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Gilgamesh

pages 14 à 27 du manuel

Le récit de Gilgamesh constitue une des nou- Ressources sur Internet


veautés des programmes de 2009. On pourra consulter les pages du site du CRDP de Paris
Écrit au iie millénaire avant J.-C, ce récit a été (conçues après la parution des nouveaux programmes
retrouvé au xixe siècle sur des tablettes de pierre de collège de 2009) :
http://crdp.ac-paris.fr/parcours/fondateurs/index.php/
exhumées au sud de l’Irak actuel. Le texte, gravé
category/gilgamesh/
en écriture cunéiforme, raconte les aventures
de Gilgamesh, fils de personnages légendaires Entrer dans Gilgamesh par l’image
et roi sumérien d’Uruk (vers 2650 avant notre 1. Ce détail d’une stèle trouvée en Mésopotamie
ère), dont l’existence est marquée par le besoin date du IXe siècle avant J.-C.
d’affirmer son pouvoir et sa gloire mais aussi par 2. Sur cette sculpture taillée dans la pierre, Gilgamesh
l’angoisse de la mort. La moitié du texte relate est représenté comme un roi puissant (ce qu’indiquent
l’errance du héros à la recherche désespérée du sa barbe et son abondante chevelure), fier (il regarde
secret de l’immortalité. Si cette quête s’avère droit dans les yeux), inspiré et dominateur (son regard
vaine, Gilgamesh découvre que, malgré la mort, comporte une force extraordinaire). Pilier de sa civilisa-
la vie vaut la peine d’être vécue et que chaque tion, il supporte de ses bras levés une sculpture repré-
humain peut rester vivant en accomplissant la sentant le disque solaire, symbole de vie.
mission que les dieux lui ont assignée. D’une
grande simplicité, l’œuvre est aussi d’une grande
modernité.
Objectifs du chapitre Un héros légendaire
– Faire découvrir aux élèves la plus ancienne œuvre pages 16-17 du manuel
littéraire connue.
– Les amener à comprendre la modernité des ques-
tions que pose cette œuvre et des réponses qu’elle
Gilgamesh, roi d’Uruk
donne. Ce texte ouvre le récit de Gilgamesh qu’il inscrit
– Les conduire à établir des liens entre cette œuvre et dans la religion et la culture mésopotamiennes et
la Bible à travers l’épisode du Déluge. qu’il rattache dès la première ligne à Uruk, ville
Bibliographie située au sud de Babylone (voir la carte, p. 17).
Les éditions de Gilgamesh Gilgamesh en serait le fondateur et en aurait été
• L’Épopée de Gilgamesh, Le grand homme qui ne le souverain vers 2650 avant J.-C.
voulait pas mourir, Jean Bottéro, Gallimard, 1992. Une Gilgamesh lui-même y apparaît comme le nar-
édition savante, la plus proche des tablettes d’argile rateur de sa propre vie, celle d’un héros hors du
du deuxième millénaire avant J.-C. commun, d’une force et d’un prestige exception-
• L’Histoire de Gilgamesh, racontée par Pierre Grimal, nels, mais torturé par l’angoisse de la mort (voir
Éditions Alternatives, 2004. Une très belle adaptation l. 17-18).
magnifiquement illustrée par le calligraphe Hassan
Massoudy.
• Gilgamesh, collection Classicocollège, Belin/
Gallimard, parution prévue en juin 2009. Une nouvelle
adaptation, conçue pour des élèves de 6 e, qui vous Objectifs
permettra de faire découvrir cette œuvre à vos élèves – Faire découvrir le récit de Gilgamesh, inscrit dans
en « étude de l’œuvre intégrale ». la mythologie mésopotamienne.

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– Faire repérer la double origine du roi d’Uruk : 7. Les deux comparaisons péjoratives, « comme un
« humain pour un tiers, aux deux tiers divin » (l. 32). animal féroce » (l. 37), « tel un tyran » (ligne 38), rap-
pellent les excès du héros dans sa jeunesse et souli-
L’origine du récit de Gilgamesh gnent sa démesure orgueilleuse
1. Lecture de la carte. Les deux fleuves sont le
Tigre et l’Euphrate. Le nom propre « Mésopotamie »
est formé à partir du grec méso- (« milieu ») et pota-
mos (« le fleuve »). La Mésopotamie est la région Objectif
« entre les fleuves ». Faire découvrir aux élèves la mythologie mésopota-
2. Uruk est présentée comme « la première cité » mienne, ce qui leur permettra de mieux compren-
dre l’œuvre étudiée.
(l. 1), expression qu’il faut entendre comme ville fon-
datrice de la religion et de la culture mésopotamien- Conseil pour la mise en œuvre de l’activité
nes. Gilgamesh est donné par le narrateur comme le
On pourra proposer aux élèves de s’attacher aux dieux
« bâtisseur de cette citadelle » (l. 9).
les plus importants de la religion mésopotamienne.
3. La tablette est conservée au cœur de cinq « enve- Adad met de l’ordre dans la création et préfigure
loppes » : la ville d’Uruk, la Maison du Ciel, quartier ainsi Baal et Zeus.
sacré au centre de la ville, le sanctuaire d’Ishtar, le Anu est le père de tous les dieux. Il règne dans le ciel
coffre de cuivre, le tiroir secret de ce coffre. avec les autres dieux autour de lui.
4. C’est Gilgamesh lui-même qui raconte l’histoire Enki-Ea est le dieu des Eaux douces souterraines qui
à partir de la ligne 12 : « [Gilgamesh] confia à cette sauva l’humanité du Déluge.
pierre ses exploits » (l. 11). Enlil est le dieu du Vent, fils aîné d’Anu. C’est lui qui,
après avoir crée l’humanité, décida d’exterminer la
Un héros légendaire race humaine. Il est le père de Sîn, dieu de la Lune,
5. Gilgamesh est le fils de Lugalbanda et de Ninsuna lui-même père d’Ishtar et de Shamash.
la Bufflesse. Ereshkigal, Reine du Monde des Morts, doit céder
Lugalbanda est un roi légendaire d’Uruk dont l’his- son pouvoir à son époux, Nergal, souverain du Pays
toire croise celle de nombreux êtres merveilleux : des Morts.
l’oiseau-tonnerre lui offre la vitesse et l’endurance, Ishtar, déesse du Ciel, identifiée à la planète Vénus,
le poisson d’Aratta donne le pouvoir de la victoire à a pour frère Shamash ou Samash, dieu du Soleil et
son armée, Ninsuna, la déesse des bovins sauvages garant de l’ordre du monde, et pour sœur Ereshkigal,
l’épouse et lui donne un fils, Gilgamesh. déesse des Enfers. Ishtar représente la force des pul-
Ninsuna est un génie féminin qui, grâce à sa capa- sions, notamment sexuelles. Ishtar et Shamash jouent
cité de communication avec les dieux, peut lire un rôle important dans la vie de Gilgamesh.
l’avenir inscrit dans les rêves.
Certaines expressions soulignent la double origine
divine et humaine de Gilgamesh : « Humain pour
un tiers, aux deux tiers divin » (l. 32) ; « C’est Aruru Les deux derniers paragraphes du texte pourront
la Sublime, déesse qui créa l’humanité, qui l’avait faire l’objet d’une dictée-copie. Elle sera précédée
esquissé » (l. 33-34). d’une lecture au cours de laquelle on attirera l’at-
tention des élèves sur l’usage de la virgule et sur la
6. La répétition de « tout » souligne la supériorité graphie des noms propres.
absolue de Gilgamesh : il a « tout vu », « percé tous
les secrets », « dévoilé tous les mystères » (l. 12-14).
Activité de vocabulaire. Assimilé à une digue
(l. 23), Gilgamesh est présenté comme le rempart
protecteur des habitants d’Uruk contre les dangers L’offense aux dieux
et les attaques dont ils peuvent être les victimes.
L’image du « raz-de-marée » (l. 24) renvoie à la puis-
pages 18-19 du manuel
sance dévastatrice du héros (« raz-de-marée détrui-
sant les murs de pierre »). Les adjectifs associés aux
Le meurtre d’Humbaba
deux noms, « puissante » et « violent », renforcent Ce texte relate un épisode qui fait partie du
chacune des deux images. patrimoine légendaire de la Mésopotamie. Il est

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représenté sur des bas-reliefs dès le iie millénaire Les expéditions en dehors de la Mésopotamie
avant J.-C. comme le montre l’image reproduite vers les forêts des contrées avoisinantes (liba-
à la page 19. naises, notamment) pour en rapporter le bois
L’épisode est centré sur un thème que l’on nécessaire à la construction étaient fréquentes
à l’époque.
retrouvera dans la plupart des mythologies ulté-
rieures, celui de l’orgueil des hommes qui défient
les dieux.

Objectifs
– Conduire les élèves à prolonger l’extrait en chan-
geant de point de vue.
Objectifs – Les amener à exploiter le thème de la faute des
– Amener les élèves à comprendre l’origine de héros.
la malédiction des dieux contre Gilgamesh et
Enkidu.
Conseil pour la mise en œuvre de l’activité
– Leur permettre d’affiner leur connaissance du rap- Pour apporter une aide à l’écriture, on pourra dans
port entre les héros et les dieux dans Gilgamesh. un premier temps inviter trois élèves à jouer la scène
oralement. Les élèves pourront s’inspirer de cette
Humbaba et la forêt des cèdres première version orale pour écrire leur texte.
1. Lecture de l’image. Les élèves ne manqueront
pas de commenter le rictus du visage, la bouche
large et les dents menaçantes, la nudité du corps. Le
contraste entre le visage d’adulte et le corps enfantin La première réplique d’Humbaba (l. 9 à 12) pourra
peut aussi faire l’objet de remarques. faire l’objet d’une dictée dialoguée. On accep-
2. La transgression des deux amis consiste d’une tera un échange préalable à la graphie pour les
part à pénétrer dans la forêt des dieux, interdite aux expressions suivantes : « inconscients », « t’auraient-
humains (voir le chapeau et la ligne 6), d’autre part ils conseillé », « qui n’es qu’un enfant trouvé ».
à s’attaquer à Humbaba, créature d’Enlil, dieu du L’expression juste sera écrite au tableau puis effacée
Vent. avant la reprise de la dictée.
3. La malédiction adressée par Humbaba à
Gilgamesh et Enkidu les condamne à une mort pré-
coce (l. 23-24). Enkidu mourra peu après, Gilgamesh
portera toute sa vie l’angoisse d’une mort prématu- Gilgamesh,
rée. Cette malédiction est justifiée par l’ampleur du
sacrilège. mortel mais roi
pages 20-21 du manuel
La démesure de Gilgamesh et d’Enkidu
4. Plusieurs verbes à l’impératif indiquent la détermi- Le héros et le sage
nation d’Enkidu : « Achève-le, égorge-le, écrase-le »
Cet extrait appartient à une séquence narrative
(l. 13), « accomplis » (l. 15), « Débarrassons-nous »
assez importante qui relate la visite de Gilgamesh
(l. 17), « Frappe-le » (l. 19). À travers le meurtre
d’Humbaba, Enkidu cherche l’exploit qui consolidera à son ancêtre Ut-Napishtim et, à l’intérieur de leur
sa gloire. échange, l’épisode du Déluge dont Ut-Napishtim
a été le personnage principal. On pourra deman-
5. La violence d’Enkidu s’exprime dans les coups
de pique pour tuer Humbaba (l. 29) et dans le der aux élèves de lire l’intégralité de ce passage,
démembrement de ses fulgurances (l. 31-32). La pages 52 à 59 de l’édition de Léo Scheer.
force surhumaine de Gilgamesh éclate dans l’épi- Gilgamesh est venu chercher auprès d’Ut-Napis-
sode de l’abattage des cèdres : il se montre capa- htim le secret de l’immortalité car celui-ci, bien
ble de les abattre seul et de porter des charges qu’humain, est devenu immortel en récompense
phénoménales. de son rôle dans l’épisode du Déluge.

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La découverte du récit du Déluge sur l’une des men de tout être vivant de façon à assurer la survie
tablettes du récit de Gilgamesh au xixe siècle a de l’humanité (l. 29-32).
créé la stupeur dans la communauté scientifique, 6. Lecture de l’image. Dans l’illustration de la page
jusque-là convaincue que l’épisode avait pris de gauche, on peut identifier Enki-Ea à gauche,
naissance dans la Bible. Ut-Napishtim au centre, ainsi que les constructeurs
de l’arche. On pourra faire remarquer aux élèves
qu’on aperçoit les ziggurats babyloniennes en
arrière-plan.
Dans l’illustration de la page de droite, le bateau
Objectifs vogue dans la tempête, signalée par la force de
– Amener les élèves à saisir la confrontation du la houle, les nuages lourds de pluie et les taches
héros avec la mort. rouges qui rappellent l’origine du déluge : la colère
– Leur faire découvrir la leçon du récit. des dieux.
– Leur faire découvrir la première version de l’épi- Si l’atmosphère de l’illustration de la page de
sode du Déluge. gauche est assez paisible malgré les nuages qui
strient le ciel, dans l’illustration de la page de droite,
La leçon d’Ut-Napishtim l’atmosphère est très tourmentée.
Dans un premier temps, on demandera aux élèves 7. En récompense de la part prise dans le sauve-
de préciser quels sont les deux interlocuteurs. Ils tage de l’humanité, Ut-Napishtim a reçu l’immorta-
peuvent s’appuyer sur le chapeau et sur la présence lité (résumé de fin). Gilgamesh ne peut pas obtenir
d’un « je » pour comprendre qu’Ut-Napishtim est le même privilège car il n’a pas été choisi par les
le locuteur de ce passage. Ils peuvent se référer à dieux pour jouer un grand rôle dans le destin des
l’apostrophe « Gilgamesh » (l. 1) pour identifier son hommes.
interlocuteur. Le fait que Gilgamesh se contente
d’écouter son ancêtre montre l’importance et le
respect qu’il accorde à sa parole.
1. Après la mort d’Enkidu, Gilgamesh connaît l’an-
Objectif
goisse de la mort, une angoisse renforcée par les
Amener les élèves à comparer deux récits du
fautes commises envers les dieux : meurtre d’Hum-
Déluge.
baba et pillage de la forêt des dieux (voir p. 18-19),
meurtre du Taureau-Céleste (voir le chapeau). Il part Conseil pour la mise en œuvre de l’activité
à la rencontre d’Ut-Napishtim pour découvrir le Dans l’édition Léo Scheer de Gilgamesh, le Déluge
secret de l’immortalité car Ut-Napishtim est immor- occupe les pages 54 à 57.
tel (voir la phrase conclusive de l’extrait). Le Déluge biblique figure dans la Genèse (6, 5-22 ;
2. Ut-Napishtim rappelle à Gilgamesh que les 7, 1-22). Il est composé de quatre moments :
humains doivent mourir (l. 7 à 9). « Préparatifs du Déluge », « L’inondation », « La
3. Ut-Napishtim fait appel à la raison de Gilgamesh décrue », « La sortie de l’Arche ». On pourra ren-
en lui demandant : « serais-tu devenu comparable à voyer les élèves aux pages 27 à 29 de La Bible de
un fou ? À un fou, on peut faire passer la lie de bière Jérusalem, Les Éditions du Cerf, 2000.
vieillie pour du beurre, ceci pour cela. Il n’a point de On trouvera aux pages 30-31 du manuel la suite
discernement ni de bon sens. » (l. 4 à 7). de l’épisode du Déluge dans la Bible, « L’alliance de
Dieu avec Noé », ainsi que deux représentations de
4. Les dieux ont donné un trône à Gilgamesh, son
l’épisode biblique.
rôle est de gouverner sa cité. En toute logique, après
cet entretien, Gilgamesh devrait rentrer dans sa ville
et exercer son pouvoir.

Le secret du Déluge Le dernier paragraphe de l’extrait (l. 25 à 32) fera


5. Ut-Napishtim a été informé du Déluge par Éa l’objet d’une dictée de contrôle. Un travail prépa-
(ou Enki-Ea), dieu des Eaux douces souterraines ratoire pourra être mené sur les formes de l’impéra-
(l. 20-24). Il a été chargé par Éa de sauver un spéci- tif. Les noms propres resteront écrits au tableau.

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Histoire
des
arts Lecture d’images Image 3. De re rustica (« De la vie à la campagne »),
XVe siècle, miniature (peinture fine de petits sujets
Du bois sacré des dieux servant d’ornementation à un manuscrit. Le mot
vient du minium, peinture rouge utilisée au Moyen
au jardin anglais Âge pour tracer les lettrines).
pages 22-23 du manuel Image 4. Vue générale du château de Versailles et
des pavillons Marly, XVIIIe siècle, huile sur toile.
Dans le programme d’Histoire des arts, l’art du
Image 5. Le Jardin anglais du palais royal de Caserte,
jardin fait partie du domaine « Arts de l’espace »
XVIIIe siècle, gouache sur carton.
et s’inscrit dans la thématique « Arts, espace,
temps » (pages 3 et 9 du BOEN n° 32 du 28 août 2. Le bas-relief présente une scène stylisée, sans
2008, téléchargeable sur le site du ministère). perspective ni couleur, alors que la gravure présente
une composition en perspective, foisonnante et
Bibliographie coloriée (la couleur est ajoutée après le travail de
Sur l’art des jardins gravure).
• Gabrielle Van Zuylen, Tous les jardins du monde, 3. La forme de la lettre F commande celle de la
Gallimard, « Découvertes, 1994. miniature en deux scènes superposées. La scène du
• Jean-Pierre Le Dantec, Jardins et paysages, Larousse, haut est une scène de bêchage, celle du bas une
1996. scène d’irrigation du terrain.
• Michel Baridon, Les Jardins, Bouquins, 1998.
Sur les peintres et les jardins
Le jardin et le pouvoir
• Hubert Haddad, Le Jardin des peintres, Hazan, 2000. Le rapport entre le jardin et le pouvoir est présent
• Le Musée des jardins, Phaidon, 2004. depuis l’Antiquité. Ainsi le roi Nabuchodonosor II
est-il connu pour avoir fait construire de splendides
Sites Internet jardins suspendus dans son domaine de Babylone.
• http://www.lenotre.culture.gouv.fr La structure en terrasses permet à la fois de domi-
• De nombreuses académies proposent des dossiers ner, de voir et d’être vu. On retrouve cette structure
sur l’art des jardins dans les grands jardins italiens de la Renaissance,
http://www.crdp-lorraine.fr/cddp57/mediatheque/ ceux de la Villa Médicis, ou de la Villa d’Este, par
biblio/paysages/index.htm exemple.
http://w w w.lettres.ac-versailles.fr/ar ticle_ print. On peut également voir, dans cette édification à
php3?id_article=114 étages, une volonté de se rapprocher du ciel et de
marquer le lien entre le pouvoir royal et le pouvoir
divin.
4. Pour cette question, on peut se reporter à
Objectif l’ouvrage de Gabrielle Van Zuylen, Tous les jardins
Amener les élèves à percevoir que le jardin peut du monde, Gallimard, « Découvertes, 1994, pages
être une source d’inspiration artistique. 70 à 75.
On sait que Louis XIV a fait aménager Versailles en
Les techniques et les supports réaction à la splendeur de Vaux le Vicomte, ima-
1. Cette question est destinée à attirer l’attention giné par André Le Nôtre pour l’Intendant Fouquet.
des élèves sur les légendes des images, et par là, Ébloui par les jardins de Vaux et ne se plaisant pas
à saisir les différences d’époques et de techniques à Paris, Louis XIV décide à vingt-sept ans de faire de
des œuvres. Versailles un immense domaine à sa gloire. Après
Image 1. Scène de chasse aux oiseaux, VIIIe siècle sept ans de travaux, il s’y installe en 1672. La pro-
avant J.-C., bas-relief d’albâtre (sculpture généra- menade quotidienne dans les jardins constitue à
lement réalisée sur un fond minéral et offrant peu elle seule un rituel à la gloire du Roi-Soleil.
de relief). 5. Dans les jardins suspendus de Babylone, l’impres-
Image 2. Sept merveilles du Monde : Mésopotamie, sion de puissance provient des volumes imposants
XIX e siècle, gravure coloriée (reproduction d’une du palais, de l’escalier monumental, du foisonne-
œuvre gravée sur une planche de bois ou une ment de la végétation en terrasses. Le regard est
plaque de métal). conduit vers le ciel.

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Dans les jardins de Versailles, l’impression de puis- 1. 1. écriture cunéiforme 2. hiéroglyphe 3. idéo-
sance provient de l’immensité de l’espace occupé gramme 4. calligraphie(s)
(c’est tout le paysage versaillais qui est modifié), du 2. A. calligraphe c. bande de papier de soie 4. pinceau
nombre de pavillons qui jalonnent les jardins, de la d’encre
largeur de la perspective depuis le château. On a
B. graveur b. pierre 5. burin
l’impression d’un horizon sans fin.
C. typographe e. feuille à imprimer 1. caractères
6. Contrairement aux jardins de Babylone et de d’imprimerie
Versailles, le jardin médiéval se caractérise par la peti-
D. scribe a. papyrus 3. calame
tesse de l’espace, la simplicité des plantes : c’est essen-
tiellement un jardin potager à usage personnel. E. copiste d. feuille de parchemin 2. plume d’oie
7. Contrairement au jardin à la française, extrême- 2. Il s’agit d’une activité de repérage.
ment composé, symétrique et fermé par des murs et La lettrine forme la lettre « a » ; la fin de ligne est
des haies, le jardin à l’anglaise cherche à préserver marquée par un signe ornemental (en bas de la
des liens entre l’espace privé du domaine et la nature colonne de droite) ; la bordure florale encadre le
environnante. Bien que très aménagé et soigné, il texte à droite et en haut à droite ; les armoiries figu-
rent au milieu de la bande du bas de page ; le motif
donne l’impression de ne pas avoir de frontières avec
décoratif est présent à gauche (motif floral + ani-
les terres cultivées qui l’entourent.
maux insérés dans des losanges) et dans la bande
Variété et beauté des jardins du bas (animaux dans un paysage).

8. On pourra faire remarquer aux élèves le rythme 4. 1. écriture 2. scribe ou écrivain public 3. écrivain
de la scène donné par l’alternance des arbres et des 4. écriteau 5. écritoire
chasseurs. Les trois arbres sont de même hauteur, le
chasseur de droite est plus petit que celui de gauche
et laisse de la place aux oiseaux qui tombent du ciel.
À la raideur des troncs des arbres et des silhouettes Expression écrite
des chasseurs répond la forme courbe de l’arc du page 25 du manuel
chasseur et des frondaisons des arbres.
L’image qui sert de support aux deux travaux d’ex-
9. La symétrie caractérise les jardins de Versailles, pression écrite illustre le Déluge biblique. On ne
l’exubérance ceux de Babylone, le naturel le jardin
manquera pas de rappeler aux élèves qu’il existe
anglais de Caserte, la simplicité le jardin médiéval. deux versions du Déluge, très proches, celle de
Gilgamesh dont le héros est Ut-Napishtim, et celle
de la Bible dont le héros est Noé. Les élèves ont,
en principe, lu les deux (voir l’activité d’expression
Étude de l’huile sur toile de Pierre-Denis Martin, orale, p. 21 du manuel). Si ce n’est pas le cas, une
page 23 du manuel. lecture préalable de l’épisode dans les deux œuvres
Voir la fiche d’exploitation sur le site compagnon sera utile.
www.belin-français-college.com On pourra aussi rapprocher cette image de celles
des pages 20-21.

Raconter le Déluge
Lexique page 24 du manuel Objectif
Amener les élèves à adopter un point de vue pour
Les mots de l’écriture, raconter et à en tirer les conséquences qui s’impo-
sent : présence de la subjectivité du narrateur, ajout
mémoire des hommes
d’un jugement sur les événements racontés.
La page porte sur l’écriture : le récit de Gilgamesh, la
plus ancienne œuvre littéraire que nous connaissions, Conseils pour la mise en œuvre de l’activité
a été inscrit en écriture cunéiforme sur des tablettes Les élèves pourront se référer au Déluge de
d’argile. Gilgamesh ou à celui de la Bible. La réflexion sur

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la disparition de la majorité des êtres vivants peut
être préalablement préparée oralement en classe
entière par une recherche d’idées : regret de cette Objectifs
disparition ou au contraire satisfaction de l’espoir – Évaluer la compréhension de l’extrait.
d’un monde meilleur ; dénonciation de la cruauté – Évaluer la connaissance et la compréhension de
des dieux ou de Dieu ; appel à une « alliance » avec l’œuvre.
les dieux ou avec Dieu pour qu’une telle catastro- – Évaluer la capacité à tirer parti d’un épisode pour
phe ne se reproduise jamais. inventer une suite.
La conclusion exprimera un espoir dans l’avenir 1. Voici quelques prouesses de Gilgamesh : la vic-
comme le demande la consigne. toire sur Humbaba, le transport des fûts de cèdres,
la victoire sur le Taureau Céleste. Après ces exploits,
Décrire un jardin extraordinaire Gilgamesh devrait être satisfait de sa vie et se montrer
Objectif désireux de se consacrer à son peuple.
Amener les élèves à exploiter et à mettre en pers- 2. Gilgamesh est tourmenté par l’idée de la mort
pective l’étude comparative des jardins menée depuis celle de son ami Enkidu. Il parcourt la steppe à
dans les pages consacrées à la lecture d’images la recherche du secret de l’immortalité.
(p. 22-23). 3. Siduri regrette « les joues amaigries, le visage aussi
abattu, le cœur si triste, les traits aussi exténués » du
Conseils pour la mise en œuvre de l’activité
héros (l. 1-2). Gilgamesh fait également part de son
Une recherche lexicale en commun pourra être accablement (« m’accable », l. 5).
utile. Voici des termes susceptibles d’enrichir le
vocabulaire des élèves : 4. La leçon de vie donnée par Siduri à Gilgamesh est
• termes désignant les parties végétales d’un une sorte de carpe diem : en effet, elle lui conseille de
jardin : massifs, sous-bois, bosquet, taillis, carrés, profiter de la vie, de s’amuser, d’aimer sa famille car
haies, bordure, labyrinthe ; c’est le sort des hommes de mourir.
• termes désignant les parties non végétales d’un 5. Siduri et Ut-Napishtim rappellent l’un et l’autre à
jardin : allée, bassin, cascade, promenade, chemin ; Gilgamesh que le sort des hommes est de mourir, ce
• termes liés au point de vue : perspective, point de qui rend inutile toute quête d’immortalité.
vue, belvédère, étendue. 6. L’immortalité de Gilgamesh réside dans le pouvoir
que les dieux lui ont donné : en prenant soin de sa
cité et de son peuple, il trouvera une forme de renom-
mée par delà sa propre mort. La fin du récit ramènera
Évaluation page 27 du manuel Gilgamesh à son trône.
Par ailleurs, le récit prouve que la littérature est aussi
un moyen de lutter contre l’oubli : en écrivant son his-
La leçon de Siduri toire, Gilgamesh a réussi à traverser les millénaires !
L’épisode est raconté aux pages 48 à 50 de l’édition 7. Les élèves doivent imaginer ce que fait Gilgamesh
Léo Scheer. Il se situe juste avant la rencontre avec après sa rencontre avec Siduri. Il est probable qu’ils
Ut-Napistim et porte sur le même thème : l’errance imagineront le retour du héros dans sa cité auprès des
du héros en raison de son angoisse de la mort. siens. Or, dans Gilgamesh, le héros continue son chemin
pour interroger Ut-Napishtim. Il ne se souviendra des
paroles de la cabaretière que tout à la fin du récit.

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