Vous êtes sur la page 1sur 7
Motricité, perception et intelligence Jean Piaget Enfance Citer ce document / Cite this document :

Citer ce document / Cite this document :

Piaget Jean. Motricité, perception et intelligence. In: Enfance, tome 9, n°2, 1956. pp. 9-14;

Document généré le 17/06/2016

: 10.3406/enfan.1956.1510 http://www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1956_num_9_2_1510 Document généré le 17/06/2016

Motricité,

Perception

et Intelligence

par J. PIAGET

P">ur ce qui est de la perception visuelle, on retrouve, au cours de tout le développement, le problème des relations entre les mouvementsperceptives. Toutdes globesd'abordoculaires,dans le domained'une part,de laet perceptionles structuresde la forme

etdesBurhmestermobiles, onquepeutnousciteravonsl'intéressantereprise avecexpérienceLambercîerd'Auerspergsur les enfants à partir de 5 ans. (1) Nous ayons pu constater à cet égard une évolution très régulière de la motricité avec l'âge. Le dispositif de l'expérience consiste simplement en un carré animé d'un mouvement de circumduction à des vitesses diverses! Tant que le mouvement est suffisamment lent, on perçoit le carré qui se déplace. Quand le mouvement du carré est beaucoup trop rapide pour que l'œil puisse le suivre, autrement dit, quand il n'y a plus de mouvement de l'œil, on perçoit alors l'image de fusion correspondant à une photographie non instantanée, soit • une croix double entourée de quatre traits avec brouillage aux quatre angles de la figure d'ensemble. Mais, entre la phase 1 qui est la perception du carré en mouvement, et la phase 3 qui est l'image de fusion, on trouve une image assez curieuse qui est une croix simple avec un diamètre plus étroit que l'image de fusion, donc plus étroit que l'aire de circumduction du , carré, avec également brouillage aux quatre angles. Nous avons pu montrer avec Lainbercier que cette figure de la phase 2 n'était pas due à une « prolepsis » ou aux" facultés qu'invoquait Auersperg après Weizsâcker, mais résultait simplement des rétrécissements des mouvements de l'œil, avec dévaluation, puis même non perception des espaces intercalaires. Débutant par un champ d'extension assez large, dans la mesure où le mobile n'est pas trop rapide, ces mouvements de l'œil se rétrécissent en effet de plus en plus, avec l'augmentation de la vitesse de circumduction, et décrivent une circonférence ou une ellipse de diamètre de plus en plus restreint : c'est alors que se produit cette espèce de fusion ou de contraction des différentes présentations du carré en positions successives déjà vues presque simultanément. Ce que nous avons mesuré avec Lambercier — et voilà un premier exemple de l'intervention de la motricité dlans la perception — c'est le point précis aux différents âges où le carré cesse d'être vu en tant Sue carré et où la phase 1 passe à la phase 2. Il y a «d'ailleurs entre les eux phases une petite période de crise avec dislocation du carré avant que la croix simple se stabilise. Mais cette crise est courte, et ne porte que sur quelques tours-minutes. Nous avons pu mesurer le point où la croix simple.se stabilise. Or, chose intéressante, on observe a cet égard une évolution très régulière avec l'âge : (de 5 à 12 ans et à l'âge adulte). Plus l'enfant est jeune, et plus tôt il en arrive à la croix simple, c'est-

(t) Voir Arch, de Psgch. « Recherches sur le développement des perceptions »,
3

10

J. PIAGET

à-dire qu'il y parvient pour

Un tel résultat est d'ailleurs fort naturel puisque la motricité oculaire des petits est moins rapide et moins bien ajustée à la centration sur un mobile. Un second exemple encore, relatif à la perception des mobiles, est celui des faits que nous étudions «actuellement avec Lambercier dans la reprise des expériences de Michotte sur la causalité perceptive mais en l'appliquant aux enfants. On se rappelle les dispositifs de Michotte mettant en évidence les effets d'entraînement ou de lancement, ou encore de

déclenchement, etc

des vitesses moins 'grandes^ que chez l'adulte.

Ces impressions perceptives se retrouvent chez

l'enfant à quelques petites différences près. Mais, et' ceci intéresse la motricité, on observe une difficulté considérable chez les petits à structurer le dispositif. Ils éprouvent une grande difficulté à suivre les mouvements, à distinguer les priorités temporelles et même spatiales, et surtout les vitesses. Or ces. trois sortes d'inadaptation, tiennent évidemment à une difficulté centrale, qui. est "de suivre les. mobiles en ajustant les centra- tions du regard de manière à permettre les comparaisons. Un troisième exemple, toujours de caractère perceptif, se rapportera

cette fois à des figures statiques et non à la perception de mobiles. Or, en ce cas aussi, , les mouvements jouent encore un rôle considérable, du moins en ce qui concerne certaines structurations. Tout d'abord la comparaison de verticales se prolongeant l'une l'autre , donne normalement une surestimation de l'élément supérieur. A quoi est-ce dû ? A une simple asymétrie statique du champ ? Ou est-ce dû au transport visuel, aux mouvements qui se font de bas en haut, de haut en bas? C'est là, à nouveau, un problème qui touche à la motricité. Or, si nous passons de ces figures classiques des verticales superposées à des obliques qui se prolongent l'une l'autre (obliques à 45°, que, sauf erreur; on, n'a pas étudiées )nous trouvons un phénomène complètement différent (1). Cette fois, c'est l'élément inférieur qui est surestimé et il s'agit alors d'une illusion qui croît avec. l'âge au lieu de décroître comme dans le premier cas, sauf dans le cas de grandes distances. Il y a donc là . évidemment intervention de transports avec mouvements du regard de l'un des éléments à. l'autre, et pas simplement de topographie du champ. Une, figure en particulier nous a beaucoup préoccupés : comparer une verticale à une horizontale, en équerre, et ceci dans les quatre positions possibles. 'Ces comparaisons donnent trois résultats tout à fait instructifs :

1) II s'agit d'une illusion qui augmente avec l'âge au lieu de diminuer ;

présentation des figi les quatre figures, dans tous .les ordres . possibles, on observe, toujours deux figures donnant une illusion inférieure aux deux autres (bien que, dans tous les cas, il y ait surestimation de la verticale et sousestimation de l'horizontale). On obtient dont toujours deux illusions faibles.

Pourquoi ? Notre hypothèse est , qu'ici un

des éléments sur. l'autre, ou de bas en haut ou de haut en bas. Si le

mouvement de l'œil transporte la -verticale dans

l'horizontale, alors l'élément est surestimé en tant que verticale et également en tant que transporté (surestimé au cours même du transport). Tandis que si c'est dans le. sens inverse, il y aura sousestimation de l'élément en tant qu'horizontale et surestimation en tant que transporté. Autrement dit, ce serait la direction des mouvements de l'œil. qui jouerait un rôle dominant et, si l'illusion augmente avec l'âge, et surtout avec l'exercice,

mouvement de l'œil transporte un

la direction de

(1) Recherche en cours avec A. Morf, à paraître dans les Arch, de Psych.

MOTRICITÉ, PERCEPTION ET INTELLIGENCE

11

ce serait que ces mouvements se. régularisent et se polarisent "selon

certains schémas habituels, tandis que chez l'enfant ils seraient plus

dispersés, - avec .- compensation ' plus variée; etc

mouvements de l'œil dans le cas de ces figures-là ? Nous avons -jusqu'ici essayé plusieurs méthodes. L'électrorétinogramme donne des résultats trop grossiers pour un: problème de ce genre. L'appareil de F. Morel"»* Schifferlé' (que notre collègue MoreL a bien voulu adapter à notre expérience),, a montré clairement les points de fixation • sur ' les deux* traits et le mouvement qui. les relie, mais sans permettre de déterminer la direction de ce mouvement, etc Voici donc ,un premier, groupe de problèmes : intervention de • la motricité dans la perception. Un! certain nombre de faits nous montrent une . évolution nette avec l'âge,- ■mais il faudrait une étude poussée du point de vue des enregistrements de la motricité oculaire.

Mais comment étudier les

**'

Je passe maintenant au rôle de la motricité aux différents niveaux de l'intelligence. Considérons d'abord l'intelligence avant le langage, l'intelligence sensori-motrice. En un tel domaine, il est tout à fait évident que la motricité joue le rôle essentiel dans cette coordination des actions de l'enfant k laquelle on attribue la qualité de constituer une «intelligence > . Mais en quel sens ? Prenons simplement deux exemples de ces structurations motrices auxquelles on assiste chez le bébé et qui tendent vers certaines formes simples d'organisation très instructives au point de vue de l'intelligence ultérieure (parce qu'elles prennent des formes géométriques définies, dies formes - correspondant par exemple à . ce que les géomètres appellent des «groupes de déplacement >). Je m'en tiendrai à ces deux seuls exemples du groupe de déplacement en rotation ainsi qu'en translation. En rotation : j'ai fait, il y a longtemps déjà, sur un de mes enfants, l'expérience systématique qui consistait, a partir du moment où il a été nourri au biberon (vers 7 mois à peu près) à lui présenter le biberon à l'envers. Au moment où il voyait son biberon, il tendait les mains et

trépignait : je lui offrais le biberon verticalement d'abord, puis l'inclinais doucement mais, au lieu de le lui donner par le bon bout, je le lui donnais à l'envers. Lorsque, débordant d'un côté du disque de. verre, la tétine de caoutchouc apparaissait, il prenait le biberon, le remettait à l'endroit et suçait. Mais quand le caoutchouc n'était pas visible, il essayait de sucer

du mauvais côté (faute de notion d'objet à ce niveau-là,

encore de schéma de l'envers dte l'objet, donc pas de structuration des différents côtés d'un solide). Puis il entrait dans une violente colère, alors je lui reprenais le biberon et le remettais droit. Je le voyais suivre

des yeux l'objet, constater que tout y était, puis je lui redonnais le

il

n'y

a

pas

biberon à l'envers et il recommençait à sucer la base ! Il a fallu longtemps pour arriver au groupe de rotation. Celui-ci est naturellement en liaison

avec bien d'autres choses, avec la recherche de l'objet disparu, etc ne résulte pas, d'une expérience isolée mais fait partie de toute la structuration à la fois die l'espace et de l'objet permanent. Je prends un autre exemple : la recherche de l'objet selon des

mouvements en translation (avec des déplacements de l'objet derrière des

et

écrans, sous des coussin, à droite

lui reprends des mains et le glisse très lentement sous le coussin de

gauche : il suit tout djes yeux mais, au moment précis où il ne voit plus

l'objet,

'Au niveau ultérieur, l'enfant ne cherche naturellement plus l'objet là où il a réussi une première fois, à le trouver, mais tient. compte oes

Je mets ? par exemple l'objet sous un

de l'enfant : il le cherche et, quand il l'a trouvé, je le

oreillers, etc

)

il" retourne à droite pour le chercher.

12

s; mabet

déplacements successifs et le cherche là où il a disparu pour la dernière fois : c'est alors qu'est constitué le groupe de déplacement. Man problème est alors : quelle est la relation entre la motricité et

une organisation telle que ces groupes de déplacements, soit en rotation» soit en translation ? La motricité en constitue une condition nécessaire, bien entendu, mais n'en devient la condition suffisante (compte tenu naturellement de la structuration perceptive), que dans la mesure où la coordination des mouvements aboutit à la constitution de schemes, c'est-à-dire d'unités d'action pouvant s'appliquer à des situations multiples, se généraliser, s'intégrer de nouveaux éléments par assimilation, bref, devenir instruments de compréhension pratique en même temps que d'action. La motricité n'est donc explication des conduites qu'en la concevant sur le mode intégratif de la construction des schemes d'assimilation sensonmoteurs dont la complication progressive relie de façon continue la motricité élémentaire à la série des actes d'intelligence caractéristiques de la période pré-verbale. Il est intéressant de suivre ces filiations en considérant un ensemble de schemes isolables et bien définis, comme celui des groupes de déplacement par exemple (1). Je passe maintenant à un niveau ultérieur : celui de l'intelligence accompagnée cette fois de langage, de représentations, mais sans avoir encore atteint le niveau •- opératoire (l'intelligence de l'enfant entre 2 et 7 ans en moyenne). Nous avons à ce sujet de nouvelles recherches en cours. Le problème est le suivant : l'enfant de ce niveau est capable de

représentation, , de raisonnement, etc

s'appuient sur des configurations et non pas sur des transformations comme telles (puisqu'il n'y a pas encore d'opérations): Ces configurations, plus ou moins isomorphes aux configurations perceptives, se traduisent sous forme . d'images et de représentations. Quel est alors le rôle de la motricité dans la -formation de l'image mentale ou de la représentation

imagée ? Nous sommes frappés, en étudiant les représentations de ce niveau, de constater combien elles sont statiques, c'est-à-dire combien l'image mentale des petits est inapte à se représenter un mouvement, pas seulement une transformation complexe concernant l'ensemble d'une configuration, mais» même un mouvement élémentaire. Voici d'abord des exemples anciens que nous avions étudiés avec B. Inhelder : quand nous demandions aux enfants de tous les niveaux de prévoir la surface d^ section d'un corps géométrique, tel qu'un cylindre de pâte à modeler (avec coupure perpendiculaire à la longueur) ou bien de prévoir ce que

l'image

visuelle de l'enfant restait en ces situations étonnament statique, accro-

Mais tous

ses raisonnements

donnera le rabattement d'un des côtés d'un cube en carton, etc

précédant l'anticipation exacte est à cet égard particul ment instructive : l'enfant, pour prévoir la forme de la section, a besoin d'imager d'abord dans le détail l'action qui commence, tel que le couteau posé sur la surface du cylindre et provoquant une fente. Autrement dît, pour déclencher l'anticipation par l'imagerie, il a fallu esquisser l'action matérielle dont l'image fournira le résultat. De même pour le rabattement d'un dies côté des cubes en carton, nous avons des dessins d'enfants qui vous dessinaient des cubes un côté légèrement écarté par rapport à l'autre, aux autres, avec une légère fente, mai s sans anticipation immédiate du prodïuit du rabattement. Nous avons repris le problème récemment à propos de la causalité de Michotte. Pour être certains que les enfants structuraient bien au point de vue perceptif ce qu'on leur présentait, nous avons eu l'idée

(1) Ajuriaguerra et Hecaen (Le cortex cérébral, Masson, 1949) ont bien compris l'utilisation possible de nosshèmes entendus comme des sortes de gestalts dynamiques et significatives, mais résultant du fonctionnement et non pas d'une ration préformée.

MOTRICITÉ, PERCEPTION ET INTELLIGENCE

13

avec Lambercier de leur faire reproduire à titre d'exercice préalable, et avant qu'on passe à la perception des situations-types, le spectacle visuel au moyen de plots. On retrouve ici à nouveau le problème de l'image et d'une manière extrêmement curieuse. D'abord l'enfant éprouve souvent une difficulté systématique à reproduire le mouvement sur le plan horizontal quand il l'a vu sur le plan vertical ou fronto-parallèle : ayant perçu le tableau en vertical, il ne peut pas le reproduire sur la table et se trouve obligé de déplacer les plots en l'air. Mais surtout, c'est là le phénomène sur lequel je voulais insister, nous assistons, vers 4-5 ans, a une espèce de difficulté systématique à traduire le visuel en tactiloki- nesthésique ou l'inverse, difficulté insurmontable en certains cas. Or ce fait est curieux, parce que la coordination entre le visuel et le tactilokines-

îesique pour des structures cinématiques un peu plus complexes, on retrouve donc une difficulté systématique à ce genre de traductions, ce qui touche de nouveau à l'image mentale. Mon hypothèse serait ainsi que' l'élément moteur intervient nécessairement dans l'image mentale. L'image mentale constitue vraisemblablement une sorte d'imitation intériorisée, ce qui est évident pour les images verbales ou sonores et ce qui est sans doute vrai pour les images visuelles qui prolongent non pas la perception comme telle, mais l'imitation des formes au moyen des activités perceptivo-motrices. En ce cas, l'image statique du niveau préopératoire ne constituerait qu'une étape préalable par rapport aux > anticipations représentatives plus mobiles du niveau suivant (plus mobiles parce que subordonnées aux opérations) . Arrivons enfin au rôle de la motricité dans la constitution des opérations logiques elles-mêmes. Je ne pense pas que les opérations logiques concrètes, s'élaborant entre 7 et 11 ans chez l'enfant, constituent un produit uniquement verbal. Le langage contribue, bien entendu, et est sans doute même nécessaire à leur structuration finale, mais je pense que l'opération constitue une réalité plus profonde que le langage. L'opération est une action. Les structures opératoires de cette logique élémentaire sont des coordinations d'actions. Il existe un grand nombre de raisons montrant leur indépendance relative par rapport au langage. Mais alors comment détecter cet élément moteur au sein.de l'opération elle-même ? Je donnerai un simple exemple de ce dernier problème :

parmi les opérations les plus primitives dont l'enfant soit capable, se trouvent au premier rang les opération^ d'ordre. L'intuition de l'ordre est certainement en effet une des intuitions logiques les plus simples qu'atteigne l'enfant : comprendre, par exemple, l'ordre de trois éléments (de trois perles enfilées sur un fil de fer) la rotation qui donne l'inversion de

l'ordre, la double rotation qui ramène l'ordre primitif, etc

Mais qu'est-ce

que la notion d'ordre ? Ce n'est pas, ou pas toujours, une propriété des objets physiques. L'ordre est avant tout une propriété de la coordination des actions : partout où il y a des actions coordonnées, il en existe une qui précède l'autre, une, par exemple, qui sert d'intermédiaire, et l'autre qui assigne le but à atteindire. La notion d'ordre me paraît donc un exemple particulièrement clair de ces notions qui ne sont pas abstraites de l'objet mais qui sont abstraites de la coordination de l'action, ce qui, exprimé dans un langage peut-être un peu intellectualiste, nous ramène très directement à la motricité elle-même, parce qu'il y a de l'ordre dans la motricité, par exemple de l'ordre dès les réflexes absolus, à fortiori dans les conditionnements, etc En conclusion, la motricité intervient à tous les niveaux dans le développement des fonctions cognitives : de la perception aux schemes sensorimoteurs, de ceux-ci à cette forme d'imitation intériorisée qu'est l'image mentale, des représentations préopératoires aux opérations elles-

14

J.PIAGET

mêmes. Tous les mécanismes cognitifs reposent sur la motricité. Cela ne les empêche naturellement pas de se socialiser et tôt ou tard de se traduire sous forme d'expressions verbales qui les modifient en retour, mais, sous le langage et sous la conceptualisation, la. connaissance est d'abord une action sur l'objet et c'est en quoi elle implique en ses racines mêmes une. dimension motrice permanente, encore représentée aux niveaux. les plus