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Thierno Hammadi Ba

Thierno Hammadi Ba
La dimension spirituelle et cultuelle
de la tariqa tijjaniyya :
Définition, historique, composantes et pratiques.

La dimension
Tome 3

spirituelle et cultuelle
Cet ouvrage intitulé Kachf al-ghamâm lid-diyâ‘i at-tarîqa at-
tijâniyya al-ahmadiyya al-muhammadiyya an-nûrâniyya ou Lever
le voile pour mettre la lumière sur la tarîqa tijâniyya ahmadiyya

de la tariqa tijjaniyya :
muhammadiyya nûrâniyya constitue un écrit phare de Thierno Tome 3
Hammadi Bâ.
L’auteur y fait un tour d’horizon de tout ce qui permet au jeune
disciple tidjâne de bien comprendre la Tarîqa et de bien la pratiquer.
Définition, historique,
composantes et pratiques.

La dimension spirituelle et cultuelle


Thierno Hammadi Bâ, communément appelé Thierno
Ousmane Djiba Bâ, est né en 1948 au Fouta Toro. Il a
appris la religion de plusieurs maîtres dont Thierno
Hammé Sall, Abdoul Aziz Dia, Thierno Hammé Barro,

de la tariqa tijjaniyya
etc. quand il rencontre en Gambie le grand érudit,
Thierno Boubacar Diallo de Bansah (m. 1997), celui-ci
Tome 3
l’initia aux sciences ésotériques et lui accorda toutes les
autorisations et permissions, sans exception. En 1981 il
reçut l’autorisation d’assurer la continuité de la Zâwiya
El Hadj Mâlik SY basée à Sandaga au cœur de Dakar.

Ce livre a été édité grâce au Fonds d’aide


à l’édition du ministère de la Culture du Sénégal
Direction du Livre et de la Lecture

Illustration de couverture :
© Kitti Kahotong - 123RF

ISBN : 978-2-343-12816-0
31 €
LA DIMENSION SPIRITUELLE
ET CULTUELLE DE LA TARIQA TIJJANIYYA :
Définition, historique, composantes et
pratiques.

TOME III
Thierno Hammadi BA

LA DIMENSION SPIRITUELLE
ET CULTUELLE DE LA TARIQA TIJJANIYYA :

Définition, historique, composantes et


pratiques.

TOME III

Traduit de l’arabe par le Pr. Abdourahmane BA


© L’HARMATTAN-SENEGAL, 2017
10 VDN, Sicap Amitié 3, Lotissement Cité Police, DAKAR

http://www.harmattansenegal.com
senharmattan@gmail.com
senlibrairie@gmail.com

ISBN : 978-2-343-12816-0
EAN : 9782343128160
DEDICACE

Je vous dédie cet ouvrage spirituel :

Au Saint Prophète Muhammad, sa honorable famille


et ses illustres compagnons.
À Notre Maître, Cheikh Sayyid Ahmad Tjjânî,
sa famille et sa descendance.
À Mon éminent et vénérable maître, Thierno Boubabacar Diallo de
Bansang, qui m’a initié aux sciences ésotériques de la religion musulmane et
qui m’a bien renforcé dans la Tarîqa Tijjâniyya.
À Mon très cher et vaillant père, Ousmane Djibi BA, qui a eu la
généreuse idée de m’orienter vers l’étude de la religion musulmane.
À Ma très courageuse et combattante mère, Aïssata Hammadi LY,
qui m’a couvert de toute son affection maternelle.
À Ma très brave épouse, Ndèye Absa THIAM, qui m’a soutenu sans faille
dans la réalisation de cet ouvrage phare de la Tarîqa Tijjâniyya,
Mes autres épouses, Aïssata Moussa LY, Yassine DIAW et Aïssata Sara
BA, qui m’ont montré toute leur affection pour me permettre d’en arriver là.
À Ma très chère famille qui n’a jamais baissé les bras pour me soutenir.
Celui qui s’est battu corps et âme pour trouver le financement pour la
publication de ce livre, M. Abdourahmane GAYE.
Celui qui a fait preuve d’abnégation et de patience pour traduire les trois
tomes ce livre de 1100 pages en français, le Pr. Abdourahmane BA.
Ceux qui ont, de près ou de loin, contribué à la finalisation de ce travail,
soit financièrement, soit moralement, soit matériellement.
A tous ceux là que je n’ai pas pu citer dans cette liste de dédicace,
je n’ai omis personne.
Que Dieu accorde son pardon et sa clémence à tous ceux-ci.
Seigneur ! Daigne répandre Ton Salut et Ta Grâce sur le Saint
Messager, MUHAMMAD, ses nobles épouses et ses illustres compagnons.

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NOTE DU TRADUCTEUR

Au Nom de Dieu le Clément le Miséricordieux


Seigneur, daigne répandre Ton Salut et Ta Grâce Infinie sur le
Saint Prophète,
L’Envoyé de Dieu, le Dernier des Prophètes et le Guide des
Messagers,
Muhammad, sur sa Famille et sur ses Compagnons.
La Tarîqa Tidjâniyya est une des Voies Spirituelles qui mènent vers
Dieu. Aussi certains hommes versés de cette Tarîqa se sont chargés
d’apporter toute la lumière nécessaire à cette Voie afin de permettre
aux disciples d’entrer en connection directe et permanente avec les
Elus de cette Tarîqa, et delà avec le Saint Messager de Dieu qui les fera
arriver à Dieu.
Aussi, ce saint érudit, Thierno Hammadi BA, s’est lancé dans la
publication de certains ouvrages ayant trait à cette Tarîqa Tidjâniyya.
Il est pour la bonne diffusion des préceptes et des principes de cette
Voie Spirituelle.
C’est dans ce cadre qu’il a écrit cet ouvrage de grande portée
spirituelle. Un ouvrage qui a passé en revue tout ce qui fait le charme
de la Tarîqa Tidjâniyya : sa définition, l’origine du wird tidjâne, les
pratiques quotidiennens comme hebdomadaires (wazîfa, lâzim,
hadratul djum’a,…), la courbe de vie de Cheikh Ahmad Tidjâne Chérif,
les arcanes et litanies, les invocations de hautes portée spirituelle,
l’identité véritable du Saint Messager de Dieu, l’identité des hommes
de Dieu,…
Nous tenons à signaler que la traduction n’était pas du tout facile.
Nous étions face à un document de 1100 pages écrit par un érudit des
sciences ésotériques de l’Islam. Il était fort prévisible que la langue
arabe utilisée par cet érudit n’était pas du tout abordable, d’autant plus
que ce n’était point une langue académique arabe qui était employé ;
mais plutôt une langue des cercles d’étude dites « majâlis ».
Donc, nous nous excusons de la qualité de la traduction ainsi que
des fautes de langages, de grammaires, de syntaxes, de formulations,
dans le choix des termes adéquates pour rendre le sens lisible et
compréhensible. Nous reconnaissons que la traduction n’était pas du
tout facile. Nous avons fait presque cinq ans pour terminer ce travail

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avec toutes les corrections requises par d’éminentes personnalités des
sciences ésotériques. Et notre qualité d’enseignant ne nous a pas donné
le temps suffisant pour avancer vite dans cette traduction.
Nous faisions face à un texte en arabe dépourvu de ponctuation, de
chapitres bien posés, de sous sections bien départagés. Les intitulés que
vous verrez au fil de votre lecture sont faits grâce à Dieu qui nous a
permis de titrer les parties. Ainsi, vous verrez des chapitres longs, des
chapitres moyens longs et des chapitres courts selon le contenu
développé dans chaque partie.
Dans la version française, en accord avec l’auteur Thierno
Hammadi BA, nous avons divisé l’ouvrage en trois tomes, dont chaque
tome renferme des données primordiales sur la Tarîqa Tidjâniyya.
De toute façon, c’est un ouvrage très riche que tout disciple tidjâne
doit consulter pour mieux comprendre la Tidjâniyya.
Nous demandons Dieu de nous inscrire parmi ses serviteurs élus et
qu’il nous pardonne les erreurs commises lors de la traduction de cet
ouvrage. Nous ne voudrions que parfaire dans la mesure du possible.
Paix et salut sur le Saint Prophète,
Muhammad, sa famille, ses compagnons et tous les suivants qui
suiveront leurs traces jusqu’au Jour Dernier !
Le traducteur

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INTRODUCTION

Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux

Louange à Dieu qui a choisi l’essence Muhammédienne lieu de


contenance de la manifestation des flux de l’Essence Ahmadiyya
et qui a, également, choisi l’Essence Ahmadiyya lieu de manifestation
des flux de l’Essence Muhammédienne partant de sa propre volonté et
de sa providence éternelle. En effet, Dieu ne sera jamais interrogé sur
ce qu’il fait et il sait, parfaitement, où placer Son message. Il accorde
Sa miséricorde à qui Il veut et Il est le Détenteur de la grâce immense.
Seigneur, que Ta paix et Ton salut soit sur l’Essence Muhammadiyya
Ahmadiyya à caractère spirituel, ainsi que sur sa noble famille et ses
nobles compagnons, présentateurs de la Charia et source de la vérité
incontestable. Seigneur, soit satisfait de la manifestation
Muhammadiyya et celle Ahmadiyya d’une satisfaction éternelle.
La compilation de ce livre est faite par le Cheikh versé dans la
science et grand connaisseur des questions religieuses, Thierno
Hammadi Bâ1.
Ce serviteur de Dieu, qui désire bénéficier de la miséricorde divine
perpétuelle et qui envisage d’être à l’écoute de la providence
sempiternelle, a fait savoir que : « En écrivant ce livre, j’ai mis en avant
l’engagement personnelle en comptant sur l’assistance absolue divine.
Il y est question de : « Mettre la lumière sur la Tarîqa Tijjâniyya à
caractère Ahmadiyya Muhammadiyya an-Nûrâniyya ». Nous y
avons montré et expliqué la manière d’effectuer la ziara. Nous y avons,
en plus, élucidé tout ce qui présente un caractère d’obligation, en
prenant appui sur les exigences de la Tarîqa dans son intégralité. Nous
y avons déterminé sa forme et expliqué le contenu ».
Et ce, je l’ai fait après avoir accompli une prière de consultation. Je
sais bien que ce que je possède est peu signifiant ; mais je m’appuie sur
Dieu qui précise : « Que celui qui est aisé dépense de sa fortune et que
celui dont les biens sont restreints dépense selon ce qu’Allah lui a

1 Etant fils du terroir, il réside à Dakar, capitale du Sénégal. Il est le dépositaire des trésors du
tidjânisme à la Zâwiya El Hadj Malick Sy à Sandaga où il enseigne diverses matières
religieuses. Il est surtout connu sous le nom de Muhammad Ibn Ousmane Djibi BA.

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accordé. Allah n’impose à personne que selon ce qu’Il lui a donné et
Allah fera succéder l’aisance à la gêne2 ».
Je prie Dieu de m’accorder l’assistance, la consolidation, la réussite,
la droiture et l’exactitude car c’est Lui le vrai guide vers le chemin le
plus droit. Je me suffis à Lui et en Lui je confie mon sort.
Je reconnais toute ma petitesse et le désir de me faire remarquer
auprès des doués de raisons. Dieu est Celui dont le secours est imploré.
Il se doit de répondre aux invocations dans leur totalité par la grâce du
rang du Prophète Muhammad (PSL).
En définitive, j’ai intitulé ce livre : « Kachf al-ghamâm lid-diyâ‘i at-
tarîqa at-tijâniyya al-ahmadiyya al-muhammadiyya an-nûrâniyya » ou
« Lever le voile pour mettre la lumière sur la tarîqa tijâniyya
ahmadiyya muhammadiyya nûrâniyya ».
Que Dieu le considère comme une œuvre dont le seul but c’est de
plaire Son noble visage et qu’Il fasse que nous en tirions large profit par
la grâce de Son éminent Prophète, sur lui le plus paisible des paix et des
saluts ainsi que sur sa famille. Il n’y a de force et de puissance que celles
d’Allah, le Très-Haut, le Parfait.

2 Sourate : At-Talâq ; verset : 7.

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FATWAS DE NOTRE GUIDE SPIRITUEL

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PREMIER CHAPITRE :

DES QUESTIONS ET DES REPONSES RELATIVES AUX


AWRADS RECOMMANDES DE LA TARIQA :

1ère question :
- On a interrogé notre Cheikh à propos du disciple qui effectuait le
wird et sur le coup, il entend l’appel de la prière. Puis, il rompt le wird
pour accomplir la prière. Après le salut final, il oublie de terminer son
wird en faisant directement les bâqiyât sâlihât. Et, sur le champ, il se
rappelle qu’il n’avait pas terminé son wird. Doit-il le terminer et le
racheter par la formule du pardon ; ou doit-il faire un autre wird ?

- Il répondit : « Si cela relève de l’oubli, il termine le wird en le


renforçant par 1000 istighfâr. Si par contre, il le fait volontairement, il
doit recommencer un autre wird, car le wird qu’il avait entamé est
invalide. La raison en est qu’il a fait un zikr en milieu de wird, même si
ce wird n’est pas constant.

2ème question :
- On l’interrogea à propos de celui qui effectue le wird et
soudainement on annonce la prière, que doit-il faire tout en sachant
qu’il avait pratiqué le tayammum (l’ablution sèche) ?

- Il répondit qu’il doit rompre le wird, refaire le tayammum pour


accomplir la prière et compléter son wird après le salut final. Il n’a pas
à reprendre un autre tayammum pour finaliser son wird.

3ème question :
- On l’a demandé à propos de celui qui fait son wird chez lui et puis
entend l’appel de la prière du soir (âzânul ichâ’i), que doit-il faire ?

- Il répondit tout d’abord que la prière en commun est chose


obligatoire et que la Tarîqa la considère comme telle. Par ailleurs, la
mosquée peut être proche ou loin de son domicile. Et le chemin menant
vers cette mosquée peut être souillé. Dans de tels cas, soit, il termine
son wird avant de se rendre à la mosquée pour y prier ; soit il se rend à

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la mosquée en exécutant le wird en cours de chemin, s’il est convaincu
de la pureté du chemin qu’il emprunte. Si tel n’est pas le cas, il termine
son wird d’abord avant d’accomplir la prière chez lui. Il faut noter que
le wird est une obligation et ne doit pas être interrompu.

Certains disciples de la Tariqa soutiennent que le wird peut être


interrompu car la prière en commun est prioritaire par rapport au wird.
Et après la prière, il poursuit son wird car son temps d’exécution n’est
pas encore écoulé ; et qu’il peut rater le moment d’exécution de la prière
en commun. De toute façon, le fait d’assister à la prière en commun du
soir ne peut pas rompre le wird contrairement au retard noté lors de
l’accomplissement raté du wird du matin du fait que l’exécutant ait
assisté à la prière en commun du matin. Car dans ce cas, le wird entamé
est déclaré invalide et l’exécutant est appelé à reprendre le wird
conformément aux orientations notifiées dans les ouvrages de la Tarîqa.
Dieu seul sait !

4ème question :
- Je lui ai demandé au sujet de celui qui accomplit son wird au
moment où l’imam fait son sermon le jour du vendredi ; et si l’imam
entre dans la mosquée au moment où le disciple exécute son wird, que
doit-il faire ?

- Il répondit de manière sommaire : « Vous n’êtes pas sans savoir


que le sermon du vendredi exige le silence absolu en y portant une
attention particulière. Même le lecteur du Coran est obligé de rompre
sa lecture pour écouter attentivement le sermon. Sur la même lancée, le
pratiquant ne doit pas entamer son wird quand l’imam fait son sermon.
Cependant, si l’imam fait son apparition devant l’assemblée ; alors qu’il
était entrain de faire son wird, il doit le terminer en remplaçant la
Jaw’haratul Kamâl par la récitation de la Salâtul Fâtihi, jusqu’à ce qu’il
soit certain d’avoir achevé le wird qu’il fait, et ce, avant que l’imam
débute son sermon. De toute façon, son wird est bon, même s’il
l’entamait au moment où l’imam débute son sermon pour le terminer
après la prière du Vendredi. Seulement, il a fait une chose contraire aux
principes de la Tarîqa. A noter que son wird est bon.

Le principe idéal est d’entamer le wird à un moment où aucune


obligation cultuelle ne pourra l’interrompre. Il faut choisir le moment

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idéal n’interférant pas l’heure de l’accomplissement d’un acte cultuel
obligatoire.
En guise d’exemple, si le disciple devrait faire le wird du matin avant
la prière du midi et celle de l’après-midi au moment où le temps du délai
imparti pour ces deux prières est proche ; ou il fait ce wird, de manière
volontaire, en milieu de ce délai imparti avant qu’il ne prie, qu’il sache
que dans tous ces cas, il a agi contrairement aux enseignements de la
Tariqa, bien que son wird soit valide. Il devait, en effet, devancer
l’obligation individuelle que Dieu lui a imposée avant l’acquittement
du wird dont l’exécution est, également, impérative. Par ailleurs, si une
prière est annoncée, le disciple peut poursuivre son wird, et ce, même
si l’imam s’apprête à diriger la prière. Puis, il s’acquittera de sa prière.
Là aussi, son wird est valide. Seulement, il doit savoir que ce qu’il a fait
n’est pas ce qui est recommandé par l’Islam et par la Tarîqa. Et par
conséquent, il mérite le blâme total et la sanction par rapport à son
attitude pour qu’il ne répète plus une chose pareille, si toutefois il a agi
de manière délibérée. Sinon, il peut espérer l’indulgence divine, car il a
agit en ignorant. Que Dieu nous oriente vers ce qu’Il aime et agréé !

5ème question :
- J’ai, par ailleurs, demandé notre maître au sujet de celui qui trouve
les disciples de la Tarîqa entrain de répéter la Haylala et que lui, il
exécutait son wird au même moment. Comment doit-il agir ?

- Il répondit tout d’abord que son wird est valide, bien qu’il ait fait
une chose non recommandée. Ce qu’il devrait plutôt faire, c’est
d’accomplir la Haylala avec eux, car le temps d’exécution du wird est
large ; tandis que le temps réservé pour la Haylala est limité. Et si le
temps l’échappe, il ne pourra pas le rattraper voire s’en acquitter. Force
est de savoir que c’est Dieu qui guide vers le droit chemin !

6ème question :
- Je lui ai demandé, aussi, au sujet de celui qui constate une réduction
de grains de son chapelet et ignore le moment où cela s’est produit,
après qu’il ait terminé son wird de façon évidente.

- Il répondit qu’il doit d’abord noter le nombre soustrait constaté


dans son chapelet depuis le jour où ce chapelet était complet et il doit
en plus se rappeler de ce jour. Ensuite, il doit faire 100 fois le istighfâr

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pour réparer son erreur avant de répéter le nombre qu’il croit réduit dans
le chapelet. Par contre, s’il l’avait fait en groupe, l’imam en porte le
fardeau.

7ème question :
- Je lui ai demandé à propos de celui qui doute de son chapelet s’il
est diminué ou complet, puis il exécute ou désire exécuter son wird avec
ce chapelet sans pour autant compter, au préalable, les grains. Après des
jours d’usage, il remarque que ce chapelet est incomplet.

- Il répondit : « J’ai interrogé à mon tour à ce propos le savant en


Dieu, Sayyid Ahmad Abd Lâwî qui me signifia qu’il faut mentionner et
refaire ce qui est retranché à partir du moment où le doute s’est installé
jusqu’au moment où il s’est rappelé de ce manquement. Qu’il fasse
ensuite 100 fois l’istghfâr avec l’intention de réparer son erreur. Sayyid
Sufyânî, un des Muqaddams va dans le même sens lorsqu’il a reçu la
même question. Car lui même a eu faire le wird avec un chapelet
incomplet et il a réparé ce qui l’avait échappé. Alors, il répondit qu’il
incombe de reprendre les awrâds faits avec ce chapelet depuis le jour
où on s’est rappelé de cette situation en comptant un nombre de jours
déterminés susceptibles de combler le doute. Et Dieu lui garantira la
sécurité. Il n’a pas à craindre de ce qu’il en ait en fait de rupture d’avec
la Tarîqa.

En tout état de cause, le disciple a le plein droit de ne faire le wird


avec son chapelet qu’après qu’il soit certain ; de même ne pas employer
un autre chapelet. Il est de rigueur de ne point employer un autre
chapelet pour faire un wird quelconque qu’après avoir compté si ce
chapelet est complet ou non, car la conscience du disciple doit être sous-
tendue par la pleine certitude. C’est pour dire qu’il n’est pas donné à un
insouciant encore moins à un démesuré ou à un débonnaire, d’en assurer
la vérification. C’est là, les piliers établis par le wird de manière précise.
C’est à Dieu que dépend la réussite !

8ème question :
- J’ai demandé notre Cheikh s’il est possible d’anticiper le wird du
matin en l’exécutant juste après la prière du soir et juste avant de prier
les trois dernières unités de prière du soir (le Chaf’i et le Witr).

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- Il répondit que cette anticipation est permise, même sans motif
justifiable en raison des bienfaits que nous apporte la nuit. Seulement,
il est très souhaité d’exécuter ce wird anticipé environ une heure après
la prière du soir. S’agissant de la salat du Witr, faire ce wird anticipé
juste après cette salat est une obligation n’incombant qu’à notre Cheikh
spirituel ; cependant, il n’y aucun mal à ce qu’un autre disciple fasse de
même. Par contre, il n’est pas recommandé d’anticiper le wird du matin
après cette salat contrairement à la prière du soir.

9ème question :
- Je l’ai, ensuite, demandé au sujet de celui qui a oublié de réciter les
derniers versets de la Sourate « As-Sâffât »3 après la fin de chaque étape
du wird ou lors de l’accomplissement de la Wazîfa, doit-il le refaire ou
non ?

- Il répondit qu’il ne doit pas revenir sur ces versets ni reprendre les
phases du wird après lesquelles il a oublié de réciter ces versets. De ce
fait, il n’a commis aucun péché, même s’il n’a pas pu terminer le wird
ou la wazîfa. L’unique chose à regretter est qu’il vient de perdre un
grand bienfait du seul fait de ne pas réciter ces versets mentionnés en
bas de page. Il faut noter que la lecture de ces versets apporte un bien,
car ils permettent d’illuminer les esprits. Dieu guide celui qu’Il veut
vers le droit chemin !

10ème question :
- Je lui ai demandé, par la suite, s’il est permis au disciple de faire la
wazîfa une fois par jour – par matin ; par soir ; en milieu de journée –
s’il est très occupé de par ses activités.

- Il répondit que la wazîfa était accomplie deux fois entre la nuit et


le jour du temps de notre maître spirituel. Et c’est le même procédé que
pratiquaient certains adeptes de la Tariqa comme me l’a fait savoir mon
maître, le savant en Dieu, Sayyid Ahmad Abd Lâwî qui faisait la même
chose. Il allait très loin dans les conseils qu’il prodiguait pour une bonne
pratique de la wazîfa. Il montrait que même les compagnons du Cheikh
pratiquaient la wazîfa telle que la démontrait notre guide spirituel qui

3
Il s’agit de ces versets :
" ‫" سبحان ربك رب العزة ﻋﻤا يصفون * وسﻼم ﻋﻠﻰ الﻤرسﻠين * والحﻤد لﻠه رب العالﻤين‬

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se trouvait dans la cour de Sayyid El Hadj Ali Hirâzam. A noter que le
Cheikh et ses disciples s’accordaient à dire que la wazîfa est une
obligation que doit impérativement accomplir le disciple une fois par
jour, bien que l’accomplir deux fois par jour reste la chose la plus
souhaitée. Mais, il n’y a pas d’heures précises pour cette wazîfa. Il
revient au disciple d’en choisir le moment qui lui convient dans la
journée comme dans la soirée. A signaler que les moments nocturnes
sont les mieux indiqués.

11ème question :
- Je l’ai, en plus, demandé au sujet de celui qui accuse du retard par
rapport à la wazîfa. Comment doit-il faire pour la partie qu’il n’a pas
assistée ?

- Il répondit qu’il doit tout simplement entrer dans la scène tout en


se rappelant et en notant l’étape où il les a trouvé. Après la fin de la
dernière perle de la Jaw’haratul Kamal, il recommence sa wazîfa
partant du début jusqu’à la phase où il les avait trouvé. Ensuite, il
termine, à son tour la wazîfa. En tout état de cause, la lecture de la
Sourate « Al-Fâtiha », en premier et en dernier lieu, figure parmi les
conditions permettant de compléter la wazîfa. Aussi, celui qui arrive en
retard, qu’il entre dans la scène en les suivant jusqu’au niveau de la
dernière perle de la Jaw’haratul Kamal. Puis, qu’il reprend la wazîfa en
récitant d’abord la Sourate « Al-Fâtiha » suivie du istighfâr que nous
avaient enseigné nos guides spirituels.

En fait, ces derniers demandent au retardataire de réciter d’abord la


Sourate « Al-Fâtiha » avant d’entamer la wazîfa avec le groupe, car s’il
commence au début de la wazîfa, il ne pourra pas les rattraper. Il doit,
alors, procéder conformément aux détails donnés plus haut. Cependant,
il doit éviter d’utiliser tout ce qui prête à confusion. Si le disciple
observe ces prescriptions, sa wazîfa est bonne, selon les propos de
Sayyid ‘Ubayda et de son frère. Il faut reconnaître que nous ne détenons
pas une version provenant de notre Cheikh et de ses compagnons. De
toute façon, la meilleure manière est de prendre appui sur ce que l’on a
mentionné. Dieu seul détient la clé du salut !

Par contre, le retardataire qui mentionne l’élément remplaçant (al-


badil) doit débuter là ou il a trouvé le groupe qu’il suit jusqu’au niveau
de la dernière perle de la Jaw’haratul Kamal, puis il recommence

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partant de cet élément remplaçant qui consiste à faire 20 fois la Salatul
Fatihi. S’il termine cette phase, il recommence, encore une fois, la
wazîfa depuis le début en respectant les phases qu’il avait observées au
début. Si, par désir, il lit la Jaw’haratul Kamal avec l’intention de la
faire à la place de l’élément remplaçant, sa wazîfa est valide. Il doit
savoir, seulement, que la Jaw’haratul Kamal n’est lue qu’en état de
pureté rituelle extrême. Dieu seul sait !

12ème question :
- Je l’ai, aussi, demandé si celui qui est atteint d’incontinence et
d’abcès peut-il réciter la Jaw’haratul Kamal seul ou en groupe ou
encore lors de la Hadratul Jum’a, le jour du vendredi ?

- Il répondit que la Jaw’haratul Kamal n’est faite qu’avec la pureté


rituelle extrême. Et celui qui est atteint d’incontinence ou d’abcès ne
peut pas avoir une pureté constante, et il ne peut pas utiliser la
Jaw’haratul Kamal, qu’il soit seul ou en groupe. Par contre, il lui est
permis d’utiliser son substitut consistant à faire 20 fois la Salatul Fatihi.
S’il est en groupe et désire faire la wazîfa avec ce groupe, il peut s’y
associer à condition que l’odeur de sa maladie ne se dégage pas au sein
de cette assemblée rituelle. Mais, une fois arriver au niveau de la
Jaw’haratul Kamal, il doit utiliser à la place son substitut qu’il fera
individuellement et en secret pour ne pas déranger l’assistance.
S’agissant du jour du vendredi, l’apriorisme consiste à ce qu’il répète
la Haylala et non de se retrouver au beau milieu du zikr.

13ème question :
- Je l’ai, en outre, interpellé au sujet de l’illettré qui adhère à la Tarîqa
et qui, auparavant, n’avait pas mémorisé la Jaw’haratul Kamal, lui est-
il possible de lire ce qu’il peut lors du zikr effectué en groupe ou peut-
il mettre en pratique le substitut de la Jaw’haratul Kamal ?

- Il répondit qu’il lui est possible d’utiliser le substitut qu’il soit seul
ou en groupe et ce, tant qu’il n’a pas mémorisé la Jaw’haratul Kamal.

14ème question :
- Je l’ai interrogé à propos de celui qui désire la mémoriser pour
savoir s’il doit être pur en permanence comme l’exige la wazîfa, ou
peut-il uniquement faire le tayammum, ou encore peut-il l’apprendre

21
sans pour autant conserver sa pureté, s’il ne fait pas la wazîfa pour
réparer l’erreur commise et consistant à ne pas avoir une présence
d’esprit effective, ou encore en vue de réparer la prière ratée ; et là, la
lire après la prière du cycle unitaire (witr) au-delà de son délai imparti,
comme l’a souligné notre guide spirituel ?

- Il répondit que la Jaw’haratul Kamal n’est lue lors de la wazîfa


qu’avec la pureté rituelle exigée comme cela est notifié dans les
ouvrages de la Tarîqa. De même, la présence effective du Prophète
(PSL) et des quatre Califes orthodoxes4 lorsqu’ils arrivent à la septième
lecture de la Jaw’haratul Kamal nécessite une pureté rituelle extrême
et un tapis pur uniquement réservé pour la circonstance. Mais, il faut
noter que cette spécificité notée va au-delà même de la wazîfa. Lors de
la septième étape, le Prophète (PSL) se présente physiquement et restera
avec le groupe tant que continue le zikr quelque soit sa durée. Ne jamais
oublier qu’il incombe au disciple de toujours garder sa pureté rituelle
lorsqu’il s’apprête à lire la Jaw’haratul Kamal ou à effectuer la wazîfa.
Cependant, il lui est possible de ne pas garder sa pureté s’il n’accomplit
pas la wazîfa ou s’il n’arrive pas au niveau de la septième étape de la
récitation de la Jaw’haratul Kamal. De toutes les façons, conserver la
pureté est chose requise et exigée comme le démontrent les dires de
notre guide spirituel et de certains de ses compagnons. Celui qui désire
mémoriser la Jaw’haratul Kamal, qu’il le fasse.

Néanmoins, il peut la réciter moins de sept fois sans garder sa pureté,


et faire trois fois après avec l’intention de réparer la faute. Et nous avons
vu certains Cheikhs-Muqaddam réputés soutenir la mention de la
Jaw’haratul Kamal avant le salut final lors de la prière. En fait, ils
disent que celui qui n’a pas prié le Chaf’i et le Witr du fait que leur
temps d’exécution soit écoulé et qu’il en reste ainsi jusqu’à la levée
effective du soleil, qu’il s’en acquitte avant de faire trois fois la
Jaw’haratul Kamal tout en faisant face à la Qibla et en formulant
l’intention de réparer la faute. En fait, le fait de formuler l’intention de
réparer suivi de la réparation effective, permet d’inscrire l’acte dans le
lot des pratiques passés et agréés. Mais ce principe ne s’applique pas à
la prière de l’après-midi (salatul asr) qui est élevée, elle seule, car
considérée comme étant la prière médiane (salatul wustâ).

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Il s’agit de Abû Bakr, ‘Umar, ‘Usmane et Ali, (radiyal- Lahu an’hume).

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Notre guide a dit : « celui qui n’a pas pu se concentrer pour bien se
recueillir et méditer lors de l’accomplissement d’un acte cultuel donné,
qu’il récite trois fois la Jaw’haratul Kamal en se tournant vers la Qibla
et en formulant l’intention de réparer sa faute (la non présence d’esprit).
Ainsi cet acte lui sera inscrit comme une présence physique effective.
C’est Dieu qui guide vers le droit chemin !

15ème question :
- Je l’ai, ensuite, interrogé à propos de la wazîfa lue lors de la prière
mortuaire et lors des festins, est-il possible que l’exécutant en formule
l’intention concernant la wazîfa de ce jour ? Que doit-il se fixer comme
objectif en faisant la wazîfa réservée pour la prière mortuaire et pour les
festins ?

- Il répondit que cette forme de wazîfa s’inscrit dans la liste des


pratiques innovées au sein de la Tariqa. A signaler que ces choses
n’existaient pas au temps du guide spirituel. Mais, il convient de
reconnaître que cette pratique était en cours à Fez. Il s’agit de préparer
les frères en la foi pour mieux s’armer. L’objectif est d’attirer la
bénédiction de cette wazîfa sur le mort ou sur les participants à ce festin.
Il faut dire qu’il ne faut pas se suffire de la simple récitation de cette
wazîfa ; mais il faudra, également, faire ce zikr selon le schéma défini
par les érudits de la Tarîqa.

Par contre, il est impératif de faire savoir que le Saint Homme, le


savant en Dieu, Sayyid Ahmad Abd Lâwî n’approuvait pas de tels actes,
car il les considérait comme des innovations introduites dans cette Voie
Spirituelle, la Tarîqa Muhammadiyya. De même, il dénigrait celui qui
les appliquait. Cependant, seuls les doués de raison lui prêtent l’oreille.
Il dénonçait l’utilisation du zikr selon cette formule, faisant que même
le jour du vendredi, il accomplissait la Haylala telle que définit par les
exigences de la Tarîqa. Il quittait même la zâwiya et ne prenait pas part
à ces cercles de zikr où des pratiques innovées sont introduites.

« En fait, nous5 avons assisté à certaines prières mortuaires où nous


avions lu six fois la Jaw’haratul Kamal en raison de l’étroitesse du
temps que nous disposions à Fez. Nous avions agi ainsi dans le seul but
de réciter la Jaw’haratul Kamâl, car nous pensions que c’était une

5
C’est le cheikh Abd Lâwî qui parle.

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chose approuvée par les ténors de la Tarîqa. Et pour cette raison, je ne
permet pas de dénigrer celui qui le fait complètement ou
sommairement. Me concernant, je me penche vers sa lecture pour
m’attirer ses bénédictions. Celui qui considère que cette wazîfa prend
la place de sa wazîfa de ce jour, cela lui sera compté pour valable. La
seule condition qu’il faut préciser ici est que ni les femmes encore
moins les enfants ne doivent prendre part à cette wazîfa ».

J’ai su que l’objectif visé dans cet acte c’est le fait de s’attirer la
bénédiction de cette wazîfa. Mais si le pratiquant est certain de
l’impureté de l’endroit où il exécute la wazîfa, la chose la plus
recommandée est qu’il s’en écarte s’il n’a pas la possibilité d’empêcher
le reste du groupe d’y accomplir la wazîfa. Et si lui-même, il n’a pas pu
se déplacer et qu’il craint de déranger les autres, qu’il récite le substitut
de la Jaw’haratul Kamal au fond de lui-même. Dieu seul sait !

16ème question :
- Je l’ai demandé, aussi, au sujet de celui qui délaisse la Haylala, le
jour du vendredi, de son propre gré.

- Il répondit que celui qui rate la Haylala vient de perdre un grand


bien. Et si le délaissement est chose perpétuelle, il risque de se
déconnecter de la Tarîqa. Car, il a délaissé un palier du wird obligatoire
(al-wird al-lâzim) qu’il devait impérativement faire. J’ai entendu le
savant en Dieu, Sayyid Ahmad Abd Lâwî dire celui qui délaisse cette
Haylala, même une ou deux fois ou à des moments déterminés, est
toujours considéré comme un disciple de la Tarîqa. Seulement, un grand
bien l’a quitté et surtout s’il n’assiste pas à sa récitation dans la zâwiya
bénie. L’accent est surtout mis sur la non présence lors du vendredi et
le Cheikh ne fait pas allusion à la Hadra effectuée à Fez, car celle-ci est
pleine de choses innovées, et la pratique effectuée est très différente de
celle du vénéré, Cheikh Ahmad Tidjâne. Aussi, le Cheikh Ahmad Abd
Lâwî préférait la réciter en la scandant avec le groupe. Cependant, il la
récitait, dans la zâwiya conformément à la récitation qu’en faisait
Cheikh Ahmad Tidjâne. Par ailleurs, il dénigre sans détour, celui qui ne
se présente pas pour accomplir la wazîfa au niveau de la zâwiya avec
ses coreligionnaires. Par contre, il confirme la rupture de connexion
entre la Tarîqa et le disciple qui accomplit la wazîfa sans la faire en
groupe et sans aucune excuse. Mais, il précise que s’il s’absente des
assemblées de manière irrégulière, il demeure toujours un disciple de la

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