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Recherches et Applications en Finance Islamique

‫بحوث و تطبيقات في المالية االسالمية‬


Researches and Applications in Islamic Finance
ISSN : 9052- 0024
Volume 1, Numéro 1, février 2017

Modélisation Macroéconomique Postkeynésienne


intégrant la Zakat : cas de laTunisie

Amine MAROUANE
Attaché temporaire d'enseignement et de recherche
CRIISEA
Université de Picardie Jules Verne (UPJV) - France
amine.marouane@u-picardie.fr

Résumé
La Tunisie après révolution de 2011 s’est distinguée par des discussions parmi les politiciens
et académiciens sur l’opportunité que pourrait apporter l’institution islamique, la Zakat, dans
la lutte contre le chômage et la pauvreté. Notre papier s’inscrit dans cette logique de pensée, il
cherche essentiellement à évaluer cette opportunité potentielle de la Zakat grâce aux
développements récents de la modélisation postkeynésienne Stock Flux Cohérent et de la
technique de la simulation et ce, malgré l’absence de réglementations et de données sur la
Zakat en Tunisie.
Mots-clés : Modélisation stock-flux cohérent, simulation, Zakat, Tunisie

Abstract
Tunisia, after the revolution of 2011, was distinguished by discussions among the politicians
and academicians about the opportunity that could bring the islamic institution, Zakat, in the
fight against unemployement and poverty. Our paper fits into this logic of thought. It
essentially seeks to asses this potential opportunity of Zakat thanks to recent developments of
post-keynesian Stock FLow Consistent modeleling and of simulation technique, despite the
absence of regulations and data about Zakat in Tunisia.
Key words: Stock FLow Consistent Modeleing, Simulation, Zakat, Tunisia

Article reçu le : 27 août 2016 et accepté le : 06 janvier 2017


Citation : Marouane A. (2017), « Modélisation Macroéconomique Postkeynésienne intégrant
la Zakat : cas de la Tunisie », Recherches et Applications en Finance Islamique, Volume1,
numéro1, pages : 3-24.

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Introduction

La recherche scientifique en économie et finance islamique est certes aujourd’hui


assez abondante, mais dans le domaine de la modélisation macroéconomique, elle demeure en
deçà des attentes. D’ailleurs, il ne devrait pas être difficile aujourd’hui d'en identifier la cause.
En effet, la plupart des efforts déployés en économie islamique sont basés sur, ou influencés
par l’approche néoclassique microéconomique (Al-Suwailem, 2008).

En effet, ces approches conventionnelles traitent des situations d'équilibre, totalement


indifférentes au processus par lequel les agents économiques cherchent à réaliser cet équilibre.
Les choix y sont pris individuellement d’une façon totalement isolée indépendamment du
fonctionnement du système dans son ensemble, ignorant de ce fait les interactions et les
valeurs morales et sociales dans toute prise décision des agents économiques.

Or, le monde réel, économique et financier, dans tout pays islamique ou non, est certes
très complexe, composé de secteurs privé, public et social, totalement en interactions et ayant
chacun un rôle actif et déterminant dans le processus économique et social. Dès lors, la
modélisation macroéconomique postkeynésienne, de type Stock Flux Cohérent (SFC) 1,
pourrait être en ce sens d’un apport crucial. Elle pourrait offrir aujourd’hui un cadre
analytique alternatif approprié pour examiner et évaluer l’impact de différents scénarios de
politiques économiques sur les principales grandeurs macroéconomiques (croissance, comptes
publics, pauvreté etc.). Ce cadre alternatif postkeynésien offre la possibilité d’utiliser la
technique de simulation et l’évaluation de la Zakat sur le processus de croissance économique
et ce, malgré l’absence d’institutions, de réglementations, voire de données statistiques sur la
Zakat en Tunisie2. C’est là que se trouve à nos yeux l’originalité de ce sujet puisqu’aucun
modèle de ce type n’existait pour la Tunisie. Ce modèle original se distingue ainsi des autres
travaux de recherche sur la zakat en Tunisie souvent de tendances normatives, voire
doctrinales.

La première partie de notre papier sera consacrée à une présentation de la modélisation


macroéconomique postkeynésienne de l’économie tunisienne et de tester la pertinence du
modèle à reproduire les faits stylisés de la Tunisie sur la période 2008-2015. Ensuite, dans une
deuxième partie, nous essayons d’intégrer le secteur Zakat dans notre modèle afin d’évaluer
les bienfaits potentiels de la Zakat sur le processus de la croissance économique et la lutte
contre la pauvreté et le chômage et ce, à l’aide de la technique de simulation. Ceci nous
conduit enfin à dénoncer tout discours refusant la promulgation de lois régissant la création
d’institution de la Zakat en Tunisie et empêchant à la Zakat de jouer son rôle naturel que lui a
été naguère confié souvent dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

1
Pour plus de détails sur la modélisation SFC, se reporter à Caverzasi et Godin (2015).
2
Il y a l’Association Tunisienne de la Zakat (ATZ), qui a été créée en 2012, dont le rôle principal est
juste de promouvoir la connaissance de la pratique de la Zakat et d’offrir un service d’assistance aux
entreprises et aux particuliers pour le calcul de leur zakat.

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1. Modélisation SFC postkeynésienne de l'économie tunisienne

La modélisation macroéconomique postkeynésienne, celle du SFC, qui connaît ces


dernières années un regain d‘intérêt suite au travail précurseur de Wynne Godley et Marc
Lavoie en 2001, offre à tout chercheur en économie et finance islamique l’opportunité
d’utiliser la technique de la simulation pour évaluer les effets potentiels de la Zakat sur le
bien-être économique et social d’un pays musulman, comme la Tunisie, qui souffre
malheureusement de l’absence d'institutions, de réglementations, voire de données sur la
Zakat.

En effet, les modèles post keynésiens SFC se présentent comme « un cadre comptable
cohérent, qui prend en compte non seulement les emplois et ressources pour les flux de
revenu, mais également les changements dans les stocks d’actifs physiques et financiers qui
sont associés à ces flux » (Godley et Lavoie, 2007, p.197). De ce fait, ils offrent la possibilité
de développer une analyse monétaire intégrant de façon cohérente la monnaie-stock et la
monnaie-flux. D’ailleurs, Godley (1996, p.3) précise que « le monde réel est caractérisé par
une structure énorme et complexe d’établissements interdépendants tels que les
gouvernements, les entreprises, les banques et les ménages. Ces institutions ne sont pas des
« voiles » ayant un rôle passif, il faut donc utiliser un cadre conceptuel adéquat afin
d’expliquer le monde réel ». Dès lors, nous avons opté au départ de découper l’économie en
six agents économiques : entreprises, administrations publiques, ménages, banques
commerciales, banque centrale, et le Reste du Monde. Mais, pour construire un modèle stock-
flux cohérent, trois étapes sont nécessaires : Dans un premier temps, nous présentons les
matrices des stocks et des flux; ensuite nous déduisons les différentes variables et identités
comptables issues de ces matrices3, puis nous présentons toutes les variables en termes réels et
ce, à partir soit d’une identité comptable, soit d’une équation de comportement4.

Les variables de ce modèle sont en termes réels5 afin d’étudier les effets possibles de
richesse. Le PIB (Y) est alors pris comme étant égal au produit intérieur brut réel (YR)
multiplié par les prix domestiques (pd). D’ailleurs, le produit intérieur brut réel (YR) est égal à
la somme de la consommation réelle des ménages (CR), l’investissement réel des entreprises
(IR), les dépenses publiques (GR) et les exportations réelles (XR) moins les importations
réelles (IMR):

(1) Y=YR . pd
(2) YR = CR + IR + GR + XR – IMR
(3) GrYR = ∆YR/YR-1

3
À chaque fois qu‘on utilise une identité comptable, son numéro sera rappelé (en chiffre romain) afin
de la repérer.
4
Voir Marouane. A (2013)
5
Les variables réelles sont distinguées des variables nominales par un suffixe « R ». L'indice a
correspond à une variable anticipée, -1 à la variable à la période précédente et € pour les variables de
l'UE.

5
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1.1. Le Reste du Monde

Le Reste du Monde est représenté dans notre modèle par l'Europe vue que la Tunisie
est un petit pays émergent fortement dépendant des échanges avec l'Union européenne.
D’ailleurs, la corrélation entre le taux de croissance de l‘Europe et de la Tunisie est de 0.725
durant la période 1997-2015.
Graphique 1 : Taux de croissance en Tunisie et dans l’UE
0,07
0,05
0,03
0,01
-0,01
-0,03
-0,05

Taux de croissance Tunisie Taux de croissance de l'Union européenne


Source : International Financial statistics (IFS)

Les travaux utilisant le modèle stock-flux en économie ouverte sont assez rares certes,
mais nous nous sommes appuyés sur les travaux de Tarik Mouakil (2006) reprenant les
équations de Godley-Lavoie (2003). Dans ses travaux de modélisation Mouakil (2006)
propose une description assez réaliste des relations commerciales internationales. Les
exportations et les importations réelles sont déterminées par les prix relatifs et par l‘output
réel du pays et de l‘étranger, tandis que les prix commerciaux sont déterminés par le niveau
général des prix domestiques et étrangers ainsi que par le taux de change nominal.

Dans ce type de modélisation post keynésienne le prix de vente est fixé par les
entreprises en appliquant une marge (ρ) constante au coût unitaire direct (CUD) qui prend en
compte les salaires (W) et les importations (IM). Les salaires domestiques sont déterminés par
les ventes réelles domestiques (QR) en fonction du taux de salaire (w) et de la productivité
(σ2).
(4) pd = (1+ρ) . CUD
(5) CUD = (W + IM)/QR
(6) QR= CR+IR+GR+XR
(7) W = (w/σ2) · QR

Les équations (4) et (5) reprennent la règle kaleckienne du mark-up6, utilisée dans le
modèle (Godley-Lavoie, 2003) et souvent utilisée aussi dans les modèles macro-économiques
post-keynésiens. Cette règle reflète le principe de fixation des prix des entreprises leader. Par
ailleurs, les entreprises follower doivent alors adopter des prix similaires si elles veulent être
en mesure de conserver leurs parts de marché et leurs capacités à répondre à toute
augmentation de la demande. Toutefois, en ce qui concerne les entreprises tunisiennes
exportatrices, elles ne sont pas des entreprises leader sur les marchés internationaux. Dès lors,

6
Kalecki (1971)

6
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elles vont fixer le prix de leurs exportations (px) sur la base des prix étrangers (pd€) et elles
auront tendance à jouer sur leur marge pour absorber les hausses domestiques de coûts et les
effets des variations du taux de change. L‘équation suivante, utilisée par Godley et Lavoie
(2003) et reprise par Tarik Mouakil (2006) suppose une telle procédure de fixation des prix
(en monnaie domestique) pour les exportations (px) et les importations (pm) :

(8) ln px = χ0 - χ1 · ln xr + (1 - χ1) · ln pd + χ1· ln pd€ avec χi : constantes


(9) ln pm = ν0 – ν1 · ln xr + (1 – ν1) · ln pd + ν1· ln pd€ avec νi : constantes
Selon Godley et Lavoie (2003), la somme des coefficients sur l‘inflation domestique et
étrangère est égale à 1, puisque s'il y a une inflation dans les deux pays sans variation du taux
de change, alors il doit y avoir une augmentation équivalente des prix des exportations et donc
des prix des importations dans chaque pays.

Ainsi, la somme des coefficients sur le taux de change et sur l‘inflation domestique est
égale à 1, puisque s'il y a une dépréciation du taux de change accompagnée par une inflation
domestique de même montant, il doit y avoir une augmentation des prix des importations du
montant de la dépréciation.

Enfin, il faut que ν1 > χ1 car « il est bien établi empiriquement que, suite à une
dépréciation, et en l’absence d’effet immédiat sur l’inflation domestique, les prix des
exportations et des importations libellés en monnaie domestique augmentent, mais qu’il y
aura une détérioration des termes de l’échange et vice versa en cas d’appréciation » (Godley
Lavoie, 2003, p.10)

Les exportations réelles sont alors déterminées de façon très conventionnelle par une
fonction de type Cobb-Douglas, écrite ici sous forme logarithmique:

(10) Ln XR = κ0 – κ1 · (ln pm€-1 – ln pd-1€) + κ2 ln YR€/xr


(11) pm€ = px · xr
L’équation (10) signifie que le volume des exportations de la Tunisie répond avec une
élasticité κ1 à l’égard du prix des importations de l‘Europe (pm€) relatif au niveau général des
prix à l‘étranger (pd€ : considéré comme exogène). Et (YR€) est l‘output de l‘Europe dont le
taux de croissance (grY€) est exogène Godley et Lavoie (2007).

(12) Ln IMR = ә0 – ә1 (ln pm -1 - ln pd-1) + ә2 ln YR


(13) YR€ = YR-1€ · (1 + gry€)
L’équation (12) souligne que le volume des importations répond avec une élasticité ә1
à l’égard du prix des importations relativement au niveau général des prix domestiques et ә2
relativement au revenu domestique. Le volume des importations et des exportations sont
égaux à :

(14) IM = IMR · pm
(15) X = XR · px
Selon la condition de Marshall-Lerner, la somme des élasticités se rapportant aux
différentiels de prix dans les équations (10) et (12) doit être au moins égale à 1 pour que la

7
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balance commerciale s‘améliore suite à une dévaluation (κ1 + ә1) > 1. Cependant, selon
Godley et Lavoie (2003, p.10), « la somme de ces élasticités n’a pas besoin d’être plus
grande que l’élasticité des termes de l’échange par rapport à cette dévaluation. Par exemple,
si la dévaluation des termes de l’échange était de 20% de la dévaluation, alors la somme des
élasticités prix n’aurait pas besoin d’être plus élevée que 0,2. S’il n’y avait aucun
changement dans les termes de l’échange suite à la dévaluation - un scénario qui n’est pas
impossible - la somme des élasticités devrait simplement être positive pour que la balance
commerciale s’améliore ». Bien sûr, les exportations du pays sont les importations du reste de
monde et vice versa.

(16) IM€ = X · xr
(17) X€ = IM · xr
(18–ix) L€ ≡ IM · xr + iL€ · L€-1 – X · xr

1.2. L’Etat

Le fonctionnement de l’Etat est très proche de celui qu‘on trouve dans le modèle de
Zezza et Dos Santos (2004). L’Etat collecte principalement les impôts des ménages (Th) et
des entreprises (TE) qui représentent plus de 80% du total des impôts. Les impôts sur les
ménages correspondent aux impôts directs sur les salaires (λ 1 · W-1) et les dépôts (λ 2 D)
alors que les impôts sur les entreprises correspondent aux impôts directs sur les profits (λ 3·
PE) et impôts indirects sur les ventes domestiques (λ 4· QRD).

(19-xi) T  TH + TE
(20) TH = λ 1 · W-1 + λ 2 D
(21) TE = λ 3 · Pf + λ 4 · QRd
L’Etat émet des bons du Trésor pour financer son déficit budgétaire, ces bons du
Trésor sont achetés par les banques (il n’y a pas de rationnement de crédit pour l’Etat) et le
taux d‘intérêt sur les bons du Trésor (ib) est le taux directeur de la Banque centrale.
(22-i) DG = G + (ib-1 · B-1) - T - Pcb- PTb

Graphique 2 : Evolution du déficit budgétaire tunisien (en pourcentage du PIB)


8
7
6
5
4
3
2
1
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Déficit Budgétaire

Source : Ministère des Finances

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Les dépenses publiques sont constituées d’achat de biens de consommation et


d’investissement auprès des entreprises (GE), de coûts de fonctionnement (les salaires versés
aux fonctionnaires) et de transferts aux ménages (GH). Nous supposons que les dépenses
publiques croissent au même taux que le PIB (gry), Ceci nous permet d’avoir un effet contra-
cyclique.

1.3. Les Entreprises

Le stock de capital (K) augmente avec le flux d’investissement net (I) qui est financé
par le financement externe (ρ) venant des crédits domestique (L) et les crédits extérieurs (L€).
L’autofinancement des entreprises correspond aux profits des entreprises (PE).

Nous ne tiendrons pas compte du financement via le marché financier vu sa faiblesse


en Tunisie. En effet, la contribution du marché financier au financement de la FBCF du
secteur privé reste relativement faible à l’ordre de 5% entre 2005 et 2015.

La fonction de croissance économique est la plus importante dans notre modèle. Le


taux d’accumulation dépend d’abord d’une constante (γ0) qui représente l’état de confiance
des entreprises (préférence pour la liquidité des entrepreneurs). « Un changement dans la
composante exogène de la fonction d’investissement, γ0, peut représenter un changement des
anticipations concernant les profits futurs ou les ventes futures compte tenu des conditions
actuelles » (Lavoie et Godley, 2001, p.288). Il dépend positivement du ratio de cash flow (de
la période précédente, rCF-1), c'est-à-dire du ratio des profits sur le stock de capital de la
période passée. Il dépend aussi du taux d‘utilisation du capital physique (U-1) et négativement
du levier d‘endettement (lev).

(23) grKR = γ0 + γ1. rCF-1 + γ2 . U-1 – γ3 lev.


Le ratio de cash flow est le ratio des profits des entreprises sur le capital. Le ratio d’utilisation
du capital est défini comme le ratio de vente réel à la vente réelle de pleine capacité (QRfc). Le
levier d‘endettement est défini comme le ratio crédit domestique et étranger au capital (K).
Le profit des entreprises (PE) est la différence entre leurs ventes et leurs achats (salaires,
importation et paiements d‘intérêt sur les crédits nationaux (L)).

(24-ii) PE ≡ C + I + GE + X - M - W- TE - iL-1 L-1

1.4. Les Ménages

La fonction de consommation (C) choisie dépend du revenu disponible anticipé (YRwa)


et de la richesse de la période précédente (dépôts bancaire DR-1) et du revenu financier
anticipé (YRva) et des crédits obtenus (LH). Chaque (αi) correspond à une propension
marginale à consommer.

(25) CR = α1·YRwa + α2 · DR-1 + α3 · YRva + α4 . LH-1


(26) C = CR . pd

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Les salaires sont supposés principalement consommés alors que les revenus financiers
sont largement épargnés, ce qui nous permet d‘éviter qu‘une hausse du taux d‘intérêt
engendre de la croissance économique à long terme.

(27) YRva = Yva / pd


(28) Yva = Yv-1 + θh (Yv-1 – Yv-1a)
(29) Yv = id-1 . D-1– iL-1LH-1
(30) YRwa = Ywa / pd
(YRwa) est le revenu disponible anticipé. La valeur anticipée d‘une variable pour la période
courante (représentée par a) dépend de sa valeur de la période précédente plus un mécanisme
à correction d‘erreur.

(31) Ywa = YW-1 + θh (YW-1 – YW-1a)

Le revenu des ménages (Yw) est essentiellement constitué des salaires versés par les
entreprises (W) et les salaires et des prestations sociales ainsi que des transferts courants
versés par l‘Etat (GH), moins les impôts et taxes (TH).

(32) Yw = W+ GH –TH
(33-iv) D = YW + Yv - C + PMb + ∆LH

1.5. Les Banques

Dans notre cadre d’analyse post keynésienne (Lavoie Godley, 2001), les banques ne vont
satisfaire que la demande de crédit solvable et ce, contrairement au modèle d‘Edwin Le Heron
(2011, 2013) dans lequel le comportement des banques et donc l‘évaluation de la solvabilité
des demandes de crédit ne sont pas intégrés. D’ailleurs, elles fixent les taux longs en fonction
du taux d‘intérêt directeur considéré comme exogène, fixé par la Banque centrale, plus un
taux de marge з1. Concernant le taux sur les dépôts, ce dernier est égal au taux directeur
moins une marge afin que les banques réalisent un profit. Le profit des banques est donc égal
à:
(34-v) Pb  iB-1 · B-1 + iL-1 · L-1 - icb-1· REF-1 - id-1 · D-1

1.6. La Banque centrale

La banque centrale reçoit des intérêts lors du refinancement des banques. En effet, ces
derniers doivent détenir des réserves obligatoires (H) en monnaie banque centrale en fonction
de leurs dépôts. Le profit de la banque centrale (Pcb) est égal aux intérêts reçus lors du
refinancement des banques moins les paiements des intérêts des crédits étrangers. Nous
supposons que ce profit réalisé par la banque centrale est versé en partie à l’Etat et en partie
conservé comme réserve.
(36-vii) Pcb ≡ icb-1 · REF-1 - iL€ · L€/ xr
(37-vi) REF ≡ ΔH + ΔB + ΔL - Pb - ΔD

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Le modèle est maintenant bouclé : le même nombre d’équations que d’inconnues, soit
64 équations et 64 variables7. D’ailleurs, nous avons réussi à utiliser les N-1= 11 identités
comptables issues de la matrice des flux qui sont nécessaires pour assurer la cohérence
comptable du modèle. L’identité étant jusqu’ici laissée de côté, est celle relative au compte du
secteur de la Banque centrale.

(38-viii) ΔH (théorique) ≡ ΔREF - L€/ xr – Pcbr

Ainsi, et pour que le modèle soit cohérent sur le plan comptable, cette identité
comptable doit être toujours vérifiée. Par conséquent, si l’on veut maintenant résoudre le
modèle, il faut s‘assurer que les nombres issus de la simulation permettent de la retrouver. «
C’est seulement lorsqu’une erreur comptable a été commise que l’égalité donnée par
l’équation manquante ne sera pas réalisée. Si la comptabilité est juste, l’équation doit être
vérifiée » (Lavoie et Godley, 2001-2, p.294).

Pour mener les simulations informatiques nécessaires, Lavoie et Godley (2001)


utilisent la méthodologie suivante: « d’abord on assigne des valeurs aux différents
paramètres en utilisant des faits stylisés raisonnables. Ensuite, on résout le modèle et on
trouve un état stationnaire par un processus d’approximations successives. Une fois trouvé
l’état stationnaire, on mène des expériences en modifiant une par une les variables exogènes
ou les paramètres du modèle significatifs sur le plan économique ». Cette méthode s’est
trouvée être utilisée aussi par d’autres économistes et ce, pour étudier les propriétés d‘un
modèle dynamique8.

Toutefois, dans notre modèle nous utilisons la méthode de programmation sous


EVIEWS développée au Levy Institute par Gennaro Zezza, devenue aujourd’hui la méthode
de programmation SFC standard. En plus, toutes les simulations sont menées à l’aide du
programme EVIEWS 5. Toutefois, le choix des paramètres s’est appuyé sur des valeurs de
l‘économie tunisienne et ce, pour que l‘état stationnaire soit conforme au fonctionnement
actuel de l‘économie tunisienne. Dès lors, trouver l’état stationnaire d’un modèle à 64
équations, conforme à l’évolution des différents indicateurs économiques en termes de ratio,
apparaît à priori comme une tâche extrêmement difficile certes, mais nécessaire pour mener
les différentes simulations. L’annexe 1 révèle que l’état stationnaire de variables clés de notre
modèle correspond bien aux grandeurs économiques de l'économie tunisienne (Tableau 1).

7
Nous n’avons présenté que les équations les plus importantes pour chaque secteur. Pour une présentation
détaillée du modèle on peut se reporter au papier de Le Heron.E et Marouane . A (2015).
8
Mercado, Kendrick et Amman (1998) décrivent par exemple la même méthodologie pour étudier les
propriétés de modèles dynamiques orthodoxes à l‘aide du logiciel GAMS.

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Tableau 1- Principaux indicateurs économiques de la Tunisie


2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Consommation / PIB (%) 61,2 61,7 62,5 65,5 66,2 64,5 63,8
Dépense publique / PIB (%) 18 16 17 17 19 20 20
FBCF / PIB (%) 29,5 30 29,4 27,5 27,9 27,9 28,2
Exportation / PIB (%) 43 33,2 37,1 38,4 37,3 35,2 34,4
Importation / PIB (%) 51,7 41,5 47,3 48,7 50,5 47,9 46,8
Source : Institut National de la Statistique (INS)

Il en résulte que l’étude des différents chocs sur l’économie tunisienne et les
simulations qui peuvent être faites, pourraient être engagées et seules les variables exogènes
et significatives sur le plan économique peuvent être modifiées. Nous essayons donc
d’expliquer l’évolution du taux de croissance du PIB durant la dernière décennie et le
comportement de l’économie tunisienne face aux différents chocs tel que la crise économique
mondiale de 2008, la révolution dite du « printemps arabe » et les attentats de 2015.

La baisse du taux de croissance de l‘Europe à partir de l’année 2008 suite à la crise


économique et financière entraine une chute des exportations suite à la forte dépendance à la
demande européenne. Ce qui entraine la baisse du taux de croissance de la Tunisie.

Pour faire face à la crise, la Banque Centrale de Tunisie a réagi au ralentissement de


l‘activité en desserrant la politique monétaire en 2009. En effet, le conseil d‘administration de
la BCT a décidé le 17 février 2009 de baisser son taux d‘intérêt directeur de 75 points de base
pour le ramener de 5,25% à 4,50%. Cette tendance s‘est poursuivie au cours de l‘année 2009
pour atteindre un niveau de 4% en premier semestre 2010. Les résultats montrent que la
baisse du taux d‘intérêt permet de réduire l‘effet de la crise (graphique 3).La baisse du taux
d‘intérêt entraine une diminution du taux de change ce qui engendre une baisse du prix des
produits nationaux par rapport au prix des produits étrangers. En conséquence les exportations
tunisiennes augmentent.
Graphique 3 : Impact du taux de croissance de l’Europe, du taux d’intérêt et du taux de change sur le
taux de croissance

0,06
0,045
0,03
0,015
6E-17
-0,015
-0,03
-0,045

PIB trim TU GRY(YRE) GRY(YRE,i) GRY(YRE,i,xr)

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Les chocs sur la croissance causés par le taux d‘intérêt, le taux de croissance de
l‘Europe et le taux de change n‘expliquent pas toutes les variations du taux de croissance
notamment après la révolution et les attentats de 2015 où le taux de croissance a fortement
chuté.

En effet, L’économie tunisienne est passée par une conjoncture très difficile suite à la
révolution dite du « printemps arabe » et des attentats en 2015. La conjoncture économique
est caractérisée par une chute brutale du climat de confiance qui perturbe le tourisme, les
investissements directs de l‘étranger, l‘investissement et la production, notamment avec les
inévitables revendications sociales et mouvements de grève.

Dans la ligné des travaux de Le Héron (2011; 2013), nous essayons d’introduire les
changements de l’état de confiance pour expliquer l’impact de la révolution et des attentats de
2015 sur la situation économique.

La baisse de l‘état de confiance des entrepreneurs à partir du 3ème trimestre 2010 suite
aux perturbations sociale et face de l’insécurité conduit à réduire leur investissement, ce qui
entraine une chute du taux d’accumulation de capital et de la productivité et par là du taux de
croissance de l’économie tunisienne.

Graphique 4 : Evolution du taux de croissance tunisien réel et simulé

Cette tentative de modélisation de l’économie tunisienne à partir d’une approche post


keynésienne SFC constitue un cadre d’analyse de référence pour étudier l’impact des
différents chocs économiques sur l’activité économique de la Tunisie. Cette modélisation
nous a permis de fournir une représentation des faits stylisés observés depuis l’année 2008 à
2015 et de clarifier l’impact de la crise économique mondiale issue des Subprimes, de la
révolution de 2011 et des attentats de 2015 sur l’économie tunisienne, à partir de quatre
grandes variables ayant un impact direct sur l’économie tunisienne : les variations de
croissance de l’Europe afin d’intégrer l’impact de la crise de 2008, les changements du taux
d’intérêt et du taux de change pour tenir compte de la réaction de la politique monétaire et
budgétaire et enfin le choc de confiance et de productivité, conséquence de la révolution et
des attentats. Ces quatre chocs nous ont permis d’expliquer l’évolution du PIB avec un taux
de corrélation de 0.87.

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Certes, ce type de modélisation est appliqué à une économie tunisienne articulée


autour d'institutions et relations de comportement loin d'être d'inspiration islamique; mais cela
ne nous empêche pas d'y introduire des institutions et instruments économiques et financiers
et d'évaluer leurs impacts potentiels sur le processus de croissance en Tunisie. C'est une
démarche empirique qui se démarque sans aucun doute des autres travaux de recherche sur la
Zakat en Tunisie souvent de tendances normatives, voire doctrinales.

2. Modélisation SFC de l’économie tunisienne avec intégration de la Zakat

Dans un pays musulman comme la Tunisie, la Zakat pourrait être utilisée comme un
des leviers de toute stratégie de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Certes, la Zakat
est sans aucun doute l'un des cinq piliers de l'islam, c'est un acte d'adoration pour les
musulmans ; dans la terminologie économique, c’est un impôt sur la richesse, notamment un
impôt sur la fortune thésaurisée, le bétail, les produits agricoles et les biens commerciaux si
leur valeur dépasse une certaine limite, appelé Niçab. C’est en fait est un paiement obligatoire
au profit des pauvres et des nécessiteux expliqués en détail dans le Coran. Dès lors, la Zakat,
obligation morale fondant un prélèvement sur le surplus des riches, apparaît comme
instrument de redistribution de revenus ayant un rôle souvent déterminant de réinsertion des
pauvres dans le circuit économique et social d’un pays (Frah et al, 2012).

Historiquement et à travers la civilisation musulmane, la Zakat était conçue comme un


mécanisme efficace de redistribution des revenus des riches vers les pauvres et par conséquent
un moyen de lutte contre l’exclusion sociale et l’amorce d’un processus de bien-être
économique et social dans tout pays adoptant ce système de charité la Zakat (Abdullah et
Suhaib, 2011).

La pratique et la gestion de la Zakat sont différentes d’un pays à un autre. Dans les
pays comme le Yémen, l'Arabie Saoudite, la Libye, le Soudan, le Pakistan et la Malaisie ont
opté pour une gestion Zakat obligatoire par le gouvernement. D'autres pays tels que l'Egypte,
la Jordanie, le Koweït, l'Iran, le Bangladesh, le Bahreïn et l'Irak, ont formé des institutions
spécialisées de l'Etat, mais la participation du public est volontaire (Hassan, 2010).

En Tunisie il n’y a jusqu’au nos jours ci aucune forme d’organisation institutionnelle


de la Zakat. Vue l’absence d’un cadre juridique, la Zakat est donc collectée par des
associations caritatives, dans les mosquées et par des individus. Cependant, un Projet de
création d’un fonds pour la zakat est en instance d’examen à l’assemblé des représentants du
peuple.

L’ancien ministre des Affaires Religieuses, Mohamed Khelil, estime que la Zakat
nécessite la création de trois fonds ; un pour les pauvres, un fonds "Fisabillillah" qui sera
destiné à soutenir les forces de sécurité militaire et sécuritaire, c'est à dire à la lutte contre le
terrorisme et un fonds pour les endettés (Gharimin) qui sont dans l’impossibilité de
rembourser un prêt qu’ils avaient contracté pour faire du bien à eux ou à autrui.

14
Volume 1, numéro 1, (2017)

L'idée est que la Zakat ne doit pas être restrictive seulement aux pauvres mais à tous
les agents qui participent au développement économique de la société. Donner l'aumône à un
riche, en état de crise financière, va lui aider à réinvestir et offrir des opportunités d'emploi
aux pauvres, et personne ne sera expulsé de son poste.

Toutefois, pour faire apparaitre ce statut que détient la Zakat dans notre modèle
macroéconomique SFC, nous divisons d'abord le secteur (ou l’agent) ménages en deux :
ménages-donateurs et ménages-bénéficiaires. Ensuite, nous introduisons un nouveau secteur,
celui de la Zakat (ou Sondouk Ezzaket). Ce nouveau modèle comprend alors 8 agents
économiques : L’Etat, la banque centrale, les entreprises, les banques commerciales, le reste
du monde, la Zakat, les ménages-donateurs et les ménages-bénéficiaires. Les trois derniers
agents n’existant pas dans le modèle précédent, nous essayons de présenter en détails les
équations qui s’y rapportent. En revanche, le comportement des 5 autres agents n'a pas
changé. Ainsi, pour alléger la présentation, nous nous limitons à expliquer les bienfondés des
nouvelles équations. Le modèle complet, la matrice des flux et celle des stocks sont présentés
dans les annexes 2,3 et 4.

Dans notre nouveau modèle, l’agent Zakat est conçu comme un intermédiaire entre les
ménages-donateurs et les ménages-bénéficiaires de la Zakat. Il reçoit donc la Zakat de la part
des ménages-donateurs (ZR) et des entreprises-donateurs (ZE) et la redistribue aux ménages-
bénéficiaires (ZP).

(39) Z = ZE +ZR
(40) ZP = Z
Cette distinction parmi les ménages est effectuée en fonction du niveau du revenu et
non pas en fonction du type de revenu et ce, à l’image de Kalecki (1965), nous admettons
aussi que leur propension à consommer diffère. Nous distinguons alors l'existence de deux
classes de ménages : Les ménages-donateurs (mouzakki ou donateur de Zakat) qui paient la
Zakat et les ménages-bénéficiaires (moustahik de Zakat) qui reçoivent la Zakat. De ce fait, la
fonction de consommation sera divisée en deux : la propension marginale à consommer
(MPC) des ménages-bénéficiaires (moustahik de Zakat) sera beaucoup plus grande que la
propension marginale à consommer (MPC) des ménages-donateurs (mouzakki ou donateur de
Zakat).

- Ménages-bénéficiaires de la Zakat (moustahik de Zakat)

Les ménages-bénéficiaires (moustahik de Zakat) ont un revenu qui ne dépasse pas le


Niçab et ne disposent que de leur salaire comme revenu ayant une propension à consommer
est égale à un. La fonction de consommation des ménages bénéficiaires (Cp) peut donc
s’écrire :

(41) CP = Ywp
(42) Ywp = WP + GHP +  ZP

15
Volume 1, numéro 1, (2017)

- Ménages-donateurs (ou mouzakki)

Les ménages-donateurs ont un revenu qui dépasse le Niçab. Leur fonction de


consommation réelle (CRR) dépend du revenu disponible anticipé réel des travailleurs (YRwRa),
de la richesse réelle de la période précédente (dépôts bancaire DR-1), de leur revenu financier
anticipé réel (YRva) et des crédits obtenus (LH). Chaque (αi) correspond à une propension
marginale à consommer. Les revenus salariaux sont plus consommés que les revenus
financiers et que le stock de richesse réelle. La valeur anticipée d’une variable pour la période
courante dépend de sa valeur de la période précédente plus un mécanisme à correction
d’erreur.

(43) CRR = α1·YRwRa + α2 · DR-1 + α3 · YRva + α4 . LH-1

Après avoir présenté les équations les plus importantes de ce nouveau modèle, nous
essayons d’étudier l’impact potentiel de la Zakat en Tunisie. Certes, plusieurs travaux ont
traité l’impact de la Zakat sur l’économie9, mais nous essayons dans notre cadre d’analyse
d’utiliser une nouvelle démarche méthodologique. Cette démarche consiste à assigner des
valeurs aux différents paramètres et qui permettent la convergence vers un état stationnaire
conforme au fonctionnement de l’économie tunisienne actuelle. Des chocs sont ensuite
introduits sur les principales variables exogènes, et notamment les variables représentant la
Zakat. Le nouvel état d’équilibre atteint après le choc est ensuite comparé à l’état stationnaire
d’origine. Cette méthode permet de fournir une analyse précise des enchaînements à l’œuvre
après un choc et donc de comprendre les dynamiques macroéconomiques.

Afin de répondre à notre problématique, nous essayons, dans un premier lieu,


d’étudier l’impact de la Zakat des ménages donateurs, pour passer, en deuxième lieu, à
identifier l’impact de la Zakat des entreprises donateurs sur la croissance économique.

2.1. Impact de la Zakat des ménages donateurs sur l'économie tunisienne

Nous supposons que les ménages donateurs paient la Zakat qu’en fonction de leurs
dépôts comme le montre l’équation 66 de l’annexe 4. Les simulations que nous présentons
ici10 portent donc sur un choc positif de beta2. L’impact de la Zakat sur la consommation
s’explique par le fait qu’elle permet aux ménages-bénéficiaires ou (moustahik) de disposer de
ressources pour satisfaire leurs besoins de consommation de base. Cette augmentation de la
quantité demandée de consommation pourrait provoquer une augmentation de la capacité de
production des produits de base d’origine locale conformément au principe macroéconomique
keynésien de l’accélérateur. Par ailleurs, et étant donné que la propension marginale à
consommer des ménages-bénéficiaires ou (moustahik) est plus élevée que celle des ménages-
donateurs (ou mouzakki), l’augmentation de leurs revenus auraient un effet multiplicateur
positif important sur le processus de formation de revenus et ce, conformément au principe
keynésien du multiplicateur entraînant de ce fait un processus de formation de revenu et donc

9
Sarea, A. (2012) ; Shirazi, N (2014) ; Suprayitno, E., Kader, R. A., et Harun, A. (2013),
10
Toutes les simulations sont menées à partir du premier trimestre 2017.

16
Volume 1, numéro 1, (2017)

de croissance économique. Le graphique 5 montre que le taux de croissance a augmenté de


5,7 % à 6,1 % et connaît ensuite une légère baisse afin se stabiliser à 5,9%.

Graphique 5 : Impact de la Zakat des ménages donateurs sur la croissance économique


0,062
0,061
0,06
0,059
0,058
0,057
0,056
0,055

Taux de croissance

Par ses effets potentiels positifs sur la consommation, la demande globale et la


croissance économique, la Zakat pourrait dès lors garantir la préservation de postes d’emploi
et promouvoir l’employabilité et ce, grâce à l'investissement et la mise en œuvre de nouveaux
projets financés par les organismes de la Zakat au nom des pauvres et des nécessiteux. Plus le
recouvrement de la Zakat est important, plus nous aurons des projets générateurs
d’employabilité. Le taux de chômage a baissé de 15,5% à 14,5 %.
Suite à l’augmentation du taux de croissance et la diminution du taux de chômage, le revenu
par habitant croit, ce qui permet à la Zakat de lutter contre la pauvreté passant de 1 à 0,311.
Aussi, et suite à la redistribution de la richesse, la Zakat permet de réduire les inégalités entre
les différents classes sociales.

Graphique 6 : Impact de La Zakat des ménages Graphique 7 : Impact de La Zakat des


donateurs sur le chômage ménages donateurs sur la pauvreté
0,16 1,2
0,155 1
0,15 0,8
0,145 0,6
0,14 0,4
0,135 0,2
0,13 0
0,125 -0,2
T1-2016
T3-2016
T1-2017
T3-2017
T1-2018
T3-2018
T1-2019
T3-2019
T1-2020
T3-2020
T1-2021
T3-2021
T1-2022
T3-2022
T1-2023

Chômage Pauvreté

11
Nous avons pris l’inverse du revenu par habitant comme proxy pour mesurer la pauvreté.

17
Volume 1, numéro 1, (2017)

2.2. Impact de la Zakat des entreprises-donateurs sur l'économie tunisienne

Nous supposons que les entreprises-donateurs paient la Zakat en fonction de leurs


profits comme l’indique l’équation 65 de l’annexe 4. Un accroissement de la zakat des
entreprises-donateurs, matérialisé par un choc positif sur beta, engendre un choc positif sur
l’investissement. Il y a en fait un double motif pour investir du côté des entreprises. Le
premier fait suite à l'accroissement de la quantité demandée de biens de consommation que
nous venions d'évoquer. Le second a trait au rapport entre l'investissement et la Zakat. En
effet, pour les détenteurs de richesse dont le niveau est au dessus du Niçab, il est de leur
intérêt de les mettre en œuvre par le biais de l'investissement, faute de quoi ces avoirs seraient
soumis au paiement de la Zakat. De ce fait, l'investissement se développe provoquant ainsi un
effet d'accélération dont l'expression différait de la formulation habituelle. Le graphique 8
montre que le taux de croissance a augmenté de 5,7 % à 5,9%.

Graphique 8 : Impact de la Zakat des entreprises-donateurs


sur la croissance économique
0,06

0,059

0,058

0,057

0,056

Taux de croissance

Cette croissance économique permet la création de l’emploie et par là la réduction du


taux de chômage de 15,5 % à 14,6 % (graphique 9). Ceci engendre une augmentation du
revenu par habitant et donc une baisse de la pauvreté de 1 à 0,35 (graphique 10).

Graphique 9 : Impact de La Zakat des Graphique 10 : Impact de La Zakat des


entreprises sur le chômage entreprises sur la pauvreté
0,16 1,2
1
0,155
0,8
0,15 0,6
0,4
0,145
0,2
0,14 0

Chômage Pauvreté

18
Volume 1, numéro 1, (2017)

Conclusion
Cette tentative de modélisation macroéconomique postkeynésienne Stock Flux Cohérent de
l’économie tunisienne intégrant la Zakat, nous a permis d’avoir un cadre analytique à partir
duquel nous avons essayé d’évaluer les bienfaits potentiels de la Zakat sur la croissance
économique, le taux de chômage et le taux de pauvreté. Et cela grâce à l'appui de la Zakat sur
la demande de consommation, ce qui garantit la viabilité économique des entreprises. La
Zakat contribue également à la création de nouveaux emplois, grâce à l'investissement dans
des projets créés par les pauvres et financer par la zakat, ou créés par les organismes de la
zakat au nom des pauvres et des nécessiteux.
Grâce à la technique de simulation, nous avons pu montrer ces effets potentiels positifs de la
Zakat dans la réduction de la pauvreté et du chômage dénonçant de ce fait le discours actuel
refusant la promulgation de lois régissant la création d’institution de la Zakat en Tunisie.
Loin des discours idéologiques, les autorités tunisiennes ont intérêt aujourd'hui de miser sur
cette institution islamique de la Zakat dans la lutte contre la pauvreté et le chômage et ce, pour
promouvoir l’amorce d’un processus de développement économique et social, équitable, voire
soutenable et humain, objectif essentiel de la Tunisie après Révolution.

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Volume 1, numéro 1, (2017)

Références :

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Simulation, Jeddah, Saudi Arabia : Islamic Research and Training Institute, Islamic Development
Bank Group.
 Abdullah, M. et Suhaib, A.Q. (2011), «The Impact of Zakat on Social life of muslim Society»,
Pakistan Journal of Islamic Research, Vol. 8, 85-91
 Caverzasi, A. et Godin, A. (2015), « Post-Keynesian stock-flow-consistent modelling: a survey»,
Cambridge Economic Journal, vol. 39, n°1, 157-187.
 Farah, A. Rashidah, A. et Normah, O. (2012), «Zakat and Poverty Alleviation: Roles of Zakat
Institutions in Malaysia», International Journal of Arts and Commerce ,Vol. 1 No. 7, 61-72.
 Fonds Monétaire International, (2008), « Tunisie - Conclusions préliminaires de la mission de
consultation dans le cadre de l'article IV », 9 juin.
 Godley, W. (1996), «Money, Income and Distribution: an Integrated Approach», Working Paper
167. Annandale-on-Hudson, NY: The Levy Economics Institute of Bard College.
 Godley, W. et Lavoie, M. (2001), «Kaleckian models of growth in a coherent stock and flow
monetary framework: A Kaldorian view», Journal of Post Keynesian Economics, Vol. 24, No. 2,
277 − 312
 Godley, W. et Lavoie, M. (2003), « Two-country stock-flow consistent macroeconomics using a
closed model within a dollar exchange regime », WP n°10, CERF, University of Cambridge.
 Godley, W. et Lavoie, M., (2007), Monetary Economics: An Integrated Approach to Credit,
Money, Income, Production and Wealth, Londo, Palgrave/ Macmillan.
 Hassan, K. (2010). « An integrated poverty alleviation model combining zakat, awqaf and micro-
finance », Seventh International Conference – The Tawhidi Epistemology: Zakat and Waqf
Economy, Bangi – Malaysia 2010
 Kalecki, M. (1965), Théorie de la dynamique économique, Paris, Gauthier Villars.
 Kalecki, M. (1971), Selected Essays on the Dynamics of the Capitalist Economy, Cambridge,
Cambridge University Press.
 Le Heron, E. (2011), « Confidence and Financial crisis in a Post-Keynesian Stock-Flow
Consistent Model », European Journal of Economics and Economic Policies, Vol. 8, n°2, 361-
388.
 Le Heron, E. (2013), « Confidence, increasing risks and crisis in a Post Kaleckian stock-flow
consistent model », In Economic Crisis and Political Economy, édité par Riccardo Bellofiore,
Ewa Karwowska and Jan Toporowski, Palgrave-Macmillan, Londres, Vol. 2 of Essays in Honour
of Tadeusz Kowalik, Chapter 8, 118-147.
 Le Heron, E. et Marouane, A. (2015), « Chocs politiques et développement économique :
perspectives économiques de la Tunisie », Economie Appliquée, Tome LXVIII, n° 4-2015.
 Marouane, A. (2013), « Modélisation stock-flux cohérente de l’économie tunisienne : analyse des
crises 2001-2013 », thèse de doctorat, Université de Bordeaux.
 Mouakil, T. (2006), « Instabilité financière et méthode stock-flux : analyse de l’hypothèse de
Minsky », thèse de doctorat, Université de Bordeaux.
 Sarea, A. (2012), « Zakat as a Benchmark to Evaluate Economic Growth: An Alternative
Approach », International Journal of Business and Social Science, Vol. 3 No. 18, 242-245.
 Shah Shirazi, N. (2014), « Integrating Zakāt and Waqf into the Poverty Reduction Strategy of the
IDB Member Countries » Islamic Economic Studies, The Islamic Research and Training Institute
(IRTI), vol.22, pages 79-108
 Suprayitno, E., Kader, R. A., & Harun, A. (2013). The Impact of Zakat on Aggregate
Consumption in Malaysia. Journal of Islamic Economics, Banking and Finance, 9(1), 39- 62.
 Zezza, G. et Dos Santos, C.H. (2004), « The role of Monetary Policy in Post-Keynesian stock-
flow Consistent Macroeconomic Growth models », in Lavoie, M. et Seccareccia, M., Central
Banking in the modern world: alternative perspectives, Cheltenham, UK, Edward Elgar.

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Volume 1, numéro 1, (2017)

Annexe 1 : L’état stationnaire du modèle


Taux de croissance réel Ratio dépenses publiques / PIB Ratio investissement / PIB
.060 .164 .300

.059 .160 .298

.058
.156 .296
.057
.152 .294
.056

.148 .292
.055

.054 .144 .290


08 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 08 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045
RGR (Baseline) RIR_0
GR_YR (Baseline)

Ratio consommation / PIB Ratio importations / PIB Ratio exportations / PIB


.66 .350 .270

.65
.345
.268
.64
.340
.63
.266
.335
.62

.61 .330
.264
.60 .325
.59 .262
.320
.58
08 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 .315 .260
08 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045
RCONSR_0
RIMR_0 REXR_0

Annexe 2 : Matrice des stocks


Etat Entreprises Ménage Ménages Zakat Banques Banque Reste du ∑
donateurs bénéficiaires commerciales Centrale monde

Capital +K K

Monnaie banque +H -H
centrale

Bons du Trésor -B +B

Crédits -LE -LH +L

Crédits étrangers -L€ +L€

Dépôts bancaires +D -D

Zakat -ZE -ZR +ZP

Refinancement -REF +REF

Richesse nette -B +VE +VH +VB +RES +L€ +K


totale

21
Volume 1, numéro 1, (2017)

Annexe 3 : Matrice des flux


Etat Entreprises Mges Mges Zakat Bqs privées Bq Centrale ∑ RdM ∑
dteurs bciaires

Consommation +C -CR -Cp 0 0


Dépense public -G +GE +GHr GHP 0 0

Investissement +I -I 0 0

Salaire ⁻W +Wr +Wp 0 0

Zaket collecté -∆ ZE -∆ ZR +∆Z

Zakat payé +∆Zp -∆Z

Impôt +T -TE -TH 0 0


b
Intérêt sur bons -i -1 B-1 +iB-1 B-1 0 0
du trésor

Intérêt sur -iL-1Le-1 -iL-1Lh-1 +iL-1L-1 0 0


crédit
Intérêt sur +Id-1D-1 -Id-1D-1 0 0
dépôt
Intérêt sur -i cb-1 REF-1 +icb-1 REF-1 0 0
refinancement

Intérêt sur prêt -i€L-1L-1€ /xr 0 xr +i€l-1L€-1 0


étranger
Profit des E -PE +PE 0 0

Profit des bqs +PTb +PMb -Pb +Pbb 0 0

Profit BC +Pcbt -Pcb +Pcbr 0 0

∆ MBC -∆H +∆H 0 0

∆ Bons du +∆B -∆B 0 0


trésor
∆ Crédit +∆Le +∆Lh -∆L 0 0

∆ dépôt -∆D +∆D 0 0

∆ Ref +∆REF -∆REF 0 0


€ €
∆ des prêts +∆L /xr 0 xr -∆L 0
étranger

Importation -IM 0 xr + X€ 0

Exportation +X 0 Xr - M€ 0

∑ 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

22
Volume 1, numéro 1, (2017)

Annexe 4. Le modèle SFC complet avec le secteur Zakat

(1) Y = YR . pd Revenu
(2) YR = CR + IR + GR + XR – IMR Revenu réel
(3) GrYR = ∆YR/YR-1 Taux de croissance réel
(4) pd = (1+ρ) . CUD Prix domestique
(5) CUD = (W + IM)/QR Coût unitaire direct
(6) QR = CR + IR +GR + XR Vente réelle
(7) W = (w / σ2) . QR Salaire
(8) Wp =  . W Salaire des ménages pauvre
(9) WR  W -WP Salaire des ménages riches
(10) ln px = χ0 – χ1. ln xr + (1 – χ1). ln pd + χ1.ln pd€ Prix des exportations
(11) ln pm = ν0 – ν1 . ln xr + (1 – ν1).ln pd + ν1. ln pd€ Prix des importations
(12) Ln XR = κ0 – κ1 . (ln pm€-1 – ln pd-1€) + κ2 ln YR€ Exportations réelles
(13) pm€-1 = px . xr Prix des importations de l’Europe
(14) Ln IMR = ә0 – ә1 . (ln pm -1 – ln pd-1) + ә2 ln YR Importations réelles
(15) YR€ = YR-1€ . (1 + grY€) Revenu réel de l’Europe
(16) IM = IMR · pm Importations
(17) X = XR · px Exportations
(18) IM€ = X . xr Importations de l’Europe
(19) X€ = IM . xr Exportations de l’Europe
(20-ix) ΔL€ ≡ IM. xr + iL€ . L€-1 – X . xr Crédits étrangers
(21-xi) T ≡ TH + TE Taxes
(22) TH = λ 1 W-1 + λ 2 D Taxes payées par les ménages
(23) TE = λ 3 Pf + λ 4 QRd Taxes payées par les entreprises
(24) QRd = CR + IR + GR Vente réelle domestique
(25) ΔB = DG Bons du Trésor (BT)
(26) ib = icb Taux d’intérêt sur les BT
(27-i) DG  G + (ib-1 . B-1) – T – Pcbt – PTb Déficit budgétaire
(26) GR = GR-1 . (1+gryr-1) Dépense publique réelle
(27) G = GR . pd Dépense publique
(30-x) GE  G – GHR-GHP Dépense publique auprès des
entreprises
(31) GHR = z1 . G-1 Dépense publique auprès des
ménages riches
(32) GHP = z2 . G-1 Dépense publique auprès des
ménages pauvres
(33) N = QR / sigma2 Niveau de l’emploi
(34) NPE = QRfc / sigma2 Niveau de plein-emploi
(35) Un = (NPE – N) / NPE Taux de chômage
(36) KR = KR-1 + IR
Capital réel
(37) K = KR . pd Capital
(38) IR = grKR . KR-1 Investissement réel
(39) I = IR . pd Investissement
(40-iii) ΔLE ≡ I - PE Crédit des entreprises
(41) grKR = γ0 + γ1 rcf-1 + γ2U-1 – γ3 lev iL Taux de croissance du capital
(42) rcf = PE / K-1 Ratio de cash-flow
(43) U = QR/ QRfc Taux d’utilisation du capital
(44) QRfc = KR-1/ Capacité de production
(45) lev = LE / K Levier d’endettement

23
Volume 1, numéro 1, (2017)

(46-ii) PE ≡ C + I+ GE + X – M – W – TE – iL-1 . LE-1 Profit des entreprises


(47-xiii)L  LH + LE Crédits
(48) LH = ξ . L Crédits des ménages
(49) C = CR . pd Consommation
(50) CR = CR_R + CR_P Consommation réelle
(51) CR_P = C_P /pd Consommation réelle des ménages
pauvres
(52) C_P = YWP Consommation des ménages pauvres
Revenu des travailleurs pour les
(53) YWP = W_P + GH_P + ΔZ_P ménages pauvres
(54) C_R = CR_R*pd Consommation des ménages riches
(55) CR_R= α 1.YRWRa + α2 DR-1+ α3 YRva + α4 LH-1 Consommation réelle des ménages
riches
(56) YRva = Yva / pd Revenu réel financier anticipé
(57) Yva = Yv-1 + θh (Yv-1 – Yv-1a) Revenu financier anticipé
(58) Yv = id-1 . D-1– iL-1LH-1 Revenu financier
(59) YRWRa = YWRa / pd Revenu réel disponible anticipé des
travailleurs pour les ménages riches
(60) YWRa = YWR-1 + θh (YWR-1 – YWR-1a) Revenu disponible anticipé des
travailleurs pour les ménages riches
(61) YWR = W_R + GHR – THR Revenu des travailleurs pour les
ménages riches
(62-iv) ΔD  YWR +Yv – C_R + PMb + ∆LH - ∆Z_R Dépôts bancaires
(63) DR = D / pd Dépôts bancaires réels
(64) Z = Z_E + Z_R Zakat
(65) Z_E = beta * PE Zakat des entreprises
(66) Z_R = beta2 * Dep Zakat des ménages riches
(67) Z_P = Z Zakat des ménages pauvres
(68) Pauv = N/YR Taux de pauvreté
(69) iL = icb + з1 Taux d’intérêt sur les crédits
(70) id = icb – з2 Taux d’intérêt sur les dépôts
(71-v) Pb  iB-1 B-1 + iL-1L-1 – icb-1 REF-1 – id-1D-1 Profit des banques
(72-xv) iL-1L-1  iL-1.LE-1 + iL-1.LH-1 Taux d’intérêt sur les crédits
(73) PTb = 1 . Pb Profit des banques versé à l’Etat
(74) PMb = 2 . Pb Profit des banques versé aux
ménages
(75-xii)Pbb  Pb – PMb – PTb Profit des banques non distribué
(76) H=η·D Monnaie banque centrale
(77-vii)Pcb  icb-1 . REF-1 – iL€ . L€/ xr Profit de la banque centrale
(78-vi) ΔREF  ΔH + ∆B + ∆L – Pbb – ΔD Refinancement
(79-xvi) Pcbr  Pcb – Pcbt Profit de la banque centrale non
distribué
(80) Pcbt = ξ . Pcb Profit de la banque centrale distribué
à l’Etat
(81-viii) Hthq  REF – L€/ xr – Pcbr Monnaie banque centrale théorique

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