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E space Mendès
Mendès FFrance
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Poitiers
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Histoire des sciences


et des techniques
Histoire des sciences
de l’homme
C O NTAC T
Anne Bonnefoy - responsable du pôle d’Histoire CONFÉRENCES
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des sciences et des techniques - Espace Mendès-France
SÉMINAIRES

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anne.bonnefoy@emf.ccsti.eu
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B RE
RE PROGRAMME
P R OGRAMME
1 place de la Cathédrale - BP 80964 - 86038 Poitiers cedex
Tél. 05 49 50 33 08 - Fax 05 49 41 38 56
2010-2011
2 01
100-2
20011
www.maison-des-sciences.org
- agencemba.fr
Sommaire

4 . Édito

6 . La ville de demain

12 . Séminaire
 d’histoire des sciences et des techniques
dans l’antiquité

16 . Séminaire
 d’histoire des sciences et des techniques
au Moyen Âge

22 . Jalons
 pour une histoire des sciences de l’homme

28 . Séminaire image et photographie

33 . S éminaire histoire des migrations internationales


et des luttes contre les discriminations en europe

40 . Les mercredis de l’ESIP

44 . Les amphis des lettres au présent

47 . Les Amphis du Savoir

51 . Formation continue des enseignants

56 . Le travail

57 . Filmer le travail
ESPACE MENDÈS-FRANCE, POITIERS
Conférences ouvertes à tous
entrée libre

63 . Les conférences astronomie

68 . J ournée d’études : Le droit de punir, du siècle


des Lumières à nos jours

69 . Journée d’études : L’événement climatique et ses


représentations. Climats extrêmes, canicules et grands
froids

70 . Journée d’études : L’historien face à l’animal :


les procès d’animaux

71 . Journée d’études : L’homme, l’animal et la science

72 . C
 inq heures autour... Le handicap :
aspects sociétaux

73 . J ournée d’études : Rencontres du Vivant. Les enjeux


de société des nanotechnologies

74 . Journée d’études : Les cabinets de curiosités,


miroirs de l’Europe

75 . Journée d’études : L’animal dans le cabinet de curiosités

76 . Nos partenaires
L’histoire des sciences et des techniques,
enjeu démocratique

Pour reprendre Auguste Comte on pourrait arguer du fait suivant lequel « On


ne connaît pas complètement une science tant qu’on n’en sait pas l’histoire »
mais on pourrait aussi ajouter qu’il n’y a pas de projet d’histoire des sciences et
des techniques, contemporain et pertinent, sans inscription dans une diffusion
ouverte à tous et orientée vers les grandes questions de sociétés actuelles.

Depuis 15 ans l’Espace Mendès-France s’est attaché à mettre en œuvre


un ensemble d’actions alliant la recherche d’une connaissance riche,
rigoureuse, documentée à une diffusion ouverte et accessible, pour faire
de l’histoire des sciences et des techniques une facette essentielle de son
projet de culture scientifique. Au fil des années, la programmation mise en
place a permis d’expérimenter l’alliance de présentations universitaires de
haut niveau, exigeantes et innovantes, à une mobilisation de publics variés
provenant de nombreux horizons différents.

Cette approche résolument culturelle a ainsi fait de notre centre un lieu


de référence. Cette expérience porte ses fruits et suscite désormais une
émulation dans des milieux extrêmement différents. Elle a permis d’initier
à Poitiers et dans notre région, de nombreux projets dans le monde de
l’éducation, de l’enseignement supérieur mais également associatif : l’histoire
des sciences et des techniques est ainsi devenue le point de ralliement
d’une multitude de temps forts. Elle est autant une thématique qu’une
façon d’aborder les sujets et les objets que les débats de société mettent
en évidence actuellement. Loin d’être mémorialiste, commémorationnelle, la
démarche menée à l’Espace Mendès-France s’inscrit donc dans une culture de
la complexité, un regard sur le monde différent, une méthode pour approcher
d’autres voies de compréhension.

4
Une fois encore l’offre pour 2010/2011 est au rendez-vous de cette
perspective en proposant dans sa programmation un éventail de ce qu’est
un projet d’histoire des sciences et des techniques inscrit dans son temps. Il a
été préparé avec la mobilisation importante de partenaires d’origines multiples,
pour favoriser le débat et la réflexion et étayer des démarches très différentes,
mais oh combien complémentaires, que sont la formation universitaire initiale,
la culture générale et l’interrogation critique sur les mouvements qui traversent
et bousculent nos sociétés.

Les intervenants mobilisés sont ce que l’on appelle communément des


« personnalités », même si leur modestie les refuse à une telle terminologie.
Qu’ils soient remerciés au nom de tous pour leur implication dans ce programme
original et différent. Les entendre et échanger avec eux, c’est poursuivre une
lignée aux fondements ancestraux, celle du débat démocratique.

Je vous laisse donc découvrir ce programme en vous invitant à en devenir des


acteurs, lors de ces rendez-vous ouverts à tous.

Didier Moreau
Directeur général de l’Espace Mendès-France

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D’octobre 2010 à octobre 2011
La ville de demain
Les nouveaux défis sociaux : les villes
face aux nouvelles formes d’inégalités

Cycle de conférences organisé en partenariat avec le Conseil de développement


responsable de l’agglomération de Poitiers. Conférences animées par Sylvain
Allemand, journaliste et écrivain.

Aux salons de l’Hôtel de ville de Poitiers

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LA VILLE DE DEMAIN
Jeudi 14 octobre 2010
à 18h30

Les ménages face à la précarité énergétique

Lucile Mettetal, chargée d’études, Institut d’aménagement


et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France.

Parce qu’ils vivent en maison individuelle et qu’ils ont des trajets quotidiens
importants, les ménages du péri-urbain sont particulièrement concernés par les enjeux
énergétiques. Une enquête menée sur trois communes franciliennes permet d’analyser
les comportements quotidiens de ces ménages, confrontés à des arbitrages, contraints
de développer des stratégies d’adaptation pour préserver ce mode de vie auquel ils sont
attachés.
Si, dans le champ des mobilités, nombreux sont les ménages qui n’entrevoient comme
possible que des changements mineurs, dans le logement, les ménages évoquent une
diminution des dépenses énergétiques dans un avenir proche, allant parfois jusqu’à
renoncer à un certain confort.
La nécessité d’améliorer la performance énergétique de leur habitation se heurte
souvent à des ressources financières insuffisantes ; l’âge, la difficulté pour les ménages
à se repérer dans le maquis des offres commerciales, les doutes sur l’efficacité des
dispositifs, sont autant de freins à l’investissement.
Ces ménages doivent également composer avec le discours ambiant ; les messages
divers – souvent diffusés à la télévision – en faveur des travaux dans le logement
pour réduire les dépenses énergétiques et préserver l’environnement se traduisent par
une pression, ressentie par de nombreux ménages, à être en adéquation avec cette
nouvelle norme sociale. Ils y répondent de façon variée, certains émettent des doutes
sur la véracité scientifique du réchauffement climatique, d’autres rejettent la notion
de responsabilité individuelle, d’autres encore cherchent à se justifier, arborant des
comportements qu’ils considèrent comme vertueux.

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LA VILLE DE DEMAIN
Jeudi 25 novembre 2010
à 18h30

Inégalités face à la santé :


quand la géographie s’en mêle

Zoé Vaillant, géographe, maître de conférence à l’université Paris Ouest Nanterre


la Défense, membre du laboratoire Espace, santé et territoires, spécialiste des
questions de santé urbaine en France, à la Réunion, et dans les pays du Sud. Elle
est l’auteur de La Réunion, koman i lé ? Territoires, santé, société (Puf/Le Monde
2008) et a participé à l’Atlas mondial de la santé (Autrement 2008).

Les inégalités sociales sont un facteur explicatif des inégalités face à la santé et la
mortalité. Mais elles ne sont pas les seules. S’y ajoutent des inégalités géographiques
qui peuvent expliquer de notables écarts d’espérance de vie entre deux personnes
appartenant à la même catégorie socioprofessionnelle mais vivant l’une au nord,
l’autre au sud de la France. A la lumière des résultats de diverses études, Zoé Vaillant
montrera en croisant des indicateurs de santé avec d’autres indicateurs (emploi,
accès aux soins, scolarisation etc.), comment le territoire peut être à la fois cause et
conséquence de la santé.

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LA VILLE DE DEMAIN
Jeudi 27 janvier 2011
à 18h30

Quelle place pour les ados/jeunes


dans la société d’aujourd’hui ?

Edith Heurgon, directrice du Centre culturel international de Cerisy


et conseillère en prospective,
et
Guillaume Macher, doctorant en sociologie, auteur de l’Adolescence,
une change pour la ville (Les Carnets de l’info, 2000)

L’idée semble admise d’une segmentation de la société selon le critère de l’âge,


segmentation qui donne lieu à toute une série de discours, profanes et politiques, sur
les antagonismes qui en résulteraient. Ces discours traduisent de la méfiance, parfois
de la défiance, à l’égard de l’autre, et notamment des plus jeunes, peu compatible avec
un objectif de cohésion sociale.
Ainsi, il semble utile de repréciser ce que sont l’adolescence et la jeunesse afin de
mieux comprendre ce qui peut paraître « étrange » aux adultes, mais aussi ce qu’il y a
de commun aux individus de tous âges. A partir ce cette analyse, nous verrons l’intérêt
d’associer les adolescents à la conception des politiques publiques urbaines, en vue de
faire de la ville un lieu pour eux et un lieu pour tous.
Les résultats présentés sont issus d’une démarche de prospective partagée conduite
pendant trois ans avec le département du Val de Marne lequel, dans le cadre de
ses politiques sociales, a ressenti le besoin d’une approche plus individualisée des
adolescents. C’est dans cette perspective qu’a été mis en place un dispositif de travail
visant à comprendre finement les attentes et pratiques des collégiens de Vitry-sur-
Seine, notamment au regard de leurs rythmes de vie. Sur la base de recherches
qualitatives et d’enquêtes quantitatives, il s’est agi d’explorer, afin de faire évoluer les
représentations des acteurs en charge des politiques publiques, la question prospective
suivante : et si l’adolescence était une chance pour les adolescents et pour la ville ?

9
LA VILLE DE DEMAIN
Jeudi 3 février 2011
à 18h30

La cohésion sociale face à la crise de l’État

Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’École des hautes études


en sciences sociales.

La cohésion sociale est aujourd’hui mise à l’épreuve par un affaiblissement du pouvoir


de l’État. On rappellera que dans des sociétés qui s’industrialisent, s’urbanisent et
se modernisent, comme c’est le cas des principaux pays d’Europe occidentale à
partir du XIXe siècle, le rôle de l’État était devenu de plus en plus indispensable pour
maintenir ou reconstruire de la solidarité dans un corps social menacé d’éclatement,
d’anomie comme dirait Durkheim. Ce sont les droits sociaux, les protections sociales, le
développement des prestations et des services publics impulsés et garantis par l’État
qui constituent d’une part l’essentiel des relations d’interdépendance et d’échanges
tissant des liens entre les différents membres d’une société moderne. Depuis une
trentaine d’années cette fonction de l’État social est remise en cause au nom des
exigences de mobilité, de flexibilité, de compétitivité qui jouent la concurrence de tous
contre tous dans le cadre de la mondialisation sous la pression du capital financier
international. On se demandera si dans la conjoncture de la crise actuelle il serait
possible de redéployer les interventions de l’État social pour imposer des limites à une
dynamique de marchandisation complète destructrice de la cohésion sociale.

10
LA VILLE DE DEMAIN
Jeudi 24 mars 2011
à 18h30

Quel accueil pour les migrants ?

Catherine Wihtol de Wenden, politologue et juriste, chercheur au Ceri.

11
De novembre 2010 à février 2011
Séminaire d’histoire des
sciences et des techniques
dans l’antiquité

L’équipe HeRMA (Hellénisation et romanisation dans le monde antique.


Identités et phénomènes interculturels) partage avec le CESCM (Centre d’études
supérieures de civilisation médiévale) la conduite d’un Master recherche
« Civilisation antique et médiévale ». C’est à cette offre de formation que se
rattache le séminaire d’Histoire des sciences et des techniques dans l’Antiquité,
destiné aux étudiants soucieux d’élargir leur connaissance des mondes anciens.
Le cycle de conférences proposé fait appel à des champs de recherche diversifiés
et se fonde sur l’exploitation de sources documentaires variées, base de toute
réflexion scientifique. La première conférence traitera de médecine vétérinaire, en
mettant à profit des recherches philologiques récentes sur des textes de Végèce,
auteur latin de l’Antiquité tardive (IVe-Ve siècles après J.-C.). Une deuxième
conférence, centrée sur la question de la réception du traité d’architecture
composé par Vitruve dans la seconde moitié du Ie siècle avant J.-C., permettra
de réfléchir à l’influence exercée par cette œuvre, à travers sa redécouverte à la
Renaissance, sur nos propres conceptions de l’urbanisme et de l’aménagement
de l’espace. La troisième conférence, en s’attachant aux significations dont le
langage corporel était porteur aux yeux des Anciens, mettra en lumière, selon
une approche pluridisciplinaire qui s’inscrit dans le sillage d’études récentes
sur l’histoire du corps, la façon dont l’étude des croyances antiques permet
de renouveler l’interprétation de représentations iconographiques d’époque
ptolémaïque et romaine.

Yves Lafond, directeur de l’équipe HeRMA (EA 3811)

Organisé en partenariat avec le laboratoire Hellénisation et romanisation dans le monde antique


(HeRMA), EA 3811, université de Poitiers.

12
HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES DANS L’ANTIQUITÉ
Jeudi 4 novembre 2010
à 18h30
Le traité d’hippiatrie de Végèce
(début du Ve siècle)
Histoire de la médecine vétérinaire. Tradition manuscrite,
sources, organisation, lectorat, contenus

Marie-Thérèse Cam, professeur de latin à l’université de Bretagne occidentale-


Brest, équipe PaHST, « Patrimoine, histoire des sciences et des techniques ».

Dernier traité de médecine vétérinaire transmis par l’Antiquité, les Digesta artis
mulomedicinalis de Végèce sont aussi, en comparaison de la Mulomedicina Chironis
anonyme et de l’Ars ueterinaria de Pélagonius, l’oeuvre la mieux structurée : un
premier livre répond aux urgences (maladie contagieuse de la morve équine, maladies
graves et « obscures ») et aux conseils en zootechnie ; le second est construit dans sa
première partie comme un traité médical a capite ad calcem, « de la tête aux pieds »
(a uertice ad ungulas, dit Végèce, « de la tête aux sabots »), et le troisième se partage
entre chapitres d’anatomie et recettes. L’établissement de textes à partir de nouveaux
manuscrits fiables permet d’enrichir le lexique spécialisé d’un vocabulaire inédit ou
de sens rare, souvent venu d’une source disparue et anonyme, en anatomie (filum,
trilli), pathologie (exbersis, leptopyrosis), pharmacopée et botanique (pruriginaria),
équipements et installations (pontile, zaca, clauatus ferreus), que nous expliciterons.

13
HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES DANS L’ANTIQUITÉ
Mardi 25 janvier 2011
à 18h30

Le continent Vitruve ou l’origine de la ville


à l’âge humaniste et classique

Pierre Caye, directeur de recherche au CNRS.

Le « De Architectura » de Vitruve est le seul traité d’Architecture que les Anciens


nous aient transmis.
Tiré de l’antiquité, ce traité va devenir à partir du XVIe siècle une sorte de livre
consulaire, de référence majeure de la modernité occidentale pour tout ce qui
concerne l’urbanisme et l’aménagement du territoire et, de façon plus générale,
pour la compréhension du rapport de l’homme à la technique tel qu’il se constitue
à l’âge humaniste et classique. De cette histoire, nos villes, mais aussi nos paysages,
présentent encore maintes traces vivaces dont il importe de remonter le fil. Nous
nous efforcerons de montrer comment à partir de ce traité se met en place un monde
des formes qui continue à faire partie de notre environnement familier, même si
l’intelligence de sa conception mérite toujours d’être approfondie.

14
HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES DANS L’ANTIQUITÉ
Jeudi 17 février 2011
à 18h30

La divination corporelle
dans l’Antiquité gréco-romaine

Véronique Dasen, professeure d’archéologie classique, université de Fribourg.


https://www.unifr.ch/scant/archeologie/enseignants.html

Cette conférence porte sur la dimension antique du langage corporel, telle que
nous la révèlent deux traités transmis sous le nom de Mélampous, l’hiérogrammate
(« Sur les tressaillements involontaires du corps » ; « Sur les marques naturelles du
corps »). La croyance aux correspondances cachées entre les mouvements du corps,
les marques naturelles et l’ordre cosmique a occupé une place importante dans la
société antique. Le langage corporel appartient à ces savoirs partagés qui s’inscrivent
dans la très longue durée. Son origine se perd en Grèce ancienne, qui l’a sans doute
hérité du monde assyro-babylonien. Pour les Anciens, le corps peut produire des signes
qui sont l’expression de la volonté divine. Leur valeur est prémonitoire : ils annoncent
des événements, heureux ou malheureux, qui concernent le destin individuel.
L’étude de ce savoir, longtemps tenu pour une décadence de la « physiognomonie
scientifique », nécessite une démarche pluridisciplinaire, au carrefour de l’histoire de la
médecine, de l’art et des religions. Elle participe au développement du nouveau champ
d’étude que représente l’histoire du corps. Elle offre notamment une nouvelle clé de
lecture des anomalies cutanées des portraits d’époque ptolémaïque et romaine. Au-
delà de la construction d’une identité familiale ou dynastique, ces marques pourraient
se rapporter aux croyances véhiculées par les traités de Mélampous aux sources de
la doctrine métoposcopiquequi va connaître un engouement extraordinaire dès la
Renaissance.

15
De décembre 2010 à mars 2011
Séminaire d’histoire
des sciences et des techniques
au Moyen Âge

Depuis maintenant douze ans, le Centre d’études supérieures de civilisation


médiévale et l’Espace Mendès France entretiennent une collaboration étroite par
un partenariat unique en France : par divers cycles de conférence ou journées
d’étude, ils favorisent ainsi la rencontre, au cœur de la ville, de chercheurs venus de
toute la France, voire de l’étranger, d’étudiants et de non spécialistes toujours très
intéressés.
Données par des personnalités issues de prestigieux laboratoires de recherche,
ces conférences permettent d’explorer les facettes méconnues d’une civilisation
médiévale qui ne se contenta pas de transmettre, ou de transformer, les
connaissances antiques mais fit oeuvre constante d’innovation, façonnant par ses
découvertes une partie de notre héritage scientifique et technique.
Au fil des textes, des images, des vestiges matériels, les auditeurs découvriront les
techniques complexes en cours dans le monde rural, grâce aux traités d’agronomie
ou aux traces archéologiques, parfois fugaces, du pastoralisme médiéval. Ils
monteront jusqu’aux charpentes des édifices romans ou gothiques, dont on oublie
parfois qu’ils n’étaient pas tous voûtés. Enfin, ils partageront avec les naturalistes
et cosmologues la manière dont, au Moyen Âge, on concevait le monde.
Je ne doute pas qu’avec leur talent d’orateur, les conférenciers sauront faire
partager à tous leur passion pour appréhender d’une manière à la fois savante et
plaisante ces passionnantes Sciences et techniques du Moyen Âge.

Cécile Treffort, directrice du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale.

En partenariat avec le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale


(Université de Poitiers / CNRS - UMR 6223).

16
HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES AU MOYEN ÂGE
Jeudi 2 décembre 2010
à 18h30

Albert le Grand, naturaliste :


les faits et les fichiers

Robert Halleux, membre de l’Institut.

Pour écrire ses grands ouvrages sur les minéraux (de mineralibus), les végétaux
(de vegetabilibus), les animaux (de animalibus), Albert le Grand (1199-1280) a lu tout
ce qui pouvait se lire, observé tout ce qui pouvait se regarder en traversant l’Europe à
pied. Mais il est bien plus qu’un encyclopédiste qui se réfugie derrière ses fichiers. Les
faiblesses et les lacunes du modèle aristotélicien qu’il entreprenait de commenter l’ont
contraint à innover, à mener des incursions intrépides dans des domaines hétérodoxes
et à s’interroger sur le statut épistémologique du fait scientifique. Pie XII était-il avisé
lorsqu’il proclame saint Albert patron des scientifiques chrétiens ?

17
HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES AU MOYEN ÂGE
Jeudi 9 décembre 2010
à 18h30

L’univers médiéval entre le XIe et le XIIIe siècle

Barbara Obrist, directeur de recherche au CNRS, UMR 7219 - CNRS/université Paris


Diderot, centre d’histoire des sciences et des philosophies arabes et médiévales.

Contrairement à une idée reçue, le XIIe siècle marque un tournant plutôt qu’une
rupture dans l’histoire de la cosmologie médiévale. Aussi s’agira-t-il de passer en revue
les conceptions-clés sur la structure et le fonctionnement de l’univers – compris à
l’époque comme l’ensemble des choses – ayant prévalu au XIIe siècle à la fois dans
leur dépendance vis-à-vis de la tradition latine antérieure et des nouvelles impulsions
venues principalement du monde arabe. Il s’avère qu’au XIIe siècle, l’impact d’ouvrages
clé tels que l’Almageste (ou la Syntaxe mathématique) de Ptolémée demeurait très
limité et que son influence s’exerçait principalement à travers des cosmographies
traduites de l’arabe. S’adressant à un public de non-spécialistes, celles-ci étaient
plus à même d’être assimilées que des ouvrages d’astronomie mathématique par
les latins dont le manque de culture en la matière était généralement déploré par
les contemporains.
Les cosmologies de Guillaume de Conches (mort après le milieu du XIIe siècle) et de
son contemporain Honorius Augustodunensis serviront d’exemples privilégiés en raison
de leur succès. Le Dragmaticon philosophiae (1147-1149) du premier auteur permet
de suivre le processus d’assimilation d’éléments de cosmographique arabe, ainsi que
l’intégration dans un cadre philosophique du corps traditionnel de doctrines ; Guillaume
de Conches se profile en effet comme le premier auteur médiéval à avoir esquissé
une véritable philosophie de la nature, ou une physique. Au contraire, l’Imago mundi
d’Honorius intègre la cosmologie d’école dans le cadre de l’histoire du salut. L’approche
anthropocentrique qui caractérise cette œuvre et le genre littéraire dont elle relève, du
moins en partie, celui de la cosmologie symbolique, a pour corrélat l’introduction d’un
lieu qui contredit les principes mêmes de la physique antique et médiévale : pour la
première fois dans l’histoire de la cosmologie médiévale, l’enfer rempli de feu se situe
au centre de la terre.

Michel Lemoine, Théologie et Cosmologie au XII e siècle. Bernard de Chartres, Guillaume de


Conches, Thierry de Chartres, Guillaume de Saint-Thierry, trad. M. Lemoine - Cl. Picard-Parra,
Paris 2004 (Sagesses médiévales, 2).
18
HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES AU MOYEN ÂGE
Jeudi 13 janvier 2011
à 18h30

De la charpente romane à la charpente


gothique dans le bassin parisien

Frédéric Epaud, chargé de recherches CNRS, laboratoire archéologie et territoires,


CNRS et université de Tours.

Cette intervention se consacre à l’étude des charpentes d’édifices romans et gothiques


de Haute et Basse-Normandie, mais aussi de Picardie et de l’Ile-de-France notamment
celles des cathédrales de Rouen, Bayeux et Lisieux, des grandes églises abbatiales
de Fécamp, de Saint-Georges-de-Boscherville mais aussi de nombreuses autres
églises, de manoirs, de granges et de bâtiments abbatiaux des XIe - XIIIe siècles. On
traitera de l’évolution générale de ces charpentes dans le contexte du passage de
l’architecture romane à l’architecture gothique, du XIe au XIIIe siècle. Cette évolution
est abordée à travers la modification des structures, des assemblages, du mode de
répartition des charges mais aussi à travers la question du matériau (essences, choix
des périodes d’abattage, techniques de taille...), et du mode de sélection des arbres en
forêts. On tentera surtout de mieux comprendre le passage de la charpente romane
à la charpente gothique à travers l’étude archéologique des nombreuses charpentes
conservées des XIe - XIIIe siècles.

19
HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES AU MOYEN ÂGE
Mardi 1er février 2011
à 18h30

L’exploitation pastorale
et agraire de haute montagne

Christine Rendu, chargée de recherches au CNRS, laboratoire FRAMESPA-TERRAE,


UMR 5136, université de Toulouse II.

Longtemps considérés comme anhistoriques, les pâturages d’altitude des massifs


européens constituent aujourd’hui un champ de recherche en pleine expansion.
Si leur évolution était naguère peu accessible, elle l’est devenue aujourd’hui grâce
à des approches interdisciplinaires alliant archéologie, histoire, ethnologie, études
paléoenvironnementales. Les premières traces de fréquentation pastorale en altitude
(2300 m) remontent au 5e millénaire avant J.-C. Elles résident dans des vestiges
d’habitat souvent ténus mais qu’une approche archéologique fine peut percevoir,
ainsi que dans le témoignage de pollens de plantes indicatrices de la présence des
troupeaux (orties, plantain lancéolé, rumex…). L’enquête, menée à micro échelle
sur différents terrains pyrénéens, montre qu’au cours des six derniers millénaires,
les logiques d’exploitation des versants n’ont cessé de changer. Ces changements
s’expriment notamment à travers des variations importantes de la structuration
des sites de moyenne altitude (1600 - 2000 m), qui oscillent entre deux pôles :
ils semblent tantôt se rattacher aux formes de pastoralisme exclusif développées à
l’étage alpin, tantôt aux modes d’exploitation agro-pastoraux des étages inférieurs.
Dans cette perspective de longue durée, il est possible, à partir du Moyen Âge, de
confronter les sources archéologiques et paléoenvironnementales aux principaux
basculements sociaux que révèlent les textes. Le caractère structurant de la gestion
de ces espaces montagnards dans l’organisation générale des communautés rurales
des vallées se révèle alors pleinement.

20
HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES AU MOYEN ÂGE
Mardi 15 mars 2011
à 18h30

Les textes d’agronomie


dans l’Occident médiéval

Fleur Vigneron, maître de conférences en langue et littérature médiévales


françaises, université Stendhal-Grenoble 3.

Cette intervention envisagera comment le savoir en matière d’agronomie se


transmet, tout au long du Moyen Âge, par le biais des textes. Les connaissances de
l’Antiquité latine continuent de faire autorité. La tradition textuelle byzantine n’est
pas complètement ignorée. Mais l’Occident médiéval ne se contente pas de copier
et sauvegarder un héritage, il produit ses propres traités. Bien plus, il ne s’agit pas
seulement d’écrire en latin. Des œuvres en langues vulgaires voient le jour et font
naître le genre du « Mesnager ». En outre, la fin du Moyen Âge est marquée par
une entreprise de traduction des textes latins en langue vernaculaire, contribuant
ainsi à diffuser la science. Ces ouvrages ne se présentent pas forcément comme
d’austères manuscrits de travail, certains sont richement enluminés, ce qui témoigne
d’un engouement de la part des grands commanditaires. L’intérêt des lecteurs pour
l’agronomie est réel, comme le montre enfin le passage des manuscrits aux livres
imprimés dès 1471.

21
De décembre 2010 à février 2011
Jalons pour une histoire
des sciences de l’homme

Le cycle de cinq conférences d’Histoire des sciences de l’homme proposé pour


l’année 2009-2010 par les trois nouvelles Écoles doctorales « Lettres, pensée, arts
et histoire », « Société et organisations », « Cognition, comportement, langage(s) »
de l’université de Poitiers, en partenariat avec l’Espace Mendès-France et la
Société française pour l’histoire des sciences de l’homme, invite une nouvelle fois
à réfléchir sur les fondements épistémologiques, les pratiques et les enjeux
sociaux de la recherche en la matière.
Né d’une collaboration riche et féconde, unique en France, le regard à la fois
rétrospectif et contemporain porté par des intervenants de grande renommée sur
l’histoire, l’actualité et le devenir de leurs disciplines s’adresse à tous, parce qu’en
tant que citoyens, nous sommes tous concernés par cette réflexion sur l’évolution
de la pensée humaine et des connaissances qui forment le substrat culturel de
notre société. C’est donc à une grande aventure intellectuelle que nous convient
ces rencontres de haut niveau scientifique, inscrites au cœur de la ville, ouvertes,
aux côtés des doctorants, à tous ceux qui cultivent une vision humaine du monde
contemporain.

Yannick Blandin, William Berthomière, Cécile Treffort, directeurs des Écoles


doctorales de sciences humaines, économiques et sociales de l’université de Poitiers.

En partenariat avec les écoles doctorales : Lettres, pensée, arts et histoire ; Sociétés
et organisations ; Cognition, comportement, langage(s)

22
JALONS POUR UNE HISTOIREDES SCIENCES DE L’HOMME
Mardi 9 novembre 2010
à 18h30

Situation de l’histoire aujourd’hui

François Hartog, directeur d’études EHESS, historiographie ancienne et moderne.

Les conditions d’exercice du métier d’historien ont changé depuis une trentaine
d’années et changent rapidement sous nos yeux. La formule commode de crise est
souvent revenue : « crise » de l’histoire, l’histoire « désorientée », a-t-on dit, tandis
qu’allaient en se modifiant nos rapports au temps. L’avenir se fermait, le passé
s’obscurcissait, le présent devenait l’unique horizon . Que deviennent alors
la place et la fonction de celui qui s’était défini au XIXe siècle – quand l’histoire s’était
voulue science et s’était organisée en discipline –, comme le médiateur savant entre
passé et présent, autour de cet objet majeur, sinon unique de la Nation ou de l’État,
dans un monde qui privilégie désormais la dimension du présent, voire du présent
seul, qui se proclame globalisé et s’est parfois conçu (en Allemagne notamment)
comme postnational ?

23
JALONS POUR UNE HISTOIRE DES SCIENCES DE L’HOMME
Mardi 7 décembre 2010
à 18h30

Médecine et colonisation XIXe, début XXe

Claire Fredj, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université


de Paris-Ouest Nanterre La Défense.

Depuis les années 1990, la recherche internationale fait de la santé un lieu pour
l’histoire du terrain colonial, une entrée réévaluant notamment l’aspect médical
de la conquête. Présentée par les États impériaux comme un vecteur de civilisation,
la médecine du colonisateur apparaît comme un outil du contrôle social.
La problématique sanitaire permet de cerner les conséquences sociales imposées par
un modèle qui pénètre dans le champ du religieux et de l’intime, mais aussi les formes
que prennent le refus médical et les résistances aux changements, comme le montrent
par exemple les difficultés opposées aux campagnes de vaccination. Le contrôle des
dominés est aujourd’hui de plus en plus envisagé par les politiques d’administration,
d’éducation et de collaboration avec les élites indigènes.
Aborder la réception de la médecine par les indigènes ne suffit cependant pas pour
autant à écrire cette histoire. La compréhension de l’histoire démographique des
colonies repose sur l’inclusion de l’histoire sanitaire de tous les groupes qui y vivent,
populations d’origine européenne comprises. Du point de vue européen, la colonisation
a été longtemps perçue comme un danger sanitaire dont il convenait de se protéger
et c’est notamment dans cette perspective que les médecins se sont spécialisés dans
la compréhension des maladies « tropicales », avec les questions anthropologiques
qu’elles soulèvent (acclimatement/races). Posant des questions similaires à la plupart
des puissances coloniales, la santé pose non seulement la question des circulations
trans-impériales à plusieurs niveaux, mais également celle de la coopération médicale :
les institutions de formation et de recherche dans le domaine des maladies « exotiques
», qui fonctionnent grâce aux circulations entre centres européens et extra-européens,
organisent une géographie savante dont le cadre référent du national ou du colonial
s’élargit à l’international.

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JALONS POUR UNE HISTOIRE DES SCIENCES DE L’HOMME
Mardi 11 janvier 2011
à 18h30
Une brève histoire
du continu, du discret et de l’infini.
La conceptualisation mathématique d’Euclide à la machine
à états discrets (l’ordinateur), en 60 minutes

Giuseppe Longo, CNRS, Département informatique - ENS et CREA, Polytechnique,


Paris et Centre d’étude des systèmes complexes et de la cognition (CENECC).

Naissance de la monnaie frappée (Crésus, VIe siècle), de la philosophie, des


mathématiques… économie, société et dialogue sur l’agora, qui en Grèce, démarrent
une nouvelle pensée, un nouvel univers symbolique. Des rotations et des translations
de lignes continues sans épaisseur, des gestes humains parfaits, dialogues avec les
dieux, organisent la pensée géométrique et philosophique. Mais le nombre, itéré
potentiellement à l’infini, n’atteint pas l’horizon, cette limite actuelle du discret qui
demandera une métaphysique différente. C’est dans la peinture italienne du 400 que
l’on osera mettre, en premier, « l’infini dans le tableau » (la prospective, avec son point
de fuite), dans les annonciations où un Dieu infini rencontre la Madonna, femme d’un
monde fini (Masaccio, Piero della Francesca, Beato Angelico…). Et, ensuite, Desargues
en fera une science, Newton et Leibniz comprendront le mouvement au fini par des
passages à la limite infinie (le calcul infinitésimal), dans un continu et un infini actuel
que Cantor nous enseignera à maîtriser par une arithmétique de l’infini (des nombres
infinis, ordinaux et cardinaux).
La crise (le « délire ») des géométries non-euclidiennes, espaces courbes où
temps et espace s’intègrent, réévalueront le rôle du nombre entier, concept sûr,
« absolu » (Frege), lieu du calcul certain car « potentiellement mécanisable » (Hilbert).
Et voila la Machine Logique à Calculer (Turing), machine numérique à état discret,
qui est en train de changer le monde. Mises en réseau, ces machines permettent la
circulation presque instantanée d’une nouvelle monnaie, notation électronique de la
valeur, un nouvel univers symbolique. Et les divergences vers l’infini, sur l’écran, de
sommes virtuelles, dues à des interactions non-linéaires d’agents formels, modifient
l’économie du monde, enrichissent sans limites ceux qui gèrent ce nouveau discret
symbolique, monnaie non-frappée ni imprimée, sans friction avec le monde,
instrument d’un prétendu équilibre de marchés parfaits. L’arnaque du siècle : la dette
privée qui devient publique quand elle a trop enrichi les riches et casse la socialité
démocratique de l’agora.
http://wwWw.di.ens.fr/users/longo
25
JALONS POUR UNE HISTOIRE DES SCIENCES DE L’HOMME
Mardi 18 janvier 2011
à 18h30

Les fondations américaines et l’enseignement


supérieur français (1918-1970)

Ludovic Tournés, professeur d’histoire des relations internationales à l’université


Paris-Ouest Nanterre La Défense.

Les grandes fondations philanthropiques américaines (Carnegie, Rockefeller, Ford)


ont élaboré à partir du début du XXe siècle d’ambitieuses politiques internationales,
en particulier dans le domaine du financement de l’enseignement supérieur et de la
recherche. La France a été l’un des nombreux pays bénéficiaires de leurs subventions,
notamment entre les années 1920 et les années 1970. Cette histoire mal connue sera
l’occasion d’aborder de nombreux problèmes, parmi lesquels ceux de l’américanisation,
des rapports entre financement public et financement privé, de l’incidence des modes
de financement sur l’organisation de la recherche, ou encore des relations entre
universités et organismes de recherche.

26
JALONS POUR UNE HISTOIRE DES SCIENCES DE L’HOMME
Mardi 15 février 2011
à 18h30

L’archéologie des métropoles


du XVIIIe au début du XXe siècle

Stéphane Van Damme, Associate Professor à Sciences Po.

Comme le rappelait récemment l’anthropologue Daniel Fabre sur l’archéologie urbaine


dans les grandes villes européennes : « la capitale est toujours écartelée entre le souci
d’exposer son histoire et celui de s’inscrire audacieusement dans le futur, entre la
fixation muséale et le renouvellement permanent ». Cette ambivalence souligne une
hésitation permanente entre le passé et le futur. L’imaginaire historique est fasciné
à la fois par l’idée que la métropole est tributaire des puissantes cités de l’Antiquité,
digne héritière de Babylone, d’Athènes ou de Rome, et par la crainte de voir disparaître
la civilisation urbaine. La grandeur historique des grandes villes est toujours à refaire, à
renégocier, à rendre visible, palpable. Cette conférence souhaite comprendre comment
la naissance de l’archéologie urbaine a pu être un savoir disponible pour reformuler
l’identité des grandes métropoles.

27
D’octobre 2010 à février 2011
Séminaire image et
photographie

Quelle sorte d’image est la photographie ?


Art du regard, comme on sait, la photographie est aussi, dès ses débuts au milieu
du XIXe siècle, une technique d’enregistrement et un instrument de mesure,
l’indice d’une réalité précise qui demande pourtant à être définie, car seule son
exactitude ne peut être remise en cause. Ce qu’elle ne cesse d’interroger, de
l’image artistique à l’image scientifique, c’est l’intention du photographe toujours
absent de l’image aussi bien que ce qui est perçu par le regardeur-lecteur. Entre
prise de vue et réception, ce sont ces questions qu’on voudrait poser, qui engagent
des notions aussi différentes que celles, par exemple, de la mise en scène – y
compris scientifique – par laquelle l’opérateur prépare son cliché pour le lire
lui-même ou le donner à voir, ou que de l’identité du photographe une fois qu’il
a cédé son cliché à l’exposition ou à la toile numérique. Question posée à l’image
par l’expérimentateur, instrument d’une mémoire non signée de main d’homme,
et délivrée par lui, la photographie articule d’un rapport herméneutique création et
réception ; elle se fait énigme dès lors qu’elle est image.

Anne-Cécile Guilbard, maître de conférences littérature française et esthétique de


l’image, UFR lettres et langues, université de Poitiers.

En partenariat avec le master recherche Littérature, théâtre et arts de l’image, de l’UFR lettres et langues
de l’université de Poitiers et le laboratoire Forell, Maison des sciences de l’homme et de la société,
université de Poitiers, sous la responsabilité scientifique de Anne-Cécile Guilbard, maître de conférences
en littérature française et en esthétique, université de Poitiers.

28
IMAGE ET PHOTOGRAPHIE
Jeudi 21 octobre 2010
à 18h30

Médiation, représentation, information :


des images aux traces

Louise Merzeau, maître de conférences en sciences de l’information


et de la communication, université Paris Ouest Nanterre La Défense,
et membre du laboratoire MoDyCo.

En croisant l’histoire des usages avec celle des techniques, on peut rapporter
l’ensemble de nos relations à l’image à trois principales fonctions : médiation,
représentation, information. Chacune de ces fonctions induit un registre différent de
référence, de visibilité, d’autorité, de reproductibilité, de mémoire et de connaissance.
En déplaçant le questionnement de l’intentionnalité de l’opérateur aux logiques
d’usages, cette typologie permet de comprendre aussi bien comment la photographie
s’inscrit dans le temps long des images, que ce qu’elle y a introduit de radicalement
inédit. Située à la charnière historique entre ces trois fonctions, la photographie en
même temps les traverse, relevant tantôt de la relique, tantôt du simulacre, tantôt de
l’indice. Avec cette approche, on voudrait donc interroger, non seulement sa pérennité
(quand beaucoup annonçaient sa mort à l’ère numérique), mais aussi sa polyvalence,
laquelle ne s’explique sans doute que par son rattachement au paradigme de la trace.

29
IMAGE ET PHOTOGRAPHIE
Mardi 30 novembre 2010
à 18h30

Autour de la photographie contemporaine

Michel Poivert, professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Institut national


d’histoire de l’art, président de la société française de photographie.

Phénomène artistique majeur du tournant des XXe et XXIe siècles, la photographie


contemporaine ne se limite pas à un courant de l’art contemporain. La photographie
s’ouvre à la catégorie générale de l’image. Elle concerne les recherches expérimentales
au temps du virtuel, les formes alternatives de l’information à l’ère des nouveaux
médias, l’histoire du modernisme au moment de la remise en cause du statut de
l’œuvre d’art ; mais aussi la question du document à l’époque où l’art ne fournit
plus le seul horizon de la création et, enfin, l’image mise en scène à l’époque où
l’on doute de l’expérience que nous offrent les représentations. Cet essai, largement
illustré, explore ce moment qui commence au seuil des années 1980 et se prolonge
jusqu’à nous en réunissant des productions, certes différentes, mais toutes habitées
par un même souci d’éthique. Comment voyons-nous, que regardons-nous, quel
partage entre fiction et réalité ? Imposant la stabilité de ses formes réfléchies dans
un monde aux messages brouillés, la photographie contemporaine est le nom
d’une communauté de pratiques créatives qui place la photographie au cœur de la
sensibilité de notre temps.

30
IMAGE ET PHOTOGRAPHIE
Mardi 14 décembre 2010
à 18h30

La photographie scientifique,
le réel et les infinis

Jérôme Pacaud, maître de conférences en physique des matériaux, laboratoire


PHYMAT, UFR SFA, université de Poitiers.

La photographie est née quelques décennies avant la révolution scientifique de la


fin du XIXe siècle. L’influence de la photographie sur la science et inversement, ne
s’est jamais relâchée depuis la première photographie de la Lune jusqu’aux derniers
capteurs électroniques.
La photographie est un outil d’enregistrement utilisé quotidiennement en science.
Les méthodes d’enregistrement très diverses où parfois la lumière n’intervient même
plus, repoussent les limites de ce que l’on peut appeler une image. Dans ce cas,
qu’est-ce qui fait la valeur d’une photographie scientifique ? Il s’agit en effet, de
mettre en scène les objets, de montrer pour démontrer, loin de l’acquisition passive
d’une image objective.

31
IMAGE ET PHOTOGRAPHIE
Mardi 8 février 2011
à 18h30

Usages de la photographie. Vérité et croyance

Daniel Grojnowski, professeur émérite de littérature française, université Paris VII,


Denis Diderot.

La photographie a changé de définition, comme en témoignent les appareils


numériques ou le logiciel Photoshop. Les relations qu’elle entretient avec la croyance,
relèvent d’une idolâtrie qui ne dit pas son nom : image banale ou culte, l’« empreinte »
s’apparente toujours à celle qui marque le voile de Véronique ou le suaire de Turin.
Bien qu’elle participe aux imageries qui circulent de toutes parts, elle continue
d’exercer un pouvoir qui lui appartient en propre. Perçue à la fois comme témoignage
et comme vérité, elle emporte la conviction, même si elle révèle toujours autre chose
et bien plus qu’elle ne donne à voir.

32
D’octobre 2010 à mars 2011
Séminaire histoire des migrations
internationales et des luttes contre
les discriminations en europe

Dans le cadre de son activité scientifique, le laboratoire MIGRINTER, qui accueille


à la fois des chercheurs du CNRS et de l’université de Poitiers, propose un ensemble
de conférences portant sur l’histoire des migrations internationales et des luttes
contre les discriminations. Ces manifestations se proposent d’apporter un éclairage
temporel susceptible de mieux éclairer les questions sociétales qui sont celles de la
société française d’aujourd’hui.

Cycle de conférences organisées en partenariat avec le laboratoire Migrations internationales :


Espaces et sociétés (MIGRINTER, UMR 6588 CNRS-Université de Poitiers) et avec le soutien de
L’ACSE (Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances) Poitou-Charentes.

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HISTOIRE DES MIGRATIONS INTERNATIONALES
Jeudi 14 octobre 2010
à 18h30

Histoire coloniale et mondialisation


des flux migratoires actuels en Europe

Gildas Simon, géographe, ancien professeur de l’université de Poitiers, fondateur


du laboratoire MIGRINTER.

Dans quelle mesure l’Histoire peut-elle éclairer la connaissance et la compréhension


des phénomènes et des fonctionnements migratoires d’aujourd’hui, mais aussi
quelles peuvent être les limites du recours à l’explication historique ? Pour essayer de
répondre à cette question, on interrogera la vaste question des colonisations mises
en œuvre par les grandes puissances à travers le monde au cours des siècles passés,
de leur rôle dans les mécanismes qui furent souvent à l’origine de l’émigration de
la population des territoires colonisés et de leur orientation préférentielle vers les
ex-métropoles coloniales d’Europe mais aussi de Russie, des Etats-Unis et du Japon.
Mais la dynamique de ce schéma colonial venue parfois de loin dans le passé est-elle
suffisante pour rendre compte de la complexité des courants et de l’organisation des
systèmes migratoires caractéristiques de la mondialisation actuelle ?

34
HISTOIRE DES MIGRATIONS INTERNATIONALES
Jeudi 18 novembre 2010
à 18h30

La soumission par les mots :


étude des catégories administratives
des migrants et des réfugiés

Luc Legoux, sociologue, maître de conférence à l’Université Paris 1.

L’expression « immigration politique » a aujourd’hui disparu. Parler de « réfugié


politique » est désormais mal vu. Le « demandeur d’asile », puis « l’étranger qui
souhaite bénéficier de l’asile » ont remplacé le « réfugié en attente de statut ».
Le « réfugié climatique » est à la mode. L’analyse de l’usage de ces expressions
montre que la terminologie des catégories de l’asile n’est pas neutre. Oubliés ou
inventés en fonction des évolutions politiques, les mots de l’asile ne font pas que
décrire des situations concrètes, ils orientent la réflexion et l’opinion publique dans
le sens des politiques d’asile aujourd’hui restrictives, et ceci d’une manière d’autant
plus efficace que leur effet est peu perceptible. Résister à cette politique passe
également par la maîtrise du vocabulaire.

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HISTOIRE DES MIGRATIONS INTERNATIONALES
Jeudi 16 décembre 2010
à 18h30

Le juge et le sociologue
à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA)

Smain Laacher, sociologue, Centre d’étude des mouvements sociaux


(CNRS-EHESS).

Comment, dans les conditions contraignantes qui sont celles de la CNDA, un étranger,
le plus souvent anonyme, à la recherche d’une sécurité politique et économique (les
deux ne doivent être jamais séparées) ailleurs que chez lui, peut-il faire preuve, dans
une langue sans pouvoir, sans apprentissage et sans familiarité avec les techniques
d’exposition autobiographique propres à nos sociétés, d’une capacité à construire un
récit sur des malheurs personnels ? Comment peut-il démontrer et convaincre, dans
un jeu de questions-réponses dont il ne maîtrise aucunement les règles et dans une
temporalité réduite à quelques minutes, que les raisons de la pénurie alimentaire dans
son pays sont directement liées à la politique économique du pouvoir en place, ou
des régimes qui se sont succédés depuis des années ? L’extrême difficulté est de faire
admettre l’inadmissible ou, mieux, de rendre croyable l’incroyable : dire et décrire sa
mauvaise destinée dans les catégories et les motifs qui sont les siens, autrement dit,
qui ne sont pas ceux de l’institution et du droit du pays hôte.

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HISTOIRE DES MIGRATIONS INTERNATIONALES
Jeudi 20 janvier 2011
à 18h30

Genre, migration et liens sociaux.


Réflexions à partir du cas de Marocaines
sans papiers venues seules en France

Nasima Moujoud, maîtresse de conférences en anthropologie, université Pierre


Mendès France Grenoble 2, membre de l’équipe « Genre et Société », LARHRA
(Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes) du LARHRA-Grenoble.

Les travaux sur genre et migration considèrent souvent que les outils d’autonomie
ou d’ascension sociale des migrantes – et particulièrement des migrantes à statut
précaire, principaux objets de cette littérature – ne leur viennent que de l’extérieur :
par exemple, à travers les actions associatives ou l’aide sociale instituée dans le pays
d’arrivée. Pourtant, à l’instar des hommes migrants, les migrantes vont généralement
miser sur leurs liens sociaux. Elles s’investissent particulièrement dans leur création
dans les divers espaces qu’elles traversent.
À partir d’un point de vue que nous ne sommes pas habitués à entendre, celui des
migrantes en situation irrégulière parties sans leur famille et vivant seules en France,
je voudrais donc reformuler la question des outils d’ascension sociale des migrantes,
en l’analysant sous l’angle des outils que les femmes développent à l’intérieur de
leurs réseaux sociaux. Je tenterai de saisir les particularités de ces réseaux, tout en
les replaçant dans le contexte des deux sociétés de départ et d’arrivée, et sans oublier
la situation d’oppression à l’origine des solidarités minorisées que ces femmes
développent.

37
HISTOIRE DES MIGRATIONS INTERNATIONALES
Jeudi 17 mars 2011
à 18h30

Réflexions autour des Gens du voyage :


inscription locale et pratiques spatiales
des familles

1 . Les Gens du voyage en France :


ce que nous apprend l’histoire
Céline Bergeon, doctorante en géographie, laboratoire Migrinter, université
de Poitiers.

2 . Les Gens du voyage dans l’espace local :


l’exemple du département de la Vienne
Christian Quella, directeur de l’association ADAPGV 86.

La visibilité des Gens du voyage dans l’espace local se lit aujourd’hui essentiellement
à travers des lieux d’accueil identifiés, et spécifiquement conçus pour ce public.
Pourtant, l’inscription locale des familles dépasse les limites de ces lieux de
stationnement, notamment dans les relations qu’elles tissent avec la population,
dans leur déploiement sur le territoire et dans leur pratique de l’espace communal.
S’intéresser aux Gens du voyage, médiatisés ces derniers mois, mais encore trop
souvent stigmatisés, ouvre des perspectives de discussion intéressante, tant en termes
de significations identitaires que d’analyse historique de leur présence et de leur
reconnaissance, au sein de l’espace national et local. Après un exposé introductif sur
ce qu’on entend par Gens du voyage en France, une présentation à l’échelle locale
sera privilégiée, afin d’illustrer la présence de cette population dans le département
de la Vienne. Universitaire et acteur de terrain se mobilisent lors cette soirée-débat
pour faire connaître nos voisins les Gens du Voyage.

38
HISTOIRE DES MIGRATIONS INTERNATIONALES
Mardi 29 mars 2011
à 18h30

Trajectoires de mobilité sociale


et professionnelle. Les migrants de Tunisie
sur le marché du travail parisien depuis 1956

Anne-Sophie Bruno, maître de conférences en histoire contemporaine, CRESC,


Université Paris XIII.

Véritable « mosaïque » multiculturelle héritée de la période coloniale, les migrants


de Tunisie constituent un laboratoire hors du commun pour étudier les phénomènes
de discrimination au travail, en raison notamment de la multiplicité des motivations
qui amenèrent ces populations sur le sol français et de la diversité de leurs parcours,
en Tunisie comme en France. Les Tunisiens connaissent-ils une plus faible mobilité
sociale que les Français de Tunisie ? Leur trajectoire individuelle suit-elle les mêmes
chemins que les actifs français ? Sont-ils, parce qu’étrangers, voués aux emplois
sous-qualifiés et pendant toute leur carrière ? À la croisée de l’histoire du travail
et de l’histoire des migrations, l’analyse des trajectoires de ces migrants met en
lumière leur destin professionnel particulier et leur difficile adaptation aux crises.
Elle éclaire ainsi un des grands enjeux de nos sociétés contemporaines :
les phénomènes de mobilité professionnelle, de discriminations au travail
et d’inégalités socioéconomiques, fondées en particulier sur des critères de
nationalité et de genre.

39
De novembre 2010 à mars 2011
Les mercredis de l’ESIP
À l’amphi Abel Brillanceau - ESIP, 40 avenue du recteur Pineau - Poitiers

Mercredi 17 novembre 2010 à 18h


L’informatique en France :
émergence d’une discipline et
recompositions scientifiques (1946-1980)
Pierre Mounier-Kuhn, historien, CNRS et université Paris-Sorbonne.

Les premiers calculateurs électroniques ont été mis en service au cours des
années 1950 dans la Recherche et l’Enseignement supérieur français. Autour
d’eux se sont développés des services de calcul, des enseignements et des
recherches, dans le cadre des mathématiques appliquées, plus précisément de
l’analyse numérique. Au cours des années 1960-1970, des spécialistes d’autres
disciplines – astronomes, linguistes, logiciens, archéologues, etc. – ont été
attirés par l’ordinateur, par les possibilités qu’il offrait et les problèmes inédits
qu’il posait. On est ainsi passé progressivement du calcul électronique, outil
au service des ingénieurs et des mathématiques appliquées, à la construction
d’une discipline nouvelle, l’informatique, qui recomposait le paysage scientifique.
Cette évolution ne s’est pas effectuée sans résistances ni controverses. Si en
1965 l’informatique était considérée comme une « science encore incertaine »,
son statut de discipline à part entière a été officialisé au cours de la décennie
suivante, à l’université comme au CNRS.

Cycle de conférences organisé en partenariat avec Patrice Remaud, professeur agrégé de physique
appliquée, docteur en histoire des sciences et des techniques, LAII-ESIP.

40
LES MERCREDIS DE L’ESIP
Mercredi 9 février 2011
à 18h

Peut-on parler d’éthique en milieu industriel ?

Yvon Pesqueux, professeur titulaire de la Chaire « développement des systèmes


d’organisation » du Conservatoire national des Arts et métiers.

L’éthique appliquée repose sur le présupposé de l’évidence du contenu donné


au terme même d’éthique. Et pourtant, rien n’est moins évident. Le terme est issu
d’une histoire dont les jalons (les philosophes) ont apporté des fondements et des
contenus qui ont varié dans le temps. Il ne semble donc absolument pas possible
de parler d’éthique, fût-elle des affaires ou bien professionnelle, sans consacrer
un minimum de développements à ce concept lui-même, même si ce débat est
radicalement occulté dans la perspective anglo-américaine dominant aujourd’hui.
L’objet de cette conférence est donc de préciser de façon académique les contours
de la notion de « déontologie » et de ses corrélats. De façon préliminaire, rappelons
aussi combien il est fait mention, dans le domaine des éthiques appliquées, à une
rationalité éthique qui vient lier « réflexion sur soi », « réflexion sur les autres » et
« réflexion en interaction » par référence à l’univers d’une communauté de valeurs.

41
LES MERCREDIS DE L’ESIP
Mercredi 16 février 2011
à 18h

Le cerveau a-t-il un sexe ?

Catherine Vidal, neurobiologiste, directrice de recherche à l’Institut Pasteur.

Avec l’avancée des connaissances en neurosciences, on serait tenté de croire que


les idées reçues sur les différences biologiques entre les hommes et femmes ont été
balayées. Or médias et magazines continuent de nous abreuver de vieux clichés qui
prétendent que les femmes sont « naturellement » bavardes et incapables de lire
une carte routière, alors que les hommes seraient nés bons en maths et compétitifs.
Ces discours laissent croire que nos aptitudes et nos personnalités sont câblées
dans des structures mentales immuables. Or les progrès des recherches montrent
le contraire : le cerveau, grâce à ses formidables propriétés de « plasticité », fabrique
sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de l’apprentissage et de
l’expérience vécue. Garçons et filles, éduqués différemment, peuvent montrer des
divergences de fonctionnement cérébral, mais cela ne signifie pas que ces différences
sont présentes dans le cerveau depuis la naissance, ni qu’elles y resteront ! L’objectif
de cette conférence est de donner à comprendre le rôle de la biologie mais aussi
l’influence de l’environnement social et culturel dans la construction de nos identités
d’hommes et de femmes.

42
LES MERCREDIS DE L’ESIP
Mercredi 9 mars 2011
à 18h

L’avenir de la science - l’avenir d’une illusion ?

Jean-Marc Lévy-Leblond, professeur à l’université de Nice, départements de


physique, de philosophie et de communication.
Physicien (théoricien), épistémologue (expérimentateur) et « critique de science ».
Directeur des collections scientifiques des éditions du Seuil, et de la revue Alliage
(culture, science, technique).

La science moderne a quelques siècles derrière elle. Il n’est pas évident qu’elle
en ait un seul devant elle.
Depuis la « révolution galiléenne », les activités techniques et les connaissances
scientifiques ont lentement conflué, les premières inspirant d’abord les secondes,
avant que celles-là ne fécondent tardivement celles-ci. L’efficacité inédite de ce
couplage a été telle que la science est désormais en passe d’être dépassée par
sa propre réussite, et recouverte par les techniques mêmes qu’elle a engendrées,
donnant naissance à une « technoscience ».
Le paradoxe de cette nouvelle forme d’organisation des savoirs et des savoir-faire
est qu’elle engendre une occultation de la spéculation intellectuelle par l’action
matérielle : la transformation du monde désormais l’emporte sur sa compréhension,
renouant avec la configuration archaïque antérieure à la révolution scientifique.
Si les civilisations sont mortelles, leurs sciences aussi.

43
D’octobre 2010 à avril 2011
Les amphis des lettres au présent

Ce cycle de conférences propose d’initier les étudiants à des thématiques qui


éclairent l’enseignement, ces thématiques relèvent d’une histoire culturelle.

En partenariat avec l’UFR Lettres et langues de l’université de Poitiers, sous la direction


scientifique de Stéphane Bikialo, maître de conférences en Langue et littérature françaises et de
Anne-Cécile Guilbard, maître de conférences en Littérature française et esthétique, université de Poitiers.
Les conférences ont lieu à l’UFR Lettres et langues, amphi III, 1 rue Raymond Cantel, Poitiers.

Lundi 18 octobre 2010 à 14h


LQR : la langue de la Ve République.
La propagande au quotidien
Eric Hazan, essayiste et éditeur.

Organisée en partenariat avec le Centre du Livre et de la Lecture en Poitou-Charentes

44
LES AMPHIS DES LETTRES AU PRÉSENT
Jeudi 2 décembre 2010
à 14h

La Révolution et le Sacré :
histoire et imaginaire de la guillotine

Jean Clair, écrivain, essayiste et historien de l’art.

La guillotine ne fut pas l’invention du Dr. Guillotin. Sa machinerie, utilisée dès la


Renaissance, fut perfectionnée par le Dr. Louis – d’où son surnom, « la Louisette » –
mais surtout par un certain Tobias Schmidt, facteur de clavecin qui inventa le détail
qui fit de la guillotine une véritable machine, commandée à distance et fonctionnant
inlassablement… Vingt ans auparavant, Diderot avait trouvé dans le clavecin l’image
du fonctionnement des fibres sensibles du corps humain, tout en développant, dans
l’Encyclopédie, ses théories sur l’anatomie et sur la dissection…
Or, dès que ce nouveau mécanisme fonctionne, la dissection du corps humain,
ou plutôt sa bisection, entraine un profond bouleversement de la sensibilité.
Physiologistes, médecins, philosophes, écrivains s’interrogent sur la nature d’une
tête séparée d’un corps et d’un corps privé de sa tête… Combien de temps vivent-ils
encore, pensent-ils, séparés ? Cette interrogation alimente tout l’imaginaire du roman,
de Poe à Villiers de l’Isle Adam, mais aussi la science médicale, de Suë à Cabanis. L’être
humain devient zombi, spectre, monstre à la Frankenstein. L’idéal des Lumières qui
croyait créer la mort humanitaire, indolore et égalitaire par la machine nommée
« guillotine », donne en réalité naissance à la fantasmagorie du romantisme noir…

45
LES AMPHIS DES LETTRES AU PRÉSENT
Mardi 5 avril 2011
à 14h

Littérature et journalisme littéraire

Mathieu Lindon, écrivain, journaliste à Libération.

46
De janvier à mars 2011
Les Amphis du Savoir

Ces conférences destinées aux étudiants de première année de licence de sciences


et technologies, permettent aux futurs scientifiques de rencontrer des chercheurs,
des historiens des sciences, des philosophes, des enseignants universitaires. Ce sont
autant d’occasions d’aborder les champs disciplinaires de manière originale et ainsi
de développer l’esprit critique, la culture générale, de mieux mettre en perspective
la formation scientifique avec le développement d’un projet, d’un métier visé, avec
la création d’une activité...
« Les Amphis du Savoir » reposent en grande partie sur l’excellence des relations
professionnelles et culturelles qu’entretiennent les membres de l’équipe de l’Espace
Mendès France avec les enseignants-chercheurs de notre Faculté, ce qui est un gage
de qualité et de pérennisation des amphis du savoir dans le cadre de la réforme
L-M-D de l’enseignement supérieur.
La fréquentation régulière de l’Espace Mendès France et une participation active à
ses différentes manifestations contribuent largement au développement de l’aspect
transversal d’une formation universitaire de qualité.

Yves Bertrand, Doyen de la faculté des sciences de l’université de Poitiers.

En partenariat avec la Faculté des sciences fondamentales et appliquées de l’université de


Poitiers. Les conférences ont lieu à l’amphi A, bâtiment de sciences naturelles, campus sciences
fondamentales et appliquées de l’université de Poitiers, 40, avenue du Recteur Pineau.

47
LES AMPHIS DU SAVOIR
Mercredi 26 janvier 2011
à 14h

Aventures et mésaventures
des savants français au Pérou au XVIIIe siècle

Arkan Simaan, historien des sciences et agrégé de physique à la retraite.

En 1735, Louis Godin, Charles Marie de La Condamine et Pierre Bouguer, accompagnés


d’autres savants et techniciens, partirent vers Quito, alors colonie espagnole de la
Vice-royauté du Pérou : ils devaient y mesurer le méridien pour décider si la Terre était
aplatie aux pôles ou allongée selon son axe. Cette question dite de la « Figure de la
Terre », d’apparence si technique, divisait alors profondément le monde scientifique
des deux côtés de la Manche. Les cartésiens de l’Académie royale des sciences
accusaient violemment les newtoniens de la Royal Society de réintroduire en science
les « explications magiques » que les cartésiens avaient eu tant de mal à extirper.
En effet, les newtoniens justifiaient l’aplatissement de la Terre aux pôles par la force
d’attraction universelle qui agissait « mystérieusement » à distance dans le vide.
En 1740, les savants au Pérou, après cinq années d’épreuves et d’isolement, apprirent,
en plein labeur, que leur étude était désormais sans objet : une autre expédition,
dirigée par Pierre Louis Moreau de Maupertuis, partie en 1738 en Laponie, venait en
effet de rentrer à Paris et de clore le débat au profit des newtoniens. Déprimés, ils
décidèrent malgré tout de rester au Pérou pour finir leur travail maintenant inutile.
Cette expédition connut un lourd bilan humain : prévue pour quatre ans, elle en dura
en réalité une dizaine pour la plupart des savants ; une partie y perdit la vie, ceux qui
rentrèrent gardèrent des séquelles physiques graves.

48
LES AMPHIS DU SAVOIR
Mercredi 2 février 2011
à 14h

Des volcans à la tectonique des plaques,


histoire des idées sur le volcanisme

Pierre Savaton, agrégé de sciences naturelles, maître de conférences


en sciences de la Terre à l’université de Caen Basse-Normandie (UCBN),
au sein de la composante IUFM.

Les volcans et leur activité ont accompagné l’homme probablement depuis ses
origines. Des traces de pas dans la cendre de Laetoli, au feu volé à la coulée de lave,
de l’éruption du Santorin en 1620 av. J.-C., au mythe de l’Atlantide, du Pyriphlégéton
de Platon à la combustion du bitume et du soufre d’Aristote, du feu central
d’Athanasius Kircher ou de Descartes, au refroidissement des boulets de Buffon,
des colonnes basaltiques anciennes pensées comme des cristallisations aqueuses,
à la fusion des roches de Hutton, de la classification des roches ignées à la typologie
des volcans, nous retracerons l’histoire des idées sur le volcanisme et l’histoire des
mots qui nous servent encore aujourd’hui à décrire les volcans et leur activité. Cette
histoire s’arrêtera avec la proposition du modèle de la tectonique des plaques à
la fin des années 1960 et l’interprétation qu’elle offrait alors à la répartition
mondiale des volcans.

49
LES AMPHIS DU SAVOIR
Mercredi 16 mars 2011
à 14h

Les contours des sciences


face aux stratégies créationnistes

Guillaume Lecointre, professeur au Muséum national d’histoire naturelle,


directeur du département « Systématique et Evolution » du MNHN, directeur
de l’école doctorale « Sciences de la Nature et de l’Homme », chef d’équipe
dans l’unité du CNRS 7138 « Systématique, Adaptation, Evolution ».

Face aux résurgences des créationnismes dans les sociétés occidentales et l’écho
que ceux-ci rencontrent dans les media, il faut aider le citoyen à identifier ce qui est
en jeu. Les créationnismes sont multiples, et certains entendent faire intrusion en
science. Il faut alors expliquer au citoyen en quoi le créationnisme « scientifique »
ne vient pas du monde des sciences mais d’un travail idéologique de forces politiques
sur les sciences et l’éducation publics. Le créationnisme a encore moins à faire avec
les méthodes scientifiques : on peut facilement montrer en quoi un créationnisme
« scientifique » ne peut pas être scientifique dans sa démarche. Pour cela, il faut
examiner le périmètre des sciences, c’est-à-dire ce qui fait qu’une méthode de travail
est scientifique (ou pas).

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Formation continue
des enseignants
À l’IUFM de La Rochelle, 49 av. Aristide Briand - Conférences ouvertes à tous

Jeudi 20 janvier 2011 de 9h à 18h


Stage Histoire des sciences, techniques - histoire des arts
Les automates : une clé de lecture pour les
sciences et les techniques de la Renaissance
La Renaissance, jusqu’au seuil de l’époque moderne, est un moment singulier, et à
plus d’un titre une expérience unique dans l’histoire des techniques. Alors même que
l’enseignement de ces dernières est encore largement l’effet d’initiatives locales, voire
individuelles, en marge des institutions, que les métiers constituent le cadre institutionnel
dominant de leur « tradition » par apprentissage, que les professions relevant des
mécaniques sont entachées d’un mépris et d’une méfiance ancestrale et durable, les
machines, les dispositifs mécaniques, s’installent peu à peu dans la culture, dans les
livres, dans les paysages. Les Grands, des ducs aux princes et aux souverains sont de plus
en plus conscients de l’importance d’un appareillage technique sûr et compétitif et en
même temps de l’importance de surprendre, stupéfier, émerveiller. Les ingénieurs, comme
Leonard, doivent savoir faire fortifications, machines et automates et à partir du dernier
quart du XVIe siècle, les automates, connus depuis l’Antiquité, donnèrent lieu à une véritable
vague. L’étonnement du spectateur ou du lecteur, dans le cas des livres des techniques,
devant de tels dispositifs, s’intensifie dans la mesure où il ne voit pas les mécanismes
qui les actionnent. La création, la maitrise des techniques, demeurent dans la capacité de
dissimuler l’art et de donner à l’homme le rêve de la création, en imitant la nature.
La technologie, avec grand difficulté, a gagné un nouveau statut. Pour des décennies
elle serait reconnue comme un domaine autonome où pouvaient s’accomplir les plus
hautes capacités humaines. Activité dotée d’une valeur cognitive, la technologie ouvre
la voie à une interprétation mécaniciste de la nature telle qu’elle sera théorisée par
Descartes un demi-siècle plus tard. Mais les automates sont la sublimation des attentes
et des peurs engendrées par les techniques. Les machines, l’emblème d’un monde où
l’invention est promue comme une valeur, devient des stratagèmes, et l’ingénieur un
sorcier qui utilise une magie sulfureuse. En interrogeant une série de témoignages il
s’agira d’identifier leurs racines classiques et de lire les automates comme une clé
pour notre compréhension des sciences et technique à la Renaissance.

Luisa Dolza, CDHTE-CNAM.

Journée organisée par le Rectorat de l’Académie de Poitiers, en partenariat avec l’Espace Mendès France
et l’IUFM de Poitou-Charentes. 51
FORMATION CONTINUE DES ENSEIGNANTS

De l’invention de la perspective à la société


du spectacle : cinq siècles de représentation(s)
du monde

Jean-Pierre le Goff, professeur de mathématiques et d’histoire des sciences &


des techniques à l’IUFM de B-N (UCBN), retraité ; chargé du Diplôme universitaire
« Cultures artistiques : approches croisées » de l’UCBN ; attaché à l’IREM de B-N et
au LASLAR (MRSH) de l’UCBN ; intervenant à l’université populaire de Caen.

Partant de l’optique néo-euclidienne, le Quattrocento italien – précisément du fait de


deux architectes, Filippo Brunelleschi et Leon Battista Alberti, et d’un peintre, Piero
della Francesca –, va (ré-?)inventer la perspective centrale ; c’est ce que nous dit la
petite histoire des origines ; voire ? Car de naturelle qu’elle était, l’optica / perspectiva
antique et médiévale, propre à étudier essentiellement la question de la vision, va
accoucher alors de deux branches, l’optique, géométrique et physique, étude de la
lumière, ou physiologique, étude de la vision, d’une part, et la perspective proprement
dite, devenue artificialis, dévolue à une toute autre question : comment représenter
les trois dimensions sur le plan de la feuille de papier, du mur, du panneau de bois ou
de la toile. Dès lors, l’homme occidental acquiert le don de double-vue – vision directe
et représentation –, l’une des clés qui ouvrent à la reproductibilité, dans le champ du
dessin technique, donc au monde industriel. Autant dire que l’usage de la lanterne
magique est garanti et pas seulement pour projeter des images.
Deux cents ans plus tard, un marchand de soie lyonnais, Girard Desargues, devenu
ingénieur hydraulicien, architecte et géomètre, réalisera la synthèse de cette science
perspective et de la théorie des coniques fondée par les Grecs, suivi en cela par Blaise
Pascal, Philippe de La Hire, puis Newton et Leibniz ; excusez du peu : cela fait de
Desargues, exact contemporain de Descartes, qui l’estimait beaucoup, son égal dans
l’histoire des mathématiques, puisque le premier lançait les bases de ce que l’on
appellera la géométrie projective au moment même où le second jetait celles de la
géométrie analytique.

52
FORMATION CONTINUE DES ENSEIGNANTS

Quel rôle ont joué ces mathématiciens, d’un genre si particulier qu’on oublie parfois de
les mentionner dans la construction d’un « espace » (selon Kant) homogène, antérieur
à la matière qui l’habite, dans le développement de la rationalité occidentale puis dans
son industrialisation, tandis que l’’histoire, à (et de) laquelle ils participent, est souvent
minorée au regard des grandes découvertes (les nouveaux mondes, l’imprimerie) ou de
l’avènement de l’algèbre littérale et de la géométrie analytique ? De quoi faire de la fort
belle géométrie, celle, par exemple, du charpentier qui lève un tasseau au droit de son
œil pour en vérifier la rectitude. N’oubliez ni crayons, ni règles, ni compas ; la gomme
rassurera les anxieux.
Il sera donc ici question d’histoire des sciences – (de géométrie, d’’optique), et d’histoire
de l’art (de peinture et d’architecture) : les arts ont en effet été des avant-courriers de
mutations profondes du regard, du dessin et de la géométrie–. Il sera question, aussi,
de philosophie et d’histoire des idées et des religions.
Ainsi la naissance du sujet brunelleschien – une sorte de video ergo sum – est sans
doute l’un des moment-clés qui ont rendu possibles, et la société du spectacle, et le
monde industriel ? De quoi nourrir la réflexion sur nos petites lucarnes.
De quoi, surtout, alimenter un enseignement des mathématiques, des sciences et des
techniques, par des considérations qui en font des parties prenantes de la culture.
Espérons seulement que le mot « prenantes » s’entendra au sens de l’expression «
public captivé » plutôt que « captif »…

53
FORMATION CONTINUE DES ENSEIGNANTS

De l’art et de la médecine :
une histoire de la mise en images du corps

Rafael Mandressi, chargé de recherche, CNRS.

En Europe occidentale et depuis la première modernité, le savoir des médecins et la


production d’objets visuels ont noué des liens aussi étroits que particuliers, à propos
desquels on peut parler d’une tradition : culturelle, cognitive, technique. Culturelle,
car l’image médicale appartient à une culture visuelle qui l’englobe, dont elle est
inséparable, et qu’elle nourrit aussi en retour. Cognitive, dès lors que le statut des
images en médecine est fondamentalement celui d’un outil de connaissance, dont
les propriétés et les fonctions renvoient à la question de la perception sensorielle et
de la connaissance par les sens. Tradition technique enfin, puisque les matérialités
de ces images – leur fabrication, leurs supports, leurs agencements avec les textes,
avec d’autres images – ont une histoire propre, celle de leurs mises au point et de
leurs transformations, qui n’est pas subsidiaire de celle des enjeux de connaissance.
Solutions matérielles, exigences cognitives, réponses culturelles sont imbriquées dans
une tradition européenne qui a produit, dès l’aube de la modernité et au croisement
de l’art, la science et la technique, un corpus riche de dizaines de milliers d’images,
lieu de production de savoirs et véhicules visuels de leurs circulations.

54
FORMATION CONTINUE DES ENSEIGNANTS

Architecture et sciences :
contre-sens et convergences

Antoine Picon, chercheur à l’école nationale des Ponts et Chaussées et professeur


à la Graduate School of Design de l’Université Harvard.

55
Le travail
À l’IUT, ZAC du Sanital, rue Alfred-Nobel, 86100 Châtellerault

Vendredi 22 octobre 2010 à 20h30


Mémoires du travail et des sociabilités ouvrières :
enjeux et usages urbains contemporains
Au carrefour de thèmes majeurs de notre temps – le travail, la mémoire et la ville –,
la conférence repose sur les résultats d’une enquête menée auprès d’habitants et d’actifs
de trois hauts sites du travail parisien. Entre fierté, satisfaction, humour, regrets, désarroi,
colère ou révolte, la variété du vocabulaire et des postures attestent la dimension affective
des remémorations sollicitées. Occasion d’évaluer la part du travail, sous ses différentes
formes, dans la construction croisée de la mémoire et de l’histoire de la métropole, le propos
interroge la nature du travail urbain dans la seconde moitié du XXe siècle, ses mutations,
leurs perceptions et les enjeux de la pluralité des mémoires. Il souligne aussi la pertinence
d’une démarche de préservation, réhabilitation et transmission des mémoires du travail dans
la perspective d’une maîtrise individuelle et collective des dynamiques sociales urbaines.

Michel Pigenet, directeur du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (UMR 8058), professeur
d’histoire contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

En partenariat avec le Centre châtelleraudais d’histoire et d’archive, la société des sciences,


les fonderies du Poitou, L’IUT de poitiers et Châtellerault, L’Association d’anciens SNECMA pour la
sauvegarde des moteurs d’aviation, la fanfare « La châtelleraudaise », la communauté d’agglomération
du pays châtelleraudais.

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De octobre 2010 à juin 2011
Filmer le travail
Au planétarium de l’Espaces Mendès France. Les mardis à partir de 18h30

Cycle Cinéma documentaire,


sciences sociales et évolution du travail
« Filmer le travail » a été créé à l’initiative de l’Université de Poitiers, l’espace Mendès
France et l’Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail (ARACT
Poitou-Charentes).
« Filmer le travail » propose une série de cinq conférences/projections/débats visant
à engager une réflexion sur les apports du cinéma documentaire dans la production
de connaissance et l’analyse du travail et de ses évolutions.
Différentes situations de travail seront abordées : travail manuel, travail intellectuel,
organisation du travail, politique d’entreprise, droit du travail... Différentes formes
audiovisuelles aussi : documentaire de création, cinéma expérimental, reportage,
documentaire de recherche, utilisation d’archives...
Ce cycle de conférences s’adresse à un public diversifié : professionnels de l’image,
chercheurs en Sciences sociales, étudiants, doctorants mais aussi partenaires sociaux
souhaitant engager une réflexion sur l’avenir du travail ou encore professionnels du
travail : ergonomes, consultants, inspecteurs ou contrôleurs du travail, médecins ou
infirmières du travail…

57
FILMER LE TRAVAIL
Mardi 12 octobre 2010

Flexibilité et multivalence

18h30 . Analyse du travail et documentaire scientifique


Conférence de Bernard Ganne, directeur de recherche CNRS,
sociologue / réalisateur.
Bernard Ganne abordera les enjeux et les limites de la captation d’images
et de la réalisation d’un documentaire dans le processus de recherche.
En plantant leur caméra au cœur d’une PME de la chimie, les chercheurs nous
montrent comment l’entreprise, accompagnée par les intervenants de l’ANACT,
a transformé son outil de production, changé son organisation du travail, rénové
la gestion de ses ressources humaines et ses pratiques managériales.

20h30 . Flexibilité et multivalence. Une PME face


à ses changements. Le cas de l’entreprise Prayon
Projection du film suivie d’un débat avec Bernard Ganne, Gilles Heude (ANACT)
et des partenaires sociaux.

58
FILMER LE TRAVAIL
Mardi 9 novembre 2010

Cinéma et classe ouvrière

18h30 . Cinéma, spaghettis, classe ouvrière,


immigration
Conférence de Jean-Marc Leveratto, professeur de sociologie, université de Metz.
Auteur de l’ouvrage « Cinéma, spaghettis, classe ouvrière, immigration »
(Éditions La Dispute, 2010)
Par ses liens avec l’industrialisation et la mondialisation, le cinéma est inséparable
de la modernité et de ses batailles. Le reconnaître, c’est retrouver la mémoire du
cinéma comme loisir privilégié des citadins et notamment de la classe ouvrière. C’est
constater le vecteur de civilisation qu’il a représenté, en particulier pour cette classe,
en permettant à ses membres de cultiver leur plaisir, au delà des préjugés sociaux,
des frontières nationales ou des engagements idéologiques et religieux.

20h30 . L’anniversaire de Thomas ; la légende oubliée


Documentaire de création de Jean-Paul Menichetti - France, 80min, 1982
Production : Pôle Image, Villerupt.
Ce film, réalisé par les fondateurs du festival de Villerupt articule approche
documentaire, usage d’archives et fiction.
Débat en présence de Jean-Marc Lévératto et du réalisateur (sous réserve)

59
FILMER LE TRAVAIL
Mardi 7 décembre 2010

L’avenir des institutions de protection du travail

18h30 . Quel droit du travail pour les années 2010 ?


Conférence de Laurent Willemez, maître de conférences de sociologie, université
de Poitiers, auteur de l’ouvrage « Le droit du travail en danger »
(éditions du croquant, 2006).
On a déjà longuement insisté sur les transformations du droit du travail dans la
deuxième partie du XXe siècle : devenu depuis les années 1980 un droit défensif,
de plus en plus individualisé, centré sur les questions du licenciement...
Depuis quelques années, on constate une nouvelle transformation importante,
que la conférence mettra en valeur ; on insistera tout particulièrement sur trois
de ces changements : l’affaiblissement des normes étatiques au profit de ce que
des sociologues ont appelé une « polynormativité » (développement du dialogue
social régional, accroissement de l’importance des accords d’entreprise) ; la place
croissante occupée par le droit économique au sein même du droit du travail (avec
l’influence croissante des restructurations économiques dans la vie des salariés) ;
et enfin l’importance croissante des questions liées à la personne dans le droit du
travail (discrimination, harcèlement moral, respect des droits individuels au sein de
l’entreprise, voire souffrance au travail...)

20h30 . L611-1, au cœur de l’inspection du travail


Documentaire de Yves Cauchard, France, 2005, 52 min / Production Temps Noir.
Débat en présence de Yves Cauchard, réalisateur, de Laurent Willemez et de
spécialistes du travail.

60
FILMER LE TRAVAIL
Mardi 15 mars 2011

Travail de l’écrit

Comment l’image ou la parole peuvent elles « représenter » le travail de l’écrit,


en être un reflet, un écho ? Comment explorer un espace littéraire, et lui rendre
sa singularité ?
À travers une sélection de courts métrages réalisés ou choisis par elles, les membres
de l’association Les Yeux d’IZO (Isabelle Taveneau, Zoé Liénard et Odile Magniez) vous
proposent de voir puis de discuter d’écriture et d’écriture documentaire.

18h30 . Écrire
Présentation de films par l’association Les Yeux d’Izo
Portrait de Michel Boujut (IZO/ DVD Centre du livre et de la lecture)
Portrait de Jean Claude Martin (IZO/DVD Centre du livre et de la lecture)
Portrait de Béatrix Beck (In Portraits d’Alain Cavalier)
>>> Discussion

20h30 . Traduire, éditer


Présentation de films par l’association Les Yeux d’Izo
Portrait d’Isabelle Reinharez, traductrice (IZO/ DVD Centre du livre et de la Lecture)
Portrait de Georges Monti, éditeur, ed. Le Temps qu’il fait (IZO/ DVD
Centre du livre et de la Lecture)
Portrait de François Maspero, « On vous parle de..Paris » ( Chris Marker)
>>> Discussion

61
FILMER LE TRAVAIL
Mardi 12 avril 2011

Images expérimentales du travail

En partenariat avec l’École européenne supérieure de l’image. (EESI)

18h30 . Cinéma expérimental dans l’univers du travail


Conférence illustrée de Jean-Louis Le Tacon, de vidéo expérimentale
en école d’art (EESI de Poitiers).
Le désir de cinéma dans le documentaire. Dans le rapport du cinéaste au monde
et aux gens filmés il y a une opération complexe de mise en image du réel,
l’élaboration d’une construction imaginaire. Cette vision des choses en retour travaille
émotionnellement les spectateurs, les gens filmés et le cinéaste lui-même. On
tentera de faire la genèse des formes filmiques - suscitées par le désir de cinéma
- qui ont abouti à cet objet étrange et inquiétant qu’est « cochon qui s’en dédit ».
On évoquera les conditions artisanales de la réalisation de ce film en super 8 mm
dans le cadre du doctorat de cinématographie dirigé par jean Rouch à l’Université de
Paris VIII, Nanterre. On abordera les apports de ce type de cinéma expérimental à la
connaissance, dans le champ des sciences sociales du travail.

20h30 . Cochon qui s’en dédit


Film conçu et réalisé par Jean-Louis Le Tacon (1979 ), avec la participation
décisive de Thierry Le Merre.
Documentaire expérimental, France, 1980, 40 minutes / Production Les Films
du grain de sable.
Prix Georges Sadoul 1980, prix du premier festival du cinéma rural organisé par
le Ministère de l’agriculture (1980).

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De novembre 2010 à mai 2011
Les conférences astronomie
Organisées à l’Espace Mendès France ou au collège George Sand,
11 rue Arthur Ranc à Châtellerault

Mardi 23 novembre à 20h30 à l’EMF


Le marin, l’astronome et l’observatoire
Durant des millénaires, seule l’observation des astres permettait aux capitaines
d’un navire de connaître une position sur l’océan. Pouvoir déterminer avec
exactitude la latitude et surtout la longitude sur toutes les mers du globe est
devenu un véritable enjeu d’État. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plusieurs prix de
grandes valeurs ont été proposés par les différentes puissances maritimes à
celui qui découvrirait enfin le secret des longitudes. La solution qui finira par
s’imposer est l’utilisation du chronomètre de marine. En 1760, après quarante
années de labeur, l’horloger anglais John Harrison réussit à construire une
merveille de technique : la montre H4. En France les horlogers Berthoud,
Le Roy puis Breguet apportent aussi de nombreux perfectionnements à l’art
de l’horlogerie marine. Cependant, ces montres, appelées également garde-
temps, montres de marine puis chronomètres, nécessitent, avant chaque
embarquement, un contrôle rigoureux par des observations astronomiques.
À partir des années 1810, la France s’engage dans la mise en place d’un réseau
d’observatoires de la Marine dans les principaux ports afin d’offrir un service
de contrôle des montres de marine.

Olivier Sauzereau, chercheur-doctorant au Centre François Viète d’épistémologie


et d’histoire des sciences et des techniques de l’université de Nantes.

Les conférences astronomie - histoire de l’astronomie - sont organisées en partenariat avec la Société
de sciences de Châtellerault.

63
CONFÉRENCES ASTRONOMIE
Mardi 15 février 2011
à 20h30 à l’EMF

La météo de l’espace

Jean-Claude Vial, directeur de recherches à l’Institut d’astrophysique spatiale.

Notre étoile Soleil, source d’énergie et de vie pour la Terre et ses habitants,
est considérée encore aujourd’hui comme un astre immuable. Or depuis Galilée,
il est connu que transitent des taches sombres à sa surface et depuis le 19e siècle,
qu’il nous envoie rayonnements et particules susceptibles, hier d’affoler la boussole
du navigateur, aujourd’hui de perturber gravement le GPS. Nous traiterons des diverses
manifestations de ce qu’il est convenu d’appeler « l’activité solaire », ses échelles
temporelles et ses impacts sur la Terre et les terriens. Nous examinerons en particulier
si l’homme et ses activités sont menacés. Nous verrons aussi quel peut être l’impact
de l’activité solaire sur le réchauffement climatique en cours. Ce sera l’occasion de
mieux connaître les deux protagonistes, le Soleil et la Terre et d’interroger une nouvelle
discipline : la météorologie de l’espace !

64
CONFÉRENCES ASTRONOMIE
Mercredi 16 mars 2011
à 20h30 à Châtellerault

Corot et l’héliosysmologie

Frédéric Baudin, enseignant chercheur à l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay,


spécialiste de sismologie solaire et stellaire.

La mission CoroT : voyage au centre des étoiles. Ce qui paraissait hors de portée à
une époque devient parfois commun seulement quelques décennies plus tard. C’est le
cas pour l’intérieur des étoiles que l’on peut désormais sonder grâce à la sismologie
stellaire. C’est un des objectifs de la mission CoRoT, lancée fin 2006, dont nous
verrons rapidement la genèse ainsi que les principes de la sismologie stellaire. Nous
dresserons ensuite un panorama des populations stellaires et de l’intérieur des étoiles
à travers les résultats de CoRoT : comment cet intérieur évolue-t-il au cours de la vie
d’une étoile ? Et comment varie-t-il d’une étoile à l’autre ?

65
CONFÉRENCES ASTRONOMIE
Mercredi 23 mars 2011
à 20h30 au planétarium de l’EMF

Les magiciens de la lumière

Projection du film en présence de Pierre Lauginie, co-auteur scientifique, membre


du groupe d’histoire et de diffusion des sciences d’Orsay.

Paris, 1840 : Hippolyte Fizeau et Léon Foucault ont vingt ans et sont étudiants à
la Faculté de médecine. Mais ils partagent ensemble une passion pour la physique.
François Arago, directeur de l’Observatoire de Paris, va leur confier un important
travail : décider enfin si la lumière est de nature corpusculaire ou ondulatoire !
Dans la lignée de Galilée, Römer, Bradley, Fizeau réalise en 1849 pour la première fois
une mesure purement terrestre de la vitesse de la lumière.
En 1861, Urbain Le Verrier nouveau directeur de l’Observatoire commande à Foucault
une mesure d’une précision jusque là inégalée.
Avec l’aide des plus grands artisans de l’époque, Foucault relèvera ce défi en 1862.
La vitesse de la lumière devient désormais un outil de choix pour la mesure des
distances astronomiques. Ainsi, centré sur la célèbre mesure de la vitesse de la
lumière par Léon Foucault en 1862 à l’aide du « miroir tournant », le scénario remonte
donc le cours des mesures historiques de la vitesse de la lumière, du XVIIe au XIXe
siècle, mettant en scène sous forme de reconstitution historique, les principaux
protagonistes de cette histoire, à commencer par Galilée.

66
CONFÉRENCES ASTRONOMIE
Mercredi 25 mai 2011
à 20h30 à Châtellerault

L’astronome, le marin et l’heure :


fin XVIIe siècle - début XXe siècle

Guy Boistel, docteur en histoire des sciences et des techniques, chercheur


au Centre François Viète - université de Nantes.

À partir du XVIIe siècle, la sauvegarde des équipages et la maîtrise des routes


commerciales amènent divers royaumes européens à se doter d’observatoires et
d’astronomes royaux chargés d’améliorer les méthodes de la navigation astronomique
et de la cartographie marine. Débute alors la célèbre quête des longitudes en mer.
Mais, contrairement à une idée généralement répandue, la quête des longitudes en
mer n’est pas réglée au XVIIIe siècle avec le succès de l’horloger John Harrison et le
développement des chronomètres de Marine. Il est même surprenant de voir combien
au cours du XIXe siècle, les méthodes horlogères et astronomiques de navigation sont
mises en concurrence alors qu’elles auraient dû être complémentaires.
L’exposé tente de donner une idée du fourmillement en matière de navigation
astronomique, entre une astronomie de service et les enjeux de la diffusion des
connaissances astronomiques auprès du plus grand nombre des marins, jusqu’à
l’apparition de la télégraphie sans fil.

67
JOURNÉES D’ÉTUDES
Jeudi 21 octobre 2010
de 9h à 18h

Le droit de punir, du siècle des Lumières


à nos jours

Placée sous la responsabilité scientifique de Frédéric Chauvaud, professeur d’histoire


contemporaine, université de Poitiers. Avec les interventions de :
Jean-Pierre Alline, professeur d’histoire du droit, université de Pau et des pays
de l’Adour ; Edwige de Boer, agrégée d’histoire et doctorante, université de
Poitiers ; Frédéric Chauvaud, université de Poitiers ; Jean-Christophe Coffin, maître
de conférences, université Paris Descartes, membre du Centre Alexandre Koyré ; Alain
Ducousso-Lacaze, professeur de psychopathologie clinique, université de Poitiers
(EA 4050) ; Eric Gojosso, professeur d’histoire du droit, doyen de la Faculté de droit
et des sciences sociales, université de Poitiers ; Jean-Paul Jean, avocat général près
la cour d’appel de Paris, professeur associé à l’université de Poitiers ; Michel Massé,
professeur à l’université de Poitiers, responsable du master recherche Droit pénal
approfondi et sciences criminelles, co-responsable de l’EPRED/EA 1228 ; Michel
Porret, professeur d’histoire moderne, université de Genève ; Denis Salas, magistrat,
enseignant et chercheur à l’École nationale de la magistrature (Centre de recherche
sur les pratiques judiciaires), secrétaire de l’association française pour l’histoire de la
justice ; Jean-Claude Vimont, maître de conférences en histoire contemporaine,
université de Rouen ; Jean-Jacques Yvorel, docteur en histoire, chargé de cours
à l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ), chercheur associé au
Centre de recherche en histoire du XIXe siècle (universités de Paris 1 et Paris 4) et au
Centre de recherches sociologiques sur les droits et institutions pénales (CESDIP).

Journée organisée en partenariat avec l‘université de Poitiers, l’UFR sciences humaines et arts ;
le Gerhico-Cerhilim, avec le soutien de l’Axe structurant de la MSHS « Violence et conflits » ;
le laboratoire de recherche en psychopathologie, université de Poitiers ; l’UFR droit et de sciences
sociales, université de Poitiers ainsi que l’équipe poitevine de recherche et d’encadrement doctorale
en sciences criminelles.

68
JOURNÉEs D’ÉTUDES
Mercredi 10 novembre 2010
de 9h à 18h

L’événement climatique et ses représentations


Climats extrêmes, canicules et grands froids

En présence et avec l’intervention de Emmanuel Le Roy Ladurie, historien.


Avec les interventions de Jean Céard, professeur émérite, université Paris
X- Nanterre ; Joëlle Ducos, professeur de philologie et linguistique médiévale,
professeur des universités ; Emmanuel Garnier, maître de conférences HDR en
histoire moderne à l’université de Caen, enseignant-chercheur au CRQH ; Martin
de La Soudière, ethnologue, chargé de recherche à l’EHESS ; Christophe Masutti,
philosophe et historien des sciences, IRIST, université Louis Pasteur, Toulouse ;
Liza Mery, maître de conférences, laboratoire Forell, université de Poitiers ; Alexis
Metzger, doctorant en géographie, université Paris I ; Frédérique Rémy, glaciologue,
directeur de recherche CNRS, Observatoire Midi-Pyrénées, Toulouse ; Martine
Tabeaud, professeur de géographie, université Paris I.

Journée organisée en partenariat avec le laboratoire Forell de l’université de Poitiers, sous la


responsabilité scientifique de Anouchka Vasak-Chauvet, maître de conférences, université
de Poitiers.

69
JOURNÉES D’ÉTUDES
Lundi 15 novembre 2010
à 20h30

L’historien face à l’animal :


les procès d’animaux

Michel Pastoureau, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études.

Les procès intentés aux animaux ayant commis des « crimes » ou des délits
sont attestés un peu partout en Europe occidentale depuis le milieu du XIIIe siècle
jusqu’au début XVIIe. Ils concernent tantôt des animaux jugés collectivement
(rongeurs, poissons, insectes, vermines), tantôt et plus souvent de gros animaux,
en général ceux de la ferme, pris individuellement. La vedette de ce bestiaire est
le porc, l’animal « le plus semblable à l’homme » pour la culture médiévale.
Malgré leur immense intérêt, ces procès attendent encore leurs historiens. Longtemps
ils ont été abandonnés à la « petite histoire », souvent à des publications destinées à
un public friand d’anecdotes tournant en dérision les mœurs et les croyances de nos
ancêtres. Attitude parfaitement anachronique, qui montre que l’on n’a rien compris à
ce qu’était l’histoire, mais attitude encore fréquente aujourd’hui.

Conférence organisée dans le cadre de la manifestation « À chacun son animal » organisée en


partenariat avec l’Action culturelle de l’université de Poitiers.

70
JOURNÉEs D’ÉTUDES
Jeudi 18 novembre
de 9h à 18h et à 20h30

L’homme, l’animal et la science

Sous la direction scientifique de Georges Chapouthier, directeur de recherches


au CNRS.
Présidences de séance et tables rondes : Christian Berrier, président de l’Ecole
de l’ADN ; Yves Cenatiempo, directeur scientifique de l’Espace Mendès France,
professeur de biochimie et biologie moléculaire, université de Poitiers ; Georges
Chapouthier, directeur de recherche au CNRS.
Avec les interventions de Eric Baratay, d’histoire contemporaine à l’université de
Lyon III ; Florence Burgat, directeur de recherches en philosophie (INRA, université
de Paris I) ; Hélène Combrisson, école nationale vétérinaire Maison Alfort ; Séverine
Deretz, de l’unité de génétique et expérimentation en production animale (GEPA) de
l’INRA Poitou-Charentes ; Vinciane Despret, philosophe et éthologue ; Jean-Yves
Goffi, professeur au département de philosophie de l’université Pierre Mendès France,
Grenoble II ; Mohamed Jaber, professeur en neurosciences, directeur de l’équipe
Physiologie des troubles neurodégénératifs et adaptatifs, Institut de physiologie et de
biologie cellulaires, UMR, CNRS 6187, université de Poitiers ; Jean-Pierre Marguénaud,
professeur de droit privé à la Faculté de droit et des sciences économiques de
Limoges et directeur du Centre de recherche sur les droits de la personne ;
Jean-Claude Nouët, médecin biologiste, vice doyen honoraire de la faculté de
médecine, professeur des universités, membre consultatif du comité consultatif
de la santé et de la protection animales.

Conférence de clôture à 20h30


L’expérimentation animale et ses alternatives
Jean-Louis Touraine, professeur en médecine, député du Rhône.

Journée d’études en partenariat avec l’école de l’ADN, Poitou-Charentes dans le cadre des
« Rencontres du vivant » et de la manifestation « À chacun son animal » organisée en partenariat
avec l’Action culturelle de l’université de Poitiers.

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JOURNÉES D’ÉTUDES
Mercredi 24 novembre
de 17h à 22h

Cinq heures autour...


Le handicap : aspects sociétaux

Cette soirée est placée sous la responsabilité scientifique de Henri-Jacques Stiker,


directeur de recherches université Denis Diderot, Paris, président de « Alter, société
pour l’histoire du handicap ».
Avec les interventions de Vincent Assante, Président de l’ANPIHM ; Alain Blanc,
professeur des universités, université Pierre Mendès France de Grenoble ; Claude
Chalaguier, auteur, metteur en scène du groupe « Signes », Lyon ; Denis Chastenet,
chercheur au CNRS, IEHESP (école des hautes études de santé publique) ; Philippe
Miet, délégation permanente CFHE, Conseil français des personnes handicapées
pour les questions européennes ; Denis Poizat, maître de conférences, responsable
des relations internationales, vice-président du collectif « Reliance situations de handicap,
éducation, sociétés » ; Henri-Jacques Stiker, ainsi que d’autres intervenants.

Aspects sociétaux du handicap et non aspects sociaux, car il s’agit d‘envisager


de quelle manière l’ensemble des composantes de la société est interrogé par
le handicap, et pas seulement les secteurs que visent les politiques sociales.
Des législations, françaises et européennes, à la pratique de l’art, en passant par
l’éducation, le travail et les systèmes de solidarité, nous essayerons de parcourir
un large éventail, sachant que nous ne serons pas complets, ne parlant ni du sport
ni des média pour ne prendre que ces deux exemples d’oubli. Notre choix n’est
pourtant pas aléatoire car le droit, l’école, l’entreprise, la culture, la protection sociale
constituent des lieux fondamentaux où se joue l’inclusion des personnes handicapées
et qui sont les premiers à devoir être «instruits» par le handicap.

Henri-Jacques Stiker, directeur de recherches, université Denis Diderot, Paris.

Soirée organisée en partenariat avec Action et documentation santé pour l’éducation nationale ;
la MAÏF, délégation départementale de la Vienne ; la Mutuelle générale de l’éducation nationale ;
l’Association départementale des pupilles de l’enseignement public ; la Fédération des œuvres
laïques de la Vienne ; l’Institut universitaire de formation des maîtres de Poitou-Charentes ;
le Lieu multiple, secteur numérique de l’Espace Mendès France.

72
JOURNÉEs D’ÉTUDES
Mercredi 15 décembre 2010
de 9h à 18h

Rencontres du Vivant
Les enjeux de société des nanotechnologies

Sous la responsabilité scientifique de Yves Cenatiempo, directeur scientifique


de l’Espace Mendès France, professeur de biochimie et biologie moléculaire, université
de Poitiers.
Avec les interventions de Philippe Bourlitio, initiateur du projet Sciences et
démocratie, principal animateur du site www.sciences-et-democratie.net ; Jacques
Bordé, directeur de recherche au CNRS, membre du bureau du Comité d’éthique du
CNRS, le COMETS ; Fernand Doridot, enseignant chercheur à l’ICAM Lille ; Dominique
Masset, chef du département toxicologique, DEMEB ; Vanessa Nurock, maître de
conférences en philosophie, université de Montpellier ; Sylvie Retailleau, CNRS,
IEF, université Paris-Sud ; Christophe Vieu, chercheur au LAAS et responsable du
groupe NanoBioSystémes ; Dominique Proy-Huart, membre du directoire Santé
environnement de France nature environnement ainsi que d’autres intervenants.
Présidents de séance : Yves Cenatiempo ; Christian Berrier, président de l’école de
l’ADN et Laurent Fillion, directeur de l’Ecole de l’ADN.

Journée d’études organisée en partenariat avec l’école de L’ADN Poitou-Charentes.

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JOURNÉES D’ÉTUDES
Jeudi 10 et vendredi 11 février 2011
Le 10 février à l’EMF / Le 11 février à la MSHS

Les cabinets de curiosités, miroirs de l’Europe

Comité scientifique : Anne Bonnefoy, Myriam Marrache, Pierre Martin,


Dominique Moncond’huy et Brent Nelson.

Les cabinets de curiosités constituent indiscutablement une réalité européenne,


de l’Italie à l’Angleterre, de la France à la Russie, de l’Espagne à la Suède. Pourtant,
cette réalité présente des visages divers : ici le prince est le promoteur quasi unique
de collections aboutissant à la constitution d’un cabinet, là un certain nombre de
savants, de juristes ou d’apothicaires réunissent un cabinet qui n’a ni le même usage
ni la même fonction sociale ; ici le cabinet découle principalement du commerce des
raretés, là il se compose patiemment au gré des prospections personnelles et des
échanges ; ici les cabinets se multiplient dès le XVIe siècle, là ils s’avèrent rares et
tardifs, quasi anachroniques.
Cette réalité à l’échelle du continent masque donc des différences, voire des disparités,
qui, mieux connues et mieux comprises, permettraient sans doute d’avoir une vue
plus riche et plus nuancée du phénomène, comme de mieux percevoir les possibles
transitions entre cabinets Renaissance et musées modernes. Il s’agira au fond de
s’interroger, par le biais d’informations et d’analyses diverses dans leurs enjeux et
dans leurs modalités, sur la possibilité de constituer une typologie des cabinets, de la
Renaissance au début du XVIIIe siècle et de vérifier si cette typologie peut s’éclairer et
s’analyser à l’aune de traits distinctifs pertinents (géographiques, sociaux, historiques).

Programme détaillé sur les sites


maison-des-sciences.org et www.curiositas.org

Colloque international organisé en partenariat avec l’université de Poitiers et l’université


of Saskatchewan, Department of English.

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JOURNÉEs D’ÉTUDES
Vendredi 1er Avril 2011
de 9h à 17h

L’animal dans le cabinet de curiosités

Comité scientifique : Anne Bonnefoy, Espace Mendès France,


Myriam Marrache-Gouraud, université de Poitiers, Pierre Martin, université de Poitiers.
Cette journée d’étude s’inscrit dans les recherches menées sur les cabinets
de curiosités au sein de l’équipe Forell (E.A. 3816), université de Poitiers
(www.curiositas.org) avec le soutien du service culturel de l’université
de Poitiers dans le cadre de la programmation « À chacun son animal ».

Issus de l’air, de la terre ou de l’eau, minuscules ou gigantesques, entiers ou fragmentés, les


animaux tiennent une place essentielle dans les cabinets de curiosités. Tout collectionneur qui
se respecte suspend à son plafond un beau crocodile, exhibe des peaux de serpents géants,
des animaux exotiques ou énigmatiques, et toutefois ne se limite pas au fait zoologique.
Dans le même lieu, il montre des plantes, des objets lointains, des monnaies, des coquilles,
des peintures…
L’objet de cette journée est de s’interroger sur les modes de présentation et de représentation
de l’animal dans les cabinets de curiosités européens des XVIe et XVIIe siècles.
Quelle est la nature des animaux recherchés pour ces lieux, leur mode de conservation
et d’exposition : sont-ils séchés, naturalisés, conservés sous forme de fragments (os, peau,
carapace, bec…) ou intégralement ? Quels sont les animaux les plus prisés ? Cherche-t-on à
constituer des séries, des « tableaux », ou préfère-t-on la pièce unique ? Comment sont-ils
disposés dans le cabinet ? Où peut-on trouver des ménageries d’animaux vivants ? Et comment
se procure-t-on des animaux ? Un état des lieux se rapportant aux réseaux d’échange et de
commerce sera nécessaire (y compris géographiquement, par rapport aux voies commerciales,
notamment maritimes) pour aborder les réalités économiques (coûts, jeu de l’offre et de la
demande, modes d’acheminement et commandes).
La question de la nomenclature et du classement, d’une part dans les catalogues, d’autre part
sur les étagères du cabinet, pourra amener à se demander quel rôle jouent les traités d’histoire
naturelle de l’époque dans les classements choisis. Quelles solutions trouve-t-on pour un animal
que les savants eux-mêmes ne savent pas où classer ?
Les animaux n’étant pas seuls, il faudra s’interroger sur les conséquences, en termes de
représentation, offertes par leur voisinage avec d’autres curiosités naturelles (botaniques),
étrangères (exotica), ou avec des œuvres d’art antiques ou modernes. Enfin, nous réfléchirons
à la manière dont certains animaux concourent à tisser un lien avec des imaginaires et des
réalités antérieures (antiques, médiévales) ou à nourrir des préoccupations contemporaines.
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Nos partenaires

L’Espace Mendès France est soutenu, pour l’ensemble des ses activités, par la ville de Poitiers, le conseil régional de Poitou-
Charentes, le ministère de l’éducation nationale, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, le ministère de
la culture et de la communication, les universités de Poitiers et de La Rochelle et le conseil général de la Vienne. Il compte
parmi ses partenaires les grands organismes de recherche tels le CNRS, l’IFREMER, l’INRA, le CEA, l’INSERM, la Caisse des
dépôts, le rectorat d’académie et de nombreuses associations et entreprises privées et publiques. Il compte aussi parmi ses
partenaires, des sociétés savantes : la Société française pour l’histoire des sciences de l’homme (SFHST) et la Société française
pour l’histoire des sciences de l’homme (SFHS).
Le séminaire « histoire des sciences et des techniques dans l’Antiquité » est organisé en partenariat avec le laboratoire
Hellénisation et romanisation dans le Monde Antique (HERMA), EA 3811, UFR sciences humaines et arts, université de Poitiers.
Le séminaire « histoire des sciences et des techniques au Moyen Âge » est organisé en partenariat avec le Centre d’études
supérieures de civilisation médiévale de l’université de Poitiers, UMR 6223, CNRS.
Le séminaire « Jalons pour une histoire des sciences de l’homme » est organisé en partenariat avec les écoles doctorales
sciences humaines économiques et sociales de l’université de Poitiers et la Société française pour l’histoire des sciences de
l’homme (SFHSH).
Le cycle de conférences « Image et photographie » est organisé en partenariat avec le master Littérature, théâtre et arts
de l’image, de l’UFR lettres et langues de l’université de Poitiers et le laboratoire Forell, Maison des sciences de l’homme et
de la société, université de Poitiers.
Les Mercredis de l’ESIP sont organisés en partenariat avec l’Ecole supérieure d’ingénieurs de Poitiers.
Le séminaire « Histoire des migrations internationales et des luttes contre les discriminations en Europe » est organisé
en partenariat avec le laboratoire Migrinter (UMR 6588 CNRS-Université de Poitiers) et avec le soutien de l’ACSE (Agence
nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances) Poitou-Charentes.
Les journées d’études « Rencontres du Vivant : les nanotechnolgies » sont organisées en partenariat avec l’école de l’ADN
en Poitou-Charentes, avec la participation active de l’université de Poitiers et de ses laboratoires.
La programmation « Le travail » est organisée en partenariat avec le Centre châtelleraudais d’histoire et d’archive ; la société
des sciences ; les fonderies du Poitou ; L’IUT de poitiers et Châtellerault ; L’Association d’Anciens SNECMA pour la Sauvegarde
des Moteurs d’Aviation ; la fanfare « la châtelleraudaise » ; La communauté d’agglomération du pays châtelleraudais.
La manifestation « Filmer le travail » est organisée à l’initiative de l’Université de Poitiers, l’Espace Mendès France et
l’Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail (ARACT Poitou-Charentes).
Les conférences « La ville de demain » sont organisées en partenariat avec le Conseil de développement responsable de
l’agglomération de Poitiers.
La soirée « Cinq heures avec le handicap » est organisée en partenariat avec Action et documentation santé pour
l’éducation nationale ; la MAÏF, délégation départementale de la Vienne ; la Mutuelle générale de l’éducation nationale ;
l’Association départementale des pupilles de l’enseignement public ; la Fédération des œuvres laïques de la Vienne ; l’Institut
universitaire de formation des maîtres de Poitou-Charentes ; le Lieu multiple, secteur numérique de l’Espace Mendès France.
La journée d’études « Le droit de punir, du siècle des Lumières à nos jours » est organisée en partenariat avec l’université
de Poitiers, l’UFR sciences humaines et arts ; le Gerhico-Cerhilim, avec le soutien de l’Axe structurant de la MSHS « Violence
et conflits » ; le laboratoire de recherche en psychopathologie, université de Poitiers ; l’UFR droit et de sciences sociales,
université de Poitiers ainsi que l’équipe poitevine de recherche et d’encadrement doctorale en sciences criminelles.
La journée d’études « L’événement climatique et ses représentations Climats extrêmes, canicules et grands froids » est
organisée en partenariat avec le laboratoire Forell de l’université de Poitiers.
La journée d’études « L’homme, l’animal et la science » est organisée en partenariat avec l’école de l’ADN, Poitou-Charentes
dans le cadre des « Rencontres du vivant » et de la manifestation « À chacun son animal » organisée avec l’Action culturelle
de l’université de Poitiers.
La journée d’études « L’animal dans le cabinet de curiosités » est organisée en partenariat avec l’université de Poitiers.
Le colloque international « Les cabinets de curiosités, miroirs de l’Europe » est organisé en partenariat avec l’université
de Poitiers.
Le programme des « Amphis du savoir » est organisé en partenariat avec la Faculté des sciences fondamentales et
appliquées de l’université de Poitiers.
Le programme « Lettres au présent » est organisé en partenariat avec l’UFR Lettres et langues de l’université de Poitiers.
Le stage « patrimoine scientifique, technique et industriel » est organisée en partenariat avec l’IUFM de la Rochelle, le
rectorat de l’académie de Poitiers, le Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle.
Les conférences Astronomie sont organisées en partenariat avec Société de sciences de Châtellerault.
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