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CxRrsnaru PERRIN-TOlNl N

PÉtitt eJeile»ârAÛas DES

Expw- s sÛe»s D es pattmoitsg s


...fie ;uis eupitst eucL oaaraulguow I
DANS L'ÉCLAPE T

ri-
éditions arthéma
CunrsueN PERRIN-TOININ

Petit dictionnaire
ethnographique
drr pa,rler damphinois

éditions ârthéma

L
Préface
Au moment où les avions peuvent nous emporter au bout du monde en quelques.heures, quand,
d'un ., clic , sur la souris informatique, on peut accéder à des informations innombrables et découwir
par la photo, Ie texte et la vidéo des contrées lointaines, à I'heure du SMS et de I'ADSL, j,aivoulu,
à travers ce petit opuscule, fixer, noir sur blanc, un peu du passé, de mon histoire, de mon enfance...
Il ne s'agit pas de verser dans une quelconque nostalgie pleurnicharde mais tout simplement de
retrouver le plaisir des mots d'une langue tombée dans l'oubli. Les mots sont comme un arbre qui naît,
croît, se développe puis finit par dépérir et mourir. Mais d'autres émergent à sa place. Ainsi va le
monde...
Mes petits-enfants feront peut-être comme moi dans cinquante ans avec le langage « RAp » ou
«SMS»!
Mes grands-parents (nés à la fin du XIX" siècle !), enfants, parlaient essentiellement le patois. Le
maître d'école, en application des lois « Jules Ferry , sur l'obligation scolaire, usait régulièrement de Ia
règle en bois pour les obliger à parler français !
Mes parents parlaient quelquefois patois avec leurs parents..., jamais avec nous.
Je suis personnellement capable de répéter quelques phrases en patois, je comprenais à peu près
tout ce que disait ma grand-mère. Qu'en reste-t-il aqjourd'hui ? Rien... C'est à partir de ce constat que
j'ai, un jour, pris la décision de coucher sur le papier tous ces mots qui me trottaient dans la tê1e,
accrochés à un passé à la fois récent (qu'est-ce qu'un demi-siècle ?) mais déjà largement oublié.
Quelques-uns de ma génération (famille, amis,...) m'ont aidé dans cette entreprise. J'ai compris
qu'ils en attendaient le résultat avec autant de « gourmandise » que moi...
Qu'ils soient ici remerciés
de leur amicale collaboration.
Encore d,es mots, torqiours des
mots...
Il n'est pas rare de constater qu'un
certain nombre de mots, même
du français contemporain, s,ils figurent dans le dictionnaire
étaient usitàs dr^ ;";;*rffi
différenre a"iËr. àerinition
officiere ou

D'autres' enfin (and'ain, batteuse,...),


ont été retenus en référence
travait des pavsans qui mériraient, à des pratiques sociales ou
por. à"r.uiro;;;;;;'ir" ringuistiques, au
D'où l'idée de ces ajouts « qu,on s,y a*êre.
ethnographiques. ». En effet,
issus du parler res mots ici rassemblés sont
tu dàuphinoi""lrrüu directement
"o"Tl.dTt "*pîsre ensembre,
l'évolution de la sociéto rrançaise;;;i.r, uu milieu du xX" siècre. si
ron considère
un demi-siècle, on
cere des techniques, en particurier
du
ffii:jïi'ts "o.f.".,aru uire*"ri [*.,àu, ,o**es désormais loin, rrès roinmonde
de ce
Les pratiques culturelles'
la vie de tous les jours, les
événements exceptionnels qui
frustre' n'ont plus rien'de .o-*rr, rythmaient cette
urà"1;àî"i.onnu*"nt
ffi'#Tlïvoire firiàI",rrai, er rrépignanr
Alors' si l'on prend le temps d'une
pause, on peut considérer
ces « gens d,autrefbis » comme
une
::,Ï,$iJ"";',1ilî".ïl:":ïH,Tî.î'::L.*J;'r;#':Ïr, en tout cas, d,une observarion
quasi

0""T"'J.ffiâ'ii:,:,1iiffi:iï:ïü::f:,*;,mf*ce, de maramlre, de ra communauré


vuageoise
Lincursion dans ce monde à
Ia fois lointain mais toujou^
présent dewait permettre
1è: aux plus
à:îï"i::"ï,',ï:ffi *:ïîîJfiïJ:î*:îliHf"i,ft.,;nxi ,eur propre üe er aux p,us
anciens
Aaertissement au lecteur

Ce petit dictionnaire ne prétend pas à l'exhaustiüté. Comme tout rlir:tionnaire, c'est un ouvrage
ouveft qui méritera d'être complété chaque fois que la niémoire de I'anteur ou cl'Lrn lecteur s'ouwira sur
un mot (ou une expression) enfoui depuis trop longtemps et qui finit par refaire surface.
De la même façon, la transmission ayant été d'aborcl et surtout orale, les vocables transcrits l'ont
souvent été à partir de la phonétique. Si l'un ou l'autre de ces mots corresponcl à une orthographe
connue d'un lecteur, là encore, qu'il se fasse connaître pour appofter toute correction utile.
Certains mots figurent dans le dictionnaire « officiel » (foyarul, 1)e,tn.e,...) mais cités en tant
qu'appellations régionales.
Enfin, au-delà d'une simple contpilation de mots, cet ouwage se veut aussi, chaque fois que possible,
explicatif sur leur origine quand elle est connue et leur place dans le parler courant. On pourra noter
que l'étymologie fait le plus souvent référence au parler franco-provençal qui intègre le grand sud-est
actuel de la France. On trouve aussi des origines latines et italiennes, Ies Alpes n'ayant jamais été une
barrière étanche entre nos deux pays.
- ---l I

abadgr : (uoi,rbader) lâcher, se répandre en liberté, sans surveilrance.


n C'est leur premi,ère sortie après l'hiuer ; les uaches se sont abad,ées d,ans le ?)erger >>.

« Le d,et'nier chi,en ql.r,'on a eu étai,t si gentit qu'on pouuai,t re rai,sser ù r'abadp ,.


éty-. du provenç al bad,ar: ouwir, bailler).
abOfd (d') : bientôt. << Il sera d'abord, prêt,.

aCUChef : mettre en cuchon (uoir andainet cuchon).

afffeUX (c'est... comme) : extraordinaire, incroyable.


Sens négatif : « Ç'æl affreux con1,n1,e c'est cher ! ,
Sens positif : « C'est affreux coryLTne elle est belle !
".

âge , U être d'un grand âge. o Le père Loui,s n'est pas encore séni,le mais il est tout d,e même
d'un âge ».21 être d'âge avec quelqu'un : avoir le même âge.
o Je u'oAais connaître tous mes conscrits et pourtant it paraî,t qlt'auec l'André, on est d,'â.ge ,.

allUmef : éclairer (uoir éclairer).


« J'y uo'is rùen dans cette caue, uiens m'allumer auec la lampe ,.

andain : alignement de foin (ou de céréates) fraîchement coupé et correspondant à la ligne


suivie par le faucheur sur la longueur d'un champ.
(Éty-. Sans doute du latin ambitus,largeur d'un pas).
Y'A UN ORAGE
Af FREUX FATIT ViTE ACUCIIER
oui ARR ive... TOU1 LEs ANDelys tt ^-/-
---
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_- '7§7
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./e

S
La récolte du foin représente I'un des gros travaux de I'année, les autres étant principalement la
batteuse, le jour où l'on tue le cochon, et I'abattage du bois de chauffage (transport, sciage, range-
ment). Au milieu du siècle dernier, on voit se développer, y compris chez les « petits » paysans, un
matériel et des techniques adaptés aux travaux des champs : faucheuse, faneuse, rateleuse à trac-
tion animale ou mécanique (tracteur). Mais jusque-là, tout se faisait à la main.
Les faucheurs (chez nous le grand-père et le père) partent très tôt le matin, le jour se levant à
peine. Il y avait quatre raisons à cet horaire précoce :
1/ l'herbe, mouillée de rosée, est plus drue et se coupe donc plus facilement qu'une fois ramollie
par la chaleur;
2l latchet est un geste répétitif qui demande beaucoup d'endurance et de précision : il est donc
plus aisé de travailler à la fraîche plutôt qu'en pleine chaleur ;
3/ il faut le temps que le foin sèche, si possible avant la fin de la journée ;
4/ (plus subjectif) travailler tôt, c'était signe de sérieux et on évite ainsi la mauvaise réputation !
Vers 8 h 30, au moment où le soleil est déjà bien présent, c'est à nous, les enfants, << d'entrer en
scène ». D'abord, nous apportons la musette de ravitaillement aux hommes : casse-croûte,
bouteille de ün, eau fraîche. Et nous nous mettons à notre tour au travail : il faut « retourner
I'andain >> avec une fourche en bois pour un premier séchage ., en ligne ». euelque temps après, on
fane, c'est-à-dire qu'on soulève, on secoue et on éparpille ce foin encore vert pour l'aérer et pour
qu'il sèche définitivement. Si tout se passe bien et en renouvelant I'opération en début d'après-
midi, le foin peut être rentré le soir même. Parfois, çà se passe moins bien, à savoir qu'un orage
(ou la pluie) peut se déclarer après la coupe. Dans ce cas, il faut le plus rapidement possible
entasser le foin en << cuchons » pour le préserver. Dans tous les cas, le foin doit être engrangé
parfaitement sec, sinon, il risque de moisir. Que mangeraient alors les animaux tout I'hiver ? Ainsi,
il m'est arrivé de procéder à I'opération << mise en cuchons » puis recommencer à faner trois à
quatre fois de suite jusqu'au séchage complet.

10
aplater: aplarir.

aplater (S'); tornber.


" En gli,ssant sur tes feuil\es mortes, eile s'est apratée ett pr,e,i:rt rtir i,eu, d,e r,u. tue ,.
à-plat : chute. o En glissant sut.le uet.glas, i,t a pris un sc*é ù-plat ,.

aplatée : « tas , cle nourriture plutôt lourde, genre purée.


" Il auait une teil,e Jai,m qu'il a mangé rreur bonne.s apratées cre.fit.uots ,.

apfèS (être...): ll être en train de ... ,< Ne me d,érange pcrs, tu,uoi.s bi.ett, que je
sui,s après
?nanger ! ».2/ être contre, opposé : <<Je sui,sfô,ché après
mort,uoi,s,i:rt r. B/sur : <,J,ai mis un
clou après lo, porte >>.

âri : en arrière. ordre donné à des animaux de trait (vache / cheval).

afmafinê (arn"rarinier) : osier.


père passait I'hiuer à' confectionner
" Mon d,es pa,ni,ers en branches de chôtai,gniet.et
tressés auec
l.'armd,rine ».
Les travaux d'hiver ont leur importance. Ils permettent
de réaliser ce qu,on n,a jamais le temps
de faire pendant les travaux des champs : réparer le
matériel, confectior-rner divers objets comme
les piquets, les manches d'outils, les paniers fort utiles pour
les récoltes futures. La technique du
tressage est précise mais la première opération consiste préparer
à le bois : choisir les meilleures
branches d'osier, tailler en fines bandes les branches de
châtaignier qui serviront à monter la
structure du panier et ]es mettre à tremper plusieurs heures
dans l'eau du bassin pour les
assouplir.

11

,
n-
Les femmes, quant à elle, profitent de ce temps plus calme pour raccommoder, repriser,
coudre,
tricoter.
D'une manière générale, tout ce qui peut être confectionné ou réparé n'est pas à acheter.

aSSUfanCê (être à l'...) : être en congé maladie. Référence à l'<< assurance maladie >>.

Le contnl,is n'est pas aenu ce matin. On m'a, d,i,t qu'it était ù lrassurance d,epuis
<<
troi,s jours
après une bon:rrc angi,ne ».

asticoter: frapper.
"
Je ne sais pas ce que sonfik tui afait mais it s'est m,is tout d,'un couTt ù I'asticoter uilain r.

attaque (se sentir d'...) : être en forme. « Après une bonne nuit, on se smt d,attaque >>.

attaquef : cornmenc er. « lJ est d,éjù sept heures. Il serai,t tem?ts d:attaquer à, trauailler ».

avOinée : bagarre, correction.


Il a uoulu sefrotter à ptus fort
<< que tui,. Il s'est pri,s une bonne aaoinée >>.

72
bachas : benne en bois contenant
le plus souvent de l'eau pour,
bêtes dans r'étabre en hiver. par pz* exemple, faire boire
extension: les
bachassée, grande quantité de
" Hiet. soir, te paul a encore bu une ptei,ne baehassée riquide.
d,e uin... ,.

bacot : variété de raisin à petits grains durs qui servait


« piquette à produire le vin de pays,
». une vraie

chacun ra* son vin, son cidre,


Ë::i,T:i:i;X;iîïTtrl[iffiare,
roides » et Ies cé
F
son mier
i

veauesru",,",,",î*ii*lm***ï:i*":#"sx*#nr,,:,11, j

üeillissant' cette « piquette ne devient plus guère


'
I

On utilise des cépages u""""ribru qr,r, go"i.. à"".r,


adaptés, le plus courant étant du grand_père !
l'esse après les ravages le « clinton », importé des
du phylloxéra dans les années IISA pour sa robus_
rgîô. o, trouvera re << baccho >> en
i:,iii: Ïi1*!';::i;î#;,î;::î:tr:#J: ".,rri*
rsère), ;;ü;:
il:::#:;"(en y,i,s caryés de
.lrrut-ni.r un petit ui.n d,e t"ou ,àir"irat"rtton
rt1lr'éa'bt'es ù l'oreitte
ie pense a rg*â,tre.d,e
;;;;;;; :;;r":;:r:ffi1::r#r::#;i:rîrï*
:
ta rniir."oL;r*;,";;; ,ï'io\o ,r*n (résion
iiï#)fï;ili::!,::,:.:#;:";,:;:';nll;;:j;:,i:i:;::s d,e
,.ca,es ,r.uuen, enc.re ,eur ptace

badgr : l/ errer sans but,


s'ennuyer. « Jean s'ennuie.
2l être défait' entrouvert « cet Ir bad,e toute ra joutvtée ».
homme est marfagoté, sa chemise
n La, porte est malfermée, bade sur sa, poitrine ».
elle Oolar"â"pri,s ce matin ».

13
badaUd : imbécile, sot, niais.
" Regarde-moi, ce badaud qui n'est même pas capable d,e planter un clou ! ».

badinguêt : un peu bête


(uoi,rbelu, badru, basu, brelot) : surnom donné à Napoléon III,
(Du nom de I'ouwier qui lui avait prêté ses habits lors de son évasion du fort de Ham).

baliVeaUX : sélection de jeunes arbres de taillis destinés à la haute futaie.

baptisef (un lit) : lit fait rapidement et superficiellement.


« Ya rien à, fai,re, le Jeart a, encore pas fai,t son lit cornme it
faut. It a fai,t que le baptiser ! ».
On couche dans des draps en chanwe ou en lin, lourds et rêches, recouverts d'un édredon en plu-
mes pour I'hiver et sur une paillasse bourrée avec des feuilles de fougère. Lorsque les feuilles
deüennent trop poussiéreuses ou moisies, il faut en changer. Les enfants s'emploient à ce travail:
récolter de grandes quantités de fougères ; effeuiller chaque tige au risque de sà couper les doigts,
faire sécher les feuilles. Les femmes bourrent ensuite les paillasses avant de les recoudre.

barbouillé qotrel : avoir mal au cæur.


« Je ne sais pas ce que j'ai, mangé hi,er mais je sui,s tout barbouillé ».

bardèlg : (uoi,rparise) nom d'une vache et des vaches en général.


« La bardèle s'énerae, i,L uafalloir la rentrer ,.

bafiOt petite charrette.


:
La charrette était utilisée plutôt pour le transporb des gros volumes (exemples le foin ou le bois).
Pour des volumes importants mais non-compacts (pommes de terre, fruits...), on choisissait
le tombereau. Le « bariot » était réservé aux chargements plus légers.

T4
a'ei missf. te oenoÈue
à L'AâADE...

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15
bafjaqUef : parler à tort et à travers.
'uo'iyi,'ne n'a tien à Jaire de La joutnée.
" Notte Elle n'anrête pas de barjaquer auec les unes ou
Les autt'es ".

baflgt : pièce de bois d'environ soixante-dix centimètres de long et de dix centimètres de


diamètre que l'on suspendait par une chaîne au cou des vaches qui avaient tendance à vouloir
s'échapper. Lorsque I'animal commençait à courir, le barlet tapait contre ses jambes, I'obligeant à
reprendre la marche.

" La Marguerite est bi,en énemtée aujourd'hui,. Va donc lui, mettre Le barlet ».
Il faut dire qu'à cette époque, les troupeaux sont rarement laissés en toute liberté et surtout pas
sous lapluie et la neige dans des parcs bien fermés comme c'est le cas Ie plus courant aujourd'hui.
Les vaches et les chèwes sont gardées soit par les « anciens », soit par les enfants, notamment
pendant les vacances scolaires. On va « en champ ,, c'est-à-dire qu'on conduit Ie petit troupeau
dans tel ou tel pré et on l'accompagne le temps deux fois trois heures chaque jour. Cela peut
paraître, à priori, fastidieux (et çà I'est parfois...), mais c'est souvent I'occasion de jouer avec les
voisins du même âge qui gardent eux aussi leur troupeau : fabrication de cabanes, confection
d'objets en bois, premières expériences de fumeurs de lianes séchées...
On oublie parfois l'heure de rentrer et, dans ce cas, on n'est pas toujours accueillis avec le sourire
par les parents ! Le fait que nous ne disposons pas de montres ne peut pas être un prétexte
puisque nous avons deux repères principaux pour juger du temps écoulé :
1/ un simple bâton fiché en terre fait office de cadran solaire avec son ombre portée ;
2/ lorsque le creux formé par la hanche gauche des vaches est comblé, c'est le signal qu'elle sont
<< saoules », c'est-à-dire suffisamment nourries. On peut alors rentrer.

barouettê : brouette.

16
baroulgr (débarouler) : rouler sur re côté / Faire une
barourette.
batteuSe : machine servant à égrener les céréales.
l',it vt'tttte de la batteuse est toujours un
moment particulier. Il faut d,abord savoir que seuls
r;tt(.lt;ttt's râres gros propriétaires du canton possèdent
cette machine chèrê à l,achat et qu,il faut
Ils se mettent donc au service d'un üllage, d'un
'r'trlirlriliser' hameau (contre espèces sonnantes et
It rilrttt'ltantes) pendant parfois plusieurs jours,
le temps de venir à bout de la récolte de chacun
lr;rlril:ttll's' c'est une occasion supplémentaire des
de faire jouer la solidarité, chacun allant aider
t;uand son tour est venu. Faire fonctionner le
',isitt
l.r'ltttitltte non-négligeable qui a fait disparaître le
la batieuse est un gros travail malgré le progrès
battage au fléau ,.. Il faut être nombreux pour
t.rtlist't'l'oute une série d'opérations: passer les gerbes
de blé sur la machine aux batteurs, le
I r; I I I ; tst' ltti-même, la récupération
de la paille d'une-part, du grain d,autre part.
" lritllt's » (sacs de cent kilos) et tranporté à l'abri. Le grain est mis en
au nas mot, la batteuse occupe donc une dizaine
rL' ;r.t's«rtlnes' Il faut y ajouter les enfants qui
ne travaillent pas directement sur la machine
r;tli sottl' chargés du « pvil2illement >>, sous mais
forme liquide. Il faut faire tourner les litres de
t't'llt'tttachine « infernale 2la désagréable particularité ün car
" de produire une quantité énorme de
|,ttssii'r'e' en plus du bruit. Il faut donc tenir le coup durant des journées
l(,ltglt('s. qui peuvent être très
( "r'sl llr raison pour laquelle ce travail est ponctué
de pauses pour boire un coup,
It,lll's(' restaurer avec un bon casse-croûte en milieu de matinée et un repas certes, mais aussi
li'ttttttt's s'emploient à sa préparation dès le début copieux à midi. Les
des travaux. Les hommes, soumis à de gros
r'l'lirl'ls' <loivent être grassement nourris avec
des charcuteries, des viandes, des gratins,...
l,r'sottvt'nir qui me revient de ces « agapes » est
celui d,une grande table où s,accoudent ces
Itottttttt's fburbus et poussiéreux mais qrri trouvent
toujours (c'était sans doute aussi pour se
rk'lirttlt't') la force de blaguer et parfois de chanter.
ces Àoments-là de grande conviüalité entre
t',isitts permettent également d'évoquer largement les
demières nouvelles (ou rumeurs) du
Ir;tvs. ..

77
* fléau: instn'rmettt en bois consti,tué d,e cleur parties
arti,culées, l,une plus longue que l,autu.e,
auec lequel onJrappe les gerbes d,e céréales
étalées sur le sol pourfai,re tomber [,es graines.

bêbe : moue, grimace. o Le mattu n,est Ttas content, ilfait ta bêbe ,.


belin, beline : appellation affectueuse qui
pourrait se traduire par
« Alors, les belines, onproJi,te rtu sorei,rpour sefaire
« gars, fille ,.
bronzer ! ».

belu z badru I basu z brelot: un peu bêre...


o Regat'de un peu ce que Jai,t ce brerot : ù est comprètement
badru ! ».

benatg : cuve en bois dotée de deux anses pour, par


exemple, transporter l,eau dans l,étable
en hiver.

benon récipient rond, en paille tressée, d'enüron quarante


:
centimètres de haut et de cinquante
centimètres de diamètre qui servait à entreposer
res grains de céréales.
Lorsque nous refusions de manger tel ou tel
mets, onavait souvent droit à la menace suivante
« Qu'inze.iours sous un benon et on :
uerva bi,en si tu refuses encore de manger ! ,.

bgnnef : renverser (sous-entendu o ls benne »).

befChU : à qui il manque une dent de devant.

besoin (en cas de...) : si nécessaire.


o En cas de besoin, je poun'ai toujours garder ton môme
un jour par setna,i,,e ,.
18
befte : bidon en fer blanc servant à transporter le lait.

bestia / bestiassê par extension, se dit aussi d'un homme


: grosse bête.
fort.
r "r,,s/ u,ne araie bestiasse, i,l soulèuerai,t un bcnuf ! ,.

beuler : brailler, crier. o Le gosse s'est fait ma,l. il beule comme un ,eant. ! >>.

biassg : gros ventre. « Aforce cre manger gras, re père Jutes ptis
a une d,e ces biasses ! >>.
l':rr cxl,ension : sac, gros cartable.
'' (J tr'r'sl,-ce qu'i| peut bi,en mettre rlans sa biasse pour qu,eLle soit
aussi, lour1e ?,.
( 'll.vrrr. Au X\{[' siècle : tissu
f
écnt / en provenç ar beasa: besace)

biclou ; bicyclette . o Jacques a acheté un biclou neu-f pour le cyclo-cross cle climanche ,
bien dg (du) : beaucoup . « Mets bien du beurue d,ans re grati,n pour qu,1r so,it bon ».

bigUe (biga en Ttatois): pic, pioche.


'' ( )tt ,* a,'uoit'besoin de ra bigue pou,cL.yücher ces racines ,.

bille : tige de bois courte utilisée pour actionner le tour des chars, d'où biller : fâire tirer les
corrlt's d'un char avec une bille.

billef : lier, attacher en tendant une corde avec la bille.

19
biSe : l/ vent froid venu du nord. 2t àfendla bise : très üte.
son nouDeüu aélo il a monté la côte ùfend la bise ».
,, A1;ec
@ty-. origine germanique bisjô :vent du nord-est, puis en Italien bisi,a).

bizingouin de travers (uoir travolle). « Il a encore mis son cha2teau tout d,e bizingouin ».
'
blag uer : discuter, bavarder.
« Je suis en retard car je me sui,s aruêté pour blaguer un nlorneT?,t auec le beau-Jrère ».

blagUeUf : bavard, menteur. « Méfie-toi d,es maquignons, c'est tous d,es blagueurs ! ».

blet: iwe.
« Le Toine est reaenu de lafoi,re complètement btet. It a mé enlcore trop bu d,e canons ! ».

BOCaCC|O : (nom propre) Nom du célèbre directeur d'un centre de rééducation (de << redres-
sement ») pour adolescents délinquants qu'on nommait à l'époque << blousons noirs >>, installé
à Voreppe (38), et dont les méthodes << actives » étaient réputées ! Ainsi, ce nom revenait
régulièrement comme une menace : .. ,Si t1t, n'es pas sage, tu iras chez Bocaccio ! ».

bocon: morceau.
o Ce pauure garçon afaim ; d,onne-lui d,onc un bocon d,e pai,n ».
(En italien bo.cca: la bouche / boccone: gros morceau).

bon : (Iocution adverbiale) manger bon : recevoir une raclée, se faire gronder.
« S'iL se fait prendre par les gend,armes, il ua encore manger bon ,r.

20
c\uiï HÉ OL1.T... c'v Ats !4ARCq4ER
TOUT DE AiTiNOOUiN
POUR PENTRER iI LA

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I(ANOE UN OOCON
D'PAIN, POUR tpOYCten t rr
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21
bOnne amie : petite amie / fiancée.
o Tiens, hi,er, j'ai uu ton cous,in auec sü bonne amie ,.

bOUgeOn : qui ne tient pas en place, agité.


petit est bi,en bougeon depui,s qw'il a en son uacci,n ,.
« Le

bOUtiqUe : braguette . o Le u'ùeur est encore sorti cles cabzi,ngues ta boutique ouuerte ! ,
boye: vache lboyon :veau).
o Voi,lù l'orage qui, arriue. Il uafalloir rent?.ey.la boye et son boyon ,.

bfanlOn : « branlée » se prendre un (une)... : se faire gronder, réprimander.

" Monlrère a dépassé l'heure autorisée pour rentrer : 'il s'est pri,s un de ces branlons ! »

branquignole : bon à rien.

" Ce\ui,-lù, c'est un urai branquignole, tu peur pas tui, faire confiance... ,.
braS-casSé : fainéant.

" Celui,-lù est i,nca,pable de sarcler seulement une rai.e de carottes. C'est un urai, bras-cassé ,.

bfaSSé (être) : 1/ être ému. o D'aller aoi,r la petite d, t'hôpitat, çà m'a uraiment brassé ,.
2l être mal en point. o Je ne sais pas ce que j'ai mangé mai,s d,epuis hier, je sui,s brassé ,.

bfatgf :boiter, divaguer, aller de travers.


" Quand, tu uois l'oncle Joseph brater, c'est qu'i,l a bu un coup d,e trop ! ,.

22
bfêlg : 1/ mobylette : o Aaec ses étrennes, le Loui,s s'est payé une brêle toute neuue »
2l bon à rien (uoi,rbrelot) :
" Il sait même pas trier des pommes cle tetre, c'est Lrne uraie brêle ".

bfingUef : vider la fosse à purin (voir puriner).


Cette opération rentrait dans le cadre des travaux réguliers, obligaloiros rluoique peu ragoûtants.
Tout I'hiver, la fosse s'était remplie avec les déjections des animaux et, rles hommes. Il faltait
intervenir avant qu'elle ne déborde ! Le purin était donc récolté puis l,r'ansporté pour être épandu
dans les champs : quel meilleur engrais ? Mais aussi, quel parfum clans la c:rmpagne environnante
pendant quelques jours !
Les techniques utilisées ont r,rr Ià encore se développer une évolution assez sensible. On a d'abord
utilisé un seau en fer flxé à l'extrémité d'un long bâton qui permettail, de puisc-r'le liquide pour le
transvaser dans une caisse en bois sur roulettes, à peine étanche, servant. atr transpor[. Le seau a
ensuite été remplacé par une pompe à main puis électrique et le caisson en bois par une citerne
en métal, bien étanche celle-là...

brindzinguê : fou, farfelu.


« Regarde-moi, ce brindzingue qui, condui,t comme unfou ! ,,.

bfOnde : brindille de bois. Pour allumer le poêle, ilfaut toujours a,t;o,i.r.,u,tù peu d,e bronde
<< >>.

Le chauffage au bois est le plus répandu car le moins coûteux. La matière première est à
tlisposition permanente. Celui qui en a les moyens (car il faut acheter le nrinerai) ou qui ne peut
pas exploiter la forêt, utilise le poêle à charbon.
Mais le plus souvent, le chauffage proüent de la cuisinière qui fonctionne toute l'année pour la
t'ttisson des repas et plus tard le soir en hiver pour chauffer la maison au maximum. Cependant,
It's dernières braises s'éteignent avant le milieu de la nuit. Et de toute façon, les chambres ne sont

.ro
Lt)
pas chauffées... Alors, dans chaque lit, sous l'épais édredon, on place, avant I'heure du coucher,
une grosse pierre ronde qui a patienté toute la journée dans le four en accumulant Ia chaleur. Quel
bonheur en rentrant dans le lit glacé de poser ses pieds sur cette source de chaleur presque jusqu'à
la brûlure ! Mais la pierre elle-même refroidit et j'ai encore en mémoire des réveils illuminés par
les ütres des fenêtres recouvertes de fleurs de giwe... à I'intérieur !Il avait donc gelé dans la
chambre mais qu'importe puisqu'il n'est pas rare à cette époque que les températures descendent
à -10' et même -20' si I'on se souvient, en particulier, des hivers 1956 et 1963.
Cela dit, la maison est bien protégée par des murs épais en « pisé » (mélange de paille, de terre
glaise et de graüers) qui retiennent, en hiver, la chaleur interne et empêchent, en été,lacanicule
de pénétrer.
C'est ainsi que Ia cave, creusée sous la cuisine, permet de conserver au frais (le réfrigérateur
n'existe pas) Ies denrées courantes : beurre, lait, fromage et pendant parfois plusieurs mois le ün,
les pommes de terre, les betteraves... Pour les carottes, une autre technique est utilisée : elles sont
placées dans un trou creusé à même le sol et recouvertes de sable bien sec. Elles résistent ainsi à
la pourriture plusieurs semaines durant.

bfûle Qa) : douleur / brûlure de l'æsophage.


" Je sa'i,s püs ce que j'ai, mangé hi,er. J'ai eu la brû,le toute la nuit ,.

bUgne : sorte de beignet (spéci,ati,té lyonnai,se). Beigne en provençal.


Autres emplois : chute, cottp (uoir « gaufre ,r). ,, n a pris une bugne >>.

D'oit bugner / embugneT : cogner. <, Il conclui,sait trop ai,te. It a embugné la uoi,ture ,r.
Se dit de quelqu'un de maladroit : « Quette bugne ! elle a encore renuersé te pot d,e lait ! ,>.

buye: lessive.
Qui aujourd'hü pourrait se passer d'un ,.laveJinge », le plus souvent complété d'un ,, sèche-linge »,

24
avec vingt programmes différents pour la soie, Ie coton, le tergal, etc ? Il est Ioin Ie temps des
lavandières qui s'écorchaient les doigts dans I'eau glacée du bassin en hiver. Il fallait transporter
le linge, le travailler au battoir, le rincer à grande eau, I'étaler pour qu'il sèche... Bref, un travail de
forçat !
Vint ensuite Ia « lessiveuse >>, grand récipient en fer blanc d'enüron quarante litres que l'on place
sur le poêle et où le linge peut bouittir à loisir, retenu sous le couvercle par un système ingénieux
cle tringles disposées en étoile. Reste encore le rinçage et l'essorage àlaforce des bras... sans
compter qu'à l'époque, le temps des mouchoirs ou des couches jetables n'était pas encore venu.
Et les nappes ou les draps en grosse toile ou en lin deviennent, une fois mouillés, d'un poids au
moins décuplé.
Bref, la « buye >> n'est pas une sinécure et pourbant aucune ménagère ne supporterait de présenter t
du linge qui ne soit impeccablement lavé et repassé : il en va de son honneur de femme digne d'être
« au foyer » !
I

25

),
ça (... moi, toi, lui, nous,...) : ce qui
m'(t', lui,...) appartient.
(Se dit d'une propriété, d'un terrain).
" J'ai auerti le uoisi,n que si, ses uaches continuai,ent ù aenir
brouter à, çù moi, je sortirais Le Jusi,l ,.

cabzinguêS : WC, toilettes, cabinets.


o Arulré trouae toujours le moyen d'aller aur cabzingues quand, i,l s'agit d,e mettre la table ,.

Caibn: cochon.
o chaque année, tout Le monde élèue un caion Ttour le tuer en h,i,uer ,.
NB : Pour les paysans et notamment les chasseurs, le << cochon , désignait plutôt le « sanglier ».
« Paul a tué un cochon de plus d,'un quintal ,.

Le cochon revêt une importance particulière : son poids et sa constitution font de lui un garde-
manger potentiel important. Le saloir un fois rempli, les saucisses, saucissons, pâtés et autres
andouilles bien conservés représentent l'apport en viande pour une bonne par[ie de l,année.
Ijanimal est par conséquent protégé et bien nourri. Il a droit à tous les reliefs de repas et à des
préparations particulières comme des pommes de terre accompagnées du « petit-lait » résultant
de la préparation du fromage. Il apprécie également les fruits de saison : pommes, poires,
châtaignes et quelques Iégumes du jardin. Bref, il doit être le plus gras possible et surtout, en
bonne santé...
Puis vient le jour del' erécution. On compte une fois de plus sur les voisins disponibles pour tenir
I'animal qui se débat farouchement en sentant venir la mort. Le charcutier a pourtant le coup de
couteau précis mais I'agonie dure de longues minutes et les cris stridents de l'écorché réveillent
toute la maisonnée...

26
oN L'A oieu rcunni çA vA î,rno à sot rouR
TOUTE L,ANNÉL, w caio
'É8, LE caiou... , DE Noui rcunnin...
/

27
Enfin, la bête est anéantie, ses poils sont ébouillantés pour être éliminés. La carcasse est ensuite
accrochée à une échelle pour être tranchée en deux. Alors, commencent diverses préparations :
üande, boudin, pâtés, rillettes, saucisses, saucissons, andouilles, fricassée (uoi,r ù F), rôtis,... qui
occuperont toute la famille une bonne par[ie de la journée. Et, deux jours plus tard, on rassemble
parents, amis, voisins pour le traditionnel « repas de cochon ». Après les « entrées » (fricassée,
boudin, cochonnailles et charcuteries en tout genre), on passe aux üandes (côtelettes, rôtis). Seul
le dessert ne provient pas de I'animal. C'est une rencontre conüviale et bien arrosée quoiqu'un peu
lourde à supporter pour le foie et I'estomac, mais çà n'arrive après tout qu'une fois par an !

CalU : fou. .. Depui,s qu'i,l aT eçu une branche sur la tête, le François, i,t est tout calu ,.

Caquef : déféquer, aller à la selle.


o Je ne sais pas ce que le chien a mangé mai,s i,l n' an'rête pas de caquer partout ».

GafCaSSêf : tousser. Sans doute une référence aux os d'une carcasse qui s'entrechoqueraient.
" Le peti,t uoi,si.n carco,sse tellement qu'on se demande s'i,l n'a pas la coqueluche ,.
Le médecin qu'il faut aller quérir soi-même (on n'a pas le téléphone) n'est waiment sollicité qu'en
dernier recours. Les plantes et les techniques ancestrales des grands-mères font le plus souvent
office de médecine, même si leur efficacité reste encore à démontrer.
On soigne la toux avec des cataplasmes à base de moutarde ou de farine de lin que I'on fait chauf-
fer et qu'on applique sur la poitrine du malade. Mais c'est peut-être finalement l'intense chaleur
qui décongestionne les poumons ! Pour les affections plus graves ou chroniques des poumons, on
recourt à la bave de limace qui semble plus efficace, mais il faut pouvoir I'avaler ! Ces remèdes
n'étaient pas r,r:aiment admis par la médecine officielle : il fallait surtout y croire très fort !
Il me souvient, par exemple, que notre mère réservait dans un placard une boule de graisse de
porc renouvelée chaque année qu'elle utilisait pour nous frictionner le cou en cas de douleurs ou

28
d'irritation. Non seulement cette médication ne devait pas être très efficace pour soigner une
angine, mais après quelques semaines de bons et loyaux services, la graisse avait perdu sa couleur
claire pour devenir un amas noirâtre...

Cafdon : personne acariâtre en référence au légume aux nervures résistantes.


o La mère Martin n'arrête pas d,e gueuler après ses enfants ; c'est u,tt, ut.a,i, card,ort ».

Cafême (faire) : jeûne de quarante jours précédant la fête chrétienne de pâques.


La vie des campagnes, que l'on soit croyant ou mécréant, est largement
rythmée par les obligations
religieuses et les préceptes de l'Églse catholique, apostolique et romaine !...
Ainsi, chacun s'astreint, selon son degré de croyance mais surtout pour éüter le qu'en d,,ira-t-on,
à fréquenter l'église pour les cérémonies exceptionnelles (baptême, mariage, obsèques) et, une
Ibis I'an, Pour « faire ses Pâques ,' (uoi,r Pâques). Pour les pratiquants convaincus et assidus (et
ma famille en était...), le rituel reüent tous les dimanches et fêtes du calendrier religieux. Et, en
ce qü concerne le carême, est-ce la foi véritable ou une sorte de crainte d'un Dieu « père fouettard »,
il faut à tout prixfaire péni,tence. Cette volonté se traduit dans les faits : il n'est pas question, par
oxemple, de manger trop de üande grasse. Toute la famille est mise à contribution, grands et
petits. Notre mère va même jusqu'à une sorte d'intégrisme en nous privant régulièrement du
goûter habituel composé la plupart du temps d'une bonne tranche de pain accompagnée de pâte
tle fruit, d'une barre de chocolat ou d'un morceau de fromage. Eh bien, pendant le carême, ce
rrlême goûter est régulièrement réduit à la tranche de pain et l'équivalent en argent du chocolat et
irutres pâtes de fruit est reversé aux bonnes æuvres ! On est loin, dans ce czts précis, du qu,en
d,ita,-t-on puisqu'il n'y a aucune publicité autour de cette initiative. Il s'agit simplement d'altruisme
cl, de bonté naturelle...
(les traditions religieuses prennent parfois, il faut bien le dire, des allures
de sorcellerie. Ainsi, je
rcvois mon père préparer avec grand soin de petites croix en bois de noisetier qu'il flche en terre
:lttx quatre coins du champ où sont plantées les pommes de terre ou les betteraves ou encore

29
semés le blé et l'avoine. Nul ne cloute alors de la protection divine pour les jeunes semences.
Et, si la récolte est mauvaise, c'est sans doute qu'on a quelque chose à se reprocher... !
La religion s'insinue partout : on ne comtrrence p:rs un repas sans une prière à ce Dieu si bon qu,il
nous pemret chaque jour de pouvoir nous nourrir avec les produits de la terre qu'il a contribué
à
bien faire pousser ! On ne tranche pas le pain sans I'avoir signé (du signe de la Croix) avec la
pointe du couteau. Bref, toute une série de « bonclieuseries , qui permettent sans doute
d,éviter
de trop réfléchir aux difficultés liées aux conditions de üe du petit paysan d'alors...

carotte fouge : betrerave.

cafié: champ cultivé de grandeur variable en forme cle quadrilatère.


o J'a,i planté un carré de pommes cJe terre ,.

CaUSe (à. .. que) : parce eu€. « Il a ui,te rentré les bêtes ù cause que l'oraee anriuaii ,.

Champ (aller en...) : concluire les vaches au pré. (uoi,rbarlet).

chantemêflê : arbre coupé à 1,5 m. de hauteur pour marquer la lir-nite de propriété dans la forêt.
La forêt était constamment « entretenue », c'est-à-dire débarrassée des ronces et autre bois mort,
si bien que les chantemetles étaient facilement repérables. Leur localisation donnait d'ailleurs lie,
chez nous à des balades dominicales où l'on faisait le ,. lsur du propriétaire ,,, notre père voulant
à tout prix que nous connaissions les limites des quelques arpents de forêt dont il était propriétaire
et qu'il ne fallait surtout pas laisser au voisin !

ChaUSSinette : petite chaussette / socquette.


" Qu'elle étai,t belle pour sa communion aDec ses chaussinettes blanches !,
30
chiChOllê : « pot de chambre >> des jeunes mariés.
La tradition du mariage veut que les inütés à la noce se rendent
dans la chambre des jeunes
mariés, tard dans la nuit (ou tôt le matin !) pour leur porter la «
chicholle », breuvage servi dans
un pot de chambre (neuf !) et composé de divers ingrédients tels qu'une
banane, du ün (parfois
du champagne), de l'eau-de-üe, du chocolat... chacun doit bien
sûr y goûter...

ChifOnné : vermoulu. (chiron: insecte xylophage).


o Le buffet était tettement chironné qu'un beau jour it est tombé ,t, trtorceou* ,.
ChOUgnef : pleurer en gémissant, pleumich er. « fllJs aa pas atrêtet.tle chougner, cette gami,ne ! ,.
clme : sommet, mot d'habitude utilisé pour désigner le sommet pointu
d'une montagne, d,un
arbre, il est alors employé dans un usage plus large : la << cime ,,
du placarrl, par exemple.

cinq sous (faire) : pour un enfânt, serrer la main à un adurte.


o Jean, uiens d,onc
Jaire cinq sous au Monsi,eur ! ».

ChaSSef : (pour une vache) être en chaleur.


« Il uafalloir emmener la Brune au tau..eüu,
çùfai,t d,eur jours qu,elle chq.sse ,.
churg : chèwe. o Quancl la Louise grimpe à, trauers champs, on clù.ai,t une ara,ie chure ».

classe (être de la. '.) : avoir la même année de naissance et donc la


même date d,incorporation
à I'armée.

31
ClinqUaillê : objet sans valeur. « Pourquo'i le gosse gard,e toute cette clinquaitte sous son tit ?
".

COCOne : vaiété de grosses prunes üolettes.


Ces prunes, cueillies en grand nombre et mises à macérer dans un tonneau, fournissent la matière
première pour distiller de I'eau-de-üe. Chaque famille disposait d'un o droit » à faire de I'eau-de-vie,
environ vingt litres par an, pour sa consommation personnelle, tout commerce étant prohibé !
Lalambic s'installe au début de I'automne au milieu du üllage ; chacun apporte sa production et
repart avec des bonbonnes remplies de ce bon alcool odorant, fort, oh ! combien, mais naturel...
Il se trouve que dans notre village, le bouilleur de cru installe sa machine à proximité de I'école,
ce qui serait formellement interdit aujourd'hui. Nous passons donc plusieurs jours avec, dans nos
jeunes et frêles narines, I'odeur du breuvage interdit à nos papilles !
Il n'est pas de tradition chez nous, comme on Ie dit pour d'autres régions (mais n'est-ce pas une
légende ?), d'ajouter une goutte de gnôle dans le biberon des bébés. Par contre, cette mixture est
facilement utilisée comme désinfectant : une carie, des aphtes ? bain de bouche à l'eau-de-üe
avec, pour les enfants, obligation de recracher après le gargarisme ! C'était üolent...

COCOnnef : puer, sentir mauvais (voir emboucanner).


o Qu'est-ce qu'i,l peut coconner : on d,i,rait qu'il sort de l'écurie ,.

COIèfe (êhe...) : être en colère. o Qu'est-ce qui, ua pas que tu es tant colère ? ».

COnnaîtfe (c'est pas de...) : résultat nul ; çà ne se voit pas.


" Il a eu beau passer troi,s couches de peinture, c'est pas d,e connaître ".
COnSCieIlGê (par acquis de...) : pour être sûr, waiment sûr.
o Pensant qu'i,l auait lai,ssé Le portail ouaert, il a refai,t les ci,nq ki,lomètres depui,s la mai,son
pour aérifi,er pclr acquis de conscience ».

32
jrlrtt- \ -
C'N TNT
lt,l,l0l,ouuu,,wuo
---
oovNr. ni,cotre
çA VA D,PASSER
DE COCONE ! LEs zo tirnes tt

DO
dr)
COfte : de côté, « pousse-toi ». Ordre donné à un animal
de trait.

courir après : apprécier beaucoup. Est souvent utilisé à la forme


négative : ne pas apprécier.
o Les tl-ipes, lrla mère en raffite mais moi j,y cours pas après ».

COUVe : poule en train de couver ou avec ses poussins.


o On ne aa pas tuer cette cou,ue, eile a cinq jeunes
poussins ,.
cramiot:crachat / cramioter: expurser de gros crachats.
" Le Fernand, i,l d,oi,t être malacle, il n,atrête pa* iLe cramioter ».

CfapOtOn (à) : à quarre pattes.


o Le fi,ls de nos uoi,sins a du retard. A d,eur ans, il se déplace encore à crapoton ».

CfèVe : grippe. o Auec cette bise qui sou-ffie depui,s deur jours, j,ai attraTté une crèae
carabinée ».

CUChOn : tas (un cuchon de foin). (uoir accucher, andain).


o L'orage étant annoncé, on s'est d,épêch,é
cte mettre Lefoin en cuchons ».

CUeillère: cuiltère.

Cupelef / cupelette : basculer, renverser / roulade.


o Celui,-là, c'est un
urai singe quanrl i,t fait la cupelette ! ,.
« An'iaé en pleine pente, re tracteur a cuperé cïun seur co?.Lp ».

34
daillon : faux. o Le grattd,-pùe est parti, fit ce matin aDec son daillon pourfaucher- à,laJtnîche ,.

dandinaVêf (se) : se dandiner. par extension : danser.


" La Maïon sous son pru,ni,er qui, se d,and,inaae, qui se d,anclinaue cl,e ci, qui. se d,a,nd,inaue cle
Lù, qui, se dandi,naue ». (Extrait d'une chanson populaire).

débelloir : cafetière. Le plus souvent en métal émaillé mais aussi en terre ou en f'er blanc, elle
est composée de deux parties : le pot de réception du liquide, surmonté d'un récipient où l,on
verse l'eau chaude sur la poudre de café et muni d'un filtre permanent grâce à sa base percée
de
trous fins.
À Lyon, on prononc e ,< d,ubelloer ,, du nom de son inventeur, un certain Dubelloy.

déhOfS : au lieu de dehors. o Si.le chien est rentté, c,est qu,ilfait, sact.émentJtoid. d.éhors ,.

dépailler les cardons : se dévêtir; memre un pantalon courr.


o Voilà,le printemps qui aniue, le Ju\es a d,épaillé les card,ons ,.
Le cardon, légume résistant, est malgré tout protégé au mornent de sa croissance par de la paille
ou une bonne épaisseur de journal pour éviter que le gel ne lui soit fatal. Lorsqu'on retire la paille
protectrice, on est certain que les beauxjours sont arrivés et que le gel ne sera plus
à craindre.

déparler : délirer, déraisonner. o Quand, iL s'est mis à, d,éparler, on a compt.is qu,ilJalai1


l'enuoyer d, Sai,nt Robert'k r,. 'r. Hôpital psychiatrique local.

.1i)
dÎnef : repas cle mirti. o Le Jean m,a .it qu,i,l ui,e1clt,i,t dîner dema,i, ,.

dit 0e) : (expression) ne pas vouloir que ce soit le clit : ne pas reconnaître, nier.
" Je l'ai surpti,s la main cla,ns la bonbonni,èt.e, tnais i,l, ne ueut pas que ce soit te d.it ,.

donner la main : aicler.


o Pout'la plupart cles gros t|'auo.u,t: cles cha,mps, les uoisins uiennent, donner
la main ,
donner aux bêteS nourrir les bêtes.
:
o J'ent,ends les o,ies oi,et : est-ce que tu as ctéjc\,donné aux bêtes ? ,.

doryphorê : insecte coléoptère se nourrissant des feuilles de pommes


de terre, donc nuisible
et redouté.
cette appellation de d6ry'phore
" , fut d'abord donnée aux envahisseurs allemands pendant les
deux guerres mondiales puis attribuée aux vacanciers estivants qui
n'hésitaient pas parfois à faire
preuve de sans-gêne en s'introduisant dans les propriétés privées
pour y pique-niquer et
abandonner quelques reliefs de leur repas. Les sachets plastiques
ou les boîtes de conserve
oubliées n'étaient pas waiment du goût des vaches qui venaient paître
clans ce charnpJà. cela peut
expliquer en partie I'agressivité de certains paysans qui allaient parfois jusqu,à
sortir le fusil de
chasse pour faire déguerpir les intrus !

douve: ralus, pente forte. (référence aux douves cl,un château).


o Quand je L'ai, uu partir dans la douue aaec son tracteut, je
saua.i,s qu,il auta1t un acci4,ent
§l"AUe ».

36
éclairer Qe feu) : allumer. o Va chercher d,es brondes pour éclairer la cheminée ,.

éClape : au sens propre : gros morceau de bois arraché du tronc de l'arbre au moment
de
I'abattage. D'où au sens figuré : homme costaud et un peu brutal.
« Il étai,t parti un peu gringalet mais d,epui,s qu'il est reuenu
du t.ég,iment, le fits d,e l,Angèle est
une uéritable éclape ».

éClapef : arracher, écraser. « Si, tu nt,énetües, je uais t,éclaper ,.

écurig : ce terme d'habitude réservé aux chevaux est ici sÿ,nonyme d,étable.

embOUGanef : sentir mauvais. (voir coconner).


" Enfai,sant cui,re son chou-raue, Natha\ie a emboucané toute la ruta,iso,nnée ,.
éty*. boucaner: faire le bouc, animar connu pour sa mauvaise odeur).
embrailler / se rembrailler , se rhabiller, remettre son pantalon.
(sans doute une réminiscence de « [16iss », pantalon chez les Gaulois).
« Mon cousin étai,t en affai,re auec la Juli,e mais il afaitfissa pou?.se
rembrailler quand, son
mari s'est poi,nté à l'i,mproui,ste ! ,.

émOUChillef : chasser les mouches des animaux de trait.


Mouchine : produit chimique liquide que l'on répand sur la peau des vaches, alors utilisées
comme animaux de trait, pour éüter I'envahissement des mouches qui peuvent les rendre folles.

.)n
ÙI

à
De la même façon, les engins agricoles (tombereaux,
charrettes,...) sont peints d,un bleu spécial
qui a la particularité d'éloigner les insectes et, en particulier,
les mouches et les taons.

empéguêr: (vient du sud) enduit d'une substance collante.


" En, renuersant le pot de mier, i,r s'est empégué tous res d,oi,gts ».
Êfue ennuyé: « Jl s'est empégué dans une sale histo,it'e
anec une band,e cle uoyous ,.
Être saoul : n Après deur ou trois uetres cle udn bourttt, il est
complètemettt empégué ,.

empiagef : empêtrer. o La mouche était complètement empiagée clans l,a toi,le cl,at.a,ignée ,
endfOit (à point d'...) , nulle part.
" J'ai chet'ché ma crauate partout : elle est à point d.'end,roit ,.

étouffe-chrétien : se dft d'un plar (un gâreau) lourd er sec.


o La, pogne de La mémé est bonne mai,s
c'est un ut.ai, étouffe-chrétien ,.

exepfes : au lieu de exprès. o Je suis sûr qu,i,l y a,fait exgltrès ».

38
.*ile 5ui5 eMPiAOf. au,L 1RANauiâN2Le t
DAN' L'OCLAPO !

39
fagOté (rnal) : mal habillé, comrne un fagot mal attaché.
" D'i.s rlo'n,c, tu uas quand même pas a,llet à la m,esse a,u,ssi, mat fagoté ? ,.

fatiguer (a salade) : remuer pour répartir régulièrement la sauce.


o Toi qui. as l,'habi,tude, tu ueur bienfatiguer la sal,ade ? ,.

fayafd : hêtre 6ty-. (1373) :foi,Lha,r'ct (franco-prov.), dérivé de l'ancien françaisJ6u: ttêh.e).

fenief (fenière) : fenil, grange à foin.


" Le G'ust.e éta'i,t tellement nzôchut"é qu'il a, clotttti, a,ufenier ,.

fête à bfaS : expression synonyme de « travail , (à l,époque, on travaillait surtout


manuellement).
n Je uai,s me coucher can'clema,i,n il y afête à bras ,.

ficelle: filou.
" Celu'[-là, il est bi,en coln?ne son,pèt.e : qu,'est-ce qu'i,L estficelle ! ,.

fiOlg (êffe) : saoul. o La mémé, it tui. suffi,t cle cleu,r.t)e:.res po,ur,êh.e jïole ,.

fliqUe (faire) : ennuyer, agacer. o Me,me,n, tti,s à Gi,sète cl,ott-êter cle mefa,ireflique. ,.
fOiS ltesautres): jadis, autrefois. « Les autresfois, onaua.it
ni tété,ni,ot.d,ina,t€.u,t.».
fOUfgOnIlêf : remuer les braises avec un pique_feu.
o Auec ce uent qui. rabat raJutnée, on a beau,fourgonner, reJeu
ne ueu.t pas ,n.en4re ,.
on n'a aujourd'hui, pour réguler la températnre cle nos habitations, que
très peu d,efforts à fai.e :
il suffit le plus souvent de tourner dans le bon sens le bouton
du racliateur.
Il est wai que de plus en plus de propriétaires, soucieux de l'avenir
de notre planète et de la bonne
gestion de leurs économies, s'orientent à nouveau
vers des systèmes de chauffage au bois.
A l'époque que j'évoque, il n'existe pas beaucoup d'autres possibilités.
C'est un travail permanent car le poêle o à bois » fonctionne
toute l,année pour les besoins du
chauffage et de la cuisine.
Tout commence par un travail de bûcheron avec l'abattage
cles arbres sélectionnés pour l,année.
un voisin prête son cheval pour sortir du bois les troncs ébranchés.
un autre prête ses bæufs (les
vaches sont trop fragiles pour les transports trop lourds) pour
le transpàrt : c,est lourd et
compliqué compte-tenu des moyens techniques utilisés. Les
chargements sont limités avec des
troncs préalablernent débités, au passe-partout, scie à large lame
actionnée par deux scieurs.
vient ensuite le.iour du sciage : il faut être plusieurs pour présenter
le tronc au maître-scieur puis
ranger les rondins et ensuite, à temps « perdu », refendre
ces pièces de bois pour obtenir la
dimension correspondante à celle du fover.

ffOmOgef : nettoyer la litière cles vaches dans l'étable : ren-rplacer


le fumier par de la paille
fraîche. o Le f[ls Dut"and e, encore raté son cer.tif. Il est juste
bon àfromoÿ€r. ».

fréquenter courtiser. (on dirait aujourcl,hui : sortir avec...).


'
o Paul, pourt'a,i.t, bi.e'n marier la petite Jeenn,e, çù.fctit tt.oi* a.,s qu,,i,l' sefréquentent ».

4t
friCaSSéê ; assiette de porc frais que l'on offrait aux voisins après la mise à mort de l'animal:
30 à 40 crn de boudin, un morceau de longe et un peu de fressure (foie, poumon).
Il faut dire que le jour où I'on tue le cochon, c'est un événement, le point d'orgue de plusieurs mois
d'attentions particulières pour ne pas rater l'engraissement. Lanimal doit être bien nourri pour
qu'il atteigne le poids maximum et produise une üande cle qualité qui sera salée et conservée
jusqu'à la saison prochaine.
Le jour de l'" gx§slltion », le maître-d'æu\Te reste le charcutier mais pour in-rmobiliser l'animal et
ensuite se livrer aux préparations habituelles (saucissons, saucisses, andouilles, pâtés,
caillettes...), il faut faire appel aux voisins.
La " fricassée » s51 une manière de les remercier et d'entretenir de bonnes relations.

frouiller: tuicher.
" Le Louis ne ueut plus jouer à la belote auec son genclre parce qzr'i,l ru'an.ête pas d.efrouiller ,.

fumelle : femme.
n Di,s Mari,e, qu'est-ce qui te pre'nd, de te maquillet'comme çà ; c'est bien e,nco?.e ctes id,ées cte
fumelle ! ".

42
gabOt : petite flaque d'eau stagnante à proximité d'un bassin ou d'une source.

gabouillê /gabouiller/ : boue.


o Les ga,mins a,iment tous al\er gabouiller dans La mat'e ».

gadin: U@rendreun...)tomber:« EnuouLantJairelemo,l,i,rt s'u't':;on or;lo, il,s'est,ptisunbon


gadin ! ». 2/ caillou '. " C'est un g:'os gadin qui a bt'isé l,o 'u'il ru: d.e ttt.u lu:ll.e-rrt,èt-e ".

galetas: grenier.

gamate : auge du maçon pour remuer le ciment.

gaplan voyou, brigand, mauvais garçon.


:
o Depuis qu,'i,l.fréquente les bohémi,ens, Jacques est deuenu utt,'urai gapian ,.

gafbOt : récipient conique en corne de bovin, en bois ou en fer blanc, accroché à la ceinture
pour avoir à disposition la meule servant à aiguiser la faux.

gafçOn : fils. " Ti,ens, j'a'i rencontré Mctri,e au mat'ché a'uec son SarÇon ».

gâtg : au lieu de gâté. « Auec toutes ces pluies, Les poiles sont. t,outes gâtgs sur Les arbres ,.

43
gaqffe (uoirbugnê) : chute. (au sens propre : pâtisserie comportant des alvéoles).
o En courant, elle s'est empiagé les pied,s et a pris une bonne gaufre ".

$hâ (ou nial: bande, groupe d'enfants.


Référence à Ia « nichée » de poussins, ,. nia » désignant l'æuf artificiel déposé dans le nid des
poules pour les décourager de couver leurs æufs.
«Mon oncle et ma tante ont si,r enfants. Ik sont 1)snus auec toute la gna, ".

gOne : (lyonnais) gosse, enfant.

gObille : grosse bille de pierre. Par extension : gros yeux.


« Quand, il a d,écouuert ses cadeau,r ù Noë\, i,l afai,t de ces gobilles ! ».

gonfle : 1/ boursouflure, enflure.


« Le petit s'est cogné la tête contre le mur. Il a une gonfle con'Llne u,ne orürlge ».
Se sentir « glonfle » (gonflé), rePu.
o Le père a tellement mangé de boudi,n qu'i,l se sent tout gonfle '.
2l ballon. « Il ai,me tellement te foot qu'il tape d,ons tout ce qu'i,l trouue, mênæ si c'est pas une
gonfle ».

gOUi / gOyafdê : serpette à large lame qui servait à tailler les petites branches pour
confectionner les fagots.
Lorsqu'on abat un arbre, le tronc et les grosses branches sont débitées pour servir essentiellement
de bois de chauffage. Les petites branches et jusqu'aux brindilles sont atbachées ensemble, en
fagots, mises à sécher et utilisées une fois sèches pour allumer Ie feu. On fait « feu de tout bois ».
Les feuilles elles-mêmes (surtout celles du frêne) sont récupérées pour nourrir chèwes et lapins

M
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C9
*

e,uAND oN ReNTRe poiyr D'HEuRe, er N'AYANT PAs ou


a,uv ou t iut, FAur^5'hrreNDRÉ Auy coup1 DÉ LATTES-..
et parfois séchées en prévision de I'hiver. On a également le souci de laisser la forêt en bon état.
Désormais, l'exploitation forestière, soumise comme toutes les actiütés humaines, à des critères
économiques stricts, semble moins respectueuse de la protection des espaces. On récupère les
bois " vendables » (tronc et branches maîtresses) en laissant sur le sol toutes les petites branches.
Avant qu'elles ne pourrissent et se transforment en humus, il faut des années, des décennies. En
attendant, les ronces ne manquent pas de s'enchevêtrer dans cet entrelacs de brindilles jusqu'à
constituer une véritable jungle inaccessible.

gOufi : cochon d'Inde.

gOût : odeur. « En rentrant, j'ai, tout d,e suùte sent'i, Le goîtt d,es châtai,gnes gt"il\ées ,.
Avoir !e goût: aimer, apprécier.
« S'il a le goîtt de bien trauai,ller ù l'école, i,l pourca deueni,r un bon menuis'ier ,

gOUtte : eau-de-üe, gnôle, alcool en général.


o Je uous sey's une petite goutte pout' di,gérer ? ".

gfabOtef : gratter, s'affairer, farfouiller.


« La mère est toujout's en trai,n de graboter dans ses affai,res tellement elle a peur qu'on Lui
uole quelque chose ".

§fU : (nom) de gu / (üngt) gu : transformation de « nom de Dieu "/ " vingt dieux ,.
Interjection exprimant I'admiration, l'étonnement, la colère. . .
o Y'a Longtemps que j'aua'is pcLS uu La fille du Guste : uingt gu qu'el\e est be\Le ! »
« Nom de gu ! Est-ce qu'il ua falloi,r que je repète di,r fois la même chose pour me faire obéi,r ? ,.

46
guenille : (en référence au mot s'appliquant à un vêtement en lambeaux).
Persorure qui ne fait rien correctement, qü se néglige.
« Depuis qu'il a perdu safemme, c'est ttne guenille ».

guenillel: traîner, ne pas réussir quelque chose.


« Qu'est-ce que tu as guenûllé ? Cette s(ruce est complètement ratée ! ».

47
HàL
hgfbe(S) : Iégumes verts (épinards, feuilles de blettes, oseille...).
« Hi,er, on ü nxoitlgé un bon gratin d'herbes aaec des æufs d,urs ".
\
hérisson : bogue de châtaigne.
mai,s il faut pas auoir peur piquer aur
" On apprécie les chô,taignes». dans l'assiette d,e se
hérissons en les ramassant
La châtaigne, fruit typique de I'automne, est largement utilisée dans la confection des repas entre
octobre et novembre de chaque année.
Les préparations sont diverses entre les châtaignes directement grillées dans une poêIe trouée,
cuites à l'eau sans leur première peau et ensuite dégustées avec du lait froid ou en
accompagnement de la salade verte ou encore, en « têterelle >>, c'est-à-dire cuites entières. Il suffit
ensuite de presser sur Ie fruit pour aspirer la pulpe cuite sous forme d'une crème blanche.
Les châtaignes au lait constituent assez systématiquement le plat de base du repas du soir,
toujours assez frugal. Il est régulièrement complété par un morceau de tomme (du lait de nos
vaches ou chèwes) et d'une pomme (de nos pommiers) : en somme, l'autarcie parfaite !
Par contre, Ia quantité n'est pas comptée, les châtaigniers poussant librement dans nos forêts et
nécessitant un entretien sommaire.
La conservation par dessiccation, souvent tentée, n'est pas toujours efficace : les châtaignes une
fois desséchées puis réhydratées ne sont pas fameuses et les vers mettent souvent à mal une
bonne partie de Ia réserve. Il faut donc considérer la châtaigne comme un fruit de saison, Iimité
dans le temps.

48
hgUfe : (à point d'...) : à une heure tardive.

" Joseph aoulait finir de faner. Du coupt, i,l est rentré ù point d,'heure ».

idég : ne pas
avoir l'idée. Ne pas avoir l'envie, le goût, être sans volonté.
« llfaud,rait que j'attaque à trier les patates, mais j'ai pas l,idée ,.
faire quelque chose sans réfléchir.
« Pour la peinture, il a commencé par le bas du mur. Il a uraimmt pas d,'id,ée ! ,.

jailleS joues du porc. Par extension : double menton.


:
« A force d,e manger gras, le père auait des jailles qui tui, tombaient sur La poitrine ».

jarbon n ière' hupinière.


o J'auais planté une belle table de salades mais c'est d,euenu un champ d,e jarbonnières ,.

iaVelef : faire des gerbes fiavelles) de céréales . <, Le bté est mû,r, it Jaud,ra jaaeler aaant la
pluie ».

jOintef : (cf. joindre) mettre bout bout, accoler.


à
., Com,"nLe il auai,t pas bi,m jointé les plnnches, ln bke soufrkt;i,t dmts tn cabane autont que dnhnrs ».

jOUfnal : terrain dont la superficie pouvait être labourée en un jour et correspondant à 2b ares
(1/4 d'hectare).
« L'Hermi, a planté au moins trois journaux d,e ponxnxes d,e terre ».

jUS : café. « Hier, Marie est uenue boire le jus ù la maison >>.

49

_t
latte : gaule, grand bâton.
Par extension : grandes jambes.
« Ton est trop bien nou.rri,. Il a des
fik lattes qui, n'enJinissent plus ! ».

le, Ia, l' : article largement utilisé devarrt les noms propres.
« Le Louis est parti ce maùi,n ù la pêche q,uec la Françoise et l'Alai'n ».

limé: (de « limone » citron).


boisson composée à50o/o de limonade et à 50 % de vin: blanc ou rouge limés.
« Tlt bois l.titl cotlon ? - Oui, donne-moi un blanc lûmé ».

lUi r pronom personnel faussement utilisé de marrière transitive au lieu de .. 1' ,r.
« Je lui ai aidé à, porter sa lessiueuse qui était pleùne d,e linge ».

50
L'oRlcrlNAL Du viwacte ex aanivl à s'ottot iea ue uapiaol DE sa riwe...
MàO
mâChOn : repas copieux et bien arrosé entre amis.
par un
" A,pt'ès tro'ts .iout-s d,e fête à, courit' d,ans Le uill,age, les conscri,ts fi,ni,ssai,ent toujou?'s
mâ,chon ,.
Les o nâchons » ou autres repas en tout genre ne manquent pas : on fête les événements de la vie
« privée » (naissance, baptême, mariage, décès) comrle ceux de la vie " sociale " (gros travaux
des champs, repas tltt cochon, repas de Noël, de Pâques, de la Tlinité... ! et que sais-je encore...).
Toutes les occasions de se rencontrer et de faire bombance sont bonnes cornme un antidote
à la difficulté cl'une vie faite de dur labeur, sans beaucoup de compensations matérielles ni
« culturelles » : les journées de travail sont longues, les techniques modernes n'ont pas encore
supplanté les travaux manuels. L'espérance de üe était beaucoup plus réduite qu'aujourd'hui. La
« retraite » n'existait pas et, quand on arrêtait enfin de travailler, c'était parce que le corps, trop
usé, ne pouvait plus suiwe. C'est sans doute pour toutes ces raisons que I'on privilégie ces repas
conviviaux, bien « arrosés », coilposés d'une nourriture saine et abondante.
Pour I'exemple, voici le menu « ordinaire » d'un banquet de la " Société de Secours Mutuel "
en 1930 :
HORS D'(ETryRtr VARIÉS
TÊTtr DE VtrAU SAUCE VERTE
FRITURE DU LAC
CHEVREAU AUX CHAMPIGNONS
COUP DU MILIELI
PETITS POIS AU JAMBON
VOI,AILLES RÔTIES
SALADE Dtr SAISON
DESSERTS ASSORTIS
VIN À VOLONTIi - CAFE NT MARC

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mâChUfé (être) : être saoul (du verbe « mâchurer » : meurtrir, déchirer, mettre en morceaux).
" Apt'ès tro'is uetve de gnôle, il est complètement mâ.churé ".
étlr". mascurel': noircir, barbouiller de noir)

magnaud : habitant du Dauphiné.

ffiâl: (expression) Y'a du mal de fait = ce qui était prévu est bicn avanr'(:. o Il, r'est,e encore cleur
bonnes joutnées de tra,uai,l pourfinir de labout'er yna.is y'a d,éjù, du mal cle.fait ,.

malOtfU : enfant mal éIevé.


o Depu'is qu'il a tu'gtae e,ns, le petitfait ce qu'il aeut comtne l,r:s urttres malotrus tle son, quat'tier,.
(Étym. clu latin populaire male astntces : né sous la mauvaise étoile)

mangef (avoir du monde à.. .) , avoir des invités.


o Lucien, ne aü pas chez ta tante, ce soùr, ils ont du monde à, manger ,.

mafqUisêtte : boisson alcoolisée à base de vin blanc et de limonade.


o Andt"é a sa tête des gt'antls jours : il a encore abusé de la marquisette h'ler so'i,t'
".

matef : gagner, avoir le dessus.


o Ce grand brelot de Martin se u'oyai,t Le plus fort malis 'il s'est fai,t mater par le Louis qui
deztx ans de moins que lui !
"
(Étlo". au Moyen-Age matir.' vaincre. Aux échecs : .. faire mat ,).

matfu : petit, gamin, enfant. « Le matru est t'entt'é de l'école, son ca,ttaàle est d,ans la cuisi,ne ,.

53
meUle : pierre à aiguiser la faux.
(expression) « ntoui,llet" La meu,Le, : se désalté1er, boire abonclamment.

IÎJé : encoys. o Il, est, mé malo,de ,.


o Oti est-c:e qu'iL est mé pa,ssé ? ,.

mieux (de) : de plus.


o Lc bottcher éta|,t biett luné aujourc|hui,, il m'o trt'i.s une tu'a'nche de jambon. de mieux ,

mifon : chat. o Le miron est eTrr:ore passé par1,à,,l,a tapisset"i,e est [,oute griJfée ,.

mitraille : petite rnonnaie.


oLa boulangère aime bi,en qu'on, Lu'i. clonne cl,e Lu, mitraille poztrpouuoi,t'renih'e l,a monnaie ,
étyr". cle mite.' monnaie de cuiwe en ancien français).
mOnde Qe) : les gens.
n En\èue-toi, de uet's La, pofi,e que t,u em,pêches le monde de t'en'tt'et' '.
mgndée (la) : opération visant à séparer la coquille du cerneau cle la noix.
IJopération ,, technique » donne lieu à une véritable cérémonie, répétée autant de fois que
nécessaire jusqu'à épuisement du stock de noix.
Les üItageois trouvent là une occasion supplémentaire de se rassembler potr s'entraider et
profiter ensemble d'une soirée conviüale.
Il est wai que la tâche elle-même n'est ni arclue ni fatigante : en général, le grand-père (plus le père
si nécessaire) est chargé cle casser les noix avec art et précision. En effet, il faut donner Ie petit

54
coup de marteau au bon endroit pour préserver le cerneau qui se vend à un bien meilleur prix
entier qu'en morceaux dispersés.
Tous les autres participants décortiquent les noix avec grand soin et les répartissent dans de petits
sacs. Pendant ce temps, la parole s'exprime librement autour de la table et les histoires réelles du
pays ou inventées vont bon train ! On chante aussi parfois...
Et puis, pour terminer ces soirées et remercier les voisins, on ne se sépare pzm sans avoir partagé
un casse-croûte, constitué, chez nous, assez régulièrement d'une salade de haricots blancs aux
oignons frais, suiüe de tartines de pain recouvertes de gelée de groseille. Sans doute y avait-il
aussi des gâteaux et peut-être d'autres préparations originales. Mais ma mémoire est sélective,
allez savoir pourquoi !

mOUGhillOh : petite mouche, moucheron.


o C'est i,ncroyable con'tnle les tommes attirent les mouchillons ,.

(tout) mOUillé (de chaud) : 1/ être en sueur.


« Il a tellement couta pour rentrer de l'école qu'il est arriué tout mouillé d.e chaud. ! ».
2l tottt au plus.
« Il a réussi, ù rentrer deur qui,ntaur de po,tywnes tout mouillé de chaud ».

neige : (dicton à propos d'un homme aux cheveux blancs).


« Peu im,porte qu'il y ait de la nei,ge sur le toi,t pourau qu'i,l y ait d,u feu dons la cherninée ».

niaquef : donner un coup de dent, mordre superfièielement.


« Ce chien n'est pas méchant mai,s i,l m'a tout de mêwte niaqué le mollet
".
niflg : morve, chandelle. « Faud,ra etnnl,ener Le môme au d,octeur, it a toujours la niJle o,u, nez ».

55

I
nnimpOftg Cgmmgnt : expression qui ponctue Ie début de certaines phrases et qu'on peut
traduire pat : de toute façon, obligatoi,reme:nt.
« Nrimporte comment, si uous ne fi,nissez pas uotre uiande, uous n'üurez
pas de d,essert »'
« Nrimporte comment, pour aller chez te Déd,é, tu es obligé de passer par l'église '.

niOulgf : pleurnicher, se plaindre' (uoirchougner).


« Faites d,onc tai,re ce gosse qui, n'arrête pas d,e niouler pour rien ''
Ofiginal (faire I'...) : se faire remarquer /faite I'idiot.
« Le fits d,u Zè* a d,e mauuai,ses notes mais i,l n'atrrête pour autant de faire l'original
po,s '.
*diminutif de Joseph cofllme << Fine >> ou (< Fifine » est Ie diminutif de Joséphine'

oublier (s') : être en retard.


o Je suis d,ésoté mais je me suis oublié car le reaei,l n'ü pa,s sonné ,'.

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à se qRENDRE uvr. GAuFRe, oN riuir m r?,re ooNrLE.
57
pagUs / pagUSe (directement du latin).
: paysan(ne)
Parfois péjoratif : « C'est un w'ai pügus : i,l n'éuctluera jamo'i's ''
Pâques (faire ses...) : aller à la messe le jour de Pâques.
La société française est encore très dépendante du pouvoir religieuxjusqu'à une période récente.
Le calendrier et toute la üe sociale sont rythmés par les événements liés à la religion catholique.
,, Faire ses Pâques » représente I'obligation minimale pour tout indiüdu baptisé. Ainsi, le
jour
de pâques, l'église est pleine et chacun s'oblige ce jour-là à « communier Un ,. grand nombre de
paroissiens, particulièrement les hommes, ne se déplacent jusqu'à l'église qu'à cette occasion (et
aussi pour les enterrements). On retrouve là le respect de la tradition et des habitudes, la crainte
du « qu'en-dira-t-on » et peut-être aussi, dans le fond et sans jamais le dire, une sorte d'allégeance
à Dieu dont les prêtres nous assurent de sa bonté si on l'adore et de son courroux si on l'ignore...

pâ;,: 6a1s. «En rentrant, Le FetnancL est tombé par le ta\us det'ri,ère chez La Berthe »-

pafise : norl courant donné à une vache et, par extension, dénomination de l'ensemble des
vaches. u Il ua bientôt.faire nuùt, tu ueur bi,en rentrer Les parises à' l'écut'ie ? ''

patalef : courir üte. << Q,uatncL Le uieur les a stnptis dans son aû'get; t:Lt Les auraùs uus pataler ! '.

patOUillef : méIanger. o Pourfaire h, pâ,te defruits, itfctut bien patouiller et pend,ant longterups ".

(Étym. pcttoi,l,l,er : barboter, patauger).

58
patte : chiffon. « Donne-moi, une patte pour essuAe,r.La, ui.tre ,.
d'où pâttiêf : chiffonnier et I'expression « Juret'com,lne utr, pattier ,.
Chez nous, le pattier récupère aussi la ferraille, les peaux de lzrpin sér'hées et tous les objets dont
on veut se débarrasser. Il n'a donc pas forcément bonne répul,al,ion puisrltr'il üt cles rebuts de la
société mais il rend service en débarrassant les gens de leurs olr.jels cncotntrrants. Il faut ajouter
qu'il paie (oh ! très peu, mais tout de même...) pour pouvoir eurlrorl,r'r loul,t's ces vieilleries. Il est
finalement attendu et parfois même sollicité sauf par les enfanls r1ui, lorsrlu'ils ne sont pas sages,
se voient menacés d'être emmenés par le pattier...

marChand de pattes : marchand de vêtements.

pelne (faire...) : faire pitié /honte.


o C'est la tt'oisième opération des yeur que subi,t La, mù'e Jeannp : çtù .leit peine ! ,.
o T'as uu colnlne t'es fagoté ; çd, fait peine !
".
Expression : o donnez-uous la peine d'entt"er » = Deuil\ez enlt't:l'. (voir " setile,nxttt.t, ,).

pélandrOh : indiüdu peu recommandable.


o AngèLe, i,L n'est pas questi,on que tu ailles au bal a,uec ce pélandron ".

pelUCheS : premiers flocons de neige qui volent dans I'air comme cle la ouate. Verbe pelucher.

pefCé : crevé (pour un pneu). o En rentrant a uélo, j'ai percé. J'a i. d,,û .l:i rti.r. r\, yi,ecl ,.

penses-tu : expression signifiant à peu près : ,, Nolx, pas clu tot.tt. ».


« Est-ce que je te dérange ? Penses-tu ! ,.

59
pgntfillgh: chel'rise: partie de la chemise qui doit être rentrée dans le pantalon.
... cle
n Tu es lot4iottt's ctépetta'i\té ; t-enh'e do'nc tott pentrillon ! '

pefdre (ne pas laisser...) : ne pas gaspiller.


n ,Je sttis qLt'on \ruonge d,u t'ôti d,epui.s trois iottt's mais i'1, neJaut' pas laisser perdre ''
pétafine : mélange de vieux restes de fromages que l'on laisse macérer dans un pot en terre
avec sel, poiwe, herbes aromatiques et un peu d'eatl-de-üe'
La üe rude cles paysans les incite sans doute à apprécier les choses un
peu fortes, avec du goût et
de Ia pétafine
du caractère ! on ne se contente pas de la médiocrité ou de la neutralité. C'est le cas
qui laisse toujours les papilles « en émoi » et qu'on apprécie encore mieux avec Lrn bon verre de
ün...
Il faut considérer égalen'rent qu'il est insupportable de gaspiller quoi que ce soit. Et c'est bien Ià
souvent I'origine de tous ces restes n aménagés ''
petafiné : cassé, brisé, abattu. « IL est tel,Lement Jatigué qu'iL paraî,t tout petafiné ''
petafinef : gaspiller, détériorer.
n J'eura,',s pas ctû. Lui taisser fah'e l,a. pâte, i't rne l'cL t'oute petaiï'née '
pille : motte de terre et de mauvaise herbe.
« R'ien ne poLLSSe clans c:e jat'din, il rt'y a rlue de La pille ''
pipette : primevère.
o Cet,te lois Le printemps est aniné, j'a'i 'uu Emi,tie aoec u'n gros bouquet, cle pipettes "

60
plS : pour renforcer une affirr-r-ration.
n IL a rné pis tt'auo'i.ll,é tottt,l,e d'i.manclæ à, son ch,q,n,ti,er ,.
o C'est. pas mol1'ont. m,ais.fctttt pis A oll,er ,.

pitfOugnê[ : rcmucr, r-rrélangcr en triant.

" Lct, gomi.n,e art'ête pus d,e pitrougner dan.s sott, ass'i.ette. Ellr' ry rr itttr' lxrs ort clle est, tnolade ? ,.

plein (en) : con-rplètement.


o Jea,n.-Pi,ett'e a 'uoul,u plan.tot' ses pom,mes de tert'e en.l(tm"ict'.' i / .s'r'.s/ ltrttttluî en plein. Çà a tout
gel,é ! ,.

plief : envelopper. o Vo'us al)ez un soc ou je'uous plie tes poitvrttr.r' ? ,.

plOt : tabouret à trois pieds utilisé en particulier pour traire lt's v:x'lrt's.

plOmbinêf : dans les jeux d'enfants, désigner un joueur à I'aitlt' tl'rrnt' r'onrplinr,.

poche / pochon : sac, sachet.


« Pout" les to'tnatest'üo1trs a'uez de la place da'ns'uott'e'pani.er ou jt:'urtus tlottttt, utte poche ? ,.

pOgne : brioche. Celles de Romans (Drôme) à la fleur d'oranger el cle Saint-Gcnix (Isère) avec
des pralines, sont célèbres dans la région.

pOqUgf : sentir rnauvais. " Qu'est,-ce qu'i.L poque chaque.f'ois qu''i.l uo d,ortrtet' a,u cochon ,.

61
pOquef (se) : se cogner.
« Aïe ! je me sui,s poqué contre la porte ! ».

étyr". emprunté au flamand pokken: frapper).

pOfeau : poireau.
« Le Guste, auec ses cheueur blancs, disait toujours : o Je sui,s le contrai,re des poreaux qui, ont
la tête aerte et La queue blanche ! ».

pOUfette : ciboulette.

pOUlaille : les poules, la volaille. o Il aa bientôt faire truit, it est tsnrys d,e rentrer la poulaille ,.

pOUSSeyêf : bourrasque de vent qui fait voler la neige fine comme de la poussière.

pOUSSief : poussière de foin ou de paille.


« Après le passage de La batteuse, il fal\ait bi,en huit jours pour de débaryasser du poussier ,.

pUfinef : (voir bringuer) étendre le purin.

pOutfingUê : compote de prunes.

pfendfe : hésiter, ne pas reconnaître quelqu'un.


o Ce matin, un gars m'a salué dans la tae mai,s je ne sais pas où le prendre ,.

62
Ir
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fi / u"iirr
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LEi Dtspurqs oe voisivs c'Esr DEs uisroiaçs DE,


poumitLt ou oe ruuien aui Poeue...
qUand : en même temps que... o Il est at"rùaé quand. nolts ».

qUeue dg fenafd : entrelacs de racines qui obstruent une canalisation d'eau.


o Pas étonnant que le bassin ne coule plus, i,L A ü une be\le queue de renard dans le tugau ».

quina : vin apéritif confectionné à base de quinquina.

qUOi (avoir de...) : être aisé, riche.


« Y a pas à, di,re, ceur du chô,teau, i,ls ont uraiment de quoi
".

qUOi (y'a pas de...) : je vous en prie, c'est avec plaisir.


« Merci, du coup de mai,n pour la batteuse. - Y'a pas de quoi
".

64
fabOuinS : gens pauvres, mendiants.
o Ces gens-Là, sont ma|fagotés, on di,rait des rabouins ".
éty*. raboi,n: diable puis bohémien).

faGines: carottes.
o Vo" me chercher une botte de racines dans le jardin po'ul' kt srntltt' "

radég : forbe averse.


«En rentrant de La foire, i,L a ptis une bonne radée. Il, éto'i.l lrcrrtlx; "
éty*. de I'ancien adjectif rad,e: torrentueux).
famief : fainéant, d'où l'expression : ne pas en faire ltrLe tu nt.e.

fapetassêl' : raccommoder, recoudre.


o Ce pantalon est tout rapetassé mais i,l fera bien encore 'u n l)?'tt ».

ét1"". en franco-provençal pétassar ; rapiécer).

fappOfte-paqugt : rapporbeur, mouchard.


o Je ne ueur p|us jouer'üaec Jean. Il dit tout au mc,ître cornTne'un, rapporte-paquet "

fât : caprice d'enfant. « Le petit est puni, iL a encore fa,i,t un rat ,

65
Iâtê petite dent d'enfant.
:

" Le pet'i,t, a l,a


joue toute rouge, il doit auoi,r ma| à, ses rates ».

fataillOnS : restes. o CeLui-Là,, i,l a toujours Jai,m. Auec Lui, il n'y a jamais d,e rataillons ".

fatassef : gratter, s'activer sans cesse.


" La mémé est encore en.forme, elle n'an'ête
pas de ratasser dans La cuisize toute la journée r.

fatglaillgs : râtelures : restes de foin récupérés avec un râteau.

fave : sorte de juron équivalent de « zut l rr. o Raae !j'ai, encore raté le bus ! ,.

feCeVOif : être corrigé. (sous-entendu ,, recel;oi,r une gifle, unefessée,...).


« Si, tu conti,nues ù m'ctgacet', tu uüs receaoir ,.

feGulée (prendre une...): prendre une cuite.


" A force de boire co?nvrue LLn trou' i,l a pri,s la reculée de sa ai,e ! ».

fefOin : regain. Deuxième coupe de foin de l'année.

femUé de gefmâiIl : petit cousin : génération qui suit les cousins « germains ».

fepfOChef (çà me...) : difficutté à digérer, renvoi, aigreurs d'estomac.


o Je ne mange jamais de poiuron, çù me reproche ,.

66
fetOUfnef : action accomplie en retour.
« J'aifuùt cuire le rôti une heure puis je l'ui, retourné fai,re mi'joter aaant d,e sensir ».

« J'uù sorti les uach,es ù midi et je les ai, retournées rmtrsr ù quatre heures >>.

fetOufnef (s'en) : revenir, faire demi-tour.


« Le grond, Zè est part;ù au marché à 5 heures du matin et s'en est retourné ù ln rtui,t ».

fevOyUfe (à Ia...) : au revoir.

rhabilleur : rebouteux.
« Aaec ta gonJte qu',i,l a sur le gqlou, i,lferai,t mieun d,'aller au rhabilleur ".

fign rien faire = être très occupé.


: ne pas
« On n'a pos rûen fait que la rruit tombe d'éiù ,.

fifOUgnef rire bêtement.


: ricaner,
« La maî,tresse a dit ù Jeanne que safClle n'aruêtuùt pas de rifougner sn classe ».

fOnflOn : grognon, de mauvaise humeur.


« Le peti,t d,oit être malad,e. Depuis ce mati,n, il n'arrête pas d'être ronflon ».

67

I
SabfaqUê I brouillon, désordoruré, qui ne respecte rien.
I
« L'Angèle, c'est LLne uraie sabraque ; ilfaudrait l'enuoyer au Seraice coTtmLe les garçons ! ,.
i1

tr SangUettê : préparation à base de sang (àe volaille notamment) cuit à Ia poêIe au beurre avec
une persillade.

SaOUle dit d'une vache qui a assez mangé.


: se
« Ttu, peun rentrer les uaches, elles sont saoules »».
d'où I'expression : << Manger tout son saoul >> : manger beaucoup, jusqu'à plus faim.

Sapfé : sacré. << Mon nel)eu n'arrête pos d,e faire d,es bêtises : c'est un sapré chenapan ! ».

SafameiOU : pissenlit.
lr
SaUGée : averse (aoir radée).
ti (Étyr". au Moyen-Age, se Eü'u,sser: se mettre dans l'eau).
I

I SaUt (faire un...) : pa,sser rapidement.


" Je uais fai,re un saut chez le uoisin, pour lui rsnd,re sa perceuse ».

Seffef / çà serre ! : il fait froid !

68
r*-1æ

d5*

bJï
îffii ,, 'ê

a{ -t

qUAND oN cououir coÿtÿtt uN sAoRAeuE...


Sgfve ciment servant de réservoir d'eau, mare.
: bassin en
« Heureusenxent que la serae étai,t pleine ; on a pu éteind,re te feu rapid,ement ».

SeUIemeht : adverbe utilisé pour renforcer une affirmation.


« Entrez seulement ».
o Fais seulement tes d,eaoirs au lieu d,e t'ayiuser auec le chi,en ».

SiClef : crier de manière très aiguë dans la douleur ou pour voir un caprice satisfait.
,l
" Joséphine s'est coi,ncé le doigt dons ta porte. ELte a siclé toute la mati,née ,.
t
rl

I SiZaing : la moitié d'une .< douzaine ». Se dit surtout pour les æufs.
o Va d,onc me chercher une sizaine d,'cnufs ù la caue ,.

SOt : qui fait des sottises (et non conune le dit le dictionnaire: .< dthtué d,'intelligence »).
« Pierre s'est encore fai,t remarquer ù l'école : qu,est-ce qu,i,l est sot . . . ».

SOUC| (prendre du...) : décider de partir.


« Oh ! il est d,éjà cinq heures ! On ua prend,re d.u souci ,.

SOUpef I repas du soir.

70
TàV
tablg : aujardin, surface rectangulaire d'enüron 5 m' réseruée à Ia cultu.e d'un légume'
o Ce mati,n, j'ai sarclé mes deut tables de hat"icots " '

tâcher moyen : essaver.


nJ'yai,jamai,sJaitmai,sjeua'i'stâ'chermoAend'eréu'ss'it'"'

taCOn (mettre un...) : boucher un trou avec du plâtre, du ciment', tlc ,aille"
l:r '

o Les souri,s ont réussi, ii percer La cloison. Il, ua Jalloi,r


metlt't' 'trtt tacon "'

taillon : tranche d'agrurne. un taillon d'orange, de mandarinc...

t' rxt'it' lo bardèle ''


tantôt (ce) : cet après-midi. o Le uétûinai,t'e a d'it, qu'i\ passero i't ce tantôt lxtt't

répétif ive le tranchant


taper la faux : aiguiser la faux en frappant délicatement et cle urzttrit\t'e
de ia lame à I'aide d'un petit marteau'

tatan : tante.

c:.tnnle un taureau : eIIe


taUfgllg : se dit d'une vache stérile qui devient folle et se comportc
sens, s'enlirit droit devant elle'
gratte le sol avec ses sabots ou ses cornes, elle saute dans tous les
: l'abattoir I
saute sur ses congénères... Dans ce cas, une seule solution
de malheur... Il faut considérer que les animaux
Quancl çà vous arrive, c'est toujours une sorte

7l
domestiques sont des biens précieux, source cle revenus non-négligeable : le cochon qui fournit la
üande une bonne partie de l'année, les poules pour les æufs et parfois la viande, comme les
lapins, etc. Les vaches, en particulier, représentent un triple intérêt : l/ production régulière de
lait (donc de fromage, le « petit-lait » lsslsnt après la fabrication cles fromages servant à nourrir
le cochon). 2/ unveau en moyenne tous les ans, source de revenu importante. B/ souvent utilisées
colrlme animaux de trait quand on n'a pas les rnoyens de posséder un cheval ou cles bæufs
(labourage, hersage, transport de bois, de foin...).
Dans le cas de la vache taurelle, rien de tout çà, sinon le prix de la viande à I'abattoir, une bien
maigre consolation !

tavan : gros taon.


" La géni,sse des uoi,sins est,partie comlneuneJot\e après auoi,r étépi,quéepü7-urLtaaan ».

taVelef : frapper avec un bâton, une tavelle.


Etre tauelé: être un peu fou (sous-entenclu cornme si on avait reçu un coup de tavelle).

tavelle : ('uor,r'bille) gros


bâton de bois utilisé pour actionner le mécanisme permettant de tendre
des cordes pour maintenir le chargement de foin sur la charrette.
Les cordes, seules, ne suffisent pas à garantir un parfait équilibre du chargement. Certes, les
quantités transportées sont relativement faibles. Mais la charrette est tractée par deux vaches sur
des chemins caillouteux et parfois très pentus : il faut donc préparer le chargement avec grancl
soin et une technique particulière dont notre mère était cl'ailleurs une spécialiste. Il s'agit de bien
répartir les charges, de fouler correctement le foin pour que le chargement soit plutôt compact et
solidaire. Ensuite seulernent, les cordes tendues üennent mettre un point d'orgue à la qualité du
travail réalisé.

72
tempS (Ie... me dure) : être impatient.
« J'sn ai manre d,e te torcher le nez. Le temps me dure que tu soi,s grand ! ».

tempS un...) : autrefois, il y a longtemps.


(passé
« Passé un temps, it y aaai,t des écreaisses dans tous les ruisseaur qui uont ü'u,lac ,r-

tgmps (avoir meilleur...) : préférer, avoir intérêt à.


,< Pour arriuer plus tôt, on a meilleur temps de passer par les boi,s ,-

tempS fiusqu'à... que) : explétif de " jusqu'à ».


« Il ua nous faire caquer jusqu'ù temps qu'on lui aura ytas enuoyé les gendarmes ,.

tempS (du... que) : pendant. « Du temps que tu es en uille, achète-moi donc de la Lessi,ue ».

tempS (être toqjours à... de) : avoir le temps de, ne pas être en retard.
« On ua mettre le ueau sous La mère ; si elle n'a 1)as assez de lait, on sera toqjours ù temps de
lui, donner un com,plémerlt >>.

têtafU : têtu, tête dure. " Quand, Paul a d,écidé de faire son têtaru, tu, ne peur rien en tirer ».

têtgfelle : (qui se tête). On fait cuire les châtaignes avec leur peau et ensuite, on aspire leur
contenu après avoir pratiqué un petit trou. (référence à I'appareil qui sert à tirer le lait des nourrices).

tirgr Ie hit: traire. tirgr les pommes de terre : arracher.

t'70
l.)
totor (à) : à tout à l'heure.

tOuChgf la main : serrer Ia main. n Quand, te ctéputé est uenu, je tui, ai touché la main ,.

tourner [e jardin) : bêcher.

traîngau : chasse-neige.
o Le traînee,u est passé deur foi,s ce matin et i,l y a encore de La nei,ge sur la route ».

trapanellê véhicule en mauvais état.


:
« J'entend,s le Mari,us arriuer auec sa uiei\le 2 CV. Elle date de 1948, c'est une uraie trapanelle ».

tfappOn :petite trappe.


o La souris j'ai, trouuée dans la cui,sine est sans doute enfu'ée par le trappon
que ».

tfaVgfSe vent soufflant d'ouest en est et porteur d'humidité et de pluie.


:
o Tkt deurais rentrer ton li,nge, la trauerse s'est mise à, souffier ,.

traviole (de) : en travers.


o Quand, i,L a bu un coup de trop, Fù'min a toujours le chapeau de traaiole ,.

tfempe (être) : trempé, mouillé. o PauL est tombé dans le bassi,n, iL est tout trempe ».

tfiandine : bêche à 4 clents utilisée pour « retourner » Ie jardin. Elle permet de creuser aussi
profondément que la bêche « pleine », mais en aérant davantage Ia terre.

74
!'t
4
§

LA TRApANowo, c'r,5T PAs Possiot e D'Y R?PAR1,R. c'r.sT TR1P oe raavioue.


triquée : ractée.
«Si tu ne m'obéi,s püs, tu uas receaoir une bonne triquée ».
CÉtyrn. triqueter: battre (au jeu)).

trOUvef (se... de) : advenir.


« Si, tu te trourses de posser par chez moi,, lsiens d,onc uoi,r le petit conLnl,e il est grond, ».

tfuffes : ponunes de terre. (Sans doute en référence à la ,, truffe >> qui pousse également en terre).

Veillef : guetter, surveiller.


« La mère a aeûllé toute la nui,t son homme qui auai,t d,it qu,it rentrerait tôt ».
« Veille le feu auant qu'il s'éteigne ».

Vefne: aulne.

Vefsef :tomber sur le côté, basculer.


« La cha.rrette était trop pleine. Elte a oersé d,ans le
fossé ».
« Jules auait tellemsnt bu qu'il a oersé d,ans res orties üaec son uélo ,.

viandg : (expression) « Mettre la aiand,e d,ans le torchon >> : se mettre au lit.

vigOufet : ügoureux, en forme. « Depuis son accid,mt, il n'est Ttas bi,m aigouret... ».

vilain (faire) : se mettre en colère.


« Quond' le père a uu que les gosses aaaient cassé safaur, çà afait rsilain ! ».

76
VlOnZef : aller à toute vitesse, à toute vionze
<< ,r.
o Quand,le uieu,r s'est mis à le courser, tu l'aurais uu aionzer ,.

VlOfne : musique désagréable.


o José a acheté des ui,eu,r di,sques 78 tours : on mtend, cette aiorne toute la journée ».

viron ürée, promenade.


:
« Le tour de la Chartreuse m troi,s jours, çùfait un bon airon ! ».

VOgUe : fête foraine (origine Suisse).

VOiI:complèteunautreverbeàl'impératif:«écoutezvoir»;«lisvoir»;«attendsvoir>>.
<, PoLLr rentrer, attendez uoir que je sois prêt ».

« Lis ooür un peu,la lettre d,e ta grand-màre ,.

VOif (s'en) : être en difficulté.


Le pauare Roger, ù traaailler tout seul,
<< s'en aoit ! ».
i,l
« Pour trauerser dans la neige, qu'est-ce qu'on s'en est ou ! ».

VOif (faudrait... à) : locution utilisée pour maxquer l'insistance.


« Faudrait uoir ù ranger uos chaussures quand aous rsntrez ».

VOyage : une charretée, Ie contenu de ce qu'on peut transporter.


Il reste encore deur aoyages de foin à rentrer ,.
<<

77
WàZ
y u dauphinOis habituellement adverbe indiquant le lieu : o Je d,ois U aller ,.
»» :
pronom personnel : « J'y cro'is ».
En dauphinois « y » se substitue au pronom « !e » : ,, Je dois réparer le tracteur. IlJaut que j'U
fie le)/asse aaant la nuit ".

ZinZin: un peu fou. .. Depuis son attaque, Le Déd,é est un peu zinzin ».

zaze: oiseau.
,, Ga,mi,ns, on s'anlusai,t ù tirer les zizes sur les Ji,k électri,ques ,.

78
pstw etterttelllJâl üBÉ- DÉg
É- x p ne- s s lo ns D eg p a:l »e ttsES
Les deux pélandrons sont partis
dans la douve, au pied de la
Dauphinois, Savoyards, Bretons, Pierre Percée
Basques, Ch'tis, Alsaciens... chacun
possède ses propres expressions,
le parler de " chez Iui
"... et chacun
en est fier. Fier de cette identité,
fier de ce qui a constitué la langue
"
française,,.

Le parler dauphinois, riche de son


histoire et de ceux qui l'ont porté,
méritait qu'on s'y attarde pour que
les anciens puissent y puiser un
peu de leur jeunesse, et les plus
jeunes inventer leur propre avenir.

Ch ri stian Perri n -To in in

À se prendre une gaufre, on tinit avec une gonfle

Dauphiné *=
,llill|JJil[[[ilillll uflfliTufi t