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Bulletin

des Transports et
de la Logistique
DOSSIER
Contrat type général : deuxième mue
– RISQUES DE GUERRE : Desserrer l’étau

JURISPRUDENCE
– ATTAQUE DE TALIBANS : Conséquences
– MARITIME : Devoir d’information/conseil
– COMMISSION EN DOUANE : Avances « sans filet »

3639 HEBDOMADAIRE
10 AVRIL 2017 FONDÉ EN 1895
InformatIons en bref…
InformatIons
sécurité aérienne : permanence. nomiques – relative au financement des pro-
210 L’actuaLité en bref jets d’investissement de sncf réseau est
un arrêté du 23 mars fixe le nombre d’as-
treintes devant être effectuées par le person- mise en œuvre par le décret n° 2017-443 du
nel de la direction générale de l’aviation civile, 30 mars. Il précise le calcul du ratio de la
DOSSIER des établissements publics qui en dépendent dette financière nette sur marge opération-
CONTRAT TYPE GÉNÉRAL et du bureau d’enquêtes et d’analyses pour nelle et le périmètre de son utilisation. L’ob-
la sécurité aérienne. La plupart de ces agents jectif de cette règle est d’empêcher la par-
211 Genèse sont tenus à une astreinte par semaine. seuls ticipation financière du gestionnaire du
211 Qu’est-ce qu’un contrat type ? le service des systèmes d’information et de réseau ferré national à un projet d’investis-
la modernisation ainsi que le service national sement de développement en cas d’endet-
213 Commentaires détaillés
d’ingénierie aéroportuaire atteignent les 5 as- tement trop important et d’améliorer la si-
218 En résumé / À retenir treintes hebdomadaires (arr. 23 mars 2017, tuation financière du gestionnaire du réseau
219 Texte du décret JO 1er avr., nor : deVa1707159a). français (JO 31 mars).

transports guidés : retouches. sûreté portuaire : personnes


depuis le 1er avril, le décret n° 2017-440 mo- habilitées.
228 risques de guerre difie le régime relatif à la sécurité des circu- Les personnes chargées des missions de sû-
Desserrer l’étau lations de transports publics guidé. Il clarifie reté mentionnées à l’article L. 5332-4 du code
229 interdictions de circuLer le champ d’application, simplifie la procédure des transports doivent faire l’objet d’une en-
d’autorisation de mise en service et renforce quête administrative afin d’obtenir un agré-
le suivi de l’exploitation. des arrêtés minis- ment individuel délivré par le préfet. Il s’agit
JurIsprudence tériels en précisent les contours (JO 31 mars, des exploitants d’installations portuaires,
textes 18 à 21) des compagnies de transport maritime, des
230 attaque de taLibans prestataires de services portuaires, des or-
Conséquences circulation ferroviaire : régime de ganismes habilités, des employeurs, des en-
sécurité activé. treprises qui leur sont liées par contrat et de
231 MaritiMe
Institué depuis le 1er avril, le régime de sécurité toute personne autorisée à occuper ou uti-
Devoir d’information/conseil
applicable aux infrastructures sur lesquelles liser les zones d’accès restreint (d. n° 2017-
232 coMMission en douane circulent exclusivement des marchandises 438, 29 mars, JO 31).
Avances « sans filet » sera applicable aux installations terminales
embranchées le 1er avril 2019. Les gestion- armateurs de france : nouveau
naires d’infrastructure ou les opérateurs de président.
transport qui ne sont pas des entreprises Jean-marc roué, directeur de Brittany ferries,
ferroviaires doivent se soumettre, tous les est le nouveau président d’armateurs de
trois ans, à un audit externe effectué par un france. premier employeur de marins fran-
organisme d’inspection accrédité (d. n° 2017- çais, la compagnie bretonne, fondée par
439, 30 mars, JO 31). alexis Gourvennec, assurait déjà la trésorerie
de l’organisation professionnelle depuis 2011
sncf réseau : financement des ainsi que la présidence du Bp2s, Bureau de
investissements. promotion du transport maritime à courte
La règle – introduite par la loi portant réforme distance depuis 2015. Il se présente comme
ferroviaire et précisée par la loi pour la crois- « un infatigable défenseur de la Marine mar-
sance, l’activité et l’égalité des chances éco- chande française et de sa compétitivité ». ●

CARBURANT : DONNÉES CNR (source : www.cnr.fr)


Indice (Base 100 en décembre 2000) - Moyenne mensuelle sur février, hors TVA, avec remboursement TICPE 146,30
Indice (Base 100 en décembre 2000) - Moyenne mensuelle sur février, hors TVA, sans remboursement TICPE 151,88
Prix à la cuve, fin février 2017 hors TVA, enquête CNR : 1,0176 €

CARBURANT : RELEVÉ DIREM (source : DGEC) 24 mars 2017


Gazole hors taxe 0,4745 TTC 1,2254

COURS DU DTS (cours du DTS sur www.imf.org)


Lundi 20 mars 2017 Mardi 21 mars 2017 Mercredi 22 mars 2017 Jeudi 23 mars 2017 Vendredi 24 mars 2017
1.262730 1.260350 1.260060 1.262960 1.261560

210
Bulletin des Transports et de la Logistique - N° 3639 - 10 avril 2017
 Contrat type général dossier InformatIons

Par Marie tilche

Deuxième mue
Nul texte n’est inoxydable : l’évolution des pratiques, des rapports commerciaux et de la législation, conduisent à les
revoir régulièrement sous peine d’obsolescence. L’espérance de vie d’un contrat type étant d’environ sept ans, il s’avère
nécessaire de procéder à sa révision après cette échéance. Faisant office de vaisseau amiral, le « général » vient ainsi
de subir son second toilettage. Issu d’un décret du 31 mars (JO du 2 avril), il entrera en vigueur le 1er mai (1). D’ores et
déjà, nous attirons l’attention sur deux clauses : les limites d’indemnités qui bondissent et l’introduction d’un préavis
en cas de rupture fixé à 6 mois maximum, soit le double de ses frères (sous-traitance, location, commission).
Afin d’éviter l’erreur commune et parfois la méconnaissance du mécanisme, nous rappellerons comment sont nés les
contrats types, quel est leur processus « de fabrication » et ce qu’il faut savoir d’eux. Suivront un commentaire article
par article et un résumé.

Genèse
tout commence par la fin de la tro et, le 30 décembre 1982, la nais- dination » était également remaniée. Pour autant, il s’agit de purs
sance de la loi d’organisation des transports intérieure (LotI, désormais textes de droit privé. depuis, la palette s’est élargie avec des c.t. spé-
codifiée). son article 8 II énumérait les clauses que tout contrat de cifiques et le « général » a subi une première retouche en 1999 (décret
transport et de location de véhicules avec conducteurs devait contenir : du 6 avril modifié en 2000 et 2001). Il figure à l’annexe II de l’article
nature et objet du déplacement, modalités d’exécution du service, d. 3222-1 du code des transports.
conditions d’enlèvement et de livraison, obligations respectives des avant d’entrer dans le vif, rappelons le mécanisme de ces contrats
parties, prix du transport et des prestations annexes (le terme était types que d’aucuns croient impératifs.
déjà employé). À défaut de convention écrite les reprenant, des
contrats types s’appliqueraient de plein droit. Ils devaient être établis (1) pour les entreprises, les dates d’entrée sont différées. (2) après les mésaventures
par décret (simple) après « avis des organismes professionnels concernés du contrat type sous-traitance, annulé en 2001 parce que deux organisations n’avaient
et du conseil national des transports » sous l’égide duquel ils étaient pas été conviées au bal, le texte a été expurgé des « concernés ». Le cnt ayant disparu,
élaborés (2). c’est désormais le ministère des transports qui pilote leur création. (3) en 1988, les
par décision du 12 janvier 1984, le ministre des transports de l’époque envois de détail ont fait l’objet d’un contrat type dit « messagerie » qui, en 1999, a été
(en fait m. Braibant, conseiller d’État) a mis sur pied un groupe de incorporé dans le « général ». c’est pour cela que, sur certains points (rôles au charge-
travail à large spectre présidé par m. doguet. en sont issus deux ment/déchargement, limites d’indemnité), une distinction est faite entre les deux
contrats types, l’un dit général, applicable aux envois d’au moins 3 t seuils de tonnage : 3 t et plus ou inférieurs. attention, contrairement à ce que l’on peut
pour lesquels il n’existe pas de contrat type spécifique (3), l’autre consa- parfois lire dans certaines décisions, il s’agit du tonnage de l’envoi (marchandise mise
cré à la location. Ils sont nés le 14 mars 1986, date à laquelle la « coor- à disposition) et non du véhicule ! ●

Qu’est-ce qu’un contrat type ?


 On lit souvent qu’ils sont d’essence légale et sionnaires), de personnalités dites « qualifiées », d’un membre de
réglementaire. Cela leur confère-t-il un caractère impératif ? l’administration et présidé par un haut fonctionnaire, le texte est
Ils procèdent toujours de la loi, la LotI ayant été « découpée » lors examiné article par article jusqu’à un consensus. après passage à
de la codification : articles L. 1432-2 à L. 1432-5, article L. 3223-1 pour la direction juridique du ministère, il est soumis à la triple signature
la location, article L. 1432-8 à L. 1432-10 en ce qui concerne la du secrétaire d’État aux transports, de la ministre de l’écologie puis
commission de transport. Ils naissent de dispositions réglementaires de matignon. Il passe ensuite au JO pour relecture avant publication.
à savoir un décret sImpLe. cette filiation leur confère une aura par-
ticulière sans leur enlever leur nature de droit privé et leur conférer  Dans quelles circonstances s’appliquent-ils ?
un caractère d’ordre public. ce sont des contrats comme les autres, Ils s’appliquent :
fruits de la discussion et du consensus du groupe de travail, ce qui - lorsque les parties n’ont rien prévu (« commande » par simple coup
garantit leur équilibre. de fil) ou quand le contrat est incomplet ;
- si la convention est inopposable au partenaire (il n’a pas eu connais-
 Comment sont-ils élaborés ? sance de telle clause figurant dans les conditions générales et n’a
après constitution du groupe – composé de représentants de chaque donc pu l’accepter) ;
partie (organisation de chargeurs, de transporteurs ou de commis- - quand une clause de la convention est nulle. Le meilleur exemple 

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InformatIons dossier Contrat type général

 reste l’affaire chronopost/ Banchereau où, à la suite du retard dans - la réparation maximale due par le transporteur en cas d’avarie,
la réception d’une soumission, la clause limitative d’indemnité de perte ou retard ;
l’expressiste avait été jugée nulle par la cour de cassation pour ab- - le sort du prix en cas d’incidents de transport ;
sence de cause (manquement à l’obligation essentielle de célérité - et, pour certains, les modalités de rupture du contrat (préavis
privant le plafond de contrepartie de réparation). cette nullité a été décliné selon la durée de la collaboration, manquements justifiant
palliée par la limite d’indemnité du contrat type général qui s’y est une rupture sans prévenance ni indemnité).
substituée de droit.
 Ont-ils fait avancer les choses dans certains domaines ?
 Peut-on « panacher » conditions générales et contrat oui, et voici quelques illustrations :
type ? - dans le contrat type général, il est précisé que le contre-rembour-
chaque fois qu’il y a vide ou faille, les contrats types prennent au- sement constitue un mandat, ce qui implique la preuve de la faute
tomatiquement le relais : ils sont supplétifs. c’est dire que les parties du transporteur. c’était un progrès car les juridictions étaient très
peuvent y déroger, en tout ou partie, par convention écrite (par hésitantes sur la qualification de cette prestation : mandat distinct
exemple des cGV opposables). dans ce cas, leur volonté écarte le du transport ou modalité de celui-ci (auquel cas, le transporteur
contrat type. on voit souvent dans les citernes, masses indivisibles était présumé responsable) ?
ou transport de fonds, des cahiers des charges, élaborés par les - le contrat type donne une définition du colis (tout support de
clients et acceptés par les transporteurs, qui tiennent lieu de conven- charge unitaire, peu important le nombre de cartons y figurant,
tion écrite. même mentionné sur le document de transport). or, quand on sait
que pour les envois de moins de 3 t, l’indemnisation s’effectue selon
 Ont-ils un rôle à l’international ? un double butoir (au kilo et au colis, la plus faible des deux sommes
Ils ont vocation à s’appliquer aux contrats de transport routier de étant retenue), le transporteur qui a chargé 1 palette contenant
marchandises effectués sur le territoire national. Ils ne concernent 50 cartons ne devra indemniser que sur la base d’1 colis (désormais
donc pas les trajets internationaux régis par la cmr, d’ordre public. 1000 €) et non sur celle de 50 x 1000 € même si la lettre de voiture
toutefois, si au cours d’un tel transport, il y a un problème que la détaille le nombre des objets…
convention routière ne prévoit pas (rémunération de l’immobilisation, - il règle le cas du laissé pour compte et désormais des « souffrances »
par exemple), il y a retour à la loi nationale et donc au droit français (cas où personne ne veut de la marchandise) ;
si les règles de conflit le désignent. comme le code de commerce - il prévoit la réduction d’un tiers de l’indemnité face à un ordre in-
ne dit pas grand-chose, l’on en revient très souvent aux contrats justifié de destruction ou une interdiction de vendre des marchan-
types. exemple tout simple : en international, qui est l’auteur du dises encore consommables ;
chargement ? - il envisage le sort du prix en cas d’incidents de transport ;
- pour les fonds et les véhicules roulants, le cas où le transporteur
 Quelles sont leurs limites ? livre en l’absence du destinataire (ce qui est ennuyeux : pour le voi-
outre la volonté des parties, qui les écarte, ils ne peuvent aller à l’en- turier car le contrat de transport finit avec la livraison qui nécessite
contre de la loi et stipuler, par exemple : une décharge impossible à donner et pour le destinataire qui ne
- que le transporteur peut s’exonérer d’avance pour les pertes et peut faire la preuve des manquants à la livraison… puisqu’il est
avaries (interdit par l’article 133-1 alinéa 3 du code de commerce) ; absent !).
- qu’en cas de dommage, la protestation est à envoyer au voiturier NB : le principal apport est la stipulation d’un préavis en cas de
dans les 5 jours (ce qui est contraire à l’article 133-3 du code de com- rupture car il sert d’usage selon l’article L. 442-6 I 5°) du code de
merce impartissant 3 jours) ; commerce.
- écarter l’action directe en paiement du voiturier (L. 132-8) ou la
faute inexcusable (L. 133-8). Ils ne sauraient, bien entendu, aller à  Combien existe-t-il de contrats types ?
l’encontre d’autres textes impératifs (délais de paiement selon l’article Il y a, d’abord, un « général » (applicable au transport de marchandises
L. 441-6 du code de commerce, mécanisme gazole – c. transp., art. banales) couvrant les envois de plus et moins de 3 t. Viennent ensuite
L. 3322-1 et 2 – prix abusivement bas, etc.). les contrats propres aux spécialités : citernes, objets indivisibles,
denrées périssables sous température dirigée, véhicules roulants,
 Quels sont leurs principaux avantages ? animaux vivants, fonds et valeurs, location. s’y ajoutent les contrats
d’abord, ils ont tous le même « squelette », ce qui uniformise le sys- « sous-traitance » et commission.
tème. ensuite, on y trouve l’essentiel, à savoir : NB : ne pas oublier que le fluvial possède aussi ses contrats types
- des définitions (donneur d’ordre, envoi, colis, etc.) que la loi ne (quatre avec un contrat type sous-traitance »). en revanche, le fer-
prévoit pas. or, mieux vaut avoir une notion « actée » par décret roviaire en est, pour l’instant, dépourvu (élaboré, le texte s’est heurté
qu’une définition jurisprudentielle susceptible de varier… ; au veto de la sncf et de l’utp lors du vote au cnt). de même, la
- un listage des obligations minima du donneur d’ordre (le commis- tentative d’introduction d’un contrat type déménagement a avorté
sionnaire, l’expéditeur ou un mandataire) quant aux informations même si la loi violence routière a fait entrer l’activité dans le transport
à donner au transporteur ; avec possibilité d’un ct. on oublie aussi souvent l’existence d’un
- une répartition des rôles au chargement/déchargement (qui fait contrat type voyageurs voué au transport par autocars.
quoi ?) ;
- des dispositions propres aux temps d’attente et à la rémunération ☞ Il faut prendre garde à ne pas multiplier les spécialités (l’exemple
de l’immobilisation ; le plus absurde serait un contrat type « transport de pitbulls »,

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Bulletin des Transports et de la Logistique - N° 3639 - 10 avril 2017
variante du contrat « animaux vivants » !) par crainte de télescopage  Les contrats types peuvent-ils faire référence ou copier une
des champs d’application, ce qui poserait aussi des problèmes d’as- convention internationale ?
surance (une citerne contenant du lait relèverait-elle de la police absolument, dans la mesure où les morceaux choisis ne vont pas à
température dirigée ou du contrat citerne ?). l’encontre de textes nationaux d’ordre public (en trm, les articles
L. 133-1 et L. 133-3 du code de commerce). ainsi, s’il était question de
 Est-on obligé d’insérer des dispositions réglementaires ? « perfuser » la cmr lors de la révision des ct, on aurait pu s’aligner
non, au contraire ! Il s’agit d’un contrat, c’est-à-dire de la volonté sur ses limitations d’indemnités, adopter la présomption de perte
des parties. qu’elle institue (ce qui a, d’ailleurs, été fait) mais aucunement prévoir
si l’on ne doit pas rédiger des clauses contraires à la loi ou à la ré- qu’en cas de dommage non apparent, la protestation à envoyer in-
glementation, l’on ne saurait, à l’inverse, les recopier dans le contrat terviendrait dans les 7 jours (comme l’envisage la convention de Ge-
type qui… est supplétif. nève pour les réserves). ●

Commentaires (ajouts et modifications)


terme induisait une double acception (physique et juridique) mais,
Article 2 afin d’éviter toute confusion, il a été précisé avec l’adverbe « juridi-
(définitions) quement ». elles interviennent quand le transporteur, en amont,
ou le destinataire, en aval, a pu prendre possession matérielle de
 Article 2-1. Colis ou unité de chargement (précision) l’envoi et l’accepter en visant le document de transport avec ou
- Les précédentes versions traitaient du colis largo sensu, le conteneur sans réserves.
s’entendant du simple cubitainer et non des gros contenants ma-
ritimes ou aériens. afin d’éviter toute équivoque, il a été précisé  Articles 2-12. « Points de proximité »
« hors UTI », celles-ci ayant leur propre définition. Il s’agit des « points relais » mais la marque ayant été déposée, cette
- outre de nouvelles formes de supports, (cage, cantine, enveloppe, expression a été préférée et vise les commerces effectuant des pres-
paquet sac), on note le maintien de la palette qui constitue un colis tations de mise à disposition de colis. La définition sert uniquement
si elle est a été cerclée ou filmée par le donneur d’ordre. Quand elle pour la détermination du lieu de déchargement (au seuil du magasin
ne l’est pas, il y a autant de colis qu’elle en contient, d’où des limites comme pour les commerces sur rue). Il était difficile d’aller plus loin
d’indemnité applicables à chaque « paquet » perdu ou avarié. La et de qualifier le contrat, compte-tenu de la variété des pratiques
phrase a été conservée bien que l’attention ait été attirée sur ses des donneurs d’ordre et du fait que les destinataires sont souvent
conséquences. des consommateurs, d’où une certaine prudence afin de ne pas
heurter Bercy.
 Article 2.2. Destinataire (ajout)
- c’est la partie, désignée par le donneur d’ordre ou son représentant,  Article 2.15. Souffrance de la marchandise
à qui la livraison est faite. La référence à celui qui apparaît comme petit pas en avant par rapport à la version initiale, le décret de 1999
tel n’a pas recueilli l’accord du groupe. avait réglé l’hypothèse où ni l’expéditeur (donneur d’ordre) ni le des-
- on peut s’étonner de l’utilité de l’expression « le destinataire est partie tinataire ne voulaient de l’envoi. Il était alors considéré comme laissé
au contrat de transport dès sa formation » qui reprend l’article L. 132- à disposition du transporteur par le donneur d’ordre moyennant
8 du code de commerce. cette phrase, qui assied la position du doyen paiement de l’indemnité pour perte totale. toutefois le texte ne
rodière (un contrat de transport est à trois car le principal bénéficiaire tenait pas compte d’une autre situation : celle où, malgré ses de-
est le destinataire), a pour but d’éclairer les juridictions et de conforter mandes, le transporteur se heurtait au silence du donneur d’ordre
la loi. Il avait été question d’ajouter « ce qui rend opposable l’ensemble et du destinataire qui se désintéressaient de l’envoi. cette définition
de ses clauses » afin de parachever son esprit. du reste, la cour de cas- posée, le contrat type indique la procédure à suivre pour traiter les
sation l’avait admis, sauf pour les clauses attributives de compétence, « souffrances » (article 17-3).
déclarées inopposables au destinataire « son consentement ne s’éten-
dant pas jusque-là ». Il s’agissait de mettre fin à une jurisprudence  Article 2-16. Unité de transport Intermodal (UTI)
d’inspiration maritime qui aurait pu finir par vider le texte de sa subs- depuis longtemps, les transporteurs de conteneurs souhaitaient
tance mais l’idée s’est finalement heurtée à une fin de non-recevoir. un contrat type dédié. Les versions émanant des professionnels re-
de ce fait, l’ajout ne présente plus guère d’intérêt, hormis celui de prenant le contrat type général, hormis sur quelques points (im-
renforcer l’article L. 132-8 du code de commerce. mobilisation et réparation des dommages au support), elles ont
été introduites dans le « général ». La définition de l’utI retenue
 Articles 2-3 à 2-11 : sans changement. est celle de la CIM (article 3 d) déjà employée dans le contrat type
ferroviaire : conteneurs maritimes, caisses mobiles, semi-remorques
 Articles 2.9 (livraison) et 2.13 (prise en charge). ou autres unités de chargement similaires utilisées en transport
La version de 1999 les définissait comme la remise physique de la intermodal.
marchandise au transporteur ou au destinataire qui l’acceptait. ce NB : leur poids ne fait pas partie de l’envoi. 

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InformatIons dossier Contrat type général

 Article 3  Article 6-6 (sort des supports de charges)


▶ Bien que le contentieux soit en décrue, la collecte des palettes
(informations à fournir)
agitait la profession, à telle enseigne qu’elle figurait dans le défunt
 Article 3-1 (alinéa 7) : il faudra désormais mentionner « la nature « socle minimum obligatoire ». outre la question de la responsabilité,
très exacte de la marchandise ». L’on vise bien sûr les sensibles (dont se posait celle de la rémunération de la prestation.
il est expressément question à l’alinéa 10) mais aussi la composition ▶ depuis l’origine, il était écrit que, dans le cadre du contrat de
exacte de l’envoi : le transporteur ne prend pas les mêmes précautions transport, il n’y a ni consignation, ni location, ni fourniture, ni « re-
pour des verres en cristal ou en pyrex…. prise », ni retour des supports. ces opérations avaient été
déconnectées du contrat de transport sans que leur nature ne soit
 Article 3.4 : l’on ne dit pas qui établit la lettre de voiture mais précisée (location, dépôt, prestation de service alias contrat d’en-
comme le document est élaboré en fonction des indications données, treprise ?). La nouvelle version n’est guère plus éloquente sauf sur
il s’agit du transporteur. un point : quelle que soit leur couleur juridique, elles sont soumises
à la prescription annale de l’article L. 133-6 du Code de commerce
 Article 3-6 : la clause précise que seuls les documents ayant trait (c’est une des raisons pour lesquelles le contrat type lui consacre
au transport (à l’exclusion de ceux relatifs à la vente ou autre) sont un article).
opposables au transporteur, sauf s’ils ont été portés à sa connais- ▶ L’autre apport, destiné à satisfaire les transporteurs, est d’en faire
sance. s’il allait de soi en vertu de la relativité des conventions, le des prestations annexes spécifiquement rémunérées.
principe n’avait jamais été acté bien qu’il ait pu susciter des difficultés.
La clause, qui avait été suggérée lors de la révision de 1999, n’avait Commentaire :
pas reçu l’aval du groupe. désormais, la règle est ancrée et figure, Le texte signifie :
du reste, dans le contrat type commission. a) que la collecte et autres, etc., sortent du contrat de transport pour
être régie par leur propre convention (louage, contrat d’entreprise,
Article 5 dépôt) ;
Matériel de transport /Responsabilité du donneur b) que, néanmoins, la prescription est annale (c’est bien quand on
d’ordre ou du destinataire pour les dommages veut échapper à sa responsabilité, moins lorsque l’on souhaite se
au véhicule faire payer)…
c) mais que toute instruction contraire constitue une prestation an-
L’article est parti d’un arrêt de la cour de cassation qui, à propos de nexe la ramenant dans le giron transport ! Les professionnels ont
dommages causés au véhicule du transporteur par des blocs de pensé à la rémunération mais pas à la présomption de responsabilité
granit chargés par un « expéditeur » chinois, avait infligé au bien que ce point ait été dûment rappelé.
commissionnaire de transport une présomption de responsabilité. - Bien entendu, le transport retour des supports demeure un contrat
La solution semblant trop abrupte, le contrat type a consacré un de transport distinct (clause inchangée depuis 1986).
article aux dégâts occasionnés au véhicule par les marchandises,
leur emballage ou les opérations de chargement et, inversement,  Article 6-5 : rappel que le poids des utI n’est pas compris dans
lors du déchargement opéré par le destinataire. toutefois, il n’y a l’envoi.
pas présomption mais responsabilité pour faute prouvée.
Article 7
Article 6 Chargement
Conditionnement, emballage, étiquetage et
I.- Principe.
vérification de l’état de la marchandise
L’article a donné lieu à des discussions très houleuses. en effet, depuis
 Article 6-3 1986, la question de l’arrimage et du sanglage est sensible, le trans-
Les précédentes versions ne traitaient que de l’emballage, du condi- porteur ayant coutume d’y procéder spontanément. si l’on ne voulait
tionnement et de l’étiquetage. La vérification de la marchandise a été pas bousculer les rôles au chargement ou tout faire peser sur le
introduite pour la raison suivante : le transporteur est parfois dans l’im- transporteur, il fallait trouver une solution. réfutant l’idée que le
possibilité de contrôler l’état de l’envoi (palette filmée en noir par donneur d’ordre devait se limiter au strict chargement (poser l’envoi
exemple) et, à défaut de réserves, supporte l’éventuel dommage (man- sur le plateau), les professionnels ont gardé l’actuelle version en y
quants et avaries). Afin de remédier à cette situation, le contrat type ajoutant le sanglage qui participe de l‘arrimage. du reste, il figure
lui accorde la faculté d’émettre des réserves de « défiance » à l’image déjà dans les opérations de transport visées par le contrat type lo-
de l’article 8 de la CMR. s’il n’a pas les moyens raisonnables de procéder cation.
au contrôle, il formule des réserves précises et motivées sur le document
(style : je n’ai pu contrôler le nombre de colis car la palette était filmée II.- Ce qui est nouveau
ou l’envoi conteneurisé ou plombé). Bémol : comme en cmr, elles n’en-  Préliminaire. À la demande du donneur d’ordre, le transporteur
gagent le donneur d’ordre que s’il les a expressément acceptées. si tel fournit des sangles en nombre suffisant, en bon état, et adaptées
n’est pas le cas, le transporteur est en droit de refuser la prise en charge. à la nature de la marchandise décrite. Il appartient donc au donneur
L’utilité de la clause peut laisser sceptique (quel transporteur oserait d’ordre de dire combien il veut de sangles pour tel type de bien. en
émettre des réserves et, pis, refuser l’enlèvement !) mais elle a le cas d’insuffisance du nombre des courroies, la responsabilité lui re-
mérite d’exister. vient s’il n’a pas satisfait à son obligation de renseignement.

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Bulletin des Transports et de la Logistique - N° 3639 - 10 avril 2017
NB : la fourniture des cales (qui coûtent paraît-il cher) et sangles Article 9
constitue une prestation annexe à rémunérer (art. 18-2). Livraison
 Article 7-1-1 b). À côté des commerces sur rues, apparaissent les  La philosophie reste la même avec quelques modifications. Il est,
points-relais, la livraison s’effectuant au seuil du magasin. compte par exemple, précisé qu’elle intervient entre les mains du destinataire
tenu du développement de ce système, il a paru opportun au groupe désigné par le donneur d’ordre, ou du représentant du destinataire
de travail d’en faire état. toutefois, il s’est avéré difficile d’aller plus (l’ancienne version indiquait qu’ « elle était effectuée entre les mains
loin – notamment pour éclaircir la nature du contrat les liant aux de la personne désignée comme destinataire sur le document de trans-
transporteurs ou chargeurs faisant appel à leurs services et la qua- port ou de son représentant »). cette formulation a suscité beaucoup
lification de leurs rapports avec les destinataires (simple dépôt ou de débats notamment quant à la notion de « représentant » : il ne
partie au contrat de transport ?). en effet, les professionnels ont ex- s’agit, bien sûr, pas du représentant légal mais elle manque de pré-
pliqué que les pratiques étaient très disparates, ce qui rendait malaisée cision. mieux aurait valu ajouter le « préposé apparent » (cas des re-
une définition unique. par ailleurs, les destinataires étant souvent mises sur chantier, à la personne se trouvant sur les lieux au moment
des consommateurs, planait la crainte d’une intervention de Bercy… de l’arrivée du véhicule ou encore à l’hôtesse qui va émarger le
document bien qu’elle ne soit pas le destinataire et ne possède
 Article 7-2.1 (alinéa 5). depuis 1986, le contrat type stipulait que aucun mandat !) voire évoquer le « représentant apparent » : sinon,
le transporteur était exonéré de sa responsabilité s’il établissait que comment le transporteur peut-il savoir qui est « représentant » visé ?
la perte ou l’avarie provenait d’une défectuosité apparente du char- par ailleurs, la désignation du destinataire par le donneur d’ordre,
gement (calage et arrimage inclus) s’il avait émis des réserves visées si elle peut sembler anodine, risque de s’avérer source de litiges à
par le donneur d’ordre, ce qui en pratique ne se produit jamais (1). deux points de vue : 1) quid s’il mentionne simplement un lieu de
La dernière mouture reprend ce passage mais comporte un ajout chargement ? ; 2) la nouvelle formulation est-elle de nature à remettre
important : quand le donneur d’ordre a procédé au chargement, le en cause la jurisprudence plateformes ? Le risque est minime mais
transporteur est également libéré s’il établit qu’il n’a pu « procéder existe (notamment dans le cas d’une action directe).
aux vérifications d’usage en raison de contraintes imposées sur le site
par l’expéditeur ». Les rédacteurs ont voulu régler le cas où le chauffeur  Le second alinéa stipulait que le destinataire devait porter des
est écarté du lieu de chargement ce qui rend impossible tout contrôle. réserves motivées, leur absence ne l’empêcherait pas de rechercher
Bien entendu, il faudra le prouver et le texte est restrictif (notion de la responsabilité du transporteur « dans les conditions du droit
« contraintes ») mais il peut le faire par tous moyens : disques, appel commun ». L’article 9.1 reprend la faculté de formuler des réserves
du chauffeur à son patron pour les plus courageux, mention sur le (en ajoutant « précises » à motivées, ce qui est la reprise de la juris-
document de transport, libellé éventuel d’une clause de confiden- prudence). À défaut ou quand le transporteur les conteste, le des-
tialité interdisant au personnel du transporteur d’accéder aux locaux tinataire peut toujours invoquer une « perte ou avarie dans les délais
etc. cette fois, l’ajout ne vient pas de la cmr qui ne traite pas du légaux » (expression vague qui peut seulement viser la prescription).
chargement mais les donneurs d’ordre ont reconnu que la pratique censé avoir reçu une marchandise en bon état de qualité et quantité,
était fréquente. Il reviendra aux transporteurs d’apprécier s’ils usent le réceptionnaire pourra la combattre en rapportant une double
ou non de cette porte de sortie. preuve : l’existence du dommage ou du manquant lors de la livraison
ET SON IMPUTABILITE au transport comme en disposent certaines
 Article 7-2-3. dès l’origine, il était écrit que les préposés du donneur conventions (telle la cIm).
d’ordre ou du destinataire qui prêtaient la main au chargement/dé-
chargement des envois de moins de 3 t agissaient pour le compte Attention ! Les réserves ont deux fonctions : faire preuve du dommage
et sous la responsabilité du transporteur. en revanche, rien n’était à la livraison (dont il est question ici) et pallier l’absence d’envoi de
dit quand le transporteur ou le chauffeur aidait au chargement/dé- la protestation motivée dans les 3 jours suivant la réception sous
chargement des envois de 3 t et plus : l’article 7, alinéa 2, qui se peine de forclusion (c. com., art. L. 133-3). Que l’on ne s’y méprenne
bornait à énoncer que la responsabilité des dommages matériels pas : la preuve a posteriori de l’existence du dommage et de son im-
occasionnés par ces opérations revenait à leurs exécutants, était putabilité au transport n’efface pas la déchéance à défaut de formalité
donc insuffisant. désormais, il y a un parallélisme total qui évite dans les délais.
de passer par les prestations annexes et la préposition occasionnelle :
le voiturier qui participe au chargement est censé agir pour le compte  Preuve de la livraison : l’article 9.1 mentionne la signature du
et sous la responsabilité du donneur d’ordre ou du destinataire. destinataire sur le document de transport, en précisant qu’un exem-
plaire lui est laissé (l’article 3.4 le dit déjà). Les indications existantes
Article 8 perdurent, notamment le « cachet commercial » dont l’absence a
Bâchage/débâchage souvent été fatale au transporteur. Quand il n’y en a pas ou s’il est
impossible de l’apposer (par exemple sur boîtier) l’alternative est
 Alinéa 2 : puisque nous avons introduit les d’utI et que se posait la « tout autre moyen incontestable d’identification ». Imprécise, l’ex-
question de l’auteur du bâchage/débâchage des « open tops », nous pression laisse place à l’ensemble des modes de preuve.
l’avons résolue : selon le cas, ces opérations reviennent au chargeur ou
au destinataire. en effet, les conteneurs sont souvent la propriété du  Cas des émargés (article 9.3): les transporteurs se plaignent ré-
donneur d’ordre ou sont mis à sa disposition pour empotage, ce qui gulièrement d’attendre qu’on veuille bien leur remettre la lettre de
justifie qu’il s’occupe de leur protection (confirmation par la pratique). voiture ou le bon de livraison émargés. de guerre lasse, certains fi- 

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Bulletin des Transports et de la Logistique - N° 3639 - 10 avril 2017
InformatIons dossier Contrat type général

 nissent par repartir sans, se privant ainsi de preuve de la remise. Les Article 14
documents parviendront plus tard (ou pas du tout) parfois assortis Défaillance du transporteur au chargement
de réserves non contradictoires. c’est à cette pratique que le contrat (ne se présente pas du tout)
type a entendu mettre fin. Quand les documents ne sont pas remis
au transporteur avant son départ, il y a présomption simple de li- ▶ La version de 1999 ne prévoyait pas de sanction financière contre
vraison conforme, à condition que le voiturier confirme, par recom- le transporteur, le donneur d’ordre pouvant seulement chercher un
mandé adressé le premier jour suivant (avant midi), que la remise remplaçant dans certaines conditions. L’actuelle mouture sépare le
est bien intervenue à telle date. retard de la défaillance : dans le premier cas, les choses restent en
▶ cette clause a suscité moult discussions : la présomption simple l’état ; dans le second, le voiturier doit, en cas de préjudice prouvé,
suffisait (pouvant tomber par tous moyens, elle ne heurtait pas l’ar- verser une indemnité ne pouvant excéder le prix de transport.
ticle L. 133-1 du code de commerce) et il était normal que les chargeurs ▶ c’est le pendant de la sanction prévue à la charge du donneur
aient voulu se border en ajoutant des conditions. toutefois, l’arti- d’ordre et un quasi-retour au contrat type dit « messagerie » où le
culation n’est pas évidente car on mêle la preuve de la livraison et transporteur devait verser une indemnité n’excédant pas 10 % du
celle du dommage que le destinataire peut établir par tous moyens prix.
(expertise judiciaire par exemple).
Article 15
Illustration du texte : Annulation (nouveau)
▶ X va livrer le lundi 6 à 15h. À la fin de la période impartie pour le
déchargement, impossible de récupérer le bon de livraison signé ▶ Les contrats types envisageaient le retard et la défaillance du don-
qui constitue la décharge : le « représentant » est occupé ou ab- neur d’ordre mais non le report ou l’annulation du transport. un
sent… ne pouvant obérer le planning des livraisons suivantes, X repart seul les avait pris en compte : le c.t. objets indivisibles. selon la ca-
sans les documents. tégorie du convoi et le respect du délai de prévenance accordé, l’in-
▶ comme l’absence de remise est imputable au destinataire, on demnité est égale à 1/3 du prix.
présume que la marchandise a bien été livrée et en bon état. Sous ▶ À son image, le contrat type général a ajouté à la défaillance l’an-
une condition : il faudra que le 7, à midi au plus tard, le transporteur nulation pure et simple du transport par l’une ou l’autre des parties.
adresse un recommandé « confirmant » que la livraison est intervenue Annoncée moins de 24h avant le jour ou l’heure convenu, elle entraîne
le 6. en clair, on lui demande de se constituer un titre à lui-même la réparation du préjudice (prouvé bien sûr) dans la limite du prix
qui le dédouanera sauf si le client prouve l’existence du dommage de transport.
lors de la livraison et son imputabilité au transport ! Il aurait pu y
avoir des solutions plus simples (une « clause pénale » à défaut de Article 17
restitution des émargés, d’autant que l’article 11 prévoit que les Empêchement à la livraison
temps de mise à disposition prennent fin avec leur remise au trans-
porteur) mais vox populi, vox dei…  complexe, l’article 16 distinguait envois de détail et de 3 t ou
plus. désormais, les deux sont traités ensemble. on garde les cir-
Article 11 constances susceptibles de motiver l’empêchement, l’avis de passage
Immobilisation ou l’avis d’arrivée.
dans ce paragraphe, disparaît, l’avis de souffrance et la faculté de
L’ancienne rédaction était quelque peu migraineuse. décharger pour compte qui figurait pour le « lot ». La simplification
 La nouvelle mouture a gardé la durée des temps d’attente. si, s’explique par le fait que le donneur d’ordre doit indiquer la marche
pour les envois de 3 t et plus, elle a ajouté à la plage horaire un retard à suivre en cas d’empêchement (article 3), le transporteur étant
de 30’ maxi quand il y a rendez-vous, elle n’a fait que réintroduire tenu, de son côté, de demander des instructions.
plus clairement le passage relatif au retard.
 Les modalités de suspension sont également simplifiées : en cas de  en revanche, le contrat type consacre un nouveau paragraphe
rV ou plage horaire non respectés, les durées de mise à disposition sont (7-3) au traitement des marchandises en souffrance (quand personne
reportées à l’heure d’ouverture le premier jour ouvrable suivant. Il n’est ne donne signe de vie).
plus fait mention de l’incidence de cette prolongation sur la bonne La procédure à suivre est à trois étages
conservation des marchandises (la responsabilité d’éventuelles avaries - envoi d’un avis de souffrance au donneur d’ordre dans les 5 jours ;
retombera sur le transporteur dont le retard a généré la suspension). - à défaut d’instruction, mise en demeure de prendre possession ;
 Nouveauté : si le chargement n’a pas commencé à l’expiration - absence de réponse dans les 15 jours = résiliation de plein droit du
des temps d’attente, le transporteur peut refuser la prise en charge contrat, la marchandise étant considérée comme abandonnée au
sans devoir d’indemnité. c’est la consécration du droit au refus en transporteur = droit d’en disposer (vente de gré à gré, destruction).
cas d’immobilisation excessive. Bien entendu, le texte n’évoque que cette fois, il s’agit sans ambiguïté de transfert de propriété de la mar-
le chargement. on voit mal le transporteur repartir quand son vé- chandise qui n’apparaissait pas clairement dans le laissé pour compte.
hicule est plein… Commentaire :
 autre apport : s’il n’est pas fait spécialement mention de temps Le problème fréquent des frais de destruction n’est pas réglé pour
pour les utI, elles ne sont pas oubliées (quand, naturellement, elles autant, la solution d’un membre du groupe (ancien messager), à
se présentent sur châssis) et suivent les durées fixées pour les envois savoir la réexpédition d’office au donneur d’ordre qui n’en veut pas,
égaux ou supérieurs à 3 t. ayant été rejetée.

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Article 18 montant de la réparation :
Rémunération 2 875 € pour le conteneur + pour les 50 « paquets » de 500 kg
(25 000 kg) un double calcul au poids et au colis :
▶ Introduction du coût de la fourniture des cales et sangles dans - 50 x 500 kg =25 000 kg x 33€ = 825 000 € + 2875 € de support,
les prestations annexes à rémunérer. soit = 827 875 € en tout
▶ clause de renégociation (y compris en cas de modification des vo- - 50 colis x 1000 € = 50 000 + 2875 € de conteneur = 52 875 au total,
lumes). en revanche, le dispositif anti clauses « tunnel », dont la mise somme qui sera payée.
en place avait été demandée, a été écarté car trop complexe et allant NB : Les assureurs rc seront bien inspirés de déroger car on arrive
au rebours des articles L. 3222-1 et L. 3222-2 du code des transports. au système inverse du « petit conteneur» : pour celui-ci, peu importe
le nombre de paquets contenus, alors qu’en excluant les utI de la
Article 19 notion de support de charge, on est obligé de tout compter comme
en maritime !
Modalités de paiement
Sanction du retard de paiement = 5 fois le taux légal + les 40 € d’in- Exemple (2)
demnité forfaitaire de recouvrement (comme dans les ct location Le conteneur de 4t renferme une machine-outil de 3 t. Le support
et commission). et 1 tonne de marchandise sont totalement endommagés. Le pré-
judice total se monte à 30 000 €.
Article 22 Montant de la réparation
Indemnisation pour pertes - 2875 € pour le conteneur + pour la machine :
et avaries/déclaration de valeur - Limite au kilo : 1000 kg x 20 = 20000 €
- Limite au tonnage : 3 t x 3200 € = 9600 €. en ajoutant les 2875 €
- LIMITES : c’est 12 475 € qu’il faudra payer en tout.
 Envois égaux ou supérieurs à 3 t = 20 € par kg, 3200 € pour le NB : les utI ne faisant pas partie intégrante de l’envoi, leur poids
tonnage transporté ; n’est pas inclus dans le poids brut déclaré de l’envoi.

 Envois inférieurs à 3 t = 33 € par kg, 1000 € au colis. Article 23 (nouveau)


- rappelons que les plafonds actuels sont, pour les 3 t ou plus de
Dommages aux biens de l’expéditeur
14 € par kilo et 2300 € pour l’ensemble du tonnage transporté, la ou du destinataire
plus faible des sommes étant retenue ; s’agissant des envois de
détail, ils s’établissaient à 23 € par kilo et 750 € au colis. pendant de la responsabilité pour faute prouvée du donneur d’ordre
- ce bond s’explique par deux raisons : en cas de dégâts au véhicule, l’on trouve le même système pour les
1) l’inflation ; dommages matériels directs que le transporteur occasionne aux
2) l’absence de prise en compte de l’euro en 1999… biens de l’expéditeur ou du destinataire lors de l’exécution du contrat
Le mécanisme reste le même et la réduction du tiers demeure (l’ajout (par exemple, clôture défoncée).
du dol et de la faute inexcusable allant de soi).
Article 24
Exemple (1) Délais d’acheminement/retard
- sur 5 t, 2 t sont perdues, le dommage se chiffrant à 50 000 €.
- Limite au kilo : 2000 kg x 20 € = 40 000 € ▶ Le délai de livraison a été un peu modifié (un jour pour les agglo-
- Limite au tonnage : 5 t x 3200 € = 16 000 € (somme qui sera retenue) mérations de 10 000 habitants et plus – au lieu de 5000) et de 2 pour
les autres (sauf pour les envois égaux ou supérieurs à 3 t).
Exemple (2) ▶ La limite d’indemnité au prix de transport demeure, l’inobservation
3 colis pesant chacun 500 kg sont volés, le préjudice se montant à des délais même garantis étant sans incidence. Le contrat type a été
60 000 € revu avant la parution de l’ordonnance du 10 février 2016 qui ancre
- Limite au kilo : 500 kg x 33 € = 16 500 € dans le code civil la notion d’obligation essentielle en citant l’affaire
- Limite au colis : 3 x 1000 € = 3000 € (somme qui sera versée). chronopost. Il faut donc se garder d’abuser de ce genre de clause.
Bien entendu, ces plafonds sont balayés par la faute inexcusable NB : quand le retard génère des avaries les indemnités se cumulent
ou la déclaration de valeur. toujours.
Attention : sa validité est désormais subordonnée au paiement du
prix convenu. Idem pour la DISL en cas de retard. Article 25
Prescription
 UTI (vide) = 2875 € maxi (il n’est pas question de poids). s’y ajoute,
quand elle est pleine, l’indemnité pour avaries ou pertes figurant  Les contrats types ne contenaient pas de dispositions relatives
ci-dessus. à la prescription, l’article L. 133-6 du code de commerce et ses points
de départ (jour de l’offre, de la livraison ou celui où elle aurait dû in-
Exemple (1) tervenir en cas de perte totale) y pourvoyant.
soit un conteneur de 2 t renfermant 50 colis, l’ensemble représentant  La clause relative à la prescription n’a fait son apparition qu’avec
60 000 €. À la suite d’un renversement, le tout est endommagé. le contrat type commission (en raison, d’une part, de ses prestations 

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InformatIons dossier Contrat type général

 accessoires et, d’autre part, de son éventuelle application à l’inter- ▶ selon la formule classique, pendant ce délai de prévenance, les parties
national). Le contrat type location a emboîté le pas et le général, maintiennent l’économie du contrat (on ne diminue pas le nombre de
ainsi que ses frères, suivront. L’explication est simple : d’abord, les tournée, le volume des prestations, on fait comme si de rien n’était).
contrats relatifs à la collecte des palettes, hors du contrat de transport, sont aussi conservés les passages concernant : 1) les manquements
seraient soumis à une prescription probablement quinquennale, répétés malgré un avertissement (mot malheureux qui sent le social)
selon la qualification qu’on leur donnerait ; ensuite, conformément par Lrar permettant de mettre fin au contrat (à durée déterminée ou
à la jurisprudence qui fait entrer dans l’article L. 133-6 du code de com- non) par recommandé et 2) les manquements graves (procéder de la
merce les dommages aux installations du destinataire, il fallait bien même façon) qui justifient la rupture sans préavis ni indemnité.
inclure ces cas ainsi que les dommages au véhicule du transporteur. ▶ trois mois, c’est peut-être un peu court. en revanche, doubler le
préavis a deux conséquences néfastes ;
Article 26 1) rompre l’uniformité entre les différents contrats types et notam-
ment au détriment des commissionnaires : leurs commettants pour-
Durée du contrat et préavis
ront les remercier en leur accordant 3 mois maximum alors que, si
en 2001, le contrat type sous-traitance a été le premier à envisager le donneur d’ordre est commissionnaire, il devra leur laisser 6 mois
la rupture du contrat et à laisser au transporteur un répit pour se au transporteur ! même décalage dans les relations chargeurs/com-
retourner, décliné selon la durée de la relation, sauf manquements missionnaires et chargeurs/donneurs d’ordre.
graves ou répétés. fixé à 1 mois quand la collaboration allait jusqu’à 2) de ce fait, le préavis perd un peu de sa valeur d’usage. a-t-on voulu
6 mois, puis à 2 mois de 6 mois à 1 an et plafonnant à 3 mois au- ainsi l’éradiquer au profit du droit commun ?
delà, il sert d’usage selon l’article L. 442-6 5 5°) du code de commerce. 3) Le calcul s’avère extrêmement compliqué. mieux vaut se munit
ce préavis ayant été dupliqué dans les contrats types commission d’un calendrier et conserver les anciens !
et location, on pouvait s’attendre à ce qu’il soit repris – à l’identique
– dans le « général révisé ». or, si l’idée a été conservée, la durée a  Gage conventionnel : il a été évoqué. refusé lors du contrat type
été doublée sur demande des transporteurs. commission, il subit le même sort.
Préavis
- relations de 6 mois maxi = 1 mois ; Conclusion : ce qui fait défaut
- de 6 mois à 1 an = 2 mois ; - L’absence de traitement des livraisons de nuit ou en sas ;
- d’1 an à 3 ans : 3 mois ; - Idem pour l’émargement sur boîtier ;
- au-delà : 4 mois + une semaine par année complète de relations - Le mutisme quand le chauffeur intervient spontanément au char-
sans dépasser 6 mois. gement/déchargement. ●

En résumé / À retenir
ce qui ne change pas ▶ la souffrance de la marchandise = cas où personne n’en veut.
▶ les UTI pour économiser un CT conteneurs : conteneurs maritimes,
- le conditionnement/emballage ; caisses mobiles ou toute autre unité de chargement similaire utilisée
- les rôles au chargement/déchargement ; en multimodal. Il n’y est fait référence que pour l’immobilisation et
- le maintien du droit au prix sous réserve de payer l’indemnité affé- l’indemnisation.
rente à l’avarie ou à la perte ;
- la modification du contrat ; Article 3
- l’empêchement au transport/livraison. Inopposabilité des mentions figurant sur les documents étrangers
- la réduction du tiers de l’indemnité en cas d’ordre injustifié de des- au transport.
truction ou d’interdiction de sauvetage.
La réserve tenant au dol ou la faute qualifiée allait de soi. Article 5
Responsabilité pour faute prouvée du donneur d’ordre ou du des-
ce qui change tinataire pour les dommages au véhicule.

Article 2 : 4 définitions de plus Article 6 : emballage


▶ le destinataire : partie, désignée par le do ou son représentant, ▶ Introduction de réserves de défiance, style cmr. toutefois, elles n’en-
à qui la livraison est faite avec rappel qu’il est partie d’emblée au gagent le donneur d’ordre que s’il les a expressément acceptées sur le
contrat de transport. document. À défaut, le transporteur peut refuser la prise en charge ;
▶ les « points de proximité » (points relais) : commerce effectuant ▶ rappel que, dans le cadre du contrat de transport, il n’y a ni consi-
des prestations de mise à disposition de colis. elle sert pour la dé- gnation, ni location, ni fourniture, ni « reprise », ni retour de support.
termination du lieu de déchargement (au seuil du magasin comme toute instruction contraire est constitutive d’une prestation annexe
pour les commerces sur rue). spécifiquement rémunérée. La prescription reste annale.

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Bulletin des Transports et de la Logistique - N° 3639 - 10 avril 2017
Article 7 : chargement Article 18 : rémunération
- apparition du sanglage. - Introduction du coût de la fourniture des cales et sangles dans les
- Introduction d’une cause supplémentaire d’exonération sous une prestations annexes à rémunérer.
double preuve : perte ou avarie résultant du chargement effectué - clause de renégociation (y compris en cas de modification des volumes).
par le donneur d’ordre quand le transporteur n’a pu procéder aux
vérifications en raison de contraintes imposées sur le site de l’ex- Article 19 : modalités de paiement
péditeur (éloignement volontaire du chauffeur, etc.). - retard de paiement = intérêts égaux à 5 fois le taux légal + les 40 €
- enfin, par réciprocité, les préposés du donneur d’ordre ou du destinataire d’indemnité forfaitaire de recouvrement (comme dans les ct location
qui « donnent la main » agissent pour leur compte et sous leur respon- et commission).
sabilité. La situation n’était évoquée que pour les envois de moins de 3 t.
Article 22 : indemnisation pour perte/DV
Article 9 : livraison - Limites :
Traitement des émargés : quand les documents ne sont pas remis a) envois égaux ou supérieurs à 3 t : 20 € par kg, 3200 € pour le ton-
au transporteur avant son départ, il y a présomption simple de li- nage transporté ;
vraison conforme à condition qu’une confirmation de la remise soit b) envois inférieurs à 3 t : 33 € par kg, 1000 € au colis.
expédiée au plus tard le premier jour ouvrable suivant avant midi.
NB : la validité de la DV est subordonnée au paiement du prix
Article 11 : immobilisation convenu.. Idem pour la DISL en cas de retard.
Introduction du cas des utI et simplification. La réduction d’un tiers demeure. Il est précisé qu’elle ne s’applique
pas en cas de dol ou faute inexcusable. la chose allait de soi. en re-
Article 14 : distinction entre retard et défaillance vanche, les « autres cas », n’ont pu être traités.
dans le second cas, la réparation du préjudice prouvé ne peut excéder
le prix de transport. Article 23 (nouveau) dommages aux biens de l’expéditeur
ou du destinataire
Article 15 : annulation (nouveau) responsabilité pour faute prouvée mais prescription annale.
À l’image du contrat type « objets indivisibles », on ajoute l’annulation
pure et simple du transport. annoncée moins de 24h avant le jour Article 24 : délais d’acheminement/retard
ou l’heure convenu, elle entraîne la réparation du préjudice (prouvé absence d’incidence de l’inobservation des délais même garantis.
bien sûr) dans la limite du prix de transport. L’indemnité reste plafonnée au prix du transport.

Article 17 : empêchement au transport Article 25 : introduction de la prescription annale de l’article


- simplification ; L. 133-6 du Code de commerce (en raison des prestations annexes
- introduction d’un paragraphe sur le traitement des marchandises et des autres dommages)
en souffrance. procédure à suivre :
 envoi d’un avis de souffrance au donneur d’ordre dans les 5 jours ; Article 26 : Préavis (durée)
 à défaut d’instructions, mise en demeure de prendre possession ;  relation de 6 mois maxi = 1 mois ;
 en l’absence de réponse dans les 15 jours, il y a résiliation de plein  de 6 mois à 1 an = 2 mois ;
droit du contrat. La marchandise est considérée comme abandonnée  d’1 an à 3 ans : 3 mois ;
au transporteur (une « res nullius », en somme) qui en devient pro-  au-delà : 4 mois + une semaine par année complète de relations
priétaire (vente de gré à gré, destruction). sans dépasser 6 mois. ●

Temps d’attente (article 11) / tableau récapitulatif


Envois ≤ 3 t 15’

- Envois de 100 kg et de moins de 20 colis 15’

- Envois de plus de 100 kg ou plus de 20 colis 30’

Envois > 3 t rendez-vous respecté Plage horaire respectée Autres cas

1 h 30 ou retard d’1/2h
- De 3 à 10 t et 30 m3 maxi 1h 2h
maxi en cas de RV
2 h ou retard d’1/2h
- De plus de 10 t ou de plus de 30 m3 1h 3h
maxi en cas de RV

Suspension
Délais non écoulés à l’heure de fermeture des services de réception ou d’expédition = suspension en cas de RV
ou plage horaire non respectés jusqu’au lendemain (ou premier jour ouvrable) à l’heure d’ouverture.
NB :
- pas de suspension si RV ou PH respectés ou quand il n’y a ni RV ni PH convenus.
- Droit de refuser la prise en charge si les opérations n’ont pas commencé à l’expiration des délais ci-dessus.


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InformatIons dossier Contrat type général

 JORF n°0079 du 2 avril 2017


Décret n° 2017-461 du 31 mars 2017

Publics concernés : les entreprises de transport public routier de marchandises et leurs donneurs d’ordres.
Objet : le décret a pour objet d’approuver le nouveau contrat type applicable aux transports publics routiers de marchandises pour lesquels il n’existe pas
de contrat type spécifique prévu à l’annexe II à la partie 3 réglementaire du code des transports.
Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le 1er mai 2017.
Notice : le code des transports prévoit que tout contrat de transport public de marchandises comporte des clauses précisant les obligations respectives
des parties dans les conditions d’emploi du conducteur et dans l’exécution des opérations de transport et qu’à défaut de convention écrite, les rapports
entre les parties sont de plein droit ceux fixés par les contrats types établis par voie réglementaire. Le présent décret remplace les clauses en vigueur du
contrat type de transport routier de marchandises pour lesquels il n’existe pas de contrat type spécifique par de nouvelles clauses. Les contrats types
spécifiques sont prévus aux annexes III à VII à la partie 3 réglementaire du code des transports.
références : le décret peut être consulté sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr).

Le Premier ministre,
Sur le rapport de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat,
Vu les articles L. 1432-4, L. 1432-12 et D. 3222-1 du code des transports,

Décrète :
Article 1
L’annexe II à la partie 3 réglementaire du code des transports concernant le contrat type applicable aux transports publics routiers de marchandises pour lesquels il n’existe pas
de contrat type spécifique est remplacée par l’annexe au présent décret.

Article 2
Le présent décret entre en vigueur le 1er mai 2017.

Article 3
La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, et le secrétaire d’etat chargé des transports, de la mer et de la pêche
sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la république française.

Annexe
anneXe II
contrat tYpe appLIcaBLe auX transports puBLIcs routIers de marcHandIses pour LesQueLs IL n’eXIste pas de contrat tYpe spÉcIfIQue
anneXe À L’artIcLe d. 3222-1

Article 1er : Objet et domaine d’application du contrat


Le présent contrat a pour objet le transport en régime intérieur, par un transporteur public, d’envois quel qu’en soit le poids pour lesquels il n’existe pas de contrat type spécifique,
moyennant un prix devant assurer une juste rémunération du service ainsi rendu, le tout conformément aux dispositions du code des transports, notamment de ses articles
L. 1432-2 à L. 1432-4 et L. 3222-1 à L. 3222-9, ainsi que des textes pris pour son application.
Quelle que soit la technique de transport utilisée, ce contrat règle les relations du donneur d’ordre et du transporteur public routier ou des transporteurs publics intervenant
successivement dans le transport de l’envoi ainsi que les relations de ces transporteurs publics entre eux.
Il s’applique de plein droit, à défaut de convention écrite sur l’ensemble ou certaines des matières mentionnées à l’article L. 1432-2 du code des transports.
en cas de relations suivies entre un donneur d’ordre et un transporteur public, ayant fait l’objet d’une convention écrite générale conclue conformément aux dispositions de
l’article L. 1432-4 du code des transports, chaque envoi est présumé exécuté aux conditions de cette convention.

Article 2 : Définitions
2.1. Colis ou unité de chargement
par colis ou par unité de chargement, on entend un objet ou un ensemble matériel composé de plusieurs objets, quels qu’en soient le poids, les dimensions et le volume,
constituant une charge unitaire lors de la remise au transporteur (bac, cage, caisse, cantine, carton, conteneur autre que utI, enveloppe, fardeau, fût, paquet, palette cerclée ou
filmée par le donneur d’ordre, rolls, sac, valise, etc.), même si le contenu en est détaillé dans le document de transport.
2.2. Destinataire
par destinataire, on entend la partie, désignée par le donneur d’ordre ou par son représentant, à laquelle la livraison est faite. Le destinataire est partie au contrat de transport
dès sa formation.
2.3. Distance-itinéraire
La distance de transport est celle de l’itinéraire le plus adapté, compte tenu des contraintes de sécurité et des infrastructures de transport, du recours à des plates-formes, des
caractéristiques du véhicule et de la nature des marchandises transportées.

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2.4. Donneur d’ordre
par donneur d’ordre, on entend la partie (expéditeur, commissionnaire de transport ou autre) qui conclut le contrat de transport avec le transporteur.
2.5. Durée de mise à disposition du véhicule
par durée de mise à disposition du véhicule, on entend le délai qui s’écoule entre le moment où le véhicule est identifié à son arrivée sur les lieux de chargement ou de déchargement
ou dans l’aire d’attente et celui où il est prêt à quitter ces lieux après émargement des documents de transport.
2.6. Envoi
par envoi, on entend la quantité de marchandises, emballage et support de charge compris, mise effectivement, au même moment, à la disposition d’un transporteur et dont
le transport est demandé par un même donneur d’ordre pour un même destinataire d’un lieu de chargement unique à un lieu de déchargement unique et faisant l’objet d’un
même contrat de transport.
2.7. Jours non ouvrables
par jours non ouvrables, on entend les dimanches et les jours de fêtes légales ainsi que les jours d’interdiction de circulation imposés par les pouvoirs publics. en outre, les autres
jours de fermeture de l’établissement où s’effectue la prise en charge ou la livraison de la marchandise sont considérés comme jours non ouvrables si le transporteur en est
dûment avisé par le donneur d’ordre lors de la conclusion du contrat de transport.
2.8. Laissé pour compte
par laissé pour compte, on entend l’envoi dont le destinataire a refusé de prendre livraison pour quelque motif que ce soit et qui est laissé à la disposition du transporteur par
le donneur d’ordre.
2.9. Livraison
par livraison, on entend la remise physique de la marchandise au destinataire ou à son représentant dûment désigné, qui l’accepte juridiquement.
2.10. Livraison contre-remboursement
par livraison contre-remboursement, on entend le mandat, donné par le donneur d’ordre au transporteur qui l’accepte, de se faire remettre concomitamment à la livraison une
somme grevant la marchandise. La stipulation d’une livraison contre-remboursement ne vaut pas déclaration de valeur.
2.11. Plage horaire
par plage horaire, on entend la période, pour un jour donné, fixée d’un commun accord entre le donneur d’ordre et le transporteur pour la mise à disposition du véhicule sur les
lieux de chargement ou de déchargement. sa durée maximale est de quatre heures.
2.12. Point de proximité
par point de proximité, on entend un commerce qui réalise des prestations de mise à disposition de colis à destination des entreprises, des commerçants et/ou des particuliers.
2.13. Prise en charge
par prise en charge, on entend la remise physique de la marchandise au transporteur qui l’accepte juridiquement.
2.14. Rendez-vous
par rendez-vous, on entend la fixation, d’un commun accord entre le donneur d’ordre et le transporteur, d’un jour et d’une heure précis et fermes pour la mise à disposition du
véhicule au lieu de chargement ou au lieu de déchargement.
2.15. Souffrance de la marchandise
par souffrance de la marchandise, on entend le cas où ni le destinataire dûment avisé de sa présentation, ni le donneur d’ordre informé de cette situation, ne donne d’instruction
au transporteur quant au sort à réserver à la marchandise.
2.16. Unité de Transport Intermodal (UTI)
par unité de transport Intermodal ou utI, on désigne les conteneurs maritimes, caisses mobiles, semi-remorques ou autres unités de chargement similaires utilisées en transport
intermodal.

Article 3 : Informations et documents à fournir au transporteur


3.1. Le donneur d’ordre fournit au transporteur, dans le cadre des dispositions des articles L. 3221-2 et L. 3222-4 du code des transports, préalablement à la présentation du véhicule
au chargement, par écrit ou par tout moyen électronique de transmission et de conservation des données, les indications suivantes :
- les noms et les adresses complètes, ainsi que les numéros de téléphone, de télécopie, l’adresse électronique de l’expéditeur et du destinataire ;
- les noms et les adresses complètes, ainsi que les numéros de téléphone, de télécopie, l’adresse électronique des lieux de chargement et de déchargement, lorsque ces derniers
diffèrent de ceux indiqués ci-dessus ;
- le nom et l’adresse du donneur d’ordre ;
- les dates et, si besoin est, les heures de chargement et de déchargement ;
- les heures limites de mise à disposition du véhicule en vue du chargement et du déchargement ;
- la nature très exacte de la marchandise, le poids brut de l’envoi, les marques, le nombre de colis, d’objets ou de supports de charge (palettes, rolls, etc.) qui constituent l’envoi ;
- le cas échéant, les dimensions des colis, des objets ou des supports de charge présentant des caractéristiques spéciales ;
- s’il y a lieu, le métrage linéaire de plancher ou le volume nécessaire ;
- la spécificité de la marchandise quand cette dernière requiert des dispositions particulières (marchandises dangereuses, denrées périssables, marchandises convoitées et/ou
sensibles, etc.) ;
- les modalités de paiement (port payé ou port dû) ;
- toute autre modalité d’exécution du contrat de transport (livraison contre-remboursement, déboursé, déclaration de valeur, déclaration d’intérêt spécial à la livraison, etc.) ;
- le numéro de la commande et les références de l’envoi, quand ces informations sont nécessaires à la bonne exécution du contrat ;
- le cas échéant, les prestations annexes convenues et leurs modalités d’exécution ;
- les instructions spécifiques en cas d’empêchement à la livraison (nouvelle présentation, livraison à domicile, mise en entrepôt, retour, vente ou destruction de la marchandise,
etc.). 

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InformatIons dossier Contrat type général

 3.2. en outre, le donneur d’ordre informe le transporteur des particularités non apparentes de la marchandise et de toutes données susceptibles d’avoir une incidence sur la
bonne exécution du contrat de transport.
3.3. Le donneur d’ordre fournit au transporteur, en même temps que la marchandise, les renseignements et les documents d’accompagnement nécessaires à la bonne exécution
d’une opération de transport soumise à une réglementation particulière, telle que régie, douane, police, marchandises dangereuses, etc.
3.4. Le document de transport est établi, par écrit ou sur tout support dématérialisé, sur la base de ces indications. Il est complété, si besoin est, au fur et à mesure de l’opération
de transport. un exemplaire en est remis obligatoirement au destinataire au plus tard au moment de la livraison.
3.5. Le donneur d’ordre supporte vis-à-vis du transporteur les conséquences d’une déclaration fausse ou incomplète sur les caractéristiques de l’envoi ainsi que d’une absence
ou d’une insuffisance de déclaration ayant eu pour effet, entre autres, de dissimuler le caractère dangereux ou frauduleux des marchandises transportées. Il répond également
de tout manquement à son obligation d’information selon les articles 3.2 et 3.3 ci-dessus.
3.6. Les mentions figurant sur les documents étrangers au contrat de transport sont inopposables au transporteur. Il en va autrement si elles sont portées à sa connaissance,
par écrit ou par tout moyen électronique de transmission et de conservation des données, sur les pièces relatives au contrat de transport.

Article 4 : Modification du contrat de transport


Le donneur d’ordre dispose de la marchandise jusqu’au moment où le destinataire fait valoir ses droits.
toute nouvelle instruction du donneur d’ordre ayant pour objet la modification des conditions initiales d’exécution du transport est donnée ou confirmée, immédiatement, par
écrit ou par tout moyen électronique de transmission ou de conservation des données.
Le transporteur n’est pas tenu d’accepter ces nouvelles instructions si elles sont de nature à l’empêcher d’honorer des engagements de transport pris antérieurement. Il doit en
aviser immédiatement le donneur d’ordre par écrit ou par tout moyen électronique de transmission ou de conservation des données.
Lorsque les instructions entraînent une immobilisation du véhicule et/ou de l’équipage, le transporteur perçoit du donneur d’ordre un complément de rémunération pour frais
d’immobilisation qui lui est facturé séparément, conformément aux dispositions de l’article 18 ci-après.
toute modification au contrat entraîne un réajustement du prix initial.

Article 5 : Matériel de transport


Le transporteur effectue le transport à l’aide d’un matériel adapté aux marchandises à transporter ainsi qu’aux accès et installations de chargement et de déchargement
préalablement définis par le donneur d’ordre.
Le donneur d’ordre est responsable des dommages causés au véhicule du transporteur par la marchandise, son emballage, son chargement. Il en est de même pour le destinataire
en ce qui concerne les opérations de déchargement. La preuve de la faute incombe au transporteur.

Article 6 : Conditionnement, emballage, étiquetage et vérification de l’état des marchandises


6.1. Lorsque la nature de la marchandise le nécessite, celle-ci doit être conditionnée, emballée, marquée ou contremarquée de façon à supporter un transport exécuté dans des
conditions normales et des manutentions successives intervenant en cours de transport, et à ne pas constituer une cause de danger pour le personnel de conduite ou de
manutention, les autres marchandises transportées, le véhicule ou les tiers.
6.2. sur chaque colis, objet ou support de charge, un étiquetage clair doit être effectué pour permettre une identification immédiate et sans équivoque de l’expéditeur, du
destinataire, du lieu de livraison, ainsi que, le cas échéant, de la nature de la marchandise. Les mentions des étiquettes doivent correspondre à celles qui figurent sur le document
de transport.
6.3. Lorsque, au moment de la prise en charge, le transporteur n’a pas les moyens raisonnables de vérifier l’état apparent de la marchandise et de son emballage ainsi que l’existence
effective de l’étiquetage, des marques et numéros apposés sur les colis, il formule, sur le document de transport, des réserves précises et motivées. ces réserves n’engagent le donneur
d’ordre que si celui-ci les a acceptées expressément sur le document de transport. a défaut, le transporteur peut refuser la prise en charge de la marchandise.
6.4. Le donneur d’ordre répond de toutes les conséquences d’une absence, d’une insuffisance ou d’une défectuosité du conditionnement, de l’emballage, du marquage ou de
l’étiquetage.
Le fait que le transporteur n’a pas formulé de réserves à leur sujet lors de la prise en charge de la marchandise ne lui interdit pas d’invoquer ultérieurement l’absence, l’insuffisance
ou la défectuosité du conditionnement, de l’emballage, du marquage ou de l’étiquetage.
6.5. Les supports de charge (palettes, rolls, etc.), hors utI, utilisés pour le transport font partie intégrante de l’envoi. Leur poids est inclus dans le poids brut déclaré de l’envoi.
6.6. dans le cadre du contrat de transport, les supports de charge ne donnent lieu ni à consignation ni à location au transporteur, qui n’effectue ni collecte, ni fourniture, ni
opérations dites de reprise, ni retour. toute instruction contraire constitue une prestation annexe faisant l’objet d’une rémunération spécifique en application de l’article L. 3222-4
du code des transports. Les actions nées de leur exécution sont intentées dans le délai fixé à l’article 25 ci-après.
6.7. Le transport de supports de charge vides fait l’objet d’un contrat de transport distinct.

Article 7 : Chargement, calage, arrimage, sanglage et déchargement


Les opérations de chargement, de calage et d’arrimage, incluant le sanglage, d’une part, et de déchargement d’autre part sont effectuées dans les conditions précisées aux
articles 7.1 et 7.2 ci-après.
La responsabilité des dommages matériels survenus au cours de ces opérations pèse sur celui qui les exécute.
dans tous les cas, le transporteur :
- met en œuvre les moyens techniques de transfert propres au véhicule. Il est responsable des dommages résultant de leur fait ;
- fournit, à la demande du donneur d’ordre, des sangles en nombre suffisant, en bon état, conformes aux normes requises et adaptées à la nature et au conditionnement de la
marchandise, tels qu’ils lui ont été décrits.
7.1. Pour les envois inférieurs à trois tonnes :
Le transporteur exécute sous sa responsabilité les opérations de chargement, de calage, d’arrimage et de déchargement de l’envoi.

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7.1.1. elles s’effectuent, soit :
a) pour les établissements industriels et commerciaux, de même que pour les chantiers : dans leur enceinte, après que l’envoi a été amené par l’expéditeur au pied du véhicule
ou jusqu’à ce qu’il soit déchargé au pied du véhicule, selon le cas ;
b) pour les commerces sur rue et les « points de proximité » : au seuil du magasin ;
c) pour les particuliers : au seuil de l’habitation.
7.1.2. en cas d’inaccessibilité des lieux, elles s’effectuent dans les locaux du transporteur, à l’endroit normalement affecté selon le cas à la prise en charge ou à la livraison des co-
lis.
7.1.3. dans les limites visées au 7.1.1., tout préposé de l’expéditeur ou du destinataire participant aux opérations de chargement, de calage, d’arrimage ou de déchargement est
réputé agir pour le compte du transporteur et sous sa responsabilité.
toute manutention de l’envoi en deçà ou au-delà des lieux visés ci-dessus est réputée exécutée pour le compte de l’expéditeur ou du destinataire et sous leur responsabilité.
7.2. Pour les envois égaux ou supérieurs à trois tonnes :
7.2.1. Le chargement, le calage et l’arrimage de la marchandise sont exécutés par l’expéditeur sous sa responsabilité.
Le transporteur fournit à l’expéditeur toutes indications utiles en vue d’une répartition équilibrée de la marchandise propre à assurer la stabilité du véhicule et le respect de la
charge maximale par essieu.
Le transporteur vérifie que le chargement, le calage et l’arrimage ne compromettent pas la sécurité de la circulation. dans le cas contraire, il doit demander qu’ils soient refaits
dans des conditions satisfaisantes ou refuser la prise en charge de la marchandise.
Le transporteur procède, avant le départ, à la reconnaissance extérieure du chargement, du point de vue de la conservation de la marchandise. en cas de défectuosité apparente
de nature à porter atteinte à cette conservation, il formule des réserves précises et motivées inscrites sur le document de transport. si celles-ci ne sont pas acceptées, il peut
refuser le transport.
Le transporteur est exonéré de la responsabilité résultant de la perte ou de l’avarie de la marchandise pendant le transport s’il établit que le dommage provient d’une défectuosité
non apparente du chargement, du calage et de l’arrimage ou d’une défectuosité apparente pour laquelle il avait émis des réserves visées par le chargeur.
en cas de chargement de plusieurs envois dans un même véhicule, le transporteur s’assure que tout nouveau chargement ne porte pas atteinte aux marchandises déjà chargées.
Le transporteur est exonéré de la responsabilité résultant de la perte ou de l’avarie de la marchandise due au chargement s’il prouve que le dommage a été provoqué par les opérations
de chargement effectuées par l’expéditeur et qu’il a été empêché de procéder aux vérifications d’usage précitées en raison de contraintes imposées sur le site par l’expéditeur.
7.2.2. Le déchargement de la marchandise est exécuté par le destinataire sous sa responsabilité.
7.2.3. Le transporteur ou son préposé participant aux opérations de chargement, de calage, d’arrimage ou de déchargement est réputé agir pour le compte de l’expéditeur ou du
destinataire et sous sa responsabilité.

Article 8 : Bâchage et débâchage


Le bâchage ou le débâchage du véhicule ou de la marchandise ainsi que le montage ou le démontage des ridelles et des ranchers sont effectués par le transporteur sous sa
responsabilité. L’expéditeur, ou, suivant le cas, le destinataire, doit mettre en place les moyens nécessaires en personnel et en matériel pour aider le transporteur à les exécuter.
en ce qui concerne les unités de transport Intermodal dites « open top », les opérations de bâchage sont effectuées par l’expéditeur. Le débâchage incombe au destinataire.

Article 9 : Livraison
La livraison est effectuée entre les mains du destinataire désigné par le donneur d’ordre et figurant sur le document de transport, ou du représentant du destinataire.
9.1. Le destinataire peut formuler des réserves précises et motivées sur l’état de la marchandise et la quantité remise.
dès que le destinataire a pris possession de l’envoi, avec ou sans réserve, il en donne décharge au transporteur en datant et signant le document de transport, dont un exemplaire
lui est remis, ou tout autre support électronique assurant la transmission et la conservation des données.
en l’absence de réserves ou en cas de refus exprès et motivé desdites réserves par le transporteur, le destinataire est en droit d’invoquer dans les délais légaux une perte ou une
avarie, en rapportant la preuve de leur existence et de leur imputabilité au transport.
9.2. La signature du destinataire est la preuve de la remise et de l’acceptation de l’envoi. elle est accompagnée du nom du signataire, de la date et de l’heure de la livraison ainsi
que du cachet commercial de l’établissement ou de tout autre moyen incontestable d’identification.
9.3. a défaut de remise au transporteur avant son départ du document visé au 9.1, et sous réserve qu’il ait confirmé au donneur d’ordre la remise de la marchandise, il y a
présomption simple de livraison conforme au contrat. cette confirmation de la remise de la marchandise, précisant la date de celle-ci, intervient par l’envoi d’une lettre recommandée
avec avis de réception ou par tout moyen électronique de transmission et de conservation des données, au plus tard à midi du premier jour ouvrable suivant la remise de la
marchandise.

Article 10 : Conditions d’accès aux lieux de chargement et de déchargement


Les lieux désignés par le donneur d’ordre doivent être accessibles sans contrainte ni risque particuliers pour des véhicules de caractéristiques usuelles pour le transport consi-
déré.
Le transporteur se conforme au protocole de sécurité applicable sur le site de chargement et/ou de déchargement conformément aux articles r. 4515-4 et suivants du code du
travail. plus généralement, il est tenu de respecter les règles de sécurité en vigueur dans les lieux où il est amené à intervenir.

Article 11 : Identification du véhicule et durées de mise à disposition en vue du chargement ou du déchargement


a l’arrivée du véhicule, y compris utI sur châssis, sur les lieux de chargement ou de déchargement ou dans l’aire d’attente, même si elle est extérieure, le transporteur informe
le représentant de l’établissement de chargement ou de déchargement que son véhicule est à sa disposition pour effectuer l’une ou l’autre de ces opérations. L’heure de cette
mise à disposition est immédiatement consignée par le transporteur sur le document de suivi, ce qui constitue l’identification du véhicule au sens l’article L. 3222-7 du code des
transports. 

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InformatIons dossier Contrat type général

 L’identification est le point de départ des durées de mise à disposition du véhicule en vue du chargement ou du déchargement.
ces durées prennent fin avec la remise des documents émargés au transporteur.
11.1. Pour les envois inférieurs à trois tonnes :
Les durées totales de mise à disposition du véhicule sont au maximum :
11.1.1. pour les envois inférieurs à cent kilogrammes composés de moins de vingt colis, elle est de quinze minutes ;
11.1.2. pour les autres envois, elle est de trente minutes.
11.2. Pour les envois égaux ou supérieurs à trois tonnes :
11.2.1. durées de mise à disposition :
Les durées totales de mise à disposition du véhicule sont au maximum :
11.2.1.1. pour les envois compris entre trois et dix tonnes n’excédant pas trente mètres cubes :
a) d’une heure en cas de rendez-vous respecté ;
b) d’une heure trente en cas de plage horaire respectée ou en cas de retard n’excédant pas trente minutes en cas de rendez-vous ;
c) de deux heures dans tous les autres cas ;
11.2.1.2. pour les envois de plus de dix tonnes ou supérieurs à trente mètres cubes :
a) d’une heure en cas de rendez-vous respecté ;
b) de deux heures en cas de plage horaire respectée ou en cas de retard n’excédant pas trente minutes en cas de rendez-vous ;
c) de trois heures dans tous les autres cas.
11.2.1.3. dans tous les cas, lorsque le transporteur se présente en avance, les durées mentionnées aux articles 11.2.1.1. et 11.2.1.2. ne courent qu’à compter de l’heure de rendez-vous
ou de l’heure de début de plage horaire convenue.
11.2.2. suspension des durées d’immobilisation :
en cas de rendez-vous et/ou de plage horaire non respectés, les durées de mise à disposition non écoulées à l’heure de fermeture des services d’expédition ou de réception de
l’établissement sont suspendues jusqu’à l’heure d’ouverture desdits services le premier jour ouvrable qui suit.
en cas de rendez-vous et/ou de plage horaire respectés, ou en l’absence de rendez-vous ou de plage horaire, la suspension visée ci-dessus ne s’applique pas.
11.3. Dépassement des durées d’immobilisation :
en cas de dépassement non imputable au transporteur des durées ainsi fixées, le transporteur perçoit de celui qui en est à l’origine un complément de rémunération pour frais
d’immobilisation du véhicule et/ou de l’équipage facturé séparément, conformément aux dispositions de l’article 18 ci-après. si les opérations de chargement n’ont pas débuté
au terme des durées décomptées conformément aux articles 11.1 et 11.2., il est en droit de refuser la prise en charge sans indemnité.

Article 12 : Opérations de pesage


si l’une des parties au contrat demande la pesée de l’envoi, cette opération est effectuée sur le lieu de chargement ou de déchargement. si le déplacement du véhicule est
nécessaire, son coût ainsi que celui de l’opération de pesage sont supportés par le demandeur.

Article 13 : Défaillance totale ou partielle du donneur d’ordre dans la remise de l’envoi


en cas de préjudice prouvé résultant d’une non-remise totale ou partielle de l’envoi lors de la mise à disposition du véhicule par le transporteur, l’indemnité à verser au transporteur
par le donneur d’ordre ne peut excéder le prix du transport convenu.

Article 14 : Retard ou défaillance du transporteur au chargement


14.1. Retard en cas de rendez-vous ou de plage horaire :
en cas de rendez-vous ou de plage horaire, le transporteur doit aviser le donneur d’ordre de tout retard dès qu’il en a connaissance.
si le retard estimé est égal ou supérieur à deux heures et s’il risque d’entraîner un préjudice au donneur d’ordre, ce dernier peut rechercher immédiatement un autre transpor-
teur.
14.2. Défaillance :
en cas de préjudice prouvé résultant de la défaillance du transporteur au chargement, l’indemnité à verser au donneur d’ordre ne peut excéder le prix du transport convenu.

Article 15 : Annulation du transport


L’annulation du transport par l’une ou l’autre des parties annoncée moins de 24 heures avant le jour convenu ou l’heure convenue de la mise à disposition du véhicule au
chargement ouvre droit, en cas de préjudice prouvé, à une indemnité qui ne peut excéder le prix du transport convenu.

Article 16 : Empêchement au transport


si le transport est empêché ou interrompu ou si, pour un motif quelconque, l’exécution du transport est ou devient impossible dans les conditions initialement prévues, le
transporteur demande des instructions au donneur d’ordre.
si le transporteur n’a pu obtenir en temps utile les instructions du donneur d’ordre, il prend les mesures qui lui paraissent les meilleures dans l’intérêt de ce dernier pour la
conservation de la marchandise ou son acheminement par d’autres voies ou d’autres moyens.
sauf si l’empêchement, l’interruption ou l’impossibilité est imputable au transporteur, le donneur d’ordre rembourse au transporteur les dépenses justifiées consécutives aux
instructions données ou aux mesures prises en application des alinéas précédents. ces dépenses, ainsi que les frais d’immobilisation du véhicule et/ou de l’équipage, sont
facturées séparément, en sus du prix du transport convenu.
en cas d’empêchement définitif dû à la force majeure, le transporteur a droit à la partie du prix du transport correspondant au trajet effectué jusqu’à l’arrêt du transport.

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Article 17 : Empêchement à livraison
Il y a empêchement à la livraison chaque fois que l’envoi parvenu au lieu de livraison prévu ne peut être remis au destinataire désigné, notamment en cas :
- d’absence du destinataire ;
- d’inaccessibilité du lieu de livraison ;
- d’immobilisation du véhicule chez le destinataire supérieure aux durées définies à l’article 11 ci-dessus ;
- de refus de prendre livraison par le destinataire.
sans préjudice des dispositions de l’article 11.2.2, est également considérée comme un empêchement à la livraison toute immobilisation du véhicule chez le destinataire supérieure
à vingt-quatre heures décomptées à partir de la mise à disposition.
17.1. Lorsqu’il y a livraison à domicile, un avis de passage daté qui atteste la présentation de l’envoi est déposé, puis confirmé par écrit ou par tout moyen électronique de
transmission ou de conservation des données.
L’avis de passage mentionne le lieu où l’envoi peut être retiré dans un délai de trois jours ouvrables, au sens de l’article 2.6, et la possibilité d’une nouvelle présentation à domicile
facturée séparément conformément aux dispositions de l’article 18 ci-après.
17.2. Lorsque la livraison est prévue dans les locaux du transporteur, un avis d’arrivée est adressé, par écrit ou par tout moyen électronique de transmission ou de conservation
de données, au destinataire qui dispose de cinq jours ouvrables suivant l’expédition de l’avis d’arrivée pour prendre livraison de l’envoi.
17.3. Traitement des souffrances :
Le transporteur constate l’empêchement à la livraison et adresse au donneur d’ordre un avis de souffrance par écrit ou par tout autre moyen électronique de transmission ou
de conservation des données dans un délai de cinq jours ouvrables. en l’absence d’instruction dans les cinq jours suivant cet avis, le transporteur met le donneur d’ordre en
demeure, par lettre recommandée avec avis de réception, de reprendre possession de la marchandise. a défaut de réponse dans un délai maximum de quinze jours ouvrables,
le contrat de transport est résilié de plein droit et la marchandise est considérée comme abandonnée par l’expéditeur au transporteur, ce qui confère à ce dernier le droit d’effectuer
sur elle tout acte de disposition (vente amiable, destruction, etc.).
tous les frais résultant de l’empêchement à la livraison sont facturés séparément.

Article 18 : Rémunération du transporteur


La rémunération du transporteur comprend :
- le prix du transport stricto sensu ;
- le prix des prestations annexes ;
- les frais liés à l’établissement et à la gestion administrative et informatique du contrat de transport ;
- toute taxe liée au transport et/ou tout droit dont la perception est mise à la charge du transporteur.
18.1. Le prix du transport est établi en fonction du type de véhicule utilisé, de ses équipements, de la nature de la marchandise, de son poids, de son volume, du nombre de colis,
de la distance du transport, des délais d’acheminement, de la relation assurée, des caractéristiques du trafic, des sujétions particulières de circulation, de la durée de mise à
disposition du véhicule et de l’équipage, plus généralement des coûts engendrés par la prestation demandée, conformément aux dispositions du titre II du livre II de la troisième
partie du code des transports, ainsi que de la qualité des prestations rendues.
Le prix du transport initialement convenu est révisé en cas de variations significatives des charges de l’entreprise de transport qui tiennent à des conditions extérieures à cette
dernière.
pour les charges de carburant, la révision est déterminée par les dispositions impératives des articles L. 3222-1 et L. 3222-2 du code des transports.
18.2. toute prestation annexe est rémunérée au prix convenu. tel est le cas, notamment :
- des opérations d’encaissement, en particulier dans le cas d’encaissement différé ;
- de la livraison contre-remboursement ;
- des déboursés ;
- de la déclaration de valeur ;
- de la déclaration d’intérêt spécial à la livraison ;
- du mandat d’assurance ;
- des opérations de chargement de calage, d’arrimage, de sanglage et de déchargement (pour les envois égaux ou supérieurs à trois tonnes) ;
- la fourniture des cales et des sangles ;
- de toute prestation relative aux supports de charge conformément à l’article 6.6. ci-dessus ;
- de la nouvelle présentation au lieu de chargement ou au lieu de déchargement ;
- des opérations de pesage ;
- des frais d’immobilisation du véhicule et/ou de l’équipage ;
- du nettoyage, du lavage ou de la désinfection du véhicule en cas de remise d’envois salissants remis en vrac ou en emballages non étanches ;
- du magasinage.
18.3. toute modification du contrat de transport initial, notamment tout changement d’itinéraire, toute immobilisation du véhicule et/ou de l’équipage, tout retour de marchandises
à l’expéditeur, non imputables au transporteur, entraîne un réajustement des conditions de rémunération du transporteur.
18.4. Les prix initialement convenus dans le cadre de relations établies sont renégociés à la date anniversaire du contrat. une modification du contrat tant en matière de volumes
qu’en matière de prestations entraîne une renégociation des conditions tarifaires.
18.5. Les frais supplémentaires de suivi du contrat de transport sont facturés séparément.
18.6. tous les prix sont calculés hors taxes.

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InformatIons dossier Contrat type général

 Article 19 : Modalités de paiement


19.1. Le paiement du prix du transport, ainsi que celui des prestations annexes, est exigible à l’enlèvement (port payé) ou à la livraison (port dû) sur présentation de la facture ou
d’un document en tenant lieu et, en tout état de cause, au lieu d’émission de la facture, laquelle doit être réglée dans un délai qui ne peut excéder trente jours à compter de la
date de son émission.
19.2. La compensation unilatérale du montant des dommages allégués sur le prix du transport est interdite.
19.3. tout retard dans le paiement entraîne de plein droit, le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture, l’exigibilité d’intérêts de retard d’un montant équivalent à
cinq fois le taux d’intérêt légal, ainsi que d’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement d’un montant minimum de 40 euros suivant l’article d. 441-5 du code de commerce,
et ce, sans préjudice de la réparation éventuelle, dans les conditions du droit commun, de tout autre dommage résultant directement de ce retard.
19.4. La date d’exigibilité du paiement, le taux d’intérêt des pénalités de retard, ainsi que le montant de l’indemnité forfaitaire de compensation des frais de recouvrement doivent
obligatoirement figurer sur la facture.
19.5. Le non-paiement total ou partiel d’une facture à une seule échéance emporte, sans formalité, déchéance du terme entraînant l’exigibilité immédiate du règlement, sans
mise en demeure, de toutes les sommes dues, même à terme, à la date de ce manquement et autorise le transporteur à exiger le paiement comptant avant l’exécution de toute
nouvelle opération.
19.6. en cas de perte ou d’avarie partielles ou totales de la marchandise, le transporteur a droit au paiement de sa rémunération, sous réserve qu’il règle l’indemnité correspondante.

Article 20 : Livraison contre-remboursement


20.1. La livraison contre-remboursement doit être expressément demandée par le donneur d’ordre conformément aux dispositions de l’article 3.1 ci-dessus.
20.2. Lorsqu’il y a stipulation d’une livraison contre-remboursement, le transporteur reçoit entre ses mains la somme remise par le destinataire en échange de la marchandise
soit sous forme d’un chèque établi à l’ordre du donneur d’ordre ou de toute autre personne désignée par lui, soit en espèces quand la législation l’autorise. toutefois, même dans
ce dernier cas, le transporteur ne peut refuser un chèque sans motif valable.
20.3. Le transporteur doit adresser cette somme au donneur d’ordre ou à la personne désignée par ce dernier, dans un délai de huit jours ouvrables à compter de sa remise.
20.4. La stipulation d’une livraison contre-remboursement ne vaut pas déclaration de valeur et ne modifie donc pas les règles d’indemnisation pour pertes et avaries définies à
l’article 22 ci-après. elle ne lie le transporteur que si elle figure sur un document procédant du contrat de transport.
20.5. La responsabilité du transporteur en cas de manquement à cette obligation est engagée selon les règles du mandat. néanmoins, la prescription des actions relatives à la
livraison contre-remboursement est d’un an à compter de la date de la livraison.

Article 21 : Présomption de perte de la marchandise


21.1. L’ayant droit peut, sans avoir à fournir d’autres preuves, considérer la marchandise comme perdue quand elle n’a pas été livrée dans les trente jours qui suivent l’expiration
du délai convenu ou, à défaut, du délai nécessaire à la réalisation du transport dans les conditions prévues à l’article 24.1 ci-après.
L’ayant droit est alors indemnisé dans les conditions prévues à l’article 22 ci-après.
21.2. L’ayant droit peut, au plus tard en recevant le paiement de l’indemnité pour la marchandise perdue, demander, par écrit ou par tout moyen électronique de transmission
et de conservation des données, à être avisé immédiatement, si la marchandise est retrouvée au cours de l’année qui suit le paiement de l’indemnité. Il lui est donné acte de
cette demande par écrit ou par tout moyen électronique de transmission et de conservation des données.

Article 22 : Indemnisation pour pertes et avaries. - Déclaration de valeur


22.1. Perte ou avarie de la marchandise :
Le transporteur est tenu de verser une indemnité pour la réparation de tous les dommages justifiés dont il est légalement tenu pour responsable, résultant de la perte totale
ou partielle ou de l’avarie de la marchandise. Hors les cas de dol et de faute inexcusable du transporteur, l’indemnisation du préjudice prouvé, direct et prévisible, s’effectue dans
les limites suivantes :
- pour les envois inférieurs à trois tonnes, cette indemnité ne peut excéder 33 € par kilogramme de poids brut de marchandises manquantes ou avariées pour chacun des objets
compris dans l’envoi, sans pouvoir dépasser 1 000 € par colis perdu, incomplet ou avarié, quels qu’en soient le poids, le volume, les dimensions, la nature ou la valeur ;
- pour les envois égaux ou supérieurs à trois tonnes, elle ne peut excéder 20 € par kilogramme de poids brut de marchandises manquantes ou avariées pour chacun des objets
compris dans l’envoi, sans pouvoir dépasser, par envoi perdu, incomplet ou avarié quels qu’en soient le poids, le volume les dimensions, la nature ou la valeur, une somme
supérieure au produit du poids brut de l’envoi exprimé en tonnes multiplié par 3 200 €.
22.2. Le donneur d’ordre a toujours la faculté de faire une déclaration de valeur qui a pour effet de substituer le montant de cette déclaration au plafond de l’indemnité fixée à
l’un ou à l’autre des deux alinéas ci-dessus. La déclaration de valeur doit être formulée par écrit ou par tout moyen électronique de transmission ou de conservation des données,
au plus tard au moment de la conclusion du contrat de transport. La validité de la déclaration est subordonnée au paiement d’un prix convenu tel que prévu à l’article 18 ci-des-
sus.
22.3. L’indemnité est réduite d’un tiers lorsque le donneur d’ordre impose la destruction de la marchandise laissée pour compte ou en interdit le sauvetage. cette réduction n’a
pas lieu d’être en cas de dol ou de faute inexcusable du transporteur.
22.4. Perte et/ou avarie à la marchandise transportée dans une UTI
Les indemnités pour réparation de tous les dommages justifiés dont le transporteur est légalement tenu responsable, résultant de la perte totale ou partielle ou de l’avarie à la
marchandise transportée dans une utI sont identiques aux indemnités prévues à l’article 22.1. ci-dessus.
22.5. Perte et/ou avarie d’une UTI
en cas de perte ou d’avarie d’une utI, l’indemnité due ne peut dépasser la somme de 2 875 €. cette indemnité s’ajoute, le cas échéant, à l’indemnité due au titre de la perte et/ou
de l’avarie de la marchandise.

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Article 23 : Dommages autres qu’à la marchandise transportée
Le transporteur est responsable de la perte et des dommages matériels directs qu’il occasionne aux biens de l’expéditeur ou du destinataire dans le cadre de l’exécution du
contrat de transport.

Article 24 : Délai d’acheminement et indemnisation pour retard à la livraison


24.1. Délai d’acheminement :
Le délai d’acheminement comprend le délai de transport auquel s’ajoute le délai de livraison à domicile.
a) Le délai de transport court à partir de 0 heure du jour qui suit l’enlèvement de l’envoi ou sa remise au dépôt du transporteur. Il est d’un jour par fraction indivisible de 450
kilomètres. Les samedis et les jours non ouvrables ne sont pas compris dans le calcul de ce délai.
b) Le délai de livraison à domicile est d’un jour pour les agglomérations de 10 000 habitants et plus, et de deux jours pour toutes les autres localités.
Le délai de livraison est ramené à un jour lorsque l’envoi est égal ou supérieur à trois tonnes.
Les jours non ouvrables ne sont pas compris dans le calcul du délai de livraison.
24.2. Retard à la livraison
Il y a retard à la livraison lorsque l’envoi n’a pas été livré dans le délai convenu ou, s’il n’a pas été convenu de délai, lorsque la durée effective du transport dépasse le délai
d’acheminement tel qu’il est défini à l’article 24.1 ci-dessus.
24.3. Indemnisation pour retard à la livraison
en cas de préjudice prouvé résultant d’un retard à la livraison du fait du transporteur, celui-ci est tenu de verser une indemnité qui ne peut excéder le prix du transport (droits,
taxes et frais divers exclus).
Le donneur d’ordre a toujours la faculté de faire une déclaration d’intérêt spécial à la livraison qui a pour effet de substituer le montant de cette déclaration au plafond de
l’indemnité fixé à l’alinéa précédent. La déclaration d’intérêt spécial à la livraison doit être formulée par écrit ou par tout moyen électronique de transmission ou de conservation
des données, au plus tard au moment de la conclusion du contrat de transport. La validité de la déclaration est subordonnée au paiement d’un prix convenu tel que prévu à
l’article 18 ci-dessus.
sans préjudice de l’indemnité prévue aux deux alinéas précédents, les pertes ou avaries à la marchandise résultant d’un retard sont indemnisées conformément aux dispositions
de l’article 22 ci-dessus.
en cas d’inobservation des délais, même garantis, l’indemnité reste due dans les conditions définies au présent article.

Article 25 : Prescription
toutes les actions nées du contrat de transport et de ses prestations annexes se prescrivent dans le délai d’un an. ce délai court, en cas de perte totale, à compter du jour où la
marchandise aurait dû être livrée ou offerte et, dans tous les autres cas, à compter du jour où la marchandise a été remise ou offerte au destinataire.

Article 26 : Durée et résiliation du contrat de transport


26.1. Le contrat de transport est conclu pour une durée soit déterminée, reconductible ou non, soit indéterminée.
26.2. dans le cas de relations suivies à durée indéterminée, chacune des parties peut y mettre un terme par l’envoi d’une lettre recommandée avec avis de réception moyennant
un préavis se calculant comme suit :
- 1 mois quand la durée de la relation est inférieure ou égale à 6 mois ;
- 2 mois quand la durée de la relation est supérieure à 6 mois et inférieure ou égale à 1 an ;
- 3 mois quand la durée de la relation est supérieure à un an et inférieure ou égale à 3 ans ;
- 4 mois quand la durée de la relation est supérieure à 3 ans, auxquels s’ajoute une semaine par année complète de relations commerciales, sans pouvoir excéder une durée
maximale de 6 mois.
26.3. pendant la période de préavis, les parties maintiennent l’économie du contrat.
26.4. en cas de manquements répétés de l’une des parties à ses obligations, malgré un avertissement adressé par lettre recommandée avec avis de réception, l’autre partie peut
mettre fin au contrat de transport qu’il soit à durée déterminée ou indéterminée, sans préavis ni indemnité, par l’envoi d’une lettre recommandée avec avis de réception.
26.5. en cas de manquement grave de l’une des parties à ses obligations, l’autre partie peut mettre fin au contrat de transport, qu’il soit à durée déterminée ou indéterminée,
sans préavis ni indemnité, par l’envoi d’une lettre recommandée avec avis de réception.

fait le 31 mars 2017.

Bernard cazeneuve
par le premier ministre :

La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat,
ségolène royal

Le secrétaire d’etat chargé des transports, de la mer et de la pêche,


alain Vidalies


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