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Essai très intéressant sur la psychologie transgénérationnelle ou psycho-

généalogie. Le titre est cependant inapproprié, plus que de fautes, il serait


plus approprié de parler de traumatismes cachés, oubliés ou mal
interprétés. Nous pouvons être hantés par des secrets d'ancêtres que
nous n'avons pas connus.
Freud a surtout étudié les refoulés de l'enfance sans évoquer "les
fantômes"' c'est-à-dire l'inconscient de nos aïeux (jusqu'à la 3ème
et parfois 4ème génération). Les enfants psychotiques pourraient ainsi
être des "descendants sacrificiels". L'esprit des morts est présent en nous,
pas forcément d'ailleurs de façon négative même si cet aspect-là est
davantage étudié puisqu'il est question dans l'ouvrage de névroses.
Une étude du rôle des pères, "ailleurs" nécessaire pour les enfants
souvent écartés dans la société contemporaine. Etude de la féminité, de
la distinction mère/femme, de la difficulté pour certaines femmes de vivre
une sexualité épanouie distincte de la procréation alors que cette
séparation existe depuis cinquante ans avec la contraception orale,
preuve qu'il faut plusieurs générations avant d'évacuer des traumatismes,
des tabous, des hontes.
Cet héritage ancestral est pourtant très présent dans notre culture
(mythes, Bible) et l'auteur s'étonne que Freud l'ait si peu pris en compte.
L'acupuncture, la médecine chinoise, elle l'a fait très tôt, ne séparant pas
le soin du corps et de l'Esprit, cherchant à réguler les énergies, à évacuer
le trop plein, obstacle à l'épanouissement.

Pour mieux comprendre la psychologie "transgénérationnelle":


ce livre part d'un constat: les traumatismes ancestraux - les fantômes -
produisent des effets nocifs sur plusieurs générations.
Ce livre est le résultat d'une enquête de 7 ans auprès de chercheurs et
thérapeutes qui utilisent la généalogie dans leur travail.
Une oeuvre intéressante, menée avec beaucoup de rigueur par une
journaliste scientifique.

Un livre sur les liens intergénérationnels qui fait réfléchir sur ce qu'on a
peut-être reçu de ses ascendants et ce qu'on peut, à son tour, transmettre
à ses descendants à son insu.
Source de réflexion à conseiller.
Un traumatisme mental est un événement monstrueux, effrayant. Quelque
chose dont les mots ne peuvent pas rendre compte. On ne peut en parler,
c'est la peur, l'effroi ou la honte! Et lorsque la honte d'y avoir été impliqué
interdit d'en parler, alors on enferme cet événement traumatique dans une
explication mensongère, et c'est cet événement enterré dans un
mensonge qui se transmet de l'inconscient des parents à celui de l'enfant,
et engendre ce que la psychanalyse contemporaine appelle un "fantôme"
Tant qu'un traumatisme n'est pas assumé, il est toujours vivant.
Lorsque Isaac Bashevis Singer reçut en 1978 le prix Nobel de littérature,
il donna à l'assistance, venue nombreuse l'écouter, la raison pour laquelle
il écrivait dans une langue qui se mourait, le yiddish.
"J'aime écrire des histoires de fantômes" déclara-t-il.
Rien ne convient mieux à une histoire de fantômes qu'une langue
mourante.
Plus la langue est morte, plus le fantôme est vivant.
Les fantômes adorent le yiddish, ils le parlent tous.
Quant à moi, comme Singer, je crois aux revenants. je crois qu'ils nous
assaillent d'apparitions fugitives et qu'en fait, leur présence est à ce point
familière que nous vivons avec eux sans nous en rendre compte.