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Le droit de la concurrence repose sur quatre points essentiels à savoir impérativement :

 Les pratiques anti-concurrentielles (PAC) : illicites, l’abus de position dominante, et les


prix abusivement bas ;
 Les pratiques contrôlées : opérations de concentration ;
 les pratiques restrictives : divisées en civiles (fausse coopération commerciale ; le
déséquilibre significatif ; chantage de référencement ; rupture brutale de relations
commerciales établies…) et pénales (revente à perte, imposition d’un caractère minimal
au prix de revente) ;
 la concurrence déloyale : (jurisprudence) confusion, dénigrement, désorganisation,
parasitisme.

Les pratiques anti-concurrentielles


Définition : Les PAC faussent le mécanisme concurrentiel en affectant globalement le degré de la
concurrence qui doit régner. Elles ne sont poursuivies et sanctionnées qu’en considération de
l’effet néfaste qu’elles peuvent avoir ou ont effectivement sur un marché déterminé. Voici la liste
des articles indispensables à connaître par cœur concernant les pratiques anti-concurrentielles.

Sont interdites les pratiques


qui ont pour objet d’empêcher,
de restreindre ou de fausser le
jeu de la concurrence sur un
marché. Ces pratiques
consistent à :

 Limiter l’accès au
Article L420-1 du code de
Les ententes illicites
commerce marché, et le libre
exercice de la
concurrence par
d’autres entreprises ;
 Faire obstacle à la
fixation des prix par le
jeu du marché en
favorisant
artificiellement leur
hausse ou leur baisse ;
 Limiter ou contrôler les
débouchés, les
investisseurs, ou le
progrès technique ;
 Répartir les marchés ou
les sources
d’approvisionnement.

 Abus de position
dominante : Il y a abus
de position dominante
lorsqu’une entreprise
profite de sa position
dominante sur le
marché pour faire
obstacle au jeu de la
concurrence. Elles
peuvent consister en :
o Un refus de vente,
Abus de position
ventes liées,
L420-2 dominante/dépendance
économique conditions de vente
discriminatoires ;
o La rupture de
relations
commerciales
établies, au seul
motif que le
partenaire refuse de
se soumettre à des
conditions
commerciales
injustifiées.
 Abus de dépendance
économique :
lorsqu’une entreprise
dominante impose à
une autre entreprise des
conditions anormales
qu’elle n’aurait pas
acceptée si elle avait été
indépendante.

Est nul tout engagement,


convention, ou clause
L420-3 Sanction civile contractuelle se rapportant à
une pratique prohibée par les
articles L420-1, L420-2.

Certaines ententes sont


licites, ce sont celles qui ne
L420-4 Ententes licites (Exemptions) portent pas atteinte à la
concurrence ou/et profitent au
progrès.

Sont prohibées les


offres/pratiques de prix de
vente aux consommateurs
abusivement bas par rapport
aux coûts de production,
transformation, et
commercialisation, dès lors
L420-5 Prix abusivement bas
que ces offres ou pratiques
ont pour objet ou peuvent
avoir pour effet d’éliminer d’un
marché ou empêcher
d’accéder à un marché une
entreprise ou l’un de ses
produits.

 Mettre fin aux pratiques


ou insérer de nouvelles
clauses ;
 Sanctions pécuniaires :
L420-6 Sanctions pénales
L’autorité de la
concurrence peut
infliger des amendes
allant jusqu’à 10 % du
chiffre d’affaires
mondial de l’entreprise ;
 Est puni
d’emprisonnement de 4
ans ou d’une amende de
75 000 euros. Le
tribunal peut ordonner
que sa décision soit
publiée intégralement
ou par extrait dans les
journaux.

Les pratiques contrôlées : les concentrations


Art L430-1:” Une opération de concentration est réalisée : 1- lorsque deux ou plusieurs
entreprises antérieurement indépendantes fusionnent. 2- lorsqu’une ou plusieurs personnes ou
entreprises acquièrent directement ou indirectement le contrôle de l’ensemble ou une partie
d’une ou plusieurs autres entreprises .”

Ces opérations consistent à augmenter la dimension d’une entreprise par regroupement avec
d’autres entreprises (fusions, acquisition, absorption, fusion-acquisition, fusion égalitaire…).

Elles sont contrôlées car elles risquent de porter atteinte à la concurrence.

Selon l’article L430-2 il existe une obligation de notification à l’Autorité de la concurrence. Les
entreprises doivent impérativement passer par l’Autorité de la concurrence puisqu’elle est
chargée d’assurer le contrôle des opérations de concentration. A défaut, cela peut comporter des
sanctions.

L430-8 du code de commerce : ” si une opération de concentration a été réalisée sans être
notifiée, l’Autorité de la concurrence peut infliger aux personnes auxquelles incombait la charge
de la notification une sanction pécuniaire dont le montant maximum s’élève, pour les personnes
morales à 5% de leur chiffre d’affaires hors taxe”

Les entreprises doivent également remplir certaines conditions :


Article L430-2 : seuils cumulatifs français :

 CA total mondial HT de l’ensemble des entreprises parties à la concentration supérieur


à 150M euros.
 CA HT réalisé par 2 au moins des entreprises concernées en France supérieur à 50M
euros.

Pratiques restrictives de la concurrence


Les pratiques restrictives sont toujours condamnables, peu importe leur effet sur le marché. Elles
influent directement et individuellement sur la capacité concurrentielle de telle ou telle entreprise
en particulier (et non pas d’un marché en général). Les pratiques restrictives sont considérées
comme étant intrinsèquement mauvaises et préjudiciables à une saine concurrence.

Articles indispensables

Cette interdiction est


triplement limitée par :

 La nature du contrat :
Elle ne s’applique
qu’aux contrats de
L442-2 Interdiction de revente à perte
vente ;
 Nature du produit : Le
produit doit être en
l’état, non transformé
 Prix servant de
référence : Prix de vente
(coût de revient)

Exception (revente à perte  Indispensable à


L442-4
autorisée)
l’écoulement du stock ;
 Produits
économiquement
périssables ;
 Baisse de
l’approvisionnement ;
 Ventes volontaires ou
forcées liées à un
changement ou à une
cessation d’activité
commerciale.

Est interdit le fait d’imposer à


un partenaire commerciale un
caractère minimal au prix de
Imposer un caractère
L442-5 revente ou à la marge
minimale au prix
commerciale sinon l’entreprise
peut être sanctionnée par une
amende de 15 000 euros

 La fausse coopération
commerciale : il s’agit
d’obtenir un avantage
sans contrepartie ou
disproportionné au
regard de la valeur du
service
 Le déséquilibre
Les pratiques non tarifaires
L442-6 significatif : c’est un
civilement sanctionnées
avantage sans
contrepartie ;
 Le chantage de
référencement : menace
d’une rupture brutale ;
 Rupture brutale de
relations commerciales
établies ;
 Violation de
l’interdiction de revente
hors réseau.

Sanctions : Est puni


d’emprisonnement de 4 ans
ou d’une amende de 75 000
euros. Le tribunal peut
ordonner que sa décision
soit publiée intégralement ou
par extrait dans les journaux

Concurrence déloyale
Convention d’Union de Paris sur la protection de la propriété industrielle : ” La concurrence
déloyale constitue un acte de concurrence contraire aux usages honnêtes en matière
industrielles ou commerciales ”

La concurrence déloyale englobe les comportements contraires à la loyauté des affaires. Elle
prend différentes formes :

 Confusions : imitation ;
 Dénigrement : décrédibiliser son concurrent. Seuls les laboratoires et ceux qui ont pour
métier la recherche ont le droit d’oublier les résultats de leurs recherches ;
 Parasitisme : tirer profit de la clientèle d’une autre entreprise en utilisant son nom par
exemple.
 La recherche de désorganisation

L’action en concurrence déloyale engage la responsabilité civile quasi-délictuelle de son auteur


(article 1240 du code civil)

Les éléments pour pouvoir mettre en œuvre une action en concurrence déloyale sont :

 La faute : doit être quasi-délictuelle ; elle n’a pas besoin d’être intentionnelle et peuvent
être considérés comme une faute la confusion, le dénigrement, le parasitisme et la
recherche de désorganisation
 Le dommage : peut être une perte de clientèle, une baisse du chiffre d’affaires, atteinte
à l’image de marque, perte des avantages concurrentielles ;
 Lien de causalité : le demandeur doit démontrer qu’il existe une relation de cause à
effet entre le fait générateur et le préjudice.

Les sanctions en cas de condamnation sont :

 Dommages et intérêts : en fonction du préjudice subi ;


 Mesures destinées à faire cesser la pratique condamnée : confiscation du bien ;
 Des mesures de publicités : Publication du jugement de condamnation dans la presse
spécialisée.

Enfin, attardons-nous sur le tribunal compétent en cas de litige :

Contrefaçon TGI Exclusive

Tribunal d’instance
(<10 000 euros)

Tribunal civil
Tribunal compétent
Tribunal de grande
Concurrence déloyale instance (>10 000
euros)

Tribunal de Entreprise
commerce concurrente

En cas d’acte mixte qui oppose un commerçant et un non commerçant :

 le non-commerçant dispose d’un choix entre la juridiction civile et la juridiction


commerciale ;
 Si le demandeur est commerçant, il devra obligatoirement opter pour le juge.