Vous êtes sur la page 1sur 24

n°169

la conception des
réseaux
industriels en
haute tension
Georges THOMASSET

Diplômé ingénieur de l’Institut


d’Electrotechnique de Grenoble
(IEG) en 1971.
Depuis, il a réalisé des études de
conception de réseaux industriels
complexes au sein de la Direction
Technique dans la Société
Merlin Gerin.
Après avoir dirigé le bureau d'études
«distribution publique Moyenne
Tension et installations
hydroélectriques» il est, depuis
1984, responsable du service
technique de l'unité industrie du
département de réalisation
d'ensembles.

CT169 édition octobre 1993


lexique

flicker : fluctuations périodiques de ■ la publication CEI 71 précise des réseau public: réseau électrique
luminance d'une source lumineuse, ou gammes de tensions les plus élevées appartenant à un distributeur national
«papillotement». pour le matériel : ou local d'énergie et desservant
gamme A = 1 kV < U < 52 kV, plusieurs consommateurs
HTA et HTB : domaines de tension gamme B = 52 kV ≤ U < 300 kV,
définis par le décret français du indépendants.
gamme C = U ≥ 300 kV.
14 novembre 1988. Une révision est prévue, elle retient stabilité dynamique d’un réseau :
Remarque : seulement deux gammes : faculté qu’a un réseau, comportant
Les niveaux de tensions font l'objet de gamme I = 1 kV < U ≤ 245 kV, plusieurs machines synchrones, de
différents classements selon les gamme II = U ≥ 245 kV. reprendre un fonctionnement normal à
décrets, les normes, et autres ■ le distributeur national d'énergie en la suite d’une perturbation brutale ayant
spécifications particulières telles celles France, EDF, utilise maintenant le entraîné une modification provisoire
de certains distributeurs d'énergie, ainsi classement du décret cité ci-dessus. (cas d’un court-circuit) ou définitive
en ce qui concerne les tensions plan de protection d’un réseau : (ouverture d’une ligne) de sa
alternatives supérieures à 1 000 V : organisation globale des protections configuration.
■ le décret français du 14 novembre électriques regroupant : le système de
protection retenu, le choix des structure d'un réseau : plan
1988 définit deux domaines de
tension : appareils et de leurs réglages. d'ensemble d'un réseau, souvent
HTA = 1 kV < U ≤ 50 kV, représenté sous la forme d'un schéma
récepteurs "à temps zéro" :
HTB = U > 50 kV. unifilaire, qui précise la disposition
récepteurs pour lesquels aucune
■ le CENELEC (Comité Européen de absence d'alimentation n’est tolérée. relative (interconnexions, séparations
Normalisation Electrotechnique) dans de circuits,…) des différentes sources
réseau privé : réseau électrique et des utilisations.
sa circulaire du 27 juillet 1992 précise : alimentant un ou plusieurs sites
MT = 1 kV < U ≤ 35 kV, d'utilisation (usines) appartenant usine : regroupement (en un lieu) de
HT = U > 35 kV. généralement à un même propriétaire. plusieurs utilisations d'énergie.

annexes
annexe 1 : extension d'un réseau hypothèses p. 19
industriel existant calcul approché de la réactance p. 19
de limitation
annexe 2 : moyens informatiques logiciels de calculs p. 20
utilisés pour les études de réseaux système expert d'évaluation de la p. 20
qualité de conception d'un réseau
électrique
annexe 3 : principe général de la compensation p. 20
annexe 4 : choix du schéma des liaisons à la terre pour un réseau
industriel HT p. 21
annexe 5 : chute de tension dans un réseau p. 22
annexe 6 : les étapes de conception d'un réseau industriel p. 22
annexe 7 : bibliographie p. 24

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.2


la conception des réseaux industriels en Soumis à une concurrence toujours
plus âpre, les industriels doivent
haute tension pratiquer une gestion très rigoureuse et
avoir une disponibilité importante de
leur outil de production.
Les réseaux électriques livrent l'énergie
nécessaire à l'outil de production. La
continuité d'alimentation des récepteurs
électriques est recherchée dès la
conception du réseau, et en particulier
lors des choix préliminaires du schéma
sommaire unifilaire.
La réduction des coûts de réalisation et
d'exploitation d'une installation
électrique, avec un fonctionnement sûr
1. besoins et principales contraintes les besoins à satisfaire p. 4
et sans défaillance, sont des conditions
à satisfaire les contraintes principales p. 5 essentielles de rentabilité. Cette
2. conception des réseaux bilan de puissance, coefficients p. 7 optimisation technico-économique
industriels - principales règles d'utilisation et de simultanéité dépend d'une analyse préalable,
choix des tensions p. 7 détaillée et globale, à savoir :
■ des besoins et contraintes
compensation de l'énergie p. 7
spécifiques au type d'industrie
réactive
envisagée,
sources de sécurité et de p. 7 ■ de l'intégration des limites et
remplacement contraintes du réseau de distribution
production autonome d'énergie p. 8 public,
électrique ■ des normes et usages locaux,
fractionnement des sources p. 8 ■ des spécificités du personnel
utilisateur, exploitant et de
schéma général électrique p. 8
maintenance.
3. validation et optimisation choix du schéma des liaisons à p. 9 La présente étude se limite aux études
technico-économique la terre (régime de neutre) de conception des installations
définition des canalisations p. 9 industrielles Haute Tension -HTA et
électriques HTB- de forte puissance ayant comme
étude de la coordination de p. 9 caractéristiques principales :
l'isolement ■ de puissance installée de l'ordre de
10 MVA,
définition d'un système de p. 9
■ avec une production autonome
protection
d'énergie électrique (éventuelle),
calcul des intensités des p. 10 ■ alimentées à partir d'un réseau
courants de court-circuit national de transport ou de distribution
calcul des variations de tension p. 11 (≥ 20 kV),
en régimes normal et perturbé ■ comportant une distribution privée en
choix du mode de démarrage p. 11 Moyenne Tension.
des moteurs
stabilité dynamique des réseaux p. 12
synthèse p. 13
4. choix de la structure et structures types des réseaux p. 14
exploitation optimale des réseaux exemple concret d'une structure p. 16
choix des équipements p. 16
exploitation optimale p. 16
5. conclusion p. 18
annexes voir page ci-contre

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.3


1. besoins et principales contraintes à satisfaire

Les réseaux électriques industriels électriques sont à prendre en compte Le coût minimal de l'installation
doivent assurer, aux coûts optimaux pour éviter l'incendie et limiter les effets électrique.
d'investissement, d'exploitation et de destructeurs: Le coût minimal de l'installation
pertes de production, l'alimentation de ■ les surintensités (court-circuit et électrique n'est pas nécessairement la
tous les récepteurs de l'usine en tenant surcharge), recherche du coût minimal initial mais
compte : ■ les surtensions. la somme de trois coûts :
■ des besoins à satisfaire : Les solutions retenues doivent assurer ■ le coût de l'investissement initial,
■ la sécurité des personnes, au minimum : ■ les coûts d'exploitation et de
■ la sécurité des biens, ■ l'élimination rapide du défaut, et la maintenance,
■ la continuité d'alimentation, continuité d'alimentation des parties ■ les coûts de pertes de production liés à
■ la facilité d'exploitation du réseau, saines du réseau (sélectivité), la conception et au plan de protection
■ le coût minimal de l'installation, ■ la fourniture des informations sur la (système de protection retenu, choix des
■ l'optimisation de l'énergie électrique nature du défaut initial, pour une appareils et des réglages) du réseau.
(coût / qualité), intervention efficace. L'optimisation de l'énergie électrique
■ les évolutions et extensions futures La continuité d'alimentation des Lorsqu'une usine comporte des
du réseau, récepteurs générateurs d'énergie électrique, il est
■ la rénovation du réseau ;
La continuité d'alimentation des nécessaire de gérer au mieux l'énergie
■ des contraintes imposées liées :
récepteurs est nécessaire pour des fournie par le distributeur et l'énergie
■ au processus industriel, raisons de : produite localement.
■ au processus électrique, ■ sécurité des personnes, exemple : Un système de contrôle-commande
■ au distributeur d'énergie, éclairage ; peut optimiser le coût de l'énergie
■ au climat et à la géographie du site, ■ maintien de l'outil de production, consommée dans l'usine en fonction :
■ aux normes, prescriptions et usages exemple : tréfilerie de verre ; ■ du contrat souscrit avec le
locaux. ■ productivité ; distributeur (tarification selon l'instant,
Il est évident que tous les besoins ne ■ confort d'exploitation, exemple : heure, jour et saison) ;
pourront pas être satisfaits de façon procédure simplifiée de redémarrage ■ de la disponibilité des générateurs de
optimale : le concepteur doit rechercher d'une machine, d'un atelier. l'usine ;
le meilleur compromis.
Selon leurs impératifs de ■ des impératifs du processus industriel.
fonctionnement, les récepteurs se Les évolutions et extensions futures
les besoins à satisfaire répartissent en trois familles : du réseau
■ les récepteurs "ordinaires",
La sécurité des personnes Il y a lieu d'apprécier avec le plus grand
■ les récepteurs "essentiels",
Même si des normes ou règles soin, lors de la conception d'un réseau
■ les récepteurs "à temps zéro" pour
n'existent pas dans tous les pays, il industriels, les évolutions futures des
lesquels aucune absence
convient de respecter certaines notions usines, surtout si des extensions sont
d'alimentation n’est tolérée.
évidentes : prévisibles.
La facilité d'exploitation du réseau Les éventuelles et futures modifications
■ interdiction d'accéder aux pièces
Afin de mener à bien leurs tâches avec sont à prendre en compte :
mises sous tension (protection contre
sûreté et fiabilité, les exploitants du ■ dans le dimensionnement des
les contacts directs),
réseau doivent avoir à leur organes principaux d'alimentation
■ système de protection contre
disposition : (câbles, transformateurs, appareils de
l'élévation du potentiel des masses
■ un réseau facile à conduire afin d'agir coupure),
métalliques (protection contre les
avec certitude en cas d'incident ou de ■ dans la conception du schéma de
contacts indirects),
manœuvre ; distribution,
■ interdiction des manœuvres de
■ des appareils et équipements d’un ■ et dans le calcul des surfaces
sectionneur de ligne en charge,
dimensionnement suffisant, à faible réservées aux locaux électriques.
■ interdiction de mise à la terre sous
entretien et facilement réparables
tension, Cette anticipation conduit à une
(maintenabilité) ;
■ élimination rapide des défauts. meilleure flexibilité de la gestion de
■ des moyens de contrôle-commande
La sécurité des biens l'énergie.
performants facilitant la conduite du
Les installations électriques ne doivent réseau par la centralisation en temps La rénovation des réseaux
pas être soumises à des contraintes réel et en un lieu unique de toutes les Les consommations d'énergie
qu'elles ne pourraient pas supporter. informations relatives à l'état du électrique augmentent avec les
Le choix des matériels et équipements "process électrique", en régime normal extensions nécessaires pour les
est donc capital. Deux grandeurs et perturbé. nouvelles fabrications et les nouvelles

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.4


machines toujours plus puissantes. Des chutes de tension non équilibrées, ■ un type de protection électrique
rénovations et/ou des restructurations brèves mais répétées (ayant pour contre les défauts phase/terre,
de réseaux sont alors obligatoires. conséquence le flicker), et peut ■ un mode particulier d'exploitation du
Une étude de rénovation d'un réseau produire des harmoniques ; réseau (recherche et/ou élimination du
doit être menée avec plus d'attention ■ l'alimentation des dispositifs défaut par les agents d'exploitation
qu'une étude d'une nouvelle installation électroniques de forte puissance dans le cas du régime de neutre isolé).
car d'autres contraintes existent, et (redresseurs, thyristors, ...) qui ■ micro coupures ou baisses
notamment : génèrent sur le réseau des importantes fugitives de tensions mono
■ tenues électrodynamique et déformations importantes de l'onde de ou polyphasées.
diélectrique insuffisantes de certains tension (harmoniques) et dégradent le La présence de tels phénomènes peut
appareils ou équipements existants ; facteur de puissance ; c’est le cas pour entraîner des perturbations, voire des
■ capacité à alimenter de gros des chaînes d'électrolyse, des fours arrêts de production et des destructions
récepteurs (courants de démarrage, de machines. Ainsi elle peut
électriques à courant continu, et des
stabilité dynamique,…) ; provoquer :
moteurs à vitesse variable.
■ surface et hauteur des locaux ■ des erreurs de fonctionnement et/ou
électriques existants non modifiables ; De plus, certains processus industriels
des pertes d'informations des systèmes
■ situation géographique des polluent leur environnement : ils
informatiques de process industriels
équipements et des récepteurs produisent des substances (poussières,
(calculateurs, automates industriels),
imposée. gaz) parfois corrosives pouvant bloquer
de gestion ou de calculs scientifiques ;
Exemple d'une rénovation avec les mécanismes ou réduire les
■ la destruction mécanique d'un
adjonction d'un nouveau performances des appareils électriques
transformateur : l'installation d'une moteur, de son accouplement et/ou de
(ex : tenue diélectrique) ou encore
réactance triphasée entre l'ancienne la machine entraînée. Cela arrive lors
provoquer des explosions en présence d’une micro-coupure (réalimentation
installation et le nouveau d'arc électrique.
transformateur permet de ne pas trop d’un moteur encore en mouvement), en
augmenter l'intensité du courant de Contraintes liées au processus effet le couplage peut se réaliser en
court-circuit et donc de conserver les électrique opposition de phase entre la tension du
équipements existants (cf. annexe 1). Au cours de l'étude il faut tenir compte réseau et la tension résiduelle restituée
des diverses conditions par le moteur, le courant absorbé par le
La qualité des études
"électrotechniques" auxquelles doit moteur est alors très important, de 4 à
Les études de conception et de détails
satisfaire tout réseau électrique en 15 fois le courant nominal, et engendre
doivent être menées avec méthode et
particulier : des efforts électrodynamiques
rigueur. Ainsi l'obtention de la
■ limitation de l'intensité des courants excessifs.
certification ISO 9001, conduit à mettre
en place des procédures décrivant les de court-circuit et de leur durée, ■ les surtensions d'origine externe, en
étapes essentielles des études de ■ démarrage ou redémarrage des gros particulier les coups de foudre
conception et de détail dans le but de moteurs sans chute de tension (cf. Cahier Technique n°168).
les maîtriser et de satisfaire au mieux excessive, ■ valeur et qualité de la tension
les besoins du client. ■ stabilité des alternateurs à la suite d'alimentation :
Le Département de Réalisations d'un incident. ■ la valeur de la tension d'alimentation
d'Ensembles de la Société Merlin Gerin impose en partie l'organisation des
Contraintes imposées par le réseau
a obtenu la certification ISO 9001 en tensions du réseau privé. En effet, si
public de distribution d'énergie
1992. l'alimentation est réalisée en Haute
électrique
■ puissance de court- circuit Tension, il peut être intéressant de
les contraintes principales La valeur de la puissance de court- conserver cette valeur de tension pour
circuit du réseau amont alimentant le la distribution principale d'une usine ;
Contraintes liées au processus ■ la qualité de la tension d'alimentation.
réseau privé est un élément décisif
industriel Différentes variations de tension
quant au choix :
Outre le besoin d'une forte continuité peuvent gêner voir empêcher le bon
■ de la structure du réseau privé de
d'alimentation nécessaire à certains fonctionnement des équipements de
processus industriels, ces mêmes distribution,
■ de la puissance maximale des production. Le tableau de la figure 1
processus imposent aussi des présente ces défauts, leurs causes et
contraintes : récepteurs,
■ de certains récepteurs sensibles aux conséquences ainsi que les principaux
■ l'alimentation et surtout le démarrage remèdes.
des très gros moteurs entraînant des chutes de tension.
broyeurs, concasseurs, ventilateurs, ■ schéma des liaisons à la terre Remarques :
pompes, bandes transporteurs (cause (régime du neutre) du réseau public En terme de qualité de l'alimentation, il
notamment de chute de tension Il est souvent conservé pour le réseau faut que les variations de la fréquence
importante au démarrage) ; privé, mais parfois non compatible avec soient acceptables ± 2 % et que les
■ l'alimentation des fours à arc dont certains récepteurs. Il faut alors créer taux d'harmoniques de tension soient
l'arc souvent instable provoque des un réseau particulier avec : inférieurs à 3 %.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.5


variations de la tension quelques % 5 à 25 % 5 à 25 % 100 %
durée 1/100 à 1 s 0,5 à 20 s 20 s à 1 heure 0,1 à 0,3 s ou de 10 à 30 s
périodicité OUI NON NON NON
causes présence de four ■ démarrage des gros absence de régulation système de
électrique à arc moteurs de la tension aux postes réenclenchement rapide
■ défaut mono ou source ou/et lent des lignes HT
polyphasé
conséquences variation de l'éclairage à ■ risque d'instabilité du ■ surcharge des moteurs suspension momentanée de
incandescence (Flicker) réseau ■ risque important l'alimentation de tous les
d'instabilité du réseau récepteurs
principaux remèdes employer des ■ adapter le mode de équiper les prévoir des disjoncteur-
compensateurs statiques démarrage transformateurs de shunt
d'énergie réactive ■ accroître la rapidité du régleurs en charge
plan de protection

fig. 1 : les variations de tension, leurs causes, leurs conséquences et les principaux remèdes.

Pour apprécier la qualité de l'énergie Contraintes climatiques et ■ le niveau kéraunique de la région


électrique fournie et si nécessaire géographiques (fréquence des coups de foudre),
l'augmenter, un grand distributeur Pour définir au mieux les ■ les difficultés d'accès (pour le
national européen, a installé plus de caractéristiques des équipements et transport des matériels, mais aussi
2000 appareils enregistreurs sur des appareils, selon les types pour la maintenance).
l'alimentation de gros sites industriels. d'installations, il convient de connaître :
Respect des normes et usages
Ces appareils mesurent : ■ les températures moyennes et
locaux
■ les tensions et intensités efficaces, maximales journalières,
■ les puissances actives et réactives, ■ le taux d'humidité à la température Sur ce point il faut particulièrement
■ les coupures brèves et longues, maximale, connaître :
■ les creux de tension, ■ la vitesse maximale des vents, ■ les normes d'appareillage et
■ les tensions et intensités ■ la présence de givre, de glace, de d'installation nationales et/ou
harmoniques, vents de sable, internationales,
■ le déséquilibre de tension. ■ l'environnement (atmosphère ■ les réglementation et prescription
Ils détectent aussi les signaux des corrosive ou risque d'explosion), particulières au complexe industriel,
télécommandes de 175 et 188 Hz. ■ l'altitude, ■ les usages locaux.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.6


2. conception des réseaux industriels
principales règles

L'objet de ce chapitre est d'expliquer distribution ou utilisation. Ainsi, en HT, tension d'alimentation. Ce phénomène
comment la conception d'un réseau la tension de distribution n'est pas est susceptible de se produire pour une
industriel prend en compte l'ensemble nécessairement identique à la tension compensation supérieure à 90 % du
des obligations (besoins et contraintes) d'utilisation : par exemple, dans une courant magnétisant, courant peu
décrites au chapitre précédent. usine la tension de 20 kV peut être une différent du courant à vide du moteur.
Les usines étant conçues pour valeur optimale pour la distribution, eu
fonctionner d'une manière continue, au égard aux puissances et aux distances
stade de l'étude toute interruption de des ateliers par rapport au poste sources de sécurité et de
l'alimentation en énergie électrique doit principal, et cela bien que la puissance remplacement
donc être évaluée et ses conséquences de ses dix plus gros moteurs impose L'installation de source de sécurité se
examinées, afin de déterminer les une tension d'utilisation de 6,6 kV. fait pour des raisons de protection des
mesures à prendre. personnes (normes et textes
La méthode proposée dans ce chapitre législatifs), par exemple pour le
compensation de l'énergie
comporte deux phases : balisage des voies d'évacuation.
- 1- la recherche de l'adéquation réactive L'installation de source de
technique entre les besoins et les Le distributeur local d'énergie impose remplacement est décidée pour
contraintes (voir chapitre II), généralement au point de livraison du maintenir en service l'outil de
- 2- l'optimisation technico-économique client une valeur minimale du facteur production ou pour disposer d'une plus
par la maîtrise de certains calculs et les de puissance (cos ϕ). grande souplesse d'exploitation.
concepts présentés ci-après. Pour satisfaire cette exigence, une
L'annexe 2 liste, sans être exhaustive, compensation de l'énergie réactive est
les principaux logiciels de calcul utilisés souvent nécessaire, elle peut être production autonome
par les ingénieurs spécialistes d'études réalisée soit : d'énergie électrique
de réseaux. ■ au niveau de la sous station (ou du
tableau principal) : compensation Une usine peut être dotée de moyens
globale ; autonomes de production d'énergie
bilan de puissance, ■ au niveau des récepteurs : électrique pour alimenter des
compensation répartie. récepteurs à "temps zéro", pour des
coefficients d'utilisation et raisons tarifaires, ou lorsque le procédé
Le principe général de compensation
de simultanéité avec des condensateurs est présenté de fabrication de l'usine rend disponible
C'est la première étape essentielle de en annexe 3. de l'énergie (thermique ou mécanique)
l'étude de la conception d'un réseau. Remarque : une forte compensation par exemple sous forme de vapeur.
Elle doit cerner et localiser avec des batteries de condensateurs Si le réseau public a une puissance de
géographiquement les valeurs des fixes peut entraîner des surtensions. court-circuit et une qualité de tension et
puissances. Un cas particulier est le phénomène de fréquence suffisantes, il est
d'auto-excitation des machines préférable de faire fonctionner en
Bilan de puissance
asynchrones : les condensateurs parallèle les sources autonomes et le
Il faut :
associés à un moteur asynchrone réseau public, car ce dernier aide à
■ distinguer les puissances actives,
(compensation répartie) peuvent stabiliser le comportement des
réactives et apparentes ;
donner lieu à des surtensions très alternateurs de l'usine (tension et
■ grouper les puissances par zones
importantes lors d'une rupture de la vitesse). Dans ces cas d'exploitation,
géographiques (3 à 8 zones) suivant
l'étendue du site ;
■ identifier par zone les récepteurs
"ordinaires" - "essentiels" - "à temps
moteurs éclairage prise
zéro". chauffage de courant
Coefficients d'utilisation et de coefficient d'utilisation 0,75 1 (**)
simultanéité (cf. fig. 2) coefficient de simultanéité 0,70 (*) 1 0,1 à 0,3
* Dépend du process
** Dépend de leur destination
choix des tensions
Le choix des tensions est déterminé fig. 2 : ordre de grandeur des coefficients d'utilisation et de simultanéité.
par la fonction à réaliser : transport,

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.7


un système de répartition des
puissances actives et réactives entre
les différents alternateurs et le réseau
public est à prévoir.
Lors d'incidents électriques graves sur
le réseau privé, ou sur le réseau public
à proximité de l'usine, une instabilité
peut se produire. Il peut être nécessaire
de procéder, dans un délai
extrêmement court (environ
0,2 secondes), à une séparation du
réseau public (îlotage des circuits
M M M
alimentés par les alternateurs) pour ne
pas risquer l'arrêt total des installations. éclairage moteurs de moteur à
Cette séparation s'accompagne, en informatique forte puissance vitesse variable
général, d'un délestage des récepteurs
non essentiels du réseau privé, ceci récepteurs récepteurs récepteurs "polluants"
afin d'éviter sa surcharge. normaux "sensibles"

fig. 3 : le fractionnement des sources et un moyen de séparer les récepteurs «polluants» des
fractionnement des autres récepteurs.
sources
Certains récepteurs provoquent des ■ permettre l'adaptation du schéma fonction des contraintes du site
perturbations importantes sur le réseau des liaisons du réseau à la terre industriel pour obtenir le "schéma
de distribution privé. Le fractionnement (régime de neutre) aux utilisations. unifilaire général de principe" de la
des sources (cf. fig. 3) permet d'isoler distribution électrique de l'usine : c'est
ces récepteurs polluants et offre en le point de départ de l'optimisation
plus deux avantages : schéma général électrique technico-économique du réseau.
■ avoir une meilleure sélectivité entre A partir des différents éléments Le chapitre suivant présente
les protections, ce qui accroît la précédemment décrits dans ce simplement les différents choix
continuité d'alimentation des autres chapitre, le concepteur de réseau possibles et les calculs nécessaires à
récepteurs ; établit une pré-structure qu'il affine en la recherche de la solution optimale.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.8


3. validation et optimisation technico-économique

choix du schéma des défaut d'isolement avec ou non une temporisation afin d'obtenir la bonne
destruction de matériel : sélectivité du déclenchement.
liaisons à la terre (régime ■ surtensions à fréquence industrielle Différentes techniques de sélectivité
de neutre) (50 à 500 Hz), sont habituellement mises en œuvre,
Les normes et règlements imposent ■ surtensions de manœuvre, elles exploitent ou associent différentes
des protections contre les contacts ■ surtensions atmosphériques (coup données et variables que sont le
directs et indirects pour toute de foudre). courant, le temps, des informations
installation électrique. En général les La coordination de l'isolement participe logiques, les dispositions
dispositifs de protection assurent une à l'obtention d'une plus grande géographiques,…
coupure automatique de l'alimentation disponibilité de l'énergie électrique. Sa Sélectivité par le courant ou
(au premier ou au deuxième défaut maîtrise nécessite : ampèremétrique.
phase terre selon le schéma des ■ de connaître le niveau des Utilisée (en Basse Tension) lorsque
liaisons à la terre retenu). Il existe aussi surtensions pouvant exister sur le l'intensité des courants de court-circuit
des protections particulières adaptées réseau ; diminue fortement avec la distance
à certaines situations spécifiques. ■ de définir un degré de performance séparant la source du point de court-
Un schéma des liaisons à la terre des recherché ou plus explicitement un taux circuit considéré ou entre l'amont et
réseaux en Haute Tension, peut être de défaillance acceptable de l'isolation ; l'aval d'un transformateur.
choisi en fonction des critères ■ d'installer des dispositifs de Sélectivité par le temps ou
présentés dans l’annexe 4. protection tout à la fois adaptés aux chronométrique
Mais, très souvent, il est intéressant de composants du réseau (niveau Utilisée en Basse Tension et très
faire cohabiter dans un même réseau d'isolement) et aux types de souvent en Haute Tension. Les
industriel différents schémas, chacun surtensions ; déclenchements des appareils de
d'eux pouvant avoir un avantage ■ de choisir les divers composants du protection (disjoncteurs) sont d'autant
prépondérant. réseau à partir de leur niveau de tenue plus différés que les appareils sont
aux surtensions qui doit satisfaire aux proches de la source. Pour s'affranchir
contraintes précédemment définies. des régimes transitoires des courants,
définition des canalisations
Le Cahier Technique n° 151 décrit les la durée minimale au point le plus
électriques perturbations de tension, les moyens éloigné de la source (immédiatement
Les canalisations électriques sont une de les limiter ainsi que les dispositions en amont de l'utilisation) est de 0,2 s
part importante de l'investissement de normatives pour permettre une voire 0,1 s si le réglage en courant est
l'installation électrique. Il est donc distribution sûre et optimisée de haut, avec une durée maximale de 1 s
important, pour des raisons de sécurité l'énergie électrique, cela grâce à la à l'origine du réseau privé.
et de coût, de : coordination de l'isolement. Les retards peuvent être à temps
■ choisir au mieux le bon type de constant ou à temps dépendants de la
canalisations (câble), valeur du courant de court-circuit.
■ et de calculer au plus juste sa définition d'un système de
Sélectivité par émission
section minimale, mais en tenant bien protection d'informations logiques, ou
compte des courants de court-circuit et Lorsqu'un défaut apparaît sur un sélectivité logique
de démarrage, des chutes de tensions, réseau électrique, plusieurs organes de Elle est assurée par un ordre «d’attente
des pertes, … protection situés dans différentes zones logique» d’une durée limitée, émis par
du réseau peuvent détecter la première unité de protection située
étude de la coordination de simultanément cette anomalie. Leur juste en amont du défaut et devant
déclenchement sélectif vise à isoler le couper le circuit, vers les autres unités
l'isolement plus rapidement possible la partie du de protection situées plus en amont.
La coordination de l'isolement permet réseau affecté par le défaut et Cette technique mise au point et
de réaliser le meilleur compromis uniquement cette partie, en laissant brevetée par Merlin Gerin est détaillée
technico-économique dans la sous tension toutes les parties saines dans le Cahier Technique n° 2.
protection des personnes et des de ce réseau. Le concepteur doit avant Le retard au déclenchement est faible
matériels contre les surtensions tout choisir un système de protection et constant quelle que soit la position
pouvant apparaître sur les installations qui lui permet de définir les unités de du défaut dans le réseau, ce qui
électriques, que ces surtensions aient protection les mieux adaptés. Il doit en favorise la stabilité dynamique du
pour origine le réseau ou la foudre. outre définir un plan de déclenchement réseau et minimise les effets
Trois types de surtensions peuvent qui consiste à déterminer les réglages destructeurs d'un défaut ainsi que les
provoquer un claquage et donc un des relais en courant et en contraintes thermiques.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.9


Sélectivité à l'aide de protection
directionnelle ou différentielle
Cette sélectivité permet une protection
spécifique d'une portion ou d'un
élément déterminé du réseau.
Exemples : transformateurs, câbles en 0,5s
parallèle, réseau bouclé, etc. sélectivité par
Sélectivité à l'aide de protection de émission d'informations
distance
0,5s
Elle est conçue à partir d'un
«découpage» du réseau en zones. Les
unités de protection localisent dans
quelle zone est situé le défaut par le
calcul de l'impédance du circuit
considéré. sélectivité par
Cette technique est peu utilisée sauf si le temps
le réseau privé HT est très étendu.
Un exemple d'un système de protection
utilisant plusieurs techniques de
sélectivité est décrit par la figure 4.
Nota : dans ce paragraphe, les critères 0,2s
de choix des systèmes protection, des
relais et les valeurs de réglage des fil pilote
protections ne sont pas abordés. De
nombreux ouvrages traitent ces sujets, 0,2s
par exemple les Cahiers Techniques
n°2 et 158. sélectivité par
fil pilote
émission d'informations

calcul des intensités des


courants de court-circuit
La connaissance des différentes 0,2s
valeurs des intensités des courants de
court-circuit est nécessaire dans la
recherche de l'optimum technico-
économique pour déterminer :
■ les valeurs de pouvoir de fermeture
et de coupure, fonction des Icc
maximales crête et efficace ; sélectivité par
■ les tenues aux efforts le courant
électrodynamiques des équipements et
appareils électriques, fonction des Icc
maximales crête ;
■ les réglages dans les études de
sélectivité des déclenchements des
protections, fonctions des Icc efficaces
maximales et minimales ).
Le Cahier Technique n° 158, après un
fig. 4 : système de protection utilisant plusieurs techniques de sélectivité, ampèremétrique,
rappel des phénomènes physiques à
chronométrique et logique.
prendre en compte fait le point sur les
méthodes de calcul prévues par les
normes. ■ régime subtransitoire, tournantes synchrones ou
En présence de machines tournantes ■ régime transitoire, asynchrones.
(alternateurs ou moteurs) ■ régime permanent. Dans ces deux régimes il faut aborder
l'établissement d'un courant de court- Les régimes subtransitoires et la notion de composante asymétrique
circuit peut être décomposé en trois transitoires sont liés à l'extinction du appelée aussi composante continue
temps ou «régimes» : flux emmagasiné dans les machines dont l'amortissement dépend du

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.10


rapport R/X du réseau amont et de L'annexe 5 indique l'expression et Rappel : l'équation qui régit l'état
l'instant du défaut par rapport à la présente le diagramme vectoriel de la d'équilibre du moteur avec la
phase de la tension. chute de tension dans un réseau. mécanique qu'il entraîne est :
Enfin il convient de tenir compte de la dω
C'm - Cr = J
contribution des moteurs à l'intensité du dt
courant de court-circuit. En effet, lors choix du mode de C'm = couple du moteur sous tension
d'un court-circuit triphasé, les machines démarrage des moteurs réelle d'alimentation (Ur),
asynchrones ne sont plus alimentées Le mode de démarrage retenu (étoile- Cr = couple résistant de la mécanique
par le réseau et le flux magnétique de triangle, auto-transformateur, entraînée,
ces machines ne peut pas disparaître J = inertie de toutes les masses
résistances ou réactances
brutalement. entraînées,
statoriques,…), doit évidemment dω/dt = accélération angulaire,
L'extinction de ce flux donne naissance permettre de disposer d'un couple 2
à un courant subtransitoire puis d'accélération -Ca- suffisant (en Ur
transitoire qui augmente la valeur de C'm = Cm .
général Ca > 0,15 Cn) , mais aussi ne Un
l'intensité du courant de court-circuit du provoquer que des chutes de tension Cm = couple du moteur sous tension
réseau. acceptables (< 15 %). nominale (Un).
La valeur totale de l'intensité du
courant de court-circuit est alors la
somme vectorielle de deux courants de
court-circuit : celui de la source et celui
des machines.
Un = 60 kV

calcul des variations de


tension en régimes normal
et perturbé
En régime normal
ligne 30 km

Le calcul des variations de tension en


I Dem
régime normal est une étape de
contrôle qui permet de vérifier les
tensions tout au long du réseau.
Si les valeurs des tensions sont trop
faibles, le concepteur vérifie que :
■ les flux de puissance active et
réactive sont normaux, Un = 60 kV 57 kV
■ les canalisations électriques sont
bien dimensionnées,
■ les puissances des transformateurs
sont suffisantes,
■ le principe de compensation de I Dem
l'énergie réactive est judicieux,
■ la structure du réseau retenue est
bonne.
Un = 5 kV 4,75 kV Un = 5 kV 4,5 kV
En régime perturbé
Le calcul des variations de tension en
régime perturbé est nécessaire pour I Dem
vérifier si les phénomènes ci-après ne
réseau usine 1200 kW
conduisent pas à des chutes ou des
I Dem = 5 I n
élévations de tension excessives :
■ démarrage d'un gros moteur moteur en cours
(cf. fig. 5), de démarrage
■ fonctionnement dégradé du réseau
(2 transformateurs en exploitation au
fig. 5 : exemple, pour l'installation d'un moteur de 1 200 kW alimenté par une ligne 60 kV de
lieu des 3 prévus pour la marche
30 km de longueur, de détermination de la valeur des variations de tension lors de son
normale, par exemple),
démarrage. A noter que la séparation de l'alimentation du «réseau usine» et du moteur a
■ exploitation des réseaux à vide, avec permis de n'avoir que 250 V de chute de tension sur le «réseau usine».
ou sans compensation de l'énergie xx kV = tension lors du démarrage du moteur
réactive.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.11


Ca = C'm - Cr si le phénomène perturbateur est très ■ un plan de délestage adapté
Ca = couple d'accélération. grave ou si le réseau a une faible (déclenchement des moteurs ordinaires
La courbe représentant Ca en fonction capacité de reprise (puissance de et non essentiels en cas de défauts
de la vitesse est donnée par la figure 6 court-circuit trop faible par exemple). graves) ;
ci-après. Comportement des moteurs
Le tableau de la figure 7 montre les asynchrones lors d'un défaut
modes de démarrages les plus usités triphasé
(pour plus de détails consulter le Cahier Voici à titre d'exemple l'étude du
Technique n°165). comportement des moteurs
asynchrones lors d'un défaut triphasé
(cf. fig. 8).
stabilité dynamique des Après élimination du défaut, défaut triphasé
réseaux ■ soit les moteurs ont des couples
En régime non perturbé, l'ensemble supérieurs aux couples résistants : ils
des machines tournantes (moteurs et peuvent réaccélérer et retrouver leur chute de tension
alternateurs) faisant partie de état stable ;
l'installation forme un système stable ■ soit les moteurs ont des couples
avec le réseau public d'alimentation. inférieurs aux couples résistants : ils augmentation diminution du
Cet équilibre peut être affecté par un poursuivent alors leur ralentissement du courant couple moteur
incident sur l'un des réseaux (public ou en absorbant des courants importants absorbé par (selon le carré
privé) tel que : fluctuation importante de qui sont détectés par les protections les moteurs de la tension)
charges, modification du nombre de des moteurs et/ou du réseau,
transformateurs, de lignes ou de lesquelles provoquent le
déclenchement de leur disjoncteur ralentissement
sources d'alimentation, défaut
associé. de tous les
polyphasé, etc. moteurs
Il se produit donc soit une instabilité La reprise des moteurs, donc la
passagère dans le cas d'un réseau stabilité dynamique du réseau, est fig. 8 : comportement des moteurs
bien étudié, soit une rupture de stabilité favorisée par : asynchrones lors d'un défaut triphasé.

besoins de caractéristiques mode de avantages


couple l'application de l'application démarrage inconvénients
C Cm process permanent machines nécessitant direct simplicité,
Cn Cr ou quasi-permanent un fort couplage investissement réduit.
C'm démarrage ≤ 1/jour de démarrage au démarrage :
■ couple important,
1 Ca Cn démarrages moteurs à faible appel direct ■ appel de courant important,
0,6 fréquents > 1/jour de courant ou de faible ■ fortes contraintes
puissance mécaniques.
0
0 vitesse ω pompes, machines démarrant statorique réduction et de
ventilateurs sous faible couple par l'appel de courant au
compresseurs réactance démarrage
C'm = couple du moteur sous tension réelle démarrages (ajustage possible).
d'alimentation (Ur),
fréquents
Cr = couple résistant de la mécanique
entraîné, optimisation des lorsque l'intensité au statorique par optimisation du couple (réduit)
Cm = couple du moteur sous tension caractéristiques de démarrage doit être auto- et de l'appel de courant au
nominale (Un), démarrage réduite tout en transformateur démarrage
Ca = couple d'accélération. conservant le couple (ajustage possible).
nécessaire au
fig. 6 : représentation des différents couples démarrage
d'un moteur selon sa vitesse, avec une
baisse de tension de l'ordre de 15 % (d'où optimisation des démarrages rotorique faible appel de courant et
C'm ≈ 0,7 Cm) et un couple résistant Cr ≈ 0 caractéristiques les plus difficiles fort couple de démarrage.
au démarrage. de démarrage à
A noter qu'une telle baisse de tension ne fort couple
permettrait pas le lancement de ce moteur
avec un Cr > 0,6.Cn au démarrage, car
alors Cr > C’m. fig. 7 : modes de démarrage les plus couramment usités.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.12


■ un réseau puissant (alternateurs La durée du retour à la vitesse normale En résumé :
correctement régulés et faible chute de des moteurs est fonction : Si la perturbation est faible (court-circuit
tension) ; ■ de leur couple accélérateur, donc de biphasé éloigné de l'utilisation), la
■ des systèmes de protection rapides la chute de tension, stabilité est rétablie par l'action des
qui diminuent la durée de ■ de l'inertie des masses tournantes. régulateurs de vitesse et de tension.
ralentissement des moteurs (sélectivité Des logiciels de calcul permettent de Lorsque le risque d'instabilité est
logique par exemple) ; simuler le comportement dynamique important, il faut prévoir une protection
■ une structure du réseau adaptée d'un réseau électrique et ainsi faciliter qui, dans un délai très court (de 0,2 à
avec : les choix. En particulier dans la 0,3 s), élimine le défaut et/ou un
■ une séparation et un regroupement détermination des procédures de dispositif qui fractionne le réseau pour
sur des circuits distincts des récepteurs séparation des sources (îlotages), des le soulager (délestage) afin de ne pas
ordinaires et non essentiels d'une part, plans de délestage des charges non risquer l'arrêt total de l'installation
des récepteurs essentiels et à temps essentielles, des systèmes de (cf. fig. 9).
zéro d'autre part, qui facilitent le protection à retenir (sélectivité logique
délestage, pour obtenir des durées très courtes de
■ des liaisons d'impédance minimale déclenchement). L'ensemble de ces synthèse
pour les récepteurs essentiels et à dispositions contribue au maintien de la Toute la réflexion décrite dans ce
temps zéro pour limiter les chutes de stabilité dynamique du réseau lors chapitre est résumée sous la forme
tension. d'une perturbation. d'un logigramme dans l'annexe 6.

ω
G (rad/s)
alternateur G

300

circuit délesté 250 moteur M1, avec délestage

moteur M1, sans délestage


M1 M2 M3 M4 M5
0,15 1 2 3 t (s)

élimination du court-circuit
fig. 9 : présentation du comportement dynamique d'un réseau avec et sans délestage.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.13


4. choix de la structure et exploitation
optimale des réseaux

Différentes structures de réseau sont


possibles, les plus courantes sont
présentées dans ce chapitre avec leurs
principaux domaines d'emploi.
Le choix d'une structure de réseau,
toujours déterminant sur le plan de la
HT
disponibilité de l'énergie est souvent
difficile.
Comparer rapidement, pour différentes
structures, l'indisponibilité de la tension
en un point particulier du réseau
s'avère être la méthode la plus
rationnelle, et l'emploi d'un système
expert très intéressant (cf. annexe 2).

structures types des


réseaux
Boucle ouverte ou fermée dite «en
coupure d’artère»
(cf. fig. 10)
Préconisée pour les réseaux très BT BT BT
étendus, avec des extensions futures
importantes. Son exploitation en boucle fig. 10 : schéma d'un réseau en boucle.
ouverte est recommandée.
Radial doubles dite «en double
dérivation » (manuelle ou
automatique)
(cf. fig. 11)
Préconisée pour les réseaux très
étendus avec des extensions futures HT
limitées et nécessitant une bonne
continuité d'alimentation.
Radial dite «en simple alimentation»
ou «en antenne»
(cf. fig. 12 page ci-contre) BT
Préconisée lorsque les exigences de
continuité d'alimentation sont faibles.
Elle est très souvent retenue pour les
réseaux des cimenteries.
BT
Double alimentation
(cf. fig. 13 page ci-contre)
Préconisée lorsqu'une bonne continuité
d'alimentation est demandée ou
BT
lorsque les équipes d'exploitation et de
maintenance sont peu nombreuses.
Elle est très souvent retenue dans les
domaines de la sidérurgie et de la fig. 11 : schéma d'un réseau en double dérivation.
pétrochimie.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.14


Double jeux de barres de charges : les charges pouvant être Avec source de remplacement et
(cf. fig. 14) réparties sur l'un ou l'autre des jeux de délestage
Préconisée lorsqu'une très grande barres, sans interruption d'alimentation. (cf. fig. 16)
continuité d'alimentation est demandée C'est le cas typique d'un réseau
Avec groupes de production d'énergie industriel où une très grande continuité
ou lorsqu'il y a de très fortes variations
(cf. fig. 15) d'alimentation est demandée avec une
C'est la structure la plus simple mais seule alimentation du distributeur
très souvent rencontrée. public.

HT arrivées

jeu de barres A
jeu de barres B

sous tableau HT

BT BT départs
fig. 12 : schéma d'un réseau en simple
alimentation. fig. 14 : schéma d'un réseau en double jeux de barres.

HT

fig. 15 : schéma d'un réseau avec un groupe de production d'énergie.

source source de
principale G remplacement

HT

utilisation utilisation
non prioritaire prioritaire
BT (réseau secouru)
fig. 13 : schéma d'un réseau en double
alimentation. fig. 16 : schéma d'un réseau avec une source de remplacement et délestage.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.15


exemple concret d'une
structure
Le schéma de la figure 17 a été étudié
et réalisé pour une mine polymétallique
au Maroc. Il regroupe différentes
structures de réseaux abordées 63 kV
précédemment ; ainsi, l'alimentation
des différents ateliers est réalisée par
une boucle, ou une double antenne, ou source de remplacement
une source principale et une source de
remplacement. G

choix des équipements 10 MVA 2 MVA 10 MVA

Quelle que soit la structure choisie, les


équipements prévus doivent satisfaire :
■ aux normes en vigueur ;
■ aux caractéristiques du réseau : 20 kV
■ tensions, courants nominaux,
■ courant de court-circuit (pouvoir de
fermeture, pouvoir de coupure, tenue
électrodynamique et thermique) ;
■ aux fonctions souhaitées (coupure
sur défaut, coupure en service normal,
commande fréquente, isolement des
circuits,…) ;
■ aux exigences de continuité carreau concassage
d'alimentation (appareil fixe,
déconnectable, débrochable) ;
“■ aux qualifications des agents
d'exploitation et de maintenance
(présence de verrouillages,
5 kV
d'asservissement électriques plus ou
moins complets, technique de coupure
avec ou sans entretien) ; traitement broyeurs
■ aux exigences de la maintenance et
des extensions éventuelles (réserve,
modularité,…).
Nota : A ce stade de l'étude l'ensemble
des caractéristiques du réseau sont le
résultat de calculs souvent effectués à
l'aide de logiciels de calcul scientifique.

exploitation optimale
Par exploitation optimale d’une
distribution électrique, il faut
BT BT 5 kV
comprendre la recherche :
■ d’une meilleure continuité niveau - 300
d'alimentation, puits N° 1
■ d’un coût minimal de l'énergie
consommée,
■ d’une optimisation des moyens
d'exploitation et de maintenance
contribuant à la maîtrise de
niveau - 500
fonctionnement du réseau, ceci en
puits N° 2
régimes établi et transitoire, et en
présence d’un défaut.
La solution est dans la mise en œuvre fig. 17 : structure du réseau électrique d'une mine marocaine (Merlin Gerin).
d’un système de Gestion Technique de

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.16


la distribution Electrique -GTE- pour exploitant du réseau est toujours Tous ces matériels et particulièrement
l’ensemble du réseau. informé des changements. ceux des niveaux 1 à 3 sont reliés par
Les systèmes de GTE actuellement Ces propos permettent de comprendre des bus (réseaux par lesquels
proposés par les constructeurs, tel toute l’importance qu’il y a à bien définir transitent les informations).
Merlin Gerin, exploitent toutes les l’architecture du réseau. Les missions des systèmes de GTE
performances des microprocesseurs. Description d’un système de GTE ■ gérer l'approvisionnement et la
Ainsi ces composants, intégrés dans consommation de l'énergie en
(cf. fig. 18)
les centrales de gestion locale et fonction :
Un système de GTE est organisé selon
centralisée comme dans les appareils ■ de la puissance souscrite,
quatre niveaux : ■ de la tarification du distributeur,
de protection et de contrôle-commande
■ niveau 0 : capteurs (de position, de ■ des disponibilités de la centrale de
installés sur les lieux mêmes de la
consommation, sont à l’origine du grandeurs électriques, …) et production privée,
concept de «l’intelligence actionneurs (déclencheur, bobine,…) ; ■ des impératifs des processus
décentralisée». L’expression ■ niveau 1 : unités de protection et de industriels.
«intelligence décentralisée» signifie contrôle-commande, par exemple d'une ■ maintenir la continuité d'alimentation
que, à leur niveau, les centrales et les cellule HT ; en réalisant :
appareils remplissent leur mission de ■ niveau 2 : conduite locale, par ■ la protection rapide et sélective
façon autonome (sans intervention exemple poste HT/BT d'une usine ou (système de sélectivité logique par
humaine), et ne sollicitent le niveau tableau BT d'un atelier ; exemple),
«supérieur» qu’en cas d’anomalie. Par ■ niveau 3 : téléconduite de l'ensemble ■ la permutation automatique
le superviseur, le gestionnaire ou du réseau privé. d'alimentation,

poste de contrôle-commande poste de contrôle-commande


niveau 3 n°1 n°2
téléconduite de l'ensemble
du réseau électrique privé
(système superviseur et
consignateurs d'états)

niveau 2
épart Atelier Soudure : Intensité 23A art 2 : Surcharge 150A. Délest en co part 2 déclenché : défaut terre…
gestion locale des
réseaux «poste-usine»
(centrale de gestion de
réseaux)

niveau 1
Déf A1
unités de protection et I 1 = 96 A I 1 = 136 A
contrôle-commande
(cellules HT, TGBT d'atelier)

niveau 0
capteurs et actionneurs
(déclencheurs, fins de course,
transformateurs de mesure, …)

fig. 18 : exemple d'architecture d'un système de Gestion Technique de la distribution Electrique.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.17


■ un délestage/relestage performant et ■ comptage, statistiques, l'augmentation rapide du rapport
paramétrable depuis l'interface homme/ ■ historique. performances/coût des matériels et
machine avec la définition des critères Toutes ces informations permettent logiciels du niveau 2 d'autre part,
de délestage (plan de délestage/ notamment d’organiser la maintenance permettent aux industriels de bénéficier
relestage), préventive. d'avantages techniques et
■ le redémarrage séquentiel des ■ élaborer des procédures «Guide économiques, en particulier :
ateliers, Opérateur», qui, par exemple : ■ une sûreté de fonctionnement
■ la fonction réglage de la tension, du ■ interdisent certains démarrages de maîtrisée,
Cos ϕ , etc.... moteurs en fonction de la puissance ■ une plus large gamme de fonctions
■ la sauvegarde des récepteurs disponible de la centrale de production, accessibles, notamment des fonctions
essentiels lors d’une rupture de l'heure, ou du degré de priorité des de consignation d'état, de maintenance
d'alimentation du distributeur ou des moteurs, préventive et de conduite,
alternateurs locaux de production. ■ interdisent certains modes ■ une mise en œuvre facilitée et une
■ permettre un dialogue homme - d'alimentation des tableaux Haute exploitation plus efficace.
machine : Tension (bouclage de sources), La richesse des fonctions offertes par
■ visualisation des différents états du ■ proposent le schéma de secours le ces systèmes, les possibilités nouvelles
réseau et de ses équipements par des mieux adapté face à un défaut grave d'auto-contrôle voire d’auto-diagnostic
synoptiques animés en temps réel d'un départ principal ou d'un et de surveillance ainsi que la
(unifilaires, schémas de détails, générateur, convivialité des interfaces de dialogue
courbes, etc....), ■ proposent des messages avec l'opérateur, rendent naturellement
■ télécommande des appareils de d'exploitation et des opérations de plus efficace et plus intéressant le rôle
maœuvre, maintenance (électriques, mécaniques, de l'exploitant. Ainsi, il est capable de
■ consignation des états et des etc.). mieux apprécier le fonctionnement de
mesures, Avantages d’un système de GTE son réseau et d'optimiser, outre la
■ enregistrement chronologique des L'évolution des systèmes de protection conduite, la maintenance et le
défauts et alarmes (10 ms), et de contrôle-commande numériques renouvellement de ses équipements
■ archivage des événements, du niveau 1 d'une part, et électriques.

5. conclusion

Une conception de réseau électrique qui s'avère le plus économique compte Les nouvelles générations d'appareils
bien maîtrisée permet d'assurer, au tenu de l'investissement initial, des et d'équipements électriques sont
moindre coût et dans les meilleures coûts d'exploitation et des pertes de conçues pour dialoguer, au travers de
conditions d'exploitation, un production. bus de communication numériques,
fonctionnement optimal en régime Les meilleures conditions d'exploitation avec un ou plusieurs postes de
permanent et en régime perturbé du permettent d'obtenir une continuité conduite. Et c'est l'ensemble de deux
réseau. d'alimentation des récepteurs réseaux, réseau d'énergie et réseau
Le meilleur coût n'est pas compatibles avec les exigences des d'informations, d'un coût
nécessairement celui qui correspond à installations, ceci pour obtenir une d'investissement acceptable, qui
un investissement initial minimal, mais productivité et une sécurité maximale permet la satisfaction optimale des
plutôt de concevoir le réseau électrique des personnes et des biens. besoins des utilisateurs.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.18


annexe 1 : extension d'un réseau industriel
existant

L'extension d'un réseau industriel


existant avec l'ajout d'un transfomateur
devant pouvoir être raccordé en
parallèle sur le transformateur existant réactance nouveau
présente l'inconvénient d’accroître 36 MVA de limitation transformateur
l'intensité des courants de court-circuit, Ucc = 12% 20 MVA
17 kA Ucc = 12%
et ainsi de devoir augmenter : X = 0,81 Ω
■ les pouvoirs de coupure et de I cc 1
10 kV 10 kV
fermeture des appareils en place,
■ la tenue aux efforts
4 kA
électrodynamiques de l'ancienne 21 kA
installation. ancienne installation nouvelle installation

La mise en place d'une réactance


triphasée entre l'ancienne et la nouvelle fig. 19 : extension d'un réseau industriel existant avec ajout d'un transfomateur
installation supprime ces difficultés complémentaire.
(cf. fig. 19).

hypothèses
■ l'intensité du courant de court-circuit 21 - 17 = 4 kA = IccL
de l'installation existante : 17 kA (Icc1), ΙccL = Intensité limitée par la réactance
■ l'intensité du courant de court-circuit V
sur le jeu de barres existant doit être =
X
limité à 21 kA (Icc2),
X = valeur de la réactance totale
“ XTr = 0,63 Ω. (transformateur 20 MVA et réactance
de limitation)
calcul approché de la X=
V
=
10000
= 1,44 Ω
réactance de limitation IccL 3 x 4000
(les résistances sont négligées) X = Xréact + XTr
Le courant traversant la réactance doit XTr = 0,63
être égal en première approximation X réact = 1,44 - 0,63
(Icc1 et Icc2 en phase) à : X réact = 0,81 Ω

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.19


annexe 2 : moyens informatiques utilisés
pour les études de réseaux

Voici une liste des principaux logiciels ■ surtensions de foudre et de Merlin Gerin. Il permet de comparer
utilisés dans les différents services de manœuvre, rapidemment pour différents schémas,
la société Merlin Gerin chargés ■ enclenchement de transformateur et l'indisponibilité de la tension en un point
d'étudier et/ou de concevoir des de condensateur, particulier du réseau.
réseaux électriques. ■ indisponibilité d'une alimentation Il présente l'avantage de requérir moins
électrique. de calculs que la méthode des graphes
logiciels de calculs de Markov, et d'autre part de fournir à
■ répartitions des puissances. système expert d'évaluation la fois des renseignements qualitatifs
■ intensité des courants de court- (graphe des combinaisons
de la qualité de conception d'évènements conduisant à la
circuit,
■ chutes de tension, d'un réseau électrique défaillance du système), et des
■ stabilité dynamique d'un réseau, Un système expert dénommé ADELIA résultats quantitatifs (calculs de
■ courants et tensions harmoniques, a été developpé et est exploité par l'indisponibilité du réseau).

annexe 3 : principe général de la


compensation

Le principe de compensation avec des donc amélioré puisque les pertes par
condensateurs peut être représenté par effet Joule sont proportionnelles au avant aprés
les deux figures ci-après. carré du courant. compensation compensation
■ la figure 20 présente la composition
vectorielle des différents courants et puissance
pour un courant actif donné, la rendue
réduction du courant total dans les Ia disponible
conducteurs. ϕ1 ϕ2
Ia = courant actif consommé puissance
It1 = courant total avant compensation active
Ir1 = courant réactif fourni au travers du
transformateur avant compensation
Ir2 It2
It2 = courant total après compensation
Irc = courant réactif fourni par le
condensateur puissance puissance
Ir2 = courant réactif fourni par le Irc
réactive réactive
transformateur après compensation débitée par fournie par
(Ir2 = Ir1 - Irc) It1
Ir1 transformateur condensateur
■ la figure 21 illustre l'échange local
fig. 21 : diagramme traduisant l'échange
d'énergie réactive entre le récepteur et fig. 20 : composition vectorielle des d'énergie dans le circuit d'alimentation d'un
le condensateur. Le courant total fourni différents courants, et l'effet de la récepteur et montrant l'intérêt de la
par le réseau It2 est réduit, le compensation. compensation.
rendement de l'installation se trouve

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.20


annexe 4 : choix du schéma des liaisons à
la terre pour un réseau industriel HT

Le choix d’un schéma des liaisons à la ■ les contraintes liées à la nature des ■ neutre mis à la terre par une
terre (régime de neutre) pour un réseau récepteurs, résistance,
industriel en Haute Tension fait ■ etc... ■ neutre isolé.
intervenir les critères suivants : Cinq schémas peuvent être envisagés : Chacun d’eux présentent des
■ la politique générale, ■ neutre «direct» à la terre, avantages et des inconvénients qu’il
■ la législation en vigueur, ■ neutre mis à la terre par une convient de bien connaître avant
■ les contraintes liées au réseau, réactance, d’arrêter son choix, ils sont regroupés
■ les contraintes liées à l’exploitation ■ neutre mis à la terre par une dans le tableau suivant (cf. fig. 22).
du réseau, réactance accordée,

schéma de liaison du neutre avantages inconvénients en pratique


direct à la terre ■ facilite la détection provoque des courants élevés pas utilisé
des défauts à la terre de défaut à la terre (dangereux
et la sélectivité des pour le personnel avec
protections, risques de dégats matériels
■ limite les surtensions importants)
mis à la terre par limite les courants ■ nécessite des protections plus applicable sans
une réactance des défauts à la terre complexes que la liaison directe précaution particulière
à la terre, que si l'impédance de
■ peut provoquer des surtensions limitation est faible par
sévères selon les configurations rapport à la résistance
de l'installation homopolaire du circuit
mis à la terre par favorise l’auto-extinction nécessite des protections ■ parfois employé dans
une réactance accordée du courant des défauts complexes (dispositifs directionnels les pays de l'Est
(bobine de Petersen) à la terre difficiles à mettre en œuvre) ■ pas utilisé en France
mis à la terre par ■ limite les courants le plus intéressant pour une
une résitance des défauts à la terre, distribution industrielle : il réunit
■ facilite leur détection et tous les avantages
la sélectivité des protections,
■ limite les surtensions
isolé de la terre limite les courants ■ risques de surtensions le non déclenchement
des défauts à la terre ■ nécessite l'emploi de au premier défaut à la
matériel sur-isolés (tension terre nécessite :
composée entre phase et terre ■ l'obtention d'une dérogation
lors d'un défaut franc à la terre), (législation française)
■ protections souhaitables ■ que la capacité entre les
contre ces surtensions, conducteurs actifs du réseau et la
■ surveillance de l'isolement terre n’entraîne pas un courant de
obligatoire (législation française), défaut à la terre dangereux pour le
■ sélectivité complexe entre les personnel et les machines.
protections de défaut à la terre

fig. 22 : avantages et inconvénients des différents schémas de liaison à la terre possibles pour un réseau industriel HT.

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.21


annexe 5 : chute de tension dans un réseau
(expression mathématique et diagramme vectoriel)

La chute de tension dans un réseau


peut se calculer par l'expression : Lω
∆V = R.I.cos ϕ + X.I.sin ϕ source R
Le schéma électrique et le diagramme

récepteur
I
vectoriel correspondant à cette Vd Va
équation sont donnés par la figure 23. AD = RI cos ϕ
DE = BC sin ϕ + CF sin ϕ
DE = BF sin ϕ = XI sin ϕ
câble

Vd
XI
Va A D C θ
ϕ ϕ E

I RI B

fig. 23 : diagramme vectoriel de la chute de tension dans un réseau.

annexe 6 : les étapes de conception d'un


réseau industriel

Ce logigramme comporte deux d'une structure de réseau dans un boucle d'analyse et de choix
boucles : «Schéma unifilaire général», conduisant à l'organisation d'une
■ la première, d'analyse et de choix, ■ la seconde vise l'optimisation de structure
part des «Besoins et contraintes à cette structure. boucle d'optimisation de cette
satisfaire» et conduit à l'organisation structure

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.22


Besoins
et contraintes
à satisfaire

Besoins majeurs
satisfaits
Bilan des puissances et/ou Choix du mode de démarrage des moteurs
$ active contraintes Il dépend :
$ réactive NON $ de la chute de tension admissible sur le réseau
à partir des coefficients maîtrisées $ des couples résistants et moteurs
$ d'utilisation $ de l'inertie des masses tournantes
$ de simultanéité
Nota : les valeurs maximales des chutes de tension et
durées de démarrage couramment rencontrées sont :
$ chutes de tension =10 à 15 % de U nominal
Choix des tensions
OUI $ durées de démarrage :
£ pompe = 0,5 à 2 s
Selon : £ broyeur = 5 à 10 s
$ la fonction à réaliser: £ bande transporteuse = 5 à 30 s
£ transport £ ventilateur = 10 à 200 s
£ distribution
£ utilisation
$ les puissances disponibles et à
fournir
$ les distances séparant les sources Calcul des variations de tension
des récepteurs en régimes normal et perturbé
$ les pratiques et habitudes locales

Compensation de l'énergie Calcul des intensités des


réactive courants de court-circuit
Avec comme principaux critères de
choix du type de compensation :
$ longueur et section de la
canalisation électrique
$ augmentation souhaitée de la Définition d'un système de protection
puissance active disponible

Sources de sécurité Etude de la coordination de l'isolement


$ normes
$ textes législatifs
Sources de remplacement
$ maintien de l'outil de production Définition des canalisations électriques
$ confort d'alimentation Principaux paramètres à retenir :
$ courant normal permanent (ou équivalent)
$ mode de pose
$ exposition solaire
$ température du sol
Production autonome d'énergie $ température de l'air
électrique $ conductivité du sol
Si l'industriel : $ chute de tension admissible en régimes permanent
$ peut disposer de vapeur produite et perturbé
par le process $ tenue au courant de court-circuit
$ peut disposer de combustibles à $ tenue des écrans de câble aux défauts monophasés
faible coût et/ou polyphasés
$ ne peut pas obtenir du distributeur $ tension de contact
public une énergie de bonne qualité $ etc...
ou de forte puissance.

Fractionnement des sources Choix du ou des schémas des liaisons à la terre


Pour circonscrire les zones parmi les schémas possibles suivants :
perturbées par : $ neutre isolé
$ les démarrages des gros moteurs $ neutre directement mis à la terre
$ les systèmes électroniques de $ neutre mis à la terre par l'intermédiaired'une réactance
puissances Schéma ou d'une bobine d'extinction de Petersen
$ etc... unifilaire $ neutre mis à la terre par l'intermédiaire d'une résistance
général

Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.23


annexe 7 : bibliographie

Cahiers Techniques Merlin Gerin


■ Protection des réseaux par le
système de sélectivité logique,
Cahier Technique n° 2
F. SAUTRIAU
■ Mise à la terre du neutre dans un
réseaux industriel haute tension,
Cahier Technique n° 62
F. SAUTRIAU
■ Gestion de l'énergie dans les
processus industriels,
Cahier Technique n° 133
C.G. POUZOLS
■ Surtensions et coordination de
l'isolement,
Cahier Technique n° 151
D. FULCHIRON
■ Calcul des courants de court-circuit,
Cahier Technique n° 158
R. CALVAS, B. DE METZ NOBLAT,
A. DUCLUZAUX, et G. THOMASSET
■ La foudre et les installations
électriques HT,
Cahier Technique n° 168
B. DE METZ NOBLAT
Publications diverses
■ Les surtensions lors de l’élimination
de courts-circuits sur les réseaux dont
le neutre est mis à la terre par une
réactance.
Bulletin de la Société Française des
Electriciens, 8e série, Tome 1, n°4
(avril 1960)
LE VERRE

Réal. : Sodipe - Valence -


Cahier Technique Merlin Gerin n° 169 / p.24 DTE - 12/93 - 3500 - Imp. : Leostic - Seyssinet - Pariset