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habitat collectif

projet realiseee par odile deck

biographie

Odile Deck

Présentation de l’architecte en bref : ses études, son parcours et ses principales réalisations.

Etudes d’architecture à Rennes et Paris

Odile Deck, née à Laval en 1955, commence ses études d’architecture à Rennes avant de poursuivre à l’UP6 à
Paris. Diplômée en 1978, elle obtient un DESS d’urbanisme et d’aménagement à l’Institut d’Etudes Politique
de Paris.

Création de son agence

En 1980, elle crée son agence à Paris aux côtés de Benoît Cornette, avec lequel elle travaille jusqu’à sa
disparition en 1998. Depuis vingt ans, Odile Decq pratique une architecture articulée autour de l’ouverture
dynamique des espaces développant un concept, celui « d’hyper tension », où l’intégration du mouvement
génère tension et complexité dans la perception de l’espace. Elle questionne ainsi la place du corps et des
sens dans l’espace et l’architecture (voir encadré).

De nombreux concours

La décennie 90 a vu l’équipe remporter de nombreux concours :

- L’Université des Sciences Economiques et la Maison des Sciences à Nantes (1993)

- L’aménagement du port de Gennevilliers (1994)

- Le viaduc A14 et le centre d’exploitation des autoroutes de Nanterre (1995)

- L’aménagement des espaces publics de Roquebrune Cap-Martin (Gaz de France) (1996)

- Le complexe cinématographique de Cambridge, Royaume Uni (1997)

- Le centre de recherche de Saint-Gobain à Paris (1999)

Un Lyon d'or à la 6e Mostra de Venise

En 1996, le travail innovant de l’agence a été couronné par le Lion d’Or à la 6e Mostra de Venise. L’équipe
d’Odile Decq participe à de multiples concours nationaux et internationaux et a récemment été retenue pour
réaliser la Galerie d’Art Moderne et Contemporain de Rome.

La transmission
Parallèlement, l’architecte, qui donne régulièrement des conférences à l’étranger, mène une activité
d’enseignement, notamment depuis 1992 à l’Ecole Spéciale d’Architecture de Paris.

*******le projet *********


******information sur le projet*******

En juin dernier, s'est tenu à Salerne, en Italie, une exposition intitulée "Conflitti. Architettura contemporanea
in Italia" (Conflits. Architecture contemporaine en Italie) dont l'objectif était d'analyser "les antagonismes qui
ressortent de certains épisodes conceptuels réalisés dans des lieux 'difficiles', pleins de contradictions et
objets de transformations urbaines liées au passage de l'ère de la société industrielle à celle de l'information,
de la mobilité et de la géographie globale". Le quartier Novoli à Florence faisait, dans le cadre de cette
exposition, partie de ces lieux 'difficiles'.

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Odile Decq, qui va y réaliser un immeuble de 27 logements, n'y voit pourtant aucun conflit mais plutôt
l'esquisse d'une évolution de la pensée architecturale en Italie. Elle en veut pour preuve que pour construire
sur les trois derniers lots, Epifanio Furnari, l'administrateur délégué et patron de Novoli, chargé de
développer ces anciens terrains industriels de Fiat (à mi chemin de l'aéroport et du centre historique), a fait
appel à trois femmes, Carmen Pinos, Zaha Hadid et Odile Decq, avec l'objectif affiché d'une "architecture
forte". Pas si simple dans le cadre d'un plan masse classique (grand parc au centre, îlots, plots, etc.) dessiné
par l'architecte luxembourgeois Leon Krier qui fut bientôt traduit en architecture strictement réglementée et
traditionnelle à son tour. Au point que même les jeunes architectes italiens auxquels Francesco Dalco,
rédacteur en chef de Casa Bella devenu consultant sur le projet, fît appel se sont eux-mêmes révélés assez
"sages", our citer Odile Decq.

Pour sa part, pas d'antagonisme non plus mais une lecture subtile des contraintes de la parcelle et, surtout,
de la réglementation. "Le terrain et la situation de l’immeuble de logements est singulière à plusieurs titres :
en bordure du parc, entre deux autres immeubles avec lesquels il joue un rôle ’à trois’ ! De plus, le terrain à
l’origine comportait un arbre d’une certaine envergure. Ces trois points ont créés les conditions de la
conception de l’immeuble", explique-t-elle. Les contraintes réglementaires imposaient par ailleurs des
arcades aux rez-de-chaussée et interdisaient terrasses et balcons. "J'ai interprété la commande comme une
volonté de faire bouger le règlement", indique Odile Decq. "Au dessus des locaux commerciaux, de volume
élevés, au rez-de-chaussée et sur la rue piétonne, le déboîtement du volume des logements assure l’effet
d’arcade demandé dans le règlement d’urbanisme", dit-elle tandis que les balcons interdits sont cachés par
un filet de végétation. Le permis de construire est passé sans difficulté.

"L’option du volume non clos, enserrant un petit jardin planté d’arbres, ouvert sur le parc permet de créer les
logements autour des arbres. L’orientation sur le parc nous a fait ouvrir largement les façades qui étaient
orientées sur le parc et au soleil tout en les protégeant d’un trop fort ensoleillement par le décalage
progressif des loggias et balcons", explique Odile Decq. L'ironie de histoire est que "l'arbre d'envergure",
fondateur du projet (il apparaît encore sur la coupe du projet) a été tronçonné sans que l'architecte n'en fut
prévenue. Il sera donc replanté.

Par contre les façades orientées au nord, sur lesquelles sont implantées majoritairement des chambres et des
salles de bain, sont ouvertes différemment afin de préserver l’intimité des habitants. Les volumes jouent de
chaque singularité pour se différencier et offrir un large éventail d’appartements de diverses configurations
prenant en compte la localisation dans l’immeuble, l’orientation des façades et l’étage d’implantation

"Les façades sont également composées en tenant compte de leur orientation : grand pan de mur rideau,
percement horizontaux dans une surface métallique calepinée horizontalement, alternance de parties vitrées
et parties pleines, en proportion relative à l’usage et la localisation".

A noter enfin le traitement des circulations, propre à illustrer de nouveau son concept d'"hypertension"
(relations entre l'intérieur et l'extérieur, entre les volumes et l'espace), auquel l’Ecole Nationale Supérieure
d’Architecture de Bretagne a d'ailleurs rendu hommage en mai dernier avec une exposition baptisée "Sensual
HyperTension", présentation du projet d’Odile Decq pour le nouveau bâtiment du Fonds régional d’art
contemporain Bretagne.

Au final, ce projet à Florence a "fasciné" le maître d'ouvrage au point que ce qui n'était au départ qu'un
contrat pour APS s'est transformé en contrat pour l'APD puis en carte blanche dans le cadre du dossier
d'exécution.

Si la ville de Florence s'émeut, au bon sens du terme, d'une "expérience totalement innovante dans le
domaine de l'architecture", c'est qu'il ne s'agit en rien d'une lubie mais bien de la prise de conscience que
l'architecture en elle-même fait vendre. D'ailleurs le projet d'Odile Decq de signer, pour les clients qui le
souhaitent, les cuisines et/ou les salles de bains de ces appartements inhabituels a rencontré l'adhésion de
Epifanio Furnari. (On se souviendra opportunément que Odile Decq faisait partie des 12 designers invités en
avril 2005 - aux côtés de, entre autres, Jacob & MacFarlane, India Mahdavi, Naço (Marcelo Joulia), Paco
Rabanne et William Sawaya - à présenter leurs créations dans le cadre de "Collection privée", rendez-vous
international au croisement de l’industrie et de la recherche design appliquée au revêtement de sol).
De fait, nombreux sont les projets en Italie, notamment à Rome, qui font désormais la part belle à
l'architecture contemporaine. "La Ville Eternelle s'est réveillée", note Odile Decq qui soutient que les gens –
ça vaut pour les Français – sont plus ouverts que ne semblent le penser les maîtres d'ouvrage, en France
particulièrement, à s'approprier des espaces différents des produits standards habituellement proposés.
L'immeuble de Florence en fait la démonstration.