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Extraits des discours du Saint-Père et

des prises de position du Saint-Siège


à propos des Réfugiés et des Personnes Déplacées
1 janvier 2001 - 31 janvier 2002
13 janvier 2001 Discours du Saint-Père pour les vœux au Corps Diplomatique
16 mai 2001 Intervention du Saint-Siège lors de la 3° Conférence de l'ONU sur les
pays les moins avancés
18 mai 2001 Discours du Saint-Père lors de la présentation des lettres de créance du
nouvel ambassadeur de la République de Guinée près le Saint-Siège
17 juin 2001 Angélus
20 juin 2001 Audience Générale
Ce document est donné en anglais.
25 juillet 2001 Message pour la 88° Journée Mondiale de la Migration (2002)
29 juillet 2001 Angélus
2 octobre 2001 Intervention du Saint-Siège à la Réunion du Comité Exécutif du
Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés
(UNHCR)
Ce document est donné en anglais.
26 octobre 2001 Message du Synode des Évêques
29 octobre 2001 Intervention du Saint-Siège à l'ONU à propos du § 87 "United Nations
Relief and Work Agency for Palestine" (UNRWA)
Ce document est donné en anglais.
12 novembre 2001 Discours du Saint-Père aux membres de la Commission Catholique
Internationale pour la Migration (CCIM)
20 novembre 2001 Intervention du Saint-Siège à la 3° Commission de la 56° Session de
l'Assemblée Générale des Nations Unies sur § 114 "Rapport du Haut-
Commissaire pour les Réfugiés, questions liées aux Réfugiés,
Rapatriés et Personnes Déplacées, et questions humanitaires"
Ce document est donné en anglais.
4 décembre 2001 Intervention du Saint-Siège auprès des Nations Unies sur "les causes
des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement
durables en Afrique"
9 décembre 2001 Angélus
12 décembre 2001 Intervention du Saint-Siège à la Conférence Ministérielle des 140
États signataires de la Convention de 1951 sur le "statut" des Réfugiés
Ce document est donné en anglais.
10 janvier 2002 Discours du Saint-Père pour les vœux au Corps Diplomatique
24 janvier 2002 Discours du Saint-Père aux Représentants des Religions Mondiales
28 janvier 2002 Intervention du Saint-Siège à la l'ONU sur le Racisme, la
Discrimination Raciale, la Xénophobie et l'Intolérance
Ce document est donné en anglais.
DISCOURS DU SAINT-PÈRE POUR LES VŒUX AU CORPS DIPLOMATIQUE
13 janvier 2001
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
1. ...
Le spectacle offert par le monde en ce mois de janvier 2001 pourrait faire douter de
la capacité de la diplomatie à faire régner l'ordre, l'équité et la paix entre les peuples.
Et pourtant nous ne saurions nous résigner à la fatalité de la maladie, de la pauvreté,
de l'injustice ou de la guerre. Il est certain que, sans la solidarité sociale ou le recours au
droit et aux instruments de la diplomatie, ces terribles situations seraient encore plus
dramatiques et pourraient même devenir insolubles. ...
3. À la suite des bergers, des mages et de tous ceux qui, depuis deux mille ans, se
sont pressés devant la crèche, l'humanité d'aujourd'hui, elle aussi, s'est arrêtée quelques
instants le jour de Noël pour regarder l'Enfant Jésus et pour recevoir un peu de cette lumière
qui a accompagné sa naissance et qui continue d'éclairer toutes les nuits des hommes. Cette
lumière nous dit que l'amour de Dieu sera toujours plus fort que le mal et la mort.
Cette lumière balise la route de tous ceux qui en notre temps à Bethléem et à
Jérusalem peinent sur le chemin de la paix. Personne ne doit accepter, dans cette partie du
monde qui a accueilli la révélation de Dieu aux hommes, la banalisation d'une sorte de
guérilla, la persistance de l'injustice, le mépris du droit international ou la mise entre
parenthèses des Lieux Saints et des exigences des communautés chrétiennes. Israéliens et
Palestiniens ne peuvent envisager leur avenir qu'ensemble, et chacune des deux parties doit
respecter les droits et les traditions de l'autre. Il est grand temps de retourner aux principes
de la légalité internationale: interdiction de l'acquisition des territoires par la force, droit des
peuples à disposer d'eux-mêmes, respect des résolutions de l'Organisation des Nations unies
et des conventions de Genève, pour ne citer que les plus importants. Sinon tout est à
craindre: des initiatives unilatérales aventureuses à une extension difficilement contrôlable
de la violence.
...
4. La lumière de Bethléem, qui s'adresse "aux hommes de bonne volonté", nous fait
aussi un devoir de combattre, partout et en toutes circonstances, la pauvreté, la
marginalisation, l'analphabétisme, les inégalités sociales ou la honteuse traite des êtres
humains. Rien de tout cela n'est une fatalité et l'on doit se féliciter que des réunions et des
instruments internationaux aient permis de remédier, au moins en partie, à ces plaies qui
défigurent l'humanité. L'égoïsme et la volonté de puissance sont les pires ennemis de
l'homme. Ils sont toujours, de quelque manière, à l'origine de tous les conflits. On le
constate en particulier dans certaines zones de l'Amérique du sud, où les disparités socio-
économiques et culturelles, la violence armée ou la guérilla, la remise en cause des acquis
démocratiques, délitent le tissu social et font perdre aux populations la confiance en l'avenir.
Il faut aider cet immense continent à faire fructifier tout son patrimoine humain et matériel.
La méfiance, les luttes, de même que les séquelles des crises du passé, peuvent en
effet toujours être surmontées par la bonne volonté et la solidarité internationale. ...
6. ...
Or qu'y a-t-il de plus commun à tous que notre nature humaine? Oui, en ce début de
millénaire, sauvons l'homme! Sauvons-le tous ensemble! Aux responsables des sociétés, il
appartient de protéger l'espèce humaine, en faisant en sorte que la science soit au service de
la personne, que l'homme ne soit pas un objet que l'on dissèque, que l'on achète ou que l'on
vend, que les lois ne soient jamais conditionnées par le mercantilisme ou les revendications
égoïstes de groupes minoritaires. Aucun âge de l'histoire de l'humanité n'a échappé à la
tentation de la fermeture de l'homme sur lui-même dans une attitude de suffisance, de
domination, de puissance et d'orgueil. Mais ce risque est devenu de nos jours plus
dangereux au cœur des hommes qui, par leur effort scientifique, croient pouvoir devenir
maîtres de la nature et de l'histoire.
7. Ce sera toujours la tâche des communautés de croyants que de dire publiquement
qu'aucune autorité, aucun programme politique, aucune idéologie, n'est habilité à réduire
l'homme à ce qu'il est capable de faire ou de produire. Les croyants auront toujours le devoir
impérieux de rappeler à tous et en toutes circonstances le mystère personnel inaliénable de
tout être humain, créé à l'image de Dieu, capable d'aimer à la manière de Jésus.
Je voudrais ici vous redire et redire par votre intermédiaire aux gouvernants qui vous
ont accrédités auprès du Saint-Siège, la détermination de l'Église catholique à défendre
l'homme, sa dignité, ses droits et sa dimension transcendante. Même si certains répugnent à
évoquer la dimension religieuse de l'homme et de son histoire, même si d'autres voudraient
réduire la religion à la sphère du privé, même si d'autres encore persécutent les
communautés de croyants, les chrétiens continueront à proclamer que l'expérience religieuse
fait partie de l'expérience humaine. Elle est un élément vital pour la construction de la
personne et de la société à laquelle les hommes appartiennent. Ainsi s'explique la vigueur
avec laquelle le Saint-Siège a toujours défendu la liberté de conscience et de religion, dans
sa dimension individuelle et sociale. ...
Ã
*-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE LORS DE LA IIIème CONFÉRENCE DE L'ONU
SUR LES PAYS LES MOINS AVANCÉS
Mercredi 16 mai 2001
Augmentation du nombre des pays les moins avancés
La Communauté des nations a réaffirmé à plusieurs reprises au cours de ces dernières
années une série d'objectifs et d'engagements visant à réduire dans notre monde le nombre
des hommes, des femmes et des enfants se trouvant dans un état de pauvreté insupportable,
vivant dans des conditions indignes de la dignité qui leur a été accordée par Dieu et qui les
empêchent de mettre en oeuvre pleinement les dons que Dieu leur a donnés et que chacun
d'entre eux possède.
Comme le rappelle le thème de la Conférence, la situation ne concerne pas seulement
des individus, mais des nations et des régions entières de la planète. Malgré les grandes
possiblités que le progrès scientifique de ces dernières années a mis à la disposition de notre
génération, nombreux sont ceux qui en demeurent privés.
Le fait que le nombre des pays les moins avancés ait réellement augmenté à une
époque où existe un tel potentiel de progrès révèle que la mondialisation n'a pas été porteuse
de bénéfices pour tous. Nous ne pouvons pas demeurer indifférents face à une telle
situation. Une société mondiale qui laisse tant de ses citoyens en marge de son progrès ne
possède pas les qualités requises pour s'attribuer ce titre. Quand un système économique
mondial s'accompagne de telles marginalisations et d'une telle croissance des inégalités,
alors l'ensemble de ce système demeure vulnérable. Aucun secteur de ce système n'est
indemne.
La Communauté internationale demeure une communauté imparfaite
Notre époque possède la connaissance, les moyens et les orientations politiques
requises pour s'occuper de la pauvreté, de l'exclusion et des inégalités criantes. Il reconnaît
que l'investissement en termes de personnes et de capacités humaines est le plus important
investissement à long terme au niveau mondial. Il reconnaît également que seule une
stratégie de développement globale, de type holistique, centrée sur la personne humaine
pourra assurer le développement à long terme. Il accorde aussi à l'éducation, à la santé et à
un travail décent l'importance de bases fondamentales permettant d'assurer la croissance
économique et le progrès social des personnes et de leurs familles. Il reconnaît enfin
l'importance de structures de gouvernement transparentes et efficaces au service des
citoyens.
Malgré ce consensus, nos réponses ont été partielles et parfois contradictoires. La
Communauté internationale demeure une communauté marquée par des défauts. Il existe
encore une différence entre les engagements pris en paroles et les stratégies et les ressources
mises en oeuvre pour les faire devenir réalité. Les objectifs sont indiqués mais, ensuite, le
financement correspondant et les ressources humaines nécessaires n'y sont pas affectées,
tant de la part des pays donateurs que des pays en voie de développement. Les pays les
moins avancés sont encouragés à ouvrir leurs marchés, mais ils se trouvent encore
confrontés à des barrières protectionnistes qui affectent leurs produits. Ils sont appelés à
assumer le contrôle de leur propre développement et des stratégies de réduction de la
pauvreté. Ils ont dû parfois faire face à des conditions complexes et insoutenables qui leur
ont été imposées de l'extérieur. De nombreux changements de politiques sont suggérés, mais
l'assistance technique et la formation humaine, proposées pour mettre en oeuvre de telles
politiques, sont souvent symboliques. Le savoir nécessaire pour faire rapidement progresser
le Bien commun est injustement protégé afin d'accroître le profit privé.
Préciser et contrôler ce qui fonctionne
Cette troisième Conférence sur les Pays les moins avancés ne peut constituer
uniquement une nouvelle occasion de répéter les objectifs et de mettre à jour les stratégies,
qui bénéficient déjà d'un large consensus tant de la part de la communauté politique que de
la communauté scientifique. La Conférence doit se demander pourquoi, alors que nous
bénéficions de cet appui, nous n'avons pas remporté de succès. Nous devons d'abord et
avant tout considérer plus attentivement ce qui s'est passé et voir ce qu'il est possible de
faire en plus ou de renouveler.
Nous devons définir des objectifs "réalisables" et en multiplier le nombre. Mais nous
devons également contrôler avec attention et de manière objective nos politiques et nos
activités individuelles pour voir avec précision ce qui a bien fonctionné, ce qui a représenté
un échec et comment nos ressources peuvent être utilisées de manière efficace. Nos
programmes d'assistance bilatéraux et multilatéraux n'ont pas constitué des modèles
d'efficacité et beaucoup reste à faire afin qu'ils atteignent au mieux leurs objectifs. Nous
devons être particulièrement attentifs dans l'examen des bénéfices réels de nos initiatives
pour les plus pauvres. Là où cela est nécessaire, nous devons sans cesse redéfinir nos
objectifs en faveur des plus pauvres.
Le processus de contrôle doit vraiment associer les communautés locales qui sont
appelées à en bénéficier. Nous devons apprendre à les écouter, à être sensibles à leur
culture, aux connaissances des populations autochtones et à l'expérience qu'elles ont de
l'environnement local et qu'elles sont les seuls à pouvoir nous offrir. Il est important que les
bénéfices réalisés grâce au succès d'entreprises locales soient réinvestis sur le plan local de
façon à permettre à ces entreprises de s'enraciner durablement et à créer de nouvelles
opportunités pour l'emploi et le commerce. Trop souvent, par exemple, les échelles de
remboursement de la dette sont encore fixées à un niveau trop élevé, ce qui a pour
conséquence que les bénéfices des entreprises réellement productives ne peuvent être
réinvestis sur le plan local mais doivent être con-sacrés au service de la dette.
L'importance des communautés humaines
Notre réflexion sur la politique du développement au cours de ces dernières années
nous a conduits à une plus profonde compréhension du caractère central de la personne
humaine, mais aussi de l'importance des communautés humaines, comme sujets de
développement. Nos stratégies doivent tendre à mettre en valeur ces communautés, en
commençant par la famille, afin d'assurer que le développement soit pleinement enraciné
dans les cultures locales et qu'il puisse se développer au sein de la nation tout entière.
Nombreux sont ceux qui désirent que la participation des communautés locales et de
la société civile dans l'élaboration et le contrôle des stratégies de réduction de la pauvreté
devienne une réalité. La rapidité nécessaire avec laquelle les stratégies intérimaires de
réduction de la pauvreté, liées à la mise en place de l'initiative HIPC, ont dû être élaborées a
eu pour conséquence que, dans de nombreux cas, la participation de la société civile n'a pas
été possible, sinon de manière marginale. Des modèles plus audacieux et plus innovateurs
doivent être rapidement élaborés en concertation avec toutes les parties en cause.
Des communautés vivantes constituent une nécessité en vue d'un marché efficace. La
construction d'une communauté est, de la même manière, une dimension essentielle
permettant la réalisation d'une bonne gestion. Cette dernière ne peut être atteinte simplement
par la promulgation de décrets ou la proclamation de droits. Elle doit s'accompagner d'un
investissement en matière de construction de capacités humaines et communautaires dans
les différents contextes culturels existant dans le monde.
Le développement requiert que les droits fondamentaux de la personne soient
respectés et renforcés, en particulier son droit à participer activement à tous les processus de
prise de décision qui affectent sa vie. Le Pape Jean-Paul II a récemment rappelé qu'à l'heure
de la mondialisation, à une époque où la technologie et les relations de travail évoluent trop
rapidement pour trouver une réponse culturelle, "les garanties sociales, légales et culturelles
- qui sont le résultat des efforts des personnes pour défendre le Bien commun - sont une
nécessité vitale si l'on veut que les personnes et les groupes intermédiaires maintiennent leur
centralité" (Audience aux membres de l'Académie pontificale des Sciences sociales à
l'occasion de la VII session plénière du 27 avril 2001 n. 3, ORLF n. 19 du 8 mai 2001).
Mais les structures et les normes ne seront un succès qu'à partir du moment où elles seront
décidées par les communautés et les personnes qui possèdent la capacité, l'enthousiasme et
le courage de les mettre en oeuvre.
Une structure de solidarité
La croissance du consensus en matière de développement international doit être
étayée et accompagnée par un certain nombre de principes qui sont également de nature
éthique. Le développement concerne avant tout certaines valeurs et aspirations de base de
l'être humain, qui font partie d'une vision holistique des relations entre le genre humain et le
reste de la création. Dans un système économique fondé sur le savoir, le consensus en
matière de développement doit être centré sur la personne. Il doit viser à l'intégration par le
biais de politiques qui renforcent la capacité humaine et la participation au sein des
communautés humaines. Le développement doit être intégré dans une structure de solidarité
et de respon-sabilité partagée.
Notre but est de faire en sorte que la solidarité devienne une réalité. Nous devons
créer un mouvement mondial qui considère la solidarité comme un devoir naturel de chaque
personne, de chaque communauté, de chaque nation. La solidarité doit être un pilier naturel
et essentiel de toute communauté politique, et non pas l'apanage de la droite ou de la
gauche, du Nord ou du Sud; un impératif d'une humanité qui cherche à réaffirmer sa
vocation à être une famille mondiale. Dieu en effet "a donné la terre à tout le genre humain
pour qu'elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne" (Lettre
Encyclique Centesimus annus, n. 31).
S.Exc. Mgr Diarmuid Martin,
Observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations unies et des
Institutions spécialisées à Genève
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DISCOURS DU PAPE JEAN PAUL II LORS DE LA PRÉSENTATION DES LETTRES DE
CRÉANCE DU NOUVEL AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE PRÈS LE
SAINT-SIÈGE
Vendredi 18 mai 2001
Monsieur l'Ambassadeur,
...
2. Comme vous l'avez rappelé, Monsieur l'Ambassadeur, depuis plusieurs mois votre
pays est confronté à de graves problèmes sécuritaires à certaines de ses frontières et il doit
accueillir généreusement de nombreux réfugiés fuyant les violences qui se déroulent dans
les pays voisins. Devant tant de souffrances, il est urgent que dans la région une paix
authentique s'établisse rapidement, afin que les populations puissent enfin retrouver leurs
terres et y vivre dans la sécurité.Pour cela, il est nécessaire que se développe partout la
conscience que l'humanité est appelée par Dieu à former une unique famille. L'établissement
de relations harmonieuses entre les personnes et entre les groupes humains à l'intérieur de
chaque nation, comme entre toutes les nations, doit être une priorité notamment pour tous
ceux qui ont mission de gouverner les peuples et de les maintenir dans la concorde. Je
souhaite vivement qu'en Afrique, continent meurtri par tant de violences, tous s'engagent
courageusement et avec audace à mettre en place les conditions d'une véritable
réconciliation, afin que cessent définitivement toutes les guerres fratricides.
3. Toutefois, comme j'ai déjà eu l'occasion de le rappeler, "il n'y a pas de paix
véritable si elle ne s'accompagne pas d'équité, de vérité, de justice et de solidarité. Est voué
à l'échec tout projet qui tend à séparer deux droits indivisibles et interdépendants: le droit à
la paix et le droit à un développement intégral et solidaire" (Message pour la Journée
mondiale de la paix du 1er Janvier 2000, n. 13). À l'entrée du nouveau millénaire, notre
monde demeure marqué par de nombreuses contradictions dont l'une des plus voyantes est
celle de peuples entiers aux prises avec des conditions de vie qui ne respectent pas la dignité
des personnes, pendant que des privilégiés profitent largement des immenses possibilités de
la croissance économique, culturelle et technologique. Je voudrais renouveler ici mon appel
à la solidarité en faveur des pays plus démunis, notamment sur le continent africain. En
effet, alors que de nombreuses nations sont affrontées aux nouveaux problèmes posés par la
mondialisation, il est nécessaire de faire preuve d'imagination pour repenser la coopération
internationale et pour parvenir à l'établissement d'une véritable culture de solidarité. Ainsi,
tout en favorisant le sens des valeurs morales universelles, notamment par la lutte contre
toutes les formes de corruption, on pourra contribuer au développement des pays
économiquement moins avancés et permettre au plus grand nombre de bénéficier de ses
fruits.
Ã
*-*-*
ANGELUS
17 juin 2001
Journée mondiale des Réfugiés
A l’issue de l’Angelus du 17 juin 2001, le Pape Jean-Paul II évoquait la Journée
mondiale des Réfugiés, qui sera célébrée mercredi 20 juin:
Mercredi prochain sera célébrée la Journée mondiale des Réfugiés. Elle souligne la
solidarité qui est due à des millions de personnes qui vivent la condition difficile de réfugiés
et d’expatriés. Cette plaie s’est malheureusement développée au cours de ces dernières
années: en conséquence le besoin de protection internationale s’accroît, mais les payes qui
tendent à la limiter augmentent également. Alors que je souhaite que l’on fasse partout
disparaître les causes des migrations forcées, j’invite à renouveler les efforts afin que ne
manque jamais aux réfugiés la juste compréhension et l’assistance nécessaire.
Ã
*-*-*
AUDIENCE GÉNÉRALE

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espagnole
Wednesday 20 June 2001
I also express my concern to the group of refugees, accompanied by the members of
the Rome branch of the Jesuit Refugee Service. Today, established as World Refugee Day
by the United Nations Organization, your presence recalls the 50 million refugees
concentrated in some of the world's poorest regions. I warmly hope that national leaders will
be able to find prompt and effective solutions to the problems that are at the root of this
great suffering, and will guarantee the necessary aid so that people in exile may have the
living conditions that human beings deserve.
Ã
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MESSAGE DE SA SAINTETÉ LE PAPE JEAN PAUL II POUR LA LXXXVIIIème
JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ (2002)
25 juillet 2001
Un dialogue interreligieux fécond centré sur la personne est l'unique voie pour
éloigner le spectre de la guerre de religion
...
3. "Migrations et dialogue interreligieux": tel est le thème proposé pour la Journée
mondiale du Migrant et du Réfugié 2002. Je prie le Seigneur afin que cet événement annuel
offre l'opportunité à tous les chrétiens d'approfondir ces aspects plus que jamais actuels de
la nouvelle évangélisation, en valorisant chaque instrument à disposition, afin de pouvoir
donner vie, dans les communautés paroissiales, à des initiatives apostoliques et pastorales
appropriées.
...
4. Chaque jour, dans de nombreuses parties du monde, des migrants, des réfugiés et
des personnes déplacées s'adressent aux paroisses et aux organisations catholiques à la
recherche de soutien et ils sont accueillis sans tenir compte de leur appartenance culturelle
et religieuse. Le service de la charité, que les chrétiens sont toujours appelés à rendre, ne
peut pas se limiter à la simple distribution de secours humanitaires. On en arrive ainsi à
créer de nouvelles situations pastorales, dont la communauté ecclésiale ne peut que tenir
compte. Il reviendra à ses membres de chercher des occasions propices pour partager avec
ceux qui sont accueillis, le don de la révélation du Dieu-Amour, "qui a tant aimé le monde
qu'il a donné son Fils unique" (Jn 3, 16). En donnant le pain matériel, il est indispensable de
ne pas négliger l'offre du don de la foi, en particulier à travers le témoignage de son
existence et toujours avec un grand respect pour tous. L'accueil et l'ouverture réciproque
permettent de mieux connaître et de découvrir que les diverses traditions religieuses
contiennent souvent de précieuses semences de vérité. Le dialogue qui en résulte peut
enrichir chaque esprit ouvert à la Vérité et au Bien.
Ainsi, si le dialogue interreligieux constitue l'un des défis les plus significatifs de
notre époque, le phénomène des migrations pourrait en favoriser le développement. Ce
dialogue, comme je l'ai écrit dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, ne pourra
évidemment pas "être fondé sur l'indifférentisme religieux" (n. 56).
De Castel Gandolfo, le 25 juillet 2001
Ã
*-*-*
ANGELUS
Castel Gandolfo, dimanche 29 juillet 2001
Très chers frères et soeurs!
1. Hier, 28 juillet, les Nations unies ont célébré le cinquantième anniversaire de la
Convention de Genève relative au statut des réfugiés. Il s'agit d'un accord important qui
demeure la base sur laquelle repose la protection internationale des réfugiés, ratifié par près
de cent-quarante pays, y compris le Saint-Siège.
Pour les Nations concernées par la Seconde Guerre mondiale, ces cinquante dernières
années ont substantiellement été des années de paix. Mais les conflits n'ont pas manqué dans
ce monde, ce qui a malheureusement accru le nombre des réfugiés et des personnes
déplacées. Dans le même temps, on constate de nombreuses et graves lacunes dans
l'application de la Convention de Genève. Un signe d'espérance, toutefois, vient du soin
avec lequel le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés oeuvre afin de
vérifier que la Convention est appliquée et qu'elle répond aux réalités actuelles.
2. J'espère qu'un effort aussi important en vue d'un plus haut niveau de protection et
de solidarité puisse faire en sorte que le droit d'asile fondamental ne fasse pas défaut à ceux
qui en ont besoin. Puisse la Communauté internationale encourager en outre les Etats et
leurs responsables, à promouvoir les politiques nécessaires en vue d'accomplir toujours
mieux le devoir d'accueillir les réfugiés et de les recevoir de manière digne.
Nous élevons aujourd'hui notre prière à Dieu, afin que soit bannie toute forme de
mobilité humaine forcée; afin que les personnes, les familles et les groupes sociaux puissent
sauvegarder leurs propres racines et leur propre identité. Que les déplacements soient libres
et que s'instaure dans le monde un climat de paix, facilité par la connaissance et le respect
des différentes valeurs humaines, culturelles et spirituelles, qui sont propres à chaque
peuple.
Nous confions cette intention particulière à la Sainte Vierge, Mère de toute
l'humanité.
Ã
*-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À LA RÉUNION
DU COMITÉ EXÉCUTIF DU BUREAU DU HAUT-COMMISSAIRE DES NATIONS UNIES
POUR LES RÉFUGIÉS (HCR)

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2 October 2001
This meeting of the Executive Committee takes place at a moment when we are
commemorating the 50th anniversary of the 1951 Geneva Convention on the Status of
Refugees. The Convention, with its 1967 Protocol, is and remains the foundation of the
international protection regime for refugees.
1. There must be no corrosion of the international protection regime
At the time of its publication, the 1951 Convention was undoubtedly an innovative
and courageous document. It has been truly a lifeline for so many millions of persons in all
parts of the world, who have been able to flee the horrors of persecution and to begin once
again fully to realise their personal dignity, their inalienable rights and their rich talent. It is
important that we celebrate its 50th anniversary with that same innovative spirit and courage
with which it was launched.
It would be indeed be sad if, especially in parts of the world that have witnessed such
widespread economic prosperity in the past fifty years, we were to witness a subtle move
towards a narrower and more restrictive interpretation of the Convention. It would be sad if
serious inadequacies in the application of the Convention were to be overlooked or tolerated
or if a slow but constant erosion were to enter into the international protection system.
In speaking recently of this anniversary, Pope John Paul II noted "the right to asylum
must never be set aside for those who require it" (Address on 29 July 2001). The concept of
asylum constitutes a major acquisition of modern international legal culture. We must all
work to safeguard, consolidate and, where necessary deepen the regime of asylum and
protection and to strengthen its application in the changing situation of our world.
The increase in today’s world of internal conflicts has produced growing numbers of
internally displaced persons, reaching now over 20 millions. A set of Guiding Principles on
Internal Displacement has been introduced by the United Nations in 1998, outlining their
rights, as well as the obligations of governments and insurgent groups towards these
populations. But the lack of a truly effective international protection system for those people
is more and more evident. An true international protection regime must cover all those who
lack adequate legal protection. As the nature of conflict in today’s world changes, so too
must the nature of the international response.
2. The need for resources
An international culture which places the universality of human rights as one of its
core principles, cannot remain indifferent to the fact that millions of refugees must still live
in inhuman conditions. Millions of persons are still fleeing from persecution, war or because
of their convictions. The number of those forcibly on the move is on the increase. The
figures concerning the possible dimensions of the current Afghan refugee crisis are
daunting.
In this broad context, the full application of the Convention will require a larger and
more predictable financial resource base for the Office of the High Commissioner. My
Delegation appreciates the efforts being made by the High Commissioner to ensure the most
effective use of funds. There is, however, a limit to what can be achieved through efficiency
measures. Going beyond that limit could mean wounding the very effectiveness of the
organization and its capacity to carry out its mission. That mission is a non-negotiable.
The adequate application of the Convention today will also require a more just
concept of burden sharing. A disproportionately high burden for the international protection
of refugees falls on poorer countries that, very often at short notice, must play host to
millions of persons displaced by conflict or insecurity. In some wealthier parts of the world,
by contrast, new restrictions are making it ever more difficult for people even to have
recourse to the legal framework of protection based on the Convention. Making access to
legal protection ever more difficult means that, at times, people are being forced into the
hands of unscrupulous networks of smugglers and to have recourse to means outside the
law. The legal framework exists to come to the assistance of people who are enduring
persecution. They have a fundamental right to access to its mechanisms.
3. Address the root causes of forced movements
While working to maintain the integrity of the protection system and sustain its
functioning, we must also urgently address the root causes of forced movements of
population. The community of nations must move towards a more coherent approach. The
root causes of the instability which causes forced population movement must be addressed.
Countries in all parts of the world and their citizens must be able to be protagonists of a
common vision of development aimed at inclusion. Exclusion, in so many forms, is still a
dramatic characteristic of a world that likes to consider itself global!
Only efforts that aim at overcoming such widespread exclusion and inequalities will
in the long-term address the root causes of forced movement. This will require
comprehensive programmes to create security for people through, inter alia, debt relief,
increased and more effective development assistance, investment in people and their
creative capacities, participative and democratic governance structures and the creation of
those infrastructures which enable people to remain in their own land. Coherent efforts at
reducing arms expenditures and at conflict prevention are ever more urgent.
4. Racism and intolerance
In speaking of the causes of forced movement of people the Delegation of the Holy
See, would like to recall particularly the conclusions of the recent World Conference against
Racism, Racial Discrimination, Xenophobia and Related Intolerance, which concluded in
Durban less than one month ago. The Durban Declaration noted how racial discrimination is
one of the factors that contribute to forced displacement. The Programme of Action of the
Durban Conference addressed those special forms of intolerance which refugees face as
they endeavour to engage in the life of the societies of their host countries. It spoke of the
need to take particular steps to protect refugees and internally displaced women and girls
from forms of violence to which they are particularly exposed.
The Durban Conference produced a strong reaffirmation of the commitment of States
to respect and implement humanitarian obligations relating to the protection of refugees,
asylum seekers, returnees and internally displaced persons. It underlined the urgency of
finding durable solutions, in particular through voluntary return in safety and dignity to their
own countries, or through resettlement or local integration.
But if we try fully to understand the significance of the Durban Conference, we must
realise that it was calling our attention to something even deeper. The Durban Declaration
stresses the fundamental concept that all people and individuals constitute one human
family. Within that one family there can be no place for theories of racial superiority. It is
much more the question of inding a way to overcome divisions of culture, civilization and
of religion, so that we can create an inclusive family of humankind, which has a special
concern for its weakest and most excluded brothers and sisters, the world’s refugees.
Ã
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"L’Évêque: Serviteur de l’Évangile de Jésus-Christ pour l’Espérance du Monde"
MESSAGE DE LA X ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
DU SYNODE DES ÉVÊQUES

1.Rassemblés à Rome au nom du Christ Seigneur, nous, patriarches et évêques


catholiques du monde entier, nous étions invités par le Pape Jean-Paul II, du 30 septembre
au 27 octobre 2001, à évaluer notre ministère dans l’Église à la lumière du Concile Vatican
II (1962-1965). ...
11.Certains maux endémiques, trop longtemps sous-estimés, peuvent conduire au
désespoir des populations entières. Comment se taire face au drame persistant de la faim et
de l’extrême pauvreté, à une époque où l’humanité possède comme jamais les moyens d’un
partage équitable ? Nous ne pouvons, entre autres, ne pas exprimer notre solidarité avec la
masse des réfugiés et des immigrés qui, par suite de la guerre, de l’oppression politique ou
de la discrimination économique, sont contraints d’abandonner leur terre, à la recherche du
travail et dans un espoir de paix. Les ravages du paludisme, l’expansion du sida,
l’analphabétisme, le manque d’avenir pour tant d’enfants et de jeunes abandonnés à la rue,
l’exploitation des femmes, la pornographie, l’intolérance, le détournement inacceptable de
la religion à des fins de violence, le trafic de la drogue et le commerce des armes…La liste
n’est pas exhaustive ! Pourtant, au milieu de toutes ces détresses, des humbles relèvent la
tête. Le Seigneur les regarde et les soutient : « À cause du malheureux qu’on dépouille, du
pauvre qui gémit, maintenant, je me lève, déclare le Seigneur » (Ps 12, 6).
...
13.Nous remercions de tout cœur les prêtres, les religieux et les religieuses ainsi que
les missionnaires. Mus par l’espérance qui vient de Dieu et qui s’est révélée en Jésus de
Nazareth, ils s’engagent au service des faibles et des malades et proclament l’Évangile de la
vie. Nous admirons la générosité de nombreux militants des causes humanitaires, la ténacité
des animateurs des institutions internationales, le courage de ces journalistes qui, non sans
risques, font œuvre de vérité pour le service de l’opinion publique, l’action des hommes de
science, des médecins et du personnel soignant, l’audace de certains entrepreneurs pour la
création d’emplois dans des zones réputées difficiles, le dévouement des parents, des
éducateurs et des enseignants, la créativité des artistes aussi, et de tant d’autres artisans de
paix, qui cherchent à sauver des vies, reconstruire la famille, promouvoir la dignité de la
femme, élever les enfants et préserver ou enrichir le patrimoine culturel de l’humanité. En
eux tous, nous le croyons, « invisiblement, agit la grâce » (Gaudium et spes, 22).
...
15.Autant il existe une pauvreté qui aliène, et il faut lutter pour en délivrer ceux qui
la subissent; autant il peut y avoir une pauvreté qui libère les énergies pour l’amour et le
service, et c’est cette pauvreté évangélique que nous voulons mettre en pratique. Pauvres
devant le Père, comme Jésus dans sa prière, ses paroles et ses actes. Pauvres avec Marie,
dans la mémoire des merveilles de Dieu. Pauvres devant les hommes, par un style de vie qui
attire à la Personne du Seigneur Jésus. L’Évêque est le père et le frère des pauvres. Il ne lui
faut pas hésiter, quand cela est nécessaire, à se faire la voix des sans voix afin que leurs
droits soient reconnus et respectés. Il a, en particulier, à « faire en sorte que, dans toutes les
communautés chrétiennes, les pauvres se sentent ‘chez eux’ » (Novo millennio ineunte, 50).
C’est alors que, tournés ensemble vers notre monde dans un grand élan missionnaire, nous
pourrons lui dire la joie des humbles et des cœurs purs, la force du pardon, l’espérance que
les affamés et les assoiffés de justice soient enfin comblés par Dieu.
...
Aux responsables politiques et économiques
27.Les Pères du Concile Vatican II, dans leur Message aux gouvernants, avaient osé
leur dire : « Dans votre cité terrestre et temporelle, Dieu construit sa cité spirituelle et
éternelle ». C’est pourquoi, en ayant bien conscience de nos propres limites et de notre rôle
d’évêques, sans aucune prétention au moindre pouvoir politique, nous osons, à notre tour,
nous adresser aux responsables du monde politique et économique : Que le bien commun
des personnes et des peuples soient le motif de votre action. Il n’est pas hors de votre portée
de vous concerter, le plus largement possible, pour faire œuvre de justice et de paix. Nous
vous demandons de porter votre attention sur ces points du globe qui ne font pas la une des
journaux télévisés et où des frères humains meurent soit à cause de la faim soit faute de
médicaments. Le maintien de graves disparités entre les peuples menace la paix. Comme le
Pape vous l’a expressément demandé, soulagez le poids de la dette extérieure des pays en
voie de développement. Défendez tous les droits de l’homme, notamment celui de la liberté
religieuse. Avec respect et confiance, nous vous prions de vous souvenir que tout pouvoir
n’a d’autre sens que le service.
Appel aux jeunes
28.Et vous, les jeunes, vous êtes « les sentinelles du matin ». C’est le Pape Jean-Paul
II qui vous a donné ce nom. Qu’est-ce que le Seigneur de l’Histoire vous demande pour
construire une civilisation de l’amour ? Vous avez un sens aigu des exigences de l’honnêteté
et de la transparence. Vous ne voulez pas vous laisser enrôler dans des campagnes de
division ethnique ni vous laisser gagner par la gangrène de la corruption. Comment être
ensemble disciples de Jésus et actualiser sa charte proclamée sur le mont des béatitudes ?
Cette charte ne rend pas caducs les dix commandements inscrits sur les tables de chair de
votre cœur. Elle les avive et leur donne une splendeur rayonnante, capable de gagner les
cœurs à la Vérité qui libère. Elle vous dit à chacun, à chacune : « Aime Dieu, de tout ton
cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit : et ton prochain comme
toi-même » (Lc 10, 27). Soyez unis à vos évêques et à vos prêtres, témoins publics de cette
Vérité, Jésus notre Seigneur.
...
Ã
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INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À L'ONU À PROPOS DU §87 "UNITED NATIONS
RELIEF AND WORK AGENCY FOR PALESTINE" (UNRWA)
Ce document n'est pas disponible en français: voir aussi la version portugaise.
Monday, 29 October 2001
Mr. Chairman:
My Delegation comes before you this year with an exceptionally heavy heart. The
events of 11 September seem to have cast a dark shadow upon the life of this city which in
turn has a profound effect throughout the world.
However this is but one tragedy which makes my Delegation heavy of heart.
Although they were founded as temporary agencies, UNRWA and the Pontifical Mission
for Palestine have labored to assist the Palestinian Refugees for over fifty years.
Each year we come before this Committee with an intervention and I am sorry to say
that each year our observations are the same. Violence in Israel and the Occupied Territories
continues to take innocent lives. His Holiness Pope John Paul II traveled as a pilgrim to this
region, the birthplace of Christianity. His was a pilgrimage of hope to share in the sufferings
of the people of the region and to speak on behalf of the recognition of the human rights and
fundamental freedoms of all peoples. "We know", His Holiness stated during his recent
pilgrimage to Syria, following in the steps of St. Paul, "that real peace can only be achieved
if there is a new attitude of understanding and respect between the peoples of the region,
between the followers of the three Abrahamic religions...It is important that there be an
evolution in the way the peoples of the region see one another and that at every level of
society the principles of peaceful coexistence be taught and promoted." (Pope John Paul II,
Remarks upon arrival in Damascus, Syria, 5 May 2001).
Mr. Chairman, my Delegation wishes to point out that when normal conditions of life
are not granted, the security of all is threatened. In particular, I note the incursions into the
Christian towns of Bethlehem, Beit Sahour and Beit Jala. The Pontifical University in
Bethlehem has suffered shell damage as well as the Patriarchal Seminary, the Pontifical
School for the Deaf and the Holy Family Hospital. Numerous houses in these towns have
sustained damage from artillery and as a result, the Pontifical Mission for Palestine has been
making emergency grants to aid with repairs or for the relocation of the residents.
Most recently, in response to the violence of 20 October, His Holiness Pope John
Paul II stated: "At the present time there is no lack of threatening situations which fill all of
mankind with anxiety. It is with deep sadness that I receive painful and worrisome news
from Bethlehem, as well as from the cities of Beit Jala and Beit Sahour. War and death have
even arrived at the square of the Basilica of the Nativity of Our Lord. In the name of God, I
repeat once again: violence is for everyone a path of death and destruction which dishonors
the holiness of God and the dignity of man. I express to the families who are victims of
violence my closeness in their pain, in prayer and in hope. They have the gift of living in the
Holy Land, land which is holy for Jews, Christians and Muslims. It must be everyone’s
commitment to make this finally a land of peace and fraternity." (Pope John Paul II,
Angelus message, St. Peter’s Square, 21 October, 2001).
Even with the heightened tensions in the areas, I am pleased to report that the
students of the Pontifical University of Bethlehem completed the extended school year with
graduation on 21 July 2001. Besides that, the Pontifical Mission for Palestine was able to
build and open "Brotherhood Park", a playground and family park in Gaza City. In
Bethlehem the Marie Doty Park was opened for the city’s children and their families.
Together with the assistance of European agencies: Misereor, Missio, Kinderhilfe
Bethlehem and the Archdiocese of Cologne as well as the Equestrian Order of the Holy
Sepulchre of Jerusalem, the Pontifical Mission for Palestine has been able to institute and
fund "Labor Intensive Programs". In order to put the unemployed to work, projects which
will benefit the community at large are sponsored. Schools, public as well as private, are
painted and shared public areas are cleared of refuse and debris.
The local facilities provide the material resources needed to do the work and the
project’s funds pay a just wage to the laborer. Work is done in collaboration with local
agencies such as the Latin Patriarchate of Jerusalem, Caritas Internationalis and the St.
Vincent de Paul Society. Much more work remains to be accomplished by the Pontifical
Mission for Palestine and UNRWA with and for the refugee population.
Beyond addressing these significant humanitarian needs noted above, Mr. Chairman,
it is the hope of my Delegation that any solution found for the multifaceted problems of the
region will include the question of the Holy City of Jerusalem. In light of the numerous
incidents of violence and the rigors of imposed closures, the Holy See renews its consistent
call for "...internationally guaranteed provisions to ensure the freedom of religion and of
conscience of its inhabitants, as well as permanent, free and unhindered access to the Holy
Places by the faithful of all religions and nationalities". (A/Res/ES 10-2, 5 May 1997).
Current levels of violence have caused pilgrims to stay away from the Holy Land thus
imposing severe economic penalties on all the people of the region. I also note that the local
population does not have free access to their shrines and holy places.
Mr. Chairman, my Delegation appeals for greater international solidarity and the
political will to meet the challenge of the seemingly unending violence in the region. The
arms manufacturers of the world have the region awash in weapons. These weapons help to
fuel the fire of violence throughout the entire area.
Further, my Delegation appeals to the international community to assist in bringing a
just resolution to the differences between the peoples of the Holy Land who are all cousins
in the Abrahamic faith. Only a just peace will bring genuine security to all the peoples of the
region.
Mr. Chairman, may I conclude my statement with the recent remarks of Pope John
Paul II as he completed the first part of his pilgrimage, retracing the steps of St. Paul: "But
for the door of peace to open, fundamental issues of truth and justice, of rights and
responsibilities must be resolved. The world looks to the Middle East with hope and
concern, expectantly awaiting every sign of constructive dialogue. Many serious obstacles
remain, yet the first step towards peace must be a steadfast conviction that a solution is
possible within the parameters of international law and the resolutions of the United
Nations. I appeal once more to all the peoples involved, and to their political leaders, to
recognize that confrontation has failed and will always fail. Only a just peace can bring the
conditions needed for the economic, cultural and social development to which the peoples
of the region have a right." (Pope John Paul II, Farewell Ceremony, International Airport of
Damascus, 8 May 2001).
Thank you, Mr. Chairman.
Ã
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DISCOURS DU PAPE JEAN PAUL II AUX MEMBRES DE la Commission Catholique
Internationale pour la Migration (CCIM - ICMC)
Lundi 12 novembre 2001
Chers amis dans le Christ,
1. Je suis heureux de vous accueillir, chers membres du Conseil de l'International Catholic
Migration Commission (Commission catholique internationale pour les Migrations), à
l'occasion de votre Assemblée. Votre présence ici revêt une signification particulière, après
que les tragiques événements du 11 septembre vous aient contraints à annuler votre réunion
à New York. Elle démontre votre détermination à poursuivre votre oeuvre vitale dans toutes
sortes de situations difficiles. ...
2. Cette année, vous célébrez votre 50ème anniversaire, et cela est un motif d'action
de grâce. Lors de l'inauguration de la Commission, le futur Pape Paul VI déclarait que sa
cause était la cause du Christ lui-même. Au cours de ces décennies, la Commission n'a pas
cessé de montrer aux migrants le visage du Fils de l'Homme qui n'avait luimême "pas où
reposer la tête" (Lc 9, 58).
Au cours de la période qui s'est écoulée depuis votre fondation, les modalités de la
migration humaine ont changé, mais le phénomène n'en demeure pas moins dramatique et
votre travail devient plus urgent au fur et à mesure que le problème des réfugiés devient plus
aigu. En effet, il est temps d'adopter des formes de service encore plus généreuses et
efficaces dans le domaine de la migration humaine, en contribuant à assurer que les
personnes déjà marginalisées ne soient pas davantage pénalisées du fait qu'elles ne font pas
partie du processus de mondialisation économique. C'est pourquoi, aujourd'hui, je désire
vous inviter à prendre toujours davantage conscience de votre mission: voir le Christ dans
chaque frère et soeur dans le besoin, proclamer et défendre la dignité de chaque migrant, de
chaque personne déplacée et de chaque réfugié. De cette façon, l'assistance apportée ne sera
pas considérée comme une aumône due à la bonté de votre âme, mais comme un acte de
justice qui leur est dû.
3. Nous vivons dans un monde où les peuples et les cultures vivent dans une
interaction toujours plus étroite et complexe. Toutefois, paradoxalement, nous assistons à
des tensions ethniques, culturelles et religieuses accrues, qui affectent gravement les
migrants et les réfugiés, qui sont particulièrement vulnérables aux préjugés et à l'injustice
qui accompagnent souvent ces tensions. C'est pourquoi les plaidoyers de la Commission
auprès des gouvernements et des Organisations internationales, et sa promotion de lois et de
politiques visant à protéger les personnes sans défense sont des aspects particulièrement
importants de sa mission. C'est également la raison pour laquelle il est nécessaire de
continuer à développer des programmes de formation de votre personnel, afin de l'aider à
approfondir sa compréhension des réalités de la migration forcée et les possibilités d'assister
les familles déracinées, et de promouvoir le respect mutuel parmi les peuples de différentes
cultures.
4. Votre service est lié par une double fidélité: au Christ, l'unique médiateur qui est le
Chemin, la Vérité et la Vie pour toute la famille humaine; et à l'Eglise, qu'il a établie comme
sacrement universel du salut. L'âme de votre oeuvre est une vision de la dignité humaine
fondée sur la vérité de la personne humaine créée à l'image de Dieu (cf. Gn 1, 26), une
vérité qui illumine toute la doctrine sociale de l'Eglise. De cette vision découle des droits
inaliénables, qu'aucune puissance humaine ne peut accorder ou dénier, car il s'agit de droits
qui ont leur source en Dieu. Il s'agit d'une vision profondément religieuse, qui est partagée
non seulement par d'autres chrétiens, mais aussi par de nombreux disciples des autres
grandes religions du monde. C'est pourquoi le travail de la Commission a représenté un
point si fructueux de coopération oecuménique et interreligieuse; et cela aussi constitue une
victoire précieuse dans un monde troublé et divisé. Je vous exhorte donc, en tant
qu'Organisation catholique internationale unie au Saint-Siège dans la grande tâche de
promouvoir la solidarité, de ne jamais vous lasser de rechercher de nouveaux modes de
coopération oecuménique et interreligieuse, aujourd'hui plus que jamais nécessaires.
En vous rappelant dans mes prières et en confiant le travail de la Commission à la protection
pleine d'amour de Marie, Mère de l'Eglise, j'invoque cordialement sur vous une abondance
de grâces et de paix en Jésus-Christ, "le témoin fidèle, le Premier-né d'entre les morts" (Ap
1, 5).
...
Ã
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INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À LA 3° COMMISSION
DE LA 56° SESSION DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES
SUR LE § 114 - "RAPPORT DU HAUT-COMMISSAIRE POUR LES RÉFUGIÉS,
QUESTIONS LIÉES AUX RÉFUGIÉS, RAPATRIÉS ET PERSONNES DÉPLACÉES, ET
QUESTIONS HUMANITAIRES"
Ce document n'est pas disponible en français, voir aussi la version portugaise
Tuesday, 20 November 2001
Mr. Chairman,
The discussion of questions relating to refugees, returnees and displaced persons
centers around two important documents: The Report of the High Commissioner and the
Report of the Secretary General entitled Assistance to refugees, returnees and displaced
persons in Africa. Along with these two reports which have been specifically provided for
this discussion, delegations have before them reports concerned with human rights issues:
the Note of the Secretary General on Internally displaced persons and the Report on the
Protection of migrants. These documents provide a broad overview of the work of the
United Nations regarding these people who are or have been separated from their homes and
family. My Delegation thanks all those who have prepared this information for us.
Of course, for this discussion, the Holy See will address the more than twenty-two
million persons who are the direct concern of the UNHCR.
Mr. Chairman,
In recent weeks, our attention is so strongly drawn to Afghanistan, although the
refugee crisis involving millions of Afghans has been going on for over twenty years. The
latest reports from the office of the High Commissioner tell us that more than 3.5 million
Afghan refugees have sought refuge in Pakistan and Iran. Those same reports indicate the
difficulty in establishing a firm and accurate count, and also tell of the tragedy that
continues to unfold as nations come to the aid of these people forced from their homes and
country.
During a statement made on 11 November, His Holiness Pope John Paul II once
again called attention to their situation: "As we thank God for all that the fields produced
this year, we must not forget those brothers and sisters in different parts of the world who
are deprived of essential goods, such as food, water, a home and health care. At this time of
great international concern, I am thinking especially of the peoples of Afghanistan, who
must urgently receive necessary aid. This is a world emergency, which, however, does not
allow us to forget that in other parts of the world there continue to be conditions of great and
compelling need." (Pope John Paul II, Message before the Angelus, Sunday, 11 November,
St. Peter’s Square).
What can be done to alleviate or solve the world's refugee problem? In the short-
term, the answer must lie in protecting refugees by providing security and humanitarian
assistance. This protection must deliver practical relief to those in need of food, water,
clothing, shelter, and basic health care. Without such provisions, any plans for the care of
refugees become meaningless or even counter-productive.
In this light, my Delegation welcomes the introduction of the basic concept of the
Note on International Protection, emphasizing the fact that protection is a dynamic and
action-oriented function, rather than an abstract concept.
The concrete understanding of the requirements for protection will lead also to a
better understanding of how to address the reasons why people are forced from their homes,
or why people feel they must abandon their homes.
The defense and promotion of human dignity of refugees and of those in the concern
of the UNHCR, are an important part of the mission of the Programme. Their rights must be
protected. These rights include the right to life as well as the rights to marriage, family,
migration, asylum and religious freedom. The protection of the fundamental rights of all
people is the key to changing the situation of refugees and displaced persons.
Mr. Chairman,
Today the fastest growing group of "people on the move" are displaced persons who
do not cross borders, but are adrift inside their own country. These are people trapped by
war or persecution within state boundaries and need help as much as or possibly more than
refugees. But the world has been slow to acknowledge their painful plight. It is the good
fortune of refugees, if such language can be used, to be classified precisely as a refugee in
that the label provides some legal protection and in some cases even political value.
Refugees have a legal claim to assistance merely because they have crossed a border.
UNHCR, while having no explicit mandate to care for internally displaced persons, has in
the past, along with other concerned parties, helped to care for these individuals when and
where possible. The Delegation of the Holy See wishes to commend such activity on the
part of UNHCR and others and to encourage expanded consideration of the plight of these
human beings who have the right to humanitarian assistance even though their homeland is
a sovereign territory and this assistance is against the wishes of their government.
It should be abundantly clear that the recognition of human dignity and the protection
of human rights imply that short-term aid to refugees and internally displaced persons is
necessary but not sufficient. The building of more just and peaceful societies, the lack of
which is the main cause of population displacements, must become the goal. As on other
occasions, the Holy See expresses its commitment to participate in this common task.
My Delegation would like to pay tribute to those states that have been courageous
enough to welcome refugees and did not remain indifferent in the face of this global
problem. The generosity exhibited calls for recognition and needs to be applauded. That
solidarity with a suffering portion of humanity has not been without sacrifice. In some
instances, refugees outnumber the local population, presenting obvious difficulties. The
local economy, and in particular when there are local subsistence farmers, has in some
instances suffered due to the influx of refugee population. In such cases, UNHCR and states
are encouraged to provide compensation to locals in an appropriate manner so as to
encourage the openness of still more states.
In these difficult times, the world has come to recognize the importance of peace,
freedom and order. Unfortunately, we have not yet learned to ensure that these goods
become an everyday reality. Yet rather than submit to a world of conflict, tyranny and
persecution, the Christian message is one of hope in mankind’s God-given ability to
improve our lot and obtain better results.
Mr. Chairman,
Pope John Paul II, addressing the United Nations High Commissioner for Refugees
on the 50th Anniversary of the creation of the Office, last year, said: "The dawn of a new
millennium calls all responsible men and women to fresh efforts to implement the great
humanitarian ideal which is at the heart of the UNHCR's mission: the protection of refugees
and the defense and promotion of their dignity. The Holy See fully shares the UNHCR's
concerns in this respect, and will continue to do all it can to ensure that refugees and
displaced persons are not forgotten in the midst of the profound transformations affecting
international life."
Thank you, Mr. Chairman.
Ã
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INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE AUPRÈS DES NATIONS UNIES SUR
"LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION D’UNE PAIX
ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE"
Mardi 4 décembre 2001
Monsieur le Président,
Saturé de problèmes, le continent africain est en proie à de nombreux conflits tant à
l’intérieur des Etats qu’entre les Etats. Le Secrétaire Général des Nations Unies a présenté
dans son rapport les causes des conflits en Afrique (cf. Les causes de conflit et la promotion
d’une paix et d’un développement durables en Afrique. Rapport du Secrétaire Général, II).
Aujourd’hui encore, dans beaucoup de pays du continent, la vie de populations civiles
innocentes, millions d’hommes, de femmes et d’enfants, est mise en danger par ces conflits
armés. C’est à peine si certains de ces conflits sont évoqués sur la scène mondiale pendant
que les acteurs internationaux se mobilisent dans d’autres régions de la planète pour faire
cesser la violence et apporter la paix.
L’Afrique d’aujourd’hui a un besoin urgent de paix. Elle a besoin du soutien résolu
de la communauté internationale non seulement pour faire cesser les guerres en cours, mais
aussi pour combattre les causes profondes des conflits afin d’instaurer une paix durable sur
le continent. Il s’agit, comme le rappelle si bien le Projet de déclaration ministérielle sur le
Rôle du système des Nations Unies concernant l’appui à apporter aux efforts des pays
africains, de les aider "dans la lutte qu’ils mènent pour instaurer une paix durable, éliminer
la pauvreté et parvenir au développement durable, afin d’intégrer ainsi le continent africain
dans l’économie mondiale" (E/2001/L.20, 2).
Le Pape Paul VI faisait preuve d’ une intuition prophétique lorsqu’il déclarait, il y a
plus de trente ans, que "le développement est le nouveau nom de la paix" (Encyclique
Populorum progressio, 76-80). En effet, comme le Pape Jean-Paul II a eu l’occasion de le
rappeler dans son Message pour la Journée Mondiale de la Paix de l’an dernier, "Il n’y a pas
de paix véritable si elle ne s’accompagne pas d’équité, de vérité, de justice et de solidarité.
Est voué à l’échec tout projet qui tend à séparer deux droits indivisibles et interdépendants:
le droit à la paix et le droit à un développement intégral et solidaire." (Jean-Paul II, Message
pour la Journée Mondiale de la Paix 2000, 13). En d’autres termes, il ne peut y avoir de paix
durable sans développement, ni de développement sans paix durable.
Par ailleurs, il est hors de doute que les conditions nécessaires pour la promotion du
développement durable et de la paix ne peuvent être réunies sans l’instauration d’une
démocratie participative qui permette aux peuples d’Afrique d’être les artisans de leur
propre devenir. Il s’agit en particulier de promouvoir la bonne gouvernance, le respect des
droits humains fondamentaux dans leur universalité et indivisibilité (Jean-Paul II, Message
pour la Journée Mondiale de la Paix 1999, 3) ainsi que des libertés fondamentales, comme
cela est requis dans un Etat de droit, et comme l’exige la dignité inaliénable de la personne
humaine., qui constitue leur fondement ultime.
Assoiffée de paix, l’Afrique est aussi en quête de la réconciliation entre ses
différentes composantes au niveau tant local, national que régional et continental. Partant,
les efforts pour promouvoir le développement de l’Afrique devront en même temps intégrer
le souci de restaurer les relations sociales brisées, de redonner confiance aux uns et aux
autres, de susciter la joie de la coexistence pacifique et de l’acceptation mutuelle. A cet
égard, les communautés religieuses ont joué et jouent encore un rôle de premier plan en tant
qu’éveilleurs de conscience, agents et lieux de réconciliation et de pardon, sans lesquels il
ne peut y avoir de paix durable.
Monsieur le Président,
Le monde a été le témoin de trop nombreuses situations de violence et de conflits qui
ont trouvé leurs racines dans l’inégalité économique et le désespoir. Le Saint-Siège s’est
exprimé maintes fois à ce sujet, particulièrement dans deux de ses plus importantes
encycliques sociales, Populorum progressio et Sollicitudo rei socialis où Sa Sainteté Jean
Paul II a dit notamment: "En réalité, si la question sociale a acquis une dimension mondiale,
c'est parce que l'exigence de justice ne peut être satisfaite qu'à cette échelle. Ignorer une
telle exigence, ce serait courir le risque de faire naître la tentation d'une réponse violente de
la part des victimes de l'injustice, comme cela se produit à l'origine de bien des guerres. Les
populations exclues d'un partage équitable des biens originellement destinés à tout le monde
pourraient se demander: pourquoi ne pas répondre par la violence à ceux qui sont les
premiers à nous faire violence?"). (Encyclique Sollicitudo rei socialis, 10).
Un autre problème crucial qui continue à peser sur l’avenir des peuples africains est,
sans aucun doute, celui de la dette internationale des pays du continent. Lors de la
préparation du Jubilé de l’An 2000, le Saint-Père a voulu souligner, comme un des aspects
caractéristiques de cette préparation, "l’engagement pour la justice et pour la paix en un
monde comme le nôtre, marqué par tant de conflits et par d’intolérables inégalités sociales
et économiques". Dans la même ligne, il a invité à "penser, entre autres, à une réduction
importante, sinon à un effacement total, de la dette internationale qui pèse sur le destin de
nombreuses nations. » (Lettre Apostolique Tertio Millennio adveniente, 51).
Dans un contexte où le maître mot est devenu la mondialisation, et où les risques de
marginalisation et d’exclusion des moins performants sont réels, le Pape Jean-Paul II n’a
cessé de rappeler à la conscience du monde l’urgence et le devoir de solidarité avec les
pauvres. Et il est heureux, que les Nations Unies aient choisi de lancer un appel à la
solidarité avec l’Afrique à travers leur importante initiative sur le Nouvel Ordre du jour des
Nations Unies pour le développement de l’Afrique dans les années 90 (cf. Nouvel Ordre du
Jour des Nations Unies pour le développement de l’Afrique dans les années 1990, 3), qui a
le mérite de tirer l’Afrique de l’oubli en attirant l’attention des gouvernements tant africains
que non africains sur les défis économiques, sociaux et politiques de ce continent.
A l’heure où il faisait le bilan du chemin parcouru dans ce domaine, le Pape a été
heureux de constater les efforts accomplis par les Parlements des Etats créditeurs qui ont
"voté une substantielle réduction de la dette bilatérale qui grevait les pays les plus pauvres et
les plus endettés", et formé "le voeu que les Gouvernements respectifs complètent
rapidement ces décisions parlementaires". Par ailleurs, il a jugé problématique "la question
de la dette multilatérale contractée par les pays les plus pauvres vis-à-vis des Organismes
financiers internationaux" et souhaité "que les Etats membres de ces Organisations, surtout
ceux qui ont plus de pouvoir décisionnel, réussissent à trouver les consensus nécessaires
pour parvenir à la solution rapide d’une question dont dépend le processus de
développement de nombreux pays, avec de lourdes conséquences pour la situation
économique et existentielle d’innombrables personnes." (Jean-Paul II, Lettre Apostolique
Novo Millennio ineunte, 14).
Tout en saluant la nouvelle initiative des institutions financières internationales,
consistant dans l’élaboration des stratégies pour combattre la pauvreté, avec la participation
notamment des Gouvernements et de la société civile des pays concernés, il est urgent que
des mesures appropriées soient prises pour assurer une collaboration franche entre les
Gouvernements et la société civile, de même qu’une large participation de celle-ci, de
manière à ne pas étouffer la voix de ces millions de pauvres et de marginalisés, dont
l’initiative onusienne voudrait améliorer les conditions de vie. Il s’agit en particulier de
s’assurer que les fonds provenant de la réduction de la dette soient investis dans les secteurs
qui concernent la vie des masses pauvres, tels que l’éducation et la santé. A travers leur
présence au milieu des marginalisés et des exclus, les communautés religieuses sont en
première ligne dans la défense des laissés pour compte. A ce titre, elles peuvent assurer,
spécialement en Afrique, que ce qui est destiné aux pauvres leur revienne effectivement
dans un mouvement de solidarité vécue. Il est par ailleurs souhaitable que les conditions
d’accès à ce programme soient plus flexibles et que le nombre de pays pouvant bénéficier de
cette initiative soit revu à la hausse, en tenant compte en particulier des pays qui souffrent
de la guerre.
Monsieur le Président,
Dans ce contexte, comment ne pas entendre ce vibrant appel du Pape qui
s’interrogeait au début de ce nouveau millénaire: "Est-il possible que dans notre temps il y
ait encore des personnes qui meurent de faim, qui restent condamnées à l’analphabétisme,
qui manquent des soins médicaux les plus élémentaires, qui n’aient pas de maison où
s’abriter ?
Le tableau de la pauvreté peut être étendu indéfiniment, si nous ajoutons les
nouvelles pauvretés aux anciennes, nouvelles pauvretés que l’on rencontre souvent dans des
secteurs et des catégories non dépourvus de ressources économiques, mais exposés à la
désespérance du non-sens, au piège de la drogue, à la solitude du grand âge ou de la
maladie, à la mise à l’écart ou à la discrimination sociale." (Lettre Apostolique Novo
Millennio ineunte, 50).
Face à cette situation, le Saint-Siège lance un appel pressant à une solidarité
inventive avec les pauvres et les marginalisés du monde, en particulier avec ceux d’Afrique,
et forme le voeu, Monsieur le Président, que soit accordée une attention spéciale à la
nouvelle initiative africaine pour le développement et que les ressources nécessaires soient
mobilisées pour appuyer les efforts des pays africains dans la construction d’un futur
meilleur pour le continent, dont la réalisation ne peut que contribuer à l’avènement d’un
monde meilleur où règnent la justice et la paix pour tous.
Je vous remercie.
Ã
*-*-*
ANGELUS
Dimanche 9 décembre 2001
Très chers frères et soeurs!
Au cours des prochains jours, et afin de confirmer la Convention de 1951, relative au
"status" des réfugiés, et son Protocole de 1967, les Représentants des 140 Etats signataires
se réuniront à Genève. Je souhaite que toutes les nations appliquent la protection légale des
personnes, malheureusement très nombreuses, qui sont obligées de fuir leur pays, ainsi que
de ceux que l'on appelle les "réfugiés internes". Puisse l'engagement commun mettre fin aux
graves violations des droits de l'homme, qui sont à l'origine de ces mouvements forcés.
Ã
*-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À LA CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE
DES 140 ÉTATS SIGNATAIRES DE LA CONVENTION DE 1951
SUR LE "STATUT" DES RÉFUGIÉS

Ce document n'est pas disponible en français.


Geneva, 12-13 December 2001
Madame Chairperson
The Delegation of the Holy See wishes to thank the Government of Switzerland and
UNHCR for this initiative of bringing together representatives of governments and
humanitarian organizations. We are confident - as one of the initial States Parties to the
Convention - that at the end of these days positive results will be seen for the benefit of all
affected by displacement as a result of persecution, conflict, or other human rights
violations.
UNHCR was founded in order to answer the great drama in the aftermath of the
Second World War. It was a breakthrough and answered the demands of its times. It
brought a future to people who were forced to move.
My delegation wants to thank UNHCR for all that was done over these fifty years to
guarantee fully the dignity and rights of these persons. The Organization with its personnel
was close to people, tried to answer their problems and find solutions in different times and
circumstances. Sometimes staff members were under attack, with occasionally dramatic
consequences. They have done their work with much dedication and sacrifice.
Madame Chairperson
Unfortunately, the task of UNHCR still exists even if the necessity of changes is
evident. The number of persons protected by UNHCR has been rising, some twenty-one
million at present. Furthermore there are more than twenty million internally displaced
persons. The causes of this uprooting have become more complex and challenging and the
answers given only insufficiently address these new challenges of today. A strict, narrow
and legalistic way of interpretation of the Convention, sometimes with restrictive measures,
also does not come to the assistance of people in despair, nor does it strengthen the
international protection regime. This changed situation requires additional solutions and
political will. My delegation expresses the hope that the spirit of 1951 will be revived,
leading to an open-minded policy to answer integrally the problems of today. My delegation
emphasizes the fact that protection is a dynamic and action-oriented function rather than an
abstract concept.
Millions of refugees are hosted in first countries of arrival. They carry, sometimes for
years, the heavy burden of the displaced, who do not have a prospect for a quick return in
freedom, security and dignity. Their situation not only requires opportunities for local
integration into the host country when return to their countries is impossible, but also more
chances for third country resettlement. Moreover economic programmes should be
developed so that, when people return to their home country, they indeed have a future
there.
Refugees who did not cross an international border, internally displaced persons,
often find themselves in even more desperate situations. The lack of an international
protection system has become more evident here. The Guiding Principles on Internal
Displacement were introduced into the United Nations in 1998, setting forth their rights and
the obligations of governments and insurgent groups to these populations. The Holy See
encourages the further development of a clearer system of responsibility for these persons.
This involvement in protection and human rights issues will require larger human and
financial resources to be made available. UNHCR, while having no explicit mandate to care
for internally displaced persons, has in the past, along with other concerned parties, assisted
them when and where possible. The delegation of the Holy See wishes to commend such
activity on the part of UNHCR and others and to encourage expanded considerations of the
plight of these human beings who have the right to humanitarian assistance even and first of
all in the sovereign territory of their homeland.
In this context a general consideration must be made: distinguishing between
voluntary and involuntary migration and between migrants and refugees has become more
difficult since the element of free choice is hardly the principal reason for people deciding to
move abroad. The economic differences between countries as well as human rights abuses
and the existence of conflicts that force people to leave need to be addressed. Moreover, by
developing balanced migration policies, the legal framework for asylum seekers will also be
guaranteed.
Madame Chairperson
Our task is to make solidarity a reality. It implies acceptance and recognition of the
fact that we, as one human family, are interdependent. It calls us to international
cooperation in favour of the poor and powerless as our own brothers and sisters. Loving and
assisting our neighbour has global dimensions in an interdependent world. "[Solidarity] is a
firm and persevering determination to commit oneself to the common good; that is to say, to
the good of all and of each individual because we are all really responsible for all (John Paul
II, Sollicitudo Rei Socialis n. 38)."
Effective responsibility and burden sharing among all States is therefore
indispensable to promote peace and stability. This should be an inspiration for the human
family of nations to reflect on the challenges of today and find the required solutions in a
spirit of dialogue and mutual understanding.
Our generation and future generations demand this so that refugees and internally
displaced persons will benefit from it. In this context civil society through the NGOs has a
great role in advocacy and in creating favourable public opinion. Let us work and plan
together for a universal common family.
Ã
*-*-*
DISCOURS DU SAINT-PÈRE POUR LES VŒUX AU CORPS DIPLOMATIQUE
Jeudi 10 janvier 2002
Excellences
Mesdames et Messieurs,
...
3.... Personne ne peut rester insensible à l’injustice dont le peuple palestinien est
victime depuis plus de cinquante ans. Personne ne peut contester le droit du peuple israélien
à vivre dans la sécurité. Mais personne ne peut oublier non plus les victimes innocentes qui,
de part et d’autre, tombent tous les jours sous les coups et les tirs. Les armes et les attentats
sanglants ne seront jamais des instruments adéquats pour faire parvenir des messages
politiques à des interlocuteurs. La logique de la loi du talion n’est pas non plus adaptée pour
préparer les voies de la paix.
Comme je l’ai déjà déclaré maintes fois, seuls le respect de l’autre et de ses légitimes
aspirations, l’application du droit international, l’évacuation des territoires occupés et un
statut spécial internationalement garanti pour les parties les plus sacrées de Jérusalem, sont
capables d’apporter un début de pacification dans cette partie du monde et de briser le cycle
infernal de la haine et de la vengeance. Et je souhaite que la communauté internationale,
avec des moyens pacifiques et appropriés, soit mise en condition de jouer son rôle
irremplaçable, en étant acceptée par toutes les parties au conflit. Les uns contre les autres,
les Israéliens et les Palestiniens ne gagneront pas la guerre. Les uns avec les autres, ils
peuvent gagner la paix.
La lutte légitime contre le terrorismedont les odieux attentats du 11 septembre dernier
sont l’expression la plus effroyable a redonné encore la parole aux armes. Face à l’agression
barbare et aux massacres se pose non seulement la question de la légitime défense, mais
aussi celle des moyens les plus aptes à éradiquer le terrorisme, de la recherche des facteurs à
l’origine de telles actions, des mesures à prendre pour engager un processus de «guérison»
afin de vaincre la peur et d’éviter que le mal s’ajoute au mal, la violence à la violence. ...
Il nous faut aussi entendre la question qui nous est adressée du cœur de cet abîme: la
place et l’usage de la religion dans la vie des hommes et des sociétés. Je veux redire ici,
devant toute la communauté internationale, que tuer au nom de Dieu est un blasphème et
une perversion de la religion, et je veux répéter ce matin ce que j’écrivais dans mon
Message du 1er janvier: «C’est une profanation de la religion que de se proclamer terroriste
au nom de Dieu, d’user de violence sur les hommes au nom de Dieu. La violence terroriste
est contraire à la foi en Dieu Créateur de l’homme, en Dieu qui prend soin de l’homme et
qui l’aime» (n. 7).
4. Face à ces manifestations de violence irrationnelle et injustifiable, le grand danger
est que d’autres situations passent inaperçues et contribuent à laisser des peuples entiers
abandonnés à leur triste sort.
Cette vérité sur Dieu et sur l’homme, les chrétiens l’offrent à tous les hommes,
spécialement à leurs frères et sœurs, fidèles de l’Islam authentique, religion de paix et
d’amour du prochain.
6. ... Ouvrons plutôt notre cœur et notre intelligence aux grands défis qui nous
attendent:
- défense de la sacralité de la vie humaine en toutes circonstances, en particulier face
aux manipulations génétiques;
- promotion de la famille, cellule fondamentale de la société;
- élimination de la pauvreté, grâce à des efforts soutenus en vue du développement,
de la réduction de la dette et de l’ouverture du commerce international;
- respect des droits de l’homme dans toutes les situations, avec une attention pour les
catégories de personnes les plus vulnérables: enfants, femmes et réfugiés;
- désarmement, réduction des ventes d’armes aux pays pauvres et consolidation de la
paix après la fin des conflits;
- lutte contre les grandes maladies et accès des plus démunis aux soins et aux
médicaments de base;
- sauvegarde de l’environnement et prévention des catastrophes naturelles;
- application rigoureuse du droit et des conventions internationales.
Certes, bien d’autres exigences pourraient être ajoutées. Mais si ces priorités étaient
au cœur des préoccupations des responsables politiques; si les hommes de bonne volonté les
traduisaient dans leurs engagements quotidiens; si les hommes de religion les incluaient
dans leur enseignement, le monde serait radicalement différent.
...
Ã
*-*-*
Journée de prière pour la paix
DISCOURS DU SAINT-PÈRE AUX REPRÉSENTANT DES RELIGIONS MONDIALES
Assisi, 24 janvier 2002
1. Nous sommes venus à Assise en pèlerinage de paix. Nous sommes ici, en tant que
représentants des différentes religions, pour nous interroger devant Dieu sur notre
engagement en faveur de la paix, pour Lui demander de nous en faire le don, pour
témoigner de l’ardent désir que nous avons tous d’un monde plus juste et plus solidaire.
Nous voulons apporter notre contribution pour éloigner les nuages du terrorisme, de
la haine, des conflits armés, nuages qui se sont particulièrement accumulés ces derniers
mois à l’horizon de l’humanité. C’est pourquoi nous voulons nous écouter les uns les autres
: c’est déjà là – nous le sentons – un signe de paix. C’est déjà là une réponse aux questions
inquiétantes qui nous préoccupent. Cela sert déjà à dissiper les ombres du soupçon et de
l’incompréhension.
...
3. La paix ! L’humanité a toujours besoin de la paix, mais elle en a besoin plus
encore aujourd’hui, après les tragiques événements qui ont ébranlé sa confiance et en
présence des foyers persistants de conflits déchirants qui maintiennent le monde dans
l’appréhension. Dans le Message du 1er janvier dernier, j’ai mis l’accent sur deux «piliers»
sur lesquels la paix s’appuie : l’engagement pour la justice et la disposition au pardon.
La justice, tout d’abord, car il ne peut y avoir de paix véritable sinon dans le respect
de la dignité des personnes et des peuples, des droits et des devoirs de chacun, et dans la
distribution équitable des profits et des charges entre les individus et entre les collectivités.
On ne saurait oublier que des situations d’oppression et de marginalisation sont souvent à
l’origine des manifestations de violence et de terrorisme. Et ensuite le pardon, car la justice
humaine est exposée à la fragilité et aux limites des égoïsmes individuels et de groupe. Seul
le pardon guérit les blessures des cœurs et rétablit en profondeur les rapports humains
perturbés.
Il faut de l’humilité et du courage pour s’engager sur ce chemin. Le contexte de la
présente rencontre, celui du dialogue avec Dieu, nous donne l’occasion de réaffirmer qu’en
Dieu nous trouvons l’union éminente de la justice et de la miséricorde. Dieu est
souverainement fidèle à lui-même et à l’homme, même quand l’être humain s’éloigne de
Lui. C’est pourquoi les religions sont au service de la paix. Il leur appartient, et il appartient
surtout à leurs responsables, de promouvoir parmi les hommes de notre temps une
conscience renouvelée de l’urgence de bâtir la paix.
4. Les participants de l’Assemblée interreligieuse qui s’est tenue au Vatican en
octobre 1999 l’ont reconnu, affirmant que les traditions religieuses possèdent les ressources
nécessaires pour dépasser les divisions et pour favoriser l’amitié réciproque et le respect
entre les peuples. À cette occasion, on a aussi constaté que les conflits tragiques ont souvent
découlé de l’association injuste de la religion avec des intérêts nationalistes, politiques,
économiques ou d’autres types. Une fois encore, nous qui sommes ici réunis, nous
affirmons ensemble que celui qui utilise la religion pour fomenter la violence en contredit
l’inspiration la plus authentique et la plus profonde.
Il faut donc que les personnes et les communautés religieuses manifestent le rejet le
plus net et le plus radical de la violence, de toute violence, à commencer par celle qui
prétend se parer de religiosité, allant jusqu’à faire appel au nom très saint de Dieu pour
offenser l’homme. Offenser l’homme revient en définitive à offenser Dieu. Aucune finalité
religieuse ne peut justifier la pratique de la violence de l’homme sur l’homme.
...
6. Si la paix est un don de Dieu et a sa source en Lui, où est-il possible de la chercher
et comment pouvons-nous la construire si ce n’est dans un rapport intime et profond avec
Lui ? Bâtir la paix dans l’ordre, dans la justice et dans la liberté requiert donc l’engagement
prioritaire de la prière, qui est ouverture, écoute, dialogue et en dernier ressort union avec
Dieu, source originelle de la paix véritable.
...
Ã
*-*-*
INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À L'ONU SUR LE RACISME, LA DISCRIMINATION
RACIALE, LA XÉNOPHOBIE ET L'INTOLÉRANCE

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Monday, 28 January 2002
Mr Chairman,
No one can deny that, today, the family of nations needs a concerted programme of
action to address Racism. We need to explore new ways to foster, for the future, the
harmonious coexistence and interaction of individuals and peoples, in full respect of each
other's dignity, identity, history and tradition. We need a culture, to use the words of Pope
John Paul II, "in which we recognize, in every man and woman, a brother and a sister with
whom we can together walk the path of solidarity and peace". (Angelus, 26 August 2001).
Our world needs to be reminded that humanity exists as a single human family, within
which the concept of racial superiority has no place.
The Holy See worked together with the Delegations of so many countries to ensure
that the "World Conference against Racism, Racial Discrimination, Xenophobia and Related
Intolerance" would produce the blueprint for such a programme. Particular thanks are due to
the Government of South Africa that hosted and guided the Conference. The preparation of
the Conference proved, however, more difficult than was imagined. Certain moments of the
preparatory process were tense, certain expressions used were unfortunately inappropriate
for a Conference that was to foster tolerance. This is to be regretted. The final results are the
fruit of compromise, which may leave many unsatisfied.
It must be asked, therefore, why did the family of nations find it so difficult to
address the question of racism? Why was it so difficult to address a complex of
contemporary issues, which we all recognize as posing a threat to the maintenance of
harmonious international relations? Why was it so difficult to address what we all recognize
constitutes a clear offence against the fundamental dignity of persons, men and women, our
brothers and sisters, created in the image of God?
These are questions that the family of nations must legitimately pose, because they
say something about the state of international relations.
All this, Mr Chairman, must bring us back to what I said in my opening words: the
family of nations needs a concerted programme of action to address the question of racism.
It needs such a programme urgently and today. The task of launching this programme
cannot be put off. We must begin now.
Perhaps, in our reflection on the Durban Conference, we should begin by asking
another question: can the world do without the constructive contributions, the fruit in so
many cases of our common endeavor, which are gathered together in the final documents of
the Durban Conference? Can we leave them aside and leave addressing the question of
racism and racial discrimination for another day?
The answer must be a clear no. The fight against racism is urgent. It must be explicit
and direct. Too often in history, uncritical societies have stood by inactive as new signs of
racism raised their head. If we are not alert, hatred and racial intolerance can reappear in any
society, no matter how advanced it may consider itself.
My Delegation therefore urges all nations to take up without delay, individually and
in collaboration with other States and the Office of the High Commissioner for Human
Rights, a clear programme to fight racism, using the many positive elements of the Durban
documents.
Such a programme must begin at the level of national legislation and practice. The
World Conference urged all States to ensure that "their legislation expressly and specifically
prohibit racial discrimination and provide effective judicial remedies and redress"
(Programme of Action, n.163). Such legislation must address in particular the situation of
refugees and migrants, who are often victims of discrimination. It must address the situation
of indigenous peoples. It must address minority groupings.
Legislation must be accompanied by education. Education on racial tolerance must
be a normal part of the educational programmes for children at all levels. The family, the
basic social unit of society, must be the first school of openness and acceptance of others.
Government agencies may never justify racial profiling and the mass media must be alert to
avoid any type of stereotyping of persons on a racial basis.
In particular, the Holy See would like to address the question of racism and religious
intolerance, which is taken up on different occasions in the Durban documents.
The Durban Declaration requests that measures be taken to ensure that members of
ethnic, religious or linguistic minorities should not be denied the right to practice their
religion. It recognized with deep concern "the emergence of hostile acts and violence
against [certain] communities because of their religious beliefs and their racial and ethnic
origin in various parts of the world that in particular limit their right to freely practice their
belief'(n.59).
True religious belief is absolutely incompatible with racist attitude and racist
practices. Pope John Paul II, before the Durban Conference, made an appeal in this sense to
all believers, noting that we cannot truly call on God, the father of all, if we refuse to treat in
a brotherly way any person, created in God's image. Through their common belief in the
dignity of every individual and in the unity of the human family, believers of all faiths can
indeed bring strong leadership in fostering understanding and reconciliation among peoples.
In a world in which religion is often exploited as a means to deepen existing political,
social or economic divisions, it is encouraging to note the growing number of initiatives,
both at the local and on the international level, of dialogue among religions. Interreligious
dialogue, today more than ever, is a vital element in fostering peace and understanding and
in overcoming historical divisions and misunderstandings. Such dialogue can and should be
a strong contribution to the fight against racism.
The Durban Declaration (n.8) recalls that religion, spirituality and belief play a
central role in the lives of men and women and in the way they live and treat other persons.
It stresses how religion contributes "to the promotion of the inherent dignity and worth of
the human person and to the elimination of racism, racial discrimination, xenophobia and
related intolerance".
Religion, above all, can be a strong force for that individual and collective
conversion of hearts, without which hatred, intolerance and exclusion will never be
eliminated. The fight against racism requires a concerted international programme. But the
fight against racism begins in the heart of each of us, and in the collective historical memory
of our communities. The fight against racism requires a personal change of heart. It requires
that "healing of memories", that forgiveness for which Pope John Paul II called in his last
Message for the World Day of Peace, when he said: "No peace without justice, no justice
without forgiveness: I shall not tire of repeating this warning to those who, for one reason or
another, nourish feelings of hatred, a desire for revenge or the will to destroy".
We cannot go away from this Resumed Session of the United Nations General
Assembly, Mr Chairman, without giving new vigor to the fight against racism. We owe it to
the victims of racism, we owe it to our people, and we owe it to humanity.