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INSEA

2ème année
Filières Actuariat-Finance et Statistique-Démographie

Méthodes d’Analyse Démographique

Professeure Fatima BAKASS


A. U. 2015-2016

1
Plan du cours

1. Introduction générale

 Un bref mot sur la démographie…

 Les phénomènes démographiques

 Sources et typologie des données démographiques

 L’analyse démographique

 ….

2
Plan du cours

2. Analyse de la mortalité:

 Rappel des concepts et définitions

 Méthodes d’analyse de la mortalité générale

 Fonctions et méthodes d’élaboration d’une table de mortalité

 Méthodes d’analyse de la mortalité infantile et juvénile

 Mortalité par cause/épidémiologie : exemple de la mortalité


maternelle/par accidents/ alcoolisme/ guerres/ tabagisme

3
Plan du cours

3. Analyse de la natalité/fécondité

 Rappel des concepts et définitions

 Méthodes d’analyse de la natalité

 Méthodes d’analyse de la fécondité

4
Plan du cours

4. Analyse de la nuptialité :

 Rappels des concepts et définitions

 Méthodes d’analyse de la primo-nuptialité

 Méthodes d’analyse des dissolutions des unions

5
Références bibliographiques

1. Wunsch G. J., Termote M. G. , 1978, Introduction to demographic analysis:


principles and methods, Plenum Press

2. Wunsch G. J., Termote M. G. et Duchêne J., 1997, Démographie : analyse et


synthèse

3. Pressat R., 1983, Analyse démographique, PUF

4. Vandeschrick C., Analyse démographique, Population et Développement N°1,


Academia/L’harmattan

5. Leridon H., Démographie : analyse et modèles

6
Introduction générale

7
Un bref mot sur la démographie
1. La démographie : science qui étudie la population

2. La démographie : étude quantitative des populations et de leurs


dynamiques dans le temps et dans l’espace

3. L’objet de la démographie : étudier les variations d’effectif d’une


population humaine, délimitée dans un espace donné et ayant une
signification sociale

4. La démographie s’intéresse à 3 phénomènes qui modifient


directement le volume et la structure de la population (plus 1
phénomène)

8
Objet de la démographie
1. Soit un espace géoculturel donné

2. La taille de la population à l’instant t est donnée par :

Pt = P0 + N0,t - D0,t + I0,t - E0,t


Avec :
Pt = population à l’instant t
P0 = population à l’instant 0
N0,t = naissances entre 0 et t
D0,t = décès entre 0 et t
I0,t = immigrations entre 0 et t
E0,t = émigrations entre 0 et t
9
Objet de la démographie
Pt = P0 + (N0,t - D0,t ) + (I0,t - E0,t)

Pt = P0 + Solde Naturel (0,t) + Solde Migratoire(0,t)

La (dé)croissance démographique =
variation de la taille de la population dans le temps =
Pt - P0 = somme des deux soldes

On parle de On parle de On parle de population


(dé)croissance « (dé)croissance stable due à une
naturelle » due au « migratoire » due au croissance
solde naturel solde migratoire démographique nulle 10
Rappel des phénomènes démographiques
Evénements Phénomènes

Naissances Natalité/Fécondité

Décès Mortalité

Mobilité spatiale (Entrée/Sortie) Migration (immigration/Emigration)

Nuptialité ( ou conjugalité au vu de sa •Mariage/Union


relation avec la fécondité): •Divorce/Séparation
Mariage/Union
Divorce/Dissolution d’union

11
Les données démographiques de base

RGPH
• Dénombrement des populations
Maroc
1. Recensements

• Techniques permettant l’estimation


de paramètres démographiques à EDS
2. Enquêtes par partir d’un échantillon représentatif Maroc
échantillonnage/ de la population
sondage

12
Les données démographiques de base

• Système d’enregistrement des EC


déclarations des naissances, des Maroc
décès et des mariages/divorces
3. Etat-civil

• Système d’enregistrement continue


des caractéristiques de la population RP de la
4. Registre de dans un espace donné (par ex. la
population Belgique
commune) qui est tenu par les
pouvoirs publics

13
Typologie des données démographiques
Deux types de données

Données transversales
Données longitudinales
(du moment, de période,
(de cohorte, de promotion, générationnelles)
conjoncturelles)

Données Données prospectives


rétrospectives (de suivi, follow up)

1.Génération de
1.Histoire génésique naissances
Exemples

des femmes de 50 1.Recensement


ans 2.Promotion de mariages
2.Enquête par
2.Histoire des décès 3.Cohorte de malades échantillonnage
des sœurs.frères
4.Données de Panel 14
Fondements de l’analyse démographique

1. Méthodes mathématiques/statistiques appliquées aux études de la


croissance des populations humaines et ses composantes

2. Outils fondamentaux :

 Diagramme de Lexis repérage visuel des événements et des effectifs

 Indicateurs d’analyse démographique  taux, quotients, espérance de


vie, Indice synthétique de fécondité,…

 Tables mortalité, fécondité, primo-nuptialité, divortialité,…

 …

15
Diagramme de Lexis
1. Point de départ : Le temps qui est un élément crucial en démographie

2. Le risque d’un évènement démographique dépend du temps qui est


explicité selon ses trois dimensions (effets) :

 Effet d’Âge : nombre d’années écoulées depuis la naissance

 Effet de Période (ou du moment, d’année, de date)

 Effet de Cohorte (ou génération, promotion)

16
Diagramme de Lexis

3. Le Diagramme de Lexis est une représentation graphique de


l’information démographique

4. Le Diagramme de Lexis est l’outil du démographe permettant le


classement/repérage des populations et des événements
démographiques en tenant compte du temps

17
Diagramme de Lexis (exemple)

18
Diagramme de Lexis (exemple)
Exemple : Placer les éléments des tableaux suivants sur le DL

Age révolu Décès dans la génération 1959

0 23800

1 3200

2 780

3 640

19
Diagramme de Lexis (exemple)
Exemple : Placer les éléments des tableaux suivants sur le DL

Age Effectifs par âge Effectifs par âge aux


révolu aux 1/1/1964 1/1/1965

0 474200 389600

1 410300 463800

2 406200 409400

3 403400 405900

20
Diagramme de Lexis (exemple)
Exemple : Placer les éléments des tableaux suivants sur le DL
Génération Age au décès Décès survenus
en 1964
1964 0 10400

1963 0 7600

1963 1 2100

1962 1 900

1962 2 360

1961 2 270

1961 3 210

21
Diagramme de Lexis

22
Analyse de la mortalité

1. Mortalité générale:

 Taux Brut de mortalité

 Taux de mortalité par âge

 Quotients de mortalité par âge

 Tables de mortalité/survie

 Espérance de vie
23
Taux Brut de Mortalité
1. Notation : TBM

2. Définition : le TBM est le nombre moyen de décès par année vécue


durant la période d’observation par la population des individus sous
observation

3. Définition simplifiée : le TBM est le nombre de décès par individu dans


la population observée pour une année donnée

4. Il se calcule en rapportant le nombre de décès d’une année à la


population totale moyenne de l’année

24
Taux Brut de Mortalité
4. D= Décès observés durant une année donnée t

P= Population moyenne durant cette année (au 30 juin de l’année t)

TBM = D/P

5. Le TBM est exprimé généralement en pour mille

TBM = D*1000/P

25
Taux Brut de Mortalité
6. Exemple : dans un pays donné, on a observé en 2004 :

• 12.326 décès

• La population moyenne (au 30 juin 2004) s’élevait à 913.037 individus

alors le TBM en 2004 est :

TBM = 12326/913037= 0,0135

TBM = 13,5%o

26
Taux Brut de Mortalité
7. Interprétation du TBM mesuré :

Par individu (ou pour 1000 individus), on a observé en moyenne 0,0135


(ou 13,5) décès durant l’année 2004

8. Calculer un TBM revient à ramener la taille de la population à l’unité


(ou à un millier d’unités s’il est exprimé en %o)

9. De cette façon, on peut aussi procéder à des comparaisons

10. Exemples :
Maroc (2010) : 5,6 %o
Chine (2012) : 7,2 %o
Sénégal (2012) : 7,7 %o
27
Taux Brut de Mortalité
9. Remarques :

 Le TBM ne tient pas compte des structures (par âge, par sexe,…) de la
population, il n’est donc pas raffiné mais reste utile au démographe

 Il est donc nécessaire de recourir à d’autres indices comme les taux de


mortalité par âge pour éliminer l’effet des structures de la population
étudiée

 La comparaison entre les TBM de 2 années consécutives pour une région


donnée est possible

28
Taux de mortalité par âge

1. Le calcul du taux de mortalité par âge dépend du type de


données dont on dispose (forme du parallélogramme dans le
diagramme de Lexis)

2. 3 cas de figure se présentent :

– Forme A (données de période)

– Forme B (données de cohorte, âges exacts)

– Forme C (données de cohorte, âges révolus)

3. Le taux par âge est le rapport entre les décès et le nombre d’années
d’exposition au risque
29
Taux de mortalité par âge
1. Si les décès sont observés annuellement par âge et par cohorte
(Forme C du diagramme de Lexis) alors:

 Notation : tx+1
 Le tx+1 est le rapport des décès observés pour une cohorte donnée
durant une année donnée et de la population moyenne durant
cette année
 1Dx= Décès observés entre les âges révolus x et x+1
Px= Population d’âge révolu x
Px+1= Population d’âge révolu x+1

30
Taux de mortalité par âge
3. Si les décès sont observés par âge et par cohorte mais sur deux
années calendaires (Forme B du diagramme de Lexis) alors:

 Notation : tx+0,5
 Le tx+0,5 est le rapport des décès observés pour une cohorte donnée
durant deux années successives j et j+1 et de la population au 31
décembre de l’année j

 D’x= Décès observés pour la cohorte j-x durant l’année j


D’’x = Décès observés pour la cohorte j-x durant l’année j+1
Px= Population au 31 décembre de l’année j

31
Taux de mortalité par âge
4. Si les décès ne sont pas observés par âge et par cohorte (Forme A
du diagramme de Lexis) alors :

 Un taux de mortalité hybride sur les deux cohortes peut être calculé
 Notation : tx+0,5
 le tx+0,5 est le rapport des décès observés pour les deux cohortes
durant une année j et la population moyenne de l’année j
 Dx= Décès observés à l’âge révolu x durant l’année j
Px= Population de la cohorte j-(x+1) au début de l’année j
P’X= Population de la cohorte j-x à la fin de l’année j

32
Remarques générales
1. Les différents taux par âge proposés précédemment peuvent être
calculés par sexe ou tout autre variable jugée pertinente

2. Les taux par âge ont pour seul but l’étude de variation de la
mortalité en tenant compte de la structure par âge et sexe de la
population

3. La mortalité différentielle selon le sexe peut être étudiée en


rapportant le taux des hommes aux taux des femmes à chaque
âge

4. Par analogie, on peut étudier le devenir des taux par groupes


d’âges, de périodes et de cohortes (voir TD1)

33
Quelques spécificités de la mortalité

1. La mortalité est un événement non renouvelable

2. La mortalité soustrait les individus du champ d’observation

3. L’observation de la mortalité peut être perturbée par l’existence de


phénomènes perturbateurs / concurrents. On parle d’interférence
entre les phénomènes

4. L’interférence peut être corrigée ou ignorée

34
Quotients de mortalité par âge
1. Le quotient de mortalité indique la probabilité de décéder entre deux
âges exacts x et x+1 et relativement à une cohorte observée sur deux
années calendaires j et j+1 (données longitudinales, forme B)

2. Le quotient mesure la force du phénomène mortalité entre les âges

3. Le quotient est le rapport entre les décès et la population soumise au


risque

4. Les quotients de mortalité permettent d’élaborer la table de mortalité

5. Deux cas se présentent :

– Etat perturbé (extinction multiple)


– Etat pur (ou extinction simple)
35
Calcul des quotients de mortalité par âge
à l’état perturbé (extinction multiple)

1. Le quotient de mortalité entre les âges exacts x et x+1 (forme B) est le


rapport des décès observés entre x et x+1 aux survivants à l’âge exact x

D’x = Décès observés pour une cohorte entre deux âges exacts durant

l’année j

D’’x = Décès observés pour une cohorte entre deux âges exacts durant

l’année j+1

Sx= Effectif soumis au risque (Survivants) à l’âge exact x

36
Calcul des quotients de mortalité par âge
à l’état pur (extinction simple)
D’x = Décès observés pour une cohorte entre deux âges exacts durant l’année j

D’’x = Décès observés pour une cohorte entre deux âges exacts durant l’année j+1

E’x = Emigrés observés pour une cohorte entre deux âges exacts durant l’année j

E’’x = Emigrés observés pour une cohorte entre deux âges exacts durant l’année j+1

I’x = Immigrés observés pour une cohorte entre deux âges exacts durant l’année j

I’’x = Immigrés observés pour une cohorte entre deux âges exacts durant l’année j+1

Sx= Population à l’âge exact x

Alors, sous 2 hypothèses H1 et H2, on peut écrire :

37
Calcul des quotients de mortalité par âge à l’état pur
Cette formulation repose sur deux hypothèses :

1. H1: hypothèse de l’indépendance entre le phénomène étudié et


les événements perturbateurs :

 Exemple de la mortalité et migration : les personnes migrantes


auraient ultérieurement connu les mêmes risques de décéder que
celles n’ayant pas migré.

2. H2 : hypothèse de l’indifférence entre l’événement étudié et les


événements perturbateurs (impliquant que leur distribution
uniforme)

38
Calcul des quotients de mortalité par âge à l’état pur

Un autre exemple de l’indépendance:

1. Phénomène étudié : divorce (des mariés!!)

2. Phénomènes perturbateurs : veuvage et migrations des mariés

3. L’indépendance entre divorce et veuvage : les personnes


devenues veuves auraient connu les mêmes risques de divorcer
que celles dont le/la partenaire est survivant(e)

4. L’indépendance entre divorce et migrations : les personnes


migrantes auraient connu les mêmes risques de divorcer que les
personnes n’ayant pas migré

39
Table de mortalité
1. Les E et les I sont des événements perturbateurs

2. Les 1Qx de 0 an à l’âge maximal ω calculés précédemment


représentent des probabilités de décès par âge corrigés de la
perturbation

3. On considère une cohorte fictive sans événements


perturbateurs, supposée sujette aux risques de décès ainsi
calculés

4. On se donne un nombre arbitraire de survivants à l’âge 0, noté l0


(généralement un multiple de 10) appelé aussi racine de la table
de survie/mortalité

40
Eléments d’une table de mortalité
Soient :

• 1Qx = quotient de mortalité entre x et x+1 exacts (calculé à


partir de données observées)
• lx = survivants de la table de mortalité à l’âge exact x
• 1qx = quotient de mortalité de la table entre x et x+1 exacts
• 1px = probabilité de survie de la table entre x et x+1 exacts
• 1dx = décès de la table entre les âges exacts x et x+1 exacts

Alors :

• 1qx = 1dx /lx


• 1px = 1- 1qx = lx+1 /lx
41
Table de mortalité
1. On pose :

• 1Qx = 1qx
et
• l0 = un multiple de 10 (racine de la table)

2. Il en découle les décès de la table (état pur) :

l0 = (10000 par exemple)

1dx = lx* 1qx

lω = 0

1px = 1-1qx

1px =lx+1/lx
42
Nombre de personnes années vécues
1. Soit :

 1Lx : le nombre de personnes années vécues entre x et x+1

 1λx= le temps moyen vécu par une personne entre x et x+1

 1dx =les décès survenus entre x et x+1

 lx = les survivants à l’âge exact x


 lx+1 = les survivants à l’âge exact x+1

2. Ecrire 1Lx en fonction de 1λx, 1dx et lx

3. Quelle hypothèse?

43
Taux de mortalité de la table

1. Soient :
• 1Lx : le nombre de personnes années vécues entre x et x+1

• 1dx =les décès survenus entre x et x+1


• lx = les survivants à l’âge exact x
• lx+1 = les survivants à l’âge exact x+1

2. Alors, le taux de mortalité par âge de la table, 1mx, est donné par :

1mx = 1dx / 1Lx

44
Taux de mortalité de la table
1. Le taux de la table de mortalité est donné par :
1mx = 1dx/1Lx

2. C’est la proportion des décès parmi le total des personnes années


vécues

1Lx = (1λx*lx) + (1-1λx)*lx+1

2. 1λx= temps moyen vécu annuellement entre x et x+1

3. Etant donné le problème des données sur la migration, on préfère


mesurer les 1tx (à la place des 1Qx)

4. On émet alors l’hypothèse que 1tx = 1mx

5. Les 1mx sont ensuite transformés en 1Qx qui constitue le point d’entrée
de la table de mortalité (1Qx= 1qx)
45
Relation entre taux et quotient de la table
1. L’élaboration de la table de mortalité nécessite de disposer du
vecteur des 1qx. Or ce dernier exige des données longitudinales
(de cohorte).

2. Généralement les données de cohorte ne sont pas toujours


disponibles contrairement aux données transversales (du
moment)

3. Dans ce cas, on calcule les taux de mortalité 1tx (=1mx)

4. Ensuite, on transforme les 1mx en quotient moyennant la


relation :
2 * 1mx
1qx = -----------------
2 + 1mx)

46
Espérance de vie
Pour calculer eo, on calcule d’abord T(x)

1. T(x)= nombre de personnes années restant à vivre à l’âge exact x

ω-1
2. T(x)= ∑1Li
i=x

3. ex= T(x)/lx

4. ex représente l’espérance de vie à l’âge x

5. eo= espérance de vie à la naissance = T(o)/lo

47
Table de mortalité : cas d’entrée par les taux
1. On calcule les 1tx (données du moment observées) = 1mx
2. 0n transforme les 1mx en quotient de la table (moyennant la relation entre 1qx et
1mx)

Ages 1tx = 1qx lx 1dx 1Lx Tx ex


exacts 1mx
0 10.000

….

ω-1
ω 0
48
Table de mortalité : cas d’entrée par quotients
1. On calcule les 1Qx (données de cohorte observées)
2. On pose1Qx =1qx
Ages 1Qx = lx 1dx 1Lx Tx ex
exacts 1qx
0 10.000

….

ω-1
ω 0
49
Exercices 1, 2, 3, 4

50
Mortalité entre 0 et 5 ans
1. Mortalité entre 0 et 5 ans se décompose de la manière suivante:

Morts-
Nés vivants nés

Mortalité infanto-juvénile
(0 et 5 ans)

Mortalité infantile (0 et
Mortalité juvénile 1an)
(1 et 5 ans) Mortinatalité

Mortalité post- Mortalité néonatale


néonatale (1 et (28 premiers jours)
12 mois)
Mortalité
Source: Vandeschrick, 1995 périnatale
51
Mortalité infantile
1. Facteurs exogènes : selon l’OMS (2005), 5 maladies sont la
cause de 70% des décès d’enfants de moins d’un (1) an

2. « The five killers» sont :


 Pneumonie
 Diarrhée
 Rougeole
 Paludisme
 Malnutrition

3. Les autres causes sont : autres maladies infantiles


(varicelle,…), SIDA,…

52
Mortalité infantile
1. Facteurs endogènes : dans ce cas, l’enfant apporte la mort
avec lui dès la naissance. Les causes des décès endogènes
peuvent être classées en trois groupes :

 les maladies héréditaires ; il s’agit des défauts de constitution,


difficiles à éviter ;
 les malformations congénitales : malformation cardiaque, …;
 des causes endogènes acquises au moment de l’accouchement
(traumatisme obstétrical).

2. Contrairement à la mortalité exogène, il est plus difficile de


prévenir et de guérir une maladie endogène D’où les
recommandations de l’OMS pour un suivi prénatal de la
grossesse et une prise en charge médical de l’accouchement
53
Mortalité infantile (2008-2010)
1. Maroc = 38,2‰

2. Tunisie = 23,4‰

3. Algérie = 25,0‰

4. Cameroun = 63,3‰

5. Sénégal = 57,7‰

6. Angola = 182,3‰ (le niveau le plus élevé au monde)

7. Singapour = 2,3‰ (le niveau le moins élevé au monde)

8. France = 3,6‰

9. Suède = 2,75‰

10. Etats-Unis d’Amérique = 6,14‰


54
Pourquoi la mortalité infantile et juvénile?

1. Contrairement à la mortalité au-delà de 5 ans, la mortalité


infanto-juvénile ne supporte pas l’hypothèse de la linéarité

2. Il est par conséquent nécessaire de trouver d’autres


mesures qui tiennent compte de ce problème

3. D’où l’importance d’étudier la mortalité infanto-juvénile à


part

55
Mortalité infantile
1. Le quotient de mortalité infantile (taux par abus de langage) est le
rapport entre le nombre d’enfants décédés à moins d’un an et
l’ensemble des enfants nés vivants (naissances vivantes) concernées

2. Il est exprimé en ‰ (pour mille)

3. Une naissance vivante est une expulsion complète du corps de la mère


indépendamment de la durée de gestation d’un produit de conception
qui après cette séparation respire ou manifeste de tout signe de vie
(battement de cœur, pulsation du cordon ombilical, contraction
effective d’un muscle,…)(OMS, 1977)

56
Mortalité infantile

1 an

do d2

d1
d3

0 an

No N1

année t année t+1


Génération t Génération t+1

57
Mortalité infantile d’une génération
1. Génération t (2 années calendaires)

2. On mesure un quotient de mortalité infantile

1Qo = (d1+ d2)/No

 No=naissances vivantes au cours de l’année t

 d1+ d2 = les décès survenus dans la génération t entre les âges exacts
0 et 1 an

58
Mortalité infantile de l’année

1. Année t+1 le quotient précédent est inutilisable car 2 années


calendaires

2. On mesure un quotient :

1Qo = (d2+ d3)/N1  biais si No et N1 sont très différents

Ou bien

1Qo = (d2/No)+ (d3/N1)

 No=naissances vivantes au cours de l’année t


 N1= naissances vivantes au cours de l’année t+1

 d2+ d3 = les décès survenus au cours de l’année t+1 entre les âges
exacts 0 et 1 an (deux cohortes, taux hybride)
59
Mortalité infantile : facteurs multiplicateurs
1. Année t+1  1Qo = (d2/No)+ (d3/N1)

 On cherche N tel qu’un nouveau 1Qo = (d2+d3)/N

 1Qo = (d2+d3)/(k’*N1+ k’’*No)

 k’+ k’’= 1

• Ecrire K’ et k’’ en fonction de d2, d3, No et N1

60
Mortalité infantile : facteurs multiplicateurs
1. K’ et k’’ sont dits facteurs multiplicateurs liés à la structure de la
mortalité infantile

2. K’ = le poids de la mortalité de la naissance à 6 mois en moyenne (1ers


six mois)

3. K’’= le poids de la mortalité en moyenne du 6ème mois au 1er


anniversaire (derniers six mois)

4. Mortalité basse (moins de 100‰)

 K’= ¾ et K’’ = ¼

5. Mortalité élevée (plus de 100‰)

 K’= 2/3 et K’’ = 1/3


61
Mortalité infantile : facteurs multiplicateurs

1. Exemple

Année Cohorte Age Décès Naissances


1967 1967 0 2893 142 471
1968 1967 0 481 -
1968 1968 0 2603 138214

62
Mortalité infantile
• On peut également calculer le taux et le transformer en quotient
moyennant la relation :

2 * 1t0
1q0 = --------------------
2 + (1,82 *1t0)

63
Mortalité juvénile
1. La mortalité juvénile renvoie à la mortalité entre 1 et 5 ans exacts

2. Le calcul du quotient de mortalité juvénile :

• Si les données sont longitudinales (cohorte) et en l’absence de


migration (phénomène perturbateur) :

alors le quotient entre 1 et 5 ans exacts est le rapport entre le nombre


d’enfants décédés entre les âges 1 et 5 ans exacts et l’ensemble des
enfants survivants à l’âge de 1 an de la cohorte :

4Q1 = 4D1/S1 = (S1-S5)/S1

• Si les données sont transversales sur une année calendaire, alors on


calcule le taux de mortalité juvénile et on le transforme en quotient de
mortalité juvénile 64
Mortalité juvénile
• Si les données sont transversales sur une année calendaire, alors on
calcule le taux de mortalité juvénile et on le transforme en quotient de
mortalité juvénile :

2 * 4 * 4t1
4q1 = --------------------
2 + (4,88 * 4t1)

65
Exercices 5 et 6

66
Quotients perspectifs/Taux de survie
1. Mesure des quotients de mortalité entre deux âges révolus

ω
ω-1

x+1
x

1 an
0 an
1968
67
Quotients perspectifs/Taux de survie
1. Les quotients perspectifs de mortalité renvoient à la probabilité de décès
entre deux âges révolus x et x+n (forme C)

2. Sous l’hypothèse de l’absence de migration, le quotient perspectif s’écrit :


1kx= 1Dx/Sx

Où Sx sont la population à l’âge révolu x (au 1/1/t)


1Dx sont les décès entre les âges révolus x et x+1

3. Le complément à l’unité d’un quotient de mortalité perspectif donne le


taux de survie qui exprime le passage d’un groupe d’âges au groupe
d’âges suivant :

1Px = Sx+1/Sx = 1Lx+1/1Lx

68
Quotients perspectifs/Taux de survie
cas particuliers

1. 1er cas : le premier triangle de l’année ω


ω-1
Pb = So/No

Pb = probabilité de survie entre la naissance (0 an x+1


exact) et l’âge 0 révolu x

So = Survivants à l’âge révolu 0 an = survivants


parmi les naissances de l’année t (Population
âgée de 0 à 1 an au 31/12/t)
1 an
No = Naissances de l’année d’observation t 0 an
1968
69
Quotients perspectifs/Taux de survie
cas particuliers
1. 2ème cas : le dernier triangle
ω
 Si ω est connu (fixé), alors :
ω-1
1Kω -1= 1

x+1
1Pω -1 =0
x

1 an
0 an
1968
70
Quotients perspectifs/Taux de survie
cas particuliers
2. 2ème cas : le dernier triangle
ω
 Si le dernier intervalle est ouvert à partir d’un âge V, alors :
ω-1

Pv+ = S(v+1)+/Sv+ =Tv+1/Tv

Pv+ = le taux de survie au delà de l’âge v


V+1
S(v+1)+=L’effectif des personnes âgées de (V+1) ans et plus
à la fin de l’année d’observation V
Année t

Sv+ = L’effectif des personnes âgées de V années et plus


au début de l’année d’observation

71
Analyse de la natalité
et de fécondité

72
Natalité/Fécondité
1. Natalité/fécondité Evénement = Naissance

2. La natalité renvoie à la population totale d’une région :


 natalité marocaine
 natalité camerounaise
 natalité suédoise
 natalité africaine
 natalité mondiale
 ….

3. La fécondité renvoie aux femmes/hommes :


 fécondité des femmes marocaines
 fécondité des hommes béninois
 fécondité des femmes françaises
 fécondité des femmes marocaines rurales
… 73
Natalité/Fécondité
4. La naissance est un événement renouvelable

5. Les naissances sont classées par rang : 1, 2, 3, …

6. La naissance devient un événement non renouvelable si on


l’étudie par rang

7. La naissance n’exclut pas l’individu du champ d’observation

8. La naissance peut être sujette à des événements


perturbateurs

9. Les événements perturbateurs = mortalité de la femme,


migrations, divorce/séparation, veuvage…
74
Fécondité
10. L’étude de la fécondité peut concerner :
– Les femmes
– Les hommes
– Les couples

11. Mais c’est la fécondité des femmes qui a été le plus étudiée dans le
monde

12. La reproduction des femmes s’étale :

– de la puberté (15 ans exacts)


jusqu’à  soit 15-49 ans révolus.
– la ménopause (50 ans exacts)

13. Parfois, c’est 15-44 ans révolus (fécondité au-delà de 45 ans jugée très
faible à cause de la baisse de la fécondabilité)
75
Natalité/Fécondité
Population Niveau 1.Natalité
totale

Population Population
féminine masculine

Niveau 2. Fécondité Femmes en âge de


Autres
générale
reproduction femmes

Niveau 3. Niveau 4.
Fécondité Fécondité
Femmes non
générale légitime Femmes mariées en générale
mariées en âge de illégitime
âge de reproduction
reproduction
76
Natalité/Fécondité
1. Point de vue légal/social

2. Cas du Maroc : l’étude concerne la fécondité légitime (mariage)

3. Cas de la France : évolution de l’étude de la fécondité :

Enfant légitime versus enfant illégitime/enfant adopté

Enfant légitime versus enfant naturel (simple, adoption, adultère)

Enfant (mariage, PACS, relation libre)

77
Taux Brut de Natalité

1. Notation : TBN

2. Définition : le TBN est le nombre moyen de naissances par année vécue


durant la période d’observation par la population des individus sous
observation

3. Définition simplifiée : le TBN est le nombre de naissances par individu


dans la population observée pour une année donnée

78
Taux Brut de Natalité
ω

P' P''
N

0
année t

79
Taux Brut de Natalité
4. N= Naissances observées durant une année donnée t
P= Population moyenne durant cette année (au 30 juin de l’année t)

TBN= N/P

5. Comme le TBN est exprimé généralement en pour mille, TBN s’écrit :

TBN = N*1000/P

80
Taux Brut de Natalité
6. Si P est non disponible alors :

P = (P’+P’’)/2

• P’= Population en début d’année t (1/1/t)


• P’’= Population en fin d’année t (31/12/t)

• Ou bien on procède à son estimation par le recours à d’autres méthodes

81
Taux Brut de Natalité
Exemple :

7. Dans une région donnée, on a observé en 1954 :


 5 692 naissances
 La population moyenne de cette région (au 30 juin 1954) s’élevait à 515
246 individus
 alors le TBN en 1954 est : TBN = 5 692 / 515 246 = 0,011047
TBN = 11,047%o

8. Interprétation du TBN mesuré :

Par individu (ou pour 1000 individus), on a observé en moyenne


0,011047 (11,947) naissances durant l’année 1954

9. Calculer un TBN revient à ramener la taille de la population à l’unité


(ou à un millier d’unités s’il est exprimé en %o) 82
Taux Brut de Natalité
10. Remarques :

 Le TBN ne tient pas compte des structures (par âge, par sexe,…) de
la population, il n’est donc pas raffiné mais reste utile au
démographe

 Il est donc nécessaire de recourir à d’autres indices comme les taux


de fécondité par âge pour éliminer l’effet des structures de la
population étudiée

 La comparaison entre les TBN de 2 années consécutives pour une


région donnée est possible

83
Taux Global de Fécondité Générale
1. Notation TFG

2. Le TFG se mesure par rapport à la population totale féminine en âge de


reproduction (tous états matrimoniaux confondus)

3. La reproduction des femmes s’étale de la puberté (15 ans exacts)


jusqu’à la ménopause (50 ans exacts), soit 15-49 ans révolus

4. Parfois, c’est 15-44 ans révolus (fécondité au-delà de 45 ans jugée très
faible)

84
Taux Global de Fécondité Générale

50

F'15-49 N F''15-49

15
année t

85
Taux Global de Fécondité Générale
3. N= Naissances observées durant une année donnée t

F15-49= Population féminine moyenne en âge de reproduction (15-49 ans


révolus) durant l’année t (au 30 juin de l’année t)

TFG= N/ F15-49

4. Comme le TFG est exprimé généralement en pour mille, TFG s’écrit :

TFG = N*1000/ F15-49

86
Taux Global de Fécondité Générale
5. Si F15-49 est non disponible, alors :

F15-49 =(F’15-49 + F’’15-49)/2

F’15-49 = Population féminine en âge de reproduction (15-49 ans révolus)


en début d’année t (1/1/t)

F’’15-49= Population féminine en âge de reproduction (15-49 ans révolus)


en fin d’année t (31/12/t) ]

• Ou bien on procède à son estimation

87
Taux Global de Fécondité Générale
Exemple :

6. dans une région donnée, on a observé en 1954 :

• 5 692 naissances
• La population féminine moyenne âgée de 15 à 49 ans révolus de cette
région (au 30 juin 1954) s’élevait à 133 025 femmes

• alors le TFG en 1954 est :

TFG = 5 692 / 133 025 =0,04279


TFG= 42,79%o

88
Taux de Fécondité (Il)Légitime
1. FM’15-49 = Nombre de femmes mariées en âge de reproduction en début d’année t

2. FN’15-49 = Nombre de femmes non mariées en âge de reproduction en début


d’année t

F’15-49 = FM’15-49 + FN’15-49

3. FM’’15-49 = Nombre de femmes mariées en âge de reproduction en fin d’année t


4. FN’’15-49 = Nombre de femmes non mariées en âge de reproduction en fin d’année t

F’’15-49 = FM’’15-49 + FN’’15-49

5. NL = Nombre de naissances légitimes observées durant l’année t


6. NI = Nombre de naissances illégitimes observées durant l’année t

N =NL+NI

89
Taux de Fécondité (il)Légitime
1. Notation du taux de fécondité légitime : TFL

Le TFL s’écrit :

TFL = NL*1000/*(FM’15-49 + FM’’15-49)/2]

3. Notation du taux de fécondité illégitime : TFI

Le TFI s’écrit :

TFI = NI*1000/*(FN’15-49 + FN’’15-49)/2]

90
Taux de Fécondité Générale
2. On peut écrire TFG en fonction de :

• TFL

• TFI

• Cm = proportion des femmes mariées en âge de reproduction parmi


l’ensemble des femmes dans ce groupe d’âges au milieu de l’année

• Cn = proportion des femmes non mariées en âge de reproduction parmi


l’ensemble des femmes dans ce groupe d’âges au milieu de l’année

(Cm+Cn= 1)

91
Taux de fécondité par âge
1. Rappel : fécondité Femme en âge de reproduction

2. Ages de reproduction : de α (15 ans) à β (50 ans)

3. Il s’agit des taux de fécondité par âge de la femme

4. Le taux de fécondité par âge permet de tenir compte de la structure par


âge de la population des femmes en âge de reproduction (15-49 ans)

5. A chaque âge, on peut calculer le taux de fécondité:

– Général ( tous états matrimoniaux confondus)

– Légitime (dans le mariage)

– Illégitime (hors mariage)


92
Taux de fécondité par âge
1. On s’intéressera ici uniquement aux taux de fécondité général par âge

2. Notation : 1fx x=15,…, 49 ans

3. Les données nécessaires sont :

• La population féminine selon l’âge des femmes

• Les naissances vivantes selon l’âge de la femme

4. La mesure du taux dépend de la nature des données dont on dispose

93
Taux de fécondité par âge

1. 1er cas : les données sur les naissances sont observées par âge exact et
par génération de la femme (forme B)

94
Taux de fécondité par âge
• 1NX: nombre de naissances issues des femmes de la génération (t-x)
âgées de X ans révolus

• FX+0,5 : nombre de femmes âgées de X ans révolus à la fin de l’année t =


population soumise au risque d’enfanter au milieu de la période « t, t+1)

1fx = 1NX / FX+0,5

• Comme 1fx s’exprime en ‰ alors :

1fx =1NX *1000/ FX+0,5

95
Taux de fécondité par âge
2. 2ème cas : les données sur les naissances sont observées par génération et
par année calendaire (forme C)

Age x+1

Fx
x
1Nx-1

Fx-1
x-1
Année t Années

96
Taux de fécondité par âge
• 1Nx-1 =
Nx = nombre de naissances observées l’année « t » et issues des
femmes de la génération (t-x) aux âges révolus x-1 et x

• FX -1: nombre de femmes âgées de X-1 ans révolus au début de l’année t

• FX: nombre de femmes âgées de X ans révolus à la fin de l’année t

1fx-1 =1NX-1 / [(FX-1 +Fx)/2]


Age x+1
• Comme fx s’exprime en ‰ alors : Fx
x
1Nx-1
1fx =1NX-1 *1000/ [(FX-1 +Fx)/2]
Fx-1
x-1
• On peut écrire : fx =NX / [(FX-1 +Fx)/2] Année t Années

97
Taux de fécondité par âge
3. 3ème cas : les données sur les naissances sont observées par âge des
femmes et par année calendaire (forme A)

Remarque : Les données de forme A sont les données les plus courantes et les
plus disponibles

Age x+1

F'x 1Nx F''x


x
Année t Années

98
Taux de fécondité par âge
• 1Nx=
nombre de naissances vivantes observées l’année t et issues des
femmes âgées de x ans révolus

• F’X: nombre de femmes âgées de X ans révolus au début de l’année t

• F’’X: nombre de femmes âgées de X ans révolus à la fin de l’année t

1fx =1NX / *(F’X +F’’x)/2]

Age x+1
• Comme 1fx s’exprime en ‰ alors :
F'x 1Nx F''x
x
1 fx =1NX *1000/ *(F’X +F’’x)/2]
Année t Années

99
Taux de fécondité par rang de naissance
1. Tous les taux de fécondité par âge précédemment traités peuvent être
exprimés en fonction des rangs des naissances

2. Chaque naissance peut être « numérotée » selon le rang de sa


survenance : 1,2,3,…

3. Exemple: une femme qui a mis au monde 3 enfants

• L’ainé (le plus âgé) sera la naissance de rang 1

• Le deuxième (âge intermédiaire) sera la naissance de rang 2

• Le cadet (le plus jeune) sera la naissance de rang 3

100
Taux de fécondité par rang de naissance
1. Pour un âge x donné, on a :

• (j)
1N x: naissances vivantes de rang « j » issues des
femmes âgées de x à x+1 exacts

• 1Nx=

• Fx+0,5 = Nombre des femmes âgées de X ans révolus


au milieu de la période « t, t+1 »

(j) = 1N(j)x*1000/ Fx+0,5


1f x

1fx=

101
Intensité de la fécondité
1. Notation : ē

2. ē est une mesure du niveau de fécondité

3. ē exprime le nombre moyen d’enfants par femme chez une génération


fictive de femmes qui subiront les mêmes taux

4. ē est usuellement appelée :

 indice synthétique de fécondité (ISF)  données du


moment/transversales

 ou descendance moyenne (D)  données de cohorte/longitudinales

102
Intensité de la fécondité
5. L’ISF est donné par la formule suivante:

ISF = ē = D =

Où :
• 1fx = taux de fécondité (tous rangs confondus) mesuré entre x et x+1

• (j)
1f x = taux de fécondité de rang j, mesuré entre x et x+1

• Kx = le rang le plus élevé atteint entre x et x+1

• α = âge minimum à la reproduction (=15 ans)

• β = âge de fin à la reproduction (=50 ans)

103
Intensité de la fécondité

6. Interprétation de l’ISF :

Si une génération fictive de femmes, supposées non soumises à


l'effet de la mortalité (ou tout autre phénomène perturbateur), avait
à chaque âge (généralement entre 15 et 50 ans) la fécondité
observée pendant l'année « t », ces femmes mettraient au monde au
cours de leur vie un nombre d’enfants qui est par définition l’ISF ou ē
du moment (relatif à l'année t).

104
Taux brut de reproduction
1. Notation : TBR ou R

2. TBR exprime le nombre moyen de filles par femme (descendance


féminine moyenne=D)

3. Les naissances 1Nx se répartissent en naissances féminines (1N(f)x ) et


naissances masculines (1N(m)x )

1Nx = 1N(f)x + 1N(m)x

(f) (f)
1f x = 1N X / FX+0,5

4. (f)
1f xreprésente le taux de fécondité relative aux naissances
féminines

TBR=
105
Taux brut de reproduction
1. Si on fait l’hypothèse qu’il nait 105 garçons pour 100 naissances
féminines alors la proportion des naissances féminines dans le total
des naissances est de :

Rapport de masculinité à la naissance


=
100/(100+105) = 100/205= 0,488

2. De ce fait : 1N(f)X/ 1Nx= 0,488

3. (f) (f)
1f x = 1N X / FX+0,5=0,488 * 1Nx/FX+0,5=0,488 * 1fx

TBR= = 0,488 * = 0,488 * ISF = 0,488 * ē


106
Taux brut de reproduction
4. Le terme « brut » renvoie au fait que l’on ne tient pas compte de la
mortalité maternelle (des mères/femmes)

5. Le TBR mesure le degré de renouvellement d’une cohorte de mères par


leurs filles .

6. Si ISF = 2 enfants en moyenne par femme alors TBR = 1 fille en moyenne


par femme

7. Lorsque ISF= 2, on dit qu’on a atteint le niveau de remplacement

107
Taux brut de reproduction

8. Interprétation du TBR

Si une génération fictive de femmes, supposées non soumises à l'effet de


la mortalité (ou autre), avait à chaque âge (généralement entre 15 et 50
ans) la fécondité observée pendant l'année « t », ces femmes mettraient
au monde au cours de leur vie un nombre de filles qui est par définition
le taux brut de reproduction du moment (relatif à l'année t).

108
Taux net de reproduction
1. Notation : TNR ou R0

2. Pour prendre en compte la mortalité maternelle au sein de la cohorte


fictive à laquelle on applique les taux de fécondité observés l’année t
alors on recourt à une table de survie

3. Soit xp(f)0 = probabilité de survie féminine de la naissance à l’âge x


central (c’est-à-dire x+0,5)

4. TNR = R0 = = 0,488 *

5. xp(f)0 = l(f)x+0,5 / l(f)0= [½* (l(f)x+l(f)x+1) ]/l(f)0


(sous l’hypothèse de la linéarité de survie)

6. Remarque : on peut faire de même pour la migration


109
Taux net de reproduction

• Considérons une génération fictive de 100 femmes depuis leur naissance


jusqu'à la fin de la période féconde de leur vie

• Supposons que cette génération soit soumise d'une part à la mortalité


observée pendant l'année « t », et ait d'autre part à chaque âge (à partir
de 15 ans) la fécondité observée pendant l'année t.

• Cette génération (dont l'effectif, réduit par la mortalité, serait inférieur à


100 à 50 ans) mettrait au monde un nombre de filles qui est par
définition le taux net de reproduction du moment (relatif à l'année t).

110
Taux net de reproduction
• Cet indice indique dans quelle mesure une génération serait remplacée
par la suivante dans les conditions de mortalité et de fécondité de
l'année considérée

• Si le taux est supérieur à 100, la génération serait remplacée par une


génération plus nombreuse, la population a tendance à augmenter

• S'il est inférieur à 100, la génération serait remplacée par une génération
moins nombreuse, la population a tendance à diminuer.

111
Calendrier de la fécondité
1. Deux indicateurs synthétiques clés sur la fécondité :

• L’intensité (ē = ISF ou D)
• Le calendrier

2. Le calendrier se mesure par l’âge moyen à la maternité

3. Après avoir calculé les taux de fécondité par groupe d’âges, on attribue
aux naissances de ce groupe d’âges, un âge exact qui correspond à l’âge
central de ce groupe, sous l’hypothèse de l’uniformité de la répartition
des naissances

112
Calendrier de la fécondité
1. L’âge moyen à la maternité pour l’ensemble des femmes représente la
moyenne pondérée des âges xc, les poids étant les taux de fécondité par
âge 1fx

2. On peut en faire de même pour les naissances de rang « j » :

113
Exercice 1
1. Présentez schématiquement les données nécessaires pour l’analyse de la
fécondité sur un diagramme de Lexis dans le cas de groupes d’âges
quinquennaux

2. Formulez les taux de fécondité par groupes d’âges de 5 ans

3. Formulez les indices ISF, TBR et dans le cas de groupes d’âges


quinquennaux

114
Exercice 2
Autriche, 1975
Age (en années) Naissances Nombre de femmes
(en milliers)

15-19 13 466 281


20-24 33 081 253
25-29 25 207 252
30-34 13 526 261
35-39 6 586 231
40-44 1 730 208
45-49 121 234
Total 93 717 1720

115
Exercice 2

1. A partir des données (Autriche, 1975), calculez :

• ISF =
• TBR =
• =

2. Peut-on calculer le TNR ?

116
Exercice 3

1. Exprimez l’intensité de la fécondité ē en fonction des ē(j) qui sont les


intensités de fécondité de rang j

2. Que représente ē(j) ? (hypothèse ?)

3. Exprimez l’âge moyen à la maternité en fonction :

des intensités de fécondité de rang j : ē(j)


et
des âges moyens à la maternité de rang j :

117
Probabilités d’agrandissement
Femmes ayant
au moins 0
enfants

Femmes ayant Femmes ayant


exactement 0 au moins 1
enfant enfant

…. ….

Femmes ayant Femmes ayant


exactement j au moins J+1
enfants enfants

Femmes ayant
Femmes ayant au moins J+2
exactement enfants
J+1 enfants
118
Probabilités d’agrandissement
1. Cette probabilité représente la probabilité qu’une femme d’un rang
donné passe au rang suivant.

2. Il s’agit d’une probabilité conditionnelle : quelle est la probabilité qu’une


femme ayant j enfants ait (j+1) enfants ?

3. Notation : aj

4. aj représente la probabilité qu’une femme d’un rang j passe au rang j+1

Ou encore (en l’absence de phénomènes perturbateurs) :

119
Probabilités d’agrandissement
5. Les aj s’écrivent :

.
.
.

6. Comment interpréter ?
• ē(0) ?
• ē(1) ?
• 1- ē(1) ?
• ē(1) (1-a1) ?
• ē(2) ?
120
Probabilités d’agrandissement

1. ē(0) = proportion des femmes ayant au moins 0 enfants (toutes les femmes)

2. ē(0)=1

3. ē(1) = Proportion des femmes ayant au moins 1 enfant

4. 1- ē(1) = proportion des femmes ayant exactement 0 enfants = proportion


des femmes nullipares (par abus = taux de stérilité primaire!!)

5. ē(1) (1-a1) = proportion des femmes primipares (enfant unique)

6. ē(2) = proportion des femmes multipares (2 enfants et plus)

121
Probabilités d’agrandissement : Cas du dernier intervalle ouvert
1. Généralement, les naissances sont classées selon j = 1, 2, 3,…, (n-1)+
2. Par exemple, j = 1,2,3 et 4+ (rareté des femmes passant aux rangs
supérieurs à 4)

3. Soit n-1 le rang à partir duquel on analyse la probabilité d’agrandissement


sur un intervalle ouvert

4. Hypothèse : an-1=an=…=ak  j>= n-1, aj=ak

• pour j < n-1 :

a0 = ē(1)/ ē(0)  ē(1) = a0* ē(0) = a0

a1 = ē(2)/ ē(1)  ē(2) = a1* ē(1) = a0* a1

aj = ē(j+1)/ ē(j)  ē(j+1) = aj* ē(j) = a0* a1*…* aj pour j < n-1
122
Probabilités d’agrandissement : Cas du dernier intervalle ouvert
• pour j >= n-1 :
an-1 = ē(n)/ ē(n-1)  ē(n) = an-1* ē(n-1) = ak * ē(n-1)

an = ē(n+1)/ ē(n)  ē(n+1) = an* ē(n) = ak2 * ē(n-1)

an+1 = ē(n+2)/ ē(n+1)  ē(n+2) = an+1* ē(n+1) = ak3 * ē(n-1)


…..
• Or :

Où = ē(n+) = intensité de rang supérieur à n


= ē(n-1) * ak/(1- ak)

 ē(n+) - ak * ē(n+) = ē(n-1) * ak


 ak = ē(n+)/(ē(n+) + ē(n-1))= ē(n+)/(ē(n-1)+)=a(n-1)+
123
La fécondité par durée de mariage
1. Il s’agit de l’étude de la fécondité selon une approche longitudinale
reposant sur la durée de mariage (fécondité légitime) cohorte=
promotion de mariés

2. En général, on considère que la durée de mariage qui intéresse la fécondité


(15 à 50 ans) varie de 0 à 35 ans (35 âges ou 7 groupes d’âges
quinquennaux)

3. Soient :

• « M» l’effectif initial d’une cohorte de femmes mariées (ou de couples, ou


d’hommes)

• «
1N x
» le nombre de naissances entre x et x+1 années de mariage

• «
1mx
» le taux de fécondité des femmes ayant x années révolues de mariage

• Les «1mx » sont les taux de fécondité par durée de mariage 124
La fécondité par durée de mariage

Durée de 1N 4
mariage 4

1N 3
3

N2
1
2

1N 1
1

1N 0
0
M
t t+1 t+2 t+3 Année d'observation
125
La fécondité par durée de mariage
2. Hypothèse : absence de phénomènes perturbateurs (état pur : mortalité,
migration, divorce)

3. On calcule le taux comme suit :

1mx = 1Nx*1000/M (Les 1mx sont les événements réduits)

4. Le nombre moyen d’enfants par femme mariée (légitime) est donné par :

ē = ∑ 1mx (somme des naissances réduites)

5. La durée moyenne du mariage à la naissance des enfants est donnée par :

6. Remarques : x est une durée de mariage révolue (centre)


 x=0,5 ; 1,5; 2,5 ;… ; 34,5
mariage union 126
La fécondité par durée de mariage
7. Si les données sont fournies par groupe de durées de mariage de 5 ans et
sous les mêmes hypothèses :

5mx = 1Nx*1000/5 * ((M+M)/2)

8. Le nombre moyen d’enfants par femme mariée (légitime) est donné par :

ē = 5 * ∑ 5mx (somme des naissances réduites)

9. La durée moyenne du mariage à la naissance des enfants est donnée par :

10. Remarques : x est une durée de mariage révolue (centre)


 x = 2,5 ; 7,5 ; 12,5 ; 17,5 ; 22,5 ; 27,5 ; 32,5
mariage union

127
Indicateurs de fécondité à partir de données sur les parités

1. On appelle parité, le nombre d’enfants mis au monde par une femme à la


fin de sa vie génésique (descendance finale)

Soient :

• Ni : le nombre de femmes ayant eu exactement i enfants à la fin de leur


vie génésique (nombre de femmes de parité i)

• ni : la proportion des femmes de parité i parmi le total des femmes


ni= Ni/N

L’effectif total des femmes est

128
Indicateurs de fécondité à partir de données sur les parités

1. ē (i) = la proportion des femmes ayant au moins i enfants

n0 = ē (0) - ē (1) = 1- ē (1)


n1 = ē (1) - ē (2)
ni = ē (i) - ē (i+1)

ē (1) =1- n0
ē (2) = ē (1) - n1= 1- n0- n1
ē (i) = 1- n0 - n1 -…..-ni-1

ai= ē (i+1) /ē (i) = (1- n0 - n1 -…..-ni)/ (1- n0 - n1 -…..-ni-1)

= avec

129
Intervalles génésiques
1. Il existe deux types d’intervalle :

 Intervalle protogénésique : temps écoulé entre le mariage et la première


naissance

 Intervalle intergénésique = temps écoulé entre deux naissances consécutives

2. Ces intervalles sont des indicateurs d’évaluation d’une politique de santé


reproductive/planification familiale/espacement des naissances

130
Intervalles génésiques
1. Soient :

• (i) =
l’âge moyen à la naissance du ième enfant (ou la durée moyenne du
mariage à la naissance du ième enfant )

• (i+1) =
l’âge moyen à la naissance du (i+1)ème enfant (ou la durée moyenne
du mariage à la naissance du (i+1)ème enfant )
(i)

(i) (i)

1 2

Femmes ayant eu Femmes n’ayant pas passé


un (i+1)ème enfant à la parité (i+1)
avec une probabilité ai avec une probabilité (1- ai)
131
Intervalles génésiques

1. On peut écrire :

(i) = ai * (i) + (1- ai) * (i)


1 2

2. L’intervalle moyen entre naissances de rang i et i+1 est donné par :

(i+1) - (i) (qu’on ajoute de part et d’autre de l’égalité ci-haut)


1

 (i+1) - (i)
1 +
(i) = (i+1) - 1
(i) + a *
i 1
(i) + (1-ai) * 2
(i)

(i+1) - (i) = (i+1)- (i) - (1- ai)*( (i) (i)


1 2 - 1 )

3. Hypothèse : (i) = (i+1), alors on démontre que :


2

(i+1) - (i) =( (i+1) - (i))/ ai


1
132
Analyse de la Nuptialité

133
La nuptialité
1. La nuptialité renvoie aux mariages/unions, aux divorces/séparations, aux
veuvages

2. Divorces/séparations/veuvages ruptures d’unions

3. La nuptialité n’est pas un phénomène démographique réel

4. L’intérêt d’étudier la nuptialité : dans beaucoup de sociétés, le mariage est


généralement un préalable à la fécondité

5. Le mariage, le divorce, le veuvage sont des événements renouvelables

6. Etude du mariage par rang : événement non renouvelable  primo-


nuptialité (1er mariage)

7. Mariage/divorce/séparation/veuvage n’excluent pas l’individu du champ


d’observation
134
La nuptialité
1. Le célibat/mariage/divorce/veuvage peuvent être sujets à des
événements perturbateurs

2. Etat initial Evénement Evénements perturbateurs

– Célibat  Mariage  mortalité?, migration ?

– Divorce/veuvage remariage  mortalité?, migration?

– (Re)Mariage Divorce  mortalité?, migration?, veuvage?

– (Re)Mariage Veuvage  mortalité?, migration?, divorce?

135
Données de période (transversales)

136
Données de période (forme B)
1. 1m’x : premiers mariages d’une cohorte de femmes (t-x) observées durant
l’année t à l’âge révolu x

2. 1m’’x : premiers mariages d’une cohorte de femmes (t-x) observées durant


l’année t+1 à l’âge révolu x

3. Cx : effectif des célibataires observées au 31/12/t

4. Px : effectif de la population au 31/12/t

5. 1tx
: taux du premier mariage entre les âges exacts x et x+1 (taux de primo-
nuptialité)

Ages x+1
"
1m x
Px
Cx
'
x 1mx

Année t Année t+1Années


137
Données de période (forme B)
6. Le taux de primo-nuptialité est donnée par :

’ + 1m’’x)/Cx
1tx= (1m x

7. Cette mesure nécessite la connaissance de la structure de la population


selon l’état matrimonial (célibataires, marié(e)s, divorcé(e)s,
veufs/veuves)

8. Si la structure par état matrimonial n’est pas disponible, on calcule :

’ + 1m’’x)/Px
1Mx=(1m x

138
Données de période (forme B)
9. Remarques :

• Les 1tx et les 1Mx peuvent être exprimés en pour mille :

’ + 1m’’x)*1000/Cx ’ + 1m’’x)*1000/Px
1tx= (1m x 1Mx=(1m x

• Les Cx et les Px peuvent être estimés par les effectifs observés aux âges
exacts :

Cx=(C’x+C’x+1)/2 Px=(P’x+P’x+1)/2

139
Données de période (forme C)
1. 1m’x: premiers mariages d’une cohorte de femmes (t-x) observées
durant l’année t à l’âge révolu x-1

2. 1m’’x :
premiers mariages d’une cohorte de femmes (t-x) observées
durant l’année t à l’âge révolu x

3. Cx : effectif des célibataires observées au milieu de l’année t (équivaut


aux célibataires à l’âge exact x)

4. Px : effectif de la population au milieu de l’année t (équivaut à la


population à l’âge exact x)
Agex+1

''
1m x
x
Cx Px
'
1m x

x-1
Année t Années
140
Données de période (forme C)
5. Le taux de primo-nuptialité est donné par :

’ + 1m’’x)/Cx
1tx= (1m x

6. Cette mesure nécessite la connaissance de la structure de la population


selon l’état matrimonial (célibataires, marié(e)s, divorcé(e)s,
veufs/veuves)

7. Si la structure par état matrimonial n’est pas disponible, on calcule :

’ + 1m’’x)/Px
1Mx=(1m x

141
Données de période (forme C)
8. Remarques :

• Les 1tx et les 1Mx peuvent être exprimés en pour mille :

’ + 1m’’x)*1000/Cx ’ + 1m’’x)*1000/Px
1tx= (1m x 1Mx=(1m x

• Les Cx et les Px peuvent être estimés par les effectifs observés aux âges
révolus x-1 et x :

Cx=(C’x-1+C’x)/2 Px=(P’x-1+P’x)/2

142
Données de période (forme A)
1. 1mx: premiers mariages observées durant l’année t à l’âge révolu x (2
cohortes consécutives)

2. Cx : effectif des célibataires observés au milieu de l’année t

3. Px : effectif de la population au milieu de l’année t

4. 1tx : taux (hybride) du premier mariage entre les âges exacts x et x+1

Age x+1

1mx
x
Année t Années

143
Données de période (forme A)
5. Le taux de primo-nuptialité est donné par :

1tx= 1mx/Cx

6. Cette mesure nécessite la connaissance de la structure de la population


selon l’état matrimonial (célibataires, marié(e)s, divorcé(e)s,
veufs/veuves)

7. Si la structure par état matrimonial n’est pas disponible, on calcule :

1Mx=1mx/Px

144
Données de période (forme A)
8. Remarques :

• Les 1tx et les 1Mx peuvent être exprimés en pour mille :

1tx= 1mx*1000/Cx 1Mx=1mx*1000/Px

• Les Cx et les Px peuvent être estimés par les effectifs observés à l’âge
exact x en début et à la fin de l’année t :

Cx=(C’x+C’’x)/2 Px=(P’x+P’’x)/2

145
Données de période : intensité et calendrier

1. On étudie la nuptialité entre 15 et 50 ans pour les femmes et entre 15


et 60 ans pour les hommes

2. On dispose des séries 1tx ou des 1Mx

3. Les indicateurs de période calculés sont ensuite utilisés pour une


cohorte fictive (translation= artifice de la cohorte fictive)

146
Données de période : intensité et calendrier

• ē = ∑ 1tx (ou ē = ∑ 1Mx) quelle que soit la forme (A, B ou C)

• = ∑ (x+0,5) * 1tx / ∑ 1tx (formes A et B)

• = ∑ x * 1tx / ∑ 1tx (forme C)

147
Données de période : table de primo-nuptialité
3. Quand on dispose des 1tx, on peut développer une table de primo-
nuptialité

• Soit 1nx= probabilité de primo-nuptialité entre les âges exacts x et x+1

• Les 1nx sont obtenus par la transformation des taux 1tx en quotients :

1nx= 2*1tx /(2+ 1tx)

sous l’hypothèse de l’uniformité de la distribution des premiers mariages


(linéarité de la fonction du célibat)

• Dans le cas d’intervalles quinquennaux et sous la même hypothèse :

5nx= 2*5*5tx /((2 + (5* 5tx))


148
Données de période : table de primo-nuptialité
• On se donne une racine de la table c15 = 100,1000, 10000,…

• On calcule ensuite les célibataires et les mariages de la table (état pur) à


chaque âge :

cx * 1nx = 1mx

cx+1 = cx - 1mx

ē =(1/c15) * ∑ 1mx = somme des mariages réduits

= ∑ (x+0,5) * 1mx / ∑ 1mx

Pour tout x=15,…,49 ans


149
Données de cohorte (longitudinales)

150
Données de cohorte
1. Les données réelles de cohorte permettent d’obtenir directement les
probabilités de primo-nuptialité:

Ages 19

1M18
18 C18

1M17
17 C17

1M16
16 C16

1M15
15 C15

t t+1 t+2 t+3 Années

151
Données de cohorte
1. 1Mx : premiers mariages observés entre x et x+1

2. 1Dx : décès de célibataires observés entre x et x+1

3. 1Ex : émigrations de célibataires observés entre x et x+1

4. 1Ix : immigrations de célibataires observés entre x et x+1

5. Les probabilités de primo-nuptialité sont obtenues par :

1nx= 1Mx /(Cx – ½ * (1Dx + 1Ex – 1Ix))

Sous les hypothèses H1 et H2

152
Données de cohorte
Remarque : x=15, 16,…, 49

• Les cx sont les célibataires de la table et les 1mx les premiers mariages de la
table

6. On développe une table de primo-nuptialité :

• Une racine de la table c15 =100, 1000, 10000,…

• cx * 1nx = 1mx

• cx+1 = cx - 1mx
.
.
.

153
Données de cohorte

7. On calcule les indices :

• ē = (1/c15) * ∑ 1mx = (c15-c50)/c15 =1-(c50/c15)

ē est la proportion des premiers mariages parmi les célibataires

• = (∑ (x+0,5) * 1mx) / ∑ 1mx= ∑ (x+0,5) * 1mx / (c15-c50)

8. Remarques : c50/c15= le taux du célibat définitif

154
Premiers mariages à l’état pur et à l’état observé
(événement perturbateur = mortalité)
On veut connaître (1m’x/N) =premiers mariages réduits à l’état pur

1. Soit N = effectif à la naissance d’une population donnée

2. Hypothèse : seule la mortalité est un phénomène perturbateur

3. Xp0 =probabilité de survie relative à la population générale (table de mortalité tous


états matrimoniaux confondus) de la naissance à l’âge exact x

4. 1q’x=quotient de mortalité relatif à la population célibataire (table de mortalité des


célibataires) entre les âges exacts x et x+1

155
Premiers mariages à l’état pur et à l’état observé
(événement perturbateur = mortalité)

5. Px = effectif de la population (tous états matrimoniaux confondus) à l’âge exact x

 Px= N* Xp0

6. Cx= effectif des célibataires âgés de x ans exacts (effectif observé)

7. xc0 = probabilité de rester célibataire de la naissance à l’âge exact x

8. 1nx= probabilité du premier mariage entre les âges exacts x et x+1

156
Premiers mariages à l’état pur et à l’état observé
(événement perturbateur = mortalité)
A l’âge x exact  Cx (Célibataires observés)
(hypothèses : indépendance et indifférence)

Entre x et x+1 Cx*1q’x Cx * (1-1q’x)


(décédés) (survivants)

(1 proportion de Cx*1q’x) + (1 proportion de Cx*1q’x ) Cx * (1-1q’x) * 1nx Cx * (1-1q’x) * (1- 1nx)

Premiers mariages Décès Premiers Célibataires


empêchés par le décès de célibataires mariages survivants

((Cx*1q’x)/2) * 1nx ((Cx*1q’x)/2) * (1-1nx )


(décès empêchant mariage) (décès de célibataires)
Premiers mariages à l’état pur et à l’état observé
(événement perturbateur = mortalité)
1. 1mx = premiers mariages observés entre x et x+1 (état réel)

1mx = Cx * (1-1q’x) * 1nx + (Cx*1q’x* 1nx)/2


1mx = Cx * 1nx * (1-1q’x/2)

2. Or 1-1q’x/2 = |1- (l’x-l’x+1)+/(2*l’x)=*(l’x+l’x+1)/2+*(1/l’x) = l’x+0,5/l’x

1-1q’x/2= 0,5p’x

3. 1mx = Cx * 1nx * 0,5p’x = N * xp’0 * xc0 * 1nx* 0,5p’x

1mx = (N * xc0 * 1nx)* 0,5p’x*xp’0


1mx = 1m’x* x+0,5p’0

4. 1m’x= premiers mariages entre x et x+1 exacts (état pur)

158
Premiers mariages à l’état pur et à l’état observé
(événement perturbateur = mortalité)
5. Px+0,5= N * x+0,5p0

6. 1mx / Px+0,5 =premiers mariages réduits (état observé)

7. On veut connaître 1m’x/N premiers mariages réduits à l’état pur :

(1m’x /N) =( 1/N) *(1mx / x+0,5p’0)

(1m’x /N) = 1/Px+0,5/x+0,5p0 *(1mx / x+0,5p’0)

(1m’x /N) = (1mx /Px+0,5) *(x+0,5p0/ x+0,5p’0)

8. x+0,5p0/ x+0,5p’0 représente la mortalité différentielle (tous états et célibataires)

9. Si hypothèse de continuité, càd, la mortalité frappe la population totale et la


population célibataire selon les mêmes probabilités alors:
(1m’x /N) = (1mx /Px+0,5)
159

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