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1.

Généralités
Un paradis fiscal est un territoire à fiscalité très basse, par rapport à ce qui est considéré
comme « normal » dans l'esprit de celui qui s'exprime.
Le terme de paradis fiscal ne prend son sens qu'en comparaison avec d'autres pays (ou
d'autres régions du même pays) à fiscalité plus élevée (un pays donné est toujours le paradis fiscal
d'un autre pays, au moins dans certains domaines ou pour certaines activités). Ainsi, un rapport de
l’OCDE¹ de 1987 relatif à la fiscalité internationale précisait dès son introduction qu’« il n’existe
pas de critère unique, clair et objectif permettant d’identifier un pays comme étant un paradis
fiscal. »
Cette vision est celle retenue par les administrations fiscales même si dans la plupart des
pays membres de l’OCDE, il n’existe pas dans la législation ou dans la jurisprudence de définition
précise. Ainsi, on peut remarquer que dans le précis de fiscalité établi annuellement par la
Direction générale des impôts française, le terme « paradis fiscal » n’est utilisé qu’une seule fois et
dans une Instruction du ministère des Finances du 18 mai 1973, le paradis fiscal était défini comme
un pays « qui applique un régime fiscal dérogatoire tel qu’il conduit à un niveau d’imposition
anormalement bas ». Pourtant, dans la référence que constitue le Code général des impôts français,
l’article 238 A préfère parler de « pays à régime fiscal privilégié », le terme « paradis fiscal »
n’apparaissant même pas dans l’index alphabétique du code. Cet euphémisme, qui remonte à
l’article 14 de la loi de finances de 1974, désigne les États ou territoires où les contribuables sont
imposables ou assujettis à des impôts sur les bénéfices ou les revenus notablement moins élevés
qu'en France, ce qui démontre le côté tout relatif de la définition. Un pays peut être considéré
comme un refuge fiscal au regard de certaines situations ou opérations particulières ; certaines
dispositions législatives peuvent également créer une sorte de paradis fiscal à l'intérieur d'un pays à
forte fiscalité.

1.1 Caractéristiques des paradis fiscaux

L'intérêt des paradis fiscaux ne réside pas seulement dans leur qualité fiscale, mais aussi
dans d'autres avantages aussi essentiels. Le rapport Gordon de l'administration fiscale américaine
ainsi que les travaux de l’OCDE retiennent un faisceau de caractéristiques communes à la plupart
des paradis fiscaux :

• absence ou faible niveau d’imposition pour des dépenses publiques réduites


• stabilité économique et politique
• liberté des changes accompagnée d’une monnaie liquide
• secret commercial et secret bancaire inébranlable (on parle parfois de « paradis
bancaire »)
• secteur financier très développé par rapport à la taille du pays ou la dimension de son
économie
• bonnes infrastructures de communication et de transport
• maillage de conventions fiscales faible ou inexistant.

¹Organisation de coopération et de développement économiques


A ces critères on peut ajouter l'impunité judiciaire relativement aux lois nationales
contournées qui font dire à l'ONG¹ Survie, membre fondateur d'ATTAC², que les paradis fiscaux
sont en fait des paradis fiscaux et judiciaires.
Les paradis fiscaux sont en général de tous petits territoire, souvent des îles, qui peuvent
dégager des ressources fiscales suffisantes à leur échelle parce que le faible taux d'imposition est
compensé par l'énorme volume d'opérations (la ressource étant de niveau mondial). Devenir un
paradis fiscal est une solution qui peut-être adoptée par des états sans autres ressources, dont
l'économie très faible par ailleurs ne supporterait pas une taxation à la hauteur des besoins.
Toutefois, ces critères restent relatifs : la Suisse est un paradis bancaire, mais n'est en
général pas considérée comme un paradis fiscal ; le Royaume-Uni ou les États-Unis ne sont pas en
général considérés comme des paradis fiscaux bien qu'en pratique ils puissent offrir les mêmes
avantages aux particuliers (statut de résident non domicilié au Royaume-Uni) comme aux
entreprises (sociétés non résidentes aux États-Unis) ; Andorre est un paradis fiscal avec des
infrastructures de communication et de transport limitées du fait de sa géographie, etc.

1.2 Les enjeux représentés par les paradis fiscaux


Les investissements des fonds spéculatifs dans les paradis fiscaux (en bleu)
L'existence des paradis fiscaux soulève plusieurs type de questions distinctes :
• la concurrence fiscale
• la concurrence économique, entre entreprises issues de pays différents
• la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement d'organisations criminelles
• la stabilité du système financier international

Graphique no. 1

¹ Organisations Non Gouvernamentales


² L'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'aide aux citoyens
Ces questions sont néanmoins souvent évoquées ensemble (avec plus ou moins de bonne
foi, dans la mesure où communiquer à propos du blanchiment d'argent est plus facile et plus
porteur, que simplement se plaindre d'une perte de rentrées fiscales au profit d'un micro-état
voisin).

1.3 Concurrence fiscale et concurrence économique

Par les conditions favorables qu'il offre, un paradis fiscal attire les entreprises pour
qu'elles y installent leur siège social. Ces entreprises réduisent ainsi le montant de leurs impôts sur
les bénéfices par rapport à leur pays d'origine, échappant de cette manière à une fiscalité qu'elles
jugent excessive.
Mais ce gain pour les entreprises est autant de perdu pour les états, au grand dam des
partisans de politiques sociales, et à la grande satisfaction des partisans de la concurrence fiscale
qui y voient un moyen de limiter la tendance naturelle des états à taxer toujours davantage (un
résultat de cette concurrence est par exemple que l'épargne des non-résidents n'est imposée dans
aucun pays européen) et de respecter le droit des individus à « organiser leurs affaires de façon
telle qu'ils n'aient à acquitter que le minimum d'impôts prévu par la loi » (selon les termes du
ministre des Finances canadien en février 1985, dans sa déclaration des droits du contribuable)..
On note que tous les grands pays ont, dans leur voisinage et sous leur dépendance de
facto voire de jure, un paradis fiscal qui lui permet d'attirer les devises et les investissements
étrangers, ainsi que d'éviter une trop grosse exportation de capitaux des nationaux : Monaco pour
la France, les îles Anglo-Normandes pour le Royaume-Uni, les Bahamas pour les États-Unis, Le
Lichtenstein entre la Suisse et l'Allemagne, etc.. Il est plus facile de faire varier le niveau de
tolérance appliqué à ces satellites et à leur entreprises nationales, que de faire évoluer leur système
fiscal, avec tout ce que implique de débat public et de délais.
Ainsi, les paradis fiscaux apparaissent-ils comme des soupapes dans les systèmes fiscaux,
avec le risque de les voir se transformer en fuites importantes. Risque aggravé par les moyens
techniques modernes, en matière de transport et de finance : en août 2006, aux États-Unis
d'Amérique une enquête judiciaire révèle que de nombreux milliardaires détourneraient de l'argent
par l'entremise des paradis fiscaux, faisant perdre au fisc un total de 70 milliards de dollars par an
parmi les paradis fiscaux utilisés. Pour cela, des sociétés fictives ont établi leur siège aux Îles
Caïmans ou aux îles Vierges britanniques. Des comptes ont également été découverts dans
diverses îles des Caraïbes et sur l'île de Man.

2. Territoires dits « paradis fiscaux »


Divers organisations, organismes, États, établissent des listes de paradis fiscaux
(coopératifs ou non). Voici quelques exemples de listes.
Quatre facteurs principaux sont utilisés pour déterminer si une juridiction constitue un
paradis fiscal. Le premier est le fait que cette juridiction applique des impôts inexistants ou
insignifiants. Ce critère n'est pas suffisant par lui même pour permettre de qualifier une juridiction
de paradis fiscal. L'OCDE reconnaît que toute juridiction a le droit de décider d'appliquer ou non
des impôts directs et, dans l'affirmative, de déterminer le taux d'imposition approprié. Une analyse
des autres facteurs essentiels est nécessaire pour qu'une juridiction soit considérée comme un
paradis fiscal. Les trois autres facteurs à prendre en compte sont les suivants :
1. Y-a-t-il une absence de transparence ?
2. Existe t il des lois ou pratiques administratives qui empêchent un véritable échange
de renseignements à des fins fiscales avec les autres administrations en ce qui concerne les
contribuables qui bénéficient d'une imposition inexistante ou insignifiante ?
3. L'absence d'activités substantielles est elle admise ?
La condition de transparence permet de faire en sorte que les législations fiscales
soient appliquées d'une manière ouverte et cohérente entre des contribuables se trouvant dans des
situations similaires et que les informations dont les autorités fiscales ont besoin pour déterminer
exactement le montant de l'impôt dû par un contribuable soient disponibles (par exemple dans les
registres comptables et les pièces justificatives correspondantes).
En ce qui concerne les échanges de renseignements en matière fiscale, l'OCDE invite
les pays à adopter un système d'échanges de renseignements "à la demande". Il s'agit du cas où les
autorités compétentes d'un pays demandent à celles d'un autre pays des informations spécifiques
concernant une vérification fiscale spécifique, en général en application d'un accord bilatéral
d'échange de renseignements entre les deux pays. L'un des éléments essentiels de ces échanges de
renseignements est la mise en œuvre de garanties appropriées pour assurer une protection
suffisante des droits des contribuables et de la confidentialité de leur situation fiscale.
Le critère d'absence d'activités substantielles a été inclus dans le Rapport de 1998
pour permettre d'identifier les paradis fiscaux, dans la mesure où l'absence de ces activités laisse
supposer qu'une juridiction pourrait s'efforcer d'attirer des investissements et des transactions qui
sont uniquement motivés par des considérations fiscales. En 2001, le Comité des affaires fiscales
de l'OCDE a demandé que ce critère ne soit pas utilisé pour décider si un paradis fiscal était ou non
coopératif.

PEUT-ON DEFINIR LES PARADIS FISCAUX ?


Souvent établis dans des îles enchanteresses, sur des rivages ensoleillés ou lovés dans des
vallées luxuriantes, certains paradis fiscaux ne dédaignent pas de se comparer aux "grands parcs et
jardins délicieux" des anciens Perses, qui ont créé le mot "paradis".
Il serait en revanche plus audacieux, voire provocant, même dans un système qui connaît
le principe du libre choix de la voie la moins imposée, d'attribuer aux paradis fiscaux une autre des
définitions reconnues aux paradis : "lieu où résident les âmes des justes et des anges, jouissant d'un
bonheur éternel" .
C'est en réalité une vieille définition d'un terme de marine qui paraît la plus adéquate pour
justifier l'appellation de "paradis", pour les paradis fiscaux.
En effet, au 16ème et au 17ème siècle, on appelait "paradis", une "retraite pratiquée dans
un port pour mettre les navires à l'abri des accidents de la mer et du vent". Le paradis fiscal est
ainsi un refuge où vont s'établir certains contribuables, et où d'autres envoient simplement leur
fortune pour échapper aux aléas de la fiscalité dans leur pays d'origine. On retrouve ainsi tout à la
fois l'expression couramment utilisée par l'administration fiscale belge, de "pays-refuge", et
l'appellation anglaise, tout aussi maritime, de "tax haven".
Encore la notion de "refuge" ou, mieux, de "refuge fiscal" ne fournit elle pas d'éléments
de définition suffisants. Elle ne permet même pas de caractériser le comportement de ceux qui
utilisent ce refuge. Un refuge peut en effet être utilisé légitimement ou non, pour se préserver
d'actions d'administrations fiscales ou judiciaires, la nuance devant être établie entre le criminel de
droit commun qui se réfugie devant les poursuites et "le réfugié fiscal" qui choisit de s'établir ou
d'établir ses affaires à l'abri d'impôts qu'il juge excessifs.
Les paradis fiscaux sont en effet utilisés pour des activités fort différentes. Certains n'y
recherchent pas principalement l'avantage fiscal qu'ils procurent, mais la discrétion qui y est
souvent associée. Pour ceux qui recourent aux paradis fiscaux en raison de leurs avantages fiscaux,
il faut encore distinguer entre ceux qui pratiquent la fraude fiscale, comportement illicite qui, par
une contravention à la loi, vise à échapper à une imposition, et ceux qui recourent seulement à
l'évasion fiscale. Ceux-ci ne font, en droit belge, que recourir au choix licite de la voie la moins
imposée, consacrée de manière constante par la jurisprudence.
L'évasion fiscale, même élaborée, et même recourant à des paradis fiscaux, est donc un
comportement d'évitement de l'impôt qui consiste pour le contribuable à s'organiser pour ne payer
que les impôts prévus par la loi.
Lorsqu'il s'agit de recourir à des paradis fiscaux, cette évasion fiscale se caractérise le
plus souvent par une "évasion physique", consistant, soit en l'établissement du contribuable
personne physique dans un pays moins imposé, soit en la création d'une société dans ce pays, soit
encore en le déplacement d'une affaire ou d'un patrimoine vers un pays bénéficiant d'un régime
fiscal plus avantageux
La distinction entre la fraude et l'évasion fiscale ne se situe pas dans l'intention du
contribuable, qui, dans les deux cas, consiste à éviter l'impôt, ni dans le caractère plus ou moins
élaboré des techniques utilisées, mais bien en la question de savoir si le contribuable accepte les
conséquences juridiques de ses actes. Conformément à la jurisprudence belge, "il n'y a ni
simulation prohibée à l'égard du fisc, ni partant fraude fiscale, lorsque, en vue de bénéficier d'un
régime fiscal plus favorable, les parties usant de la liberté des conventions, sans toutefois violer
aucune obligation légale établissent des actes dont elles acceptent toutes les conséquences, même
si ces actes sont accomplis à seule fin de réduire la charge fiscale".
Cette observation qui implique que les paradis fiscaux peuvent être créés et utilisés à des
fins licites, est essentielle dans l'analyse du rôle de ceux-ci.
Avant d'examiner les différentes caractéristiques prêtées aux paradis fiscaux, pour tenter
d'en dégager une définition, il convient de constater que d'un point de vue de droit public, ceux-ci
ne présentent aucune homogénéité. Non seulement, ils n'ont aucune caractéristique qui les
distinguent d'autres Etats ou territoires, mais il peut s'agir d'entités dont le statut de droit public est
particulièrement variable. On y trouve en effet, tant des Etats souverains, qui sont souvent des
micro- Etats (Monaco, Liechtenstein, Andorre), mais qui sont parfois plus étendus (Uruguay,
Panama), que des territoires bénéficiant d'un statut d'autonomie particulier (Iles anglo-normandes,
Ile de Man), voire des territoires bénéficiant d'un régime économique spécial (Hong Kong), ou
encore de simples collectivités territoriales (Madère, Campione d'Italia) ou des colonies
(Gibraltar).
En aucun cas, le statut politique ou administratif d'une entité ne peut donc servir de
critère distinctif d'un paradis fiscal.

2.1 Principaux critères habituellement retenus par la doctrine internationale


pour distinguer les paradis fiscaux
La difficulté, dans la définition des paradis fiscaux, résulte du fait qu'ils ne sont
caractérisés par aucune disposition légale, du moins en Belgique et dans la plupart des pays.
Il s'agit d'une notion rarement utilisée par la doctrine elle-même, pas plus d'ailleurs que
par la jurisprudence.
On en est dès lors réduit, si l'on veut définir les paradis fiscaux - où nous verrons que
cette définition n'est pas nécessairement utile - à utiliser un ensemble d'éléments dont aucun n'est
en soi décisif, et dont nous verrons qu'ils sont le plus souvent fort vagues, et eux-mêmes
difficilement définissables.

2.2 Le critère de la faible imposition


La faible imposition est évidemment le premier critère auquel on songe pour caractériser
les paradis fiscaux.
A y bien réfléchir, ce critère n'est toutefois pas aussi simple, ni si évident qu'il y paraît à
première vue.
Tout d'abord, la faible imposition doit s'apprécier impôt par impôt. La plupart des paradis
fiscaux sont recherchés pour leur absence ou leur faible imposition en matière d'impôt sur les
revenus ou en droits de succession.
Il peut également y avoir des paradis fiscaux pour d'autres impositions, et dans le passé, on
pouvait éventuellement penser à cet égard aux droits de douane.
Un paradis fiscal pour un impôt peut fort bien ne pas l'être pour un autre impôt.
Même si l'on se centre sur les impôts sur les revenus, on peut constater que certains paradis
fiscaux connaissent une faible imposition pour les personnes physiques, mais bien davantage pour
les sociétés (Monaco), tandis que d'autres taxent très faiblement les sociétés, mais non les
personnes physiques qui résident sur leur territoire (Iles anglo normandes, Gibraltar). Plus
subtilement, certains paradis fiscaux propres aux sociétés ne font bénéficier d'un régime
avantageux que les sociétés n'opérant pas sur leur territoire (cas des anciennes sociétés off-shore
anglaises et irlandaises, sociétés de Gibraltar, des Antilles néerlandaises...).
On voit immédiatement que la notion de paradis fiscal a donc un caractère relatif, par
rapport à l'impôt concerné mais aussi par rapport au type de contribuable concerné, voire même à
l'activité exercée par ces contribuables.
Plus précisément encore, certains paradis fiscaux ne sont avantageux que pour les
personnes exerçant une certaine profession (par exemple les artistes en Irlande), ou pour les
sociétés exerçant une activité spécifique (les sociétés holding dans les pays du Benelux et au
Danemark), voire même des activités très précisément énumérées par la loi (les centres de
coordination belges).
Il arrive ainsi que des pays à très forte taxation soient considérés comme des paradis
fiscaux, pour certaines catégories de contribuables, voire même pour certains revenus de certaines
catégories de contribuables.
A part pour certains territoires ne connaissant pratiquement aucune imposition, il est donc
simpliste d'affirmer que "tel pays est (ou n'est pas) un paradis fiscal"; la réalité est qu'il peut être un
paradis fiscal pour certains contribuables et non d'autres, pour certains impôts et non d'autres, pour
certains types de sociétés et non d'autres, pour certaines activités et non d'autres.
Bien plus, certains paradis fiscaux ne répondent à cette caractéristique que pour les
habitants de certains autres pays, ou pour les revenus provenant ou distribués dans certains autres
pays. Ainsi, Monaco n'est pas un paradis fiscal pour les Français qui viennent s'y établir alors qu'il
l'est pour des personnes de n'importe quelle autre nationalité, sauf mesure unilatérale prise par leur
Etat d'origine.
De même, pour certaines catégories de revenus, un pays n'est un paradis fiscal que dans la
mesure où les étrangers provenant d'autres pays peuvent utiliser des clauses favorables prévues
dans des conventions préventives de la double imposition, voire même parce que les résidents
d'autres pays peuvent utiliser les failles de leur propre législation, en raison des caractéristiques
propres du paradis fiscal en question.
On a ainsi pu constater que certains paradis fiscaux (Chypre, Gibraltar) avaient relevé de
zéro à quelques pour-cent le taux d'imposition de leurs sociétés, pour leur permettre de rester
avantageux pour les résidents de certains pays pour lesquels un taux de taxation de zéro pour-cent
dans le paradis fiscal aurait exposé le bénéficiaire à une imposition dans leur pays d'origine, alors
qu'une faible taxation n'aboutissait pas au même résultat.
Certains paradis fiscaux offrent même à des sociétés domiciliées chez eux le choix entre
une taxation à zéro pour-cent, une taxation à un pourcentage très faible (par exemple 1 %) ou une
taxation à un taux modéré (15 %) : ce système (connu à Gribaltar par exemple) permet aux sociétés
de choisir leur taux d'imposition en fonction des conséquences qu en résulteront dans le pays
d'origine de leur société mère, de leur bénéficiaire personne physique, ou d'autres bénéficiaires des
revenus qu'elle distribue, avec la conséquence paradoxale qu'un taux de 15 % peut s'avérer
globalement plus favorable qu'une absence d'imposition.
Ceci fait apparaître un élément de relativité supplémentaire dans le critère de faible taxation
: celle-ci doit s'apprécier non seulement en valeur, par rapport à celle d'autres pays, mais aussi en
fonction des avantages fiscaux que certains de ceux-ci établis dans d'autres pays, pourront, à la
différence d'autres, retirer.
Ajoutons encore que "l'analyse, pour être significative doit être affinée non seulement au
niveau de chaque cellule et de chaque type d'impôt, mais encore de chaque secteur ou de chaque
sous-secteur d'activité. En effet, les différentes zones fiscales peuvent, de secteurs d'activité à
secteurs d'activité à l'intérieur d'un même Etat, être des zones de haute pression fiscale, ou
intermédiaire, ou de basse pression fiscale."
Il faut encore relever que l'avantage fiscal procuré par un pays, promu dès lors parfois à son
insu, au titre de "paradis fiscal" peut résulter d'une simple mesure technique de sa législation.
Ainsi, pendant des décennies, d'importants financements internationaux ont transité par des
banques belges, uniquement en raison de la facilité avec laquelle la Belgique accordait, de par sa
législation même, le bénéfice de la quotité forfaitaire d'impôt étranger. Dans d'autres cas, ce peut
être le régime d'amortissement particulièrement favorable accordé à certains biens, parfois, même
pas en vertu d'une loi, mais d'une simple pratique administrative, qui peut amener à choisir pour
des raisons purement fiscales, l'investissement dans un pays plutôt qu'un autre.
Le paradis fiscal idéal est aussi parfois trouvé dans un pays de taxation normale, mais qui
adopte des règles différentes d'assujettissement à l'impôt : en matière de leasing transfrontalier de
véhicules automobiles, les Pays-Bas qui considèrent que l'opération de leasing est une vente, pour
laquelle la TVA est due dans le pays de la livraison, sont un paradis fiscal pour des résidents
belges, dont la législation voit en le leasing une prestation de services localisée chez le prêteur de
services; la loi hollandaise prescrit ainsi la taxation en Belgique tandis que la loi belge prévoit la
taxation aux Pays-Bas; on a pu ainsi trouver des situations d'absence d'imposition, qu'auraient
vainement pu proposer des paradis fiscaux "complets" comme le Liechtenstein.
Un autre exemple peut consister, pour une personne décédée alors qu'elle était résidente
espagnole, dans le fait d'avoir des héritiers résidant en Belgique : l'Espagne : qui connaît pourtant
des taux de droits de succession relativement élevés, est dans une telle hypothèse et à la seule
condition que le défunt n'y possédait pas d'immeuble, un véritable paradis fiscal, pour la seule
raison qu'en vertu de la loi espagnole, les successions sont imposées au lieu de résidence des
héritiers (la Belgique) tandis que la loi belge s'abstient de taxer des successions ouvertes à
l'étranger en l'absence d'immeubles belges. L'existence d'un paradis fiscal ne résulte alors pas d'un
taux ni d'une disposition fiscale particulière plus avantageuse dans un pays, mais d'un conflit
négatif de législations.
Devant une telle profusion de situations pouvant aboutir à une absence d'imposition,
certains auteurs ont parfois proposé de réserver la qualification de "paradis fiscal" aux Etats qui
font des efforts particuliers pour divertir la matière financière internationale au profit de leur
territoire de manière à attirer artificiellement des contribuables ou des activités économiques chez
eux, pour des raisons exclusivement fiscales.
Suivant un tel critère l'Arabie Saoudite, qui ne connaît pas d'impôt sur le revenu parce
que ses richesses pétrolières ne l'obligent pas à en instaurer un, ne serait pas un paradis fiscal, en
l'absence de mesures fiscales volontairement attrayantes pour les capitaux étrangers, tandis que les
Iles Saint-Vincent et Grenadines, ou les Iles anglo-normandes constituent un paradis fiscal parce
que leur législation fiscale est expressément destinée à attirer les sociétés étrangères, seules
exemptées.
Ce critère paraît dépourvu de pertinence, en tout cas si on le prend isolément. Il aboutit en
effet à faire de la Belgique, qui a créé le régime des centres de coordination dans le but de les
attirer sur son sol, un paradis fiscal, tandis que Monaco ou Andorre, qui n'ont pas établi
d'imposition sur le revenu des personnes physiques parce que leur Trésor public n'en a nul besoin,
ne se retrouveraient plus dans cette catégorie.
2.3 La confidentialité

Le second critère habituellement retenu pour caractériser les paradis fiscaux est la
confidentialité dont ils bénéficient en général. Celle-ci est en général consacrée par un secret
bancaire protégé, soit légalement, d'une manière générale (Suisse, Luxembourg), ou seulement à
l'égard des administrations fiscales, soit par une pratique administrative ou judiciaire (Iles Anglo-
normandes)
.Le secret bancaire se double en général d'un secret professionnel accru au profit des
personnes amenées à gérer ou à constituer des personnes morales, bénéficiant dans ces pays d'un
régime fiscal exorbitant de droit commun. A vrai dire, ce secret bancaire ne devrait pas être un
critère propre à un paradis fiscal, en tout cas dans le cas où les utilisateurs de celui-ci recourent à
l'évasion fiscale, par opposition à la fraude fiscale.
Le secret n'a en lui-même rien à voir avec la faiblesse de l'imposition, et celui qui,
légalement, recourt à la voie la moins imposée, doit en principe être prêt à révéler à sa propre
administration fiscale quels actes il a accompli, puisque, si ceux-ci sont sincères, rien ne peut lui
être reproché.
La question est toutefois plus complexe. D'abord, évidemment parce qu'un certain
nombre d'utilisateurs de paradis fiscaux, recourent à ceux-ci non pas dans le cadre d'une évasion
fiscale, mais bien pour faciliter une fraude fiscale ou pour y loger des capitaux, qui ne sont en leur
possession que suite à une telle fraude, voire à des infractions à d'autres législations.
Mais aussi, même ceux qui ne procèdent qu'à l'évasion fiscale, souhaitent en général
éviter de devoir révéler les actes qu'ils ont accomplis à l'administration fiscale quand bien même ils
seraient convaincus du caractère licite de ces actes.
Tout d'abord, ils savent que la seule perspective d'un contrôle approfondi sur leurs actes
représente un inconvénient en soi, et une charge en temps ou en argent, considérable.
Ils savent aussi que l'administration fiscale, même dans les pays où le choix licite de la
voie la moins imposée est reconnu, ne possède pas toujours des agents suffisamment qualifiés pour
distinguer la fraude de l'évasion proprement dite, ce qui oblige parfois à l'exercice de recours
contre des taxations injustifiées.
Ils redoutent parfois des législations rétroactives, qui rendraient illicites des actes qui sont
accomplis en toute légalité, ou, à tout le moins, des législations venant altérer pour l'avenir la
légalité des actes qu'ils ont accomplis dans le passé.
Ils craignent enfin des changements de législation (par exemple, en Belgique,
l'instauration d'un impôt sur le patrimoine), voire des changements dans les circonstances, qui
rendraient exigibles des impôts qui ne le sont pas au moment où ils ont accompli leurs actes (par
exemple, leur propre décès, qui entraînera la débition de droits de succession très importants, alors
qu'ils détiennent les actions au porteur d'une société holding luxembourgeoise, et n'éludent dès
lors, de leur vivant aucune imposition belge).
Plus simplement, ils souhaitent souvent ne pas devoir révéler l'existence de leurs avoirs à
l'administration fiscale, par simple souci de protection de leur vie privée et de celle de leurs
proches.
Le secret est donc un atout essentiel pour les paradis fiscaux, non seulement, lorsqu'ils
accueillent, consciemment ou non, des fraudeurs du fisc ou des personnes ayant préalablement
fraudé le fisc dans leur pays d'origine, mais aussi dans leurs rapports avec des personnes qui ont
simplement choisi de recourir à la voie licite la moins imposée.
C'est la raison pour laquelle, la plupart des paradis fiscaux connaissent effectivement un
certain degré de secret bancaire et financier en général.
Ce critère n'est toutefois, une fois encore, nullement décisif. Des pays, tels la Hongrie et
la Russie, voire Israël ont permis la constitution de sociétés off-shore, dans le passé, du moins,
sans garantir un secret bancaire particulièrement rigoureux. D'autres pays, qui ne sont pas des
paradis fiscaux généraux, connaissent d'ailleurs un certain système de secret bancaire, soit
largement défini (Suisse), soit en limitant les pouvoirs d'investigation en la matière de
l'administration fiscale (Belgique).
Paradoxalement, ceux qui émettent des griefs à l'égard des paradis fiscaux leur
reprochent en général davantage la confidentialité qu'ils offrent aux capitaux voire aux personnes,
que leur régime fiscal avantageux.
La lecture du "manifeste pour le démantèlement des paradis fiscaux en Europe" est
édifiante à cet égard. Ce manifeste, qui trouve son origine dans "l'appel de Genève" lancé par
certains magistrats financiers européens, reproche aux paradis bancaires et fiscaux d'organiser
"l'impunité", en raison de l'absence de libre circulation des informations judiciaires, qu'ils
permettent souvent et des avantages offerts par les sociétés qui y sont domiciliées; il n'est
nullement question, dans ce manifeste, qui ne craint certes pas les contradictions d'une éventuelle
nécessité pour les Etats de maintenir une charge fiscale minimale.

2.4 Quelques "critères" d'importance secondaire


On cite parfois comme caractéristiques des paradis fiscaux, divers éléments qui certes
peuvent les rendre plus attrayants, mais qui ne permettent assurément pas de les définir.
On trouve parmi ces caractéristiques : une législation incitative en matière d'accueil des
capitaux, une réglementation bancaire favorable, une législation protectrice des affaires, des
clauses de mutabilité juridique et fiscale protégeant contre un changement de législation, voire de
régime. Certains y ajoutent même, mais à notre avis à tort, l'existence d'un réseau important de
conventions préventives de la double imposition: il s'agit là d'une caractéristique qui ne concerne
que des paradis fiscaux spécialisés dans certaines catégories de revenus, alors qu'au contraire les
paradis fiscaux "généraux" possèdent en général très peu de conventions préventives de la double
imposition.
L'analyse de ces différentes caractéristiques amène à la conclusion qu'il n'est pas
possible de définir les "paradis fiscaux" d'une manière scientifique. Ce n'est d'ailleurs guère
étonnant dans la mesure où cette notion ne possède, en tout cas en Belgique, aucune base légale.
On peut aussi se demander si la notion même de paradis fiscaux présente une certaine
utilité alors que la loi belge recourt à d'autres notions que nous examinerons ci-dessous, et que
l'absence de clarté quant à la définition de ces paradis à amener à des confusions que nous avons
dû relever.

2.5 Paradis fiscaux non-coopératifs selon l’OCDE

L'OCDE établit chaque année une liste des paradis fiscaux non coopératifs.
L'OCDE applique des critères assez restrictifs pour déterminer le caractère de paradis
fiscal d'un pays. Au premier plan, le fait que la juridiction concernée applique des impôts
inexistants ou insignifiants, mais ce critère n'est pas suffisant car l'OCDE reconnaît que toute
juridiction a le droit de décider d'appliquer ou non des impôts directs et, dans l'affirmative, de
déterminer le taux d'imposition approprié. Les autres facteurs nécessaires pour qu'une juridiction
soit considérée comme un paradis fiscal par l'OCDE sont une absence de transparence dans
l'application de la loi fiscale, l'absence d'échange de renseignements à des fins fiscales avec les
autres administrations et le fait que l'absence d'activités substantielles soit admise.
Depuis que l'OCDE a mis en place des outils de lutte contre les paradis fiscaux, 33
juridictions ont pris des engagements en matière de transparence et d'échange effectif de
renseignements et ont été retirées de la liste.
Les juridictions qui n'ont pas encore pris d'engagement en matière de transparence et
d'échange effectif de renseignements sont: Andorre, Liechtenstein, Monaco.

2.6 Paradis fiscaux selon ATTAC :

Afrique : Seychelles, Maurice, Tunisie, Libéria


Amérique : Antilles néerlandaises, Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade,
Belize, Bermudes, Îles Caïmans, Costa Rica, Grenade, Honduras , Jamaïque, Montserrat,Panamá,
Saint-Barthélemy (Guadeloupe), Saint-Christophe-et-Niévès,Trinité-et-Tobago, Sainte-Lucie,
Saint-Vincent-et-Grenadines, Îles Turques-et-Caïques, Îles Vierges britanniques, Aruba , Delaware
(États-Unis).
Asie : Singapour, Hong Kong, Hainan (Chine)
Europe : Andorre, Chypre, Campione (Italie), Gibraltar, Île de Man,
Irlande, Guernesey, Jersey, Luxembourg, Liechtenstein, Monaco, Pays-Bas, Principauté de
Seborga, Sealand, Suisse.
Moyen-Orient : Bahreïn, Oman, Dubai
Océanie : Nauru, Pitcairn, Tonga, Vanuatu, îles Marshall, Îles Cook.

2.7 Paradis financier


Les paradis financiers ou paradis bancaires ne doivent pas être confondus avec les paradis
fiscaux et les paradis judiciaires¹, même s'il peut y avoir des recoupements.
Ils sont caractérisés par un fort secret bancaire (hormis en cas d'injonction de la justice du
pays), ainsi la Suisse est un paradis bancaire, mais n'est en général pas considérée comme un
paradis fiscal (alors qu'inversement un paradis fiscal pratique aussi le secret bancaire).

¹est un territoire, généralement un pays, qui échappe aux lois, notamment pénales,
communément admises dans la plupart des autres pays.
3. Les Paradis Fiscaux. Trous Noirs de la Finance Mondiale
Les paradis fiscaux sont la plaie de la finance internationale. L’argent de l’évasion
fiscale, de la corruption et des mafieux de tous bords y trouve des havres de paix. Pourtant, rien ne
nous oblige à supporter ces zones de non-droit de la mondialisation. Encore faut-il que la classe
politique ait le courage, au niveau international, de s’affronter aux banquiers qui les utilisent. On
distingue l’économie d’impôt, légale, de la soustraction d’impôt et de la fraude fiscale qui ne le
sont pas :
Economie d’impôt¹: utilisation par un contribuable ou une société des possibilités
offertes par le droit pour réduire ou éviter l’impôt (par exemple: délocalisation des actifs
successoraux).
Soustraction d’impôt: violation par un contribuable ou une société d’une obligation que
lui impose la loi, omission de déclaration de revenus ou d’éléments de fortune et en conséquence
non taxés. La soustraction d’impôt fait l’objet d’une procédure administrative dirigée par les
autorités fiscales et est passible d’une amende. Les banques, en tant que tiers, n’ont toutefois pas à
fournir des renseignements directement aux autorités fiscales.
Fraude fiscale: mise en oeuvre par un contribuable ou une société de moyens destinés à
tromper le fisc en utilisant notamment des documents faux, falsifiés ou inexacts tels que livres
comptables, comptes de résultat, bilans, certificats de salaires et autres attestations. La fraude
fiscale peut donc etre apparentée à une escroquerie ou à un faux dans les titres.

3.1 Causes historiques

Depuis l’antiquité, des territoires, souvent des îles des Caraïbes ou du Pacifique, ont
constitué des zones de protection pour les flottes des grandes puissances : ports d’accueil des
navires pour se protéger des pirates ou du mauvais temps.
Les premières motivations économiques remontent aux années 1920-1930, afin de
soustraire les grandes fortunes à l’impôt (île de Man, Bahamas, Liechtenstein, Suisse,
Luxembourg).
Après la crise de 1929 et l’avènement des politiques keynésiennes, la pression légale et
fiscale augmente dans les pays développés (Etat Providence), créant un décalage avec les
législations des zones à faible fiscalité (Suisse, Luxembourg, Monaco). Le phénomène connait une
accélération à partir de la seconde guerre mondiale ; dès lors, se développe une véritable stratégie
économique de la part de certains Etats, notamment d’Amérique latine qui, ne reçevant pas l’aide
économique promise, vont se mettre à "commercialiser leur souveraineté", pour faire face à la
dégradation des termes de l’échange sur le commerce des matières premières.
¹épargne fiscale

Ces zones de faible pression fiscale attirent les capitaux internationaux, les holdings
financiers d’entreprises multinationales, mais aussi l’argent sale.
Dans ces territoires des législations tolérantes seront mises en place pour sécuriser et
séduire les détenteurs de capitaux, instituant ainsi, de façon toujours plus "légale et officielle", les
paradis bancaires et fiscaux.
Dans les années 1960, la formation d’énormes masses d’eurodollars cherchant à
contourner les restrictions sur la rémunération de l’épargne aux Etats-Unis, mais aussi et surtout
parce que trop de dollars sont mis en circulation par les Etats-Unis, et à leur bénéfice, commence à
donner naissance à ce qui sera la prochaine "bulle financière". Les années 1970 constituent la
phase suivante du développement des paradis bancaires et fiscaux, car ils deviennent l’un des
éléments structurants de la mondialisation financière qui prospère d’eurodollars en pétrodollars à
la faveur des changes flottants sur les cendres de Bretton Woods (fin de la convertibilité du dollar
en or en 1971). Tous les grands établissements financiers, favorisés par la place financière de
Londres, ont gagné au développement de ces zones à fiscalité faible ou inexistante, en faisant
circuler les capitaux nomades à la recherche du profit. Désormais, mondialisation financière,
paradis bancaires et fiscaux et argent sale se développent de façon concomitante.

3.2 Conséquences

3.2.1 L’évasion fiscale

A titre d’exemple, News Corp., l’entreprise de M.Rupert Murdoch, ne paye que 1,2
milliards de FF d’impôts sur les sociétés (l’équivalent de 7 hôpitaux ou 300 écoles primaires), soit
un taux d’environ 6 % seulement, pour un résultat de 32 milliards de FF. Le groupe comprend 800
filiales, dont une soixantaine de sociétés enregistrées das des paradis fiscaux tels que les îles
Caïman, les Bermudes, les Antilles néerlandaises et les îles Vierges. Cette organisation permet à
News Corp.de transférer une partie de ses bénéfices à News Publishers, une société de droit
bermudien, qui réalise depuis sept ans 16 milliards de FF de bénéfices nets alors qu’elle ne compte
apparemment aucun salarié ni aucune source visible de revenus.

3.2.2 Le Blanchiment de l’argent sale

Les trafiquants de drogue occupent une place de choix parmi les utilisateurs des paradis
fiscaux. Le commerce de la drogue représente 8 % du commerce mondial (ONU 1997) et le PCB,
ou Produit Criminel Brut, atteint 15 % du commerce mondial (4800 milliardsde FF) dont 50 %
doivent être blanchis pour être réintégrés à l’économie légale. Plus de 1800 milliards de FF sont
blanchis chaque année dans le monde et le blanchiment de l’argent de la drogue est comparable à
la somme de l’ensemble des investissements dans les pays émergents (source FMI).
3.2.3 Les circuits de blanchiment

Les opérations de blanchiment se composent traditionnelement de trois étapes:


1.Le prélavage, qui consiste à introduire l’argent liquide dans le circuit économique et financier
normal, par l’intermédiaire de sociétés relais dans les paradis fiscaux.
2.Ensuite le lavage, qui sert à brouiller l’origine des fonds par des opérations diverses.
3.Enfin le recyclage, qui consiste à faire resortir les sommes blanchies dans des activités diverses
(consommation, immobilier, investissements productifs), pour les utiliser sans risque après leur
avoir donné l’apparence d’une origine licite.
La réalité est aujourd’hui plus complexe, notamment parce que le volume des capitaux de
la haute finance criminelle est tel que ces fonds peuvent difficilement réapparaître dans l’économie
réelle. Ainsi, durant les dix dernières années, plus de mille milliards de dollars se sont évanouis
(Trou noir) de l’économie réelle pour "surfer" sur les marchés virtuels de la finance mondiale.
Gérés à partir des paradis bancaires et fiscaux, les intérêts qu’ils produisent suffisent à assurer le
train de vie des parrains mafieux.

3.3 Spéculation/Instabilité monétaire

La libéralisation des marchés a transformé les paradis bancaires et fiscaux en points de


passage obligés des capitaux. Ils obéissent à deux régles: sécurité (stabilité de la place financière et
stabilité politique du pays dans lequel ils sont engagés) et profitabilité. Les 126.000 milliards de FF
aujourd’hui sous contrôle des spéculateurs et gestionnaires de fonds (dont 50 % américains)
dépassent le PNB de tous les pays industriels réunis.
Le moindre déplacement au gré de l’humeur de quelque gestionnaire peut soit créer les
conditions économiques de la croissance (Etats-Unis), soit causer une crise économique (Asie,
Brésil, Russie).

3.4 Prise de conscience

L’appel de Genève, cosigné par les juges européens jouissant d’une forte notoriété pour leur
compétence dans les grandes affaires de délinquance et de criminalité politique et financière,
constitue aujourd’hui l’une des initiatives les plus emblématiques de la prise de conscience de la
lutte pour le démantèlement des paradis fiscaux et bancaires. Il a été relayé par la signature de
milliers de citoyens.

Car, pour le juge français Renaud Van Ruymbeke, seule la répression des délinquances "mineures"
reste dans le domaine de l’action de l’Etat de droit. Les magistrats sont en première ligne pour
constater leur impuissance face à la réelle impunité dont bénéficie la criminalité financière
profitant des immenses possibilités des technologies de l’information et de la complicité objective
des autorités politiques. Ces dernières, soucieuses de ne pas contrarier la finance internationale qui
détient les capitaux, sont paralysées devant les phénomènes à l’oeuvre (par ailleurs, elles utilisent
quelquefois les mêmes circuits pour les moins recommandables de leurs activités). Ainsi le même
juge n’hésite pas à écrire: "En l’état actuel de la législation européenne, les chances offertes à un
magistrat de démanteler un réseau criminel sont pratiquement nulles. Ceux qui prétendent le
contraire mentent". Même les institutions internationales, comme l’O.C.D.E., considèrent
également que la situation créée par l’existence des paradis fiscaux est préoccupante.
L’administration française des finances, mais aussi les policiers, ainsi que plusieurs
rapports de parlementaires fraçais, associent clairement le développement de la corruption et de la
criminalité économique à l’existence des paradis fiscaux et bancaires. Les citoyens réagissent de
leur côté, et plusieurs associations et O.N.G. telles qu’ATTAC, dénoncent en permanence cette
criminalité financière permise au coeur même de l’Europe. Celle-ci prive les Etats de recettes
fiscales massivement détournées. La conséquence est de faire porter sur les seuls revenus du
travail, qui sont rivés à l’économie réelle et ne bénéficient pas de la mobilité permise aux capitaux,
tout le poids de la taxation nécessaire au fonctionnement des sociétés modernes.
Citons une fois encore le juge R Van Ruymbeke: " L’Europe doit choisir entre la liberté
de ses citoyens et celle de ses criminels ou de ses banquiers. C’est à chacun de nous de faire le
nécessaire pour que l’idée de bien commun survive à la révolution financière".

Graphique no. 2
4. FISCALITÉ ET GOUVERNANCE

D.un point de vue historique, l.émergence d.États fiables et efficaces est intimement liée à
la mise en place de systèmes fiscaux¹. En Europe de l.Ouest, puis en Amérique du Nord, la
négociation entre les gouvernants et les contribuables a incité les gouvernements à promouvoir une
prospérité économique globale et à améliorer les politiques de manière à satisfaire la demande
citoyenne. Le concept de « contrat social fiscal » est fondamental pour comprendre les conditions
qui ont présidé à l’émergence de gouvernements représentatifs et de démocraties en Europe de
l’Ouest et aux États-Unis. Les citoyens ont souscrit au principe de l.impôt et accepté de le payer
parce qu.en retour ils obtenaient la garantie d.être représentés dans le processus de prise de
décision et un droit de regard sur la façon dont l.argent public était collecté et dépensé. Cette
revendication est celle exprimée lors de la révolte des colonies américaines au 18e siècle : « pas
d.impôt sans représentation ».
Moins connue, l’évolution fiscale en Europe mérite un rappel. Sous la menace constante de
guerres entre les États, certains gouvernements (notamment ceux de Grande-Bretagne et des Pays-
Bas à partir du milieu du 17e siècle) négocièrent l’impôt avec les contribuables, et en particulier
avec les détenteurs de capitaux mobiles, de manière à avantager et les États, et les contribuables.
Le fait que l’impôt soit ainsi négocié signifiait qu.il était moins coûteux à collecter et plus
prévisible. Ceci a incité les gouvernements à mieux planifier les recettes fiscales à long terme, et
les entreprises à investir. Les gouvernants avaient tout intérêt à renforcer l’administration pour
collecter et gérer l’impôt et à élargir son champ d’action. Les procédures de recrutement, de
formation et de gestion des personnels chargés de la collecte de l.impôt en sont venues à constituer
des modèles d.efficacité pour la fonction publique. Les contribuables, au sein du parlement, ont
adopté des procédures de suivi et de contrôle de la collecte de l’impôt et de la gestion des
dépenses. Les gouvernants avaient un intérêt direct à promouvoir la prospérité des contribuables et
à la préserver en vue d.augmenter les recettes fiscales. En s.appuyant sur le produit désormais
fiable de l.impôt pour emprunter auprès de leurs administrés, les Hollandais, puis les Britanniques
sont passés du statut d.« État fiscal » au statut plus abouti d.« État de finances »².

¹ Les références complètes peuvent être consultées dans M. Moore (avril 2007), How Does Taxation Affect
the Quality of Governance?, IDS Working Paper, Brighton, p. 280.
² Ce développement est tiré de J. Brewer (1989), The Sinews of Power: War, Money and the English State,
1688-1783, Routledge, London, et C.Tilly (1992), Coercion, Capital and European States AD 990-1992,
Blackwell, Cambridge, MA.
Le tableau 1 résume les mécanismes fondamentaux qui sont en jeu. La négociation de
l’impôt a eu pour effet immédiat le renforcement de la capacité, de la fiabilité et de la réactivité de
l’État. Les États comme les citoyens en ont bénéficié.

Tableau 1. Effets d.une fiscalité générale sur la gouvernance

Effets immédiats Effets intermédiaires Conséquences directes


pour la gouvernance
Effets sur l.État (i) L.État a intérêt à promouvoir la Plus de réactivité
prospérité des citoyens
La collecte de l.impôt auprès des (ii) L.État a intérêt à développer Plus d.efficacité administrative
citoyens est source de revenu pour une administration fiscale pour
l’État le renseignement et la collecte de
l’impôt

Effets sur les citoyens (i) (Certains) contribuables sont Plus de fiabilité
amenés à se mobiliser pour
En étant imposés, les citoyens sont résister à l.impôt et/ou piloter
engagés dans le processus politique les modalités d.imposition et la
façon dont la recette fiscale est
dépensée
Résultats de l.interaction (i) Les impôts sont plus Plus de réactivité et d’efficacité
acceptables et prévisibles et le administrative et politique
L.État et les citoyens négocient. Les système d.imposition est plus
contribuables acceptent l.impôt. En efficace
retour, ils obtiennent un droit de
regard via les institutions sur les (ii) Les politiques publiques Plus de réactivité et d’efficacité
modalités et la collecte de l.impôt et s.améliorent du fait du débat et politique
sur son usage (i.e. politique publique) de la négociation

(iii) Les dépenses d.argent public Plus de fiabilité


sont plus contrôlées, et ce de
manière professionnelle

(iv) La branche législative (le cas Plus de fiabilité


échéant) est renforcée par rapport à
l’exécutif
Source : Adapté de M. Moore, How Does Taxation Affect the Quality of Governance?, Brighton: IDS
Working Paper 280,
avril 2007, p.17.

Les liens entre l’impôt et l’émergence de gouvernements compétents peuvent encore être
Illustrés par nombre d.expériences passées. Dans les pays de l’Est de l’Asie, les États en
développement possédaient des systèmes d.impôt généralisé. Ils étaient certes loin du modèle des
démocraties d’Europe de l’Ouest. Néanmoins, cela a contribué à créer une relation entre
gouvernement et citoyens qui s.est traduite à la fois par une plus grande prospérité économique et
par une plus grande efficacité de l’État.
Lorsqu’ils dépendent de l’impôt généralisé, les gouvernements ont intérêt à élargir leur
emprise et leur influence jusque dans les zones rurales et les régions périphériques. Ils doivent
aussi développer un vaste appareil administratif pour l’impôt, notamment un registre de la
population et une administration spécifiquement chargée du recouvrement qui pourra servir de
modèle pour améliorer la fonction publique en général.
En Corée du Sud et au Taipei chinois, un système fiscal fort venait soutenir des politiques
économiques efficaces et augmenter la capacité du gouvernement. Au Taipei chinois, les
ressources publiques dépendaient d.un système d.impôt généralisé, les différentes instances
gouvernementales se voyant donc contraintes de travailler de concert avec les entreprises et les
foyers fiscaux ; la nécessité de tenir des registres précis et à jour a largement permis d’éviter
l’émergence d’un secteur informel. Dans les années 1950, les différents gouvernements sud-
coréens se sont montrés très soucieux de la gestion de l’impôt : en effet 34 % des ressources
publiques provenaient d’impôts directs. Ceci a constitué une base pour la généralisation de l’impôt,
qui est intervenue dans les années 1960 sous le premier régime « développementaliste » du
Président Park, et pour le déploiement d’un système d’information grâce auquel le gouvernement a
pu cibler efficacement les aides, subventions et autres mesures interventionnistes en faveur des
entreprises¹.
La Corée du Sud, tout comme le Taipei chinois, ont évolué ensuite de manière progressive
et stable vers des régimes proches de la démocratie parlementaire à mesure qu’ils se sont enrichis,
sous des gouvernements qui prélevaient un impôt relativement généralisé et direct. Parmi les
pionniers de la bonne gouvernance en Amérique du Sud ou en Afrique, on trouve le Costa Rica et
l.Ile Maurice², qui présentent des évolutions très comparables : l’impôt n.est pas l’unique
déterminant d.un rapide développement, mais il est l.un des piliers d’un État efficace et offre
également une base solide pour l’établissement de régimes démocratiques fiables et réactifs.

¹ M. Shafer (1997), .The Political Economy of Sectors and Sectoral Change: Korea Then and Now., in S.
Maxfield et B. R. Schneider (eds.), Business and the State in Developing Countries,Cornell University
Press, Ithaca, NY.
² Sur l’île Maurice, pendant les 19e et 20e siècles, le sucre a constitué le principal produit d.exportation. La taxe à
l’exportation sur le sucre a incité les producteurs à s.organiser, notamment par le biais d.une Chambre d’agriculture
créée au milieu du 19e siècle. Les producteurs négocièrent ainsi avec le gouvernement les taxes et les mesures
concernant leur secteur. Cette interaction entre le gouvernement et les producteurs contribua à résoudre un certain
nombre de problèmes communs comme la recherche et l’investissement ; elle incita également les contribuables à faire
pression pour que la législature mauricienne se fasse mieux entendre et pour que le gouvernement favorise le
recrutement local. Ceci eut pour conséquence qu.à l’indépendance l’île Maurice jouissait déjà d’un État fortement
démocratique et d.une proportion remarquable de responsables administratifs locaux. (D. Bräutigam, .Contingent
Capacity: Export Taxation and State-building in Mauritius., in D. Bräutigam et al., op. cit.).
4.1 Pratiques fiscales dommageables

Les mécanismes de la concurrence ont encouragé les pays à rendre leurs systèmes fiscaux
plus attrayants pour les investisseurs. Toutefois, certaines pratiques fiscales sont
anticoncurrentielles et compromettent une concurrence équitable ainsi que la confiance du public
dans les systèmes fiscaux. L'OCDE offre un cadre dans lequel les pays peuvent s'efforcer de mettre
fin à ces pratiques fiscales dommageables.
Les révélations concernant une vaste fraude fiscale présumée pratiquée par des
ressortissants allemands par le biais du Liechtenstein mettent en lumière un défi beaucoup plus
large dans l'économie mondialisée d'aujourd'hui : comment réagir face à des pays et à des
territoires qui s'efforcent de profiter des tentatives des résidents d'autres juridictions pour échapper
à l'impôt.
„Il s'agit d'un problème fondamental dans le monde actuel caractérisé par une
interdépendance croissante" a déclaré le Secrétaire général de l'OCDE, M. Angel Gurría.
Les pays de l'OCDE, ainsi qu'un certain nombre de centres financiers coopératifs, s'efforcent
conjointement depuis un certain nombre d'années de faire face au problème posé par les pratiques
fiscales anticoncurrentielles, aussi bien dans les pays de l'OCDE que dans les centres
extraterritoriaux, en mettant au point des normes de transparence et d'échanges de renseignements
en matière fiscale qui s'efforcent de parvenir à un équilibre entre le souci de préserver la
confidentialité des informations financières et la nécessité, pour les pays, d'être en mesure
d'appliquer leurs législations fiscales.
Toutefois, malgré ces efforts, un petit nombre de juridictions ne sont toujours pas
conformes aux normes concernant les bonnes pratiques, et facilitent en fait la fraude fiscale de
certains de leurs clients.
En 2002, l'OCDE a publié une liste des paradis fiscaux non coopératifs, qui comprenait à
l'origine sept pays. Plusieurs d'entre eux ont désormais pris l'engagement de coopérer avec l'OCDE
et ses partenaires pour améliorer la transparence. Cependant, trois d'entre eux restent sur la liste :
l'Andorre, Monaco et le Liechtenstein.
„Tant qu'il existe des centres financiers qui refusent de coopérer dans le cadre des échanges
bilatéraux de renseignements fiscaux et qui ne répondent pas aux normes internationales en
matière de transparence, les résidents d'autres pays continueront à être tentés de continuer à
échapper à leurs obligations fiscales" a déclaré M. Gurría.
„L'ouverture de l'économie mondialisée ne pourra être assurée durablement que si les
participants assument leurs responsabilités mutuelles tout en en partageant les bénéfices. Des
réglementations excessives en matière de secret bancaire et l'insuffisance des échanges de
renseignements concernant la fraude fiscale pratiquée par des étrangers constituent des vestiges
d'un passé révolu et n'ont pas leur place dans les relations entre des sociétés démocratiques" a-t-il
déclaré.¹

¹ déclaration du secrétaire de l’OCDE au 19.02.2008


5. Analyse des paradis fiscaux
5.1 LES PAYS-BAS

On a vu avant qu’il y a plusieurs pays ou régions considérés comme des paradis fiscaux. En
suite on va voir comment le terme de « paradis fiscaux » influence la vie des habitants des pays
situés en divers parties du monde. Parce-qu’on vit en Europe on va commencer l’analyse d’une
région apparement grande, qui s’appelle Les Pays-Bas.
Les Pays-Bas sont constitués de 12 provinces : Brabant-Septentrional (Noord-Brabant),
Drenthe (Drenthe), Frise (Friesland), Flevoland, Groningue (Groningen), Gueldre (Gelderland),
Hollande-Méridionale (Zuid-Holland), Hollande-Septentrionale (Noord-Holland), Limbourg
(Limburg), Overijssel, Utrecht, Zélande (Zeeland).

Graphique no 3

Source : OCDE
5.1.1 Niveaux de vie
La méthode de calcul

Tout d'abord, le niveau de vie se calcule par ménage. Le choix de prendre comme unité de base
le ménage et non l'individu paraît indispensable : d'une part, beaucoup de dépenses ( loyer-eau-
électricité, ameublement, nourriture etc...) profitent à l'ensemble du foyer, d'autre part, il existe en
général une certaine solidaritééconomique entre les différentes personnes composant un ménage.
La solidaritééconomique entre les adultes et les enfants est obligatoire, le niveau de
solidaritééconomique entre les adultes dépend des choix d'organisation du ménage.
Ainsi, même si le modèle de "vases communiquants" ne correspond pas exactement à la
réalité, il y a plus de sens à dire "je vis dans un ménage ayant tel niveau de vie" que de dire
"individuellement, j'ai tel niveau de vie".
Voyons maintenant comment l'INSEE définit et calcule le niveau de vie :
Le revenu disponible du ménage est la somme des revenus après redistribution :
revenu disponible du ménage = revenu net du ménage + allocations - impots.
Un adulte vivant seule représente une "unité de consommation".
Le nombre d'unité de consommation dans un ménage se calcule ainsi :
unités de consommation = 1 unité pour le premier adulte + 0,5 unités par personne de plus de 14
ans + 0,3 unités par personne de moins de 14 ans
Cette formule essaye de tenir compte des économies d'échelles. Pour avoir un niveau de vie
égal, un ménage de 2 adultes n'a pas besoin de dépenser 2 fois plus d'argent qu'une personne
seule ; certaines dépenses ( loyers, chauffage etc...) varient plus lentement que le nombre de
personnes.
Le niveau de vie est simplement le revenu disponible par unité de consommation :
niveau de vie = revenu disponible / unités de consommations
Voilà, avec tout cela, vous devriez pouvoir mesurer le niveau de vie de votre ménage.
Dans le graphique suivant on peut observer les différences notables entre le degrée de
recouvrement de la force de travail dans de pays divers entre 15 et 24 ans.
Pourquoi il y a ces différences ?
On va analyser cette graphique en faisant un lien avec le terme « paradis fiscal » et ce qu’il
signifie.
On sait que en général les « paradis fiscaux » ont des taxex et des impôts très petits,
presque inéxistentes. Alors, ce logique d’avoir plusieurs investisseurs dans ces pays et ainsi se
formeront beaucoup plus lieux de travail.

5.1.2 Le taux d’investissement


Le taux d'investissement est la part de l'investissement dans la valeur ajoutée. Il est défini
par le rapport (FBCF / VA) x 100. Il permet les comparaisons internationales et temporaires
(baisse, stagnation ou augmentation) contrairement au coefficient du capital (autre moyen de
mesurer l'intensité capitalistique) qui n'est pas intéressant a l'échelle macroéconomique.
La FBCF¹ ou est l'agrégat qui mesure en comptabilité nationale l'investissement
(acquisitions moins cessions) en capital fixe des différents agents économiques résidents.

¹ formation brute de capital fixe


Le capital fixe est l'ensemble des actifs corporels ou incorporels destinés à être utilisés dans
le processus de production pendant au moins un an (ce sont des biens durables).
La FBCF des entreprises et des administrations publiques (État et autres collectivités),
consiste en l'achat :
• de biens durables (biens d'équipement, logements, bâtiments) acquis pour être utilisés au
moins un an dans le processus de production,
• de biens et services incorporés au capital acquis, aux terrains, et aux actifs incorporels.
La notion de formation brute de capital fixe existe aussi pour les ménages, et ne comprend
que l'achat de logement ou des réparations importantes d'un logement, les autres biens étant traités
en consommation finale.
Depuis 1999, la mesure de la FBCF inclut également certains investissements immatériels
comme les dépenses de logiciels, auparavant considérées comme des consommations
intermédiaires.
Une partie de la FBCF inclut le renouvellement des équipements usés ou obsolètes. Si l'on
retire de la formation brute de capital fixe cet investissement de remplacement qui sert à pallier
l'usure et l'obsolescence (ou amortissement), on obtient la Formation nette de capital fixe (FNCF,
ou investissement nouveau), une mesure assez peu utilisée.
La FBCF représente les deux tiers des investissements des entreprises.

Graphique no 4
Graphique no 5

Taux d’emploi des 20-24 ans en 2004


Graphique no 6

Source : UNCTAD¹, Les investissements du monde- Rapport 2001


Note : les estimations sont exprimées en Mrds d’USD
¹Conférence des Nations Unis sur le Commerce et le Développement, Communiqué de Press
réalisé au 18 septembre 2001
Dans le graphique no 7 sont représentés les investissements fait en 2001 dans plusieurs
pays pour pouvoir observer les différences. Ces différences surviennent grâce aux taxes et aux
impôts qui ont des valeurs distinctes dans les pays affichés.
L´absorption de Mannesmann par VodafoneAirTouch - qui représente la fusion
internationale la plus importante jamais réalisée - a fait de l´Allemagne (avec 176 milliards de
dollars) et ce pour la première fois, le premier destinataire des IED¹ en Europe et le second dans le
monde (après les États-Unis, avec 281 milliards de dollars). Comme le montre l´exemple de cette
opération, les fusions-acquisitions internationales restent le principal facteur qui explique le
volume record des IED vers le monde développé dans son ensemble.
Les autres vedettes en matière d´IED au cours de l´année écoulée ont été le Canada et le
Royaume-Uni. Si les entrées d´IED au Royaume-Uni ont augmenté de 57 % pour passer à 130
milliards de dollars, les flux à destination du Canada ont été multipliés par 2,5, se chiffrant à 63
milliards de dollars. Les courants d´IED à destination et en provenance du Canada ont atteint un
niveau sans précédent qui s´explique par plusieurs fusions-acquisitions importantes réalisées
notamment avec des partenaires européens et américains.
Les investissements étrangers directs en Irlande ont également été vigoureux entre 1998 et
2000. Considérée comme "le pays le plus dynamique du monde développé du fait de sa croissance
récente et de sa compétitivité", l´Irlande a, d´après le rapport, surmonté le retard et le manque de
productivité de son économie pour se transformer en un "centre d´activité manufacturière à forte
intensité technologique et de fabrication de logiciels".
Le Royaume-Uni conservait sa première place au niveau mondial pour la deuxième année
consécutive (voir fig. 2). Même si les États-Unis restent le premier pays destinataire dans le
monde, les entrées d´IED y ont diminué de 5 % l´an dernier, passant à 281 milliards de dollars, et
leurs investissements à l´étranger (139 milliards de dollars) de 2 %. Les investissements récents de
la France à l´étranger ont connu une poussée impressionnante, puisqu´ils ont même dépassé pour la
première fois en 2000 ceux des États-Unis. Cet essor est dû à plusieurs acquisitions importantes,
notamment l´achat d´Orange par France Telecom. Les investissements étrangers au Japon ont
chuté en 2000 de 36 % - tombant à 8 milliards de dollars - ce qui tient en partie au ralentissement
continu de la croissance économique intérieure, mais sans doute également à d´autres facteurs qui
ont eu un effet dissuasif, malgré une politique favorable aux IED. Par contre, les investissements
japonais à l´étranger sont repartis à la hausse pour atteindre 33 milliards de dollars, niveau le plus
élevé depuis 10 ans.
Le monde développé reste globalement la destination numéro un des IED et a engrangé
plus des trois quarts des apports mondiaux. Les pays de la triade - Union européenne (UE), États-
Unis et Japon - ont représenté 71 % des entrées et 82 % des sorties d´IED dans le monde en 2000.
À la fin des années 90, près de 50 000 sociétés transnationales (STN) y avaient leur siège et ils
accueillaient environ 100 000 entreprises étrangères affiliées. Au sein de la triade, l´UE a été la
destination et la source d´une part croissante de ces investissements. Les progrès de l´intégration
régionale ont été à l´origine d´entrées sans précédent (617 milliards de dollars), d´autres pays d
´Europe occidentale (la Suisse, en particulier) et les États-Unis demeurant les principaux
partenaires extérieurs de l´Union.

¹ Investissements Étrangers Directs


La structure des IED a évolué au sein de la triade. L´importance du Japon a légèrement
augmenté en tant que destination et a diminué en tant que source, même s´il continue à avoir
nettement plus de poids comme pourvoyeur d´investissements que comme pays d´accueil. Le rôle
de premier investisseur extérieur que jouaient les États-Unis revient désormais à l´UE qui, en tant
que groupe, conserve une place dominante tant comme investisseur que comme destinataire. De ce
fait, les stocks intra-triade représentent l´essentiel des stocks d´IED des pays considérés. Les flux
entre les membres de la triade sont en hausse: ces pays comptaient pour 40 % dans le stock total d
´investissements directs à l´étranger en 1999, contre un tiers en 1985. Le nombre de pays d´accueil
dans lesquels la triade occupe une place dominante a augmenté dans le cas du Japon et de l´UE
entre 1985 et 1999, mais a diminué pour les États-Unis.
La triade est également en tête de la liste des 100 premières sociétés transnationales du
monde, telle qu´elle figure dans le rapport. Parmi les sociétés énumérées, 91 ont leur siège dans les
pays de la triade, leur nombre n´ayant cessé d´augmenter depuis dix ans. Les autres pays
développés non membres de la triade qui apparaissent sur cette liste comprennent l´Australie, le
Canada et la Suisse.

Graphique no 7

Source : EUROSTAT, Statistiques sociales européennes - Résultats de l’enquête sur les forces de travail
1999, Luxembourg.

Les critères du BIT¹ s’attachent à cet objectif ambitieux d’appréhender la population active,
en définissant séparément ses deux composantes : l’emploi et le chômage.

¹ Bureau international du travail


Selon ces critères (ici simplifiés), une personne est considérée comme "pourvue d’un
emploi" si elle a travaillé au cours de la période de référence, ne serait-ce qu’une heure (ou si elle
était en congés payés, en formation pour une entreprise ou en arrêt maladie sous certaines
conditions de durée). Elle est classée "chômeur" si elle n’a pas travaillé au cours de la période de
référence, si elle est disponible pour travailler et si elle est à la recherche d’un emploi (ou si elle en
a trouvé un qui commence ultérieurement). Les inactifs regroupent, par complémentarité, les
personnes qui ne sont classées ni comme étant "pourvues d’un emploi", ni comme "chômeurs".
Les critères du BIT sont bien sûr plus précis que la définition simplifiée présentée ci-
dessus. Le texte de référence, la résolution de la Conférence internationale des statisticiens du
travail d’octobre 1982, traite en 15 points une variété de cas particuliers. Ce texte laisse malgré
tout certaines marges dans l’interprétation des définitions. En France, par exemple, dans sa
publication annuelle des résultats de l’enquête Emploi, l’Insee consacre autant de place pour
présenter les définitions du BIT que pour les interpréter. Cette marge laissée à l’interprétation
conduit à des divergences de mesures d’un pays à l’autre : sur l’âge minimal considéré pour
appréhender la population active, sur la liste des dispositions pouvant être considérées comme
manifestations d’une recherche d’emploi, sur la période de référence au cours de laquelle est
appréciée la mise en oeuvre ou non d’une forme de recherche d’emploi, etc.
De telles divergences ont conduit récemment la Commission européenne à adopter un
règlement précisant l’interprétation de la définition du BIT que doivent utiliser les États membres
de la Communauté européenne [règlement (CE) n° 1897/2000 de la Commission du 7 septembre
2000]. Le travail d’harmonisation qui en découle permettra à terme une meilleure comparaison
entre les pays de l’Union européenne, mais pas forcément par rapport aux autres pays de l’OCDE.
Au-delà des problèmes inévitables d’imprécision des définitions, les frontières de la
population active paraissent sensibles à la conjoncture sur le marché du travail. Ainsi, un individu
peut être plus ou moins enclin à participer au marché du travail en fonction des difficultés qu’il
rencontre pour trouver un emploi. Par exemple, dans un contexte de chômage de masse, les plus
jeunes peuvent décider de prolonger leurs études, les plus âgés peuvent anticiper leur départ à la
retraite, les chômeurs de longue durée peuvent renoncer à toute démarche de recherche d’emploi,
par découragementÉ Le champ de la population active en est réduit d’autant. Inversement, en
période de reprise conjoncturelle, le poids des actifs dans la population (taux d’activité) peut tendre
à se gonfler. Ce phénomène est connu sous le nom de "flexion conjoncturelle des taux d’activité".
Difficile à mesurer empiriquement, il peut être partiellement appréhendé à partir des statistiques
sur les "travailleurs découragés", c’est-à-dire sur les personnes qui souhaitent travailler mais ne
recherchent pas activement d’emploi (et sont donc classées inactives) parce qu’elles pensent
qu’aucun ne leur est disponible.
Pour l’année 1999, on peut apprécier comment seraient modifiés les taux de chômage
européens si les travailleurs découragés étaient considérés non comme inactifs mais comme
chômeurs. Dans l’ensemble, la hiérarchie des situations nationales ne serait pas profondément
modifiée. L’impact atteindrait tout de même plus de deux points pour la Belgique, la Finlande et
l’Italie, conduisant à renverser les positions relatives de ces pays avec l’Allemagne pour le premier
et avec la France pour les seconds.
La flexion spontanée des taux d’activité peut également être plus ou moins amplifiée par
les dispositifs institutionnels. En effet, d’un pays à l’autre et au fil du temps, les régimes de
Sécurité sociale et les programmes de politique de l’emploi peuvent être plus ou moins incitatifs
aux retraits d’activité, que ce soit sous la forme de préretraites, de pensions d’invalidité, de congés
parentaux, de programmes de formation à l’attention des chômeurs, etc. Ces dispositifs, dont la
plupart visent au moins en partie à un traitement social des difficultés sur le marché du travail,
biaisent l’exercice de comparaison des taux de chômage BIT, dans le temps comme dans l’espace.
L’exemple le plus souvent cité est celui du régime d’invalidité aux Pays-Bas (voir Jean S., 2000).
Mis en place en 1967, ce régime est destiné aux " personnes incapables de gagner un revenu
équivalent à celui d’une personne valide de formation et d’expérience comparables ". Les
allocataires bénéficient d’une indemnité constante jusqu’à la retraite, dont le taux est fonction du
degré estimé d’invalidité. En 1972, une règle d’"internalisation du chômage" a été introduite,
permettant aux personnes partiellement invalides et ne trouvant pas d’emploi de bénéficier du taux
plein. On estime que, jusqu’en 1987, date de suppression de cette règle, près de la moitié des
entrées dans le système étaient liées à des "écrémages" de travailleurs. Malgré la suppression de
cette règle, le nombre d’allocataires a continué d’augmenter, représentant 13 % de la population
active en 1990. Des réformes ont été entreprises en 1992 et 1993, visant à limiter l’accès et le
maintien dans le régime d’invalidité, mais le nombre de bénéficiaires du régime représentait
encore près de 11 % de la population active en 1997.
L’existence d’un tel système conduit vraisemblablement à une sous-estimation significative
du chômage. L’exemple des Pays-Bas n’est, par ailleurs, pas unique. Selon l’Insee (2001), " les
évolutions et la dispersion selon les pays des taux d’invalidité des salariés suggèrent que de telles
pratiques ont également cours ailleurs ". Les autres dispositifs cités (préretraites, congés parentaux
et certaines mesures de la politique pour l’emploi) peuvent également être mis en avant comme
autant de biais dans la comparaison internationale des taux de chômage. Néanmoins, la
construction d’un indicateur large du chômage visant à intégrer l’impact de ces mesures paraît
délicate, ces dernières ne répondant pas uniquement, pour la plupart, aux seules difficultés d’accès
à l’emploi.
5.2 L’île Maurice

5.2.1 L’Evaluation du Climat d’Investissement de l’Ile Maurice

Maurice peut être considérée comme l’une des plus grandes réussites du continent africain.
Au cours des deux dernières décennies, son PIB a progressé de 5.7 pour cent en moyenne annuelle,
et le pays affiche l’un des niveaux d’instruction les plus élevés du monde en développement. Après
la grave sécheresse de 1999, qui a durement touché le secteur sucrier, l’économie mauricienne a
rebondi en 2000, avec une croissance de 8.9 pour cent. De 6.1 pour cent en moyenne, la croissance
du PIB se poursuivra à son rythme habituel en 2001 et 2002. Autrefois fortement tributaire de ses
exportations de sucre, Maurice a su se diversifier et développer son secteur de l’habillement, grâce
aux zones franches. Cependant, malgré ses performances remarquables, le pays doit faire face à de
sérieuses difficultés économiques, car il a bâti son développement sur des bases qui connaissent
une rapide évolution.
Les augmentations du coût de la main-d’oeuvre des dernières années ont érodé sa
compétitivité dans l’industrie textile. En outre, l’accès préférentiel aux marchés, qui est vital pour
l’expansion du secteur sucrier et de l’habillement, va disparaître progressivement dans les années à
venir.
Maurice a su se diversifier et développer son secteur de l’habillement, grâce aux zones
franches

Graphique no 8

Taux de croissance du PIB (en volume)


Développements économiques récents
Au cours des 6 dernières années (1996-2001), Maurice a connu une croissance moyenne de
6 pour cent, tirée par plusieurs moteurs : les zones franches, le sucre, le tourisme et l’émergence du
secteur des services financiers.
En consolidant sa pénétration sur les marchés français, britannique et des États-Unis, le
secteur
mauricien de l’habillement, de loin la première production des zones franches, se développe à un
rythme soutenu depuis quelques années. Avec 12 pour cent du PIB et près des trois quarts des
recettes d’exportation du pays, les entreprises implantées en zones franches affichent depuis
quelques années une croissance voisine de 6 pour cent. Néanmoins, l’évolution de l’environnement
économique pourrait bientôt les mettre en péril. La fin des quotas et de l’accès au marché européen
en franchise de droits, à compter de décembre 2004, associée au renchérissement du coût de la
main-d’oeuvre observé dans les zones franches au cours de la dernière décennie, pourraient
imposer des changements radicaux à ces entreprises. Le secteur du sucre, soit la production et,
dans une moindre mesure, la transformation de la canne à sucre, a considérablement rebondi en
2000 après la sécheresse de 1999, l’une des plus graves que le pays ait connues. Ce secteur a
affiché une progression de 52.5 pour cent en 2000 et devrait renouer, en 2001, avec ses niveaux de
production d’avant la sécheresse. Suite à l’explosion de la filière sucre, dans les années 70, le
secteur s’est développé à un rythme régulier sur les deux dernières décennies, essentiellement
grâce au Protocole sur le sucre et à l’Accord préférentiel spécial sur le sucre conclus avec l’UE,
qui garantissaient aux exportations un prix trois fois supérieur aux cours mondiaux.
Résultat : la quasi-totalité de la production est vendue à l’UE. L’abaissement probable du
prix garanti pourrait entraver l’expansion de ce secteur. Le secteur tertiaire a enregistré un essor
remarquable au cours des dernières années (11.1 pour cent en 2000), et englobe aujourd’hui pour
62 pour cent de toute l’économie. Sur les cinq dernières années, Maurice s’est ménagé une niche
confortable sur le marché des services financiers internationaux, grâce au développement de son
réseau de conventions fiscales, une extraterritorialité bien connue, son emplacement stratégique et
son appartenance aux grands blocs commerciaux régionaux. Les services financiers constituent
aujourd’hui le troisième pilier de son économie, après les entreprises manufacturières implantées
dans les zones franches et l’agriculture. En outre, l’introduction d’une nouvelle législation visant à
lutter contre le blanchiment d’argent renforce la confiance dans le cadre réglementaire,
institutionnel et opérationnel du pays, ce qui a dopé la croissance du secteur en 2000 (+11.1 pour
cent). Outre l’intermédiation financière, le tourisme contribue de manière significative à
l’expansion et au développement global du pays. Au cours des deux dernières décennies, les
entrées de touristes ont augmenté à un rythme annuel moyen de 9 pour cent. En 2000, ce rythme
s’est encore accéléré.
La composition de la demande est restée plutôt stable ces dernières années : les
investissements comptent pour un quart de la demande intérieure, tandis que les exportations et les
importations représentent ensemble plus de 120 pour cent du PIB. Les fluctuations de la formation
brute de capital fixe peuvent s’expliquer par l’impact considérable des investissements dans le
transport aérien et terrestre. On s’attend à des tendances analogues pour 2001 et 2002, même si
l’investissement public progressera sous l’effet de la nouvelle politique budgétaire pour l’exercice
2001/02.

Graphique no 9

PIB par habitan à Maurice et en Afrique (en dollars courants)


5.2.2 LES AVANTAGES FISCAUX ET SOCIAUX

Avant toute chose, petit topo géographique sur ce paradis, entre autre fiscal qu’est l’Ile
Maurice.
L’Ile Maurice est située à mi-parcours entre l’Afrique et l’Inde, dans le sud-ouest de
l’Océan indien au nord du tropique du capricorne, à 220 Km de l’Ile de la Réunion, et environ
9.700 Km de Paris, soit à environ 12 heures d’avion.
La côte, longue d’environ 330 km, est entourée par une des plus longues barrières de corail
ininterrompues. L’Archipel des Mascareignes est donc composé des îles Maurice, la Réunion et
Rodrigues. Il tire son appellation du navigateur portugais Pero Mascarenhas, qui fût l’un des
premiers européens à signaler son existence au début du XVIème siècle. L’île Maurice, Etat
indépendant, est située à 890 km à l’Est de Madagascar, entre 19°50′ et 20°32′ de latitude Sud et
57°18′ et 57°46′ de longitude Est.
La Réunion, île française, n’est qu’à 200 km au Sud-Ouest et la petite île de Rodrigues, une
dépendance de l’île Maurice, est à 600 km à l’Est Nord-Est. Il existe aussi d’autres petites
dépendances de Maurice comme Saint Brandon et Angela. Le Gouvernement Mauricien réclame la
souveraineté de Diégo Garcia des américains qui y ont établi une base militaire. Tromelin, par
contre, est occupé par les Français.
Voilà pour la situation géographique, mais sachez également que la situation politique y est
stable.
L’île Maurice a un système juridique de droit mixte. S’y appliquent, le droit d’origine
française et notamment le code civil et la Common Law anglaise. La procédure judiciaire
correspond aux règles de procédure anglaise en grande partie avec une certaine variante. La
hiérarchie des tribunaux est ainsi du sommet au plus bas : le comité judiciaire du Conseil privé de
la Reine, puis la cour suprême de Maurice (comprenant une juridiction de première instance et
d’appel) et les tribunaux de magistrats.
Le système politique et institutionnel correspond à un régime parlementaire. Le Parlement
est dirigé par le premier ministre, chef de la majorité parlementaire et un conseil des ministres. Le
régime fonctionne d’après le modèle britannique appelé “westministérien”.
La jurisprudence de la république de l’Ile Maurice est riche. Elle offre une sécurité
juridique et une totale confidentialité des structures offshores en place. Le nom des créateurs ne
sont d’ailleurs jamais publiés. Vous pouvez créer votre structure seul et sans capital. Son
fonctionnement est un peu semblable à une SARL en France, ou aux structures similaires en
Europe.
Vous ne rêvez pas : Il n’y a pas d’impôt sur les bénéfices à L’Ile Maurice, pas plus que
l’obligation de tenir une comptabilité, mais elle reste cependant indispensable, même si on ne vous
demande pas de comptes. Voici les principaux critères et avantages fiscaux proposés:
* Administrateur unique, peut être non résident et/ou personne morale
* Pas d’assemblée générale annuelle des actionnaires obligatoire
* Les réunions peuvent être tenues en tout endroit ou par procuration
* Pas de nécessité de tenir les comptes
* Pas de comptes audités
* Transfert du siège social en provenance de ou vers une autre juridiction possible
* Délai de constitution très rapide (2 jours)
* Pas d’impôt : 0%
* Frais de constitution et opérationnels modestes
* Confidentialité totale des affaires : les informations sur les associés et leur domicile ne sont pas
communiquées.

En conclusion
Depuis quelques années, la médiatisation a élargie l’accès de la création de sociétés
offshores pour les petites et moyennes structures. Vous n’aurez pas à payer d’impôts sur les
sociétés, seulement une taxe annuelle faible non indexée sur votre chiffre d’affaires, pas non plus
d’impôts sur les dividendes versés aux associés et la possibilité de créer seul cette société
sans comptabilité à présenter annuellement à l’administration comme c’est le cas en France et dans
la plupart d’autres pays (elle peut cependant la réclamer), et vous aurez la possibilité de faire
fonctionner le compte bancaire depuis la France ou d’un autre pays. L’Ile Maurice est donc
aujourd’hui une destination très interessante.

5.3 L’état américain du DELAWARE

Ce petit état des Etats-Unis est un peu méconnu mais pourtant il est l’Etat privilégié par les
entreprises pour leur immatriculation depuis plus d’un siècle ! Et saviez-vous qu’aujourd’hui, plus
de la moitié des 500 plus grosses fortunes et 43 % des sociétés cotées à la Bourse de New York
sont domiciliées dans le Delaware ? Grâce aux avantages qu’il propose, cet Etat est également
considéré comme le point de départ idéal pour la conquête du marché américain. Ceux-ci sont de
deux natures, mais leur portée diffère en fonction de la situation de chaque société.

5.3.1 Les avantages juridiques et fiscaux


La souplesse du code des sociétés, facilite et simplifie la constitution et la modification des
statuts d’une entreprise et la jurisprudence abondante, offre une sécurité juridique très supérieure à
celle des autres Etats. Enfin et surtout la capacité d’adaptation du droit de cet Etat, suit de près
l’évolution des besoins des entreprises.
Notez que si vous installez votre société au Delaware, vous n’aurez pas à payer d’impôts
sur les bénéfices, pas plus que l’obligation de tenir une comptabilité. Rappelons qu’il est toujours
utile t’en tenir une, même si l’on ne vous demande rien. Néanmoins, chaque année les entreprises
doivent s’acquitter du paiement de la franchise tax d’un montant dérisoire de 200 euros. Les
opérations commerciales à partir de l’Etat du Delaware offrent une flexibilité et une protection
fiscale importante par rapport à l’immatriculation dans un autre Etat américain.
Vous pourrez choisir parmi différents types de sociétés :
- La “Close corporation”
- La “Non profit corporation”.
- La “Limited Liability Company” (LLC).
- La “Général Corporation”.
- La “S” Corporation
Libre à vous de créer une “Général Corporation” ou une “LLC” en cas d’urgence, en
quarante-huit heures dès la réception des documents et du règlement des frais du professionnel,
obligatoire aux Etats-Unis.

5.3.2 La discrétion et les banques

Pour l’ouverture d’un compte, la banque centrale ne demande pas le nom des véritables
propriétaires de la société mais exige très souvent un dépôt minimum de 500 euros sur le compte,
qui resterons bien sûr disponibles par la suite. Ne soyez pas inquiets s’il n’existe pas de comptes à
numéro, ni de comptes à pseudonyme, ceci ne pose aucun problème puisque la fiscalité est égale à
zéro. Enfin, le compte bancaire au Delaware n’est pas obligatoire. Vous pouvez en ouvrir un dans
n’importe quelle partie du monde, même si vous êtes interdit bancaire, en France… ou dans le
pays où vous résidez
.Les “bénéficial owners”, les propriétaires des parts sociales, peuvent être des personnes
physiques ou morales. Le nom des associés n’est pas publié au registre public notre équivalent du
Registre du Commerce et des Sociétés en France.

5.3.3 Comptabilité et dépôt annuel des comptes

Nous vous l’avons déjà spécifié, dans cet état particulier des Etats Unis, il n’est pas
obligatoire de maintenir les pièces et livres comptables. Les “Général Corporation” et les “LLC”
ne sont pas tenues non plus de soumettre leurs comptes au registre public, ni au département du
Trésor, ce qui est d’ailleurs la raison principale pour laquelle cet Etat est très prisé par les créateurs
d’entreprise. Tout comme à L’Ile Maurice, vous pouvez utiliser sans soucis la carte bancaire
de votre société pour vos achats personnels sans risquer d’être poursuivi pour abus de biens
sociaux

5.3.4 La fiscalité
Comme dit précédemment, si bien sûr votre activité se situe en dehors du Delaware, vous
ne devrez payer aucun impôt ni sur les sociétés, ni sur les bénéfices des associés, vous n’aurez pas
de droits de succession sur les actions détenues par les non-résidents. Juste cette fameuse taxe
annuelle inférieure à 200 euros pour une LLC non résidente.
Un petit mot sur la TVA : Celle-ci n’est pas applicable lors d’une facturation dans le
monde, sauf en europe depuis le 1er septembre 2006. Pour la France, deux possibilités s’offrent à
vous : soit désigner une personne morale qui sera votre représentant fiscal pour reverser la TVA à
l’Etat, soit une facturation HT avec le reversement de la TVA par le réceptionnaire de la
marchandise.

En conclusion..

Si vous choisissez le Delaware pour votre future société, n’oubliez pas que vous n’aurez
pas à vous acquittez d’impôts sur les sociétés, pas d’impôts sur les dividendes (bénéfices) versés
aux associés, la possibilité de créer seul cette société, pas non plus de comptabilité à présenter
annuellement à l’administration comme c’est le cas en France et dans la plupart d’autres pays, et
enfin vous aurez la possibilité de faire fonctionner votre compte bancaire depuis la France ou un
autre pays.

Graphique no 10
Source : Uniterre
Solutions
Une action est possible auprès des parlementaires, nationaux et européens, afin de
renforçer les moyens d’investigation financière et de mobiliser la classe politique (cf.l’abandon de
l’AMI ). Il faut:
• Interpeller nos responsables politiques sur leur volonté réelle de réforme (alors
qu’ils participent au sommet de la finance à Davos).
• Au niveau national (et européen): demander une Mission parlementaire sur les
paradis fiscaux, bancaires et judiciaires sur le territoire européen et les perspectives de
démantèlement.
• Au niveau européen: demander la disparition des paradis bancaires et fiscaux à
l’intérieur même des pays membres de l’Union (cf.liste plus haut) et l’harmonisation des taux
d’imposition.
• Une plus grande transparence auprès des grandes banques internationales : un
classement du degré de criminalisation, évaluant la participation dans le blanchiment de l’argent
sale, pourrait être rendu public par les services de l’Etat.
• Débattre sur le renforcement des pouvoirs de coopération judiciaire :"passer de
l’entrave pénale à l’entraide pénale"; "développer l’Europe judiciaire dans le respect des droits des
personnes".
• Développer des sanctions internationales contre les territoires qui servent la
criminalisation de l’économie mondiale : embargo informatique sur les banques offshore pour
empêcher les transactions avec les places financières principales; annulation de toute transaction
commerciale avec un établissement bancaire situé dans un paradis fiscal. Un exemple : l’éfficacité
des menaces des Etats-Unis contre les banques suisses concernant les biens volés aux juifs par les
nazis.
• Mise en service d’une juridiction supranationale pour poursuivre le crime
économique, c’est-à-dire une tribunal pénal international, sur le modèle du Tribunal International
pour les crimes contre l’Humanité.
BIBLIOGRAPHIE

Dictionnaire économique et financier, Bernard et Colli, sixième édition, Seuil.


Capsolus, art. 44, 15 mars 2008