
Emprunt convertible Oui Non IAS 32, 23-29; IAS 32
et à options IAS 39, 93: Coût amorti
Provisions Non - IAS 37 IAS 32.12
Provisions actuarielles Oui Oui Projet IAS séparé IAS 39.1d; mais voir
Q&A 1-3
Participations Non - IAS 27 IAS 32.17
minoritaires
Capital propre Non - Valeur résiduelle IAS 32, A18
Capital subordonné Non - - IAS 32, A7
pour les emprunts
convertibles et à
options
Option pour acquérir Non - - IAS 32, A8;
ou émettre ses SIC 16
propres actions
Actions des Oui Oui IAS 19 IAS 19; IAS 32.1e
collaborateurs

OPERATIONS HORS-BILAN
Contrats à terme de Non - - IAS 32.5, A13;
gré à gré sur des Q&A 14-1, 14-2,
marchandises pour 14-3
couvrir les achats/
ventes anticipés
Garanties Oui Oui IAS 37 IAS 32.15; IAS 39.1f;
Q&A 1-1, 1-2, 1-5
Operating Lease Non - IAS 17 IAS 32.14
A = Appendice à IAS 32 Q&A = IAS 39 Implementation Guidance – Questions and Answers

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LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

3 Comptabilisation et décomptabilisation

Une entreprise comptabilise les actifs et les passifs financiers dans le bilan lorsqu’un contrat a
été conclu (p. ex. conclusion d’un contrat à terme de gré à gré ou d’une option, signature d’un
contrat, crédit sur de la marchandise livrée).
Lors de la comptabilisation d’actifs financiers, il convient de différencier la date de transaction
de la date de règlement (date d’exécution). La date de transaction (trade date) est la date à
laquelle l’entreprise a contracté l’obligation d’acheter ou de vendre des actifs financiers. La
date de règlement est la date à laquelle les actifs financiers ont été livrés à ou par l’entreprise.
Une méthode doit être définie pour chacune des quatre catégories d’actifs financiers (voir
«5. Les différents actifs et passifs financiers») pour savoir si la comptabilisation doit intervenir
lors de la transaction ou lors du règlement (également appelée comptabilité selon la date valeur).
L’achat tout comme la vente d’actifs financiers d’une catégorie doivent cependant toujours être
traités de la même manière. Par exemple, en cas de vente avec livraison deux jours plus tard, on
se trouve théoriquement déjà en présence d’un contrat à terme de gré à gré. En raison du cours
délai entre la transaction et le règlement, un tel contrat à terme de gré à gré n’est toutefois pas
comptabilisé lors de la transaction mais seulement lors du règlement en tant que vente normale.

Une société prend le 1er octobre l’engagement de souscrire 5% du total des actions émises par ABC
Holding à l’occasion d’une augmentation de son capital. L’augmentation effective n’aura pas lieu
avant le 1er janvier de l’année suivante. Les actions de ABC Holding sont cotées à la SWX. Par la
suite, la valeur boursière du titre baisse de CHF 500 à CHF 400, ce qui correspond, pour les actions
souscrites, à une baisse de CHF 1’000’000 à CHF 800’000. La société a l’intention d’attribuer ces
actions à la catégorie «Available-for-sale» et a opté pour la possibilité d’imputer les bénéfices et
pertes non réalisés directement dans les capitaux propres. La question se pose de savoir comment
cette transaction doit être traitée dans les comptes annuels. A la base, la société s’est engagée dans
une opération à terme, par laquelle elle s’engage à acquérir ces actions 3 mois plus tard à un prix
déterminé. En conséquence, la société doit enregistrer cette opération à terme au 1er octobre et
comptabiliser la perte de cours de CHF 200’000 par le résultat. Ce n’est qu’au moment de la livraison
des actions que cet investissement pourra être classé comme «Available-for-sale». A ce sujet, nous
renvoyons en particulier au chapitre ‘5.1.2. Evaluation ultérieure d’actifs financiers’.

Lors de la comptabilisation de passifs financiers, les règles concernant la date de transaction


ou de règlement ne sont pas applicables. Dans ce cas, ce sont les règles générales de compta-
bilisation et de décomptabilisation telles que décrites ci-dessous qui doivent être respectées.
Une entreprise ne peut décomptabiliser un actif financier ou une partie d’actif financier que
lorsque les droits sont réalisés, échus ou que l’entreprise en perd le contrôle. Si l’actif finan-
cier est transféré à une autre entreprise mais que le transfert ne satisfait pas aux conditions
mentionnées, l’avoir qui en résulte doit être comptabilisé comme un prêt garanti.
Les facteurs suivants plaident en faveur d’une vente et donc d’une décomptabilisation de l’ac-
tif financier car les pertes et les profits passent à l’acquéreur:
• Le cédant reste propriétaire des immobilisations, mais perd le droit de les nantir ou de les
vendre à quelqu’un d’autre.

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• Malgré le fait que le cessionnaire n’ait pas l’autorisation de vendre ou nantir les immobili-
sations, il acquiert cependant la possibilité de vendre l’usage des immobilisations ou de les
nantir (rights to benefit).
• Le cédant reste propriétaire des immobilisations, mais il est tenu de transférer immédiate-
ment au cessionnaire les revenus encaissés.

De manière générale, à partir du moment où les droits et les obligations restent chez le cédant
et sont activés dans son bilan, l’acquéreur n’a pas le droit d’activer les actifs acquis en tant
que tels car il ne peut en disposer. En lieu et place, le cessionnaire activera un avoir sur le
cédant.

Le contrôle n’est pas perdu lorsque le cédant a la possibilité ou le devoir de racheter l’objet (p. ex.
au moyen de Repo, contrat à terme de gré à gré, option put, option call), à moins que l’objet ne soit
en tout temps disponible sur le marché ou que le prix de reprise ne corresponde au prix du marché
au moment de cette reprise.

Si un actif financier n’est vendu que partiellement, la valeur comptable doit être répartie en
conséquence, et la différence entre la valeur comptable de la part vendue –et le prix de vente
doit être comptabilisée avec incidence sur le résultat. Si la répartition de la valeur ne peut être
effectuée, la partie résiduelle de l’actif doit être comptabilisée pour une valeur nulle. Le résul-
tat se détermine donc par la différence entre la valeur comptable totale et le prix de vente.
Si une entreprise renonce au contrôle d’ actifs financiers et obtient en contrepartie des actifs
et/ou des passifs financiers (p. ex. en cas de vente de débiteurs avec garantie de solvabilité),
les nouveaux actifs et passifs financiers doivent être comptabilisés à leur juste valeur et les
différences éventuelles saisies dans le compte de résultat.
A ce titre, l’exemple suivant est un cas particulier à prendre en considération: si le cédant ne
donne pas seulement une garantie de solvabilité mais également un droit de revente au ces-
sionnaire (donc une option put), le contrôle n’est pas abandonné tel que décrit ci-dessus et les
débiteurs restent, par conséquent, activés chez le cédant.
Si la juste valeur de ces nouveaux actifs et passifs financiers ne peut être déterminée, la valeur
comptable des actifs financiers doit être comptabilisée comme nulle et la valeur comptable
des passifs financiers doit être mesurée de manière à ce qu’aucun bénéfice ne soit réalisé.
En revanche, si IAS 37 - provisions, passifs et actifs éventuels - exige une provision plus
élevée, cette perte doit être comptabilisée.

Une entreprise ne décomptabilise des passifs financiers que lorsque les dettes correspondan-
tes sont éteintes. Ceci peut résulter du paiement, de la prescription, de transfert ou d’une
remise de dette («legally released»). Un échange de passifs contre d’autres portant des condi-
tions différentes doit être traité comme une compensation de l’ancienne dette et la reconnais-
sance d’un nouveau passif. C’est également le cas si les conditions d’un passif existant sont
considérablement modifiées.

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LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

Si une entreprise ne transfère qu’une partie des passifs financiers à des tiers, ou si la totalité
des passifs sont transférés mais de nouveaux passifs sont créés, la procédure est la même que
lors de la vente partielle d’actifs financiers.

Des obligations propres rachetées sur le marché doivent toujours être considérées comme rembour-
sées et la dette doit être réduite en conséquence. Cela est valable même lorsque l’entreprise a l’in-
tention de revendre plus tard les obligations. Une vente doit être considérée comme un nouveau
passif financier et comptabilisée selon les règles d’IAS 39, soit dans ce cas selon la méthode du
coût amorti (voir paragraphe «5.1. Evaluation»).

Lors de la décomptabilisation des dettes, il est nécessaire dans tous les cas de clarifier si le
débiteur originel peut encore être actionné en justice. Les Q&A contiennent quelques exem-
ples qui détaillent ces états de fait (voir p. ex. la différence entre Q&A 57-1 et 57-3).

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LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

4 Dérivés

4.1 Dérivés isolés


Selon IAS 39, la notion d’instrument financier dérivé est très large, pour autant que l’instrument
financier réponde aux définitions de IAS 39.10, soit:
• sa valeur fluctue en fonction d’une valeur de base (taux d’intérêt, prix d’un titre, prix d’une
marchandise, cours de change, etc.),
• il ne requiert aucun investissement net initial ou un investissement net faible par rapport à
d’autres types d’instruments financiers réagissant de manière similaire aux évolutions des
conditions du marché et
• il est réglé à une date future.

Toutes les notions classiques de contrats à terme de gré à gré, swaps et contrats d’option tombent
sous la définition de dérivés, dans la mesure où il ne présente pas de forme spéciale. On peut se
trouver en présence d’une forme spéciale lorsque l’une des conditions mentionnées n’est pas réa-
lisée, par exemple lors d’un LEPO (low exercise price option), pour lequel l’investissement initial
n’est pas considéré comme faible (p. ex. prime CHF 100; prix d’exercice CHF 5).

D’un autre côté, selon Q&A 10-3, un instrument dérivé comme le Cross Currency Interest Rate
Swaps répond à la définition. Un tel swap revient, par exemple, à échanger un montant en capital
d’USD 10 mio avec un taux d’intérêt fixe contre un montant de CHF 15 mio avec un taux d’intérêt
variable. La qualification de l’instrument comme dérivé se fonde sur le fait que l’investissement net
est nul au moment de l’échange. Dans ce cas, il y a donc un dérivé qui doit être porté sur une base
nette au bilan à la juste valeur actuelle. Le moment auquel la condition «aucun placement net ou un
placement net faible» est remplie n’est pas clairement défini. Q&A 10-8, 10-10 et 15-1 se réfèrent à
cet état de fait mais ne fixent pas de valeur seuil et se réclament du «professional judgement». Il se
peut également qu’un dérivé soit identifié comme tel mais que les règles d’évaluation d’IAS 39 ne
soient pas applicables (voir paragraphe «5.1. Evaluation»). C’est le cas lorsque la société a une obli-
gation d’acheter ou de vendre des actifs ou des passifs non financiers et qu’elle a pour pratique ou
prévoit de mener à bonne fin la livraison physique de cet objet. Il n’y aura donc pas de liquidation en
espèces, ce qui est généralement le cas pour les dérivés. Les dérivés sur les actions propres qui sont
données aux collaborateurs et qui sont partie intégrante du salaire ne tombent pas non plus sous la
coupe d’IAS 39. Elles sont régies par IAS 19 – Avantages du personnel (Employee Benefits).

4.2 Dérivés incorporés (Embedded Derivatives)


Un dérivé peut parfois être combiné avec des instruments non dérivés (embedded derivatives), ce qui
a pour effet que l’évolution des prix et les flux de trésorerie futurs dépendent en partie du dérivé.
Selon IAS 39, le dérivé incorporé ne peut être séparé du contrat hôte et évalué à la juste valeur que si:
• les bénéfices et les risques du dérivé diffèrent de ceux de l’instrument non dérivé,
• le dérivé séparé remplirait les conditions d’un instrument dérivé au sens d’IAS 39 (voir «4.1
Dérivés isolés») et

E R N S T & YO U N G 11
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

• l’instrument composé (dérivé et contrat hôte) n’est pas évalué à la juste valeur avec enregist-
rement des variations de cette valeur en résultat net.

Une comptabilisation séparée doit par exemple être appliquée dans les cas suivants:
• une option de vente ou d’achat combinée avec un instrument de capitaux propres
• une option de report du terme de la dette sans nouvelle adaptation du taux d’intérêt
• les paiements en intérêts ou en capital dépendant de commodities ou d’instruments de capi-
taux propres
• une clause convertible ou d’option dans un emprunt de la catégorie «Available-for-sale» et la
comptabilisation de variations de valeur sur les capitaux propres
• une option de vente ou d’achat liée à une obligation de rembourser une dette avec un agio ou
disagio important, sauf si cette option pouvait être exercée au coût amorti
• une clause monétaire dans un contrat, qui prévoit le retrait ou la livraison pour l’acheteur et
le vendeur dans une monnaie tierce, dans la mesure où ce bien n’est en général pas négocié
dans cette monnaie (exemple: si une entreprise suisse achète à une entreprise norvégienne
du pétrole brut en USD, il n’y a pas de dérivé incorporé car le pétrole brut est généralement
libellé en USD. Il n’y a pas non plus de dérivé dans la mesure où le contrat est rédigé en
NOK ou en CHF, car ces monnaies sont les monnaies des pays parties au contrat. Si, en
revanche, le contrat est libellé en DEM, il s’agit alors d’un dérivé incorporé). Dans ce cas, les
composants monétaires de ce contrat doivent être traités comme un contrat à terme de gré à gré.

Si la condition d’un dérivé incorporé est réalisée, ce dérivé doit être évalué séparément, mais cela ne
signifie toutefois pas que le contrat hôte et le dérivé doivent être inscrits dans deux positions différen-
tes du bilan (selon Q&A 23-1). Il est donc possible de continuer à inscrire une obligation de la catégo-
rie Held-to-Maturity ainsi que le dérivé incorporé au bilan dans les immobilisations. Dans ce cas
cependant, certaines directives de publication doivent être respectées (voir IAS 32.46 et IAS 32.77).

La comptabilisation séparée du dérivé et du contrat hôte ne peut être effectuée dans les exemples
suivants:
• Emprunt convertible du portefeuille de négoce, car cette position doit être saisie à la juste valeur
avec incidence sur le résultat
• Emprunts à taux d’intérêt variable (pas de répartition en un Straight Bond et un dérivé)
• Dette ou placement à taux d’intérêt fixe ainsi qu’un accord de retrait ou de livraison avec un
plancher ou un plafond
• Instruments financiers qui nécessitent des intérêts ou des paiements de capitaux en monnaie
étrangère (emprunts en double monnaie )
• Commodities dont le prix est libellé en monnaie étrangère (p. ex. pétrole brut en USD)
• Dérivé avec option de remboursement anticipé à un prix d’exercice qui ne créerait pas de profits
ou de pertes importants
• Dérivés en rapport avec un leasing qui nécessite des paiements indexés (p. ex. contrats de location
à long terme, dont le loyer dépend du renchérissement)
• Paiements qui dépendent d’un indice (p.ex. l’indice à la consommation)

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Il n’y a pas de dérivé incorporé lorsqu’un emprunt variable et un swap sont artificiellement
désignés comme unique (instrument synthétique). Dans ce cas, il y a un actif financier et un
dérivé qui doivent être évalués séparément selon les dispositions d’IAS 39. Dans tous les cas,
il est possible de vérifier si les dispositions spéciales de la comptabilité de couverture peuvent
être invoquées.
Dans la mesure où une évaluation séparée du dérivé et du contrat hôte n’est pas possible,
le contrat composé doit être évalué à la juste valeur.

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LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

5 Les différents actifs et passifs financiers

IAS 39 différencie quatre catégories d’actifs financiers ainsi que deux catégories de passifs
financiers:

• Les actifs financiers détenus à des fins de transaction (Held-for-Trading) sont ceux qui ont
été acquis ou cédés dans le but de dégager un bénéfice sur les fluctuations à court terme. Les
dérivés sont toujours considérés comme détenus à des fins de transaction, à moins que les
directives de la comptabilité de couverture soient applicables. Si les actifs financiers sont
acquis pour une durée indéterminée, ils ne font pas partie intégrante du portefeuille de trans-
action mais appartiennent à une autre catégorie (Held-to-Maturity, Originated Loans and
Receivables ou Available-for-Sale).
• Les placements détenus jusqu’à leur échéance (Held-to-Maturity Investments) sont des
actifs financiers à paiements fixés ou déterminables et à échéance fixée, que l’entreprise a
l’intention et la capacité de conserver jusqu’à leur échéance.
• Les prêts et créances émis par l’entreprise (Loans and Receivables Originated by the Enterprise
et Not Held-for-Trading) sont des actifs financiers qui sont créés du fait de la mise à disposition
d’argent, de prestations de service ou de marchandises. Ce qui est important est que l’argent
aille directement du créancier au débiteur. Si des actifs financiers sont achetés (p. ex. à une
bourse ou par un intermédiaire), ces valeurs ne peuvent pas être attribuées à cette catégorie.
• La catégorie des actifs financiers disponibles à la vente (Available-for-sale) comprend tous
les autres actifs financiers. Cette catégorie comprend par exemple les actions acquises en
bourses et conservées pour une durée indéterminée (p. ex. 10% de participation dans une
société cotée en bourse).
• Les passifs financiers détenus à des fins de transaction ainsi que les dérivés: en font partie,
par exemple, les ventes à découvert d’actions, les options émises et les contrats à terme de
gré à gré avec des pertes accumulées.
• Tous les autres passifs financiers.

Cette répartition est également importante en vue de la comptabilité de couverture car toutes
les catégories ne peuvent pas être couvertes pour tous les risques (voir chapitre «6. Compta-
bilité de couverture»).

5.1 Evaluation

5.1.1 Evaluation initiale d’actifs et passifs financiers


L’évaluation est effectuée au coût. Celui-ci correspond à la juste valeur de la contrepartie
donnée ou reçue. Les coûts de transaction et en partie également les résultats de la couverture
(voir «6 Comptabilité de couverture») sont partie intégrante des coûts initiaux. Si la juste
valeur n’est pas déterminable de façon fiable, les évaluations doivent être effectuées par
exemple sur la base de flux de trésorerie futurs escomptés.

14 E R N S T & YO U N G
5.1.2 Evaluation ultérieure d’actifs financiers
Comme mentionné ci-avant, IAS différencie quatre catégories d’actifs financiers: les actifs finan-
ciers à des fins de transaction, les placements détenus jusqu’à leur échéance, les prêts et créances
qui ne sont pas détenus à des fins de transaction et les autres actifs financiers (Available-for-Sale).

Le tableau suivant détaille les directives d’évaluation selon IAS 39, applicables à chaque caté-
gorie:

Tableau 2: Directives d’évaluation des actifs financiers

Catégorie Evaluation initiale Evaluation ultérieure Comptabilisation des


variations de valeur
Held-for-trading y Coût Juste valeur Compte de résultat
compris les dérivés
Available-for-Sale Coût Juste valeur Droit d’option valable pour
toute la rubrique (capitaux
propres ou compte de
résultat); en cas d’option pour
les capitaux propres, les
impairments doivent être
comptabilisés par le compte
de résultat
Prêts et créances Coût Coût amorti y compris Eventuelle actualisation avec
émis impairments effet sur le compte de résultat
Held-to-Maturity Coût Coût amorti y compris Eventuelle actualisation avec
impairments effet sur le compte de résultat

5.1.2.1 Principe de l’évaluation à la juste valeur


L’évaluation ultérieure a donc lieu à la juste valeur (sans tenir compte des coûts de transaction en
cas de vente) à l’exception:
• des prêts et créances non détenus à des fins de transaction,
• des investissements détenus jusqu’à leur échéance et
• des actifs financiers dont la valeur ne peut pas être déterminée de façon fiable. Plus particu-
lièrement, il n’est parfois pas possible de déterminer la juste valeur d’actions non cotées avec
une sécurité suffisante. En revanche, on admet que la juste valeur des instruments dérivés
peut toujours être déterminée car il s’agit de valeurs liées à l’élément de base.
Si la juste valeur ne peut pas être déterminée de façon fiable, ces placements doivent être
évalués au coût amorti. Dans ce cas, il est nécessaire de vérifier attentivement s’il y a une
diminution de valeur durable.

E R N S T & YO U N G 15
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

On considère que la juste valeur peut être déterminée de façon fiable lorsque les limites
supérieure et inférieure de valeurs ne s’écartent pas de manière importante l’une de l’autre,
comme par exemple pour les variations entre cours de change billets et devises dans un
marché suffisamment liquide. Par ailleurs, la juste valeur peut être estimée pour des instru-
ments débiteurs qui font l’objet d’une évaluation par une agence de rating et dont le flux de
trésorerie est déterminable. C’est également le cas pour les instruments financiers pour les-
quels de bons modèles d’évaluation sont disponibles, dans la mesure où les données nécessai-
res sont connues. Pour les actions, il n’est pas autorisé d’activer des plus-values présumées
pour l’achat d’une participation substantielle car leur réalisation n’est pas certaine.

5.1.2.2 L’évaluation au coût amorti (Amortised Cost)


Les actifs financiers à échéance fixe qui ne sont pas évalués à la juste valeur doivent être évalués
au coût amorti en prenant en considération les rendements effectifs. Concrètement, les créances
à court terme doivent être évaluées à la valeur nominale et les prêts au coût amorti, dans la
mesure où le prix d’émission et le prix de remboursement ne sont pas identiques. Des actifs
financiers à intérêts variables ne sont en règle générale pas soumis à des variations de valeur car
l’intérêt est toujours réadapté au marché.
Un test d’impairment (diminution de valeur durable) doit être effectué pour tous les actifs finan-
ciers évalués à la juste valeur.

L’exemple ci-dessous illustre l’évaluation au coût amorti:


Une société émet un emprunt obligataire de CHF 170 mio. L’échéance a lieu dans 7 ans,
l’intérêt est de 2.5% et le prix d’émission après les frais de transaction est de 89.59%. Le rem-
boursement a lieu au pair.

Tableau 3: Exemple d’évaluation au coût amorti


Evaluation Evaluation Actuali- Coupons Total Charge
en % en CHF sation à 2.5% d’intérêt d’intérêt
en CHF en CHF charge en %
en CHF
An 0 Emission 89.59% 152’307’692
An 1 90.90% 154’530’782 2’223’090 4’250’000 6’473’090 4.250%
An 2 92.26% 156’848’324 2’317’542 4’250’000 6’567’542 4.250%
An 3 93.68% 159’264’381 2’416’057 4’250’000 6’666’057 4.250%
An 4 95.17% 161’783’118 2’518’737 4’250’000 6’768’737 4.250%
An 5 96.71% 164’408’904 2’625’786 4’250’000 6’875’786 4.250%
An 6 98.32% 167’146’278 2’737’374 4’250’000 6’987’374 4.250%
An 7 Rembourse- 100.00% 170’000’000 2’853’722 4’250’000 7’103’722 4.250%
ment

Cette évaluation (Effective Interest Method) ne découle pas sur une charge d’intérêt constante,
puisqu’un taux d’intérêt fixe appliqué à un capital en augmentation conduit à une charge
d’intérêt en hausse.

16 E R N S T & YO U N G
La même procédure peut également être appliquée pour des obligations à intérêts variables.
Dans ce cas, seuls les intérêts de coupons et la totalité des charges d’intérêt changent.
L’évaluation peut toutefois être effectuée de la même manière.
Cela devient plus compliqué lorsque le taux d’intérêt, bien que fixé à l’avance pour la durée
de l’emprunt, est progressif ou dégressif («stepped interest»). Dans un tel cas, la méthode du
coût amorti doit également être utilisée en utilisant le rendement effectif, de manière à ce que
la charge d’intérêt en pour-cent soit toujours la même. Dans Q&A 10-12 figure l’exemple sui-
vant: une entreprise émet un emprunt de cinq ans avec un montant d’émission et de rembour-
sement de KCHF 1’250. L’intérêt s’élève à 6% au cours de la première année, à 8% au cours
de la deuxième, à 10% au cours de la troisième, à 12% au cours de la quatrième et à 16.4% au
cours de la cinquième année. La charge d’intérêts effective s’élève ainsi à 10% et elle est
comptabilisée de la manière suivante (montants en KCHF):

Tableau 4: Exemple de l’évaluation au coût amorti avec taux d’intérêt progressif


Année Coût amorti au début de Charge d’intérêt Paiements Coût amorti à la fin
l’année effective (10%) d’intérêts de l’année
2000 1’250 125 75 1’300
2001 1’300 130 100 1’330
2002 1’330 133 125 1’338
2003 1’338 134 150 1’322
2004 1’322 132 204 1’250

5.1.2.3 La catégorie Held-to-Maturity


Pour pouvoir classifier des actifs financiers dans la catégorie Held-to-Maturity, la société doit avoir
l’intention et la capacité de détenir ces actifs jusqu’à l’échéance. Une entreprise n’a pas l’intention
manifeste de détenir un investissement jusqu’à l’échéance lorsque l’une des conditions suivantes
est satisfaite:
• l’entreprise n’a l’intention de garder l’actif financier que pour une durée indéterminée,
• l’entreprise détient l’actif en envisageant de le réaliser en cas de modifications sur le marché
ou d’événements internes (modifications du taux d’intérêt, resserrement des liquidités, inve-
stissements alternatifs, modifications du cours de change),
• l’émetteur de la valeur financière a la possibilité de régler l’actif financier à une valeur
inférieure au coût amorti (Option Call),
• par le passé, l’entreprise a réalisé d’importantes transactions avant terme (à l’exception de a)
des ventes peu avant la date d’échéance ou d’exercice de l’option, en règle générale pas plus
de 3 mois, b) des ventes de montants peu importants (max. 10%) selon des rachats planifiés
ou c) des ventes suite à des événements extraordinaires non contrôlables par l’entreprise - de
telles exceptions sont décrites sous chiffre 86 d’IAS 39, comme par exemple une aggravation
menaçante de la solvabilité du débiteur).

E R N S T & YO U N G 17
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

Les actions, les bons de participation ou les parts de fonds ne sont pas des placements qui peu-
vent être détenus jusqu’à l’échéance puisqu’ils n’ont pas d’échéance. Les emprunts convertibles
ne peuvent pas non plus être classifiés en tant que placements Held-to-Maturity car cela ne corre-
spondrait pas au caractère de ces papiers. De plus, il faut noter que ces placements contiennent un
dérivé incorporé.
Lorsque le détenteur a une option de vente, le placement ne peut être classifié comme Held-to-
Maturity que dans la mesure où il envisage de maintenir son placement jusqu’à son échéance.
En cas de nantissement des placements de la catégorie Held-to-Maturity, il est possible de les lais-
ser dans cette catégorie, tant que la société a la possibilité d’influencer la durée de détention.

Le fait que la méthode du coût amorti ne puisse pas être appliquée pour une certaine catégorie
d’actifs financiers «Held-to-Maturity» ne signifie pas que cela doit être le cas pour toutes les
catégories. La condition doit donc être examinée pour chaque actif en particulier.
D’autres critères interdisant la comptabilisation au coût amorti sont les suivants:

• l’entreprise n’a pas les ressources financières pour détenir l’actif financier jusqu’à l’échéance;
• l’entreprise est soumise à des contraintes juridiques ou autres qui pourraient supprimer l’inten-
tion de détenir à long terme de tels investissements.

En revanche, il est autorisé d’attribuer à cette catégorie des obligations avec un très mauvais
rating de solvabilité (Q&A 10-16). La forte probabilité de défaut de paiement ne l’exclut pas
d’emblée. Le cas échéant, ces risques doivent être considérés lors de la détermination de la cor-
rection de valeur nécessaire.
D’autres facteurs peuvent également limiter la capacité de détention à long terme. Les critères
doivent être examinés aussi bien lors de l’achat qu’à chaque date de clôture subsèquente.

Si la société a vendu un nombre significatif de placements financiers de la catégorie Held-to-


Maturity et que ces ventes ne tombent pas sous le coup des exceptions autorisées, l’ensemble du
groupe ne pourra alors pas attribuer de placements financiers à cette catégorie pour l’année de
référence ainsi que durant les deux années suivantes.

Il est donc recommandé de surveiller attentivement les placements de cette catégorie. Des positi-
ons uniques relativement nombreuses et petites ne devraient pas non plus être attribuées à la caté-
gorie Held-to-Maturity car le risque augmente ensuite que des ventes non autorisées aient lieu. En
pratique, on trouve toutefois des solutions pour que ces portefeuilles soient constitués d’un
nombre limité de positions plus importantes, administrées par le trésor central.

18 E R N S T & YO U N G
5.1.2.4 Changement entre les différentes catégories
Aucun actif financier du portefeuille d’actifs détenus à des fins de transaction ne devrait être transféré
dans une autre catégorie. En revanche, un virement d’un compte à un autre à l’intérieur du portefeuille
est autorisé dans la mesure où cela a été justifié par de récentes et fréquentes prises de bénéfice.
Un investissement qui ne peut plus être évalué au coût amorti en raison de modifications dans la capa-
cité ou l’intention de le détenir doit alors être évalué à la juste valeur. Lorsque, pour un actif financier
évalué au coût amorti en raison de l’absence de cours, ces cours deviennent disponibles, cet actif doit
alors être évalué à la juste valeur. Dans les deux cas, la différence est comptabilisée selon «5.1.4
Résultat de l’évaluation des valeurs financières comptabilisées à la juste valeur».
Lorsqu’un investissement ne peut plus être évalué à la juste valeur en raison de modifications dans la
capacité ou l’intention de le détenir ou d’absence de juste valeur, il doit être comptabilisé au coût
amorti, la dernière juste valeur publiée constituant la nouvelle base de coût. Les bénéfices et les pertes
jusque-là comptabilisés dans le capital propre sont comptabilisés de la manière suivante:
• Actifs à échéance fixe: comptabilisation des résultats traités auparavant sans incidence sur le résul-
tat sur la durée résiduelle de sorte que des rendements identiques soient garantis.
• Actifs à échéance non fixe: les résultats traités auparavant sans incidence sur le résultat restent dans
le capital propre jusqu’à ce que l’investissement soit réalisé; à ce moment-là, ils sont transférés du
capital propre au compte de résultat.

5.1.3 Evaluation ultérieure des passifs financiers


Après la comptabilisation initiale, tous les passifs financiers doivent être saisis au coût amorti, à
l’exception des passifs qui sont conservés à des fins de transaction ainsi que des instruments déri-
vés. Dans ces deux cas, ils doivent être évalués à la juste valeur. Si les justes valeurs ne peuvent
être déterminées, l’évaluation est également effectuée au coût amorti. Les directives d’évaluation
de la comptabilité de couverture doivent également être respectées.
Tel que mentionné sous paragraphe «3. Comptabilisation et décomptabilisation», en cas de rachat
d’obligations, la différence entre le prix d’achat et la valeur comptable sera comptabilisée avec inci-
dence sur le résultat. Les problèmes spécifiques liés au rachat d’emprunts convertibles et à option sont
présentés au paragraphe «5.2 Cas particulier d’emprunts convertibles et à option d’une entreprise».

Tableau 5: Directives d’évaluation des passifs financiers


Catégorie Evaluation initiale Evaluation ultérieure Comptabilisation de la
variation de valeur
Held-for-Trading y compris Coût Juste valeur Compte de résultat
instruments dérivés
Autres passifs Coût Coût amorti Eventuelle actualisation par
financiers le compte de résultat

E R N S T & YO U N G 19
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

5.1.4 Résultat sur évaluation des valeurs financières


comptabilisées à la juste valeur
Les résultats découlant de l’évaluation à la juste valeur des actifs et passifs financiers qui
ne font pas partie intégrante d’une opération de couverture doivent être comptabilisés de la
manière suivante:
• un résultat sur actifs et passifs financiers détenu à des fins de transaction doit être comptabi-
lisé avec incidence sur le résultat (à l’exception des instruments désignés à des fins de couver-
ture, les instruments dérivés sont toujours considérés comme détenus à des fins de transaction)
• un résultat sur d’autres actifs financiers (Available-for-Sale) doit être soit
• comptabilisé avec incidence sur le résultat ou
• attribué directement au capital propre, jusqu’à ce que l’actif soit réalisé ou que sa valeur ait
diminué de manière durable. Dans ce cas, la différence doit être traitée comme ayant une
incidence sur le résultat (one time choice).

Avec la seconde méthode (comptabilisation dans le capital propre), les amortissements d’agio,
respectivement de disagio des instruments débiteurs doivent également être comptabilisés dans la
charge d’intérêt, respectivement le revenu des intérêts. Il en va de même pour les frais de transac-
tion (voir paragraphe «5.4 Traitement des frais de transaction»). Seules les modifications de la
valeur dues aux intérêts des instruments débiteurs sont comptabilisées sur le capital propre. Cette
pratique de comptabilisation est expliquée au paragraphe «5.1.2.2 L’évaluation au coût amorti
(Amortised Cost)»:

Tableau 6: Exemple d’évaluation d’actifs financiers porteurs d’intérêts de la catégorie Available-for-Sale


Evaluation Evaluation Actuali- Coupons Total charges Charges
en % en CHF sation à 2.5% d’intérêt d’intérêt
en CHF en CHF en CHF en %
An 0 Emission 89.59% 152’307’692
An 1 90.90% 154’530’782 2’223’090 4’250’000 6’473’090 4.250%

Un investisseur acquiert, lors de l’émission, 10% de cet emprunt (les frais de transaction sont
négligés par la suite) et paie CHF 15’230’769. Si le taux d’intérêt sur le marché ne se modifie
pas, l’emprunt aura, après un an, une valeur de CHF 15’453’078. Cette différence est dans tous
les cas comptabilisée en tant que produit d’intérêt. Cependant, si les taux d’intérêt se modifient,
la juste valeur se modifiera également. Si la juste valeur de cet investissement s’élève après une
année à CHF 16’000’000 par exemple, en raison des taux d’intérêts, l’augmentation de valeur de
CHF 546’922 est comptabilisée de la manière suivante:

Débit Crédit CHF


Emprunt Capital propre (variations de valeur sur les 546’922
instruments financiers)

Une entreprise choisit comme base d’évaluation une des deux méthodes (variations de valeur sur le
capital propre ou sur le compte de résultat) pour tous les actifs financiers Available-for-Sale (à l’ex-
ception du Hedging). Un changement entre les deux méthodes ne devrait pas intervenir.

20 E R N S T & YO U N G
Dans le cas où l’entreprise a effectué des virements de la catégorie Available-for-Sale à la catégorie
des instruments détenus à des fins de transaction et qu’elle a choisi la variante visant à comptabiliser
les profits et pertes de la catégorie Available-for-Sale dans les capitaux propres sans incidence sur le
résultat, la question se pose alors de savoir comment ces résultats doivent être traités lors du vire-
ment. Ces résultats doivent être maintenus dans le capital propre jusqu’à ce que l’actif financier soit
vendu, auquel cas ils doivent alors être transférés dans le compte de résultat.

5.1.5 Résultat de l’évaluation des valeurs financières


non comptabilisées à la juste valeur
Les modifications de valeur des actifs financiers qui sont évalués au coût amorti doivent être
comptabilisées avec incidence sur le résultat (lors de la réalisation, par une actualisation ou par
une diminution de valeur durable). Cette règle ne s’applique pas en cas de Hedging.

5.1.6 Diminution durable de valeur d’actifs financiers


Si une entreprise prévoit, pour un investissement ou un groupe d’actifs financiers semblables,
une diminution de valeur durable (=impairment), cette perte est comptabilisée avec incidence sur
le résultat. On considère qu’il y a diminution de valeur lorsque la valeur comptable est supérieure
au montant prévu réalisable (Recoverable Amount, défini selon IAS 36 comme le montant le plus
élevé de la juste valeur ou de la valeur d’utilité, cette différenciation ayant une plus grande impor-
tance pour les immobilisations corporelles que pour les immobilisations financières). Lors de
chaque date de clôture, il est nécessaire de vérifier de manière objective s’il existe des signes de
diminution de valeur durable et substantielle sur les actifs financiers. Des indications possibles
pour un impairment peuvent être:
• des problèmes de liquidité de l’émetteur
• des paiements d’intérêt ou de capital interrompus ou retardés
• une faillite attendue ou un report de succession possible
• le non-respect d’un contrat de crédit (p.ex. Debt Covenants)
• la disparition d’un marché actif suite à des difficultés financières de l’entreprise
• une augmentation importante des délais de paiement de la clientèle.

Le principe de l’évaluation individuelle s’applique également lors de la détermination de l’im-


pairment. Il n’est donc pas possible, par exemple, de compenser la perte de valeur d’un actif
financier avec l’augmentation de valeur d’un autre élément de la fortune financière de la même
catégorie. D’autre part, il n’est pas non plus opportun de comptabiliser des correctifs de valeur
supplémentaires en sus des diminutions de valeur identifiées et calculées.
IAS 39 permet en principe de calculer les diminutions de valeur sur la base d’un portefeuille, dans
la mesure où celui-ci est constitué de valeurs financières semblables. Cependant, si une entreprise
constate qu’un actif particulier a diminué de valeur, elle doit l’évaluer séparément et ne peut plus le
déprécier au moyen d’un taux forfaitaire.

E R N S T & YO U N G 21
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

Les sûretés obtenues en garantie pour un prêt doivent être prises en compte lors de la détermina-
tion de l’impairment. La société ne peut pas porter les sûretés à l’actif de son bilan, toutefois, ces
dernières ont une incidence directe sur l’estimation de la perte de valeur du prêt.

Les catégories suivantes doivent être soumises à un test d’impairment

Tableau 7: Actifs financiers sujets à une perte de valeur potentielle (impairment)

Catégorie Evaluation Impairment possible?


Held-for-Trading Juste valeur Non
Available-for-Sale Juste valeur Non
(variations de valeur sur le compte
de résultat)
Available-for-Sale (variations de Juste valeur Oui
valeur sur le capital propre)
Held-to-Maturity Coût amorti Oui
Prêts et créances émis Coût amorti Oui

Lorsqu’il apparaît qu’un actif sujet à dépréciation ne sera pas remboursé pour le montant
prévu, on doit considérer être en présence d’une diminution de valeur durable. Dans de tels
cas, seule la valeur des paiements attendus, actualisée au taux d’intérêt convenu à l’origine,
doit être activée. La valeur comptable est soit réduite directement au moyen d’amortisse-
ments, soit diminuée indirectement au moyen de correctifs de valeur.
Dans le cas d’un actif financier comptabilisé à la juste valeur avec variations de valeur compta-
bilisées dans le capital propre (traitement possible pour les autres actifs financiers de la catégorie
‘Available-for-Sale’), lors d’une diminution de valeur durable, le montant inscrit au capital
propre doit être extourné dans le compte de résultat. En ce qui concerne les instruments débi-
teurs comptabilisés à la juste valeur, le montant de l’encaissement probable doit être actualisé
au taux du marché.
Dans de tels cas, la question se pose de savoir si la diminution de valeur est durable ou tem-
poraire. Si une société acquiert une action à CHF 400 et que, sur la base du prix du marché, la
valeur en fin d’année est réduite de manière minime à CHF 390, il n’y a sûrement pas encore
de diminution de valeur durable. Dans ce cas, la société comptabilise la perte sur les cours
sans incidence sur le résultat:

Débit Crédit CHF


Capital propre (variations de valeur sur Action 10
les instruments financiers)

22 E R N S T & YO U N G
Cependant, si l’action subit au cours de l’année suivante des pertes durables sur le cours et
que celui-ci baisse à CHF 100, par exemple, la perte totale sur le cours est comptabilisée avec
incidence sur le résultat:

Débit Crédit CHF


Perte sur cours Action 290
Perte sur cours Capital propre (variations de valeur sur les 10
instruments financiers)

Pour ces directives, il faut considérer qu’un intérêt non conforme au marché ne signifie pas obli-
gatoirement un impairment. Si une société accorde par exemple un prêt avec un intérêt de 1%,
cela ne constitue pas un impairment aussi longtemps que cet intérêt a été constaté comme tel dans
le contrat de crédit et qu’il est versé en respect du contrat. Si chaque paiement d’intérêt non con-
forme au marché représentait automatiquement un impairment, cela conduirait à une évaluation
Mark-to-Market de tous les actifs financiers. Cependant, si le débiteur bénéficie d’une réduction
de l’intérêt contractuel en raison d’une situation financière difficile de 4% à 1%, on se trouve
dans un cas classique de diminution de valeur durable.

S’il ressort d’un événement ultérieur que la diminution durable de valeur n’a pas lieu d’être ou
que partiellement, la perte préalablement enregistrée est annulée dans le compte de résultat.
On se limitera toutefois à la valeur maximale découlant d’une évaluation sur la base d’un rende-
ment régulier. Un actif financier qui n’a pas été évalué à la juste valeur en raison de données
manquantes doit également faire l’objet d’un test d’impairment à chaque date de clôture.

5.2 Cas particulier d’emprunts convertibles et à option de l’entreprise


La seule directive d’évaluation au sens large qui se trouvait dans IAS 32 pour la publication des
instruments financiers était la directive concernant la comptabilisation des emprunts conver-
tibles et à option. Ces emprunts se caractérisent par un intérêt inférieur à la juste valeur qu’un
investisseur est prêt à accepter, car ils comportent une composante de capital propre (le droit de
conversion ou d’option) qui accorde à l’investisseur des chances de gains supplémentaires.
IAS 32 exige que cette composante de capital propre soit comptabilisée lors de l’émission en
tant qu’agio ou réserve de capital et que l’intérêt du marché soit comptabilisé sur la partie de
capital étranger en tant que charge. L’exemple ci-dessous explique cet état de fait:
Pour simplifier, on admet que l’exemple mentionné sous «5.1.2.2. L’évaluation au coût amorti» est
un emprunt convertible de la holding ABC. La valeur nominale s’élève à nouveau à CHF 170 mio,
l’intérêt à 2.5% et l’intérêt du marché pour un Straight Bond s’élèverait à 4.25%. Dans ce cas, la
société comptabilise le produit net lors de l’émission de l’emprunt de la manière suivante ( hypo-
thèse simplificatrice: le produit net après les frais de transaction se monte exactement à 100%):

E R N S T & YO U N G 23
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

Débit Crédit CHF


Trésorerie Emprunt convertible 152’307’692
Trésorerie Agio (capital propre) 17’692’308

A la place du calcul de valeur au comptant présenté ici (déduction faite de tous les flux monétai-
res au taux d’intérêt du marché), la part de capital propre peut également être déterminée au
moyen des Option Pricing Models (p. ex. formule Black-Scholes). IAS prévoit en principe les
deux méthodes.

Après l’émission, l’agio est actualisé de sorte que la charge d’intérêt annuelle soit maintenue à
4.25%. Dans cet exemple, la question qui se pose est de savoir si le montant comptabilisé dans
l’agio doit toujours être conservé sous cette position. Nous sommes d’avis que cela est correct
dans le cas de la conversion car il s’agit alors d’un versement des actionnaires (futurs). Si toute-
fois la conversion n’a pas lieu et que l’emprunt est remboursé au pair à l’échéance, il ne s’agit
plus alors d’un agio d’actionnaires mais d’une charge de la société. C’est pourquoi il est à notre
avis légitime, dans ce cas, de le transférer dans les réserves de bénéfice:

Débit Crédit CHF


Agio Réserves constituées par des bénéfices 17’692’308

Si la conversion a lieu à la fin de la quatrième année, par exemple, la valeur comptable de l’empr-
unt est transférée au capital propre avec la comptabilisation suivante:

Débit Crédit CHF


Emprunt convertible Capital-actions ou agio 161’783’118
La conversion peut, tel qu’il ressort de l’exemple ci-dessus, ne pas conduire à un bénéfice ni à
une perte.

En revanche, divers aspects doivent être pris en considération si la holding ABC rachète (en partie)
ses propres emprunts convertibles sur le marché. Admettons que l’entreprise rachète 10% de l’em-
prunt à la fin de la quatrième année. Le prix d’achat s’élève à CHF 17.5 mio. Cette valeur est com-
posée à nouveau d’une composante de capital propre et d’autre part d’une composante de capital
étranger. Ces deux parties doivent être évaluées et comptabilisées séparément. Admettons qu’en
raison de l’augmentation des taux d’intérêt, la juste valeur de la part de capital étranger a diminué à
CHF 15.5 mio et que la part de capital propre a augmenté en raison de l’augmentation du cours de
l’action à CHF 2 mio. Dans ce cas, les comptabilisations suivantes doivent être effectuées:

Débit Crédit CHF


Emprunt convertible Trésorerie 15’500’000
Emprunt convertible Bénéfice 678’312
Agio Trésorerie 2’000’000

Le bénéfice se calcule par la différence entre la valeur comptable au prorata à la fin de la quatrième
année (10% de CHF 161’783’118) et le coût d’acquisition. Chaque rachat d’obligations étant consi-
déré comme un remboursement de dettes, la différence entre la valeur comptable et le coût d’acqui-
sition (de la part de capital étranger) doit toujours être comptabilisée avec incidence sur le résultat.

24 E R N S T & YO U N G
Comme l’exige la SIC 16, les bénéfices résultant d’un rachat de droits de conversion, également
pour de tels instruments de capital propre, ne devraient jamais être comptabilisés; le rachat de
capital propre est entièrement porté en diminution des réserves de capital (=agio).

Si la société décide après une année supplémentaire de replacer sur le marché les titres rachetés,
cette action sera considérée comme l’émission d’un nouvel emprunt convertible, pour autant que le
droit de conversion ou d’option ne soit pas encore échu. Le produit doit donc de nouveau être réparti
entre les deux parts et la part de capital étranger doit être traitée selon la méthode du coût amorti.

5.3 Impôts latents sur des variations de valeur comptabilisées sans incidence sur le
résultat
IAS 12.61 prescrit que les impôts latents sur des différences temporaires soient comptabilisés
sans incidence sur le résultat, dans la mesure où la modification de valeur de la position du bilan
a également été comptabilisée sans incidence sur le résultat. Ces réflexions doivent être prises en
considération pour les instruments financiers Available-for-Sale (avec l’option de comptabiliser
les variations de valeur jusqu’à la réalisation uniquement dans le capital propre). Les mêmes
réflexions s’appliquent à la couverture des flux de trésorerie et à la couverture d’investissements
nets dans des filiales étrangères (voir le chapitre suivant).

Exemple 1: Une société acquiert en juillet 2’000 actions de la société xy au prix de 1’000 et les
définit comme Available-for-Sale. Au 31 décembre, elles ont une juste valeur de 1’500. La société
comptabilise les fluctuations de valeur sur des actifs financiers Available-for-Sale dans le capital
propre. Le taux d’imposition s’élève à 25%. Dans la clôture fiscale, ces actions sont évaluées au
coût amorti. La société comptabilise l’augmentation de valeur ainsi que les conséquences fiscales
de la manière suivante:

Débit Crédit CHF


Actions xy Capital propre (variations de valeur 500
sur les instruments financiers)
Capital propre (variations de valeur sur Obligation fiscale latente 125
les instruments financiers)

Le tableau de variation des capitaux propres ne fait apparaître que l’augmentation de valeur
nette de 375 (net of tax). La situation se complique dans la mesure où, aussi bien dans le bilan
fiscal que dans les comptes du groupe, la variation doit être portée au compte de résultat.

Exemple 2: Une société acquiert en juillet 2000 une obligation (Available-for-Sale) avec une
durée restante de 3 ans à 115% ou CHF 115’000. La société évalue cette obligation dans le
bilan fiscal selon le principe de la valeur la plus basse. Tel que déjà mentionné, dans la clôture
IAS, l’intérêt de l’agio de 15% est actualisé jusqu’à l’échéance avec incidence sur le résultat

E R N S T & YO U N G 25
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

(pour simplifier, une actualisation linéaire de 5% p.a. est effectuée ici). A la fin de l’année
2000, le cours de l’obligation s’élève à 112% et à fin 2001 à 120%. Dans le bilan fiscal, les
comptabilisations suivantes sont effectuées:

Année Débit Crédit CHF


2000 Obligation Trésorerie 115’000
Charge financière Obligation 3’000
2001 Obligation Produit financier 3’000

L’obligation est portée au bilan fiscal à fin 2000 à CHF 112’000 et à fin 2001 à CHF 115’000.

Selon IAS cependant, l’évaluation est différente:

Année Débit Crédit CHF


2000 Obligation Trésorerie 115’000
Produit de l’intérêt Obligation 5’000
Obligation Capital propre (variations de valeur 2’000
sur des instruments financiers)
Capital propre (variations de valeur Revenu fiscal latent 500
sur des instruments financiers)

La réflexion effectuée lors de la comptabilisation du produit fiscal latent est la suivante: il ne sub-
siste en principe pas de différence temporaire car les valeurs comptables dans le bilan fiscal et
dans le bilan du groupe sont identiques (chacune de CHF 112’000). En revanche, la charge comp-
tabilisée dans le bilan du groupe avec incidence sur le résultat est supérieure de CHF 2’000. Par
conséquent, il y a un allégement de la charge fiscale dans le bilan du groupe.

Année Débit Crédit CHF


2001 Produit de l’intérêt Obligation 5’000
Obligation Capital propre (variations de valeur 13’000
sur des instruments financiers)
Capital propre (variations de valeur Obligation fiscale latente 3’250
sur des instruments financiers)
Obligation fiscale latente Produit fiscal latent 2’000

A fin 2001, il subsiste une différence temporaire de CHF 5’000 (bilan du groupe CHF 120’000;
bilan fiscal CHF 115’000). La dette fiscale latente nette s’élève donc à 25% du montant, soit à
CHF 1’250 (CHF 3’250 moins CHF 2’000). Le compte de résultat indique un produit de CHF
3’000 (impôts), respectivement une charge de CHF 5’000 (groupe). Lors de la clôture des comptes
du groupe, un produit fiscal latent de CHF 2’000 a donc été comptabilisé.
Grâce à ces corrections, on obtient une présentation correcte tant au bilan que pour la charge
fiscale.

26 E R N S T & YO U N G
5.4 Traitement des frais de transaction
Tel que déjà mentionné, les frais de transaction sont activés ou déduits du passif lors de l’ éva-
luation initiale. Si l’évaluation est effectuée à la juste valeur, les frais sont comptabilisés avec
incidence sur le résultat immédiatement après l’évaluation initiale. Si l’évaluation est effectuée
selon la méthode du coût amorti (Amortised Cost), ces frais sont répartis sur la durée jusqu’à
l’échéance de l’actif ou du passif. La situation se complique en cas d’instrument Available-for-
Sale. Si une société a décidé d’évaluer de tels instruments à la juste valeur avec incidence sur le
résultat, l’extourne de ces frais est effectuée immédiatement après l’évaluation initiale. Si, en
revanche, le choix a été porté sur la deuxième possibilité (réévaluation par les capitaux propres
sans incidence sur le résultat), diverses méthodes s’appliquent:
• Instruments débiteurs à échéance fixe: les frais de transaction doivent être amortis comme des
composants d’intérêt avec incidence sur le résultat sur la période à courir jusqu’à l’échéance.
• Instruments de capital propre: les frais de transaction doivent dans ce cas être comptabilisés
avec incidence sur le résultat uniquement au moment de la vente.

Schéma du traitement des frais de transaction selon IAS 39:

Comptabilisation des frais


de transaction

Evaluation des instruments Evaluation des instruments Evaluation des instruments


financiers à la juste valeur financiers à la juste valeur financiers d'âprès la méthode
Catégorie : Held-for-Trading Catégorie : Available-for-Sale du coût amorti

Comptabilisation immèdiate Comptabilisation du Comptabilisation du Rèpartition des coûts de


des coûts de transaction changement de valeur changement de valeur transaction sur la durée
avec effet sur le résultat das le compte de résultat parles fonds propres

Comptabilisation immèdiate Instruments débiteurs Instruments de


des coûts de transaction à échéance fixe capitaux propres
avec effet sur le résultat

Amortissement Comptabilisation au
des coûts sur moment de la vente
la durée avec incidence sur
le résultat

E R N S T & YO U N G 27
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

5.5 Traitement de l’impact des monnaies étrangères


IAS 21 réglemente l’évaluation des monnaies étrangères. Elle constate que les positions monétai-
res doivent toujours être évaluées au cours du jour. Les variations de valeur qui en résultent doi-
vent être comptabilisées avec incidence sur le résultat, à l’exception des chiffres IAS 21.17 – 19
(couvertures de capital propre dans des filiales étrangères ainsi qu’élément des investissements
nets sous forme d’emprunts).
IAS 39.87 et Q&A Other 5/6 donnent des indications sur la façon dont IAS 39 et 21 doivent être
appliquées pour ce qui a trait aux composantes de devises étrangères. IAS 39.78 distingue valeurs
monétaires et non monétaires. La question qui se pose est de savoir ce qui correspond à des
valeurs monétaires. IAS 32 désigne par valeurs monétaires les actifs et passifs financiers qui doi-
vent être réglés en montants fixes ou déterminables (débiteurs, prêts, obligations, etc.). En revan-
che, les instruments de capital propre (actions, bons de participation) ne tombent pas sous le coup
de la notion d’actifs monétaires.
Les prêts évalués au coût amorti doivent dans tous les cas être évalués au cours du jour. Les obli-
gations de la catégorie Available-for-Sale (avec l’option de comptabiliser les variations de valeur
dans le capital propre jusqu’à la vente) doivent être inscrites au bilan au cours du jour, car il s’agit
de valeurs monétaires.

En résumé, les directives suivantes sont applicables:

Tableau 8: Impact des monnaies étrangères sur l’évaluation des actifs financiers
Catégorie Variations de valeur Variations de la monnaie étrangère
comptabilisées dans: comptabilisées dans:
Held-for-Trading, Held-to- Compte de résultat Compte de résultat
Maturity, prêts et créances émis
Available-for-Sale avec l’option Compte de résultat Compte de résultat
de comptabiliser les variations
de valeur dans le compte de
résultat
Available-for-Sale avec l’option Capital propre • Valeurs monétaires: compte de
de comptabiliser les variations résultat
de valeur dans le capital propre • Valeurs non monétaires: capital propre

Exemple: une société acquiert, à l’émission, une obligation de la catégorie Available-for-Sale


(possibilité de comptabiliser les variations de valeur dans le capital propre). Elle paie la valeur
nominale USD 1’000 calculée au cours du jour de 1.50 = CHF 1’500. Une année plus tard, l’obli-
gation a encore une juste valeur d’USD 980. Le cours de l’USD est monté à 1.60. Le bénéfice net
enregistré sur les cours s’élève donc à:

Acquisition: USD 1’000 au cours de 1.50 CHF 1’500


Evaluation: USD 980 au cours de 1.60 1’568
Gain CHF 68

28 E R N S T & YO U N G
Ce bénéfice se compose de:
Perte de cours sur obligation USD 20 au cours de 1.60 CHF -32
Gain de change USD 1’000 au cours de 0.10 100
Bénéfice CHF 68

Sur la base de ces modifications de valeur, la société comptabilise:

Débit Crédit CHF


Capital propre (variations de valeur sur Obligation 32
les instruments financiers)
Obligation Résultat financier 100

Cette manière de comptabiliser devient extrêmement compliquée lorsqu’en plus de ces deux com-
posants, un agio ou disagio doit encore être actualisé. Q&A Other-6 donne un exemple de ce cas.

En revanche, pour des valeurs non monétaires de la catégorie Available-for-Sale telles que des
actions (avec choix de la même option que décrite ci-dessus pour les obligations ), le résultat total
non réalisé (sur cours et sur monnaie étrangère) est comptabilisé jusqu’à la réalisation entière-
ment dans les capitaux propres.

Exemple: une société acquiert 10 actions xy à USD 100 au cours de 1.50 et paie donc CHF
1’500. Ces actions sont attribuées à la catégorie Available-for-Sale, mais cette société compta-
bilise toutes les variations de valeur jusqu’à la réalisation uniquement dans le capital propre. Le
jour de clôture de l’exercice, ces actions sont cotées en bourse à USD 150 et le cours du dollar
est de 1.60. La juste valeur est donc de CHF 2’400. La société comptabilise donc l’augmenta-
tion de valeur de la manière suivante (les impôts latents sont négligés):

Débit Crédit CHF


Action Capital propre (variations de valeur 900
sur les instruments financiers)

E R N S T & YO U N G 29
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

5.6 Actions propres


Les propres actions ne sont pas des instruments financiers, mais représentent une valeur résidu-
elle entre les actifs et les passifs d’une société ou d’un groupe. C’est la raison pour laquelle les
règles d’IAS 39 ne sont pas applicables aux actions propres. Selon SIC 16, les actions propres ne
sont pas des actifs mais constituent une réduction du capital propre. Certes, cela contredit la loi
suisse, mais paraît être un traitement logique car les actions rachetées représentent une réduction
de la fortune nette. SIC 16 est même applicable lorsqu’il s’agit de titres détenus à des fins de tran-
saction et que l’entreprise a l’intention de revendre ces actions le plus rapidement possible.
Ce standard détermine également que les résultats des actions propres ne doivent pas être compta-
bilisés dans le compte de résultat mais doivent être directement compensés avec le capital propre.
SIC 16 ne détermine cependant pas si de tels résultats doivent être compensés avec les réserves de
capital ou de bénéfice. Nous sommes d’avis qu’ils devraient être compensés avec les réserves de
capital comme cela se ferait en cas d’augmentation ou remboursement de capital (à l’exception
des dividendes ordinaires). Les actions propres ne sont donc pas réévaluées à chaque date de clô-
ture de l’exercice mais demeurent au coût amorti et sont portées en déduction du capital propre.
IAS 32.16 détermine en outre que la SIC 16 s’applique également aux dérivés sur actions pro-
pres. Si une société verse par exemple une prime pour l’acquisition d’actions propres (Call
Option), cette prime n’est pas activée mais directement compensée avec les réserves de capi-
tal. Il importe donc peu que l’option soit exercée plus tard ou non.
Certains dérivés donnent à une partie, lors de l’exercice, un droit de choisir entre remettre ou
prendre possession des actions propres, ou régler l’engagement par une compensation au
comptant. Pour de tels contrats, la question se pose de savoir s’il s’agit d’un instrument finan-
cier ou de capital propre. Selon US GAAP (EITF 00-19), la disposition qui s’applique à de
tels cas est la suivante:

• Si la société a elle-même la possibilité de déterminer si les actions propres doivent être livrées
ou payées au comptant, il s’agit d’un instrument de capital propre.
• Si, en revanche, l’autre partie a la possibilité d’exiger soit des actions propres soit de la tréso-
rerie, il s’agit d’un instrument financier qui doit être comptabilisé dans le bilan et évalué.

Enfin, IAS 39.12 détermine également que l’on est en présence d’un instrument financier
lorsque la société doit livrer des actions propres mais que le nombre des actions à livrer ne se
réfère pas au cours des actions de la société (p. ex. contre-valeur de 1’000 actions de la
société xy en actions propres).
Ces exemples démontrent que, dans la pratique, il n’est pas toujours simple de déterminer s’il
s’agit d’instruments de capital propre ou d’instruments financiers.

30 E R N S T & YO U N G
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

6 Comptabilité de couverture

6.1 Directives
Selon IAS 39, une opération de couverture est celle par laquelle une entreprise se prémunit
contre un risque de prix, en totalité ou au moins partiellement, au moyen d’une deuxième
transaction. La comptabilité de couverture traite des questions comptables spécifiques qui se
posent dans une telle situation.
Les règles comptables spécifiques de la comptabilité de couverture ne peuvent être appliquées
que si une relation de couverture entre l’élément couvert et l’instrument de couverture selon les
directives décrites ci-après peut être établie. A l’inverse des autres directives d’IAS 39, aucun
groupe n’a l’obligation de respecter et de mettre en oeuvre les directives de la comptabilité de
couverture. En revanche, si elle choisit d’appliquer les règles de la comptabilité de couverture,
les directives suivantes doivent être respectées:

• Couvrir au sens de l’établissement des comptes signifie désigner certaines transactions


comme instruments de couverture; les variations de valeur de ces transactions doivent
absolument compenser celles de l’élément de base couvert.
• Un élément couvert est un actif, un passif, un engagement fixe ou une transaction future
qui expose l’entreprise à un risque au niveau de l’évaluation et qui doit être désigné spéci-
fiquement en tant qu’élément couvert dans la comptabilité.
• Un instrument de couverture est un instrument dérivé, un actif financier ou un passif
financier qui compense les variations de prix attendues de l’élément couvert.

Les règles de couverture selon IAS 39 sont complexes et elles sont énoncées en des termes
beaucoup plus généraux que les directives américaines de SFAS 133. Les deux standards sont
matériellement presque identiques. Jusqu’à récemment, seule l’étude détaillée de SFAS 133
permettait d’appréhender la diversité et complexité des règles d’IAS 39: en effet, c’était la
seule souce où les nombreux problèmes liés à la comptabilité de couverture étaient mis en
évidence. Depuis la publication des Q&A, la comptabilité de couverture a également été
rendue plus compréhensible au moyen des IAS.

6.2 Instruments de couverture


Tous les instruments financiers ne sont pas qualifiés d’instruments de couverture. Lors de
l’utilisation d’instruments de couverture, les limitations suivantes doivent être respectées:

• Les actifs et les passifs financiers non dérivés, en tant qu’instruments de couverture au
sens de la comptabilité de couverture, ne peuvent couvrir que des risques de change.
• Les obligations fixes ne sont pas qualifiées d’instruments de couverture (Q&A 122-3).
• Les titres de capitaux propres d’une entreprise ne peuvent pas être considérés comme des
instruments de couverture car ils ne sont pas des instruments financiers selon IAS 39.
• Les options émises augmentent en principe le risque de l’entreprise et ne sont donc pas
non plus des instruments de couverture, sauf s’il y a intention de les compenser avec l’op-
tion achetée correspondante. Cette directive absolue d’IAS 39 ne se trouve pas dans SFAS

E R N S T & YO U N G 31
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

133. Dans certaines circonstances, les règles américaines qualifient les options émises
d’instruments de couverture, à savoir lorsque les chances de bénéfice dans toutes les évo-
lutions possibles des cours sont au moins aussi élevées que les risques de pertes.
Dans certains cas toutefois, une option émise peut aussi être qualifiée d’instrument de cou-
verture selon IAS 39, à savoir lorsqu’elle est, comme dans le cas d’un Collars, en relation
avec une option achetée. Cette situation n’est toutefois possible que lorsque l’opération
nette résulte en l’achat d’option, donc qu’aucune prime nette n’est encaissée, et qu’il s’agit
d’un instrument unique qui contient les deux caractéristiques (donc pas un instrument syn-
thétique).
• Les placements détenus jusqu’à leur échéance et comptabilisés au coût amorti ne peuvent
servir à couvrir des risques de taux d’intérêt. En raison de la durée de conservation à long
terme, des modifications de la juste valeur ne peuvent être comptabilisées tout de suite. Ils
peuvent cependant couvrir d’autres risques, comme le risque de change.
• Les actifs et passifs financiers dont la valeur n’est pas déterminable ne peuvent être des
instruments de couverture car l’efficacité de la couverture ne peut être déterminée de
manière fiable. Les instruments financiers non dérivés libellés dans une monnaie étrangère
et attribués à la couverture d’un risque de change constituent une exception.
• Les instruments de couverture internes (contrat à terme de gré à gré entre société-mère et
filiale) à eux seuls ne sont pas qualifiés d’instruments de couverture au sens de la compta-
bilité de couverture selon IAS 39 pour un bouclement de groupe. Afin qu’une relation de
couverture puisse être établie, une transaction avec une partie tierce doit en plus être con-
clue. La société-mère doit ensuite encore conclure une transaction identique avec une
banque (voir les explications aux paragraphes «6.3. Eléments couverts» et «6.6.
Couvertures des flux de trésorerie»).
• Il est permis d’attribuer deux ou plusieurs instruments de couverture à un seul élément
couvert (Q&A 122-1).
• Il n’est en revanche pas autorisé de désigner un instrument en tant qu’instrument de cou-
verture pour une partie seulement de la durée allant jusqu’à l’échéance.

6.3 Eléments couverts


En ce qui concerne les éléments couverts, l’application de la comptabilité de couverture
nécessite également que des conditions soient remplies:
• Les éléments à couvrir peuvent être des actifs individualisés ou regroupés, des passifs, des
engagements fermes non comptabilisés («firm commitments») ou des flux de trésorerie
futurs. Seules des valeurs semblables avec un même profil de risque peuvent être re-
groupées. Il n’est par conséquent pas possible, par exemple, de couvrir de façon groupée
des ventes budgétées et des achats budgétés au moyen de la comptabilité de couverture
selon IAS 39.

32 E R N S T & YO U N G
• Selon les directives de ce standard, il est permis d’attribuer un élément de couverture à plu-
sieurs éléments couverts, dans la mesure où les règles suivantes sont respectées:
1. les risques couverts sont clairement identifiables
2. l’efficacité de la couverture peut être démontrée
3. il doit y avoir une claire attribution de l’instrument de couverture aux risques couverts.
Les variations de la juste valeur des éléments couverts au niveau d’un groupe doivent évo-
luer proportionnellement à la valeur globale du groupe.
Selon Q&A 132-1, il n’est cependant pas autorisé de couvrir un portefeuille d’actions au
moyen d’options sur indice («couverture de portefeuille»), même lorsqu’une haute effica-
cité de la couverture peut être réalisée sur tout le portefeuille. La problématique se situe
dans le fait que les modifications de prix de toutes les actions couvertes devraient se modi-
fier proportionnellement, ce qui, en pratique, n’est pas souvent le cas.
• En revanche, il est possible d’attribuer un élément de couverture de différents risques à
divers éléments couverts. Ainsi, par exemple, un Cross Currency Interest Rate Swap peut
couvrir le risque d’intérêt de l’élément couvert A ainsi que le risque de change de l’élé-
ment couvert B.
• En raison des difficultés de mesure, la couverture globale (Macro-hedging) d’une position
nette (p. ex. la couverture de tous les actifs à intérêt fixe de 100 et les passifs de 90) n’est
pas autorisée. Cependant, si une telle position nette doit être couverte, il est possible de
désigner seulement les actifs à intérêt fixe de 10 comme élément couvert et de couvrir
cette position. Cette stratégie peut être choisie en cas de couvertures de juste valeur, de
couvertures de flux de trésorerie et de couvertures d’investissement net dans une entité
étrangère.
• Les placements détenus jusqu’à l’échéance et qui sont évalués au coût amorti ne peuvent
être couverts pour le risque d’intérêt car ils ne sont pas soumis à un tel risque. En revan-
che, des prêts émis peuvent être couverts aussi bien contre le risque de change que contre
le risque de variation des taux d’intérêts. Du point de vue de la comptabilité de couverture,
il est par conséquent plus avantageux, en cas de doute, de choisir un instrument financier
de la catégorie «prêts et créances émis».
Les prises de position concernant Q&A 127-2 et 127-4 attirent l’attention sur une petite
différence mais d’importance concernant les investissements Held-to-Maturity. Bien que la
première réponse interdise en principe la couverture de juste valeur et de flux de trésorerie
pour de tels investissements, la seconde réponse autorise la couverture de flux de trésorerie
d’investissements Held-to-Maturity à intérêt variable. Ce dernier cas se justifie par le fait
que ce sont les futurs paiements d’intérêts variables qui sont couverts, et non les variations
de valeur de l’investissement lui-même.
• Il est également possible de ne couvrir que partiellement un actif ou un passif financier,
dans la mesure où les conditions générales sont remplies (IAS 39.128).

E R N S T & YO U N G 33
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

• Lorsque l’élément couvert est un actif ou un passif non financier, il faut alors définir quels
risques doivent être couverts. En raison de la difficulté à mesurer l’efficacité de la couver-
ture pour de tels éléments, seul le risque de change peut être couvert, ou alors tous les ris-
ques dans leur ensemble de manière globale. Il n’est donc pas autorisé, dans un tel cas, de
couvrir uniquement les effets des variations du taux d’intérêt, par exemple.
• Les participations dans des sociétés associées et affiliées ou les engagements fixes pour
l’acquisition d’une participation ne peuvent être couverts en prévision de variations de
juste valeur car celle-ci dépend de revenus futurs qui ne sont pas prévisibles. En revanche,
le risque de change sur l’investissement net peut être couvert (Hedge of a Net Investment
in a Foreign Entity).

6.4 Comptabilité de couverture


6.4.1 Généralités
Une comptabilité de couverture enregistre de manière symétrique les variations de valeur de
l’instrument de couverture et de l’élément couvert, puisque ceux-ci doivent se compenser par
définition.
Il existe trois types de relations de couverture:

• La couverture de l’exposition aux variations de la juste valeur d’un actif ou d’un passif
comptabilisé ou d’une partie identifiée de cet actif ou de ce passif, variations attribuables à
un risque particulier et qui affecteront le résultat, est considérée comme une couverture de
juste valeur. Par exemple, une obligation à intérêt fixe est soumise à un risque de cours en
cas de variations du taux d’intérêt. Une couverture de ce risque est donc une couverture de
juste valeur.
• La couverture de flux de trésorerie futurs d’un actif ou passif financier existant (p. ex. en
cas de placements à taux d’intérêt variable) ou de transactions futures (futurs achats et
ventes) est désignée comme la couverture de flux de trésorerie.
• La couverture d’un investissement net dans une filiale étrangère (Hedges of a Net
Investment in a Foreign Entity): comme le définit IAS 21, les variations de valeur résultant
de la conversion en monnaie étrangère du capital propre (translation risk) sont comptabi-
lisées sans incidence sur le résultat dans le capital propre jusqu’à la sortie de la filiale. Les
différences de change des dettes en monnaie étrangère qui couvrent un investissement net
sont également comptabilisées sans incidence sur le résultat dans le capital propre, dans la
mesure où les conditions formelles et matérielles de la couverture sont remplies.

34 E R N S T & YO U N G
6.4.2 Conditions de la comptabilité de couverture
Les conditions suivantes doivent être réalisées et strictement respectées pour l’application de la
comptabilité de couverture:

• Au moment de la conclusion de l’opération de couverture, la relation de couverture, l’ob-


jectif et la stratégie sont clairement documentés; les documents décrivent l’instrument de
couverture et l’élément couvert, la nature du risque couvert et la manière d’évaluer l’effi-
cacité de la couverture.
• On s’attend à ce que la couverture soit hautement efficace pour parvenir à compenser les
variations de prix (voir «6.4.3. Appréciation de l’efficacité de la couverture»)
• En cas de couverture de flux de trésorerie, la réalisation de la transaction couverte doit être
hautement probable et cette transaction exposer l’entreprise à un risque de variations de
flux de trésorerie.
• L’efficacité de la couverture doit pouvoir être évaluée de manière fiable.
• La couverture doit être efficace sur toute la période couverte par les états financiers.

Les points suivants sont importants en cas de couverture de flux de trésorerie:

• la récurrence de transactions semblables est une bonne base permettant de juger si les élé-
ments couverts attendus se présenteront;
• la capacité financière et opérationnelle de l’entreprise à conduire les transactions attendues
doit faire l’objet d’une évaluation;
• la fiabilité du Business Plan ainsi que l’exactitude du budget devraient être examinées;
• le montant de la perte en cas de non-apparition de l’élément couvert a de l’importance;
• finalement, la durée jusqu’à l’apparition de l’élément couvert joue également un rôle: plus
la durée est longue, plus il est difficile de faire des pronostics. Les revenus opérationnels
sur monnaie étrangère à plus d’un an ne devraient en règle générale pas être couverts
selon IAS 39. En revanche, les intérêts peuvent être couverts à très long terme lorsqu’il y a
un contrat de crédit correspondant.

E R N S T & YO U N G 35
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

La question qui se pose également est de savoir quels détails doivent contenir les documents de
couverture. En cas de couverture parfaite, par exemple, la documentation suivante devrait suffire:

Müller Holding SA - Hedge File


Couverture no 310302-05
Date: 31.03.02

Instrument de base: CHF 100 mio floating rate bond 01/10


Instrument de couverture: IRS sur CHF 100 mio à l’UBS 02/10
Mode de couverture: Couverture des flux de trésorerie

Afin de couvrir les risques liés à l’augmentation des taux d’intérêt de notre Floating Rate Bond,
nous avons acquis aujourd’hui auprès de l’UBS un IRS, qui court du 31.03.2002 au 31.10.2010
soit sur la même durée que l’emprunt. Pour l’IRS, nous recevons des intérêts variables (base: Libor
12 mois) et payons un intérêt fixe de 5% pour toute la durée jusqu’à l’échéance. L’IRS peut donc
être institué comme instrument de couverture des flux de trésorerie car les intérêts pour l’emprunt
sont également fixés annuelement (également au 31.10) sur la base du Libor 12 mois. Il s’agit
donc d’une couverture parfaite qui est efficace durant toute la période allant jusqu’à l’échéance.

Un instrument de couverture est normalement évalué dans son intégralité. Il y a toutefois deux
exceptions pour lesquelles la valeur peut être répartie, à savoir pour un contrat à terme de gré à
gré (répartition entre les composantes monétaires et d’intérêt) et pour une option (répartition entre
la valeur intrinsèque et la valeur temporelle).
Il est possible, voire dans certains cas même nécessaire, de ne retenir qu’une partie seulement d’un
instrument de couverture pour les besoins de la comptabilité de couverture. IAS 39.144 autorise,
dans l’optique d’une comptabilité de couverture, à séparer la prime sur un contrat à terme de gré à
gré et la valeur intrinsèque de l’option de l’élément intérêt d’un contrat à terme, respectivement de
la valeur temporelle d’une option. Par conséquent, seule la partie monétaire d’un contrat à terme
de gré à gré ou la valeur intrinsèque d’un contrat d’option serait désignée comme étant un instru-
ment de couverture. Les dispositions les plus récentes aux USA ne requièrent plus que cette distin-
ction soit faite de manière obligatoire. Il est donc possible de désigner un contrat à terme de gré à
gré au cours à terme, ainsi que la juste valeur d’une option en tant qu’instrument de couverture.

Dans ce contexte, Q&A 144-3 est intéressant: la question qui se pose est de savoir si une option de
vente out-of-the-money peut être utilisée dans l’exemple suivant en tant qu’instrument de couverture:
une société acquiert une action à 100 et la classifie en tant qu’Available-for-Sale, mais la société
comptabilise les variations de valeur jusqu’à la vente uniquement dans le capital propre. Peu après, la
société achète à un cours inchangé une option de vente pour ces actions avec un prix d’exercice de 90
et paie une prime. L’option de vente ayant uniquement une valeur temporelle et pas de valeur intrinsè-
que, la question qui se pose est de savoir si l’option de vente évaluée à sa juste valeur peut être
considérée comme couverture pour l’action. La réponse est non car la baisse du cours de l’action jus-
qu’à une juste valeur de 90, ne peut être couverte de manière efficace au moyen de l’option. Par
conséquent, l’action sera amortie normalement jusqu’à un cours de 90 par le capital propre et la
comptabilité de couverture (couverture de juste valeur) appliquée uniquement au-dessous d’un cours
de 90. La valeur intrinsèque de l’option de vente est, dès ce moment, un instrument de couverture.

36 E R N S T & YO U N G
De plus, il n’est pas permis de définir l’instrument de couverture comme tel, s’il n’est utilisé à
cette fin que durant une période déterminée sur l’entier de sa durée. En revanche, il est autorisé
de couvrir l’élément de base uniquement pendant une partie de la durée allant jusqu’à
l’échéance (p. ex. pour une obligation de cinq ans, uniquement les risques de change pour les
années deux et trois).

6.4.3 Appréciation de l’efficacité de la couverture


Une couverture est efficace lorsqu’au début de la couverture et pendant toute sa durée, l’entre-
prise peut s’attendre à ce que les variations de valeur de l’élément couvert et de l’instrument de
couverture se compensent presque intégralement. C’est le cas lorsque l’évolution des cours se
situe dans un intervalle de 80% à 125% (selon SFAS 133, l’intervalle est seulement de 90% à
110%).

Exemple de couverture effective: le bénéfice réalisé sur l’élément couvert est de 120 et la perte sur
l’instrument de couverture de 100. L’efficacité est donc de 120/100=120% ou 100/120=83%.

La comptabilité de couverture ne peut donc être appliquée que dans la mesure où l’évolution
contraire des cours se situe dans cet intervalle. Si ce n’est pas le cas, les deux transactions doi-
vent être évaluées séparément selon les directives d’IAS 39. Des variations à court terme de
cet intervalle peuvent cependant être acceptées dans de rares cas, pour autant que la probabi-
lité reste forte que la couverture soit efficace sur toute sa durée.

La méthode adoptée par une entreprise pour apprécier l’efficacité d’une opération de couver-
ture dépend de sa stratégie de couverture. Il est également possible qu’une entreprise adopte
des méthodes différentes pour différents types de couverture. Si les principaux termes de l’in-
strument de couverture et de l’élément couvert sont les mêmes et qu’il s’agit d’une couverture
parfaite, l’efficacité est sûre. Cependant, dans ce cas également, l’efficacité doit être docu-
mentée et appréciée. Dans d’autres cas, par exemple lorsque l’élément couvert et l’instrument
de couverture sont libellés dans des monnaies différentes, ou lorsque l’élément couvert, dans
le cas d’une transaction de couverture d’intérêt, est également influencé par la solvabilité du
débiteur, les variations de valeur ne se compensent que partiellement. La couverture doit dans
tous les cas se référer à un risque spécifique et identifié (les macro hedges de positions nettes,
comme déjà mentionné, ne sont pas autorisées selon IAS 39) dont l’impact a une influence
sur le résultat de l’entreprise. Il n’est donc pas permis, par exemple, de couvrir en tant que tels
des dividendes internes au groupe car ils sont éliminés lors de l’établissement des comptes du
groupe et ne peuvent donc pas influencer le résultat du groupe.
IAS 39 ne prescrit aucune méthode spécifique pour apprécier l’efficacité. La méthode adop-
tée par la société devra faire l’objet d’une documentation spécifique dans les directives inter-
nes. Ces dernières devront définir si tous les résultats de l’instrument de couverture ou si
seule la valeur intrinsèque ou la composante monétaire (à l’exclusion de la valeur temporelle

E R N S T & YO U N G 37
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

d’une option ou de la composante d’intérêt d’un Forward) doivent être pris en considération.
L’efficacité de la couverture doit au moins être appréciée lors de l’élaboration du rapport annuel
ou des situations intermédiaires. Aux USA, il est nécessaire de vérifier au moins tous les 3 mois
si la couverture est efficace. Si la couverture est parfaite, cela devrait être une pure question de
forme. En cas de couverture d’un achat futur de marchandises au moyen d’un contrat à terme de
gré à gré (Commodity), l’efficacité devrait être très haute dans la mesure où:

• le contrat à terme de gré à gré porte sur l’achat de la même quantité de la même marchandise
au même moment et au même lieu que l’opération de base couverte,
• la juste valeur du contrat à terme de gré à gré au moment de la conclusion est nulle et
• soit la variation de la prime (négative ou positive) du contrat à terme de gré à gré est exclue
de l’évaluation de l’efficacité (les variations de valeur de ce composant sont comptabilisées
directement dans le compte de résultat selon le paragraphe «6.6. Couvertures des flux de tré-
sorerie») soit l’élément couvert est toujours évalué au cours à terme.

Il faut cependant veiller à ce que l’efficacité spécifique puisse être mesurée de manière irréfuta-
ble. Il ne serait par exemple pas admissible que la vente en Allemagne des 10’000 dernières
paires de chaussures soit désignée comme un élément couvert car au moment de la livraison, on
ne sait pas exactement quand la première paire de chaussures de ce lot sera livrée. En revanche,
il serait parfaitement admissible que les 10’000 premières paires de chaussures du mois de juin
soient désignées comme élément couvert car dans ce cas, une attribution exacte est possible.

6.5 Couvertures de juste valeur

6.5.1 Règles de comptabilisation des couvertures


de juste valeur
Les résultats des couvertures de juste valeur doivent être comptabilisés comme suit:

• le résultat de la réévaluation de l’instrument de couverture doit être comptabilisé dans le


compte de résultat,
• le résultat de la réévaluation de l’opération de base, qui peut être attribuée au risque couvert,
doit également être comptabilisé dans le compte de résultat; c’est également le cas lorsque le
résultat serait normalement comptabilisé dans le capital propre ou que l’élément couvert
serait normalement évalué au coût amorti.

Cette comptabilisation ne doit plus être appliquée lorsque l’instrument de couverture échoit,
est vendu ou exercé ou lorsque l’instrument de couverture ne remplit plus les conditions men-
tionnées de la comptabilité de couverture. Dans ce contexte, ne sont pas considérés comme
échéance ou vente une prolongation ou un remplacement par un autre instrument de couver-
ture, dans la mesure où cela était prévu dès le départ et documenté en conséquence.
La méthode spéciale de couverture de juste valeur ne doit donc être appliquée que durant la

38 E R N S T & YO U N G
période de couverture. Si, par exemple, une couverture de juste valeur pour une obligation
USD de cinq ans (Held-to-Maturity) n’est instaurée que durant la deuxième et la troisième
année, la comptabilité de couverture doit également être appliquée uniquement durant ces
deux ans. Un agio ou disagio devra être amorti durant la quatrième et la cinquième année.
Aux USA, il faut encore considérer en cas de couvertures de juste valeur qu’il n’est pas possi-
ble de choisir cette stratégie de couverture lorsque l’élément couvert a déjà été évalué à la
juste valeur avec incidence sur le résultat. La raison en est que, dans ce cas, la juste valeur de
l’élément couvert est par définition adaptée seulement au montant correspondant au risque
couvert. Ainsi, pour cet élément couvert, on s’écarterait d’une directive contraignante, à
savoir l’évaluation de l’actif à sa juste valeur. Cette limitation est tout à fait fondée et il est
étonnant de constater qu’on ne retrouve pas une telle notion dans IAS 39. Nous recommande-
rions toutefois d’appliquer la directive US également pour le cadre d’IAS 39; il n’y a finale-
ment pas de raison de mettre en œuvre des moyens de documentation coûteux lorsque le
même résultat peut être atteint au moyen d’une évaluation individuelle (pratique).
Q&A 127-5 mentionne cependant qu’il n’est pas possible de couvrir un dérivé avec un deu-
xième dérivé par une couverture de juste valeur, car l’élément couvert a déjà été comptabilisé
à la juste valeur. Pour ce domaine au moins, IAS a donc repris une règle de SFAS 133.

6.5.2 Exemples de couvertures de juste valeur


• Une Option put achetée couvre le risque d’un placement financier de la catégorie Available-
for-Sale (l’entreprise comptabilise les variations de valeur dans le capital propre sans inci-
dence sur le résultat).
• Une filiale allemande a des dettes en CHF en faveur de la société-mère suisse, en raison
d’une livraison de marchandises. Ces dettes devant être portées en compte dans la filiale à la
juste valeur et sans incidence sur le résultat, cette dette interne au groupe est couverte contre
le risque de change (Q&A 137-13). Dans ce cas, il n’est toutefois pas nécessaire d’appliquer
la comptabilité de couverture car les deux transactions sont de toute façon évaluées à la juste
valeur sans incidence sur le résultat (couverture naturelle).
• Le risque de cours d’une obligation à intérêt fixe est couvert au moyen d’un Rate Swap
(changement d’intérêts fixes en intérêts variables).

En cas de couverture de juste valeur, il faut également relever que du point de vue purement théo-
rique, l’efficacité de la couverture n’est que partielle lorsque la juste valeur d’une action améri-
caine est couverte au moyen d’un contrat à terme de gré à gré en USD. La raison en est que le
contrat à terme de gré à gré, outre le dollar, a également une composante d’intérêt et de durée, qui
n’est pas donné pour l’action. Cette stratégie de couverture, en revanche, est acceptée par IAS 39.

E R N S T & YO U N G 39
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

6.5.3 Exemples de comptabilisation de couvertures


de juste valeur
• Exemple 1: Couverture de juste valeur totalement efficace
Elément couvert: 5% Straight Bond 98/15.10.08 sur CHF 100 mio
(obligation propre)
Instrument de couverture: IRS sur CHF 100 mio (receive 5%, pay float)
Durée 15.10.2000 – 15.10.2008
En 2001, les taux d’intérêt augmentent et l’obligation perd donc de sa valeur, alors que l’IRS
prend de la valeur pour le même montant (perfect hedge). Les comptabilisations suivantes
doivent donc être effectuées:

Débit Crédit CHF


Obligation Autre résultat (Hypothèse)500’000
Autre résultat IRS 500’000

Comme il s’agit ici d’une couverture, les résultats de l’évaluation seront portés en compte
de manière nette dans le compte de résultat. La totalité des paiements d’intérêt de l’obliga-
tion ainsi que de l’IRS sont comptabilisés comme charge d’intérêt. Le principe brut
généralement exigé par IAS tombe en cas de comptabilité de couverture. La comptabilisa-
tion de tous les intérêts par la charge d’intérêt montre le résultat souhaité, notamment les
frais d’intérêt pour une dette à intérêts variables. Aussi longtemps que la comptabilité de
couverture reste maintenue, le disagio n’est pas non plus amorti (diminution de valeur de
CHF 500’000).
• Exemple 2: Couverture de juste valeur partiellement efficace
Elément couvert: Or (en tant que partie intégrante de l’inventaire)
Instrument de couverture: Vente à terme de l’or pour décembre 2002
à USD 350/oz (composant au comptant)
La société ne veut donc pas couvrir les futures ventes, ce qui correspondrait à une couverture
des flux de trésorerie. Elle craint dans cet exemple une baisse de prix, qui auraient une influ-
ence négative sur le stock de marchandises.
En décembre 2001, le cours au comptant et le cours à terme ont évolué de manière différente
et les comptabilisations suivantes doivent être effectuées:

Débit Crédit CHF


Stocks Dépenses de marchandises (Hypothèse) 90’000
Dépenses de marchandises Contrat à terme 90’000
Autres dépenses Contrat à terme 10’000

La couverture n’étant que partiellement efficace, la perte nette reste à CHF 10’000 dans le
compte de résultat. La comptabilité de couverture peut cependant toujours être appliquée car
l’intervalle autorisé de 80/125 concernant l’efficacité est encore respecté. Si cet intervalle
était dépassé, (et qu’on n’attendait pas, en cas d’échéance du contrat, que l’intervalle soit de
nouveau respecté avec une plus grande efficacité), la comptabilité de couverture ne pourrait
plus être appliquée de manière prospective, ceci avec effet à partir de la date de clôture.

40 E R N S T & YO U N G
Dans le cas inverse, (dans la mesure où le bénéfice sur les stocks dépasse la perte sur le
contrat à terme), le principe de prudence serait enfreint et un bénéfice net non réalisé serait
activé. Cela résulte de l’application conséquente d’IAS 39, selon laquelle une inefficacité
partielle pour la couverture est toujours comptabilisée avec incidence sur le résultat.

Remarque: l’appendice B de SFAS 133 présente de nombreux exemples de comptabilisation et


de calcul de couverture de juste valeur et de flux de trésorerie avec efficacité complète et parti-
elle (p. ex. Example 2 pour l’exemple 1 ci-dessus et Example 1 pour l’exemple 2).

6.6 Couvertures des flux de trésorerie


6.6.1 Comptabilisation des couvertures de flux
de trésorerie
Les couvertures de flux de trésorerie doivent être comptabilisées comme suit:

• la partie du résultat de l’instrument de couverture que l’on détermine être une couverture
efficace est attribuée au capital propre sans incidence sur le résultat
• la partie inefficace est comptabilisée avec incidence sur le résultat si l’instrument de couver-
ture est un dérivé; dans un nombre de cas limité, s’il ne s’agit pas d’un instrument financier
dérivé, la procédure est celle décrite sous «5.1.4 Résultat de l’évaluation des valeurs finan-
cières comptabilisées à la juste valeur ” (traitement avec ou sans incidence sur le résultat).

Le montant comptabilisé dans le capital propre est la valeur la plus basse entre le résultat
cumulé sur l’instrument de couverture (sauf la partie comptabilisée avec incidence sur le résul-
tat) depuis la conclusion de la transaction et la juste valeur des variations de valeur cumulées du
flux de trésorerie futur de l’élément couvert depuis le début de la couverture (voir l’exemple sui-
vant). De cette manière, on évite de comptabiliser le résultat net non réalisé entre la valeur de
base et l’instrument de couverture par les fonds propres. Le résultat sur l’instrument de couver-
ture doit être comptabilisé directement dans le compte de résultat.

Exemple de couverture d’un achat futur de marchandises lors de l’établissement d’une clôture
intermédiaire (montants en KCHF):

Tableau 9: Comptabilisation d’instruments de couverture en cas de couverture des flux de trésorerie


Résultat de: Situation 1 Situation 2
Elément couvert -90 -100
Instrument de couverture +100 +90
• comptabilisé dans le capital propre +90 +90
• comptabilisé dans le compte de résultat +10 0

E R N S T & YO U N G 41
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

Il convient de relever que les dérivés selon IAS 39 doivent toujours être portés au bilan à la juste
valeur. En cas de couverture de flux de trésorerie, les variations de valeur ne sont pas comptabi-
lisées dans le compte de résultat, comme c’est le cas pour les dérivés isolés, mais dans le capital
propre, suivant l’estimation qui est faite de l’efficacité de l’instrument de couverture.
Au moment où l’élément couvert est comptabilisé et conduit donc à la reconnaissance d’un actif
ou un passif, le montant enregistré dans le capital propre doit y être sorti et intégré dans l’éva-
luation initiale du coût d’acquisition de l’actif ou du passif. Par la suite, les variations de valeur
doivent être comptabilisées dans la période au cours de laquelle les actifs ou les passifs sont
traités avec incidence sur le résultat dans les comptes annuels (p. ex. en cas d’amortissement
d’investissements en monnaie étrangère, qui étaient couverts pour la durée d’utilisation des
immobilisations). Dans ce cas également, les règles sur les pertes de valeur durable et le principe
de la valeur la plus basse doivent toujours être respectés.
Pour toutes les autres couvertures de flux de trésorerie, le montant qui aurait été initialement
enregistré sans incidence sur le résultat doit être intégralement transféré dans le compte de résul-
tat dans les périodes au cours desquelles l’élément couvert est lui-même enregistré avec inci-
dence sur le résultat (p. ex. en cas d’achats de marchandises couverts dans la période de vente de
ces marchandises).
Les méthodes d’évaluation décrites dans ce paragraphe ne peuvent plus être appliquées:
• en cas de vente, échéance ou exercice de l’instrument de couverture; le résultat comptabi-
lisé dans le capital propre y reste jusqu’à l’apparition de l’élément couvert;il est alors
transféré sur l’élément couvert (dans ce contexte, ne sont pas considérés comme échéance
ou vente une prolongation ou un remplacement par un autre instrument de couverture,
dans la mesure où cela était prévu dès le début et documenté en conséquence),
• dans la mesure où les critères requis pour la comptabilité de couverture ne sont plus réa-
lisées; tel que mentionné ci-dessus, la partie comptabilisée dans le capital propre est trans-
férée sur l’élément de base lors de l’apparition de ce dernier,
• dans la mesure où l’élément couvert ne surviendra vraisemblablement pas; dans ce cas, la
part du résultat de couverture comptabilisée initialement sans incidence sur le résultat est
transférée au compte de résultat de l’exercice.

Dans un tel cas de figure, dès le moment où les critères de couverture ne sont plus remplis, l’élé-
ment de base et l’instrument de couverture doivent être à nouveau évalués séparément («discon-
tinue prospectively hedge accounting»). Le dérivé sera dès lors évalué individuellement selon
les principes applicables.

6.6.2 Exemples de couvertures de flux de trésorerie


• La couverture d’un engagement ferme non porté au bilan, visant à acquérir un actif à un prix
fixe dans une monnaie étrangère est, selon IAS 39, toujours comptabilisé comme couverture
de flux de trésorerie. Si cet actif est ensuite évalué à la juste valeur avec incidence sur le
résultat, SFAS 133 ne permettrait plus de considérer cette opération comme une couverture
de flux de trésorerie.

42 E R N S T & YO U N G
• Selon le concept d’IAS 39, la couverture d’engagement ferme en monnaie locale est égale-
ment considérée comme couverture des flux de trésorerie, malgré le fait qu’elle est plutôt
destinée à couvrir des variations de juste valeur (cette spécificité n’est pas reprise par SFAS
133: les couvertures de Firm Commitments sont dans ce cas comptabilisées comme couver-
tures de juste valeur).
• L’acquisition d’un Interest Rate Swaps, qui transforme les paiements d’intérêts variables en
intérêts fixes, est également qualifiée de couverture des flux de trésorerie.
• Une couverture est également possible dans le cas d’une émission future d’emprunt obliga-
taire. Dans ce cas, l’entreprise s’assure contre l’augmentation des taux intérêts, dans la
mesure où elle s’attend à un niveau d’intérêts plus élevé au moment de l’émission de l’obli-
gation.
• Tel que déjà mentionné au paragraphe «6.2. Instruments de couverture», les instruments
financiers non dérivés ne peuvent couvrir que des risques de change. Il est donc possible de
désigner une dette en monnaie étrangère comme instrument de couverture pour des revenus
budgétés dans cette monnaie étrangère. En revanche, il pourrait être problématique de désig-
ner et de couvrir le 100% des revenus en tant qu’élément de base. Une couverture partielle ne
devrait cependant pas causer de problèmes pratiques.

6.6.3 Exemples de comptabilisation de couvertures


des flux de trésorerie
• Exemple 1: couverture des flux de trésorerie pour un instrument d’intérêt
Elément couvert: CHF 100 mio Floating Rate Bond 00/10
(Libor +1%)
Instrument de couverture: IRS sur CHF 100 mio (receive Libor, pay 5%)
(durée identique à celle de l’emprunt)
Au moyen de cette transaction, la société a fixé le coût de l’emprunt à 6%, soit l’intérêt fixe
du swaps de 5% plus la marge de 1% sur l’intérêt variable.
Durant la première année, le Libor s’élève à 3.5% et la société comptabilise ses coûts nets de
CHF 6 mio comme charge d’intérêt (CHF 4.5 mio – CHF 3.5 mio + CHF 5 mio)
Au début de la deuxième année, le Libor augmente à 4.5% et la valeur de l’IRS augmente
donc également (hypothèse: CHF 5 mio), situation comptabilisée de la manière suivante:

Débit Crédit CHF


IRS Capital propre (variations de valeur sur 5’000’000
les instruments financiers)

Contrairement à la couverture de juste valeur, la valeur de l’élément couvert reste inchangée


dans les livres de la société. Le montant de l’instrument de couverture comptabilisé dans le
capital propre est régulièrement adapté, mais jamais amorti avec incidence sur le résultat,
aussi longtemps que la relation de couverture est en vigueur et se révèle efficace.

E R N S T & YO U N G 43
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

• Exemple 2: couverture des flux de trésorerie en monnaie étrangère


Elément couvert: Contrat pour la livraison d’une machine en juin 2002 pour USD 1 mio
Instrument de couverture: Vente d’USD 1 mio en juin 2002 au cours de 1.70 forward
(Spot actuel 1.75).
L’exportateur suisse s’attend à une baisse des cours du dollar, il décide au moment de la sig-
nature du contrat en septembre 2001 de couvrir la vente car les coûts de la machine sont en
grande partie occasionnés en CHF. Il est prêt pour cela à accepter une réduction de 0.05 sur
le cours au comptant. La juste valeur du contrat à terme se modifiera en raison du rapport
des taux d’intérêt entre l’USD et le CHF (réduction) ainsi qu’en raison du cours au comptant
de l’USD. L’élément couvert est cependant mesuré au cours du spot.
La question qui se pose toujours est de savoir si l’efficacité de la couverture doit être
mesurée sur la base du cours à terme ou des composants au comptant (sans part d’intérêt).
En principe, les deux méthodes sont autorisées.
Dans l’exemple suivant, on part cependant de l’idée que l’efficacité est mesurée sur la base
comptant / comptant.
La même réflexion est en outre valable pour les opérations sur option. Dans ce cas également,
l’efficacité est mesurée sur base de la valeur intrinsèque, par rapport au cours au comptant,
ou de la juste valeur de l’option par rapport au cours au comptant.
Pour des raisons administratives, il est certainement plus simple de ne pas répartir les con-
trats à terme ou les options en fonction de la valeur. De plus, cette solution produit des varia-
tions moins fortes dans le compte de résultat.

Depuis la conclusion de la transaction jusqu’à l’échéance, les évolutions du cours sont les
suivantes:

Date Cours à Cours au Juste valeur du contrat à Variation de valeur du


terme comptant terme de gré à gré en CHF cours au comptant en CHF
30.09.2001 1.70 1.75 0 0
31.12.2001 1.72 1.76 -19’000 a) -10’000 b)
30.06.2002 1.76 1.76 -60’000 c) 0

a) L’augmentation de l’USD apporte à l’exportateur une perte d’opportunité de 2 centimes sur


USD 1 mio, déduction faite de l’effet de l’actualisation de CHF 1’000 (hypothèse)
b) Perte de 1 centime sur USD 1 mio
c) Perte de 4 centimes sur USD 1 mio, plus la perte sous a) sans effet de l’actualisation.

Sur la base de ces éléments , les comptabilisations suivantes doivent être effectuées au 31.12.2001:

Débit Crédit CHF


Capital propre (variations de valeur sur Contrat à terme 10’000
les instruments financiers)
Charge financière Contrat à terme 9’000

44 E R N S T & YO U N G
Tel que déjà mentionné, la modification du cours à l’échéance n’a pas d’incidence sur la
mesure de l’efficacité de la couverture, raison pour laquelle les variations de valeur sont
comptabilisées à hauteur de ce montant avec effet sur le résultat. La modification du cours au
comptant est considérée comme couverture parfaite de l’élément couvert, raison pour laquelle
la modification du cours au comptant est comptabilisée entièrement dans le capital propre
(other comprehensive income). Sur la base des directives d’IAS 39, le dérivé doit dans tous les
cas être porté à l’actif ou au passif à la juste valeur. Ceci se traduit par l’inscription au passif
du contrat à la juste valeur de CHF 19’000.

Le 30.6. a lieu l’adaptation aux cours actuels avec comptabilisation suivante:

Débit Crédit CHF


Charge financière Contrat à terme 41’000

Le cours au comptant ne s’est pas modifié, raison pour laquelle il n’y a pas d’adaptation dans
ce cas. Le cours à terme, quant à lui, a augmenté de 4 centimes depuis le 31 décembre. Cette
augmentation de valeur ainsi que la disparition de l’effet d’actualisation de CHF 1’000 au 31
décembre doivent être comptabilisées avec incidence sur le résultat au 30.6.

Le 30.6. a finalement lieu la livraison de la machine à l’importateur américain. Les comptabi-


lisations suivantes doivent être effectuées:

Débit Crédit CHF


Débiteur xy Ventes de marchandises USD 1 mio au cours du jour 1’760’000
Ventes de Capital propre (variations de valeur Décomptabilisation de la partie 10’000
marchandises sur les instruments financiers) effective de la couverture
au 31.12.
Contrat à terme Trésorerie Décomptabilisation du 60’000
contrat à terme

Grâce à cette manière de comptabiliser, les ventes ont été comptabilisées au cours au comptant
de 1.75 et les ventes de marchandises créditées de CHF 1’750’000.

Le compte de résultat a été touché par cette transaction de la manière suivante:


Ventes de marchandises CHF 1’750’000
Charge financière - 50’000
Revenu net CHF 1’700’000

CHF 1’700’000 net ont donc été portés au crédit du compte de résultat. Cela correspond au
cours à terme CHF / USD lors de la conclusion du contrat en septembre 2001.

6.7 Couverture d’un investissement net dans une filiale étrangère


De telles couvertures doivent être traitées comme les couvertures des flux de trésorerie. Les résul-
tats des instruments financiers dérivés doivent être traités comme les différences de conversion des

E R N S T & YO U N G 45
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

monnaies étrangères selon IAS 21. Les résultats des couvertures efficaces doivent donc être
traités sans incidence sur le résultat. Les couvertures non efficaces, en revanche, provoquent dans
le cas d’instruments financiers dérivés une comptabilisation immédiate avec incidence sur le
résultat.

6.8 Combinaison de couvertures


Il a déjà été expliqué qu’il est possible d’instituer de manière flexible un instrument de couverture
dans le cadre de la comptabilité de couverture. Draft Q&A 158-5 présente l’exemple d’un contrat à
terme de gré à gré qui dans un premier temps couvre un élément de base comme une couverture de
flux de trésorerie puis finalement comme une couverture de juste valeur.

Si, en mars 2001 par exemple, une société s’attend à livrer une machine à un client au mois de
décembre 2001 et donc à recevoir en février 2002 USD 1 mio, elle voudra vraisemblablement cou-
vrir cette entrée de fonds. Selon la stratégie de risque, différents dérivés entrent en considération.
Admettons que la société vende USD 1 mio au mois de mars 2001 avec échéance en février 2002.
Lors de la livraison de la machine en décembre 2001, la société comptabilisera le débiteur.
Durant la période allant de mars 2001 à décembre de la même année, ce contrat à terme de gré à gré
représente une couverture des flux de trésorerie et les règles de comptabilité déjà expliquées pour les
couvertures des flux de trésorerie doivent être appliquées. Après la livraison et jusqu’au règlement
(décembre 2001 à février 2002), le contrat à terme de gré à gré couvre le débiteur comptabilisé en
USD. Cette couverture représente une couverture de juste valeur et par conséquent, les règles de
comptabilisation et d’évaluation des couvertures de juste valeur doivent être appliquées.
Cette combinaison est autorisée dans la mesure où elle a été documentée en conséquence.

Q&A 134-1-b décrit les règles pour les Treasury Centers. Les Treasury Centers de groupe ont entre
autres pour tâche d’identifier et de couvrir les risques de change au sein du groupe. L’horizon de
couverture est variable et dépend en particulier des contrats conclus. Dans tous les cas, l’horizon de
couverture dans le domaine du change ne dépasse pas une année.
Les Treasury Centers couvrent les risques de change des sociétés faisant partie d’un groupe, les
compensent et couvrent de leur côté le risque net avec une partie tierce (banque). Des conditions
plus avantageuses peuvent être négociées et les différences entre le cours achat / vente des sociétés
d’un groupe peuvent être évitées.
De telles transactions entraînent cependant des difficultés supplémentaires dans le cadre de la comp-
tabilité de couverture et posent des exigences particulières de documentation, d’évaluation et de
comptabilisation des transactions de couverture. L’Implementation Guidance Committee a traité de
ces aspects dans le cadre de la Q&A 134-1-b.

La question 121-2 de «IAS 39 Implementation Guidance – Questions and Answers» propose des
réflexions détaillées sur la couverture des positions nettes de risques d’intérêts pour le banques.

46 E R N S T & YO U N G
7 Directives de publication d’IAS 39 – Un exemple pour les
comptes annuels
Dans sa brochure ‘Implementation of International Accounting Standards 39: Key Management
Considerations’, Ernst & Young Middle East Office a publié une proposition de présentation des
informations à fournir dans l’annexe aux comptes selon IAS 39. Dans ce chapitre, nous présen-
tons une traduction de cette proposition (www.ey.com/eyme).

7.1 Répercussions de la norme IAS 39 sur la variation des fonds propres


Tableau 10: Variation des fonds propres compte tenu des directives d’IAS 39
Montants en KCHF Capital- Réserves Réserves Actions Résultat Variations de Total
actions de issues du propres de change valeur sur
capital bénéfice instruments
financiers
Etat au 31.12.1999 2’000 1’200 1’000 -350 100 0 3’950
Bénéfice du groupe 200 200
Dividende -100 -100
Effet des monnaies 50 50
étrangères
Etat au 31.12.2000 2’000 1’200 1’100 -350 150 0 4’100
Restatement suite à 200 -100 100
IAS 39
Bénéfice du groupe 250 250
Dividende -150 -150
Effet des monnaies 100 100
étrangères
Vente d’actions propres 100 350 450
Augmentation de capital 500 300 800
Résultats nets pro- 200 200
venant de l’évaluation
à la juste valeur
Etat au 31.12.2001 2’500 1’600 1’400 0 250 100 5’850

Par rapport à la présentation actuelle de la variation des fonds propres, une colonne supplé-
mentaire «variations de valeur sur instruments financiers» est introduite. Elle présente les
bénéfices et les pertes sur les actifs financiers de la catégorie Available-for-Sale non compta-
bilisés dans le compte de résultat, ainsi que les variations de valeur des transactions de cou-
verture en relation avec la couverture des flux de trésorerie ou une couverture d’un
investissement net dans une filiale étrangère comptabilisée sans incidence sur le résultat.

7.2 Extrait des directives de comptabilisation et d’évaluation


Comptabilisation après la date de transaction et de règlement
Tous les achats et les ventes courants d’actifs financiers sont comptabilisés à la date de trans-
action, c’est-à-dire à la date à laquelle l’entreprise les a achetés ou vendus. (Ou: tous les achats
et les ventes courants sont comptabilisés à la date de règlement, c’est-à-dire à la date à laquelle
ceux-ci ont été livrés). Les achats et les ventes courants sont les achats et les ventes de place-
ments financiers avec règlement dans une durée-cadre qui correspond aux usages locaux.

E R N S T & YO U N G 47
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

Prêts et crédits
Les prêts et les crédits sont comptabilisés au coût, déduction faite des provisions spécifiques ou
générales pour le risque de crédit. Une correction de valeur est comptabilisée sur les prêts pour
lesquels des couvertures de juste valeur ont été prévues, afin de compenser la variation de valeur
du prêt avec le résultat de couverture enregistré par résultat.

Les provisions pour pertes sur crédits englobent aussi bien les provisions spécifiques que les provi-
sions générales. Les provisions spécifiques sont constituées afin de réduire la valeur comptable de
tous les prêts et crédits affectés à leur valeur nette récupérable, en se basant sur les taux d’intérêts
fixés contractuellement. Les moins-values reconnues qui ne sont pas identifiées de manière indivi-
duelle sont portées en déduction des prêts et crédits sous la forme de provisions forfaitaires. Ces
provisions forfaitaires sont constituées sur la base d’une estimation prudente.

Autres placements financiers


La banque entretient trois portefeuilles séparés de placements financiers, répartis sur les positions:
• Négoce (Held-for-trading)
• Placements détenus jusqu’à leur échéance (Held-to-Maturity)
• Autres placements (Available-for-Sale)

Tous les placements de capitaux ont été à l’origine portés au bilan au coût, c’est-à-dire à la juste
valeur plus les frais de transaction qui y sont liés. Après la comptabilisation d’origine, les place-
ments de capitaux des catégories Held-for-trading ou Available-for-Sale sont évalués à leur juste
valeur, dans la mesure où celle-ci peut être déterminée de manière fiable.

Les hausses ou les baisses sur les placements de capitaux détenus jusqu’à leur échéance ou qui
sont destinés à la vente sont systématiquement actualisés, respectivement capitalisés, jusqu’à
l’échéance et cette différence est prise en compte dans le revenu des intérêts.

Les placements de capitaux fixes ou remboursables à vue que la banque a l’intention de


détenir jusqu’à leur échéance sont comptabilisés au coût amorti, déduction faite d’une rééva-
luation pour diminution de valeur durable, qui se base sur la valeur actuelle nette des flux de
trésorerie futurs. Les éventuelles primes ou rabais à l’acquisition sont pris en compte dans la
valeur comptable.

Pour les placements de capitaux négociés en- ou hors-bourse, la juste valeur est déterminée par
les cours payés le jour de la date de clôture de l’exercice. Pour les placements de capitaux non
cotés en bourse, une évaluation justifiable du prix du marché est effectuée. Elle se fonde sur la
juste valeur d’un autre instrument financier comparable ou sur la base des flux de trésorerie
attendus.

La juste valeur des options non cotées en bourse est déterminée par la différence entre le prix du
marché et le prix d’exercice du sous-jacent, plus la valeur temporelle de l’option.

48 E R N S T & YO U N G
Si aucune évaluation fiable de la juste valeur ne peut être effectuée, comme par exemple en cas
d’actions non cotées, l’évaluation est effectuée au coût amorti ou à une valeur estimée
inférieure.

En ce qui concerne les placements de capitaux détenus à des fins de négoce, chaque bénéfice ou
perte résultant de la nouvelle évaluation est comptabilisé dans la période correspondante par le
compte de résultat. En cas de placements de capitaux qui ne font pas partie d’une relation de
couverture et qui sont attribués à la catégorie Available-for-Sale, chaque bénéfice ou perte
résultant d’une modification de la juste valeur est comptabilisé directement dans le capital
propre et cela jusqu’à la vente ou jusqu’au moment où la valeur du placement est altérée de
manière durable. A ce moment, le bénéfice ou la perte encouru jusque-alors et comptabilisé
dans le capital propre est transféré au compte de résultat.

Pour les placements détenus jusqu’à leur échéance qui sont évalués au coût amorti, les variations
de valeur ne sont comptabilisées avec incidence sur le compte de résultat que lorsqu’il y a un
impairment ou que les actifs sont vendus.

Réalisation de gages
La banque acquiert parfois des immeubles en remboursement de prêts ou de crédits. Ces
immeubles sont comptabilisés à la valeur de réalisation des prêts et crédits concernés ou à la
juste valeur si celle-ci est inférieure. Les bénéfices et les pertes lors de la vente ou les pertes non
réalisées lors d’une nouvelle évaluation sont comptabilisés dans le compte de résultat.

Dérivés
La banque fait commerce d’instruments financiers dérivés tels que les futures, les contrats à
terme, les swaps et les options. Les dérivés sont portés au bilan à la juste valeur. Celle-ci résulte
de cotations auprès de bourses reconnues, du cours représentatif OTC ou de modèles de prix
internes. Les dérivés avec juste valeur positive (valeurs de remplacement positives) sont portés
au bilan sous «Autres actifs» et les dérivés avec juste valeur négative sous «Autres passifs». Les
résultats de la nouvelle évaluation de la catégorie «Trading» sont comptabilisés dans le résultat
des opérations de négoce.

Pour les besoins de la comptabilité de couverture, les couvertures sont réparties en deux catégo-
ries, notamment les couvertures de juste valeur qui couvrent les modifications de juste valeur
d’un élément du patrimoine ou d’un passif comptabilisé et les couvertures des flux de trésorerie
qui couvrent les modifications des flux de trésorerie qui doivent être mis au compte soit d’un
élément du patrimoine, soit d’un passif porté au bilan ou encore d’une transaction future.

Lors de l’activation des couvertures de juste valeur efficaces, chaque bénéfice ou perte résultant
de la nouvelle évaluation d’un instrument de couverture à la juste valeur est immédiatement
comptabilisé dans le compte de résultat. Le risque de l’élément couvert est également comptabi-
lisé avec incidence sur le résultat et soustrait ou additionné à la valeur comptable de l’élément de

E R N S T & YO U N G 49
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

base. Lorsque le réajustement se réfère à un instrument de couverture portant intérêt, celui-ci


est actualisé pour être porté au compte de résultat de manière systématique jusqu’à l’échéance,
dans la mesure où la relation de couverture n’existe plus.

Lors de l’activation des couvertures des flux de trésorerie, la partie efficace de l’instrument de
couverture est comptabilisée dans le capital propre et la partie inefficace immédiatement dans le
compte de résultat. Les bénéfices et les pertes des couvertures des flux de trésorerie, à l’origine
comptabilisés dans le capital propre, sont transférés dans le compte de résultat au moment où
l’élément couvert est comptabilisé avec incidence sur le résultat. Dans le cas où l’instrument de
couverture résulte d’un élément du patrimoine porté au bilan ou d’un passif, les bénéfices ou les
pertes qui y sont liés, qui étaient à l’origine comptabilisés dans le capital propre, sont pris en
compte dans le coût amorti de l’élément de patrimoine ou du passif correspondant.

En cas de couvertures non efficaces, les résultats des instruments de couverture sont comptabi-
lisés immédiatement dans le compte de résultat.

La comptabilité de couverture est abandonnée lorsque l’instrument de couverture arrive à


expiration, est exercé, résilié ou vendu et ne respecte donc plus les conditions pour être porté au
bilan. A ce moment, tout bénéfice ou perte enregistré dans le capital propre y est maintenu jus-
qu’à ce que l’élément couvert soit réalisé. Lorsqu’un élément de base est décomptabilisé, le béné-
fice ou la perte couru comptabilisé dans le capital propre est transféré dans le compte de résultat.

Engagements envers la clientèle


Lors de leur première comptabilisation, les avoirs monétaires et les comptes clients sont portés
au bilan au coût d’acquisition. Lors des évaluations subséquentes, tous les comptes portant
intérêts sont comptabilisés à la valeur comptable. Les plus- et moins-values sont systématique-
ment actualisées jusqu’à l’échéance et prises en compte dans les charges d’intérêts. Pour les pas-
sifs évalués au coût amorti et qui ne font pas partie d’une relation de couverture, chaque
bénéfice ou perte est comptabilisé dans le compte de résultat lorsque le passif est remboursé.

Les passifs liés à l’activité de négoce sont comptabilisés à la juste valeur et chaque bénéfice ou
perte résultant d’une modification de la juste valeur est comptabilisé au compte de résultat dans
la période correspondante.

7.3 Dérivés
Dans la marche quotidienne des affaires, la banque effectue différentes transactions avec des
instruments financiers. Un instrument financier dérivé est un contrat financier entre deux parties,
pour lequel les valeurs dépendent des modifications prix du sous-jacent, du taux d’intérêt de
référence ou de l’indice. Les instruments financiers dérivés englobent les contrats à terme de gré à
gré, les swaps et les options.

50 E R N S T & YO U N G
Le tableau ci-dessous montre les valeurs de remplacement positives et négatives des instruments
financiers dérivés, ce qui correspond à leur juste valeur, avec les volumes de contrat par échéance.
Le volume d’un contrat représente le montant d’une part de patrimoine, d’un taux d’intérêt de
référence ou d’un indice, qui sert de base à un dérivé et sur la base duquel les modifications de
valeur du dérivé peuvent se mesurer. Le volume de contrats donne le volume de transactions encore
ouvertes par échéance et il n’est déterminant ni pour le risque de marché ni pour le risque de crédit.

Tableau 11: Présentation des dérivés en annexe


31 décembre 2000 Volume de contrats selon l’échéance
(Montants en Valeur de Valeur de Volume de Jusqu’à 3 – 12 1–5 Plus de
KCHF) remplace- remplace- contrats 3 mois mois ans 5 ans
ment ment
positive negative
Dérivés à des fins
de transaction:
Interest Rate Swaps 101 96 121’029 32’868 54’753 22’062 11’346
Currency Swaps 100 73 90’715 23’675 50’114 16’926 0
Contrats de change
à terme 95 119 746’328 425’108 228’754 75’735 16’731
Options 110 115 121’647 69’543 33’865 18’239 0
Interest Rate
Futures 0 0 53’988 28’759 22’198 3’031 0
Dérivés pour la
couverture
de juste valeur:
Interest Rate Swaps 34 23 38’831 15’083 8’374 10’578 4’796
Currency Swaps 28 17 40’403 18’592 15’824 5’987 0
Contrats de change
à terme 46 57 357’499 124’771 115’049 70’181 47’498
Interest Rate
Futures 0 0 42’198 17’565 14’176 8’354 2’102
Dérivés pour la
couverture de flux
de trésorerie:
Interest Rate Swaps 50 0 2’876 0 2’876 0 0
Total 564 500 1’612’638 776’230 568’640 248’291 82’474

E R N S T & YO U N G 51
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

31 décembre 2000 Volume de contrats selon l’échéance


(Montants en Valeur de Valeur de Volume de Jusqu’à 3 – 12 1–5 Plus de
KCHF) remplace- remplace- contrats 3 mois mois ans 5 ans
ment ment
positive negative

Dérivés à des fins


de transaction:
Interest Rate Swaps 91 27 163’706 71’919 47’561 32’653 11’573
Currency Swaps 76 36 119’492 56’499 40’548 22’445 0
Contrats de change
à terme 74 49 687’624 381’098 201’769 68’555 36’202
Options 29 13 175’423 81’329 61’648 32’446 0
Interest Rate Futures 0 0 88’776 36’119 33’473 19’184 0
Dérivés pour la
couverture de
juste valeur:
Interest Rate Swaps 34 23 53’855 22’639 16’441 12’775 2’000
Interest Rate Futures 8 13 63’093 23’199 27’583 11’243 1’068
Dérivés pour la
couverture de flux
de trésorerie:
Currency Swaps 50 0 41’332 16’228 12’557 12’547 0
Total 312 161 1’393’301 689’030 441’580 211’848 50’843

Types de produits dérivés


Les contrats à terme et les futures sont des conventions contractuelles visant à acheter ou
vendre à une date ultérieure une monnaie, des marchandises ou des placements financiers
déterminés à un prix et à une date fixés. Les contrats à terme sont des contrats normalisés
négociés Over-the-Counter. Les futures sur devises et sur taux d’intérêts sont négociés à des
montants standards dans des bourses officielles et sont soumis à des obligations de verse-
ments supplémentaires quotidiens de liquidités sur les comptes de marge. Les Forward Rate
Agreements sont des futures sur taux d’intérêts non standardisés pour lesquels un taux
d’intérêt à terme est fixé sur un prêt à durée et échéance convenue.

Les swaps sont des conventions contractuelles entre deux parties pour couvrir les différences
d’intérêts ou de monnaie en se basant sur le volume du contrat. En cas d’Interest Rate Swaps,
les parties concernées fournissent en général des paiements d’intérêt fixes ou variables dans la
même monnaie en se basant sur le volume du contrat. En cas de Cross-Currency Swaps, les
paiements d’intérêts et les volumes de contrats sont effectués dans des monnaies différentes.

Les options sont des conventions contractuelles incorporant le droit mais pas l’obligation d’a-
cheter ou de vendre à un montant déterminé une marchandise ou un placement de capital à un
prix déterminé, soit à une date fixe ou à n’importe quel moment au cours de la durée s’écou-
lant jusqu’à l’échéance. La banque n’émet pas d’options non couvertes.

52 E R N S T & YO U N G
Risques de crédit en relation avec les dérivés
Les risques de crédit en relation avec les instruments financiers dérivés peuvent survenir lorsque
la contre-partie ne remplit pas ses obligations contractuelles et ils sont limités à la valeur de rem-
placement positive. Près de 95 % des dérivés émis par la banque se traitent avec d’autres institu-
tions financières (l’année dernière: 94 %) et à la date de clôture aucune contrepartie individuelle
ne cumule plus de 10% des valeurs de remplacement positives.

Dérivés destinés aux opérations de négoce et de couverture


La banque effectue d’une part des transactions sur dérivés à ses propres risques, afin de pouvoir
profiter des variations de cours à court terme. Ces transactions commerciales ont lieu dans les
limites données par le Conseil d’administration et sont constamment sous surveillance.

D’autres part, la banque peut recourir à des dérivés à des fins de couverture. La banque dispose
d’un système complet et adapté d’évaluation afin de limiter les risques. Une partie de la gestion
des risques englobe la couverture de variations de change et d’intérêt, résultant des transactions
actives et passives. La politique de la banque consiste à maintenir les risques de change et
d’intérêt dans un cadre acceptable fixé par le Conseil d’administration. Le Conseil d’administra-
tion fixe le niveau de risque de marché en limitant les positions de change et d’intérêt du
cocontractant.

Les positions sont surveillées quotidiennement et les stratégies de couverture sont développées
de sorte que les limites prescrites puissent être respectées. Le Conseil d’administration a déter-
miné le niveau des risques d’intérêt en fixant des limites pour les risques de taux d’intérêt non
couverts durant une période prédéfinie. Les positions d’intérêt des créances et des passifs sont
surveillées quotidiennement et les stratégies de couverture sont appliquées afin qu’elles restent
dans les limites fixées par le Conseil d’administration.

En tant que partie de son Asset et Liability Management, la banque utilise des dérivés afin de
minimiser son propre risque de change et d’intérêt. Elle y arrive en couvrant certaines transac-
tions ainsi qu’en couvrant de manière stratégique toutes les positions à risque. Pour les risques
d’intérêt, elle surveille la durée allant jusqu’à l’échéance des créances et des passifs au moyen
de simulations qui évaluent le niveau de risque d’intérêt et l’exposition est réduite au moyen
d’Interest Rate Swaps ou de futures. Une couverture stratégique n’étant pas adaptée à une comp-
tabilité spécifique de couverture, les dérivés correspondants sont désignés comme instruments
de négoce (held-for-trading).

E R N S T & YO U N G 53
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

La banque utilise des contrats à terme sur devises et des swaps de devises afin de se couvrir
contre les risques de change spécifiques et identifiables. En outre, la banque utilise les Interest
Rate Swaps et les Interest Rate Futures afin de se couvrir contre les risques d’intérêt résultant de
prêts spécialement identifiés et à intérêts fixes. La banque utilise également des Interest Rate
Swaps afin de se couvrir contre les risques de flux de trésorerie résultant de crédits identifiés à
intérêts variables. Dans tous ces cas, la relation et l’objectif de couverture sont documentés selon
les directives avec les données des instruments de couverture et des éléments couverts et les
transactions sont portées au bilan en tant que couvertures.

Le tableau ci-dessus montre les valeurs de remplacement positives et négatives de dérivés à des
fins de couverture au 31 décembre 2001, avec les volumes des contrats selon l’échéance. Le
tableau ci-dessous donne un résumé des positions couvertes, des catégories de risques couverts
ainsi que de l’instrument de couverture et sa juste valeur. Les valeurs de l’année précédente
comparables ne sont pas présentées car une comptabilité de couverture spécifique n’est néces-
saire que dès le 1er janvier 2001:

Tableau 12: Présentation de la comptabilité de couverture en annexe


Elément couvert Juste Coût amorti Risque Instrument Valeur de Valeur de
(montants en valeur de couverture remplace- remplace-
KCHF) ment ment
positive négative
Instruments à
couvrir
Prêts à intérêts 40’367 40’378 Juste Interest 34 23
fixes valeur Rate Swap
Prêts à intérêts 42’198 42’193 Juste Interest 8 13
fixes valeur Rate Future
Prêts à intérêts 2’876 2’926 Flux de Interest 50 0
variables trésorerie Rate Swap

7.4 Juste valeur des placements financiers


Le tableau ci-dessous montre les valeurs comptables et les justes valeurs estimées des instru-
ments financiers qui n’ont pas été comptabilisés à la juste valeur dans les comptes annuels. La
juste valeur est le montant pour lequel un actif peut être acquis ou un passif remboursé entre
deux parties dans une transaction at arm’s length (bonne information, consentement mutuel et
conditions de concurrence normale).

54 E R N S T & YO U N G
Tableau 13: Présentation des justes valeurs en annexe
(Montants en KCHF) 31 décembre 2000 31 décembre 2001
Valeur Juste valeur Différence Valeur Juste valeur Différ-
comptable comptable ence
Actifs financiers:
Avoirs bancaires 163’507 164’708 1’201 203’631 206’675 3’044
Autres investissements
du marché monétaire 52’903 53’575 686 28’887 29’534 647
Prêts à la clientèle 312’019 314’687 2’656 271’521 273’429 1’908
Sous-total 4’543 5’599

Passifs financiers:
Engagements envers
les banques 296’659 295’360 1’299 180’225 178’646 1’579
Autres dettes du
marché monétaire 27’761 27’542 219 19’982 19’785 197
Engagements envers
les clients sous forme
d’épargne 536’724 536’320 404 488’955 487’772 1’183
Engagement envers 12’293 11’678 615 11’167 10’631 536
les clients sous forme
de placement
Sous-total 2’537 3’495

Juste valeur des


dérivés à des fins de
couverture 50 0
Différence nette 7’130 9’094

Portefeuille avec investissements de la catégorie Held-to-Maturity, consistant en avoirs bancaires et


autres investissements du marché monétaire
Les autres investissements du marché monétaire sont classifiés en tant qu’investissements Held-
to-Maturity. La juste valeur estimée du dépôt porteur d’intérêts se base sur les flux de trésorerie
escomptés au moyen du taux d’intérêt des dettes qui ont la même échéance, et prennent en
compte les variation de cours depuis la souscription. Les placements à intérêts fixes avec la
banque ou d’autres institutions sont détenus jusqu’à l’échéance. Les placements à échéance non
fixe sont classés en tant qu’Available-for-Sale et la juste valeur estimée correspond à la valeur
comptable à la date de clôture de l’exercice.

Prêts à la clientèle
L’évaluation des prêts courants s’est fait en actualisant les paiements contractuels aux taux
d’intérêt prévalant pour des conditions d’échéance et un profil de risque équivalent. Pour les prêts
en contentieux, les paiements attendus (y compris la valorisation des sûretés) sont actualisés à un
taux d’intérêt qui tient compte de l’horizon temps et du risque de défaillance.

E R N S T & YO U N G 55
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

Dettes bancaires, autres dettes du marché monétaire, engagements envers les clients sous forme de
dépôts d’épargne et de placement
La juste valeur estimée des dettes portant intérêt se base sur les paiements escomptés au taux
d’intérêt des dettes de même échéance et prend en compte les modifications de cours depuis la
souscription. Il est admis que la juste valeur estimée des dépôts à échéance variable, y compris
les dépôts non porteurs d’intérêts est identique à la valeur comptable, qui correspond au montant
remboursable à vue.

Autres placements financiers


En ce qui concerne les autres placements financiers, les valeurs comptables correspondent
approximativement aux justes valeurs en raison de leur échéance à court terme.

7.5 Première application d’IAS 39


Au 1er janvier 2001, la banque a introduit IAS 39 pour l’évaluation des instruments financiers.
Ceci a eu des répercussions sur les procédures d’établissement du bilan et d’évaluation de la
banque concernant la présentation et l’évaluation des dérivés ainsi que des placements finan-
ciers non dérivés.

Dérivés
Au début de l’exercice, la banque a comptabilisé pour la première fois les justes valeurs de tous
les dérivés dans le bilan, soit en tant que créances soit en tant qu’engagement . Les bénéfices et
les pertes sur tous les dérivés non évalués à la juste valeur (après compensation avec les résultats
non comptabilisés sur les éléments couverts en cas de couvertures de juste valeur) ont été com-
pensés avec les réserves de bénéfice au 1er janvier 2001.

Placements financiers non dérivés


Précédemment, la banque évaluait tous les placements à long terme au coût amorti, déduction
faite d’un éventuel ajustement pour les réduction de valeur. Après l’introduction d’IAS 39, la
banque a commencé à répartir de tels investissements dans les catégories Held-to-Maturity ou
Available-for-Sale et à évaluer les investissements Available-for-Sale à la juste valeur. Le bénéfice
ou la perte en résultant a été introduit au 1er janvier 2001 dans les réserves issues du bénéfice.

Conformément à IAS 39, le calcul des diminutions de valeur pour les prêts et les emprunts se base
sur la valeur actuelle nette des flux de trésorerie futurs, compte tenu des taux d’intérêt d’origine.

Effets de ces changements


Conformément aux dispositions transitoires du nouveau standard, la banque a modifié ses prin-
cipes en date du 1er janvier 2001 sans adapter les chiffres de l’année précédente. Même si cela
avait été le cas, le changement n’aurait de toute façon pas eu d’effet important sur le bilan et le
compte de résultat dans les procédures de comptabilisation et d’évaluation des dérivés.

56 E R N S T & YO U N G
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

8 Réflexions concernant l’introduction d’IAS 39

IAS 39 est de loin l’International Accounting Standard le plus complexe. Son introduction
nécessite une planification soigneuse et la prise de décisions importantes tant au niveau straté-
gique qu’opérationnel. Bien que l’entrée en vigueur de la norme était prescrite au 1er janvier
2001, les réflexions suivantes peuvent être utiles lors de la conversion initiale à IAS. Les
étapes suivantes devraient impérativement être considérées:

1. Documentation de la stratégie de Risk Management.


Cette stratégie devrait être consignée par écrit et les rôles des divers intervenants définis
pour l’utilisation des dérivés. Les objectifs doivent être présentés de manière spécifique et
dans tous les cas, la stratégie actuelle doit être adaptée aux exigences de la norme. On peut
par exemple constater que tous les risques de change dans la région asiatique sont couverts
alors que ceux d’Amérique du Nord ne le sont pas du tout ou ne le sont que partiellement.
Dans le domaine des intérêts, on peut constater par exemple que le groupe veut se refinan-
cer à 60% au moyen d’emprunts à intérêt fixe et qu’une variation de taux doit être couverte
par le biais de swaps.

2. Inventaire de tous les dérivés.


Les dérivés existants dans le groupe doivent être inventoriés et les effets d’IAS 39 sur ces déri-
vés doivent être documentés. Les dérivés peuvent apparaître seuls, incorporés dans un instru-
ment non dérivé (embedded) ou en commun avec un autre dérivé (compound). Tel que décrit
plus haut, la notion de dérivé est définie de manière très large et certains instruments finan-
ciers devront être traités comme dérivés alors que ce n’était pas le cas auparavant.
L’identification des dérivés dans un groupe multinational nécessite une formation, des instruc-
tions, une surveillance et des contrôles centralisés. Outre les instruments classiques tels que
les contrats à terme / futures, les swaps et les options, d’autres contrats doivent également être
identifiés et appréciés comme par exemple les obligations de livraison et d’achat, les garanties,
les contrats de leasing, les conventions spéciales portant sur les intérêts, etc.
Lorsque tous les dérivés ont été identifiés, il convient de décider si les dérivés actuels doi-
vent continuer d’être utilisés et si oui de quelle manière.
Pour les dérivés composites, il convient de décider comment ceux-ci doivent être traités
dans la comptabilité de couverture, c’est-à-dire si les différents dérivés doivent être systé-
matiquement évalués de manière distincte.
Pour les dérivés incorporés (embedded), il faut vérifier si ceux-ci doivent être évalués de
manière distincte du contrat hôte.

3. Identification des dérivés qui sont partie intégrante d’une transaction de couverture.
La société doit finalement déterminer quels éléments de base et instruments de couverture
font partie intégrante d’une opération de couverture. Si de tels instruments ne répondent
pas aux critères de IAS 39, les dérivés doivent être évalués à la juste valeur de manière
séparée.

E R N S T & YO U N G 57
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

4. Lorsque des dérivés sont partie intégrante d’une couverture, il faut déterminer si les exi-
gences d’IAS 39 ont été respectées.
En cas de dérivés qui, jusqu’alors, étaient considérés comme des instruments de couver-
ture, il faut définir s’ils remplissent les conditions formelles et matérielles d’IAS 39. Selon
les circonstances, le groupe peut être amené à revoir la classification des dérivés, au cas où
ceux-ci ne rempliraient plus à l’avenir les critères d’efficacité élevée requis par la norme
pour une opération de couverture.

5. Lorsque des dérivés sont considérés comme des instruments de couverture, il faut détermi-
ner si l’élément couvert est qualifié en tant que tel selon IAS 39.
Tel que déjà mentionné, tous les éléments de base ne peuvent pas forcément être couverts
selon IAS 39. Les directives générales et spécifiques de la couverture en question (couver-
ture de juste valeur, couverture des flux de trésorerie, couverture d’un investissement net
dans une entité étrangère) doivent être respectées. Selon SFAS 133, une transaction qui est
réévaluée à sa juste valeur avec une incidence sur le résultat ne peut être désignée comme
étant un élément de base dans une couverture de juste valeur.
Si divers éléments couverts sont réunis dans un portefeuille, il est nécessaire de vérifier
s’ils ont une exposition similaire au risque. Tel que déjà mentionné, le macro-hedging des
positions nettes n’est pas admis et aucune position nette ne doit être couverte. La manière
de procéder dans un tel cas a déjà fait l’objet d’une explication dans cet article.

6. La relation de couverture doit être documentée de manière formelle et il est nécessaire de


déterminer de quelle couverture il s’agit dans le cas présent.
La différence entre une couverture de juste valeur et une couverture des flux de trésorerie
est parfois minime et peu évidente. Le management doit donc clarifier quels risques doi-
vent être couverts au moyen de quelles transactions et quels en sont les incidences compta-
bles. Les couvertures du stock de marchandises existant peuvent concerner par exemple la
juste valeur du stock (couverture de juste valeur) ou alors les ventes futures (couverture
des flux de trésorerie). Il faut également prendre en compte qu’une relation rétrospective
d’un dérivé en tant qu’instrument de couverture n’est pas autorisée. Un instrument de cou-
verture déjà désigné peut cependant continuer à être classé comme tel, dans la mesure où
les directives d’IAS 39 ont été respectées.
La documentation doit être spécifique. Par exemple, il ne suffit pas de couvrir de manière
générale les «ventes de l’année prochaine». Les ventes concernées doivent être clairement
définies (p. ex. «les premières ventes en USD d’un montant d’USD 1 mio»).

58 E R N S T & YO U N G
7. Il convient de documenter la manière dont l’efficacité de la couverture est mesurée.
Chaque entreprise doit choisir une méthode pour mesurer l’efficacité. Sur cette base, l’ineffi-
cacité peut également être déterminée et comptabilisée selon les directives d’IAS 39. Si
l’efficacité s’éloigne de l’intervalle défini de 80% à 125%, la comptabilité de couverture
ne peut plus être appliquée. Si l’efficacité se situe dans cet intervalle, IAS 39 prescrit com-
ment l’inefficacité partielle doit être comptabilisée.
Afin d’augmenter l’efficacité des relations de couverture existantes, il est conseillé
d’exclure certains risques de la couverture (p. ex. l’effet d’intérêts) et de ne désigner
comme couverture qu’une partie de l’instrument de couverture (p. ex. l’effet de change).
Ainsi, une couverture parfaite peut être atteinte et la «Short-cut Method» (mesure de l’effi-
cacité en cas de couverture parfaite) peut être appliquée.

8. Les montants résultant de la première application d’IAS 39, à l’exception des impôts
latents, doivent être quantifiés.

Dans ce cas, les étapes concrets suivantes doivent être réalisées:


• Tous les dérivés doivent être évalués à la juste valeur, indépendamment du fait qu’ils
font partie intégrante d’une couverture ou non.
• Dans les cas de couverture de juste valeur, il faut déterminer comment les éléments
couverts doivent être évalués lors de la première application.
• Les résultats préalablement non comptabilisés de dérivés doivent être répartis entre les
deux catégories, qui seront à l’avenir comptabilisés avec une incidence sur le résultat
(couvertures de juste valeur) ou sans incidence sur le résultat (couvertures des flux de
trésorerie).
• Les actifs et les passifs financiers doivent être répartis dans les catégories correspon-
dantes et évalués selon les directives.
• En fonction du type de hedge, il convient de déterminer les résultats respectifs de l’élé-
ment de base et de l’instrument de couverture. En cas de couverture des flux de trésore-
rie, il faut considérer que certaines inefficacités doivent être comptabilisées avec une
incidence sur le résultat.

9. Répartition de tous les actifs financiers dans les catégories prévues par IAS 39.
IAS exige que tous les actifs financiers soient attribués à une catégorie (Held-for-Trading,
Held-to-Maturity, prêts et créances émis, Available-for-Sale) et évalués en conséquence.
Pour la catégorie Available-for-Sale, il faut en outre décider si les résultats d’évaluation
doivent être comptabilisés dans le compte de résultat ou dans le capital propre. En ce qui
concerne les passifs financiers, les positions à évaluer à la juste valeur doivent être déter-
minées.

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LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

10.Les impôts latents résultant de la première application d’IAS 39 doivent être calculés.
La première application d’IAS 39 va créer des différences temporaires entre le bilan fiscal
et le bilan commercial, sur lesquelles des impôts latents devront être constitués.

11.Comptabilisation des actifs financiers à la date de transaction ou de règlement.


Chaque catégorie d’actifs financiers doit être comptabilisée soit à la date de transaction
(Trade Date) soit à la date d’exécution ou de règlement (Settlement Date). Cette règle doit
être appliquée de manière identique à chaque catégorie, aussi bien en cas d’achat qu’en cas
de vente. En outre, chaque groupe doit entamer des réflexions générales concernant la
comptabilisation et la décomptabilisation d’actifs et de passifs financiers.

12.La stratégie de Risk Management du groupe doit être retravaillée et documentée.


Les étapes d’évaluation effectuées conduisent en règle générale à un nouveau système
d’évaluation et de couverture. C’est pourquoi il est recommandé de consigner cette straté-
gie par écrit.

Les adaptations requises par IAS 39 pour l’application de la comptabilité de couverture


sont très vastes et complexes. Elles peuvent avoir des répercussions multiples sur l’organi-
sation du groupe tels que sur le controlling, la trésorerie, les aspects fiscaux et juridiques
ainsi que l’informatique naturellement. En outre, quelques décisions stratégiques devront
être prises par la direction voire même par le Conseil d’administration.

60 E R N S T & YO U N G
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D’IAS 39

9 Conclusions finales et perspectives

La présente publication démontre la problématique et complexité d’IAS 39 sur la base d’exem-


ples proches de la pratique. La mise en application correcte dans un groupe multinational repré-
sente un défi particulier. La charge de formation, de conseil et de contrôle ne doit pas être
négligée ni sous-estimée.
Lors de la première application d’IAS 39, une entreprise doit également réfléchir à la manière dont
elle souhaite introduire ce standard. Comme une application rétrospective de la comptabilité de cou-
verture n’est pas possible, les variations liées aux dérivés peuvent engendrer une certaine volatilités
qui n’était pas anticipée. Si une entreprise souhaite par exemple appliquer IAS pour la première fois
en 2005, elle doit déjà présenter le compte de résultat 2004 selon IAS en raison des comparatifs
obligatoires avec l’année précédente. Cela nécessite un Restatement du bilan d’ouverture au 1er
janvier 2004 ainsi qu’une application correcte des règles de couverture depuis cette date.
Sous l’impulsion d’un groupe de travail multinational, des propositions de révision d’IAS 39 ont été
publiées et des standards similaires ont été adoptés dans d’autres pays. On devrait donc tendre vers
une harmonisation au niveau mondial. Les résultats vont dans une direction déjà proposée par un
Exposé-sondage, notamment l’évaluation aux cours du marché de tous les actifs et passifs finan-
ciers. Cette proposition est extrêmement révolutionnaire car elle propose également l’évaluation
aux cours du marché des dettes propres. Les entreprises qui présentent d’importants problèmes
de solvabilité devraient donc dévaluer leurs propres dettes et comptabiliser un bénéfice! Comme
cela avait déjà été le cas dans un Exposé-sondage comparable, cette proposition a soulevé de
nombreuses critiques.

Il convient de se demander quelle est la meilleure solution, du point de vue de l’établissement


des comptes: choisir une solution de loin plus complexe que les actuels standards ou trouver une
solution plus simple qui, sur la base de la proposition actuelle, doit être qualifiée d’exotique.
L’avenir nous dira quelle évaluation s’imposera. Ce qui me paraît avant tout important est que
dans ce domaine justement, le même standard soit appliqué au niveau mondial.
Jusqu’à ce que l’harmonisation mondiale soit réalisée et que la plupart des pays se basent sur
ce nouveau standard, l’actuel IAS 39 doit être appliqué. La question qui se pose alors pour un
grand nombre de groupes est de savoir si la comptabilité de couverture doit être introduite. A
long terme, la comptabilité de couverture (hedge accounting) n’a pas d’influence sur la situa-
tion des revenus de la société car le résultat doit tôt ou tard être comptabilisé dans le compte
de résultat. En résumé, seules les différences suivantes subsistent dans le compte de résultat:
• Si la comptabilité de couverture est appliquée, les variations de valeur ne sont pas compta-
bilisées dans le résultat financier comme ce serait le cas autrement. Les variations de
valeur sont comptabilisées dans la position de l’élément couvert, par exemple dans le chif-
fre d’affaires en cas de résultat d’exploitation ou dans les dépenses de marchandises en cas
d’achats de marchandises.
• En cas d’application des couvertures des flux de trésorerie ainsi que des couvertures d’in-
vestissement net dans une entité étrangère, certains résultats ne sont pas comptabilisés
dans le compte de résultat mais sont d’abord présentés dans le capital propre (variations de
valeur sur les instruments financiers) jusqu’à ce qu’apparaisse l’élément couvert. Tel que
déjà mentionné, tous les dérivés, que la comptabilité de couverture soit appliquée ou non,
doivent être portés au bilan à la juste valeur.

E R N S T & YO U N G 61
LA MISE EN APPLICATION PRATIQUE D ’IAS 39

• En cas de couverture de juste valeur, l’élément couvert est également comptabilisé avec
incidence sur le résultat dans la mesure du risque couvert et cela même si ce dernier est
normalement comptabilisé au coût amorti.

La question qui se pose au management est de savoir s’il souhaite introduire dans tout le
groupe ces directives compliquées dans le but de présenter de manière strictement correcte les
effets de la comptabilité de couverture dans le compte de résultat consolidé.
Si la réponse à cette question est «oui», de nombreux travaux devront être effectués. Les
collaborateurs d’Ernst & Young SA ont déjà assisté de nombreux clients dans leur mise en
place d’IAS 39. Nous sommes bien évidemment à votre disposition pour toute question que
vous pourriez avoir en relation avec vos projets de conversion.

Sources:
• International Accounting Standards Committee (Hrsg.):
- International Accounting Standards 2001, London 2001
- Accounting for Financial Instruments – Standards, Interpretations, and Implementation
Guidance, London 2001
• Financial Accounting Standards Board (Hrsg.): Statement of Financial Accounting Standards
No. 133 – Accounting for Derivative Instruments and Hedging Activities
• Ernst & Young, Middle East Head Office, Bahrein: Implementation of International Accounting
Standard 39 – Key Management Considerations; September 2000
• Paul Scharpf, Rechnungslegung von Financial Instruments nach IAS 39, Stuttgart 2001

Un tel travail ne se conçoit pas sans aide! Je remercie tout particulièrement Charles A. Barone
et Kenneth Marshall, tous deux Partner d’Ernst & Young, pour leurs nombreuses suggestions
et pour les documents mis à ma disposition par Ernst & Young LLP, notre société partenaire
américaine. Je remercie également Reinhold Sturny pour l’exemple 2 du chapitre «5.3 Impôts
latents sur les variations de valeur comptabilisées sans incidence sur le résultat» qu’il a mis à
ma disposition ainsi que Caroline Brenzikofer pour avoir relu cette publication et pour ses
nombreuses propositions d’amélioration.

© Roland Ruprecht, Ernst & Young SA, Berne

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