Vous êtes sur la page 1sur 32

Notions de culture générale

Agnosticisme

Refus de se prononcer sur l’existence ou la non-existence de Dieu.


Terme souvent utilisé pour désigner une attitude face à la religion.

Aliénation

Au sens large et philosophique, processus non conscient par lequel un individu est
dépossédé de ce qui le constitue au profit d’un autre, qui l’asservit.
Le concept d’aliénation apparaît d’abord chez Hegel mais surtout chez Feuerbach et Marx.
Chez Feuerbach, l’aliénation est avant tout religieuse. Selon lui, l’homme projette en un au-
delà les qualités qui lui sont propres (l’aliénation est donc le transfert à une réalité
transcendante de qualités qui n’appartiennent qu’au genre humain). La critique de la religion
comme aliénation doit permettre à l’homme de réaliser son essence.
Chez Marx, l’aliénation est avant tout économique et sociale : en vendant sa force de travail,
le travailleur devient étranger à son travail, considéré aussi bien en tant que processus qu’en
tant que produit. L’aliénation recouvre ici à la fois une dépossession psychologique et une
dépossession économique.

Ame

Principe spirituel, immatériel et éternel, de l’homme et, dans certaines religions, de tous les
vivants.

Anarchie
L’anarchie signifie un état de désordre social dû à un manque d’autorité politique ; le mot a
une nuance péjorative.
Né au XIXe siècle, l’anarchisme revêt des formes diverses (Stirner, Proudhon, Bakounine)
mais il se caractérise par :
- le refus de tout principe extérieur d’autorité, religieux ou politique ;
- une critique de l’Etat au nom de l’individu ;
- l’idéal d’une organisation de la société par elle-même, sans institutions étatiques, et
fondée sur l’association de producteurs (coopératives, mutualisme…) et l’absence de
propriété privée.

Anomie

Au sens durkheimien, absence ou désintégration des systèmes de normes collectives


caractéristique des sociétés individualistes : l’anomie serait largement responsable de la
fréquence des suicides dans les sociétés modernes (suicide anomique).

Aristocratie

Au sens strict, régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par les « meilleurs ».
Au sens péjoratif, régime où le pouvoir est confisqué par des privilégiés.
Si une aristocratie est par définition anti-démocratique, elle n’est pas nécessairement
contraire au principe de la république.

Art

Le terme « art » (ars en latin traduit le mot grec technê) désigne aussi bien la technique, le
savoir-faire, que la création artistique, la recherche du beau.
S’ajoutant ou en se substituant à la nature, l’art peut aussi s’entendre dans le sens quelque
péjoratif d’artifice.
En tant que pratique, il est le fait de l’artisan, celui qui maîtrise un art dans le premier sens,
ou de l’artiste, qu’un talent ou génie particuliers rendent apte à créer la beauté.
Comme le suggère l’expression de beaux-arts, un rapport existe entre ces deux sens ;
toutefois la création artistique et l’œuvre d’art ne s’expliquent pas uniquement par la
possession d’une maîtrise.
Ascétisme

Ce terme qualifie une doctrine morale qui prône le dénuement, la pauvreté, le renoncement.

Athéisme

Au sens théorique, position qui consiste à refuser l’existence de Dieu ou le fait que Dieu
joue un rôle dans la formation du monde.
Au sens pratique, fait de fonder son engagement dans le monde à partir du refus de Dieu, ou
au moins du désintérêt manifesté à l’égard des questions de l’au-delà et du salut de l’âme (cas
des libertins au XVIIe siècle).
Du point de vue théorique, l’athéisme apparaît comme la conséquence matérialiste de
l’origine de l’évolution de l’univers et de l’homme.
Quant à l’athéisme pratique, il ouvre à une éthique et correspond à un engagement moral et
politique. Affirmer, par exemple, avec Nietzsche, que « Dieu est mort », a le sens d’un refus
des valeurs héritées par la religion chrétienne. De la même façon , l’athéisme peut s’articuler
comme chez Marx à la critique de la fonction sociale de la religion (« opium du peuple ») ou
chez Sartre à l’affirmation de l’absolue liberté de l’homme.

Atomisme

Doctrine soutenue d’abord par Démocrite puis par reprise par Epicure, selon laquelle tout ce
qui existe est matière et toute matière est composée d’atomes et de vide.

Autorité

Capacité d’exercer un pouvoir et de le faire respecter par autrui (autorité parentale, autorité
publique).
L’autorité est la caractéristique d’une personne ou d’une institution possédant un certain
ascendant sur les individus.
Elle doit être dissociée de la domination qui implique la violence et réclame une soumission
partielle ou totale.
L’autorité si elle peut éventuellement se fonder sur une compétence précise, exige surtout le
consentement libre des sujets qui obéissent non sous la contrainte mais plutôt par respect ;
Elle est donc indissociable de l’estime que l’on porte à celui qui s’en réclame ; sans cette
estime, elle disparaît au bénéfice de la force (Cf. Hannah Arendt, Qu’est-ce que l’autorité, in
La Crise de la culture).

Barbarie

Etymologique, le « barbare » signifie le « non grec, l’étranger »


Initialement, le mot est une onomatopée évoquant des paroles inintelligibles : le barbare,
c’était celui qui ne parlait pas le grec.
Lévi-Strauss, remarquant que le mot a pu aussi désigner chez les Grecs le gazouillement des
oiseaux, dénonce son caractère évidemment ethnocentrique.
Aujourd’hui, les termes de barbare et surtout de barbarie ont évolué et désignent
principalement des actes inhumains, contraires aux règles et aux droits de l’humanité, tels que
les génocides, les crimes contre l’humanité.
Par un singulier retournement, les comportements désignés comme « barbares » sont alors
ceux qu’inspire une inaptitude à repérer l’unité de l’humanité derrière la diversité des
cultures. Comme le dit Lévi-Strauss (Race et histoire) : « le barbare, c’est celui qui croit à la
barbarie ».

Bioéthique

Au sens large, désigne l’ensemble des interrogations, recherches et débats suscités, depuis
les années 1980, par les progrès des techniques biomédicales.
Au sens strict, étude des problèmes éthiques posés par l’interventionnisme médical.
Depuis quelques décennies, les discussions entre des experts, des savants, des
philosophes… ont permis l’élaboration d’une « éthique de la recherche » cosignée dans des
textes internationaux (Déclaration d’Helsinki de l’Association médicale mondiale, 19864 ;
Déclaration de Manille de l’OMS, 1982 ; Recommandation du Conseil de l’Europe, 1990).
Ces grands textes constituent une adaptation à la recherche biomédicale des valeurs affirmées
dans la DUDH de 1948. Les trois grands principes retenus sont : le principe du respect de la
personne humaine ; le principe de bienfaisance (éviter de nuire et faire le plus de bien
possible) ; le principe de justice (les hommes étant égaux en dignité et en droits, ils
doivent être traités de la même façon).

Bouddhisme

Le bouddhisme désigne les doctrines héritières de la sagesse du Bouddha. Initialement, le


bouddhisme n’est pas une religion mais plutôt une forme de sagesse puisqu’il ne se réclame
d’aucun dieu et se refuse d’admettre l’existence d’âmes.

Bureaucratie

Dans le langage courant, la bureaucratie est un terme qui s’applique à une organisation
caractérisée par la routine, la lenteur d’exécution, la complexité, le manque de transparence…
La bureaucratie désigne aussi une forme de gouvernement par les « bureaux », lorsque
l’appareil d’Etat est composé de fonctionnaires, nommés et non pas élus, organisés de façon
hiérarchique et dépendante d’une autorité souveraine.
Selon Max Weber, la bureaucratie est une forme d’organisation générale caractérisée
par la prépondérance de règles et de procédures qui sont appliquées de façon
impersonnelle par des agents spécialisés. Ces agents appliquent les règles sans discuter des
objectifs ou des raisons qui les fondent. Ils doivent faire preuve de neutralité et oublier leurs
propres intérêts personnels au profit de l’intérêt général. Dans cette forme d’organisation, les
recrutements reposent sur les concours.
Le principal mérite de l’analyse de Weber a été de montrer que les principes de la
bureaucratie tendaient à s’imposer dans tous les secteurs de la vie économique et sociale.
Les analyses de Weber ont été poursuivies par le sociologue français Michel Crozier dans le
Phénomène bureaucratique où il définit la bureaucratie comme « une organisation qui ne
peut ni se corriger facilement en fonction de ses erreurs, ni innover ou s’adapter sans
crise aux transformations de son environnement.
C

Capitalisme

Système économique caractérisé par la propriété privée des moyens de production ainsi que
par l’accumulation du capital.
Le sociologue Max Weber a mis en évidence les origines protestantes de l’esprit du
capitalisme (valorisation par la religion réformée à partir du XVIe siècle des activités profanes
de l’homme au premier rang desquelles se trouvent le travail et la production de richesses).
Mais c’est à Marx qu’on doit dans Le Capital une analyse socio-économique à la fois
complète et critique du capitalisme (cf. marxisme).
L’historien et économiste Charles Bettelheim a voulu montrer que l’URSS était demeurée
capitaliste : l’économie soviétique pouvait être assimilée à une capitalisme d’Etat.

Chrématistique

Chez Aristote, la chrématistique désigne l’acquisition de la richesse pour elle-même, et non


en vue d’une quelconque utilité. Cette recherche de la richesse pour la richesse a donc un sens
péjoratif.

Christianisme

Le christianisme est chronologiquement le second des trois grands monothéismes. Ses textes
de référence sont l’Ancien Testament, formé de la Bible hébraïque, et du Nouveau Testament,
constitué des quatre Evangiles(qui racontent la vie de Jésus) écrits par Marc, Matthieu, Luc et
Jean, des Actes des apôtres, des Epîtres et de l’Apocalypse.
Dans le christianisme, le Christ est considéré comme le fils de Dieu ; les chrétiens croient
l’immortalité de l’âme et au retour du Christ à l’heure du jugement dernier. L’autre dogme est
la Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont considérées comme une seule personne.
Les rites du christianisme sont principalement le baptême et la communion.
Parmi les Eglises chrétiennes , il y a le catholicisme romain, l’Eglise orthodoxe, les
protestantismes (anglicanisme et autres proliférations des sectes protestantes comme les
baptistes, les méthodistes, les pentecôtistes, les témoins de Jéhovah…).
Cité

Au sens ordinaire, désigne la ville considéré comme une entité morale et politique.
Au sens philosophique, désigne une communauté politique organisée (la « cité idéale » chez
Platon).
Dans l’Antiquité grecque, la cité désigne une fédération des tribus groupées sous des
institutions communes. Sparte et Athènes en sont les exemples les plus connus.
Aristote dans Les Politiques voit dans la cité à la fois un fait de nature et la forme
d’organisation sociale la plus parfaite en ce qu’elle réalise l’essence de l’homme, « animal
politique ».

Citoyen

Membre de la communauté politique, qui se définit à la fois par le libre exercice de ses
droits civiques et politiques et par sa participation aux décisions de l’Etat, au nom de la
volonté générale (et aussi par l’obéissance à la loi).
Le citoyen se définit par l’existence des libertés publiques et par l’égalité devant la loi.

Civilisation

Au sens ordinaire, désigne l’ensemble des phénomènes sociaux, d’ordre religieux,


moral, esthétique ou technique et scientifique, caractéristiques d’une société.
La civilisation peut aussi désigner un état d’avancement des mœurs et des
connaissances qu’il s’agisse d’une réalité ou d’un idéal.
Dans ce sens, le mot « civilisation » introduit l’idée de progrès : la civilisation s’oppose
alors à l’état sauvage et à la barbarie.
Longtemps, la civilisation européenne s’est considérée comme la civilisation par excellence,
supérieure tant sur le plan moral que sur le plan intellectuel et technologique.
Certains penseurs comme Rousseau ou Lévi-Strauss ont contesté cette idée en soulignant
que la civilisation au sens d’éloignement de l’état de nature ne se confond pas avec le progrès.

Contrat

Accord conclu par écrit, entre plusieurs personne, impliquant des engagements réciproques.
En philosophie politique, théorie selon laquelle l’autorité politique dérive d’une convention
originaire par laquelle les hommes renoncent à la totalité ou à une partie de leurs droits
naturels en échange d’une sécurité et d’une liberté garanties par la loi.

Communautarisme

Doctrine politique et morale du XXe siècle qui s’oppose ainsi bien à l’individualisme qu’à
l’universalisme rationnel.
Le communautarisme affirme la primauté de la communauté sur l’individu.
Les communautariens s’opposent au libéralisme qui fait de l’individu l’origine unique des
droits fondamentaux de l’homme et ignore qu’un sujet est toujours un sujet « engagé » dans
une ou plusieurs communautés.
Les représentants de cette école sont des auteurs anglo-saxons comme Charles Taylor et
Michaël Walzer.

Crime contre l’humanité

Actes extrêmement cruels, atrocités (meurtre, torture, viol, esclavage sexuel…) commis en
connaissance de cause par des personnes agissant dans le cadre d’une attaque généralisée
contre des populations civiles, de façon systématique ou sur une grande échelle (statuts de la
CPI, 17 juillet 1998.)

Culture

Dans un sens général, culture du latin colere signifie « mettre en valeur », par exemple
un champ mais aussi bien l’esprit.
La culture en est venue à désigner un ensemble de valeurs collectives (fondant une
société), alors qu’un autre sens du terme demeure : la culture est aussi un raffinement
individuel qui distingue un individu de ses semblables.
Dans la pensée rousseauiste et de Lévi-Strauss, le terme « culture » est synonyme de
« civilisation ».
D

Déconstruction

D’après Derrida, entreprise de clarification et de dénonciation de l’idéologie ou de la


« métaphysique » implicite des grands textes classiques ou fondateurs et de la philosophie
occidentale dans son ensemble.

Déisme

Affirmation en dehors de toute révélation religieuse, de l’existence d’un être suprême dont
la nature et les propriétés restent inconnaissables.
Le déisme se contente donc affirmer l’existence d’un Dieu sans prétendre la comprendre.

Démocratie

Type d’organisation politique dans laquelle c’est le peuple, c’est-à-dire l’ensemble des
citoyens sans distinction de naissance, de richesse ou de compétence , qui détient ou contrôle
le pouvoir politique.
La démocratie est souvent définie comme « la gouvernement du peuple, pour le peuple, par
le peuple ».
On peut distinguer la démocratie directe et la démocratie représentative où le peuple
gouverne par le truchement des représentants élus ou désignés.
La démocratie suppose la loi de la majorité, la liberté des individus et l’égalité des citoyens
que le libéralisme limite à l’égalité des droits et que la pensée socialiste veut étendre à
l’égalité des conditions sociales.
On peut donc distinguer une démocratie politique qui respecte les libertés civiques et
politiques (liberté d’expression, de presse…) et une démocratie économique et sociale qui
garantit les droits sociaux (droit au travail…).

Désenchantement
On parle de désenchantement lorsqu’une réalité perd de son mystère et qu’il n’existe plus
d’écart entre ce qu’elle est et la manière dont elle apparaît .
Le désenchantement est un concept clef de la sociologie de Max Weber : la modernisation
se caractérise par le recul des croyances diverses qui accordaient aux choses un caractère
magique. Les progrès de la science ont permis de dépasser ces conceptions naïves du monde
et ceux de la technique ont fait de la nature un domaine à transformer plutôt qu’une réalité à
contempler.
Nous vivons ainsi dans un monde désenchanté où la rationalisation des échanges et la
bureaucratie se substituent aux mythes et aux symboles traditionnels.

Despotisme

Type d’organisation politique où la volonté d’un seul vaut comme la loi et où règne par
conséquent l’arbitraire (absence de liberté et de sécurité pour les individus). Fondé sur la
crainte, le despotisme est souvent synonyme de dictature, de tyrannie.

Déterminisme

Principe selon lequel les phénomènes obéissent à des lois et dépendent de causes.

Dieu

Dans les religions monothéistes, être unique, personnel, absolument parfait, créateur du
monde, présidant à ses lois générales et pouvant y intervenir par des miracles.

Eclectisme

Approche philosophique qui consiste à emprunter aux divers systèmes les thèses ou
éléments les meilleurs quand ils sont conciliables, plutôt que d’édifier un système nouveau.
Ecologie

Au sens scientifique, étude de l’ensemble des êtres vivants et des relations qu’ils
entretiennent avec leur environnement.
Au sens philosophique, théorie ou doctrine qui se donne pour objectif une meilleure
adaptation de l’homme à son environnement naturel.
Au sens politique, ensemble de courants politiques inspirés par la philosophie écologique,
qui ont en commun une remise en cause des utopies progressistes.

Education

Mise en œuvre de méthodes et de procédés propres à assurer la formation et le


développement d’un être humain.
L’éducation, dont le but est de conduire l’homme à sa propre humanité, comporte toujours
d’après Kant deux aspects : la discipline et l’instruction. La discipline est la partie négative d
l’éducation. Elle habitue l’enfant à supporter la contrainte des lois.
Eduquer c’est conduire un enfant vers la liberté et l’autonomie lesquelles ne sauraient se
concevoir en dehors du cadre de la citoyenneté.
Si le but de l’éducation est le développement des capacités de l’individu ainsi que le
perfectionnement de l’humanité prise dans son ensemble, la détermination de ses méthodes et
de ses objectifs révèle de profondes divergences entre les philosophes.
Faut-il mettre l’accent sur l’épanouissement individuel ? L’éducation doit-elle être
conservatrice, autoritaire et protectrice comme le pense Hannah Arendt ? ou bien au contraire
non directive, libérale voire permissive ? Doit-on envisager l’éducation que dans une
perspective individualiste ou bien faut-il prendre en compte la dimension politique de
l’éducation (Eric Weil) ?

Egalité

Principe selon lequel les individus au sein d’une communauté politique doivent être traités
de la même façon.
On distingue généralement : l’égalité des droits (égalité civique et politique) qui se fonde
généralement sur l’idée d’une égalité naturelle (égale dignité) entre les hommes ; et l’égalité
des conditions (ou égalité sociale prônée notamment par les penseurs socialistes) qui s’oriente
vers un égalitarisme cherchant à égaliser les moyens et les conditions d’existence.

Egalité des chances

Conception de l’égalité selon laquelle les individus doivent disposer, au début de leur vie
sociale, des mêmes chances et des mêmes possibilités d’accéder aux professions et aux
positions sociales de leurs choix.

Empirisme

Conception selon laquelle la connaissance est fondée sur l’expérience. L’empirisme a


notamment été prônée par John Locke.

Epicurisme

Doctrine d’Epicure et de ses disciples (Lucrèce par exemple) fondée sur un idéal de sagesse
selon lequel le bonheur, c’est la tranquillité de l’âme (ataraxie), est le but de la morale ; cette
doctrine invite à ne craindre ni les dieux ni la mort et à rechercher les plaisirs simples et
naturels de l’existence.

Epistémologie

Analyse de l’« esprit scientifique » : étude des méthodes, des crises, de l’histoire des
sciences modernes ; études philosophique d’une science particulière (on parlera en ce sens
d’épistémologie des mathématiques, de l’histoire, etc…).

Equité

Sentiment spontané du juste et de l’injuste en tant qu’il se manifeste dans l’appréciation


d’un cas particulier et concret.
Le terme « équité » renvoie souvent au terme de « justice » et pose souvent le problème de
la distribution sociale équitable des contraintes, des charges, des privilèges et des honneurs.
Le terme « équité » est parfois considéré comme la recherche d’une égalité des chances qui
ne soit pas seulement un principe affirmé mais aussi une réalité concrète permettant une
véritable réduction des inégalités sociales.

Etat

L’Etat est une personne morale publique territoriale et souveraine. Les éléments constitutifs
de l’Etat sont souvent la présence d’une population, d’un territoire et d’un gouvernement.
L’Etat est souvent considéré comme l’ensemble des institutions (politiques, juridiques,
militaires, administratives, économiques) qui organisent une société sur un territoire donné.
Au sens du droit international, personne morale exerçant son contrôle politique sur un
territoire et une population donnés.
Pour Nietzsche, l’Etat est le plus froid des monstres froids.
Weber a défini l’Etat comme l’instance qui sur un territoire donné possède le « monopole de
la violence (contrainte) physique légitime ».
La notion d’Etat implique premièrement la permanence du pouvoir (« Le Roi est mort, vive
le Roi ») et deuxièmement qu’il existe un « espace public » à tous.

Etat de droit

La notion d’Etat de droit repose sur l’idée que le citoyen n’obéit pas au pouvoir, mais aux
lois que le pouvoir est seulement chargé de mettre en œuvre et sur celle que les citoyens sont
protégés contre les abus du pouvoir.
Au cœur de l’Etat de droit, on trouve l’existence d’une Constitution ainsi qu’une institution
permettant le contrôle de constitutionnalité des lois. Le Conseil constitutionnel assure la
protection des libertés individuelles et politiques contre par exemple les empiètements du
pouvoir législatif ou du pouvoir exécutif.

Ethique

Le terme est souvent considéré comme synonyme de morale : art ou pratique ayant pour fin
la vie bonne et heureuse.
Mais si on doit distinguer l’éthique de la morale, on peut dire que l’éthique est le fait d’une
communauté structurée, la morale le fait de l’individu en tant que personne. L’éthique
s’incarnerait dans les valeurs, la morale est loi.
On peut considérer que l’éthique est plus proche des déterminations du comportement de la
subjectivité vivante des individus ; tandis que la morale est l’exigence universelle, irréductible
et transcendante.

Ethnocentrisme

Tendance à privilégier la communauté à laquelle on appartient, à faire de sa propre culture


le seul modèle de référence et par suite à sous-estimer et à rejeter hors de la culture tout ce qui
n’en procède pas.

Evolutionnisme

Au sens philosophique, affirmation que le monde vivant évolue selon des lois mécaniques
(Herbert Spencer).
Au sens biologique, théorie d’après laquelle toutes les espèces vivantes dérivent les unes et
des autres par transformation naturelle ( Darwin et Lamarck).

Existentialisme

Toute philosophie qui place au centre de sa réflexion l’existence humaine dans sa dimension
concrète et individuelle.

Famille

Le mot famille peut prendre deux sens. Il peut désigner l’ensemble des personnes qui ont
des liens de parenté et d’alliance (sens biologique de la famille).
Mais il correspond aussi au groupe de personnes qui vivent ensemble dans le même foyer,
c’est-à-dire généralement les parents et les enfants (sens affectif, économique et administratif
du mot famille).

Fanatisme

Attitude de celui qui croit de façon aveugle à un dogme, un homme, une idée, un parti… et
qui se comporte en conséquence. Le fanatique est celui dont la conviction est telle qu’elle le
rend incapable de juger par lui-même, ni d’envisager ou même de tolérer toute autre opinion
que la sienne.

Génie

1. Divinité, être mythique


2. Caractère original et spécifique (ex. « le génie d’une langue, d’un peuple »)
3. Aptitude naturelle à créer quelque chose d’exceptionnel dans un domaine ou dans
certaines circonstances (ex. « avoir le génie des affaires »)
Certains penseurs philosophiques, comme Platon, considéraient que les artistes étaient dotés
d’un génie qui leur était conféré par les dieux ; d’autres comme Nietzsche refusaient de voir
dans les artistes des êtres supérieurs.

Génocide

Au sens du droit international (suivant les statuts de la Cour pénale internationale de La


Haye, 17 juillet 1998) : série d’actes tels que le meurtre, l’« imposition de conditions de vie
inhumaines »,…commis dans l’intention de détruire, en tout ou partie, un groupe national,
ethnique, racial ou religieux.
Il faut retenir que c’est l’intention (existence d’un projet, d’un plan concerté) qui définit
principalement le crime et que par conséquent, génocide ne signifie pas nécessairement
destruction totale, effective d’un groupe déterminé.
Gouvernement

Vient du latin gubernare qui signifie « diriger un navire ».


Ensemble des organismes et des personnes exerçant le pouvoir politique, soit simplement
exécutif et législatif.
Pour Kant, ce serait « l’insociable sociabilité » des hommes qui rendrait nécessaire
l’établissement d’un gouvernement, de telle sorte que ramener la pluralité à l’unité, le
désordre à l’ordre serait la fonction du gouvernement.
Des philosophes se sont interrogés sur des questions telles que : la légitimité d’un
gouvernement ou quel est le meilleur gouvernement (Platon, Aristote…).

Guerre

Lutte armée entre groupes sociaux ou entre Etats.


Pour certains penseurs, comme Proudhon, la guerre est inhérente à l’humanité et selon lui
l’humanité s’est affirmée et civilisée dans et par la guerre.
D’autres comme Machiavel, Clausewitz ou Aron pensent que la guerre n’est qu’un
prolongement de l’action politique.
D’autres comme Kant, dans Projet de paix perpétuelle, se sont interrogés sur la manière de
mettre fin à la guerre.

Hédonisme
Doctrine faisant du plaisir le souverain bien de l’homme.
L’hédonisme fut incarné en Grèce antique par l’école des Cyrénaïques, dans une certaine
mesure par l’épicurisme (car si on peut qualifier l’épicurisme d’hédonisme au sens littéral du
terme, on ne le peut guère au sens courant du terme car l’épicurisme consiste à la satisfaction
modérée de plaisirs simples et naturels). Il existe un hédonisme moderne, l’utilitarisme,
représenté par Jeremy Bentham.
Hindouisme

Nom donné par l’Occident à l’ensemble des traditions religieuses originaires de l’Inde et
autrement appelé « brahmanisme ».
Au sein de l’hindouisme, on retrouve les Vedas, recueils thématiques de textes révélés.
L’hindouisme qui associe des pratiques religieuses à une vision philosophique de l’ordre
cosmique, à une morale individuelle et à organisation politique de la société, est dominé par
une triade de divinités formée de Brahma (le créateur), Shiva (l’ordonnateur), Vishnu (le
destructeur).
Les rites hindous conjuguent des pratiques privées et publiques (pèlerinage vers la source du
Gange, bains dans les eaux sacrées, prières et offrandes collectives, incinérations). Les
hindouistes croient à l’immortalité de l’âme qui subit une série de réincarnations perpétuelles.
C’est également pour des raisons religieuses que la société hindoue est divisée en quatre
grandes castes (vaishya (paysan), brahmana (philosophe), kshatriya (nobles, guerriers,
politiques), shudra (serviteurs)).

Historicisme

Selon Karl Popper, théorie propre aux sciences sociales d’après laquelle la connaissance
d’ordre scientifique des lois générales de l’histoire peut permettre d’anticiper au moins
partiellement l’avenir (Misère de l’historicisme, 1945).

Holisme

Principe sociologique selon lequel les comportements individuels s’expliquent par référence
aux structures sociales et au milieu social dans lequel évolue les individus.

Humanisme

Toute doctrine qui a pour l’objet l’épanouissement de l’homme.


Historiquement, l’humanisme est un mouvement intellectuel et littéraire apparu d’abord en
Italie dès le XIVe siècle puis en France aux XV et XVIe siècles.
L’humanisme s’oppose souvent au Moyen-Age chrétien et à la scolastique et est marqué par
la redécouverte de l’Antiquité grecque et romaine.
L’humanisme marque une étape importante dans l’histoire de la culture européenne car a
contribué à affranchir la philosophie de la tutelle de la théologie.
Les humanistes tels que Erasme, Montaigne, Rabelais défendent la valeur et la dignité de
l’homme et sa place éminente dans l’univers. Tous soulignent l’importance de la culture, de
l’éducation en tant qu’elles permettent à l’homme de développer librement ses facultés et
d’accéder à une sagesse pleinement humaine.
La philosophie des Lumières renouera d’une certaine manière avec la tradition humaniste.

Impératif hypothétique/Impératif catégorique

Chez Kant, l’impératif hypothétique est conditionne. Il subordonne l’impératif à une fin et
n’a de valeur que si et seulement si on cherche à atteindre cette fin. L’impératif hypothétique
n’est alors qu’un simple moyen, un conseil de prudence ou d’habileté.
L’impératif catégorique est lui un impératif moral : il n’est pas subordonné à une fin. Il
prend la forme de la loi morale qui s’énonce comme suit : « Agis de telle sorte que la maxime
de ta volonté puisse toujours valoir comme principe d’une législation universelle

Individualisme

Dans le sens ordinaire, conception selon laquelle l’individu constitue une réalité première,
essentielle et fondatrice de toute valeur.
Sociologiquement, « l’individualisme méthodologique » est la théorie selon laquelle les
phénomènes collectifs et sociaux doivent toujours être expliqués en termes individuels.
Economiquement, doctrine préconisant de limiter le plus possible le rôle de l’Etat dans les
activités économiques et sociales et d’encourager l’initiative privée.
Philosophiquement, doctrine selon laquelle la société est formée par et pour des individus.

Islam

Avec une minuscule, l’islam désigne l’ensemble des courants religieux musulmans ; avec
une majuscule l’Islam désigne l’ensemble des pays se réclamant de la religion musulmane.
L’Islam est né au VIIe siècle, fondé par Mahomet à la Mecque. Son texte de référence est le
Coran.
Les cinq piliers de l’Islam sont : ne croire qu’à un seul Dieu et à ses prophètes ; la prière à
heures fixes ; le devoir d’aumône ; le jeune diurne durant le Ramadan, le pèlerinage à la
Mecque une fois dans sa vie, si on le peut.

Judaïsme

Nom de la culture et plus spécialement de la religion des Juifs.


Le judaïsme est le plus ancien des monothéismes. Son texte fondateur est la Bible (Ancien
Testament) et plus spécialement l’une de ses parties, la Torah. Le Talmud est également un
texte important pour la religion juive.

Justice distributive

Caractère que prend la justice lorsqu’elle s’efforce de déterminer ce qui est dû à chacun en
fonction de ses mérites.

Justice commutative

Caractère que prend la justice lorsqu’elle conçoit ce qui est dû à chacun comme devant être
strictement équivalent (interchangeable).

Justice sociale

Conception de la justice qui prône la recherche d’une plus grande équité dans la distribution
des richesses.

L
Laïcité

En France, le principe de laïcité découle des dispositions du Préambule de 1946 ainsi que de
la Constitution de 1958 selon laquelle la France est une république qui « respecte toutes les
croyances » (art. 1er). Il implique que l’école soit neutre et ne prenne pas parti en matière
politique, religieuse ou philosophique. Pour cette raison, certains préfèrent parler de principe
de neutralité.
Le principe de laïcité interdit l’organisation des réunions politiques dans les locaux
scolaires.
La laïcité n’est pas seulement à la séparation des Eglises et de l’Etat (loi du 09/11/1905),
c’est également une morale, et un idéal : celui de la liberté absolue de conscience.
La laïcité républicaine est d’abord selon Jules Ferry une difficile ascèse individuelle, fondée
sur le premier des devoirs républicains : s’instruire. L’humanisme, le rationalisme et le respect
de la libre pensée sont les composantes essentielles de cette philosophie que certains jugent
désuète.

Légalité

Simple conformité aux lois sans préjuger de leur bien-fondé ou de leur caractère.
On oppose souvent la légalité à la légitimité.

Légitimité

Elle renvoie elle à l’idée d’équité, de bien-fondé, de bon-droit, de justice et fait appel à des
valeurs supérieures à celles des lois établies par le droit positif.
La légitimité est donc le caractère de ce qui est accepté et reconnu dans une société.
Un pouvoir est légitime lorsqu’il a été établi et qu’il fonctionne conformément à l’idée que
l’opinion a de la manière dont il doit être idéalement détenu et exercé.
Pour les trois légitimités, voir Weber.

Loi

Règle obligatoire établie par une autorité souveraine et régissant les rapports des hommes au
sein d’une société.
Philosophie des Lumières

On appelle « philosophie des Lumières » les idées qui ont animé la vie intellectuelle en
Europe au XVIIIe siècle.
Ce mouvement d’idées présente quelques caractéristiques :
- le principe de l’autonomie de la raison ;
- la méfiance envers l’usage de l’argument d’autorité, et notamment envers les
dogmes religieux
- la critique du politique, articulée autour des idées de tolérance, de liberté et
d’égalité ;
- l’idée de progrès : non seulement progrès du savoir mais aussi progrès de la
civilisation et progrès moral, lequel suppose la perfectibilité de l’homme.

Matérialisme

Outre le matérialisme historique, désigne dans un sens péjoratif une attitude caractérisée par
un attachement aux biens matériels et par une absence d’idéal.
Philosophiquement, théorie selon laquelle la matière est la seule réalité existante. Cette
conception entraîne généralement un refus de Dieu, de l’immortalité de l’âme, et en général
de la religion.

Médiologie

Terme forgé par le philosophe français Régis Debray pour désigner la discipline qui prend
pour objet d’étude les interactions, passées et présentes, entre la technique et la culture.

Métaphysique
Désigne souvent la connaissance par la raison et non par une révélation de type religieux,
des réalités immortelles, « au-delà » des réalités physiques matérielles (Dieu, l’âme, les Idées
platoniciennes).
Elle peut désigner aussi la science suprême ou première ayant pour objet l’absolu, le
fondement inconditionné des choses.

Modernité

La modernité désigne à la fois une époque, une civilisation et une conception de l’homme
indissociable de notre culture et de notre philosophie européenne.
La notion renvoie à l’histoire des Temps modernes, depuis la Renaissance jusqu’au monde
contemporain. Elle commencerait à partir du XVIe siècle en Europe avec le protestantisme,
l’avènement des sciences expérimentales et les grandes découvertes. Puis elle culmine au
siècle des Lumières. Rationalisme, positivisme et optimisme en sont sur le plan philosophique
les traits les plus significatifs.
La modernité engage quatre grandes révolutions :
- la conquête de l’homme « moderne » de son autonomie et la volonté de maîtrise du
monde (projets rationalistes et philosophie cartésienne) ;
- l’homme « moderne » vide le monde de son mystère, il le désenchante et s’efforce
de s’approprier les qualités des dieux du passé, à savoir l’omniscience et la
puissance ;
- le troisième trait de la modernité est la différenciation des institutions :
sécularisation et laïcisation de la société ;
- la modernité culmine dans les idéaux de l’humanisme occidental développés par les
Lumières.
Le post-modernisme est plus un état d’esprit qu’un fait de civilisation. Le trait central est
sans doute le constat d’une crise du sens procédant d’une désillusion généralisée à l’égard des
idéaux humanistes de la modernité. Scepticisme et relativisme en sont les conséquences
naturelles. Les pères de la post-modernité sont Nietzsche (« Dieu est mort »), Heidegger
(critique de la technique), Habermas (critique de la rationalité)…

Monarchie
Régime politique dans lequel l’autorité est exercée par un roi ou d’une façon plus générale
par un individu.
Il fait distinguer la monarchie absolue dans laquelle le monarque concentre tous les
pouvoirs et est à l’origine des lois et la monarchie constitutionnelle dans laquelle le roi exerce
son autorité dans un cadre légal qui la limite.
Toutefois, il faut distinguer la monarchie absolue avec l’exercice tyrannique du pouvoir.

Morale

Ensemble de règles de conduite et de valeurs au sein d’une société ou d’un groupe.


Au sens philosophiquement, désigne une doctrine raisonnée indiquant les fins que l’homme
doit poursuivre et les moyens d’y parvenir (morale stoïcienne par exemple).

Multiculturalisme

Théorie ou politique soucieuse de respecter et de protéger toutes les cultures minoritaires et


fragiles (Charles Taylor).

Mythe

Au sens ordinaire, croyance imaginaire voire mensongère fondée sur la crédulité de ceux
qui y adhèrent ; dans ce sens, synonyme de fable, de conte ou de mystification.
En ethnologie ou dans le discours religieux, récit extraordinaire relatant les aventures de
dieux, demi-dieux ou héros, survenues hors du temps de l’histoire, sur laquelle ils influent
pourtant (ainsi les mythes de la formation du monde ou de la destinée de l’âme après la mort).

Négationnisme

Terme forgé en 1990 pour désigner ce qu’on appelait jusqu’alors « révisionnisme ».


Pour Pierre Vidal-Naquet, le révisionnisme est la « doctrine selon laquelle le génocide
pratiqué par l’Allemagne nazie à l’encontre des juifs et des tziganes n’a pas existé mais relève
du mythe, de la fabulation, de l’escroquerie ».
En France, le délit de négationnisme (lorsqu’il concerne les crimes commis dans le cadre du
nazisme) y est passible de sanctions pénales (loi du 13 juillet 1990).

Nihilisme

Doctrine proclamant la négation de toutes les valeurs reconnues. Chez Nietzsche,


dévaluation des valeurs.
Le nihilisme proclame le « rien » : il nie toute valeur transcendante, et n’accorde
d’importance qu’à la destruction et à la mort.
Le nihilisme trouve dans l’œuvre de Dostoïevski ses premières illustrations littéraires sous
la forme de personnages liant l’affirmation de l’inexistence de Dieu à celle d’une égalisation
de toutes les actions et les valeurs.
Le nihilisme devient une problématique proprement philosophique à partir de Nietzsche qui
voit dans cette dévaluation de toutes les valeurs le résultat logique de plus de vingt siècles
d’histoire d’un Occident décadent.

Obscurantisme

Attitude intellectuelle hostile aux progrès de la connaissance et qui consiste à refuser de se


laisser guider par les lumières de la raison. Le XVIIIe siècle a combattu l’obscurantisme
religieux qu’il associait à la superstition et au fanatisme.

Oligarchie

Régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par un petit nombre.
Une oligarchie n’est pas nécessairement une aristocratie ni une tyrannie.
P

Personnalisme

Ensemble de doctrines morales et politiques qui font de la personne la plus haute de toutes
les valeurs (Emmanuel Mounier, Paul Ricoeur,…).

Peuple

Collectivité humaine et politique régie par des lois et des coutumes communes.
Le peuple constitue une communauté inter-humaine organisée selon certaines lois ou selon
certaines traditions. Bien qu’étant constitué d’individus, le peuple ne se réduit pas à la somme
de ses membres mais forme une réalité relativement autonome.

Ploutocratie

Régime dans lequel le pouvoir politique est confisqué par les riches.

Pluralisme

Doctrine ou système admettant l’existence d’opinions politiques et religieuses, de


comportements culturels et sociaux différents, au sein d’un groupe organisé. Le pluralisme est
essentiel à la démocratie.

Politique

La politique (au féminin) désigne l’art de gouverner la cité, de diriger l’Etat : c’est
l’ensemble des règles et des institutions que s’impose à elle-même une collectivité pour vivre
en sécurité.
Le politique (au masculin) désigne sociologiquement l’ensemble du domaine des
institutions, distingué d’autres aspects de la réalité sociale, en particulier de la sphère
économique (le marxisme emploiera souvent « le politique » en ce sens).
Pouvoir

Le pouvoir peut se définir comme la faculté d’exercer sur un homme une domination telle
qu’on obtienne de lui des actes ou des comportements qu’il n’aurait pas adoptés
spontanément.

Pragmatisme

Conception fondée sur un principe d’efficacité et peu soucieuse de spéculation théorique ou


même d’idéal.
Pour le pragmatisme, le critère de la vérité d’une idée est la réussite de l’action. Les
penseurs du pragmatisme comme William James et Charles Sanders Peirce affirment qu’une
idée vraie n’est pas une simple copie de la réalité. C’est dans la mesure où une idée est un
guide utile pour l’action qu’elle est en accord avec la réalité, et donc qu’elle est vraie.

Prédestination

Désigne le fait qu’un homme soit destiné de toute éternité, par décision de Dieu, au salut ou
à la damnation.

Providence

Attribut divin, grâce auquel Dieu guide le cours des événements en fonction de la fin (du
but) qu’il leur assigne.
On peut distinguer avec Malebranche :
- une Providence générale : l’ordre général et harmonieux du monde, fixé une fois pour
toutes : il s’agit des lois de la nature, conçues comme l’expression de la perfection du
plan divin.
- une Providence particulière : l’intervention personnelle de Dieu dans le cours des
événements, par des miracles, pour remédier à certaines désordres.
R

Racisme

Terme formé vers 1902 à partir de race.


Théorie ou doctrine selon laquelle il existe une hiérarchie entre les races et volonté de
préserver la « race supérieure » de tout croisement.
Affirmation de la supériorité d’une race ou d’un peuple et « justification » à partir de cet
axiome de son droit à dominer les autres groupes ou races tenues pour inférieurs.

Rationalisme

Doctrine qui consiste à privilégier la raison comme moyen de connaissance ou d’explication


de la vérité.

Relativisme

Au sens ethnologique et sociologique, doctrine qui insiste sur la différence de culture et de


valeurs des sociétés, combat la tendance à juger des autres systèmes sociaux en vertu du nôtre
et prône la tolérance. En ce sens, le relativisme refuse l’idée qu’il puisse y avoir des valeurs
universelles.

Religion

Le terme « religion » vient du latin religio. Ce terme vient-il de religare, « relier » ou de


religere, « recueillir de nouveau », « rassembler » ? Il est difficile de trancher. Ces deux pistes
étymologiques renvoient en tout cas au double aspect de la religion : à la fois piété qui relie
les hommes à la divinité (ce que Bergson appelait « religion dynamique »), et pratique rituelle
institutionnalisée (pour Bergson « religion statique »).
La religion est ainsi couramment définie comme un ensemble de croyances et de rites
comprenant un aspect subjectif (le sentiment religieux ou la foi) et un aspect objectif (des
cérémonies, des institutions, éventuellement une Eglise).
République

Au sens premier et originel, désigne l’Etat en général : « j’appelle république tout Etat régi
par les lois » (Rousseau).
Actuellement, Etat non monarchique, fondé sur le principe de la souveraineté populaire, que
celle-ci s’exerce directement ou par le truchement de représentants élus.
La République est souvent synonyme de démocratie et se caractérise :
- l’égalité devant la loi et l’égale liberté de tous ;
- la volonté commune d’un intérêt général, non réductible aux intérêts particuliers ;
- la participation de tous à la vie publique, c’est-à-dire la politisation des consciences
(chacun doit se sentir concerné par l’Etat) ;
- la vertu des citoyens et une éducation civique visant à renforcer le souci qu’a chacun de
l’intérêt commun (d’où l’importance que la République française a toujours donné à la
République).

Révolution

Changement brusque et décisif dans l’ordre social, intellectuel, esthétique, moral (qui se
manifeste généralement par le changement de régime politique).
Le propre d’une révolution, par opposition à une révolte ou une réforme ou un coup d’Etat,
est d’instaurer un ordre nouveau et ceci de manière irréversible.
Toute révolution semble comporter l’idée de bouleversement violent : Marx admettait
qu’elle était absolument inévitable pour renverser un ordre ancien devenu caduc.
Pour Kant, une révolution, parce qu’elle détruit l’idée même d’un état civil, ne mène qu’à
l’anarchie.

Romantisme

Si le romantisme désigne avant tout un phénomène littéraire, il caractérise aussi une


tendance philosophique propre à l’Allemagne de la première moitié du XIXe siècle. Le
romantisme, en opposition aux Lumières, entend réhabiliter les facultés sensibles de l’homme
comme l’intuition et l’imagination. C’est en ce sens que le romantisme exalte la figure du
génie qui symbolise la capacité d’un individu à dépasser ses limites et à s’élever jusqu’à Dieu.
Le domaine privilégié du romantisme est également la religion : ce mouvement est donc une
remise en cause de la rationalité.

Scientisme

Attitude intellectuelle qui s’est développée surtout au XIXe siècle et qui accorde au progrès
scientifique une valeur absolue.
Le scientisme confère à la science le monopole de la connaissance véritable et lui attribue la
capacité de résoudre progressivement l’ensemble des problèmes qui se posent à l’homme.

Sécularisation

La sécularisation ne signifie pas nécessairement l’athéisme : elle signifie le fait que les
religions n’organisent plus la vie sociale. C’est donc une évolution des sociétés dans le sens
d’un affaiblissement de l’influence religieuse, d’un affranchissement des individus et des
institutions par rapport à la religion.
La sécularisation est un phénomène important des sociétés démocratiques contemporaines
qui reposent sur le principe de l’autonomie individuelle.
Elle doit être distinguée de la laïcisation qui concerne l’organisation juridique de la société
(l’Angleterre ou la Suède ne sont pas des pays laïcisés puisqu’ils ont une religion d’Etat mais
ce sont des sociétés sécularisées).

Société

Une société est un ensemble de personnes qui nouent entre eux toutes sortes de relations
(politiques, économiques, culturelles…). La définition de la société est peu précise car c’est
l’un des objets de la sociologie de préciser les caractéristiques de telle ou telle société.
De façon générale, une société comprend :
- une certaine organisation (existence d’institutions)
- un système de relations (relations sociales, politiques, économiques, religieuses, etc…)
- un ensemble de groupes ou de groupements (familles, classes, ethnies, etc…)
- une culture contribuant à l’unité de la société.
Durkheim oppose la société traditionnelle et la société moderne et le sociologue allemand
Ferdinand Tönnies oppose la société à la communauté (groupe de personnes partageant le
sentiment fort d’appartenir à un même ensemble et marqué par un lien affectif, la tradition).

Spiritualisme

Voir Bergson.

Stoïcisme

Le stoïcisme comme d’ailleurs l’épicurisme qui lui est comtemporain est d’abord une
doctrine morale qui propose des règles de vie propres à atteindre le bonheur et la sagesse.
Toutefois, ces règles s’appuient sur une conception théorique et rationnelle de l’univers. Le
stoïcisme est bien en ce sens une philosophie.

Surhomme

Chez Nietzsche, désigne un dépassement de l’humain conforme à la volonté de puissance.


Il s’agit d’une notion projetée vers l’avenir comme un défi, d’un appel à une transgression
de l’humain par un acte d’autodépassement conforme à l’essence la plus intime de la volonté
de puissance.

Technocratie

Situation dans laquelle le pouvoir est confisqué par ceux qui disposent ou prétendent
disposer d’une compétence technique.
Système d’organisation politique et sociale dans lequel les techniciens (« les hauts-
fonctionnaires ») exercent une influence prépondérante.
Théocratie

Gouvernement dans lequel le pouvoir est présenté comme émanant de la volonté d’une
divinité – le souverain étant lui-même souvent vénéré comme un représentant de Dieu sur
terre.

Travail

Souvent désigné comme une activité rémunérée, le travail a avant tout pour but la
transformation de la nature dans un sens utile à l’homme, c’est-à-dire en vue de la satisfaction
de ses besoins.
Le travail serait l’activité humaine la plus proche de l’animalité, de la nécessité biologique
en vertu de sa finalité qui est de satisfaire nos besoins ; la plus éphémère aussi dans ses
réalisations puisque le produit du travail est en effet destiné à être consommé.

Utilitarisme

Doctrine représentée notamment par les philosophes Jeremy Bentham et John Stuart Mill
qui repose sur l’idée que le but de la société doit être le « plus grand bonheur du plus grand
nombre », c’est-à-dire le total des plaisirs additionnés de chaque individu.
L’utilitarisme fait de l’utilité le seul critère de la moralité : une action est bonne dans la
mesure où elle contribue au bonheur du plus grand nombre.
L’utilitarisme est associé à la recherche incessante par les individus de leur intérêt
personnel.

Vitalisme
Toute théorie qui s’oppose à une réduction de la vie à ses caractères physico-chimiques et
recourt à une force visible distincte de la matière.
La philosophie de Bergson peut être considérée comme un vitalisme car elle considère que
les propriétés de la matière et le déterminisme que la raison peut y trouver n’expliquent pas
l’essentiel de la vie, soit l’évolution créatrice.