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RECYCLAGE DES CHAUSSÉES

SOUPLES EXISTANTES

RECYCLING OF EXISTING
FLEXIBLE PAVEMENTS
SOMMAIRE
PRÉFACE ....................................................................................................................................................4

RÉSUMÉ ......................................................................................................................................................6
REPONSES POUR DECIDEURS ET TECHNICIENS ..........................................................................................6
REPONSES POUR LES TECHNICIENS ...........................................................................................................8

1 INTRODUCTION...............................................................................................................................10
1.1 ÉTENDUE ET OBJECTIFS ..................................................................................................................12
1.2 RESUME DU RAPPORT .....................................................................................................................14

2 QUOI, POURQUOI ET COMMENT ?............................................................................................16


2.1 CE QUI PEUT ETRE RECYCLE............................................................................................................16
2.1 POURQUOI RECYCLER .....................................................................................................................16
2.3 COMMENT RECYCLER ? ..................................................................................................................22

3 RECYCLAGE DES COUCHES BITUMINEUSES........................................................................28


3.1 RECYCLAGE DE COUCHES BITUMINEUSES DANS DE NOUVELLES COUCHES BITUMINEUSES..............32
3.2 RECYCLAGE DES COUCHES BITUMINEUSE DANS DES COUCHES DE BASE GRANULEUSES..................46

3.2.1 Recyclage des couches bitumineuses contaminées dans des couches de base
granuleuses traitées ...........................................................................................................46
3.2.2 Recyclages de couches bitumineuses non contaminées dans des couches de base
granuleuses traitées ...........................................................................................................52
3.2.3 Recyclage des couches bitumineuses dans des couches de base
granuleuses non traitées ....................................................................................................56

4. RECYCLAGE DE MATÉRIAUX DE BASE NON TRAITÉS ......................................................58


4 1 RECYCLAGE DE COUCHES DE BASE GRANULEUSES .........................................................................58

4.1.1 Recyclage des couches granuleuses dans les couches non traitées ..................................60
4.1.2 Recyclage de couches de base granuleuses en couches de base granuleuses traitées......64

4.2 RECYCLAGE DE MATERIAU DES COUCHES DE FONDATION NON TRAITEES .......................................66

4.2.1 Recyclage des couches de fondation en couches de fondation non traitées.....................66


4.2.2 Recyclage des couches de fondation en couches de base traitées.....................................68

5. CONCLUSIONS .................................................................................................................................70
5.1 POURQUOI RECYCLER ? ..................................................................................................................70
5.2 COMMENT RECYCLER ? ..................................................................................................................70

6 RÉFÉRENCES....................................................................................................................................74

ISBN : 2-84060-139-7
AIPCR . 2 . 08.07.B - 2001
PRÉFACE
Les procédés de construction et d'entretien des routes utilisent des volumes énormes
de granulats et de liants tout en produisant, en même temps, des matériaux qui ont
traditionnellement été traités comme des déchets. Cependant, étant donné la
préoccupation relative à l'utilisation de ressources non renouvelables, et l'élimination
des déchets, le recyclage des matériaux est une option de plus en plus importante
à envisager pour répondre à l'objectif général de développement durable. Le Comité
technique AIPCR des Routes souples a donc mis en place un sous-groupe sous la
direction de M. J. Swart (Pays-Bas) pour examiner le développement du recyclage. Ce
rapport est le résultat du travail de ce sous-groupe.

Le rapport suggère certaines mesures qui pourraient être prises par les autorités
routières et par l'industrie afin d'augmenter le développement du recyclage. Ce rapport
aidera à mettre en place les procédures et technologies qui conduiront à un
développement durable.

Je désire remercier les membres du sous-groupe et, en particulier leur chef, Jan Swart.
Les membres étaient :

M. J. Swart, Pays-Bas, Animateur du sous-groupe


M. C. de Backer, Belgique
M. S. Dorobantu, Roumanie
M. A. Garcia Garay, Espagne
M. Y. Guidoux, France
M. J. Han, Malaisie
M. P. Simonsen, Danemark
M. I. Reeves, Australie
M. H. Roos, EAPA

Doug Colwill
Président du Comité technique AIPCR des Routes souples (1996-1999)

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RÉSUMÉ
Il est important que les décideurs et aussi les techniciens essaient d'établir un lien entre
les problèmes d'environnement et les solutions techniques et économiques de
recyclage. Ce résumé comprend donc des éléments de réponse destinés aux décideurs
et aux techniciens, et des éléments de réponse pour les techniciens uniquement.

Éléments de réponse pour décideurs et techniciens


Le recyclage a un rôle important à jouer pour atteindre un développement durable, qui
réponde aux besoins du présent sans compromettre l'aptitude des générations futures à
répondre à leurs propres besoins. Les ressources sont limitées et il est nécessaire de
conserver les granulats aussi longtemps que possible en minimisant la production de
déchets et en encourageant le recyclage et la réutilisation.

Ces objectifs, ainsi que les considérations économiques, contribuent à un climat


politique où l'intention est d'obtenir un cycle fermé en recyclant et réutilisant des
matériaux provenant des chaussées existantes. La situation optimale se trouve lorsque
le recyclage peut être justifié économiquement. Jusqu'à ce que cela soit acquis, les
décideurs doivent assurer que la législation appropriée est en place pour encourager le
recyclage des chaussées existantes. En résumé, les mesures suivantes
encourageraient le recyclage et la réutilisation de matériaux :

- promotion d'une logique de recyclage,


- les clients devraient partager les risques avec les entrepreneurs pour encourager
plus d'innovation dans le domaine du recyclage,
- les autorités routières devraient souligner la nécessité du recyclage dans les
spécifications et introduire des contrôles pour les matériaux de recyclage,
- envisager l'introduction d'une prime dans le cas de réutilisation,
- envisager d'aider l'investissement dans des centrales de recyclage pour leur
permettre d'atteindre des taux de recyclage élevés,
- envisager une stabilisation en couches profondes et un malaxage et compactage
efficaces.

Des efforts devraient être faits pour encourager la réutilisation des matériaux de
chaussées en fonction du "concept de l'échelle" où il est préféré d'avoir la meilleure
qualité de réutilisation. Par exemple, le béton bitumineux des revêtements devrait être
recyclé en un matériau de la même qualité que l'original.

Pour les routes à faible trafic, il est fréquemment plus rentable d'appliquer des
techniques à froid. Cependant, il n'y a pas de recette générale pour le recyclage ou la
réutilisation de matériaux de chaussée. Cela est directement lié à la situation locale
(connaissances techniques et considérations économiques, etc.). C'est pourquoi une
étude approfondie doit être réalisée avant d'adopter des solutions. De plus, les
implications du recyclage devraient être prises en compte avant d'utiliser des matériaux.

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Éléments de réponse pour les techniciens
De nombreuses techniques de recyclage ont été développées et de nombreux pays font
du recyclage. De même, de nombreux pays progressent par étapes vers des niveaux
plus élevés de recyclage en raison des considérations environnementales. Il existe déjà
un certain nombre de possibilités aussi bien techniques qu'économiques.

Les techniques de recyclage du béton bitumineux peuvent être groupées dans deux
catégories, le recyclage à chaud et à froid, elles-mêmes subdivisées en traitement en
centrale et traitement en place. Le recyclage à chaud en place est le seul procédé qui
permette aux enrobés vieillis d'être entièrement réutilisés à leur niveau d'origine.
Lorsque les dégâts, tels que l'orniérage ou les fissures, sont concentrés sur la voie
à trafic lourd ou dans des passages de roues, une méthode très rentable de recyclage
en place est le recyclage "minimal" des zones dégradées uniquement. Avec cette
méthode, la quantité de béton bitumineux à recycler est minimisée.

Les liants d'émulsion bitumineux et le ciment, ou une combinaison des deux, sont
largement acceptés pour la réutilisation du béton bitumineux récupéré. Lorsque du
béton bitumineux contaminé par du goudron est traité avec une émulsion et/ou un liant
au ciment, des essais de lessivage ont montré des émissions très faibles de HPA à long
terme. Cependant, le comportement de ces matériaux n'est pas parfaitement connu et
doit être encore étudié.

Différents liants peuvent être utilisés pour le recyclage de matériaux non traités dans
une nouvelle couche traitée. Dans différents pays, l'utilisation d'émulsion bitumineuse,
de ciment, de laitier granulé, de chaux ou de laitier de haut fourneau, et des
expériences avec la mousse de bitume et de chaux ont été signalées. Des liants à
durcissement lent sont préférés afin de minimiser la fissuration thermique et d'assurer
un temps suffisant pour le compactage et le délignement.

Le recyclage des matériaux non traités (couche de base ou de fondation) dans du béton
bitumineux à chaud n'est pas très répandu en raison de problèmes de consistance et
de qualité des matériaux. Pour les routes à faible trafic, l'incorporation d'une émulsion
bitumineuse dans une couche de base en graves est peut-être une solution appropriée.

L'expérience de recyclage de matériaux de couche de fondation est limitée. Cependant


il est possible de réutiliser le sable dans une couche stabilisée au ciment ; la
granulométrie et l'indice CBR peuvent aider à l'appréciation de la convenance du
matériau.

Les couches de base en graves non traitées contenant de grandes proportions de fines
peuvent avoir une capacité portante moindre et être plus sensibles aux cycles gel
dégel. Lors du recyclage d'une couche de base en graves non traitée, les fines
devraient être tamisées ou réduites en incorporant des granulats plus gros.

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1 INTRODUCTION
Au fur et à mesure de la croissance de l'économie mondiale, un des moyens de
répondre au besoin de transport essentiel est d'investir dans les infrastructures
routières a conduit à un développement important du réseau routier dans de nombreux
pays. Néanmoins, le nombre de camions et de voitures croît continuellement, ce qui
rend nécessaire l'ajustement de la capacité du réseau routier. Cette augmentation du
trafic aboutit souvent à des charges beaucoup plus lourdes que celles pour lesquelles
les routes ont été conçues, ce qui a un impact sur l'épaisseur de la chaussée et le choix
des matériaux utilisés. Dans ces conditions, la construction de nouvelles routes, ou
l'élargissement et le renforcement du réseau existant, sont les moyens utilisés pour
augmenter la capacité disponible.

Les travaux de construction, de remise en état et d'entretien peuvent fournir des


quantités importantes de matériaux de chaussée à réutiliser. Par exemple, aux Pays-
Bas en 1996, la quantité de béton bitumineux récupéré atteignait environ la moitié de la
production totale annuelle d'asphalte. Une situation semblable existe dans d'autres
pays (par exemple, l'industrie de la construction routière est le deuxième producteur de
déchets contrôlés du Royaume-Uni). De plus, les volumes des matériaux non traités
potentiellement recyclables provenant des couches de fondation et de base sont très
importants. Il est donc nécessaire que les gouvernements, les autorités routières et
l'industrie trouvent des occasions de promouvoir la réutilisation et le recyclage de
matériaux quand ils peuvent remplacer des granulats neufs.

Le recyclage a un rôle important à jouer dans l'objectif d'un développement durable,


souvent défini comme un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre l'aptitude des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Il y
a un souci croissant au niveau international concernant le développement durable. En
1992, pendant la conférence des Nations Unies sur l'environnement et le
développement, il fut convenu qu'un programme d'action complet était nécessaire dans
le monde entier pour obtenir un modèle de développement plus durable pour le siècle
prochain. Afin d'arriver à cet objectif, il est nécessaire d'économiser les granulats aussi
longtemps que possible, tout en s'assurant qu'il y a une source adéquate pour répondre
aux besoins de la société. De plus, il est nécessaire de minimiser la production de
déchets et d'encourager l'utilisation efficace de matériaux, y compris, en les recyclant
quand cela est pertinent.

Les avantages principaux du recyclage (direct ou indirect) de chaussées existantes sont


doubles. D'abord, il est économiquement intéressant d'utiliser les matériaux déjà
disponibles. Deuxièmement, une utilisation plus fréquente de matériaux de chaussées
recyclés est nécessaire pour des raisons d'environnement. Le recyclage ne réduit pas
seulement les coûts de l'élimination du béton bitumineux, des graves non traitées et du
sable récupérés, mais réduit aussi le recours à des ressources naturelles rares. Cela
est important parce que la capacité de mise en décharge devient rare et les coûts de
mise en décharge sont voués à augmenter. Les matériaux recyclés jouent un rôle
important dans la mise en oeuvre de politiques de gestion durables pour les granulats.
Récemment, les aspects d'environnement ont pris souvent le pas sur les considérations
économiques dans certains pays, en particulier lorsqu'on envisage la réutilisation des
matériaux.

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Le recyclage est donc souhaitable, mais les procédés de recyclage doivent être
techniquement faisables. Maintenant, la technologie la plus moderne permet d'utiliser
jusqu'à 90 % du béton bitumineux récupéré. Ces procédés de recyclage sont très
complexes mais ne sont pas largement utilisés. Généralement, des pourcentages
beaucoup plus modestes sont utilisés. Cependant, des efforts doivent être faits pour
assurer que le recyclage soit de bonne qualité en utilisant des proportions élevées,
parce que les quantités disponibles sont importantes. De plus, un volume significatif de
béton bitumineux est recyclé à froid.

Les matériaux non traités des couches de base et de fondation peuvent généralement
être recyclés sans difficulté. Cependant, dans certains pays des règlements restrictifs
réduisent la possibilité de réutiliser ces matériaux dans la reconstruction de routes. Une
des raisons est qu'à l'origine les spécifications sont basées sur l'utilisation de matériaux
naturels. De plus, on manque d'information sur la manière de garantir une assurance
qualité adéquate pour les matériaux recyclés utilisés dans la construction routière.
Cependant, les matériaux recyclés ont un rôle important à jouer dans la mise en oeuvre
de la politique de développement durable aussi bien dans la construction que dans
l'entretien. Il est donc nécessaire que le recyclage soit activement encouragé par des
spécifications pertinentes et des recommandations.

1.1 Domaine d'emploi et objectifs


Le but du rapport est de présenter la situation actuelle dans le domaine du recyclage
des chaussées souples dans des conditions très variées. Il s'appuie sur l'expérience et
des techniques utilisées dans de nombreux pays différents.

Cette étude envisage le recyclage de matériaux provenant de chaussées souples


existantes sur les routes principales secondaires, et concerne des matériaux générés
par les travaux d'entretien, de reconstruction et de démolition des routes. Les matériaux
utilisés en remblai sous ou à proximité de la chaussée ne sont pas pris en compte (voir
la figure 1.1). De plus, la réutilisation de matériaux secondaires dans les couches
inférieures de la chaussée est en dehors du sujet. (Les matériaux secondaires en
question comprennent la maçonnerie concassée ou les morceaux de béton provenant
des travaux de démolition.)
Ce rapport traite des matéraiux
Couche de roulement / Wearing course de ces couches de chaussée
Couche de liaison / Binder course Layer materials which are
Couche de base / Base course described in this report

Trafic / Traffic loading


Couches bitumineuses /
Niveau Asphalt layers
de la nappe Couche de base
phréatique Roadbase
Ground
water level

Sol de fondation / Subgrade

Figure 1.1. Structure générale des routes / The general construction of roads

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Les chaussées très circulées peuvent avoir des couches bitumineuses épaisses
(> 250 mm) ou des couches traitées aux liants hydrauliques. Par contre, les chaussées
à faible coût (caractérisées par la faible intensité du trafic) ont des couches
bitumineuses très fines (< 30 mm) ou simplement un enduit superficiel. De plus, les
routes à faible coût n'ont qu'une couche de base traitée ou non, mise en œuvre
directement sur le sol de fondation. Ces types de chaussée sont très utilisés là où le sol
de fondation est de qualité suffisante, c'est-à-dire avec une capacité portante
suffisamment élevée.

Les principales différences entre les structures pour fort trafic et les chaussées souples
pour faible trafic sont illustrées sur la figure 1.2. À gauche se trouve la chaussée avec
une couche bitumineuse jusqu'à 0,3 m d'épaisseur (routes à fort trafic) et, à droite, la
chaussée avec une très fine couche bitumineuse, de quelques centimètres d'épaisseur
(routes à faible trafic). Dans le cas des chaussées à faible trafic, la répartition de la
charge est obtenue par une forte couche de base capable de réduire suffisamment la
charge sur le terrain naturel. Entre ces deux types de chaussée, il y a, en pratique, de
nombreuses combinaisons d'épaisseurs de couche d'enrobés et de couche de base.
Dans la figure 1.2, ces chaussées sont identifiées comme intermédiaires.

En raison des différences entre les matériaux et les épaisseurs de couche, le recyclage
de chaussées à fort trafic est différent du recyclage des chaussées à faible trafic. Pour
les chaussées à fort trafic, les opérations d'entretien et de reconstruction peuvent toutes
deux impliquer une récupération importante de béton bitumineux, si bien que le
recyclage des matériaux récupérés devient une forte priorité. Pour les routes à faible
trafic, des quantités relativement faibles d'enrobés sont récupérées, et il est plus
important de recycler correctement les graves non traitées comme des couches de
base non traitées ou traitées. Le recyclage de l'enrobé en nouvelles couches
bitumineuses est moins important en raison de la quantité et de la qualité limitées du
matériau, si bien que sa réutilisation comme granulat non traité dans la couche de base
ou la couche de fondation est plus courante.

1.2 Résumé du rapport

Les trois questions suivantes sont traitées dans ce rapport :

1) quels matériaux existants peuvent-ils être recyclés / réutilisés ?


2) pourquoi le recyclage des chaussées existantes est-il nécessaire ?
3) comment le recyclage doit-il être fait ?

Ce rapport est structuré comme suit : les trois questions sont traitées au chapitre 2. Le
chapitre 3 décrit des procédés de recyclage, et le chapitre 4 présente les possibilités de
recyclage de matériaux granulés non traités provenant des couches de fondation et de
base. Ce dernier sujet inclut la réutilisation de matériaux des couches de base non
traitées et de sable provenant des couches de fondation. Le chapitre 5 présente les
conclusions sur le recyclage des chaussées souples existantes.

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2 QUOI, POURQUOI ET COMMENT ?

2.1 Ce qui peut être recyclé


Bien que le bitume et les granulats soient de nature très variable, les matériaux
récupérés peuvent être classés en trois groupes selon :

- qu'ils peuvent être réutilisés dans la construction des routes ;


- qu'ils peuvent être réutilisés dans un autre domaine ;
- qu'ils peuvent être réutilisés / recyclés et donc qu'il faut réduire le volume des
déchets.

Généralement, les facteurs influent sur le choix comprennent le risque potentiel que le
matériau pourrait créer pour l'environnement, les avantages de sa réutilisation, le
volume des déchets, et l'existence d'un marché réel ou potentiel pour le matériau
récupéré. Le recyclage de chaussées souples existantes inclut le recyclage/réutilisation
de couches bitumineuses et de couches de base non traitées ainsi que de la couche de
fondation sous les couches bitumineuses (voir figure 1.1). Les couches bitumineuses
peuvent être réutilisées comme de nouvelles couches bitumineuses (recyclage à
chaud) ou comme couches de base en graves traitées ou non traitées (recyclage à
froid). Les couches de base en graves provenant de chaussées existantes peuvent être
utilisées comme couches de base en graves traitées ou non. De même, le sable
provenant de la couche de fondation peut aussi être recyclé sous forme traitée ou non.
Dans ces cas, les matériaux traités sont des mélanges de sable et de granulats avec
des liants à base de ciment ou d'émulsion. Selon la méthode choisie, le malaxage peut
avoir lieu soit en place soit en centrale.

Donc, presque tous les composants d'une chaussée souple existante peuvent être
recyclés. Les points à examiner en vue du recyclage comprennent :

a) la faisabilité technique,
b) les règlements juridiques et techniques du pays concernant le développement
durable, la promotion du recyclage et les contrôles de la contamination du terrain
naturel,
c) l'aspect économique.

2.1 Pourquoi recycler


Les questions environnementales sont maintenant entièrement prises en compte. D'une
manière générale, la société a décidé que la culture consistant à "utiliser et jeter" n'est
pas la voie à suivre. Une situation dans laquelle le bien-être d'une génération peut
affecter négativement les générations futures n'est plus acceptable. Donc il y a
l'obligation morale de limiter la pollution de l'environnement. Cependant, les attitudes ne
peuvent pas être changées en peu de temps. La pollution dans le monde a augmenté
depuis des siècles, en particulier depuis la révolution industrielle. Néanmoins, beaucoup
d'efforts ont été déployés dans l'inversion de cette tendance à long terme.

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L'ingénierie des routes est une activité dans laquelle d'énormes quantités de matériaux
naturels sont consommées. En Europe, la production de béton bitumineux (nouveau +
ancien) est d'environ 270 millions de tonnes par an. Plusieurs millions de tonnes de
matériaux non traités sont aussi utilisés en couches de base et de fondation. Du point
de vue de l'environnement, la solution la plus intéressante est de recycler les matériaux
sur place pendant les travaux de reconstruction.

La décision de ne pas recycler des matériaux de couches de surface entraînerait la


perte inutile d'une quantité considérable de nouveaux matériaux comme l'asphalte, les
gravillons, les roches concassées, et le sable. En même temps, des surfaces
importantes seraient occupées par le stockage des matériaux. Comme il a déjà était dit,
la capacité de mise en décharge devient rare et d'autres méthodes d'élimination ou
d'utilisation des déchets doivent être trouvées. L'adoption et la mise en oeuvre de
programmes de recyclage devraient résulter en une quantité inférieure de matériaux à
éliminer par enfouissement.

Des considérations économiques, ainsi que les points cités plus haut, contribuent à un
contexte politique où l'intention est de réaliser un cycle de construction fermé (voir
figure 2.1) dans la réutilisation des matériaux de chaussées. L'utilisation efficace des
ressources primaires en granulats est généralement un avantage pour la société. Les
exigences de recyclage peuvent cependant être si restrictives qu'elles pourraient gêner
le développement de cette solution. Alors que les spécifications ont besoin de minimiser
le risque d'utilisation de matériaux peu appropriés, elles sont si restrictives dans
certains cas que :

- les spécifications étouffent l'innovation ;


- les garanties de performance limitent l'innovation ;
- les exigences techniques demandent aux matériaux réutilisés une performance
équivalente ou meilleure que celle des matériaux neufs.

Figure 2.1 Cycle de construction fermé Closed building cycle

AIPCR . 18 . 08.07.B - 2001


La recherche et le développement de méthodes et d'équipement permettant le
recyclage de matériaux de chaussée progressent. Les nouvelles technologies
permettent d'utiliser presque 100 % de l'asphalte récupéré dans la production de
nouveau béton bitumineux. Cependant, ce procédé, bien qu'extrêmement efficace, n'est
pas beaucoup utilisé. C'est néanmoins un défi pour les chercheurs et les innovateurs de
continuer à développer d'autres améliorations technologiques afin d'augmenter
l'efficacité générale des méthodes de recyclage.

Sauf si le recyclage présente un intérêt économique, il est difficile pour les parties
impliquées de travailler dans un cycle de construction fermé. Dans certains pays, les
prix des matériaux neufs sont si bas qu'ils découragent la réutilisation du bitume, des
granulats et du sable. Prévoir une source d'approvisionnement future en granulats et
liants doit donc être envisagé dans le contexte d'un développement durable. Cela est
destiné à changer la situation à l'avenir (certains pays, comme le Danemark, recyclent
déjà pour des raisons économiques). On s'attend à ce que les règlements concernant
l'exploitation des ressources en granulats et la production de liants deviennent plus
restrictifs en raison des effets négatifs sur l'environnement. Dans les pays qui n'ont pas
de ressources pétrolières propres, le recyclage du bitume a été lancé en 1973 suite à
l'augmentation importante des prix du pétrole.

Une stratégie utile pour la préservation des matériaux dans l'industrie routière, appelée
"concept de l'échelle", est largement pratiquée. Selon ce concept, illustré dans la Figure
2.2, les efforts devraient être centrés sur l'utilisation des matériaux de chaussée les plus
durables, et en construisant des routes avec l'objectif d'une durée de vie longue.
Lorsque la reconstruction devient nécessaire, les matériaux récupérés devraient être
réutilisés dans les mêmes couches et avec des propriétés identiques à celles de la
chaussée originale. Si ce n'est pas possible, par exemple dans le cas des matériaux
bitumineux contaminés par du goudron, où le recyclage à chaud pourrait avoir une
influence néfaste sur la santé, les matériaux doivent être réutilisés dans des couches de
qualité inférieure. Ce n'est que dans des cas exceptionnels, lorsque toutes les
applications possibles ont été explorées, qu'une quantité limitée de matériau de
chaussée récupéré mise en décharge. L'option de la mise en décharge est la moins
acceptable pour l'environnement, et devrait être évitée chaque fois que possible.

Le concept de l'échelle indiqué ci-dessus est utilisé dans de nombreux pays, et des
niveaux à atteindre dans la réutilisation de matériaux ont été publiés par certains pays.
Par exemple, aux Pays-Bas, l'intention déclarée dans le Mémorandum de la Prévention
est d'augmenter progressivement le pourcentage de matériaux de chaussée recyclés.
En 2000, 90 % des matériaux récupérés pendant les travaux de démolition et la
reconstruction de routes devaient être réutilisés ou recyclés. D'autres exemples
d'objectifs de recyclage définis par un certain nombre de pays sont présentés dans le
tableau 2.1 [OCDE 1997]. Le succès des systèmes danois et hollandais peut être
attribué en partie à leurs ressources limitées en granulats primaires et de capacité de
mise en décharge. On obtiendra une utilisation optimale des matériaux à condition que
les solutions de recyclage soient techniquement faisables et offrent de véritables
avantages économiques aux utilisateurs,. Cependant, une volonté politique et une
législation adéquate sont aussi nécessaires pour encourager le recyclage.

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Tableau 2.1 - Objectifs futurs de recyclage [OCDE 1997]
Pays Objectifs
Australie Réduire les déchets enfouis de 50 % d'ici 2000
Belgique Recyclage de 70 % de tous les déchets de construction, et réduction de 30% des
déchets mis en décharge
Danemark Réduire de 60 % les déchets de la construction/démolition
France Réduire à zéro les mises en décharge traditionnels en 2002
Japon Augmenter la réutilisation de 42 % à 80 % en 2000
Pays-Bas Réutiliser 90 % des matériaux de construction/démolition en 2000
Royaume-Uni Doubler l'utilisation des matériaux recyclés dans les 15 ans

2.3 Comment recycler ?


Le recyclage des matériaux des chaussée a un rôle important à jouer dans la mise en
œuvre d'une politique de développement durable. Cette politique a cependant besoin
d'être encouragée activement par des spécifications pertinentes, des projets
expérimentaux et le transfert de connaissances. Les activités particulières qui stimulent
le recyclage sont :

- Une orientation vers les garanties de performance des matériaux de chaussée –


Bien que la recherche sur les spécifications de performance soit actuellement en
cours, des "spécifications de moyens" sont encore largement utilisées. Une des
façons principales d'augmenter la réutilisation et le recyclage dans l'industrie de la
construction est d'inclure les matériaux recyclés et réutilisés dans les normes et
dans les spécifications nationales et internationales des matériaux. L'intégration
dans les spécifications peut être encouragée par la promotion d'une approche
basée sur la performance. De plus, une certaine souplesse est permise dans la
sélection des matériaux dans une spécification des produits finaux.

- La promotion des dimensionnements de structures de chaussée permettant


d'optimiser la réutilisation de tous les matériaux de chaussée – Les normes et
spécifications suggérées ci-dessus doivent être promues par des projets
expérimentaux, des démonstrations et une publicité appropriée. Les
gouvernements pourraient lancer une campagne de publicité pour promouvoir la
réutilisation des granulats de qualité inférieure et secondaires. L'efficacité d'une
telle campagne serait accrue si elle était accompagnée de quotas ou d'objectifs
imposés par la loi et, éventuellement, par des mesures fiscales pour rendre les
granulats recyclés plus compétitifs par rapport aux granulats neufs.

- Les problèmes logistiques de la mise en œuvre de programmes de recyclage ainsi


que tous les avantages économiques ont besoin d'être soulignés – C'est à l'origine
du projet que la réutilisation et le recyclage des matériaux de construction peuvent
être encouragés et soutenus, en particulier pendant que les grandes lignes sont
en cours de définition. La minimisation des déchets dans l'étude du projet devrait
être une préoccupation importante. Il semble y avoir de la réticence à réutiliser et
à recycler de la part des concepteurs et des entrepreneurs du génie civil. Les
contraintes clés sont le temps et le coût, ainsi que la perte de marchés. Les
avantages économiques du recyclage émergent progressivement, mais l'industrie
doit faire face à de nombreuses difficultés pratiques dans la mise en œuvre des
programmes de recyclage. L'utilisation d'outils économiques (tels que les
impôts/droits sur les granulats primaires, ou les droits sur la mise en décharge) est
une option possible, qui a déjà été adoptée avec succès au Danemark et aux
Pays-Bas.

AIPCR . 22 . 08.07.B - 2001


- Les projets de démonstration, où l'entrepreneur doit accepter le matériau choisi
pour le recyclage, mais où le risque est partagé avec le maître d'ouvrage – Des
contrats avec le secteur public pourraient être utilisés pour démontrer la faisabilité
d'initiatives pour l'utilisation efficace des ressources. L'incitation à la réutilisation la
plus efficace de tous les matériaux disponibles, et la promotion de techniques
innovatrices de recyclage, pourraient être obtenus par un partage plus grand des
risques. Dans les marchés de travaux routiers, l'entrepreneur a le choix du
granulat à utiliser et il a donc à prendre le risque, même faible, que le matériau ne
soit pas conforme à la spécification ou qu'il ne convienne pas d'une manière ou
une autre. Pour ces projets de démonstration, où l'entrepreneur doit accepter le
matériau choisi dans le but de la démonstration, il convient de partager le risque
en raison des avantages qu'une réutilisation efficace des granulats procure à la
société. Cela pourrait être obtenu :

en encourageant le développement du recyclage et le progrès technique en


accordant aux entrepreneurs un temps et un espace suffisants ; pour
apporter des changements dans le système actuel, une méthode devrait être
mise au point pour augmenter l'importance du recyclage et donc donner des
occasions d'entreprendre des recherches ;
par la mise au point de contrôle qualité applicables aux procédés de
recyclage ; les normes des matériaux ne sont que peu utiles pour les
matériaux recyclés si un système de contrôle qualité conçu uniquement pour
des matériaux neufs est utilisé ; une clause sur la qualité des matériaux
recyclés est nécessaire pour donner un système de contrôle qualité
acceptable.

Dans la section suivante, l'accent sera mis sur les développements techniques, en
supposant que la législation et les règlements pertinents soient en place. Différents
types de liants et de procédés (à chaud et à froid, en place et en centrale) sont traités
avec un accent sur l'asphalte, et les couches de base en graves bitume et de fondation
(sable).

Une vue générale des types de liants qui peuvent être utilisés dans les procédés à froid
et à chaud, ou en place et en centrale, est donnée dans le Tableau 2.2.

Tableau 2.2 - Recyclage de chaussées existantes pour les routes principales et à faible coût
[Dorobantu 1995]

Liant À chaud ou à froid En place ou en centrale

Groupe Type À froid À chaud En place En centrale

Bitumineux Hydrocarboné + + + +

Émulsion + - + -

Émulsion et ciment Portland + - + +


À base de ciment
Ciment + - + +

Laitier + + + +

Chaux + - + -

Cendres volantes + + + +

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Il y a deux techniques : en place et en centrale. Dans la plupart des pays, presque tout
le béton bitumineux recyclé est produit dans des centrales et les procédés à chaud en
place sont encore en cours de développement. Dans le cas des procédés à froid, les
matériaux de chaussée (avec les la granularité appropriée) sont préparés avec des
liants à base de ciment/émulsions en place ou en centrale.

Dans les parties suivantes du rapport, des informations techniques sur les méthodes
récentes de recyclage sont présentées. La partie 3 traite du recyclage/réutilisation des
couches bitumineuses, y compris les procédés à chaud et à froid. La partie 4 couvre la
réutilisation des matériaux de couche de base et de fondation (sable)

AIPCR . 26 . 08.07.B - 2001


3 RECYCLAGE DES COUCHES
BITUMINEUSES
En Europe, la production annuelle d'enrobés à chaud dépasse les 270 millions de
tonnes. Le béton bitumineux est techniquement entièrement recyclable. Cependant,
bien que la plus grande partie de l'enrobé récupéré pendant les travaux d'entretien
convienne pour l'incorporation dans les nouvelles couches bitumineuses par le procédé
à chaud, une petite partie seulement est en fait réellement recyclée de cette manière.
La production totale d'enrobé et les quantités d'enrobés récupérées disponibles
récupéré disponibles, ainsi que les pourcentages d'enrobés recyclés à chaud en 1996,
sont indiqués au tableau 3.1. Les quantités montrent des variations importantes dans la
mise en œuvre du recyclage d'enrobé dans les pays européens. Le Danemark et
l'Allemagne sont les pays dans lesquels une grande partie d'enrobé provenant des
chaussées existantes est utilisée pour produire de nouvelles couches bitumineuses.
Néanmoins, il y a eu de gros progrès dans le recyclage des chaussées souples.
Aujourd'hui, la plupart des pays recyclent systématiquement les matériaux de
chaussée. Les statistiques des autres continents indiquent des tendances semblables
dans des pays comme le Japon, le Canada et la Thaïlande.
Tableau 3.1 - Quantités d'enrobé récupéré recyclé à chaud dans les couches bitumineuses dans les pays
européens en 1996 [EAPA 1996]

Pays Béton bitumineux récupéré Béton bitumineux Production totale d'enrobé


106 tonnes recyclé à chaud (%) 106 tonnes
Allemagne 15,00 80 62,0
Autriche 0,50 25 6,4
Belgique 1,50 10 3,8
Croatie 0,04 15 1,5
Danemark 0,27 67 3,6
Espagne 0,70** 27,3
Finlande 0,30 50 5,2
France >1,00 25 38,0
Grèce 1,20 5,0
Hongrie 1,20 0 2,3
Irlande 2,1
Italie 37,0
Japon* 35,70 24,9 69,9
Norvège 0,50 4,1
Pays-Bas 3,00 50 7,7
Pologne 20-75 7,5
Portugal Peu <1 5,9
République tchèque 0,20 30 4,5
Roumanie* 0,60 <10 3,2
Royaume-Uni 5,00 30,0
Suède 0,90 5 5,8
Suisse 0,90 30 4,5
Ukraine* Peu 0
* non mentionné dans [EAPA 1995]
** tout utilisé pour le recyclage à froid.
La situation aux Pays-Bas est examinée pour donner une vue plus détaillée de l'usage de l'enrobé recyclé. En
1993, la quantité totale de béton bitumineux soit broyé soit concassé se montait à environ 2,5 millions de tonnes
dont 35 % furent recyclés à chaud et 10 % recyclés à froid. En 1996, la production totale d'enrobé fut de
7,7 millions de tonnes et la quantité d'enrobé récupéré était passé à 3 millions de tonnes dont 50 % étaient
recyclés à chaud. Bien que la tendance soit prometteuse, avec des pourcentages d'enrobé récupéré soit en
nouvelles couches bitumineuses soit en couches de base en augmentation, une amélioration importante était
encore nécessaire.
AIPCR . 28 . 08.07.B - 2001
Comme nous l'avons dit précédemment, le béton bitumineux est, en principe, un
matériau recyclable. Les deux composants, les granulats et le bitume, représentent une
valeur économique importante. Les aggrégats obtenus par fraisage peuvent, dans
certains cas, avoir besoin d'une correction de la granulométrie. La régénération du
bitume ancien, ainsi que ses caractéristiques, peut être obtenue principalement en
ajoutant soit du bitume relativement mou, soit des agents de régénération. Cependant,
l'homogénéité de ces liants régénérés n'est probablement pas exactement la même que
celle d'un bitume neuf.

La différence entre les pourcentages souhaitables et réels d'enrobé recyclé utilisé dans
des couches de béton bitumineux de haute qualité dépend :

- du prix des granulats neufs et du bitume ; si les prix sont bas ou si le coût de
recyclage n'est pas suffisamment attrayant, on préfère utiliser des matériaux
neufs ;

- des limites du procédé de production ; toutes les centrales ne sont pas capables
d'incorporer de grandes proportions de matériau récupéré en raison des limites du
procédé de production ; aujourd'hui, le nombre de centrales à fort taux de
recyclage est réduit ; elles ne fabriquent qu'une faible part de la production totale
d'enrobés et leur utilisation est encore expérimentale ;

- du pourcentage maximum autorisé d'enrobé récupéré dans les enrobés de


recyclage ; les normes prescrivent le pourcentage maximum autorisé d'enrobés
récupéré dans la plupart des types d'enrobés (par exemple, pas plus de 50 % aux
Pays-Bas) ;

- des restrictions dues à la contamination des granulats ; par exemple, de l'enrobé


contaminé par le goudron ne doit pas être exposé à de hautes températures
pendant le recyclage en raison des émissions de HPA (hydrocarbures
polycycliques aromatiques). Cela limite l'utilisation de l'enrobé contaminé (par le
goudron) dans les nouvelles couches bitumineuses à chaud ; cette situation
prévaudra jusqu'à la mise au point de nouvelles techniques (par exemple, la
méthode où les matériaux contaminés par le goudron sont chauffés à la vapeur
jusqu'à 90° C avant d'être utilisés dans des couches bitumineuses).

Les deux parties suivantes du rapport traitent des aspects techniques de recyclage pour
les couches d'asphalte récupéré. Le recyclage de l'enrobé récupéré dans de nouvelles
couches bitumineuses est décrit dans la section 3.1. Tous les types utilisés de béton
bitumineux couramment sont étudiés. De plus cette section inclut des recommandations
sur les techniques optimales de récupération et leur application. La section 3.2 couvre
la réutilisation de l'asphalte récupéré dans les couches inférieures, en tant que matériau
soit traité, soit non traité pour la couche de base.

AIPCR . 30 . 08.07.B - 2001


3.1 Recyclage de couches bitumineuses
dans de nouvelles couches bitumineuses

L'asphalte récupéré devrait être recyclé en béton bitumineux de la même qualité que
l'original. Du point de vue de l'environnement, Cela correspond au cycle optimal de la
construction routière. Une exception pourrait être les enrobés ayant une composition
sensible, par exemple un enrobé bitumineux coulé (SMA), qui conviennent moins au
recyclage à chaud et qui sont principalement préparés avec des granulats neufs. De
plus, le polissage et l'abrasion dus au trafic important changent la taille du grain des
granulats dans les couches de roulement, si bien qu'ils ne conviennent pas pour des
couches de surface soumises à un trafic fort. Ce matériau est donc recyclé dans les
couches inférieures. Une autre exception est l'asphalte contaminé. Par exemple, les
matériaux à l'asphalte contaminé produisent des émissions des HPA lorsqu'ils sont
chauffés et, étant donné que les HPA posent des problèmes de santé, le béton
contaminé par le goudron ne devrait pas être exposé à des températures élevées
pendant le recyclage. Les autres types de béton bitumineux (PA, DA, OA, CSA et GA)
sont recyclés soit sous forme de couches bitumineuses identiques et de qualité
semblable, soit sous forme de des matériaux de basse qualité. Le tableau 3.2 résume
les possibilités de recycler/réutiliser le béton récupéré.

Tableau 3.2 Possibilité de recyclage/réutilisation des bétons bitumineux [CUR/CROW 1994]

réutilisation en SMA PA DA OA CSA GA CBA

couche granulat

roulement SMA - - + + + + +

" PA - o + + + + +

" DA - - + + + + +

liaison OA - - o + + + +

base CSA - - o o + + +

" GA - - - - o + +

Légende : + l'asphalte récupéré convient à ces enrobés


- l'asphalte récupéré ne convient pas à ces enrobés
0 l'asphalte récupéré peut convenir à ces enrobés
SMA enrobé bitumineux coulé (couche de roulement)
PA enrobé poreux (couche de roulement)
DA enrobé dense (couche de roulement)
OA enrobé ouvert (couche de liaison)
CSA pierre concassée enrobée (couche de base)
GA grave-bitume (couche de base)
CBA granulats traités au ciment (couche de fondation)

AIPCR . 32 . 08.07.B - 2001


D'après le tableau 3.2, il est évident que l'enrobé récupéré doit être homogène et de
bonne qualité, en ce qui concerne la granularité et l'origine, pour permettre sa
réutilisation dans les enrobés poreux, denses et ouverts, et dans une certaine mesure
pour la pierre concassée enrobée. Cette exigence pour l'asphalte récupéré est
essentielle pour les enrobés de recyclage de haute qualité. Pour obtenir ce type de
récupération, les couches bitumineuse existantes doivent être récupérées par fraisage
sélectif et stockées jusqu'à leur réutilisation sans être contaminées. La propreté des
matériaux est nécessaire pour tous les types d'enrobés bitumineux, et la sensibilité à
l'eau est un problème dans toute couche bitumineuse. Les tolérances dépendent de la
quantité d'enrobé récupéré dans le produit final.

Une technique appropriée de récupération ne peut être choisie qu'une fois connus les
types d'enrobé dans les anciennes couches des chaussées. Il faut donc d'abord vérifier
les archives pour déterminer les types de couches bitumineuses présentes dans la
chaussée et pour déterminer la présence des contaminants. Deuxièmement, il faut
prendre des échantillons des couches bitumineuses et les tester. La composition du/des
béton(s) bitumineux, la quantité et la qualité du bitume, la granularité et les types des
granulats (gravier ou concassés) sont les points les plus importants. Ces procédures
d'essai devraient être une partie essentielle de la gestion de projet, qui a pour but
d'optimiser le recyclage des matériaux de chaussée. De plus, le fraisage sélectif a une
influence sur le coût du procédé. En conséquence, le choix des techniques appropriées
de récupération a une influence sur l'efficacité du recyclage. Les granulats pour les
enrobés poreux, denses et ouverts, ne peuvent être obtenus que par fraisage sélectif,
alors que pour la grave-bitume et le la pierre concassée enrobée, les morceaux
d'enrobé récupéré peuvent être utilisés parce que, dans le procédé de concassage et
de remalaxage, la dimension des agrégats sera réduite. La figure 3.1 donne un
organigramme qui sert à déterminer la technique appropriée de récupération ; il
comprend aussi des suggestions sur la capacité des matériaux récupérés à être
réutilisés dans les différentes couches de la chaussée.

AIPCR . 34 . 08.07.B - 2001


Avant de restaurer une route, examiner la
structure du point de vue de l'uni, de
l'homogénéité et de la contamination

NON La récupération ne doit pas être


La chaussée est-elle régulière si bien envisagée.
qu'elle puisse être fraisée par couches ? Les matériaux récupérés seront un
OUI mélange de types d'enrobés, y compris
Les couches de la chaussée sont-elles peut-être un matériau contaminé.
suffisamment homogènes pour être
fraisée par couches ? NON
OUI

Prévoyez de récupérer les matériaux par


fraisage sélectif par couches (voir Figure 3.2)

Examinez chaque couche pour voir si elle est


contaminée.
Évaluez le degré de contamination de chaque
couche.

Y-a-t-il un contaminant dans une


ou plusieurs couches ?
NON
OUI
Le matériau ne convient que pour
Est-il possible d'éliminer séparément les utilisation dans des couches
matériaux contaminés ? traitées à l'émulsion ou
NON bitumineuses
OUI

Utilisez un fraisage sélectif en prenant


soin de séparer le matériau contaminé
du matériau non contaminé à toutes les
étapes

Le matériau non contaminé a-t-il son Le matériau récupéré convient


origine dans de l'enrobé poreux ? théoriquement aux enrobés
OUI poreux
NON

Les granulats de > 2 mm sont-ils


uniquement des granulats concassés ?
NON
OUI

Les granulats de > 2 mm ont-ils une


granulométrie et des caractéristiques de Le matériau récupéré convient
forme conventionnelles ? pour les enrobés GA
NON
OUI

Le matériau récupéré convient


pour les enrobés DA, GA et CBA

Figure 3.1 - Organigramme des techniques de récupération

AIPCR . 36 . 08.07.B - 2001


Un exemple de fraisage sélectif d'une chaussée souple existante est donné à la Figure
3.2. Une structure de chaussée existante peut consister en un certain nombre de
couches d'enrobés (couches 1 à 7) mise en œuvre une à une et une couche de
granulats traitée au ciment (CBA) (couche 8).

Matériau 1 : profondeur de 1er fraisage convient à PA


PA Couche 1
Couche
d'usure

x Matériau 2 : profondeur de 2e fraisage ne convient que


DA Couche 2 pour DA/OA
Traitement de surface contaminée Couche 3 y Matériau 3 : profondeur du 3e ne convient que pour
y CBA/EBA*
de liaison

Couche 4
Matériau 4 : profondeur du 4e fraisage Couches 4 et
Couche

DA
5 ;convient pour DA/OA
OA Couche 5
x
Matériau 5 : profondeur du 5e fraisage couches 6 et 7 ;
GA Couche 6 convient pour GA
de base

GA
Couche

Couche 7
x
Matériau 6 : profondeur du 6e fraisage convient pour
CBA (/GA ?)
CBA Couche 8

x = 10 - 20 mm Pour éviter la contamination


y = 15 - 30 mm par les couches voisines EBA = granulats traités à l'émulsion

Figure 3.2 Fraisage sélectif

Le fraisage sélectif, exécuté selon la Figure 3.1, conduit à mélanger le moins possible
les différents types d'enrobés et le matériau contaminé. Le fraisage précis des couches
peut être difficile, ou même impossible, s'il y a des défauts importants de la surface
ainsi que des réparations superficielles et des épaisseurs variables des couches
bitumineuses en raison de variations du profil en travers.

L'exemple ci-dessus décrit une approche du recyclage de chaussées existantes à fort


trafic. Les chaussées à faible coût, consistant en une mince couche bitumineuse et une
couche de base épaisse, pourraient être recyclées en récupérant la couche
bitumineuse et la couche de base et en les mélangeant ensemble avec un additif
bitumineux; le matériau traité résultant constituerait la couche de base d'une nouvelle
chaussée. Une telle approche n'est pas tout à fait optimale par rapport au concept de
l'échelle (Figure 2.2), mais elle est adoptée fréquemment dans des situations
appropriées de trafic et de climat. Un enrobé composé d'un liant hydraulique et de
granulats bitumineux recyclés est aussi considéré comme un matériau utile dans
certains pays, par exemple la France, en raison de sa capacité portante. Ceci
s'expliquerait principalement par le prix relativement bas du bitume et des granulats. De
plus, ces pays ne sont pas équipés pour recycler l'enrobé récupéré à un taux élevé.

En ce qui concerne les chaussées à fort débit, le recyclage de béton bitumineux pour
un cycle optimal de construction comprend trois phases, c'est à dire la récupération, le
traitement et la fabrication mise en œuvre. Dans la phase de récupération, les couches
bitumineuses sont fraisées et transportées vers des centrales pour y être stockées.
L'homogénéisation et l'ajustement de la courbe granulométrique constituent la phase de
traitement (l'enrobé fraisé manque souvent de sable, et, au contraire, l'enrobé traité
dans un concasseur a une très bonne granularité). La phase de fabrication et de mise
en œuvre implique le stockage des matériaux de granulométrie correcte, puis leur
réutilisation dans un "nouveau" béton bitumineux.

AIPCR . 38 . 08.07.B - 2001


A titre d'exemple, le cycle de fabrication d'un enrobé dense (DA) est illustré
schématiquement dans la Figure 3.3.
RÉCUPÉRATION

Récupération sélective
de DA (PA ouOA)

Transport

Parties > 22,4 mm


Criblage
TRAITEMENT

Parties > 22,4 mm


Parties < 22,4 mm
Concassage

Stockage
FABRICATION ET MISE EN ŒUVRE

Fabrication de l'enrobé Re-malaxage

Transport

Mise en œuvre et Compactage

CBA GA DA

Figure 3.3 - Cycle optimal de construction pour un enrobé dense

Des précautions doivent être prises concernant le transport, la manutention, le stockage


et le traitement des matériaux récupérés, pour éviter le mélange/pollution avec des
restes d'autres types de matériaux ou avec des matériaux contaminés. Des matériaux
d'apport homogènes sont essentiels pour obtenir un produit recyclé de la meilleure
qualité. Les enrobés recyclés doivent être criblés, triés et stockés ou réutilisés
immédiatement.

Afin d'empêcher un lessivage éventuel et la formation de blocs, les granulats récupérés


devraient être mélangés et gardés au sec dans les installations de stockage. L'enrobé
est généralement préparé en stockant les agrégats bitumineux en couches horizontales
et en les reprenant en couches verticales. De cette manière, la granularité peut être
corrigée dans une certaine mesure. L'humidité est indésirable en raison de la plus
grande consommation d'énergie pendant le malaxage. De plus, tout ruissellement à
partir d'enrobé récupéré humide doit être surveillé parce qu'il pourrait contaminer le
terrain naturel environnant. En conséquence, les stocks doivent être couverts autant
que possible.

AIPCR . 40 . 08.07.B - 2001


Le traitement des granulats pour les enrobés de type GA et PA est différent de celui des
enrobés DA, OA et CSA. Comme l'on voit à la figure 3.1, la qualité nécessaire des
granulats convenant pour les PA et GA ne peut être obtenue que par un fraisage précis
des couches bitumineuses correspondantes et par le criblage du matériau. En
conséquence, les enrobés de ces types sont presque toujours préparés dans des
centrales plus étroitement contrôlées, situées en dehors du site. Cependant, les
agrégats pour les enrobés plus "rustiques" (GA et CSA), obtenus par correction de la
granulométrie de l'enrobé concassé, sont techniquement moins complexes et peuvent
être préparés en place.

Si on exclut le système de recyclage en place d'enrobés, le taux de recyclage le plus


élevé (entre 30 et 70 %) peut être obtenu avec la méthode à chaud en centrale, en
ayant recours au préchauffage direct de l'enrobé récupéré. En général, trois méthodes
de recyclage à chaud sont utilisés dans les centrales :

a) recyclage au pied de l'élévateur ; les matériaux à recycler sont stockés avec des
granulats surchauffés dans la tour, et ils sont mélangés pendant le malaxage de la
gachée ; la teneur en humidité des matériaux récupérés limite leur taux d'utilisation
entre 10 et 15 % ;
b) recyclage avec un malaxeur à tambour ; l'anneau de recyclage est placé après le
brûleur ; cela permet l'introduction de matériaux récupérés dans la zone de
recyclage du même tambour, à l'intérieur duquel il n'y a pas de circulation de gaz
chaud (voir figure 3.4) ; les matériaux récupérés sont pesés, séchés, puis chauffés
par contact avec des granulats vierges surchauffés avant le transfert au malaxeur. Il
est possible d'obtenir un taux de recyclage de 35 % avec cette méthode ;
Centrale d'enrobage discontinue
Batch Mixing Plant (Recyclean RAP Method) Dépoussiéreur /
Baghouse Filter
Détail du sécheur Silos à fines / Filler silos
Drum Segment Citernes Enrobé
A bitume récupéré
Bitumen Reclaimed
Tanks Asphalt

Dépoussiéreur
Baghouse
Filter

Trémies de stockage Malaxeur Sécheur rotatif Trémie de stockage


des enrobés Mixer Unit Rotary Drum Dryer des granulats
Asphalt Storage Cold Feed Unit
Silos
Figure 3.4 - Centrale de recyclage avec malaxage à chaud (EAPA 1995) /
Batch mixing plant for hot-mix recycling (EAPA 1995 )

AIPCR . 42 . 08.07.B - 2001


c) recyclage avec un tambour parallèle ; le système inclut un deuxième tambour de
séchage avec un écoulement parallèle, dans lequel le matériau récupéré est séché
et chauffé à une température maximale de 130°C. (Cela est important parce que, si
la température est inférieure, il est plus difficile de compacter les couches
bitumineuses recyclées). Des granulats vierges sont introduits après surchauffe
dans un tambour séparé. Le système à deux tambours permet un taux de recyclage
supérieur 50 %, et n'est pas influencé par la teneur en humidité du matériau
récupéré. La limite supérieure est fixée par les exigences de malaxage compte tenu
des propriétés de l'enrobé récupéré. Un exemple d'une centrale incorporant un
deuxième tambour de séchage est illustré à la figure 3.5

La distance entre la centrale et le chantier peut aller jusqu'à 100 km, mais en général, le
produit fini est mise en œuvre à 30-50 km de la centrale. Cependant, si le lieu du
chantier rend peu économique ou inacceptable pour l'environnement l'envoi de
matériau à une centrale éloignée, il existe soit des centrales d'enrobage mobiles, soit
un procédé à chaud pour permettre aux couches bitumineuses d'être recyclées en
place. Les techniques de malaxage à chaud en place impliquent un équipement spécial,
par exemple une unité mobile de recyclage de l'enrobé (voir figure 3.6). Ce procédé
implique l'enlèvement ou le broyage partiel des chaussées existantes jusqu'à une
profondeur contrôlée. Puis des matériaux vierges sont incorporés dans le matériau
récupéré avant la pose. En général, une nouvelle couche d'enrobé à chaud est posée
immédiatement sur l'enrobé recyclé lorsqu'aucun nouveau matériau n'a été ajouté
pendant le recyclage. Cette méthode peut être appliquée pour reconstruire une seule
voie de circulation ou des parties plus étroites de la route, par exemple, pour traiter une
ornière.

Différents cas de figures peuvent Aspects which make the in situ


rendre le recyclage en place plus asphalt recycling more complex
complexe : la présence d'un include the presence of asphalt
renforcement des couches reinforcement, waste fillers, mix
bitumineuses, de fines de déchets, modifications, tar and modified
de modifications de l'enrobé, de bitumens. The most recent research
goudrons et de bitumes modifiés. results on the recycling of (rubber)
Les résultats les plus récents des modified bitumen are promising.
recherches sur le recyclage de More details about tar contaminated
bitume modifié (au caoutchouc) sont asphalt are given in Section 3.2.
prometteuses. D'autres détails sur
l'asphalte contaminé par le goudron
sont donnés au chapitre 3.2.

Lorsque les dégradations (ornières When the damage, either rutting or


ou fissures), sont concentrées dans cracking, is concentrated in the
les traces de roues des voies wheel paths of the heavily trafficked
à grand trafic, une méthode très lane, a very cost effective method of
rentable de recyclage en place est in-situ recycling is the so-called
le recyclage "minimal". Cette "mini" recycling. This method
méthode minimise la quantité minimizes the amount of asphalt to
d'enrobé à recycler. be recycled.

AIPCR . 44 . 08.07.B - 2001


3.2 Recyclage des couches bitumineuses dans des couches de base
L'enrobé récupéré peut être réutilisé après recyclage à froid, dans des couches de
chaussée en graves traitées ou non traitées. La réutilisation de couches bitumineuses
comme couches de base en graves non traitées convient dans certaines situations de
trafic et de climat, pour des routes à faible trafic et faible coût, ou comme couches
inférieures dans les chaussées à fort trafic. Dans certains pays, des liants hydrauliques
et/ou des émulsions sont utilisés pour traiter des matériaux obtenus à partir des
couches bitumineuses contaminées (par le goudron). Dans des pays comme la France
où le bitume et les granulats sont bon marché, des enrobés non contaminés ont été
recyclés à froid à grande échelle. Une raison qui justifie le choix du traitement à froid
pourrait être que les centrales d'enrobage existantes ne sont généralement pas
équipées pour des taux élevés de recyclage. Une autre raison pourrait être la volonté
de réduire les coûts du transport.

3.2.1 Recyclage des couches bitumineuses contaminées


dans des couches de base en graves traitées
La contamination par le goudron est le plus gros problème que posent la réutilisation et
le recyclage de l'enrobé récupéré dans de nombreux pays. Le goudron de houille
contient une forte concentration d'hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA), dont
certains sont carcinogènes (par exemple le benzo(a)pyrène - BaP). Donc l'utilisation de
couches bitumineuses contenant du goudron est restreinte ou même interdite dans de
nombreux pays. Dans le passé, les produits à base de goudron étaient utilisés pour une
grande partie des routes municipales, et aussi pour les routes nationales et
provinciales. L'utilisation de produits à base de goudron varie beaucoup selon les
municipalités, les autorités locales, les régions et les pays.

Le goudron était utilisé surtout dans les traitements de surface et aussi, dans une
certaine mesure, dans les couches de base traitées et dans les enrobés à froid. Par
exemple, aux Pays-Bas, du début des années 60 à la fin des années 80, environ
10 000 tonnes de goudron furent employées annuellement dans la construction de
routes et pour l'entretien. De plus, 25 % des couches bitumineuses sur les routes
hollandaises gérées par les provinces contiennent des produits à base de goudron. La
conséquence est qu'aujourd'hui, environ 500 000 tonnes sur les 3 millions de tonnes
d'enrobé récupéré annuellement sur les chaussées hollandaises peuvent être
contaminées par du goudron.

D'après les recommandations sur les matériaux de construction de certains pays, la


valeur limite pour que l'asphalte récupéré soit déclaré sans goudron est de 75 mg/kg de
10-HPA. Le 10-HPA représente un groupe de 10 composés modèles, dont le dosage
sert à juger si une couche bitumineuse est contaminée par du goudron ou non. La
détection d'enrobé contenant plus de 50 mg/kg de 10-HPA peut être faite efficacement
par une méthode basée sur la chromatographie à couches minces. Les résultats de la
recherche ont indiqué que cette méthode de détection qualitative est pratique, rentable
et suffisamment précise pour séparer les matériaux contaminés par du goudron des
matériaux sans goudron.

AIPCR . 46 . 08.07.B - 2001


Le recyclage de couches bitumineuses contenant du goudron pourrait conduire à des
émissions de HAP et exposer des ouvriers à des concentrations élevées de BAP dans
l'air. Ceci peut avoir lieu pendant le recyclage à chaud de couches bitumineuses
contenant du goudron. Selon les résultats des recherches, les émissions de HAP et la
concentration de BAP dans l'air sont élevées lorsque de l'asphalte contaminé par le
goudron est exposé à des températures supérieures à 160°C. Pour cette raison,
l'enrobé contenant du goudron est réutilisé après stabilisation à froid avec du bitume
et/ou des émulsions de bitume comme liants. Un diagramme de la récupération,
traitement et fabrication - mise en œuvre de l'enrobé recyclé à froid contenant du
goudron est donné à la Figure 3.7.
La stabilisation avec du bitume, une émulsion ou un mélange de bitume et d'émulsion
est supposée être un procédé technologique efficace (par rapport aux conditions limites
qualitatives et quantitatives pour l'environnement) pour le recyclage de l'enrobé
contaminé par le goudron. Des tests de lessivage aux Pays-Bas ont montré que les
techniques de stabilisation utilisant du bitume et/ou une émulsion conduisent à des
émissions de HAP très faibles à longue échéance. Certains résultats de recherche
suggèrent qu'une meilleure stabilisation de l'asphalte contenant du goudron est obtenue
avec le bitume. Cependant d'autres recherches seront nécessaires pour pouvoir
confirmer ces résultats sur une période plus longue.
Les recherches ont montré que les pourcentages optimaux de liant hydraulique pour
l'enrobé contenant du goudron varient entre 4 et 6 % de ciment de la masse totale. Si
des couches bitumineuses sont posées directement sur une couche en grave traitée au
ciment, la conception devrait avoir pour objectif d'empêcher ou de retarder la fissuration
par réflexion. Un minimum d'environ 120 mm d'enrobé au-dessus des couches traitées
au ciment est considéré comme étant nécessaire.
RÉCUPÉRATION

Récupération de tout type Récupération sélective


d'enrobé de tout type d'asphalte

< 45 mm
Transport Transport

Concassage
TRAITEMENT

≤ 45 mm ≤ 45 mm

Stockage Stockage

Transport
ET MISE EN ŒUVRE

Malaxage en centrale Mise en œuvre


FABRICATION

Malaxage en place
Transport avec un additif au ciment

Mise en œuvre et compactage Compactage

CBA
Figure 3.7 Recyclage à froid

AIPCR . 48 . 08.07.B - 2001


Pour l'enrobé traité à l'émulsion et à l'émulsion et au ciment, il est recommandé que
4 % d'émulsion de bitume et 3 à 4 % d'émulsion bitumineuses plus 1,5 à 3 % de ciment
soient respectivement utilisés. Des valeurs indicatives (basées en partie sur un
jugement technique) du module d'élasticité pour l'enrobé récupéré traité à
l'émulsion/ciment sont de 3 000 MPa (comparé à 4 000 MPa pour un matériau traité au
ciment). Le module d'élasticité adopté dans les projets pour les matériaux contenant du
goudron et traités à l'émulsion est de 500 MPa. L'expérience avec le compactage (par
rapport aux niveaux de référence du compactage en laboratoire) et la résistance à la
compression de ces matériaux est tout à fait prometteuse. Des recherches doivent être
menées afin de définir leur comportement à la fatigue ainsi que l'incidence de
fissuration (spécialement pour les matériaux traités à l'émulsion/ciment) sous des
efforts et conditions de température représentatifs. En attendant plus d'informations sur
ces aspects, on considère que l'enrobé contenant du goudron et traité avec des
matériaux à l'émulsion/ciment, ne convient que sur des routes ayant un trafic
relativement faible. Pour les mêmes raisons, la mise en œuvre de matériaux récupérés
contenant du goudron et traités à l'émulsion bitumineuse devrait être limitée à des
routes ayant un trafic inférieur à 500 essieux standard (100 kN) par jour. En ce qui
concerne l'épaisseur minimale d'enrobé au-dessus de la base de granulats traitée à
l'émulsion/ciment, 120 mm semblent être nécessaires en raison de la remontée des
fissures. Malgré la présence d'émulsion de bitume, le mélange stabilisé est considéré
comme traité aux liants hydrauliques. Dans le cas d'une émulsion de bitume comme
seul liant, une épaisseur minimale de 70 mm d'enrobé est recommandée.

Si un matériau récupéré contenant du goudron est exposé à moins de 110°C, l'émission


de BaP reste faible alors qu'il y a de fortes émissions de HPA aux températures plus
élevées. La recherche est donc concentrée sur un procédé de recyclage à chaud où la
température de traitement ne dépasserait pas 110°C. Il y a de nouveaux procédés pour
traiter les matériaux récupérés contenant du goudron, dans lesquels ils sont chauffés
avec de la vapeur (90°C) et traités avec une émulsion de bitume. La conclusion
provisoire est que cette méthode peut être utilisée pour recycler des matériaux
contenant du goudron.

Du point de vue de l'environnement, il est souhaitable de séparer les couches


contenant du goudron des autres couches. Il est souvent possible d'y arriver par un
fraisage sélectif (voir 3.1). Cependant, des recommandations généralement valables
pour un fraisage sélectif de couches bitumineuses contaminées par le goudron sont très
difficiles à établir. Si les surfaces de la route ont été gravement déformées, il semble
être impossible d'obtenir une bonne séparation des couches avec des concentrations
élevées de goudron. Un programme de fraisage doit alors être clairement mis en place
pour chaque projet, dans le but d'obtenir autant de matériau récupéré propre que
possible.

AIPCR . 50 . 08.07.B - 2001


Une certaine dilution est inévitable pendant le recyclage de couches bitumineuses
contenant du goudron en raison de la nécessité de fraiser une partie des couches
adjacentes propres. Une épaisseur supplémentaire de 15 à 30 mm de la couche
supérieure et de la couche inférieure doit être enlevée et traitée comme si elle était
contaminée par du goudron. Le fraisage, le balayage, le concassage et le malaxage
peuvent conduire à une migration du goudron vers des matériaux propres exposés.
Cependant, les concentrations en HPA dans les couches contenant du goudron sont
cent fois plus grandes (jusqu'à environ 8 000 mg/kg de HPA) que dans les matériaux
voisins, ce qui démontre un lessivage relativement faible des HPA, dans les matériaux
de la chaussée. Cependant les résultats de la contamination de matériaux
précédemment propres sont assez limités. Pendant le transport et le stockage de
matériaux contenant du goudron, la formation de poussière peut contribuer à l'émission
de HPA. Pour limiter les émissions de HPA, le matériau doit être maintenu humide ou
recouvert et réutilisé rapidement.

Comme mesure à long terme, le matériau contenant du goudron devrait être appliqué
en couches de base épaisses situées en profondeur dans la structure de la chaussée,
de manière à ce que sa réutilisation future soit improbable. Une telle approche
stimulerait la réutilisation de matériaux contenant du goudron. Les matériaux contenant
du goudron devraient être utilisés de façon aussi "concentrée" que possible, de manière
que le matériau restant puisse être recyclé sans restrictions. Cependant, il est
nécessaire de noter les endroits où les matériaux contenant du goudron sont réutilisés.

Après recyclage, le lessivage de HPA doit être maintenu à un minimum. Dans certains
pays, lorsque les enrobés du type CBA sont utilisés, les accotements doivent être
protégés par des films imperméables. Une autre exigence est que les couches
contenant du goudron soient exclusivement utilisées dans les couches de fondation de
la chaussée au-dessus du niveau de la nappe phréatique. Ce type de mesures devrait
minimiser les dégâts faits à l'environnement par le lessivage de couches stabilisées au
goudron. En principe, les couches stabilisées contenant du goudron ne sont pas
utilisées dans les zones d'eau ou écologiquement sensibles.

3.2.2 Recyclage de couches bitumineuses non contaminées


dans des couches de base en graves traitées
Le traitement à froid de matériau récupéré est pratiqué à grande échelle dans certains
pays. Cela est le cas lorsque l'une ou toutes les conditions suivantes sont présentes :

- prix bas du bitume et des granulats ;


- pas de problème réel avec l'élimination de matériaux de chaussée récupérés ;
- les centrales existantes ne sont pas équipées pour un niveau élevé de recyclage
(en France par exemple, recycler avec un liant hydraulique des enrobés 0/20
provenant de couches de roulement est considéré comme une solution de
recyclage efficace) ;
- de grandes distances de transport, ce qui est un élément important du coût.

AIPCR . 52 . 08.07.B - 2001


L'enrobé récupéré peut être stabilisé dans des couches de base traitées en utilisant,
soit un liant hydraulique, soit des additifs à base de ciment. L'enrobé récupéré, qui est
concassé puis traité avec un liant hydraulique, a des propriétés comparables aux
couches de base hydrauliques. En même temps, sa souplesse relativement élevée
permet de réduire les épaisseurs des couches bitumineuses, sans se soucier de la
remontée des fissures réfléchissante. Ses propriétés générales sont telles qu'il peut
être utilisé pour tous les niveaux de trafic.

Les matériaux récupérés provenant de plusieurs sources peuvent être traités par une
unité de concassage-criblage pour fournir un matériau d'une qualité relativement
homogène. Le produit du concassage-criblage peut être ajusté de manière à obtenir un
matériau ayant des caractéristiques granulométriques appropriées, généralement par
addition de sable. L'introduction de sable a un double but : l'ajustement de la
granulométrie et l'amélioration de l'aptitude au compactage. De plus, la teneur en eau et
le plan de compactage doivent être optimisées pour obtenir la densité voulue.

Les matériaux recyclés traités ont deux avantages économiques :

- le coût des matériaux après concassage-criblage est généralement plus bas que
celui de granulats neufs ;
- le coût de la couche de base recyclée est beaucoup plus bas que celui d'une
couche de base traitée avec du bitume.

Ce type de matériau est donc prévu pour être réutilisé dans des conditions
économiques favorables, avec des avantages évidents pour l'environnement, même si
les matériaux récupérés ne sont pas réutilisés dans les mêmes couches que dans la
structure originale de la chaussée.

Une autre méthode intéressante est la stabilisation en place d'une couche en grave non
traitée en utilisant des additifs à base de ciment. Le recyclage de couches en enrobé
récupérées n'est qu'une partie du traitement à froid. La technique consiste à incorporer
du ciment dans le matériau obtenu par fragmentation de toutes les couches de
l'ancienne chaussée. L'ajustement de la granulométrie et de la teneur en humidité peut
être fait sur place, jusqu'à l'obtention d'un matériau homogène. Ce procédé exécuté en
place et connu sous le nom de "rechapage", est intéressant lorsque les structures de
chaussée ont une couche bitumineuse relativement mince, comme illustré dans la
figure 1.2. Cependant, cette couche bitumineuse doit être suffisamment épaisse pour
empêcher la remontée de fissures. Les avantages économiques de cette méthode de
recyclage à froid sont les suivants :

- c'est une méthode locale : le ciment est disponible localement ;


- elle entraîne une économie d'énergie : cette méthode de traitement à froid utilise
relativement peu d'énergie ;
- elle entraîne une économie sur le transport des matériaux : cette méthode de
"rechapage" sur place réutilise des matériaux disponibles sur place et réduit
l'utilisation de granulats neufs et le coût de leur transport ; de plus, en réduisant le
transport des granulats par des véhicules lourds, on préserve le réseau routier
autour du chantier ;
- elle entraîne une économie sur les coûts : c'est une technique très compétitive ;
dans le contexte français, l'économie, comparée à un resurfaçage standard, est
de 15 % à 30 %.

AIPCR . 54 . 08.07.B - 2001


3.2.3 Recyclage des couches bitumineuses dans des couches de base en graves non traitées
Dans la plupart des cas, le recyclage de couches bitumineuses en couches de base en
graves non traitées ne s'applique qu'à des routes à faible trafic, parce qu'il y a peu de
béton bitumineux. Cependant, il faut essayer de réduire au minimum ce type de
réutilisation des enrobés. Du point de vue de l'environnement (voir figure 2.1), il est plus
efficace d'incorporer des matériaux de plus basse qualité dans les couches de base en
graves.

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4. RECYCLAGE DE MATÉRIAUX DE
BASE NON TRAITÉS
41 Recyclage de couches de base en graves
Les couches de base en graves sont largement utilisées dans la construction de routes.
Elles permettent :

- de réduire l'épaisseur nécessaire des couches bitumineuses ;


- de fournir une assise ferme pour compacter le béton bitumineux ;
- de servir de route provisoire pour le trafic de chantier pendant la construction ;
- de protéger le sol de fondation en apportant des propriétés significatives de
capacité portante.

Les matériaux en graves recyclés peuvent être utilisés dans un corps de chaussée
traité ou non traité. La différence principale entre un corps de chaussée traité et un
corps de chaussée non traité est sa capacité portante. Dans cette section, les couches
appelées "légèrement traitées", mélanges principalement de granulats et de laitier
granulé ou de laitier de haut fourneau, ne sont pas traitées séparément. Certaines
informations concernant les couches de base légèrement traitées sont données dans la
section 4.1.2 "Recyclage de la couche de base en graves dans des structures
granuleuses traitées", et certaines dans la section 4.1.1 "Recyclage de la couche de
base en graves dans des structures en graves non traitées".

Comme introduction à cette section, il est nécessaire de considérer les produits


fabriqués par une unité de concassage dans laquelle on traite les matériaux récupérés.
Les matériaux résultant comprennent :

- le sable criblé, avec fines tamisées des matériaux d'apport ;


- le sable concassé, avec fines produites pendant le concassage ;
- les granulats, résultat du concassage après tamisage du sable concassé.

Lors du recyclage d'une couche de base en grave non traitée, il n'est pas besoin de
concasser le matériau, mais il peut être nécessaire de le trier. L'excavation et le
transport de matériaux produisent plus de fines. D'un point de vue technique et
structurel, il est préférable de séparer les fines en sable tamisé et granulats. Le tableau
4.1 donne la possibilité de recyclage ou la réutilisation de béton concassé, maçonnerie
concassée, granulats mélangés (béton et maçonnerie concassés) et de sable tamisé.
Dans de nombreux pays, une pénurie de granulats naturels conduit à l'utilisation d'une
grande quantité de gravats de démolition dans la construction routière. Dans d'autres
pays, des granulats primaires sont utilisés pour la couche de base ou de fondation. En
raison de la variation des propriétés des matériaux et des situations locales, aucune
solution générale de recyclage ou de réutilisation des matériaux ne peut être
préconisée.

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Tableau 4.1 - Possibilité de recyclage/réutilisation de matériaux de chaussée non traités

Matériau de chaussée en
Béton Maçonnerie Granulats Sable
concassé concassée mélangés recyclé
Utilisation en couche de chaussée

Couche de base en grave non traitée + + + -

Couche de base légèrement traitée + + - -

Sable stabilisé au ciment - - - +

CBA + - - o

Sous-couche en sable - - - +

Critères :
+ grave non traitée convenant pour la couche mentionnée
grave non traitée ne convenant pas pour la couche mentionnée
grave non traitée pouvant convenir mais leur utilisation est indésirable en raison de leur mauvaise qualité.
Aggrégats bitumineux traités au ciment (CBA)

4.1.1 Recyclage des couches de base en grave dans des couches non traitées
Lors de recyclage de couches de base en graves comme nouvelles couches de base
en grave non traitée, trois situations peuvent se présenter :

- le matériau de la couche existante reste en place et des granulats sont ajoutés


pour améliorer les propriétés de la structure ; la reconstruction d'une route conduit
souvent à réhabiliter la couche de base, spécialement si l'état structurel de la
couche est mauvais en raison d'un manque de granulats dans le matériau utilisé ;
dans certains cas cependant, le remplacement total de la couche de base n'est
pas nécessaire ; ajouter des granulats à la couche de base existante améliore le
comportement structurel ; lors de la stabilisation en place de la couche de base
avec des matériaux granulaires, la granulométrie de la nouvelle couche de base
doit se rapprocher de la courbe Fuller ;

- le matériau de la couche de base est transporté sur le nouveau chantier sans


traitement supplémentaire ; lorsque que le matériau répond aux spécifications de
recyclage en tant que couche de base nouvelle, un traitement supplémentaire du
matériau n'est nécessaire que s'il fait partie du procédé de construction ;
cependant, lorsque que le matériau est transporté d'un site à un autre, les
règlements concernant l'environnement peuvent influencer la mise en œuvre du
matériau, mais cela n'est pas l'objet de ce chapitre ;

- le matériau de base est excavé et transporté à un dépôt où on procède au


traitement nécessaire ; il en est ainsi si le matériau récupéré ne convient pas pour
le recyclage ou si le recyclage en place n'est pas préféré.

AIPCR . 60 . 08.07.B - 2001


Différents types d'équipement pour le traitement sur place des matériaux de couche de
base sont illustrés à la figure 4.1. Des machines spéciales ont été développées depuis
quelques années, permettant de traiter la chaussée jusqu'à une profondeur d'environ
0,3 m. Pour obtenir une qualité convenable, la technologie et la puissance du matériel
doivent garantir à la fois une profondeur constante de travail et la régularité transversale
et longitudinale du dosage avec un liant ajouté.

Dans certains cas, la couche de In some cases, the base being


base à recycler contient de l'argile recycled contains clay or soil, which
ou de la terre, ce qui a une influence will adversely influence the quality of
négative sur la qualité du matériau. the material. This occurs when the
Ceci a lieu lorsque l'excavation de la excavation of the base is not
couche de base n'est pas exécutée properly controlled or when the base
correctement, ou si la composition has inherently poor composition.
de la couche est foncièrement Applying these materials as a base
mauvaise. La mise en œuvre de tels in road construction will lead to a
matériaux dans la construction softening of the base and/or
d'une route conduit à un problems during freeze-thaw cycles.
ramollissement de la couche de
base et/ou des problèmes pendant
les cycles de gel/dégel.

Les fines devraient être séparées The fines should be separated from
des autres parties par tamisage. other fractions by sieving. This will
Cela produit du sable tamisé et des result in screensand and
granulats. Le sable tamisé sera un aggregates. The screensand will be
mélange de matériau naturel, sable a mixture of natural material, sand
et argile, et des fines venant du and clay, and the fines from the
matériau de la couche de base. Le base material. Therefore
sable tamisé peut donc contenir des screensand may contain some
polluants qui limitent son utilisation pollutants that restrict its application
du point de vue du respect de from an environmental point of view.
l'environnement.

Dans de telles situations, il faut In such situations, economic


procéder à des évaluations assessments must be made as to
économiques pour décider si le whether the screensand is
sable tamisé doit être séparé sur le separated at the work site or at a
chantier ou en centrale. Lorsque de plant. When large quantities of
grandes quantités de sable tamisé screensand result from sieving, it
proviennent du tamisage, il peut être may be economic to sieve the
préférable du point de vue material at the work site. This is
économique de tamiser le matériau especially the case when reuse of
sur le chantier. Cela c'est le cas en the screensand is possible, thereby
particulier lorsque le sable tamisé limiting the costs of transportation.
peut être réutilisé, limitant ainsi les
coûts de transport.

AIPCR . 62 . 08.07.B - 2001


4.1.2 Recyclage de couches de base en grave en couches de base en grave traitée
La stabilisation des graves non traitées est un procédé largement utilisé. Pendant la
reconstruction, il peut être avantageux, du point de vue économique ou pour
l'environnement, de stabiliser la couche de base non traitée. La décision de recycler la
couche non traitée en une couche traitée peut être prise pour les raisons suivantes :
- du point de vue de la résistance structurelle, l'addition d'agents stabilisateurs
améliore la qualité structurelle du matériau et donne une performance meilleure à
la couche de base recyclée ; une amélioration dans le comportement structurel de
la couche de base recyclée est nécessaire dans les cas où le matériau contient un
surplus de fines ; le ramollissement de la couche de base en raison d'un surplus
de fines résulte en une réduction de la durée de service de la route ;
- quant aux avantages concernant l'environnement, la stabilisation du matériau non
traité résulte en une réduction du lessivage de polluants ; dans le passé, peu de
soins étaient pris pour empêcher la pollution du sol naturel voisin ; les matériaux
de la couche de base peuvent contenir de grandes quantités de polluants, tels que
des métaux lourds et des dérivés d'hydrocarbures ; maintenant, par exemple, les
laitiers de haut fourneau doivent répondre à des exigences concernant la
pollution ; dans le passé, cela n'était pas pris en compte ; lorsqu'une route
contenant ces matériaux est recyclée, des mesures doivent être prises pour
empêcher la pollution de la nouvelle couche de base ; de bons résultats ont été
obtenus en stabilisant les matériaux non traités.
Comme nous l'avons dit précédemment, l'émulsion, le ciment ou une combinaison de
ciment et d'émulsion, sont largement utilisés lorsque la couche de base est recyclée en
même temps que la couche d'usure. Des exemples de liants utilisés pour stabiliser
uniquement la couche de base non traitée sont l'émulsion, le ciment, la chaux, des
mélanges de cendres volantes et le laitier. Le choix d'un additif spécifique dépend de la
situation locale. Par exemple, des émulsions bitumineuses sont utilisées en France et
au Canada pour la stabilisation sur place des couches de base de routes à faible trafic.
Le ciment Portland est très utilisé en Finlande. En Australie, des sections test ont été
construites pour rechercher les possibilités d'utiliser une combinaison de mousse de
bitume et de chaux comme agent stabilisateur, mais les résultats ne sont pas
entièrement satisfaisants.
Pour être sûr d'obtenir une couche de base traitée avec des propriétés relativement
bonnes, il est important d'utiliser des liants à prise lente qui ont une période de
maniabilité d'au moins 24 heures, de manière qu'il y ait suffisamment de temps pour le
compactage et le délignement final. De plus, la protection de la couche de base contre
un retrait excessif est nécessaire, surtout pendant la première semaine qui suit la
construction lorsque des fissures se produisent si aucune autre action n'est mise en
œuvre pour empêcher ce phénomène. Ces fissures se transmettent à la couche de
roulement, ce qui conduit à des frais d'entretien élevés et à une réduction de la durée
de vie de la chaussée. La formation de fissures larges peut être minimisée en
appliquant un produit d'étanchéité et en gardant humide la surface de la couche de
base, ou en circulant avec des véhicules légers. De cette manière, de nombreuses
micro-fissures peuvent être formées dans la nouvelle assise au lieu de quelques
fissures relativement larges. En France, la préfissuration (fente droite tous les deux à
quatre mètres avant compactage final) est utilisée comme moyen pour empêcher la
remontée des fissures des couches traitées au ciment. D'autres méthodes impliquent
l'utilisation de géotextiles renforcés, de liants modifiés par polymère pour la couche
d'usure et des membranes SAMI (qui absorbent les contraintes).

AIPCR . 64 . 08.07.B - 2001


4.2 Recyclage de matériau des couches de fondation non traitées
La couche de fondation se trouve entre la couche de base et le sol de fondation. Le but
de la couche de fondation dans la construction routière est :
- de protéger du gel le sol de fondation ;
dans de nombreux cas, le sol de fondation est constituée de matériaux qui
absorbent l'eau. Aux Pays-Bas, en particulier à l'Ouest et au Nord, le sol contient
de l'argile et/ou de la tourbe. Pendant les cycles de gel-dégel, des dégâts peuvent
se produire dans la partie supérieure de la chaussée si le sol de fondation n'est
pas protégé contre la pénétration du gel. Cela peut être fait en remplaçant la partie
supérieure du sol par une grave non traitée. L'épaisseur de cette couche en grave
dépend de la pénétration caractéristique du gel dans la région pendant l'hiver,
ainsi que de la capillarité des matériaux.
- de fournir un appui suffisant pour le compactage de la couche de base.
La qualité de la couche de base dépend beaucoup du degré de compactage. La
performance de la couche de roulement, et donc de la durée de vie de la
chaussée, est influencée par la qualité de la couche de base et son degré de
compactage. Pour assurer un bon compactage des couches de base non traitées
et stabilisées, il est nécessaire d'avoir un corps de chaussée solide. Pour cela,
quand on se trouve en présence de mauvais sols (argile ou tourbe), le
remplacement de la partie supérieure de ce sol par une couche de fondation
granuleuse non traitée est fréquemment utilisée.
La contribution d'une couche de fondation au comportement structurel d'une chaussée
à fort trafic est généralement limitée, car la sous-couche a une profondeur de 0,4 m
dans la plupart des cas. Cela est confirmé par les résultats des calculs élastiques
linéaires (méthodes des multicouches et des éléments finis). Donc en pratique, les
couches de fondation traitées ne sont pas utilisées fréquemment dans les chaussées à
trafic élevé. Cependant, la contribution d'une couche de fondation à l'état structurel
d'une route à faible trafic est importante et, dans certains pays (par exemple, la
France), il y a une tendance à utiliser des couches de fondation traitées pour réduire les
épaisseurs des couches supérieures (plus coûteuses).
La section 4.2.1 donne des informations sur le recyclage d'une couche de fondation
existante en couche de fondation non traitée. La section 4.2.2 contient des
renseignements complémentaires sur la réutilisation du matériau de couche de
fondation en couche de base traitée.

4.2.1 Recyclage des couches de fondation en couches de fondation non traitées.


La couche de fondation n'est pas recyclée très souvent dans la pratique. Dans la
plupart des cas, le degré de compactage de la couche de fondation sera meilleur s'il
n'est pas amoindri par des effets du trafic de chantier et la charge statique de la couche
de base et de la couche de roulement. Dans certains pays, les règlements rendent
difficile le recyclage de la couche de fondation, à moins d'une investigation destinée
à voir si elle contient des polluants. Le résultat détermine si le matériau convient au
recyclage sur un autre site.
Il n'existe pas beaucoup de littérature disponible sur le recyclage des couche de
fondation en couches non traitées. En pratique, des recherches sont faites sur les
propriétés techniques du matériau et les questions d'environnement. Les propriétés
techniques peuvent être déterminées par des essais au déflectomètre à boulet, par un
calibrage du matériau ou par des essais Proctor. Ces informations sont utilisées pour
décider si la couche de fondation peut être recyclée ou non.
AIPCR . 66 . 08.07.B - 2001
4.2.2 Recyclage des couches de fondation en couches de base traitées
Dans certaines conditions, la réutilisation de la couche de fondation dans une couche
de base traitée peut être économiquement intéressante. Cela dépend de la construction
de la chaussée à l'origine et de la disponibilité de nouveaux matériaux. En général, la
réutilisation de la couche de fondation est techniquement faisable lorsqu'il y a un
manque de fines dans le matériau. Cependant, le manque de fines entraîne un besoin
en liant plus important. Cela se produit lorsque :

- la couche de base réutilisée/recyclée ne contient pas suffisamment de fines ;


- un matériau à gros grains est ajouté à la couche de base réutilisée/recyclée.

Dans les deux cas, il est recommandé d'effectuer des recherches pour s'assurer qu'on
peut obtenir un mélange granulaire bien calibré. Les spécifications peuvent être
données sous la forme d'informations sur le produit. Cependant, dans la plupart des
cas, les spécifications générales donnent suffisamment d'informations sur la
granulométrie. Le tableau 4.2 donne un exemple de granulométrie, qui montre qu'au
moins 20 % des granuleux doivent être inférieurs à 2 mm.

Tableau 4.2 Exemple de granulométrie de couche de base selon la norme hollandaise 1995

Répartition nominale
0/40
Tamis
Pourcentage retenu en masse

min. max.

45 mm 0 10

16 mm 10 40

4 mm 40 70

2 mm 50 80

63 μm 92 100

Dans le cas de recyclage en place, il faut être attentif à l'épaisseur de la couche de


base. Lorsqu'on recycle la couche de fondation, la profondeur totale de la nouvelle
couche de base traitée dépasse souvent les 300 mm. Avec cette épaisseur de couche,
des problèmes peuvent survenir pendant l'épandage du liant. Un mauvais compactage
peut être obtenu, plus particulièrement à la base de la couche. Dans ces conditions, les
meilleurs résultats sont obtenus soit en appliquant le liant en deux passes, soit en
utilisant un matériel de compactage adéquat, tel que des cylindres vibrants lourds.

Pour les chaussées compactées en couches simples de plus de 300 mm, on a observé
que le tiers inférieur de la couche a une densité d'environ 5 % de moins que les deux
tiers supérieurs. En pratique, cela peut être corrigé en augmentant l'épaisseur nominale
de la couche de base ou de la couche de béton bitumineux.

AIPCR . 68 . 08.07.B - 2001


5. CONCLUSIONS
5.1 Pourquoi recycler ?
Le recyclage a un rôle important à jouer dans l'obtention d'un développement durable,
qui répond aux besoins du présent sans compromettre l'aptitude des générations
futures à répondre à leurs propres besoins. Les ressources sont limitées, et il est donc
nécessaire de conserver les granulats aussi longtemps que possible, de minimiser la
production de déchets et d'encourager le recyclage et la réutilisation.

Ces principes généraux ainsi que des considérations économiques, devraient


contribuer à un contexte politique dans lequel le but serait de réaliser un cycle de
construction incluant le recyclage et la réutilisation des matériaux. La situation optimale
est celle où le recyclage devient économiquement avantageux. Jusqu'à ce que ce soit
le cas, les décideurs devraient s'assurer que la législation est en place pour encourager
le recyclage des routes existantes. En résumé, les mesures suivantes stimuleraient le
recyclage et la réutilisation :

- promotion d'une logique de recyclage ;


- partage du risque avec les entrepreneurs afin de stimuler l'innovation dans les
projets de recyclage ;
- mettre l'accent sur le recyclage dans les spécifications et les procures
contractuelles ;
- introduction d'une prime pour la réutilisation ;
- promotion d'un investissement plus grand dans les centrales de recyclage pour les
rendre capables de traiter de forts pourcentages de matériaux récupérés ;
- promotion de la technique de stabilisation des couches profondes et d'un
malaxage et d'un compactage efficaces.

5.2 Comment recycler ?


Des efforts devraient être déployés pour stimuler l'utilisation des matériaux en fonction
du "concept de l'échelle", où la plus haute qualité de réutilisation est préférée. Par
exemple, l'enrobé récupéré devrait être recyclé en béton bitumineux de la même qualité
que l'original. Du point de vue de l'environnement, c'est un cycle optimal de
construction. Cependant, pour les routes à faible trafic, dans de nombreux cas, il est
plus économique d'utiliser des techniques de recyclage à froid.

Généralement, il n'y a pas de recette spécifique pour le recyclage ou la réutilisation de


matériaux routiers ; cela dépend de la situation locale (connaissances techniques et
questions économiques, etc.). Une étude poussée devrait donc être effectuée avant
d'adopter des solutions spécifiques. De plus, les coûts calculés sur tout le cycle de vie
de la chaussée sont importants, si bien qu'à l'avenir, les matériaux doivent être
sélectionnés comme étant recyclables.

Les techniques de recyclage des enrobés peuvent être divisées en deux classes de
base, le recyclage à chaud et à froid, qui sont encore subdivisées en traitement en
centrale et traitement en place. Le recyclage à chaud en place est le seul procédé qui
permette aux enrobés vieillis d'être entièrement réutilisés dans l'application de la plus
haute qualité possible.

AIPCR . 70 . 08.07.B - 2001


Les liants à base d'émulsion de bitume et le ciment, ou un mélange des deux, sont
souvent employés pour la réutilisation de l'enrobé récupéré. Lorsque de l'enrobé
contaminé par du goudron est traité avec une émulsion et/ou un liant au ciment, des
essais de lessivage ont montré des émissions très faibles de HPA à long terme.
Cependant le comportement précis de ces matériaux contaminés n'est pas entièrement
compris et doit être encore étudié.

Dans le passé, l'utilisation de goudron a créé un problème d'environnement important.


La recherche a prouvé que les hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA) dans le
goudron pourraient avoir un effet grave sur la santé, et il faut donc être attentif aux
aspects de santé et d'environnement que pose le recyclage/réutilisation de ces
matériaux.

Divers liants peuvent être utilisés pour recycler des granulats non traités en une couche
de base traitée. Dans différents pays, l'utilisation de liants à base d'émulsion de bitume,
de laitier granulé, de chaux ou de laitier de haut fourneau, et les expériences avec de la
mousse de bitume et de chaux ont été signalées. Pour empêcher un retrait trop
important de la couche de base, ce qui conduit à la fissuration, on préfère des liants à
durcissement lent. Ils garantissent aussi un temps suffisant pour le compactage et le
délignement.

Le recyclage des granulats non traités (couche de base ou de fondation) en béton


bitumineux à chaux n'est pas très répandu. Cela est dû aux problèmes éventuels
causés par les caractéristiques hétérogènes et la qualité du matériau. Pour les routes à
faible trafic, la stabilisation de la couche de base en grave, à l'aide d'émulsion
bitumineuse, peut être une solution appropriée.

L'expérience concernant le recyclage des matériaux de couche de fondation est limitée.


Cependant, il est possible de réutiliser du sable dans une couche stabilisée au ciment.
La granularité et l'indice CBR peuvent aider à apprécier l'aptitude du matériau à être
incorporé dans la couche de base.

On recycle moins les couches de base en grave non traitée, contenant de grandes
quantités de fines, en raison de leur plus faible capacité portante effective et d'une plus
grande sensibilité au gel. Lors du recyclage d'une couche de base en grave non traitée,
les fines excédentaires devraient être tamisées ou leur proportion réduite par
l'incorporation de matériaux plus gros.

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6 RÉFÉRENCES
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