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CH.3 Production de l'électricité par l'éolienne

Stockage
accumulateurs

Energie Energie Energie


Réseau de
cinétique mécanique électrique
distribution
vent rotor génératrice

Charges isolées
(ex : village reculé)

L'énergie d'origine éolienne fait partie des énergies renouvelables. L’aérogénérateur utilise l’énergie
cinétique du vent pour entraîner l’arbre de son rotor :celle-ci est alors convertie en énergie mécanique
elle-même transformée en énergie électrique par une génératrice électromagnétique accouplée à la
turbine éolienne. Ce couplage mécanique peut être soit direct si turbine et génératrice ont des
vitesses du même ordre de grandeur, soit réalisé par l'intermédiaire d'un multiplicateur dans le cas
contraire. Enfin, il existe plusieurs types d’utilisation de l’énergie électrique produite : soit elle est
stockée dans des accumulateurs, soit elle est distribuée par le biais d’un réseau électrique ou soit elle
alimente des charges isolées. Le système de conversion éolien produit également des pertes. Ainsi,
on peut indiquer un rendement de 59 % au rotor de l’éolienne, 96% au multiplicateur. Il faut de plus
prendre en compte les pertes de la génératrice et des éventuels systèmes de conversion.

Outil de recherche

Eolienne moderne

3-1. Puissance d'une éolienne

Les éoliennes sont classées suivant leur puissance. Avec 1 MW, on alimente 900 foyers de 3
personnes, hors chauffage électrique.

Diamètre des pales Valeurs de puissance


Petite puissance <12 m < 40 kW
Moyenne puissance 12 à 45 m 40kW à 1 MW ( qq 100 kW)
grande puissance > 46 m > 1 MW

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3-2.Particularités

Dans cette partie, nous vous proposons de découvrir les types d'installations d'éoliennes et les
différentesorientations de l'axe des éoliennes.

Type d'installation

Une éolienne occupe une faible surface au sol. Ceci est un énorme avantage pour son installation qui
perturbe peu les sites et permet de conserver des activités industrielles ou agricoles à proximité.
On retrouve l' éolienne dite individuelle installée en site isolé. L'éolienne n'est pas raccordée au
réseau, elle n'est pas reliée à d'autres éoliennes.
Sinon les éoliennes sont regroupées sous forme de fermes éoliennes. Les installations peuvent être
réalisées sur terre ou de plus en plus en mer avec les fermes éoliennes offshores où la présence du
vent est plus régulière. Avec ce dernier type d'installation, on réduit les nuisances sonores et on
améliore l'esthétique.

Photographie d'une ferme éolienne

Ferme éolienne offshore de Middelgrunden (Danemark)

Orientation de l'axe

Il existe différents profils d'éolienne. On distingue deux grands types d'éolienne : les éoliennes à axe
vertical et les éoliennes à axe horizontal.
Que l'éolienne soit à axe vertical ou horizontal, il s'agit de générer un couple moteur pour entraîner la
génératrice.

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Eolienne à axe vertical

Les pylônes des éoliennes à axe vertical sont courts, entre 0,1 et 0,5 fois la hauteur du rotor. Cela
permet de placer tout le dispositif de conversion de l'énergie (génératrice, multiplicateur, etc.) au pied
de l'éolienne, facilitant ainsi les opérations de maintenance. De plus, il n'est pas nécessaire d'utiliser
un dispositif d'orientation du rotor comme pour les éoliennes à axe horizontal. Cependant, les vents
sont faibles à proximité du sol, ce qui induit un moins bon rendement car l'éolienne subit les
turbulences du vent. De plus, ces éoliennes doivent être entraînées au démarrage et le mât subit de
fortes contraintes mécaniques. Pour ces raisons, de nos jours, les constructeurs d'éoliennes
privilégient les éoliennes à axe horizontal.
Les deux types de structures d'éoliennes à axe vertical les plus répandues reposent sur les principes
de traînée différentielle ou de la variation cyclique d'incidence :

• Le rotor de Savonius dont le fonctionnement est basé sur le principe de la traînée différentielle.
Les efforts exercés par le vent sur chacune des faces d'un corps creux sont d'intensités différentes. Il
en résulte un couple entraînant la rotation de l'ensemble.

Schéma de principe du rotor de Savonius

Schéma du rotor de Savonius

• Le rotor de Darrieus est basé sur le principe de la variation cyclique d'incidence. Un profil placé
dans un écoulement d'air selon différents angles, est soumis à des forces d'intensités et de directions
variables. La résultante de ces forces génère alors un couple moteur entraînant la rotation du
dispositif.

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Photographie d'une éolienne de Darrieus

Schéma du rotor de Darrieus

Eolienne à axe horizontal

Les éoliennes à axe horizontal sont basées sur le principe des moulins à vent. Elles sont constituées
d' une à trois pales profilées aérodynamiquement. Le plus souvent le rotor de ces éoliennes est
tripale, car trois pales constituent un bon compromis entre le coefficient de puissance, le coût et la
vitesse de rotation du capteur éolien ainsi que l'aspect esthétique par rapport aux bipales.
Les éoliennes à axe horizontal sont les plus employées car leur rendement aérodynamique est
supérieur à celui des éoliennes à axe vertical, elles sont moins exposées aux contraintes mécaniques
et ont un coût moins important.

Photographie d'une éolienne à axe horizontal et d'un moulin à vent

Il existe deux catégories d'éolienne à axe horizontal:

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• Amont : le vent souffle sur le devant des pales en direction de la nacelle. Les pales sont rigides, et
le rotor est orienté selon la direction du vent par un dispositif.

Schéma d'une éolienne à axe horizontal amont

• Aval : le vent souffle sur l'arrière des pales en partant de la nacelle. Le rotor est flexible, auto-
orientable.

Schéma d'une éolienne à axe horizontal aval

La disposition turbine en amont est la plus utilisée car plus simple et donne de meilleurs résultats pour
les fortes puissances : pas de gouverne, les efforts de manœuvre sont moins importants et il y a une
meilleure stabilité.
Les pales des éoliennes à axe horizontal doivent toujours être orientées selon la direction du vent.
Pour cela, il existe des dispositifs d'orientation de la nacelle en fonction de cette direction.

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3-3. Composants classiques d'une éolienne

Aujourd'hui, l'éolienne à axe horizontal avec un rotor du type hélice, présente un réel intérêt pour la
production d'électricité à grande échelle.

• le financement des Etats pour l'implantation de nouvelles éoliennes.

(Source:Wind energy barometer-EuroObserv'ER 2004.)

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Aujourd'hui la part des énergies renouvelables est faible dans la production d'électricité mondiale. On
peut en conclure que le potentiel des filières énergétiques renouvelables est sous-exploité.
Cependant, les améliorations technologiques ont favorisé l'installation de l'énergie éolienne qui n'a
pas cessé d'augmenter ces dernières années suivant une évolution exponentielle avec un taux de
croissance de 25 % en 2003.

(Source:Wind energy barometer-EuroObserv'ER 2004.)

La filière éolienne s'est largement développée en Europe faisant figure de leader. Cette production
assure la consommation électrique de 10 millions de personnes. Par ailleurs, 90 % des fabricants
d'éoliennes de moyenne et grande puissance sont des Européens.

(Source:Wind energy barometer-EuroObserv'ER 2004.)

(Source:Wind energy barometer-EuroObserv'ER 2004.)

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La répartition de l'énergie éolienne en Europe montre une certaine disparité entre les pays.
L'Allemagne est le leader sur le marché européen malgré un ralentissement de ses installations en
2003. L'Espagne, en deuxième position, continue d'installer intensivement des parcs éoliens. Le
Danemark est en troisième position avec le développement de l'offshore et renouvelle les éoliennes
de plus de 10 ans.

(Source:Wind energy barometer-EuroObserv'ER 2004.)

Le coût et la rentabilité d'un projet éolien prennent en compte aussi bien l'achat de l'éolienne, que
l'installation de l'éolienne, l'entretien de celle-ci et la vente des kWh. Une éolienne coûte chère. Il reste
encore à réaliser des progrès économiques pour assurer le développement de l'éolien. On estime que
le coût d'installation d'un kW est d'environ 1000 euros. Les progrès technologiques et la production
accrue d'éoliennes ces dernières années permettent de diminuer ce chiffre régulièrement. Le prix de
revient du kWh dépend du coût de l'installation de l'éolienne ainsi que de la quantité d'électricité
produite par an. Ce prix varie en fonction du site et diminue avec les avancées technologiques.
En Allemagne et au Danemark, les investisseurs sont soit des grands groupes industriels soit des
particuliers ou des agriculteurs. Cette originalité tend à impliquer la population dans le développement
de l'éolien. L'énergie éolienne est perçue comme une voie de diversification de l'activité agricole. Au
Danemark, 100 000 familles possèdent des parts dans l'énergie éolienne. La filière éolienne a
également permis de créer de l'emploi dans divers secteurs tels que la fabrication d'éoliennes et de
composants, l'installation d'éoliennes, l'exploitation et l'entretien ou encore la recherche et le
développement. On recense plus de 15 000 emplois au Danemark et 30 000 en Allemagne,
directement ou indirectement reliés à la filière éolienne.

Perspectives

Ainsi, l'énergie éolienne est considérée comme une des options les plus durables parmi les
possibilités futures, les ressources du vent étant immenses. On considère que l'énergie éolienne
annuellement récupérable au niveau mondial se chiffre à environ 53 000 TWh (TéraWattheures), soit
4 fois la consommation mondiale actuelle d'électricité.
En Europe, le potentiel est largement suffisant pour satisfaire au moins 20% de la demande d'ici 2020,
en particulier si le nouveau marché offshore est pris en compte.

3-4. Le bruit ?
Bien que les éoliennes de première génération étaient nuisibles d'un point de vue sonore, il semble
aujourd'hui que les avancées technologiques ont permis de réduire considérablement le bruit
engendré par ces machines.

En effet, sur une échelle de bruit, l'éolienne se situe entre le bruit d'un vent léger et le bruit de

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Schéma d'échelle du bruit


(Source : Revue Sciences et Avenir juillet 2004.)

l'intérieur d'une habitation, soit environ 45 dB. L'évolution du niveau sonore en fonction du nombre
d'éoliennes est logarithmique, c'est-à-dire que l'installation d'une deuxième éolienne augmente le
niveau sonore de 3 dB au lieu de le doubler.
Pour diminuer les nuisances sonores :
- les multiplicateurs sont spécifiquement conçus pour les éoliennes. De plus, on essaie de privilégier
les entraînements directs, c'est-à-dire les entraînements sans multiplicateur.
- le profil des pales fait l'objet d'études pour réduire les nuisances sonores dues à l'écoulement du
vent autour des pales ou à l'émission de sons provenant de la nacelle ou de la tour. Les arbres de
transmission sont munis d'amortisseurs pour limiter les vibrations.
- le capitonnage de la nacelle permet également de réduire les bruits.

3-5. Les enjeux des éoliennes


Situation actuelle

Les nouvelles exigences sur le développement durable conduisent les Etats à remettre en cause des
méthodes de production d'énergie et à augmenter la part des énergies renouvelables dans la
production. Le protocole de Kyoto engage les pays signataires à réduire leurs émissions de gaz à
effet de serre. Cet accord a participé à l'émergence de politiques nationales de développement de
l'éolien et d'autres énergies également car les éoliennes n'émettent pas de dioxyde de carbone.

Trois facteurs ont contribué à rendre la solution éolienne plus compétitive :


• les nouvelles connaissances et le développement de l'électronique de puissance,
• l'amélioration des performances en aérodynamique pour la conception des turbines éoliennes,

3-6. Eoliennes à vitesse fixe

Pour les machines synchrones classiques et asynchrones à cage, la vitesse de rotation est
directement dépendante de la fréquence des courants des bobinages statoriques.
La Machine Asynchrone à cage a un nombre de paires de pôles fixe et fonctionne donc sur une plage
de vitesse très limitée : le glissement est de l'ordre de quelques %.
La Machine Synchrone fonctionne en vitesse fixe impérativement.

En mode autonome

Les éoliennes non raccordées au réseau, fonctionnent en mode autonome et alimentent des charges
isolées avec éventuellement un ou plusieurs groupes électrogènes en appui. Pour cette configuration,
le recours à un système de stockage présente un intérêt significatif en cas d'absence de groupes
électrogènes, notamment en cas de vent faible.
Le recours à des batteries est utile pour le stockage d'énergie à long terme. D'autres systèmes de
stockage sont envisagés comme le stockage inertiel à court terme. Le stockage inertiel évite alors
l'utilisation de batteries qui présentent un caractère polluant pour l'environnement. L'énergie se
présente sous forme d'énergie cinétique, stockée dans un volant d'inertie.
La génératrice utilisée peut être une machine synchrone à aimants permanents ou une machine
asynchrone à cage munie de capacités indispensables pour son excitation.

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Schéma général en mode autonome pour une éolienne à vitesse fixe

En mode réseau

Lorsque l'éolienne est connectée au réseau, la vitesse de rotation de la MAS doit rester pratiquement
constante de façon à ce que la machine reste proche de la vitesse de synchronisme, principal critère
pour un fonctionnement stable de la génératrice. La fréquence du réseau impose la vitesse de rotation
de la machine. Le générateur à vitesse fixe, en liaison directe avec le réseau, est nécessairement
muni d'un multiplicateur de vitesses.
L'éolienne tourne à une vitesse de rotation donnée pour une plage restreinte de vitesses de vent, ses
applications sont donc limitées.

3-7. Eoliennes à vitesse variable

Pour optimiser la puissance débitée en fonction du vent, il est souhaitable de pouvoir régler la vitesse
de rotation de l'éolienne. L'idée est de réaliser un générateur à fréquence fixe et vitesse variable. Le
générateur à vitesse variable permet de fonctionner pour une large gamme de vents donc de
récupérer un maximum de puissance tout en réduisant les nuisances sonores lors d'un
fonctionnement à faible vitesse de vent. En vitesse variable, on régule le système de façon à ce que
pour chaque vitesse de vent, l'éolienne fonctionne à puissance maximale. C'est ce qu'on appelle le
Maximum Power Point Tracking. La puissance maximale est atteinte pour une vitesse de rotation de
la turbine donnée par la caractéristique de l'éolienne P ( ).

On fait varier la fréquence d'alimentation de la machine.


La vitesse de rotation de la machine peut varier en général du simple au triple.
Les systèmes à vitesse variable fonctionnent en mode réseau et nécessitent des convertisseurs
de fréquence.

Les convertisseurs de fréquence

En variation de vitesse, la fréquence et l'amplitude de la tension, en sortie de la génératrice, sont

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variables. Pour satisfaire aux conditions du réseau, et donc se ramener à la fréquence et l'amplitude
de la tension, fixes du réseau, on utilise des convertisseurs de puissance agissant comme des
convertisseurs de fréquence , intercalés entre la machine (synchrone ou asynchrone) et le réseau. Le
dispositif règle la fréquence du courant ou de la tension, transforme le courant ou la tension alternatif
en courant ou en tension continu, filtre le courant ou la tension pour le ramener à l'allure du courant ou
de la tension alternatif à la fréquence du réseau. Le générateur ainsi équipé, peut subir les rafales, et
réduire les sollicitations mécaniques.
La chaîne de conversion électrique comprend alors :

la génératrice

les convertisseurs :

• Alternatif/continu ou redresseur commandé (1)


On utilise un redresseur à diodes pour les machines synchrones, leur fonctionnement est
unidirectionnel.
Le redresseur à MLI est utilisé pour les machines asynchrones. Le redresseur MLI permet par ailleurs
de fournir la puissance réactive magnétisante.

• Continu / alternatif ou onduleur (2)


(convertisseur statique qui règle la valeur de la tension ou du courant efficace et la fréquence du
courant ou de la tension) pour réaliser la connexion au réseau : de préférence, on utilise un onduleur
de type MLI, car c'est la structure d'onduleur qui génère le moins de courants harmoniques.

Pour ces convertisseurs, il est nécessaire d'avoir des ordres de commande, d'où des lois de
commande. On utilise des cartes adaptées au contrôle, qui commandent en temps réel et qui sont
implémantées dans un microcontroleur.
La gestion du transfert de puissance entre redresseur MLI et l'onduleur, se fait par régulation du bus
continu. Ce bus est constitué notamment d'un condensateur lissant et filtrant la forme d'onde.

Les systèmes à vitesse variable

Nous allons voir successivement :

 Le montage à deux générateurs


 la génératrice à nombre de pôles variables
 Pour les générateurs asynchrones, l'existence d'un glissement permet une légère variation
de la vitesse de rotation du générateur. Plusieurs configurations sont possibles :

le rotor de la MAS avec rhéostat rotorique

la MADA associée à un double convertisseur MLI

la MAS à cage

Pour les génératrices synchrones :

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la MS avec un multiplicateur et un convertisseur au stator

On peut se passer de multiplicateur, en prenant une génératrice synchrone à grand nombre de pôles,
pour bénéficier de la vitesse variable. Rappelons que pour la machine synchrone :

Deux solutions sont possibles, elles concernent la technologie du rotor :

le rotor bobiné

le rotor à aimants permanents

3-8. La connexion au réseau

Le réseau de distribution impose la stabilité de la tension et de la fréquence. Il faut donc gérer les
phases transitoires de fonctionnement de l'éolienne, tels que le démarrage, l'arrêt ou l'absorption de
rafales. On va alors réaliser un démarrage progressif de l'éolienne à l'aide de thyristors. Ces thyristors
jouent le rôle d'interrupteurs assurant une connexion ou une déconnexion graduelle au réseau. Ces
interrupteurs peuvent aussi être des disjoncteurs de dérivation.
Le réseau impose également de générer le moins d' harmoniquespossibles. Les harmoniques
peuvent être générés par les dispositifs d'électronique de puissance tels que les convertisseurs. Il faut
alors rechercher les meilleurs systèmes possibles ou utiliser des filtres.
L'éolienne est connectée à un réseau de distribution de fréquence donnée dont la puissance de court-
circuit est définie. La puissance réactive nécessaire à la magnétisation de la machine est fournie par
le réseau.

• Eoliennes concernées :

Les fermes éoliennes, les éoliennes de petite puissance ou de puissance supérieure à 100 kW par
exemple, raccordées au réseau, produisent de l'énergie qui est directement vendue aux producteurs
du réseau.

• Les composants nécessaires :

Pour satisfaire aux exigences du réseau, différents composants sont installés lors de la connexion de
l'éolienne :

• Le transformateur élévateur de tension :

Les générateurs de turbine d'éolienne ont en général une tension de sortie de l'ordre de 690 V. Le
transformateur permet d'élever la tension pour le raccord au réseau de distribution (par exemple 20
kV). Actuellement, il n'y a pas d'éolienne directement connectée sur le réseau de transport.

• Les batteries de condensateurs

Pour améliorer le facteur de puissance de l'installation, on peut connecter au réseau trois batteries
monophasées de condensateurs couplées en triangle.
Les batteries de condensateurs servent aussi à compenser en moyenne la puissance réactive
consommée prenant en compte les irrégularités temporelles du vent.
La MAS est consommatrice d'énergie réactive, les batteries de condensateurs, sources de puissance
réactive, deviennent alors utiles pour magnétiser la machine, surtout dans le cas où la puissance

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réactive fournie par le réseau ne suffit pas. En mode autonome, les batteries de condensateurs
deviennent indispensables pour la magnétisation de la machine.

3-9. Constitution de la MADA - machine asynchrone à double alimentation

La génératrice se situe dans la nacelle de l’éolienne. Elle est entraînée par un arbre mécanique.
La machine asynchrone à double alimentation est un générateur à induction à rotor bobiné. Les
enroulements du stator sont connectés directement au réseau triphasé. Les enroulements du rotor
sont reliés à des convertisseurs de puissance bidirectionnels en courant: la puissance traversant ces
convertisseurs peut alors être absorbée ou produite par la machine, selon le point de fonctionnement.
Le condensateur entre ces deux convertisseurs représente le bus continu. Le transformateur élévateur
de tension permet le raccordement au réseau de distribution.

3-10. I ntérêt de la MADA

Principal avantage de la MADA est la possibilité de fonctionner à vitesse variable. Les machines
asynchrones à vitesse fixe doivent fonctionner au voisinage de la vitesse de synchronisme, car la
fréquence est imposée par le réseau. La vitesse du rotor est quasi constante. Le système de la MADA
permet de régler la vitesse de rotation du rotor, en fonction de la vitesse du vent. En effet la MADA
permet un fonctionnement en génératrice hyposynchrone et hypersynchrone. On arrive ainsi à extraire
le maximum de puissance possible. L'intérêt de la vitesse variable pour une éolienne est de pouvoir
fonctionner sur une large plage de vitesses de vent, et de pouvoir en tirer le maximum de puissance
possible, pour chaque vitesse de vent.
Le rôle des convertisseurs de puissance :

Contrairement à certaines machines synchrones, qui ont des convertisseurs qui sont traversés par
100% de la puissance nominale, les convertisseurs de la MADA sont dimensionnés pour laisser
passer 25% de la puissance nominale seulement. Ils coûtent moins chers et sont moins encombrants.
Ils permettent de piloter la MADA par le rotor en réglant sa vitesse de rotation mécanique. Leur
fonctionnement est étudié dans le paragrapheconnexion au réseau.

3-11. Principe de fonctionnement

Une éolienne utilisant une MADA permet d’extraire une puissance maximale à partir d’une vitesse de
vent donnée en optimisant la vitesse spécifique λ, et en minimisant les contraintes mécaniques sur la
turbine lors des rafales de vent. La vitesse spécifique λ est le rapport entre la vitesse de l'extrémité
des pales et la vitesse du vent. La puissance reçue par la turbine éolienne est convertie en puissance
électrique et est transmise au réseau via les enroulements du stator et du rotor.

Puissance mécanique Pm à l’entrée de la MADA :

On rappelle l’expression de la puissance mécanique d’une éolienne :

Pm = 0.5 ρ π R² v³ Cp( λ,β ) Avec :

ρ = 1.225 kg/m³ est la densité de l’air.


R = longueur des pales ou rayon de la turbine en m
v = vitesse du vent en m/s
Cp ( λ,β ) = Coefficient de performance
λ = vitesse spécifique = Ωm.R/v
Ωm = vitesse de rotation mécanique en rad/s
β = angle de calage des pales en degrés

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Le coefficient Cp est sans unité. Il diffère selon les éoliennes. Son expression a été approchée de
manière empirique pour une éolienne intégrant une MADA :

Les différentes phases de fonctionnement de l’éolienne à vitesse variable :

Il y a quatre phases de fonctionnement d’une éolienne intégrant une MADA :

- La phase de démarrage de la machine. La production électrique commence lorsque la vitesse


mécanique atteint environ 70% de la vitesse de synchronisme de la génératrice. La puissance
électrique reste assez faible

- La phase d’extraction de la puissance maximale ou phase MPPT (Maximum Power Point Tracking).
Dans cette zone, la vitesse mécanique varie et peut atteindre une valeur proche de la vitesse
nominale. La puissance électrique augmente rapidement. Dans cette zone, l’angle de calage des
pales β reste constant à sa valeur minimale afin d’obtenir un Cp maximal. La puissance maximale est
ainsi obtenue pour chaque valeur de la vitesse mécanique et pour des vitesses de vent moyennes (7-
13 m/s environ).

- La phase à vitesse mécanique quasi constante. L’angle β de calage des pales varie afin d’obtenir
une puissance électrique maximale pour différentes valeurs de vent. C’est le pitch control. La
puissance électrique augmente très rapidement jusqu’à sa valeur nominale.

- La phase à puissance constante. Lorsque la vitesse du vent augmente encore, l’angle de calage des
pales devient important afin de conserver la puissance électrique constante et nominale. Par sécurité,
si la vitesse du vent devient trop importante et risque d’endommager l’éolienne, l’angle de calage des
pales se fixe à 90°. C’est la mise en drapeau qui met fin au fonctionnement de l’éolienne jusqu’à ce
que la vitesse du vent devienne moins importante.

Transferts de puissance dans la MADA

Grâce aux convertisseurs de puissance bidirectionnels, dans le circuit du rotor, la MADA est capable
de travailler en tant que génératrice ou moteur de façon hypersynchrone ou hyposynchrone.

On utilise le schéma de la MADA en convention moteur hyposynchrone car c’est la convention


habituelle.

Schéma de la MADA en convention moteur hyposynchrone

Pm : Puissance mécanique (Pm < 0 si la machine est entraînée)


Ps : Puissance active absorbée par le stator (Ps < 0 si la MADA est génératrice)
Pr : Puissance active débitée par le rotor (son sens dépend du signe du glissement)

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Préseau : Puissance active fournie par le réseau à la machine


(Préseau< 0 si la MADA est génératrice)
Ωm : Vitesse de rotation de la MADA

En supposant que les pertes dans les circuits du stator et du rotor peuvent être négligées, on peut
relier les puissances ainsi :

Pm = Préseau
Préseau = Ps - Pr
Pr = g Ps
Ps = Préseau / (1-g)

En mode génératrice hypersynchrone, Pr est positif, la puissance est transmise du rotor au réseau.
En mode génératrice hyposynchrone, Pr est négatif, la puissance est transmise du réseau au rotor.
Dans les deux cas la puissance statorique, Ps alimente le réseau.

3-12. Présentation de l'étude

Dans l'étude d'une éolienne avec une MAS (Machine Asynchrone), c'est la machine la plus utilisée, on
va s'intéresser à la valeur des couples , et et des vitesses des arbres primaire et
secondaire : et .

L'arbre primaire est l'arbre du rotor de l'éolienne, dit arbre lent, il tourne à la vitesse . Il fournit le
couple . L'arbre secondaire est celui de la génératrice qui est raccordée au réseau directement ou
indirectement. Le rotor de la génératrice tourne à la vitesse , il fournit le couple électromagnétique
.

Arbre primaire dit Arbre secondaire de


sur le réseau
« arbre Lent » la MAS

, , ,
, , ,g,
Facteur de puissance

Pour optimiser la puissance électrique active P débitée en fonction du vent, on règle la vitesse de
rotation de l'éolienne . Le point de fonctionnement de l'éolienne peut être déterminé à partir de la
caractéristique de la puissance P fournie par l'éolienne en fonction de la vitesse de rotation de la
turbine, pour une vitesse de vent donnée. Le point de fonctionnement nominal est choisi tel que la
puissance fournie par l'éolienne soit maximum.

Le point de fonctionnement peut aussi être défini par les puissances active et réactive , la

tension simple Vs, la puissance de la charge (constituée par les éléments du montage éolien) , et

le cos (facteur de puissance). Alors, suivant la vitesse du vent, ( , ) sera différent.

3-14.Connexion au réseau

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Nous allons étudier dans le paragraphe suivant les convertisseurs de puissance statiques qui relient le
rotor de la MADA et le réseau. Les enroulements triphasés du stator sont directement reliés au
réseau.

Le convertisseur statique se compose d’un redresseur, un bus continu et un onduleur. Il est réversible
en courant puisque la puissance rotorique Pr transite par le convertisseur dans un sens pour un
fonctionnement hypersynchrone, et dans le sens opposé pour un fonctionnement hyposynchrone.
L'onduleur devient redresseur et le redresseur devient onduleur.

Sachant que Pr = g.Ps, et que généralement, la valeur absolue du glissement g est très inférieure à 1,
Pr est seulement une fraction de la puissance statorique Ps. Le signe de Pr change avec le
glissement g.

On a deux types de fonctionnement possibles pour la génératrice selon le signe du glissement g.

Sens 1 : Fonctionnement en mode hypersynchrone :

La machine asynchrone fonctionne en génératrice pour une vitesse de rotation mécanique supérieure
à la vitesse de synchronisme. On a le glissement g < 0, le mode de fonctionnement est dit
hypersynchrone. La puissance au rotor de la MADA est générée et envoyée vers le réseau à travers
le convertisseur.

 Le convertisseur 1 fonctionne en redresseur. Le redresseur transforme la tension alternative et le


courant alternatif délivrés par la MADA en tension continue et courant continu. Le condensateur
crée un bus intermédiaire.
 Le convertisseur 2 fonctionne en onduleur. L’onduleur récupère cette tension continue et ce
courant continu. On règle la commande de l’onduleur pour ajuster et obtenir en sortie de l’onduleur
un signal avec une amplitude et une fréquence adaptées à celles du réseau, après le passage par
le transformateur élévateur de tension.
 Le passage par le bus continu est indispensable pour permettre à l’onduleur de réguler amplitude
et fréquence. Le réseau est considéré comme une source de courant, car on prend en compte les
inductances du réseau. De même les enroulements au rotor sont vus comme une source de
courant puisque ce sont des bobinages. Une bobine est considérée comme source de courant car
le courant circulant dans la bobine ne peut jamais être discontinu. Pour un condensateur, la
tension à ses bornes n’est jamais discontinue, c’est une source de tension. En utilisant un bus
continu avec un condensateur, on respecte l’alternance source de tension et source de courant.

Sens 2 : Fonctionnement en mode hyposynchrone :

La machine asynchrone fonctionne en génératrice pour une vitesse de rotation mécanique inférieure à
la vitesse de synchronisme. On a le glissement g > 0, le mode de fonctionnement est dit
hyposynchrone. La puissance au rotor de la MADA est absorbée. Elle est fournie par le réseau à
travers le convertisseur. Les convertisseurs peuvent fournir jusqu’à 25% de la puissance nominale de
la MADA.

 Le convertisseur 2 fonctionne comme redresseur. Il transforme le signal fourni par le réseau en


signal continu.

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M1/EI/ME DEC1

 Le convertisseur 1 fonctionne en onduleur. L’onduleur règle l’amplitude et la fréquence du signal à


envoyer vers le rotor de la MADA : Il agit sur les tensions aux bornes des circuits rotoriques.

Il fait varier la vitesse de la turbine et donc la puissance extraite. Il alimente la machine


asynchrone en courant alternatif.

Flux de puissance :

 Si Ωm>Ωs , g < 0 , on est en mode hypersynchrone. La puissance rotorique est débitée. Elle est
transmise au bus continu et tend à augmenter la tension continue aux bornes du condensateur.
 Si Ωm<Ωs , g > 0, on est en fonctionnement hyposynchrone. La puissance rotorique est absorbée.
Elle provient du bus continu capacitif et tend à diminuer la tension continue aux bornes du
condensateur.
 Le convertisseur côté réseau génère la puissance vers le réseau ou absorbe la puissance
provenant du réseau pour garder la tension continue constante.
 Le convertisseur côté rotor délivre une tension rotorique de pulsation égale à la fréquence du
réseau multipliée par la valeur absolue du glissement g soit ωr = |g| .ωs. Ce convertisseur permet
de contrôler le couple électromagnétique de la génératrice, et donc sa vitesse.

Puissance réactive :

Les deux convertisseurs ont la capacité de générer ou absorber de la puissance réactive. Ils peuvent
contrôler le niveau de la puissance réactive.

La puissance réactive fournie au réseau peut-être contrôlée par la puissance réactive générée ou
absorbée par le convertisseur relié au rotor. La puissance réactive est échangée entre ce
convertisseur et le réseau, à travers le générateur. En effet, celui-ci absorbe de la puissance réactive
pour compenser les inductances mutuelles et les inductances de fuites.

Le convertisseur connecté au réseau peut aussi fonctionner en compensateur de puissance réactive.

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