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L’ENTREPRENEURIAT FEMININ DANS

LA REGION DE L’ORIENTAL

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Sommaire :

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Présentation du travail
Ce rapport s’inscrit dans le cadre du programme de l’école nationale du
commerce et de gestion .Un programme qui ne peut être dépourvu du dossier
d’entreprise afin de familiariser les futurs cadres avec le monde professionnel.

Dans ce contexte, les étudiants sont amenés à faire une recherche sur un
thème lié à l’économie de la région de l’Oriental, et pour ce, notre équipe a eu
la chance de traiter l’entreprenariat féminin dans la région de l’oriental

Ce théme est très intéressant parce qu’il nous a donné l’occasion de découvrir
l’importance des projets des femmes dans le développement de l’économie de
la région,ainsi de la nation .

Son importance se manifeste aussi dans le développement de nos idées à


propos de l’entreprenariat .en effet ,ça nous incite à réfléchir dans les
investissements et la création de notre propre entreprise.

Ce travail nous a permis aussi de découvrir les difficultés rencontrées par les
femmes ,en effet au Maroc et plus particulièrement à l’oriental, l’intégration
économique des femmes rencontre plusieurs obstacles et les inégalités
persistent en la matière comme en témoigne les différents indicateurs qui
seront développés dans ce rapport.

Enfin,Cette recherche a été confrontée à un manque de données


sexospécifiques liées à l’activité économique que ce soit au niveau national ou
au niveau de la région de l’oriental. Il est difficile, en conséquence, d’établir un
état lieux précis des entreprises féminines au Maroc et plus encore à l’oriental.
De ce fait les données développées dans ce rapport s’efforcent de relever des
identifiants communs aux niveaux national et régional

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La première partie

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Introduction :

L’entrepreneuriat qui a connu un grand développement concret et un important


intérêt scientifique est un champ disciplinaire particulier. En effet, l’étude de ce
champ est actuellement au cœur des analyses et des débats théoriques et la
création d’entreprises s’est avérée un véritable moteur de développement
économique. Ainsi, l’entreprise apparaît, désormais comme un élément
fondamental du développement économique et social en tant que facteur
essentiel de promotion de la croissance économique et de lutte contre la
précarité et la pauvreté.

Un peu partout à travers le monde des politiques volontariste de promotion et de


mobilisation de l’entrepreneuriat en particulier féminin par le biais des
programmes incitatifs, des outils d’aide et de soutien et des structures
d’incubation ont été mis en œuvre.

Ainsi la question des femmes, chefs d’entreprises ne peut pas être dissociée de la
montée de l’entrepreneuriat et de la place des micros, petites et moyennes
entreprises notamment au Maroc. La création d’entreprises dirigées par les
femmes est un phénomène qui certes ne date que des années 80, mais qui
s’affirme, de plus en plus avec l’ouverture libérale et la mise en œuvre de
politiques de promotion et de développement de ce genre d’entreprises. Celles-ci
sont considérées comme un moyen de générer des opportunités d’emplois, de
distribution de revenus, de création de richesses et de réduction de la pauvreté.

L’entrepreneuriat féminin n’est pas pour autant homogènes et apparaît différent


selon le milieu socioculturel, le niveau d’éducation et des compétences, la taille et
l’envergure de l’entreprise …Il n’existe pas une mais des femmes entrepreneurs

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dont la manière d’entreprendre et les logiques professionnelles ne sont pas
identiques.

Dans les régions comme la région orientale du Maroc, les femmes entrepreneurs
renvoient parfois aux femmes pauvres et précaires disposant de micros
entreprises opérant dans l’informel. Mais, un nombre croissant de femmes ont
créés /et ou dirigent de petites, moyennes ou grandes entreprises organisées de
manière moderne et gérées de façon professionnelle et exerçant dans le secteur
formel.

Un grand nombre de ces femmes ont recours à l’entrepreneuriat comme


alternative au salariat et à la crise du diplôme. D’autres préfèrent créer leur
entreprise et d’être leur « propre chef » au lieu d’être employées dans le
secteur public ou privé.

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Chapitre1 :l’entrepreneuriat féminin à l’échelle national

1-Developpement de l’entrepreneuriat féminin au Maroc :

Durant les 10 dernières années, la femme entrepreneure marocaine a connu


une évolution, de même que:

• le contexte socio-économique;
• le contexte politique;
• le cadre institutionnel. , notamment l’article 19 de la constitution de juillet 3
2011 qui décrète la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination,
ainsi que l’égalité « des droits et libertés à caractère civil, politique,
économique, social, culturel et environnemental ».
Alors ;

Le monde des affaires ne fait plus peur aux femmes. Dans ce milieu, encore
très machiste, beaucoup sont arrivées à s’imposer à partir des années 1980.
Années qui ont vu arriver une nouvelle catégorie socioprofessionnelle, les
femmes entrepreneurs.

Nourries de leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines, de


l’industrie aux services. Elles ont osé franchir le pas, créer leurs entreprises
et les diriger avec succès. Résultat, 5.000 femmes sont aujourd’hui patrons.
Certaines pèsent plusieurs milliards de DH, d’autres sont plus «modestes»,
mais elles ont la volonté commune de tirer la société marocaine vers l’avant
en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne de leur pays.

L’entrepreneuriat au féminin s’explique par la scolarisation des femmes et la


mise en place d’un cadre incitatif à l’investissement. Si les premières femmes
qui s’illustrent en tant que patrons sont généralement issues de milieux aisés,
elles ont néanmoins servi de modèles à d’autres jeunes femmes bardées de

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diplômes et des idées plein la tête. Aujourd’hui, 0,5% des entreprises sont
dirigées par des femmes, soit 5.000 personnes. Certes, ce n’est pas énorme
mais on avance… La majorité exerce dans les services (65%). Selon
l’Association des femmes entrepreneurs (AFEM), le profil de la femme chef
d’entreprise oscille entre 35 et 44 ans, elle est mariée et mère de famille à plus
de 70%. Elle a une formation supérieure, au moins bac + 4 et a au moins une
expérience d’encadrement. Généralement, ce sont des PME, installées dans la
région de Casablanca, avec un chiffre d’affaires de moins de 20 millions de
DH.

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2-Modèles des femmes entrepreneures au Maroc :

Miriem Bensaleh-Chaqroun:

Miriem Bensalah Chaqroun, née en 1963 au Maroc, est une femme


d'affaires marocaine et présidente de la Confédération générale des
entreprises du Maroc. Elle est la première femme à la tête du patronat et
l'une des femmes les plus influentes au Maroc et en Afrique

Une reconnaissance pour le parcours de Meriem Bensalah, Elle obtient un


MBA en Management et Finance Internationale de l'Université de Dallas.
Après une première expérience (pendant 3 ans) dans la banque, elle rejoint le
groupe familial Holmarcom en tant qu'administrateur en 1990, fondé par son
père Abdelkader Bensalah. Mais très vite, elle s’impose comme une redoutable
manageuse et poursuit avec succès le travail de modernisation lancé par son
père. Classée au 21e rang des femmes entrepreneurs arabes par le magazine
Forbes, elle s'est imposée dans le monde des affaires, non pas seulement grâce
à leur famille, mais aussi grâce à leur travail. Elle s’implique dans le
développement socioéconomique de son pays et a l’ambition de faire avancer
la cause des femmes.

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Salwa Idrissi Akhannouch:

Salwa Akhannouch, 39 ans, PDG d’Aksal, épouse d’Aziz Akhannouch,


ministre de l’Agriculture et patron d’Akwa Group.

C’est une femme d’affaires qui détient certainement le record des franchises
au Maroc. Zara, Massimo Duotti, Gap, Christian Dior,… une vingtaine
d’enseignes internationales en tout. Sa notoriété a dépassé les frontières du
pays depuis qu’elle a lancé Aksal, le groupe qu’elle a fondé en 2004, dans
l’aventure du Morocco Mall, le plus grand centre commercial d’Afrique. Son
parcours force le respect de ses pairs. Issue d’une famille qui a fait fortune
dans le thé, Salwa Akhannouch a toujours affiché son indépendance
entrepreneuriale. Elle est un modèle pour de nombreuses Marocaines,
bardées de diplômes, et qui ont envie de prendre leur destin en main.

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Farida Kabbaj :

Farida Kabbaj n’a pas choisi la voie la plus facile pour faire sa place dans le
monde des affaires. Dans les années 1980, quand elle revient de France avec
son diplôme d’ingénieur en agroalimentaire et qu’elle annonce qu’elle va
produire du foie gras au Maroc, on l’accueille avec beaucoup de scepticisme.
Elle ne se décourage pas et fonce, tête baissée, dans son projet: une ferme de
production de foie gras, à Tit Melil. Dénommée Agrial, cette entreprise va donc
produire le premier foie gras «made in Morocco». Aujourd’hui, elle produit
plus de 15.000 canards par an et le produit qui porte son nom est devenu une

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référence auprès des professionnels de la restauration et des fins gourmets.
Mais elle a toujours veillé à donner une croissance modérée à son projet.
«Pour préserver la qualité», dit-elle. En 2011, Farida Kabbaj a ouvert son
restaurant où la spécialité est le foie gras. Le succès est au rendez-vous. La
table de Farida est l’une des plus réputées de Casablanca.

Chapitre2 :l’entrepreneuriat féminin dans la région de l’oriental


1-Etat des lieux :

1. Inégalité hommes -femmes:


« Un phénomène mondial »

Le rapport de la banque mondiale« Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2016 » souligne


que c’est au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que les femmes rencontrent les
obstacles les plus grands, avec des inégalités qui s’étendent à la totalité des indicateurs
étudiés par le rapport. Les lois interdisant à une femme mariée d’être chef de famille, de
demander un passeport ou d’obtenir un emploi sans l’autorisation de son époux ont des
retombées directes sur l’entrepreneuriat et l’emploi. Le rapport montre que cette région
compte 11 des économies les plus restrictives au monde. Les principaux constats
d’inégalité, selon le rapport, sont les suivants :

L’existence de différences de traitement juridique entre hommes et femmes est un


phénomène courant : sur les 173 économies étudiées, 155 ont au moins une loi qui
entrave la capacité des femmes à poursuivre des opportunités économiques.

Au total, on dénombre 943 différences de traitement juridique entre hommes et femmes


dans les 173 économies étudiées.

Dans 100 économies, les femmes se heurtent à des restrictions à l’emploi fondées sur le
sexe.

46 des économies étudiées n’ont aucune loi protégeant expressément les femmes contre
la violence domestique.

Dans 18 économies, le mari peut légalement empêcher sa femme de travailler.

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Un constat national

Au Maroc, les évolutions constitutionnelles se sont intéressées àla question de l’égalité


hommes-femmes. Mais des inégalités persistent dans la société comme en témoigne la faible
inclusion des femmes dans L’économie. Les chiffres confirment un déficit structurel en la
matière. La participation des femmes dans l’économie marocaine reste très faible (26%). La
situation n’a pas évolué depuis 1990. Seulement 10% des entreprises sont détenues par des
femmes, selon des statistiques de la Banque mondiale publiées en juin 2015.

Les statistiques du HCP développent cet état de choses :

Sur 10,21 millions d’actifs occupés, les femmes représentent 27,5%.

Le pourcentage des hommes disposant d’un statut dans la profession autonome, employeur,
indépendant ou associé, est de 35,3%, contre 10,6% pour les femmes.

Le pourcentage des indépendants parmi les actifs occupés est de 29,3% pour les hommes et
9,3% pour les femmes.

Le pourcentage de femmes dirigeant des microentreprises est plus important (59,3%) que celui
des hommes (56,8%). Plus de 100.000 des femmes dirigeantes de micros entreprises sont des
travailleuses à domicile

Les femmes ont une probabilité plus faible de disposer du statut professionnel autonome que
les hommes et une probabilité plus forte d’agir dans le secteur non structuré.

La situation est présentée par AFEM comme suit :

Le nombre de femmes entrepreneures marocaines possédant ou dirigeant une société est


estimée autour de 9000 à 10000 entreprises.

Soit 0.5% de l’emploi des femmes dans le secteur formel et environ 10% du nombre total des
entreprises. (Ces pourcentages occultent une dynamique entrepreneuriale féminine qui
malheureusement reste cantonnée au secteur non structuré)

Ces entreprises sont essentiellement des PME/PMI couvrant le secteur des services (37%),

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le commerce (31%) et l’industrie (21%) essentiellement le textile.

L’entreprenariat féminin est souvent un entreprenariat defait: intégration de l’entreprise


parentale à l’issue des études, cogérance avec le père, le frère, le mari ,… héritage,…

Asignaler aussi les cas de l’actionnariat féminin passif, sans aucune intervention dans la
gestion de l’entreprise (rente) ce qui pose un problème dans les programmes d’appui spécifiques
dédiés à la femme entrepreneur.

A signaler aussi les cas de l’actionnariat féminin passif, sans aucune intervention dans la
gestion de l’entreprise (rente) ce qui pose un problème dans les programmes d’appui spécifiques
dédiés à la femme entrepreneur.

La réalité régionale

La Région de l’Oriental est l’une des zones défavorisées du pays. Elle connaît
depuis longtemps de sérieuses difficultés économiques et sociales dues à la
sécheresse, à l’épuisement de ses ressources minières (fermeture des mines
de Boubeker, Touissit et Jérada), à son faible tissu industriel, à la fermeture
des frontières avec l’Algérie et au développement d’une forte économie
informelle et illégale, essentiellement le commerce de contrebande provenant
de l’enclave de Melilla et de l’Algérie.

Selon HCP l’oriental est parmi les régions les plus pauvres et vulnérable du
pays :les femmes sont plus touchées que les hommes. Le taux
d’analphabétisme féminin dans la région est plus élevé (60%) que chez les
hommes (32,7%)

Taux(%) de chômage global

Année 2003 2011

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Oriental 16 17,7

National 11,9 8,9

Source : HCP direction régionale

Taux d'analphabétisme dans la région de l'oriental selon les grands groupes


d'âges et le sexe (%)

Masculi Fémin Ensem


n in ble
10-14 ans 9,0 15,0 11,9
15-24 ans 17,8 33,5 25,5
25-34 ans 27,2 51,0 40,0
35-49 ans 38,2 68,2 54,2
50 ans et plus 60,2 89,8 76,1

Ensemble 30,8 54,2 42,9

Même s’il y a un écart entre le sexe concernant les indices ci-dessus, les
femmes orientales 51% de la population de la région avec un effectifde 980
763 femmes selon le RecensementGénéral de la Population et de l’Habitat
de 2004. Avec cet effectif les femmes de la région représentent 6.5 % de la
population féminine du pays.
Comme le montre le tableau ci-dessous, l’évolution de la population féminine
a enregistré un taux d’accroissement annuel moyen entre le RGPH de 1994 et

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celui de 2004 de l’ordre de0.88%, un taux moins élevé que celui enregistré
entre le recensement de 1994 et celui de 1982 (1.5%).
Cette régression du taux d’accroissement peut être attribuée à la baisse des
principales composantes de l’accroissement démographique, à savoir la
fécondité, la mortalité et la migration également que nous allons aborder
ultérieurement.

TABLEAU N° 1 : Evolution des effectifs des hommes et des femmes durant les
deux dernières décennies

HOMMES FEMMES ENSEMBLE


Effectif % Effectif % Effectif %
100
RGPH 1982 721 580 49,0% 751 660 51,0% 1 473 240 %
100
RGPH 1994 867 395 49,1% 898 267 50,9% 1 765 662 %

100
RGPH 2004 928 142 48,6% 980 763 51,4% 1 908 905 %

TAAM[1] 82-94 1,54% 1,50% 1,52%

TAAM 94-04 0,68% 0,88% 0,78%


Source : RGPH 82-94-04

On remarque aussi que la répartition spatiale des femmes se diffère d’une ville
à l’autre d’où la répartition de la population féminine est marquée par
l’importance de la province de Nador qui regroupe presque 38% des femmes
de la région. La préfecture d’Oujda-Angad regroupe, quant à elle 25% des
femmes suivies de province de Berkane (14%) et les 23% restantes sont
réparties entre les provinces de Taourirt, Jerada et Figuig.

TABLEAU N° 4 : Répartition des femmes de la région de l'Oriental Par milieu


de résidence & par Province

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Urbain Rura
l ENSEMBLE

Effectif % Effectif % Effectif %

Oujda-Angad 210 960 34,90% 32 374 9% 243 334 24,80%

Berkane 80 387 13,30% 57 594 15% 137 981 14,10%

Taourirt 62 592 10,40% 44 073 12% 106 665 10,90%

Jerada 34 370 5,70% 21 210 6% 55 580 5,70%

Figuig 32 159 5,30% 33 508 9% 65 667 6,70%

Nador 184 156 30,50% 187 380 50% 371 536 37,90%

Ensemble 604 624 100% 376 139 100% 980 763 100%
Source : RGPH 2004

2. Les caractéristiques de l’entreprise féminine et le profil des femmes


entrepreneurs

Quant aux entreprises crées et ou gérées par les femmes à l’oriental, elles sont
dans leur majorité de petite taille puisque les deux tiers d’entre elles
emploient moins de 20 salariés. Leur chiffre d’affaires est dans la très grande
majorité des cas inférieur à 20 millions de dhs, et même à 5 millions de dhs
pour une grande partie d’entre elles. Ceci peut s’expliquer non seulement par
le fait que ces entreprises sont dirigées par des femmes, mais bien plus par la
nature du secteur d’activité et par la formation acquise. Ces entreprises sont
également relativement jeunes puisque plus de90%de ces entreprises ont
moins de cinq ans et 10%ont moins de 10 ans.

La forme juridique majoritaire est constituée par les SARL qui dominent dans
la population des entreprises féminines en raison de sa simplicité et de son
adaptation aux PME. Elle est suivie par les entreprises individuelles avec un

18
pourcentage faible de l’ensemble de ces entreprises. Dans ce dernier cas, le
statut indépendant est largement préféré par les femmes.

les femmes créent et /ou gèrent souvent les entreprises liées aux services tel
que le commerce, les relations juridiques et les services éducatifs et le conseil.
Selon les secteurs d’activités, des différences relativement importantes
apparaissent entre les hommes et les femmes puisque les secteurs d’activité
choisis par les uns et les autres sont différenciés.

Selon des données collectées auprès du centre de régional d l’investissement


de la région oriental on constate que le nombre des entreprises créés
englobant les femmes et les hommes est de 224 entreprises dont 30 sont créés
par des femmes .on constate alors d’ après ce graphique que :

CRI de la Région de l'Oriental

Avec le nombre des entreprises SARL qui est très élevé et les 30 entreprises
créés par les femmes la participation des femmes dans cette région reste
faible au niveau de la création des entreprises.

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Selon l’étude réalisée par l’AFEM plusieurs critères peuvent être pris en
compte pour caractériser le profil socio démographie des femmes chefs
d’entreprises au Maroc : l’âge, la formation,la situation familialeet
l’expérience.

2 -la participation féminine à l’activité économique :


1. Evolution de la population active féminine :

L’arrivée massive des femmes sur le marché du travail est un des faits marquants
de l’évolution de la région orientale depuis les années soixante-dix. Elles sont de
plus en plus nombreuses à travailler et si les tendances récentes se prolongent,
l’activité féminine devrait continuer à croître de manière régulière.

Si entre 1994 et 2004 le taux d’accroissement annuel moyen de la population


féminine était de 0.88 %, les femmes actives, dans la même période, ont vu leur
effectif augmenter de 8 % en moyenne chaque année.

La population active féminine âgée de 15 ans et plus est passée de 16380 femmes
en 1971 à 27904 en 1982. Elle a plus que doublé entre 1982 et 1994, et également
entre 1994 et 2004.

Une féminisation de plus en plus accrue du marché du travail est donc observée.

TABLEAU: Evolution de la population active féminine

RGPH RGPH RGPH RGPH


1971 1982 1994
2004

Féminin 16380 27964 62628 135161

20
Masculin 208482 309264 420356 506200

Ensemble 224862 337228 482984 641361

TAAM de la
population ** 4,98% 6,95% 8%
active feminine

taux de
7,3% 8,3% 13,0% 21,1%
féminisation6
Source :EnquêteEmploi 2008

2. Niveau de l’activité de la femme :

Malgré que ces dernières décennies, on a assisté à un accès accru des


femmes au marché du travail, cependant la participation de la femme à
l’activité économique reste encore faible.
D’après les données de l’enquête nationale sur l’emploi de 2008 le taux
d’activité des femmes n’est que 11.4 % au niveau de la région alors qu’au
niveau national ce taux a atteint 25.8 %.
TABLEAU: Taux d'activité de la population âgée de 15 ans & plus selon le sexe
et le milieu de résidencedans la région de l’oriental

Urbain Rural Total

Masculin 75,8 83,5 78,6


Féminin 10,1 13,9 11,4

Ensemble 42,1 48,2 44,3


Source :EnquêteEmploi 2008

La comparaison des taux d’activité des populations masculine et féminine


révèle qu’au niveau de la région orientale, la participation des hommes à
l’activité économique (78.6%) est presque six fois plus importante que celle
des femmes (11.4%). Le taux de féminisation de la population active (15.2%)

21
est nettement inférieur au taux de féminisation de la population orientale
prise dans son ensemble (51%).
Analysé par milieu de résidence, la situation ne change pas même si le taux
d’activité des femmes rurales est supérieur à celui des femmes urbaines.
Cette participation relativement importante de la femme rurale par rapport à
la femme urbaine dans l’activité économique résulte de l’étroite relation
entre les activités purement économiques et les travaux domestiques et
ménagers en milieu rural. La possibilité de concilier entre le statut d’aide familiale
et l’activité ménagère en milieu rural, contribue aussi à l’amélioration du niveau
d’activité de la femme rurale.

3. formes et conditions d’activité de la femme :

En 2008 la population active féminine a atteint 102253 femmes actives dont 77311
étaient des femmes actives occupées et 24942 étaient en chômage.

La répartition de la population des actives occupés selon les branches d’activités


révèle que l’agriculture crée l’essentiel del’emploi des femmes. Le secteur agricole
occupe 47.6% des femmes actives contre 21.5 % pour les hommes.

En milieu rural où la participation de la femme à l’activité agricole est notable en


particulier au sein des exploitations familiales, cette proportion atteint 86.2 % alors
qu’en milieu urbain où les activités agricoles sont très restreintes, cette proportion
ne dépasse pas 7 %.
Le secteur des services par contre, demeure un pôle d’attraction privilégié de
l’activité féminine en milieu urbain (72%), contrairement au milieu rural où peu de
femmes s’intéressentà ce secteur.

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TABLEAU N° 21 : Population active occupée féminine selon le secteur
d’activité et le milieu de résidence (Année 2008)
Type d'activité Urbain Rural Ensemble

Agriculture forêt et pêche 6,9% 86,2% 47,6%

Industriebâtiment et travaux
17,8% 6,6% 12,0%
puclics
Services 72,0% 6,3% 38,3%

Activité mal désignées 3,4% 0,9% 2,1%

Total 100,0% 100,0% 100,0%

Source :EnquêteEmploi 2008

Le Taux des femmes entrepreneures de la population active occupée dans le


secteur de l’industrie s’élève à 12 %, plus précisément ce secteur emploie 17.8
% des femmes actives occupées en milieu urbain contre 6.6 % en milieu rural.
Quant au statut professionnel, les résultats présents dans le tableau ci-après
montrent que l’activité salariale s’applique à 75.8 % des femmes en milieu
urbain alors qu’en milieu rural c’est le statut d’aide familial qui domine à
raison de 80.7 %.

TABLEAU: Population active occupée selon le statut professionnel, le sexe


et le milieu de résidence

Type d'activité Urbain Rural Ensemble

Salariés 75,8% 11,5% 42,8%

Pour proprecompte
14,3% 7,7% 10,9%
(employeur et indépendant)
Autresstatuts (aide familiale
9,8% 80,7% 46,2%
et apprenti)

23
Total 100,0% 100,0% 100,0%

Source : EnquêteEmploi 2008

En outre on note que dans 14.3 % des cas en milieu urbain et dans seulement
7.7% des cas en milieu rural, les femmes orientales travaillent pour leur propre
compte en tant qu’employeuse ou indépendante.

4. Exemple de forme: mouvement coopératif féminin :

Une piste d’entrepreneuriat féminin semble être les coopératives. Elles


sont considérées comme un tremplin vers l’entreprise et l’autonomisation des
femmes. Le mouvement coopératif féminin a connu un véritable essor à partir
des années 2000. Depuis, il a connu une évolution exponentielle, rien que
entre décembre 2010 et mars 2014 quelque 845 coopératives de femmes
furent agréer.
Selon OCDO (office de développement de la coopération), la part des
coopératives féminines est en développement. Leur taux est passé de 12,4%
en 2012 à 14,5% en 2013. Les 1.699 coopératives féminines enregistrées
regroupent 31.173 adhérentes (soit 7,1% du total des adhérents au niveau
national).
Elles se différentient des coopératives masculines par leur taille, plus
petite (18 adhérentes en moyenne contre 41) et par leur faible capitalisation
(482 DH par adhérente contre 15.390 DH par adhérent). Elles sont également
moins présentes au sein des groupements d’intérêt économique et des
réseaux de commercialisation. Ce qui représente un grand handicap.

Répartition régionale des grandeurs relatives aux coopératives féminines 2011 et 2014
Nombre de
Grandeur Adhérentes F Capital F
coopératives F
Région mars-14 2011 mars-14 2011 mars-14 2011
SOUSS-MASSA-DARÂA 338 247 9874 7938 2481167 2103017
MEKNES-TAFILALET 149 108 3399 2785 1312355 1141705
MARRAKECH-TENSIFT-AL HAOUZ 153 120 3336 2874 1685639 1189843
LAÄYOUNE-BOUJDOURE-ASSAKIA AL
HAMRA 286 125 2562 1376 1044956 746500
GUELMIM-ES-SMARA 175 104 2247 1600 501587 333087
TANGER-TETOUAN 132 107 2165 1851 1515185 1354985
FES-BOULMANE 97 60 1848 1332 1802181 1533181

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L'ORIENTAL 104 63 1611 1135 609926 451963
DOUKKALA-ABDA 88 75 1520 1366 573414 532650
TADLA-AZILAL 65 38 1320 790 1236954 1038345
TAZA-AL HOCEIMA-TAOUNATE 96 72 1318 976 1147050 975450
RABAT-SALE-ZEMMOUR-ZAÏR 56 39 707 593 712210 667542
CHAOUIA-OUARDIGHA 25 21 338 304 232900 215300
GHARB-CHRARDA-BENI HSSEN 18 10 246 131 160300 130500
OUED EDDAHAB-LAGOUIRA 28 15 206 116 116100 82200
LE GRAND CASABLANCA 21 9 191 85 368440 304940
Total 1831 1213 32888 25252 15500362 12801208
Source : Données office du développement de coopération (ODCO, Avril 2014)

Coopératives de l’oriental en 2015

Province Nombre Adhérents


BERKANE 140 2 814
DRIOUCH 67 1 461
FIGUIG 288 20 035
GUERCIF 120 5 036
JRADA 216 7 215
NADOR 90 2 344
OUJDA ANGADE 147 10 085
TAOURIRT 147 4 237
Total 1 215 53 227

Par secteur, la prédominance de l’agriculture et de l’artisanat constatée


au niveau global se confirme chez les coopératives des femmes mais avec un
renversement des places : l’artisanat c’est 41% des coopératives des femmes
et l’agriculture 35%. Mais, le second secteur compte plus d’adhérentes avec
11925 en mars 2014, soit 37% de l’emploi coopératif féminin.
L’analyse des données de OCDO par deux enseignants chercheurs de FSJES
Mohammedia et FSJES Souissi Rabat permet de classer les 16 régions comme
suit :
- Des régions à faible taux de chômage féminin et à forte création des
emplois féminins coopératifs, il s’agit de Souss-Massa-Darâa et
Marrakech-Tensift-Al Haouz de et dans une moindre mesure Fes-
Boulmane Tadla-Azilal et Taza-Al Houciema-Taounate ;
- Des régions à fort taux de chômage féminin et à forte création des
emplois féminins coopératifs, il s’agit de Meknès-Tafilalet, Laayoune-
Boujdoure-Sakya Al Hamra, Guelmim-Essmara et Tanger-Tetouan ;

25
- Des régions à fort taux de chômage féminin et à moyenne création
des emplois féminins coopératifs, il s’agit de L’Oriental,Doukala-
Abda ;
- Des régions à fort taux de chômage féminin ou aux alentours du taux
de chômage national féminin et à faible dynamique
d’entrepreneuriat coopératif féminin, il s’agit de Rabat-Salé-
Zemmour-Zaïr, Chaouia-Ourdigha, Gharb-Chrarda- Beni Hssen, Oued
Dahab-Lagouira et Le Grand Casablanca.

3-contraintes et opportunités :

Selon l’étude d’AFEM sus-indiquée les difficultés que rencontre


l’entreprenariat féminin sont principalement liées aux aspects suivants :
*Les facteurs culturels et sociétaux, à l’origine de la majeure partie des
difficultés pour les femmes chefs d’entreprise :

-Difficultés liées au poids des mentalités ;


-Problèmes avec les clients et accès au marché ;
-Difficultés liées à la vie familiale.

*Les procédures et relations administratives et L’accès au financement


bancaire :
Sur ces aspects, les femmes s’estiment confrontées aux mêmes obstacles
et difficultés que leurs homologues masculins.

Pour surmonter ces difficultés l’AFEM préconise des priorités d’actions


suivantes exprimées par les FCE interrogées :

Apporter du conseil en gestion d'entreprise50%

Apporter un soutien en ce qui concerne les ressources humaines5%

Créer des associations pour accompagner les femmes chefs d'entreprises5%

26
Apporter du conseil en ce qui concerne la publicité et le marketing4%

Apporter un accompagnement juridique3%

Apporter un accompagnement dans le domaine de la comptabilité44%

Faciliter l'accès au financement27%

Développer des qualités / initiatives personnelles10%

Développer la confiance en soi10%

Faire une étude de marché / Connaître son marché6%

Acquérir de l'expérience5%

Avoir la volonté et le courage5%

Créer une entreprise dans son domaine de compétence4%

Développer la patience et la persévérence5%

Le sérieux2%

Simplifier les procédures administratives25%

Améliorer l'accès à l'information23%

Lutter contre la perception discriminante des femmes12%

Baisser / Supprimer les impôts et charges patronales9%

Créer des réseaux de rencontres entre FCE3%

Promouvoir les aides de garde d'enfants2%

27
Mettre en place une intermédiation entre la banque et l'entrepreneur2%

28
Chapitre3 :moyen en faveur de l’entrepreneuriat féminin à
l’oriental
Il est important de préciser que les principales stratégies, structures et
incitations utilisées par les pouvoirs publics pour promouvoir l’entreprenariat
n’intègrent pas de façon opérationnel la « spécificité femmes ». Elles
bénéficient, plutôt, aux créateurs d’entreprises hommes et femmes. Même les
prestations conçues théoriquement pour les femmes ou les jeunes se
retrouvent dans les faits accessibles à tous les créateurs d’entreprises.

Ceci dit, les moyens d’incitation à la création d’entreprises, féminines ou


masculines, sont variés mais peuvent être ramenés à quatre catégories.

1- Les structures régionales de l’incitation à l’investissement privé :


Centre régional d’investissement :

Le CRI a été créé le 9 janvier 2002 et découle de la volonté de


déconcentrer l’autorité et les pouvoirs en matière d’investissement vers les
régions. Constitué en Service Extérieur du Ministère de l’Intérieur, le CRI est
placé sous l’autorité du Wali de la Région de l’Oriental, et bénéficie, depuis
décembre 2003, de statut de Service de l’Etat Géré de Manière Autonome
(SEGMA).

Sa mission principale est une mission d’aide à la création d’entreprises.


Elle est assurée à travers l’institution d’une sorte de « Guichet Unique », qui
est censée être le seul interlocuteur des candidats à la création d’entreprises,

Le CRI a pour seconde fonction principale la facilitation de l’acte


d’investir. Il a pour mission d’accompagner les porteurs des projets, dont il est
saisi, et de faciliter l’accomplissement des démarches nécessaires à leur
concrétisation.

29
Agence de l’oriental :

Les missions confiées à l'Agence de l'Oriental par la loi N° 12-05 sont :

 d'étudier et de proposer aux autorités compétentes des programmes


économiques et sociaux intégrés, basés sur une stratégie globale
tendant à la promotion économique te sociale de la zone concernée et
son intégration dans le tissu économique national, maghrébin et euro-
méditerranéen
 d'étudier et de proposer des projets spécifiques de nature à promouvoir
et développer l'économie et les secteurs sociaux dans la zone concernée
notamment dans les secteurs suivants : infrastructures et équipements
de base, industrie, développement et reconversion urbaine et habitat,
agriculture et élevage, eau
 d'apporter son assistance aux collectivités locales concernées en
matière d'assainissement et d'amélioration des services desdites
collectivités
 de proposer des zones franches
 d'entreprendre toutes mesures de nature à favoriser l'intégration des
oasis dans l'économie régionale
 de rechercher les moyens de financement nécessaires à la mise en
œuvre des programmes et projets visés ci-dessus et de contribuer à ce
financement
 de suivre, pour le compte de l'Etat et des collectivités locales, la mise en
œuvre des programmes économiques et sociaux intégrés et les actions
relatives à la réalisation des politiques sectorielles de promotion et de
développement économique et social de la zone concernée
 d'œuvrer à la promotion de l'emploi et à l'encouragement de l'initiative
privée
 d'élaborer et de suivre la mise en œuvre d'une stratégie de
communication appropriée afin de promouvoir l'image et l'attractivité
de la Région.

30
Fonds d'Investissement Régional de l'Oriental (FIRO) :

Il a pour objectif de soutenir les porteurs de projets d'investissement,


dans tous les secteurs, hors immobilier et commerce. Il est le fruit d'un
partenariat public-privé entre la Région de l'Oriental, le Fonds Hassan II,
l'Agence de l'Oriental, la Banque Centrale Populaire, Attijariwafabank, BMCE
Bank, la Caisse de Dépôt et de Gestion, le Crédit Agricole et Holmarcom.

2- Les incitations fiscales :

La fiscalité est un moyen principal d’incitation des entreprises à


l’investissement. Une panoplie desdites incitations est prévue dans le cadre de
la fiscalité nationale.

Principales incitations de la fiscalité marocaine :


Impôt sur les sociétés :

Le taux normal est de 30 %. Les établissements de crédit et les sociétés


d'assurance sont soumis à un taux de 37 %. Des taux spécifiques, de 8 % à
17,5 % selon les cas, sont également prévus à titre d'incitation pour certaines
activités. Le détail de ces taux est disponible dans le Code général des Impôts.

TVA :

Le taux normal est de 20%. Des taux réduits de 7%, 10% et 14% sont
prévus.

Impôt sur le revenu :

Le taux d'imposition est calculé par tranches de revenu, selon le barème


progressif ci-dessous. Des taux incitatifs de l'impôt sur le revenu sont prévus
dans certains cas listés dans le Code général des impôts. Ces taux spécifiques
s'échelonnent de l'exonération totale jusqu'à un taux de 30 % selon les cas.

31
Des incitations fiscales propres à l’oriental :
Impôt sur les sociétés :

Les entreprises qui s'installent dans une des préfectures et provinces


jugées prioritaires bénéficient d'un taux d''IS de 27,5% pendant cinq ans si
elles débutent leurs activités en 2014 (le taux réduit était de 17,5% jusqu'en
2010, majoré de 2,5% par an entre 2011 et 2015). La région de l'Oriental
compte 5 de ces préfectures et provinces : Berkane, Jerada, Nador, Oujda-
Angad et Taourirt.

Impôt sur le revenu :

Les entreprises installées dans l'une des provinces prioritaires (voir Impôt
sur les sociétés au-dessus) bénéficient d'un taux réduit de 28 % pendant cinq
ans si elles débutent leurs activités en 2014 et de 30 % pendant cinq ans si
elles débutent leurs activités en 2015. Au-delà, le régime de droit commun
s'applique.

3-institutions et programmes féministes :


Il s’agit ici de présenter quelques institutions et programmes nationaux
qui prennent en compte, plus ou moins, la dimension genre. En effet, plusieurs
programmes ont été mis en place par les différents départements publics en
faveur du renforcement de la participation des femmes à la vie économique.

Nous citons à titre indicatif, certains programmes réalisés par le ministère de


l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, ainsi que l’ANPME
dans le cadre du programme « Emergence Industrielle 2009-2015 » qui ont
permis la mise en place de programmes de formation et d’encadrement des
femmes dans le domaine industriel, tels que Le « programme d’appui aux PME
et TPE (10,2% d’entreprises de femmes), le programme INMAE (5,4%
d’entreprises de femmes), le programme de l’entreprise émergente post-
création (14% d’entreprises de femmes), le programme « entre elles », un
programme dédié au renforcement des capacités entrepreneuriales des
femmes, à travers la formation et l’accompagnement, qui a ciblé 80 femmes
entrepreneurs pour la première phase et ambitionne un chiffre égal dans la
deuxième phase, ainsi que le programme « InfitahLaha » qui cible l’usage des
nouvelles technologies dans les entreprises dont le capital ne dépasse pas

32
trois millions de dirhams. Ce dernier programme cible une augmentation du
taux des bénéficiaires de 14%.

D’autre initiatives ont été lancées par la société civile, telles que « Les
incubateurs » lancés par l’association des femmes chefs d’entreprises du
Maroc (AFEM).

L’INDH, au travers du soutien aux activités génératrices de revenus, a


été une occasion assez intéressante pour l’appui financier des femmes. A titre
d’exemple, en 2013 et 2014, près de la moitié (47%) des femmes bénéficiaires
des projets AGR (Activités Génératrices de Revenus) promus par l’Initiative
(au nombre respectivement de 1.246 et 1.165) étaient des femmes. Les
initiatives telle que celle de « Maroc Taswiq » ont aidé à commercialiser les
produits des femmes. Sur 750 coopératives adhérentes à ce programme, 67%
sont des coopératives de femmes.

Le microcrédit a constitué, depuis la moitié des années quatre-vingt-dix,


une source de financement alternative très importante et reste l’unique forme
de financement qui a réalisé plus d’équité pour les femmes si l’on mesure le
nombre de bénéficiaires. En 2013, le nombre de bénéficiaires a atteint
821.246 dont 55% sont des femmes. Pour le financement des entreprises
féminines, la Caisse Centrale de Garantie, en partenariat avec le ministère de
l’Economie et des Finances et l’Association des Femmes Chefs d’Entreprise du
Maroc, a lancé en mars 2013, un instrument de garantie Ilayki au profit de la
création d’entreprises promues par les femmes.

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Conclusion
Selon le rapport du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) sur « Les
discriminations à l’égard des femmes dans la vie économique », c’est la concrétisation des lois
et des institutions qui posent problème en matière de parité économique homme-femme. En
effet, il considère que malgré que les réformes constitutionnelles et normatives ont permis des
avancées quant à la participation des femmes au développement mais leur effectivité demeure
insuffisante en l’absence d’une vision claire qui implique concrètement l’égalité des sexes et
des mesures actives pour en assurer effectivement la matérialisation aux plans institutionnel,
économique, social et culturel.

La dimension économique concerne la part des femmes dans l’activité de production et


d’échange des biens et des services et questionne l’impact de l’ensemble des politiques
publiques sur la part des femmes dans la distribution des richesses et des patrimoines, et sur
leur place dans le fonctionnement des institutions et des mécanismes économiques.

Au Maroc, près de 12,3 millions de femmes sont en âge d’activité (15 ans et plus),soit
2,5 millions de plus qu’en 2000. Elles résident majoritairement en milieu urbain (60,3%), plus de
la moitié d’entre elles est analphabète (52,6%) et moins d’un tiers (32,9%) dispose d’un
diplôme.

Le constat du CESE le plus préoccupant est que la participation économique des


femmes a régressé ces dernières années : le taux d’activité des femmes est passé de 28,1% en
2000 à 25,1% en 2013. Parallèlement, le nombre de femmes au foyer a augmenté plus vite que
la population féminine en âge d’activité.

Ces chiffres se répercutent sur les classements internationaux du Maroc par rapport aux
questions d’écart de genre, 133ème rang sur 142 pays en 2014, alors qu’il occupait le129ème rang
en 2013 et le 127ème en 2010. Il occupe le 135ème rang dans la participation économique de la
femme. Il se situe au 116ème rang sur 128 pays pour l’efficacité des politiques et mesures
d’autonomisation économique des femmes Il est 24ème sur30 en matière de politiques et de
mécanismes d’appui et d’accompagnement des entreprises féminines à fort potentiel et figure
parmi les pays de culture conservatrice en matière d’acceptabilité du rôle socio-économique
des femmes au sein de la société.

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