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Royaume du Maroc

Royaume du Maroc Direction des Etudes et des Prévisions Financières Tableau de bord social ( (

Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Maroc Direction des Etudes et des Prévisions Financières Tableau de bord social ( ( V V

Tableau de bord social

((VVeerrssiioonn mmooddiiffiiééee))

février 2006

SOMMAIRE

 

Page

Note de présentation

1. Population et ménages

1

Population légale par milieu de résidence

1

Effectif des ménages selon les différents recensements

1

Population légale par région

2

Indicateurs sur la structure de la population

3

Indicateurs sur la jeunesse, vieillesse et dépendance

4

Pyramide des âges

5

Indicateurs sur la répartition spatiale de la population

6

Indicateurs relatifs aux ménages

7

Indicateurs sur la fécondité

8

Indicateurs sur la nuptialité

9

2. Activité, chômage et emploi

10

Indicateurs sur l’activité de la population

10

Indicateurs sur le chômage de la population

12

Indicateurs sur l’emploi de la population

14

Indicateurs sur l’activité et chômage par région

19

3. Education et formation

20

Ressources financières de l’éducation nationale

20

Indicateurs sur l’enseignement public et privé

21

Taux brut et taux net de scolarisation

23

Taux d’analphabétisme

24

Infrastructure d’accueil publique

25

Formation professionnelle publique

26

4. Santé et prévoyance sociale

27

Ressources financières de la santé publique

27

Couverture médicale et occupation

28

Longévité, mortalité et santé reproductive

29

Prévoyance sociale

31

5. Niveau de vie et pauvreté Indicateurs du niveau de vie de la population

33

Inégalités en matière de dépense

34

Population pauvre et seuil de pauvreté

35

Pauvreté, vulnérabilité et sévérité de la population

36

Synthèse de la pauvreté dans les communes

38

Synthèse de la vulnérabilité dans les communes

39

6. Habitat et conditions d’habitation

40

Note de présentation du tableau de bord social

Le développement économique d’un pays a longtemps été mesuré sur la base des indicateurs économiques seulement, tels le PIB, le PNB ou leur taux de croissance. Cependant, les expériences de développement à travers le monde ont révélé qu’une croissance économique forte ne signifiait pas systématiquement le développement. La notion de bien être des populations doit également être considérée, et de là découle la nécessité de mesurer et de suivre les indicateurs sociaux pour en apprécier l’évolution et pouvoir établir des comparaisons internationales.

Dans ce cadre, la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) a mis au point un tableau de bord social en 1997 qui, sur la base de données chiffrées 1 , dresse un état des lieux du niveau de développement humain au Maroc à travers l’analyse d’un certain nombre d’indicateurs relatifs à la démographie, l’éducation et la formation, l’emploi, la santé, le niveau de vie et les équipements de base. Il procède, dans une seconde partie, à une comparaison de certains indicateurs socio-économiques du Maroc avec un échantillon de pays émergents en vue de dégager des enseignements en matière de développement humain.

S’agissant de la stratégie 2005 du pôle social, le Ministère du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité (en coordination avec le Secrétariat d’Etat chargé de la Famille, de l’Enfance et des Personnes Handicapées, l’Entraide Nationale et l’Agence de Développement Social), plaide pour l’adoption d’une approche territoriale destinée à affronter tous les facteurs de pauvreté, de vulnérabilité économique, de précarité et d’exclusion sociale. Cette approche s’inscrit dans le cadre de contrats programmes sociaux 2005/2010. Elle est notamment axée sur la planification stratégique fondée sur un diagnostic social territorial, la création d’une dynamique pérenne de développement social local, l’implication et la coordination intersectorielle, l’implication des différents partenaires autour d’un projet de développement social local et l’établissement d’un lien territorial entre la dynamique de développement économique et celle de développement social.

Dans le même sens, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), annoncée dans le Discours Royal du 18 Mai 2005, constitue un changement essentiel dans l’élaboration des plans des politiques publiques et une dimension stratégique pour éradiquer le déficit social et lutter contre l’exclusion et la marginalisation. Elle représente également une approche et une méthodologie nouvelle adoptant la culture du partenariat entre tous les opérateurs à travers un meilleur investissement des moyens et des compétences.

La présente note, se rapportant à la neuvième édition dudit tableau de bord, fait ressortir les principales tendances des indicateurs sociaux au cours des dernières années :

instruments d’évaluation et de suivi des réalisations et des progrès accomplis dans la voie du développement social. Ces indicateurs permettent aussi le suivi de la tendance des caractéristiques démographiques et socio-économiques de la population marocaine dans le but d’adapter ou de réorienter les programmes de développement conformément aux besoins réels de cette population.

1 Produites essentiellement par le Ministère des Finances et de la Privatisation, le Haut Commissariat au Plan, le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique, et le Ministère de la Santé Publique.

Direction des Etudes et des Prévisions Financières

I

1. Population et ménages

Population selon le RGPH de 2004

Selon les premiers résultats du recensement général de la population et de l’habitat organisé par le Haut Commissariat au Plan en septembre 2004, le Maroc compte aujourd’hui 29.891.708 habitants. Le nombre de résidents urbains est passé de 13.429.658 à 16.463.634 habitants entre les deux recensements soit une augmentation globale de 3.033.976 personnes. La population rurale, quant à elle, ne s'est accrue durant la période intercensitaire que de 784.015 personnes, passant de 12.644.059 à 13.428.074.

Ainsi, le taux d'accroissement démographique annuel moyen qui s'en dégage est de 1,4% contre 2,1% entre 1982 et 1994. Ceci s'explique par la baisse du taux de fécondité pour plusieurs raisons, à savoir, hausse de l'âge au premier mariage, chômage, utilisation des moyens contraceptifs…

Le temps de doublement théorique de la population, mesuré sur la base du taux d’accroissement annuel moyen sur la période intercensitaire (1994-2004), toutes choses étant égales par ailleurs, est de l’ordre de 50,4 ans au niveau national, soit à l’horizon de 2054. Avec la baisse du rythme d’accroissement de la population, ce temps peut être interprété comme étant le temps minimum pour que la population marocaine double son effectif.

Cette évolution a induit des mutations structurelles importantes au niveau de la pyramide des âges de la population :

Baisse de la part des moins de 15 ans : 30,7% en 2004 contre 37% en 1994 et 42,2% en 1982.

Hausse du poids de la population en âge d’activité (15 à 59 ans) : 61,2% en 2004 contre 55,9% en 1994 et 51,7% en 1982.

Stagnation du poids de la population des jeunes (15 à 24 ans) : 21,0% en 2004 contre 20,8% en 1994 et 1982.

Légère augmentation de la part des personnes âgées de 60 ans et plus : 8% en 2004 contre 7,1% en 1994 et 6% en 1982. Ceci peut être expliqué par l’amélioration de la couverture médicale et des conditions de vie.

Il s’en suit une augmentation du rapport de vieillesse 2 de 9% en 1981 à 12,3% en 2004 et une baisse importante du rapport de jeunesse 3 de 91,3% à 47,1% entre temps. La diminution des jeunes et l’augmentation des vieux, est le schéma qui caractériserait la société marocaine de demain selon les projections du CERED. Ce vieillissement de la population est expliqué, entre autre, par la réduction de la fécondité et par conséquent la réduction des génération jeunes (vieillissement par la base de la pyramide) et les gains de longévité, suite aux progrès de la médecine et de la qualité de vie, qui font augmenter l’espérance de vie et par conséquent l’augmentation des personnes âgées (vieillissement par le sommet de la pyramide).

2 Rapport de vieillesse est l’effectif des personnes de 60 ans et plus rapporté à celui des personnes en âge d’activité. Cet indicateur mesure le degré de dépendance économique des personnes âgées aux personnes en âge d’activité.

3 Rapport de jeunesse est l’effectif des personnes de moins de 15 ans rapporté à celui des personnes en âge d’activité

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II

La croissance démographique en milieu urbain est plus rapide qu’en milieu rural, avec des taux moyens respectifs de 2,1% et 0,6% entre les recensements 1994 et 2004. Ceci induit une hausse du taux d’urbanisation 4 qui est passé de 51,5% à 55,1%.

L'examen de l'évolution de la population des principales villes du pays durant la dernière décennie montre que certaines grandes villes semblent ne plus être attractives, malgré leur poids économique ou administratif. C'est le cas notamment de Rabat dont la population s'est pratiquement stabilisée depuis 1994, et de Casablanca qui, avec un taux d'accroissement démographique de 0,8% ne semble plus susciter l'engouement des migrants, et de Safi et Khouribga avec des taux respectifs de 0,8% et 0,9%.

La distribution régionale est marquée par la concentration de près du tiers de la population dans trois régions : le Grand Casablanca avec ses 3,6 millions d'habitants (12,1%), Souss- Massa -Draa et Marrakech-Tensift-Al Haouz avec 3,1 millions chacune (20,8%). Le reste est réparti selon des proportions variant de 0,3% à 8,3%. Près d'un Marocain sur 10 vit dans la préfecture de Casablanca. Kénitra, El Jadida et Marrakech sont trois provinces dont la population dépasse le million. Aousserd est la province la moins peuplée (20513 personnes).

Ces modifications de la structure de la population méritent d’être considérées dans l’élaboration des politiques de développement du pays, par l’établissement de mesures spécifiques de prise en charge des personnes âgées dont la part augmente de manière significative, et par la prise en compte dans les politiques de l’emploi de l’accroissement important de la population active.

Ménages

Malgré la baisse relative du taux de fécondité, la taille des ménages n’a que légèrement diminué au niveau national : 5,2 personnes par ménage en 2004 contre 5,9 en 1994. En milieu rural, cet indicateur s’est même stabilisé autour de 6,6 personnes par ménage depuis 1994, et en milieu urbain, il a baissé de 5,3 à 4,8. Les projections du CERED de 1997 estiment la taille moyenne des ménages marocains en 2010 à 4,9 personnes (4,4 en milieu urbain et 6,1 en milieu rural).

La croissance annuelle moyenne de l’effectif des ménages est plus rapide en milieu urbain (3,1% l'an entre 1994 et 2004) qu’en milieu rural (1,5% l'an), du fait d’un accroissement naturel plus important en milieu urbain et de l’exode rural.

La part des ménages dirigés par une femme a connu une baisse entre 1994 et 2003 dans le milieu rural, passant de 11,3% à 8,8%. Par contre, cette part est restée stagnée au milieu urbain (autour de 18,7%) et au niveau national (autour de 15%).

Nuptialité et fécondité

L’accès croissant à la scolarisation et à la formation, ainsi que les mutations économiques de ces dernières années, ont eu pour conséquence l’augmentation du taux de célibat, particulièrement pour les femmes: de 25,6% à 37,8% respectivement en 1982 et en 2001 contre 41% et 49,9% pour les hommes. Le taux de célibat le plus important est enregistré dans la catégorie des jeunes (15 à 24 ans) sous l’effet du prolongement de la durée des études, et est plus important en milieu urbain (91,7% en 2001) qu’en milieu rural (85,9% la même année). Ceci s’explique par le recul de l’âge au premier mariage de plus de 4 ans

4 Effectif de la population urbaine rapporté à celui de la population totale Direction des Etudes et des Prévisions Financières

III

entre 1982 et 2004, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Entre les deux derniers recensements, malgré son niveau déjà élevé au premier recensement, cet indicateur a encore gagné une demie année chez les femmes (passant de 25,8 ans à 26,3 ans) et un peu plus d’une année chez les hommes (de 30 ans à 31,2 ans).

Les changements de comportement de la nuptialité se traduisent par une baisse de la natalité. En effet, le taux brut de natalité 5 est passé de 37,2‰ en 1982 à 24,2‰ en 1994 et à 20,1‰ en 2004 au niveau national. En milieu rural, cet indicateur a baissé de 18,4 points entre 1982 et 2004 pour atteindre 21,8‰, contre une baisse de 13,2 points en milieu urbain où il se situe à 18,6‰. Cette différence peut être imputée à l’importance de l’exode rural des jeunes.

Le recul de l’âge moyen au premier mariage a également fait chuter le taux de fécondité générale 6 des femmes âgées de 15 à 19 ans de 68,2‰ en 1982 à 32‰ en 2003. Les mariages précoces reculent et accusent un taux faible à la faveur de l’éducation des femmes et de leur implication dans le marché de l’emploi.

Ces évolutions ont abouti à la baisse de l’indice synthétique de fécondité de 5,5 enfants par femme en 1982 à 2,5 en 2004. Cet indice reste plus élevé en milieu rural (3,1 enfants par femme) qu’en milieu urbain (2,1 enfants par femme).

2. Activité, chômage et emploi

Population active

La population active âgée de 15 ans et plus a atteint en 2004 le niveau de 11 015 mille personnes, soit une hausse de 2,9% par rapport à l’année 2003 (3,2% en milieu urbain et 2,6% en milieu rural). Le taux d’activité a, quant à lui, quasiment stagné au niveau national, passant de 52,4% en 2003 à 52,6% en 2004. Cependant, la hausse de la participation à la production de biens et services a relativement été plus forte en zones rurales où le taux d’activité a augmenté d’un point de pourcentage (de 61,0% à 62,0%), alors qu’il est resté presque stable en zones urbaines (-0,1 point). Les hausses les plus significatives ont été enregistrées pour les femmes rurales, pour les ruraux âgés de 25 ans et plus et pour les ruraux non diplômés.

Emploi

La population active occupée âgée de 15 ans et plus s’est fixée à 9 822 mille personnes en 2004, enregistrant ainsi une hausse de 3,6% par rapport à l’année précédente. Cette évolution favorable de l’emploi a été plus marquée dans les villes avec 4,4% contre 2,8% dans les campagnes. Elle s’est traduite par un accroissement du taux d’emploi qui est passé, au niveau national, de 46,4% à 46,9%.

Concernant la création nette d’emploi, les différents secteurs institutionnels de l’économie nationale ont créé environ 338 000 postes d’emploi dont 56,2% d’emplois urbains (soit une augmentation de 59 500 postes) et 29,9% d’emplois non rémunérés.

5 Nombre de naissances vivantes pour 1000 habitants.

6 Nombre de naissances des femmes d’un certain âge rapporté au nombre total des femmes du même âge. Direction des Etudes et des Prévisions Financières

IV

La répartition de la population occupée urbaine par statut socioprofessionnel en 2004 montre une prédominance du salariat (60,9%) et des indépendants (25,4%). La part du salariat, qui représente une barrière relative contre la pauvreté et l’exclusion (lors de l’enquête sur le niveau de vie des ménages de 1998/99, les quintiles les plus défavorisés de la population enregistraient les taux de salariat les plus faibles), a baissé de 68% en 1982 à 64,6% en 1997 puis à 60,9% en 2004.

En revanche, le statut des indépendants s’est accrue de 17,7% en 1982 à 20,2% en

1997 et à 25,4% en 2004. Il en est de même pour la part des employeurs dans la population

active occupée qui, même si elle reste faible, a enregistré une hausse de 3% en 1997 à 4% en

2004.

En milieu rural, le salariat a baissé, passant de 28,4% en 1982 à 16,8% en 2004. La catégorie des aides familiaux et apprentis représente 55,8% de la population occupée totale.

La population active occupée est à majorité peu qualifiée, puisque 71,5% des travailleurs n’ont aucun diplôme et 13,0% ont le niveau de formation deuxième cycle de l’enseignement fondamental en 2004. En milieu urbain, la part de la population occupée sans diplôme est de 52,2% en 2004 contre 68,2% en 1985. Ceci dénote une orientation progressive vers une meilleure formation des ressources humaines.

Concernant les secteurs d’activité, le secteur privé constitue le principal employeur en milieu urbain avec 91% des effectifs en 2004. Au niveau de la structure de l’emploi par

groupe de professions en milieu urbain, la catégorie des membres du corps législatif, des élus et des dirigeants administratifs ou d’entreprises privées a vu sa part se réduire de 2,4% en

1994 à 1,5% en 2004. La proportion des exploitants (agricoles, pêcheurs ou forestiers) en

milieu rural a augmenté durant la même période de 14,3% à 21,6%. On peut noter également que la part des ouvriers et manœuvres qualifiés a progressé de 21,2% à 32,9% au niveau

national, et s’est réduite de 3,5% à 3,2% en milieu urbain durant la même période.

La répartition de la population active occupée par branche d’activité économique en milieu urbain montre une baisse de la part de l’industrie manufacturière de 3,8 points entre

1994 et 2004 pour se situer à 22,5%. L’administration générale et les services sociaux fournis

à la collectivité emploient également une proportion importante de la population occupée

urbaine en 2004 (35,1%).

Dans une perspective genre, les femmes représentent 27,3% en 2004 de la population active totale. Les femmes marocaines ont réussi, dans une certaine mesure, à intégrer le marché de l’emploi, tant au niveau du secteur privé que dans l’administration publique. Cependant, et malgré les avancées réalisées, l’analyse montre que l’implication des femmes dans l’activité économique reste encore limitée : en 2004, le taux d’activité des femmes au niveau national est de 28,4% contre 77,5% pour les hommes.

Chômage

L’amélioration de la situation de l’emploi en 2004, s’est traduite par une baisse du chômage. La population active en chômage a ainsi diminué, au niveau national, de 1 223 mille en 2003 à 1 193 mille chômeurs en 2004. Le taux de chômage est, quant à lui, passé de 11,4% à 10,8%. La baisse a concerné surtout le milieu urbain où ce taux a reculé de 19,3% à 18,4%, alors qu’il a quasiment stagné en milieu rural (de 3,4% à 3,2%).

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V

L’analyse de la structure du chômage urbain par tranche d’âge montre que les catégories les plus touchées sont celles des actifs de 15 à 24 ans et de 25 à 44 ans qui constituent respectivement 33,2% et 62,2% des chômeurs en 2004, ce qui traduit les difficultés du premier emploi et l’importance du chômage de longue durée.

Par diplôme, les statistiques montrent également que le taux de chômage augmente avec le niveau de formation en milieu urbain. Les diplômés affichent en effet un taux de chômage de 25,6% en 2004 contre 10,5% pour les non diplômés. De plus, l’amélioration du marché du travail entre 1999 et 2004 a essentiellement concerné les non diplômés qui ont enregistré une baisse de 4,7 points de leur taux de chômage contre 3,6 points pour les qualifiés.

Dans le même sens, l’analyse genre montre que les femmes sont plus touchées que les hommes par le chômage en milieu urbain : ce taux est de 24,3% pour les femmes contre 16,6% pour les hommes en 2004. Cependant, le taux de chômage a significativement baissé chez les femmes, passant de 32,2 en 1995 à 24,3% en 2004 soit une baisse de 7,9 points contre seulement 2,1 points chez les hommes.

3. Education et formation

Enseignement et alphabétisation

L'analyse de la situation du système éducatif à l'issue des cinq années écoulées de la décennie nationale d'éducation et de formation (2000-2009) permet de relever la nature des progrès réalisés, les réformes institutionnelles introduites, les difficultés rencontrées, les faiblesses et les limites à la réalisation satisfaisante des politiques et programmes éducatifs devant découler des stipulations de la Charte Nationale d'Education et de Formation.

L’effectif de l’enseignement préscolaire moderne et coranique (ouvert principalement aux enfants de la tranche d’âge 4-5ans) a enregistré un léger recul, inhérent principalement à la baisse de l’âge d’inscription en première année primaire qui a été ramené à 6 ans. Cette baisse pourrait être aussi imputée au fait que l’effectif des enfants facilement scolarisables à pré-scolariser serait absorbé et qu’il faut à présent prendre des dispositions spécifiques pour couvrir les tranches restantes difficilement accessibles. Cette légère baisse est caractérisée par des taux de scolarisation qui sont passés de 55,5% en 2001-2002 à 51,3% en 2004-2005.

Le taux net de scolarisation dans le premier cycle fondamental est passé de 84,6% à 93% entre 2000-2001 et 2004-2005. Cette hausse a été plus importante pour les filles, dont le taux net de scolarisation est passé, au cours de la même période, de 80,6% pour se situer à 90,1%. En milieu rural, ce taux est passé de 76,7% à 89,6% pour les deux sexes.

Quant au rapport moyen des filles dans l'ensemble des effectifs d'élèves scolarisés et âgés de 6 à 11 ans, il se situe, au cours de la période 2001 à 2004, à près de 45,9% au niveau national, 47,7% en milieu urbain et 43% en milieu rural.

Pour ce qui est de l’enseignement collégial, le taux net de scolarisation des enfants âgés de 12-14 ans, a atteint globalement 70,6% et 64,3% pour les filles en 2004-2005 contre 60,3% et 52,7% respectivement en 2000-2001. Au niveau du secondaire, le taux de scolarisation des enfants âgés de 15-17 ans a enregistré une nette amélioration, passant globalement de 37,2% en 2000-2001à 44,3% en 2004-2005 et de 32,2% à 39% pour les filles.

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VI

S’agissant des programmes de lutte contre l’analphabétisme, les pouvoirs publics ont augmenté les ressources humaines et financières affectées aux programmes d’alphabétisation et ont renforcé le système de partenariat avec l’ensemble des intervenants à l’échelle nationale et régionale. L’objectif est d’alphabétiser un million de bénéficiaires par an pour éradiquer l’analphabétisme en 2010 au lieu de 2015 initialement prévu.

Ainsi, un programme d'action de lutte contre l'analphabétisme étalé sur les cinq années à venir a été élaboré par le secrétariat d'Etat chargé de l'Alphabétisation et de l'Education non Formelle. Ledit programme permettra de réduire l'analphabétisme à 9% pour la population âgée de 15 à 45 ans qui constitue la cible prioritaire et à 17% chez la population âgée de 15 ans et plus. Il profitera à un million de personnes et à quelque 27 000 enfants non scolarisés.

L’approche adoptée dans ce domaine, qui prend en compte les dimensions professionnelle et économique inhérentes aux activités génératrices de revenus, est susceptible d’encourager l’adhésion à ce genre de programmes, surtout que l’année 2004-2005 a connu l’élaboration de cursus qui répondent aux attentes des bénéficiaires.

Outre le programme stratégique quinquennal 2005-2010, un programme 2005-2006, un projet de recherche national relatif à l'analphabétisme et la non scolarisation et un programme de soutien scolaire pour limiter l'arrêt de la scolarité, ont été validés par la commission ministérielle de la lutte contre l'analphabétisme et de l'éducation non formelle.

Le programme 2006, qui se caractérise par une nouvelle organisation et une gestion de qualité, a suscité l’adhésion de l’ensemble des composantes de la société, d’autant qu’il a été procédé à la création d’une commission nationale présidée par la Premier ministre et de commissions locales au niveau de chaque préfecture et province présidées par les walis et les gouverneurs. Le programme de lutte contre l’analphabétisme figure parmi les actions de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain.

Notons enfin que, selon les premiers résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2004, le taux d’analphabétisme a baissé de 54,9% en 1994 à 42,8% en 2004, profitant aussi bien au monde urbain (29,5% en 2004 contre 36,9% en 1994) qu’au monde rural (60,8% contre 75,4%). Cette amélioration est plus accusée chez les jeunes et notamment les moins de 15 ans dont le taux d’analphabétisme a enregistré une forte baisse, passant de 36% à 13,4% durant la même période.

Pour ce qui est de l’Education Non Formelle (ENF), destinée à alphabétiser des jeunes non scolarisés ou déscolarisés, âgés de 8 à 16 ans, l'effectif global des bénéficiaires de cette action éducative tend à diminuer puisqu'il est passé de 35.855 en 1999-2000 à 23.822 jeunes, en enregistrant un taux de croissance annuel moyen de -9,5%. Au cours de cette période, la part moyenne des jeunes filles dans l'ensemble des bénéficiaires est de l'ordre de 65%, ce qui dénote une adhésion assez forte des jeunes filles au programme d'éducation non formelle.

La répartition régionale des bénéficiaires en 2003-2004 montre que 23,8% relèvent de la région Meknès-Tafilalt, 15,2% de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer, 8,9% de la région du Souss- Massa-Draâ, et près de 8,3% du grand Casablanca, soit 56,2% du total des bénéficiaires pour ces quatre régions. Dans d’autres régions, on note l'absence de bénéficiaires (régions de Guelmim-Essmara) ou la quasi absence comme pour les trois régions de Tadla-Azilal,

l'Oriental et Fès-Boulmane où les effectifs de bénéficiaires sont respectivement de 195, 539 et

949.

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VII

S’agissant de la formation professionnelle, l’OFPPT 7 offre aujourd’hui aux jeunes plus d’opportunités de formation via un projet ambitieux d’optimisation et de développement de son dispositif de formation qui portera sa capacité d’accueil à 133.000 jeunes en 2007-2008. Ainsi, la rentrée 2003-2004 a été marquée par le démarrage de 5 nouveaux établissements de formation, l’extension de 2 autres centres et la création de 10 nouvelles filières, ce qui a porté le nombre de stagiaires du secteur public à 126.027, avec une diversification de l’offre de formation sur une palette de filières de formation de durées différentes qui varient entre 6 mois et deux ans et sur plusieurs approches et méthodes pédagogiques.

D’autres mesures ont été prises pour faire de la formation professionnelle un choix sûr. Il s’agit entre autres de la mise en place d’espaces d’accueil au niveau de chaque établissement de formation, animés par une équipe dont la mission principale est d’aider le candidat à choisir la formation répondant au mieux à ses aspirations et à ses besoins spécifiques. Une révision des modalités d’accès selon chaque niveau est également entreprise à travers la simplification des procédures d’admission pour assurer un meilleur service aux candidats potentiels. La qualité de la formation sera également soutenue par la diversification et le développement des modes de formation, notamment la formation alternée, la formation par apprentissage et la formation itinérante.

Ressources financières

L’amélioration des résultats de la politique de scolarisation a nécessité des efforts d’investissement du Ministère de l’Education Nationale (MEN). En effet, la part de ce Ministère a augmenté de 7,0% en 1999-2000 à 8,6% en 2004 dans le budget d’investissement général de l’Etat. Les dépenses totales de ce département ont également augmenté en pourcentage du PIB de 4,3% à 6,3% entre 1999 et 2004.

A l’inverse, la part du budget du fonctionnement du MEN représente une part très importante de l’ordre de 32% dans le budget général de fonctionnement de l’Etat. Ce budget de fonctionnement représente prés de 94% dans le budget général du MEN.

4. Santé et prévoyance sociale

4.1. Santé

Encadrement sanitaire et santé de base

L’encadrement sanitaire, mesuré par le nombre d’habitants par médecin, a beaucoup évolué au cours des vingt dernières années, passant de 10972 en 1980 à 1782 en 2004 grâce au renforcement de l’effectif des médecins à un rythme de 10,8% l’an. Cette progression a été plus importante pour le secteur privé qui représente prés de 43% de l’effectif total des médecins. Quant au nombre d’habitants par infirmier du secteur public, il enregistre une baisse, passant de 1221 en 1982 à 1145 en 2003.

Des efforts importants ont été déployés pour étendre l’offre en soins de santé par l’augmentation du nombre d’établissements sanitaires publics au rythme de 3,4% par an entre 1980 et 2004, ce qui a permis de ramener le nombre d’habitants par établissement de 17 093 en 1980 à 11 909 en 2004. Cependant, le nombre d’habitants par lit (y compris le secteur public) a augmenté de 794 à 1144 entre temps.

7 Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail Direction des Etudes et des Prévisions Financières

VIII

Ainsi, la durée moyenne de séjours a connu une baisse notable entre 1980 et 2004, passant de 13,1 jours/personne hospitalisée à prés de 5 jours seulement en 2003.

Les indicateurs d’offres de soin de santé de base ont ainsi enregistré des avancées notables :

Dans le cadre de l’amélioration des conditions sanitaires de la population, et à travers de vastes campagnes publiques de vaccination, le taux de couverture vaccinale contre les six maladies principales (Tuberculose, diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite et rougeole) a atteint 89,0% en 2003 chez les enfants de 12 à 23 mois.

Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que le niveau de couverture vaccinale est plus élevé en milieu urbain (94%) qu’en milieu rural (84%). C’est dans les régions de Meknès-Tafilalet (95%) et de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (93%) que l’on constate les proportions les plus élevées d’enfants complètement vaccinés alors qu’à l’opposé, la région de Tadla-Azilal enregistre, de loin, la proportion la plus élevée d’enfants n’ayant reçu aucun vaccin (11%), ce qui est inquiétant.

Le taux de prévalence contraceptive pour les femmes mariées a progressé de 35,9% en 1987 à 59% en 1997 et à 63,0% en 2003, soit un gain de 27,1 points en l’espace de 16 ans qui peut être expliqué par la réduction de l’analphabétisme chez les femmes, l’occupation de plus en plus importante de la femme dans la vie professionnelle et le développement médical qui favorisé la disponibilité des méthodes modernes de prévalence contraceptive dont le taux est de 55% contre 28,9% en 1987. Toutefois, l’écart entre milieu urbain et rural reste important, avec 65,5% pour les femmes urbaines contre 59,7% pour les femmes rurales.

Concernant l’utilisation de la contraception par région, toutes les régions enregistrent actuellement un taux de prévalence dépassant 60% (variant de 61% à 68%) à l’exception des trois régions de l’Oriental, Taza-Al Hoceima-Taounate et Tanger-Tétouan dont la prévalence s’établit à 58% et la région de Guelmim-Smara avec seulement 53%.

la proportion de femmes voulant limiter leur descendance est toujours plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural: parmi les femmes ayant trois enfants, la proportion de celles qui ne veulent plus d’enfants est de 71% en urbain contre 52% en rural.

On observe aussi quelques écarts par région en ce qui concerne cet indicateur. C’est dans celle de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër que l’on observe la proportion la plus élevée de femmes ne désirant plus d’enfants (60%) et dans celles de Fès-Boulmane, Tanger-Tétouan et Marrakech-Tensift-Al Haouz que l’on enregistre la proportion la plus faible (50%), les autres régions se dispersant, de part et d’autre, de la moyenne nationale.

Il faut souligner que dans les régions du Grand-Casablanca (76%), Chaouia-Ouardigha (76%) et Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (74%), environ les trois-quarts des femmes ayant 3 enfants ont déclaré ne plus vouloir d’enfants. Par milieu de résidence, on note que les femmes rurales semblent désirer plus d’enfants que les femmes urbaines, quelque soit le groupe d’âge.

L’écart absolu entre les deux milieux est d’environ un enfant (2,7 dans l’urbain contre 3,3 dans le rural). Par région, on constate que les femmes du Grand-Casablanca et de Rabat- Salé-Zemmour-Zaër semblent être celles qui désirent le moins d’enfants (respectivement 2,5 et 2,6), alors que celles de Taza-Al Hoceima-Taounate et de l’Oriental semblent être celles qui en désirent le plus (respectivement, 3,4 et 3,3).

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IX

La sensibilisation au concept de maternité sans risque a permis l’augmentation de la part des accouchements surveillés de 26% en 1987 à 63,0% en 2003.

Les efforts publics en matière de santé ont ainsi réduit le taux brut de mortalité de 8,2‰ en 1987 à 5,5‰ en 2003, et augmenté l’espérance de vie à la naissance de 59,1 ans en 1980 à 71 ans en 2003. Cet indicateur a enregistré une amélioration plus importante pour les femmes que pour les hommes, passant de 60,2 ans en 1980 à 73 ans en 2003 et de 58,1 ans à 69 ans entre temps respectivement.

La mortalité infantile (moins d’un ans), malgré une évolution démographique marquée par une fécondité de plus en plus faible, et quoiqu’elle épouse une tendance baissière puisqu’elle est passée de 73,5‰ en 1987 à 47,9‰ en 2004, demeure élevée en comparaison avec des pays similaires (7‰ en Malaisie et 5‰ en Portugal) surtout en milieu rural où son taux a atteint 56,7‰ contre 38,6‰ en milieu urbain.

On note, que le plan d'action sanitaire 2003-2007, adopté par le gouvernement, s'articule autour de trois grands axes à savoir: la consolidation des acquis, la rationalisation de l'utilisation des ressources et la réponse aux nouvelles demandes, notamment le renforcement des programmes de prévention et de prise en charge des maladies chroniques, le développement des capacités d'intervention du ministère de la santé face aux risques et maladies émergentes et le renforcement du réseau hospitalier. On note aussi que, dans le cadre de l’amélioration de la couverture médicale à toutes les catégories de la population marocaine, celle-ci est passée de 15% à 17% en 2004. Il s'agit d'une étape première qui permettra de réfléchir par la suite à la manière idéale pour restructurer le système de santé au Maroc et proposer des solutions aux insuffisances de performance de plusieurs programmes et à la sous-utilisation d'un grand nombre de services.

Ressources financières

L’amélioration des indicateurs sanitaires a nécessité l’augmentation de la part des dépenses d’investissement du Ministère de la Santé dans le budget général d’investissement de l’Etat de 1,8% en 1990 à 5,3% en 2004. La part des dépenses de fonctionnement de ce département dans le budget général de fonctionnement de l’Etat est de 5,5% en 2004. Les dépenses publiques totales de santé par habitant ont enregistré une nette amélioration en l’espace de 14 ans, passant de 75,3 dirhams en 1990 à 183,8 dirhams en 2004.

4.2. Prévoyance sociale

Les

résultats

bénéficiaire :

des

caisses

de

prévoyance

sociale

diffèrent

selon

la

population

La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), obligatoire et réservée aux salariés du secteur privé, enregistre le nombre de cotisants le plus élevé par rapport aux autres caisses. Cet effectif a progressé de 3,8% par an entre 1982 et 2003, et la proportion des femmes est passée de 16,3% en 1984 à 30,7% en 1998 et à 32,2% en 2003.

La Caisse Marocaine de Retraite (CMR) qui couvre tous les salariés de la fonction publique, voit la progression de ses effectifs se ralentir de 8,9% par an entre 1982 et 1990 à 1,2% par an entre 1991 et 2003.

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X

L’effectif des bénéficiaires du Régime Collectif d’Allocation de Retraite (RCAR) a augmenté de 3,9% par an entre 1982 et 2003 eu égard à l’affiliation du personnel des collectivités locales et de certains organismes publics.

La Caisse Interprofessionnelle Marocaine des Retraite (CIMR) comptait, en 2003, 3.738 entreprises adhérentes, 408.946 affiliés actifs et ayants droit et 90.305 retraités. Le montant total des contributions encaissées par la CIMR s'élevait à 2,5 milliards de DH et le total des pensions servies était de 1,8 milliard de DH.

On note que le diagnostic des caisses de retraite a montré l'urgence d'une réelle mise à niveau. D'abord, l'augmentation du nombre des retraités par rapport aux citoyens actifs. Auparavant, 12 fonctionnaires actifs payaient pour 1 retraité. Aujourd'hui, le rapport est de 12 actifs pour 5 retraités, et la situation est appelée à empirer avec l'augmentation du nombre des retraités, le recours de plus en plus aux programmes de départs anticipés et le recul du recrutement au sein de la fonction publique.

5. Niveau de vie et pauvreté

5.1. Niveau de vie

L’évolution du revenu par habitant, appréhendé par le PIB par tête aux prix constants, montre un ralentissement de la progression annuelle qui est passée de 2,5% entre 1984 et 1990, à 0,7% l’an entre 1991 et 2003. En terme nominal, le revenu 8 moyen par habitant s’est établi en 2004 à 16123 dirhams.

En tant qu’indicateur de mesure de niveau de vie, la dépense de consommation annuelle moyenne par personne (DAMP), exprimée en dirhams courants, est passée de 3623 en 1985 à 7823 DH en 1998, puis à 8250 DH en 2003, soit un taux d’accroissement moyen de 1,4% l’an entre 1998 et 2003.

Selon l’enquête nationale de la consommation et les dépenses des ménages (2000/2001), la dépense annuelle moyenne d’un citadin (10624 DH) est environ deux fois plus importante que celle d’un campagnard (5288 DH).

D’un autre côté, les régions qui présentent la DAMP la plus élevée sont : le Grand Casablanca (14 366 DH), Oued Eddahab-Lagouira, Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, Guelmim-Es-Semara (10 609 DH) et Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (10 162 DH). Par contre, les dépenses annuelles moyennes les plus basses sont enregistrées dans les régions de l’Oriental (6883 DH), Meknès-Tafilalet (6740 DH), ElGharb-Chrarda-Beni Hssen (6284 DH) et Marrakech-Tensift-Al Haouz (6228 DH).

La structure des dépenses de consommation des ménages évolue conformément aux tendances amorcées depuis les années soixante. Avec l’élévation du niveau de vie, la part des dépenses de première nécessité (alimentation et habillement) régresse (46,1% en 2001 contre 55,9% en 1985) au profit des dépenses relatives à la santé, l’enseignement, la culture, le transport, les loisirs et aux diverses autres dépenses (28% en 2001 contre 18,8% en 1985).

8 Il s’agit du revenu national brut disponible par habitant Direction des Etudes et des Prévisions Financières

XI

5.2. Pauvreté

Selon les résultats du recensement 2004, la pauvreté a reculé de manière significative au Maroc. Ainsi, on note, au niveau national, que la pauvreté de masse qui a prévalu, entre 1960 et 1970, s’est réduite pour devenir une pauvreté relative s’établissant à 14,2% en 2004 contre 16,5% en 1994 et ce, grâce à l'évolution générale des conditions de vie de la population. Cette baisse du taux de pauvreté a été plus marquée en milieu urbain qu'en milieu rural puisque ce taux, malgré son niveau relativement bas en milieu urbain, a perdu 2,5 points contre un point seulement en milieu rural.

S’agissant de la distribution régionale de la pauvreté, on constate que, celle-ci est inégalement répartie, passant par exemple de 2,8% à Oued Ed Dahab-Lagouira (le niveau le plus faible) à 20,5% dans le Gharb-Chrarda Bni-Hssen (niveau le plus élevé), 19,5% à Meknès-Tafilalt, 19,2% à Marrakech-Tensif-Al Haouz, 18,9% au Souss-Massa Draa et 17,9% à l’Oriental. Ce sont là les cinq régions où le niveau de pauvreté est le plus accentué.

En revanche, les régions du Grand Casablanca (3,5%) et de Rabat-Salé-Zemmour- Zaer (8%) restent relativement épargnées par le phénomène de pauvreté. Ces deux régions se situent dans l’axe industriel Kénitra-El Jadida où les opportunités d’offres d’emploi, et donc de revenus, sont importantes.

Paradoxalement, à l’échelle des communes, l’ordre de distribution de la pauvreté au niveau de la région n’est pas respecté. En effet, c’est la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz qui accuse le niveau le plus élevé, avec 93 communes ayant un taux de pauvreté supérieur à 30%, suivie de Souss-Massa-Draa (87 communes), de Meknès-Tafilalt (58 communes), de l’Oriental (34 communes) et du Gharb-Chrarda Bni-Hssen (21 communes).

L’explication est à chercher à deux niveaux. D’abord l’écart entre le nombre de communes par régions, ensuite, et surtout, dans certaines régions même présentant un taux de pauvreté plus bas que d’autres, des communes ont un taux de pauvreté très élevé, masqué par la moyenne régionale.

Au niveau des provinces, l’analyse de la distribution de la pauvreté fait ressortir les constats suivants : les provinces du sud : Aousserd, Assa Zag et Oued Ed-Dahab accusent un taux de pauvreté inférieur à 5%. Seules les provinces les moins pauvres de la wilaya du Grand Casablanca arrivent à les concurrencer dans ce domaine, notamment Casablanca-Anfa, le Méchouar, Sidi Bernoussi-Zenata, Aïn Chok-Hay Hassani, Aïn Sebaa-Hay Mohmmadi et El Fida-Derb Soltan qui réalisent également un taux de pauvreté inférieur à 5%. La même performance est à mettre également à l’actif des deux villes de Rabat et de Mohammédia.

Dans le peloton des provinces qui enregistrent un taux de pauvreté entre 5% et 10%, Es-Smara, Laâyoune, Tan Tan et Boujdour occupent des places de choix, aux côtés de Tanger, Salé-Médina, Marrakech, Ben Slimane et Inezgane-Aït Melloul. Pour ce qui est des provinces qui connaissent un taux moyen de pauvreté (se situant entre 10% et 15%), elles se situent un peu partout sur le territoire national. C’est le cas par exemple de Khouribga, Agadir Ida Ou tanane, Guelmim, Marrakech Médina, Oujda Angad, Béni Mellal, Fès Jedid-Dar Dbibegh, Fifuig, Taroudant ou encore Settat.

Même constat pour ce qui est de la marge se situant entre 15% et 20%, la proportion des provinces concernées est importante : Skhirat Témara, Ifrane, Larache, Nador, Sidi Youssef Ben Ali, Tétouan, El Jadida, Chtouka Aït Baha, Taounate, Khémisset, Safi, El Hoceïma, Jerada, El Kalâa des Sraghna et Meknès-El Menzeh entre autres.

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XII

Lorsque le taux de pauvreté devient très important, c’est-à-dire, qu’il dépasse les 20%, la marginalisation touche de grandes fractions de la population de ces zones, rurales pour la plupart, mais également urbaines ne disposant pas des moindres conditions de vie décentes, à commencer par l’habitat, l’assainissement, l’eau potable, l’électricité et la scolarisation des enfants. Dans ce cas de figure, se trouvent des provinces comme Tiznit, Ouarzazate, Taza, Taourirt, Sidi Kacem, Kénitra, Tata, Khénifra, Zagora et Al Haouz.

En bas de ce classement de la pauvreté, se situent des zones, rurales en majorité, qui comptent parmi les plus pauvres du Maroc : Azilal, El Hajeb, Fahs Bani Makada, Boulemane, Essaouira, Errachidia, Sefrou, Chichaoua, Fès Médina, Zouagha-Moulay Yaakoub et Chefchaouen. Les données pour toutes ces provinces révèlent l’insuffisance du capital humain, une structure socio-économique parmi les plus fragiles et un déficit chronique en infrastructure de base.

L’analyse de la distribution des communes par classe de taux de pauvreté fait ressortir les constations suivantes :

25% des communes ont un taux de pauvreté inférieur à 12,60%

50% des communes ont un taux de pauvreté inférieur à 18,57%

75% des communes ont un taux inférieur à 27,65%.

L’écart important entre les différents quartiles confirme l’existence d’une inégalité entre les communes vis-à-vis de la répartition de la pauvreté au niveau national. Ceci dit, les efforts doivent être concentrés, non pas uniquement sur la réduction des taux de pauvreté par région, mais aussi sur la lutte contre les inégalités entre communes au sein des régions.

Notons enfin, qu’une nouvelle approche de lutte contre la pauvreté s’impose. Ainsi, les programmes mis en place dans les domaines de l'eau, de l’électricité, des routes ainsi que ceux inscrits dans le cadre de l'Initiative Nationale pour le Développement Humain vont permettre de réduire ces inégalités.

6. Equipements de base

Le secteur de l'habitat est au cœur de l'action des pouvoirs publics qui accordent une grande priorité à l’accès des Marocains démunis à un logement décent.

Ainsi, une stratégie à moyen terme a été élaborée dans le but de l'éradication des bidonvilles à travers l'exécution du programme "villes sans bidonvilles" et l'élévation du rythme de production des logements sociaux pour atteindre les 100 mille unités par an. Cette stratégie entend également favoriser un produit adaptable au pouvoir financier des familles à faible revenu via la production des unités de logements évaluées entre 80 et 120 mille DH.

Le planning de mise en oeuvre du programme " Villes sans Bidonvilles" se décline de la manière suivante: 2005-2006: 25 villes, 2007-2008: 38 villes, 2009-2010: 7 villes. Ce programme est concentré pour l'essentiel dans une vingtaine de villes qui représentent 82% des ménages. L'axe Casablanca-Fès-Tanger est le principal axe de déploiement de ce programme, la région du Grand Casablanca, comptant à elle seule plus du tiers des ménages devant en bénéficier.

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XIII

Dans le même sens, les pouvoirs publics se sont penchés sur le problème des

habitations menaçant ruines et dont les travaux sont en cours pour le relogement de quelque

11.700 familles, en plus de quatre conventions signées en décembre 2004, en présence de SM

le Roi Mohammed VI qui portent sur un programme urgent dans la ville de Fès.

Outre le lancement d'un programme national avec le soutien financier du fonds de solidarité, le Ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme, poursuit l'achèvement de son programme d'intervention dans le domaine de l'habitat illicite et qui intéresse près de 100.000 ménages en plus de nouvelles conventions conclues au profit de 117.000 autres familles.

Pour ce qui est de l'habitat dans le monde rural, des conventions régionales portant sur l'assistance gratuite en matière d'architecture ont été conclues en plus de la poursuite des efforts pour mieux encadrer les travaux de construction en zone rurale et l'élaboration d'une étude pour la délimitation de 50 centres ruraux émergents, habilités à accueillir les habitants voués à l'exode rural, tout en leur garantissant les meilleures conditions d'intégration économique et sociale.

Les premiers résultats du recensement 2004 permettent d’en savoir plus sur les conditions de vie des Marocains. Ainsi, il en ressort que la part des ménages qui habitent dans des appartements est de 12,4% en 2004, contre 10,5 en 1994. Celle des ménages qui résident dans des maisons de type marocain a en revanche baissé : 70,6% en 2004 contre 72,2% en 1994. La part des ménages propriétaires de leur lieu d’habitat est passée, en milieu urbain, de 48,4% en 1994 à 56,8% en 2004. La location y compris les logements de fonction, quant à elle, a reculé de 45,5% à 31,4%. La part des ménages qui résident dans un habitat sommaire (bidonvilles et noualas) n’a baissé que de 1% pendant dix ans, passant de 9,2% à 8,2%. A cela, il faut ajouter les autres formes d’habitat insalubre. Le tout concernerait 15% des ménages.

De même, l’accès à l’électricité et à l’eau potable a marqué un saut énorme. La part des ménages marocains ayant accès à l’électricité, par abonnement au réseau, est passée de 74% en 1994 à 90% en 2004 en milieu urbain. Dans les campagnes, ce taux est passé de 9,7% à 43,4%. Cette part serait de 48% si les autres sources d’approvisionnement (groupes électrogènes, énergie solaire) sont considérées. L’accès des ménages à l’eau potable est passé de 74% à 83% en milieu urbain et de 4% à 18% en milieu rural. Si l’on prend en considération les autres sources d’approvisionnement comme les bornes fontaines et les puits supervisés par l’ONEP, ces pourcentages seront de 71,8% en milieu rural et de 92,1 en milieu urbain.

Dans le domaine de l’électrification rurale, suite au succès qu'a connu le PERG (Programme d’Electrification Rurale Global), et pour répondre à la forte demande de la population, l'ONE a procédé en fin 2002 à une accélération du rythme de ce programme pour généraliser l'accès à l'électricité dans le monde rural à l'horizon 2007 au lieu de 2010 prévu initialement.

A fin 2007, le PERG se traduira par l'électrification de 34.400 villages dont plus de

28.000 raccordés au réseau national et par l'accès à l'électricité pour 12 millions de citoyens

en milieu rural pour un budget global de l'ordre de 20 milliards de dirhams. Cet objectif sera réalisé à hauteur de 91% en recourant à l'électrification par raccordement au réseau et à hauteur de 7% à travers l'électrification décentralisée, principalement au moyen de kits photovoltaïques.

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XIV

A fin 2004, 17 208 villages ont été électrifiés depuis le lancement du PERG en 1996, ce qui a ouvert l'accès à l'électricité à 1 176 954 foyers. De 18% à fin 1995, le taux d'électrification a été porté à 50% en 2001 et à 72% à fin 2004. En 2007, l'ensemble des foyers du monde rural sera électrifié.

Quant à l’accès au réseau d’eau potable en milieu rural, le Programme de d’Alimentation Généralisée en eau potable (PAGER) entamé en 1995 conjointement entre l’ONEP et la Direction Générale de l’Hydraulique et avec la participation des usagers, a permis d’accroître la proportion de la population bénéficiant de l’eau potable de 37% en 1998 à 50% en 2002, 62% en 2003 et 60% en 2004.

Concernant le programme national de routes rurales (PNRR), les opérations lancées depuis 1995 (PNRR-1), totalisent jusqu'au fin novembre 2004 un linéaire de 9276 km dont 8755 km de routes est déjà mis en service. On note aussi que le Ministère de l'Equipement et du Transport a réalisé en 2002 une étude qui a permis d'inventorier un réseau de 48.200 km de pistes rurales. L'étude a défini également un taux d'accessibilité rurale par province qui a permis de présélectionner un programme prioritaire (PNRR-2) portant sur la réalisation de 150.000 km entre 2005 et 2015 avec un rythme de 1500 km par année. Ce programme vise en premier lieu à réduire les disparités entre provinces en matière de dessertes rurales et en second lieu, à améliorer l'accessibilité globale de la population rurale afin d'atteindre un taux de 80% vers 2015.

7. Comparaison des performances du Maroc par rapport à un échantillon de pays 7.1. Comparaison unidimensionnelle

La comparaison des indicateurs sociaux du Maroc a été effectuée avec ceux d’un échantillon de dix pays émergents 9 : Chili, Corée, Indonésie, Irlande, Malaisie, Mexique, Pologne, Portugal, Tunisie et Turquie. Cette comparaison a fait ressortir diverses constatations.

Accroissement naturel et fécondité

Au Maroc, le taux d’accroissement naturel est élevé par rapport aux autres pays de l’échantillon (1,4% entre 1994 et 2004), ce qui le place au 2 ème rang après la Malaisie (1,5%). Ceci implique une population relativement jeune et une faible proportion des personnes âgées de 65 ans et plus (7,7% pour le Maroc contre 15,2% pour le Portugal et 12,6% pour la Pologne en 2004).

Malgré les efforts importants pour réduire le rythme des naissances, l’indice synthétique de fécondité est de 2,5 enfants par femme en 2004, situant le Maroc en dernière position avant la Malaisie (2,9 enfants par femme), alors qu’en Corée cet indice n’est que de 1,2 enfant par femme.

9 Les comparaisons ont été basées sur les données publiées par le PNUD, la Banque Mondiale, l’IFS. Les données signalées sur une période se rapportent à la dernière année disponible sur cette période. Les données concernant le Maroc ont été mises à jour sur la base des dernières informations disponibles.

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XV

Structure des groupes d’âges

La structure de la population par groupe d’âges montre que le Maroc est classé parmi les pays les plus jeunes avec une part de la population âgée de moins de 15 ans de près de 30% en 2004 dans le même groupe que la Malaisie (32,7%) et le Mexique (31,7%).

Ainsi, le ratio de dépendance, mesuré par la population âgée de moins de 15 et de 60 ans et plus rapportée à la population en âge d’activité, a enregistré au le Maroc une performance notable depuis 1970, passant de 107% à 59,4 en 2004, un niveau comparable à ceux du Mexique et de la Malaisie avec 29%.

Encadrement médical

L’encadrement médical (appréhendé par le nombre de médecins pour 100 000 habitants) reste insuffisant (56,1 médecins pour 100 000 habitants) et situe le Maroc à l’avant dernière position avant l’Indonésie (16,2 médecins pour 100 000 habitants) en 2004. Le Portugal et l’Irlande viennent aux premiers rangs avec 237,1 et 324,5 médecins, respectivement, pour 100 000 habitants.

Les dépenses de santé publique en pourcentage du PIB, de l’ordre de 1,1% en 2002, pour le Maroc, placent celui-ci au même rang (8éme) que pour l’encadrement médical. Ce ratio se situe à 6,56% pour le Portugal et à 5,49% pour le l’Irlande.

Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est important en comparaison avec les pays de l’échantillon, malgré une amélioration sensible: 47,0 pour 1000 naissances vivantes en 2003 contre 45,8 en 1997. En 2003, il est de l’ordre de 5,0‰ pour la Corée et le Portugal.

L’espérance de vie à la naissance pour le Maroc est de 71 ans en 2003 contre 66,9 pour l’Indonésie, 76,2 pour le Portugal et 77,7 ans pour l’Irlande.

Education

Le taux net de scolarisation au premier cycle fondamental de 92,1% en 2002 positionne le Maroc parmi les pays de l’échantillon à faible taux de scolarisation comme le Chili et la Turquie avec 86%. Les dépenses de l’éducation nationale sont de l’ordre de 6,8% du PIB, plaçant le Maroc dans la dernière position de l’échantillon avant la Malaisie avec 8,1%. Ce ratio est de 6,4% pour la Tunisie, 4,2% pour la Corée du Sud et 3,6% pour la Turquie.

Alphabétisation

Malgré les efforts entrepris par les pouvoirs publics marocains en matière d’alphabétisation, le taux d’alphabétisation au Maroc reste le plus faible de l’échantillon (57,2% en 2003). Ce niveau était atteint par la Tunisie en 1983 et est supérieur à celui des autres pays de l’échantillon avant 1960.

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XVI

Observations

Il faut noter que les performances du Maroc dans le domaine de l’éducation considérées dans les rapports du PNUD ne reflètent pas les efforts entrepris par les pouvoirs publics au cours des deux dernières années pour la lutte contre l’analphabétisme et la généralisation de l’enseignement. L’indicateur de scolarisation est, par ailleurs, relatif au taux de scolarisation combiné de la population âgée de 6 à 22 ans, alors que les efforts de l’Etat se concentrent davantage sur le cycle fondamental (de 6 à 15 ans).

La période prise en compte dans les rapports du PNUD ne permet pas non plus de mesurer l’impact des chantiers sociaux mis en place par les pouvoirs publics au cours des dernières années.

Ainsi, les pouvoirs publics ont mis en place des mesures de restructuration du système éducatif et ont fixé des objectifs de scolarisation. Ainsi, la nouvelle organisation pédagogique comporte un enseignement préscolaire, un enseignement primaire, un enseignement collégial, un enseignement secondaire et un enseignement supérieur. Cette restructuration sera basée sur les troncs communs, la spécialisation progressive et les passerelles à tous les niveaux. Une fois la généralisation de l’enseignement obligatoire suffisamment avancée, il sera procédé à des articulations et à des regroupements sur les plans pédagogique et administratif. Ainsi, les enseignements préscolaire et primaire, et les enseignements collégial et secondaire seront intégrés pour constituer deux corps éducatifs cohérents.

Dans le domaine de la santé publique, des efforts appréciables sont déployés dans les programmes de maternité sans risque et de santé infantile afin de rattraper les retards enregistrés.

Concernant l’accès aux soins de santé, le Code de couverture médicale de base, instituant une Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et un Régime d'Assistance Médicale (RAMED), se veut un dépassement de la situation actuelle marquée par une faiblesse des dépenses publiques de santé, une forte participation des ménages, un coût élevé de la consommation médicale, une solidarité institutionnelle réduite et un déficit dans les mécanismes institutionnels de prise en charge des soins des personnes à revenu faible. L'AMO est un système contributif pour les personnes à revenu formel et stable qui seront assujetties à l'obligation d'assurance maladie. Il garantit l'accès à un panier de soins délivrés par les structures publiques et privées à toutes les personnes "assujettissables" à cette assurance. Le RAMED est un mécanisme public de prise en charge des frais de soins pour les personnes économiquement faibles, le but étant de consacrer les principes de l'assistance sociale et de la solidarité nationale au profit de la population démunie. Ce régime garantit la gratuité absolue ou relative d'un paquet de soins délivrés par les structures publiques de santé.

On note ici que, SM le Roi Mohammed VI a présidé le 4 janvier 2005 la cérémonie de signature de la charte de mise en oeuvre du code de couverture médicale de base.

L’entrée en vigueur de l’AMO dans le secteur public permettra d'étendre la couverture à quelque 216 mille nouveaux bénéficiaires, dont 78 mille retraités, soit au total 700 mille bénéficiaires dans ce secteur, portant ainsi à quelque 3,2 millions de personnes le nombre global des bénéficiaires des prestations de la Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale (CNOPS).

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XVII

S'agissant du secteur privé, le régime AMO permettra, pour la première fois, de couvrir plus de 4,5 millions de bénéficiaires (personnes actives, retraités et ayants droit). Quant au RAMED, il sera opérationnel en 2006 et permettra ainsi de couvrir les personnes à revenus limités ne bénéficiant d'aucune couverture médicale.

Aussi, le discours de SM le Roi à la Nation en date du 18 mai 2005 a placé le développement social au cœur des préoccupations des pouvoirs publics, annonçant le lancement de l’INDH. Dans l’esprit des Objectifs du Millénaire pour Développement. Cette Initiative devrait s’articuler autour de trois axes. Il s’agit, en effet, de :

s’attaquer au déficit social dont souffrent les quartiers urbains et les communes rurales pauvres notamment par l’élargissement de l’accès aux équipements et aux services sociaux de base ;

promouvoir les activités génératrices d’emplois et de revenus stables en vue de lutter contre la marginalisation et le chômage en particulier des jeunes, tout en adoptant une action plus imaginative à l’égard du secteur informel ;

renforcer la protection de la catégorie vulnérable de la société.

Le volet « urgence » concernera 360 communes rurales et 250 quartiers pauvres. Il s’agit surtout de créer des activités génératrices de revenus, des actions de proximité et des programmes sectoriels.

Concernant le financement de cette initiative, un compte d'affectation spéciale intitulé "Fonds de soutien à l’INDH" a été créé en 2005, et permettra de garantir un financement additionnel et spécifique à cette Initiative. Le fonds mobilisera plus de 10 milliards de dirhams, dédiés aux besoins prioritaires pour la période allant de 2006 à 2010, 60% de ce fonds sera prélevé sur le budget général de l’Etat. Les collectivités locales contribueront, pour leur part, à raison de 20%. Quant à la coopération internationale, elle y participera à raison de

20%.

Dans le même sens, et dans le cadre de l’accélération du développement économique et social des zones rurales et la concrétisation de l’INDH et saisissant les opportunités de financement qu’offre le Millennium Challenge Account, le Maroc a proposé un « Programme de Développement Rural Intégré » au financement du MCA. Le programme cible les communes rurales des 18 provinces (Larache, Tétouan, Chefchaouen, Taza, Taounate, Al Hoceïma, Boulemane, Sefrou, Khénifra, Azilal, Jerada, Taourirt, Tata, Ouarzazate, Zagora, Errachidia, Al Haouz et Figuig) dont le taux de pauvreté est supérieur au taux moyen rural national (22%) soit 226 communes. Le taux de pauvreté apparent est de 34%. Il s’agira donc de réduire le nombre de pauvres de 220 mille personnes environ (10%).

Enfin, les pouvoirs publics ambitionnent d’intégrer l’aspect genre dans les politiques de développement économique et social afin d’atténuer les disparités entre les sexes en matière d’accès aux infrastructures et services sociaux et d’impliquer l’ensemble de la population au processus de développement et de partage des richesses.

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XVIII

7.2. Comparaison multidimensionnelle du développement durable

Le développement durable implique un développement socio-économique et une préservation des ressources naturelles. C’est un concept multidimensionnel qui implique, en plus de la croissance économique, une meilleure satisfaction des besoins fondamentaux (alimentation, santé, éducation), la réduction des inégalités et la protection de l’environnement.

7.2.1. Etat du développement durable en 2000

La multiplicité des dimensions du développement durable et leur hétérogénéité empêchent d’effectuer des comparaisons temporelles ou spatiales pertinentes. De ce fait, une technique d’analyse des données multidimensionnelle sera utilisée.

Le positionnement du Maroc sera étudié par rapport à un échantillon de 16 pays 10 appartenant essentiellement au bassin méditerranéen. La comparaison est établie sur la base d’un jeu de 25 indicateurs choisis parmi les 65 Indicateurs de Développement Durable (IDD) retenus, pour le contexte marocain, par l'Observatoire National de l'Environnement en concertation avec les départements ministériels concernés.

Répartition des pays selon les indicateurs retenus (2000) 3 Egypte 2 France 1 Espagne Turquie
Répartition des pays selon les indicateurs retenus (2000)
3
Egypte
2
France
1
Espagne
Turquie
M aroc
Jordanie
Italie
0
Grèce
Algérie Syrie
Axe 1
Roumanie
Pologne
Chypre
Hongrie
-1
Tunisie
Portugal
-2
-1,5
-1,0
-,5
0,0
,5
1,0
1,5
2,0
Axe 2

Le premier axe, celui du développement, permet de segmenter l’échantillon des pays méditerranéens retenus en quatre groupes distincts:

Le groupe 1, auquel appartient le Maroc, est l’ensemble des pays les moins performants de l’échantillon en terme de développement durable. Il comprend l’Egypte, le Maroc, l’Algérie et la Syrie. Ce premier groupe de pays est caractérisé par des indicateurs pénalisant leur transition démographique et une économie largement tributaire de la bonne tenue du secteur agricole. L’évolution vers des secteurs à forte valeur ajoutée s’en trouve fortement compromise.

10 Maroc, Chypre, Egypte, France, Grèce, Hongrie, Italie, Jordanie, Algérie, Pologne, Portugal, Roumanie, Espagne, Syrie, Tunisie et Turquie.

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XIX

Cependant, le Maroc est légèrement avancé par rapport au reste du groupe compte tenu des efforts qu’il fournit au niveau démographique. Ainsi, le taux d’accroissement de la population a été ramené à 1,6% pour se positionner au troisième rang devant l’Algérie.

Le groupe 2, formé de la Turquie, la Jordanie, la Roumanie et la Tunisie, est légèrement en avance par rapport au premier grâce notamment à de bonnes performances en terme d’alphabétisation, de revenu par habitant et de mortalité infantile. Les pays de ce groupe ont engagé des efforts considérables afin d’assurer une transition démographique en faveur du développement.

Le groupe 3, formé des pays ayant réussi leur transition démographique et qui viennent d’amorcer leur transition économique. Ce groupe est constitué de la Grèce, Chypre, la Pologne, la Hongrie et le Portugal.

Le groupe 4, rassemble les pays de l’Europe occidentale, Italie, Espagne et France, dont le niveau de développement est le plus élevé. Pour ces pays, le développement démographique, le développement humain et la transition économique se situent à des niveaux très satisfaisants par rapport au reste de l’échantillon.

En résumé, cette analyse a permis de segmenter les pays en deux blocs distincts : les pays du Sud (Bloc de gauche du graphe), ayant un niveau de développement démographique entravant la transition économique et ceux du Nord (Bloc de droite) dont les niveaux de développement démographique et de transition économique sont élevés.

7.2.2. Trajectoire de développement des pays

En appliquant un ajustement de fonction au nuage de point constitué des indicateurs de développement durable, il apparaît que les trajectoires de développement des pays observés suivent une tendance commune. Cela suggère que le processus de développement suit un cheminement logique emprunté par l’ensemble des pays.

Processus de développement durable pour la période 1970-2000 5

3 M aroc 2 1 Indicateurs de Indicateurs de transition transition dém ographique économ ique
3
M aroc
2
1
Indicateurs de
Indicateurs de
transition
transition
dém ographique
économ ique
0
Indicateurs de
transition
sectorielle
-1
Indicateurs de
développem ent
hum ain
-2
-4
-3
-2
-1
0
1
2
Axe de
Développement
Durable

5 Processus établi par un ajustement au graphe des trajectoires de développement durable pour la période 1970-

2000.

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XX

Il paraît dès lors que la trajectoire est une suite de transitions successives accompagnant le développement des pays. Ainsi, dans un premier temps, les pays les moins avancés, souvent à prédominance agricole, commencent par réussir leur transition démographique.

Dans un second temps, le processus entame le développement économique en passant d’une économie à prédominance agricole vers le secteur industriel. En effet, ce dernier profite des transferts successifs de la population active et de la richesse créée de l’agriculture pour en faire bénéficier le secteur des services à la suite des gains de productivité atteignant tour à tour ces trois secteurs.

Ensuite, il entame le développement humain par une mise à niveau du système éducatif (augmentation du taux de scolarisation et des dépenses publiques en éducation) puis par une augmentation de l’espérance de vie et de l’alphabétisation propre à renforcer la transition économique et l’urbanisation qui l’accompagne. Enfin, ce processus est couronné par l’accroissement du revenu par habitant augmentant ainsi la richesse collective et le bien- être de la Nation.

Etant donné ce schéma de développement, il paraît inexorablement que la transition démographique et humaine est un préalable au développement économique. Le développement démographique apparaît comme un antérieur à toute autre forme de développement. Cela suggère le fait que le développement économique n’apparaît de manière forte et continue qu’à partir du moment où un niveau élevé de développement de l’humain est atteint.

Dans ce contexte, le Maroc évolue suivant ce schéma de développement avec des efforts notables pour réussir sa transition démographique et ce, afin d’entamer sérieusement son développement économique en passant de la prédominance agricole à une économie industrielle.

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XXI

Tableau de bord Social : Population et ménages

Direction des Etudes et des Prévisions Financières /DI/SBDCI

Synthèse des premiers résultats du recensement général de la population et de l'habitat de 2004

Population légale par milieu de résidence

Année de recensement

Effectif de la population (En nombre d'habitant

Taux

     

d'urbanisation

Urbain

 

Rural

 

Total

(En %)

1960

3

389 613

8

236 857

11

626 470

29,2

1971

5

401 971

9

977 288

15

379 259

35,1

1982

8

730 399

11

689 156

20

419 555

42,8

1994

13

429 658

12

644 059

26

073 717

51,5

2004

16

463 634

13

428 074

29

891 708

55,1

Source: Haut Commissariat au Plan + calcul DEPF

Taux d'accroissement de la Population légale par milieu de résidence et par nationalité

Evolution de la Population légale et du taux d'urbanisation

30 60 55 25 50 Taux d'urbanisation 45 20 40 15 35 30 10 25
30
60
55
25
50
Taux d'urbanisation
45
20
40
15
35
30
10
25
20
5
15
0
10
Population légale en millions
d'habitants
Taux d'urbanisation en %

1960

1971

1982

1994

2004

Milieu de résidence

 

1994

 

2004

Taux d'accroissement

Temps de doublement de la population (1)

Marocains

Etrangers

 

Total

Marocains

Etrangers

 

Total

Marocains

Etrangers

Total

Urbain

13

382 204

47 454

13

429 658

16

414 860

48 774

16

463 634

2,1

0,3

2,1

33,7

Rural

12

641 332

2 727

12

644 059

13

425 413

2 661

13

428 074

0,6

-0,2

0,6

114,9

Total

26 023 536

50 181

26

073 717

29 840 273

51 435

29

891 708

1,4

0,2

1,4

50,4

Source: Haut Commissariat au Plan + calcul DEPF

(1) C'est le nombre d'années théorique, compté à partir de 2004, nécessaires pour que la population double d'effectif: T=ln(2)/a, avec a le taux d'accroissement annuel moyen entre les deux recensements 1994 et 2004

Effectif des ménages

 

1960

1971

1982

1994

2004 (2)

Effectif des ménages (En milliers) Urbain (En %) Rural (En %)

2 427,0

2 740,0

3 419,3

4 446,0

5 665,3

33,0

37,4

46,6

56,9

60,7

67,0

62,6

53,4

43,1

39,3

Taux d'accroissement moyen (%) Urbain Rural

-

1,1

2,0

2,2

2,5

-

2,2

4,1

3,9

3,1

-

0,5

0,6

0,4

1,5

Taille moyenne (personnes/ménage ) (1) Urbain Rural

4,8

5,6

6,0

5,9

5,2

4,2

5,3

5,5

5,3

4,8

5,1

5,8

6,4

6,6

6,0

Source: Haut Commissariat au Plan + calcul DEPF

(1) Indicateur calculé en rapportant l'effectif de la population à celui des ménages

(2) Point de recensement

0,4 Part des étrangers dans la population légale 0,3 1994 2004 0,2 0,1 0,0 (En
0,4
Part des étrangers dans la population légale
0,3
1994
2004
0,2
0,1
0,0
(En %)

Urbain

Rural

Ensemble

Structure de l'effectif des ménages 100% 80% Rural 60% 40% Urbain 20% 0% 1960 1971
Structure de l'effectif des ménages
100%
80%
Rural
60%
40%
Urbain
20%
0%
1960
1971
1982
1994
2004 (2)

- 1

Evolution de la taille moyenne des ménages

7,0 6,0 5,0 4,0 3,0 2,0 1,0 0,0 (En nombre de personnes/ménage)
7,0
6,0
5,0
4,0
3,0
2,0
1,0
0,0
(En nombre de personnes/ménage)

1960

1971

1982

1994

2004 (2)

Ensemble Urbain Rural

Ensemble

Ensemble Urbain Rural

Urbain

Ensemble Urbain Rural

Rural

-

Tableau de bord Social : Population et ménages

Direction des Etudes et des Prévisions Financières /DI/SBDCI

Population légale par région (1)

(En nombre d'habitants)

   

1994

   

2004

 

Taux d'accroissement (en %)

Taux d'urbanisation (En %)

REGIONS

 

Urbain

 

Rural

 

Total

 

Urbain

 

Rural

 

Total

Urbain

Rural

Total

1994

2004

OUED ED-DAHAB LAGOUIRA

 

35 122

 

1 629

 

36 751

 

61 830

 

37

537

 

99 367

5,8

36,9

10,5

95,6

62,2

LAAYOUNE-BOUJDOUR

 

164

807

 

10 862

 

175

669

 

236

378

 

19

774

 

256

152

3,7

6,2

3,8

93,8

92,3

GUELMIM-ES-SEMARA

 

217

954

 

168

121

 

386

075

 

286

784

 

175

626

 

462

410

2,8

0,4

1,8

56,5

62,0

SOUSS MASSA-DRAA

 

899

239

1

736 283

2

635 522

1

270 961

1

842 692

3

113 653

3,5

0,6

1,7

34,1

40,8

GHARB CHRARDA BENI-HSEN

 

623

958

1

001 124

1

625 082

 

780

971

1

078 569

1

859 540

2,3

0,7

1,4

38,4

42,0

CHAOUIA-OUARDIGHA

 

589

116

 

919

961

1

509 077

 

724

001

 

931

659

1

655 660

2,1

0,1

0,9

39,0

43,7

MARRAKECH-TENSIFT AL HAOUZ

 

948

640

1

775 564

2

724 204

1

216 713

1

885 939

3

102 652

2,5

0,6

1,3

34,8

39,2

ORIENTAL

 

975

978

 

792

713

1

768 691

1

183 355

 

734

739

1

918 094

1,9

-0,8

0,8

55,2

61,7

GRAND CASABLANCA

2 953 224

 

173

561

3

126 785

3

325 539

 

305

522

3

631 061

1,2

5,8

1,5

94,4

91,6

RABAT-SALA-ZEMMOUR-ZAER

1 565 290

 

420

312

1

985 602

1

919 322

 

447

172

2

366 494

2,1

0,6

1,8

78,8

81,1

DOUKKALA-ABDA

 

616

106

1

177 352

1

793 458

 

713

996

1

270 043

1

984 039

1,5

0,8

1,0

34,4

36,0

TADLA-AZILAL

 

448

478

 

876

184

1

324 662

 

529

029

 

921

490

1

450 519

1,7

0,5

0,9

33,9

36,5

MEKNES-TAFILALET

 

965

682

 

938

108

1

903 790

1

202 487

 

939

040

2

141 527

2,2

0,0

1,2

50,7

56,2

FES-BOULEMANE

 

917

058

 

405

415

1

322 473

1

133 684

 

439

371

1

573 055

2,1

0,8

1,8

69,3

72,1

TAZA-AL HOCEIMA-TAOUNATE

 

371

043

1

348 801

1

719 844

 

436

663

1 370 450

1

807 113

1,6

0,2

0,5

21,6

24,2

TANGER-TETOUAN

1

137 963

 

898

069

2

036 032

1

441 921

1 028 451

2

470 372

2,4

1,4

2,0

55,9

58,4

Total

13 429 658

12 644 059

26 073 717

16 463 634

13 428 074

29 891 708

2,1

0,6

1,4

51,5

55,1

Source: Haut Commissariat au Plan + calcul DEPF

(1) Classées par ordre croissant selon le découpage administratif

TAZA-AL HOCEIMA-TAOUNATE

CHAOUIA-OUARDIGHA

TADLA-AZILAL

RABAT-SALA-ZEMMOUR-ZAER

MARRAKECH-TENSIFT AL HAOUZ

GRAND CASABLANCA

OUED ED-DAHAB LAGOUIRA

GHARB CHRARDA BENI-HSEN

SOUSS MASSA-DRAA

DOUKKALA-ABDA

MEKNES-TAFILALET

GUELMIM-ES-SEMARA

ORIENTAL

LAAYOUNE-BOUJDOUR

TANGER-TETOUAN

FES-BOULEMANE

Taux d'accroissement moyen intercensitaire de la population par région

(1994-2004) 12 10 8 6 4 2 Moyenne nationale = 1,4% 0 (En %)
(1994-2004)
12
10
8
6
4
2
Moyenne nationale = 1,4%
0
(En %)

- 2 -

TAZA-AL HOCEIMA-TAOUNATE

CHAOUIA-OUARDIGHA

TADLA-AZILAL

RABAT-SALA-ZEMMOUR-ZAER

MARRAKECH-TENSIFT AL HAOUZ

GRAND CASABLANCA

OUED ED-DAHAB LAGOUIRA

GHARB CHRARDA BENI-HSEN

DOUKKALA-ABDA

SOUSS MASSA-DRAA

MEKNES-TAFILALET

GUELMIM-ES-SEMARA

ORIENTAL

LAAYOUNE-BOUJDOUR

TANGER-TETOUAN

FES-BOULEMANE

Taux d'urbanisation par région selon le RGPH 2004

100 90 80 70 Moyenne nationale = 55,1% 60 50 40 30 20 10 0
100
90
80
70
Moyenne nationale = 55,1%
60
50
40
30
20
10
0
(En %)

Tableau de bord Social : Population et ménages

Direction des Etudes et des Prévisions Financières /DI/SBDCI

Indicateurs sur la structure de la population (1)

 

1981

1982

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

Densité de la population (habitant/km²) (2)

27,9

28,6

29,3

30,0

30,7

31,3

32,0

32,7

33,3

34,0

34,7

35,3

36,0

36,5

37,1

37,8

38,4

39,1

39,7

40,4

41,0

41,7

42,3

43,0

Structure par grand groupe d'âges (en %)

 

National

Moins de 15 ans 15-24 ans 25-59 ans

45,6

42,2

42,0

40,0

41,6

41,4

41,2

40,9

40,4

39,8

39,2

38,5

37,8

37,0

36,2

35,4

34,6

33,8

33,1

32,3

31,6

30,9

30,2

29,6

19,6

20,7

20,7

19,7

20,5

20,4

20,3

20,2

20,4

20,5

20,7

20,9

21,1

20,7

20,9

21,0

21,1

21,2

21,3

21,3

21,3

21,2

21,1

21,0

30,4

31,1

31,3

34,6

31,8

32,0

32,3

32,1

32,4

32,8

33,2

33,6

34,1

35,2

35,8

36,4

37,1

37,8

38,5

39,1

39,8

40,4

41,0

41,8

60

ans et plus

4,5

6,0

6,0

5,8

6,0

6,2

6,3

6,8

6,8

6,9

6,9

7,0

7,0

7,1

7,1

7,1

7,1

7,1

7,2

7,3

7,4

7,5

7,6

7,7

Urbain

 

Moins de 15 ans 15-24 ans 25-59 ans

37,7

37,6

37,2

37,3

36,9

36,5

36,0

36,3

36,1

36,0

35,1

33,9

33,1

32,9

32,0

31,1

30,3

29,5

28,8

28,2

27,6

27,1

26,6

26,1

-

-

-

23,4

22,3

22,0

21,7

21,2

20,9

20,5

20,6

21,4

21,3

21,2

21,1

21,0

20,9

20,8

20,6

20,4

20,2

20,0

19,7

19,4

-

-

-

33,7

35,6

36,3

36,9

37,0

37,6

37,9

38,7

38,9

39,8

39,4

40,3

41,1

41,9

42,7

43,3

44,3

45,0

45,6

46,2

46,8

60

ans et plus

5,4

5,4

5,5

5,6

5,3

5,2

5,4

5,5

5,4

5,6

5,6

5,8

5,8

6,5

6,6

6,7

6,9

7,0

7,3

7,1

7,3

7,4

7,6

7,7

Rural

 

Moins de 15 ans 15-24 ans 25-59 ans

43,9

45,7

45,0

43,6

45,7

45,8

46,1

44,7

43,9

43,1

42,9

42,7

42,4

41,5

42,1

40,2

39,5

38,9

38,2

37,4

36,7

35,9

35,1

34,4

18,5

- ------

-

--

-

-

20,2

20,6

21,0

21,4

21,7

22,0

22,4

22,6

22,9

23,0

23,1

28,9

- ------

-

--

-

-

30,6

30,0

31,2

31,6

32,0

32,4

32,8

33,2

33,6

34,2

34,8

60

ans et plus

7,0

7,0

6,9

6,8

6,6

6,6

6,5

6,6

6,7

6,9

7,1

7,3

7,5

7,7

7,5

7,6

7,5

7,5

7,4

7,4

7,5

7,6

7,7

7,8

Taux de féminité de la population(En %)

 

National

49,9

50,1

49,9

47,7

49,9

49,9

49,9

51,1

51,1

51,0

51,0

51,0

50,9

50,6

50,3

50,2

50,2

50,2

50,2

50,2

50,3

50,2

50,2

50,2

Moins de 15 ans 15-24 ans 25-59 ans

49,7

49,0

49,1

49,1

49,1

49,2

49,2

49,2

49,2

49,1

49,1

49,1

49,1

49,3

49,2

49,2

49,1

49,1

49,1

49,1

49,0

49,0

49,0

49,0

49,9

50,4

50,3

50,2

50,0

49,8

49,6

52,5

52,2

51,8

51,4

51,0

50,5

50,6

50,5

50,4

50,2

50,1

50,0