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Romain BOFFA

1RE ANNÉE
TOUT LE PROGRAMME DE DROIT CIVIL EN 26 LEÇONS
Cet ouvrage couvre l’ensemble du programme de droit civil première année : l’introduction
générale au droit, enseignée au premier semestre, et le droit des personnes et de la famille,

DROIT
dispensé au second. Le cours est divisé en leçons thématiques, qui permettent au lecteur d’avoir
un accès direct aux thèmes essentiels du programme. L’accent est mis sur l’apprentissage des
notions fondamentales, celles qui ne devront pas être oubliées au fil des études et de la carrière
professionnelle.

PRÉPARATION AUX TRAVAUX DIRIGÉS


Chaque leçon comprend les définitions des termes essentiels du thème traité et des documents
permettant à l’étudiant de parfaire sa méthode ou d’enrichir sa culture.

DROIT CIVIL
EXERCICES COMMENTÉS

CIVIL
Pour aider les étudiants à se préparer pour l’examen, l’ouvrage contient, pour les deux semestres,
des exercices commentés, afin de fournir un modèle et des conseils méthodologiques : QCM, cas
pratique, dissertation, commentaire d’arrêt et commentaire de texte.

L’AUTEUR
Romain Boffa est professeur à l’Université Paris-Est Créteil et directeur de l’Institut d’études judiciaires.

PLAN
Présentation des études et des métiers du droit
Introduction générale au droit Droit des personnes
1. La notion de droit 14. L’existence de la personne
2. L’évolution du droit 15. L’identité de la personne

1RE ANNÉE
3. La justice 16. Les droits de la personnalité
4. Les sources du droit 17. Les personnes protégées
5. Les conventions internationales 18. Les personnes morales
6. La Constitution Droit de la famille
7. La loi 19. La formation du mariage
8. Les normes administratives 20. Les effets du mariage
9. La jurisprudence 21. Le divorce
10. La coutume 22. Le PACS et le concubinage
11. La doctrine 23. La filiation par procréation
12. La preuve
Introduction générale au droit

Romain BOFFA
24. La filiation par adoption
13. Les droits subjectifs 25. L’éducation de l’enfant
26. L’obligation alimentaire

26 LEÇONS 175 DÉFINITIONS 63 DOCUMENTS 6 EXERCICES COMMENTÉS


Droit des personnes
Droit de la famille

TOUT LE PROGRAMME DE DROIT CIVIL EN 26 LEÇONS


Cours - Préparation aux travaux dirigés – Lexique
Documents et conseils de lecture – Exercices commentés
www.lextenso-editions.fr
ISBN 978-2-275-06058-3
30 e

Droit_Civil_1ere annee - 11-Dos 28mm.indd 1 10/08/2018 15:22


Droit civil

2e exercice
Dissertation : Le droit et la morale

Présentation générale de l’exercice


L’objectif général de la dissertation est d’éprouver le sens de la démonstration et de l’ar-
gumentation de l’étudiant. Il s’agit de répondre à une problématique, ce qui implique de se
demander systématiquement quelle est la question qui se cache derrière un sujet. Le but
de la dissertation n’est donc pas de réciter son cours, et ce même s’il faut s’en servir pour
y puiser des connaissances. Dès lors, il convient de ne pas se ruer sur un Code civil à peine le
sujet donné, mais de prendre 10 minutes de réflexion, sans aucun livre pour réfléchir : pour-
quoi un tel sujet a-t‑il été donné ? La dissertation va alors mettre en relief l’intérêt du sujet.
N’oubliez-jamais que le bon juriste se pose des questions : il n’énonce pas des évidences,
mais s’interroge en permanence sur le droit.
Il est fréquent qu’un sujet de dissertation regroupe deux termes avec un « et » : « droit et
morale », « droit et religion », « le juge et les droits de l’homme »… La problématique se trouve
alors dans le « et ». Il faut se demander si existent, entre les deux termes du sujet, des rapports
d’opposition, de complémentarité, d’influences réciproques… Le plan à bannir, dans ce cas

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Exercices

de figure, est « I. Le droit ; II. La morale », car il s’agit précisément de comparer les deux
termes du sujet.
La dissertation juridique comporte une introduction et un plan, qui est généralement en deux
parties (I et II) et deux sous-parties (A et B), mais qui peut être parfois en trois parties. Si le
devoir est composé en 4 ou 5 parties, c’est généralement que l’on peut faire des regroupe-
ments, et ramener le tout à 2 ou 3 parties…

L’introduction
Elle doit annoncer le sujet : il ne faut pas, à ce stade, que se trouvent des éléments techniques.
Il convient de montrer l’intérêt du sujet, de définir les éléments du sujet, et de présenter des
éléments historiques, culturels ou de droit comparé qui nourrissent la réflexion. L’introduction
doit également servir à justifier le plan retenu. Elle doit être rédigée après que le plan et les
grandes idées ont été trouvées.
Structure générale de l’introduction :
1/ Phrase d’accroche en lien avec le sujet (citation doctrinale, événement d’actualité, fait
historique)
2/ Définition des termes du sujet et délimitation du sujet (certains thèmes sont exclus, en
expliquant pourquoi)
3/ Contexte du sujet : replacer le sujet dans le temps (histoire), dans l’espace (droit comparé,
sources internationales) ; grandes théories sur le sujet (ex. du patrimoine)
4/ Enjeux du sujet (théoriques et pratiques)
5/ Problématique : quelle est la question centrale posée par le sujet et qui sera traitée dans la
dissertation : ce sera le fil rouge de votre démonstration ; sans problématique, la dissertation
ne sera qu’un catalogue de connaissances sans relief
6/ Annonce du plan (qui doit être justifié : essayer de montrer que le plan retenu est le plus
pertinent)

Le plan
Préférer des intitulés courts et clairs. Par ailleurs, il ne faut pas faire de phrases dans les inti-
tulés ; par ex., ne pas écrire : « I. Le droit et la morale son distincts », mais : « I. La distinction du
droit et de la morale ». Il faut également annoncer chacune des sous-parties, par un chapeau
(A et B). Le plan doit dans la mesure du possible comporter les termes du sujet, sans quoi il
pourrait être appliqué à n’importe quel objet d’étude. Privilégiez la clarté et la simplicité du
plan : il faut que la lecture du plan permette au lecteur de comprendre immédiatement les
idées générales de la dissertation.

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Droit civil

Les développements
Nous l’avons dit, le but de la dissertation est de démontrer quelque chose. Il ne faut donc
pas multiplier les exemples, car le devoir devient un catalogue. On a coutume de dire : « une
idée, un exemple ». Chaque idée doit être illustrée par un exemple, et non par une liste
d’illustrations.
La dissertation juridique ne comporte généralement pas de conclusion.

Conseil d’organisation du temps


Pour bien préparer sa dissertation en 3 h, voici le minutage conseillé :
–– 10 minutes pour réfléchir au sujet et inscrire aux brouillons les idées générales (sans
ouvrir le moindre livre)
–– 15 minutes pour effectuer des recherches dans le Code civil et mobiliser ses
connaissances
–– 15 minutes pour identifier le plan détaillé au brouillon (sans rédiger)
–– 5 minutes pour la structure de l’introduction au brouillon (sans rédiger)
–– 2 h 15 pour la rédaction de la dissertation
Comme pour un sportif, la performance vient de l’entraînement. Pour tenir ce rythme, il faut
régulièrement s’exercer avant l’examen, sans quoi le devoir sera inachevé. Le travail préalable
à la rédaction est fondamental, parce qu’il évite une copie écrite en pilotage automatique,
sans réflexion ni relief.

Application de ces conseils au sujet : « Le droit et la morale »


Introduction (les étapes de l’introduction sont indiquées pour illustrer la méthode ; bien évidem-
ment, il ne faut pas les inscrire sur la copie)

1/ Phrase d’accroche
« Le droit ne peut se développer que par une montée continue de la sève morale ». La
formule de Ripert révèle toute la complexité des rapports entre le droit et la morale : si
le droit se distingue de la morale, il puise dans les règles morales ses principes et ses
commandements.

2/ Définition et délimitation du sujet


Le droit, tout d’abord : pour faire jaillir la séparation du droit et de la morale, il convient de
se référer au droit objectif et plus précisément au droit positif, c’est-à‑dire à l’ensemble
des règles en vigueur dans une société donnée à un moment donné. Le droit naturel, cet
ensemble de règles immuables et universelles révélées par la raison, se distingue plus
difficilement de la morale, par ce qu’il exprime, comme la morale, un idéal. Il est ainsi
intéressant de rechercher si le droit positif, qui est obligatoire parce qu’il est en vigueur,
est dépendant ou non de sa conformité à la morale.

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Exercices

La morale, ensuite ; celle-ci exprime un jugement de valeur sur ce qui est bien et ce qui est
mal. Plusieurs formes se laissent contempler : la morale religieuse, la morale sociale, la
morale individuelle… Alors que le droit positif peut être connu (publicité des règles), qu’il
émane d’autorités compétentes (Parlement…), la morale relève de la conscience ; elle est
dès lors beaucoup plus difficile à cerner. Comparer droit et morale, c’est aussi l’occasion
de préciser ce qu’est la morale, ou plutôt ce qu’elle n’est pas, par opposition au droit.

3/ Contexte du sujet
La séparation entre le droit et la morale ou la religion est au cœur du droit romain. Le droit
devient une science, enseignée par les jurisconsultes, qui est distincte de la morale. La
laïcisation de la société française à partir de la Révolution conduit inévitablement à renforcer
la séparation du droit et le la morale, car cette dernière est principalement révélée et
soutenue par les structures religieuses. V. d’autres systèmes étrangers, où la séparation
entre le droit et la morale, par le biais de la religion, n’est pas si nette.

4/ Enjeux du sujet
On peut voir dans la séparation entre droit et morale un élément de protection de la démo-
cratie : imposer par la force de la loi une vertu ou un ordre moral relève d’une forme de
tyrannie. L’opposition n’est pourtant pas si nette et la question est plus difficile qu’il n’y
paraît : le droit n’est sans doute pas à l’abri de toute influence de la morale. On se doute que
derrière les règles juridiques sont tapies des considérations morales ; ainsi, lorsque le Code
pénal interdit le meurtre, on perçoit qu’il y a derrière une valeur morale : le respect de la vie.

5/ Problématique
Pour le juriste, la problématique principale consiste à se demander si le droit est autonome
ou au contraire dépendant de la morale. Existe-t‑il, au fond, une séparation absolue entre
le droit et la morale ?

6/ Annonce de plan
Il semble que la réponse à cette question, est comme pour toute question complexe,
nuancée : le droit peut être distingué de la morale (I), mais il n’en demeure pas moins vrai
que la morale exerce une influence sur le droit (II).
Remarque : on se bornera à quelques remarques. Il est renvoyé à la leçon 1 pour plus de détails.

I. La distinction du droit et de la morale


Annonce du A et du B (chapeau) : La distinction du droit et de la morale porte à la fois sur
les notions (A) et le contenu des règles (B).

A. La distinction des notions


–– Finalité : la morale tend à la perfection de l’individu, tandis que le droit organise la société.
Mais ceci est à nuancer, dès lors que l’élévation de l’individu contribue au bien commun,

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Droit civil

tandis que la régulation de la société suppose que les individus se comportent de façon
morale.
–– Sanction : la morale est sanctionnée au niveau interne, c’est-à‑dire au niveau de la
conscience. La sanction des violations du droit a une origine externe et se relie à l’auto-
rité contraignante des pouvoirs publics. Tel est sans le doute le critère déterminant. Les
règles morales n’ont pas de sanction juridique coercitive (donner l’exemple de l’obligation
naturelle).

B. La distinction du contenu des règles


–– Règles juridiques indifférentes à la morale (prescription, publicité foncière…) : ainsi, au
nom de la sécurité juridique, un possesseur de mauvaise foi peut devenir propriétaire
du bien, ce qui est amoral.
–– Règles juridiques affranchies de la morale traditionnelle (divorce, avortement, mariage
entre personnes de même sexe). Le droit n’est pas la copie servile de la morale, puisqu’il
est amené à consacrer des solutions que la morale traditionnelle réprouve, au nom
d’autres considérations : la liberté, l’égalité…

II. L’influence de la morale sur le droit


La morale traditionnelle, faite d’interdits et d’obligations applicables à tous, constitue le
fondement de nombreuses règles classiques de notre droit (A). Mais l’on assiste à l’essor
d’une morale moderne, beaucoup plus relative et individuelle, qui tend à être institution-
nalisée par le droit (B).

A. L’influence de la morale traditionnelle


–– Morale traditionnelle, au sens d’absolu à respecter collectivement. Cette morale constitue
le fondement de nombreuses règles classiques : principe général de responsabilité pour
faute, abus de droit, respect de la parole donnée, principe de bonne foi dans les contrats…
–– Mais cette morale traditionnelle est en recul, cf. les bonnes mœurs, qui ne sont quasiment
plus prises en compte par le droit. Plus finement, c’est davantage la morale religieuse
qui est en recul que la morale sociale, qui commande de se montrer loyal et solidaire
avec autrui et qui s’épanouit en droit contemporain (ex. renforcement de la bonne foi et
loyauté de la preuve).

B. L’influence de la morale moderne


La morale moderne est à la fois relative et individuelle.
–– Morale relative : on songe à l’éthique, qui est une morale changeante, au gré des professions
et intérêts en présence : bioéthique, comités d’éthique, RSE… Cf. la révision des lois de bioé-
thique, au fur et à mesure de l’évolution de la science et des mœurs. Le droit institutionnalise
cette nouvelle forme de morale (décrets sur les code de déontologie, lois de bioéthique).

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Exercices

–– Morale individuelle : à chacun sa morale. Par le prisme des droits de l’homme, l’individu
entend obtenir la reconnaissance par le système juridique de ses propres choix moraux
(euthanasie, GPA…). La morale collective, que tout le monde doit respecter, tend à devenir
une morale individuelle, que chacun peut choisir et revendiquer.

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Romain BOFFA

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un accès direct aux thèmes essentiels du programme. L’accent est mis sur l’apprentissage des
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Introduction générale au droit Droit des personnes
1. La notion de droit 14. L’existence de la personne
2. L’évolution du droit 15. L’identité de la personne

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3. La justice 16. Les droits de la personnalité
4. Les sources du droit 17. Les personnes protégées
5. Les conventions internationales 18. Les personnes morales
6. La Constitution Droit de la famille
7. La loi 19. La formation du mariage
8. Les normes administratives 20. Les effets du mariage
9. La jurisprudence 21. Le divorce
10. La coutume 22. Le PACS et le concubinage
11. La doctrine 23. La filiation par procréation
12. La preuve
Introduction générale au droit

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24. La filiation par adoption
13. Les droits subjectifs 25. L’éducation de l’enfant
26. L’obligation alimentaire

26 LEÇONS 175 DÉFINITIONS 63 DOCUMENTS 6 EXERCICES COMMENTÉS


Droit des personnes
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30 e

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