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2011

la gestion et l’optimisation
fiscale

Réalisé par: Encadré par:


 Lhcen BAHSSINE Mme: ELABBADI Bouchra
 Soufiane BENDIAB N°2135
 Youssouf TAHIRI
 El Alaoui Kaoutar N° 2719
 Aoulad Hammano Saad N° 2111
 Merroun Hamza N° 2211
 Ajbar Taoufik N° 2156
SOMMAIRE:

Introduction
I. Généralité sur la gestion fiscale
a. Définitions
b. Missions et objectifs
c. Référentiel métier
d. Organisation
e. Points forts et points faibles
f. Récapitulatif
II. Les techniques de l´optimisation fiscale
1- Identification des options fiscales prévue par les lois fiscales et évaluation
des conséquences de celles retenues par l’entreprise
2- Exposé des différents cas possibles d’optimisation fiscale

III. Les limites de l’optimisation fiscale :


1- La notion d’abus de droit
2- le mode d’application de la loi fiscale
3- Optimisation fiscale et rapports de l’administration fiscale avec l’entreprise

Conclusion

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Introduction
La présence de la fiscalité est permanente dans la vie de l’entreprise. En effet,
chaque opération de l’entreprise peut être à l’origine d’un prélèvement fiscal
pouvant avoir une incidence sur les coûts de ses produits. En outre, toute
entreprise se doit d’optimiser sa charge fiscale, comme toute autre charge pour
gérer au mieux ses intérêts et ceux de ses dirigeants, associés ou salariés.

Tout d’abord, un bon gestionnaire devrait veiller, en premier lieu, à ne pas


prendre de risques fiscaux ou du moins les atténuer préalablement à la recherche
d’une quelconque optimisation fiscale.

En effet, l’optimisation fiscale suppose l’appréciation par l’entreprise d’un


certain nombre de risques et de coûts encourus par elle dans l’objectif d’en
maîtriser la portée.

De ce fait, si l’optimisation des choix fiscaux peut constituer une marque de


bonne gestion de l’entreprise, à l’inverse la fraude fiscale, l’évasion fiscale et
l’abus de droit sont condamnables.

Par ailleurs, la gestion fiscale de l’entreprise ne signifie pas se mettre en


infraction avec les textes de lois fiscaux mais plutôt appliquer de manière utile et
optimale les règles fiscales.

En fait, la fiscalité joue un rôle important dans le choix de la forme juridique


lors de la création de l’entreprise, l’extension de ses capacités, le choix du mode
de financement des investissements, la localisation géographique des
installations, le nombre de ses établissements etc.

Le présent travail s’inscrit dans ce cadre et a pour principal objectif de vous


présenter les choix fiscaux auxquels les entreprises et plus précisément celles
marocaines, peuvent être confrontées à tout moment.

Pour pouvoir atteindre notre objectif, notre travail sera organisé comme suit :

Dans un premier temps nous allons aborder les principes de la liberté de gestion,
nous passerons ensuite aux différentes formes d’optimisation fiscale et nous
terminerons enfin notre modeste travail par les limites de l’optimisation fiscale.

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I. Généralité sur la gestion fiscale
a. Définitions:
 La gestion fiscale: un ensemble d’activités et de procédures qui visent organiser
et rendre la fiscalité d’entreprise plus performante.
 L’évasion fiscale: est le faite d'éviter partiellement ou totalement la charge
fiscale tout en respectant la loi.
 La fraude fiscale: consiste à échapper au paiement de l'impôt, à donner une
fausse présentation de la vérité ou une interprétation erronée

 L’optimisation fiscale consiste pour le contribuable, personne physique ou


morale, à tirer le meilleur parti des lois qui existe afin de minimiser son
imposition. Un terme qu’il ne faut surtout pas confondre avec la fraude fiscale
qui se définit comme des pratiques déloyales ou de d’un détournement de la
loi.

 L’approche classique d’optimisation fiscale : C’est l’optimisation fiscale


par comparaison, spécialement des taux, ainsi La société est débitrice
d’une imposition et dont a vocation à être séduite par une imposition plus
réduite qu’elle va réserver à ses unités implantées à l’étranger.
L’orientation mène la société mère à choisir la technique d’intégration des
résultats étrangers la plus adéquate ; soit la facturation de charges de source
nationales, les redevances, et les intérêts, soit après imposition c’est-à-dire
les dividendes.

Ce n’est pas seulement payer un peu d’impôts, mais c’est aussi éviter les risques du
contentieux, les amendes, les majorations.

 Il faut chercher des compromis entre la gestion fiscale et les autres


disciplines au sein de l’entreprise.

b. Mission et objectifs
 Mission: maitrise des risqué fiscaux

Création de la valeur ajoutée

 Objectifs de la fonction gestion fiscale

• Sécuriser l’entreprise

• Optimiser la charge d’imposition de l’entreprise

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• Optimiser le partage des connaissances

c. Référentiel métier

Compétences
Compétences Compétences en
Activités en
techniques organisation
communication
Assurer la veille Sélectionner et Constituer, organiser Participer aux
juridique nécessaire à consulter les sources et mettre à jour la réunions d'analyse
l’application des d'information adaptées documentation des évolutions
obligations fiscales. et actualisées. fiscale. fiscales.

Identifier les évolutions Participer à la


fiscales ayant des rédaction de notes ou
conséquences pour de résumés.
l’entreprise ou le
contribuable.

Identifier le champ Identifier les Organiser la collecte Solliciter de façon


d'application des dispositions fiscales des informations opportune le conseil
impôts concernant applicables à ayant une incidence des spécialistes
l’entreprise et ses l’entreprise ou à ses sur les obligations externes (expert-
opérations. opérations. comptables et fiscales comptable, conseiller
de l’entreprise. fiscal, administration
Prendre en compte des impôts)
l’évolution des textes et
en mesurer les
conséquences.

Mettre en place ou Déterminer la nature et Établir un échéancier


repérer l’échéancier la périodicité des fiscal.
des travaux fiscaux. différentes obligations
fiscales et leurs Organiser les travaux
incidences. comptables et fiscaux
en cohérence avec
l'échéancier.

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Réaliser et contrôler Déterminer l'assiette Organiser la collecte Transmettre les
les travaux fiscaux des impôts dont des informations déclarations fiscales
relatifs à : l’entreprise ou le nécessaires à la aux administrations
contribuable est détermination de concernées selon les
- la TVA ; redevable. l'assiette des impôts procédures en
- la détermination du et à l'élaboration des vigueur.
bénéfice imposable ; déclarations.

- la détermination du
revenu imposable, la
liquidation et le
paiement de l'IR ;

- la liquidation et au
paiement de l'IS ;

- la déclaration et au
paiement de la taxe
professionnelle.

Appliquer les règles Tenir l'échéancier Répondre aux


liées au fait générateur des règlements demandes ou aux
et à l'exigibilité. fiscaux. sollicitations de
l’administration des
impôts.

Établir les déclarations Organiser la Rendre compte de


fiscales (manuellement conservation et son travail.
ou à l’aide de logiciels l'archivage des
spécialisés). documents
justificatifs et des
déclarations.

Simuler le calcul des Participer à la


impositions dues. formalisation et à
l’actualisation des
procédures propres à
l’entreprise.

Liquider les
impositions dues.

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Effectuer les paiements
relatifs à la TVA, l'IR,
l'IS, et à la taxe
professionnelle.

Comptabiliser les
impôts et taxes.

Détecter les anomalies,. Mettre en place les Rendre compte des


conformément aux procédures internes rapprochements
procédures de contrôle de vérification des effectués.
en place. impositions dues par
l’entreprise.

d. L’organisation de la fonction fiscale

Configuration
•Rattachement 2 •Direction fiscale
au service •Fonction ( Fiscalité locale
financier et juridique et et
comptable fiscale internationale)

Configuration Configuration
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e. Points forts et points faibles de la fonction gestion fiscale


Ses forces résident dans le fait :

o Qu’elle maitrise le domaine fiscal et juridique ;

o Qu’elle a une vision stratégique « stratégie fiscale de l’entreprise » ;

o Qu’elle maitrise sa relation avec l’administration fiscale ;

o Qu’elle maitrise sa relation avec les autres fonctions ;

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o Qu’elle assiste l’entreprise à respecter et à utiliser au mieux les
réglementations, les dispositions en matière de fiscalité ;

o Qu’elle partage ses objectifs et adhère les autres fonctions au principe de


la mise en place de procédures ;

o Qu’elle peut avoir une capacité à coordonner et intégrer les particularités


de nombreuses juridictions fiscales différentes.

Sources d’inefficacité et de manque de performance:

o L’existence des lacunes et des pratiques non efficientes en matière de


gestion fiscale dues à la non maitrise du domaine et au problème
d’interprétation de textes fiscaux etc.;

o La focalisation seulement le coût et la négligence de la réflexion


stratégique en matière de choix fiscaux de l’entreprise ;

o Faible intégration de la fonction fiscale au sein de l’entreprise ;

Pratiques illégales : Évasion et fraude fiscale ;

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II. Les techniques de l´optimisation fiscale :
Le but de toute gestion fiscale est d’optimiser le montant de l’impôt, cependant il ne
s’agit pas du seul but, car on peut évoquer le souci de différer le paiement de l’impôt et
de bénéficier d’un gain en trésorerie. C’est là qu’apparaît le facteur temps qui
intervient dans la fiscalité comme dans toute la vie de l’entreprise.

Enfin, une autre raison d’agir sur l’impôt pourrait aboutir paradoxalement à accroître
momentanément la charge fiscale ou à renoncer à un avantage fiscale immédiat pour
des motifs de gestion, ce qui constitue une décision de gestion ; par exemple : renoncer
à calculer les amortissements à leur maximum autorisé en vue de distribuer des
dividendes.

L’utilisation de telle ou telle technique de gestion fiscale va dépendre de la situation


particulière de l’entreprise ; il est sure qu’une entreprise en croissance aura d’avantage
le simple souci de minimiser l’impôt, tandis que l’entreprise en situation de récession
cherchera plutôt à améliorer son image vis-à-vis des tiers banquiers ou actionnaires en
pratiquant la gestion fiscale de son résultat.

En synthèse, l’optimisation fiscale se fera à deux niveaux :

 Au niveau des lois fiscales :


o En retenant les options fiscales, parmi celle offerte par les différentes
lois fiscales, les mieux indiquées pour l’entreprise ;
o En exploitant tout les avantages fiscaux offerts par les lois fiscales.
 Au niveau des choix de gestion, en intégrant le paramètre fiscale dans la
prise de décision.

1-Identification des options fiscales prévue par les lois fiscales et


évaluation des conséquences de celles retenues par l’entreprise :

1-1 Identification des options fiscales prévue par les lois fiscales :

Les options fiscales sont multiples et différent d’un impôt à un autre. Ainsi, les
principales options par nature d’impôt ou de taxe :

- en matière d’IR :

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Dans ce cas, il y a lieu de citer les possibilités suivantes :

 le choix de la zone de localisation de l’entreprise ;


 le choix du régime d’imposition entre les régimes suivants : régime du
résultat net simplifier, régime de résultat net réel et régime de bénéfice
forfaitaire ;
 l’adhésion ou non à un centre de gestion agréé ;
 le choix entre l’inscription au bilan ou maintien dans le patrimoine privé
d’éléments tels que les immeubles, les titres, les dettes…. ;
 l’option pour l’IS par les sociétés de personne soumises à l’IR …

- en matière d’IS :

Dans ce cadre, nous retenons les possibilités suivantes :

 le choix de la zone de localisation de l’entreprise ;


 l’option pour l’imposition forfaitaire au taux réduit de l’IS de 8%, offerte
aux sociétés étrangères ;
 l’option pour le régime de faveur en cas de fusion de sociétés ;
 l’option pour le non paiement de certains acomptes sur IS ;
 l’option pour l’IS par les sociétés de personnes soumises à l’IR …

- En matière de TVA :

Dans ce cadre, nous pouvons citer les possibilités suivantes :

 Le choix ou non de l’assujettissement à la TVA ;


 Le choix du régime d’imposition à la TVA ;
 Le choix de la périodicité de paiement de TVA (régime mensuel ou régime
trimestriel) ;
 L’option ou non pour l’achat en exonération de la TVA …

- En matière de droits d’enregistrement :

Dans ce cadre, nous pouvons retenir les possibilités suivantes :


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 Le choix des modalités d’imputation du passif en cas d’apports du biens à
titre onéreux à une société ;
 L’option pour le régime de faveur en cas de fusion de société…

1-2 Evaluation des conséquences des options fiscales retenues par l’entreprise :

Il revient à l’initiateur de l’opération de procéder, pour les options fiscales


significatives identifiées, à l’appréciation de leur impact sur la gestion de l’entreprise
et à l’évaluation de leurs conséquences financières sur une période significative.

Cette étape vise l’évaluation critique des options fiscales mises en œuvre par
l’entreprise. Ce travail d’analyse devra aboutir aux options fiscales avantageuses à
l’entreprise et celles à mettre en œuvre par celle-ci.

2-Exposé des différents cas possibles d’optimisation fiscale :


L’optimisation fiscale ne peut se faire que dans le cadre des situations suivantes :

 Absence définitive d’imposition ;


 Absence provisoire d’imposition ;
 Diminution de la base imposable ;
 Réduction directe de l’impôt.

2-1 Absence définitive d’imposition :

Elle peut être due soit à une exonération expresse, soit au fait que l’optimisation ou le
gain en question sont hors champs d’application de l’impôt en cause. Cependant il
existe des exonérations expresses comme par exemple :

 L´exonération de l´IS:

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o Des dividendes perçus par une société.

 L´exonération de l´IR ou de l´IS :

o Des entreprises exportatrices de produits et services ;

o Des entreprises implantées dans certaines provinces ou préfectures ;

o Des établissements d´enseignement privés ou de formation professionnelle ;

o Des entreprises artisanales ;

o Des établissements hôteliers ;

o Des personnes physiques ou morales qui exécutent des marchés de services


financés par des dons de l´Union Européenne.

2-2 Absence provisoire d´imposition

Il peut s´agir des deux situations suivants :

 Le contribuable pet retarder la naissance fiscale d´un gain dont il peut tirer
d´ores et déjà parti ou d´une opération qui existe pourtant en fait : le fait
générateur est ici retardé ;

 Malgré la naissance de l´impôt, le contribuable dispose d´un délai parfois


important pour le payer au trésor public : il y a alors exigibilité différée. A titre
d´illustration, il existe en matière d´IS, la possibilité d´option pour un régime de
faveur qui autorise l´étalement de l´imposition des plus-values de fusion sur 10
ans au lieu de les imposer immédiatement.

2.3. Diminution de la base imposable

Une troisième forme possible de gestion fiscale consiste pour le contribuable à réduire
sa base d´imposition. Divers procédés légaux de réduction existent. Ils peuvent être
regroupés en trois catégories principales : diminuer le gain brut, augmenter les charges
déductibles et enfin l´imputation des déficits antérieurs.

 La diminution du gain brut


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Les procédés de diminution du gain brut sont nombreux.

Un premier procédé peut résulter du choix du régime d´imposition. Ainsi, par


exemple, en matière d´IR, un contribuable peut avoir le choix entre deux régimes
d´imposition : le régime du résultat net réel et le régime du bénéfice forfaitaire. Autre
exemple, en matière d´IS, les sociétés étrangère adjudicataires d´un marché de travaux
de construction ou de montage, sont soumises aux même obligations et aux mêmes
règles d´imposition à l´IS que es société de droit. Toutefois, ces sociétés ont la
possibilité d´opter, quand elles le jugent préférable, pour l´imposition forfaitaire au
taux de 8% applicable au montant total du marché hors taxe.

Un deuxième procédé est d´utiliser les possibilités d´exonération partielles pour


certains impôts. Il s´agit par exemple en matière d´IR et d´IS, de la `possibilité offerte
par les lois fiscales d´opter pour l´exonération à 100% de l´impôt pour les plus-values
sur cession de biens immobilisés, dans le cas de réinvestissement du produit de
cession.

Un troisième procédé est d´utiliser l´abattement édicté par la loi comme par exemples,
en matière d´IR :

 L´abattement forfaitaire de 40 % pour les pensions et rentes viagères perçues


localement et l´abattement de 80 % pour celles de source étrangère ;

 L´abattement de 40 % sur le montant du revenu foncier.

 L´augmentation des charges déductibles

Il peut s´agir en matière d´IR d´utiliser les possibilités de bénéficier de toutes les
déductions sur le revenus en matière d´IR.

De même, l´augmentation des charges déductibles est possible, que ce soit en matière
d´IS ou d´IR, par le recours :

 Aux provisions admises en franchise d´impôt (provision pour investissement,


provision pour reconstruction de gisement, provision pour prêts aux logements
de personnel) ;

 Aux amortissements dégressifs.

 L´imputation des déficits fiscaux

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En matière d´IR, le choix du régime du résultat net simplifié, en ce qui concerne les
revenus professionnels, a pour conséquence la non prise en compte des déficits fiscaux
antérieurs dans le cadre de la détermination du résultat fiscal imposable d´un exercice
donné.

Par contre, l´adoption du régime net réel offre l´avantage de déduire un déficit fiscal
constaté par le contribuable au titre d´un exercice déterminé des résultats positifs des
quatre exercices suivants. Toutefois, le déficit lié à l´amortissement est reportable sans
limitation dans la durée.

2.4. Réduction directe de l´impôt

Deux procédés principaux de réduction directe de l´impôt peuvent être distingués :

 Le premier procédé agit sur le taux de l´impôt (en se mettant en situation


d´imposition au taux le plus bas possible)

 Un second procédé pour réduire l´impôt est de bénéficier d´une réduction


prévus par les textes de lois fiscaux. Ces réductions sont multiples et ont des
objectifs économiques et sociaux variés.il peut s´agir :

o D´un contribuable qui s´installe dans une zone encouragée sur le plan
fiscal au lieu de s´installer dans une zone où il serait soumis aux règles
fiscales du droit commun ; ou

o D´un contribuable qui adhère à un centre de gestion agrée et bénéficie


d´un abattement de 15 % appliqué à la base d´imposition à l´IR, et
obtient par là une réduction de l´impôt.

III. Les limites de l’optimisation fiscale :


1- La notion d’abus de droit :
Si le principe de liberté de gestion de l’entreprise pourrait etre admis par
l’administration fiscale, il faut noter aussi que le risque existe d’abuser de cette liberté.
Pour faire face à des situations d’exagération, l’administration fiscale dispose de la
possibilité de s’opposer aux abus de droit.

Quoique l’abus de droit se distingue de la fraude par une apparence juridique correcte,
car il ne constitue pas une violation délibérée d’une obligation fiscale, il ne peut être
autorisé pour cette raison.

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L’abus de droit n’est pas expressément régi par la législation fiscale marocaine, mais il
serait possible que l’administration fiscale marocaine recourt au dahir formant code
des obligations et contrats (DOC) pour invoquer cette notion. Le DOC prévoit dans
son article 94 :

« il n’y a pas lieu à responsabilité civile, lorsqu’une personne, sans intention de nuire,
a fait ce qu’elle avait le droit de faire .Cependant lorsque l’exercice de ce droit est de
nature à causer un dommage notable à autrui et que ce dommage peut être évité ou
supprimé,sans inconvénient grave pour l’ayant droit, il y a lieu responsabilité civile, si
on n’a pas fait ce qu’il fallait pour le prévenir ou le faire cesser. »

Ce même DOC prévoit dans son article 231 :

« Tout engagement doit être exécuté de bonne foi, et obligé, non seulement à ce qui y
est exprimé, mais encore à toutes les suites que la loi, l’usage ou l’équité donnent à
l’obligation après sa nature. »

Ainsi, l’administration fiscale pourrait se référer aux dispositions du code des


obligations et contrats pour invoquer des situations d’abus de droit, notamment dans
les cas d’un contentieux judiciaire opposant

A titre d’illustration, s’il est prouvé que les parties ont substitué à leur véritable
contrat, un contrat apparent et fictif, dans le cas, par exemple, ou des ventes bien
réelles sont déguisées sous forme d’une donation, un marché de travaux, une
procuration … Pour avoir une taxation moins importante, l’administration fiscale se
trouve en droit de justifier par tous moyens de preuve en adéquation avec la loi fiscale
mise à sa disposition et chercher en dehors des actes eux-mêmes le véritable caractère
de la convention concernée.

Les cas où l’administration fiscale peut être amenée à rechercher le véritable caractère
des conventions sont nombreux. Nous citons, à titre d’exemple, les cas suivants :

 Les contrats de gérance de fonds de commerce avec paiement ou conditions


faisant présumer une vente déguisée de ce fonds de commerce ;
 Les ventes à une personne marchande de biens immobiliers (commerce d’achat
et de vente d’immeubles), consenties sous la forme de procuration pour vendre,
doublées de promesse de vente ;
 Les ventes déguisées sous la forme de marchés de construction ou de donation ;
 Etc.
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De même l’article 50 de la loi sur l’IS prévoit que : « tout personne convaincue
d’avoir participé aux manœuvres destinées à éluder le paiement de l’impôt, assisté ou
conseillé une société dans l’exécution desdites manœuvres, est passible d’une amende
égale au minimum à mille dirhams (1000dh) et au maximum à 100% du mentant de
l’impôt éludé ».

2- le mode d’application de la loi fiscale :

Les lois fiscale doivent être, en principe, appliquées de manière rigoureuse et sans
interprétation.

2-1- Interprétation de la loi fiscale :

En matière fiscale, le raisonnement par analogie n’est pas permis. Ainsi, les
dispositions légales prévues dans un texte ne peuvent etre étendues à un autre texte.

L’interprétation par analogie en droit fiscale impliquerait l’extension à un impôt, des


règles légalement prévues pour un autre.

De ce fait, il n’est pas possible, ni pour l’administration fiscale, ni pour le contribuable


d’interpréter les lois fiscales.

2-2- Application rigoureuse de la loi fiscale :

L’application rigoureuse de la loi fiscale consiste à retirer d’un texte, jusqu’à sa


limite ; toutes les conséquences possibles. Cependant, en pratique, l’administration
fiscale juge parfois utiles d’adopter l’esprit du législateur au lieu de se contenter de la
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lettre de texte de la loi. Cette interprétation va tenir compte des travaux préparatoires
des lois et de l’intention présumée du législateur.

Par ailleurs, la loi fiscale est exécutoire le jour même de sa publication au bulletin
officiel sans qu’il soit nécessaire de tenir compte de la date d’arrivée du bulletin
officiel dans les différentes régions du Royaume.

En outre, selon le principe constitutionnel imposé au législateur lui-même, la loi est


non rétroactive. En fait, une loi nouvelle créant ou supprimant des obligations fiscales
ne régit que les situations et faits juridiques existants après sa publication au bulletin
officiel.

3- Optimisation fiscale et rapports de l’administration fiscale avec


l’entreprise :

Ces rapports constituent dans certains cas des limites à l’optimisation fiscale,
notamment lorsqu’il s’agit de questions difficiles ou certaines. En fait, dans ces cas, il
est difficile d’obtenir de l’administration fiscale « des réponses qui engagent ».

Par ailleurs, d’autres situations constituent en elles mêmes limites à l’optimisation


fiscale, nous citerons à titre d’illustration les cas suivants :

 Pour certaines activités, l’entreprise se trouve en situation de devoir supporter


définitivement une partie de la TVA, normalement récupérable, en raison de la
règle dite du « butoir » ;
 Une entreprise débitrice envers le Trésors public ne peut procéder à une
compensation avec les sommes dont celui-ci lui est redevable (excédents
d’acomptes, TVA à rembourser), alors que le percepteur peut retenir toute
somme due à l’entreprise pour apurer les impôts réclamés y compris ceux qui
fait l’objet de contestation par entreprise ;
 L’entreprise se voit réclamer le paiement des pénalités en majorations sur des
sommes ayant fait l’objet dégrèvements ultérieurs ;
 Non-respect par le Trésor public des délais légaux en matière de restitution et
de remboursement d’impôts et de taxes, notamment en ce qui concerne :
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o Le délai de restitution d’office du reliquat concernant l’excédent d’IS
versé par la société ;
o Les délais de remboursement de la TVA.

 L’absence de la jurisprudence fiscale publiée. En effet, l’absence de la


publication de la jurisprudence fiscale marocaine, qui constitue une des sources
du droit, est une grave lacune dans notre droit fiscal.

Conclusion :

L’évolution continue de la législation fiscale depuis plus de vingt ans,


l’utilisation progressive par les entreprises, de la fiscalité, comme variable
significative de gestion, mettent en avant l’intérêt d’une recherche visant à analyser
les leviers fiscaux sur lesquels peuvent, aux fins d’optimisation, reposer les
montages relatifs au financement et l’ouverture des entreprises à leur
environnement.

Ce serait sans doute faire preuve de myopie intellectuelle que de considérer


que l’optimisation d’un financement ou d’un processus d’ouverture s’effectue sur
la seule base de la recherche d’une minimisation des impôts. Les aspects
juridiques, économiques, financiers et organisationnels sont des déterminants dont
on ne saurait faire fi dans dune démarche d’ingénierie.

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