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L'Art d'apprendre à lire en

chantant, ou Nouvelle
méthode de lecture en vingt-
quatre... leçons, suivies du
premier livre [...]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Gavoy, L.. L'Art d'apprendre à lire en chantant, ou Nouvelle
méthode de lecture en vingt-quatre... leçons, suivies du premier
livre de "Télémaque"... par M. Gavoy,.... 1830.

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IL'UmïT
DAPPRENDRE A IIRE EN CHANTANT.
NOUVELLE MÉTHODE DE LECTURE
AUMOYENDELAQUELLR
LELEVE LIT COURAMMENT DÈS LE PREMIER JOUR.,

aw,
ET
Où toutes 1rs difficultés be notre Can^ufsontpr&ttitfa* graduellement
EN VINGT-QUATRE PETITES LEÇONS,

tnayue
(~
SUIVIEDU
Y
P(V(i g(Wo.
#9 "q"
ql'a~t,
Q 0, -
Profeaseur de Belles-Lettres, auteur deplusieurs ouvrages sur l'Education.

PARIS,
ROY-TERRY, LIBRAffiE.É)'B'EUR, PALAIS ROYAL, GALERIE DE VALOIS, N° i85.
vmt -+ -

D'APPRENDRE A LIRE EN CHANTANT,


'f
ou
NOUVELLE MÉTHODE DE LECTURE,
AU MOYENDE LAQUELLE
L ELEVE LIT COURAMMENT DES LE PREMIER JOUR,
ET

,
1roresseur de Belles-Lettres ,et
auteur de plusieurs ouvrages sur lYducation le premier qui approuvé le grand avantage
qu'on retire de l'applicationdu chant a renseignementélémentaire.

ROY-TERRY, LIBRAIRE-ÉDITEUR, PAL/JS-KOTAL


PAtUS,
1050,
, GALERIE DE VALOIS, N° 185.
Cette Méthode esten pleine activité, rue Neuve de Berri, n° 13 (Champs-Élysées,) où chacun peut
venir prendre connaissance de ses grands avantages.
PRÉFACE.
CELUI qui fera usage de cet Alphabet se convaincra :
il' Que l'élève lit couramment dès la première leçon;
2° Que les difficultés sont présentées graduellement;
3° Qu'un jour suffit pour chaque leçon ;
4° Que cet Alphabet présente l'orthographe de tous les sons de notre langue;
;
5° Que tout l'ouvrage est un petit Traité de morale
6° Enfin, que toutes les leçons peuvent servir de dictée d'orthographe pour les commençans.
Pourquoi,ma-t-on dit, riavez-vous pas composé vos leçons de phrases simples à la portée des
?
en/ans
:
Parce que cela n'est pas nécessaire je vais plus loin, je dis que ce serait un défaut. Or, quel est le
but d'un Alphabet, c'est sans doute d'enseigner à l'élève de quelles lettres chaque son est composé?
Et qu'arrive-t-il toujours quand vous faites lire à un enfant une phrase simple, c'est qu'il la retient
par cœur avant d'avoir eu le temps de distinguer les lettres dont sont composés les mots qu'il vient
d'apprendre.
Le but serait donc manqué? Et pourquoi, au reste, ne pas profiter de la facilité qu'ont les enfans
d'apprendre, pour leur meubler la tète de plusieurs mots dont ils seront obligés de faire un grand
usage dans la suite?
AUX MAITRES.

1° :e
a i ou, ae iou, a iou, jusqu'à ce que vos élèves aient ces sons dans la tête.
Faites chanter e
2° Montrez-leur ensuite le caractère qui représente chaque son en particulier, jusqu'à ce qu'ils le
reconnaissent.
:
3° Passez aux trois lettres qui sont sur le côté, et chantez avec eux be ce le, be ce le, et faites
comme ci-dessus, jusqu'à ce qu'ils sachent les distinguer les unes des autres.

:
4° Dites-leur que quand le marteau b tombe sur le tambour a, il en sort le son ba, sur i, bi, sur
o, bo, etc.; faites de même pour les autres. En les amusant, vous les instruirez c'est le bon moyen
de réussir.
A la rigueur, il n'est pas nécessaire qu'ils connaissent le nom des marteaux ou
qu'ils sachent le son qu'ils produisent en frappant.
;
consonnes il suffit

,
Vous voyez qu'avec les lettres qui sont sur le côté et celles qui sont en tête, on a toujours à sa dis-
position l'ancien syllabé; on le trouve encore dans les premières lignes de chaque leçon avec l'avan-
tage inappréciable de forcer l'élève à chercher la syllabe, et à ne jamais lire par routine.
tPftUtitft jfrçmt.

!-:
(Tambours,)
ae 1* o u
b ba le bi be bile bobo bu.
c cacao ce ci co co eu be.
1 la ca le la li ce lo be lu ce.
EXERCICE.
île de eu ba, le cilice, le ca li ce, la bile,
lo ca le, bu ba le, la ca bale, la bi le, la ba-
a
bi o le, eueu ba le.
jQntjrihtw frctiii.

a é i ou
d dada de diaco dodo duo.
f fa fé eu le fi fo lie fu ca.
g gage gigo1 gu guidegai.
j jaco je jo li ju ge jubi lé.
b boca ge joli,
la juju be, la lice a la
EXERCICE.

c
-
gale, luce a la loge du do ge, du ila
1 ca fé, il a du boho à laface, céci le a
f la loge ducale, le joli dada du diaco.
l'oi£;i£m£ ftnnt.

aèiyouée
m ma menu midi mo de mu le.
n na ge ne ni ce 110me nu.
p papa pipe pope pu ce.
qu qua que qui quo te qu'il,
r rire
ra bal ro be rurale.
EXERCICE.
b papa dînera ici. Caro line a du jubilé. le pape y sera. le curérira
une jolie ro be de gaze, cecile ira
c
d
f
à l'éco leà midi, une puce me
pique à la fi gure. le bénéfice du
de célina, qui fera une malice à mo-
ni que. la nièce de lu ce fera le mé na ge
de madame léoni. lucas a la malice de
g eu ré. ma mère ira à la cé ré mo nie di re que le eu ré me mé na ge.
(![\uatrième fecon.

aeéèeiou
ç s sa lesemé sire so lesuce.
t tapi tete tige toge tu be.
v va ve luvice vote vue.
x fixa fixe fixité paxo xu.
z. za ni zé ro zi za nie zo é zu.
h* ha hé hi le hô te hu re oh.
EXERCICE.

m le joli site de la
sicile a été sa ma lice, la docilité de maria
fera
u ravagé,papa a vu à rome la la félicité de sa mè re. le sa geévite
p tiare du pape pic six. félicie te la co lère, ma dame lu ce fête la nati-
r donnera une joli6 to paze. la ri- vité de marie.
f va led'àdélaide sera punic de
* It Cette lettre est une paresseuse qui ne fait rien.
Cinquième ferait.

aeijou
z z z z
s vaze rcise rose ruse.

ch chape chéri chine chose fichu.


gn gagna gagne mégniC gno gnu.
t tli athalie thé thi thomaS thuya.
f pli pha re co ri phée pho que pliy si que phu.
qu k kali moka maki nikopo li
kubo.
EXERCICE.

se la philosophé me sera utile, ma so mme de thé o lo gie de st tho ma', qui me


t chè re ami% ta che mi se sa le me cho que. donne la colique, si tu ne chuchote' pa', si
v tu me di ra' si thé o phi le é tu die sa phi- tu ne chicane pa9, la société te chérira.
x losophi6, sa rhétorique, sa physique. athanase n'ignore pa9 la mythologi0 ni la phy-
z théodoie étudiera la chimi*, je li9 la si o lo gie. é tu die la phi loso phie de py tha go re.
J&mhne JTrcon.

aeloueeey
bl blasé blé chablis bloque blu te ric.
cl cla quebaclé cligne cloche cluse.
il rafia rafiéaffligé flore flûte.
gl glace glèbe glisse globe glu.
pl i
place pie ade pli diplômeplume.

EXERCICE.
ch
th
qu
le mi se ra ble gla ne le blé. pla ci de
glisse sur la glace, théodore bâcle
thèse de théologi6 comme qui bâcle une
une
café
,
mo ka.
à cu ba il n'y a pasdecacao,
te,
ni que que tu a' qua li fiée de bê mo-
ne te do-
nne ra pa9 de chocola'. le philosophe a thé"
e
k
pa ge de thè me. Tho mme bla se n'a plu'
de félicité ici ba9.papa me donnera du
nie la divinité : sa mora
cho que, me glace.
le déplorable me
Septième Cmut.

aeiouéèêy
aelOueeey
èet
br bra ve sa bre bri que bro che bru
ne.
cr crache crève cri cro que cru. #f

dr dra peladre madrid drôle dru.


fr phrase fifre afrique fromage fru gale.

EXERCICÊ.
1)1 le
la cra pu abruti1 lame la plu' no ble. gue. mame re m'a donné une brioche, une
c\ le néophyte trop crédule
a sage que le philosophe ane sera pa' plu' cro qui gno le, une dragée et du fro ma
ge à la
thée. l'homme crê me. la mi sè re du ri che a va re cho
gl frivole se pare de breloque'. la créature
ré pu gne. le bra mi ne sa ge mè que et
pi qui a une table frugale n'use pas de dro- ne une vie fru-
ga le.
IJuitthue Crçon.

aéioueèêj
éet
gr grâce grêlé grive gro' gruge.,
pr pra me pré prie prô ne pru de pru ne.
tr trace âtre trio trône truffe.
vr livra livre vrille ivrogne vru.
EXERCICE.

br je te déclare que le fluide magnétique ma ge de bric et u ne li vre de gru y è re. ce prê tre
cr pénètre la plaque la plu' dure. ce drôle m'a gratifié d'une très-joli6 gravure, socrate a
dr de thé o phi le gru genotre curé, ce druide été le plu' sage philosophe de la grè ce. la mo-
fr a u ne va che, une chè vre, une bre bis et u ne rale de jésuS fera ma félicité, ma chère célina,
gr chatte, il m'a livré quatre Iivre de fro- ta té mé ri té sera pu nie.
ntuvièmt fram.

PREMIÈRE RÈGLE.

e eu eux œu ceux eut ent eues.


oi jeu peux œuvre yceux il peut ils peuvent queues. eur
le feu roi fut sa ge et heu reux. voilà deux faffiellX preux que le peupIe pla-
ce boi teux pieu re u ne meu le
de blé que le cera parmi ceux qui honorent la chevalerie.
feu a con su mée. l'hommematinez/o? ne peut pas être mal heu-
je Yeux que no tre ne veu é tu die mieux la gé o- reux.
raphie et la morale.
DEUXIÈME RÈGLE.
ès ces des les mes ses tes.
ces procès. des
lé preux. tes cheveux.
les hé breux fu rent très-gé né reux. ma sœur * œuvres d'iniquité, l'homme peureux sera
ale bœuf-gras. mes vœux furent ceux de ces mal heureux.
brave' religieux, mes neveux ignorent ces

* r se prononce toujours au milieu et à la fin des mots.


wixihtte Crçcm.

DEUXIÈME HEGLE.

o au aux eau eaux aut os ots aud.


aube Xaux veau copeaux mut dos rnots chaud.

les homme8 s'ha bituent aux travaux les plus isabeau


chevreaux
a vu aux brotteaux de très-beaux
pé ni ble. et des a gneauxattachés à des ro-
je vis à la mé na gerie du roi des agneaux, des seaux.
vaches, des chevaux, des chèvres, des cha- la mè re de la plu part des pauvres fut et sera
111eaux, et d'autres animau.l.' trt's-be«w*r. l'oi siveté.
la vue de ce beau clià teau, de ces co teaux et
de ces canaux, ravira les êtres les plus sots.
:
dieu a di'je veux que l'homme irréligieux
soit malheureux, faux dévot soit la
et que le
ce ca deau vaut deux réaux. proie de lie maux.
mi
(Omirmr IVrcn.

QUATRIÈME RÈGLE.

ou oue oup ous ouX out ouent.


joujou boue loup doux
vous tout ils jouent.

ce cou cou ne vaut pas deux sous. et des ours; je les trouve beaucoup trop coura-
il faut être fou pour re
aux loups-ga TOUT.
croi
geux.
pa pa, le sapajOli a cassé le licou, et il court je désavoue ce bourra de neveu qui roue
a prèstoutou. femme de coups. sa
notre matou et le hibow jouent tau jours ou dès l'au be du jour ces coteaux se couvrent de
courentaprèslessouris.
si vous êtes doux et
trollpeaux de bœufs, de jeunes taureaux, de
sage, ma sœur vous do- brebis et d'a gneaux, qui sautent autour de
nnera des jou joux pour sa fête.
je ne loue pas ces fous qui jouent
leur mère.
avec des loups ne te décourage pas, il y a remè de à tout.
Bmtjthne (tCOlt.

è eiaiestetsais CINQUIÈME RÈGLE.

oit aient ex.


peine amie est mets mais il aimait ils aimaient.

papa aimaitbeaucoup la paix et la retraite


le 1aitétait le mets qu'il préférait; et ses wais
; ce faux dévot faisait le mal et priait dieu de
le secourir: supposait-il que dieu l'écoutetait
délices étaient le minaret qui est au bout du
bosquet*; il n'a11ait jamaiv au palais, et disait
?
et remplirait ses souhaits ignorât-il que l'êr-
tre qui aide à faire le mal est aussi coupable
que les pro cès ga gnés étaient de vrais mal heurs.
ma mère nous souhaitait trois choses
mour de dieu et de la vérité, la haine des pro-
l'a- : que celui qui le fait? le mal heureux qui ayait
écoutéjésu9 se retirait à moitié soulagé de
ses maux, et bénissais même dieu de sa mi-
cès et des pro jets té méraires, et surtout le goût sè re.
des mœurs et des mets rus ti ques.

* s dans l'intérieur du mot se prononce, mais jamais à la fin.


Cm?ihu£ Cmm,
air er SIXIÈME RÈGLE.

prononcez èr.
ver ge mer le éther hiver fer serré ver be.
notre magister nous disait hier que le fier le ver qui vit sous l'her be : il y a là u ne erreur
jupiter gouvernait l'univers, et le curé a sou- qui bouleverse mes idées.
:
tenu au jourd'hui que dieu avait fait la terre et
la mer, et qu'il gouvernait tout que jupiter,
et même lucifer, lui étaient aussi soumis que
pour l'homme su per be et voluptueux, le
terme de la vie doit être a mer.

el elle ette ec SEPTIÈME RÈGLE.

prononcez
èl èlle ètte èc.
abel belle cette avec qu'el qu'elle dette
cet ermitage était occupé par une vertueuse le mérite personneZ ne se tire pas des bos-
personne, qui nourrissait et hébergeait tous quets, des gué rets, des forêts et des ob jets su-
les mal heureux qui s'a dressaient à elle; je l'ai perbes; mais des faits et des vertus prati-
vue au fort de l'hiverparcourir cette terre dé- quées.
serte pour chercher à dé cou vrir les ho mmes qui
j'étaient perdus.
uahw,itmf Írfon.

RÉCAPITULATION.
p

l'homme vertueux et sa geévite de faire ce


1. fais ce que tu dois, et dis la vérité à quel que prix
qui peut déplaire à la divinité. que ce soit.
2. notre maître punira l'élève qui aura fait 5. télémaque ne cherchait pas l'ami qui le
du bruit, ou qui n'aura pas fait le thème que louait, mais celui qui l'avertissait de ses fautes.
le pro fes seur nous a donné.
6. fais aux autres ce que tu voudrais que les
3. Ne te dé ses pè re pas, il y a re me de à tout
si l'homme te refuse des honneurs sur cette
: :
autres fissent pour toi, s'ils étaient à ta place,
et rappelle-toi le proverbe qui dit à qui veut
pauvre terre, le seigneur te réserve une cou- mal, mal arri ve.
ronne pour une éternité : il est une autre pa-
trie où toute peine recevra lesalairequ'elle 7. celle qui n'aime que soi ne mérite pas
mérite. d'être aimée des autres, quelle que soit votre
fortune, vous n'êtes qu'une créature pétrie de
A. ;
sois doux et ho nnê te pour tous les ho mmes boue, comme le ver qui se traîne sous l'her be.
(ElumjihneCeron.

HUITIÈME RÈGLE.

é ai er et ez eff eee.
jeseraicéùer et efforcez ecclésiastique.

écouta le sa ge philosophe, ettachez de pro- rez que vous serezplus heureux, re prenes votre
fiter de ses avis; ne faites pas comme l'être lé- ouvrage, et faitesde nouveauxefforts.
ger qui dit : je serai vertueux, je lirai,
sa ge et
je ne parlerai pas, et qui
j'écrirai, j'étudierai,
obéisses au premier mot. évites de vous dé-
chirer, de vous salir, de tracasseries autres,
oublie à la minute toutes ses promesses, pour et de murmurer si votre maître vous punit.
vous qui voulez devenir habiles, examines a dores dieu, chérisses votre père et votre
ceux qui réussissent, et efforcez vous de les mère, aimes votre patrie et votreroi, res pec-
imiter. tez vos su périeurs, obéisses aux lois civiles et
ne parlez pas, lisez, étudiez, écrives,mé- ec clé sias ti ques, par ta gez vo tre nou rri tu re avec
ditez, réfléchisses; ne vous découragez plus; les pauvres, ne juges pas les autres, et le sei-
si vous n'aves pas réussi le premier jour, es pé- gneur vous bénira.
£Jti?iftUt (tfont

NEUVIÈME RÈGLE.

an am en cm ans ens ant ent emps. *

an ge «m pieencre emplir sans genscédant moment temps.

:
un enfant qui aime le changement ne donne
pas de grandes es pérances car pen dant qu'il
commence cent choses, il n'a pas le temps d'en
j
finir une : ce pen dant il se fausse le ugement
en naissant, l'en fant porte un penchant pour
telle partie; c'est aux parens à le découvrir et à
le développer, si mal heureusement vous chan-
gez les vues du tout-puissant, l'en fant ne perd
et se croit savant, quand il n'est qu'un ignorant y
pas seu lement le temps mais il perd les talens
ou qu'un pé dant. naturels qu'il avait reçus de la nature, et rare-
l'enfant pru dent est celui qui ne fait que ce ment il échappe aux vices.
:
que ses ten dresparens veulent; qui leur est en-
tièrement soumis eux seuls peuvent décou-
vrir nos penchans, et juger si nous so mmes nés
notre devoir est d'être vigilans et prudens,
et d'entourer nos enfans de sa gesse et de
vertu.
pour être arti sans, marchands ou a gens de
chan ge.
* :
Excepté
du latin.
Item, Bethléem, Jérusalem,requiem; et amen, Éden, examen, hymen, etc.j et autres tirés de l'hébreuet
jDijr-srptihnr £Vçon.

iniminliogtsenainaimeineing * DIXIÈME RÈGLE.

fin imper il vint vingt bien bain faim plein seing.


on om
l'an trois-cent-vingt-cinq constantm-le-grand perses, deux ans après son avènement à l'em-
trans fé ra le sié ge de l'em pi re ro nlain à pire.
bysance, appelée depuisconstantinople. jovien ne fit que paraître; on le trouva mort
tous les historiens sont convaineus que ce dans son lit, étouffé par la va peur du char bon
prmee fît une grande faute en a ban donnant qu'on avait allumé dans sa cham bre.
rome; mais il en fit une plus gran de en parta- enfin valentinie/i, empreur d'oc ci dent, et
geant l'em pire entre ses en fans. son frère valens, empereur d'orient, résistèrent
constantin l'aîné et son frère cadet mouru- avecbien de la peine aux barbares; ce dernier
rent assassinés, et constance, le plus jeune, même succomba à leurs attaques, en mourant
régna gouverné par des femmes. il laissa le trône à théodose-le-grand, qui se
\u\ien,sonsuccesseur, qu'on a surnommé soumit à une pénitence publique que lui im-
l'apostat, fut tué en combattant contre les posa saint am broi se.
* a et e devant in, im, ne se prononcent pas.
Dix-uititmt Ítfon.

ond om ombompt.
ONZIÈME RÈGLE.

on ont onc ons


bon bon front tronc second flacons ombre plomb prompt
pendant que le petit-filsdetliéodose-le-grand en quatre-cent-quatre-vingt-sei ze do vis
ti
régnait à constan nopIe, pliaramoiid, prince battit les allemands à tolbiac, près de cologne,
germain, quitta sa patrie, passa le rliin à la tête se fitbaptiser à rlieims,rendit les bretons et
d'une armée de francs et de sa liens, enleva les bourguignons ses tri butaires, s'empara des
trêves aux romains, et jeta les premiers fon- états du roi de toulouse, et mou rut à paris,
demens de l'em pire des francs (490). capitale de la france.
ensuite clodion s'avança jus qu'à a miens, et depuis clovis jusqu'àpepin-le-bref, on ne
;
mérovée jus qu'à la seine, notre territoire prit
alors le nom de france et dans le mê me temps
les habitans de pa doue allèrent fon dervenise
voit que cruautés et fainé antises; les enfans
du roi d'orléans furent massacrés par leurs plus
proclies parens, clotaire fit brû1er dans une
(458). chaumiè re son fils chramne. frédégonde et
cliildéric passa sept ou huit ans en exil, bru né haut fu rent des rei nés dé na tu rées.
aprèslesquels jetsconsentirent à le c'est vers ce temps que la monnaie des em pe-
ra ppe 1er.
ses su
" reurs fut rem placée par celle des rois francs.
JJix-uruuihut fmut.
>

un um hum. DOUZIÈMERÈGLE.

y vaut deux
<*
Il quand il est après un son.
chacun parfum humble. pays moyen joyeux voyez baronne abbaye payé.
trois-cent-trente-et-unans après pharamond, royaurne donnèrent à pépin le titre qu'il
pépin-le-bref,secondé par l'évêque de mayence, enviait.
envoyademan der au pape s'il était à propos on racon te que des sei gneurs ayant plaisanté
de laisser le titre de roi à celui qui n'en avait sur sa petitesse, il imagina un mojen pres-
li
ni les qua tés, ni l'autorité, tandis que la queincroyable de leur inspirer du res pect, il
puissance royaleétaitexercée par un autre qui
s'en montrait digne? le papevoyant que pépin
demandait la royauté, lui répondit qu'il fallait
avec un taureau :
donna le divertissement du com bat d'un lion
et voyant le taureau terrassé
par le lion: qui de vous, dit-il, osera les sé pa-
donner le titre de roi à celui qui en avait l'au- rer? aucunn'ayant osé, il s'é lança le sa bre à
torité. en consé quence tous les grands du la main, et d'un coup a bâtit la tête du lion.

l'hetle (
TREIZIÈME RÈGLE.

) sur 01 s
11 séparentlessons qui devaient unir,
ha hurir, trahir, prohibé)haAi! esaw, saÜl"ha rI', cigue',maIS.
les cantiques liébraiques ont quelquechose à adélarde que pour bien ouFr la messe il fa-
de plus grand et de plus é levé que les po éines llait arriver à l'in tro it.
héroïques des grecs.
— mon aieul a dit cent fois
tJingtièmt Ítfon.

ail aille eil eille euil ueil eueille


QUATORZIÈMERÈGLEi

ilille il
ou ouille.
hailpaille ré veil bou tei lie deuil or gueil Jeuille babit aigiulie fenouil. rou ille.
ille
un
-
gentz7enfant
-
qui habille plaît un instant; ne vous servez pas des mots canaille,vale-
maiscelui qui travaille, qui prête Yoreille aux taille, marmaille, gogaille, ni des ver bes
conseils du vieillard plaît tou jours. gri bou iller, far fou iller et cria iller.
au lieu de bâiller, de sommei lier dans accueillez avec bonté le vieillard, quel que
votre lit,
levez-vous avec le soleil,habz7/ez- soit son liabillement, que lavieille femme
vous vite, prenez un livre et travaillez, n'en couverte de haillons et deguenilles vous
parcourez pas les feuillets avec la légèreté du trouve plus affable que la jeune fillelaplus
papillon ou de leeureuil, qui sautée de gentille,couverte de brillaos.
branche en branche; mais à l'exemple del'a- ne vous chafilaillez pas, ne vous tiraillez pas,
beille fouillez aufond, recueillez tout ce qu'il ne vous raillez pas de ceux qui ont des béquilles.
contient de meilleur, et faites-en votre profit. fuyezl'enfant hrailiard et celui qui piaille,
je vous conseille de ne pas railler les autres, le souillon et ce lui qui vous con seilie le mal.
le railleur est pres que toujours puni de ne vous entretenez point en classe de ba-
ra illerie.
sa
ni
tailles, de mitraille, declie lles, de cailles ;
de grenouilles, de coqmV/es, du soleil et de la pourriez donner sur le merveilleux travail des
lune; laissez toutes ces merveilles pour un abeilles et autres ob jetspareils ne pourraient
autre temps; d'ailleurs les détails que TOUS que fourmiller d'erreurs.

tliwjtAunime
fmm.
)

QUINZIÈME RÈGLE.

inn inii Inn imm imm.


iiiné iliilové in no cen ce im ma eu lé im mo ral.

portez vos re gards sur Yim men si té des cieux, tâchons donc de lui plaire : car immédiate-
pénétrez au-delà de cette quantitéinnombrable ment après la mort notre âme immortelle
paraîtra devant son tri bunal. là, l'hoinme
de soleils
:
que votre œil dé cou vre ; fi gu rez-vous
par la pen sée un mi lion de fois plus d'é ten due zmmortifié qui a tout immolé à ses passions

plus grand! il est immense !


eh bien!dieu, qui est immaté riel, est encore
sa justice est
lmmuahle, ce qu'il veut est im man qua ble.
sera puni, et Yinnocent et celui qui aura fait le
bien seront ré com pensés.
immo dération ambition
*
110
créafion é1110
ne soyez pas am bilieux, car l'ambifron perd
l'homme, tâchez d'être païens et impartiaux;
aimez votre condition, chérissez votre nation
et les capétiens qui nous gouvernent.
SEIZIÈME RÈGLE.

loin de vous les fac^'ons, les con gré ga tions et


toutes les associations que les lois désapprou-
vent.
ne balbutiez pas en lisant; prêtez toute
prononcez
ti on initiation
CIO. *

marital argutf infectionrétention.


votre attentibn aux ob ser vatzons de votre
maître, il est essentiel que vous connaissiez la
valeur de chaquearticulation. quand vous
,
se rez i ni lié dans la lec tu re cou ran te vous
verrez que ces observations parcelles ne sont
pas des minutes; mais qu'elles conduisent à
la per fec tion.

:
* Excepté gestion, mixtion, nous sortions, nous acceptions, nous montions.

lJittilt-t'urihtte Crçon.
DIX-SEPTIÈME RÈGLE.
u eu ues uent, ettOllSles eu duverbeavoir.
j'eus le plaisir de vous dire que les fontaines à l'assainissement de la ville, et récréent la
qui dis tri buent de l'eau dans les rues con tri buent vue des habi tans.
DIX-HUITIÈME RÈGLE.
k eh
achores os
cha chorus hacchus archiépiscopal orch estre, chronique.
la tliébaïde était rem plie de chré tiens et le plaisir de chanter
d'anachorètes qui ne se donnaient pas même en chœur les louanges du
christ.

DIX-NEUVIÈME RÈGLE.

om um 9 et tous les um tirésdu latin.


liom rhum al bum va de-mecum pensum te deZlm ultimatum.
pour gar der le décoruiii, ce fac totunl donne l du gal banUln à tout le monde.

sifflez VINGTIÈME RÈGLE.

l'S au commencementdesmotssuivans :
stade station statue sphè re scri be sco lie spacieux stro phe sphinx stalle.
un enfant né stupide devien drasavant et
mê mespirituel s'il est stu dieux, s'il a la fermeté
seu le scien ce
devoir.
, s'il remplit en fin strie te ment son
d'un stoïcien, s'il s'occupe spécialement d'une Je scrupuleux est su jet aux scru pules.
VINGT-UNIÈME RÈGLE.

caen laon saone paon taon faon paonneaii.


:
,

articulez can lan sûnc pan ton fan pano

:
sur les bords de la saône, et du co té de laon, est une grosse mouche, le paonneau est un
j'ai vu des paons et des faons su per bes. Le taon jeune paon.

iHu^t-troisihnf Ceçon.

VINGT-UNIÈME RÈGLE.
lexique exhorte extrait exemple auxerre doux ami.
prononcez : lekcique èkzorte èkstrait ègzemple aussère douz ami.

un homme flexible est celui qui, dans les cas puisse vexer ceux avec qui il est obligé d'e xister.
extraor dinaires, a la dextérité de prendre un voilà un exemple qui m'ex posera à la critique,
parti mixte, qui n'ex hibe rien de son cœur qui car il est d'une extrême obscurité.
00r
VINGT-TROISIÈME RÈGLE.
ieu 1er iel len ui le d'uneJyllabe,.\
dieu acier miel mien lui amitié.
j'ai vu dans ce lieu un vieux0fficier couché rien à
sur une pierre, les pieds moiliégelés, n'ayant
man ger, et attendant tout son appui du
ciel et de la pitié des passans.
i

i eu i iel :en
C VINGT-QUATRIÈME RÈGLE.

Uliededeuxsyllabes.
odieuxhouclier
er
ma tériel
l'ouvrier pieux qui a des manières douces
se fera palier beaucoup de fautes, et
julienréiou i marié.
rarement humilie (et tous les verbes en ier
sera allier, épier,fier, etc.). :

VINGT-CINQUIÈME RÈGLE.

Ilya quelquesqua (ka) qui se prononcent kou a.


quadrigequa drupè de quaterne é quateur qua drilatère.
le quadrangle est une figure de géométrie
qui a quatre an gles. le quadrige
gésime est le premier dimanche de carême.
est
atteléde quatrechevaux de front. la unchar -
le quartz est une pierre très dure. l'équateur
quadra- est un grand cercle de lasphère.
VINGT-SIXIÈME RÈGLE.

ab ahs ae ad al ap ar as at.
abcès abstrait acte addition algerappareiller arbre aspic atmosphère.
ig ill ir is his.
igné illégal irrité israël histoire.
ob obs oc ol op or os hos.
obsèdeobscure octo bremogol optique or ostensoir hospice.
ul ur us ut.
ulcè re urne ustensile ut (note de musique).

J'ai mis cet Alphabet en pratique dans


ma
Classe, et je puis dire que j'ai obtenu des résultats surmonter et des obscurités disparaître. Je
à faire

surprenans ; cependant je n'ai pas l'orgueil de


:
penser que j'aie atteint la perfection à laquelle
j'aspirais jevois qu'il reste bien des obstacles à
conseils à me donner de ne pas m'en priver je
les recevrai avec reconnaissance.
;
supplie donc les personnes qui auraient de bons
:
r
VINGT-SEPTIÈME RÈGLE.
Les lettres ont différentesformes
voicilesplususitées :
MAJUSCULES ET MINUSCULES.
ABCDEFGHIJKLMNOPQR
abcdefghijklmnopq
stuvxjzw
STUVXïZW
ABCDEFGHIJKLMNOPQR
abcde gh f ijk l p
mno qr
S T
stuvxyz
UVXYZW
tHn#t-quatrièmc (tfou.

SIGNES ORTHOGRAPHIQUES.

( ) L'Apostrophe se met à la place d'une


voyelle supprimée, comme dans l'arbre, Vherbe,
:
cède naif, saul, ciguë: sans le tréma on pro-
noncerait nef, sol et cigue, comme figue.
lame, pour le arbre, la herbe, la âme.
(ç )La Cédille se met sous le c, pour le faire
prononcer comme s devant a o lt, commedans
;
( ) La Parenthèse sert à renfermer des mots
qu'on pourrait retrancher mais qui servent à l'é-
claircissement de la phrase.
reçu leçon, façade. Je croyais, moi (jugez de ma simplicité),
(-) Trait-d'union se met entre deux ou
Le Que l'on devrait rougir de la duplicité.
trois mots qui n'en font qu'un, comme dans tout-
à-coup, vient-il? Seine-et-Oise.
( ..) Le Tréma se met sur e, t, u, pour les
faire prononcer séparément d'une voyelle qui pré-
ACCENTS.
Il y a trois sortes d'accents
)
:
l'accent aigu (') ,
l'accent grave ( et l'accent circonflexe (").
L'accent aigu se met sur les e fermés : comme Si vous rencontrez un point-virgule ( ), re-
;
sévérité, aménité. posez-vous un peu plus.
:
L'accentgrae se met sur les è ouverts comme
père, mère, après. Il s'emploie aussi comme
Aux deux points
tage.
('•),respirez encore davan-
signe de distinction sur là et où adverbes, et
sur à et dès prépositions.
Et au point (.),arrêtez-vous, et reprenez ba-
leine.

:
L'accent circonflexe s'emploie quand il y a
suppression d'une lettre comme dans âge, téle, Le point d'interrogation
miration (!)
(?) et le point d'ad-
apôtre, qu'on écrivait autrefois: aage, teste, ne marquent pas toujours autant
de repos que le point.
apostre.

PONCTUATION.
Le premier s'emploie quand on interroge
?
est-là Savez-vous lire?
: Qui

Lorsqu'en lisant vous rencontrez une virgule Le second quand on admire :


(, ), reposez-vous un peu. Que le Seigneur est !
bon que son joug est aimable!
il
CARACTÈRES ARABES EMPLOYÉS DANS LE CALCUL. CARACTÈRES ROMAINS.

012 3 456 7 89
Zéro Un Deux Trois Quatre Cinq Six Sept Iluit Neuf
1 Y X LCD M

12 i3 17 5 5o

I.
1 10 100 5oo 1000
io ii i4 i5 16 18 19
20 21 22
23 24 25 26
27 28
3233
29
3o 3i 34 35 XIV.
1
36 37 38 39
XI.
m.
1
XV. 14

- - --- - -- -- v.
4o 41 42 43 44 45 46 47 48 49 2 15

5o 51 52 53 54 55 56 58
IY.
,
3 XVI. 16

--- ---
57
4 XVII. 17
XVIII.
60

70
61

71
62

72
63

73
64
74
65
75
66
76
67

77
68
78
69

79
VI. 5
6 XIX.
XX. 19
18

L.
VII
80 81 82 83 84 85 86 87 88 89
VIn. 7
8 XXX.
20

L.
3o
XL.
90

100
91

101
92
102 io3
93 94 g5

104 io5
96 97 98
106 107 108 109
99
X.
XI.
9
10
II LX
40
5o
60
110 III 112 113 114 115 116 117 n8 119 XII. 12 LXXX. 80
120 121 122 123 124 125 126 127 128 129 XIII13 CXX 120
NOMBRE FORMÉS DES MÊMES CHIFFRES,
ET QUI DIFFÈRENT DE VALEUR A CAUSE DE LEUR POSITION.

i4 iggi
- - - -- - -- - - -- - - ----
12 21 i3 3i 41 15 5i 16 61 17 71 18 81

23 32 24 42 25 52 26 62 27 72 28 82 29 92
f---
34 43 35 53 36 63 37 73 38 83 39 93

45 54 46 64 47 74 48 84 49 94
1

Ss-
56 65 57 75 58 85 59 95 2 3

67 76 68 86 69 96
345
4876
78 87 79 97 55437
89 98 678438
102 1033oi 104 401io5 5oi 106601 107701 801 109901 7713743
8921
201 108
9 6 4 9
NUMÉRATION.
Sextillions, Quintillioas, Quatrillions, Trillions, Billions, Millions,
998 237 444S17 5o4 ? Mille,
968
Unités.
4^2

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«? «?
PRIÈRES.

PRIÈRE DU MATIN AVANT LA CLASSE.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Es-


prit. Ainsi soit-il. ! ;
tres par notre conduite et par nos progrès faites
enfin, ô Dieu de bonté qu'en ornant notre esprit
Mettons-nous en la présencedeDieu, adorons-le, nous conservions la pureté de l'âme, sans laquelle
la science est vaine et nuisible.
et remercions-le de tous ses bienfaits. Jetez sur les malheureux un regard de bienveil-
Notre bon Père, nous vous adorons comme lance. Bénissez nos bons parens, notre patrie,
le souverain Seigneur de toutes choses. Nous notre Roi, nos magistrats, nos maîtres, nos amis
vous remercions du repos que vous nous avez et nos ennemis.
accordé cette nuit, et nous vous prions de nous PourobtenirdeDieu toutescesgrâces, adressons-
pénétrer, durant la journée, de sentimens reli- lui laprière que JS.-S.-J.-C. nous a enseignée.
gieux. Faites que nous mettions à profit les sacri-
fices que nos bons parens font pour notre éduca- Notre Père qui êtes aux Cieux, que votre nom
tion, que nous répondions aux soins de nos maî- soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre
volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel; nous abandonnez pas dans la tentation; mais déli-
donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque vrez-nous du mal. Ainsi soit-il.
jour; pardonnez-nous nos offenses, comme nous Au nom du Père, etc.
pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et he
PRIÈRE DU MATIN APRÈS LA CLASSE.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Es- Rappelons-nous la loi de Dieu renfermée dans
prit. Ainsi soit-il. ses dix commandemensy et ayons une ferme
volonté de la pratiquer.
Remercions Dieu d'avoirbéni notre travail pen-
dant cette matinée, et de nous avoir inspiré de Un seul Dieu tu adoreras, etc.

Mon Dieu ,
bons sentimens.
nous vous remercions de nous avoir
aidés à êtres bons, obéissans et appliqués pendant
Prions la bienheureuse Marie d'intercéder pour
nous auprès de Dieu.
cette classe. Bénissez la nourriture que nous allons Je vous salue, Marie, etc.
prendre, et faites que pendant notre récréation
nous ne donnions aucun sujet de plainte à nos Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Es-
camarades ni à nos maîtres. Ainsi soit-il. prit. Ainsi soit-il.
PRIÈRE DU SOIR AVANT LA CLASSE.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Es- grâce pour la bienveillance que vous nous avez
prit. Ainsi soit-il. témoignée pendant notre récréation. Daignez nous
Demandonsà Dieu la grâce debienfinirlajournée. pardonner les fautes que nous avons commises, et
faites, ô notre bon Père, que nous passions le reste
Mon Dieu, nous vous rendons des actions de de la journée conformément à votre sainte vo-
lonté, que nous prouvions par notre conduite et Ranimons notre foi en récitant le Symbole.
notre application combien nous sentons l'étendue Je crois en Dieu, etc.
des sacrifices que nos chers parens font pour
notre éducation. Ainsi soit-il. * Au nom du Père, etc.

PRIÈRE DU SOIR APRÈS LA CLASSE.


Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Es- vos voies. Demeurez avec nous durant cette nuit,
prit. Ainsi soit-il. et accordez-nous un doux repos, afin que nous
Remercions Dieu des bienfaits qu'il nous a ac- soyons en état de reprendre demain nos travaux
cordés pendant cette journée. avec une nouvelle ardeur.
Répandez vos bienfaits sur tous les hommes,
Notre bon Père, nous vous remercions de tou-
:
de tous les pays, qui sont nos frères et vos en-
tes les marques de faveur et de bonté dont vous fans. Récompensez nos parens pour les sacrifices
nous avez comblés aujourd'hui puissions-nous qu'ils font pour nous, et bénissez ceux qui ont la
les avoir mises dignement à profit; puissions- bonté et la patience de nous instruire. Ainsi soit-il.
nous nous rendre le témoignage de n'avoir point Témoignons à Dieu notre regret de
violé votre sainte loi, de n'avoir offensé aucun de

,
nos condisciples, de n'avoir donné à nos maîtres
aucun sujet de plainte et d'avoir cherché, autant
qu'il était en notre pouvoir, à satisfaire nos chers
Vavoir offensé.
Je confesse à Dieu, etc. S

parens. Rappelons-nous la loi de l'Eglise.


Seigneur, si nous avons quelque reproche à
Les fêtes tu sanctifieras, etc.
nous faire, aidez-nous à nous corriger, aidez-
nous à marcher de plus en plus fidèlement dans Au nom du Père, et du Fils, etc.
-am,grCr,lmA1w

DE LA LANGUE MATERNELLE DE M. JACOTOT.

PREMIÈRE LfÇON. —
On lnet sous les yeux de 2E LEÇON.—On faitrépéter la première phrase, d
l'élève le livre de Télémaque. l'on ajoute la seconde en suivant le même procédé.
3e LEÇON. —On fait répéter, et l'on ajoute la
- Calypso — Calypso ne—Calypso ne
pouvait—Calypso nepouvait se- Calypso ne
On dit troisième phrase.
-
Calypso ne pouvait se con-
::
,
pouvait se colisolet- 4e LEÇON.—On fait répéter, et l'on va, s'il estpos-
solerdu—Calypso ne pouvait se consoler du sible, jusqu'aux mots avait disparu à ses yeux.
départ — Calypso ne pouvait se consoler
du dé-
On dit à l'élève, Montrez Ca-lyp -So-pOlL
part d'Ulysse. —pouv—ne—lyp—ait—vait—se—ler—du etc.
L'élève répète à haute voix
chaque mot après le
5e LEÇON.
— On fait répéter par cœur l'ortho-
maltrc. graphe des mots.
Rctene7,l'élère sur cette phrase jusqu'à ce qu'il
distingue bien chaque root, chaque syllabe et L'élève prépare la lecture de quelques mots, de
.chaque lettre.
quelques phrases, s'il est possible.
6ELEÇON.—Quand l'élève sait par cœur jusqu'à dirai même que dans vingt professeurs, il ne s'en
Calypso étonnée) on ne s'occupe plus de la lec-
ture.
Voilà ce que dit M. Jacotot.
;
trouvera pas deux qui s'acquittent bien de cet em-
ploi, et même qui veuillent s'en charger ou, s'ils
s'en chargent, soyez presque certains que dans
Moi, et bien d'autres, avons suivi ponctuellement
huit jours ils seront fatigués de donner à leurs élè-
cette marche, et nous nous sommes convaincus que ves des soins qui semblent plutôt le partage d'une
l'élève qui ne sait par cœur que jusqu'à Calypso
mère, d'un père ou d'une nourrice, que celui de
étonnée,c'est-à-dire trois pages, ne sait pas encore pauvres mercenaires qui ne travaillent que pour
toucher leur modique salaire.
assez lire pour être abandonné à lui-même, et qu'il
est nécessaire de le conduire jusqu'à la huitième ou J'engagerai donc les parens qui veulent instruire
dixième page. eux-mêmes leurs enfans de prendre la méthode
;
Je ne prétends pas dire par là que la méthode de
;
M. Jacotot soit mauvaise je la trouve au contraire
bonne mais je vois qu'il n'est pas facile de la
de M.Jacotot ou la mienne. L'une et l'autre leur
réussiront.
Je dirai aux maîtres: Prenez ma méthode :
mettre en pratique dans nos maisons d'éducation, 1° Parce qu'elle approche beaucoup de l'an-
vu le grand nombre d'élèves que chaque maître cienne et que vous pouvez vous faire remplacer
,
est obligé d'instruire en même temps. Il lui est de par vos moniteurs.
toute impossibilité de donner à chaque enfant les 2° Parce que ma méthode donnera à vos élèves

;
soins et le temps que la méthode exige. Et ici les
moniteurs ne peuvent pas remplacer le maître je
une idée nettedel'orthographe, des sons, avantage
que n'offre pas celle de M. Jacotot.
ILTISKR'ÏP13ÏLBIBS5

DE TÉLÉMAQUE.
V

LIVRE PREMIER.
Télémaque, conduit par Minerve sous la figure de Mentor, aborde, après unnaufrage, dans l'île
de Calypso, qui regrettait encore le départ d'Ulysse. La Déesse le reçoit favorablement, conçoit
de la passion pour lui, lui offre l'immortalité, et lui demande ses aventures. Il lui raconte son
voyage à Pylos et à Lacédémone, son naufrage sur la côte de Sicile, le péril où il fut d'être immolé
aux mânes d'Ancliise, le secours que Mentor et lui donnèrent à Aceste dans une incursion de
barbares, et le soin que ce roi eut de reconnaître ce service en leur donnant un vaisseau tyrien
pour retourner en leur pays.

CALYPSO ne pouvait se consoler du départ vaient n'osaient lui parler. Elle se promenait sou-
ventseule sur les gazons fleuris dont un printemps
d'Ulysse. Dans sa douleur, elle se trouvait mal-

:
heureuse d'être immortelle. Sa grotte ne réson-
nait plus de son chant les nymphes qui la ser- ,
éternel bordait son île; mais ces beaux lieux,
loin de modérer sa douleur ne faisaient que lui
rappeler le triste souvenir d'Ulysse, qu'elle y avait qui mettait dans son île le fils d'Ulysse, si sem-
vu tant de fois auprès d'elle. Souvent elle demeu- blable à son père. Elle s'avance vers lui, et sans
rait immobile sur le rivage de la mer, qu'elle :
faire semblant de savoir qui il est « D'où vous

dant les ondes, avait disparu à ses yeux.


,
arrosait de ses larmes ; et elle était sans cesse
tournée vers le côté où le vaisseau d'Ulysse fen-
vient, lui dit-elle, cette témérité d'aborder en mon
île? Sachez, jeune étranger qu'on ne vient point
impunément dans mon empire. ,
»
Elle tâchait de
Tout-à-coup elle aperçut les débris d'un navire couvrir sous ces paroles menaçantes la joie de son
qui venait de faire naufrage, des bancs de rameurs
mis en pièces, des rames écartées çà et là sur le :
cœur, qui éclatait malgré elle sur son visage.
Télémaque lui répondit «0 vous, qui que vous

;
sable, un gouvernail, un mât, des cordages flot-
,
tant sur la côte puis elle découvrit de loin deux
soyez, mortelle ou Déesse, (quoiqu'à vous voir
on ne puisse vous prendre que pour une divinité ),
,
, :
hommes, dontl'un paraissait âgé l'autre, quoique
jeune ressemblait à Ulysse il avait sa douceur
et sa fierté, avec sa taille et sa démarche majes-
seriez-vous insensible au malheur d'un fils, qui
cherchant son père à la merci des vents et des
?
flots, a vu briser son navire contre vos rochers »
;
tueuse. La Déesse comprit que c'était Télémaque,
fils de ce héros mais, quoique les Dieux sur-
passent de loin en connaissance tous les hommes,
«
Quel est donc votre père, que vous chercheÛD
reprit la Déesse. « Il se nomme Ulysse, dit Télé-
maque : c'est un des rois qui ont, après un siège
elle ne put découvrir qui était cet homme véné- de dix ans, renversé la fameuse Troie. Son nom
rable dont Télémaque était accompagné. C'est que fut célèbre dans toute la Grèce et dans toute l'Asie
les Dieux supérieurs cachent aux inférieurs tout par sa valeur dans les combats, et plus encore par -
ce qu'il leur plaît; et Minerve, qui accompagnait sa sagesse dans les conseils. Maintenant, errant
Télémaque sous la figure de Mentor ne voulait dans toute l'étendue des mers, il parcourt tous les
pas être connue de Calypso.
,
écueils les plus terribles. Sa patrie semblefuir
Cependant Calypso se réjouissait d'un naufrage devant lui. Pénélope sa femme, et moi qui suis
voir. Je cours
pour
,
son fils, nous avons perdu l'espérance de le
apprendre
avec
où il
les
est.
mêmes
Mais
dangers
, que
!
dis-je
que
re-
lui,
peut-
admirait l'éclat de sa beauté, la riche pourpre de
sa robe longue et flottante, ses cheveux noués par
derrière négligemment,mais avec grâce; le feu qui
être qu'il est maintenantenseveli dans les profonds
a bîmes de la mer. Ayez pitié de nos malheurs
et si vous savez, ô Déesse, ce que les destinées
; sortait de ses yeux, et la douceur qui tempérait
cette vivacité. Mentor, les yeux baissés, gardant
un silence modeste, suivait Télémaque.
ont fait pour sauver ou pour perdre Ulysse, dai- On arriva à la porte de la grotte de Calypso, où
gnezen instruire son fils Télémaque. »
Calypso, étonnée et attendrie de voir dansune ,
Télémaque fut surpris de voir, avecune apparence
de simplicité rustique tout ce qui peut charmer
si vive jeunesse tant de sagesse et d'éloquence,
ne pouvait rassasier ses yeux en le regardant,
et elle demeurait en silence. Enfin elle lui dit : ,; :
les yeux. On n'y voyait ni or, ni argent, ni marbre,
ni colonnes, ni tableaux ni statues cette grotte
était taillée dans le roc, en voûtes pleines de ro-
Télémaque, nous vous apprendrons ce qui est cailles et de coquilles elle était tapissée d'une

,
«
arrivé à votre père. Mais l'histoire en est longue, jeune vigne, qui étendait ses branches souples
il est temps de vous délasser de tous vos travaux. également de tous côtés. Les doux zéphyrs con-
Venez dans ma demeure
comme mon fils venez : ;;
où je vous recevrai
vous serez ma consola-
tion dans cette solitude et je ferai votre bonheur,
:
servaient en ce lieu, malgré les ardeurs du soleil,
une délicieuse fraîcheur des fontaines, coulant
avec un doux murmure sur des prés semés d'ama-
pourvu que vous sachiez en jouir. rantes et de violettes, formaient, en divers lieux,
ioule de jeunes
»
Télémaque suivait la Déesse environnée d'une
nymphes, au-dessus desquelles
:
des bains aussi purs et aussi clairs que le crystal
mille fleurs naissantes émaillaient les tapis verts
toute la tête, comme un grand
elle s'élevait de dont la grotte était environnée. Là, on trouvait
chêne, dans une forêt, élève ses branches épaisses I un bois de ces arbres touffus qui portent des
nu-dessus de tous les arbres qui l'environnent. Il ]
pommes d'or, et dont la fleur, qui se renouvelle
dans toutes les saisons, répand le plus doux de de loin des collines et des montagnes qui se per-
tous les parfums; ce bois semblait couronner ces daient dans les nues, et dont la figure bizarre

:
belles prairies, et formait une nuit que les rayons
du soleil ne pouvaient percer là, on n'entendait
formait un horison à souhait pour le plaisir des
yeux. Les montagnes voisines étaient couvertes de

,
jamais que le chant des oiseaux, ou le bruit d'un
ruisseau qui, se précipitant du haut d'un rocher,
tombait à gros bouillons pleins d'écume et s'en-
fuyait au travers de la prairie.
pampre vert qui pendait en festons; le raisin, plus
éclatant que la pourpre, ne pouvait se cacher sous
les feuilles, et la vigne était accablée sous son
fruit. Le figuier l'olivier, le grenadier, et tous les
:
La grotte de la Déesse était sur le penchant
d'une colline de là, on découvrait la mer, quel-
,
autres arbres couvraient la campagne et en fai-
saient un grand jardin.
quefois claire et unie comme une glace, quelque-
fois follement irritée contre les rochers, oÙ elle :
Calypso, ayant montré à Télémaque toutes ces
beautés naturelles, lui dit «Reposez-vous; vos

;
se brisait en gémissant et élevant ses vagues
comme des montagnes d'un autre côté, l'onvoyait
une rivière où se formaient des îles bordées de til-
leulsfleuris et de hauts peupliers qui portaient
;
habits sont mouillés, il est temps que vous en
changiez ensuite nous nous reverrons, et je vous
raconterai des histoires dont votre cœur sera tou-
ché. » En même temps elle le lit entrer avec Men-
leurs têtes superbes jusque dans les nues. Les tor dans le lieu le plus secret et le plus reculé d'une
jouer dans la campagne :;;
divers canaux qui formaient ces îles semblaient se
les uns roulaient leurs
eaux claires avec rapidité d'autres avaient une
grotte voisine de celle où la Déesse demeurait.
Les nymphes avaient eu soin d'allumer en ce lieu

;
un grand feu de bois de cèdre, dont la bonne
eau paisible et dormante d'autres, par de longs
détours, revenaient sur leurs pas comme pour
remonter vers leur source, et semblaient ne pou-
voir quitter ces bords enchantés. On apercevait
Télémaque,
odeur se répandait de tous côtés et elles y avaient
laissé des habits pour les nouveaux hôtes.
voyant qu'on lui avait destiné une
tunique d'tnielainefine, dont la blancheureffaçait
celle de la neige, et une robe de pourpre avec une
broderie d'or, prit le plaisir qui est naturel à un

Mentor lui dit d'un ton grave :


jeune homme, en considérant cette magnificence.
«
Sont-ce donc
là, ô Télémaque, les pensées qui doivent occuper
nesse est présomptueuse ;
que les plaisirs qui attaquent la vertu. Gardez-vous
bien de croire ce qu'elle vous racontera. La jeu-
elle se promet tout
d'elle-même; quoique fragile, elle croit pouvoir
tout, et n'avoir jamais rien à craindre; elle se
le cœur du fils d'Ulysse ? Songez plutôt à sou-
tenir la réputation de votre père, et à vaincre
confie légèrement et sans précaution. Gardez-
et
vous d'écouter les paroles douces flatteuses de
la fortune qui vous persécute. Un jeune homme
qui aime à se parer vainement comme un femme
est indigne de la sagesse et dela gloire. La gloire
,
; :
Calypso, qui se glisseront comme un serpent sous
les fleurs craignez ce poison caché défiez-vous
de vous-même, et attendez toujours mes con-
n'est due qu'à un cœur qui sait souffrir la peine et

:
seils. »
fouler aux pieds les plaisirs. » Ensuite ils retournèrent auprès de Calypso qui
Télémaque répondit en soupirant «
Que les
Dieux me fassent périr plutôt que de souffrir que
la mollesse etla volupté s'emparent de mon cœur ! ,
les attendait. Les nymphes, avec leurs cheveux
tressés et des habits blancs servirent d'abord un
repas simple, mais exquis pour le goût et pour
Non, non, le fils d'Ulysse ne sera jamais vaincu la propreté. On n'y voyait aucune autre viande
par les charmes d'une vie lâche et efféminée.Mais que celle des oiseaux qu'elles avaient pris dans des
quelle faveur du ciel nous a fait trouver, après
notre naufrage, cette Déesse ou cette mortelle qui
nous comble de biens? »
:
filets, ou des bètes qu'elles avaient percées de
leurs flèches à la chasse un vin plus doux que
le nectar coulait de grands vases d'argent dans
«Craignez, répartit Mentor, qu'elle ne vous des tasses d'or couronnées de fleurs. On apporta
accable de maux; craignez ses trompeuses dou- dans des corbeilles tous les fruits que le prin-
:
ceurs plus que les écueils qui ont brisé votre
navire le naufrage et la mort sont moins funestes
temps promet et que l'automne répand sur la
terre. En même temps quatre jeunes nymphes se
mirent à chanter. D'abord elles chantèrent le
combat des Dieux contre les Géans; puis les
;
île sans être puni de sa témérité et votre naufrage
même ne vous garantirait pas de mon indignation,
amours de Jupiter et de Sémélé; la naissance de
Bacchus et son éducation conduite par le vieux
Silène, la course d'Atalante et d'Hippomène qui
: !
si d'ailleurs je ne vous aimais. Votre père a eu le
même bonheur que vous mais, hélas il n'a pas
su en profiter. Je l'ai gardé long-temps dans cette
:
fut vainqueur par le moyen des pommes d'or
; la
cueillies au jardin des Hespérides enfin guerre
de Troie fut aussi chantée les combats d'Ulysse
;
île : il n'a tenu qu'à lui d'y vivre avec moi dans
un état immortel mais l'aveugle passion de re-
tourner dans sa misérable patrie lui fit rejeter
et sa sagesse furent élevés jusqu'aux cieux. La tous ces avantages. Vous voyez tout ce qu'il a
première des nymphes, qui s'appelait Leucothoé,
joignit les accords de sa lyre aux douces voix de
toutes les autres.
;
perdu pour Ithaque qu'il n'a pu revoir. Il voulut
me quitter il partit, et je fus vengée par la tem-
pête : son vaisseau, après avoir été long-temps le
Quand Télémaque entendit le nom de son père, jouet des vents, futenseveli dansles ondes. Profitez
les larmes qui coulèrent le long de ses joues d'un si triste exemple. Après son naufrage, vous
donnèrent un nouveau lustre à sa beauté. Mais n'avez plus rien à espérer, ni pour le revoir, ni
commeCalypso aperçut qu'il ne pouvait manger, pour régner jamais dans l'ile d'Ithaque après lui:
et qu'il était saisi de douleur, elle fit signe aux consolez-vous de l'avoir perdu, puisque vous
nymphes. A l'instant on chanta le combat des trouvez une Divinité prête à vous rendre heureux,
Centaures avec les Lapithes, et la descente d'Or- et un royaume qu'elle vous offre. »
phée aux enfers pour en retirer sa chère Eurydice. La Déesse ajouta à ces pasoles de longs dis-

:
Quand lerepas futfini, la Déesse pritTélemaque,
et lui parla ainsi « Vous voyez, fils du grand
Ulysse, avWc quelque faveur je vous reçois. Je suis
cours pour montrer combien Ulysse avait été heu-
reux auprès d'elle. Elle raconta ses aventures
dans la caverne du Cyclope Polyphcme, et chez
immortélle : nulmortel ne peutentrer dans cette Antiphates, roi des Lestrigons : elle n'oublia pas
ce qui lui était arrivé dans l'île de Circé, fille du
Soleil, ni les dangers qu'il avait courus entre
«
Non", répondit-elle
non, ;
il me tarde de les
»
savoir, hâtez-vous de me les raconter. Elle le
Scylla et Charybde. Elle représenta la dernière pressa long-temps. Enfin il ne put lui résister,
: et

,
tempête que Neptune avait excitée contre lui,
quand il partit d'auprès d'elle. Elle voulut faire

,
entendre qu'il était péri dans ce naufrage et elle
supprima son arrivée dans l'île des Phéaciens.
Télémaque qui s'était d'abord abandonné trop
il parla ainsi
«
J'étais parti d'Ithaque pour aller demander
aux autres rois revenus du siège de Troie des
nouvelles de mon père. Les amans de ma mère
:
Pénélope furent surpris de mon départ j'avais
promptement à la joie d'être si bien traité de pris soin de leleur cacher, connaissant leur per-
Calypso, reconnut enfin son artifice et la sagesse fidie. Nestor, que je vis à Pylos, ni Ménélas, qui

:
des conseils que Mentor venait de lui donner. Il
répondit en peu de mots « 0 Déesse pardonnez
me reçut avec amitiédans Lacédémone, ne purent
m'apprendre si mon père était encore en vie. Lassé

:
,
à ma douleur; maintenant je nepuis que mafiliger;
peut-être que dans la suite j'aurai plus de force ,
de vivre toujours en suspens et dans l'incertitude,
je me résolus d'aller dans la Sicile où j'avais ouï

moi en ce moment pleurer mon père ;


pour goûter la fortune que vous m'offrez laissez-
vous savez
dire que mon père avait été jeté par les vents. Mais
:
le sage Mentor, que vous voyez ici présent, s'op-
mieux que moi combien il mérite d'être pleuré.»
Calypso n'osa d'abord le presser davantage : elle
feignit même d'entrer dans sa douleur, et de s'at-
tendrir pour Ulysse. Mais, pour mieux connaître ,
dévorent les hommes
et des-Troyens
:
posait à ce téméraire dessein il me représentait
d'un côté les Cyclopes, géans monstrueux qui
de l'autre, la flotte d'Enée
qui était sur ces côtes. «Ces
les moyens de toucher le cœur du jeune homme,
elle lui demanda comment il avait fait naufrage,
et par quelles aventures il était sur ses côtes. « Le
récit de mes malheurs, dit-il, serait trop long. » ; ,
Troyens, disait-il, sont animés contre tous les
Grecs; mais surtout ils répandraient avec plaisir
le sang du fils d'Ulysse. Retournez continuait-il,
en Ithaque peut-être que votre père, aimé des
,
Dieux y sera aussitôt que vous. Mais si les Dieux ;
rable pour aller en Sicile mais ensuite une noire

, , ,
ont résolu sa perte, s'il ne doit jamais revoir sa
patrie du moins il faut que vous alliez le venger
tempête déroba le ciel à nos yeux, et nous fû-
,
mes enveloppés dans une profonde nuit. A la
,
délivrer votre mère montrer votre sagesse à tous
les peuples et faire voir en vous à toute la Grèce
un roi aussi digne de régner que le fut jamais
lueur des éclairs nous aperçûmes d'autres vais-
seaux exposés au même péril, et nous recon-
nûmes bientôt que c'étaient les vaisseaux d'Enée:
Ulysse lui-même. »
Ces paroles étaient salutaires : ;mais je n'é-
tais pas assez prudent pour les écouter je n'é-
ils n'étaient pas moins à craindre pour nous que
les rochers. Alors je compris, mais trop tard, ce
que l'ardeur d'une jeunesse imprudente m'avait
coutai que ma passion. Le sage Mentor m'aima empêché de considérer attentivement. Mentor
;
jusqu'à me suivre dans un voyage téméraire, que
j'entreprenais contre ses conseils et les Dieux
permirent que je fisse une faute qui devait servir
parut, dans ce danger, non-seulement ferme
:
et intrépide, mais plus gai qu'à l'ordinaire c'était
lui qui m'encourageait; je sentais qu'il m'inspi-
à me corriger de ma présomption. rait une force invincible. Il donnait tranquille-
;;
Pendant que Télémaque parlait,Calypso regar-
dait Mentor. Elle était étonnée elle croyait sentir :
ment tous les ordres, pendant que le pilote
était troublé. Je lui disais « Mon cher Mentor,
vait démêler ses pensées confuses :
en lui quelque chose de divin mais elle ne pou-
ainsi elle
demeurait pleine de crainte et de défiance à la
pourquoi ai-je refusé de suivre vos conseils? ne
suis-je pas malheureux d'avoir voulu me croire
moi-même, dans un âge où l'on n'a ni prévoyance
vue de cet inconnu. Alors elle appréhenda de de l'avenir, ni expérience du passé, ni modération
laisser voir son trouble. « Continuez, dit-elle à pourménagerleprésent!Oh! si jamais nous échap-
Télémaque, et satisfaites ma curiosité. » Télé- je
pons de cette tempête, me défierai de moi-même
maque reprit ainsi :
Nous eûmes assez long-temps un vent favo-
cemmede mon plus dangereux ennemi; c'est vous,
Mentor, que je croirai toujours.»
Mentor, en souriant, me répondit :
« Je n'ai Troyens; il ordonna à tous nos rameurs de se

,
garde de vous reprocher la faute que vous avez
faite; il suffit que vous la sentiez et qu'elle vous
serve à être une autre fois plus modéré dans vos
baisser le plus qu'ils pourraient le long de leurs
bancs, pour n'être point reconnus des ennemis.
En cet état, nous passâmesau milieu de leur flotte.
la présomp-
tion reviendra peut-être; maintenant il faut
désirs. Mais, quand le péril sera passé, Ils poussèrent des cris de joie en nous voyant,
comme en revoyant les compagnons qu'ils avaient
; se sou-
tenir par le courage. Avant que de se jeter dans le
péril, il faut le prévoir et le craindre mais quand
crus perdus. Nous fûmes même contraints par la
: ;
violence de la mer d'aller assez long-temps avec
on y
;
est, il ne reste plus qu'à le mépriser. Soyez
donc le digne fils d'Ulysse montrez un cœur plus
grand que tous les maux qui vous menacent. »
eux enfin nous demeurâmes un peu derrière et
,
pendant que les vents impétueux les poussaient
vers l'Afrique nous fîmes les derniers efforts pour
;
La douceur et le courage du sage Mentor me
charmèrent mais je fus encore bien plus surpris
quand je vis avec quelle adresse il nous délivra des
aborder à force de ranies sur la côte de Sicile.
Nous y arrivâmes en effet. Mais ce que nous
cherchions n'était guère moins funeste que la
Troyens. Dans le moment où le ciel commençait flotte qui nous faisait fuir; nous trouvâmes sur
à s'éclaircir, et où les Troyens, nous voyant de
près, n'auraient pas manqué de nous reconnaître,
il remarqua un de leurs vaisseaux qui était presque
,
cette côte de Sicile d'autres Troyens ennemis des
Grecs. C'était là que régnait le vieux Aceste sorti
de Troie. A peine fûmes-nous arrivés sur ce rivage,
semblable au nôtre, et que la tempête avait écarté. que les habitans crurent que nous étions, ou d'au-
Lapoupe en était couronnée de certaines fleurs : tres peuples de l'île armés pour les surprendre,
;
il se hâta de mettre sur notre poupe des couronnes
de fleurs semblables il les attacha lui-même avec
des bandelettes de la même couleur que celles des ;
ou des étrangers qui venaients'emparer de leurs
terres. Ils brûlent notre vaisseau dans le premier
emportement ils égorgent tous nos compagnons;
ils ne réservent que Mentor et moi pour nous pré-

,
senter à Aceste, afin qu'il pût savoir de nous
quelsétaient nos desseins et d'où nous venions.
;
suis Télémaque, fils du sage Ulysse, roi desltlia-
ciens je cherche mon père dans toutes les mers.
Si je ne puis le trouver, ni retourner dans ma
Nous entrons dans la ville les mains liées der-
rière le dos; et notre mort n'était retardée que je ne saurais supporter. »
,
patrie, ni éviter la servitude, ôtez-moi la vie que
pour nous faire servir de spectacle à un peuple A peine eus-je prononcé ces mots, que tout le
cruel, quand on saurait que nous étions Grecs. peuple ému s'écria qu'il fallait faire périr le fils
On nous présenta d'abord à Aceste qui, tenant de ce cruel Ulysse,, dont les artifices avaient ren-
,
son sceptre d'or en main, jugeait les peuples, et Tersé la ville de Troie. « 0 fils d'Ulysse! me dit

,
se préparait à un grand sacrifice. Il nous demanda
d'un ton sévère quel était notre pays et le sujet
de notre voyage. Mentor se hâta de répondre, et
Aceste, je ne puis refuser votre sang aux mânes
: ,
de tant de Troyens que votre père a précipités sur
les rivages du noir Cocyte vous et celui qui vous
:
lui dit « Nous venons des côtes de la grande
Hespérie, et notre patrie n'est pas loin de là. Il
mène, vous périrez. » En même temps un vieil-
lard delatroupeproposa au roi de nousimmolersur
Ainsi il évita de dire que nous étions Grecs. Mais le tombeaud'Anchise. « Leur sang, disait-il, sera
Aceste, sans l'écouter davantage, et nous prenant agréable à l'ombre de ce héros. Énée même, quand
pour des étrangers qui cachaient leur dessein, or- il saura un telsacrifice,seratouché devoircombien
donna qu'on nous envoyât dans une fôrêt voisine, vous aimez ce qu'il avait de plus cher au monde. »
oÙ nous servirions en esclaves sous ceux qui gou- Tout le peuple applaudit à cette proposition;
vernaient ses troupeaux.
:
Cette condition me parut plus dure que la mort.
Je m'écriai « 0roi! faites-nous mourir, plutôt
;
et on ne songea plus qu'à nous immoler. Déjà on
nous menait sur le tombeau d'Anchise on y avait
dressé deux autels où le feu sacré était allumé; le
que de nous traiter si indignement. Sachez que je glaive qui devait nous percer était devant nos yeux;
on nous avait couronnés de fleurs, et nulle com-
passion ne pouvait garantir notre vie; c'était fait
,
pondit-il ô étranger, que les Dieux, qui vous ont
si mal partagé pour tous les dons de la fortune ,
de nous, quand Mentor demanda tranquillement vous ont accordé une sagesse qui estplus estimable
à parler au roi, et lui dit :
«
!
0 Aceste si le malheur du jeune Télémaque ,
,
que toutes les prospérités. » En même temps il re-
tarda le sacrifice et donna avec diligence les ordres
qui n'a jamais porté les armes contre les Troyens

,
nécessaires pour prévenir l'attaque dont Mentor
ne peut vous toucher, du moins que votre intérêt l'avait menacé. On ne voyait de tous côtés que des
vous touche. La science que j'ai acquise des pré- femmes tremblantes, des vieillards courbés de
sages et dela volonté des Dieux, me fait connaître petits enfans, les larmes aux yeux, qui se retiraient
qu'avant que trois jours soient écoulés vous serez dans la ville. Les bœufs mugissans, et les brebis
attaqué par des peuples barbares, qui viendront bêlantes, venaient en foule, quittant les gras pâtu-
comme un torrent du haut des montagnes pour rages et ne pouvant trouver assez d'étables pour
HÜtez-vous de les prévenir
sousles armes
;
inonder votre ville et pour ravager tout votre pays.

, mettez vos peuples


et ne perdez pas un moment pour
être mis à couvert. C'étaientde toutes parts des
bruits confus de gens qui se poussaient les uns les
autres, qui ne pouvaient s'entendre, qui prenaient
retirer au-dedans de vos murailles les riches trou- dans ce trouble un inconnu pour leur ami, et qui
,;
peaux que vous avez dans la campagne. Si ma
prédiction est fausse
moler dans trois jours
vous serez libre de nous im-
si au contraire elle est vé-
couraient sans savoir où tendaient leurs pas. Mais
les principaux de la ville, se croyant plus sages que
les autres, s'imaginaient que Mentor était un im-
ritable, souvenez-vous qu'on ne doit pas ôter la vie posteur qui avait fait une fausse prédiction pour
àceux de qui on la tient. » sauver sa vie.
Aceste fut étonné de ces paroles que Mentor Avant la fin du troisième jour, pendant qu'ils
lui disait
trouvée en aucun homme. « Je vois bien ,
avec une assurance qu'il n'avait jamais
lui ré-
étaient;Pleins de ces pensées, on vit sur le penchant
des montagnes voisines un tourbillon de poussière.
puis on aperçut une troupe innombrable de bar- il égorge, il nage dans le sang, et les bergers,, loin

roces ,
bares armés : c'étaient les Himériens, peuples fé-
avec les nations qui habitent sur les monts
de secourir le troupeau, fuient tremblans, pour se
dérober à sa fureur.
Nébrodes,et sur le sommet d'Acragas, où règne un
hiverqueles zéphirs n'ont jamais adouci. Ceux qui
avaient méprisé la prédiction de Mentor perdirent
,
Ces barbares, qui espéraient de surprendre
la ville furent eux-mêmes surpris et déconcertés.
Les sujets d'Aceste, animés par l'exemple et par

:
tor :
leurs esclaves et leurs troupeaux. Le roi dit à Men-
«J'oublie que vous êtes Grecs nos ennemis
les ordres de Mentor, eurent une vigueur dont ils
ne se croyaient point capables. De ma lance je ren-
deviennent nos amis fidèles. Les Dieux vous ont
envoyés pour nous sauver: je n'attends pas moins
de votre valeur que de la sagesse de vos conseils ; ;
versai le fils du roi de ce peuple ennemi. Il était
de mon âge mais il était plus grand que moi:
car ce peuple venait d'une race de géans qui étaient
hâtez-vous de nous secourir. »
Mentor montre dans ses yeux une audace qui
étonne les plus fiers combattans. Il prend un bou- ,;
de la mêmeorigine que les Cyclopes. Il méprisait
un ennemi aussi faible que moi mais, sans m'é-
tonner de sa force prodigieuse ni de son air sau-
il
elier,uneasque,uneépée,unelance; rangeles sol-
,
dats d'Aceste ; il marche à leur tête, et s'avance en ,
vage et brutal, je poussai ma lance contre sa poi-
trine et je lui fis vomir, en expirant, des torrens

,
bon ordre contre les ennemis. Aceste quoique
plein de courage ne peut, dans sa vieillesse, le
suivre quede loin. Jelesuis deplusprès,mais jene
puis égaler sa valeur. Sa cuirasse ressemblait dans
d'un sang noir. Il pensa m'écraser dans sa chute:
le bruit de ses armes retentit jusqu'aux montagnes.
Je pris ses dépouilles, et je revins trouver Aceste.
Mentor ayant achevé demettre les ennemis en dé-
le combat à l'immortelle égide. La mort courait sordre, les tailla en pièces, et poussa les fuyards
de rang en rang partout sous ses coups. Semblable jusque dans les forêts.
à un lion de INumidie que ia cruelle faim dévore, Un succès si inespéré fitregarder Mentor comme
et qui entre dans un troupeau de brebis, il déchire, un homme chéri et inspiré des Dieux. Aceste,tou-
: ,
ché de reconnaissance, nous avertit qu'il craignait
tout pour nous si les vaisseaux d'Enée revenaient
, ,
les côtes de la Grèce. Il nous donna des marchands
phéniciens, qui, étant en commerce avec tous les

,
retardement en notre pays ;
en Sicile il nous en donna un pour retourner sans
il nous combla de
peuples du monde n'avaient rien à craindre et
qui devaient ramener les vaisseaux à Aceste, quand
présens
:
et nous pressa de partir, pour prévenir
tous les malheurs qu'il prévoyait mais il ne vou-
lut nous donner ni un pilote ni des rameurs de sa
ils nous auraient laissés à Ithaque. Mais les Dieux,
qui se jouent des desseins des hommes, nous ré-
servaient à d'autres dangers.
nation, de peur qu'ils ne fussent trop exposés sur

EXEMPLES D ECRITURE.
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DÉPARTEMENS DE LA FRANCE.
i
ORDRE DANS LEQUEL ON L CHANTE.

Le Moniteur les montre avec une baguette sur la carte, et fait Merdeux fois
le nom du département et le
à commencedes Pyrénées orientales; puis il reprend au
nom du Chef-Lieu, enfaisant le du
tour royaume,
horizontale de gauche à droite.
nord les départemens intérieurs qu'ilsuit, par lignes

1 Pyrénées-Orient.
2Ariège.
16 Calvados.
17 Eure.
31 Hautes-Alpes.
32 Basses-Alpes.
,—-
46 Mayenne.
47Sathe.,re.
Maine-et-
61 Haute-Saône.
62 Voges.
76 Cantal.
77Haute-Loire.
48 63Meurthe. 78 Gers.
3 Haute-Garonne. 18 Seine-Inférieure. 33Var.
34 Bouches-du-Rhône 49 Indre-et-Loir. (>4Charente. 79 Tarn-et-Garonne.
4 Hautes-Pyrénées. 19 Somme. 80 Tharn.
35 Gard. 50 Loir-et-Cher. 65 Haute-Vienne.
5 Basses-Pyrénées. 20 Pas-de-Calais. 81Aveyron.
36Hérault. 51 Loiret. .66 Creuse.
6 Landes. 21 Nord. 82 Lozère.
37 Aude. 52 Yonne. 67Allier.
7 Gironde. 22 Ardennes. 83 Ardèche.
23 Meuse. 38 Oise. 53 Aube. 68 Saône-et-Loire.
8 Charente-Infér. 84Drôme.
24 Moselle. 39 Aisne. 54 Haute-Marne. 69 Dordogne.
9 Vendée. 85 Vaucluse.
40Orne. 55 Deux-Sèvres. 70 Corèze.
10 Loire-Inférieure. 25 Bas-Rhin. 86 Corse.
26 Haut-Rhin. 41 Eure-et-Loir. 56 Vienne. 71 Puy-de-Dôme.
II Morbihan. Indre.
Finistère. 27 Doubs. 42 Seine-et-Oise. 57 72 Loire.
12
28 Jura. /j3 Seine. 58 Cher. 73 Rhône.
13 Côtes-du-Nord.
29Ain. 44 Seine-et-Marne. 59Nièvre. 74 Lot-et-Garonne.
14 Iile-et-Villaine.
i5 Manche. 30 Isère. 45 Marne. 60Côte-dOr. 75 Lot.
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