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Pacifiquement vôtre

1) Catégorie :
• Programme global

2) Problème de départ :
• Au Québec, le nombre d’élèves qui présentent des problèmes de comportement ne
cesse d’augmenter. Selon le Conseil supérieur de l’éducation (2001), de 1985 à 2000,
leur nombre aurait triplé. Que leurs comportements soient de type intériorisé ou
extériorisé, leurs difficultés d’interaction contribuent à détériorer le climat de leur
classe, influent sur leur rendement scolaire et compromettent sérieusement leur
adaptation sociale ultérieure (Fortin & Strayer, 2000).
• Plusieurs moyens d’intervention ont été développés en milieu scolaire pour les aider à
améliorer la qualité de leurs relations interpersonnelles. Malgré le vif intérêt que
suscite ce phénomène chez les chercheurs et les praticiens, on constate pourtant que
les différents programmes d’intervention mis en place ont peu d’influence à long terme
sur ces élèves.
• L’école Saint-François est un établissement spécialisé qui accueille des jeunes chez qui
l’on a reconnu des problèmes de comportement. À la fin de l’année scolaire 2002-2003,
le personnel de l’école avait constaté une augmentation des comportements agressifs
chez les élèves. Cette perception était confirmée par une étude interne qui avait révélé
un plus grand nombre de comportements d’intimidation, de taxage et d’agressions
physiques.

3) Objectifs :
• Favoriser le développement d’habiletés sociales chez les élèves en trouble du
comportement.
• Diminuer le nombre d’actes d’agression et le niveau de victimisation à l’école.
• Sensibiliser le personnel scolaire au phénomène d’intimidation.
• Former les intervenants scolaires à l’enseignement des habiletés sociales et à la
résolution de conflits.

4) Milieu de réalisation :
• École primaire Saint-François

5) Clientèle visée :
• Élèves âgés de 9 à 12 ans

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6) Mots clés :
• Pacifiquement vôtre, cœuréaction, partenariat école-famille-communauté, programme
global, troubles du comportement, développement d’habiletés sociales, résolution de
conflits, intimidation, taxage, toxicomanie, sexualité, entraide par les pairs, médiation,
Vers le pacifique, policier communautaire

7) Description :
• Pacifiquement vôtre est un programme de médiation sociale par les pairs pour les
élèves qui présentent des troubles du comportement et qui fréquentent une école en
adaptation scolaire. Il s’agit en fait d’une adaptation du programme Vers le pacifique
réalisée par Claire Beaumont, chercheuse à l’Université Laval, afin de mieux répondre
aux besoins spécifiques de ces enfants. L’originalité de cette approche réside entre
autres dans le fait que les médiateurs qui ont été formés étaient eux-mêmes des jeunes
identifiés comme présentant des problèmes de comportement.
• L’identification des besoins par le milieu a ainsi mené, en 2003-2004, à la mise en place
d’une intervention globale et concertée qui agissait sur un ensemble de facteurs
pouvant influencer les choix et les problèmes personnels des élèves. Le Programme de
formation de l’école québécoise a aussi été pris en considération dans le choix des
compétences personnelles et sociales à développer.
• Pacifiquement vôtre comporte cinq volets distincts, mais complémentaires :
o Développement des habiletés sociales;
o Sensibilisation au phénomène de l’intimidation et du taxage;
o Éducation et intervention en toxicomanie;
o Entraide par les pairs;
o Santé et bien-être dans les relations amoureuses.

8) Étapes de réalisation :
I. Identification des besoins du milieu à l’aide d’un questionnaire rempli par les
intervenants de l’école.
II. Planification de l’action concertée et conception du programme.
III. Mobilisation et motivation du milieu (création du comité d’école responsable du suivi du
projet, collaboration avec le milieu universitaire, recherche de partenaires).
IV. Questionnaires aux élèves.
V. Présentation aux élèves de la politique de l’école au regard de l’intimidation et de la
violence.
VI. Formation des enseignants.
VII. Début des ateliers en classe.
VIII. Conférence aux parents sur l’intimidation et le taxage.
IX. Sélection, formation et entrée en fonction des élèves médiateurs.
X. Questionnaires soumis aux élèves et aux intervenants scolaires en vue d’évaluer le
programme.

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9) Activités/Interventions :
• Le développement des habiletés sociales constitue le volet le plus important du
programme. Les thèmes abordés ont été identifiés par les enseignants et
correspondaient aux difficultés observées chez les élèves de l’école : contrôler leur
agressivité, identifier et exprimer leurs sentiments, exprimer leur colère, demander et
accepter de l’aide, régler un conflit, exprimer un désaccord, savoir communiquer,
éviter les problèmes et répondre à la colère. Les enseignants, qui avaient reçu une
formation en début d’année, ont animé neuf ateliers sur ces thèmes. Chaque atelier est
accompagné d’une « activité filet » qui reprend le contenu des ateliers à compléter
individuellement par les élèves. Ces activités sont destinées à assurer la poursuite des
objectifs de l’atelier lorsque le climat de la classe ne permet pas l’animation
interactive des ateliers. Enfin, le programme offre une cinquantaine d’activités à
réaliser en classe avec les élèves sur les mêmes problématiques.
• Pour aborder les quatre autres volets de l’intervention, sept périodes additionnelles ont
été intégrées à l’horaire et prises en charge par les partenaires du projet. Les périodes
ont été réparties comme suit :
o Sensibilisation au phénomène de l’intimidation et du taxage : deux périodes ont
été animées en classe par le policier éducateur. Les parents des élèves ont aussi été
invités à une soirée-rencontre.
o Éducation et intervention en toxicomanie : à la fois éducatif et préventif, ce volet
a permis d’organiser un système de soutien individuel aux adolescents. Durant les
deux ateliers, les jeunes ont reçu de l’information sur les causes et conséquences
de la toxicomanie (autoévaluation de leur consommation, échanges et
témoignages). Les activités étaient présentées par l’intervenant en toxicomanie
rattaché à l’école.
o Entraide par les pairs : trois équipes de cinq élèves médiateurs en rotation
devaient aider les autres élèves à résoudre leurs conflits pacifiquement au cours de
la récréation. Ils ont préalablement suivi une formation axée sur le développement
d’habiletés liées à la relation d’aide (sujets abordés : confidentialité, obstacles à la
communication, perception des sentiments, écoute active, rumeurs, préjugés,
taxage et intimidation). Les jeunes ont ensuite entrepris leur travail d’aidant sur la
base des demandes individuelles et ont bénéficié d’une supervision continue de la
part de l’équipe de psychologues de l’école.
o Santé et bien-être dans les relations amoureuses : des intervenants
communautaires (VIRAJ) ont animé en classe deux ateliers qui visaient d’abord la
prévention de la violence dans les relations amoureuses. Deux activités
supplémentaires ont par la suite été dirigées par une infirmière d’un CLSC,
concernant plus précisément les infections transmises sexuellement et les
grossesses non désirées.

10) Ressources nécessaires :


• Ressources humaines :
o Coordonnatrice (Une enseignante de l’école a été dégagée pendant toute une année
scolaire pour mettre en place le programme.)
o Personnel de l’école
o Partenaires communautaires : policier, intervenant en toxicomanie, intervenants
communautaires, infirmière
o Parents
o Élèves médiateurs

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• Ressources financières :
o Les fonds nécessaires à la réalisation du projet ont été recueillis grâce à l’appui
financier du Comité national de la prévention du crime et au soutien des milieux
universitaire et communautaire.

11) Rôle des participants :


• La coordonnatrice :
o collabore avec les différents partenaires;
o coordonne l’implantation globale et concertée du projet.
• Le comité du projet :
o soutient la coordonnatrice;
o fait la promotion du programme.
• Le personnel de l’école :
o anime les ateliers de développement des habiletés sociales et les activités en lien
avec le même thème;
o assiste à la formation en lien avec le programme;
o soutient les médiateurs.
• Les partenaires communautaires :
o animent certaines activités;
o collaborent avec le personnel de l’école.
• Les parents :
o assistent à la rencontre de prévention de l’intimidation et du taxage;
o mettent en place les interventions proposées.
• Les élèves médiateurs :
o assistent à une formation;
o aident leurs pairs à résoudre leurs conflits interpersonnels;
o remplissent une fiche de suivi après chacune des médiations.

12) Résultats de l’expérimentation/Fondements scientifiques :


• Une évaluation expérimentale a été réalisée dans deux écoles pour mesurer les effets
du programme au cours de l’année scolaire 2003-2004. Tous les élèves du groupe
expérimental et du groupe témoin (140) ont été évalués sur les plans comportemental,
socioaffectif et sociocognitif avant et après l’année scolaire. De plus, les élèves et les
enseignants ont répondu à différents questionnaires au début et à la fin de l’année.
(Consulter le rapport :
http://peersupport.ukobservatory.com/psia/PDF/Claire_Beaumont.pdf)
o En résumé, les données recueillies témoignent des retombées positives du
programme sur les élèves : une meilleure affirmation de soi, une augmentation des
comportements prosociaux et une amélioration plus marquée de l’autocontrôle
comportemental chez ceux qui ont agi comme médiateurs. De plus, une diminution
de la fréquence des comportements violents a été enregistrée entre le début et la
fin de l’expérimentation. Plus précisément, ce sont les comportements de violence
verbale et les bousculades qui ont connu la diminution la plus importante. La
satisfaction élevée exprimée par les élèves concernant la mise sur pied du service

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d’élèves médiateurs témoigne finalement de la grande popularité du volet
« entraide » auprès des élèves à risque.
• Trois ans plus tard, les observations du personnel, les impacts sur les élèves ainsi que la
qualité de l’appropriation du programme dans le milieu ont été évalués.
o Le personnel scolaire a noté des améliorations marquées par rapport au climat
général de l’école (entraide chez les élèves, baisse de la violence physique et de
l’intimidation). Selon eux, les relations entre les élèves et entre les enseignants et
les élèves se sont améliorées. De plus, la collaboration entre les intervenants est
plus soutenue.
o Chez les élèves en trouble du comportement, on a évalué une amélioration stable
des problèmes de comportement de type extériorisé. De plus, l’ensemble des élèves
a manifesté un meilleur contrôle d’eux-mêmes. L’amélioration de ces aspects a
d’ailleurs été plus marquée chez les élèves médiateurs. Ces derniers ont montré un
plus grand sentiment de compétence sociale (empathie, motivation, résolution de
problèmes personnels, etc.).
o Pour ce qui est de l’appropriation du programme, on a constaté une constance dans
la mise en place des ateliers en classe, un sentiment de satisfaction élevé face au
programme ainsi qu’un dynamisme dans l’adaptation du programme à travers les
années (création d’ateliers par l’équipe-école, adaptation des volets, ajouts
d’ateliers pour les parents, etc.).

13) Matériel associé au projet :


• Adaptation du programme Vers le pacifique et matériel associé
• Outils pour les médiateurs :
o Fiche descriptive des interventions réalisées
o Dossard d’identification

14) Information complémentaire :


• Les adaptations apportées au programme Vers le pacifique ont entre autres été faites
pour faciliter la participation des élèves qui présentent des caractéristiques
d’hyperactivité, de déficit attentionnel et, pour plusieurs d’entre eux, un retard ou des
difficultés d’apprentissage. Les adaptations ont visé à rendre les ateliers plus visuels et
interactifs, à réduire les activités de type papier/crayon et à rapprocher les ateliers
dans le temps (environ deux ateliers par semaine étalés sur six semaines). En raison des
besoins particuliers de cette clientèle, un atelier portant sur les « fausses
interprétations » a aussi été ajouté, de même qu’une session supplémentaire portant
sur l’expression des sentiments.
• Voici les conditions qui ont été jugées comme essentielles pour une application efficace
du programme :
o Miser sur l’importance d’une approche collective et sur la mobilisation de l’équipe-
école pour l’identification des besoins et la mise en œuvre du projet;
o Faire régulièrement la promotion du programme auprès des élèves et des
intervenants par des activités spéciales centrées sur les thèmes retenus;
o S’entourer de partenaires communautaires et universitaires qui veulent appuyer les
démarches entreprises par le milieu scolaire;
o Offrir une formation aux enseignants sur l’animation d’activités centrées sur le
développement des habiletés sociales et la sensibilisation au phénomène de
l’intimidation à l’école.

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o Impliquer les élèves dans le projet (choix du nom du programme, sélection des
volontaires, formation et implantation du système d’entraide par les pairs, comité
de promotion du programme, etc.).
• L’information contenue dans cette fiche a été tirée, intégralement ou en partie, des
sites Web suivants :
o http://www.viepedagogique.gouv.qc.ca/numeros/138/vp138_Action_concertee.pdf ;
o http://peersupport.ukobservatory.com/psia/PDF/Claire_Beaumont.pdf ;
o http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/police/prevention/
colloque/2008/atelier6_effets_programme_intervention.pdf.

15) Contacts :
• Claire Beaumont, chercheuse et professeure
Université Laval
Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage
Pavillon des Sciences de l'éducation, local 716
Québec (Québec) G1V 0A6
Tél. : 418 656-2131, poste 4178
Courriel : claire.beaumont@fse.ulaval.ca

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